Spécialité physique-chimie, Terminale • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : mouvement dans un champ uniforme (Terminale spécialité)
Voici une série d'exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur le mouvement dans un champ uniforme, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
Le fil de la série est que le tir balistique et la déviation d'un électron sont le MÊME problème : une accélération constante perpendiculaire à la vitesse initiale. Toutes les formules se transposent, à ceci près que la masse se simplifie dans le champ de pesanteur et pas dans le champ électrique.
L'exercice 4 contient le résultat que tout le monde croit connaître et que peu savent démontrer : la portée est maximale à quarante-cinq degrés, et deux angles complémentaires comme trente et soixante donnent exactement la même portée, ce que le graphique rend visible d'un coup d'oeil.
La partie D traite trois capacités du programme que la série laissait de côté. L'exercice 16 suit le centre de masse d'une plongeuse, justifie le référentiel terrestre supposé galiléen, et MONTRE, sur trois axes, que le mouvement dans un champ uniforme est plan. L'exercice 17 décrit le principe d'un accélérateur linéaire : un gain d'énergie constant à chaque intervalle, des tubes où le mouvement est uniforme, et une tension alternative qui impose leur longueur.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Deuxième loi de Newton : ∑F=ma, égalité VECTORIELLE.
•Chute libre : a=g, la masse se simplifie. Champ électrique : a=mqE, elle ne se simplifie pas.
•Tir parabolique : x=v0cosαt et y=−21gt2+v0sinαt. Trajectoire parabolique.
•Portée P=gv02sin(2α), maximale à 45∘, et identique pour deux angles complémentaires. Flèche 2g(v0sinα)2.
•Au sommet, seule vy s'annule : la vitesse y vaut v0cosα, jamais zéro.
•Champ entre deux plaques : E=dU, uniforme. Le poids d'une particule chargée est négligeable, mais il faut le VÉRIFIER par un rapport.
•Vitesse d'arrivée depuis une hauteur : v=v02+2gh, indépendante de l'angle de tir.
•Déviation entre plaques : y=21a(v0L)2, donc elle varie comme l'inverse du CARRÉ de la vitesse d'entrée.
•Mouvement plan : sur trois axes, si ni a ni v0 n'ont de composante sur (Oy), alors y(t)=y(0) à tout instant ; le mouvement a lieu dans le plan défini par le champ et la vitesse initiale. On étudie le CENTRE DE MASSE, dans un référentiel qu'on dit supposé galiléen.
•Accélérateur linéaire : ΔEc=qU à chaque intervalle, mouvement uniforme dans les tubes, tension alternative de période T ; chaque tube se traverse en 2T, donc Ln=vn2T, proportionnelle à n.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Vecteurs position, vitesse et accélération
Dans un repère fixe, le mouvement d'un point est décrit par son vecteur position OM(t). Le vecteur vitesse en est la dérivée, et le vecteur accélération la dérivée du vecteur vitesse.
Un mobile a pour équations horaires x(t)=4,0t et y(t)=3,0t−4,9t2, en mètres et secondes.
a) Donnez les coordonnées du vecteur vitesse à l'instant t.
b) Donnez les coordonnées du vecteur accélération et commentez.
c) Calculez la vitesse initiale, en norme et en direction.
d) Déterminez l'instant où la composante verticale de la vitesse s'annule, et l'altitude atteinte alors.
e) Établissez l'équation de la trajectoire y(x) en éliminant le temps. De quelle courbe s'agit-il ?
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Réponses
a)vx=4,0 m/s, vy=3,0−9,8t
b)ax=0, ay=−9,8 m/s² : chute libre
c)v0=5,0 m/s, α=37∘
d)t=0,306 s, y=0,459 m
e)y=0,75x−0,306x2 : parabole
a) On dérive chaque coordonnée par rapport au temps : vx(t)=4,0m/s et vy(t)=3,0−9,8tm/s.
b) En dérivant à nouveau : ax=0 et ay=−9,8m/s2. Le vecteur accélération est donc constant, vertical et dirigé vers le bas : on reconnaît le champ de pesanteur, et le mobile est en chute libre. Sa composante horizontale nulle traduit l'absence de force horizontale.
c) À t=0 : vx=4,0 et vy=3,0, donc v0=4,02+3,02=5,0m/s. L'angle avec l'horizontale vérifie tanα=4,03,0=0,75, soit α=37∘.
d) vy=0 donne 3,0−9,8t=0, soit t=0,306s. L'altitude vaut alors y=3,0×0,306−4,9×0,3062=0,918−0,459=0,459m. C'est le sommet de la trajectoire, là où la vitesse est purement horizontale et non nulle.
e) De x=4,0t on tire t=4,0x. En reportant : y=3,0×4,0x−4,9×16x2=0,75x−0,306x2. C'est l'équation d'une PARABOLE, de concavité tournée vers le bas puisque le coefficient de x2 est négatif.
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Exercice 2 : La deuxième loi de Newton
La deuxième loi de Newton énonce que dans un référentiel galiléen, la somme des forces appliquées à un système de masse constante m est égale au produit de m par son vecteur accélération.
a) Écrivez cette loi sous forme vectorielle et précisez les unités de chaque terme.
b) Un système n'est soumis qu'à son poids. Établissez l'expression de son accélération et concluez.
c) Justifiez que cette accélération ne dépend pas de la masse. Quelle conséquence expérimentale célèbre en découle ?
d) Un électron de charge −e est placé dans un champ électrique uniforme E. Établissez l'expression de son accélération et précisez son sens par rapport à E.
e) Dans les deux cas précédents, l'accélération est constante. Qu'est-ce que cela implique sur la nature du mouvement ?
