Physique-chimie, Seconde • Fiche de révision à Montréal
Fiche de révision : la constitution de la matière (Seconde)
Cette fiche ne refait pas le cours sur la constitution de la matière : vous l'avez déjà dans votre classeur. Elle traite ce que le cours ne dit jamais et qui décide pourtant de la note, l'erreur exacte qui coûte deux points sur une copie, la formule à choisir selon les données de l'énoncé, et le protocole que le correcteur de Seconde attend mot pour mot.
Elle est écrite pour les élèves de Seconde du programme français. Une fois la fiche lue, la série d'exercices corrigés du même chapitre met chaque réflexe à l'épreuve.
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Le fil du chapitre
Toutes les grandeurs de ce chapitre sont des rapports, et le point qui coûte des points est toujours le même : ce qu'on écrit au DÉNOMINATEUR. La concentration se divise par le volume de la solution finale, jamais par le volume de solvant ajouté, et une masse volumique ne vaut rien tant que la masse et le volume ne sont pas dans des unités compatibles.
•Masse volumique : ρ=Vm, où V est le volume DU CORPS lui-même. En g/mL, en g/cm3 ou en kg/m3.
•Densité : d=ρeauρ avec ρeau=1,00g/mL. Aucune unité, jamais. Un solide insoluble ou un liquide non miscible à l'eau y flotte si sa densité est inférieure à 1. La densité ne figure pas au programme de Seconde : on la rencontre dans les données et sur les étiquettes.
•Concentration en masse : Cm=Vsolutionmsoluteˊ, en g/L. Le dénominateur est le volume de la SOLUTION obtenue, pas celui du solvant versé.
•Les trois se ressemblent et se calculent de la même façon. Ce qui les distingue tient en une question : de quel volume parle-t-on ?
Même division, deux volumes différents : celui du corps lui-même pour la masse volumique, celui de toute la SOLUTION, soluté compris, pour la concentration en masse.
Avant de diviser, écrivez l'unité de ce que vous divisez. Des grammes par des centimètres cubes donnent des g/cm3, jamais des g/L : la moitié des erreurs du chapitre meurent avec ce réflexe.
La densité, le nombre qui dit qui flotte
•1g/mL=1g/cm3=1000kg/m3. Ces trois écritures désignent la même valeur.
•Deux liquides non miscibles se superposent par densité croissante vers le bas : le plus dense occupe le fond.
•Un solide plongé dans un liquide où il ne se dissout pas flotte si sa densité est inférieure à celle du liquide, coule sinon.
•Ordres de grandeur à connaître : huile 0,92, eau 1,00, sirop de sucre environ 1,25, aluminium 2,7, fer 7,9.
L'huile, non miscible à l'eau, flotte parce que d<1. Le sirop, versé doucement, reste un moment au fond parce que d>1, mais il est miscible à l'eau : il s'y mélange dès qu'on remue.
Ce que la dilution conserve, et ce qu'elle ne conserve pas
•Diluer, c'est ajouter du solvant. La MASSE de soluté ne change pas, le volume augmente, donc la concentration diminue.
•Relation de dilution : Cm,i×Vi=Cm,f×Vf, les deux membres valant la même masse de soluté.
•Facteur de dilution : F=Cm,fCm,i=ViVf. Il est toujours supérieur à 1.
•Le geste de laboratoire : prélever Vi à la pipette jaugée, verser dans une fiole jaugée de Vf, compléter JUSQU'AU trait de jauge.
Les mêmes huit entités de soluté avant et après l'ajout d'eau : la masse de soluté est conservée, le volume est multiplié par 4, la concentration divisée par 4.
« Diluer dix fois » veut dire que le volume final est dix fois le volume prélevé, pas qu'on ajoute dix fois plus d'eau.
Le dosage par étalonnage, en trois temps
•1. Préparer des solutions étalons de concentrations connues, en général par dilutions successives d'une solution mère.
•2. Mesurer sur chacune la même grandeur, la masse volumique par exemple, et la tracer en fonction de Cm : on obtient une courbe d'étalonnage, souvent une droite. Une échelle de teintes se compare à l'œil et donne seulement un encadrement. Au-delà du programme de Seconde : l'absorbance, mesurée au spectrophotomètre, est au programme de Première spécialité.
