Spécialité physique-chimie, Première • Fiche de révision à Montréal
Fiche de révision : mouvement, Newton et champs (Première spécialité)
Cette fiche ne reprend pas le cours de mécanique : vous l'avez déjà dans vos notes. Elle traite ce que le cours ne dit jamais et qui décide pourtant de la note, à savoir l'erreur exacte qui coûte deux points sur une copie, la loi à choisir d'après ce que l'énoncé FOURNIT, et la rédaction que le correcteur attend quand on invoque le principe d'inertie.
Elle est écrite pour les élèves de Première qui suivent la spécialité physique-chimie du programme français, au lycée en France comme dans le réseau AEFE. Une fois la fiche lue, la série d'exercices corrigés du même chapitre met chaque réflexe à l'épreuve, du vecteur Δv jusqu'à la charge en équilibre dans un champ.
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Le fil du chapitre
Une force ne fabrique pas la vitesse, elle fabrique la VARIATION de vitesse. Tout ce qui coûte des points dans ce chapitre vient de là : le mouvement uniforme qu'on croit sans force, l'apesanteur qu'on croit sans gravitation, et le champ qu'on croit dépendre de l'objet qu'on y place.
Ce qu'une force change, et ce qu'elle ne change pas
•Une force ne maintient pas la vitesse, elle la fait VARIER. L'objet à regarder n'est donc jamais v seul mais Δv=v2−v1.
•Principe d'inertie : ∑F=0 si et seulement si le VECTEUR v est constant, donc mouvement rectiligne ET uniforme. Une seule des deux conditions ne suffit jamais.
•Conséquence immédiate : dès que la trajectoire tourne, même à vitesse constante en norme, la somme des forces n'est pas nulle et pointe vers l'intérieur du virage.
•Δv a la direction et le sens de ∑F : c'est ce qui permet de lire une force sur une chronophotographie sans le moindre calcul.
À gauche, le vecteur vitesse ne change ni de direction ni de norme : la somme des forces est nulle. À droite la norme est la même partout, et pourtant le vecteur tourne, donc la force existe et pointe vers le centre.
Sur une chronophotographie, la vitesse au point M2 se construit par encadrement, v2≈2τM1M3, jamais sur un seul intervalle.
Deux lois en 1/d2, et ce qui les sépare
•Gravitation : F=Gd2mAmB avec G=6,67×10−11 en unités SI. Toujours ATTRACTIVE, aucun signe à discuter.
•Coulomb : F=kd2∣qAqB∣ avec k=8,99×109 en unités SI. Attractive si les charges sont de signes contraires, répulsive sinon.
•Dans les deux cas d est la distance entre les CENTRES, et les deux forces réciproques ont même norme, même direction et sens opposés, quelles que soient les masses ou les charges.
•Ordre de grandeur à connaître : dans l'atome d'hydrogène, FgravFeˊlec≈2×1039. La gravitation ne gouverne que ce qui est électriquement neutre.
Deux masses s'attirent toujours ; deux charges de même signe se repoussent, de signes contraires s'attirent. Dans chaque paire, les deux flèches ont la même longueur, même entre deux corps très différents.
Les deux constantes ne se retiennent pas seules : G est minuscule et k est énorme, ce qui suffit à prévoir le rapport de 1039 avant tout calcul.
Électriser un objet : frottement, contact, influence
•Par FROTTEMENT, des électrons passent d'un corps à l'autre : l'un se charge négativement (électrons en excès), l'autre positivement (électrons en défaut). La charge totale se conserve.
•Par CONTACT, un corps chargé partage sa charge avec un conducteur, qui prend une charge de MÊME signe et se fait aussitôt repousser.
•Par INFLUENCE, sans contact, les charges d'un conducteur neutre se SÉPARENT : la face proche prend le signe opposé à celui du corps chargé. L'objet reste neutre, et pourtant il est attiré.
•Toute charge est un multiple entier de la charge élémentaire : q=±Ne, avec e=1,602×10−19C.
Frottement : des électrons passent du chiffon à la règle. Contact : la boule prend la charge de la règle et s'écarte. Influence : la canette neutre se polarise, son côté proche est attiré.
Le champ, c'est ce qui reste quand on retire l'objet
•F=mG et F=qE : le champ ne dépend QUE de la source et du point, la force dépend en plus de l'objet qu'on y place.
