Physique-chimie, Seconde • Exercices corrigés à Montréal

Fiche de révision : la constitution de la matière (Seconde)

Cette fiche ne refait pas le cours sur la constitution de la matière : vous l'avez déjà dans votre classeur. Elle traite ce que le cours ne dit jamais et qui décide pourtant de la note, l'erreur exacte qui coûte deux points sur une copie, la formule à choisir selon les données de l'énoncé, et le protocole que le correcteur de Seconde attend mot pour mot.

Elle est écrite pour les élèves de Seconde du programme français à Montréal, en particulier au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas. Une fois la fiche lue, la série d'exercices corrigés du même chapitre met chaque réflexe à l'épreuve.

Le fil du chapitre

Toutes les grandeurs de ce chapitre sont des rapports, et le point qui coûte des points est toujours le même : ce qu'on écrit au DÉNOMINATEUR. La concentration se divise par le volume de la solution finale, jamais par le volume de solvant ajouté, et une masse volumique ne vaut rien tant que la masse et le volume ne sont pas dans des unités compatibles.

Ce chapitre fait partie de Physique-chimie en Seconde

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1La matière et ses étatsSixième
  2. 2États de la matière, masse et volumeCinquième
  3. 3Mélanges, solutions et dissolutionCinquième
  4. 4Atomes, molécules et transformations chimiquesQuatrième

L'essentiel

Trois rapports, trois dénominateurs différents

  • Masse volumique : ρ=mV\rho=\dfrac{m}{V}, où VV est le volume DU CORPS lui-même. En g/mL\mathrm{g/mL}, en g/cm3\mathrm{g/cm^{3}} ou en kg/m3\mathrm{kg/m^{3}}.
  • Densité : d=ρρeaud=\dfrac{\rho}{\rho_{eau}} avec ρeau=1,00 g/mL\rho_{eau}=1{,}00\ \mathrm{g/mL}. Aucune unité, jamais. Un corps de densité inférieure à 11 flotte sur l'eau.
  • Concentration en masse : Cm=msoluteˊVsolutionC_m=\dfrac{m_{solut\acute{e}}}{V_{solution}}, en g/L\mathrm{g/L}. Le dénominateur est le volume de la SOLUTION obtenue, pas celui du solvant versé.
  • Les trois se ressemblent et se calculent de la même façon. Ce qui les distingue tient en une question : de quel volume parle-t-on ?

Avant de diviser, écrivez l'unité de ce que vous divisez. Des grammes par des centimètres cubes donnent des g/cm3\mathrm{g/cm^{3}}, jamais des g/L\mathrm{g/L} : la moitié des erreurs du chapitre meurent avec ce réflexe.

La densité, le nombre qui dit qui flotte

  • 1 g/mL=1 g/cm3=1000 kg/m31\ \mathrm{g/mL}=1\ \mathrm{g/cm^{3}}=1000\ \mathrm{kg/m^{3}}. Ces trois écritures désignent le même corps.
  • Deux liquides non miscibles se superposent par densité croissante vers le bas : le plus dense occupe le fond.
  • Un solide plongé dans un liquide flotte si sa densité est inférieure à celle du liquide, coule sinon.
  • Ordres de grandeur à connaître : huile 0,920{,}92, eau 1,001{,}00, sirop de sucre 1,301{,}30, aluminium 2,72{,}7, fer 7,97{,}9.
huile d = 0,92eau d = 1,00sirop d = 1,30
Les trois liquides ne sont pas rangés au hasard : ils se superposent par densité croissante vers le bas. L'huile flotte parce que d<1d<1, le sirop occupe le fond parce que d>1d>1, et l'eau sert de référence entre les deux.

