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Spécialité physique-chimie, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : mouvement dans un champ uniforme (Terminale spécialité)

Voici une série d'exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur le mouvement dans un champ uniforme, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

Le fil de la série est que le tir balistique et la déviation d'un électron sont le MÊME problème : une accélération constante perpendiculaire à la vitesse initiale. Toutes les formules se transposent, à ceci près que la masse se simplifie dans le champ de pesanteur et pas dans le champ électrique.

L'exercice 4 contient le résultat que tout le monde croit connaître et que peu savent démontrer : la portée est maximale à quarante-cinq degrés, et deux angles complémentaires comme trente et soixante donnent exactement la même portée, ce que le graphique rend visible d'un coup d'oeil.

Rappel de cours

  • Deuxième loi de Newton : F=ma\sum\vec{F}=m\vec{a}, égalité VECTORIELLE.
  • Chute libre : a=g\vec{a}=\vec{g}, la masse se simplifie. Champ électrique : a=qmE\vec{a}=\dfrac{q}{m}\vec{E}, elle ne se simplifie pas.
  • Tir parabolique : x=v0cosαtx=v_{0}\cos\alpha\,t et y=12gt2+v0sinαty=-\dfrac{1}{2}gt^{2}+v_{0}\sin\alpha\,t. Trajectoire parabolique.
  • Portée P=v02sin(2α)gP=\dfrac{v_{0}^{2}\sin\left(2\alpha\right)}{g}, maximale à 4545^{\circ}, et identique pour deux angles complémentaires. Flèche (v0sinα)22g\dfrac{\left(v_{0}\sin\alpha\right)^{2}}{2g}.
  • Au sommet, seule vyv_{y} s'annule : la vitesse y vaut v0cosαv_{0}\cos\alpha, jamais zéro.
  • Champ entre deux plaques : E=UdE=\dfrac{U}{d}, uniforme. Le poids d'une particule chargée est négligeable, mais il faut le VÉRIFIER par un rapport.
  • Vitesse d'arrivée depuis une hauteur : v=v02+2ghv=\sqrt{v_{0}^{2}+2gh}, indépendante de l'angle de tir.
  • Déviation entre plaques : y=12a(Lv0)2y=\dfrac{1}{2}a\left(\dfrac{L}{v_{0}}\right)^{2}, donc elle varie comme l'inverse du CARRÉ de la vitesse d'entrée.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Vecteurs position, vitesse et accélération

Dans un repère fixe, le mouvement d'un point est décrit par son vecteur position OM(t)\overrightarrow{OM}(t). Le vecteur vitesse en est la dérivée, et le vecteur accélération la dérivée du vecteur vitesse.

Un mobile a pour équations horaires x(t)=4,0tx(t)=4{,}0\,t et y(t)=3,0t4,9t2y(t)=3{,}0\,t-4{,}9\,t^{2}, en mètres et secondes.

  • a) Donnez les coordonnées du vecteur vitesse à l'instant tt.
  • b) Donnez les coordonnées du vecteur accélération et commentez.
  • c) Calculez la vitesse initiale, en norme et en direction.
  • d) Déterminez l'instant où la composante verticale de la vitesse s'annule, et l'altitude atteinte alors.
  • e) Établissez l'équation de la trajectoire y(x)y(x) en éliminant le temps. De quelle courbe s'agit-il ?
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a) On dérive chaque coordonnée par rapport au temps : vx(t)=4,0 m/sv_{x}(t)=4{,}0\ \mathrm{m/s} et vy(t)=3,09,8t m/sv_{y}(t)=3{,}0-9{,}8\,t\ \mathrm{m/s}.

b) En dérivant à nouveau : ax=0a_{x}=0 et ay=9,8 m/s2a_{y}=-9{,}8\ \mathrm{m/s^{2}}. Le vecteur accélération est donc constant, vertical et dirigé vers le bas : on reconnaît le champ de pesanteur, et le mobile est en chute libre. Sa composante horizontale nulle traduit l'absence de force horizontale.

c) À t=0t=0 : vx=4,0v_{x}=4{,}0 et vy=3,0v_{y}=3{,}0, donc v0=4,02+3,02=5,0 m/sv_{0}=\sqrt{4{,}0^{2}+3{,}0^{2}}=5{,}0\ \mathrm{m/s}. L'angle avec l'horizontale vérifie tanα=3,04,0=0,75\tan\alpha=\dfrac{3{,}0}{4{,}0}=0{,}75, soit α=37\alpha=37^{\circ}.