•G=(RT+h)2GMT, en N/kg, et le poids P=mg n'est rien d'autre que cette attraction. La valeur de g ne dépend pas de la masse de l'objet pesé.
•E sort des charges positives et entre dans les négatives. Donc F=qE est de MÊME sens que E pour q>0, et de sens OPPOSÉ pour q<0.
•Les quatre interactions : gravitationnelle et électromagnétique de portée infinie, forte et faible confinées au noyau.
Le champ électrique d'une charge ponctuelle est radial : il SORT d'une charge positive et ENTRE dans une charge négative. Les lignes se resserrent près de la charge, là où le champ est le plus intense.
Une unité en N/kg ou en N/C dit qu'on tient un champ; une unité en N dit qu'on tient une force. C'est le contrôle le plus rapide du chapitre.
Deux cartes de champ : uniforme entre deux plaques, radial autour de la Terre
•Entre deux plaques parallèles chargées, le champ E est UNIFORME : lignes parallèles, régulièrement espacées, de la plaque positive vers la plaque négative.
•Autour de la Terre, le champ de gravitation G est RADIAL et vise le centre. Sa valeur d2GMT est divisée par deux à d=2RT, par quatre à d=2RT.
•À l'échelle d'une salle, les lignes du champ de pesanteur sont presque parallèles : on le traite comme un champ uniforme, vertical, de valeur g=9,81N/kg.
À gauche, le champ uniforme entre deux plaques : la même flèche partout. À droite, le champ de la Terre vise le centre ; à la distance 2RT du centre, il est deux fois plus faible.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Conclure qu'il n'y a pas de force parce que la vitesse ne change pas de valeur
2 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le mobile roule à 20m/s tout le long du virage, sa vitesse est constante, donc ∑F=0. »
Ce qu'il faut écrire
« La norme de v est constante, mais sa direction change : Δv=0, donc ∑F=0, et cette somme pointe vers l'intérieur du virage. »
Pourquoi : Le principe d'inertie porte sur le VECTEUR vitesse, pas sur sa valeur. Un sujet de baccalauréat teste presque toujours ce point avec un mouvement circulaire uniforme.
2.Croire que le corps le plus massif attire le plus fort
1,5 point, et tout le raisonnement de la question suivante
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La Terre est 81 fois plus massive que la Lune, donc elle l'attire 81 fois plus fort qu'elle n'est attirée. »
Ce qu'il faut écrire
« Les deux forces ont la même norme F=Gd2mTmL=1,98×1020N. C'est l'EFFET qui diffère : la même force appliquée à une masse 81 fois plus petite produit une accélération 81 fois plus grande. »
Pourquoi : La troisième loi de Newton ne connaît pas les masses. Confondre force et accélération ici rend fausse toute discussion sur les marées ou sur le mouvement du système Terre-Lune.
3.Expliquer l'impesanteur par une gravitation disparue
toute la question, qui vaut souvent 3 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Les astronautes flottent dans la Station spatiale parce qu'il n'y a plus de gravité à 400km d'altitude. »
Ce qu'il faut écrire
« À 400km, G=8,7N/kg, soit encore 89% de sa valeur au sol. Ils flottent parce qu'ils sont en chute libre avec la station, avec la même accélération qu'elle, pas parce que la gravitation aurait disparu. »
Pourquoi : C'est la question de culture scientifique la plus fréquente du chapitre, et elle est toujours posée APRÈS le calcul de G en altitude : la copie se contredit alors elle-même.
4.Construire la variation de vitesse en mettant les vecteurs bout à bout
2 points, et un sens de force faux à la question suivante
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Je reporte v1, puis v2 à sa suite, et Δv est le vecteur qui ferme le chemin. »
Ce qu'il faut écrire
« Δv=v2−v1 : je ramène les deux vecteurs à la MÊME origine, et Δv joint l'extrémité de v1 à celle de v2. »
À gauche, la construction bout à bout donne la SOMME, qui sort du virage. À droite, les deux vecteurs ramenés à la même origine et Δv qui joint leurs extrémités.
Pourquoi : Bout à bout, on construit la SOMME v1+v2, qui n'a aucun sens physique ici. La différence, elle, donne directement la direction de ∑F.
