Physique-chimie, Seconde • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : entités chimiques et transformations de la matière (Seconde)
Voici une série d'exercices corrigés de physique-chimie sur les entités chimiques et les transformations de la matière, au niveau de la classe de Seconde du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal. Elle couvre le noyau et les isotopes, la configuration électronique et les ions monoatomiques, les schémas de Lewis et la géométrie des molécules, la mole et la masse molaire, l'ajustement des équations de réaction, le tableau d'avancement et le réactif limitant, puis la distinction entre transformation physique, chimique et nucléaire, avec l'énergie massique de changement d'état et la datation au carbone 14.
À la fin de la série, vous savez donner la composition d'un noyau et reconnaître des isotopes (exercice 1), écrire une configuration électronique et prévoir l'ion formé (exercice 2), compter les doublets liants et non liants pour prévoir la géométrie d'une molécule (exercice 3), passer d'une masse à une quantité de matière puis à un nombre d'entités (exercice 4), classer une transformation (exercice 5), ajuster une équation (exercice 6), dresser un tableau d'avancement (exercice 7) et calculer l'énergie d'une fusion ou d'une vaporisation par Q=m×L (exercice 11). Les situations sont concrètes : la chaudière au gaz naturel et son dioxyde de carbone (exercice 9), un fragment de bois daté au carbone 14 (exercice 10), la chaufferette et la poche de froid (exercice 14), un gramme d'uranium comparé à du charbon (exercice 15).
Tout le chapitre repose sur une seule idée : on ne peut pas compter les atomes un par un, alors on les compte par paquets. La mole est ce paquet, la masse molaire est la balance qui le pèse, et une équation de réaction n'est rien d'autre qu'une recette qui dit combien de paquets réagissent avec combien d'autres.
L'exercice 7 sur le réactif limitant est le passage obligé : ce n'est pas le réactif présent en plus petite quantité qui s'épuise en premier, c'est celui dont le nombre de paquets divisé par son coefficient est le plus petit. Confondre les deux fait perdre le problème entier. Les corrigés traitent aussi l'indice modifié pour « ajuster » une équation (exercices 6 et 8), la mole confondue avec une masse (exercice 8) et l'évaporation de l'eau prise pour une rupture des liaisons de la molécule (exercice 8).
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Symbole du noyau : ZAX, avec Z le nombre de protons et A le nombre de nucléons. Le nombre de neutrons vaut A−Z.
•Deux isotopes ont le même Z et des A différents : même élément, mêmes propriétés chimiques, masses différentes.
•Un ion monoatomique se forme en gagnant ou perdant des électrons pour atteindre la structure du gaz noble le plus proche : duet pour les premiers éléments, octet ensuite.
•La mole est un paquet de NA=6,02×1023 entités. Quantité de matière : n=NAN et n=Mm, avec M en g/mol.
•Une équation de réaction est ajustée quand chaque élément apparaît en même nombre des deux côtés. Les éléments se conservent, les molécules non.
•Réactif limitant : celui pour lequel coefficientninitial est le plus petit. C'est lui qui fixe l'avancement maximal.
•Transformation physique : l'espèce ne change pas, seul son état change. Transformation chimique : les espèces changent, les noyaux non. Transformation nucléaire : les noyaux eux-mêmes changent.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Structure du noyau et isotopes
Le noyau d'un atome se note ZAX. L'atome est électriquement neutre.
On considère les noyaux 1735Cl, 1737Cl, 1840Ar et 2040Ca.
Le schéma rappelle la structure lacunaire de l'atome : un noyau minuscule au centre, et des électrons répartis dans un volume immensément plus grand.
a) Donnez pour chacun le nombre de protons, de neutrons et d'électrons de l'atome correspondant.
b) Parmi ces quatre noyaux, lesquels sont isotopes ? Lesquels ont le même nombre de nucléons sans être isotopes ?
c) Le chlore naturel est un mélange de 75% de chlore 35 et de 25% de chlore 37. Calculez sa masse molaire moyenne, en g/mol.
d) La masse d'un proton vaut 1,67×10−27kg et celle d'un électron 9,11×10−31kg. Montrez que la masse de l'atome de chlore 35 est pratiquement celle de son noyau.
e) Le rayon d'un atome vaut environ 10−10m et celui de son noyau environ 10−15m. Calculez le rapport des volumes et commentez.
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Réponses
a)Cl-35 : 17 p, 18 n, 17 e ; Cl-37 : 17 p, 20 n, 17 e ; Ar-40 : 18 p, 22 n, 18 e ; Ca-40 : 20 p, 20 n, 20 e
b)Isotopes : les deux chlores ; même A sans être isotopes : argon 40 et calcium 40
c)M=35,5g/mol
d)Électrons : environ 0,026% de la masse
e)Rapport 1015 : l'atome est essentiellement vide
a)
Chlore 35 : 17 protons, 35−17=18 neutrons, 17 électrons. Chlore 37 : 17 protons, 20 neutrons, 17 électrons. Argon 40 : 18 protons, 22 neutrons, 18 électrons. Calcium 40 : 20 protons, 20 neutrons, 20 électrons. Le nombre d'électrons de l'ATOME est toujours égal à Z, puisque l'atome est neutre.
b)
Les deux chlores sont isotopes : même Z=17, donc même élément, mais A différents. L'argon 40 et le calcium 40 ont le même nombre de nucléons, A=40, sans être isotopes : leurs Z diffèrent, ce sont deux éléments distincts. Retenir que c'est Z, et lui seul, qui donne l'identité chimique d'un atome.
c)
M=0,75×35+0,25×37=26,25+9,25=35,5g/mol. C'est bien la valeur du tableau périodique, et c'est la raison pour laquelle la masse molaire du chlore n'est pas un nombre entier : elle est une moyenne pondérée sur les isotopes réellement présents dans la nature.
d)
Le noyau contient 35 nucléons de masse voisine de 1,67×10−27kg, soit mnoyau=35×1,67×10−27=5,845×10−26kg. Les 17 électrons pèsent 17×9,11×10−31=1,549×10−29kg, soit environ 0,026% du total. Toute la masse est donc dans le noyau, à mieux que trois pour dix mille près, et c'est pourquoi on écrit couramment que la masse d'un atome vaut A fois la masse d'un nucléon.
e)
Le volume est proportionnel au cube du rayon, donc le rapport vaut (10−1510−10)3=(105)3=1015. Le noyau occupe donc un millionième de milliardième du volume de l'atome. Autrement dit, la matière est essentiellement du vide : si le noyau avait la taille d'une bille d'un centimètre, le premier électron tournerait à un kilomètre de là.
