Physique-chimie, Seconde • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : description et constitution de la matière (Seconde)
Voici une série d'exercices corrigés de physique-chimie sur la description et la constitution de la matière, au niveau de la classe de Seconde du programme français. Elle couvre les corps purs et les mélanges homogènes ou hétérogènes, les techniques de séparation, la masse volumique et la densité, la concentration en masse d'une solution, la dilution et le facteur de dilution, le dosage par étalonnage et l'échelle de teintes, la chromatographie sur couche mince avec le rapport frontal, et le palier de température d'un changement d'état.
À la fin de la série, vous savez classer un échantillon en corps pur ou en mélange et choisir une technique de séparation (exercice 1), identifier un liquide par sa masse volumique (exercices 2 et 6), calculer une concentration en masse et la masse à peser (exercice 3), préparer une dilution avec la bonne verrerie (exercices 4 et 7), lire une concentration sur une droite d'étalonnage (exercices 5 et 10) ou l'encadrer par une échelle de teintes (exercice 14), calculer un rapport frontal pour identifier les colorants d'un sirop (exercice 13) et reconnaître un corps pur à son palier de solidification (exercice 12). Les situations sont celles de la vie courante : une étiquette d'eau minérale (exercice 9), un sirop de grenadine dont on dose le sucre par sa masse volumique (exercice 10), une solution de Dakin (exercice 14), une médaille vendue comme or pur (exercice 15).
Un seul obstacle traverse tout le chapitre : certaines grandeurs dépendent de la quantité de matière que l'on prend, d'autres non. La masse et le volume changent quand on prélève un échantillon plus grand ; la masse volumique, la densité et la concentration, elles, ne bougent pas. C'est ce qui permet d'identifier un liquide sans savoir combien on en a.
L'exercice 4 sur la dilution est celui qui décide de la note en contrôle : diluer ne retire pas un gramme de soluté du bécher, cela ne fait qu'ajouter du solvant autour. Toute la méthode tient dans cette phrase. Les corrigés traitent aussi les autres pièges classiques : le volume de solution confondu avec le volume d'eau versé (exercices 3 et 8), la densité écrite avec une unité (exercice 8), la droite d'étalonnage prolongée au-delà du dernier étalon (exercices 5 et 8), et le pourcentage en volume de l'air pris pour un pourcentage en masse (exercice 11). L'absorbance de l'exercice 5 est au programme de Première spécialité, et la densité ne figure pas au programme de Seconde : les deux sont nommées là où elles servent.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Corps pur : une seule espèce chimique. Mélange : plusieurs. Homogène si on ne distingue pas les constituants à l'œil, hétérogène sinon.
•Masse volumique : ρ=Vm, en g/mL ou en kg/m3. Retenir que 1g/mL=1000kg/m3.
•Densité d'un liquide ou d'un solide : d=ρeauρ avec ρeau=1,00g/mL. La densité n'a pas d'unité. Un solide insoluble ou un liquide non miscible à l'eau y flotte si sa densité est inférieure à 1. La densité ne figure pas au programme de Seconde : on la rencontre dans les données et sur les étiquettes, d'où ce rappel.
•Concentration en masse : Cm=Vsolutionmsoluteˊ, en g/L. Le volume est celui de la SOLUTION finale, pas celui du solvant ajouté.
•Dilution : la masse de soluté se conserve, donc Cm,1×V1=Cm,2×V2. Facteur de dilution F=Cm,2Cm,1=V1V2.
•Dosage par étalonnage : on trace une grandeur mesurable, comme la masse volumique, en fonction de la concentration sur des solutions connues, puis on lit la concentration inconnue sur la droite obtenue. Une échelle de teintes, elle, donne un encadrement.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Corps purs, mélanges et séparations
Une espèce chimique est un ensemble d'entités identiques. Un corps pur n'en contient qu'une seule, un mélange en contient plusieurs.
On dispose de : eau distillée, eau minérale, eau boueuse, air, jus d'orange avec pulpe, cuivre métallique, sirop de menthe dilué. Le schéma ci-dessous représente le test au sulfate de cuivre anhydre sur les deux liquides.
a) Classez ces sept échantillons en corps purs, mélanges homogènes et mélanges hétérogènes.
b) Quelle technique sépare l'eau boueuse de ses particules solides ? Citez-en deux et indiquez celle qui laisse la phase liquide la plus claire.
c) L'eau minérale est limpide. Pourtant ce n'est pas un corps pur. Comment le prouver expérimentalement, sans matériel d'analyse sophistiqué ?
d) Le test au sulfate de cuivre anhydre est positif sur l'eau minérale ET sur le jus d'orange. Que prouve-t-il exactement, et que ne prouve-t-il pas ?
e) On chauffe doucement un mélange d'eau et d'éthanol. L'éthanol bout à 78∘C et l'eau à 100∘C. Nommez la technique et dites ce qui sort en premier.
b)Décantation ou filtration ; la filtration donne le liquide le plus clair
c)Évaporation à sec : un résidu de sels reste dans la coupelle
d)Il prouve la présence d'eau, pas que l'échantillon est de l'eau pure
e)Distillation ; l'éthanol sort en premier
a)
Corps purs : eau distillée et cuivre métallique. Mélanges homogènes : eau minérale, air, sirop de menthe dilué. Mélanges hétérogènes : eau boueuse et jus d'orange avec pulpe. Le critère est visuel à l'échelle macroscopique : si on distingue au moins deux phases, même à la loupe, le mélange est hétérogène. L'air est un piège classique, il est bien un mélange, principalement de diazote et de dioxygène, mais homogène.
b)
La décantation, qui consiste à laisser reposer pour que les particules tombent au fond, puis à verser le liquide surnageant. Ou la filtration, où le mélange traverse un papier filtre qui retient les particules solides. La filtration donne le liquide le plus clair, car la décantation laisse toujours en suspension les particules les plus fines qui n'ont pas eu le temps de tomber. En pratique on enchaîne les deux : décanter d'abord évite de colmater le filtre.
c)
Il suffit d'évaporer à sec un volume d'eau minérale dans une coupelle. Un résidu blanc reste au fond : ce sont les sels minéraux dissous. Avec de l'eau distillée, la coupelle reste propre. Une eau limpide peut donc contenir beaucoup de matière dissoute, l'œil ne sert à rien pour trancher.
d)
Il prouve seulement la présence d'EAU dans l'échantillon, puisque le sulfate de cuivre anhydre, blanc, bleuit au contact de l'eau. Il ne prouve pas que l'échantillon est de l'eau pure : le jus d'orange contient de l'eau au milieu de dizaines d'autres espèces et le test est tout aussi positif. Un test d'identification répond à la question « y a-t-il cette espèce ? », jamais à la question « n'y a-t-il que cette espèce ? ».
e)
La distillation. L'éthanol, dont la température d'ébullition est la plus basse, passe en premier à l'état gazeux, monte dans la colonne, se liquéfie dans le réfrigérant et tombe dans le ballon de recueil. On surveille le thermomètre : tant qu'il stagne vers 78∘C, c'est un liquide très riche en éthanol qui distille.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Masse volumique, densité et couches de liquides
La masse volumique d'un échantillon vaut ρ=Vm. On prendra ρeau=1,00g/mL.