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Réponses
a)∑F=ma (N, kg, m/s²)
b)a=g : chute libre
c)La masse se simplifie : tous les corps tombent pareil dans le vide
d)a=−meE, opposée à E
e)Mouvement uniformément accéléré
a) ∑F=ma, où les forces sont en newtons, la masse en kilogrammes et l'accélération en m/s2. C'est une égalité VECTORIELLE : elle vaut pour la norme, la direction et le sens simultanément.
b) Si la seule force est le poids, mg=ma, donc a=g. Le système est en CHUTE LIBRE, avec une accélération égale au champ de pesanteur, verticale vers le bas et de norme 9,81m/s2.
c) La masse se simplifie de part et d'autre, parce qu'elle apparaît à la fois dans le poids, qui est la cause du mouvement, et dans l'inertie, qui s'y oppose. Ces deux rôles se compensent exactement. La conséquence célèbre est que tous les corps tombent de la même façon dans le vide, ce qu'illustrent l'expérience attribuée à Galilée et, de façon spectaculaire, la plume et le marteau lâchés ensemble sur la Lune par la mission Apollo 15.
d) La force électrique vaut F=qE=−eE, donc a=m−eE. La charge étant négative, l'accélération est de sens OPPOSÉ au champ électrique. Un électron remonte donc les lignes de champ, contrairement à une charge positive.
e) Une accélération constante en norme, direction et sens signifie que la vitesse varie linéairement avec le temps et la position quadratiquement : le mouvement est UNIFORMÉMENT ACCÉLÉRÉ. Si la vitesse initiale n'est pas colinéaire à l'accélération, la trajectoire est une parabole ; si elle l'est, ou si elle est nulle, la trajectoire est rectiligne. Les deux situations relèvent du même traitement mathématique, ce qui explique que le tir balistique et la déviation d'un électron se résolvent exactement de la même manière.
Exercice 3 : Le tir parabolique : équations horaires
Un projectile est lancé depuis l'origine avec une vitesse initiale v0=15,0m/s faisant un angle α=40∘ avec l'horizontale. On néglige les frottements et on prend g=9,81m/s2.
a) Calculez les composantes initiales de la vitesse.
b) Établissez les équations horaires x(t) et y(t) à partir de la deuxième loi de Newton.
c) Calculez la durée du vol jusqu'au retour au sol.
d) Calculez la portée du tir.
e) Calculez la flèche, c'est-à-dire l'altitude maximale atteinte.
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Réponses
a)v0x=11,5 m/s, v0y=9,64 m/s
b)x=v0xt, y=−21gt2+v0yt
c)tv=1,97 s
d)Portée 22,6 m
e)Flèche 4,74 m
a) v0x=v0cosα=15,0×cos40∘=11,5m/s et v0y=v0sinα=15,0×sin40∘=9,64m/s.
b) La seule force étant le poids, a=g, donc ax=0 et ay=−g. En intégrant une fois avec les conditions initiales : vx=v0x et vy=−gt+v0y. En intégrant à nouveau depuis l'origine : x(t)=v0xt et y(t)=−21gt2+v0yt.
c) Le retour au sol correspond à y=0 avec t=0 : −21gt+v0y=0, donc tv=g2v0y=9,812×9,64=1,97s.
d) La portée est l'abscisse atteinte à cet instant : x=v0xtv=11,5×1,97=22,6m.
e) La flèche est atteinte quand vy=0, soit à t=gv0y, c'est-à-dire à la moitié du temps de vol. Alors ymax=2gv0y2=2×9,819,642=4,74m. On remarque la symétrie de la trajectoire : la montée et la descente durent exactement le même temps.
Exercice 4 : Quel angle donne la plus grande portée ?
On garde v0=15,0m/s et on fait varier l'angle de tir. Le graphique montre trois trajectoires, pour 30∘, 45∘ et 60∘.
a) Montrez que la portée s'écrit P=gv02sin(2α).
b) Déduisez-en l'angle qui maximise la portée, et calculez cette portée maximale.
c) Calculez la portée pour 30∘ puis pour 60∘. Que remarquez-vous ? Justifiez à partir de la formule.
d) Vérifiez ces trois portées sur le graphique.
e) Comparez les flèches des trois tirs et expliquez pourquoi le tir à 60∘ monte plus haut tout en retombant moins loin.
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Réponses
a)P=gv02sin(2α)
b)α=45∘, Pmax=22,9 m
c)19,9 m dans les deux cas : angles complémentaires
d)30∘ et 60∘ au même point, 45∘ plus loin
e)Flèches 2,87 ; 5,73 ; 8,60 m
a) La portée vaut P=v0xtv=v0cosα×g2v0sinα=g2v02sinαcosα. En utilisant l'identité sin(2α)=2sinαcosα, il vient P=gv02sin(2α).
b) La portée est maximale quand sin(2α) l'est, c'est-à-dire quand 2α=90∘, soit α=45∘. Alors Pmax=gv02=9,81225=22,9m.
c) Pour 30∘ : P=9,81225sin60∘=19,9m. Pour 60∘ : P=9,81225sin120∘=19,9m. Les deux portées sont IDENTIQUES. La raison est que sin60∘=sin120∘ : deux angles complémentaires, dont la somme vaut 90∘, donnent le même sin(2α) donc la même portée.
d) Le graphique le confirme : les trajectoires à 30∘ et 60∘ retombent au même point, marqué vers 19,9m, tandis que celle à 45∘ va nettement plus loin, jusqu'à 22,9m.
e) La flèche vaut 2g(v0sinα)2, donc elle croît avec l'angle : 2,87m à 30∘, 5,73m à 45∘ et 8,60m à 60∘. Le tir à 60∘ consacre l'essentiel de sa vitesse initiale à la composante verticale : il monte donc très haut et reste longtemps en l'air, mais sa composante horizontale est faible et il n'avance pas vite. Le tir à 30∘ fait l'inverse. À 45∘, le compromis entre durée de vol et vitesse horizontale est optimal, et c'est exactement ce que traduit le maximum du sinus.
Exercice 5 : Une charge dans un champ électrique uniforme
Deux plaques planes parallèles distantes de d=5,0cm sont soumises à une tension U=200V. Le champ électrique entre elles est uniforme, de norme E=dU.