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Exercice 2 : Configuration électronique et ions
Les électrons se répartissent en couches 1s, 2s, 2p, 3s, 3p, remplies dans cet ordre. Un atome gagne ou perd des électrons pour atteindre la structure stable du gaz noble le plus proche.
a) Écrivez la configuration électronique de l'atome de sodium (Z=11), de l'atome de chlore (Z=17) et de l'atome de magnésium (Z=12).
b) Déduisez-en, pour chacun, le nombre d'électrons de valence et l'ion monoatomique formé.
c) Le sodium perd un électron, le chlore en gagne un. Pourquoi ces deux comportements opposés, alors que les deux cherchent la même chose ?
d) Placez les trois éléments dans le tableau périodique : donnez la ligne (période) et la colonne (famille) de chacun.
e) L'ion sodium Na+ et l'atome de néon (Z=10) ont le même nombre d'électrons. Ont-ils pour autant les mêmes propriétés ? Justifiez.
c)Chacun prend le chemin le plus court vers l'octet
d)Période 3 ; colonnes 1, 2 et 17
e)Non : même nuage, 11 protons contre 10
a)
Sodium, 11 électrons : 1s22s22p63s1. Chlore, 17 électrons : 1s22s22p63s23p5. Magnésium, 12 électrons : 1s22s22p63s2. Le contrôle à faire systématiquement : la somme des exposants doit redonner Z.
b)
Les électrons de valence sont ceux de la dernière couche occupée, ici la couche n=3. Sodium : 1 électron de valence, il en perd un et donne Na+. Magnésium : 2 électrons de valence, il en perd deux et donne Mg2+. Chlore : 7 électrons de valence, il en gagne un et donne Cl−.
c)
Les deux cherchent bien la même chose, une couche externe saturée à huit électrons. Mais ils n'en sont pas à la même distance. Le sodium n'a qu'un électron sur sa troisième couche : il est beaucoup plus économique d'en perdre un, ce qui laisse la deuxième couche pleine en dessous, que d'en gagner sept. Le chlore, avec sept électrons de valence, n'en a qu'un à gagner. Chacun prend le chemin le plus court vers l'octet, et ces chemins sont opposés.
d)
La période est le numéro de la dernière couche occupée, la colonne se lit sur le nombre d'électrons de valence. Sodium : période 3, première colonne, famille des alcalins. Magnésium : période 3, deuxième colonne, alcalino-terreux. Chlore : période 3, avant-dernière colonne, famille des halogènes. Les trois sont sur la même ligne parce qu'ils remplissent tous la troisième couche.
e)
Non. Ils ont bien la même structure électronique, 1s22s22p6, mais pas le même NOYAU : le néon a 10 protons, l'ion sodium en a 11. Le néon est un gaz noble électriquement neutre et chimiquement inerte, tandis que Na+ porte une charge positive, se dissout dans l'eau, s'associe aux ions négatifs et conduit le courant en solution. La structure électronique explique la stabilité, mais c'est le nombre de protons qui définit l'espèce.
Exercice 3 : Molécules, formules de Lewis et géométrie
Dans une molécule, les atomes mettent en commun des doublets d'électrons pour respecter la règle du duet ou de l'octet. Les doublets, liants et non liants, se repoussent et se placent le plus loin possible les uns des autres.
On considère H2O, NH3, CH4 et CO2.
a) Donnez le nombre de doublets liants et non liants autour de l'atome central pour chacune des quatre molécules.
b) Déduisez-en la géométrie de chacune : linéaire, coudée, pyramidale ou tétraédrique.
c) La figure représente deux de ces quatre molécules. Identifiez-les et dites pourquoi l'une est coudée alors que l'autre est linéaire, bien que toutes deux comptent trois atomes.
d) Calculez la masse molaire de chacune des quatre molécules. Données en g/mol : H : 1,0 ; C : 12,0 ; N : 14,0 ; O : 16,0.
e) Une bouteille contient 1,00kg d'eau. Combien de molécules d'eau contient-elle ? On prendra NA=6,02×1023mol−1.
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Réponses
a)H2O : 2 liants, 2 non liants ; NH3 : 3 et 1 ; CH4 : 4 et 0 ; CO2 : 2 doubles liaisons, 0
b)Coudée, pyramidale, tétraédrique, linéaire
c)Eau et dioxyde de carbone : les doublets non liants de l'oxygène coudent l'eau
d)18,0 ; 17,0 ; 16,0 ; 44,0g/mol
e)55,6mol ; 3,34×1025 molécules
a)
L'oxygène de H2O porte 2 doublets liants et 2 non liants. L'azote de NH3 : 3 liants et 1 non liant. Le carbone de CH4 : 4 liants, aucun non liant. Le carbone de CO2 : 2 doubles liaisons, donc 2 directions de liaison et aucun doublet non liant.
b)
La géométrie est fixée par le nombre de DIRECTIONS autour de l'atome central, doublets non liants compris. Quatre directions donnent un arrangement tétraédrique : CH4 est tétraédrique, NH3 pyramidale, car un des quatre sommets est occupé par un doublet non liant invisible, et H2O coudée, avec deux sommets occupés par des doublets non liants. CO2 n'a que deux directions, elles se placent à 180∘ : la molécule est linéaire.
c)
La molécule 1 est l'eau et la molécule 2 le dioxyde de carbone. Toutes deux ont trois atomes, mais dans l'eau l'oxygène central porte en plus deux doublets non liants, qui prennent de la place et repoussent les deux liaisons O−H jusqu'à les ramener à environ 105∘. Dans CO2, le carbone central n'a rien d'autre que ses deux doubles liaisons, qui s'écartent au maximum, soit 180∘. Ce sont les doublets qu'on ne dessine pas qui décident de la forme.
n=Mm=18,01000=55,6mol. Puis N=n×NA=55,6×6,02×1023=3,34×1025 molécules. Deux vérifications de méthode : la masse doit être en grammes avant de diviser par M, et le résultat final doit être un très grand nombre, sans unité, puisqu'on compte des objets. Un litre d'eau contient donc plus de molécules qu'il n'y a d'étoiles dans l'univers observable.