Ce que la dilution conserve, et ce qu'elle ne conserve pas

  • Diluer, c'est ajouter du solvant. La MASSE de soluté ne change pas, le volume augmente, donc la concentration diminue.
  • Relation de dilution : Cm,i×Vi=Cm,f×VfC_{m,i}\times V_i=C_{m,f}\times V_f, les deux membres valant la même masse de soluté.
  • Facteur de dilution : F=Cm,iCm,f=VfViF=\dfrac{C_{m,i}}{C_{m,f}}=\dfrac{V_f}{V_i}. Il est toujours supérieur à 11.
  • Le geste de laboratoire : prélever ViV_i à la pipette jaugée, verser dans une fiole jaugée de VfV_f, compléter JUSQU'AU trait de jauge.

« Diluer dix fois » veut dire que le volume final est dix fois le volume prélevé, pas qu'on ajoute dix fois plus d'eau.

Le dosage par étalonnage, en trois temps

  • 1. Préparer des solutions étalons de concentrations connues, en général par dilutions successives d'une solution mère.
  • 2. Mesurer sur chacune la même grandeur (absorbance, conductivité) et tracer cette grandeur en fonction de CmC_m : on obtient une droite.
  • 3. Mesurer la même grandeur sur la solution inconnue et lire sa concentration sur la droite.
  • Condition de validité : la mesure de l'inconnue doit tomber DANS la gamme couverte par les étalons. Sinon on dilue l'inconnue d'un facteur connu, on mesure, puis on remonte.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Diviser par le volume de solvant au lieu du volume de solution

2 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Je dissous 5,0 g5{,}0\ \mathrm{g} de sel dans 100 mL100\ \mathrm{mL} d'eau, donc Cm=5,00,100=50 g/LC_m=\dfrac{5{,}0}{0{,}100}=50\ \mathrm{g/L}. »

Ce qu'il faut écrire

« Je place 5,0 g5{,}0\ \mathrm{g} de sel dans une fiole jaugée de 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL}, je complète jusqu'au trait de jauge : le volume de SOLUTION vaut 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL} et Cm=50 g/LC_m=50\ \mathrm{g/L}. »

Pourquoi : Le sel dissous occupe lui aussi de la place : 5 g5\ \mathrm{g} de sel ajoutés à 100 mL100\ \mathrm{mL} d'eau donnent un peu plus de 100 mL100\ \mathrm{mL} de solution. Le nombre final se ressemble, mais la définition écrite sur la copie est fausse et c'est elle qui est notée.

2. Donner une unité à la densité

0,5 point par copie, et souvent le point de la conclusion

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La densité de l'huile vaut d=0,92 g/mLd=0{,}92\ \mathrm{g/mL}. »

Ce qu'il faut écrire

« La masse volumique de l'huile vaut ρ=0,92 g/mL\rho=0{,}92\ \mathrm{g/mL}, donc sa densité vaut d=0,92d=0{,}92, sans unité. »

Pourquoi : La densité est le quotient de deux masses volumiques : les unités se simplifient. Écrire une unité prouve au correcteur qu'on n'a pas compris ce qu'on divise, et la même erreur se reproduira sur tous les rapports sans dimension du programme.

3. Mélanger les unités dans une masse volumique

toute la question, l'identification du métal devenant impossible

Ce qu'il ne faut pas écrire

« m=27 gm=27\ \mathrm{g} et V=10 cm3V=10\ \mathrm{cm^{3}}, donc ρ=2710=2,7 g/L\rho=\dfrac{27}{10}=2{,}7\ \mathrm{g/L}. »

Ce qu'il faut écrire

« ρ=2710=2,7 g/cm3\rho=\dfrac{27}{10}=2{,}7\ \mathrm{g/cm^{3}}, soit 2,7 g/mL2{,}7\ \mathrm{g/mL}, soit 2,7×103 kg/m32{,}7\times 10^{3}\ \mathrm{kg/m^{3}}. »

Pourquoi : L'unité d'un quotient se lit sur les données, pas sur l'habitude. Annoncer des g/L\mathrm{g/L} à partir de centimètres cubes fait une erreur d'un facteur 10001000, et le tableau de masses volumiques ne reconnaît plus rien.

