Spécialité physique-chimie, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Fiche de révision : mouvement dans un champ uniforme (Terminale spécialité)

La deuxième loi de Newton dans un champ uniforme donne toujours le même schéma : une accélération constante, deux intégrations successives, deux équations horaires. La mécanique n'y est pas difficile. Ce qui coûte des points, c'est le raisonnement physique autour : quelle composante s'annule, quelle grandeur se simplifie, quelle force peut être négligée.

Cette fiche liste les huit endroits où les points partent, avec la phrase exacte qui les remet, l'arbre qui dit quelle méthode employer selon la question posée, la comparaison ligne à ligne entre champ de pesanteur et champ électrique, et un tir parabolique décortiqué du bilan des forces jusqu'à la portée.

Le fil du chapitre

Un mouvement dans un champ uniforme se décompose en DEUX mouvements indépendants : uniforme sur un axe, uniformément accéléré sur l'autre. Tout ce qui se perd sur ce chapitre vient d'avoir mélangé les deux, à commencer par la vitesse au sommet, qui n'est jamais nulle.

Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (16 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Vecteurs et géométrie repéréeSeconde, Mathématiques
  2. 2Généralités sur les fonctionsSeconde, Mathématiques
  3. 3Fonctions affines et systèmesSeconde, Mathématiques
  4. 4Mouvement et interactionsSeconde
  5. 5La dérivationPremière, Mathématiques
  6. 6Mouvement, Newton et champsPremière
  7. 7Géométrie de CinquièmeCinquième, Mathématiques
  8. 8Calcul littéral et équationsQuatrième, Mathématiques
  9. 9Translations, symétries et rotationsQuatrième, Mathématiques
  10. 10Mouvement, vitesse et lumièreQuatrième
  11. 11La notion de fonctionTroisième, Mathématiques
  12. 12Les fonctions linéairesTroisième, Mathématiques
  13. 13Les fonctions affinesTroisième, Mathématiques
  14. 14Développer et factoriserTroisième, Mathématiques
  15. 15Équations, équations produit et inéquationsTroisième, Mathématiques
  16. 16Poids, gravitation et signauxTroisième

L'essentiel

Deux mouvements indépendants, sur deux axes

  • Deuxième loi de Newton : F=ma\sum\vec{F}=m\vec{a}, égalité VECTORIELLE, donc une équation par axe.
  • Sur l'axe horizontal, aucune force : ax=0a_{x}=0, la vitesse vxv_{x} reste constante et x=v0cosαtx=v_{0}\cos\alpha\,t. C'est un mouvement uniforme.
  • Sur l'axe vertical : ay=ga_{y}=-g, donc vy=gt+v0sinαv_{y}=-gt+v_{0}\sin\alpha et y=12gt2+v0sinαty=-\frac{1}{2}gt^{2}+v_{0}\sin\alpha\,t. C'est un mouvement uniformément accéléré.
  • L'équation de la TRAJECTOIRE s'obtient en éliminant tt entre les deux : t=xv0cosαt=\frac{x}{v_{0}\cos\alpha}, ce qui donne une parabole.
510152025303540452468101214toutes les 0,5 s
Les points sont pris à intervalles de temps ÉGAUX : leur écart horizontal ne change jamais, leur écart vertical diminue puis s'inverse. Un seul dessin, deux mouvements superposés.

Les deux axes ne communiquent que par le temps. C'est pourquoi une bille lâchée et une bille lancée horizontalement au même instant touchent le sol EN MÊME TEMPS, quelle que soit la vitesse de lancement.