Exercice 4 : La mole, la masse molaire et le comptage
La mole est un paquet de NA=6,02×1023 entités. On passe de la masse à la quantité de matière par n=Mm, et de la quantité au nombre d'entités par N=nNA.
Données, en g/mol : C : 12,0 ; H : 1,0 ; O : 16,0 ; Fe : 55,8 ; Na : 23,0 ; Cl : 35,5. Le schéma ci-dessous représente les deux échantillons de la dernière question.
a) Calculez la quantité de matière contenue dans 9,0g de glucose C6H12O6.
b) Quelle masse de chlorure de sodium NaCl faut-il peser pour disposer de 0,250mol ?
c) Un clou de fer contient 2,70×1022 atomes de fer. Calculez sa masse.
d) Dans 9,0g de glucose, combien y a-t-il d'atomes de carbone ?
e) Deux échantillons ont la même masse : 10,0g de fer et 10,0g de chlorure de sodium. Lequel contient le plus d'entités ? Répondez d'abord sans calcul, puis vérifiez.
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Réponses
a)n=0,050mol
b)m=14,6g
c)n=4,49×10−2mol ; m=2,50g
d)1,81×1023 atomes de carbone
e)Le fer : 0,179 contre 0,171mol
a)
M(C6H12O6)=6×12,0+12×1,0+6×16,0=72,0+12,0+96,0=180,0g/mol. Donc n=180,09,0=0,050mol, soit 50mmol.
b)
M(NaCl)=23,0+35,5=58,5g/mol, donc m=nM=0,250×58,5=14,6g. La formule n=Mm se retourne sans difficulté, mais le contrôle d'unité reste utile : des moles multipliées par des grammes par mole donnent bien des grammes.
c)
n=NAN=6,02×10232,70×1022=4,49×10−2mol. Puis m=nM=4,49×10−2×55,8=2,50g. Le passage par la quantité de matière est obligatoire : il n'existe pas de formule directe du nombre d'atomes à la masse, et vouloir en inventer une est l'erreur la plus fréquente du chapitre.
d)
La quantité de glucose vaut 0,050mol, et chaque molécule de glucose porte 6 atomes de carbone. Donc n(C)=6×0,050=0,30mol, et N(C)=0,30×6,02×1023=1,81×1023 atomes de carbone. La formule chimique est une recette de comptage : l'indice 6 multiplie les moles d'atomes, pas les grammes.
e)
Sans calcul : à masse égale, l'échantillon fait de l'entité la plus LÉGÈRE contient le plus d'entités. Le chlorure de sodium (58,5) est plus lourd par mole que le fer (55,8), donc le fer devrait l'emporter, mais de peu. Vérification : n(Fe)=55,810,0=0,179mol et n(NaCl)=58,510,0=0,171mol. Le fer gagne bien, avec environ 5% d'entités de plus. Raisonner d'abord, calculer ensuite, évite de se tromper de sens dans la division.
Exercice 5 : Trois transformations à distinguer
Une transformation physique change l'état d'une espèce sans changer l'espèce. Une transformation chimique change les espèces mais pas les noyaux. Une transformation nucléaire change les noyaux eux-mêmes. Le schéma ci-dessous représente la désintégration de l'uranium 238.
a) Classez : la fusion de la glace, la combustion du butane, la désintégration de l'uranium 238, la dissolution du sel dans l'eau, la formation de rouille sur un clou.
b) L'eau liquide et la vapeur d'eau ont-elles la même formule chimique ? Qu'est-ce qui change alors, à l'échelle des molécules, quand l'eau bout ?
c) Écrivez l'équation de la combustion complète du butane C4H10 dans le dioxygène, puis ajustez-la.
d) Le noyau d'uranium 92238U émet une particule α, c'est-à-dire un noyau 24He. Écrivez l'équation de cette transformation et identifiez le nombre de protons du noyau formé.
e) Pourquoi une transformation nucléaire libère-t-elle des énergies sans commune mesure avec celles d'une transformation chimique ? Une phrase suffit, mais elle doit être juste.
b)Même formule H2O ; seules les interactions entre molécules sont rompues
c)2C4H10+13O2→8CO2+10H2O
d)92238U→24He+90234Th : 90 protons
e)Elle met en jeu les nucléons, bien plus fortement liés que les électrons de valence
a)
Transformations physiques : la fusion de la glace et la dissolution du sel dans l'eau. Dans les deux cas les entités restent les mêmes, elles changent seulement d'état ou de voisinage. Transformations chimiques : la combustion du butane et la formation de rouille. Transformation nucléaire : la désintégration de l'uranium 238. La dissolution est le piège de la liste : le sel se sépare en ions, mais ces ions préexistaient dans le cristal, aucune liaison covalente n'est rompue.
b)
Oui, la même formule H2O dans les deux cas : c'est la même espèce chimique. Ce qui change est l'organisation des molécules les unes par rapport aux autres. Dans le liquide, elles se touchent et glissent ; dans la vapeur, elles sont très éloignées et se déplacent librement. Aucune liaison O−H n'est rompue en faisant bouillir de l'eau, seules les interactions ENTRE molécules le sont.
c)
Les produits d'une combustion complète dans le dioxygène sont toujours le dioxyde de carbone et l'eau : C4H10+O2→CO2+H2O. On ajuste le carbone d'abord, puis l'hydrogène, l'oxygène en dernier car c'est lui qui apparaît partout : 2C4H10+13O2→8CO2+10H2O. Vérification : à gauche 8 carbones, 20 hydrogènes, 26 oxygènes ; à droite 8 carbones, 20 hydrogènes et 8×2+10=26 oxygènes. C'est ajusté.
d)
La conservation du nombre de nucléons et du nombre de charges impose : 92238U→24He+90234X. Le noyau formé a 90 protons, c'est le thorium. On lit les deux lois directement sur les indices : 238=4+234 en haut, 92=2+90 en bas.
e)
Parce qu'une transformation chimique ne réarrange que les électrons de valence, alors qu'une transformation nucléaire touche les nucléons, liés entre eux par une interaction d'une tout autre intensité. C'est pourquoi un gramme d'uranium libère environ un million de fois plus d'énergie qu'un gramme de charbon.