•3. Mesurer la même grandeur sur la solution inconnue et lire sa concentration sur la droite.
•Condition de validité : la mesure de l'inconnue doit tomber DANS la gamme couverte par les étalons. Sinon on dilue l'inconnue d'un facteur connu, on mesure, puis on remonte.
Les étalons, de teinte croissante avec Cm, encadrent l'inconnue : on mesure la même grandeur sur tous, et l'inconnue doit tomber DANS la gamme.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Diviser par le volume de solvant au lieu du volume de solution
2 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Je dissous 5,0g de sel dans 100mL d'eau, donc Cm=0,1005,0=50g/L. »
Ce qu'il faut écrire
« Je place 5,0g de sel dans une fiole jaugée de 100,0mL, je complète jusqu'au trait de jauge : le volume de SOLUTION vaut 100,0mL et Cm=50g/L. »
À gauche, le sel versé dans 100mL d'eau donne un peu plus de 100mL de solution. À droite, la fiole complétée au trait contient exactement 100,0mL de SOLUTION.
Pourquoi : Le sel dissous occupe lui aussi de la place : 5g de sel ajoutés à 100mL d'eau donnent un peu plus de 100mL de solution. Le nombre final se ressemble, mais la définition écrite sur la copie est fausse et c'est elle qui est notée.
2.Donner une unité à la densité
0,5 point par copie, et souvent le point de la conclusion
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La densité de l'huile vaut d=0,92g/mL. »
Ce qu'il faut écrire
« La masse volumique de l'huile vaut ρ=0,92g/mL, donc sa densité vaut d=0,92, sans unité. »
Pourquoi : La densité est le quotient de deux masses volumiques : les unités se simplifient. Écrire une unité prouve au correcteur qu'on n'a pas compris ce qu'on divise, et la même erreur se reproduira sur tous les rapports sans dimension du programme.
3.Mélanger les unités dans une masse volumique
toute la question, l'identification du métal devenant impossible
Ce qu'il ne faut pas écrire
« m=27g et V=10cm3, donc ρ=1027=2,7g/L. »
Ce qu'il faut écrire
« ρ=1027=2,7g/cm3, soit 2,7g/mL, soit 2,7×103kg/m3. »
Pourquoi : L'unité d'un quotient se lit sur les données, pas sur l'habitude. Annoncer des g/L à partir de centimètres cubes fait une erreur d'un facteur 1000, et le tableau de masses volumiques ne reconnaît plus rien.
4.Ajouter le volume final au lieu de compléter jusqu'à ce volume
2 points, et le facteur de dilution devient faux
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Pour diluer dix fois, je prélève 10,0mL et j'ajoute 100mL d'eau. »
Ce qu'il faut écrire
« Pour diluer dix fois, je prélève 10,0mL à la pipette jaugée et je complète jusqu'au trait de jauge d'une fiole de 100,0mL. »
À gauche, on complète jusqu'au trait de 100mL et le volume final vaut 100mL. À droite, les 100mL ajoutés aux 10 prélevés donnent 110mL.
Pourquoi : Ajouter 100mL à 10mL donne 110mL : le facteur vaut 11 et non 10. Le mot de l'énoncé décide, et ce mot est « compléter à », jamais « ajouter ».
5.Prendre un mélange homogène pour un corps pur
1 point, et la question suivante sur la séparation
Ce qu'il ne faut pas écrire
« L'eau minérale est limpide et incolore, c'est donc un corps pur. »
Ce qu'il faut écrire
« L'eau minérale est un mélange homogène : ses constituants ne se distinguent pas à l'œil, mais l'étiquette annonce du calcium, du magnésium et des sulfates en plus de l'eau. »
À l'œil, les deux flacons sont identiques. À l'échelle des entités, l'eau distillée ne contient que des molécules d'eau, l'eau minérale aussi des ions : c'est un mélange homogène.
Pourquoi : Homogène décrit ce qu'on VOIT, corps pur décrit ce qu'il y a DEDANS. Les deux notions sont indépendantes : l'air est un mélange homogène, la vapeur d'eau est un corps pur à l'état gazeux.
