Spécialité physique-chimie, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : décrire un fluide au repos (Terminale spécialité)

Voici dix exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur les fluides au repos, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

Le fil de la série : dans un liquide, seule la PROFONDEUR compte, ni la forme du récipient ni la quantité d'eau ; dans un gaz, la pression est au contraire uniforme sur les hauteurs usuelles mais le volume dépend fortement de la pression. Un seul mot sépare les deux mondes, incompressible.

Deux pièges reviennent d'un exercice à l'autre : la poussée d'Archimède ne dépend jamais de la masse de l'objet, seulement du volume immergé et du fluide, et la force sur une paroi verticale varie comme le CARRÉ de la hauteur d'eau.

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Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (9 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Vecteurs et géométrie repéréeSeconde, Mathématiques
  2. 2Mouvement et interactionsSeconde
  3. 3Mouvement, Newton et champsPremière
  4. 4Géométrie de CinquièmeCinquième, Mathématiques
  5. 5Translations, symétries et rotationsQuatrième, Mathématiques
  6. 6Mouvement, vitesse et lumièreQuatrième
  7. 7Les fonctions linéairesTroisième, Mathématiques
  8. 8Les fonctions affinesTroisième, Mathématiques
  9. 9Poids, gravitation et signauxTroisième

Rappel de cours

  • Force pressante : F=p×SF=p\times S, perpendiculaire à la surface, en newtons avec pp en pascals et SS en mètres carrés.
  • Pression atmosphérique normale : p0=1,013×105 Pa=1,013 bar=760 mmHgp_{0}=1{,}013\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}=1{,}013\ \mathrm{bar}=760\ \mathrm{mmHg}.
  • Statique des fluides incompressibles : pBpA=ρg(hBhA)p_{B}-p_{A}=\rho\,g\,(h_{B}-h_{A}), seule la différence de PROFONDEUR intervient.
  • Dans l'eau, la pression augmente d'environ 1 bar1\ \mathrm{bar} tous les 10 m10\ \mathrm{m}.
  • Deux points à la même altitude dans un même fluide connecté sont à la même pression : c'est le principe des vases communicants.
  • Poussée d'Archimède : Π=ρfluideVimmergeg\Pi=\rho_{fluide}\,V_{immerge}\,g, verticale, vers le haut, indépendante de la masse de l'objet.
  • Corps flottant à l'équilibre : VimmergeV=ρcorpsρfluide\dfrac{V_{immerge}}{V}=\dfrac{\rho_{corps}}{\rho_{fluide}}.
  • Un gaz est compressible : à température constante, pV=constantep\,V=\mathrm{constante}, c'est la loi de Mariotte. Le graphe pp en fonction de VV est une hyperbole ; en fonction de 1V\dfrac{1}{V}, une droite.
  • Dans un gaz enfermé sur quelques dizaines de centimètres, la pression est considérée comme uniforme.
  • Sur une paroi verticale, la pression moyenne est celle de la mi-profondeur, et la force totale varie comme le carré de la hauteur d'eau.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Pression et force pressante

Un fluide au repos exerce sur toute surface en contact avec lui une force PRESSANTE, perpendiculaire à cette surface et dirigée vers elle. Sa valeur vaut F=p×SF=p\times S, avec pp en pascals et SS en mètres carrés.

La pression atmosphérique normale vaut p0=1,013×105 Pap_{0}=1{,}013\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}, soit 1,013 bar1{,}013\ \mathrm{bar}.

forces pressantes du fluidesurface S
  • a) Calculez la force pressante exercée par l'atmosphère sur une table de 1,20 m1{,}20\ \mathrm{m} sur 0,80 m0{,}80\ \mathrm{m}.
  • b) Convertissez ce résultat en une masse équivalente posée sur la table, avec g=9,81 Nkg1g=9{,}81\ \mathrm{N\cdot kg^{-1}}. Pourquoi la table ne s'effondre-t-elle pas ?
  • c) Un skieur de 75 kg75\ \mathrm{kg} répartit son poids sur deux skis de 1,70 m1{,}70\ \mathrm{m} par 0,09 m0{,}09\ \mathrm{m}. Calculez la pression exercée sur la neige.
  • d) Le même skieur debout sur ses seules chaussures, de surface totale 0,05 m20{,}05\ \mathrm{m^{2}}. Calculez la pression et le rapport avec la précédente.
  • e) Expliquez avec ces deux résultats pourquoi les skis, les raquettes et les chenilles fonctionnent, alors qu'ils n'allègent personne.

