Physique-chimie, Seconde • Exercices corrigés à Montréal

Fiche de révision : mouvement et interactions (Seconde)

Cette fiche ne refait pas le cours sur le mouvement et les interactions : vous l'avez déjà dans votre classeur. Elle traite ce que le cours ne dit jamais et qui décide pourtant de la note, l'erreur exacte qui coûte deux points sur une copie, la vitesse à calculer selon la question, et la rédaction que le correcteur de Seconde attend mot pour mot.

Elle est écrite pour les élèves de Seconde du programme français à Montréal, en particulier au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas. Une fois la fiche lue, la série d'exercices corrigés du même chapitre met chaque réflexe à l'épreuve.

Le fil du chapitre

Un mouvement n'existe que PAR RAPPORT à un référentiel, et une force n'existe que si un corps l'exerce sur un autre. Presque tous les points perdus dans ce chapitre viennent d'une de ces deux omissions : décrire un mouvement sans dire par rapport à quoi, ou inventer une force que personne n'exerce.

Ce chapitre fait partie de Physique-chimie en Seconde

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Mouvement et vitesseSixième
  2. 2Lumière, ombres et système solaireSixième
  3. 3Mouvement, vitesse et lumièreQuatrième
  4. 4Poids, gravitation et signauxTroisième

L'essentiel

Un mouvement ne se décrit jamais tout seul

  • Toute description de mouvement commence par « dans le référentiel de... ». Sans cette mention, la phrase n'a pas de sens physique.
  • Changer de référentiel change la TRAJECTOIRE et la VITESSE. Cela ne change ni les forces, ni la réalité de ce qui se passe.
  • Les trois référentiels du programme : terrestre (lié au sol), géocentrique (lié au centre de la Terre) et héliocentrique (lié au Soleil).
  • Un même objet peut donc être immobile et en mouvement en même temps, dans deux référentiels différents, sans aucune contradiction.
référentiel du camionréférentiel du sol
La même bille lâchée depuis le même camion : vue du camion elle tombe en ligne droite, vue du sol elle décrit une parabole. Ce n'est pas le mouvement qui change, c'est le référentiel depuis lequel on regarde.

Sur une copie, la formule qui rapporte le point est « dans le référentiel terrestre, le mouvement est rectiligne uniforme ». Les trois mots, référentiel, trajectoire et vitesse, doivent figurer dans la réponse.

Deux vitesses qui ne se calculent pas de la même façon

  • Vitesse MOYENNE sur un trajet : v=dΔtv=\dfrac{d}{\Delta t}, avec la distance TOTALE parcourue et la durée totale, arrêts compris.
  • Vitesse INSTANTANÉE au point MiM_i d'une chronophotographie : viMi1Mi+12τv_i\approx\dfrac{M_{i-1}M_{i+1}}{2\tau}, en ENCADRANT le point.
  • τ\tau est la durée entre deux positions successives, donc la durée entre Mi1M_{i-1} et Mi+1M_{i+1} vaut 2τ2\tau.
  • Sur un document à l'échelle, la distance mesurée à la règle doit être convertie avant tout calcul : une échelle 14\frac{1}{4} signifie que le réel est quatre fois plus grand.

Unités : des mètres et des secondes donnent des m/s\mathrm{m/s}. Pour passer en km/h\mathrm{km/h}, on multiplie par 3,63{,}6; pour revenir, on divise par 3,63{,}6.

Une force, c'est quatre informations et un auteur

  • Point d'application, direction, sens, valeur en newtons : les quatre caractéristiques d'un vecteur force, toutes exigées sur un schéma.
  • L'AUTEUR : toute force est exercée par un corps sur un autre. Une force sans corps qui l'exerce n'existe pas.
  • Poids : P=mgP=m\,g, avec mm en kilogrammes, g=9,81 N/kgg=9{,}81\ \mathrm{N/kg} sur Terre et PP en newtons. Il est vertical, dirigé vers le bas, appliqué au centre de gravité.
  • Gravitation : F=GmAmBd2F=G\dfrac{m_A m_B}{d^{2}} avec G=6,67×1011G=6{,}67\times 10^{-11} en unités du système international. La distance est AU CARRÉ.