d) vy=0v_{y}=0 donne 3,09,8t=03{,}0-9{,}8\,t=0, soit t=0,306 st=0{,}306\ \mathrm{s}. L'altitude vaut alors y=3,0×0,3064,9×0,3062=0,9180,459=0,459 my=3{,}0\times 0{,}306-4{,}9\times 0{,}306^{2}=0{,}918-0{,}459=0{,}459\ \mathrm{m}. C'est le sommet de la trajectoire, là où la vitesse est purement horizontale et non nulle.

e) De x=4,0tx=4{,}0\,t on tire t=x4,0t=\dfrac{x}{4{,}0}. En reportant : y=3,0×x4,04,9×x216=0,75x0,306x2y=3{,}0\times\dfrac{x}{4{,}0}-4{,}9\times\dfrac{x^{2}}{16}=0{,}75\,x-0{,}306\,x^{2}. C'est l'équation d'une PARABOLE, de concavité tournée vers le bas puisque le coefficient de x2x^{2} est négatif.

Exercice 2 : La deuxième loi de Newton

La deuxième loi de Newton énonce que dans un référentiel galiléen, la somme des forces appliquées à un système de masse constante mm est égale au produit de mm par son vecteur accélération.

  • a) Écrivez cette loi sous forme vectorielle et précisez les unités de chaque terme.
  • b) Un système n'est soumis qu'à son poids. Établissez l'expression de son accélération et concluez.
  • c) Justifiez que cette accélération ne dépend pas de la masse. Quelle conséquence expérimentale célèbre en découle ?
  • d) Un électron de charge e-e est placé dans un champ électrique uniforme E\vec{E}. Établissez l'expression de son accélération et précisez son sens par rapport à E\vec{E}.
  • e) Dans les deux cas précédents, l'accélération est constante. Qu'est-ce que cela implique sur la nature du mouvement ?
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a) F=ma\sum\vec{F}=m\vec{a}, où les forces sont en newtons, la masse en kilogrammes et l'accélération en m/s2\mathrm{m/s^{2}}. C'est une égalité VECTORIELLE : elle vaut pour la norme, la direction et le sens simultanément.

b) Si la seule force est le poids, mg=mam\vec{g}=m\vec{a}, donc a=g\vec{a}=\vec{g}. Le système est en CHUTE LIBRE, avec une accélération égale au champ de pesanteur, verticale vers le bas et de norme 9,81 m/s29{,}81\ \mathrm{m/s^{2}}.

c) La masse se simplifie de part et d'autre, parce qu'elle apparaît à la fois dans le poids, qui est la cause du mouvement, et dans l'inertie, qui s'y oppose. Ces deux rôles se compensent exactement. La conséquence célèbre est que tous les corps tombent de la même façon dans le vide, ce qu'illustrent l'expérience attribuée à Galilée et, de façon spectaculaire, la plume et le marteau lâchés ensemble sur la Lune par la mission Apollo 15.

d) La force électrique vaut F=qE=eE\vec{F}=q\vec{E}=-e\vec{E}, donc a=eEm\vec{a}=\dfrac{-e\vec{E}}{m}. La charge étant négative, l'accélération est de sens OPPOSÉ au champ électrique. Un électron remonte donc les lignes de champ, contrairement à une charge positive.

e) Une accélération constante en norme, direction et sens signifie que la vitesse varie linéairement avec le temps et la position quadratiquement : le mouvement est UNIFORMÉMENT ACCÉLÉRÉ. Si la vitesse initiale n'est pas colinéaire à l'accélération, la trajectoire est une parabole ; si elle l'est, ou si elle est nulle, la trajectoire est rectiligne. Les deux situations relèvent du même traitement mathématique, ce qui explique que le tir balistique et la déviation d'un électron se résolvent exactement de la même manière.

Exercice 3 : Le tir parabolique : équations horaires

Un projectile est lancé depuis l'origine avec une vitesse initiale v0=15,0 m/sv_{0}=15{,}0\ \mathrm{m/s} faisant un angle α=40\alpha=40^{\circ} avec l'horizontale. On néglige les frottements et on prend g=9,81 m/s2g=9{,}81\ \mathrm{m/s^{2}}.