On donne e=1,602×10−19C et me=9,109×10−31kg.
a) Calculez la norme du champ électrique entre les plaques.
b) Calculez la force électrique subie par un électron placé dans ce champ.
c) Comparez cette force au poids de l'électron. Que peut-on en conclure ?
d) Calculez l'accélération de l'électron.
e) L'électron part du repos de la plaque négative. Calculez sa vitesse en atteignant la plaque positive, par un raisonnement énergétique.
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Réponses
a)E=4,0×103 V/m
b)F=6,41×10−16 N
c)PF=7,2×1013 : poids négligeable
d)a=7,03×1014 m/s²
e)v=8,39×106 m/s
a) E=dU=5,0×10−2200=4,0×103V/m.
b) F=eE=1,602×10−19×4,0×103=6,41×10−16N.
c) Le poids vaut P=meg=9,109×10−31×9,81=8,94×10−30N. Le rapport PF=8,94×10−306,41×10−16=7,2×1013 : la force électrique est plus de dix mille milliards de fois supérieure au poids. On NÉGLIGE donc systématiquement le poids d'une particule chargée dans un champ électrique, et c'est ce qui autorise à traiter le problème comme une chute libre dans un champ purement électrique.
d) a=meF=9,109×10−316,41×10−16=7,03×1014m/s2. Cette valeur colossale, quatorze ordres de grandeur au-dessus de g, explique pourquoi les électrons atteignent de très grandes vitesses sur des distances minuscules.
e) Le théorème de l'énergie cinétique donne 21mev2=eU, puisque le travail de la force électrique vaut eU sur la traversée complète. Donc v=me2eU=9,109×10−312×1,602×10−19×200=8,39×106m/s, soit environ 2,8 pour cent de la vitesse de la lumière, ce qui justifie encore le traitement non relativiste.
Partie B : Niveau baccalauréat (/50)
Exercice 6 : Un tir depuis une hauteur
Un projectile est lancé depuis le sommet d'une falaise de hauteur h=20,0m, avec une vitesse v0=15,0m/s inclinée de α=40∘ au-dessus de l'horizontale. On prend g=9,81m/s2.
L'origine est prise au point de lancement, l'axe des y vers le haut.
a) Écrivez les équations horaires du mouvement.
b) Déterminez l'instant où le projectile atteint le sommet de sa trajectoire, et l'altitude correspondante au-dessus du point de lancement.
c) Déterminez l'instant d'impact au pied de la falaise, en résolvant y=−20,0.
d) Calculez la portée horizontale totale.
e) Calculez la vitesse à l'impact, en norme, par un raisonnement énergétique. Cette vitesse dépend-elle de l'angle de tir ?
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Réponses
a)x=11,49t, y=−4,905t2+9,64t
b)t=0,983 s, 4,74 m au-dessus du lancement
c)t=3,23 s
d)37,1 m
e)v=24,8 m/s, indépendante de l'angle
a) v0x=15,0cos40∘=11,49m/s et v0y=15,0sin40∘=9,64m/s. D'où x(t)=11,49t et y(t)=−4,905t2+9,64t.
b) Le sommet correspond à vy=0, soit t=9,819,64=0,983s. L'altitude vaut alors y=2×9,819,642=4,74m au-dessus du point de lancement, donc 24,7m au-dessus du pied de la falaise.
c) On résout −4,905t2+9,64t=−20,0, soit 4,905t2−9,64t−20,0=0. Le discriminant vaut 9,642+4×4,905×20,0=92,9+392,4=485,3, de racine 22,03. La solution positive est t=2×4,9059,64+22,03=3,23s.
d) x=11,49×3,23=37,1m. Le projectile retombe donc à environ 37m du pied de la falaise.
e) La conservation de l'énergie mécanique donne 21mv2=21mv02+mgh, la masse se simplifiant : v=v02+2gh=225+2×9,81×20,0=617,4=24,8m/s. Cette vitesse ne dépend PAS de l'angle de tir : seuls la vitesse initiale et le dénivelé interviennent, parce que le travail du poids ne dépend que de la variation d'altitude. Deux projectiles lancés à la même vitesse mais à des angles différents arrivent donc au sol à la même vitesse, quoique dans des directions différentes et à des endroits différents.
Exercice 7 : Dévier un faisceau d'électrons
Un électron entre avec une vitesse horizontale v0=2,0×107m/s entre deux plaques horizontales de longueur L=8,0cm, distantes de 5,0cm et soumises à U=200V.
On garde e=1,602×10−19C et me=9,109×10−31kg, et on néglige le poids.
a) Justifiez que le mouvement est analogue à celui d'un tir horizontal dans un champ de pesanteur.
b) Écrivez les équations horaires du mouvement à l'intérieur des plaques.
c) Calculez la durée de la traversée.
d) Calculez la déviation verticale à la sortie des plaques et vérifiez que l'électron ne heurte pas la plaque.
e) Calculez l'angle de sortie du faisceau par rapport à l'horizontale.
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Réponses
a)Accélération constante perpendiculaire à v0
b)a=7,03×1014 m/s², x=v0t, y=21at2
c)Δt=4,0 ns
d)5,6 mm, pas de choc
e)θ=8,0∘
a) La seule force notable est la force électrique, constante en norme et en direction puisque le champ est uniforme, et perpendiculaire à la vitesse initiale. C'est exactement la configuration d'un projectile lancé horizontalement dans le champ de pesanteur : accélération constante perpendiculaire à la vitesse initiale. Le rôle de g est tenu par meeE, et toutes les formules du tir se transposent.
b) L'accélération vaut a=meeE=9,109×10−311,602×10−19×4,0×103=7,03×1014m/s2, dirigée vers la plaque positive. Les équations sont x(t)=v0t et y(t)=21at2, en comptant y dans le sens de la déviation.
c) Δt=v0L=2,0×1078,0×10−2=4,0×10−9s, soit 4,0ns.
d) y=21aΔt2=0,5×7,03×1014×(4,0×10−9)2=5,6×10−3m, soit 5,6mm. L'électron entrant à mi-distance dispose de 2,5cm avant de toucher la plaque : la déviation de 5,6mm reste bien inférieure, il sort donc sans heurter.
e) À la sortie, vy=aΔt=7,03×1014×4,0×10−9=2,81×106m/s, tandis que vx=2,0×107m/s est inchangée. Donc tanθ=2,0×1072,81×106=0,141, soit θ=8,0∘. C'est ce principe qui commandait le balayage des anciens tubes cathodiques, où une tension variable dirigeait le faisceau point par point sur l'écran.
