Physique-chimie, Seconde • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : description et constitution de la matière (Seconde)

Voici une série d'exercices corrigés de physique-chimie sur la description et la constitution de la matière, au niveau de la classe de Seconde du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

Un seul obstacle traverse tout le chapitre : certaines grandeurs dépendent de la quantité de matière que l'on prend, d'autres non. La masse et le volume changent quand on prélève un échantillon plus grand ; la masse volumique, la densité et la concentration, elles, ne bougent pas. C'est ce qui permet d'identifier un liquide sans savoir combien on en a.

L'exercice 4 sur la dilution est celui qui décide de la note en contrôle : diluer ne retire pas un gramme de soluté du bécher, cela ne fait qu'ajouter du solvant autour. Toute la méthode tient dans cette phrase.

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Ce chapitre fait partie de Physique-chimie en Seconde
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1La matière et ses étatsSixième
  2. 2États de la matière, masse et volumeCinquième
  3. 3Mélanges, solutions et dissolutionCinquième
  4. 4Atomes, molécules et transformations chimiquesQuatrième

Rappel de cours

  • Corps pur : une seule espèce chimique. Mélange : plusieurs. Homogène si on ne distingue pas les constituants à l'oeil, hétérogène sinon.
  • Masse volumique : ρ=mV\rho=\dfrac{m}{V}, en g/mL\mathrm{g/mL} ou en kg/m3\mathrm{kg/m^3}. Retenir que 1 g/mL=1000 kg/m31\ \mathrm{g/mL}=1000\ \mathrm{kg/m^3}.
  • Densité d'un liquide ou d'un solide : d=ρρeaud=\dfrac{\rho}{\rho_{eau}} avec ρeau=1,00 g/mL\rho_{eau}=1{,}00\ \mathrm{g/mL}. La densité n'a pas d'unité. Un corps de densité inférieure à 1 flotte sur l'eau.
  • Concentration en masse : Cm=msoluteˊVsolutionC_m=\dfrac{m_{solut\acute{e}}}{V_{solution}}, en g/L\mathrm{g/L}. Le volume est celui de la SOLUTION finale, pas celui du solvant ajouté.
  • Dilution : la masse de soluté se conserve, donc Cm,1×V1=Cm,2×V2C_{m,1}\times V_1=C_{m,2}\times V_2. Facteur de dilution F=Cm,1Cm,2=V2V1F=\dfrac{C_{m,1}}{C_{m,2}}=\dfrac{V_2}{V_1}.
  • Dosage par étalonnage : on trace une grandeur mesurable en fonction de la concentration sur des solutions connues, puis on lit la concentration inconnue sur la droite obtenue.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Corps purs, mélanges et séparations

Une espèce chimique est un ensemble d'entités identiques. Un corps pur n'en contient qu'une seule, un mélange en contient plusieurs.

On dispose de : eau distillée, eau minérale, eau boueuse, air, jus d'orange avec pulpe, cuivre métallique, sirop de menthe dilué.

  • a) Classez ces sept échantillons en corps purs, mélanges homogènes et mélanges hétérogènes.
  • b) Quelle technique sépare l'eau boueuse de ses particules solides ? Citez-en deux et indiquez celle qui laisse la phase liquide la plus claire.
  • c) L'eau minérale est limpide. Pourtant ce n'est pas un corps pur. Comment le prouver expérimentalement, sans matériel d'analyse sophistiqué ?
  • d) Le test au sulfate de cuivre anhydre est positif sur l'eau minérale ET sur le jus d'orange. Que prouve-t-il exactement, et que ne prouve-t-il pas ?
  • e) On chauffe doucement un mélange d'eau et d'éthanol. L'éthanol bout à 78 C78\ \mathrm{^\circ C} et l'eau à 100 C100\ \mathrm{^\circ C}. Nommez la technique et dites ce qui sort en premier.

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b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Corps purs : eau distillée, cuivre ; homogènes : eau minérale, air, sirop dilué ; hétérogènes : eau boueuse, jus avec pulpe
  • b) Décantation ou filtration ; la filtration donne le liquide le plus clair
  • c) Évaporation à sec : un résidu de sels reste dans la coupelle
  • d) Il prouve la présence d'eau, pas que l'échantillon est de l'eau pure
  • e) Distillation ; l'éthanol sort en premier

a) Corps purs : eau distillée et cuivre métallique. Mélanges homogènes : eau minérale, air, sirop de menthe dilué. Mélanges hétérogènes : eau boueuse et jus d'orange avec pulpe. Le critère est visuel à l'échelle macroscopique : si on distingue au moins deux phases, même à la loupe, le mélange est hétérogène. L'air est un piège classique, il est bien un mélange, principalement de diazote et de dioxygène, mais homogène.

b) La décantation, qui consiste à laisser reposer pour que les particules tombent au fond, puis à verser le liquide surnageant. Ou la filtration, où le mélange traverse un papier filtre qui retient les particules solides. La filtration donne le liquide le plus clair, car la décantation laisse toujours en suspension les particules les plus fines qui n'ont pas eu le temps de tomber. En pratique on enchaîne les deux : décanter d'abord évite de colmater le filtre.

c) Il suffit d'évaporer à sec un volume d'eau minérale dans une coupelle. Un résidu blanc reste au fond : ce sont les sels minéraux dissous. Avec de l'eau distillée, la coupelle reste propre. Une eau limpide peut donc contenir beaucoup de matière dissoute, l'oeil ne sert à rien pour trancher.

d) Il prouve seulement la présence d'EAU dans l'échantillon, puisque le sulfate de cuivre anhydre, blanc, bleuit au contact de l'eau. Il ne prouve pas que l'échantillon est de l'eau pure : le jus d'orange contient de l'eau au milieu de dizaines d'autres espèces et le test est tout aussi positif. Un test d'identification répond à la question « y a-t-il cette espèce ? », jamais à la question « n'y a-t-il que cette espèce ? ».

e) La distillation. L'éthanol, dont la température d'ébullition est la plus basse, passe en premier à l'état gazeux, monte dans la colonne, se condense dans le réfrigérant et tombe dans le ballon de recueil. On surveille le thermomètre : tant qu'il stagne vers 78 C78\ \mathrm{^\circ C}, c'est l'éthanol qui distille.

Exercice 2 : Masse volumique, densité et couches de liquides

La masse volumique d'un échantillon vaut ρ=mV\rho=\dfrac{m}{V}. On prendra ρeau=1,00 g/mL\rho_{eau}=1{,}00\ \mathrm{g/mL}.

Un flacon vide a une masse de 45,2 g45{,}2\ \mathrm{g}. Rempli de 50,0 mL50{,}0\ \mathrm{mL} d'un liquide inconnu, il pèse 84,7 g84{,}7\ \mathrm{g}.

La figure montre un tube dans lequel on a versé trois liquides non miscibles : huile (ρ=0,92 g/mL\rho=0{,}92\ \mathrm{g/mL}), eau salée (ρ=1,10 g/mL\rho=1{,}10\ \mathrm{g/mL}) et eau pure.

couche 1couche 2couche 3tube
  • a) Calculez la masse volumique du liquide inconnu, en g/mL\mathrm{g/mL} puis en kg/m3\mathrm{kg/m^3}.
  • b) Déduisez-en sa densité. Flotte-t-il sur l'eau ?
  • c) Quel volume de ce liquide faut-il pour obtenir une masse de 2,00 kg2{,}00\ \mathrm{kg} ?
  • d) Attribuez chaque liquide de la figure à sa couche, en justifiant.
  • e) On ajoute dans le tube un petit cube de plastique de masse 8,1 g8{,}1\ \mathrm{g} et de volume 8,0 cm38{,}0\ \mathrm{cm^3}. Où s'immobilise-t-il ?

