Physique-chimie, Seconde • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : mouvement et interactions (Seconde)
Voici une série d'exercices corrigés de physique-chimie sur le mouvement et les interactions, au niveau de la classe de Seconde du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
Un obstacle unique traverse le chapitre, et il tient à une intuition fausse que tout le monde a : croire qu'une force est ce qui entretient une vitesse. Elle ne l'est pas. Une force est ce qui MODIFIE une vitesse. Un objet qui garde une vitesse constante en ligne droite ne subit aucune force résultante, et c'est exactement ce que dit le principe d'inertie.
L'exercice 6 met la relativité du mouvement au travail : le même passager est immobile pour son voisin et lancé à cent kilomètres par heure pour un piéton, et les deux descriptions sont vraies. Un mouvement n'existe jamais sans le référentiel qui le décrit.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Un mouvement se décrit toujours PAR RAPPORT à un référentiel. Changer de référentiel change la trajectoire et la vitesse, pas la réalité physique.
•Vitesse moyenne : v=Δtd. Vitesse instantanée au point Mi d'une chronophotographie : vi≈2τMi−1Mi+1, où τ est la durée entre deux positions.
•Une force modélise une action mécanique. Elle se représente par un vecteur : point d'application, direction, sens, valeur en newtons.
•Gravitation : deux corps de masses mA et mB distants de d s'attirent avec F=Gd2mAmB, avec G=6,67×10−11 en unités du système international.
•Poids : P=mg, avec g=9,81N/kg sur Terre. Le poids dépend du lieu, la masse non.
•Principe d'inertie : si les forces se compensent, le mouvement est rectiligne uniforme ou l'objet reste immobile. Et réciproquement, si le mouvement est rectiligne uniforme, les forces se compensent.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Référentiel, trajectoire et relativité du mouvement
Décrire un mouvement, c'est toujours le décrire par rapport à un référentiel choisi. La trajectoire est l'ensemble des positions successives du point étudié, dans ce référentiel.
a) Une valve de roue de vélo est observée pendant que le vélo roule en ligne droite. Décrivez sa trajectoire dans le référentiel du cadre du vélo, puis dans le référentiel du sol.
b) Un passager assis dans une rame de métro est-il en mouvement ? Répondez précisément.
c) Une balle est lâchée par un passager dans un train qui roule à vitesse constante. Décrivez sa trajectoire dans le référentiel du train, puis dans celui du quai.
d) Pourquoi le référentiel terrestre convient-il pour étudier la chute d'une balle, mais pas pour étudier le mouvement des planètes ?
e) Deux voitures roulent côte à côte à 100km/h sur l'autoroute. Quelle est la vitesse de l'une par rapport à l'autre ? Et par rapport au sol ?
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Réponses
a)Cercle dans le référentiel du cadre, cycloïde dans celui du sol
b)Immobile dans le wagon, en mouvement par rapport au quai
c)Segment vertical dans le train, portion de parabole depuis le quai
d)La Terre tourne autour du Soleil : on prend le référentiel héliocentrique
e)0km/h l'une par rapport à l'autre, 100km/h par rapport au sol
a) Dans le référentiel du cadre, la valve décrit un CERCLE de rayon égal à sa distance à l'axe de la roue : c'est un mouvement circulaire uniforme si le vélo garde sa vitesse. Dans le référentiel du sol, la rotation se compose à l'avancée du vélo et la trajectoire devient une cycloïde, une suite d'arches qui touchent le sol. Même objet, même instant, deux trajectoires totalement différentes : la trajectoire n'est pas une propriété de l'objet, c'est une propriété du couple objet-référentiel.
b) Il faut préciser le référentiel avant de répondre, sinon la question n'a pas de sens. Dans le référentiel du wagon, il est immobile : sa distance aux parois ne change pas. Dans le référentiel du quai, il est en mouvement, à la vitesse du métro. Les deux affirmations sont vraies en même temps et ne se contredisent pas.
c) Dans le référentiel du train, la balle tombe verticalement, exactement comme si le train était à l'arrêt : elle atterrit aux pieds du passager. Dans le référentiel du quai, elle conserve la vitesse horizontale du train au moment du lâcher et sa trajectoire est une portion de parabole. C'est la même chute vue de deux endroits.
d) Parce qu'un référentiel n'est utile que si les objets de référence qu'il utilise peuvent être considérés comme fixes pendant la durée de l'expérience. La Terre convient parfaitement pour une chute de quelques secondes. Pour une révolution planétaire, qui dure des mois ou des années, la Terre tourne elle-même autour du Soleil et sa rotation propre n'est plus négligeable : le mouvement des planètes y devient inutilement compliqué. On choisit alors le référentiel héliocentrique, centré sur le Soleil, dans lequel les trajectoires redeviennent de simples ellipses.
e) Par rapport au sol, chacune roule à 100km/h. L'une par rapport à l'autre, la vitesse est NULLE : leur distance mutuelle ne change pas, chacune paraît immobile depuis l'habitacle de l'autre. C'est exactement ce qui permet le ravitaillement d'un avion en vol, et c'est aussi ce qui rend une collision par l'arrière à faible différence de vitesse bien moins violente qu'un choc frontal, où les vitesses s'ajoutent au lieu de se soustraire.
Exercice 2 : Vitesse moyenne et vitesse instantanée
La vitesse moyenne sur un trajet vaut v=Δtd. La vitesse instantanée en un point d'une chronophotographie s'estime par vi≈2τMi−1Mi+1.