Exercice 8 : Deux champs, un seul traitement
Le champ de pesanteur et le champ électrique uniforme conduisent au même type de mouvement. Cet exercice met les deux situations en regard.
a) Comparez les expressions de la force et de l'accélération dans les deux cas, et dites ce qui joue le rôle de la masse.
b) Dans un champ de pesanteur, l'accélération est indépendante de la masse. Est-ce le cas dans un champ électrique ?
c) Deux particules de même charge mais de masses différentes entrent dans le même champ électrique avec la même vitesse. Laquelle est la plus déviée ?
d) Un proton et un électron entrent avec la même vitesse dans le même champ électrique. Comparez leurs déviations en norme et en sens, avec mp=1,673×10−27kg.
e) Pourquoi le poids est-il négligé dans un problème d'électron mais jamais dans un problème de balle de tennis ?
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Réponses
a)a=mqE : le rapport mq
b)Non
c)La plus légère
d)Sens opposés, électron 1836 fois plus dévié
e)Comparaison chiffrée : F≈7×1013P pour l'électron
a) Dans le champ de pesanteur, F=mg donc a=g : la masse se simplifie. Dans le champ électrique, F=qE donc a=mqE : la masse ne se simplifie PAS, puisqu'elle n'apparaît pas dans la force. C'est le rapport mq, appelé rapport charge sur masse, qui joue ici le rôle central. Dans les deux cas l'accélération est constante et verticale : les mêmes équations horaires servent, seul a change de nom.
b) Non. L'accélération électrique est inversement proportionnelle à la masse. C'est une différence fondamentale : la gravitation est la seule interaction dont la source est aussi la mesure de l'inertie, ce qui est le principe d'équivalence.
c) La plus LÉGÈRE, puisque a=mqE décroît quand m croît. À durée de traversée égale, une masse deux fois plus petite subit une accélération deux fois plus grande et une déviation deux fois plus grande.
d) Les charges sont opposées, donc les déviations sont de sens OPPOSÉS : l'électron va vers la plaque positive, le proton vers la négative. En norme, le rapport des déviations est celui des accélérations, donc l'inverse du rapport des masses : memp=9,109×10−311,673×10−27=1836. L'électron est donc environ 1836 fois plus dévié que le proton. C'est exactement ce qui rend la spectrométrie de masse possible.
e) Parce que la comparaison des ordres de grandeur le justifie dans un cas et l'interdit dans l'autre. Pour l'électron de l'exercice 5, la force électrique vaut 7×1013 fois son poids : le négliger introduit une erreur relative de l'ordre de 10−14, largement sous toute précision de mesure. Pour une balle de tennis, aucune force électrique n'est en jeu et le poids est la force dominante. Négliger une force n'est jamais une règle générale : c'est toujours le résultat d'une comparaison chiffrée, qu'il faut mener avant de décider.
Exercice 9 : Quatre affirmations à corriger
Chacune des quatre affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous sur un résultat chiffré des exercices précédents.
a) « Au sommet de sa trajectoire, la vitesse d'un projectile est nulle. »
b) « Pour lancer un projectile le plus loin possible, il faut viser le plus haut possible. »
c) « Dans un champ électrique, toutes les particules subissent la même accélération, comme dans un champ de pesanteur. »
d) « La vitesse d'arrivée au sol d'un projectile lancé depuis une falaise dépend de l'angle de tir. »
Voir la correction
Réponses
a)Faux : seule vy s'annule
b)Faux : maximum à 45∘
c)Faux : a dépend de mq
d)Faux : v=v02+2gh sans l'angle
a) Faux. Seule la composante VERTICALE de la vitesse s'annule au sommet ; la composante horizontale, elle, reste constante puisque aucune force horizontale n'agit. À l'exercice 3, la vitesse au sommet vaut encore 11,5m/s, entièrement horizontale. Si la vitesse était réellement nulle, le projectile tomberait à la verticale, ce qu'on n'observe évidemment pas.
b) Faux. La portée vaut gv02sin(2α), maximale pour α=45∘ et non pour un angle plus grand. L'exercice 4 le chiffre : 22,9m à 45∘ contre seulement 19,9m à 60∘, alors que le tir à 60∘ monte pourtant presque deux fois plus haut. Viser trop haut consacre la vitesse à monter plutôt qu'à avancer. À noter que 30∘ donne exactement la même portée que 60∘.
c) Faux, et c'est la différence essentielle entre les deux champs. Dans le champ de pesanteur, a=g car la masse se simplifie. Dans un champ électrique, a=mqE : l'accélération dépend du rapport charge sur masse et diffère donc d'une particule à l'autre. L'exercice 8 le chiffre : l'électron est 1836 fois plus accéléré que le proton dans le même champ, et en sens opposé.
d) Faux. La conservation de l'énergie mécanique donne v=v02+2gh, expression où l'angle n'apparaît pas : seuls la vitesse initiale et le dénivelé comptent, parce que le travail du poids ne dépend que de la variation d'altitude. L'exercice 6 donne 24,8m/s quel que soit l'angle. Ce qui dépend de l'angle, ce sont la DIRECTION de la vitesse à l'impact, le point de chute et la durée du vol, mais pas la norme.
Exercice 10 : Le canon à électrons d'un microscope
Dans un microscope électronique, des électrons sont d'abord accélérés depuis le repos par une tension U1=15,0kV, puis déviés par un système de plaques.