6.Comparer deux concentrations sans les ramener à la même unité
1 point, et la conclusion est inversée
Ce qu'il ne faut pas écrire
« L'eau contient 468mg/L de calcium et 0,50g/L de sulfates : c'est donc le calcium qui domine. »
Ce qu'il faut écrire
« 468mg/L=0,468g/L, soit un peu moins que les 0,50g/L de sulfates : ce sont les sulfates qui dominent. »
Pourquoi : Les énoncés mélangent volontiers les unités, mg/L pour les ions minoritaires et g/L pour les autres. Comparer deux nombres d'unités différentes n'a aucun sens.
7.Lire une mesure hors de la gamme d'étalonnage
toute la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
« L'absorbance mesurée vaut 1,45 ; en prolongeant la droite d'étalonnage, la concentration vaut 22g/L. »
Ce qu'il faut écrire
« 1,45 sort de la gamme des étalons : je dilue la solution d'un facteur 10, je mesure de nouveau, je lis la concentration sur la droite, puis je la multiplie par 10. »
Les six étalons dessinent la droite de 0 à 12g/L. La mesure A=1,45 passe au-dessus du dernier étalon : elle ne rencontre la droite nulle part dans la gamme.
Pourquoi : Une droite d'étalonnage n'est valable qu'entre le premier et le dernier étalon. La prolonger revient à affirmer une proportionnalité qu'aucune mesure n'a vérifiée, et la relation cesse justement d'être linéaire aux fortes concentrations.
8.Oublier de remonter à la solution mère après la dilution
2 points, c'est-à-dire la question finale du problème
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La droite d'étalonnage donne 80g/L : le sirop contient donc 80g/L de sucre. »
Ce qu'il faut écrire
« La solution DILUÉE contient 80g/L. Le facteur de dilution valant 10, le sirop contient 80×10=800g/L. »
Pourquoi : La mesure porte sur la solution qu'on a fabriquée, la question porte sur celle qu'on a achetée. Un seul mot les sépare dans l'énoncé, et l'ordre de grandeur du résultat suffit à trancher : un sirop à 80g/L de sucre serait moins sucré qu'un soda.
Quelle méthode choisir
Quelle formule, selon ce que l'énoncé donne
On ne choisit pas la formule d'après le thème du chapitre mais d'après les DONNÉES et leurs unités. Lisez l'énoncé en soulignant chaque nombre avec son unité, la formule se désigne toute seule.
Si une masse et un volume du MÊME échantillon, sans qu'on parle de dissolution → masse volumique ρ=Vm, avec l'unité lue sur les données
Exemple : 27g pour 10cm3 donnent 2,7g/cm3
Si on demande qui flotte, qui coule, ou dans quel ordre les liquides se superposent → densité d=ρeauρ, puis comparaison à 1 ou entre elles
Exemple : ρ=0,92g/mL donne d=0,92<1 : l'huile, non miscible à l'eau, y flotte
Si une masse de soluté et un volume de solution → concentration en masse Cm=Vm en g/L, après conversion du volume en litres
Exemple : 2,0g dans 250,0mL donnent 8,0g/L
Si deux états d'une même solution, avant et après ajout de solvant → relation de dilution Cm,iVi=Cm,fVf, sans conversion nécessaire tant que les deux volumes ont la même unité
Exemple : 50g/L prélevés sur 10,0mL et complétés à 250,0mL donnent 2,0g/L
Si une série de solutions de concentrations connues et une mesure sur l'inconnue → dosage par étalonnage : tracer la droite, vérifier que la mesure est dans la gamme, lire la concentration
Si la mesure sort de la gamme, on dilue l'inconnue d'un facteur connu avant de recommencer.
Si aucune branche ne s'applique, c'est que l'énoncé demande une conversion avant tout calcul : ramenez les volumes en litres et les masses en grammes, et relisez.
Quel matériel pour quelle précision
Le choix de la verrerie est une question de contrôle à part entière, et elle se décide sur un seul détail de l'énoncé : le nombre de chiffres écrit sur le volume.
À gauche, la verrerie jaugée, un seul trait, pour un volume au dixième de millilitre ; à droite, la verrerie graduée, qui suffit pour un volume approché.