  • a) Calculez les composantes initiales de la vitesse.
  • b) Établissez les équations horaires x(t)x(t) et y(t)y(t) à partir de la deuxième loi de Newton.
  • c) Calculez la durée du vol jusqu'au retour au sol.
  • d) Calculez la portée du tir.
  • e) Calculez la flèche, c'est-à-dire l'altitude maximale atteinte.
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a) v0x=v0cosα=15,0×cos40=11,5 m/sv_{0x}=v_{0}\cos\alpha=15{,}0\times\cos 40^{\circ}=11{,}5\ \mathrm{m/s} et v0y=v0sinα=15,0×sin40=9,64 m/sv_{0y}=v_{0}\sin\alpha=15{,}0\times\sin 40^{\circ}=9{,}64\ \mathrm{m/s}.

b) La seule force étant le poids, a=g\vec{a}=\vec{g}, donc ax=0a_{x}=0 et ay=ga_{y}=-g. En intégrant une fois avec les conditions initiales : vx=v0xv_{x}=v_{0x} et vy=gt+v0yv_{y}=-gt+v_{0y}. En intégrant à nouveau depuis l'origine : x(t)=v0xtx(t)=v_{0x}t et y(t)=12gt2+v0yty(t)=-\dfrac{1}{2}gt^{2}+v_{0y}t.

c) Le retour au sol correspond à y=0y=0 avec t0t\neq 0 : 12gt+v0y=0-\dfrac{1}{2}gt+v_{0y}=0, donc tv=2v0yg=2×9,649,81=1,97 st_{v}=\dfrac{2v_{0y}}{g}=\dfrac{2\times 9{,}64}{9{,}81}=1{,}97\ \mathrm{s}.

d) La portée est l'abscisse atteinte à cet instant : x=v0xtv=11,5×1,97=22,6 mx=v_{0x}t_{v}=11{,}5\times 1{,}97=22{,}6\ \mathrm{m}.

e) La flèche est atteinte quand vy=0v_{y}=0, soit à t=v0ygt=\dfrac{v_{0y}}{g}, c'est-à-dire à la moitié du temps de vol. Alors ymax=v0y22g=9,6422×9,81=4,74 my_{\max}=\dfrac{v_{0y}^{2}}{2g}=\dfrac{9{,}64^{2}}{2\times 9{,}81}=4{,}74\ \mathrm{m}. On remarque la symétrie de la trajectoire : la montée et la descente durent exactement le même temps.

Exercice 4 : Quel angle donne la plus grande portée ?

On garde v0=15,0 m/sv_{0}=15{,}0\ \mathrm{m/s} et on fait varier l'angle de tir. Le graphique montre trois trajectoires, pour 3030^{\circ}, 4545^{\circ} et 6060^{\circ}.

5101520252468x (m)y (m)60°45°30°
  • a) Montrez que la portée s'écrit P=v02sin(2α)gP=\dfrac{v_{0}^{2}\sin\left(2\alpha\right)}{g}.
  • b) Déduisez-en l'angle qui maximise la portée, et calculez cette portée maximale.
  • c) Calculez la portée pour 3030^{\circ} puis pour 6060^{\circ}. Que remarquez-vous ? Justifiez à partir de la formule.
  • d) Vérifiez ces trois portées sur le graphique.
  • e) Comparez les flèches des trois tirs et expliquez pourquoi le tir à 6060^{\circ} monte plus haut tout en retombant moins loin.
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a) La portée vaut P=v0xtv=v0cosα×2v0sinαg=2v02sinαcosαgP=v_{0x}t_{v}=v_{0}\cos\alpha\times\dfrac{2v_{0}\sin\alpha}{g}=\dfrac{2v_{0}^{2}\sin\alpha\cos\alpha}{g}. En utilisant l'identité sin(2α)=2sinαcosα\sin\left(2\alpha\right)=2\sin\alpha\cos\alpha, il vient P=v02sin(2α)gP=\dfrac{v_{0}^{2}\sin\left(2\alpha\right)}{g}.

b) La portée est maximale quand sin(2α)\sin\left(2\alpha\right) l'est, c'est-à-dire quand 2α=902\alpha=90^{\circ}, soit α=45\alpha=45^{\circ}. Alors Pmax=v02g=2259,81=22,9 mP_{\max}=\dfrac{v_{0}^{2}}{g}=\dfrac{225}{9{,}81}=22{,}9\ \mathrm{m}.

c) Pour 3030^{\circ} : P=225sin609,81=19,9 mP=\dfrac{225\sin 60^{\circ}}{9{,}81}=19{,}9\ \mathrm{m}. Pour 6060^{\circ} : P=225sin1209,81=19,9 mP=\dfrac{225\sin 120^{\circ}}{9{,}81}=19{,}9\ \mathrm{m}. Les deux portées sont IDENTIQUES. La raison est que sin60=sin120\sin 60^{\circ}=\sin 120^{\circ} : deux angles complémentaires, dont la somme vaut 9090^{\circ}, donnent le même sin(2α)\sin\left(2\alpha\right) donc la même portée.