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Réponses

  • a) ρ=0,790 g/mL=790 kg/m3\rho=0{,}790\ \mathrm{g/mL}=790\ \mathrm{kg/m^3}
  • b) d=0,790<1d=0{,}790<1 : il flotte
  • c) V2532 mLV\approx 2532\ \mathrm{mL}, environ 2,5 L2{,}5\ \mathrm{L}
  • d) Haut : huile ; milieu : eau pure ; fond : eau salée
  • e) ρ=1,01 g/mL\rho=1{,}01\ \mathrm{g/mL} : à l'interface eau pure / eau salée

a) La masse du liquide seul vaut m=84,745,2=39,5 gm=84{,}7-45{,}2=39{,}5\ \mathrm{g}. Donc ρ=39,550,0=0,790 g/mL\rho=\dfrac{39{,}5}{50{,}0}=0{,}790\ \mathrm{g/mL}. Pour la conversion, retenir le facteur 1 g/mL=1000 kg/m31\ \mathrm{g/mL}=1000\ \mathrm{kg/m^3} : ρ=790 kg/m3\rho=790\ \mathrm{kg/m^3}. Oublier de retrancher la masse du flacon donne 1,69 g/mL1{,}69\ \mathrm{g/mL}, une valeur qui devrait alerter puisque aucun liquide courant n'est aussi dense.

b) d=0,7901,00=0,790d=\dfrac{0{,}790}{1{,}00}=0{,}790, sans unité. Comme d<1d<1, le liquide est moins dense que l'eau : il flotte, et il forme une couche au-dessus. Ces valeurs correspondent à de l'éthanol.

c) On isole le volume dans ρ=mV\rho=\dfrac{m}{V} : V=mρ=20000,790=2532 mLV=\dfrac{m}{\rho}=\dfrac{2000}{0{,}790}=2532\ \mathrm{mL}, soit environ 2,5 L2{,}5\ \mathrm{L}. Attention à convertir les kilogrammes en grammes AVANT de diviser, sinon on trouve un volume mille fois trop petit. Vérification de bon sens : le liquide étant plus léger que l'eau, il en faut plus de deux litres pour faire deux kilogrammes, ce qui est bien le cas.

d) Le liquide le moins dense flotte au-dessus. Couche 1 : l'huile, 0,92 g/mL0{,}92\ \mathrm{g/mL}. Couche 2 : l'eau pure, 1,00 g/mL1{,}00\ \mathrm{g/mL}. Couche 3, au fond : l'eau salée, 1,10 g/mL1{,}10\ \mathrm{g/mL}. Le classement des couches est exactement le classement des masses volumiques, du plus petit en haut au plus grand en bas.

e) Sa masse volumique vaut ρ=8,18,0=1,01 g/mL\rho=\dfrac{8{,}1}{8{,}0}=1{,}01\ \mathrm{g/mL}. Elle est supérieure à celle de l'eau pure (1,001{,}00) mais inférieure à celle de l'eau salée (1,101{,}10). Le cube traverse donc l'huile et l'eau pure, puis s'arrête à la surface de l'eau salée : il flotte à l'interface entre la couche 2 et la couche 3. C'est le principe du ludion et des tests de tri des plastiques par flottation.

Exercice 3 : Solution, soluté et concentration en masse

Une solution est un mélange homogène obtenu en dissolvant un soluté dans un solvant. Sa concentration en masse vaut Cm=msoluteˊVsolutionC_m=\dfrac{m_{solut\acute{e}}}{V_{solution}}.

  • a) On dissout 12,0 g12{,}0\ \mathrm{g} de chlorure de sodium dans de l'eau, et on complète jusqu'à 250,0 mL250{,}0\ \mathrm{mL} de solution. Calculez CmC_m en g/L\mathrm{g/L}.
  • b) Quelle masse de sel contient un prélèvement de 20,0 mL20{,}0\ \mathrm{mL} de cette solution ?
  • c) Un élève écrit : « j'ai versé 12,0 g12{,}0\ \mathrm{g} de sel dans 250,0 mL250{,}0\ \mathrm{mL} d'eau ». Pourquoi son protocole n'est-il pas équivalent à celui de la question a) ?
  • d) On veut préparer 500,0 mL500{,}0\ \mathrm{mL} d'une solution de sulfate de cuivre à 8,0 g/L8{,}0\ \mathrm{g/L}. Quelle masse faut-il peser ?
  • e) La solubilité du chlorure de sodium dans l'eau vaut 360 g/L360\ \mathrm{g/L} à 20 C20\ \mathrm{^\circ C}. Que se passe-t-il si l'on tente de préparer 250,0 mL250{,}0\ \mathrm{mL} de solution avec 100,0 g100{,}0\ \mathrm{g} de sel ?

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a)
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Réponses

  • a) Cm=48,0 g/LC_m=48{,}0\ \mathrm{g/L}
  • b) m=0,960 gm=0{,}960\ \mathrm{g}
  • c) Le volume final dépasse 250,0 mL : concentration un peu plus faible
  • d) m=4,0 gm=4{,}0\ \mathrm{g}
  • e) 90,0 g90{,}0\ \mathrm{g} dissous, 10,0 g10{,}0\ \mathrm{g} restent au fond : solution saturée

a) Le volume doit être en litres : V=250,0 mL=0,2500 LV=250{,}0\ \mathrm{mL}=0{,}2500\ \mathrm{L}. Donc Cm=12,00,2500=48,0 g/LC_m=\dfrac{12{,}0}{0{,}2500}=48{,}0\ \mathrm{g/L}. Lire ce résultat à voix haute aide : un litre de cette solution contiendrait 48,0 g48{,}0\ \mathrm{g} de sel, et comme on n'en a qu'un quart de litre, on retrouve bien les 12,0 g12{,}0\ \mathrm{g} pesés.

b) La concentration est la même partout dans une solution homogène, c'est justement ce qui définit l'homogénéité. Donc m=Cm×V=48,0×0,0200=0,960 gm=C_m\times V=48{,}0\times 0{,}0200=0{,}960\ \mathrm{g}. Prélever un vingtième du volume prélève un vingtième du soluté, pas davantage.

c) Parce que le volume qui figure dans la définition est celui de la SOLUTION finale, pas celui du solvant de départ. En dissolvant le sel dans 250,0 mL250{,}0\ \mathrm{mL} d'eau, on obtient un volume final légèrement supérieur, donc une concentration légèrement inférieure à 48,0 g/L48{,}0\ \mathrm{g/L}. C'est exactement pour cela que l'on utilise une fiole jaugée : on ajoute le solvant JUSQU'AU trait, on ne part pas du trait.

d) m=Cm×V=8,0×0,5000=4,0 gm=C_m\times V=8{,}0\times 0{,}5000=4{,}0\ \mathrm{g}. Le protocole associé : peser 4,0 g4{,}0\ \mathrm{g} sur une balance, transvaser dans une fiole jaugée de 500,0 mL500{,}0\ \mathrm{mL} à l'aide d'un entonnoir, rincer la coupelle de pesée au-dessus de la fiole pour ne rien perdre, remplir aux deux tiers, agiter jusqu'à dissolution complète, puis compléter jusqu'au trait de jauge et homogénéiser.

e) La masse maximale que 0,2500 L0{,}2500\ \mathrm{L} d'eau peut dissoudre vaut 360×0,2500=90,0 g360\times 0{,}2500=90{,}0\ \mathrm{g}. Avec 100,0 g100{,}0\ \mathrm{g}, on dépasse : 90,0 g90{,}0\ \mathrm{g} se dissolvent et 10,0 g10{,}0\ \mathrm{g} restent au fond sous forme de dépôt solide. La solution est dite saturée, et sa concentration plafonne à 360 g/L360\ \mathrm{g/L} : ajouter encore du sel ne la fait plus monter.

Exercice 4 : Dilution et facteur de dilution

Diluer une solution, c'est lui ajouter du solvant. La masse de soluté prélevée ne change pas au cours de l'opération : elle se retrouve entièrement dans la solution fille.

On dispose d'une solution mère de sirop de menthe de concentration C1=120 g/LC_1=120\ \mathrm{g/L}.

  • a) On prélève 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} de solution mère et on complète à 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL}. Calculez la concentration C2C_2 de la solution fille.
  • b) Quel est le facteur de dilution ? Retrouvez C2C_2 par ce facteur seul.
  • c) On veut préparer 250,0 mL250{,}0\ \mathrm{mL} d'une solution à 6,0 g/L6{,}0\ \mathrm{g/L} à partir de la solution mère. Quel volume faut-il prélever ?
  • d) Nommez la verrerie utilisée pour le prélèvement et pour la solution fille de la question c), et dites pourquoi une éprouvette graduée ne convient pas.
  • e) Un élève affirme : « en diluant, j'ai perdu du sirop, donc la masse de soluté a diminué ». Corrigez, en calculant la masse de soluté avant et après pour la question a).