La réaction d'un support est toujours PERPENDICULAIRE à ce support. Elle n'est verticale que dans le cas particulier où le support est horizontal.

Le principe d'inertie se lit dans les deux sens

  • Sens direct : si les forces se compensent, alors le mouvement est rectiligne uniforme, ou l'objet reste immobile.
  • Sens réciproque : si le mouvement est rectiligne uniforme, ou si l'objet est immobile, alors les forces se compensent.
  • C'est le sens réciproque qui est demandé aux contrôles : on observe le mouvement sur une chronophotographie, on en DÉDUIT quelque chose sur les forces.
  • Attention, « les forces se compensent » ne veut pas dire « il n'y a pas de force » : leur somme est nulle, chacune existe.

Un mouvement circulaire uniforme n'est pas rectiligne : les forces ne s'y compensent donc PAS, même si la vitesse est constante en valeur.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Décrire un mouvement sans dire dans quel référentiel

1 à 2 points, à chaque question de description

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le passager assis dans le train est immobile. »

Ce qu'il faut écrire

« Dans le référentiel du train, le passager est immobile. Dans le référentiel terrestre, il est en mouvement rectiligne uniforme à 200 km/h200\ \mathrm{km/h}. »

Pourquoi : Immobile et en mouvement ne sont pas des propriétés de l'objet, ce sont des relations entre l'objet et un référentiel. Une phrase sans référentiel ne peut être ni vraie ni fausse, et le correcteur la compte donc comme fausse.

2. Calculer une vitesse instantanée sur un seul intervalle

2 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« v3=M3M4τv_3=\dfrac{M_3M_4}{\tau}. »

Ce qu'il faut écrire

« v3M2M42τv_3\approx\dfrac{M_2M_4}{2\tau} : on encadre le point M3M_3 par ses deux voisins, et la durée correspondante vaut 2τ2\tau. »

M0M1M2M3M4M5distance M2M4v3 = M2M4 / (2 tau)
Les positions s'écartent de plus en plus : le mouvement est accéléré. La vitesse en M3M_3 se lit donc sur l'intervalle qui ENCADRE le point, de M2M_2 à M4M_4, jamais sur le seul segment qui le suit.

Pourquoi : Sur un mouvement accéléré, l'intervalle qui suit le point est plus long que celui qui le précède : n'en prendre qu'un donne une vitesse décalée dans le temps. L'encadrement compense les deux écarts et donne bien la vitesse AU point.

3. Confondre la masse et le poids

2 points, et la question suivante sur la pesanteur

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Sur la Lune, ma masse ne vaut plus que 12 kg12\ \mathrm{kg} au lieu de 72 kg72\ \mathrm{kg}. »

Ce qu'il faut écrire

« Ma masse vaut 72 kg72\ \mathrm{kg} partout. C'est mon POIDS qui change : 706 N706\ \mathrm{N} sur Terre, 117 N117\ \mathrm{N} sur la Lune, parce que gg y vaut 1,62 N/kg1{,}62\ \mathrm{N/kg}. »

Pourquoi : La masse mesure la quantité de matière, elle ne dépend que de l'objet. Le poids est la FORCE que l'astre exerce sur lui : il dépend du lieu. Une balance de salle de bains affiche des kilogrammes mais mesure en réalité un poids, ce qui entretient la confusion.