Partie B : Problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Ajuster des équations et suivre les éléments
Ajuster une équation, c'est faire en sorte que chaque élément apparaisse en même nombre d'atomes des deux côtés de la flèche. Les coefficients sont des entiers, les indices dans les formules ne se touchent jamais.
a) Ajustez : Fe+O2→Fe2O3.
b) Ajustez : C3H8+O2→CO2+H2O.
c) Ajustez : Al+HCl→AlCl3+H2.
d) Un élève ajuste la question a) en écrivant Fe+O3→Fe2O3 « parce qu'il faut trois oxygènes ». Expliquez précisément pourquoi c'est faux.
e) Dans la réaction de la question b), une masse de 4,4g de propane brûle et produit 13,2g de dioxyde de carbone et 7,2g d'eau. Quelle masse de dioxygène a été consommée ?
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Réponses
a)4Fe+3O2→2Fe2O3
b)C3H8+5O2→3CO2+4H2O
c)2Al+6HCl→2AlCl3+3H2
d)O3 est l'ozone : on ne modifie jamais les indices
e)m(O2)=16,0g
a)
On part du fer et de l'oxygène, tous deux en nombre impair d'un côté. En prenant 4 fers et 3 dioxygènes : 4Fe+3O2→2Fe2O3. Vérification : 4 fers à gauche, 2×2=4 à droite ; 6 oxygènes à gauche, 2×3=6 à droite.
b)
Carbone d'abord : 3CO2. Hydrogène ensuite : 8 hydrogènes donnent 4H2O. Oxygène en dernier : la droite en contient 3×2+4=10, donc il faut 5O2. L'équation ajustée est C3H8+5O2→3CO2+4H2O.
c)
Le chlore impose 3 chlorures par aluminium, et l'hydrogène doit sortir par paires. En doublant : 2Al+6HCl→2AlCl3+3H2. Vérification : 6 hydrogènes et 6 chlores de chaque côté, 2 aluminiums de chaque côté.
d)
Parce qu'il a changé la nature du réactif au lieu de changer sa quantité. O2 est le dioxygène de l'air, O3 est l'ozone, une espèce chimique différente, avec d'autres propriétés et d'autres conditions d'existence. Un coefficient se place DEVANT la formule, jamais dans les indices : l'énoncé fixe les espèces, l'ajustement ne fixe que le nombre de molécules de chacune.
e)
La masse totale se conserve au cours d'une transformation chimique, puisque les atomes ne font que se réarranger. Donc m(C3H8)+m(O2)=m(CO2)+m(H2O), d'où m(O2)=13,2+7,2−4,4=16,0g. Contrôle par les quantités de matière : 4,4g de propane, de masse molaire 44,0g/mol, font 0,10mol ; l'équation demande 5 fois plus de dioxygène, soit 0,50mol, ce qui pèse 0,50×32,0=16,0g. Les deux méthodes concordent.
Exercice 7 : Tableau d'avancement et réactif limitant
On fait réagir de l'aluminium avec une solution d'acide chlorhydrique selon 2Al+6HCl→2AlCl3+3H2.
On introduit 0,30mol d'aluminium et 0,60mol de chlorure d'hydrogène. Données, en g/mol : Al : 27,0 ; H : 1,0. Le schéma ci-dessous représente le mélange initial, une entité dessinée valant 0,10 mol.
a) Dressez le tableau d'avancement de la réaction, en fonction de l'avancement x.
b) Déterminez le réactif limitant et l'avancement maximal xmax.
c) Donnez la composition finale du mélange, en moles.
d) Calculez la masse de dihydrogène formée et la masse d'aluminium restante.
e) Un élève affirme que le réactif limitant est l'aluminium « parce qu'il y en a moins ». Où est l'erreur de raisonnement ? Quelle quantité d'acide aurait-il fallu pour que les deux réactifs s'épuisent ensemble ?
e)Il faut comparer n / coefficient ; 0,90mol d'acide
a)
État initial : n(Al)=0,30, n(HCl)=0,60, produits nuls. État intermédiaire, avancement x : n(Al)=0,30−2x, n(HCl)=0,60−6x, n(AlCl3)=2x, n(H2)=3x. Chaque coefficient de l'équation devient le coefficient de x dans sa colonne, en soustraction pour les réactifs et en addition pour les produits.
b)
Le réactif limitant est celui qui atteint zéro le premier. Pour l'aluminium : 0,30−2x=0 donne x=0,150. Pour le chlorure d'hydrogène : 0,60−6x=0 donne x=0,100. C'est la plus petite valeur qui s'impose, sinon une quantité deviendrait négative. Donc xmax=0,100mol et le réactif limitant est le chlorure d'hydrogène.
c)
Avec xmax=0,100 : n(Al)=0,30−0,200=0,100mol restants, n(HCl)=0, n(AlCl3)=0,200mol, n(H2)=0,300mol. Le contrôle utile : le réactif limitant, et lui seul, doit tomber exactement à zéro.
d)
M(H2)=2,0g/mol, donc m(H2)=0,300×2,0=0,60g. Pour l'aluminium restant : m=0,100×27,0=2,70g. Un tiers de l'aluminium introduit ne réagit pas, faute d'acide : le métal restant est visible au fond du bécher une fois le dégagement gazeux terminé, et c'est le signe expérimental qu'il n'était pas limitant.