Champ de pesanteur et champ électrique : ce qui change

  • Champ de pesanteur : P=mg\vec{P}=m\vec{g}, donc a=g\vec{a}=\vec{g} et la MASSE SE SIMPLIFIE. Tous les corps tombent de la même façon.
  • Champ électrique : F=qE\vec{F}=q\vec{E}, donc a=qmE\vec{a}=\frac{q}{m}\vec{E} et la masse NE SE SIMPLIFIE PAS. Deux particules de charges égales et de masses différentes ne suivent pas la même trajectoire.
  • Le signe de la charge décide du SENS de la force : une charge négative est accélérée vers la plaque positive, donc dans le sens opposé au champ.
  • Entre deux plaques parallèles distantes de dd et soumises à une tension UU, le champ est uniforme et vaut E=UdE=\frac{U}{d}, dirigé de la plaque positive vers la plaque négative.

Tout le reste est identique : même deuxième loi, mêmes deux intégrations, même trajectoire parabolique. Seule l'expression de l'accélération change, et c'est la seule ligne à adapter.

Portée, flèche et vitesse : les formules et leur sens

  • Portée depuis le sol, sur terrain horizontal : P=v02sin(2α)gP=\frac{v_{0}^{2}\sin(2\alpha)}{g}, maximale pour α=45\alpha=45^{\circ}, et IDENTIQUE pour deux angles complémentaires.
  • Flèche, c'est-à-dire hauteur maximale : h=(v0sinα)22gh=\frac{\left(v_{0}\sin\alpha\right)^{2}}{2g}, atteinte quand vyv_{y} s'annule.
  • Au sommet, SEULE vyv_{y} s'annule : la vitesse y vaut v0cosαv_{0}\cos\alpha, jamais zéro sauf pour un tir strictement vertical.
  • Vitesse d'arrivée depuis une hauteur hh : v=v02+2ghv=\sqrt{v_{0}^{2}+2gh}, indépendante de l'angle de tir, par conservation de l'énergie mécanique.

Déviation entre deux plaques

  • Une particule entre horizontalement à la vitesse v0v_{0} dans un condensateur plan de longueur LL : elle y reste pendant t=Lv0t=\frac{L}{v_{0}}.
  • Sa déviation à la sortie vaut y=12a(Lv0)2y=\frac{1}{2}a\left(\frac{L}{v_{0}}\right)^{2}, avec a=qEm=qUmda=\frac{|q|E}{m}=\frac{|q|U}{md}.
  • La déviation varie donc comme l'INVERSE DU CARRÉ de la vitesse d'entrée : doubler v0v_{0} divise la déviation par 44.
  • Le poids d'un électron est négligeable devant la force électrique, mais cela se VÉRIFIE par un rapport chiffré, jamais par principe.

L'ordre de grandeur du rapport pour un électron entre deux plaques de laboratoire est de 101310^{13} : c'est ce nombre, écrit sur la copie, qui justifie de négliger le poids.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Déclarer la vitesse nulle au sommet de la trajectoire

1 à 2 points, et l'énergie cinétique au sommet devient fausse

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Au sommet, la vitesse du projectile est nulle puisque le mouvement s'inverse. »

Ce qu'il faut écrire

« Au sommet, seule la composante VERTICALE de la vitesse s'annule. La composante horizontale reste v0cosαv_{0}\cos\alpha, donc la vitesse au sommet vaut exactement v0cosαv_{0}\cos\alpha. »

510152025303540452468101214vx = v0 cos a, jamais 0
Au sommet la tangente est HORIZONTALE, elle n'est pas réduite à un point : la vitesse y est horizontale et vaut v0cosαv_{0}\cos\alpha. Une vitesse nulle donnerait un rebroussement, pas un sommet arrondi.

Pourquoi : Rien n'agit horizontalement : vxv_{x} ne peut pas changer. Un projectile qui aurait une vitesse nulle au sommet tomberait à la verticale, ce qu'aucune photographie de trajectoire ne montre.