4. Donner un poids en kilogrammes

0,5 à 1 point par copie

Ce qu'il ne faut pas écrire

« P=mg=72×9,81=706 kgP=m\,g=72\times 9{,}81=706\ \mathrm{kg}. »

Ce qu'il faut écrire

« P=mg=72×9,81=706 NP=m\,g=72\times 9{,}81=706\ \mathrm{N} : le poids est une force, il s'exprime en newtons. »

Pourquoi : Le calcul est juste, l'unité le rend faux. Le contrôle est immédiat : des kilogrammes multipliés par des newtons par kilogramme donnent des newtons, les kilogrammes se simplifient.

5. Dessiner la réaction du support verticale sur un plan incliné

2 points sur le schéma, et toute l'analyse qui suit

Ce qu'il ne faut pas écrire

« R\vec{R} est verticale, dirigée vers le haut, opposée au poids. »

Ce qu'il faut écrire

« R\vec{R} est PERPENDICULAIRE au plan incliné. Elle n'est verticale que si le plan est horizontal, ce qui n'est pas le cas ici. »

30°PR justeR faux
La réaction du support penche avec le plan : elle lui est perpendiculaire. Le pointillé vertical est la version fausse, celle qui laisserait le poids sans rien pour le compenser le long de la pente.

Pourquoi : Le support ne peut pousser que dans la direction qui lui est perpendiculaire, il n'a aucun moyen de retenir l'objet le long de la pente. C'est justement pour cela que l'objet glisse : rien ne compense la part du poids parallèle au plan.

6. Inventer une force que personne n'exerce

2 points sur le bilan des forces

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La balle en vol subit son poids et la force du lancer qui la pousse vers l'avant. »

Ce qu'il faut écrire

« Une fois lâchée, la balle n'est plus en contact avec la main : elle ne subit que son poids et les frottements de l'air. Sa vitesse vers l'avant est un héritage du lancer, pas une force. »

Pourquoi : Une force est une INTERACTION entre deux corps : si vous ne pouvez pas nommer celui qui l'exerce, elle n'existe pas. Le mouvement se poursuit tout seul, c'est exactement ce que dit le principe d'inertie.

7. Croire qu'un mouvement uniforme réclame une force motrice

2 points, et la question sur le principe d'inertie

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La voiture roule à vitesse constante, donc la force du moteur est plus grande que les frottements. »

Ce qu'il faut écrire

« La vitesse étant constante et la trajectoire rectiligne, les forces se COMPENSENT : la force motrice est exactement égale aux frottements. »

Pourquoi : Une force qui l'emporte produirait une accélération, pas une vitesse constante. Le principe d'inertie se lit dans le sens réciproque : c'est le mouvement observé qui renseigne sur les forces, et non l'inverse.

8. Oublier le carré de la distance dans la gravitation

toute la question de comparaison

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Si on double la distance, la force de gravitation est divisée par deux. »

Ce qu'il faut écrire

« F=GmAmBd2F=G\dfrac{m_A m_B}{d^{2}} : doubler dd divise la force par 22=42^{2}=4, et la tripler la divise par 99. »

Pourquoi : Le carré au dénominateur est ce qui rend la gravitation si vite négligeable à grande distance. Les questions de comparaison ne demandent aucun calcul complet : elles se répondent par le facteur, à condition de ne pas oublier l'exposant.

9. Mesurer sur le document sans tenir compte de l'échelle

2 points, avec un facteur d'échelle d'erreur

Ce qu'il ne faut pas écrire

« M1M3M_1M_3 mesure 4,0 cm4{,}0\ \mathrm{cm} à la règle, donc v2=0,0400,080=0,50 m/sv_2=\dfrac{0{,}040}{0{,}080}=0{,}50\ \mathrm{m/s}. »

Ce qu'il faut écrire

« L'échelle vaut 14\frac{1}{4}, donc la distance réelle est 4,0×4=16 cm=0,16 m4{,}0\times 4=16\ \mathrm{cm}=0{,}16\ \mathrm{m}, et v2=0,160,080=2,0 m/sv_2=\dfrac{0{,}16}{0{,}080}=2{,}0\ \mathrm{m/s}. »

Pourquoi : La chronophotographie est une photo réduite : la règle mesure le papier, pas la réalité. L'échelle est toujours donnée dans l'énoncé, et l'oublier produit une vitesse plausible mais fausse, que rien ne signale ensuite.