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Réponses

  • a) F=9,72×104F=9{,}72\times 10^{4} N
  • b) 9,91×1039{,}91\times 10^{3} kg ; l'air pousse aussi par dessous
  • c) p=2,41×103p=2{,}41\times 10^{3} Pa
  • d) p=1,47×104p=1{,}47\times 10^{4} Pa, rapport 6,16{,}1
  • e) Même poids, surface plus grande : pression plus faible

a) S=1,20×0,80=0,96 m2S=1{,}20\times 0{,}80=0{,}96\ \mathrm{m^{2}}, donc F=1,013×105×0,96=9,72×104 NF=1{,}013\times 10^{5}\times 0{,}96=9{,}72\times 10^{4}\ \mathrm{N}, soit près de 100 kN100\ \mathrm{kN}.

b) m=Fg=9,72×1049,81=9,91×103 kgm=\dfrac{F}{g}=\dfrac{9{,}72\times 10^{4}}{9{,}81}=9{,}91\times 10^{3}\ \mathrm{kg}, environ dix tonnes. La table ne s'effondre pas parce que l'atmosphère pousse AUSSI par en dessous, avec une force pratiquement égale et opposée : c'est la résultante qui compte, et elle est quasi nulle.

c) S=2×1,70×0,09=0,306 m2S=2\times 1{,}70\times 0{,}09=0{,}306\ \mathrm{m^{2}} et F=75×9,81=736 NF=75\times 9{,}81=736\ \mathrm{N}. Donc p=7360,306=2,41×103 Pap=\dfrac{736}{0{,}306}=2{,}41\times 10^{3}\ \mathrm{Pa}.

d) p=7360,05=1,47×104 Pap=\dfrac{736}{0{,}05}=1{,}47\times 10^{4}\ \mathrm{Pa}. Le rapport vaut 1,47×1042,41×103=6,1\dfrac{1{,}47\times 10^{4}}{2{,}41\times 10^{3}}=6{,}1 : la pression est six fois plus grande sur les chaussures.

e) Le poids est rigoureusement le même dans les deux cas ; c'est la SURFACE de contact qui change, donc la pression. La neige cède au-delà d'une certaine pression, pas au-delà d'une certaine force : étaler le même poids sur six fois plus de surface suffit à passer sous le seuil. Le même raisonnement explique les chenilles d'un engin de chantier et, à l'inverse, le tranchant d'un couteau, qui concentre la force sur une surface minuscule.

Exercice 2 : La loi fondamentale de la statique des fluides

Dans un fluide incompressible au repos, la pression augmente avec la profondeur selon pBpA=ρg(zAzB)p_{B}-p_{A}=\rho\,g\,(z_{A}-z_{B}), où zz est l'altitude comptée vers le haut.

Pour deux points à des profondeurs hAh_{A} et hBh_{B} sous la surface, cela s'écrit plus simplement pBpA=ρg(hBhA)p_{B}-p_{A}=\rho\,g\,(h_{B}-h_{A}).

Données : ρeau=1,00×103 kgm3\rho_{eau}=1{,}00\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}, g=9,81 Nkg1g=9{,}81\ \mathrm{N\cdot kg^{-1}}, p0=1,013×105 Pap_{0}=1{,}013\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}.

ABhAhBsurface libre
  • a) Calculez la pression à 3,0 m3{,}0\ \mathrm{m} de profondeur dans une piscine.
  • b) De combien la pression augmente-t-elle par mètre de descente ? À quelle profondeur la pression vaut-elle le double de la pression atmosphérique ?
  • c) Deux points AA et BB sont à la même profondeur mais éloignés horizontalement de 20 m20\ \mathrm{m}. Comparez les pressions et justifiez.
  • d) Une même profondeur dans du mercure, de masse volumique 13,6×103 kgm313{,}6\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}, donne quelle pression à 3,0 m3{,}0\ \mathrm{m} ? Commentez.
  • e) Pourquoi la loi ne s'applique-t-elle pas telle quelle à l'atmosphère sur plusieurs kilomètres ? Quelle hypothèse tombe ?

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Réponses

  • a) p=1,31×105p=1{,}31\times 10^{5} Pa
  • b) 9,81×1039{,}81\times 10^{3} Pa par mètre ; h=10,3h=10{,}3 m
  • c) Égales
  • d) p=5,01×105p=5{,}01\times 10^{5} Pa
  • e) L'air est compressible

a) p=p0+ρgh=1,013×105+1,00×103×9,81×3,0=1,013×105+2,94×104=1,31×105 Pap=p_{0}+\rho\,g\,h=1{,}013\times 10^{5}+1{,}00\times 10^{3}\times 9{,}81\times 3{,}0=1{,}013\times 10^{5}+2{,}94\times 10^{4}=1{,}31\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}.

b) Par mètre : ρg×1=9,81×103 Pa\rho\,g\times 1=9{,}81\times 10^{3}\ \mathrm{Pa}, soit environ 0,1 bar0{,}1\ \mathrm{bar} par mètre. La pression double lorsque ρgh=p0\rho\,g\,h=p_{0}, soit h=1,013×1059,81×103=10,3 mh=\dfrac{1{,}013\times 10^{5}}{9{,}81\times 10^{3}}=10{,}3\ \mathrm{m}. La règle du plongeur, une atmosphère tous les dix mètres, est donc exacte à 3 %3\ \% près.

c) Les pressions sont ÉGALES. La loi ne fait intervenir que la différence d'altitude, jamais la distance horizontale ni la forme du récipient. C'est le principe des vases communicants, et c'est ce qui rend un niveau à eau utilisable sur un chantier.

d) p=1,013×105+13,6×103×9,81×3,0=1,013×105+4,00×105=5,01×105 Pap=1{,}013\times 10^{5}+13{,}6\times 10^{3}\times 9{,}81\times 3{,}0=1{,}013\times 10^{5}+4{,}00\times 10^{5}=5{,}01\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}. La contribution du fluide est 13,613{,}6 fois plus grande que dans l'eau, exactement le rapport des masses volumiques : c'est pourquoi trois mètres de mercure suffiraient à écraser ce que trente mètres d'eau ne feraient pas.

e) Parce que l'hypothèse d'INCOMPRESSIBILITÉ tombe : l'air est un gaz, sa masse volumique diminue avec l'altitude à mesure que la pression baisse. On ne peut donc pas prendre ρ\rho constant sur plusieurs kilomètres, et la décroissance de la pression atmosphérique est en réalité exponentielle et non affine. Sur quelques dizaines de mètres, en revanche, l'approximation reste excellente.