2. Simplifier la masse dans un champ électrique

toute la question, avec une accélération fausse de plusieurs ordres de grandeur

Ce qu'il ne faut pas écrire

« qE=maq\vec{E}=m\vec{a}, donc a=E\vec{a}=\vec{E} : la masse se simplifie comme pour la pesanteur. »

Ce qu'il faut écrire

« qE=maq\vec{E}=m\vec{a} donne a=qmE\vec{a}=\frac{q}{m}\vec{E} : la masse reste au dénominateur. Elle ne se simplifie que dans le champ de pesanteur, où la force est elle-même proportionnelle à mm. »

Pourquoi : Le poids vaut mgm\vec{g} : le mm des deux côtés se compense. La force électrique vaut qEq\vec{E} et ne contient aucun mm : rien ne se compense. C'est ce qui permet de trier des particules par leur rapport charge sur masse.

3. Négliger le poids sans le justifier par un rapport

1 point, systématiquement prévu au barème

Ce qu'il ne faut pas écrire

« On néglige le poids de l'électron, comme d'habitude. »

Ce qu'il faut écrire

« Le poids vaut P=mg8,9×1030 NP=mg\approx 8{,}9\times 10^{-30}\ \mathrm{N} et la force électrique F=qE6,4×1016 NF=|q|E\approx 6{,}4\times 10^{-16}\ \mathrm{N}, soit un rapport de l'ordre de 101310^{13} : le poids est donc négligeable devant la force électrique. »

Pourquoi : « Comme d'habitude » n'est pas un argument physique, et l'approximation devient fausse pour une goutte d'huile chargée ou un ion lourd. Le rapport chiffré est la seule justification acceptée.

4. Mesurer l'angle de tir depuis la mauvaise direction

toute la question, avec des composantes échangées

Ce qu'il ne faut pas écrire

« L'angle vaut 3030^{\circ} avec la verticale, donc v0x=v0cos30v_{0x}=v_{0}\cos 30^{\circ}. »

Ce qu'il faut écrire

« L'angle est donné avec la VERTICALE, donc l'angle avec l'horizontale vaut 6060^{\circ} et v0x=v0cos60=v0sin30v_{0x}=v_{0}\cos 60^{\circ}=v_{0}\sin 30^{\circ}. »

Pourquoi : Les formules du cours supposent l'angle mesuré depuis l'HORIZONTALE. Le repère de l'énoncé peut en décider autrement, et le schéma est le seul endroit où cela se voit : il faut le lire avant d'écrire une projection.

5. Croire qu'un seul angle donne une portée demandée

1 point, et une seule des deux réponses attendues

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La portée vaut 35 m35\ \mathrm{m}, donc l'angle de tir est nécessairement 3030^{\circ}. »

Ce qu'il faut écrire

« sin(2α)\sin(2\alpha) prend la même valeur pour 2α2\alpha et 1802α180^{\circ}-2\alpha : deux angles COMPLÉMENTAIRES donnent la même portée. Ici 3030^{\circ} et 6060^{\circ} conviennent tous les deux, avec des trajectoires très différentes. »

5101520253035402468101214161860 degres30 degres
Deux trajectoires, deux allures opposées, et pourtant le même point de chute à 35,3 m35{,}3\ \mathrm{m}. La portée ne dépend de l'angle que par sin(2α)\sin(2\alpha), symétrique autour de 4545^{\circ}.

Pourquoi : La portée ne dépend de l'angle que par sin(2α)\sin(2\alpha), qui est symétrique autour de 4545^{\circ}. Le tir tendu et le tir en cloche atteignent le même point, mais pas au même instant ni à la même hauteur.

6. Confondre les équations horaires et l'équation de la trajectoire

toute la question, environ 2 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La trajectoire a pour équation y=12gt2+v0sinαty=-\frac{1}{2}gt^{2}+v_{0}\sin\alpha\,t. »

Ce qu'il faut écrire

« Cette expression est une équation HORAIRE, elle donne yy en fonction du TEMPS. L'équation de la trajectoire donne yy en fonction de xx : on élimine tt grâce à t=xv0cosαt=\frac{x}{v_{0}\cos\alpha}, ce qui donne y=g2v02cos2αx2+xtanαy=-\frac{g}{2v_{0}^{2}\cos^{2}\alpha}x^{2}+x\tan\alpha. »

Pourquoi : Une trajectoire est la courbe suivie dans l'espace : elle ne contient pas le temps. Confondre les deux rend impossible tout calcul de portée, qui consiste précisément à résoudre y=0y=0 en xx.