Quelle méthode choisir

Quelle vitesse calculer, selon la question

Le mot de l'énoncé décide, et les deux formules ne se ressemblent pas. Cherchez si la question porte sur un TRAJET ou sur un POINT.

  • Si l'énoncé donne une distance totale et une durée totale, ou parle du trajet entier vitesse MOYENNE, v=dΔtv=\dfrac{d}{\Delta t}, arrêts inclus dans la durée

    Exemple : 120 km120\ \mathrm{km} en 1 h 301\ \mathrm{h}\ 30 donnent 80 km/h80\ \mathrm{km/h}

  • Si l'énoncé demande la vitesse EN un point d'une chronophotographie vitesse instantanée, viMi1Mi+12τv_i\approx\dfrac{M_{i-1}M_{i+1}}{2\tau}

    Le point doit être encadré : la formule ne s'applique donc ni au premier ni au dernier point du document.

  • Si le point demandé est le PREMIER ou le DERNIER de la chronophotographie on ne peut donner qu'une valeur approchée sur un seul intervalle, et il faut le dire

    Écrire « faute de point précédent, on estime v0v_0 sur M0M1M_0M_1 » rapporte le point de rigueur.

  • Si l'énoncé fournit un document à l'échelle convertir la mesure AVANT tout calcul, en multipliant par le facteur d'échelle

    Exemple : 4,0 cm4{,}0\ \mathrm{cm} mesurés à l'échelle 14\frac{1}{4} valent 16 cm16\ \mathrm{cm} en réalité

  • Si l'énoncé demande une comparaison en km/h\mathrm{km/h} alors que le calcul est en m/s\mathrm{m/s} multiplier par 3,63{,}6, et faire la conversion à la FIN, jamais au milieu

    Exemple : 2,0 m/s2{,}0\ \mathrm{m/s} valent 7,2 km/h7{,}2\ \mathrm{km/h}

Si l'énoncé ne parle ni de trajet ni de point, c'est qu'il demande la NATURE du mouvement : comparez les distances entre positions successives, et concluez rectiligne uniforme, accéléré ou ralenti.

Quelles forces inscrire au bilan

On liste les forces en cherchant les AUTEURS, pas en cherchant les effets. Deux questions suffisent : qui touche l'objet, et qui agit à distance sur lui.

  • Si l'objet est posé ou appuyé sur quelque chose réaction du support, PERPENDICULAIRE au support, plus éventuellement les frottements, parallèles au support et opposés au mouvement

    Exemple : un solide sur un plan incliné subit une réaction perpendiculaire à la pente

  • Si l'objet est suspendu, tiré ou retenu par un fil tension du fil, dirigée le long du fil, vers le point d'attache

    Un fil ne peut que TIRER, jamais pousser.

  • Si l'objet est plongé dans un fluide, air ou eau poussée d'Archimède, verticale vers le haut, et frottements du fluide s'il y a mouvement

    Dans l'air, la poussée d'Archimède est presque toujours négligée, et l'énoncé le précise.

  • Si l'objet est près d'un astre, quoi qu'il arrive son POIDS, vertical vers le bas, appliqué au centre de gravité, de valeur P=mgP=m\,g

    C'est la seule force qui figure dans absolument tous les bilans du programme.

  • Si vous vouliez écrire « force du mouvement », « force du lancer » ou « force centrifuge » ne rien écrire : aucun corps n'exerce ces forces, elles n'existent pas

    Le test est infaillible : nommez l'auteur de la force. Si vous n'y arrivez pas, elle n'a pas sa place au bilan.