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Réponses

  • a) C2=12,0 g/LC_2=12{,}0\ \mathrm{g/L}
  • b) F=10F=10
  • c) V1=12,5 mLV_1=12{,}5\ \mathrm{mL}
  • d) Burette ou pipette graduée, fiole jaugée de 250,0 mL ; l'éprouvette est trop imprécise
  • e) 1,20 g1{,}20\ \mathrm{g} avant et après : c'est la concentration qui baisse

a) La masse de soluté se conserve, donc C1V1=C2V2C_1V_1=C_2V_2, d'où C2=C1V1V2=120×10,0100,0=12,0 g/LC_2=\dfrac{C_1V_1}{V_2}=\dfrac{120\times 10{,}0}{100{,}0}=12{,}0\ \mathrm{g/L}. Les volumes peuvent rester en millilitres des deux côtés puisqu'ils se simplifient, mais ils doivent être dans la MÊME unité.

b) F=V2V1=100,010,0=10F=\dfrac{V_2}{V_1}=\dfrac{100{,}0}{10{,}0}=10. La solution a été diluée dix fois, donc sa concentration est dix fois plus petite : C2=12010=12,0 g/LC_2=\dfrac{120}{10}=12{,}0\ \mathrm{g/L}, ce qui confirme la question a). Le facteur de dilution est un rapport de volumes ET un rapport de concentrations, dans le sens inverse.

c) On veut F=C1C2=1206,0=20F=\dfrac{C_1}{C_2}=\dfrac{120}{6{,}0}=20, donc V1=V2F=250,020=12,5 mLV_1=\dfrac{V_2}{F}=\dfrac{250{,}0}{20}=12{,}5\ \mathrm{mL}. Vérification directe : 6,0×0,2500=1,5 g6{,}0\times 0{,}2500=1{,}5\ \mathrm{g} de sirop dans la fille, et 1,5 g1{,}5\ \mathrm{g} dans 1,5120=0,0125 L\dfrac{1{,}5}{120}=0{,}0125\ \mathrm{L} de mère, soit bien 12,5 mL12{,}5\ \mathrm{mL}.

d) Une pipette jaugée de 12,5 mL12{,}5\ \mathrm{mL} n'existe pas dans le commerce : on prélève à la burette graduée, ou à la pipette graduée de 25 mL25\ \mathrm{mL}. La solution fille se prépare dans une fiole jaugée de 250,0 mL250{,}0\ \mathrm{mL}. L'éprouvette graduée ne convient pas parce que sa précision est de l'ordre du millilitre, contre le centième de millilitre pour la verrerie jaugée : sur un prélèvement de 12,5 mL12{,}5\ \mathrm{mL}, l'erreur commise se répercuterait directement sur la concentration finale.

e) Il confond concentration et masse. Avant : dans les 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} prélevés, m=120×0,0100=1,20 gm=120\times 0{,}0100=1{,}20\ \mathrm{g} de sirop. Après : dans les 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL} de solution fille, m=12,0×0,1000=1,20 gm=12{,}0\times 0{,}1000=1{,}20\ \mathrm{g}. C'est la même masse. Ce qui a changé, c'est le volume dans lequel ces 1,20 g1{,}20\ \mathrm{g} sont répartis, donc la concentration. Ajouter de l'eau n'a jamais fait disparaître une molécule de sirop.

Exercice 5 : Dosage par étalonnage

Pour mesurer la concentration d'une solution colorée, on mesure son absorbance AA au spectrophotomètre. On prépare d'abord des solutions étalons de concentration connue et on trace AA en fonction de CmC_m.

Mesures obtenues sur une solution de sulfate de cuivre : Cm=0C_m=0 donne A=0A=0 ; 2,0 g/L2{,}0\ \mathrm{g/L} donne 0,210{,}21 ; 4,0 g/L4{,}0\ \mathrm{g/L} donne 0,420{,}42 ; 6,0 g/L6{,}0\ \mathrm{g/L} donne 0,630{,}63 ; 8,0 g/L8{,}0\ \mathrm{g/L} donne 0,840{,}84.

123456789100.10.20.30.40.50.60.70.80.911.11.2Cm (g/L)A
  • a) Les points sont-ils alignés et la droite passe-t-elle par l'origine ? Que peut-on en conclure sur la relation entre AA et CmC_m ?
  • b) Déterminez le coefficient directeur kk de la droite d'étalonnage, avec son unité.
  • c) Une solution de concentration inconnue donne A=0,52A=0{,}52. Déterminez sa concentration par le calcul, puis vérifiez par lecture graphique.
  • d) Une deuxième solution inconnue donne A=1,45A=1{,}45. Pourquoi ne peut-on pas conclure ? Que faut-il faire avant de mesurer à nouveau ?
  • e) Pourquoi fait-on d'abord une mesure sur de l'eau distillée seule avant la série de mesures ?

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Réponses

  • a) Points alignés sur une droite passant par l'origine : AA proportionnelle à CmC_m
  • b) k=0,105 L/gk=0{,}105\ \mathrm{L/g}
  • c) Cm4,95 g/LC_m\approx 4{,}95\ \mathrm{g/L}
  • d) Hors du domaine des étalons : diluer d'un facteur connu puis remesurer
  • e) Faire le blanc : zéro réglé avec le solvant seul

a) Oui : les cinq points sont alignés et la droite passe par l'origine, ce qu'on vérifie en calculant les rapports ACm\dfrac{A}{C_m}, tous égaux à 0,1050{,}105. La grandeur AA est donc PROPORTIONNELLE à CmC_m. C'est cette propriété qui rend le dosage possible : sans proportionnalité, une seule mesure ne suffirait pas à remonter à la concentration.

b) k=ΔAΔCm=0,8408,00=0,105 L/gk=\dfrac{\Delta A}{\Delta C_m}=\dfrac{0{,}84-0}{8{,}0-0}=0{,}105\ \mathrm{L/g}. On prend deux points ÉLOIGNÉS de la droite tracée, pas deux points voisins : l'incertitude de lecture est alors divisée par un écart plus grand. L'unité est l'inverse de celle de l'axe des abscisses, puisque l'absorbance n'a pas d'unité.

c) A=kCmA=k\,C_m donne Cm=Ak=0,520,105=4,95 g/LC_m=\dfrac{A}{k}=\dfrac{0{,}52}{0{,}105}=4{,}95\ \mathrm{g/L}, soit environ 5,0 g/L5{,}0\ \mathrm{g/L}. Graphiquement : on part de 0,520{,}52 sur l'axe vertical, on rejoint la droite horizontalement, puis on descend sur l'axe horizontal. On tombe entre les étalons à 4,04{,}0 et 6,0 g/L6{,}0\ \mathrm{g/L}, un peu au-dessus du milieu, ce qui est cohérent.

d) Parce que A=1,45A=1{,}45 sort de la zone couverte par les étalons, qui s'arrêtent à 0,840{,}84. Extrapoler la droite au-delà du domaine mesuré est un pari : rien ne garantit que la proportionnalité tienne encore, et en pratique elle cesse de tenir aux fortes concentrations. Il faut diluer la solution inconnue d'un facteur connu, par exemple 5, mesurer l'absorbance de la solution diluée, lire la concentration sur la droite, puis multiplier par 5 pour remonter à celle de départ.

e) Pour faire le « blanc » : on règle le spectrophotomètre sur zéro avec le solvant seul, dans la même cuve. Ainsi la mesure ne compte que ce qui est absorbé par le soluté, et non ce qu'absorbent la cuve et le solvant. Sans cette étape, toutes les mesures seraient décalées vers le haut de la même quantité et la droite ne passerait plus par l'origine.

Partie B : Problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Identifier un liquide par sa masse volumique

Un flacon non étiqueté est retrouvé au laboratoire. On mesure V=25,0 mLV=25{,}0\ \mathrm{mL} à la pipette jaugée, et la balance affiche m=19,8 gm=19{,}8\ \mathrm{g}.

Table des masses volumiques, en g/mL\mathrm{g/mL} : cyclohexane 0,7790{,}779 ; éthanol 0,7890{,}789 ; acétone 0,7910{,}791 ; eau 1,0001{,}000 ; dichlorométhane 1,331{,}33.