Exercice 3 : La poussée d'Archimède

Tout corps plongé dans un fluide subit une force verticale dirigée vers le HAUT, égale au poids du volume de fluide déplacé : Π=ρfluideVimmergeg\Pi=\rho_{fluide}\,V_{immerge}\,g.

Elle résulte simplement du fait que la pression est plus grande sous l'objet que sur son dessus.

pousséepoidssurface
  • a) Un cube d'aluminium d'arête 10,0 cm10{,}0\ \mathrm{cm} est totalement immergé dans l'eau. Calculez la poussée d'Archimède qu'il subit.
  • b) Calculez son poids, avec ρAl=2,70×103 kgm3\rho_{Al}=2{,}70\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}, puis la force à exercer pour le maintenir immobile. Dans quel sens s'exerce-t-elle ?
  • c) Le même cube en bois, de masse volumique 0,60×103 kgm30{,}60\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}, est lâché dans l'eau. Montrez qu'il flotte et calculez la fraction immergée à l'équilibre.
  • d) Établissez, dans le cas général d'un corps flottant, que la fraction immergée vaut ρcorpsρfluide\dfrac{\rho_{corps}}{\rho_{fluide}}.
  • e) Le cube d'aluminium est maintenant immergé dans du mercure, ρ=13,6×103 kgm3\rho=13{,}6\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}. Que se passe-t-il ? Calculez la fraction immergée.

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Réponses

  • a) Π=9,81\Pi=9{,}81 N
  • b) P=26,5P=26{,}5 N ; 16,716{,}7 N vers le haut
  • c) Il flotte, 6060 % immergé
  • d) ViV=ρcorpsρfluide\dfrac{V_{i}}{V}=\dfrac{\rho_{corps}}{\rho_{fluide}}
  • e) Il flotte, 2020 % immergé

a) V=(0,100)3=1,00×103 m3V=(0{,}100)^{3}=1{,}00\times 10^{-3}\ \mathrm{m^{3}}. Donc Π=1,00×103×1,00×103×9,81=9,81 N\Pi=1{,}00\times 10^{3}\times 1{,}00\times 10^{-3}\times 9{,}81=9{,}81\ \mathrm{N}.

b) P=ρAlVg=2,70×103×1,00×103×9,81=26,5 NP=\rho_{Al}\,V\,g=2{,}70\times 10^{3}\times 1{,}00\times 10^{-3}\times 9{,}81=26{,}5\ \mathrm{N}. Le poids l'emporte sur la poussée, il faut donc une force VERS LE HAUT de 26,59,81=16,7 N26{,}5-9{,}81=16{,}7\ \mathrm{N} pour maintenir le cube immobile. C'est ce que l'on ressent en soulevant une pierre sous l'eau : elle paraît plus légère, elle ne l'est pas.

c) Le poids vaut 0,60×103×1,00×103×9,81=5,89 N0{,}60\times 10^{3}\times 1{,}00\times 10^{-3}\times 9{,}81=5{,}89\ \mathrm{N}, inférieur à la poussée maximale 9,81 N9{,}81\ \mathrm{N} obtenue en immersion totale : le cube remonte, donc il flotte. À l'équilibre, Π=P\Pi=P : 1,00×103×Vi×9,81=5,891{,}00\times 10^{3}\times V_{i}\times 9{,}81=5{,}89, d'où Vi=6,0×104 m3V_{i}=6{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{m^{3}}, soit 60 %60\ \% du volume.

d) À l'équilibre d'un corps flottant, Π=P\Pi=P s'écrit ρfluideVig=ρcorpsVg\rho_{fluide}\,V_{i}\,g=\rho_{corps}\,V\,g. Le gg se simplifie, et l'on obtient ViV=ρcorpsρfluide\dfrac{V_{i}}{V}=\dfrac{\rho_{corps}}{\rho_{fluide}}. On vérifie sur la question c) : 0,601,00=0,60\dfrac{0{,}60}{1{,}00}=0{,}60, les 60 %60\ \% trouvés.

e) L'aluminium est moins dense que le mercure, il FLOTTE, ce qui surprend pour un métal. La fraction immergée vaut 2,7013,6=0,199\dfrac{2{,}70}{13{,}6}=0{,}199, soit environ 20 %20\ \% : quatre cinquièmes du cube dépassent de la surface. C'est la même raison qui fait flotter des billes de plomb sur du mercure.

Exercice 4 : Le gaz au repos et la loi de Mariotte

Un gaz est COMPRESSIBLE : sa masse volumique dépend fortement de la pression. À température constante et pour une quantité de matière fixée, le produit de la pression par le volume reste constant : pV=constantep\,V=\mathrm{constante}.