Un flacon vide a une masse de 45,2g. Rempli de 50,0mL d'un liquide inconnu, sa masse vaut 84,7g.
La figure montre un tube dans lequel on a versé très doucement, sans remuer, de l'huile (ρ=0,92g/mL), de l'eau salée (ρ=1,10g/mL) et de l'eau pure. L'huile n'est pas miscible à l'eau. L'eau salée et l'eau pure, elles, sont miscibles : elles restent superposées un moment, et se mélangeraient si l'on remuait.
a) Calculez la masse volumique du liquide inconnu, en g/mL puis en kg/m3.
b) Déduisez-en sa densité. Peut-on affirmer que ce liquide flotte sur l'eau ?
c) Quel volume de ce liquide faut-il pour obtenir une masse de 2,00kg ?
d) Attribuez chaque liquide de la figure à sa couche, en justifiant.
e) On ajoute dans le tube un petit cube de plastique de masse 8,1g et de volume 8,0cm3. Où s'immobilise-t-il ?
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Réponses
a)ρ=0,790g/mL=790kg/m3
b)d=0,790<1 : moins dense que l'eau, mais il ne flotte que s'il n'est pas miscible à l'eau
c)V≈2532mL, environ 2,5L
d)Haut : huile ; milieu : eau pure ; fond : eau salée
e)ρ=1,01g/mL : à l'interface eau pure / eau salée
a)
La masse du liquide seul vaut m=84,7−45,2=39,5g. Donc ρ=50,039,5=0,790g/mL. Pour la conversion, retenir le facteur 1g/mL=1000kg/m3 : ρ=790kg/m3. Oublier de retrancher la masse du flacon donne 1,69g/mL, une valeur qui devrait alerter : le liquide serait plus dense que la plupart des solvants usuels, très au-dessus de l'eau.
b)
d=1,000,790=0,790, sans unité. Comme d<1, le liquide est moins dense que l'eau, mais cela ne suffit pas pour affirmer qu'il flotte : il faut aussi qu'il ne soit pas miscible à l'eau. Justement, cette valeur est celle de l'éthanol, qui se mélange à l'eau en toutes proportions, sans former de couche (voir l'exercice 6).
c)
On isole le volume dans ρ=Vm : V=ρm=0,7902000=2532mL, soit environ 2,5L. Attention à convertir les kilogrammes en grammes AVANT de diviser, sinon on trouve un volume mille fois trop petit. Vérification de bon sens : le liquide étant moins dense que l'eau, il en faut plus de deux litres pour faire deux kilogrammes, ce qui est bien le cas.
d)
Le liquide le moins dense flotte au-dessus. Couche 1 : l'huile, 0,92g/mL. Couche 2 : l'eau pure, 1,00g/mL. Couche 3, au fond : l'eau salée, 1,10g/mL. Le classement des couches est exactement le classement des masses volumiques, du plus petit en haut au plus grand en bas.
e)
Sa masse volumique vaut ρ=8,08,1=1,01g/mL. Elle est supérieure à celle de l'eau pure (1,00) mais inférieure à celle de l'eau salée (1,10). Le cube traverse donc l'huile et l'eau pure, puis s'arrête à la surface de l'eau salée : il flotte à l'interface entre la couche 2 et la couche 3. C'est le principe des tests de tri des plastiques par flottation.
Exercice 3 : Solution, soluté et concentration en masse
Une solution est un mélange homogène obtenu en dissolvant un soluté dans un solvant. Sa concentration en masse vaut Cm=Vsolutionmsoluteˊ. Le schéma ci-dessous représente la préparation de la première solution.
a) On dissout 12,0g de chlorure de sodium dans de l'eau, et on complète jusqu'à 250,0mL de solution. Calculez Cm en g/L.
b) Quelle masse de sel contient un prélèvement de 20,0mL de cette solution ?
c) Un élève écrit : « j'ai versé 12,0g de sel dans 250,0mL d'eau ». Pourquoi son protocole n'est-il pas équivalent à celui de la question a) ?
d) On veut préparer 500,0mL d'une solution de sulfate de cuivre à 8,0g/L. Quelle masse faut-il peser ?
e) La concentration maximale du chlorure de sodium, sa solubilité, vaut environ 320g par litre de solution à 20∘C. Que se passe-t-il si l'on tente de préparer 250,0mL de solution avec 100,0g de sel ?
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Réponses
a)Cm=48,0g/L
b)m=0,960g
c)Le volume final dépasse 250,0 mL : concentration un peu plus faible
d)m=4,0g
e)80,0g dissous, 20,0g restent au fond : solution saturée
a)
Le volume doit être en litres : V=250,0mL=0,2500L. Donc Cm=0,250012,0=48,0g/L. Lire ce résultat à voix haute aide : un litre de cette solution contiendrait 48,0g de sel, et comme on n'en a qu'un quart de litre, on retrouve bien les 12,0g pesés.
b)
La concentration est la même partout dans une solution homogène, c'est justement ce qui définit l'homogénéité. Donc m=Cm×V=48,0×0,0200=0,960g. Prélever un vingtième du volume prélève un vingtième du soluté, pas davantage.
c)
Parce que le volume qui figure dans la définition est celui de la SOLUTION finale, pas celui du solvant de départ. En dissolvant le sel dans 250,0mL d'eau, on obtient un volume final légèrement supérieur, donc une concentration légèrement inférieure à 48,0g/L. C'est exactement pour cela que l'on utilise une fiole jaugée : on ajoute le solvant JUSQU'AU trait, on ne part pas du trait.
d)
m=Cm×V=8,0×0,5000=4,0g. Le protocole associé : peser 4,0g sur une balance, transvaser dans une fiole jaugée de 500,0mL à l'aide d'un entonnoir, rincer la coupelle de pesée au-dessus de la fiole pour ne rien perdre, remplir aux deux tiers, agiter jusqu'à dissolution complète, puis compléter jusqu'au trait de jauge et homogénéiser.
e)
Une solution saturée contient au plus 320g de sel par litre de solution, donc 250,0mL de solution en contiennent au plus 320×0,2500=80,0g. Avec 100,0g, on dépasse : 80,0g se dissolvent et 20,0g restent au fond sous forme de dépôt solide. La solution est dite saturée, et sa concentration plafonne : ajouter encore du sel ne la fait plus monter. On lit souvent 360g par litre d'EAU : c'est la même solution saturée, mais un litre d'eau et un litre de solution ne sont pas le même litre.
Exercice 4 : Dilution et facteur de dilution
Diluer une solution, c'est lui ajouter du solvant. La masse de soluté prélevée ne change pas au cours de l'opération : elle se retrouve entièrement dans la solution fille.