7. Faire varier la déviation comme l'inverse de la vitesse d'entrée

1 point, et un facteur $2$ d'erreur sur le résultat final

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Doubler la vitesse d'entrée divise la déviation par 22. »

Ce qu'il faut écrire

« La déviation vaut y=12a(Lv0)2y=\frac{1}{2}a\left(\frac{L}{v_{0}}\right)^{2} : elle varie comme 1v02\frac{1}{v_{0}^{2}}. Doubler v0v_{0} divise donc la déviation par 44. »

faisceauplaque +plaque -
Entre les plaques, le faisceau suit une parabole exactement comme un projectile pesant. La déviation à la sortie dépend du temps passé dans le champ, donc de v0v_{0} au carré.

Pourquoi : La vitesse d'entrée intervient deux fois : elle fixe le TEMPS passé entre les plaques, et ce temps intervient au carré dans la loi horaire verticale. C'est l'exposant 22 de la chute libre qui se reporte sur v0v_{0}.

8. Oublier le signe de la charge pour orienter la force

1 point, et la déviation est dessinée du mauvais côté

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La particule est chargée, donc elle est déviée dans le sens du champ électrique. »

Ce qu'il faut écrire

« F=qE\vec{F}=q\vec{E} : pour une charge POSITIVE la force est dans le sens du champ, pour une charge NÉGATIVE elle est dans le sens opposé. Un électron est donc attiré par la plaque positive, contre le sens de E\vec{E}. »

Pourquoi : Le champ est dirigé de la plaque positive vers la plaque négative, par convention. Un électron, de charge négative, remonte donc le champ. Toute la géométrie du schéma en dépend.

9. Utiliser la portée depuis le sol pour un tir depuis une hauteur

toute la question, avec une portée sous-estimée

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le ballon part d'un balcon à 10 m10\ \mathrm{m} : sa portée vaut v02sin(2α)g\frac{v_{0}^{2}\sin(2\alpha)}{g}. »

Ce qu'il faut écrire

« Cette formule suppose un départ et une arrivée à la MÊME altitude. Depuis une hauteur, il faut résoudre y(t)=hy(t)=-h, c'est-à-dire une équation du second degré en tt, puis reporter dans x=v0cosαtx=v_{0}\cos\alpha\,t. »

Pourquoi : La formule de portée est la solution particulière de y=0y=0 sur terrain plat. Dès que l'altitude d'arrivée change, l'angle optimal n'est plus 4545^{\circ} non plus, et il faut repartir des équations horaires.

Quelle méthode choisir

Quelle méthode selon la question posée

Toutes les questions du chapitre partent des mêmes deux équations horaires. Ce que l'énoncé demande décide de ce qu'on en fait.

  • Si « établir les équations horaires » bilan des forces, deuxième loi de Newton, projection sur les deux axes, puis DEUX intégrations avec les conditions initiales

    Exemple : ay=ga_{y}=-g donne vy=gt+v0sinαv_{y}=-gt+v_{0}\sin\alpha puis y=12gt2+v0sinαty=-\frac{1}{2}gt^{2}+v_{0}\sin\alpha\,t

  • Si « déterminer l'équation de la trajectoire » isoler tt dans l'équation en xx, puis le remplacer dans celle en yy

    Exemple : t=xv0cosαt=\frac{x}{v_{0}\cos\alpha} donne une parabole en xx

  • Si « calculer la portée » résoudre y=0y=0, garder la solution non nulle, et reporter dans xx; sur terrain plat, la formule v02sin(2α)g\frac{v_{0}^{2}\sin(2\alpha)}{g} va plus vite

  • Si « calculer la flèche » ou « la hauteur maximale » annuler vyv_{y}, en déduire le temps de montée, puis reporter dans yy