Une fois le bilan écrit, comparez-le au mouvement observé grâce au principe d'inertie : mouvement rectiligne uniforme, les forces se compensent; sinon, elles ne se compensent pas.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Le bilan des forces, rédigé avant tout calcul

Quand l'utiliser : Toute question qui demande d'étudier un objet, de faire un schéma des forces ou d'appliquer le principe d'inertie.

  1. 1 Nommer le SYSTÈME étudié et le référentiel : « Système : le solide de masse mm. Référentiel : terrestre, supposé galiléen. »
  2. 2 Lister les forces en nommant leur auteur, une par ligne : « Le poids P\vec{P}, exercé par la Terre. La réaction R\vec{R}, exercée par le plan. »
  3. 3 Donner pour chacune sa direction et son sens, en une formule courte : « P\vec{P} verticale vers le bas, R\vec{R} perpendiculaire au plan. »
  4. 4 Tracer le schéma, vecteurs partant du centre de gravité, longueurs proportionnelles aux valeurs, avec une échelle indiquée.
  5. 5 Conclure en confrontant le bilan au mouvement observé, par le principe d'inertie.

Phrase de conclusion

Le système est le mobile, étudié dans le référentiel terrestre. Il subit son poids P\vec{P}, exercé par la Terre, vertical vers le bas, et la réaction R\vec{R} du support, perpendiculaire à la table donc verticale vers le haut. Le mouvement étant rectiligne uniforme, ces deux forces se compensent : R=P=5,89 NR=P=5{,}89\ \mathrm{N}.

Le piège : Commencer par le schéma. Les copies qui dessinent d'abord oublient une force sur deux et en inventent une troisième : la liste écrite, avec les auteurs, est ce qui garantit un schéma complet.

Barème : En général 1 point pour le système et le référentiel, 1 point par force correctement nommée avec son auteur, 1 point pour le schéma, 1 point pour la conclusion par le principe d'inertie.

Décrire un mouvement à partir d'une chronophotographie

Quand l'utiliser : L'énoncé fournit un document de positions successives et demande la nature du mouvement, ou une vitesse.

  1. 1 Annoncer le référentiel : « Dans le référentiel terrestre, lié à la table... »
  2. 2 Décrire la TRAJECTOIRE en regardant l'alignement des points : rectiligne, circulaire ou curviligne.
  3. 3 Comparer les distances entre positions successives, qui correspondent à des durées égales : constantes, croissantes ou décroissantes.
  4. 4 Conclure sur la nature du mouvement en associant les deux : « rectiligne uniforme », « rectiligne accéléré », etc.
  5. 5 Si une vitesse est demandée, convertir la mesure par l'échelle, puis appliquer la formule de l'encadrement.

Phrase de conclusion

Dans le référentiel terrestre, les positions sont alignées et régulièrement espacées : la trajectoire est rectiligne et les distances parcourues pendant des durées égales sont égales. Le mouvement est donc rectiligne uniforme.

Le piège : Répondre « le mouvement est uniforme » sans parler de la trajectoire, ou « rectiligne » sans parler des distances. Les deux mots viennent de deux observations différentes, et le barème les compte séparément.

Barème : 1 point pour le référentiel, 1 point pour la trajectoire justifiée par l'alignement, 1 point pour l'uniformité justifiée par les distances, 1 point pour la conclusion.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Le mobile autoporteur sur la table, comme au contrôle

Un mobile autoporteur de masse m=600 gm=600\ \mathrm{g} glisse sur une table horizontale. Un dispositif enregistre ses positions toutes les τ=40 ms\tau=40\ \mathrm{ms}, et le document obtenu est à l'échelle 14\frac{1}{4}.

Sur le document, les points M0M_0 à M5M_5 sont alignés et on mesure M1M2=M2M3=M3M4=2,0 cmM_1M_2=M_2M_3=M_3M_4=2{,}0\ \mathrm{cm}.