On dispose d'une solution mère de sirop de menthe de concentration C1=120g/L. Le schéma ci-dessous représente la première dilution, les volumes à l'échelle.
a) On prélève 10,0mL de solution mère et on complète à 100,0mL. Calculez la concentration C2 de la solution fille.
b) Quel est le facteur de dilution ? Retrouvez C2 par ce facteur seul.
c) On veut préparer 250,0mL d'une solution à 6,0g/L à partir de la solution mère. Quel volume faut-il prélever ?
d) Nommez la verrerie utilisée pour le prélèvement et pour la solution fille de la question c), et dites pourquoi une éprouvette graduée ne convient pas.
e) Un élève affirme : « en diluant, j'ai perdu du sirop, donc la masse de soluté a diminué ». Corrigez, en calculant la masse de soluté avant et après pour la question a).
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Réponses
a)C2=12,0g/L
b)F=10
c)V1=12,5mL
d)Burette ou pipette graduée, fiole jaugée de 250,0 mL ; l'éprouvette est trop imprécise
e)1,20g avant et après : c'est la concentration qui baisse
a)
La masse de soluté se conserve, donc C1V1=C2V2, d'où C2=V2C1V1=100,0120×10,0=12,0g/L. Les volumes peuvent rester en millilitres des deux côtés puisqu'ils se simplifient, mais ils doivent être dans la MÊME unité.
b)
F=V1V2=10,0100,0=10. La solution a été diluée dix fois, donc sa concentration est dix fois plus petite : C2=10120=12,0g/L, ce qui confirme la question a). Le facteur de dilution est un rapport de volumes ET un rapport de concentrations, dans le sens inverse.
c)
On veut F=C2C1=6,0120=20, donc V1=FV2=20250,0=12,5mL. Vérification directe : 6,0×0,2500=1,5g de sirop dans la fille, et 1,5g dans 1201,5=0,0125L de mère, soit bien 12,5mL.
d)
Une pipette jaugée de 12,5mL n'existe pas dans le commerce : on prélève à la burette graduée, ou à la pipette graduée de 25mL. La solution fille se prépare dans une fiole jaugée de 250,0mL. L'éprouvette graduée ne convient pas parce que sa précision est de l'ordre du millilitre, contre quelques centièmes à un dixième de millilitre pour la verrerie jaugée et la burette : sur un prélèvement de 12,5mL, l'erreur commise se répercuterait directement sur la concentration finale.
e)
Il confond concentration et masse. Avant : dans les 10,0mL prélevés, m=120×0,0100=1,20g de sirop. Après : dans les 100,0mL de solution fille, m=12,0×0,1000=1,20g. C'est la même masse. Ce qui a changé, c'est le volume dans lequel ces 1,20g sont répartis, donc la concentration. Ajouter de l'eau n'a jamais fait disparaître une molécule de sirop.
Exercice 5 : Dosage par étalonnage
Pour mesurer la concentration d'une solution colorée, on peut mesurer son absorbance A au spectrophotomètre. Au-delà du programme de Seconde : l'absorbance est au programme de Première spécialité ; en Seconde, la gamme d'étalonnage est une échelle de teintes ou une mesure de masse volumique (exercices 10 et 14). On prépare d'abord des solutions étalons de concentration connue et on trace A en fonction de Cm.
Mesures obtenues sur une solution de sulfate de cuivre : Cm=0 donne A=0 ; 2,0g/L donne 0,21 ; 4,0g/L donne 0,42 ; 6,0g/L donne 0,63 ; 8,0g/L donne 0,84.
a) Les points sont-ils alignés et la droite passe-t-elle par l'origine ? Que peut-on en conclure sur la relation entre A et Cm ?
b) Déterminez le coefficient directeur k de la droite d'étalonnage, avec son unité.
c) Une solution de concentration inconnue donne A=0,52. Déterminez sa concentration par le calcul, puis vérifiez par lecture graphique.
d) Une deuxième solution inconnue donne A=1,45. Pourquoi ne peut-on pas conclure ? Que faut-il faire avant de mesurer à nouveau ?
e) Pourquoi fait-on d'abord une mesure sur de l'eau distillée seule avant la série de mesures ?
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Réponses
a)Points alignés sur une droite passant par l'origine : A proportionnelle à Cm
b)k=0,105L/g
c)Cm≈4,95g/L
d)Hors du domaine des étalons : diluer d'un facteur connu puis remesurer
e)Faire le blanc : zéro réglé avec le solvant seul
a)
Oui : les cinq points sont alignés et la droite passe par l'origine, ce qu'on vérifie en calculant les rapports CmA, tous égaux à 0,105. La grandeur A est donc PROPORTIONNELLE à Cm. C'est cette propriété qui rend le dosage possible : sans proportionnalité, une seule mesure ne suffirait pas à remonter à la concentration.
b)
k=ΔCmΔA=8,0−00,84−0=0,105L/g. On prend deux points ÉLOIGNÉS de la droite tracée, pas deux points voisins : l'incertitude de lecture est alors divisée par un écart plus grand. L'unité est l'inverse de celle de l'axe des abscisses, puisque l'absorbance n'a pas d'unité.
c)
A=kCm donne Cm=kA=0,1050,52=4,95g/L, soit environ 5,0g/L. Graphiquement : on part de 0,52 sur l'axe vertical, on rejoint la droite horizontalement, puis on descend sur l'axe horizontal. On tombe entre les étalons à 4,0 et 6,0g/L, un peu en dessous du milieu, ce qui est cohérent.
d)
Parce que A=1,45 sort de la zone couverte par les étalons, qui s'arrêtent à 0,84. Extrapoler la droite au-delà du domaine mesuré est un pari : rien ne garantit que la proportionnalité tienne encore, et en pratique elle cesse de tenir aux fortes concentrations. Il faut diluer la solution inconnue d'un facteur connu, par exemple 5, mesurer l'absorbance de la solution diluée, lire la concentration sur la droite, puis multiplier par 5 pour remonter à celle de départ.
e)
Pour faire le « blanc » : on règle le spectrophotomètre sur zéro avec le solvant seul, dans la même cuve. Ainsi la mesure ne compte que ce qui est absorbé par le soluté, et non ce qu'absorbent la cuve et le solvant. Sans cette étape, toutes les mesures seraient décalées vers le haut de la même quantité et la droite ne passerait plus par l'origine.
Partie B : Problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Identifier un liquide par sa masse volumique
Un flacon non étiqueté est retrouvé au laboratoire. On mesure V=25,0mL à la pipette jaugée, et la balance affiche m=19,8g.