d) Le graphique le confirme : les trajectoires à 3030^{\circ} et 6060^{\circ} retombent au même point, marqué vers 19,9 m19{,}9\ \mathrm{m}, tandis que celle à 4545^{\circ} va nettement plus loin, jusqu'à 22,9 m22{,}9\ \mathrm{m}.

e) La flèche vaut (v0sinα)22g\dfrac{\left(v_{0}\sin\alpha\right)^{2}}{2g}, donc elle croît avec l'angle : 2,87 m2{,}87\ \mathrm{m} à 3030^{\circ}, 5,73 m5{,}73\ \mathrm{m} à 4545^{\circ} et 8,60 m8{,}60\ \mathrm{m} à 6060^{\circ}. Le tir à 6060^{\circ} consacre l'essentiel de sa vitesse initiale à la composante verticale : il monte donc très haut et reste longtemps en l'air, mais sa composante horizontale est faible et il n'avance pas vite. Le tir à 3030^{\circ} fait l'inverse. À 4545^{\circ}, le compromis entre durée de vol et vitesse horizontale est optimal, et c'est exactement ce que traduit le maximum du sinus.

Exercice 5 : Une charge dans un champ électrique uniforme

Deux plaques planes parallèles distantes de d=5,0 cmd=5{,}0\ \mathrm{cm} sont soumises à une tension U=200 VU=200\ \mathrm{V}. Le champ électrique entre elles est uniforme, de norme E=UdE=\dfrac{U}{d}.

On donne e=1,602×1019 Ce=1{,}602\times 10^{-19}\ \mathrm{C} et me=9,109×1031 kgm_{e}=9{,}109\times 10^{-31}\ \mathrm{kg}.

v₀+ + + + +− − − − −plaque positiveplaque negativeEla particule entre par la gauche a mi-hauteur, avec une vitessehorizontale. Le champ E est vertical et uniforme entre les plaques
  • a) Calculez la norme du champ électrique entre les plaques.
  • b) Calculez la force électrique subie par un électron placé dans ce champ.
  • c) Comparez cette force au poids de l'électron. Que peut-on en conclure ?
  • d) Calculez l'accélération de l'électron.
  • e) L'électron part du repos de la plaque négative. Calculez sa vitesse en atteignant la plaque positive, par un raisonnement énergétique.
Voir la correction

a) E=Ud=2005,0×102=4,0×103 V/mE=\dfrac{U}{d}=\dfrac{200}{5{,}0\times 10^{-2}}=4{,}0\times 10^{3}\ \mathrm{V/m}.

b) F=eE=1,602×1019×4,0×103=6,41×1016 NF=eE=1{,}602\times 10^{-19}\times 4{,}0\times 10^{3}=6{,}41\times 10^{-16}\ \mathrm{N}.

c) Le poids vaut P=meg=9,109×1031×9,81=8,94×1030 NP=m_{e}g=9{,}109\times 10^{-31}\times 9{,}81=8{,}94\times 10^{-30}\ \mathrm{N}. Le rapport FP=6,41×10168,94×1030=7,2×1013\dfrac{F}{P}=\dfrac{6{,}41\times 10^{-16}}{8{,}94\times 10^{-30}}=7{,}2\times 10^{13} : la force électrique est plus de dix mille milliards de fois supérieure au poids. On NÉGLIGE donc systématiquement le poids d'une particule chargée dans un champ électrique, et c'est ce qui autorise à traiter le problème comme une chute libre dans un champ purement électrique.

d) a=Fme=6,41×10169,109×1031=7,03×1014 m/s2a=\dfrac{F}{m_{e}}=\dfrac{6{,}41\times 10^{-16}}{9{,}109\times 10^{-31}}=7{,}03\times 10^{14}\ \mathrm{m/s^{2}}. Cette valeur colossale, quatorze ordres de grandeur au-dessus de gg, explique pourquoi les électrons atteignent de très grandes vitesses sur des distances minuscules.

e) Le théorème de l'énergie cinétique donne 12mev2=eU\dfrac{1}{2}m_{e}v^{2}=eU, puisque le travail de la force électrique vaut eUeU sur la traversée complète. Donc v=2eUme=2×1,602×1019×2009,109×1031=8,39×106 m/sv=\sqrt{\dfrac{2eU}{m_{e}}}=\sqrt{\dfrac{2\times 1{,}602\times 10^{-19}\times 200}{9{,}109\times 10^{-31}}}=8{,}39\times 10^{6}\ \mathrm{m/s}, soit environ 2,82{,}8 pour cent de la vitesse de la lumière, ce qui justifie encore le traitement non relativiste.