5.Faire entrer le signe des charges dans la norme de la force de Coulomb
1 point, et le point du schéma qui suit
Ce qu'il ne faut pas écrire
« F=kd2qAqB=−2,2×10−5N, la force est négative. »
Ce qu'il faut écrire
« Une norme est positive : F=kd2∣qAqB∣=2,2×10−5N. Les charges étant de signes contraires, la force est ATTRACTIVE, ce qui se traduit par le sens de la flèche sur le schéma, pas par un nombre négatif. »
Signes contraires : chaque force vise l'AUTRE charge, et les deux flèches ont la même longueur, 2,2×10−5N. L'attraction se lit sur le sens des flèches, pas sur un signe.
Pourquoi : La valeur absolue est écrite dans la formule du programme pour cette raison précise. Un signe moins dans une norme n'a pas de sens et signale au correcteur que le vecteur n'est pas compris.
6.Faire dépendre le champ de l'objet qu'on place dedans
2 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Une masse deux fois plus grande subit un champ de pesanteur deux fois plus grand. »
Ce qu'il faut écrire
« Le champ G ne dépend que de la Terre et du point où l'on se place. C'est la FORCE F=mG qui double, jamais le champ. »
Pourquoi : Le champ est défini pour pouvoir parler de l'espace sans parler de l'objet. Perdre cette idée en Première rend le champ électrique de Terminale incompréhensible.
7.Prendre l'altitude comme distance dans la loi de gravitation
toute la question : le résultat sort à 2,5×103N/kg au lieu de 8,7
Ce qu'il ne faut pas écrire
« G=h2GMT avec h=4,0×105m. »
Ce qu'il faut écrire
« G=(RT+h)2GMT : la distance se compte depuis le CENTRE de la Terre, donc d=6,37×106+4,0×105=6,77×106m. »
Pourquoi : La loi est écrite pour des masses ponctuelles, et une sphère homogène se comporte comme si toute sa masse était en son centre. L'altitude seule ne décrit aucune distance physique.
8.Orienter la force sur une charge négative comme le champ
1,5 point, et un schéma faux qui contamine toute la suite du problème
Ce qu'il ne faut pas écrire
« E est dirigé vers la droite, donc F aussi, quelle que soit la charge. »
Ce qu'il faut écrire
« F=qE : pour q<0, la force est de sens OPPOSÉ au champ. Une charge négative est donc poussée vers la plaque positive, en remontant les lignes de champ. »
Le champ E va de la plaque positive vers la négative. La charge +q suit le sens de E, la charge −q part en sens contraire : c'est le signe de q qui retourne la flèche.
Pourquoi : q est un facteur signé dans F=qE, exactement comme −1 retourne un vecteur. C'est le seul endroit du chapitre où un signe change une direction.
9.Croire qu'un objet neutre ne peut pas être attiré
toute la question d'interprétation, souvent 2 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La canette est neutre, donc la règle chargée n'exerce aucune force sur elle. »
Ce qu'il faut écrire
« Neutre ne veut pas dire sans charges. La règle SÉPARE les charges de la canette : +1,0nC côté proche, à 3,0cm, −1,0nC côté éloigné, à 9,0cm. L'attraction, 4,0×10−5N, l'emporte sur la répulsion, neuf fois plus faible : la canette est attirée. »
La canette reste neutre, mais ses charges sont séparées : le côté positif, trois fois plus proche de la règle, est attiré neuf fois plus fort que le côté négatif n'est repoussé.
Pourquoi : La force de Coulomb décroît en d21 : à distance triple, elle est divisée par neuf. Les charges induites se compensent en quantité, pas en effet, et la plus proche gagne toujours, quel que soit le signe de l'objet chargé.
Quelle méthode choisir
Quelle loi employer, d'après ce que l'énoncé fournit
On ne choisit pas la loi d'après le thème du chapitre, mais d'après les DONNÉES : des masses, des charges, un champ déjà fourni, ou rien qu'une trajectoire.
Si deux masses en kg et une distance → gravitation universelle, F=Gd2mAmB, force attractive dans les deux sens
Exemple : Terre-Lune : F=1,98×1020N sur chacun des deux corps
Si l'énoncé donne un rayon et une altitude, la distance est leur SOMME.