e)
L'erreur est de comparer les quantités de matière brutes, alors que les réactifs ne sont pas consommés au même rythme. L'équation en consomme 6 de chlorure d'hydrogène pour 2 d'aluminium, soit trois fois plus vite. Il faut donc comparer coefficientn : 20,30=0,150 contre 60,60=0,100. Pour que les deux s'épuisent ensemble, il faudrait un mélange stoechiométrique, c'est-à-dire 6n(HCl)=20,30, soit n(HCl)=0,90mol, une fois et demie ce qui a été versé.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, dites où est l'erreur et donnez l'énoncé correct.
a) « Deux isotopes ont des propriétés chimiques différentes, puisqu'ils n'ont pas la même masse. »
b) « Une mole, c'est 6,02×1023g. »
c) « Le réactif limitant est celui dont la masse est la plus petite. »
d) « Pour ajuster H2+O2→H2O, j'écris H2+O2→H2O2. »
e) « Quand l'eau s'évapore, les liaisons entre l'oxygène et l'hydrogène se cassent. »
Voir la correction
Réponses
a)Mêmes propriétés chimiques, masses différentes
b)Un paquet de 6,02×1023 entités
c)Plus petit rapport n initial / coefficient
d)2H2+O2→2H2O
e)Transformation physique : les molécules restent intactes
a)
Faux : les propriétés chimiques ne dépendent que du cortège électronique, donc de Z, identique pour deux isotopes. Correct : « deux isotopes ont les mêmes propriétés chimiques et des propriétés physiques légèrement différentes, notamment la masse et parfois la stabilité du noyau ». C'est précisément ce qui rend la datation au carbone possible : le carbone 14 se comporte chimiquement comme le carbone 12, il s'intègre aux mêmes molécules, mais lui se désintègre.
b)
Faux : la mole compte des ENTITÉS, elle ne pèse rien par elle-même. Correct : « une mole est un paquet de 6,02×1023 entités ; sa masse dépend de l'entité et vaut la masse molaire M, en g/mol ». Une mole d'hydrogène pèse 1,0g, une mole de fer 55,8g, et pourtant les deux contiennent le même nombre d'atomes.
c)
Faux sur deux points : ce n'est ni une histoire de masse, ni une simple comparaison de quantités. Correct : « le réactif limitant est celui pour lequel le rapport coefficientstoechiomeˊtriqueninitial est le plus petit ». Comparer les masses est le plus mauvais critère possible, puisque des entités de masses molaires très différentes peuvent être présentes en quantités identiques.
d)
Faux : il a fabriqué du peroxyde d'hydrogène, l'eau oxygénée, qui n'est pas de l'eau. Ajuster ne consiste jamais à modifier les indices d'une formule, car cela change l'espèce chimique. Correct : « on place les coefficients devant les formules : 2H2+O2→2H2O », où l'on compte bien 4 hydrogènes et 2 oxygènes de chaque côté.
e)
Faux : l'évaporation est une transformation PHYSIQUE. Correct : « quand l'eau s'évapore, seules les interactions entre molécules voisines sont rompues ; chaque molécule H2O reste intacte et part entière dans la phase gazeuse ». Casser les liaisons O−H demanderait environ vingt fois plus d'énergie, et donnerait du dihydrogène et du dioxygène, ce qu'aucune casserole n'a jamais produit.
Exercice 9 : La chaudière au gaz naturel
Une chaudière brûle du méthane CH4 selon CH4+2O2→CO2+2H2O.
Un logement consomme 80,0kg de méthane par mois d'hiver. Données, en g/mol : C : 12,0 ; H : 1,0 ; O : 16,0. Le volume molaire d'un gaz vaut Vm=24,0L/mol dans les conditions considérées.
a) Calculez la quantité de matière de méthane brûlée en un mois.
b) Déduisez-en la quantité et la masse de dioxygène consommée, puis le volume d'air correspondant, sachant que l'air contient 20,0% de dioxygène en volume.
c) Calculez la masse de dioxyde de carbone rejetée dans l'atmosphère en un mois.
d) Vérifiez la conservation de la masse en calculant aussi la masse d'eau formée.
e) La chaudière est réglée trop pauvre en air et produit du monoxyde de carbone selon 2CH4+3O2→2CO+4H2O. Comparez le dioxygène nécessaire par mole de méthane dans les deux réactions, et expliquez le lien avec le danger de ce réglage.
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Réponses
a)5,00×103mol
b)1,00×104mol ; 320kg ; 1200m3 d'air
c)220kg
d)180kg d'eau ; 400kg entrent et sortent
e)1,5 contre 2 : elle survient quand l'air manque et produit du CO toxique
a)
M(CH4)=12,0+4×1,0=16,0g/mol, et 80,0kg=8,00×104g. Donc n=16,08,00×104=5,00×103mol, soit 5000mol de méthane.
b)
L'équation consomme 2 moles de dioxygène par mole de méthane : n(O2)=2×5000=1,00×104mol. Sa masse vaut m=1,00×104×32,0=3,20×105g, soit 320kg. Son volume vaut V=nVm=1,00×104×24,0=2,40×105L, soit 240m3. L'air en contenant un cinquième, il faut 5×240=1200m3 d'air. Un logement type fait 200m3 : la chaudière consomme chaque mois six fois le volume d'air du logement, ce qui explique pourquoi une ventilation permanente est obligatoire.
c)
L'équation produit 1 mole de dioxyde de carbone par mole de méthane : n(CO2)=5000mol. Avec M(CO2)=44,0g/mol : m=5000×44,0=2,20×105g, soit 220kg. Brûler 80kg de gaz rejette près de trois fois cette masse en dioxyde de carbone, parce que les atomes d'oxygène qui s'ajoutent au carbone viennent de l'air et pèsent plus lourd que le carbone lui-même.
d)
n(H2O)=2×5000=1,00×104mol, donc m=1,00×104×18,0=1,80×105g, soit 180kg. Bilan : entrée 80+320=400kg, sortie 220+180=400kg. La masse est conservée, ce qui valide l'ensemble des calculs précédents d'un seul coup.
e)
La combustion complète demande 2 moles de dioxygène par mole de méthane ; la combustion incomplète n'en demande que 23=1,5. C'est exactement pour cela qu'elle se produit quand l'air manque : faute de dioxygène en quantité suffisante, le carbone ne va pas jusqu'au dioxyde de carbone et s'arrête au monoxyde. Or le monoxyde de carbone est incolore, inodore et se fixe sur l'hémoglobine à la place du dioxygène : il tue sans signal d'alerte. Un défaut d'aération n'est donc pas seulement une perte de rendement, c'est le mécanisme même de l'intoxication.