    Exemple : t=v0sinαgt=\frac{v_{0}\sin\alpha}{g}, puis h=(v0sinα)22gh=\frac{\left(v_{0}\sin\alpha\right)^{2}}{2g}

  • Si « calculer la vitesse en un point » composer les deux composantes : v=vx2+vy2v=\sqrt{v_{x}^{2}+v_{y}^{2}}, ou passer par l'énergie mécanique si la hauteur est connue

  • Si il s'agit d'une particule chargée entre des plaques même méthode, avec a=qUmda=\frac{|q|U}{md} à la place de gg, et après avoir justifié qu'on néglige le poids

Aucune de ces questions ne demande de formule apprise par cœur : toutes se retrouvent en deux lignes à partir des équations horaires. Apprendre la méthode plutôt que les formules évite de se tromper de cas particulier.

Champ de pesanteur ou champ électrique : la seule ligne qui change

On compare les deux situations point par point pour repérer ce qu'il faut adapter, et ce qu'il ne faut surtout pas adapter.

  • Si la force est le poids a=g\vec{a}=\vec{g}, la masse se simplifie, l'accélération vaut 9,81 ms29{,}81\ \mathrm{m\cdot s^{-2}} vers le bas pour tout corps

  • Si la force est électrique dans un condensateur plan a=qmE\vec{a}=\frac{q}{m}\vec{E} avec E=UdE=\frac{U}{d}, la masse RESTE, et le signe de qq donne le sens

    Exemple : U=200 VU=200\ \mathrm{V} et d=5 cmd=5\ \mathrm{cm} donnent E=4000 Vm1E=4000\ \mathrm{V\cdot m^{-1}}

  • Si les deux forces sont présentes comparer mgmg et qE|q|E par un rapport chiffré, puis négliger la plus petite EN L'ÉCRIVANT

  • Si la particule entre perpendiculairement au champ trajectoire parabolique, exactement comme un tir horizontal, avec qEm\frac{|q|E}{m} à la place de gg

  • Si la particule entre parallèlement au champ mouvement rectiligne uniformément accéléré, et le théorème de l'énergie cinétique donne directement la vitesse de sortie

    Exemple : canon à électrons : 12mv2=qU\frac{1}{2}mv^{2}=|q|U

Le reste est rigoureusement identique : mêmes projections, mêmes intégrations, même parabole. C'est pourquoi les sujets traitent souvent les deux situations dans le même exercice.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Établir les équations horaires, du bilan des forces aux positions

Quand l'utiliser : La première question de tout exercice de mécanique, et celle qui porte le plus de points.

  1. 1 Définir le système et le référentiel : « le système est le ballon de masse mm, étudié dans le référentiel terrestre supposé galiléen ».
  2. 2 Faire le bilan des forces et dire ce qu'on néglige, avec sa justification : « le ballon n'est soumis qu'à son poids, les frottements de l'air étant négligés ».
  3. 3 Écrire la deuxième loi de Newton sous forme VECTORIELLE, puis la projeter sur chacun des deux axes.
  4. 4 Intégrer une première fois pour obtenir les composantes de la vitesse, en écrivant les constantes d'intégration puis en les identifiant aux conditions initiales.
  5. 5 Intégrer une seconde fois pour obtenir les positions, avec les mêmes précautions sur les constantes.
  6. 6 Encadrer ou souligner les deux équations horaires : elles serviront à toutes les questions suivantes.

Phrase de conclusion

Le système n'étant soumis qu'à son poids, la deuxième loi de Newton donne mg=mam\vec{g}=m\vec{a}, soit a=g\vec{a}=\vec{g}; par projection puis double intégration avec les conditions initiales, x(t)=v0cosαtx(t)=v_{0}\cos\alpha\,t et y(t)=12gt2+v0sinαty(t)=-\frac{1}{2}gt^{2}+v_{0}\sin\alpha\,t.