Si deux charges en C et une distance → loi de Coulomb, F=kd2∣qAqB∣, attractive ou répulsive selon les signes
Exemple : proton et électron à 53pm : F=8,2×10−8N
Le signe se lit sur le schéma, jamais dans le résultat numérique.
Si un champ G ou E est donné, et un objet y est placé → F=mG ou F=qE, sans jamais remonter à la source
Exemple : q=−2,0μC dans E=500N/C : F=1,0×10−3N, opposée à E
C'est la branche la plus rapide, et celle qu'on oublie en refaisant tout le calcul de la source.
Si une trajectoire ou une chronophotographie, sans aucune valeur de force → principe d'inertie et lecture de Δv : la direction de la force se LIT, elle ne se calcule pas
Exemple : points alignés et régulièrement espacés ⇒∑F=0
Répondre par un calcul ici fait perdre le temps ET le point de lecture graphique.
Si aucune branche ne s'applique, c'est en général que la question demande une COMPARAISON : calculer les deux forces et former leur rapport, sans chercher laquelle serait « la bonne ».
Ce que la trajectoire dit de la somme des forces
Deux questions seulement, posées sur la figure : la trajectoire est-elle droite, et les points sont-ils régulièrement espacés ?
En haut, en ligne droite : somme nulle, puis vers l'avant, puis vers l'arrière. En bas : sur un cercle parcouru régulièrement, elle vise le centre ; sur la parabole d'un projectile, c'est le poids.
Si droite et points régulièrement espacés → ∑F=0, par le principe d'inertie
Exemple : un palet sur coussin d'air
Si droite et points de plus en plus espacés → ∑F=0, de MÊME sens que v
Exemple : une chute libre verticale
Si droite et points de moins en moins espacés → ∑F=0, de sens OPPOSÉ à v
Exemple : un freinage en ligne droite
Si courbe et points régulièrement espacés → ∑F=0, perpendiculaire à v et dirigée vers l'intérieur
Exemple : un mouvement circulaire uniforme
Si courbe et points inégalement espacés → ∑F=0, ni parallèle ni perpendiculaire : construire Δv pour trancher
Exemple : un projectile lancé en l'air
Ce tableau se lit dans les deux sens : la trajectoire donne la force, et la force donne la trajectoire. C'est la réponse attendue en une ligne, sans aucun calcul.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Justifier un mouvement par le principe d'inertie
Quand l'utiliser : Dès que l'énoncé demande de montrer qu'un mouvement est rectiligne uniforme, ou d'en déduire que les forces se compensent.
1Définir le système : « Système : le palet, de masse m=0,20kg. »
2Nommer le référentiel : « Référentiel terrestre, supposé galiléen. » Sans lui, le principe d'inertie n'a pas d'énoncé.
3Faire le bilan des forces une par une, avec leur nom : « le poids P, la réaction du support R. »
4Constater sur la chronophotographie que les points sont ALIGNÉS et RÉGULIÈREMENT espacés, donc que v est constant en direction et en norme.
5Conclure par la phrase type, en citant le principe par son nom.
Phrase de conclusion
Dans le référentiel terrestre supposé galiléen, le vecteur vitesse du système est constant : d'après le principe d'inertie, la somme des forces qui s'exercent sur lui est nulle, soit P+R=0.
Le piège : Sauter le référentiel. Une copie qui écrit « les forces se compensent » sans avoir nommé le référentiel galiléen perd le point de rigueur, à tous les coups.
Barème : En général 0,5 point pour le système, 0,5 pour le référentiel, 1 point pour le bilan des forces nommées, 1 point pour la conclusion.
Calculer un champ de pesanteur en altitude
Quand l'utiliser : Dès qu'une altitude apparaît dans un énoncé de gravitation : satellite, station spatiale, sommet de montagne.
1Écrire la formule littérale AVANT toute application numérique : G=(RT+h)2GMT.
2Convertir l'altitude et le rayon dans la même unité, le mètre, puis les additionner : d=RT+h.
3Substituer en séparant mantisses et puissances de dix, puis donner le résultat avec son unité N/kg et deux chiffres significatifs.
4Comparer à 9,81N/kg sous forme de pourcentage, ce que la question suivante demande presque toujours.