On garde e=1,602×10−19C et me=9,109×10−31kg.
a) Calculez l'énergie cinétique acquise par un électron, en joules puis en électronvolts.
b) Calculez sa vitesse à la sortie du canon.
c) Vérifiez que le traitement non relativiste reste acceptable en comparant cette vitesse à celle de la lumière.
d) Cet électron entre ensuite dans un champ déviateur de 4,0×103V/m sur une longueur de 8,0cm. Calculez sa déviation.
e) Comparez cette déviation à celle obtenue à l'exercice 7, où la vitesse d'entrée valait 2,0×107m/s. Expliquez la différence.
Voir la correction
Réponses
a)Ec=2,40×10−15 J =15,0 keV
b)v=7,26×107 m/s
c)cv=0,242 : acceptable à 3 % près
d)0,43 mm
e)Divisée par 13≈3,62
a) Ec=eU1=1,602×10−19×1,50×104=2,40×10−15J, soit exactement 15,0keV par définition de l'électronvolt.
b) v=me2eU1=9,109×10−312×2,40×10−15=7,26×107m/s.
c) cv=3,00×1087,26×107=0,242, soit environ 24 pour cent de la vitesse de la lumière. Le facteur relativiste vaut alors 1−0,24221=1,03 : l'erreur commise en négligeant la relativité est d'environ 3 pour cent. C'est acceptable pour un ordre de grandeur, mais un microscope réel en tient compte, et c'est pourquoi les appareils travaillant à 100kV ou plus exigent un traitement relativiste complet.
d) La durée de traversée vaut Δt=7,26×1078,0×10−2=1,10×10−9s. L'accélération est la même qu'à l'exercice 7, 7,03×1014m/s2. Donc y=21aΔt2=0,5×7,03×1014×(1,10×10−9)2=4,27×10−4m, soit 0,43mm.
e) La déviation est passée de 5,6mm à 0,43mm, soit un facteur 13 environ. La cause est la vitesse d'entrée, multipliée par 3,6 : l'électron passe donc 3,6 fois moins de temps entre les plaques, et comme la déviation varie comme le CARRÉ de cette durée, elle est divisée par 3,62=13. C'est un point de conception essentiel : plus on accélère un faisceau, plus il devient difficile à dévier, et il faut alors des tensions déviatrices plus élevées ou des plaques plus longues.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Le lancer vertical
Une balle est lancée verticalement vers le haut avec une vitesse v0=12,0m/s, depuis un point situé à h=1,50m au-dessus du sol. On néglige les frottements et on prend g=9,81m/s2.
L'axe (Oy) est vertical, orienté vers le haut, avec l'origine au sol.
a) Établissez les équations horaires vy(t) et y(t), puis calculez l'instant où la balle atteint le sommet de sa trajectoire.
b) Calculez l'altitude maximale atteinte, mesurée depuis le sol.
c) Avec quelle vitesse, en norme, la balle repasse-t-elle par son point de lancement ? Justifiez sans calcul d'instant.
d) Calculez l'instant où la balle touche le sol.
e) Calculez la norme de sa vitesse à l'arrivée au sol, de deux façons.
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Réponses
a)ts=1,22 s
b)8,84 m
c)12,0 m/s vers le bas
d)t=2,57 s
e)13,2 m/s
a) La seule force est le poids, donc a=g et ay=−g. En intégrant avec vy(0)=v0 puis y(0)=h : vy(t)=−gt+v0 et y(t)=−21gt2+v0t+h. Au sommet, vy=0, donc ts=gv0=9,8112,0=1,22s.
b) ymax=y(ts)=h+2gv02=1,50+19,62144=1,50+7,34=8,84m. Oublier le h de départ donne 7,34m, la hauteur de montée et non l'altitude.
c) Entre le lancement et le retour à la même altitude, le travail du poids est nul : l'énergie cinétique, donc la norme de la vitesse, est la même. La balle repasse à 12,0m/s, dirigée cette fois vers le bas. La montée et la descente jusqu'à ce point durent chacune 1,22s.
d) On résout y(t)=0 : −4,905t2+12,0t+1,50=0. Le discriminant vaut 144+4×4,905×1,50=173,4, de racine 13,17. La racine positive est t=9,8112,0+13,17=2,57s ; l'autre, négative, n'a pas de sens physique.
e) Par les équations horaires : vy=−9,81×2,566+12,0=−13,17m/s, de norme 13,2m/s. Par l'énergie mécanique, la masse se simplifiant : v=v02+2gh=144+29,4=13,2m/s. Les deux méthodes concordent, et la seconde évite tout calcul de temps.
Exercice 12 : Exploiter un pointage vidéo
On a filmé le vol d'un ballon, puis relevé sa position toutes les τ=0,10s avec un logiciel de pointage. L'origine est le point de départ, (Ox) horizontal et (Oy) vertical vers le haut, positions en mètres.
t (s)
0
0,10
0,20
0,30
0,40
0,50
x (m)
0
0,25
0,50
0,75
1,00
1,25
y (m)
0
0,351
0,604
0,759
0,816
0,775
a) Calculez la vitesse horizontale moyenne sur chaque intervalle. Quelle est la nature du mouvement horizontal ?
b) Calculez vy aux dates t=0,10s et t=0,30s par la méthode vy(ti)≈2τyi+1−yi−1.
c) Déduisez-en l'accélération verticale. Est-ce cohérent avec une chute libre ?
d) Sachant que vy(t)=v0y−9,8t, calculez v0y, puis la norme de la vitesse initiale et l'angle de tir.
e) Calculez l'instant du sommet et vérifiez-le sur le tableau.
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Réponses
a)vx=2,5 m/s : uniforme
b)3,02 m/s et 1,06 m/s
c)ay=−9,8 m/s² : chute libre
d)v0y=4,0 m/s, v0=4,7 m/s, α=58∘
e)t=0,41 s
a) Sur chaque intervalle, x augmente de 0,25m en 0,10s : vx=2,5m/s, constante. Le mouvement horizontal est UNIFORME, ce qui traduit l'absence de force horizontale.
b) vy(0,10)≈0,200,604−0=3,02m/s et vy(0,30)≈0,200,816−0,604=1,06m/s. Le piège est de diviser par τ au lieu de 2τ : l'écart entre les points i−1 et i+1 couvre deux intervalles.
c) ay≈0,30−0,101,06−3,02=−9,8m/s2. L'accélération est verticale, vers le bas, de norme g : c'est bien une chute libre, les frottements sont négligeables sur ce vol court.
d) 3,02=v0y−9,8×0,10 donne v0y=4,0m/s. Alors v0=2,52+4,02=4,7m/s et tanα=2,54,0=1,6, soit α=58∘ au-dessus de l'horizontale.
e) vy=0 pour t=9,84,0=0,41s. Le tableau le confirme : y croît jusqu'à 0,816m à t=0,40s puis redescend à 0,775m à 0,50s, le sommet se trouve donc juste après 0,40s.