La figure montre la chronophotographie d'une bille lâchée sans vitesse initiale, prise toutes les τ=40ms. Les positions sont repérées en centimètres.
a) La bille passe de M0 à M7, soit une chute de 38,5cm. Calculez sa vitesse moyenne sur ce trajet, en m/s.
b) Les positions M3, M4 et M5 sont respectivement à 7,1, 12,6 et 19,6cm sous le point de lâcher. Calculez la vitesse instantanée en M4.
c) Comparez les deux résultats. Pourquoi la vitesse moyenne est-elle inférieure à la vitesse instantanée en M4 ?
d) Sur la chronophotographie, les points s'espacent de plus en plus. Que traduit cet espacement croissant, et pourquoi la durée τ entre deux points ne change-t-elle pas pour autant ?
e) Convertissez la vitesse instantanée trouvée en b) en kilomètres par heure.
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Réponses
a)v≈1,38m/s
b)v4≈1,56m/s
c)La bille accélère : la moyenne est tirée vers le bas par le début du trajet
d)Mouvement accéléré ; τ est fixé par l'appareil
e)v4≈5,6km/h
a) La durée totale vaut Δt=7×40=280ms=0,280s, pour une distance d=38,5cm=0,385m. Donc v=0,2800,385=1,375m/s, soit environ 1,38m/s. Attention au nombre d'intervalles : de M0 à M7 il y a 7 intervalles, pas 8 points multipliés par τ.
b) La distance M3M5 vaut 19,6−7,1=12,5cm=0,125m, parcourue en 2τ=0,080s. Donc v4=0,0800,125=1,5625m/s, soit environ 1,56m/s. On encadre le point M4 par ses deux voisins plutôt que de prendre l'écart M4M5 seul, parce que l'encadrement centre l'estimation sur M4 et compense en partie l'accélération.
c) La vitesse moyenne, 1,38m/s, est plus petite que la vitesse instantanée en M4, 1,56m/s. C'est normal : la bille accélère en tombant, donc elle a été plus lente que 1,56m/s pendant tout le début du trajet, ce qui tire la moyenne vers le bas. La vitesse moyenne d'un mouvement accéléré n'est jamais la vitesse à mi-parcours en distance, elle est plus proche de la vitesse à mi-parcours en temps.
d) L'espacement croissant traduit une distance parcourue de plus en plus grande pendant des durées ÉGALES : la bille accélère. La durée τ ne change pas parce qu'elle est imposée par l'appareil de prise de vue, pas par le mouvement : c'est la cadence du flash ou de la caméra, réglée une fois pour toutes. C'est précisément ce qui rend la chronophotographie lisible, puisque les distances entre points deviennent alors directement proportionnelles aux vitesses moyennes successives.
e) Pour passer des mètres par seconde aux kilomètres par heure, on multiplie par 3,6 : v4=1,5625×3,6=5,625km/h, soit environ 5,6km/h. Le facteur vient de 1m/s=36001h0,001km=3,6km/h. Une bille lâchée d'une trentaine de centimètres roule donc déjà à l'allure d'un marcheur rapide.
Exercice 3 : Modéliser les actions par des forces
Une action mécanique se modélise par une force, représentée par un vecteur : un point d'application, une direction, un sens et une valeur en newtons.
Un livre de masse m=800g est posé, immobile, sur une table horizontale. On prendra g=9,81N/kg.
La figure montre le dispositif : le livre est simplement posé, au repos, sur le plateau horizontal.
a) Faites l'inventaire des actions mécaniques subies par le livre, en distinguant celles qui s'exercent à distance et celles qui s'exercent par contact.
b) Calculez la valeur du poids du livre.
c) Le livre étant immobile, que peut-on dire de la force exercée par la table sur le livre ? Donnez sa direction, son sens et sa valeur.
d) On pose un deuxième livre identique sur le premier. La force exercée par la table sur le livre du dessous change-t-elle ? Justifiez.
e) Un élève dessine le poids du livre en partant de la table vers le haut. Citez deux erreurs dans cette représentation.
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Réponses
a)À distance : le poids ; de contact : l'action de la table
b)P≈7,85N
c)Verticale vers le haut, 7,85N
d)Oui : 15,7N
e)Point d'application et sens faux
a) Une seule action à distance : l'attraction gravitationnelle exercée par la Terre, modélisée par le poids. Une seule action de contact : celle exercée par la table sur la face inférieure du livre. L'air exerce aussi une action, mais elle est négligeable devant les deux autres pour un objet posé. Le diagramme objet-interaction se lit ainsi : au centre le livre, autour de lui la Terre reliée par une flèche en pointillés, et la table reliée par une flèche pleine.
b) P=mg avec m=800g=0,800kg, donc P=0,800×9,81=7,85N. La conversion en kilogrammes est obligatoire, faute de quoi on obtient 7848N, la valeur du poids d'un scooter.
c) Le livre est immobile, donc les forces qu'il subit se compensent, d'après le principe d'inertie. La force exercée par la table est donc opposée au poids : verticale, dirigée vers le HAUT, de même valeur 7,85N. Elle est appelée réaction normale du support. Elle n'est pas une propriété de la table, elle s'ajuste : c'est le support qui répond à ce qu'on lui pose.
d) Oui, elle double, ou presque : la table supporte maintenant les deux livres, donc elle exerce sur le livre du dessous une force verticale vers le haut de 2×7,85=15,7N. Le bilan du livre du dessous compte désormais trois forces : son propre poids 7,85N vers le bas, l'action du livre du dessus 7,85N vers le bas, et l'action de la table 15,7N vers le haut. La somme est nulle, ce qui est cohérent avec l'immobilité.
e) Première erreur : le point d'application. Le poids s'applique au centre de gravité du livre, pas à sa face inférieure ni sur la table. Deuxième erreur : le sens. Le poids est dirigé vers le BAS, vers le centre de la Terre ; une flèche vers le haut représenterait l'action de la table, pas le poids. On peut ajouter une troisième remarque : une force qui s'exerce sur le livre doit être dessinée depuis le livre, jamais depuis l'objet qui l'exerce.