4. Ajouter le volume final au lieu de compléter jusqu'à ce volume

2 points, et le facteur de dilution devient faux

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Pour diluer dix fois, je prélève 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} et j'ajoute 100 mL100\ \mathrm{mL} d'eau. »

Ce qu'il faut écrire

« Pour diluer dix fois, je prélève 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} à la pipette jaugée et je complète jusqu'au trait de jauge d'une fiole de 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL}. »

compléter à 100 mLajouter 100 mLV = 100 mLV = 110 mL10 mL100 mL
À gauche, on complète jusqu'au trait de 100 mL100\ \mathrm{mL} et le volume final vaut 100 mL100\ \mathrm{mL}. À droite, les 100 mL100\ \mathrm{mL} ajoutés aux 1010 prélevés donnent 110 mL110\ \mathrm{mL}.

Pourquoi : Ajouter 100 mL100\ \mathrm{mL} à 10 mL10\ \mathrm{mL} donne 110 mL110\ \mathrm{mL} : le facteur vaut 1111 et non 1010. Le mot de l'énoncé décide, et ce mot est « compléter à », jamais « ajouter ».

5. Prendre un mélange homogène pour un corps pur

1 point, et la question suivante sur la séparation

Ce qu'il ne faut pas écrire

« L'eau minérale est limpide et incolore, c'est donc un corps pur. »

Ce qu'il faut écrire

« L'eau minérale est un mélange homogène : ses constituants ne se distinguent pas à l'oeil, mais l'étiquette annonce du calcium, du magnésium et des sulfates en plus de l'eau. »

Pourquoi : Homogène décrit ce qu'on VOIT, corps pur décrit ce qu'il y a DEDANS. Les deux notions sont indépendantes : l'air est un mélange homogène, la vapeur d'eau est un corps pur à l'état gazeux.

6. Comparer deux concentrations sans les ramener à la même unité

1 point, et la conclusion est inversée

Ce qu'il ne faut pas écrire

« L'eau contient 468 mg/L468\ \mathrm{mg/L} de calcium et 0,50 g/L0{,}50\ \mathrm{g/L} de sulfates : c'est donc le calcium qui domine. »

Ce qu'il faut écrire

« 468 mg/L=0,468 g/L468\ \mathrm{mg/L}=0{,}468\ \mathrm{g/L}, soit un peu moins que les 0,50 g/L0{,}50\ \mathrm{g/L} de sulfates : ce sont les sulfates qui dominent. »

Pourquoi : Les étiquettes mélangent les unités exprès, mg/L\mathrm{mg/L} pour les ions minoritaires et g/L\mathrm{g/L} pour les autres. Comparer deux nombres d'unités différentes n'a aucun sens, et l'énoncé le sait.

7. Lire une mesure hors de la gamme d'étalonnage

toute la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« L'absorbance mesurée vaut 1,451{,}45; en prolongeant la droite d'étalonnage, la concentration vaut 22 g/L22\ \mathrm{g/L}. »

Ce qu'il faut écrire

« 1,451{,}45 sort de la gamme des étalons : je dilue la solution d'un facteur 1010, je mesure de nouveau, je lis la concentration sur la droite, puis je la multiplie par 1010. »

-22468101214-0.20.20.40.60.811.21.41.61.8mesure A = 1,45A (absorbance)Cm (g/L)
Les six étalons dessinent la droite de 00 à 12 g/L12\ \mathrm{g/L}. La mesure A=1,45A=1{,}45 passe au-dessus du dernier étalon : elle ne rencontre la droite nulle part dans la gamme.

Pourquoi : Une droite d'étalonnage n'est valable qu'entre le premier et le dernier étalon. La prolonger revient à affirmer une proportionnalité qu'aucune mesure n'a vérifiée, et la relation cesse justement d'être linéaire aux fortes concentrations.