Exercice 13 : Proton ou particule alpha : qui sort le plus vite ?
Un accélérateur électrostatique soumet des particules parties du repos à une tension U=2,00kV. On compare un proton (q=e, mp=1,673×10−27kg) et une particule alpha, noyau d'hélium (q=2e, mα=6,645×10−27kg).
On donne e=1,602×10−19C et on néglige le poids.
a) Exprimez le travail de la force électrique lors de la traversée, puis calculez l'énergie cinétique acquise par le proton.
b) Calculez la vitesse de sortie du proton.
c) Calculez l'énergie cinétique acquise par la particule alpha.
d) Calculez sa vitesse de sortie.
e) Calculez le rapport vαvp et expliquez pourquoi la particule qui gagne le plus d'énergie n'est pas la plus rapide.
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Réponses
a)W=qU ; Ec=3,20×10−16 J
b)vp=6,19×105 m/s
c)Ec=6,41×10−16 J
d)vα=4,39×105 m/s
e)vαvp=1,41≈2 : c'est mq qui compte
a) Le travail de la force électrique entre deux points de tension U vaut W=qU. Le théorème de l'énergie cinétique, avec une vitesse initiale nulle, donne Ec=qU. Pour le proton : Ec=1,602×10−19×2,00×103=3,20×10−16J, soit 2,00keV.
b) vp=mp2eU=1,673×10−272×3,204×10−16=6,19×105m/s.
c) La charge est double, donc le travail aussi : Ec=2eU=6,41×10−16J, soit 4,00keV.
e) vαvp=4,396,19=1,41≈2. En effet v=m2qU ne dépend de la particule que par le rapport mq : l'alpha a une charge double mais une masse presque quadruple, donc un rapport mq deux fois plus petit et une vitesse 2 fois plus faible. Elle reçoit deux fois plus d'énergie, mais doit la répartir sur une inertie quatre fois plus grande.
Exercice 14 : Le lancer franc au basket
Un joueur lâche le ballon à 2,00m du sol, avec un angle α=52∘ au-dessus de l'horizontale. Le centre du panier est à 3,05m du sol et à 4,20m horizontalement du point de lâcher.
On assimile le ballon à un point, on néglige les frottements et on prend g=9,81m/s2. L'origine est le point de lâcher.
a) Établissez l'équation de la trajectoire y(x) en fonction de v0 et α.
b) Déterminez la vitesse v0 qui fait passer le ballon par le centre du panier.
c) Calculez la durée du trajet jusqu'au panier.
d) Calculez la hauteur maximale atteinte par le ballon, mesurée depuis le sol.
e) Le ballon est-il en train de descendre quand il atteint le panier ? Calculez l'angle que fait alors sa vitesse avec l'horizontale.
Voir la correction
Réponses
a)y=−2v02cos2αgx2+xtanα
b)v0=7,26 m/s
c)t=0,939 s
d)3,67 m
e)Il descend, β=38∘
a) Les équations horaires sont x=v0cosαt et y=−21gt2+v0sinαt. De la première, t=v0cosαx ; en reportant : y=−2v02cos2αgx2+xtanα.
b) Le panier est au point x=4,20m, y=3,05−2,00=1,05m, et non y=3,05, puisque l'origine est au point de lâcher. On isole v02 : v02=2cos2α(xtanα−y)gx2=2×0,3790×(5,376−1,05)9,81×17,64=52,8, donc v0=7,26m/s.
c) t=v0cosαx=7,264×0,61574,20=0,939s.
d) v0y=7,264×sin52∘=5,72m/s ; la montée au-dessus du point de lâcher vaut 2gv0y2=19,6232,77=1,67m. La hauteur maximale est donc 2,00+1,67=3,67m au-dessus du sol, plus haut que le panier.
e) Au panier, vy=v0y−gt=5,72−9,81×0,939=−3,49m/s : négative, le ballon DESCEND, ce qui est indispensable pour entrer par le haut du cercle. Avec vx=v0cosα=4,47m/s, l'angle sous l'horizontale vérifie tanβ=4,473,49=0,780, soit β=38∘. Le sommet est atteint à t=0,58s, bien avant l'arrivée.
Exercice 15 : Le spot sur l'écran
Dans un tube à rayon cathodique, un électron parti du repos est accéléré par une tension U0=1,00kV. Il entre ensuite horizontalement, à mi-distance, entre deux plaques de longueur L=4,0cm où règne un champ uniforme vertical E=5,0×103V/m, puis parcourt en ligne droite D=16cm jusqu'à l'écran.
On donne e=1,602×10−19C et me=9,109×10−31kg ; le poids est négligé.
a) Calculez la vitesse v0 de l'électron à l'entrée des plaques.
b) Montrez que la déviation à la sortie des plaques s'écrit ys=4U0EL2 et calculez-la.
c) Calculez la tangente de l'angle de sortie, puis l'angle.
d) Après les plaques, aucune force n'agit. Calculez la déviation Y du spot sur l'écran.
e) On remplace l'électron par un proton accéléré sous la même tension, le sens de U0 étant inversé. Que devient la déviation du spot ?