Table des masses volumiques, en g/mL : cyclohexane 0,779 ; éthanol 0,789 ; acétone 0,791 ; eau 1,000 ; dichlorométhane 1,33. Le schéma ci-dessous représente les deux mesures.
a) Calculez la masse volumique du liquide inconnu.
b) Trois candidats de la table sont compatibles à moins de 2% près. Lesquels ? Le calcul de masse volumique suffit-il à conclure ?
c) La balance est précise à 0,1g près et la pipette à 0,03mL près. Estimez l'écart de masse volumique que produit à elle seule l'incertitude sur la masse.
d) Proposez UNE mesure supplémentaire simple qui départage les candidats restants, sachant que les températures d'ébullition valent 81∘C pour le cyclohexane, 78∘C pour l'éthanol et 56∘C pour l'acétone.
e) On verse quelques millilitres du liquide inconnu dans un tube contenant de l'eau, et le mélange reste limpide en une seule phase. Que peut-on en déduire ?
Voir la correction
Réponses
a)ρ=0,792g/mL
b)Cyclohexane, éthanol, acétone : la masse volumique ne suffit pas
c)Environ 0,004g/mL
d)Mesurer la température d'ébullition
e)Miscible à l'eau : le cyclohexane est éliminé
a)
ρ=Vm=25,019,8=0,792g/mL.
b)
Un écart de 2% autour de 0,792 couvre l'intervalle allant de 0,776 à 0,808. Le cyclohexane (0,779), l'éthanol (0,789) et l'acétone (0,791) y sont tous les trois ; l'eau et le dichlorométhane sont exclus sans discussion. Le calcul de masse volumique ne suffit donc pas : il élimine, il ne désigne pas. C'est exactement le rôle d'une caractéristique physique dans une identification, réduire la liste des possibles avant de trancher par un autre critère.
c)
Si la masse vaut 19,8±0,1g, alors la masse volumique va de 25,019,7=0,788 à 25,019,9=0,796g/mL. L'incertitude sur ρ est donc d'environ 0,004g/mL, ce qui est du même ordre que l'écart entre l'éthanol et l'acétone : 0,002. Voilà pourquoi ces deux-là sont indiscernables avec ce matériel : le troisième chiffre après la virgule est déjà incertain, et l'on écrit ρ=0,792±0,004g/mL.
d)
Mesurer la température d'ébullition. Un liquide non identifié se traite comme dangereux : on ne le chauffe qu'après avoir évalué les risques avec le professeur. Les trois candidats étant volatils et inflammables, on le chauffe doucement au bain-marie ou au chauffe-tube, sans flamme et sous hotte, dans un tube muni d'un thermomètre ; la température se stabilise pendant tout le changement d'état, et ce palier identifie l'espèce. Elle écarte nettement l'acétone, à 56∘C : un écart de plus de 20∘C est mesurable sans difficulté, contrairement à un écart de 0,002g/mL. En revanche, elle sépare mal l'éthanol et le cyclohexane, à 3∘C l'un de l'autre : c'est la miscibilité de la question e) qui les départage.
e)
Le liquide est MISCIBLE à l'eau, donc il n'y a pas d'interface. Le cyclohexane, lui, est un solvant qui ne se mélange pas à l'eau et donnerait deux phases nettement visibles. Cette seule observation élimine le cyclohexane. Combinée à la mesure d'ébullition de la question d), elle permet de conclure : si le palier est vers 78∘C, c'est de l'éthanol.
Exercice 7 : Protocole complet : préparer une solution de glucose
Un laboratoire doit préparer 200,0mL d'une solution de glucose à 18,0g/L, puis en tirer 100,0mL d'une solution à 3,6g/L.
Verrerie disponible : fioles jaugées de 50,0, 100,0, 200,0 et 500,0mL ; pipettes jaugées de 5,0, 10,0, 20,0 et 25,0mL ; éprouvettes graduées ; béchers. La figure, qui n'est pas à l'échelle, représente la verrerie disponible.
a) Calculez la masse de glucose à peser pour la solution mère, puis rédigez le protocole de dissolution en cinq étapes numérotées.
b) Calculez le facteur de dilution nécessaire, puis le volume à prélever. La verrerie disponible convient-elle ?
c) Un élève prélève correctement, mais verse les 20,0mL prélevés dans un bécher et y ajoute 100,0mL d'eau mesurés à l'éprouvette, au lieu de compléter une fiole jaugée jusqu'au trait. La concentration obtenue est-elle trop grande ou trop petite ? Justifiez sans calcul.
d) Un autre élève oublie de rincer la coupelle de pesée au-dessus de la fiole. Même question.
e) On souhaite finalement 100,0mL à 2,0g/L. Montrez qu'aucune pipette jaugée de la liste ne convient pour un prélèvement direct dans la mère, que deux dilutions successives avec la verrerie de la liste ne donnent pas non plus le bon facteur, puis calculez la masse de glucose à peser pour préparer plutôt 200,0mL d'une solution mère à 20,0g/L, qu'on diluera dix fois.
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Réponses
a)m=3,60g, dissolution en fiole jaugée de 200,0mL
b)F=5,0, V1=20,0mL : verrerie disponible
c)Trop petite
d)Trop petite
e)11,1mL impossible, aucun couple de dilutions ne donne 9 : mère à 20,0g/L (4,00g), puis dilution par 10
a)
m=Cm×V=18,0×0,2000=3,60g. Protocole : 1. peser 3,60g de glucose dans une coupelle sur une balance tarée ; 2. transvaser dans la fiole jaugée de 200,0mL à l'aide d'un entonnoir ; 3. rincer la coupelle et l'entonnoir à l'eau distillée AU-DESSUS de la fiole ; 4. remplir aux deux tiers, boucher et agiter jusqu'à dissolution complète ; 5. compléter jusqu'au trait de jauge, boucher et retourner plusieurs fois pour homogénéiser.
b)
F=3,618,0=5,0, donc V1=5,0100,0=20,0mL. La pipette jaugée de 20,0mL et la fiole jaugée de 100,0mL figurent toutes deux dans la liste : le protocole est réalisable avec la précision maximale.
c)
Trop petite. La masse de soluté est fixée par le prélèvement de 20,0mL : elle ne dépend pas de ce qui suit. En revanche, ajouter 100,0mL d’eau aux 20,0mL déjà présents donne un volume final de l’ordre de 120mL, au lieu des 100,0mL voulus. Dans Cm=Vm, le numérateur ne bouge pas et le dénominateur augmente : la concentration obtenue vaut environ 120100,0×3,6=3,0g/L, donc trop petite. La méthode générale tient en une question : laquelle des deux grandeurs de Cm=Vm l’erreur touche-t-elle, et dans quel sens ?
d)
Trop petite également, mais pour une raison différente : une partie du glucose pesé reste collée dans la coupelle et n'entre jamais dans la fiole. La masse réellement dissoute est inférieure à 3,60g alors que le volume, lui, est exact au trait de jauge. Le numérateur baisse, le dénominateur ne bouge pas, la concentration baisse. Retenir la méthode générale : identifier laquelle des deux grandeurs de Cm=Vm l'erreur affecte, et dans quel sens.