Une seringue bouchée contient 60 mL60\ \mathrm{mL} d'air à la pression atmosphérique, prise ici à 1,0 bar1{,}0\ \mathrm{bar}.

1020304050600.511.522.533.544.55p (bar)V (mL)
  • a) Calculez la constante pVp\,V pour cet air, en barmL\mathrm{bar\cdot mL}.
  • b) On pousse le piston jusqu'à 20 mL20\ \mathrm{mL}. Quelle est la nouvelle pression ?
  • c) Vérifiez la cohérence des quatre points expérimentaux du graphique avec la loi de Mariotte.
  • d) Pourquoi la courbe pp en fonction de VV est-elle une hyperbole, et non une droite ? Quelle grandeur faudrait-il porter en abscisse pour obtenir une droite ?
  • e) Peut-on appliquer la loi fondamentale de la statique des fluides à l'air de cette seringue ? Justifiez et estimez l'écart de pression entre le haut et le bas d'une seringue de 15 cm15\ \mathrm{cm}.

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Réponses

  • a) pV=60pV=60 bar·mL
  • b) p2=3,0p_{2}=3{,}0 bar
  • c) Les quatre produits valent 6060
  • d) Hyperbole ; droite en 1V\dfrac{1}{V}
  • e) 1,8\approx 1{,}8 Pa : pression uniforme

a) pV=1,0×60=60 barmLp\,V=1{,}0\times 60=60\ \mathrm{bar\cdot mL}.

b) p2=6020=3,0 barp_{2}=\dfrac{60}{20}=3{,}0\ \mathrm{bar}. Diviser le volume par trois multiplie la pression par trois : la relation est inversement proportionnelle, jamais proportionnelle.

c) 20×3,0=6020\times 3{,}0=60 ; 30×2,0=6030\times 2{,}0=60 ; 40×1,5=6040\times 1{,}5=60 ; 60×1,0=6060\times 1{,}0=60. Les quatre produits valent la même constante, la loi de Mariotte est bien vérifiée.

d) Parce que p=constanteVp=\dfrac{\text{constante}}{V} : la pression est inversement proportionnelle au volume, et le graphe d'une fonction inverse est une hyperbole. Pour obtenir une DROITE passant par l'origine, il faut porter pp en fonction de 1V\dfrac{1}{V} : la pente de cette droite vaut alors la constante.

e) On peut l'appliquer, mais elle ne donne rien de mesurable. La masse volumique de l'air vaut environ 1,2 kgm31{,}2\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}, donc l'écart vaut ρgh=1,2×9,81×0,15=1,8 Pa\rho\,g\,h=1{,}2\times 9{,}81\times 0{,}15=1{,}8\ \mathrm{Pa}, à comparer à 105 Pa10^{5}\ \mathrm{Pa} : c'est deux cent-millièmes de la pression. Dans un gaz sur de faibles hauteurs, la pression est donc considérée comme UNIFORME, alors que dans un liquide elle ne l'est jamais.

Exercice 5 : La pression atmosphérique et le baromètre

Torricelli remplit de mercure un tube d'un mètre fermé à une extrémité, le retourne dans une cuve de mercure et constate que le niveau descend puis se stabilise, laissant le vide au sommet.

Données : ρHg=13,6×103 kgm3\rho_{Hg}=13{,}6\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}, g=9,81 Nkg1g=9{,}81\ \mathrm{N\cdot kg^{-1}}.

videh = 760 mmmercure
  • a) Écrivez l'égalité des pressions à la surface libre de la cuve et au même niveau dans le tube.
  • b) Déduisez-en la hauteur de mercure correspondant à p0=1,013×105 Pap_{0}=1{,}013\times 10^{5}\ \mathrm{Pa} et comparez à la valeur historique de 760 mm760\ \mathrm{mm}.
  • c) Quelle hauteur faudrait-il avec de l'eau ? Concluez sur la faisabilité pratique du montage.
  • d) On monte le baromètre en altitude et la colonne descend à 700 mm700\ \mathrm{mm}. Quelle est la pression atmosphérique à cet endroit, en pascals puis en pourcentage de la valeur au niveau de la mer ?
  • e) Que se passerait-il si l'on inclinait le tube de 3030^{\circ} par rapport à la verticale ? La longueur de mercure dans le tube change-t-elle ? Et la hauteur verticale ?

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Réponses

  • a) p0=ρHgghp_{0}=\rho_{Hg}\,g\,h
  • b) h=759h=759 mm
  • c) 10,310{,}3 m : impraticable
  • d) 9,34×1049{,}34\times 10^{4} Pa, 9292 %
  • e) Longueur 876876 mm, hauteur 759759 mm

a) À la surface libre de la cuve, la pression vaut p0p_{0}, celle de l'atmosphère. Au même niveau à l'intérieur du tube, la pression vaut celle du vide au sommet, nulle, augmentée de la colonne de mercure : 0+ρHggh0+\rho_{Hg}\,g\,h. Les deux points étant à la même altitude dans un même fluide connecté, ces pressions sont égales : p0=ρHgghp_{0}=\rho_{Hg}\,g\,h.