  • a) Calculez la masse volumique du liquide inconnu.
  • b) Trois candidats de la table sont compatibles à moins de 2 %2\ \% près. Lesquels ? Le calcul de masse volumique suffit-il à conclure ?
  • c) La balance est précise à 0,1 g0{,}1\ \mathrm{g} près et la pipette à 0,03 mL0{,}03\ \mathrm{mL} près. Estimez l'écart de masse volumique que produit à elle seule l'incertitude sur la masse.
  • d) Proposez UNE mesure supplémentaire simple qui départage les candidats restants, sachant que les températures d'ébullition valent 81 C81\ \mathrm{^\circ C} pour le cyclohexane, 78 C78\ \mathrm{^\circ C} pour l'éthanol et 56 C56\ \mathrm{^\circ C} pour l'acétone.
  • e) On verse quelques millilitres du liquide inconnu dans un tube contenant de l'eau, et le mélange reste limpide en une seule phase. Que peut-on en déduire ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) ρ=0,792 g/mL\rho=0{,}792\ \mathrm{g/mL}
  • b) Cyclohexane, éthanol, acétone : la masse volumique ne suffit pas
  • c) Environ 0,004 g/mL0{,}004\ \mathrm{g/mL}
  • d) Mesurer la température d'ébullition
  • e) Miscible à l'eau : le cyclohexane est éliminé

a) ρ=mV=19,825,0=0,792 g/mL\rho=\dfrac{m}{V}=\dfrac{19{,}8}{25{,}0}=0{,}792\ \mathrm{g/mL}.

b) Un écart de 2 %2\ \% autour de 0,7920{,}792 couvre l'intervalle allant de 0,7760{,}776 à 0,8080{,}808. Le cyclohexane (0,7790{,}779), l'éthanol (0,7890{,}789) et l'acétone (0,7910{,}791) y sont tous les trois ; l'eau et le dichlorométhane sont exclus sans discussion. Le calcul de masse volumique ne suffit donc pas : il élimine, il ne désigne pas. C'est exactement le rôle d'une caractéristique physique dans une identification, réduire la liste des possibles avant de trancher par un autre critère.

c) Si la masse vaut 19,8±0,1 g19{,}8\pm 0{,}1\ \mathrm{g}, alors la masse volumique va de 19,725,0=0,788\dfrac{19{,}7}{25{,}0}=0{,}788 à 19,925,0=0,796 g/mL\dfrac{19{,}9}{25{,}0}=0{,}796\ \mathrm{g/mL}. L'incertitude sur ρ\rho est donc d'environ 0,004 g/mL0{,}004\ \mathrm{g/mL}, ce qui est du même ordre que l'écart entre l'éthanol et l'acétone : 0,0020{,}002. Voilà pourquoi ces deux-là sont indiscernables avec ce matériel, et pourquoi écrire un troisième chiffre après la virgule serait ici un mensonge sur la précision réelle.

d) Mesurer la température d'ébullition. Le liquide est chauffé doucement dans un tube à essai muni d'un thermomètre ; la température se stabilise pendant tout le changement d'état, et ce palier identifie l'espèce. Les trois valeurs sont bien séparées, en particulier l'acétone à 56 C56\ \mathrm{^\circ C}, très en dessous des deux autres. Un écart de 25 C25\ \mathrm{^\circ C} est mesurable sans difficulté, contrairement à un écart de 0,002 g/mL0{,}002\ \mathrm{g/mL}.

e) Le liquide est MISCIBLE à l'eau, donc il n'y a pas d'interface. Le cyclohexane, lui, est un solvant qui ne se mélange pas à l'eau et donnerait deux phases nettement visibles. Cette seule observation élimine le cyclohexane. Combinée à la mesure d'ébullition de la question d), elle permet de conclure : si le palier est vers 78 C78\ \mathrm{^\circ C}, c'est de l'éthanol.

Exercice 7 : Protocole complet : préparer une solution de glucose

Un laboratoire doit préparer 200,0 mL200{,}0\ \mathrm{mL} d'une solution de glucose à 18,0 g/L18{,}0\ \mathrm{g/L}, puis en tirer 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL} d'une solution à 3,6 g/L3{,}6\ \mathrm{g/L}.

Verrerie disponible : fioles jaugées de 50,050{,}0, 100,0100{,}0, 200,0200{,}0 et 500,0 mL500{,}0\ \mathrm{mL} ; pipettes jaugées de 5,05{,}0, 10,010{,}0, 20,020{,}0 et 25,0 mL25{,}0\ \mathrm{mL} ; éprouvettes graduées ; béchers.

  • a) Calculez la masse de glucose à peser pour la solution mère, puis rédigez le protocole de dissolution en cinq étapes numérotées.
  • b) Calculez le facteur de dilution nécessaire, puis le volume à prélever. La verrerie disponible convient-elle ?
  • c) Un élève prélève correctement, mais complète la fiole avec 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL} d'eau ajoutés à l'éprouvette, au lieu de compléter jusqu'au trait. La concentration obtenue est-elle trop grande ou trop petite ? Justifiez sans calcul.
  • d) Un autre élève oublie de rincer la coupelle de pesée au-dessus de la fiole. Même question.
  • e) On souhaite finalement 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL} à 2,0 g/L2{,}0\ \mathrm{g/L}. Montrez qu'aucune pipette jaugée de la liste ne convient pour un prélèvement direct dans la mère, que deux dilutions successives avec la verrerie de la liste ne donnent pas non plus le bon facteur, puis proposez une autre façon de faire.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) m=3,60 gm=3{,}60\ \mathrm{g}, dissolution en fiole jaugée de 200,0 mL200{,}0\ \mathrm{mL}
  • b) F=5,0F=5{,}0, V1=20,0 mLV_1=20{,}0\ \mathrm{mL} : verrerie disponible
  • c) Trop petite
  • d) Trop petite
  • e) 11,1 mL11{,}1\ \mathrm{mL} impossible, aucun couple de dilutions ne donne 99 : mère à 20,0 g/L20{,}0\ \mathrm{g/L} (4,00 g4{,}00\ \mathrm{g}), puis dilution par 1010

a) m=Cm×V=18,0×0,2000=3,60 gm=C_m\times V=18{,}0\times 0{,}2000=3{,}60\ \mathrm{g}. Protocole : 1. peser 3,60 g3{,}60\ \mathrm{g} de glucose dans une coupelle sur une balance tarée ; 2. transvaser dans la fiole jaugée de 200,0 mL200{,}0\ \mathrm{mL} à l'aide d'un entonnoir ; 3. rincer la coupelle et l'entonnoir à l'eau distillée AU-DESSUS de la fiole ; 4. remplir aux deux tiers, boucher et agiter jusqu'à dissolution complète ; 5. compléter jusqu'au trait de jauge, boucher et retourner plusieurs fois pour homogénéiser.

b) F=18,03,6=5,0F=\dfrac{18{,}0}{3{,}6}=5{,}0, donc V1=100,05,0=20,0 mLV_1=\dfrac{100{,}0}{5{,}0}=20{,}0\ \mathrm{mL}. La pipette jaugée de 20,0 mL20{,}0\ \mathrm{mL} et la fiole jaugée de 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL} figurent toutes deux dans la liste : le protocole est réalisable avec la précision maximale.

c) Trop petite. La masse de soluté est fixée par le prélèvement de 20,0 mL20{,}0\ \mathrm{mL} : elle ne dépend pas de ce qui suit. En revanche, ajouter 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL} d’eau aux 20,0 mL20{,}0\ \mathrm{mL} déjà présents donne un volume final de l’ordre de 120 mL120\ \mathrm{mL}, au lieu des 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL} voulus. Dans Cm=mVC_m=\dfrac{m}{V}, le numérateur ne bouge pas et le dénominateur augmente : la concentration obtenue vaut environ 100,0120×3,6=3,0 g/L\dfrac{100{,}0}{120}\times 3{,}6=3{,}0\ \mathrm{g/L}, donc trop petite. La méthode générale tient en une question : laquelle des deux grandeurs de Cm=mVC_m=\dfrac{m}{V} l’erreur touche-t-elle, et dans quel sens ?

d) Trop petite également, mais pour une raison différente : une partie du glucose pesé reste collée dans la coupelle et n'entre jamais dans la fiole. La masse réellement dissoute est inférieure à 3,60 g3{,}60\ \mathrm{g} alors que le volume, lui, est exact au trait de jauge. Le numérateur baisse, le dénominateur ne bouge pas, la concentration baisse. Retenir la méthode générale : identifier laquelle des deux grandeurs de Cm=mVC_m=\dfrac{m}{V} l'erreur affecte, et dans quel sens.

e) Il faudrait F=18,02,0=9,0F=\dfrac{18{,}0}{2{,}0}=9{,}0, donc un prélèvement de V1=100,09,0=11,1 mLV_1=\dfrac{100{,}0}{9{,}0}=11{,}1\ \mathrm{mL} : aucune pipette jaugée de la liste ne délivre ce volume, et une pipette graduée ferait perdre la précision recherchée. Deux dilutions successives ne sauvent rien non plus : il faudrait écrire 99 comme un produit de deux facteurs réalisables avec les couples pipette-fiole disponibles, or la dilution finale, qui aboutit dans la fiole de 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL}, a un facteur de 44, 55, 1010 ou 2020, et la première un facteur de 22 ; 2,52{,}5 ; 44 ; 55 ; 88 ; 1010 ; 2020 ; 2525 ; 4040 ; 5050 ou 100100 : aucun produit d'un facteur de chaque liste ne fait 99. La contrainte se lève en amont : on prépare une solution mère à 20,0 g/L20{,}0\ \mathrm{g/L} au lieu de 18,018{,}0, en pesant 4,00 g4{,}00\ \mathrm{g} de glucose dans la fiole de 200,0 mL200{,}0\ \mathrm{mL}. Une seule dilution par 1010, soit 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} prélevés à la pipette jaugée et complétés à 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL}, donne alors exactement 2,0 g/L2{,}0\ \mathrm{g/L}. Retenir la leçon : quand la verrerie bloque, on change la concentration de départ, pas la précision du protocole.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, dites où est l'erreur et donnez l'énoncé correct.