e)
Il faudrait F=2,018,0=9,0, donc un prélèvement de V1=9,0100,0=11,1mL : aucune pipette jaugée de la liste ne délivre ce volume, et une pipette graduée ferait perdre la précision recherchée. Deux dilutions successives ne sauvent rien non plus : il faudrait écrire 9 comme un produit de deux facteurs réalisables avec les couples pipette-fiole disponibles, or la dilution finale, qui aboutit dans la fiole de 100,0mL, a un facteur de 4, 5, 10 ou 20, et la première un facteur de 2 ; 2,5 ; 4 ; 5 ; 8 ; 10 ; 20 ; 25 ; 40 ; 50 ou 100 : aucun produit d'un facteur de chaque liste ne fait 9. La contrainte se lève en amont : on prépare une solution mère à 20,0g/L au lieu de 18,0, en pesant 4,00g de glucose dans la fiole de 200,0mL. Une seule dilution par 10, soit 10,0mL prélevés à la pipette jaugée et complétés à 100,0mL, donne alors exactement 2,0g/L. On pourrait aussi peser directement 2,0×0,1000=0,200g de glucose et les dissoudre dans la fiole de 100,0mL. Retenir la leçon : quand la verrerie bloque, on change la concentration de départ, pas la précision du protocole.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, dites où est l'erreur et donnez l'énoncé correct.
a) « Une eau limpide et incolore est de l'eau pure. »
b) « La densité de l'huile est 0,92g/mL. »
c) « Si je dilue une solution dix fois, il y a dix fois moins de soluté dans le bécher. »
d) « Pour préparer 100mL de solution à 5g/L, je verse 5g de soluté dans 100mL d'eau. »
e) « L'absorbance mesurée vaut 1,45, je lis la concentration sur la droite d'étalonnage prolongée. »
Voir la correction
Réponses
a)Limpide et incolore n'exclut pas des espèces dissoutes
b)La densité vaut 0,92, sans unité
c)Même masse de soluté, concentration dix fois plus petite
d)0,5g en fiole jaugée de 100,0mL, complétée au trait
e)Diluer d'un facteur connu, lire, puis multiplier par ce facteur
a)
Faux : limpide signifie seulement qu'aucune particule n'est en suspension, et incolore qu'aucune espèce ne colore le mélange. L'eau minérale est limpide, incolore, et contient pourtant plusieurs centaines de milligrammes de sels dissous par litre. Correct : « une eau limpide et incolore peut être un mélange homogène ; seule une évaporation à sec, ou une mesure de conductivité, permet de conclure ».
b)
Faux : la densité est un RAPPORT de deux masses volumiques, elle n'a pas d'unité. Correct : « la masse volumique de l'huile vaut 0,92g/mL, donc sa densité vaut 0,92 ». La confusion est sans gravité numérique tant qu'on travaille en grammes par millilitre, puisque les deux nombres coïncident, mais elle devient une erreur franche dès qu'on passe en kg/m3 : la masse volumique vaut alors 920, et la densité toujours 0,92.
c)
Faux : diluer, c'est ajouter du SOLVANT, jamais retirer du soluté. La masse de soluté présente dans la solution fille est exactement celle qui a été prélevée dans la mère. Correct : « si je dilue dix fois, la même masse de soluté est répartie dans un volume dix fois plus grand, donc la CONCENTRATION est dix fois plus petite ».
d)
Faux : le volume qui intervient dans Cm=Vm est celui de la solution finale. En versant le soluté dans 100mL d'eau, on obtient un peu plus de 100mL de solution, donc une concentration un peu inférieure à 5g/L. Correct : « je verse 0,5g dans une fiole jaugée de 100,0mL et je complète jusqu'au trait ». Noter au passage la deuxième erreur : 5g/L dans 0,100L font 0,5g, pas 5g.
e)
Faux : une droite d'étalonnage n'est valable que dans le domaine où elle a été établie. Au-delà de la dernière mesure, rien ne garantit que la proportionnalité tienne, et l'absorbance sature en pratique. Correct : « je dilue l'échantillon d'un facteur connu jusqu'à ramener son absorbance dans le domaine des étalons, je lis la concentration de la solution diluée, puis je multiplie par le facteur de dilution ».
Exercice 9 : Lire une étiquette d'eau minérale
L'étiquette d'une eau minérale indique, par litre : calcium 486mg, magnésium 84mg, sodium 9,1mg, sulfates 1187mg, hydrogénocarbonates 403mg.
Le diagramme compare ces concentrations, en milligrammes par litre.
a) Exprimez la concentration en masse des sulfates en g/L, puis calculez la masse de sulfates apportée par une bouteille de 1,5L.
b) Calculez la somme des concentrations en masse des cinq ions indiqués, en g/L. L'eau reste-t-elle limpide pour autant ?
c) On retient pour un adulte une valeur de référence de 900mg de calcium par jour ; les besoins réels varient avec l'âge et le sexe. Quel volume de cette eau apporterait la totalité de ce besoin ? Le résultat est-il réaliste ?
d) Une personne qui suit un régime pauvre en sodium limite son apport à 2000mg par jour, le maximum que l'Organisation mondiale de la santé recommande à un adulte. Cette eau est-elle compatible avec deux litres bus par jour ?
e) On évapore à sec 250,0mL de cette eau. Quelle masse de résidu attend-on ? Pourquoi l'expérience donne-t-elle en pratique un peu moins ?
Voir la correction
Réponses
a)1,187g/L ; 1,78g par bouteille
b)2,17g/L ; l'eau reste limpide
c)V≈1,85L
d)18,2mg : compatible
e)Environ 0,54g ; un peu moins car les hydrogénocarbonates libèrent du CO2
a)
1187mg/L=1,187g/L, en divisant par 1000. Pour 1,5L : m=1,187×1,5=1,78g. Presque deux grammes de sulfates dans une bouteille : c'est une eau fortement minéralisée, ce que le diagramme montre d'un coup d'œil puisque la barre des sulfates domine toutes les autres.
b)
On additionne : 486+84+9,1+1187+403=2169,1mg/L, soit 2,17g/L. C'est le total des ions indiqués sur l'étiquette, pas forcément de tout ce que l'eau contient. L'eau reste parfaitement limpide, car tous ces sels sont DISSOUS : ils sont dispersés à l'échelle des entités et ne diffusent pas la lumière. La limpidité ne renseigne jamais sur la quantité de matière dissoute, seulement sur l'absence de particules en suspension.
c)
V=Cmm=486900=1,85L. C'est réaliste en volume, un adulte boit couramment près de deux litres par jour, mais irréaliste en pratique nutritionnelle : cela supposerait de ne boire que cette eau-là, et d'ingérer du même coup 2,2g de sulfates, ce qui a un effet laxatif connu. Une eau très calcique est un complément, pas un apport unique.
d)
Deux litres apportent 9,1×2=18,2mg de sodium, soit environ 1% de la limite de 2000mg. Cette eau est donc compatible avec ce régime, ce qui peut surprendre puisqu'elle est par ailleurs très minéralisée. La leçon : « minéralisée » n'est pas un synonyme de « salée », il faut regarder QUEL ion est concerné.
e)
m=Cm,total×V=2,1691×0,2500=0,542g, soit environ 0,54g. En pratique on récupère un peu moins, parce qu'une partie des hydrogénocarbonates se décompose au chauffage en libérant du dioxyde de carbone gazeux, qui s'échappe. Toute la masse dissoute ne se retrouve donc pas dans le résidu solide.