1. Déterminer la nature du mouvement dans le référentiel terrestre.

2. Calculer la vitesse instantanée du mobile au point M2M_2.

3. Faire le bilan des forces et en déduire une relation entre elles.

4. Calculer la valeur du poids du mobile, puis celle de la réaction du support.

Étape 1

Dans le référentiel terrestre, les positions sont alignées : la trajectoire est rectiligne. Les distances parcourues pendant des durées égales sont égales : le mouvement est donc rectiligne UNIFORME.

Pourquoi

Deux observations, deux mots, et il faut les deux. Le barème sépare l'alignement, qui donne « rectiligne », et l'égalité des distances, qui donne « uniforme ».

Étape 2

Sur le document, M1M3=2,0+2,0=4,0 cmM_1M_3=2{,}0+2{,}0=4{,}0\ \mathrm{cm}. À l'échelle 14\frac{1}{4}, la distance réelle vaut 4,0×4=16 cm=0,16 m4{,}0\times 4=16\ \mathrm{cm}=0{,}16\ \mathrm{m}.

Pourquoi

La conversion d'échelle se fait AVANT le calcul de vitesse, sur une ligne à part. C'est le point le plus souvent perdu de l'exercice, et il ne coûte qu'une multiplication.

Étape 3

v2M1M32τ=0,162×0,040=0,160,080=2,0 m/sv_2\approx\dfrac{M_1M_3}{2\tau}=\dfrac{0{,}16}{2\times 0{,}040}=\dfrac{0{,}16}{0{,}080}=2{,}0\ \mathrm{m/s}, soit 7,2 km/h7{,}2\ \mathrm{km/h}.

Pourquoi

On encadre M2M_2 par M1M_1 et M3M_3, donc la durée vaut 2τ2\tau et non τ\tau. La conversion en km/h\mathrm{km/h} n'est pas demandée mais elle sert de contrôle d'ordre de grandeur.

Étape 4

Système : le mobile. Référentiel : terrestre. Forces : le poids P\vec{P}, exercé par la Terre, vertical vers le bas; la réaction R\vec{R} de la table, perpendiculaire à celle-ci donc verticale vers le haut. Le coussin d'air supprime les frottements.

Pourquoi

Chaque force est donnée avec son AUTEUR. C'est aussi ici qu'on justifie l'absence de frottements, en citant le dispositif : sans cette phrase, le bilan est incomplet.

Étape 5

Le mouvement étant rectiligne uniforme, le principe d'inertie affirme que les forces se compensent : P+R=0\vec{P}+\vec{R}=\vec{0}, donc R=PR=P.

Pourquoi

On utilise le principe dans le sens RÉCIPROQUE : on part du mouvement observé pour conclure sur les forces. C'est ce sens qui est demandé, et il faut nommer le principe.

Étape 6

P=mg=0,600×9,81=5,89 NP=m\,g=0{,}600\times 9{,}81=5{,}89\ \mathrm{N}, donc R=5,89 NR=5{,}89\ \mathrm{N} également, dirigée vers le haut.

Pourquoi

La masse est convertie en kilogrammes avant le calcul, et le résultat porte des newtons. Les 600 g600\ \mathrm{g} de l'énoncé sont un piège d'unité posé volontairement.

Étape 7

Vérification : 2,0 m/s2{,}0\ \mathrm{m/s} correspond à 7,2 km/h7{,}2\ \mathrm{km/h}, une vitesse plausible pour un mobile de laboratoire, et 5,89 N5{,}89\ \mathrm{N} est bien de l'ordre de six newtons pour six cents grammes.

Pourquoi

Deux ordres de grandeur contrôlés en dix secondes. Ils attrapent à la fois l'oubli de l'échelle, qui aurait donné 0,50 m/s0{,}50\ \mathrm{m/s}, et l'oubli de la conversion de masse, qui aurait donné 5886 N5886\ \mathrm{N}.