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 6 : Un tir depuis une hauteur

Un projectile est lancé depuis le sommet d'une falaise de hauteur h=20,0 mh=20{,}0\ \mathrm{m}, avec une vitesse v0=15,0 m/sv_{0}=15{,}0\ \mathrm{m/s} inclinée de α=40\alpha=40^{\circ} au-dessus de l'horizontale. On prend g=9,81 m/s2g=9{,}81\ \mathrm{m/s^{2}}.

L'origine est prise au point de lancement, l'axe des yy vers le haut.

  • a) Écrivez les équations horaires du mouvement.
  • b) Déterminez l'instant où le projectile atteint le sommet de sa trajectoire, et l'altitude correspondante au-dessus du point de lancement.
  • c) Déterminez l'instant d'impact au pied de la falaise, en résolvant y=20,0y=-20{,}0.
  • d) Calculez la portée horizontale totale.
  • e) Calculez la vitesse à l'impact, en norme, par un raisonnement énergétique. Cette vitesse dépend-elle de l'angle de tir ?
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a) v0x=15,0cos40=11,49 m/sv_{0x}=15{,}0\cos 40^{\circ}=11{,}49\ \mathrm{m/s} et v0y=15,0sin40=9,64 m/sv_{0y}=15{,}0\sin 40^{\circ}=9{,}64\ \mathrm{m/s}. D'où x(t)=11,49tx(t)=11{,}49\,t et y(t)=4,905t2+9,64ty(t)=-4{,}905\,t^{2}+9{,}64\,t.

b) Le sommet correspond à vy=0v_{y}=0, soit t=9,649,81=0,983 st=\dfrac{9{,}64}{9{,}81}=0{,}983\ \mathrm{s}. L'altitude vaut alors y=9,6422×9,81=4,74 my=\dfrac{9{,}64^{2}}{2\times 9{,}81}=4{,}74\ \mathrm{m} au-dessus du point de lancement, donc 24,7 m24{,}7\ \mathrm{m} au-dessus du pied de la falaise.

c) On résout 4,905t2+9,64t=20,0-4{,}905\,t^{2}+9{,}64\,t=-20{,}0, soit 4,905t29,64t20,0=04{,}905\,t^{2}-9{,}64\,t-20{,}0=0. Le discriminant vaut 9,642+4×4,905×20,0=92,9+392,4=485,39{,}64^{2}+4\times 4{,}905\times 20{,}0=92{,}9+392{,}4=485{,}3, de racine 22,0322{,}03. La solution positive est t=9,64+22,032×4,905=3,23 st=\dfrac{9{,}64+22{,}03}{2\times 4{,}905}=3{,}23\ \mathrm{s}.

d) x=11,49×3,23=37,1 mx=11{,}49\times 3{,}23=37{,}1\ \mathrm{m}. Le projectile retombe donc à environ 37 m37\ \mathrm{m} du pied de la falaise.

e) La conservation de l'énergie mécanique donne 12mv2=12mv02+mgh\dfrac{1}{2}mv^{2}=\dfrac{1}{2}mv_{0}^{2}+mgh, la masse se simplifiant : v=v02+2gh=225+2×9,81×20,0=617,4=24,8 m/sv=\sqrt{v_{0}^{2}+2gh}=\sqrt{225+2\times 9{,}81\times 20{,}0}=\sqrt{617{,}4}=24{,}8\ \mathrm{m/s}. Cette vitesse ne dépend PAS de l'angle de tir : seuls la vitesse initiale et le dénivelé interviennent, parce que le travail du poids ne dépend que de la variation d'altitude. Deux projectiles lancés à la même vitesse mais à des angles différents arrivent donc au sol à la même vitesse, quoique dans des directions différentes et à des endroits différents.

Exercice 7 : Dévier un faisceau d'électrons

Un électron entre avec une vitesse horizontale v0=2,0×107 m/sv_{0}=2{,}0\times 10^{7}\ \mathrm{m/s} entre deux plaques horizontales de longueur L=8,0 cmL=8{,}0\ \mathrm{cm}, distantes de 5,0 cm5{,}0\ \mathrm{cm} et soumises à U=200 VU=200\ \mathrm{V}.