Le piège : Sauter les constantes d'intégration. Elles valent v0cosαv_{0}\cos\alpha et v0sinαv_{0}\sin\alpha pour la vitesse, et zéro pour la position seulement si le tir part de l'origine. Un tir depuis une hauteur ajoute un +h+h qui change toute la suite.

Barème : 0,5 point pour le système et le référentiel, 1 point pour le bilan des forces justifié, 1 point pour la loi de Newton projetée, 1 point par intégration.

Justifier qu'on néglige le poids devant la force électrique

Quand l'utiliser : Tout exercice de particule chargée dans un champ électrique, et le point est presque toujours prévu au barème.

  1. 1 Calculer le champ à partir des données : E=UdE=\frac{U}{d}, avec les unités converties en mètres et en volts.
  2. 2 Calculer la force électrique : F=qEF=|q|E, en valeur absolue puisqu'on compare des intensités.
  3. 3 Calculer le poids : P=mgP=mg, avec la masse de la particule donnée par l'énoncé.
  4. 4 Former le RAPPORT FP\frac{F}{P} et donner son ordre de grandeur.
  5. 5 Conclure explicitement : le poids est négligeable, et il sera absent du bilan des forces qui suit.

Phrase de conclusion

Le rapport FP=qEmg\frac{F}{P}=\frac{|q|E}{mg} est de l'ordre de 101310^{13} : le poids de l'électron est donc totalement négligeable devant la force électrique, et on ne le fera pas figurer dans le bilan des forces.

Le piège : Comparer des grandeurs sans les avoir calculées, ou comparer une force et un champ. Le rapport doit être un NOMBRE sans unité, obtenu en divisant deux forces exprimées dans la même unité.

Barème : 0,5 point pour chaque force calculée, 1 point pour le rapport et la conclusion.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Un tir parabolique complet, comme au baccalauréat

Un ballon est frappé depuis le sol avec une vitesse initiale de v0=20,0 ms1v_{0}=20{,}0\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} faisant un angle α=40\alpha=40^{\circ} avec l'horizontale. On prend g=9,81 ms2g=9{,}81\ \mathrm{m\cdot s^{-2}} et on néglige les frottements de l'air.

1. Établir les équations horaires du mouvement. 2. En déduire l'équation de la trajectoire. 3. Calculer la flèche et le temps auquel elle est atteinte. 4. Calculer la portée. 5. Donner la vitesse au sommet. 6. Quel autre angle donnerait la même portée ?

5101520253035404524681012tir a 40 degres
La configuration de l'énoncé : départ du sol, angle avec l'horizontale, et deux points remarquables à déterminer, le sommet et le point de chute.

Étape 1

Le système est le ballon, de masse mm, dans le référentiel terrestre supposé galiléen. Les frottements étant négligés, il n'est soumis qu'à son poids. La deuxième loi de Newton donne mg=mam\vec{g}=m\vec{a}, soit a=g\vec{a}=\vec{g}.

Pourquoi

La masse se simplifie parce que le poids lui est proportionnel : c'est la particularité du champ de pesanteur, et c'est la ligne qui n'existera pas dans un champ électrique.

Étape 2

Projection : ax=0a_{x}=0 et ay=ga_{y}=-g. Première intégration : vx=v0cosα=20,0×cos4015,3 ms1v_{x}=v_{0}\cos\alpha=20{,}0\times\cos 40^{\circ}\approx 15{,}3\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} et vy=gt+v0sinαv_{y}=-gt+v_{0}\sin\alpha avec v0sinα12,9 ms1v_{0}\sin\alpha\approx 12{,}9\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}.

Pourquoi

Les constantes d'intégration sont les composantes de la vitesse initiale, obtenues par projection sur le schéma. Les écrire numériquement dès maintenant évite de traîner des cosinus jusqu'à la fin.

Étape 3

Seconde intégration, avec un départ à l'origine : x(t)=15,3tx(t)=15{,}3\,t et y(t)=4,905t2+12,9ty(t)=-4{,}905\,t^{2}+12{,}9\,t, en mètres et en secondes.