Exercice 4 : Gravitation universelle et poids
Deux corps ponctuels de masses mA et mB, séparés d'une distance d, s'attirent avec une force de valeur F=Gd2mAmB, où G=6,67×10−11 dans les unités du système international.
Données : masse de la Terre MT=5,97×1024kg, rayon terrestre RT=6,37×106m.
a) Calculez la force d'attraction exercée par la Terre sur un élève de masse 60,0kg situé à sa surface.
b) Comparez ce résultat au poids calculé par P=mg avec g=9,81N/kg. Que peut-on en conclure ?
c) Retrouvez la valeur de g à la surface de la Terre à partir de G, MT et RT.
d) L'élève monte à bord d'un satellite en orbite à 400km d'altitude. Calculez l'intensité de la pesanteur à cette altitude.
e) En impesanteur, les astronautes flottent. Pourtant le calcul de la question d) montre que l'attraction terrestre y est loin d'être nulle. Levez la contradiction.
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Réponses
a)F≈589N
b)P=589N : le poids est l'attraction terrestre
c)g=9,81N/kg
d)g′≈8,69N/kg
e)Pesanteur encore à 89 % : la station et les astronautes tombent ensemble
a) F=GRT2MTm=6,67×10−11×(6,37×106)25,97×1024×60,0. Le numérateur vaut 2,389×1016 et le dénominateur 4,058×1013, d'où F≈589N. Ne pas oublier d'élever le rayon au carré : c'est l'erreur qui coûte le plus cher dans ce calcul, et elle donne un résultat plusieurs millions de fois trop grand.
b) P=60,0×9,81=589N. Les deux valeurs coïncident à moins de 0,2% près. Conclusion : le poids n'est rien d'autre que la force gravitationnelle exercée par la Terre, à une petite correction près due à la rotation terrestre. La formule P=mg est donc un raccourci commode de la loi de gravitation, valable seulement à la surface de la Terre.
c) En identifiant mg=GRT2MTm, la masse m se simplifie et il reste g=GRT2MT=6,67×10−11×4,058×10135,97×1024=9,81N/kg. Cette simplification de m est le point le plus important du chapitre : elle explique pourquoi tous les corps tombent avec la même accélération, quelle que soit leur masse.
d) La distance au CENTRE de la Terre vaut d=RT+h=6,37×106+4,00×105=6,77×106m. Alors g′=Gd2MT=6,67×10−11×4,583×10135,97×1024=8,69N/kg. L'altitude compte depuis la SURFACE, mais la loi de gravitation compte depuis le CENTRE : il faut ajouter le rayon terrestre.
e) Il n'y a pas de contradiction, parce que la pesanteur à 400km vaut encore 89% de sa valeur au sol. Si les astronautes flottent, ce n'est pas parce que la gravité aurait disparu, c'est parce que la station et tout ce qu'elle contient TOMBENT ensemble, en permanence, vers la Terre. La station a simplement une vitesse horizontale suffisante pour que sa chute la fasse manquer la Terre à chaque tour. Rien ne pousse l'astronaute contre le plancher, donc il ne ressent aucun poids apparent, alors que l'attraction, elle, est bien là et courbe sa trajectoire.
Exercice 5 : Le principe d'inertie dans les deux sens
Principe d'inertie : dans un référentiel adapté, si les forces exercées sur un corps se compensent, alors son mouvement est rectiligne uniforme, ou il reste immobile. La réciproque est vraie aussi.
a) Une caisse est tirée sur un sol horizontal et avance en ligne droite à vitesse constante. Que peut-on dire des forces qu'elle subit ? Faites-en l'inventaire.
b) Un parachutiste descend à vitesse constante sous sa voile. Comparez la valeur de la force de frottement de l'air et celle de son poids.
c) Une bille roule sur une table horizontale parfaitement lisse, sans frottement, et personne ne la pousse. Que devient son mouvement ?
d) Une voiture prend un virage à vitesse constante affichée au compteur. Les forces se compensent-elles ? Attention au piège.
e) Un satellite tourne autour de la Terre à vitesse constante. Même question, avec justification.
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Réponses
a)Les forces se compensent : poids, réaction, traction et frottement
b)Frottement et poids de même valeur
c)Mouvement rectiligne uniforme indéfiniment
d)Non : la direction de la vitesse change
e)Non : trajectoire circulaire, l'attraction n'est pas compensée
a) Le mouvement étant rectiligne et uniforme, les forces se compensent : leur somme est nulle. Inventaire : le poids, vertical vers le bas ; la réaction du sol, verticale vers le haut, qui compense le poids ; la force de traction, horizontale vers l'avant ; la force de frottement du sol, horizontale vers l'arrière, de même valeur que la traction. On tire donc bel et bien sur la caisse, mais pas pour la faire avancer : pour compenser exactement les frottements.
b) Elles sont ÉGALES en valeur et opposées en sens, puisque la vitesse est constante et la trajectoire rectiligne. C'est ce qui définit la vitesse limite de chute : au début le poids l'emporte, la vitesse augmente, les frottements augmentent avec elle, jusqu'à égaler le poids. À partir de cet instant plus rien n'accélère le parachutiste, et il descend à vitesse constante jusqu'au sol.
c) Le poids et la réaction de la table se compensent, et aucune autre force n'agit horizontalement. Les forces se compensent donc, et le principe d'inertie s'applique : la bille poursuit indéfiniment son mouvement rectiligne uniforme, à la vitesse qu'elle avait. Elle ne ralentit pas et n'a besoin de rien pour continuer. Notre intuition contraire vient de ce qu'aucune table réelle n'est sans frottement.
d) Non, elles ne se compensent pas, malgré la vitesse constante au compteur. Le compteur n'indique que la VALEUR de la vitesse, alors que le principe d'inertie porte sur le vecteur vitesse, direction comprise. Dans un virage la direction change en permanence, donc le vecteur vitesse change, donc le mouvement n'est pas rectiligne uniforme, donc les forces ne se compensent pas. Ce sont les frottements latéraux des pneus qui fournissent la force manquante, et c'est pourquoi on dérape sur une plaque de verglas en courbe alors qu'on ne dérape pas en ligne droite.
e) Non plus, pour exactement la même raison. Le satellite garde une vitesse de valeur constante, mais sa trajectoire est un cercle : la direction du vecteur vitesse change sans arrêt. Les forces ne se compensent donc pas, et la force non compensée est justement l'attraction gravitationnelle de la Terre, qui courbe la trajectoire en permanence. Retenir la formulation exacte : rectiligne ET uniforme. Manquer l'un des deux mots fait rater les questions d) et e).