Voir la correction
Réponses
a)v0=1,88×107 m/s
b)ys=2,0 mm
c)tanθ=0,10, θ=5,7∘
d)Y=18 mm
e)18 mm de l'autre côté
a) eU0=21mev02 donne v0=9,109×10−312×1,602×10−19×1,00×103=1,88×107m/s.
b) Comme pour un tir horizontal : y=21meeEt2 avec t=v0L, donc ys=2mev02eEL2. Or mev02=2eU0, d'où ys=4U0EL2=4×1,00×1035,0×103×(4,0×10−2)2=2,0×10−3m, soit 2,0mm.
c) tanθ=v0vy=mev02eEL=2U0EL=2,00×1035,0×103×4,0×10−2=0,10, soit θ=5,7∘.
d) En ligne droite, l'électron s'écarte encore de Dtanθ=16×0,10=1,6cm. Donc Y=ys+Dtanθ=2,0+16=18mm. Oublier ys donne 16mm ; oublier le trajet rectiligne donne 2mm, neuf fois trop peu.
e) ys et tanθ ne contiennent ni la charge ni la masse : toute particule accélérée sous la même tension U0 puis déviée par le même champ suit la même trajectoire en norme. Le proton, de charge opposée, est dévié du même 18mm mais de l'autre côté. Ce résultat surprend, et il montre qu'on ne peut PAS séparer des particules de rapports mq différents par ce seul dispositif.
Partie D : compléments au programme (/20)
Exercice 16 : Le plongeon : centre de masse, référentiel et mouvement plan
Une plongeuse quitte un tremplin. À l'instant t=0, son centre de masse G est à z0=4,00m au-dessus de la surface de l'eau, et sa vitesse vaut v0=4,0m/s, inclinée de α=70∘ au-dessus de l'horizontale. Pendant le saut, elle se groupe, tourne sur elle-même, puis se déplie.
On travaille dans un repère à TROIS axes : (Ox) horizontal, dans la direction du bassin, (Oy) horizontal et perpendiculaire à (Ox), (Oz) vertical vers le haut, l'origine O étant à la surface de l'eau à la verticale de G à t=0. La vitesse initiale est dans le plan (xOz). On néglige l'action de l'air et l'on prend g=9,81m/s2.
a) Pourquoi étudie-t-on le mouvement du seul point G, et non celui des mains ou de la tête ? Le centre de masse est situé au niveau du bassin quand la plongeuse est tendue, et légèrement HORS du corps, en avant du ventre, quand elle est carpée : justifiez qualitativement ces deux positions.
b) On étudie le mouvement dans le référentiel terrestre. Discutez qualitativement de son caractère galiléen pour ce saut, qui dure un peu plus d'une seconde.
c) Appliquez la deuxième loi de Newton et donnez les trois coordonnées du vecteur accélération. Déduisez-en celles du vecteur vitesse puis du vecteur position OG(t). Montrez que y(t)=0 à tout instant, et concluez sur le plan du mouvement.
d) Calculez l'instant où G atteint le sommet de sa trajectoire, et l'altitude de G au-dessus de l'eau à cet instant.
e) Calculez l'instant où G arrive au niveau de la surface de l'eau, et la distance horizontale qu'il a alors parcourue depuis le tremplin.
Voir la correction
Réponses
a)La loi de Newton ne donne que le mouvement de G ; tendue, G au bassin ; carpée, G dans le creux du V, hors du corps
b)Terrestre supposé galiléen : 1,4s de saut, très court devant un tour de la Terre
c)a=(0;0;−g) ; y(t)=0 : mouvement dans le plan vertical (xOz) qui contient v0
d)tS≈0,38s, zS≈4,72m
e)t≈1,36s (racine négative rejetée), x≈1,87m
a) La plongeuse n'est pas un point : chaque partie de son corps décrit une courbe compliquée, puisqu'elle tourne et se plie. La deuxième loi de Newton ne donne le mouvement que d'UN point, le centre de masse G : ∑F=maG. C'est lui qui suit une trajectoire simple, quels que soient les mouvements des bras et des jambes. Tendue, la plongeuse a une masse répartie de façon à peu près symétrique autour du bassin, le haut du corps et les jambes se compensant : G est au niveau du bassin. Carpée, le corps forme un V : la masse du tronc et celle des jambes sont de part et d'autre du creux, et le point moyen de cette répartition tombe DANS le creux, donc hors du corps, en avant du ventre. Un centre de masse n'est pas un point de la matière : c'est un point moyen, qui peut être dans le vide.
b) Le référentiel terrestre n'est pas rigoureusement galiléen, puisque la Terre tourne sur elle-même en une journée. Mais cette rotation ne se fait sentir que sur des durées comparables à la journée, ou sur des distances de l'ordre de la taille de la Terre. Le saut dure environ 1,4s et s'étend sur quelques mètres : on peut considérer le référentiel terrestre comme galiléen pour ce mouvement. C'est cette phrase, « supposé galiléen, la durée du mouvement étant très courte devant la durée d'un tour de la Terre sur elle-même », qu'on attend sur la copie.
c) Le système {plongeuse}, de masse m, n'est soumis qu'à son poids mg : maG=mg, donc aG=g, de coordonnées ax=0, ay=0, az=−g. On intègre en tenant compte de la vitesse initiale, v0x=v0cosα, v0y=0, v0z=v0sinα : vx(t)=v0cosα, vy(t)=0, vz(t)=−gt+v0sinα. On intègre encore avec la position initiale (0;0;z0) : x(t)=v0cosαt, y(t)=0, z(t)=−21gt2+v0sinαt+z0. La coordonnée y reste NULLE à tout instant, parce que ni l'accélération ni la vitesse initiale n'ont de composante sur (Oy) : le mouvement de G a lieu dans le plan (xOz), plan VERTICAL qui contient la vitesse initiale. C'est vrai pour tout mouvement dans un champ uniforme : le plan est celui que définissent le champ et la vitesse initiale. Choisir deux axes d'emblée, sans cette démonstration, fait perdre le point quand l'énoncé la demande.
d) Au sommet, vz=0 : tS=gv0sinα=9,814,0×sin70∘=9,813,76≈0,38s. L'altitude vaut alors zS=z0+2g(v0sinα)2=4,00+19,623,762=4,00+0,72≈4,72m. Au sommet, la vitesse ne s'annule pas : il reste vx=4,0×cos70∘≈1,37m/s, qui emporte la plongeuse loin du tremplin.
e) On résout z(t)=0 : −4,905t2+3,76t+4,00=0. Le discriminant vaut Δ=3,762+4×4,905×4,00≈92,6, et la seule racine positive est t=9,813,76+92,6≈1,36s ; l'autre racine, négative, est rejetée. La distance horizontale vaut alors x=1,37×1,36≈1,87m. Le centre de masse passe donc largement devant le bout du tremplin, ce que vise l'angle de 70∘ : un saut trop vertical ferait redescendre la plongeuse contre la planche.