Si l'énoncé écrit un volume avec un chiffre après la virgule, comme 100,0mL → verrerie jaugée : fiole jaugée pour préparer, pipette jaugée pour prélever
Le zéro après la virgule n'est pas décoratif : il annonce la précision exigée.
Si l'énoncé écrit un volume rond et approximatif, comme « environ 50mL » → éprouvette graduée ou bécher gradué, qui suffisent
Proposer une fiole jaugée ici n'est pas faux, mais coûte du temps et parfois un demi-point de bon sens expérimental.
Si il faut compléter jusqu'au trait de jauge sans le dépasser → pissette pour approcher, puis compte-gouttes pour les dernières gouttes, à hauteur des yeux
Le bas du ménisque doit affleurer le trait : c'est la formulation attendue sur la copie.
Si il faut peser une masse précise de solide → balance au centigramme, coupelle posée puis TARE, et rinçage de la coupelle dans la fiole
Oublier de rincer la coupelle laisse du soluté derrière soi et fausse la concentration vers le bas.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Le protocole de préparation d'une solution par dissolution
Quand l'utiliser : L'énoncé demande de préparer un volume donné d'une solution de concentration donnée à partir d'un solide.
1Calculer la masse à peser AVANT de parler de matériel : m=Cm×V, avec V converti en litres. Écrire le calcul, pas seulement le résultat.
2Peser cette masse sur une balance au centigramme, coupelle posée puis tarée.
3Introduire le solide dans une fiole jaugée du volume demandé, à l'aide d'un entonnoir, puis RINCER la coupelle et l'entonnoir au-dessus de la fiole.
4Ajouter de l'eau distillée jusqu'aux deux tiers environ, boucher, agiter jusqu'à dissolution complète.
5Compléter jusqu'au trait de jauge, le bas du ménisque affleurant le trait, boucher et homogénéiser en retournant plusieurs fois.
Phrase de conclusion
On pèse m=2,00g de soluté, on les introduit dans une fiole jaugée de 100,0mL, on dissout dans un peu d'eau distillée, puis on complète jusqu'au trait de jauge et on homogénéise : la solution obtenue a une concentration en masse de 20,0g/L.
Le piège : Écrire « ajouter 100mL d'eau ». Le volume de 100,0mL est celui de la solution finale, pas celui de l'eau versée : c'est exactement le point que la question évalue.
Barème : En général 1 point pour le calcul de la masse avec sa conversion, 1 point pour la verrerie jaugée nommée, 1 point pour le rinçage et l'homogénéisation, 1 point pour le trait de jauge.
Le protocole de dilution, et le calcul qui le précède
Quand l'utiliser : L'énoncé fournit une solution mère et demande une solution fille de concentration plus faible.
1Écrire la conservation de la masse de soluté : « la dilution ne change pas la masse de soluté, donc Cm,iVi=Cm,fVf. »
2Isoler le volume à prélever : Vi=Cm,iCm,f×Vf, et vérifier que le résultat est bien plus petit que Vf.
3Choisir la pipette jaugée dont le volume nominal est exactement Vi, et la fiole jaugée de volume Vf.
4Décrire le geste : prélever à la pipette, verser dans la fiole, compléter à l'eau distillée jusqu'au trait de jauge, boucher, homogénéiser.
5Conclure en donnant le facteur de dilution F=ViVf, qui sert ensuite à remonter aux résultats.
Phrase de conclusion
La masse de soluté se conservant, Cm,iVi=Cm,fVf donne Vi=10,0mL : on prélève ce volume à la pipette jaugée, on le verse dans une fiole jaugée de 250,0mL et on complète jusqu'au trait de jauge. Le facteur de dilution vaut 25.
Le piège : Trouver un Vi plus grand que Vf et le rendre quand même. Une dilution ne peut que diminuer la concentration : si le volume à prélever dépasse le volume final, le rapport a été inversé.
Barème : 1 point pour la relation posée avec sa justification, 1 point pour le calcul, 1 point pour la verrerie jaugée, 1 point pour le geste complet.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Comparer la masse volumique trouvée à celle de l'eau
Une masse volumique s'exprime presque toujours entre 0,5 et 20g/cm3 pour les liquides et les solides du programme ; un gaz est environ mille fois moins dense, de l'ordre de 1g/L. Pour un liquide ou un solide, un résultat à 2700g/cm3 ou à 0,0027g/cm3 signale une conversion ratée d'un facteur 1000.