Pourquoi

Les deux constantes sont nulles ICI parce que le tir part du sol et de l'origine. Un tir depuis un balcon ajouterait un terme constant à yy, et c'est le seul changement.

Étape 4

Trajectoire : t=x15,3t=\frac{x}{15{,}3}, d'où y=4,905(x15,3)2+12,9×x15,3y=-4{,}905\left(\frac{x}{15{,}3}\right)^{2}+12{,}9\times\frac{x}{15{,}3}, soit y0,0209x2+0,839xy\approx-0{,}0209\,x^{2}+0{,}839\,x.

Pourquoi

Le temps disparaît : c'est ce qui distingue la trajectoire des équations horaires. La courbe obtenue est une parabole tournée vers le bas, ce qui est cohérent avec le signe négatif du coefficient de x2x^{2}.

Étape 5

Flèche : vy=0v_{y}=0 donne t=12,99,811,31 st=\frac{12{,}9}{9{,}81}\approx 1{,}31\ \mathrm{s}. En reportant, ymax=4,905×1,312+12,9×1,318,42 my_{\max}=-4{,}905\times 1{,}31^{2}+12{,}9\times 1{,}31\approx 8{,}42\ \mathrm{m}.

Pourquoi

C'est l'annulation de vyv_{y}, et non de vv, qui caractérise le sommet. Cette distinction est exactement le piège numéro un du chapitre.

Étape 6

Portée : y=0y=0 donne t(4,905t+12,9)=0t(-4{,}905t+12{,}9)=0, donc t=0t=0 (le départ) ou t2,62 st\approx 2{,}62\ \mathrm{s}. En reportant dans xx : P15,3×2,6240,2 mP\approx 15{,}3\times 2{,}62\approx 40{,}2\ \mathrm{m}.

Pourquoi

Le temps de vol vaut exactement le double du temps de montée, ce qui donne un contrôle immédiat : 2×1,31=2,622\times 1{,}31=2{,}62. La solution t=0t=0 se rejette en une phrase, elle correspond au point de départ.

Étape 7

Vitesse au sommet : vy=0v_{y}=0 et vx=15,3 ms1v_{x}=15{,}3\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}, donc la vitesse vaut 15,3 ms115{,}3\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}, dirigée horizontalement.

Pourquoi

Le ballon est le plus lent au sommet, mais il n'y est jamais immobile. Sa vitesse y vaut 77 %77\ \% de la vitesse initiale, ce qui est loin de zéro.

Étape 8

Autre angle : P=v02sin(2α)gP=\frac{v_{0}^{2}\sin(2\alpha)}{g}, et sin(2×40)=sin80=sin100=sin(2×50)\sin(2\times 40^{\circ})=\sin 80^{\circ}=\sin 100^{\circ}=\sin(2\times 50^{\circ}). L'angle 5050^{\circ} donne donc la même portée. Contrôle : 400×sin809,8140,2 m\frac{400\times\sin 80^{\circ}}{9{,}81}\approx 40{,}2\ \mathrm{m}.

Pourquoi

Les deux angles sont complémentaires, 40+50=9040^{\circ}+50^{\circ}=90^{\circ}. Le calcul de portée par la formule redonne aussi la valeur de la question 4, ce qui valide les deux.

Conclusion rédigée

Le ballon suit la parabole y0,0209x2+0,839xy\approx-0{,}0209\,x^{2}+0{,}839\,x, atteint sa flèche de 8,42 m8{,}42\ \mathrm{m} au bout de 1,31 s1{,}31\ \mathrm{s}, retombe à 40,2 m40{,}2\ \mathrm{m} après 2,62 s2{,}62\ \mathrm{s} de vol, passe au sommet à 15,3 ms115{,}3\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} et non à vitesse nulle; un tir à 5050^{\circ} atteindrait exactement le même point de chute.