8. Oublier de remonter à la solution mère après la dilution

2 points, c'est-à-dire la question finale du problème

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La droite d'étalonnage donne 4,0 g/L4{,}0\ \mathrm{g/L} : le sirop contient donc 4,0 g/L4{,}0\ \mathrm{g/L} de sucre. »

Ce qu'il faut écrire

« La solution DILUÉE contient 4,0 g/L4{,}0\ \mathrm{g/L}. Le facteur de dilution valant 1010, le sirop contient 4,0×10=40 g/L4{,}0\times 10=40\ \mathrm{g/L}. »

Pourquoi : La mesure porte sur la solution qu'on a fabriquée, la question porte sur celle qu'on a achetée. Un seul mot les sépare dans l'énoncé, et l'ordre de grandeur du résultat suffit à trancher : un sirop à 4 g/L4\ \mathrm{g/L} de sucre serait de l'eau.

Quelle méthode choisir

Quelle formule, selon ce que l'énoncé donne

On ne choisit pas la formule d'après le thème du chapitre mais d'après les DONNÉES et leurs unités. Lisez l'énoncé en soulignant chaque nombre avec son unité, la formule se désigne toute seule.

  • Si une masse et un volume du MÊME échantillon, sans qu'on parle de dissolution masse volumique ρ=mV\rho=\dfrac{m}{V}, avec l'unité lue sur les données

    Exemple : 27 g27\ \mathrm{g} pour 10 cm310\ \mathrm{cm^{3}} donnent 2,7 g/cm32{,}7\ \mathrm{g/cm^{3}}

  • Si on demande qui flotte, qui coule, ou dans quel ordre les liquides se superposent densité d=ρρeaud=\dfrac{\rho}{\rho_{eau}}, puis comparaison à 11 ou entre elles

    Exemple : ρ=0,92 g/mL\rho=0{,}92\ \mathrm{g/mL} donne d=0,92<1d=0{,}92<1, donc le liquide flotte sur l'eau

  • Si une masse de soluté et un volume de solution concentration en masse Cm=mVC_m=\dfrac{m}{V} en g/L\mathrm{g/L}, après conversion du volume en litres

    Exemple : 2,0 g2{,}0\ \mathrm{g} dans 250,0 mL250{,}0\ \mathrm{mL} donnent 8,0 g/L8{,}0\ \mathrm{g/L}

  • Si deux états d'une même solution, avant et après ajout de solvant relation de dilution Cm,iVi=Cm,fVfC_{m,i}V_i=C_{m,f}V_f, sans conversion nécessaire tant que les deux volumes ont la même unité

    Exemple : 50 g/L50\ \mathrm{g/L} prélevés sur 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} et complétés à 250,0 mL250{,}0\ \mathrm{mL} donnent 2,0 g/L2{,}0\ \mathrm{g/L}

  • Si une série de solutions de concentrations connues et une mesure sur l'inconnue dosage par étalonnage : tracer la droite, vérifier que la mesure est dans la gamme, lire la concentration

    Si la mesure sort de la gamme, on dilue l'inconnue d'un facteur connu avant de recommencer.

Si aucune branche ne s'applique, c'est que l'énoncé demande une conversion avant tout calcul : ramenez les volumes en litres et les masses en grammes, et relisez.

Quel matériel pour quelle précision

Le choix de la verrerie est une question de contrôle à part entière, et elle se décide sur un seul mot de l'énoncé : le nombre de chiffres écrit sur le volume.

  • Si l'énoncé écrit un volume avec un chiffre après la virgule, comme 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL} verrerie jaugée : fiole jaugée pour préparer, pipette jaugée pour prélever

    Le zéro après la virgule n'est pas décoratif : il annonce la précision exigée.

  • Si l'énoncé écrit un volume rond et approximatif, comme « environ 50 mL50\ \mathrm{mL} » éprouvette graduée ou bécher gradué, qui suffisent

    Proposer une fiole jaugée ici n'est pas faux, mais coûte du temps et parfois un demi-point de bon sens expérimental.

  • Si il faut compléter jusqu'au trait de jauge sans le dépasser pissette pour approcher, puis compte-gouttes pour les dernières gouttes, à hauteur des yeux

    Le bas du ménisque doit affleurer le trait : c'est la formulation attendue sur la copie.