  • a) « Une eau limpide et incolore est de l'eau pure. »
  • b) « La densité de l'huile est 0,92 g/mL0{,}92\ \mathrm{g/mL}. »
  • c) « Si je dilue une solution dix fois, il y a dix fois moins de soluté dans le bécher. »
  • d) « Pour préparer 100 mL100\ \mathrm{mL} de solution à 5 g/L5\ \mathrm{g/L}, je verse 5 g5\ \mathrm{g} de soluté dans 100 mL100\ \mathrm{mL} d'eau. »
  • e) « L'absorbance mesurée vaut 1,451{,}45, je lis la concentration sur la droite d'étalonnage prolongée. »

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Limpide et incolore n'exclut pas des espèces dissoutes
  • b) La densité vaut 0,920{,}92, sans unité
  • c) Même masse de soluté, concentration dix fois plus petite
  • d) 0,5 g0{,}5\ \mathrm{g} en fiole jaugée de 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL}, complétée au trait
  • e) Diluer d'un facteur connu, lire, puis multiplier par ce facteur

a) Faux : limpide signifie seulement qu'aucune particule n'est en suspension, et incolore qu'aucune espèce ne colore le mélange. L'eau minérale est limpide, incolore, et contient pourtant plusieurs centaines de milligrammes de sels dissous par litre. Correct : « une eau limpide et incolore peut être un mélange homogène ; seule une évaporation à sec, ou une mesure de conductivité, permet de conclure ».

b) Faux : la densité est un RAPPORT de deux masses volumiques, elle n'a pas d'unité. Correct : « la masse volumique de l'huile vaut 0,92 g/mL0{,}92\ \mathrm{g/mL}, donc sa densité vaut 0,920{,}92 ». La confusion est sans gravité numérique tant qu'on travaille en grammes par millilitre, puisque les deux nombres coïncident, mais elle devient une erreur franche dès qu'on passe en kg/m3\mathrm{kg/m^3} : la masse volumique vaut alors 920920, et la densité toujours 0,920{,}92.

c) Faux : diluer, c'est ajouter du SOLVANT, jamais retirer du soluté. La masse de soluté présente dans la solution fille est exactement celle qui a été prélevée dans la mère. Correct : « si je dilue dix fois, la même masse de soluté est répartie dans un volume dix fois plus grand, donc la CONCENTRATION est dix fois plus petite ».

d) Faux : le volume qui intervient dans Cm=mVC_m=\dfrac{m}{V} est celui de la solution finale. En versant le soluté dans 100 mL100\ \mathrm{mL} d'eau, on obtient un peu plus de 100 mL100\ \mathrm{mL} de solution, donc une concentration un peu inférieure à 5 g/L5\ \mathrm{g/L}. Correct : « je verse 0,5 g0{,}5\ \mathrm{g} dans une fiole jaugée de 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL} et je complète jusqu'au trait ». Noter au passage la deuxième erreur : 5 g/L5\ \mathrm{g/L} dans 0,100 L0{,}100\ \mathrm{L} font 0,5 g0{,}5\ \mathrm{g}, pas 5 g5\ \mathrm{g}.

e) Faux : une droite d'étalonnage n'est valable que dans le domaine où elle a été établie. Au-delà de la dernière mesure, rien ne garantit que la proportionnalité tienne, et l'absorbance sature en pratique. Correct : « je dilue l'échantillon d'un facteur connu jusqu'à ramener son absorbance dans le domaine des étalons, je lis la concentration de la solution diluée, puis je multiplie par le facteur de dilution ».

Exercice 9 : Lire une étiquette d'eau minérale

L'étiquette d'une eau minérale indique, par litre : calcium 486 mg486\ \mathrm{mg}, magnésium 84 mg84\ \mathrm{mg}, sodium 9,1 mg9{,}1\ \mathrm{mg}, sulfates 1187 mg1187\ \mathrm{mg}, hydrogénocarbonates 403 mg403\ \mathrm{mg}.

Le diagramme compare ces concentrations, en milligrammes par litre.

Ca486 mg/LMg84 mg/LNa9,1 mg/Lsulfates1187 mg/LHCO3403 mg/L020040060080010001200
  • a) Exprimez la concentration en masse des sulfates en g/L\mathrm{g/L}, puis calculez la masse de sulfates apportée par une bouteille de 1,5 L1{,}5\ \mathrm{L}.
  • b) Calculez la masse totale de sels dissous dans un litre, en g/L\mathrm{g/L}. L'eau reste-t-elle limpide pour autant ?
  • c) Un adulte a besoin d'environ 900 mg900\ \mathrm{mg} de calcium par jour. Quel volume de cette eau apporterait la totalité de ce besoin ? Le résultat est-il réaliste ?
  • d) Une personne suivant un régime pauvre en sodium doit rester sous 200 mg200\ \mathrm{mg} de sodium par jour. Cette eau est-elle compatible avec deux litres bus par jour ?
  • e) On évapore à sec 250,0 mL250{,}0\ \mathrm{mL} de cette eau. Quelle masse de résidu attend-on ? Pourquoi l'expérience donne-t-elle en pratique un peu moins ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 1,187 g/L1{,}187\ \mathrm{g/L} ; 1,78 g1{,}78\ \mathrm{g} par bouteille
  • b) 2,17 g/L2{,}17\ \mathrm{g/L} ; l'eau reste limpide
  • c) V1,85 LV\approx 1{,}85\ \mathrm{L}
  • d) 18,2 mg18{,}2\ \mathrm{mg} : compatible
  • e) Environ 0,54 g0{,}54\ \mathrm{g} ; un peu moins car les hydrogénocarbonates libèrent du CO2CO_2

a) 1187 mg/L=1,187 g/L1187\ \mathrm{mg/L}=1{,}187\ \mathrm{g/L}, en divisant par 10001000. Pour 1,5 L1{,}5\ \mathrm{L} : m=1,187×1,5=1,78 gm=1{,}187\times 1{,}5=1{,}78\ \mathrm{g}. Presque deux grammes de sulfates dans une bouteille : c'est une eau fortement minéralisée, ce que le diagramme montre d'un coup d'oeil puisque la barre des sulfates domine toutes les autres.

b) On additionne : 486+84+9,1+1187+403=2169,1 mg/L486+84+9{,}1+1187+403=2169{,}1\ \mathrm{mg/L}, soit 2,17 g/L2{,}17\ \mathrm{g/L}. L'eau reste parfaitement limpide, car tous ces sels sont DISSOUS : ils sont dispersés à l'échelle des entités et ne diffusent pas la lumière. La limpidité ne renseigne jamais sur la quantité de matière dissoute, seulement sur l'absence de particules en suspension.

c) V=mCm=900486=1,85 LV=\dfrac{m}{C_m}=\dfrac{900}{486}=1{,}85\ \mathrm{L}. C'est réaliste en volume, un adulte boit couramment près de deux litres par jour, mais irréaliste en pratique nutritionnelle : cela supposerait de ne boire que cette eau-là, et d'ingérer du même coup 2,2 g2{,}2\ \mathrm{g} de sulfates, ce qui a un effet laxatif connu. Une eau très calcique est un complément, pas un apport unique.

d) Deux litres apportent 9,1×2=18,2 mg9{,}1\times 2=18{,}2\ \mathrm{mg} de sodium, très en dessous des 200 mg200\ \mathrm{mg} autorisés. Cette eau est donc parfaitement compatible avec un régime pauvre en sodium, ce qui peut surprendre puisqu'elle est par ailleurs la plus minéralisée du rayon. La leçon : « minéralisée » n'est pas un synonyme de « salée », il faut regarder QUEL ion est concerné.

e) m=Cm,total×V=2,1691×0,2500=0,542 gm=C_{m,total}\times V=2{,}1691\times 0{,}2500=0{,}542\ \mathrm{g}, soit environ 0,54 g0{,}54\ \mathrm{g}. En pratique on récupère un peu moins, parce qu'une partie des hydrogénocarbonates se décompose au chauffage en libérant du dioxyde de carbone gazeux, qui s'échappe. Toute la masse dissoute ne se retrouve donc pas dans le résidu solide.