L'aluminium vaut 2,7g/cm3 et 2700kg/m3 : les deux nombres sont justes, mais un seul va avec l'unité écrite.
Vérifier qu'une solution diluée est bien moins concentrée
Après une dilution, comparez Cm,f à Cm,i : la finale doit être PLUS PETITE. Si votre calcul donne l'inverse, vous avez placé les volumes du mauvais côté du rapport.
Passer de 50g/L à 125g/L « par dilution » est impossible : le facteur ViVf a été retourné.
Réinjecter la masse trouvée dans la définition
Une fois m calculée, refaites le chemin inverse : Cm=Vm doit redonner exactement la concentration de l'énoncé. Dix secondes, et l'erreur de conversion de volume tombe.
m=2,00g dans 0,100L redonne 20,0g/L ; si vous retrouvez 0,0200g/L, le volume est resté en millilitres.
Faire le calcul des unités à part
Écrivez l'opération avec les seules unités : g/L×L=g, cm3g=g/cm3. Si l'unité obtenue n'est pas celle attendue, le calcul est faux avant même d'être fait.
Une concentration multipliée par un volume en millilitres donne des g⋅mL/L, ce qui n'existe pas : le volume devait être converti.
Contrôler qu'une mesure de dosage tombe dans la gamme
Avant de lire une concentration sur une droite d'étalonnage, regardez si le point de mesure se situe entre le premier et le dernier étalon. Au-delà, la lecture est invalide, quelle que soit la qualité de la droite.
Une absorbance de 1,45 face à des étalons qui montent à 0,78 : il faut diluer, pas prolonger la droite.
L'exercice type décortiqué
Doser le sucre d'un sirop, comme au contrôle
Un sirop de menthe a une masse volumique de 1,27g/mL, trop grande pour la gamme d'étalonnage. On prélève Vi=25,0mL de sirop à la pipette jaugée, on les verse dans une fiole jaugée de Vf=100,0mL et on complète jusqu'au trait de jauge.
La droite d'étalonnage, tracée sur des solutions de sucre allant de 0 à 400g/L, a pour équation ρ=0,998+0,00038×Cm, avec ρ en g/mL et Cm en g/L. Un volume de 50,0mL de solution diluée a une masse de 53,32g.
Déterminer la concentration en masse de sucre du sirop, puis la masse de sucre contenue dans une bouteille de 750mL.
La masse volumique 1,0664g/mL est mesurée sur la solution diluée, dans la fiole : c'est elle, et non le sirop, que lit la droite d'étalonnage.
Étape 1
La mesure de masse volumique porte sur la solution DILUÉE, alors que la question porte sur le sirop. Deux concentrations différentes interviennent donc, et il faudra passer de l'une à l'autre.
Pourquoi
Écrire cette phrase avant tout calcul évite l'erreur la plus coûteuse du problème, celle qui consiste à rendre la concentration de la solution diluée comme réponse finale.
Étape 2
Facteur de dilution : F=ViVf=25,0100,0=4,0.
Pourquoi
On le calcule tout de suite, tant que les deux volumes sont sous les yeux. Les deux volumes étant en millilitres, aucune conversion n'est nécessaire : le facteur est un rapport, donc sans unité.
Étape 3
Solution diluée : ρ=50,053,32=1,0664g/mL, puis la droite donne Cm=0,000381,0664−0,998=180g/L. Cette valeur est comprise entre 0 et 400g/L, donc dans la gamme des étalons : la lecture est valide.
Pourquoi
La vérification de la gamme est une phrase, pas un calcul, et elle rapporte un point à elle seule. C'est aussi ce qui justifie après coup que la dilution ait été faite.
Étape 4
Concentration du sirop : Cm,sirop=Cm,dilueˊe×F=180×4,0=7,2×102g/L.
Pourquoi
On MULTIPLIE, parce que le sirop est la solution la plus concentrée. Le sens de l'opération se contrôle en une seconde : la solution mère est toujours au-dessus de la solution fille.