  • Si il faut peser une masse précise de solide balance au centigramme, coupelle posée puis TARE, et rinçage de la coupelle dans la fiole

    Oublier de rincer la coupelle laisse du soluté derrière soi et fausse la concentration vers le bas.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Le protocole de préparation d'une solution par dissolution

Quand l'utiliser : L'énoncé demande de préparer un volume donné d'une solution de concentration donnée à partir d'un solide.

  1. 1 Calculer la masse à peser AVANT de parler de matériel : m=Cm×Vm=C_m\times V, avec VV converti en litres. Écrire le calcul, pas seulement le résultat.
  2. 2 Peser cette masse sur une balance au centigramme, coupelle posée puis tarée.
  3. 3 Introduire le solide dans une fiole jaugée du volume demandé, à l'aide d'un entonnoir, puis RINCER la coupelle et l'entonnoir au-dessus de la fiole.
  4. 4 Ajouter de l'eau distillée jusqu'aux deux tiers environ, boucher, agiter jusqu'à dissolution complète.
  5. 5 Compléter jusqu'au trait de jauge, le bas du ménisque affleurant le trait, boucher et homogénéiser en retournant plusieurs fois.

Phrase de conclusion

On pèse m=2,00 gm=2{,}00\ \mathrm{g} de soluté, on les introduit dans une fiole jaugée de 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL}, on dissout dans un peu d'eau distillée, puis on complète jusqu'au trait de jauge et on homogénéise : la solution obtenue a une concentration en masse de 20,0 g/L20{,}0\ \mathrm{g/L}.

Le piège : Écrire « ajouter 100 mL100\ \mathrm{mL} d'eau ». Le volume de 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL} est celui de la solution finale, pas celui de l'eau versée : c'est exactement le point que la question évalue.

Barème : En général 1 point pour le calcul de la masse avec sa conversion, 1 point pour la verrerie jaugée nommée, 1 point pour le rinçage et l'homogénéisation, 1 point pour le trait de jauge.

Le protocole de dilution, et le calcul qui le précède

Quand l'utiliser : L'énoncé fournit une solution mère et demande une solution fille de concentration plus faible.

  1. 1 Écrire la conservation de la masse de soluté : « la dilution ne change pas la masse de soluté, donc Cm,iVi=Cm,fVfC_{m,i}V_i=C_{m,f}V_f. »
  2. 2 Isoler le volume à prélever : Vi=Cm,f×VfCm,iV_i=\dfrac{C_{m,f}\times V_f}{C_{m,i}}, et vérifier que le résultat est bien plus petit que VfV_f.
  3. 3 Choisir la pipette jaugée dont le volume nominal est exactement ViV_i, et la fiole jaugée de volume VfV_f.
  4. 4 Décrire le geste : prélever à la pipette, verser dans la fiole, compléter à l'eau distillée jusqu'au trait de jauge, boucher, homogénéiser.
  5. 5 Conclure en donnant le facteur de dilution F=VfViF=\dfrac{V_f}{V_i}, qui sert ensuite à remonter aux résultats.

Phrase de conclusion

La masse de soluté se conservant, Cm,iVi=Cm,fVfC_{m,i}V_i=C_{m,f}V_f donne Vi=10,0 mLV_i=10{,}0\ \mathrm{mL} : on prélève ce volume à la pipette jaugée, on le verse dans une fiole jaugée de 250,0 mL250{,}0\ \mathrm{mL} et on complète jusqu'au trait de jauge. Le facteur de dilution vaut 2525.

Le piège : Trouver un ViV_i plus grand que VfV_f et le rendre quand même. Une dilution ne peut que diminuer la concentration : si le volume à prélever dépasse le volume final, le rapport a été inversé.

Barème : 1 point pour la relation posée avec sa justification, 1 point pour le calcul, 1 point pour la verrerie jaugée, 1 point pour le geste complet.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Doser le sucre d'un sirop, comme au contrôle

Un sirop de menthe est trop concentré pour être dosé directement. On prélève Vi=5,0 mLV_i=5{,}0\ \mathrm{mL} de sirop à la pipette jaugée, on les verse dans une fiole jaugée de Vf=500,0 mLV_f=500{,}0\ \mathrm{mL} et on complète jusqu'au trait de jauge.