Exercice 10 : Doser le sucre d'un sirop par sa masse volumique
On veut vérifier l'indication « 650g de sucre par litre » portée sur une bouteille de sirop de grenadine. Le sucre est incolore : la couleur du sirop vient de son colorant et ne dit rien de sa teneur en sucre. On compare donc des MASSES VOLUMIQUES, puisqu'une solution est d'autant plus dense qu'elle contient plus de sucre.
On prépare des solutions étalons de sucre et on mesure leur masse volumique à 20∘C : Cm=0 donne ρ=0,998g/mL ; 100g/L donne 1,036 ; 200g/L donne 1,074 ; 300g/L donne 1,112 ; 400g/L donne 1,150. La figure trace ces mesures.
Le sirop pur a une masse volumique de 1,24g/mL. On le dilue deux fois : 50,0mL de sirop, complétés à 100,0mL en fiole jaugée. Un volume de 25,0mL de cette solution diluée a une masse de 28,05g.
a) La masse volumique est-elle proportionnelle à Cm ? Que représente la valeur de ρ pour Cm=0 ?
b) Déterminez de combien ρ augmente quand Cm augmente de 100g/L.
c) Pourquoi ne peut-on pas lire directement la concentration du sirop pur sur cette droite ?
d) Calculez la masse volumique de la solution diluée, puis déterminez sa concentration en sucre, par le calcul et par lecture graphique. Déduisez-en la concentration en sucre du sirop pur. L'indication de l'étiquette est-elle vérifiée, si l'on accepte un écart relatif de 2% ?
e) Une bouteille contient 0,75L de ce sirop. Calculez la masse de sirop et la masse de sucre qu'elle contient, si l'étiquette est exacte, puis la part du sucre dans la masse du sirop. Pourquoi le sirop est-il plus dense que l'eau ?
Voir la correction
Réponses
a)Non, la droite ne passe pas par l'origine ; pour Cm=0, c'est la masse volumique de l'eau pure
b)0,038g/mL par tranche de 100g/L
c)1,24g/mL dépasse le dernier étalon, 1,150g/mL : on dilue
e)930g de sirop, 487,5g de sucre, environ 52% ; dans un litre, le sucre apporte plus de masse que l'eau qu'il remplace
a)
Non. Les points sont alignés, mais la droite ne passe pas par l'origine : doubler Cm ne double pas ρ. Pour Cm=0, il n'y a pas de sucre : ρ=0,998g/mL est la masse volumique de l'eau pure. Une droite d'étalonnage n'a pas besoin d'être une proportionnalité pour servir, il suffit qu'à chaque masse volumique corresponde une seule concentration.
b)
On prend deux points éloignés : 400−01,150−0,998×100=0,038g/mL. Chaque tranche de 100g/L de sucre ajoute 0,038g/mL à la masse volumique, d'où la relation ρ=0,998+0,038×100Cm, avec Cm en g/L.
c)
Parce que 1,24g/mL dépasse le dernier étalon, 1,150g/mL. Prolonger la droite au-delà des mesures est un pari : on dilue d'abord le sirop d'un facteur connu pour revenir dans la gamme.
d)
Masse volumique de la solution diluée : ρ=25,028,05=1,122g/mL, bien dans la gamme.
Par le calcul : Cm=0,0381,122−0,998×100≈326g/L. Par lecture graphique : on part de 1,122 sur l'axe vertical, on rejoint la droite, on descend sur l'axe horizontal et on lit environ 325g/L.
Le sirop a été dilué deux fois, donc on MULTIPLIE par 2 : Csirop≈2×326≈653g/L.
Écart relatif à l'étiquette : 650∣653−650∣×100≈0,5%, inférieur à 2% : l'indication est vérifiée.
Piège : rendre 326g/L comme réponse. C'est la concentration de la solution qu'on a fabriquée pour mesurer, pas celle du sirop acheté.
e)
Masse de sirop : m=ρV=1,24×750=930g. Masse de sucre, si l'étiquette dit vrai : 650×0,75=487,5g, soit environ 488g.
Part du sucre : 930487,5≈0,52, soit environ 52% de la masse du sirop.
Pour expliquer la masse volumique, on regarde ce que contient un litre, dans le modèle simple d'un sirop fait d'eau et de sucre. Un litre de sirop a une masse de 1240g : 650g de sucre et 590g d'eau. Un litre d'eau pure contient environ 1000g d'eau. Le sirop contient donc environ 410g d'eau de moins, mais 650g de sucre : dans un même litre, le sucre apporte plus de masse que l'eau qu'il remplace.
La masse volumique et la concentration en masse sont ici toutes les deux en grammes par unité de volume, mais ce ne sont pas les mêmes grandeurs : 1240g de sirop par litre, dont 650g de sucre.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Composition de l'air en volume et en masse
L'air sec est un mélange homogène qui contient, EN VOLUME, environ 78% de diazote, 21% de dioxygène et 1% d'autres gaz, surtout de l'argon.
À 20∘C et sous la pression atmosphérique, on prendra : ρair=1,20g/L et ρdioxygeˋne=1,33g/L.
Une chambre mesure 4,0m de long, 3,5m de large et 2,5m de haut. Le schéma ci-dessous représente la chambre et un échantillon de cent molécules d'air.
a) Calculez le volume d'air de la chambre en m3, puis en litres.
b) Quel volume de dioxygène la chambre contient-elle ?
c) Calculez la masse d'air contenue dans la chambre, en kilogrammes.
d) Calculez la masse de dioxygène de la chambre, puis le pourcentage EN MASSE de dioxygène dans l'air.
e) Un élève écrit : « l'air contient 21% de dioxygène en masse ». Cette phrase est-elle correcte ? Expliquez l'écart avec le résultat de d).
Voir la correction
Réponses
a)35m3=35000L
b)7,35m3
c)42kg
d)9,78kg ; environ 23,3% en masse
e)Incorrecte : 21% en volume, environ 23% en masse
a)
V=4,0×3,5×2,5=35m3. Comme 1m3=1000L, V=35000L.
b)
Le pourcentage est un pourcentage en volume, il s'applique donc directement au volume : VO2=0,21×35=7,35m3, soit environ 7,4m3.
c)
m=ρ×V=1,20×35000=42000g, soit 42kg. Le résultat surprend souvent : l'air d'une simple chambre a la même masse qu'un élève de collège. On ne le sent pas parce qu'on est plongé dedans, comme un poisson ne sent pas le poids de l'eau.
d)
mO2=ρO2×VO2=1,33×7350≈9776g, soit environ 9,78kg. Pourcentage en masse : 42,09,78×100≈23,3%.
e)
Non. Le 21% est un pourcentage EN VOLUME. En masse, le dioxygène représente environ 23% de l'air, un peu plus, parce que le dioxygène est plus dense que le diazote : à volume égal, sa masse est plus grande. Un pourcentage de composition n'a de sens que si l'on précise s'il porte sur les volumes ou sur les masses.