Partie B : Problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Deux référentiels pour un même passager
Un autobus roule en ligne droite à vitesse constante v=54,0km/h dans une avenue. Un passager, debout dans l'allée, lance verticalement une balle vers le haut et la rattrape 0,80s plus tard, à la même hauteur.
Deux observateurs décrivent la scène : le passager lui-même, et un piéton immobile sur le trottoir.
a) Convertissez la vitesse de l'autobus en mètres par seconde.
b) Décrivez la trajectoire de la balle dans le référentiel de l'autobus, puis dans celui du trottoir.
c) Quelle distance l'autobus a-t-il parcourue pendant le vol de la balle ? Où la balle retombe-t-elle par rapport au passager, et pourquoi ?
d) Le piéton affirme : « la balle a parcouru plus de chemin que ce que dit le passager ». A-t-il raison ? Cela remet-il en cause la description du passager ?
e) L'autobus freine brusquement pendant que la balle est en l'air. La balle retombe-t-elle encore dans la main du passager ? Justifiez avec le principe d'inertie.
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Réponses
a)v=15,0m/s
b)Segment vertical dans l'autobus, parabole depuis le trottoir
c)12,0m ; la balle retombe dans la main
d)Oui, sans contredire le passager : la trajectoire dépend du référentiel
e)Non : elle retombe devant le passager
a) On divise par 3,6 pour passer des kilomètres par heure aux mètres par seconde : v=3,654,0=15,0m/s.
b) Dans le référentiel de l'autobus, la balle monte puis redescend sur une droite VERTICALE : elle part de la main et y revient, exactement comme si l'autobus était à l'arrêt. Dans le référentiel du trottoir, la balle possède en plus la vitesse horizontale de 15,0m/s qu'elle avait au lancer et qu'elle conserve : sa trajectoire est une portion de parabole, penchée vers l'avant.
c) d=vΔt=15,0×0,80=12,0m. La balle retombe pourtant exactement dans la main du passager, sans le moindre décalage. La raison est que la balle avait, au moment du lancer, la même vitesse horizontale que l'autobus et que rien n'agit horizontalement sur elle pendant le vol : elle avance donc de ces mêmes 12,0m pendant que la main en fait autant. Le passager et la balle restent l'un au-dessus de l'autre.
d) Il a raison sur le fait, et cela ne remet rien en cause. Dans le référentiel du trottoir, la balle a effectivement parcouru une trajectoire plus longue, puisqu'elle a monté et descendu TOUT EN avançant de 12,0m. Dans le référentiel de l'autobus, elle n'a fait que monter et descendre. Longueur de trajectoire et forme de trajectoire dépendent du référentiel : ce ne sont pas des propriétés absolues de la balle. Les deux descriptions sont exactes, chacune dans son référentiel, et elles décrivent le même événement.
e) Non. Pendant le freinage, l'autobus et le passager ralentissent, parce qu'ils subissent la force de freinage transmise par le plancher et les pneus. La balle, elle, ne touche rien : aucune force horizontale ne s'exerce sur elle, donc d'après le principe d'inertie sa vitesse horizontale reste égale à 15,0m/s. Elle avance donc plus vite que le passager et retombe DEVANT lui, vers l'avant du bus. C'est le même effet qui projette les voyageurs debout vers l'avant lors d'un coup de frein, et qui rend la ceinture de sécurité indispensable.
Exercice 7 : Un solide sur un plan incliné
Un bloc de masse m=5,00kg est posé sur un plan incliné d'un angle α=30∘ par rapport à l'horizontale. On prendra g=9,81N/kg.
La figure représente le plan et le bloc. On décompose le poids en une composante parallèle au plan et une composante perpendiculaire.
a) Calculez la valeur du poids du bloc.
b) Calculez la composante du poids parallèle au plan, P//=Psinα, et la composante perpendiculaire, P⊥=Pcosα.
c) Le bloc reste immobile. Quelle est la valeur de la force de frottement exercée par le plan ? Quelle est sa direction ?
d) On augmente progressivement l'angle. La force de frottement disponible ne peut pas dépasser 30,0N. À partir de quel angle le bloc se met-il à glisser ?
e) Vérifiez que P//2+P⊥2=P2 et expliquez ce que cette égalité signifie géométriquement.