b) h=p0ρHgg=1,013×10513,6×103×9,81=0,759 mh=\dfrac{p_{0}}{\rho_{Hg}\,g}=\dfrac{1{,}013\times 10^{5}}{13{,}6\times 10^{3}\times 9{,}81}=0{,}759\ \mathrm{m}, soit 759 mm759\ \mathrm{mm}. L'accord avec les 760 mm760\ \mathrm{mm} historiques est à un millimètre près : c'est exactement la définition originale du millimètre de mercure.

c) h=1,013×1051,00×103×9,81=10,3 mh=\dfrac{1{,}013\times 10^{5}}{1{,}00\times 10^{3}\times 9{,}81}=10{,}3\ \mathrm{m}. Il faudrait un tube de plus de dix mètres, à monter sur trois étages : le montage serait impraticable, et c'est précisément pour cela que Torricelli a choisi le mercure, treize fois plus dense.

d) p=ρHggh=13,6×103×9,81×0,700=9,34×104 Pap=\rho_{Hg}\,g\,h=13{,}6\times 10^{3}\times 9{,}81\times 0{,}700=9{,}34\times 10^{4}\ \mathrm{Pa}. En pourcentage : 9,34×1041,013×105=0,922\dfrac{9{,}34\times 10^{4}}{1{,}013\times 10^{5}}=0{,}922, soit 92 %92\ \% de la pression au niveau de la mer, ce qui correspond à environ 700 m700\ \mathrm{m} d'altitude.

e) La LONGUEUR de mercure dans le tube augmente, elle passe à 759cos30=876 mm\dfrac{759}{\cos 30^{\circ}}=876\ \mathrm{mm}. La HAUTEUR verticale, elle, reste rigoureusement 759 mm759\ \mathrm{mm}, car la loi de la statique ne fait intervenir que la différence d'altitude. C'est le piège classique de ce montage, et l'inclinaison sert d'ailleurs à gagner en précision de lecture.

Partie B : Problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Problème : la plongée sous-marine

Un plongeur descend en mer, où l'eau a une masse volumique de 1,03×103 kgm31{,}03\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}. On prendra p0=1,013×105 Pap_{0}=1{,}013\times 10^{5}\ \mathrm{Pa} et g=9,81 Nkg1g=9{,}81\ \mathrm{N\cdot kg^{-1}}.

Ses poumons contiennent 6,0 L6{,}0\ \mathrm{L} d'air en surface, et il descend en apnée.

  • a) Calculez la pression subie à 20,0 m20{,}0\ \mathrm{m} de profondeur, en pascals puis en bars.
  • b) En admettant la loi de Mariotte et une température constante, quel volume occupent ses poumons à cette profondeur ?
  • c) À quelle profondeur le volume serait-il réduit à 1,5 L1{,}5\ \mathrm{L} ? Commentez la faisabilité.
  • d) Un plongeur en bouteille respire de l'air à la pression ambiante. Quel volume d'air en surface consomme-t-il pour un litre inspiré à 20,0 m20{,}0\ \mathrm{m} ? Que devient l'autonomie d'un bloc par rapport à la surface ?
  • e) Pourquoi un plongeur en bouteille ne doit-il JAMAIS remonter en bloquant sa respiration ? Chiffrez le danger entre 10 m10\ \mathrm{m} et la surface.

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Réponses

  • a) 3,03×1053{,}03\times 10^{5} Pa =3,03=3{,}03 bar
  • b) V=2,0V=2{,}0 L
  • c) h=30,1h=30{,}1 m
  • d) 3,03{,}0 L ; autonomie divisée par trois
  • e) Volume doublé de 1010 m à la surface

a) p=p0+ρgh=1,013×105+1,03×103×9,81×20,0=1,013×105+2,021×105=3,03×105 Pap=p_{0}+\rho\,g\,h=1{,}013\times 10^{5}+1{,}03\times 10^{3}\times 9{,}81\times 20{,}0=1{,}013\times 10^{5}+2{,}021\times 10^{5}=3{,}03\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}, soit 3,03 bar3{,}03\ \mathrm{bar}, environ trois atmosphères.

b) p1V1=p2V2p_{1}V_{1}=p_{2}V_{2}, donc V2=1,013×6,03,03=2,0 LV_{2}=\dfrac{1{,}013\times 6{,}0}{3{,}03}=2{,}0\ \mathrm{L}. Le volume est divisé par trois, comme la pression est multipliée par trois.

c) Il faut p=1,013×6,01,5=4,05 barp=\dfrac{1{,}013\times 6{,}0}{1{,}5}=4{,}05\ \mathrm{bar}, soit 4,05×105 Pa4{,}05\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}. La profondeur correspondante vaut h=4,05×1051,013×1051,03×103×9,81=30,1 mh=\dfrac{4{,}05\times 10^{5}-1{,}013\times 10^{5}}{1{,}03\times 10^{3}\times 9{,}81}=30{,}1\ \mathrm{m}. C'est atteignable en apnée sportive, mais la cage thoracique est alors comprimée au quart de son volume de surface, ce qui explique les limites physiologiques de la discipline.

d) À 3,03 bar3{,}03\ \mathrm{bar}, un litre inspiré correspond à 3,031,013=3,0 L\dfrac{3{,}03}{1{,}013}=3{,}0\ \mathrm{L} d'air ramené à la surface. L'autonomie d'un bloc est donc divisée par trois à cette profondeur : un bloc qui tiendrait une heure en surface ne tient que vingt minutes à vingt mètres.

e) Parce que l'air enfermé dans les poumons se DILATE à la remontée. Entre 10 m10\ \mathrm{m}, où p=2,02 barp=2{,}02\ \mathrm{bar}, et la surface, à 1,01 bar1{,}01\ \mathrm{bar}, le volume serait multiplié par deux : six litres deviendraient douze, ce que la cage thoracique ne peut pas absorber. Il en résulte une surpression pulmonaire, accident grave, et c'est le premier réflexe enseigné en plongée, expirer en permanence pendant la remontée.