Phrase de conclusion
À l'altitude h=400km, G=(RT+h)2GMT=8,7N/kg, soit encore 89% de sa valeur au sol : la gravitation terrestre n'a pas disparu.
Le piège : Élever au carré le seul rayon, ou la seule altitude. Le carré porte sur la SOMME RT+h tout entière, parenthèses comprises à la calculatrice.
Barème : 1 point pour la formule littérale, 1 point pour d=RT+h, 1 point pour le résultat avec son unité.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
L'unité dit si c'est un champ ou une force
Une force est en N, un champ de pesanteur en N/kg, un champ électrique en N/C. Si le résultat sort en N/kg alors que la question demandait une force, il manque une multiplication par m.
Répondre 8,7 à « calculez le poids de l'astronaute » signale qu'on a rendu le champ : il fallait 75×8,7=6,5×102N.
Les deux ordres de grandeur qui rattrapent tout
Au sol g≈9,8N/kg, et il reste supérieur à 8N/kg partout où circule un satellite en orbite basse. Dans un atome, la force électrique écrase la gravitation d'un facteur 1039.
Un champ trouvé à 2,5×103N/kg à 400km vaut 250 fois celui du sol : c'est absurde, et cela désigne exactement l'erreur, d=h au lieu de d=RT+h.
Le sens de la flèche se vérifie sur le dessin, pas dans le calcul
Reposez la question autrement : cet objet est-il attiré ou repoussé ? La gravitation attire toujours. Deux charges de même signe se repoussent. Une charge négative remonte les lignes de E.
Une flèche F tracée dans le sens de E sur un électron est fausse même si la valeur numérique est juste, et le point du schéma saute.
La variation de vitesse doit pointer vers l'intérieur de la courbe
Posez Δv sur la trajectoire et regardez de quel côté il part. Sur une courbe, il rentre toujours dans le virage; s'il en sort, la soustraction a été faite à l'envers.
Dans un virage à gauche, un Δv tourné vers la droite signale un v1−v2 calculé au lieu de v2−v1.
L'exercice type décortiqué
La pesanteur à l'altitude de la Station spatiale internationale
La Station spatiale internationale orbite à l'altitude h=4,0×102km. Données : G=6,67×10−11 en unités SI, MT=5,97×1024kg, RT=6,37×103km, et g0=9,81N/kg au sol.
1. Calculer le champ de pesanteur G à cette altitude. 2. Le comparer à sa valeur au sol. 3. Un astronaute de masse m=75kg y flotte : expliquer, sans contredire le résultat précédent.
La configuration de l'énoncé, altitude agrandie : la distance de la loi de gravitation va du CENTRE de la Terre à la station, d=RT+h.
Étape 1
La distance à utiliser est celle au CENTRE de la Terre : d=RT+h=6,37×106+4,0×105=6,77×106m.
Pourquoi
C'est l'étape qui décide de tout le reste, et c'est celle qu'on saute. Les deux longueurs sont fournies en kilomètres exprès : elles doivent d'abord devenir des mètres, puis s'additionner.
Étape 2
Formule littérale d'abord : G=(RT+h)2GMT.
Pourquoi
Une formule littérale juste rapporte son point même si l'application numérique se trompe ensuite. L'inverse n'est jamais vrai, et c'est le point le moins cher du chapitre.
Séparer les mantisses des puissances de dix évite l'erreur de calculatrice la plus fréquente ici, la parenthèse oubliée autour du dénominateur.
Étape 4
Comparaison : 9,818,7=0,89, soit 89% de la valeur au sol.
Pourquoi
L'énoncé attend un pourcentage, pas un écart en N/kg : c'est lui qui rend le résultat parlant et qui prépare la troisième question.
Étape 5
L'astronaute subit donc un poids P=mG=75×8,7=6,5×102N, très loin d'être nul. S'il flotte, c'est que la station et lui tombent ensemble, avec la même accélération : une chute libre permanente autour de la Terre.
Pourquoi
C'est la question qui sépare les copies. Elle ne demande aucun calcul nouveau, seulement de ne pas contredire le chiffre qu'on vient d'écrire deux lignes plus haut.
Étape 6
Vérification : en refaisant le calcul avec h=0, on doit retrouver RT2GMT=9,81N/kg.