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Réponses
a)P≈49,1N
b)P//≈24,5N ; P⊥≈42,5N
c)24,5N, le long du plan vers le haut de la pente
d)α>37,7∘
e)2406=49,052 ✓ : Pythagore
a) P=mg=5,00×9,81=49,05N, soit environ 49,1N.
b) P//=49,05×sin(30∘)=49,05×0,500=24,5N. Et P⊥=49,05×cos(30∘)=49,05×0,866=42,5N. Le contrôle immédiat : à 30∘, la composante qui tire le bloc vers le bas de la pente vaut exactement la moitié du poids, ce qui est facile à retenir et à vérifier.
c) Le bloc est immobile, donc toutes les forces se compensent. Le long du plan, seules deux forces agissent : la composante P//=24,5N qui tire vers le bas de la pente, et le frottement. Le frottement vaut donc 24,5N, dirigé le long du plan, vers le HAUT de la pente. Perpendiculairement, la réaction normale du support compense P⊥ et vaut 42,5N.
d) Le glissement commence quand la composante parallèle dépasse le frottement maximal : Psinα>30,0, soit sinα>49,0530,0=0,6116. Cela donne α>37,7∘. En dessous de cet angle le bloc tient, au-dessus il part. Noter que la masse n'intervient pas dans la conclusion si le frottement maximal est lui-même proportionnel à P⊥, ce qui explique qu'un objet lourd et un objet léger glissent sur la même pente critique.
e) 24,5252+42,4792=601,5+1804,5=2406,0, et 49,052=2406,0. L'égalité est vérifiée. Géométriquement, elle dit que les deux composantes sont les côtés d'un triangle rectangle dont le poids est l'hypoténuse : décomposer une force, c'est appliquer le théorème de Pythagore à l'envers. C'est pourquoi une composante est toujours plus PETITE que la force dont elle vient, et pourquoi trouver P//>P signale immédiatement une erreur de sinus ou de cosinus.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, dites où est l'erreur et donnez l'énoncé correct.
a) « Un objet qui avance a forcément une force qui le pousse dans le sens du mouvement. »
b) « La masse d'un astronaute diminue quand il va sur la Lune. »
c) « Une voiture qui roule à vitesse constante dans un virage a des forces qui se compensent. »
d) « Le poids s'exprime en kilogrammes. »
e) « Le passager du métro est immobile, c'est un fait, il n'y a pas besoin de préciser autre chose. »
Voir la correction
Réponses
a)À vitesse constante en ligne droite, les forces se compensent
b)La masse ne change pas, le poids diminue
c)Mouvement non rectiligne : les forces ne se compensent pas
d)Le poids s'exprime en newtons
e)Préciser le référentiel
a) Faux : c'est l'erreur d'intuition la plus tenace du chapitre. Une force n'entretient pas une vitesse, elle la modifie. Correct : « un objet qui avance à vitesse constante en ligne droite subit des forces qui se compensent ; une force résultante non nulle est nécessaire seulement pour CHANGER sa vitesse, en valeur ou en direction ». Une sonde spatiale, moteur éteint, continue indéfiniment.
b) Faux : la masse est la quantité de matière du corps, elle ne dépend pas du lieu. Correct : « la masse de l'astronaute est la même sur la Lune, mais son POIDS y est environ six fois plus petit, car l'intensité de la pesanteur lunaire vaut 1,62N/kg contre 9,81N/kg sur Terre ». Un astronaute de 70kg pèse 687N sur Terre et 113N sur la Lune, tout en restant un astronaute de 70kg.
c) Faux : le principe d'inertie exige un mouvement rectiligne ET uniforme. Correct : « dans un virage, la direction du vecteur vitesse change, donc le mouvement n'est pas rectiligne, donc les forces ne se compensent pas, même si le compteur n'indique aucune variation ». La force non compensée est fournie par les frottements latéraux des pneus sur la chaussée.
d) Faux : le poids est une force, il s'exprime en NEWTONS. Correct : « le poids s'exprime en newtons, la masse en kilogrammes, et les deux sont reliés par P=mg ». La balance de la salle de bains affiche des kilogrammes alors qu'elle mesure en réalité une force : elle divise silencieusement par 9,81, ce qui est exactement pourquoi elle donnerait un résultat faux sur la Lune.
e) Faux : l'immobilité n'est jamais un fait absolu. Correct : « le passager est immobile DANS LE RÉFÉRENTIEL du wagon, et en mouvement dans le référentiel du quai ». Toute description de mouvement qui ne nomme pas son référentiel est incomplète, et c'est en Seconde le point de méthode le plus souvent sanctionné en contrôle.
Exercice 9 : Freinage d'urgence sur autoroute
Une voiture de masse m=1200kg roule à 100km/h sur autoroute. Le conducteur aperçoit un obstacle, réagit en 1,0s, puis freine.
Pendant le freinage, la voiture parcourt 60,0m avant l'arrêt, en 4,3s.
a) Convertissez la vitesse en mètres par seconde, puis calculez la distance parcourue pendant le temps de réaction.
b) Calculez la distance d'arrêt totale.
c) Calculez la vitesse moyenne pendant la phase de freinage, puis comparez-la à la moitié de la vitesse initiale. Commentez.
d) Pendant la phase de réaction, les forces se compensent-elles ? Et pendant la phase de freinage ? Justifiez pour chacune.
e) En hiver, sur chaussée enneigée, la force de frottement disponible est divisée par trois. En admettant que la distance de freinage est inversement proportionnelle à cette force, calculez la nouvelle distance d'arrêt et commentez pour la conduite en hiver.
Voir la correction
Réponses
a)27,8m/s ; 27,8m
b)87,8m
c)14,0 contre 13,9m/s : freinage uniformément ralenti
d)Réaction : compensées ; freinage : non compensées
e)180m de freinage, 208m d'arrêt
a) v=3,6100=27,8m/s. Pendant la seconde de réaction, la vitesse ne change pas puisque rien n'agit encore : dreˊaction=27,8×1,0=27,8m. Presque trente mètres parcourus avant même que la pédale ne soit touchée : c'est la longueur de trois autobus.
b) darre^t=27,8+60,0=87,8m, soit près de quatre-vingt-dix mètres. La distance de sécurité recommandée sur autoroute, deux secondes d'intervalle, correspond justement à environ 56m à cette vitesse : elle couvre la réaction et une partie du freinage, en comptant sur le fait que le véhicule de devant freine lui aussi.
c) vmoy=4,360,0=14,0m/s, alors que la moitié de la vitesse initiale vaut 227,8=13,9m/s. Les deux valeurs coïncident presque exactement. Cela indique que le freinage est UNIFORMÉMENT ralenti, c'est-à-dire que la vitesse décroît de façon régulière de 27,8 à 0 : pour une décroissance linéaire, la vitesse moyenne est bien la moyenne des deux extrêmes.