Étape 5
Masse de sucre dans la bouteille : m=Cm×V=7,2×102×0,750=5,4×102g.
Pourquoi
Le volume passe en litres parce que la concentration est en g/L. C'est la seule conversion du problème, et c'est là que les copies perdent un facteur 1000.
Étape 6
Vérification : 540g de sucre pour 750mL de sirop, soit 720g de sucre par litre. Un sirop du commerce contient de l'ordre de 600 à 850g/L de sucre : l'ordre de grandeur est cohérent.
Pourquoi
Cette comparaison au réel attrape en dix secondes l'oubli du facteur de dilution, qui aurait donné 135g de sucre par bouteille, c'est-à-dire à peine plus qu'un soda.
Conclusion rédigée
Le sirop contient Cm=7,2×102g/L de sucre, soit 5,4×102g de sucre dans une bouteille de 750mL.
L'erreur classique sur cet exercice : Rendre 180g/L comme concentration du sirop. C'est la concentration de la solution que l'on a fabriquée pour pouvoir mesurer, et la fabriquer n'avait justement de sens que parce que le sirop sortait de la gamme des étalons.
À savoir par cœur
•ρ=Vm avec le volume DU CORPS ; d=ρeauρ sans aucune unité ; Cm=Vsolutionmsoluteˊ avec le volume de la SOLUTION.
•1g/mL=1g/cm3=1000kg/m3, et un solide insoluble ou un liquide non miscible à l'eau y flotte si d<1.
•Dilution : Cm,iVi=Cm,fVf. C'est la masse de soluté qui se conserve, pas le volume.
•Facteur de dilution F=ViVf=Cm,fCm,i, TOUJOURS supérieur à 1.
•« Compléter à V » et « ajouter V » ne sont pas la même chose : seul le premier donne un volume final égal à V.
•Une lecture sur droite d'étalonnage n'est valable que DANS la gamme des étalons ; hors gamme, on dilue d'abord.
•Après une dilution, la concentration lue se multiplie par le facteur de dilution pour revenir à la solution mère.
Questions fréquentes
Comment calculer une concentration en masse en Seconde ?
On divise la masse de soluté, en grammes, par le volume de la solution, converti en litres. Le volume au dénominateur est celui de la solution obtenue, pas celui du solvant versé : c'est pour cela qu'on prépare la solution dans une fiole jaugée et qu'on complète jusqu'au trait de jauge. Le résultat s'exprime en grammes par litre.
Quelle est la différence entre la masse volumique et la densité ?
La masse volumique est une masse divisée par un volume, donc elle porte une unité, par exemple des grammes par millilitre. La densité est cette masse volumique divisée par celle de l'eau : les unités se simplifient et le résultat est un nombre sans unité. Un solide insoluble ou un liquide non miscible à l'eau y flotte si sa densité est inférieure à un : l'éthanol, moins dense que l'eau, s'y mélange au lieu de flotter.
Comment diluer une solution d'un facteur 10 ?
On prélève un volume à la pipette jaugée, puis on le verse dans une fiole jaugée dix fois plus grande et on complète avec de l'eau distillée jusqu'au trait de jauge. Dix millilitres prélevés donnent donc cent millilitres de solution finale. Il ne faut surtout pas ajouter cent millilitres d'eau, ce qui donnerait cent dix millilitres.
Pourquoi le volume d'eau ajouté n'est pas le volume de la solution ?
Parce que le soluté occupe lui aussi de la place une fois dissous. Ajouter cinq grammes de sel à cent millilitres d'eau donne un peu plus de cent millilitres de solution, donc une concentration légèrement différente de celle annoncée. La fiole jaugée règle le problème : elle mesure le volume final, celui qui compte.
Comment lire une droite d'étalonnage pour trouver une concentration ?
On reporte la mesure faite sur la solution inconnue sur l'axe vertical, on rejoint la droite, puis on lit la concentration sur l'axe horizontal. Cette lecture n'est valable qu'entre le premier et le dernier étalon. Si la mesure dépasse la gamme, on dilue la solution d'un facteur connu, on remesure, puis on multiplie par ce facteur.
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Exercices corrigés : Constitution de la matière
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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