Le fil de l'exercice : le volume se calcule avec les pourcentages en volume, la masse avec les masses volumiques, et l'on ne passe de l'un à l'autre que par m=ρV.
Exercice 12 : Palier de changement d'état et identification
On laisse refroidir deux échantillons liquides et l'on relève leur température toutes les minutes.
Échantillon 1 : la température descend de 95∘C à 80∘C, reste égale à 80∘C pendant 6 minutes, pendant lesquelles des cristaux apparaissent, puis redescend.
Échantillon 2 : la température descend régulièrement, sans jamais se stabiliser ; des cristaux apparaissent vers 74∘C et tout est solide vers 62∘C.
Températures de fusion : paradichlorobenzène 53∘C ; acide stéarique 69∘C ; naphtalène 80,3∘C. La figure donne l'allure des deux relevés.
a) Lequel des deux échantillons est un corps pur ? Justifiez.
b) Identifiez l'espèce chimique de l'échantillon 1 à l'aide de la table.
c) Donnez l'état physique de l'échantillon 1 à 90∘C, pendant le palier, et à 70∘C.
d) Un autre groupe mesure un palier à 78∘C pour le même produit. Calculez l'écart relatif, en pourcentage, avec la valeur de la table. Est-il compatible avec une tolérance de 5% ?
e) Pourquoi la température ne baisse-t-elle pas pendant le palier, alors que l'échantillon continue de céder de l'énergie à l'air ambiant ?
Voir la correction
Réponses
a)L'échantillon 1, qui présente un palier
b)Naphtalène
c)Liquide ; liquide et solide ; solide
d)2,9% : compatible
e)L'énergie cédée accompagne le changement d'état, pas une baisse de température
a)
L'échantillon 1. Un corps pur change d'état à température CONSTANTE, ce qui se traduit par un palier sur la courbe de refroidissement. Un mélange se solidifie sur une plage de températures, comme l'échantillon 2 entre 74 et 62∘C, sans palier net.
b)
Le palier est à 80∘C : c'est la température de solidification, égale à la température de fusion pour un corps pur. La valeur la plus proche de la table est celle du naphtalène, 80,3∘C. Les deux autres espèces sont éloignées de plus de 10∘C et sont exclues.
c)
À 90∘C, au-dessus du palier : liquide. Pendant le palier : liquide et solide coexistent, les cristaux grossissent. À 70∘C, après le palier : solide. Le palier est la seule zone où deux états sont présents ensemble.
d)
Écart relatif : 80,3∣78−80,3∣×100≈2,9%. C'est inférieur à 5% : la mesure est compatible avec le naphtalène. L'écart vient souvent d'un thermomètre mal plongé ou d'un produit légèrement impur : une impureté abaisse généralement la température de fusion, et peut étaler le changement d'état sur plusieurs degrés.
e)
Pendant le palier, l'énergie cédée à l'air est fournie par la solidification elle-même : en se rangeant en cristal, les entités du liquide libèrent de l'énergie, ce qui compense exactement la perte vers l'extérieur. Tant qu'il reste du liquide, la température ne bouge pas.
Méthode à retenir : un corps pur présente un palier, et sa température aide à identifier l'espèce ; une plage de solidification indique un mélange. La réciproque n'est pas absolue : de rares mélanges, dits eutectiques, ont aussi un palier (au-delà du programme de Seconde).
Exercice 13 : Chromatographie sur couche mince et rapport frontal
On veut savoir quels colorants contient un sirop de menthe. Sur une plaque de chromatographie, on dépose : S, le sirop ; J, le colorant jaune E102 ; B, le colorant bleu E131 ; R, le colorant rouge E122.
Après élution, le front de l'éluant est à 8,0cm de la ligne de dépôt. Le dépôt S donne deux taches, à 2,4cm et à 6,0cm. J donne une tache à 2,4cm, B à 6,0cm, R à 4,4cm.
Le rapport frontal d'une tache vaut Rf=Hh, où h est la distance parcourue par la tache et H celle parcourue par l'éluant, toutes deux mesurées depuis la ligne de dépôt. La figure représente la plaque après élution.
a) Calculez le rapport frontal des colorants J, B et R.
b) Combien d'espèces colorées le sirop contient-il ? Est-ce un corps pur ?
c) Quels colorants le sirop contient-il ?
d) Pourquoi la ligne de dépôt doit-elle se trouver AU-DESSUS du niveau de l'éluant dans la cuve ?
e) Sur une autre plaque du même type, avec le même éluant et dans les mêmes conditions, le front s'arrête à 6,5cm et une tache inconnue est à 1,95cm. Calculez son rapport frontal et identifiez-la.
Voir la correction
Réponses
a)0,30 ; 0,75 ; 0,55
b)Au moins deux espèces : un mélange
c)E102 et E131
d)Sinon les dépôts se dissolvent dans l'éluant de la cuve
e)Rf=0,30 : le colorant jaune E102
a)
Rf(J)=8,02,4=0,30 ; Rf(B)=8,06,0=0,75 ; Rf(R)=8,04,4=0,55. Un rapport frontal est toujours compris entre 0 et 1 et n'a pas d'unité : un résultat supérieur à 1 signale une division à l'envers.
b)
Le dépôt S se sépare en DEUX taches : le sirop contient au moins deux espèces colorées, c'est un mélange. On dit « au moins » parce que deux espèces de même rapport frontal resteraient confondues en une seule tache, et qu'une espèce incolore ne se voit pas.
c)
La tache à 2,4cm est à la même hauteur que J, celle à 6,0cm à la même hauteur que B : le sirop contient le jaune E102 et le bleu E131, et pas le rouge E122. Le vert du sirop vient du mélange d'un jaune et d'un bleu.
d)
Si les dépôts trempaient dans l'éluant, les colorants se dissoudraient dans le liquide de la cuve au lieu de monter avec lui le long de la plaque : il n'y aurait plus de taches à lire.
e)
Rf=6,51,95=0,30 : c'est le rapport frontal du colorant jaune E102. Les DISTANCES ont changé parce que l'éluant est monté moins haut, mais le rapport frontal reste le même : dans les mêmes conditions (même type de plaque, même éluant, même température), une espèce garde son rapport frontal. C'est pour cela qu'on compare des rapports frontaux et non des hauteurs d'une plaque à l'autre. Cette identification reste une présomption : deux espèces différentes peuvent migrer de la même façon.