d) Pendant la réaction, la voiture roule en ligne droite à vitesse constante : le mouvement est rectiligne uniforme, donc les forces se compensent. La force motrice compense exactement les frottements et la résistance de l'air. Pendant le freinage, la vitesse diminue : le mouvement n'est plus uniforme, donc les forces ne se compensent PAS. La résultante est dirigée vers l'arrière, opposée au mouvement, et c'est elle qui fait décroître la vitesse. On lit ainsi directement sur le mouvement, sans rien calculer, si les forces s'équilibrent ou non.
e) La distance de freinage devient 3×60,0=180m, et la distance d'arrêt totale 27,8+180=208m, soit 2,4 fois la distance sur route sèche. Le temps de réaction, lui, ne change pas : c'est le conducteur, pas la chaussée. La conclusion pratique est qu'en hiver il faut plus que doubler la distance de sécurité, et que la sensation de maîtrise à vitesse constante ne dit strictement rien sur la capacité à s'arrêter, puisque c'est le même contact pneu-chaussée qui doit fournir toute la force de freinage.
Exercice 10 : Peser sur la Terre, la Lune et Mars
L'intensité de la pesanteur à la surface d'un astre vaut g=GR2M.
Données : Terre, MT=5,97×1024kg et RT=6,37×106m. Lune, ML=7,35×1022kg et RL=1,74×106m. Mars, MM=6,42×1023kg et RM=3,39×106m. On prendra G=6,67×10−11.
a) Calculez g à la surface de la Lune et à la surface de Mars, et vérifiez les valeurs portées sur le diagramme.
b) Un astronaute et son équipement pèsent ensemble 180kg. Calculez leur poids sur chacun des trois astres.
c) La Lune est environ 81 fois moins massive que la Terre. Pourtant sa pesanteur n'est que 6 fois plus faible, pas 81. Expliquez.
d) Mars est plus massive que la Lune d'un facteur proche de 9, et son rayon est environ 2 fois plus grand. Retrouvez, sans calculatrice et à partir de la formule, le rapport entre les deux pesanteurs.
e) Sur la Lune, un astronaute saute d'une hauteur qu'il atteindrait à 0,40m sur Terre. En admettant que la hauteur atteinte soit inversement proportionnelle à g pour une même détente, calculez la hauteur atteinte sur la Lune, et commentez les images des missions Apollo.
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Réponses
a)gL≈1,62 et gM≈3,73N/kg
b)1766N ; 292N ; 671N
c)Le rayon, au carré, compense en partie le manque de masse
d)Environ 2,25 (valeur exacte 2,30)
e)Environ 2,4m en théorie
a) Lune : gL=6,67×10−11×(1,74×106)27,35×1022=3,028×10124,902×1012=1,62N/kg. Mars : gM=6,67×10−11×(3,39×106)26,42×1023=1,149×10134,282×1013=3,73N/kg. Les deux valeurs correspondent bien aux barres du diagramme.
b) Sur Terre : P=180×9,81=1766N. Sur la Lune : P=180×1,62=292N. Sur Mars : P=180×3,73≈671N. La masse, elle, vaut 180kg partout : c'est le poids qui varie, et c'est pourquoi un scaphandre lourd reste maniable sur la Lune tout en gardant la même inertie, donc la même difficulté à s'arrêter une fois lancé.
c) Parce que la pesanteur ne dépend pas que de la masse : elle dépend aussi du rayon, au CARRÉ, et au dénominateur. La Lune est 81 fois moins massive, ce qui divise g par 81, mais son rayon est aussi environ 3,7 fois plus petit, ce qui multiplie g par 3,72≈13,4. Le résultat net vaut 8113,4≈61. Être petit rapproche de la surface, et cela compense en grande partie le manque de masse.
d) gLgM=MLMM×(RMRL)2≈9×(21)2=49=2,25. Vérification avec les valeurs exactes : 1,623,73≈2,30. L'estimation à la main tombe à 2% près, ce qui suffit largement pour contrôler un calcul de calculatrice et repérer une erreur de saisie.
e) hL=0,40×1,629,81=2,42m, soit environ 2,4m. Un astronaute sauterait donc six fois plus haut, en théorie. Les images d'Apollo montrent pourtant des sauts modestes, de l'ordre de quelques dizaines de centimètres : le scaphandre pressurisé, rigide et lourd de plus de quatre-vingts kilogrammes, empêche de détendre les jambes normalement. La pesanteur autorise le saut, l'équipement l'interdit, et c'est un bon rappel qu'un calcul de physique décrit un modèle, pas encore une situation réelle.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Nature d'un mouvement et variation du vecteur vitesse
On enregistre la position de trois mobiles qui se déplacent en ligne droite, toutes les τ=50ms. Les abscisses sont en centimètres, aux instants M0 à M4.
Palet A, sur une table horizontale à coussin d'air : 0 ; 2,0 ; 4,0 ; 6,0 ; 8,0. Bille B, sur un rail incliné : 0 ; 1,0 ; 4,0 ; 9,0 ; 16,0. Palet C, lancé sur un tapis : 0 ; 3,5 ; 6,0 ; 7,5 ; 8,0.
La vitesse en Mi s'estime par vi≈2τMi−1Mi+1.
a) Donnez la nature du mouvement de chacun des trois mobiles.
b) Calculez la vitesse du palet A, en m/s.
c) Calculez la vitesse de la bille B en M1 et en M3.
d) Le vecteur vitesse de B varie entre M1 et M3. Dans quel sens est orientée cette variation ? Que peut-on en déduire sur les forces qui s'exercent sur la bille ?
e) Calculez la vitesse du palet C en M1 et en M3. Que peut-on dire des forces qui s'exercent sur le palet A, puis sur le palet C ?