Pourquoi
C'est le contrôle le plus rentable du chapitre. Si la formule redonne la valeur au sol pour une altitude nulle, elle est juste; sinon l'erreur est dans le dénominateur, nulle part ailleurs.
Conclusion rédigée
À 400km d'altitude, G=8,7N/kg, soit 89% de sa valeur au sol, et le poids de l'astronaute vaut encore 6,5×102N. L'impesanteur ressentie vient de la chute libre commune de la station et de son occupant, jamais d'une disparition de la gravitation.
L'erreur classique sur cet exercice : Répondre G=2,5×103N/kg en ayant pris d=h. Le résultat vaut 250 fois la pesanteur au sol : une seconde de contrôle d'ordre de grandeur suffisait à l'écarter.
À savoir par cœur
•Une force ne donne pas la vitesse, elle donne sa VARIATION : Δv a toujours la direction et le sens de ∑F.
•Principe d'inertie : ∑F=0 équivaut à rectiligne ET uniforme. Les deux mots, jamais un seul.
•F=Gd2mAmB et F=kd2∣qAqB∣ : d est la distance entre les CENTRES, et les deux forces réciproques ont la même norme.
•G=(RT+h)2GMT : le carré porte sur RT+h tout entier, jamais sur la seule altitude.
•Un champ ne dépend que de sa source; la force dépend en plus de l'objet : F=mG et F=qE.
•E sort du positif et entre dans le négatif, donc une charge NÉGATIVE subit une force opposée à E.
•Quatre interactions : gravitationnelle et électromagnétique de portée infinie, forte et faible confinées au noyau.
•Influence : un objet chargé SÉPARE les charges d'un objet neutre voisin, qui est alors attiré ; au CONTACT, la charge se partage et les deux objets se repoussent.
•Pour aller plus loin, Terminale : entre deux plaques parallèles, E=dU, et la deuxième loi de Newton s'écrit ∑F=ma ; en Première, on garde ∑F≈mΔtΔv.
Questions fréquentes
Pourquoi y a-t-il une force si la vitesse ne change pas de valeur ?
Parce que le principe d'inertie porte sur le vecteur vitesse, pas sur sa valeur. Dans un virage, la direction change, donc le vecteur change, donc la variation de vitesse n'est pas nulle et la somme des forces non plus. Elle pointe alors vers l'intérieur de la courbe.
Pourquoi les astronautes flottent-ils dans la Station spatiale ?
Pas parce que la gravité aurait disparu : à 400 kilomètres d'altitude, le champ de pesanteur vaut encore 8,7 newtons par kilogramme, soit 89 pour cent de sa valeur au sol. Ils flottent parce que la station et eux tombent ensemble, avec la même accélération. C'est une chute libre permanente, pas une absence de gravitation.
Quelle est la différence entre un champ et une force en Première ?
Le champ ne dépend que de la source et du point où l'on se place : il existe même si rien n'y est placé. La force n'apparaît que lorsqu'on y met un objet, et elle dépend en plus de sa masse ou de sa charge. On passe de l'un à l'autre par force égale masse fois champ, ou charge fois champ.
Comment construire le vecteur variation de vitesse sur une chronophotographie ?
On reporte les deux vecteurs vitesse à la même origine, puis on trace le vecteur qui va de l'extrémité du premier à celle du second : c'est vitesse deux moins vitesse un. Il ne se construit jamais en mettant les deux flèches bout à bout, et sur une trajectoire courbe il pointe toujours vers l'intérieur.
Comment savoir s'il faut utiliser la gravitation ou la loi de Coulomb ?
On regarde ce que l'énoncé fournit. Des masses en kilogrammes appellent la gravitation universelle, des charges en coulombs appellent la loi de Coulomb. Quand les deux sont données, la question demande presque toujours le rapport des deux forces, qui vaut environ dix puissance trente-neuf dans un atome.
Pourquoi une règle frottée attire-t-elle un objet neutre ?
Parce qu'un objet neutre contient autant de charges positives que négatives. En approchant, la règle les sépare : dans un métal, des électrons libres migrent ; dans un isolant, chaque molécule se polarise. Les charges de signe opposé à celui de la règle se retrouvent plus près d'elle, et la force électrique diminuant vite avec la distance, l'attraction l'emporte sur la répulsion.
Passer à la pratique
Exercices corrigés : Mouvement, Newton et champs
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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