Exercice 10 : Datation au carbone 14
Le carbone 14, 614C, se forme en permanence dans la haute atmosphère et se désintègre avec une demi-vie de 5730 ans. Tant qu'un être vivant respire et se nourrit, la proportion de carbone 14 dans son carbone reste constante ; à sa mort, cet échange cesse et la proportion diminue de moitié tous les 5730 ans.
Un fragment de bois retrouvé lors de fouilles archéologiques contient une proportion de carbone 14 égale à 12,5% de celle d'un bois vivant.
a) Le carbone 14 se désintègre en émettant un électron, selon 614C→−10e+ZAX. Déterminez A et Z, et nommez l'élément formé.
b) Combien de demi-vies se sont écoulées depuis la mort de l'arbre ? Déduisez-en son âge.
c) Placez ce résultat sur le graphique et vérifiez la cohérence.
d) Le carbone 14 et le carbone 12 sont isotopes. Expliquez pourquoi cette propriété est indispensable à la méthode de datation.
e) Au-delà de 50000 ans environ, la méthode devient inutilisable. En vous appuyant sur le graphique, expliquez pourquoi.
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Réponses
a)A=14, Z=7 : azote 14
b)3 demi-vies, 17190 ans
c)Point d'ordonnée 12,5 % à 17 190 ans : cohérent
d)Même chimie : le carbone 14 entre dans les mêmes molécules que le carbone 12
e)Près de neuf demi-vies : il reste environ 0,2 %, trop peu pour mesurer
a)
La conservation du nombre de nucléons donne 14=0+A, donc A=14. La conservation de la charge donne 6=−1+Z, donc Z=7. Le noyau formé est 714N, l'azote 14. Un neutron du noyau s'est transformé en proton : le nombre de nucléons ne change pas, mais l'élément, lui, change.
b)
Chaque demi-vie divise la proportion par deux : 100%, puis 50%, puis 25%, puis 12,5%. Il a donc fallu 3 demi-vies, car (21)3=81=0,125. L'âge vaut 3×5730=17190 ans.
c)
Sur le graphique, l'ordonnée 12,5% correspond au quatrième point, d'abscisse 17190 ans, ce qui confirme le calcul. La lecture graphique et le calcul par les demi-vies doivent toujours concorder, et la courbe montre bien que la décroissance ralentit : la première tranche de 5730 ans fait perdre 50 points de pourcentage, la troisième seulement 12,5.
d)
Parce que le carbone 14, étant isotope du carbone 12, a exactement les mêmes propriétés chimiques : il forme les mêmes molécules, entre dans le dioxyde de carbone, est absorbé par la photosynthèse et se retrouve dans les tissus de l'arbre dans la même proportion que dans l'atmosphère. Si sa chimie différait, il serait trié par le vivant et sa proportion dans le bois n'aurait plus rien à voir avec celle de l'air : la datation reposerait sur une hypothèse fausse.
e)
50000 ans représentent 573050000≈8,7 demi-vies, soit près de neuf, ce qui laisse une proportion de (21)9, soit environ 0,2% du carbone 14 initial. Le graphique montre que la courbe est déjà pratiquement collée à l'axe horizontal après quatre demi-vies. Le signal restant devient alors du même ordre que le bruit de mesure et que les contaminations, et un écart de mesure minime se traduit par un écart d'âge de plusieurs milliers d'années. Pour dater plus ancien, on change d'horloge et on utilise un noyau à demi-vie beaucoup plus longue, comme l'uranium 238.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Changements d'état et énergie massique
Lors d'un changement d'état, l'énergie échangée vaut Q=m×L, où L est l'énergie massique de changement d'état du corps pur, en kJ/kg. Le schéma ci-dessous rappelle les trois états et leurs changements.
Pour l'eau : énergie massique de fusion Lf=334kJ/kg ; énergie massique de vaporisation Lv=2260kJ/kg à 100∘C, et environ 2400kJ/kg à 35∘C.
a) Quelle énergie faut-il fournir pour faire fondre 200g de glace à 0∘C ?
b) Quelle énergie faut-il fournir pour vaporiser 500g d'eau à 100∘C ? Pour une même masse, combien de fois plus d'énergie la vaporisation demande-t-elle que la fusion ?
c) La fusion et la vaporisation sont endothermiques. Qu'en est-il de la solidification, de la condensation et de la sublimation ?
d) Pendant un effort, un sportif évapore 0,50kg de sueur à la surface de sa peau, vers 35∘C. Quelle énergie cette évaporation prélève-t-elle ? À quoi sert la transpiration ?
e) Pourquoi une brûlure par de la vapeur d'eau à 100∘C est-elle plus grave qu'une brûlure par de l'eau liquide à 100∘C ?