À retenir : on nomme le système et son centre de masse, on justifie le référentiel, on écrit la loi de Newton sur TROIS axes, et c'est y(t)=0 qui prouve que le mouvement est plan. Toute la suite se fait ensuite dans ce plan.
Exercice 17 : Le principe de l'accélérateur linéaire
Dans un accélérateur linéaire, des protons partent d'une source avec une vitesse négligeable et traversent une file de tubes métalliques creux, alignés et séparés par des intervalles de d=2,0cm. Les tubes sont reliés alternativement aux deux bornes d'un générateur de tension alternative de fréquence f=10,0MHz ; au passage d'un proton, la tension entre deux tubes voisins vaut U=50kV.
À l'intérieur d'un tube, le champ électrique est nul. Dans un intervalle, il est uniforme, de norme E=dU. On donne e=1,602×10−19C, mp=1,673×10−27kg et c=3,00×108m/s ; le poids est négligé. La figure montre la source et les quatre premiers tubes, avec leurs signes à un instant donné.
a) Calculez la norme du champ électrique dans un intervalle. Quelle est la nature du mouvement d'un proton à l'intérieur d'un tube ? Justifiez.
b) Calculez l'énergie cinétique gagnée par un proton à la traversée d'un intervalle, en joules puis en kiloélectronvolts, et sa vitesse à la sortie du premier intervalle.
c) Pourquoi la tension doit-elle être ALTERNATIVE ? Justifiez que le proton doit passer une demi-période dans chaque tube, puis calculez la longueur L1 du premier tube.
d) Montrez qu'après n intervalles, la vitesse vaut vn=v1n, et déduisez-en la longueur du neuvième tube.
e) Au bout de vingt intervalles, quelle énergie cinétique le proton a-t-il acquise, et quelle fraction de la vitesse de la lumière atteint-il ? Pourquoi ne pas obtenir la même énergie avec un seul intervalle ?
Voir la correction
Réponses
a)E=2,5×106V/m ; dans un tube, champ nul, mouvement rectiligne uniforme
b)ΔEc=eU=8,01×10−15J=50keV ; v1≈3,09×106m/s
c)La polarité doit s'inverser pendant la traversée d'un tube : 2T=50ns, L1≈15,5cm
d)vn=nv1, Ln=nL1 ; L9≈46,4cm
e)1,0MeV, v20≈4,6% de c ; un million de volts en un seul étage ferait claquer l'isolation
a) E=dU=2,0×10−250×103=2,5×106V/m. Dans un tube, le champ est nul, donc la force électrique aussi, et le poids est négligé : la somme des forces est nulle. Par le principe d'inertie, ou par la deuxième loi de Newton avec a=0, le mouvement est RECTILIGNE UNIFORME. Le proton ne gagne donc de la vitesse QUE dans les intervalles ; les tubes servent d'abris, où il voyage sans rien sentir pendant que la tension change de signe.
b) Dans un intervalle, la force électrique eE est constante et travaille : par le théorème de l'énergie cinétique, ΔEc=eU=1,602×10−19×50×103=8,01×10−15J, soit 50keV, puisqu'un électronvolt vaut 1,602×10−19J. Partant d'une vitesse négligeable, 21mpv12=eU donne v1=mp2eU=1,673×10−272×8,01×10−15≈3,09×106m/s.
c) Pour être accéléré, le proton, chargé positivement, doit aller du tube positif vers le tube négatif : le champ, orienté du + vers le −, le pousse alors vers l'avant. Après le premier intervalle, il entre dans un tube ; quand il en sort, il doit trouver l'intervalle suivant dans le même sens de champ. Or les tubes sont branchés en alternance : la polarité doit donc s'être INVERSÉE pendant son trajet dans le tube, ce qu'une tension alternative réalise à chaque demi-période. Avec une tension continue, le deuxième intervalle freinerait exactement ce que le premier a donné. Le temps passé dans chaque tube vaut 2T=2f1=2×10,0×1061=5,0×10−8s, soit 50ns. Le mouvement y étant uniforme, L1=v1×2T=3,09×106×5,0×10−8≈0,155m, soit 15,5cm.
d) Chaque intervalle apporte la même énergie eU : après n intervalles, 21mpvn2=neU, donc vn=mp2neU=nv1. Comme chaque tube doit être parcouru en la même durée 2T, sa longueur est proportionnelle à la vitesse : Ln=nL1. Le neuvième tube mesure L9=3×15,5≈46,4cm. C'est pourquoi, sur la figure, les tubes s'allongent : le quatrième est deux fois plus long que le premier. Un tube trop court ferait arriver le proton dans un intervalle freinant.
e) Vingt intervalles apportent 20×50keV=1,0MeV. La vitesse vaut v20=20×3,09×106≈1,38×107m/s, soit cv20≈4,6% de la vitesse de la lumière : le traitement non relativiste reste acceptable. Obtenir 1,0MeV en un seul intervalle demanderait une tension d'un million de volts entre deux électrodes : l'isolation devient très difficile et l'air, ou les supports, claquent. Tout le principe de l'accélérateur linéaire est là : réutiliser vingt fois une tension modeste, au bon moment, plutôt qu'imposer une fois une tension géante.
À retenir : dans un accélérateur linéaire, le proton gagne eU à chaque intervalle et voyage à vitesse constante dans les tubes ; la tension alternative inverse les polarités pendant chaque traversée, ce qui impose des tubes de longueur vn2T, croissante comme n.
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