Exercice 10 : Doser un sirop du commerce

On veut vérifier l'indication « 650 g650\ \mathrm{g} de sucre par litre » portée sur une bouteille de sirop de grenadine.

Le sirop pur est trop coloré pour le spectrophotomètre : on le dilue 200200 fois avant toute mesure. La droite d'étalonnage établie sur des solutions de colorant a pour coefficient directeur k=0,080 L/gk=0{,}080\ \mathrm{L/g}, et l'absorbance mesurée sur le sirop dilué vaut A=0,26A=0{,}26.

1234560.050.10.150.20.250.30.350.40.450.5Cm (g/L)A
  • a) Déterminez la concentration en colorant de la solution diluée.
  • b) Déduisez-en la concentration en colorant du sirop pur.
  • c) Le protocole de dilution par 200200 est réalisé en deux étapes avec la verrerie usuelle. Proposez ces deux étapes.
  • d) La masse volumique du sirop vaut 1,30 g/mL1{,}30\ \mathrm{g/mL}. Sachant qu'une bouteille contient 0,75 L0{,}75\ \mathrm{L}, calculez la masse de sirop et la masse de sucre qu'elle contient, si l'indication de l'étiquette est exacte.
  • e) Le sucre représente-t-il alors plus ou moins de la moitié de la masse du sirop ? Commentez ce que cela implique pour la masse volumique élevée mesurée en d).

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 3,25 g/L3{,}25\ \mathrm{g/L}
  • b) 650 g/L650\ \mathrm{g/L}
  • c) 5,0 mL5{,}0\ \mathrm{mL} dans 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL}, puis 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} dans 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL}
  • d) 975 g975\ \mathrm{g} de sirop, 487,5 g487{,}5\ \mathrm{g} de sucre
  • e) Exactement la moitié : le sucre dissous rend le sirop dense

a) Cdilueˊe=Ak=0,260,080=3,25 g/LC_{dilu\acute{e}e}=\dfrac{A}{k}=\dfrac{0{,}26}{0{,}080}=3{,}25\ \mathrm{g/L}. Contrôle : 0,080×3,25=0,260{,}080\times 3{,}25=0{,}26 ✓.

b) La dilution divise la concentration par 200200, donc remonter à la solution mère la multiplie par 200200 : Csirop=3,25×200=650 g/LC_{sirop}=3{,}25\times 200=650\ \mathrm{g/L}. Il faut ici résister à l'automatisme du « je divise » : le facteur de dilution s'applique dans le sens de la préparation, et on le remonte dans l'autre sens.

c) Deux dilutions successives dont le produit des facteurs vaut 200200. Par exemple F1=20F_1=20 : prélever 5,0 mL5{,}0\ \mathrm{mL} de sirop à la pipette jaugée, compléter à 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL} en fiole jaugée. Puis F2=10F_2=10 : prélever 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} de cette solution, compléter à 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL}. Le facteur total vaut 20×10=20020\times 10=200. On procède en deux étapes parce qu'une dilution directe par 200200 demanderait de prélever 0,5 mL0{,}5\ \mathrm{mL} pour 100 mL100\ \mathrm{mL}, un volume que la verrerie jaugée ne mesure pas avec assez de précision.

d) La masse de la bouteille de sirop vaut m=ρV=1,30×750=975 gm=\rho V=1{,}30\times 750=975\ \mathrm{g}. La masse de sucre, si l'étiquette dit vrai, vaut msucre=650×0,75=487,5 gm_{sucre}=650\times 0{,}75=487{,}5\ \mathrm{g}, soit environ 488 g488\ \mathrm{g}.

e) 487,5975=0,500\dfrac{487{,}5}{975}=0{,}500, soit exactement la moitié de la masse. Le sirop est donc, en masse, moitié sucre et moitié eau. Cela explique directement la masse volumique de 1,30 g/mL1{,}30\ \mathrm{g/mL} mesurée en d) : le sucre dissous ajoute beaucoup de masse sans ajouter beaucoup de volume, puisque ses entités se glissent entre les molécules d'eau. C'est le même phénomène qui rend l'eau salée plus dense que l'eau pure, et qui fait qu'un sirop coule au fond d'un verre d'eau tant qu'on n'a pas remué.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Composition de l'air en volume et en masse

L'air sec est un mélange homogène qui contient, EN VOLUME, environ 78 %78\ \% de diazote, 21 %21\ \% de dioxygène et 1 %1\ \% d'autres gaz, surtout de l'argon.

À 20 C20\ \mathrm{^\circ C} et sous la pression atmosphérique, on prendra : ρair=1,20 g/L\rho_{air}=1{,}20\ \mathrm{g/L} et ρdioxygeˋne=1,33 g/L\rho_{dioxyg\grave{e}ne}=1{,}33\ \mathrm{g/L}.

Une chambre mesure 4,0 m4{,}0\ \mathrm{m} de long, 3,5 m3{,}5\ \mathrm{m} de large et 2,5 m2{,}5\ \mathrm{m} de haut.

  • a) Calculez le volume d'air de la chambre en m3\mathrm{m^3}, puis en litres.
  • b) Quel volume de dioxygène la chambre contient-elle ?
  • c) Calculez la masse d'air contenue dans la chambre, en kilogrammes.
  • d) Calculez la masse de dioxygène de la chambre, puis le pourcentage EN MASSE de dioxygène dans l'air.
  • e) Un élève écrit : « l'air contient 21 %21\ \% de dioxygène en masse ». Cette phrase est-elle correcte ? Expliquez l'écart avec le résultat de d).

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 35 m3=35 000 L35\ \mathrm{m^3}=35\ 000\ \mathrm{L}
  • b) 7,35 m37{,}35\ \mathrm{m^3}
  • c) 42 kg42\ \mathrm{kg}
  • d) 9,78 kg9{,}78\ \mathrm{kg} ; environ 23,3 %23{,}3\ \% en masse
  • e) Incorrecte : 21 %21\ \% en volume, environ 23 %23\ \% en masse

a) V=4,0×3,5×2,5=35 m3V=4{,}0\times 3{,}5\times 2{,}5=35\ \mathrm{m^3}. Comme 1 m3=1000 L1\ \mathrm{m^3}=1000\ \mathrm{L}, V=35 000 LV=35\ 000\ \mathrm{L}.

b) Le pourcentage est un pourcentage en volume, il s'applique donc directement au volume : VO2=0,21×35=7,35 m3V_{O_2}=0{,}21\times 35=7{,}35\ \mathrm{m^3}, soit environ 7,4 m37{,}4\ \mathrm{m^3}.

c) m=ρ×V=1,20×35 000=42 000 gm=\rho\times V=1{,}20\times 35\ 000=42\ 000\ \mathrm{g}, soit 42 kg42\ \mathrm{kg}. Le résultat surprend souvent : l'air d'une simple chambre pèse autant qu'un élève de collège. On ne le sent pas parce qu'on est plongé dedans, comme un poisson ne sent pas le poids de l'eau.

d) mO2=ρO2×VO2=1,33×7 3509 776 gm_{O_2}=\rho_{O_2}\times V_{O_2}=1{,}33\times 7\ 350\approx 9\ 776\ \mathrm{g}, soit environ 9,78 kg9{,}78\ \mathrm{kg}. Pourcentage en masse : 9,7842,0×10023,3 %\dfrac{9{,}78}{42{,}0}\times 100\approx 23{,}3\ \%.

e) Non. Le 21 %21\ \% est un pourcentage EN VOLUME. En masse, le dioxygène représente environ 23 %23\ \% de l'air, un peu plus, parce que le dioxygène est plus dense que le diazote : à volume égal, il pèse plus lourd. Un pourcentage de composition n'a de sens que si l'on précise s'il porte sur les volumes ou sur les masses.

Le fil de l'exercice : le volume se calcule avec les pourcentages en volume, la masse avec les masses volumiques, et l'on ne passe de l'un à l'autre que par m=ρVm=\rho V.

Exercice 12 : Palier de changement d'état et identification

On laisse refroidir deux échantillons liquides et l'on relève leur température toutes les minutes.

Échantillon 1 : la température descend de 95 C95\ \mathrm{^\circ C} à 80 C80\ \mathrm{^\circ C}, reste égale à 80 C80\ \mathrm{^\circ C} pendant 66 minutes, pendant lesquelles des cristaux apparaissent, puis redescend.