Exercice 7 : Problème : le ballon-sonde

Un ballon-sonde météorologique est rempli au sol de 4,0 m34{,}0\ \mathrm{m^{3}} d'hélium, de masse volumique 0,18 kgm30{,}18\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}. L'enveloppe et la nacelle pèsent ensemble 2,5 kg2{,}5\ \mathrm{kg}. L'air au sol a une masse volumique de 1,22 kgm31{,}22\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}} et g=9,81 Nkg1g=9{,}81\ \mathrm{N\cdot kg^{-1}}.

  • a) Calculez la poussée d'Archimède exercée par l'air sur le ballon au sol.
  • b) Calculez le poids total du système, hélium compris, puis la force ascensionnelle nette.
  • c) Quelle masse supplémentaire d'instruments peut-on embarquer et décoller quand même ?
  • d) À 10 km10\ \mathrm{km} d'altitude, la masse volumique de l'air tombe à 0,41 kgm30{,}41\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}} et le ballon s'est dilaté jusqu'à 11,9 m311{,}9\ \mathrm{m^{3}}. Le ballon monte-t-il encore ?
  • e) Le ballon finit par éclater à une altitude où son volume atteint 30 m330\ \mathrm{m^{3}}. Expliquez pourquoi il gonfle en montant, puis pourquoi une enveloppe rigide serait une mauvaise idée.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Π=47,9\Pi=47{,}9 N
  • b) P=31,6P=31{,}6 N, force nette 16,316{,}3 N
  • c) 1,661{,}66 kg
  • d) Π=47,9\Pi=47{,}9 N : il monte encore
  • e) Il gonfle car pp baisse ; rigide, Π=16,1\Pi=16{,}1 N

a) Π=ρairVg=1,22×4,0×9,81=47,9 N\Pi=\rho_{air}\,V\,g=1{,}22\times 4{,}0\times 9{,}81=47{,}9\ \mathrm{N}.

b) La masse d'hélium vaut 0,18×4,0=0,72 kg0{,}18\times 4{,}0=0{,}72\ \mathrm{kg}, donc la masse totale 2,5+0,72=3,22 kg2{,}5+0{,}72=3{,}22\ \mathrm{kg} et le poids 3,22×9,81=31,6 N3{,}22\times 9{,}81=31{,}6\ \mathrm{N}. La force nette vaut 47,931,6=16,3 N47{,}9-31{,}6=16{,}3\ \mathrm{N} vers le haut : le ballon décolle.

c) Cette force nette peut soulever une masse m=16,39,81=1,66 kgm=\dfrac{16{,}3}{9{,}81}=1{,}66\ \mathrm{kg}. Au-delà, le poids l'emporte et le ballon reste au sol.

d) Π=0,41×11,9×9,81=47,9 N\Pi=0{,}41\times 11{,}9\times 9{,}81=47{,}9\ \mathrm{N}, pratiquement identique à celle du sol, alors que le poids n'a pas changé. Le ballon monte donc encore : la dilatation compense presque exactement la raréfaction de l'air, ce qui n'est pas un hasard, la masse d'air déplacée restant du même ordre tant que le ballon peut gonfler librement.

e) Il gonfle parce que la pression extérieure diminue avec l'altitude : à température comparable, la loi de Mariotte impose que le volume augmente quand la pression tombe. Une enveloppe rigide interdirait cette dilatation, donc le volume resterait à 4,0 m34{,}0\ \mathrm{m^{3}} et la poussée s'effondrerait avec la masse volumique de l'air : à 10 km10\ \mathrm{km}, elle ne vaudrait plus que 0,41×4,0×9,81=16,1 N0{,}41\times 4{,}0\times 9{,}81=16{,}1\ \mathrm{N}, bien moins que les 31,6 N31{,}6\ \mathrm{N} du poids. Le ballon plafonnerait très bas.

Exercice 8 : Quatre affirmations à corriger

Chacune des quatre affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi, puis donnez l'énoncé correct.