Le point de méthode : sur une même plaque, on compare des hauteurs ; d'une plaque à l'autre, dans les mêmes conditions, on compare des rapports frontaux.
Exercice 14 : Problème : l'échelle de teintes d'une solution de Dakin
La solution de Dakin est un antiseptique. Son principe actif est l'hypochlorite de sodium ; sa couleur rose vient d'un autre composant, le permanganate de potassium, présent en très faible quantité. On admet qu'un flacon neuf en contient 0,010g/L et que sa teinte ne dépend que de ce permanganate.
On dispose d'une solution mère de permanganate à C0=0,050g/L. On prépare une échelle de teintes : cinq solutions filles de 50,0mL, de concentrations 0,005 ; 0,010 ; 0,015 ; 0,020 et 0,025g/L.
Un flacon de Dakin entamé depuis longtemps est versé dans un tube identique. Sa teinte est plus claire que celle du tube à 0,010g/L et plus foncée que celle du tube à 0,005g/L. La figure représente l'échelle de teintes et le tube de Dakin.
a) Quel volume de solution mère faut-il prélever pour préparer la solution fille à 0,010g/L ?
b) Calculez les volumes à prélever pour la solution la plus diluée et pour la plus concentrée de l'échelle.
c) Encadrez la concentration en permanganate du flacon entamé. Est-elle inférieure à celle d'un flacon neuf ? Cette mesure permet-elle de conclure sur l'efficacité antiseptique du produit ?
d) Pour affiner la mesure, on veut ajouter un étalon à 0,006g/L, toujours dans 50,0mL. Quel volume de mère faut-il prélever ?
e) Quelle masse de permanganate un flacon NEUF de 250mL contient-il, si l'étiquette est exacte ? Exprimez-la en milligrammes.
Voir la correction
Réponses
a)V0=10,0mL
b)5,0mL et 25,0mL
c)0,005<C<0,010g/L : moins de permanganate qu'un flacon neuf ; rien à conclure sur l'efficacité antiseptique
d)V0=6,0mL
e)2,5mg
a)
La masse de soluté se conserve : C0V0=C1V1, donc V0=C0C1V1=0,0500,010×50,0=10,0mL. Le facteur de dilution vaut 0,0100,050=5, et 550,0=10,0mL confirme.
b)
Pour 0,005g/L : V0=0,0500,005×50,0=5,0mL. Pour 0,025g/L : V0=0,0500,025×50,0=25,0mL. Les volumes sont proportionnels aux concentrations visées, ce qui permet de contrôler toute l'échelle d'un coup d'œil : 5, 10, 15, 20 et 25mL.
c)
La teinte est entre celles des tubes à 0,005 et 0,010g/L : 0,005g/L<C<0,010g/L. Ce flacon contient donc moins de permanganate qu'un flacon neuf ; une solution de permanganate peut notamment se dégrader à la lumière.
En revanche, cette mesure ne permet pas de conclure sur l'efficacité antiseptique. L'échelle de teintes ne mesure que le permanganate, alors que le principe actif est l'hypochlorite de sodium : il faudrait le doser à part.
Piège : conclure que le produit n'agit plus parce qu'il a pâli. Une mesure ne renseigne que sur la grandeur qu'elle mesure.
d)
V0=0,0500,006×50,0=6,0mL. En ajoutant des étalons à 0,006 ; 0,007 ; 0,008 et 0,009g/L, on resserre l'encadrement : une échelle de teintes ne donne jamais une valeur, seulement un intervalle, dont la largeur est l'écart entre deux étalons voisins.
e)
m=Cm×V=0,010×0,250=0,0025g, soit 2,5mg. Quelques milligrammes suffisent à colorer nettement un quart de litre, ce qui explique qu'une échelle de teintes soit sensible aux très faibles concentrations.
Le fil de l'exercice : chaque étalon est une dilution de la même mère, et C0V0=C1V1 donne tous les volumes ; la comparaison visuelle, elle, ne rend qu'un encadrement.
Exercice 15 : Problème : une médaille qui se dit en or
Une médaille de masse m=46,2g est vendue comme « or pur ». Pour le vérifier, on la plonge dans une éprouvette graduée contenant 20,0mL d'eau : le niveau monte à 23,0mL.
Masses volumiques : or 19,3g/cm3 ; argent 10,5g/cm3 ; cuivre 8,96g/cm3. On rappelle que 1mL=1cm3. Le schéma ci-dessous représente la pesée et les deux lectures de l'éprouvette.
a) Déterminez le volume de la médaille.
b) Calculez sa masse volumique.
c) La médaille est-elle en or pur ?
d) On suppose qu'il s'agit d'un alliage d'or et d'argent. On note mor la masse d'or. Écrivez que le volume total vaut la somme des volumes d'or et d'argent, puis calculez mor au dixième de gramme et le pourcentage en masse d'or.
e) L'incertitude sur la lecture du volume est de 0,1mL. Encadrez la masse volumique de la médaille. La conclusion de c) tient-elle ?
Voir la correction
Réponses
a)V=3,0cm3
b)ρ=15,4g/cm3
c)Non : l'or pur vaut 19,3g/cm3
d)mor≈32,2g, soit 69,8% en masse
e)14,9≤ρ≤15,9g/cm3 : la conclusion tient
a)
Le volume d'eau déplacé est le volume de la médaille : V=23,0−20,0=3,0mL=3,0cm3. Il faut que la médaille soit entièrement immergée, sinon on ne mesure qu'une partie de son volume.
b)
ρ=Vm=3,046,2=15,4g/cm3.
c)
Non. L'or pur a une masse volumique de 19,3g/cm3, nettement plus grande. Une médaille en or pur de même volume pèserait 19,3×3,0=57,9g, plus de 10g de plus. La valeur mesurée, comprise entre celle de l'argent et celle de l'or, suggère un alliage.
d)
La masse d'argent vaut 46,2−mor. Le volume total s'écrit 19,3mor+10,546,2−mor=3,0. On regroupe les termes en mor : mor(19,31−10,51)=3,0−10,546,2=−1,4, d'où mor=−0,04343−1,4≈32,2g. Pourcentage en masse d'or : 46,232,2×100≈69,8%. Contrôle : 19,332,24+10,513,96=1,67+1,33=3,00cm3 ✓. Le piège est d'additionner les masses volumiques : on additionne les MASSES et les VOLUMES, jamais les masses volumiques.
e)
Le volume est compris entre 2,9 et 3,1cm3. La masse volumique va donc de 3,146,2≈14,9 à 2,946,2≈15,9g/cm3. Même la borne haute reste très loin de 19,3 : la conclusion tient. En revanche, le pourcentage d'or de la question d) est beaucoup plus sensible à cette incertitude, et il ne faut pas lui accorder plus de deux chiffres significatifs.
Méthode à retenir : la masse volumique identifie un matériau, mais une conclusion ne vaut que si l'écart avec la valeur de référence dépasse nettement l'incertitude de mesure.
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