Échantillon 2 : la température descend régulièrement, sans jamais se stabiliser ; des cristaux apparaissent vers 74 C74\ \mathrm{^\circ C} et tout est solide vers 62 C62\ \mathrm{^\circ C}.

Températures de fusion : paradichlorobenzène 53 C53\ \mathrm{^\circ C} ; acide stéarique 69 C69\ \mathrm{^\circ C} ; naphtalène 80,3 C80{,}3\ \mathrm{^\circ C}.

  • a) Lequel des deux échantillons est un corps pur ? Justifiez.
  • b) Identifiez l'espèce chimique de l'échantillon 1 à l'aide de la table.
  • c) Donnez l'état physique de l'échantillon 1 à 90 C90\ \mathrm{^\circ C}, pendant le palier, et à 70 C70\ \mathrm{^\circ C}.
  • d) Un autre groupe mesure un palier à 78 C78\ \mathrm{^\circ C} pour le même produit. Calculez l'écart relatif, en pourcentage, avec la valeur de la table. Est-il compatible avec une tolérance de 5 %5\ \% ?
  • e) Pourquoi la température ne baisse-t-elle pas pendant le palier, alors que l'échantillon continue de céder de l'énergie à l'air ambiant ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) L'échantillon 1, qui présente un palier
  • b) Naphtalène
  • c) Liquide ; liquide et solide ; solide
  • d) 2,9 %2{,}9\ \% : compatible
  • e) L'énergie cédée accompagne le changement d'état, pas une baisse de température

a) L'échantillon 1. Un corps pur change d'état à température CONSTANTE, ce qui se traduit par un palier sur la courbe de refroidissement. Un mélange se solidifie sur une plage de températures, comme l'échantillon 2 entre 7474 et 62 C62\ \mathrm{^\circ C}, sans palier net.

b) Le palier est à 80 C80\ \mathrm{^\circ C} : c'est la température de solidification, égale à la température de fusion pour un corps pur. La valeur la plus proche de la table est celle du naphtalène, 80,3 C80{,}3\ \mathrm{^\circ C}. Les deux autres espèces sont éloignées de plus de 10 C10\ \mathrm{^\circ C} et sont exclues.

c) À 90 C90\ \mathrm{^\circ C}, au-dessus du palier : liquide. Pendant le palier : liquide et solide coexistent, les cristaux grossissent. À 70 C70\ \mathrm{^\circ C}, après le palier : solide. Le palier est la seule zone où deux états sont présents ensemble.

d) Écart relatif : 7880,380,3×1002,9 %\dfrac{|78-80{,}3|}{80{,}3}\times 100\approx 2{,}9\ \%. C'est inférieur à 5 %5\ \% : la mesure est compatible avec le naphtalène. L'écart vient souvent d'un thermomètre mal plongé ou d'un produit légèrement impur, une impureté abaissant toujours la température de fusion.

e) Pendant le palier, l'énergie cédée ne sert pas à refroidir la matière mais à la faire changer d'état : les entités du liquide se rangent en cristal et cette réorganisation libère de l'énergie, qui compense exactement celle perdue vers l'extérieur. Tant qu'il reste du liquide, la température ne bouge pas.

Méthode à retenir : un palier signe un corps pur, et sa température est une carte d'identité de l'espèce ; une plage de solidification signe un mélange.

Exercice 13 : Chromatographie sur couche mince et rapport frontal

On veut savoir quels colorants contient un sirop de menthe. Sur une plaque de chromatographie, on dépose : S, le sirop ; J, le colorant jaune E102 ; B, le colorant bleu E131 ; R, le colorant rouge E122.

Après élution, le front de l'éluant est à 8,0 cm8{,}0\ \mathrm{cm} de la ligne de dépôt. Le dépôt S donne deux taches, à 2,4 cm2{,}4\ \mathrm{cm} et à 6,0 cm6{,}0\ \mathrm{cm}. J donne une tache à 2,4 cm2{,}4\ \mathrm{cm}, B à 6,0 cm6{,}0\ \mathrm{cm}, R à 4,4 cm4{,}4\ \mathrm{cm}.

Le rapport frontal d'une tache vaut Rf=hHR_f=\dfrac{h}{H}, où hh est la distance parcourue par la tache et HH celle parcourue par l'éluant, toutes deux mesurées depuis la ligne de dépôt.

  • a) Calculez le rapport frontal des colorants J, B et R.
  • b) Combien d'espèces colorées le sirop contient-il ? Est-ce un corps pur ?
  • c) Quels colorants le sirop contient-il ?
  • d) Pourquoi la ligne de dépôt doit-elle se trouver AU-DESSUS du niveau de l'éluant dans la cuve ?
  • e) Sur une autre plaque, avec le même éluant, le front s'arrête à 6,5 cm6{,}5\ \mathrm{cm} et une tache inconnue est à 1,95 cm1{,}95\ \mathrm{cm}. Calculez son rapport frontal et identifiez-la.

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) 0,300{,}30 ; 0,750{,}75 ; 0,550{,}55
  • b) Au moins deux espèces : un mélange
  • c) E102 et E131
  • d) Sinon les dépôts se dissolvent dans l'éluant de la cuve
  • e) Rf=0,30R_f=0{,}30 : le colorant jaune E102

a) Rf(J)=2,48,0=0,30R_f(J)=\dfrac{2{,}4}{8{,}0}=0{,}30 ; Rf(B)=6,08,0=0,75R_f(B)=\dfrac{6{,}0}{8{,}0}=0{,}75 ; Rf(R)=4,48,0=0,55R_f(R)=\dfrac{4{,}4}{8{,}0}=0{,}55. Un rapport frontal est toujours compris entre 00 et 11 et n'a pas d'unité : un résultat supérieur à 11 signale une division à l'envers.

b) Le dépôt S se sépare en DEUX taches : le sirop contient au moins deux espèces colorées, c'est un mélange. On dit « au moins » parce que deux espèces de même rapport frontal resteraient confondues en une seule tache, et qu'une espèce incolore ne se voit pas.

c) La tache à 2,4 cm2{,}4\ \mathrm{cm} est à la même hauteur que J, celle à 6,0 cm6{,}0\ \mathrm{cm} à la même hauteur que B : le sirop contient le jaune E102 et le bleu E131, et pas le rouge E122. Le vert du sirop vient du mélange d'un jaune et d'un bleu.

d) Si les dépôts trempaient dans l'éluant, les colorants se dissoudraient dans le liquide de la cuve au lieu de monter avec lui le long de la plaque : il n'y aurait plus de taches à lire.

e) Rf=1,956,5=0,30R_f=\dfrac{1{,}95}{6{,}5}=0{,}30 : c'est le rapport frontal du colorant jaune E102. Les DISTANCES ont changé parce que l'éluant est monté moins haut, mais le rapport frontal, lui, ne dépend que de l'espèce, de l'éluant et de la plaque. C'est pour cela qu'on compare des rapports frontaux et non des hauteurs d'une plaque à l'autre.

Le point de méthode : sur une même plaque, on compare des hauteurs ; d'une plaque à l'autre, on compare des rapports frontaux.

Exercice 14 : Problème : l'échelle de teintes d'une solution de Dakin

La solution de Dakin est un antiseptique coloré en rose par du permanganate de potassium. Son étiquette annonce une concentration en masse de permanganate de 0,010 g/L0{,}010\ \mathrm{g/L}.

On dispose d'une solution mère de permanganate à C0=0,050 g/LC_0=0{,}050\ \mathrm{g/L}. On prépare une échelle de teintes : cinq solutions filles de 50,0 mL50{,}0\ \mathrm{mL}, de concentrations 0,0050{,}005 ; 0,0100{,}010 ; 0,0150{,}015 ; 0,0200{,}020 et 0,025 g/L0{,}025\ \mathrm{g/L}.

Un flacon de Dakin entamé depuis longtemps est versé dans un tube identique. Sa teinte est plus claire que celle du tube à 0,010 g/L0{,}010\ \mathrm{g/L} et plus foncée que celle du tube à 0,005 g/L0{,}005\ \mathrm{g/L}.