La droite d'étalonnage, tracée sur des étalons allant de 00 à 12 g/L12\ \mathrm{g/L}, a pour équation A=0,065×CmA=0{,}065\times C_m, avec CmC_m en g/L\mathrm{g/L}. La solution diluée donne A=0,52A=0{,}52.

Déterminer la concentration en masse de sucre du sirop, puis la masse de sucre contenue dans une bouteille de 750 mL750\ \mathrm{mL}.

Étape 1

La mesure d'absorbance porte sur la solution DILUÉE, alors que la question porte sur le sirop. Deux concentrations différentes interviennent donc, et il faudra passer de l'une à l'autre.

Pourquoi

Écrire cette phrase avant tout calcul évite l'erreur la plus coûteuse du problème, celle qui consiste à rendre la concentration de la solution diluée comme réponse finale.

Étape 2

Facteur de dilution : F=VfVi=500,05,0=100F=\dfrac{V_f}{V_i}=\dfrac{500{,}0}{5{,}0}=100.

Pourquoi

On le calcule tout de suite, tant que les deux volumes sont sous les yeux. Les deux volumes étant en millilitres, aucune conversion n'est nécessaire : le facteur est un rapport, donc sans unité.

Étape 3

Concentration de la solution diluée : la droite donne Cm=A0,065=0,520,065=8,0 g/LC_m=\dfrac{A}{0{,}065}=\dfrac{0{,}52}{0{,}065}=8{,}0\ \mathrm{g/L}. Cette valeur est comprise entre 00 et 12 g/L12\ \mathrm{g/L}, donc dans la gamme des étalons : la lecture est valide.

Pourquoi

La vérification de la gamme est une phrase, pas un calcul, et elle rapporte un point à elle seule. C'est aussi ce qui justifie après coup que la dilution ait été faite.

Étape 4

Concentration du sirop : Cm,sirop=Cm,dilueˊe×F=8,0×100=8,0×102 g/LC_{m,sirop}=C_{m,dilu\acute{e}e}\times F=8{,}0\times 100=8{,}0\times 10^{2}\ \mathrm{g/L}.

Pourquoi

On MULTIPLIE, parce que le sirop est la solution la plus concentrée. Le sens de l'opération se contrôle en une seconde : la solution mère est toujours au-dessus de la solution fille.

Étape 5

Masse de sucre dans la bouteille : m=Cm×V=8,0×102×0,750=6,0×102 gm=C_m\times V=8{,}0\times 10^{2}\times 0{,}750=6{,}0\times 10^{2}\ \mathrm{g}.

Pourquoi

Le volume passe en litres parce que la concentration est en g/L\mathrm{g/L}. C'est la seule conversion du problème, et c'est là que les copies perdent un facteur 10001000.

Étape 6

Vérification : 600 g600\ \mathrm{g} de sucre pour 750 mL750\ \mathrm{mL} de sirop, soit environ 800 g800\ \mathrm{g} de sucre par litre. Un sirop du commerce annonce entre 700700 et 850 g/L850\ \mathrm{g/L} : l'ordre de grandeur est cohérent.

Pourquoi

Cette comparaison au réel attrape en dix secondes l'oubli du facteur de dilution, qui aurait donné 6 g6\ \mathrm{g} de sucre par bouteille, c'est-à-dire une bouteille d'eau.

Conclusion rédigée

Le sirop contient Cm=8,0×102 g/LC_m=8{,}0\times 10^{2}\ \mathrm{g/L} de sucre, soit 6,0×102 g6{,}0\times 10^{2}\ \mathrm{g} de sucre dans une bouteille de 750 mL750\ \mathrm{mL}.