Conclusion rédigée

Dans le référentiel terrestre, le mouvement du mobile est rectiligne uniforme, à la vitesse v2=2,0 m/sv_2=2{,}0\ \mathrm{m/s}. Les deux seules forces, le poids et la réaction de la table, se compensent d'après le principe d'inertie, et valent chacune 5,89 N5{,}89\ \mathrm{N}.

L'erreur classique sur cet exercice : Calculer v2v_2 avec la mesure du document sans la multiplier par 44, et obtenir 0,50 m/s0{,}50\ \mathrm{m/s}. Le résultat reste plausible pour un mobile de laboratoire, donc rien ne signale l'erreur : seule la relecture de l'échelle la rattrape.

À savoir par cœur

  • Aucune description de mouvement sans référentiel : la trajectoire et la vitesse en dépendent, les forces non.
  • Vitesse moyenne v=dΔtv=\dfrac{d}{\Delta t} sur un trajet; vitesse instantanée viMi1Mi+12τv_i\approx\dfrac{M_{i-1}M_{i+1}}{2\tau} en ENCADRANT le point.
  • Une distance mesurée sur un document se convertit par l'échelle AVANT tout calcul.
  • P=mgP=m\,g : mm en kilogrammes, g=9,81 N/kgg=9{,}81\ \mathrm{N/kg}, PP en NEWTONS. La masse ne change pas de lieu en lieu, le poids si.
  • F=GmAmBd2F=G\dfrac{m_A m_B}{d^{2}} : la distance est au carré, donc doubler dd divise la force par quatre.
  • La réaction d'un support est perpendiculaire à ce support, verticale seulement si le support est horizontal.
  • Principe d'inertie, sens réciproque : mouvement rectiligne uniforme ou immobilité, donc les forces se compensent. Toute force doit avoir un auteur.

Questions fréquentes

Comment calculer une vitesse instantanée sur une chronophotographie ?

On encadre le point étudié par ses deux voisins et on divise la distance qui les sépare par deux fois la durée entre deux positions. Il faut d'abord convertir la mesure faite à la règle grâce à l'échelle du document. Un seul intervalle ne convient pas, car il donnerait une vitesse décalée dans le temps.

Quelle est la différence entre la masse et le poids ?

La masse mesure la quantité de matière et s'exprime en kilogrammes : elle est la même partout dans l'univers. Le poids est la force d'attraction exercée par un astre, il s'exprime en newtons et dépend du lieu. Sur la Lune, votre masse est inchangée mais votre poids est six fois plus petit.

Pourquoi faut-il toujours préciser le référentiel ?

Parce que la trajectoire et la vitesse d'un objet changent selon l'endroit d'où on l'observe. Un passager assis est immobile dans le référentiel du train et se déplace à deux cents kilomètres par heure dans le référentiel du sol. Sans référentiel, dire qu'un objet est immobile n'a aucun sens.

Comment savoir quelles forces mettre dans un bilan ?

On cherche les auteurs, pas les effets. On liste ce qui touche l'objet, support, fil, fluide, puis ce qui agit à distance, essentiellement son poids. Toute force dont vous ne pouvez pas nommer l'auteur n'existe pas : la force du lancer et la force centrifuge sont dans ce cas.

Que dit le principe d'inertie exactement ?

Si les forces qui s'exercent sur un objet se compensent, alors il reste immobile ou son mouvement est rectiligne uniforme. La réciproque est vraie et c'est elle qu'on utilise le plus : en observant un mouvement rectiligne uniforme, on en déduit que les forces se compensent, sans les calculer.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Mouvement et interactions

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 15 exercices corrigés
  • 150 points
  • 225 minutes
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Ce chapitre resservira dans

Les chapitres qui le réclament en amont, plus tard dans l'année ou dans les années suivantes.

Voir aussi

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Contactez-moi pour une première séance. On reprend les gestes du chapitre qui coûtent des points, du choix du référentiel jusqu'au bilan des forces sur un plan incliné, puis on les met à l'épreuve sur des exercices du niveau réel des contrôles au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas.

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