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Réponses
a)66,8kJ
b)1130kJ ; environ 6,8 fois plus
c)Solidification et condensation exothermiques ; sublimation endothermique
d)1,2×103kJ : la transpiration refroidit le corps
e)La vapeur se condense sur la peau et libère son énergie de vaporisation
a)
Q=mLf=0,200×334=66,8kJ. La masse doit être en kilogrammes, puisque Lf est donnée par kilogramme.
b)
Q=0,500×2260=1130kJ. Pour une même masse, le rapport vaut 3342260≈6,8 : vaporiser demande près de sept fois plus d'énergie que fondre, parce qu'il faut séparer complètement les molécules au lieu de simplement défaire l'ordre du cristal.
c)
Chaque changement d'état et son inverse échangent la même énergie, dans l'autre sens. La solidification, inverse de la fusion, et la condensation, inverse de la vaporisation, sont donc EXOTHERMIQUES : le système cède de l'énergie. La sublimation, passage direct du solide au gaz, sépare les molécules : elle est endothermique.
d)
Q=0,50×2400=1,2×103kJ. Cette énergie est prise au corps, dont la température baisse : la transpiration est un système de refroidissement, et il fonctionne d'autant mieux que la sueur s'évapore vraiment. Par temps humide, elle ruisselle sans s'évaporer et ne refroidit presque plus.
e)
La vapeur qui touche la peau s'y CONDENSE, ce qui libère 2260kJ par kilogramme, avant même que l'eau formée ne refroidisse. L'eau liquide à la même température ne cède que l'énergie de son refroidissement. À masse égale, la vapeur transfère donc beaucoup plus d'énergie à la peau.
Méthode à retenir : Q=mL avec m en kilogrammes ; un changement d'état qui sépare les entités est endothermique, celui qui les rassemble est exothermique.
Exercice 12 : Composés ioniques avec des ions polyatomiques
Un ion polyatomique est un groupe d'atomes qui porte une charge globale : sulfate SO42−, nitrate NO3−, carbonate CO32−, phosphate PO43−, ammonium NH4+.
La formule d'un composé ionique est électriquement neutre. Quand un ion polyatomique est présent plusieurs fois, on l'écrit entre parenthèses, avec l'indice à l'extérieur.
a) Écrivez la formule du sulfate de sodium, formé d'ions Na+ et SO42−.
b) Écrivez la formule du nitrate de calcium, formé d'ions Ca2+ et NO3−.
c) Écrivez la formule du phosphate de calcium, formé d'ions Ca2+ et PO43−.
d) On dissout du sulfate de sodium pour obtenir une solution à c=0,050mol/L de soluté. Donnez la concentration de chaque ion.
e) Écrivez la formule du carbonate d'ammonium, puis comptez le nombre total d'atomes dans cette formule.
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Réponses
a)Na2SO4
b)Ca(NO3)2
c)Ca3(PO4)2
d)[Na+]=0,10 ; [SO42−]=0,050mol/L
e)(NH4)2CO3 : 14 atomes
a)
Il faut deux charges positives pour compenser SO42−, donc deux ions sodium : Na2SO4. Contrôle : 2×(+1)+(−2)=0 ✓.
b)
Un ion calcium porte deux charges positives, il faut deux ions nitrate : Ca(NO3)2. Les parenthèses sont indispensables : CaNO32 ne veut rien dire, et CaNO3 ne serait pas neutre.
c)
Il faut autant de charges positives que négatives. Le plus petit multiple commun de 2 et de 3 est 6 : trois ions calcium (+6) et deux ions phosphate (−6), soit Ca3(PO4)2. C'est le constituant minéral principal des os.
d)
Chaque unité Na2SO4 libère deux ions sodium et un ion sulfate : [Na+]=2×0,050=0,10mol/L et [SO42−]=0,050mol/L. Électroneutralité : 0,10×1=0,050×2 ✓.
e)
Deux ions ammonium compensent un ion carbonate : (NH4)2CO3. Atomes : 2 azotes, 2×4=8 hydrogènes, 1 carbone et 3 oxygènes, soit 14 atomes. L'indice après la parenthèse multiplie TOUS les atomes du groupe.
Le fil de l'exercice : on choisit le nombre de chaque ion pour annuler la charge totale, puis on protège par des parenthèses tout ion polyatomique répété.
Exercice 13 : Identifier les produits d'une transformation par des tests
Tests d'identification : l'eau de chaux se trouble en présence de dioxyde de carbone ; une bûchette incandescente se rallume dans le dioxygène ; une flamme approchée provoque une légère détonation avec le dihydrogène ; le sulfate de cuivre anhydre, blanc, bleuit au contact de l'eau.
Expérience 1 : on verse de l'acide chlorhydrique sur de la craie, un gaz se dégage et trouble l'eau de chaux. Expérience 2 : on verse de l'acide chlorhydrique sur de la grenaille de zinc, le gaz recueilli détone à l'approche d'une flamme. Expérience 3 : on ajoute un catalyseur à de l'eau oxygénée H2O2, le gaz dégagé rallume une bûchette incandescente. Expérience 4 : on tient un bécher froid et sec retourné au-dessus d'une bougie allumée, une buée apparaît et bleuit le sulfate de cuivre anhydre ; on verse ensuite de l'eau de chaux dans le bécher, elle se trouble. Le schéma ci-dessous représente les quatre expériences.
a) Quel gaz se dégage dans l'expérience 1 ?
b) Quel gaz se dégage dans l'expérience 2 ?
c) Quel gaz se dégage dans l'expérience 3 ? Ajustez l'équation H2O2→H2O+O2.
d) Quels sont les deux produits de la combustion de la bougie ? Quels éléments la cire contient-elle forcément ?
e) On souffle avec une paille dans de l'eau de chaux, qui se trouble. Que prouve cette expérience sur l'air expiré ?
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Réponses
a)Dioxyde de carbone
b)Dihydrogène
c)Dioxygène ; 2H2O2→2H2O+O2
d)Eau et dioxyde de carbone : la cire contient carbone et hydrogène
e)L'air expiré contient du dioxyde de carbone
a)
Le dioxyde de carbone CO2, seul gaz qui trouble l'eau de chaux. La craie est du carbonate de calcium, et c'est l'ion carbonate qui fournit le carbone.
b)
Le dihydrogène H2. Le métal a été attaqué par l'acide, qui a fourni l'hydrogène.
c)
Le dioxygène O2. Ajustement : l'oxygène apparaît en nombre pair à droite dans O2, on double donc l'eau oxygénée : 2H2O2→2H2O+O2. Contrôle : 4 hydrogènes et 4 oxygènes de chaque côté ✓.
d)
La buée est de l'eau et le trouble de l'eau de chaux révèle du dioxyde de carbone. L'oxygène de ces produits peut venir du dioxygène de l'air, mais l'hydrogène de l'eau et le carbone du dioxyde de carbone ne peuvent venir que de la cire : elle contient au moins les éléments CARBONE et HYDROGÈNE. C'est la conservation des éléments qui permet cette déduction.
e)
L'air expiré contient du dioxyde de carbone, en quantité suffisante pour troubler l'eau de chaux, ce que ne fait pas l'air ambiant soufflé par une pompe dans le même temps. Il est produit par la respiration des cellules, une transformation chimique qui ressemble à une combustion lente.