  • 1) « La pression au fond d'un récipient dépend de la quantité d'eau qu'il contient. »
  • 2) « La poussée d'Archimède dépend de la masse de l'objet immergé. »
  • 3) « Un objet plus dense que l'eau ne subit aucune poussée d'Archimède, puisqu'il coule. »
  • 4) « Dans un gaz enfermé, la pression est plus grande en bas qu'en haut, comme dans un liquide. »

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1)
2)
3)
4)
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Réponses

  • 1) Faux : seule la profondeur compte
  • 2) Faux : volume immergé et ρ\rho du fluide
  • 3) Faux : il subit la poussée, son poids l'emporte
  • 4) Faux en pratique : écart négligeable, pression uniforme

1) FAUX. Elle ne dépend que de la PROFONDEUR, de la masse volumique du fluide et de la pression en surface : p=p0+ρghp=p_{0}+\rho\,g\,h. Un tube fin d'un mètre de haut et un réservoir d'un mètre de haut donnent la même pression au fond, bien que les quantités d'eau soient sans commune mesure. C'est le paradoxe hydrostatique.

2) FAUX. Elle vaut Π=ρfluideVimmergeg\Pi=\rho_{fluide}\,V_{immerge}\,g : elle dépend du VOLUME immergé et de la masse volumique du FLUIDE, jamais de la masse de l'objet. Deux cubes de même volume, l'un en plomb et l'autre en bois, subissent exactement la même poussée en immersion totale.

3) FAUX. Il subit bel et bien la poussée, mais son poids est plus grand : la résultante est dirigée vers le bas et il coule. C'est d'ailleurs pour cela qu'il paraît plus léger sous l'eau, et un dynamomètre le mesure sans ambiguïté.

4) FAUX en pratique, vrai en théorie. La loi de la statique s'applique aussi aux gaz, mais leur masse volumique est environ mille fois plus petite que celle de l'eau : sur la hauteur d'un récipient de laboratoire, l'écart de pression est de l'ordre du pascal, totalement négligeable devant 105 Pa10^{5}\ \mathrm{Pa}. On considère donc la pression d'un gaz enfermé comme UNIFORME.

Exercice 9 : Problème : la poussée de l'eau sur un barrage

Un barrage retient une retenue d'eau de 30,0 m30{,}0\ \mathrm{m} de profondeur sur 150 m150\ \mathrm{m} de large. La pression augmente linéairement avec la profondeur, donc la pression MOYENNE sur la paroi est celle qui règne à mi-profondeur.

Données : ρ=1,00×103 kgm3\rho=1{,}00\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}, g=9,81 Nkg1g=9{,}81\ \mathrm{N\cdot kg^{-1}}. On ne compte que la pression due à l'eau, l'atmosphère s'exerçant des deux côtés.

surface librepression croissantebarrage
  • a) Calculez la pression due à l'eau au pied du barrage, puis la pression moyenne sur la paroi.
  • b) Calculez la force pressante totale exercée par l'eau sur le barrage.
  • c) Justifiez que la pression moyenne soit celle de la mi-profondeur, et non la moyenne des pressions en surface et au fond... vérifiez d'ailleurs que ces deux calculs donnent la même valeur.
  • d) Le niveau de la retenue baisse de 30,030{,}0 à 24,0 m24{,}0\ \mathrm{m}, soit 20 %20\ \% de moins. De quel pourcentage la force diminue-t-elle ?
  • e) Expliquez pourquoi un barrage est toujours plus épais à sa base qu'à son sommet, et pourquoi sa longueur importe moins que sa hauteur pour la contrainte à la base.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 2,94×1052{,}94\times 10^{5} Pa ; moyenne 1,47×1051{,}47\times 10^{5} Pa
  • b) F=6,62×108F=6{,}62\times 10^{8} N
  • c) Pression affine : moyenne au milieu
  • d) Fh2F\propto h^{2} : baisse de 3636 %
  • e) La pression croît avec la profondeur ; la hauteur dimensionne

a) Au pied : p=ρgh=1,00×103×9,81×30,0=2,94×105 Pap=\rho\,g\,h=1{,}00\times 10^{3}\times 9{,}81\times 30{,}0=2{,}94\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}, soit près de 3 bar3\ \mathrm{bar}. La pression moyenne est celle de la mi-profondeur, 15,0 m15{,}0\ \mathrm{m} : 1,47×105 Pa1{,}47\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}.

b) La surface mouillée vaut S=30,0×150=4500 m2S=30{,}0\times 150=4\,500\ \mathrm{m^{2}}, donc F=pmoy×S=1,47×105×4500=6,62×108 NF=p_{moy}\times S=1{,}47\times 10^{5}\times 4500=6{,}62\times 10^{8}\ \mathrm{N}. Soit l'équivalent du poids de près de soixante-dix mille tonnes.

c) Parce que la pression varie LINÉAIREMENT avec la profondeur : la moyenne d'une fonction affine sur un intervalle est sa valeur au milieu. Vérification : 0+2,94×1052=1,47×105 Pa\dfrac{0+2{,}94\times 10^{5}}{2}=1{,}47\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}, la même valeur. Les deux formulations coïncident précisément parce que la répartition est triangulaire.

d) La force est proportionnelle au produit de la pression moyenne, elle-même proportionnelle à hh, par la surface, elle aussi proportionnelle à hh : FF varie donc comme h2h^{2}. Le rapport vaut (24,030,0)2=0,64\left(\dfrac{24{,}0}{30{,}0}\right)^{2}=0{,}64 : la force chute de 36 %36\ \%, presque le double du pourcentage de baisse du niveau.

e) Parce que la pression, donc la force par unité de surface, croît avec la profondeur : la base doit résister à trois bars alors que le sommet ne subit presque rien, d'où le profil triangulaire. Quant à la longueur, elle augmente la force totale mais elle augmente aussi, dans la même proportion, la surface de béton qui la reprend : la contrainte à la base, en pascals, n'en dépend pas. C'est la HAUTEUR qui dimensionne un barrage.