On garde e=1,602×1019 Ce=1{,}602\times 10^{-19}\ \mathrm{C} et me=9,109×1031 kgm_{e}=9{,}109\times 10^{-31}\ \mathrm{kg}, et on néglige le poids.

faisceauL = 8,0 cmdD = 25 cmecranles electrons entrent sur l'axe, sont devies pendant la longueur L,puis volent en ligne DROITE jusqu'a l'ecran
  • a) Justifiez que le mouvement est analogue à celui d'un tir horizontal dans un champ de pesanteur.
  • b) Écrivez les équations horaires du mouvement à l'intérieur des plaques.
  • c) Calculez la durée de la traversée.
  • d) Calculez la déviation verticale à la sortie des plaques et vérifiez que l'électron ne heurte pas la plaque.
  • e) Calculez l'angle de sortie du faisceau par rapport à l'horizontale.
Voir la correction

a) La seule force notable est la force électrique, constante en norme et en direction puisque le champ est uniforme, et perpendiculaire à la vitesse initiale. C'est exactement la configuration d'un projectile lancé horizontalement dans le champ de pesanteur : accélération constante perpendiculaire à la vitesse initiale. Le rôle de g\vec{g} est tenu par eEme\dfrac{e\vec{E}}{m_{e}}, et toutes les formules du tir se transposent.

b) L'accélération vaut a=eEme=1,602×1019×4,0×1039,109×1031=7,03×1014 m/s2a=\dfrac{eE}{m_{e}}=\dfrac{1{,}602\times 10^{-19}\times 4{,}0\times 10^{3}}{9{,}109\times 10^{-31}}=7{,}03\times 10^{14}\ \mathrm{m/s^{2}}, dirigée vers la plaque positive. Les équations sont x(t)=v0tx(t)=v_{0}t et y(t)=12at2y(t)=\dfrac{1}{2}at^{2}, en comptant yy dans le sens de la déviation.

c) Δt=Lv0=8,0×1022,0×107=4,0×109 s\Delta t=\dfrac{L}{v_{0}}=\dfrac{8{,}0\times 10^{-2}}{2{,}0\times 10^{7}}=4{,}0\times 10^{-9}\ \mathrm{s}, soit 4,0 ns4{,}0\ \mathrm{ns}.

d) y=12aΔt2=0,5×7,03×1014×(4,0×109)2=5,6×103 my=\dfrac{1}{2}a\Delta t^{2}=0{,}5\times 7{,}03\times 10^{14}\times\left(4{,}0\times 10^{-9}\right)^{2}=5{,}6\times 10^{-3}\ \mathrm{m}, soit 5,6 mm5{,}6\ \mathrm{mm}. L'électron entrant à mi-distance dispose de 2,5 cm2{,}5\ \mathrm{cm} avant de toucher la plaque : la déviation de 5,6 mm5{,}6\ \mathrm{mm} reste bien inférieure, il sort donc sans heurter.

e) À la sortie, vy=aΔt=7,03×1014×4,0×109=2,81×106 m/sv_{y}=a\Delta t=7{,}03\times 10^{14}\times 4{,}0\times 10^{-9}=2{,}81\times 10^{6}\ \mathrm{m/s}, tandis que vx=2,0×107 m/sv_{x}=2{,}0\times 10^{7}\ \mathrm{m/s} est inchangée. Donc tanθ=2,81×1062,0×107=0,141\tan\theta=\dfrac{2{,}81\times 10^{6}}{2{,}0\times 10^{7}}=0{,}141, soit θ=8,0\theta=8{,}0^{\circ}. C'est ce principe qui commandait le balayage des anciens tubes cathodiques, où une tension variable dirigeait le faisceau point par point sur l'écran.

Exercice 8 : Deux champs, un seul traitement

Le champ de pesanteur et le champ électrique uniforme conduisent au même type de mouvement. Cet exercice met les deux situations en regard.

  • a) Comparez les expressions de la force et de l'accélération dans les deux cas, et dites ce qui joue le rôle de la masse.
  • b) Dans un champ de pesanteur, l'accélération est indépendante de la masse. Est-ce le cas dans un champ électrique ?
  • c) Deux particules de même charge mais de masses différentes entrent dans le même champ électrique avec la même vitesse. Laquelle est la plus déviée ?
  • d) Un proton et un électron entrent avec la même vitesse dans le même champ électrique. Comparez leurs déviations en norme et en sens, avec mp=1,673×1027 kgm_{p}=1{,}673\times 10^{-27}\ \mathrm{kg}.
  • e) Pourquoi le poids est-il négligé dans un problème d'électron mais jamais dans un problème de balle de tennis ?
Voir la correction

a) Dans le champ de pesanteur, F=mg\vec{F}=m\vec{g} donc a=g\vec{a}=\vec{g} : la masse se simplifie. Dans le champ électrique, F=qE\vec{F}=q\vec{E} donc a=qmE\vec{a}=\dfrac{q}{m}\vec{E} : la masse ne se simplifie PAS, puisqu'elle n'apparaît pas dans la force. C'est le rapport qm\dfrac{q}{m}, appelé rapport charge sur masse, qui joue ici le rôle central.