L'erreur classique sur cet exercice : Rendre 8,0 g/L8{,}0\ \mathrm{g/L} comme concentration du sirop. C'est la concentration de la solution que l'on a fabriquée pour pouvoir mesurer, et la fabriquer n'avait justement de sens que parce que le sirop était cent fois plus concentré.

À savoir par cœur

  • ρ=mV\rho=\dfrac{m}{V} avec le volume DU CORPS; d=ρρeaud=\dfrac{\rho}{\rho_{eau}} sans aucune unité; Cm=msoluteˊVsolutionC_m=\dfrac{m_{solut\acute{e}}}{V_{solution}} avec le volume de la SOLUTION.
  • 1 g/mL=1 g/cm3=1000 kg/m31\ \mathrm{g/mL}=1\ \mathrm{g/cm^{3}}=1000\ \mathrm{kg/m^{3}}, et un corps flotte sur l'eau si d<1d<1.
  • Dilution : Cm,iVi=Cm,fVfC_{m,i}V_i=C_{m,f}V_f. C'est la masse de soluté qui se conserve, pas le volume.
  • Facteur de dilution F=VfVi=Cm,iCm,fF=\dfrac{V_f}{V_i}=\dfrac{C_{m,i}}{C_{m,f}}, TOUJOURS supérieur à 11.
  • « Compléter à VV » et « ajouter VV » ne sont pas la même chose : seul le premier donne un volume final égal à VV.
  • Une lecture sur droite d'étalonnage n'est valable que DANS la gamme des étalons; hors gamme, on dilue d'abord.
  • Après une dilution, la concentration lue se multiplie par le facteur de dilution pour revenir à la solution mère.

Questions fréquentes

Comment calculer une concentration en masse en Seconde ?

On divise la masse de soluté, en grammes, par le volume de la solution, converti en litres. Le volume au dénominateur est celui de la solution obtenue, pas celui du solvant versé : c'est pour cela qu'on prépare la solution dans une fiole jaugée et qu'on complète jusqu'au trait de jauge. Le résultat s'exprime en grammes par litre.

Quelle est la différence entre la masse volumique et la densité ?

La masse volumique est une masse divisée par un volume, donc elle porte une unité, par exemple des grammes par millilitre. La densité est cette masse volumique divisée par celle de l'eau : les unités se simplifient et le résultat est un nombre sans unité. Un corps flotte sur l'eau si sa densité est inférieure à un.

Comment diluer une solution d'un facteur 10 ?

On prélève un volume à la pipette jaugée, puis on le verse dans une fiole jaugée dix fois plus grande et on complète avec de l'eau distillée jusqu'au trait de jauge. Dix millilitres prélevés donnent donc cent millilitres de solution finale. Il ne faut surtout pas ajouter cent millilitres d'eau, ce qui donnerait cent dix millilitres.

Pourquoi le volume d'eau ajouté n'est pas le volume de la solution ?

Parce que le soluté occupe lui aussi de la place une fois dissous. Ajouter cinq grammes de sel à cent millilitres d'eau donne un peu plus de cent millilitres de solution, donc une concentration légèrement différente de celle annoncée. La fiole jaugée règle le problème : elle mesure le volume final, celui qui compte.

Comment lire une droite d'étalonnage pour trouver une concentration ?

On reporte la mesure faite sur la solution inconnue sur l'axe vertical, on rejoint la droite, puis on lit la concentration sur l'axe horizontal. Cette lecture n'est valable qu'entre le premier et le dernier étalon. Si la mesure dépasse la gamme, on dilue la solution d'un facteur connu, on remesure, puis on multiplie par ce facteur.

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Exercices corrigés : Constitution de la matière

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 15 exercices corrigés
  • 150 points
  • 225 minutes
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Ce chapitre resservira dans

Les chapitres qui le réclament en amont, plus tard dans l'année ou dans les années suivantes.

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Contactez-moi pour une première séance. On reprend les gestes du chapitre qui coûtent des points, du choix du dénominateur d'une concentration jusqu'à la lecture d'une droite d'étalonnage, puis on les met à l'épreuve sur des exercices du niveau réel des contrôles au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas.

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