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Réponses
a)A : uniforme ; B : accéléré ; C : ralenti
b)vA=0,40m/s
c)v1=0,40m/s ; v3=1,2m/s
d)Δv=0,80m/s vers l'avant : somme des forces dans le sens du mouvement
e)C : 0,60 puis 0,20m/s ; A : forces compensées ; C : somme opposée au mouvement
a) A parcourt 2,0cm pendant chaque intervalle : mouvement rectiligne UNIFORME. B parcourt 1,0 ; 3,0 ; 5,0 ; 7,0cm : des distances croissantes pendant des durées égales, mouvement rectiligne ACCÉLÉRÉ. C parcourt 3,5 ; 2,5 ; 1,5 ; 0,5cm : mouvement rectiligne RALENTI.
b) vA=2×0,0504,0×10−2=0,40m/s, la même en tout point.
c) v1=2τM0M2=0,104,0×10−2=0,40m/s et v3=2τM2M4=0,10(16,0−4,0)×10−2=1,2m/s. Le piège est de diviser par τ au lieu de 2τ : les deux positions encadrantes sont séparées de DEUX intervalles.
d) La vitesse passe de 0,40 à 1,2m/s dans la même direction : la variation Δv=v3−v1 vaut 0,80m/s et elle est orientée dans le SENS du mouvement. Une variation du vecteur vitesse traduit des forces qui ne se compensent pas, et leur somme a le sens de Δv : ici, vers l'avant, le long du rail.
e) v1=0,106,0×10−2=0,60m/s et v3=0,10(8,0−6,0)×10−2=0,20m/s. Pour A, le vecteur vitesse est constant : d'après le principe d'inertie, les forces se compensent. Pour C, la vitesse diminue : les forces ne se compensent pas, et leur somme est orientée vers l'ARRIÈRE, opposée au mouvement. C'est le frottement du tapis.
Méthode à retenir : on lit la nature du mouvement sur les écarts entre positions, et le sens de la variation du vecteur vitesse donne le sens de la somme des forces.
Exercice 12 : Le principe des actions réciproques
Principe des actions réciproques : si un corps A exerce une force FA/B sur un corps B, alors B exerce sur A une force FB/A=−FA/B, de même droite d'action, de même valeur et de sens opposé.
Données : G=6,67×10−11 unités SI ; masse de la Terre 5,97×1024kg ; masse de la Lune 7,35×1022kg ; distance Terre-Lune 3,84×108m ; g=9,81N/kg.
a) Calculez la valeur de la force exercée par la Terre sur la Lune.
b) Quelle est la valeur de la force exercée par la Lune sur la Terre ? Précisez sa direction et son sens.
c) Si les deux forces ont la même valeur, pourquoi est-ce la Lune qui tourne autour de la Terre, et pas l'inverse ?
d) Un élève de 50,0kg se tient debout. Quelle force exerce-t-il sur la Terre ?
e) Deux patineurs immobiles sur la glace, de 40kg et 80kg, se poussent mutuellement. Lequel subit la force la plus grande ? Lequel part le plus vite ?
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Réponses
a)F≈1,98×1020N
b)1,98×1020N, de la Terre vers la Lune
c)La Terre, 81 fois plus massive, voit sa vitesse bien moins varier
d)491N vers le haut
e)Même force ; le patineur de 40 kg part le plus vite
a) F=Gd2MTML=6,67×10−11×(3,84×108)25,97×1024×7,35×1022≈1,98×1020N.
b) Exactement la même valeur, 1,98×1020N : la formule de gravitation est symétrique en MT et ML, et le principe des actions réciproques l'impose. Cette force est dirigée selon la droite qui joint les deux centres, de la Terre VERS la Lune : la Lune attire la Terre.
c) Une même force modifie d'autant moins le mouvement d'un corps que sa masse est grande. La Terre est environ 81 fois plus massive que la Lune : la variation de sa vitesse est 81 fois plus petite. En réalité, les deux astres tournent autour de leur centre de masse commun, mais ce point est si proche du centre de la Terre qu'il se trouve à l'intérieur de celle-ci.
d) La Terre exerce sur lui son poids, P=50,0×9,81≈491N, vers le bas. Par le principe des actions réciproques, l'élève attire la Terre avec une force de 491N, dirigée vers le HAUT, vers lui. Cette force ne se voit pas, parce qu'elle s'applique à un corps de 6×1024kg.
e) Les deux forces ont la MÊME valeur : chacune est la réaction de l'autre. Le patineur de 40kg, deux fois plus léger, voit sa vitesse varier davantage : il part le plus vite. Confondre la force subie et son effet est l'erreur que ce principe corrige.
Le point de méthode : deux forces réciproques s'exercent sur deux corps DIFFÉRENTS, elles ne se compensent donc jamais l'une l'autre.
Exercice 13 : Objet suspendu : fils et dynamomètre
Une lampe de masse m=1,50kg est suspendue et immobile. On prendra g=9,81N/kg sur Terre et gL=1,62N/kg sur la Lune.
Un fil tendu exerce sur l'objet une force dirigée le long du fil, vers le point d'attache, appelée tension.
a) Calculez la valeur du poids de la lampe.
b) La lampe est suspendue à un seul fil vertical. Donnez la direction, le sens et la valeur de la tension du fil.
c) On la suspend à deux fils verticaux identiques. Quelle est la tension de chaque fil ?
d) On la suspend à deux fils symétriques, chacun incliné de 60∘ par rapport à la verticale. La composante verticale de chaque tension vaut Tcos60∘. Calculez T.
e) On accroche la lampe à un dynamomètre sur la Lune. Qu'indique-t-il ? Quelle est la masse de la lampe sur la Lune ?