b) Non. L'accélération électrique est inversement proportionnelle à la masse. C'est une différence fondamentale : la gravitation est la seule interaction dont la source est aussi la mesure de l'inertie, ce qui est le principe d'équivalence.

c) La plus LÉGÈRE, puisque a=qEma=\dfrac{qE}{m} décroît quand mm croît. À durée de traversée égale, une masse deux fois plus petite subit une accélération deux fois plus grande et une déviation deux fois plus grande.

d) Les charges sont opposées, donc les déviations sont de sens OPPOSÉS : l'électron va vers la plaque positive, le proton vers la négative. En norme, le rapport des déviations est celui des accélérations, donc l'inverse du rapport des masses : mpme=1,673×10279,109×1031=1836\dfrac{m_{p}}{m_{e}}=\dfrac{1{,}673\times 10^{-27}}{9{,}109\times 10^{-31}}=1836. L'électron est donc environ 18361836 fois plus dévié que le proton. C'est exactement ce qui rend la spectrométrie de masse possible.

e) Parce que la comparaison des ordres de grandeur le justifie dans un cas et l'interdit dans l'autre. Pour l'électron de l'exercice 5, la force électrique vaut 7×10137\times 10^{13} fois son poids : le négliger introduit une erreur relative de l'ordre de 101410^{-14}, largement sous toute précision de mesure. Pour une balle de tennis, aucune force électrique n'est en jeu et le poids est la force dominante. Négliger une force n'est jamais une règle générale : c'est toujours le résultat d'une comparaison chiffrée, qu'il faut mener avant de décider.

12345678-5-4-3-2-112meme parabole, deux physiqueschamp de pesanteur : a = gchamp electrique : a = qE/mdans les DEUX cas l'acceleration est constante et verticale :les memes equations horaires servent, seul a change de nom

Exercice 9 : Quatre affirmations à corriger

Chacune des quatre affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous sur un résultat chiffré des exercices précédents.

  • a) « Au sommet de sa trajectoire, la vitesse d'un projectile est nulle. »
  • b) « Pour lancer un projectile le plus loin possible, il faut viser le plus haut possible. »
  • c) « Dans un champ électrique, toutes les particules subissent la même accélération, comme dans un champ de pesanteur. »
  • d) « La vitesse d'arrivée au sol d'un projectile lancé depuis une falaise dépend de l'angle de tir. »
Voir la correction

a) Faux. Seule la composante VERTICALE de la vitesse s'annule au sommet ; la composante horizontale, elle, reste constante puisque aucune force horizontale n'agit. À l'exercice 3, la vitesse au sommet vaut encore 11,5 m/s11{,}5\ \mathrm{m/s}, entièrement horizontale. Si la vitesse était réellement nulle, le projectile tomberait à la verticale, ce qu'on n'observe évidemment pas.

b) Faux. La portée vaut v02sin(2α)g\dfrac{v_{0}^{2}\sin\left(2\alpha\right)}{g}, maximale pour α=45\alpha=45^{\circ} et non pour un angle plus grand. L'exercice 4 le chiffre : 22,9 m22{,}9\ \mathrm{m} à 4545^{\circ} contre seulement 19,9 m19{,}9\ \mathrm{m} à 6060^{\circ}, alors que le tir à 6060^{\circ} monte pourtant presque deux fois plus haut. Viser trop haut consacre la vitesse à monter plutôt qu'à avancer. À noter que 3030^{\circ} donne exactement la même portée que 6060^{\circ}.

c) Faux, et c'est la différence essentielle entre les deux champs. Dans le champ de pesanteur, a=g\vec{a}=\vec{g} car la masse se simplifie. Dans un champ électrique, a=qmE\vec{a}=\dfrac{q}{m}\vec{E} : l'accélération dépend du rapport charge sur masse et diffère donc d'une particule à l'autre. L'exercice 9 le chiffre : l'électron est 18361836 fois plus accéléré que le proton dans le même champ, et en sens opposé.

d) Faux. La conservation de l'énergie mécanique donne v=v02+2ghv=\sqrt{v_{0}^{2}+2gh}, expression où l'angle n'apparaît pas : seuls la vitesse initiale et le dénivelé comptent, parce que le travail du poids ne dépend que de la variation d'altitude. L'exercice 6 donne 24,8 m/s24{,}8\ \mathrm{m/s} quel que soit l'angle. Ce qui dépend de l'angle, ce sont la DIRECTION de la vitesse à l'impact, le point de chute et la durée du vol, mais pas la norme.