  • a) Quel volume de solution mère faut-il prélever pour préparer la solution fille à 0,010 g/L0{,}010\ \mathrm{g/L} ?
  • b) Calculez les volumes à prélever pour la solution la plus diluée et pour la plus concentrée de l'échelle.
  • c) Encadrez la concentration du Dakin du flacon entamé. Est-elle conforme à l'étiquette ?
  • d) Pour affiner la mesure, on veut ajouter un étalon à 0,006 g/L0{,}006\ \mathrm{g/L}, toujours dans 50,0 mL50{,}0\ \mathrm{mL}. Quel volume de mère faut-il prélever ?
  • e) Quelle masse de permanganate un flacon NEUF de 250 mL250\ \mathrm{mL} contient-il, si l'étiquette est exacte ? Exprimez-la en milligrammes.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) V0=10,0 mLV_0=10{,}0\ \mathrm{mL}
  • b) 5,0 mL5{,}0\ \mathrm{mL} et 25,0 mL25{,}0\ \mathrm{mL}
  • c) 0,005<C<0,010 g/L0{,}005<C<0{,}010\ \mathrm{g/L} : non conforme
  • d) V0=6,0 mLV_0=6{,}0\ \mathrm{mL}
  • e) 2,5 mg2{,}5\ \mathrm{mg}

a) La masse de soluté se conserve : C0V0=C1V1C_0V_0=C_1V_1, donc V0=C1V1C0=0,010×50,00,050=10,0 mLV_0=\dfrac{C_1V_1}{C_0}=\dfrac{0{,}010\times 50{,}0}{0{,}050}=10{,}0\ \mathrm{mL}. Le facteur de dilution vaut 0,0500,010=5\dfrac{0{,}050}{0{,}010}=5, et 50,05=10,0 mL\dfrac{50{,}0}{5}=10{,}0\ \mathrm{mL} confirme.

b) Pour 0,005 g/L0{,}005\ \mathrm{g/L} : V0=0,005×50,00,050=5,0 mLV_0=\dfrac{0{,}005\times 50{,}0}{0{,}050}=5{,}0\ \mathrm{mL}. Pour 0,025 g/L0{,}025\ \mathrm{g/L} : V0=0,025×50,00,050=25,0 mLV_0=\dfrac{0{,}025\times 50{,}0}{0{,}050}=25{,}0\ \mathrm{mL}. Les volumes sont proportionnels aux concentrations visées, ce qui permet de contrôler toute l'échelle d'un coup d'oeil : 55, 1010, 1515, 2020 et 25 mL25\ \mathrm{mL}.

c) La teinte est entre celles des tubes à 0,0050{,}005 et 0,010 g/L0{,}010\ \mathrm{g/L} : 0,005 g/L<C<0,010 g/L0{,}005\ \mathrm{g/L}<C<0{,}010\ \mathrm{g/L}. Elle est donc INFÉRIEURE à la valeur de l'étiquette : le produit n'est plus conforme. Le permanganate se dégrade à la lumière et au contact de l'air, ce qui explique qu'un flacon entamé perde de sa concentration.

d) V0=0,006×50,00,050=6,0 mLV_0=\dfrac{0{,}006\times 50{,}0}{0{,}050}=6{,}0\ \mathrm{mL}. En ajoutant des étalons à 0,0060{,}006 ; 0,0070{,}007 ; 0,0080{,}008 et 0,009 g/L0{,}009\ \mathrm{g/L}, on resserre l'encadrement : une échelle de teintes ne donne jamais une valeur, seulement un intervalle, dont la largeur est l'écart entre deux étalons voisins.

e) m=Cm×V=0,010×0,250=0,0025 gm=C_m\times V=0{,}010\times 0{,}250=0{,}0025\ \mathrm{g}, soit 2,5 mg2{,}5\ \mathrm{mg}. Quelques milligrammes suffisent à colorer nettement un quart de litre, ce qui explique qu'une échelle de teintes soit sensible aux très faibles concentrations.

Le fil de l'exercice : chaque étalon est une dilution de la même mère, et C0V0=C1V1C_0V_0=C_1V_1 donne tous les volumes ; la comparaison visuelle, elle, ne rend qu'un encadrement.

Exercice 15 : Problème : une médaille qui se dit en or

Une médaille de masse m=46,2 gm=46{,}2\ \mathrm{g} est vendue comme « or pur ». Pour le vérifier, on la plonge dans une éprouvette graduée contenant 20,0 mL20{,}0\ \mathrm{mL} d'eau : le niveau monte à 23,0 mL23{,}0\ \mathrm{mL}.

Masses volumiques : or 19,3 g/cm319{,}3\ \mathrm{g/cm^3} ; argent 10,5 g/cm310{,}5\ \mathrm{g/cm^3} ; cuivre 8,96 g/cm38{,}96\ \mathrm{g/cm^3}. On rappelle que 1 mL=1 cm31\ \mathrm{mL}=1\ \mathrm{cm^3}.

  • a) Déterminez le volume de la médaille.
  • b) Calculez sa masse volumique.
  • c) La médaille est-elle en or pur ?
  • d) On suppose qu'il s'agit d'un alliage d'or et d'argent. On note morm_{or} la masse d'or. Écrivez que le volume total vaut la somme des volumes d'or et d'argent, puis calculez morm_{or} au dixième de gramme et le pourcentage en masse d'or.
  • e) L'incertitude sur la lecture du volume est de 0,1 mL0{,}1\ \mathrm{mL}. Encadrez la masse volumique de la médaille. La conclusion de c) tient-elle ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) V=3,0 cm3V=3{,}0\ \mathrm{cm^3}
  • b) ρ=15,4 g/cm3\rho=15{,}4\ \mathrm{g/cm^3}
  • c) Non : l'or pur vaut 19,3 g/cm319{,}3\ \mathrm{g/cm^3}
  • d) mor32,2 gm_{or}\approx 32{,}2\ \mathrm{g}, soit 69,8 %69{,}8\ \% en masse
  • e) 14,9ρ15,9 g/cm314{,}9\le\rho\le 15{,}9\ \mathrm{g/cm^3} : la conclusion tient

a) Le volume d'eau déplacé est le volume de la médaille : V=23,020,0=3,0 mL=3,0 cm3V=23{,}0-20{,}0=3{,}0\ \mathrm{mL}=3{,}0\ \mathrm{cm^3}. Il faut que la médaille soit entièrement immergée, sinon on ne mesure qu'une partie de son volume.

b) ρ=mV=46,23,0=15,4 g/cm3\rho=\dfrac{m}{V}=\dfrac{46{,}2}{3{,}0}=15{,}4\ \mathrm{g/cm^3}.

c) Non. L'or pur a une masse volumique de 19,3 g/cm319{,}3\ \mathrm{g/cm^3}, nettement plus grande. Une médaille en or pur de même volume pèserait 19,3×3,0=57,9 g19{,}3\times 3{,}0=57{,}9\ \mathrm{g}, plus de 10 g10\ \mathrm{g} de plus. La valeur mesurée, comprise entre celle de l'argent et celle de l'or, suggère un alliage.

d) La masse d'argent vaut 46,2mor46{,}2-m_{or}. Le volume total s'écrit mor19,3+46,2mor10,5=3,0\dfrac{m_{or}}{19{,}3}+\dfrac{46{,}2-m_{or}}{10{,}5}=3{,}0. On regroupe les termes en morm_{or} : mor(119,3110,5)=3,046,210,5=1,4m_{or}\left(\dfrac{1}{19{,}3}-\dfrac{1}{10{,}5}\right)=3{,}0-\dfrac{46{,}2}{10{,}5}=-1{,}4, d'où mor=1,40,0434332,2 gm_{or}=\dfrac{-1{,}4}{-0{,}04343}\approx 32{,}2\ \mathrm{g}. Pourcentage en masse d'or : 32,246,2×10069,8 %\dfrac{32{,}2}{46{,}2}\times 100\approx 69{,}8\ \%. Contrôle : 32,2419,3+13,9610,5=1,67+1,33=3,00 cm3\dfrac{32{,}24}{19{,}3}+\dfrac{13{,}96}{10{,}5}=1{,}67+1{,}33=3{,}00\ \mathrm{cm^3} ✓. Le piège est d'additionner les masses volumiques : on additionne les MASSES et les VOLUMES, jamais les masses volumiques.

e) Le volume est compris entre 2,92{,}9 et 3,1 cm33{,}1\ \mathrm{cm^3}. La masse volumique va donc de 46,23,114,9\dfrac{46{,}2}{3{,}1}\approx 14{,}9 à 46,22,915,9 g/cm3\dfrac{46{,}2}{2{,}9}\approx 15{,}9\ \mathrm{g/cm^3}. Même la borne haute reste très loin de 19,319{,}3 : la conclusion tient. En revanche, le pourcentage d'or de la question d) est beaucoup plus sensible à cette incertitude, et il ne faut pas lui accorder plus de deux chiffres significatifs.

Méthode à retenir : la masse volumique identifie un matériau, mais une conclusion ne vaut que si l'écart avec la valeur de référence dépasse nettement l'incertitude de mesure.

Chapitre suivant L'atome et la classification périodique

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