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Réponses
a)P≈14,7N
b)Verticale vers le haut, 14,7N
c)7,36N chacun
d)T=P≈14,7N
e)2,43N ; masse toujours 1,50kg
a) P=mg=1,50×9,81≈14,7N.
b) La lampe est immobile : les forces se compensent. Le fil exerce une force verticale, vers le HAUT, de valeur égale au poids, T≈14,7N.
c) Les deux tensions, verticales vers le haut, se partagent le poids : 2T=P, donc T≈7,36N chacune.
d) Horizontalement, les deux composantes se compensent par symétrie. Verticalement : 2Tcos60∘=P, avec cos60∘=0,5, donc T=P≈14,7N. Chaque fil incliné supporte autant que le fil unique de la question b), deux fois plus que les fils verticaux : plus des fils sont écartés, plus ils sont tendus, parce qu'une partie de leur tension ne sert qu'à tirer sur le côté.
e) Le dynamomètre mesure le poids : PL=1,50×1,62≈2,43N. La masse, elle, vaut toujours 1,50kg : c'est une propriété de l'objet, pas du lieu.
Méthode à retenir : pour un objet immobile, on écrit que les forces se compensent, en projetant si besoin sur la verticale et sur l'horizontale.
Exercice 14 : Problème : la Station spatiale internationale
La Station spatiale internationale, de masse m=4,20×105kg, tourne autour de la Terre sur une orbite quasi circulaire à l'altitude h=400km, en 92,7 minutes.
Données : G=6,67×10−11 unités SI ; masse de la Terre MT=5,97×1024kg ; rayon de la Terre RT=6,37×106m.
a) Calculez la distance d entre la station et le centre de la Terre.
b) Calculez la valeur de la force gravitationnelle exercée par la Terre sur la station.
c) Calculez la longueur d'un tour d'orbite, puis la vitesse de la station, en m/s puis en km/h.
d) Le mouvement est circulaire à vitesse de valeur constante. Les forces qui s'exercent sur la station se compensent-elles ? Où est dirigée leur somme ?
e) Si l'attraction de la Terre disparaissait brusquement, quel serait le mouvement de la station ?
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Réponses
a)d=6,77×106m
b)F≈3,65×106N
c)4,25×107m ; 7,65×103m/s, soit 2,75×104km/h
d)Non compensées : somme dirigée vers le centre de la Terre
e)Mouvement rectiligne uniforme selon la tangente
a) d=RT+h=6,37×106+4,00×105=6,77×106m. L'altitude se compte depuis la surface, la loi de gravitation depuis le centre.
b) F=Gd2MTm=6,67×10−11×(6,77×106)25,97×1024×4,20×105≈3,65×106N.
c) Longueur d'un tour : 2πd≈4,25×107m. Durée : 92,7×60=5562s. Vitesse : v=55624,25×107≈7,65×103m/s, soit 7,65×103×3,6≈2,75×104km/h. La station fait le tour de la Terre en une heure et demie.
d) Non. La valeur de la vitesse est constante, mais sa DIRECTION change sans cesse : le mouvement n'est pas rectiligne uniforme, donc les forces ne se compensent pas. La seule force notable est l'attraction de la Terre, dirigée vers le centre de la Terre : c'est elle qui courbe la trajectoire à chaque instant.
e) Plus aucune force ne s'exercerait : d'après le principe d'inertie, la station poursuivrait en ligne droite, à 7,65×103m/s, selon la tangente à l'orbite au point où elle se trouvait.
Le fil du problème : un mouvement circulaire, même à vitesse constante, exige une force non compensée dirigée vers le centre ; sans elle, la trajectoire redevient une droite.
Exercice 15 : Problème : le radar tronçon
Un radar tronçon mesure la VITESSE MOYENNE d'un véhicule entre deux bornes distantes de 5,2km, sur une route limitée à 90km/h.
Une voiture franchit la première borne à 14h02min10s et la seconde à 14h05min00s.
a) Calculez la durée du parcours entre les deux bornes, en secondes.
b) Calculez la vitesse moyenne de la voiture en m/s, puis en km/h. Est-elle en infraction ?
c) Quelle durée minimale un conducteur doit-il mettre pour franchir le tronçon sans être en infraction ?
d) Une autre voiture met 3min40s. Calculez sa vitesse moyenne. A-t-elle pu dépasser 90km/h à un moment du trajet ?
e) Un camion roule à vitesse constante de 80km/h sur le tronçon et sort à la même seconde que la voiture de la question a). Combien de secondes avant elle est-il entré dans le tronçon ?
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Réponses
a)170s
b)30,6m/s, soit 110km/h : infraction
c)208s, soit 3min28s
d)Environ 85km/h ; oui, elle a pu dépasser 90 par moments
e)64s
a) De 14h02min10s à 14h05min00s : 2min50s, soit 170s.
b) v=1705,2×103≈30,6m/s, soit 30,6×3,6≈110km/h. C'est au-dessus de 90km/h : la voiture est en infraction, et la moyenne suffit à le prouver, puisqu'on ne peut pas avoir une moyenne de 110 sans avoir roulé au-dessus de 90.
c) Δt=vd=905,2h≈5,78×10−2h, soit 5,78×10−2×3600≈208s, c'est-à-dire 3min28s.
d) 220s, donc v=220/36005,2≈85km/h : pas d'infraction pour le radar tronçon. Mais une vitesse moyenne ne dit rien de la vitesse à chaque instant : la voiture a très bien pu rouler à 100km/h sur une partie du trajet et ralentir ensuite. Oui, elle a pu dépasser 90km/h.
e) Durée du camion : 805,2×3600=234s. Il est entré 234−170=64s avant la voiture.
Le fil du problème : la vitesse moyenne se calcule sur une distance et une durée, avec des unités cohérentes ; elle ne renseigne pas sur la vitesse instantanée.
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