Exercice 10 : Le canon à électrons d'un microscope

Dans un microscope électronique, des électrons sont d'abord accélérés depuis le repos par une tension U1=15,0 kVU_{1}=15{,}0\ \mathrm{kV}, puis déviés par un système de plaques.

On garde e=1,602×1019 Ce=1{,}602\times 10^{-19}\ \mathrm{C} et me=9,109×1031 kgm_{e}=9{,}109\times 10^{-31}\ \mathrm{kg}.

  • a) Calculez l'énergie cinétique acquise par un électron, en joules puis en électronvolts.
  • b) Calculez sa vitesse à la sortie du canon.
  • c) Vérifiez que le traitement non relativiste reste acceptable en comparant cette vitesse à celle de la lumière.
  • d) Cet électron entre ensuite dans un champ déviateur de 4,0×103 V/m4{,}0\times 10^{3}\ \mathrm{V/m} sur une longueur de 8,0 cm8{,}0\ \mathrm{cm}. Calculez sa déviation.
  • e) Comparez cette déviation à celle obtenue à l'exercice 7, où la vitesse d'entrée valait 2,0×107 m/s2{,}0\times 10^{7}\ \mathrm{m/s}. Expliquez la différence.
Voir la correction

a) Ec=eU1=1,602×1019×1,50×104=2,40×1015 JE_{c}=eU_{1}=1{,}602\times 10^{-19}\times 1{,}50\times 10^{4}=2{,}40\times 10^{-15}\ \mathrm{J}, soit exactement 15,0 keV15{,}0\ \mathrm{keV} par définition de l'électronvolt.

b) v=2eU1me=2×2,40×10159,109×1031=7,26×107 m/sv=\sqrt{\dfrac{2eU_{1}}{m_{e}}}=\sqrt{\dfrac{2\times 2{,}40\times 10^{-15}}{9{,}109\times 10^{-31}}}=7{,}26\times 10^{7}\ \mathrm{m/s}.

c) vc=7,26×1073,00×108=0,242\dfrac{v}{c}=\dfrac{7{,}26\times 10^{7}}{3{,}00\times 10^{8}}=0{,}242, soit environ 2424 pour cent de la vitesse de la lumière. Le facteur relativiste vaut alors 110,2422=1,03\dfrac{1}{\sqrt{1-0{,}242^{2}}}=1{,}03 : l'erreur commise en négligeant la relativité est d'environ 33 pour cent. C'est acceptable pour un ordre de grandeur, mais un microscope réel en tient compte, et c'est pourquoi les appareils travaillant à 100 kV100\ \mathrm{kV} ou plus exigent un traitement relativiste complet.

d) La durée de traversée vaut Δt=8,0×1027,26×107=1,10×109 s\Delta t=\dfrac{8{,}0\times 10^{-2}}{7{,}26\times 10^{7}}=1{,}10\times 10^{-9}\ \mathrm{s}. L'accélération est la même qu'à l'exercice 7, 7,03×1014 m/s27{,}03\times 10^{14}\ \mathrm{m/s^{2}}. Donc y=12aΔt2=0,5×7,03×1014×(1,10×109)2=4,27×104 my=\dfrac{1}{2}a\Delta t^{2}=0{,}5\times 7{,}03\times 10^{14}\times\left(1{,}10\times 10^{-9}\right)^{2}=4{,}27\times 10^{-4}\ \mathrm{m}, soit 0,43 mm0{,}43\ \mathrm{mm}.

e) La déviation est passée de 5,6 mm5{,}6\ \mathrm{mm} à 0,43 mm0{,}43\ \mathrm{mm}, soit un facteur 1313 environ. La cause est la vitesse d'entrée, multipliée par 3,63{,}6 : l'électron passe donc 3,63{,}6 fois moins de temps entre les plaques, et comme la déviation varie comme le CARRÉ de cette durée, elle est divisée par 3,62=133{,}6^{2}=13. C'est un point de conception essentiel : plus on accélère un faisceau, plus il devient difficile à dévier, et il faut alors des tensions déviatrices plus élevées ou des plaques plus longues.

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