Méthode à retenir : un test positif identifie un produit ; la conservation des éléments permet ensuite de remonter à la composition des réactifs.
Exercice 14 : Problème : la chaufferette et la poche de froid
Une chaufferette de poche contient 20,0g de poudre de fer. À l'ouverture de son emballage étanche, l'air entre et le fer s'oxyde lentement : 4Fe+3O2→2Fe2O3. La chaufferette devient chaude pendant plusieurs heures.
Une poche de froid contient du nitrate d'ammonium solide et un sachet d'eau. Quand on écrase le sachet, le solide se dissout dans l'eau et la poche devient froide. Le schéma ci-dessous représente les deux poches.
Données : M(Fe)=55,8g/mol ; M(O)=16,0g/mol ; Vm=24,0L/mol ; l'air contient 21% de dioxygène en volume.
a) Calculez la quantité de matière de fer contenue dans la chaufferette.
b) Quelle quantité de dioxygène faut-il pour oxyder tout le fer ? Quel volume d'air cela représente-t-il ?
c) Calculez la masse d'oxyde de fer formé quand tout le fer a réagi. De combien la masse du contenu de la chaufferette a-t-elle augmenté ?
d) Pour chacune des deux poches, dites s'il s'agit d'une transformation physique ou chimique, et si elle est endothermique ou exothermique.
e) Pourquoi la chaufferette ne chauffe-t-elle pas tant qu'elle reste dans son emballage étanche ?
e)Sans dioxygène, la réaction ne peut pas avoir lieu
a)
n(Fe)=55,820,0≈0,358mol.
b)
L'équation demande 3 dioxygènes pour 4 fers : n(O2)=43×0,358≈0,269mol. Volume de dioxygène : 0,269×24,0≈6,45L, soit 0,216,45≈30,7L d'air. La chaufferette doit donc « respirer » une trentaine de litres d'air, ce qui explique son enveloppe poreuse.
c)
M(Fe2O3)=2×55,8+3×16,0=159,6g/mol. Il se forme 42×0,358≈0,179mol d'oxyde, soit m≈0,179×159,6≈28,6g. Le contenu gagne 28,6−20,0=8,6g : c'est exactement la masse du dioxygène fixé, 0,269×32,0≈8,6g ✓. Rien n'a été créé, la masse est venue de l'air.
d)
Chaufferette : transformation chimique, puisque le fer devient un oxyde, et exothermique, puisqu'elle cède de l'énergie à la main. Poche de froid : dissolution, donc transformation physique, et endothermique, puisqu'elle prend de l'énergie à ce qu'elle touche.
e)
Dans l'emballage étanche, il n'y a pas de dioxygène : l'un des deux réactifs manque, la réaction ne peut pas avoir lieu. On pourrait dire que le dioxygène est limitant avec une quantité nulle.
Le fil du problème : chaud ou froid ne dit pas si une transformation est chimique ; ce qui tranche, c'est l'apparition ou non d'une nouvelle espèce.
Exercice 15 : Problème : un gramme d'uranium contre du charbon
La fission d'un noyau d'uranium 235 libère environ 200MeV, avec 1MeV=1,60×10−13J. Masse molaire de l'uranium 235 : 235g/mol ; NA=6,02×1023mol−1.
La combustion du charbon, assimilé à du carbone pur, libère 30MJ par kilogramme selon C+O2→CO2. M(C)=12,0g/mol ; M(CO2)=44,0g/mol. Le schéma ci-dessous résume la comparaison.
a) Exprimez en joules l'énergie libérée par la fission d'un noyau.
b) Combien de noyaux un gramme d'uranium 235 contient-il ?
c) Quelle énergie libère la fission de tous les noyaux d'un gramme d'uranium 235 ?
d) Quelle masse de charbon faudrait-il brûler pour libérer la même énergie ? Exprimez-la en tonnes.
e) Quelle masse de dioxyde de carbone cette combustion rejetterait-elle ? Pourquoi la fission, elle, n'en produit-elle pas ?
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Réponses
a)3,2×10−11J
b)2,56×1021 noyaux
c)8,2×1010J
d)Environ 2,7 tonnes de charbon
e)Environ 10 tonnes de CO2 ; la fission ne fait intervenir aucun carbone
a)
E1=200×1,60×10−13=3,2×10−11J.
b)
n=2351,0≈4,26×10−3mol, donc N=nNA≈2,56×1021 noyaux.
c)
E=N×E1≈2,56×1021×3,2×10−11≈8,2×1010J.
d)
30MJ=3,0×107J par kilogramme, donc m=3,0×1078,2×1010≈2,7×103kg, soit 2,7 tonnes de charbon pour un seul gramme d'uranium. Le rapport des masses est de l'ordre de trois millions : c'est l'ordre de grandeur qui sépare l'énergie des liaisons entre nucléons de celle des liaisons entre atomes.
e)
n(C)=12,02,73×106≈2,28×105mol, et il se forme autant de moles de dioxyde de carbone : m≈2,28×105×44,0≈1,0×107g, soit environ 10 tonnes. La fission ne réarrange pas des atomes de carbone et d'oxygène : elle casse un noyau d'uranium en deux noyaux plus légers. Aucun atome de carbone n'intervient, il ne peut donc se former aucun dioxyde de carbone, même si la centrale produit d'autres déchets, radioactifs ceux-là.
Le fil du problème : pour comparer une énergie nucléaire et une énergie chimique, on ramène tout à la même masse de combustible, en passant par le nombre d'entités.
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