L'erreur classique sur cet exercice : Annoncer une vitesse nulle au sommet, puis en déduire une énergie cinétique nulle et une énergie mécanique égale à la seule énergie potentielle. Toute la question d'énergie s'effondre, alors que le calcul de la flèche, lui, était juste.

À savoir par cœur

  • Deux axes, deux mouvements indépendants : uniforme en xx, uniformément accéléré en yy. Ils ne communiquent que par tt.
  • Champ de pesanteur : a=g\vec{a}=\vec{g}, la masse se simplifie. Champ électrique : a=qmE\vec{a}=\frac{q}{m}\vec{E}, elle ne se simplifie PAS.
  • Au sommet, seule vyv_{y} s'annule. La vitesse y vaut v0cosαv_{0}\cos\alpha.
  • Trajectoire = équations horaires SANS le temps : on élimine tt entre x(t)x(t) et y(t)y(t).
  • Portée sur terrain plat : v02sin(2α)g\frac{v_{0}^{2}\sin(2\alpha)}{g}, maximale à 4545^{\circ}, identique pour deux angles complémentaires.
  • Flèche : (v0sinα)22g\frac{\left(v_{0}\sin\alpha\right)^{2}}{2g}, atteinte quand vy=0v_{y}=0.
  • Entre deux plaques : E=UdE=\frac{U}{d} et la déviation varie comme 1v02\frac{1}{v_{0}^{2}}.
  • Négliger le poids se JUSTIFIE par un rapport chiffré, jamais par habitude.
  • Le signe de la charge décide du sens de la force : un électron remonte le champ.

Questions fréquentes

La vitesse est-elle nulle au sommet d'une trajectoire parabolique ?

Non. Seule la composante verticale s'annule au sommet. La composante horizontale, elle, ne change jamais, puisque aucune force n'agit dans cette direction. La vitesse au sommet vaut donc la vitesse initiale multipliée par le cosinus de l'angle de tir, ce qui reste une valeur importante pour un tir tendu.

Pourquoi la masse disparaît-elle en chute libre mais pas dans un champ électrique ?

Parce que le poids est lui-même proportionnel à la masse : le facteur se simplifie des deux côtés de la deuxième loi de Newton. La force électrique, elle, ne dépend que de la charge et du champ, donc la masse reste au dénominateur de l'accélération. C'est ce qui permet de trier des particules selon leur rapport charge sur masse.

Comment passer des équations horaires à l'équation de la trajectoire ?

On isole le temps dans l'équation qui donne l'abscisse, ce qui est facile puisque le mouvement horizontal est uniforme, puis on remplace ce temps dans l'équation qui donne l'ordonnée. Le résultat ne contient plus le temps : c'est une relation entre les deux coordonnées, et c'est une parabole.

Deux angles de tir différents peuvent-ils donner la même portée ?

Oui, dès qu'ils sont complémentaires, c'est-à-dire que leur somme vaut quatre-vingt-dix degrés. La portée ne dépend de l'angle que par le sinus du double de cet angle, qui prend la même valeur de part et d'autre de quarante-cinq degrés. Les deux trajectoires diffèrent pourtant beaucoup : l'une est tendue, l'autre en cloche.

Pourquoi peut-on négliger le poids d'un électron entre deux plaques ?

Parce que le rapport entre la force électrique et le poids est de l'ordre de dix puissance treize. Mais cela doit être calculé et écrit sur la copie : on compare l'intensité de la force électrique, produit de la charge par le champ, à celle du poids, produit de la masse par l'intensité de pesanteur. Pour une goutte chargée plus lourde, l'approximation tomberait.

Comment varie la déviation d'un faisceau avec sa vitesse d'entrée ?

Comme l'inverse du carré de cette vitesse. La vitesse d'entrée fixe la durée passée entre les plaques, et cette durée intervient au carré dans le mouvement uniformément accéléré transversal. Doubler la vitesse d'entrée divise donc la déviation par quatre, et non par deux.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Mouvement dans un champ uniforme

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 15 exercices corrigés
  • 150 points
  • 225 minutes
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