Exercice 10 : Problème : le densimètre et la ligne de flottaison

Un densimètre est un tube lesté qui flotte verticalement : plus le liquide est dense, moins il s'enfonce. Le tube a une section constante S=1,20 cm2S=1{,}20\ \mathrm{cm^{2}} et une masse totale m=36,0 gm=36{,}0\ \mathrm{g}.

  • a) Écrivez la condition d'équilibre du densimètre flottant, puis exprimez la profondeur d'enfoncement LL en fonction de mm, SS et ρ\rho.
  • b) Calculez l'enfoncement dans l'eau pure, ρ=1,000 gcm3\rho=1{,}000\ \mathrm{g\cdot cm^{-3}}, puis dans l'eau de mer, ρ=1,030 gcm3\rho=1{,}030\ \mathrm{g\cdot cm^{-3}}.
  • c) De combien de millimètres la graduation se déplace-t-elle entre ces deux liquides ? La graduation du densimètre est-elle régulière ?
  • d) Un navire de 12000 t12\,000\ \mathrm{t} passe de la mer à un fleuve d'eau douce. Son volume immergé augmente-t-il ou diminue-t-il ? Calculez la variation, en mètres cubes.
  • e) Reliez ce résultat aux marques de franc-bord peintes sur la coque des navires, et dites pourquoi elles distinguent l'eau douce de l'eau de mer.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) L=mρSL=\dfrac{m}{\rho S}
  • b) 30,030{,}0 cm et 29,129{,}1 cm
  • c) 8,78{,}7 mm ; graduation irrégulière
  • d) Il augmente de 350350
  • e) Il s'enfonce plus en eau douce : deux marques

a) À l'équilibre, la poussée équilibre le poids : ρSLg=mg\rho\,S\,L\,g=m\,g. Le gg se simplifie et L=mρSL=\dfrac{m}{\rho\,S}. L'enfoncement est donc inversement proportionnel à la masse volumique, ce qui est tout le principe de l'instrument.

b) Eau pure : L=36,01,000×1,20=30,0 cmL=\dfrac{36{,}0}{1{,}000\times 1{,}20}=30{,}0\ \mathrm{cm}. Eau de mer : L=36,01,030×1,20=29,1 cmL=\dfrac{36{,}0}{1{,}030\times 1{,}20}=29{,}1\ \mathrm{cm}.

c) L'écart vaut 30,029,1=0,87 cm30{,}0-29{,}1=0{,}87\ \mathrm{cm}, soit environ 8,7 mm8{,}7\ \mathrm{mm} pour 3 %3\ \% d'écart de masse volumique : la lecture est confortable. Non, la graduation n'est pas régulière : LL varie comme 1ρ\dfrac{1}{\rho}, donc les divisions se resserrent vers les fortes masses volumiques.

d) Le volume immergé AUGMENTE, car l'eau douce est moins dense et il en faut donc davantage pour déplacer la même masse. En mer : V=12,0×1061,030×103=1,165×104 m3V=\dfrac{12{,}0\times 10^{6}}{1{,}030\times 10^{3}}=1{,}165\times 10^{4}\ \mathrm{m^{3}}. En eau douce : V=12,0×1061,000×103=1,200×104 m3V=\dfrac{12{,}0\times 10^{6}}{1{,}000\times 10^{3}}=1{,}200\times 10^{4}\ \mathrm{m^{3}}. L'écart vaut 3,5×102 m33{,}5\times 10^{2}\ \mathrm{m^{3}}, soit 350 m3350\ \mathrm{m^{3}} de coque en plus sous la ligne d'eau.

e) Les marques de franc-bord fixent la charge maximale autorisée en repérant jusqu'où la coque peut s'enfoncer. Puisque le même navire, à charge égale, s'enfonce PLUS en eau douce, une marque unique serait soit trop permissive en fleuve, soit trop sévère en mer. Les marques distinguent donc explicitement l'eau douce, l'eau de mer, et même les saisons, la densité et l'état de la mer variant avec elles.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Débit volumique et conservation du débit

Un tuyau d'arrosage de diamètre intérieur d1=2,0 cmd_{1}=2{,}0\ \mathrm{cm} débite 0,30 L0{,}30\ \mathrm{L} d'eau par seconde. On visse à son extrémité un embout de diamètre d2=0,80 cmd_{2}=0{,}80\ \mathrm{cm} et l'on admet que le débit reste le même.

L'eau est un fluide incompressible en écoulement permanent : le débit volumique DV=SvD_{V}=S\,v est le même à travers toutes les sections du tuyau.

  • a) Exprimez le débit en m3/s\mathrm{m^{3}/s}.
  • b) Calculez la section du tuyau, puis la vitesse moyenne de l'eau dans le tuyau.
  • c) Calculez la vitesse de l'eau à la sortie de l'embout.
  • d) Par quel facteur la vitesse a-t-elle été multipliée ? Exprimez ce facteur à l'aide des seuls diamètres.
  • e) Combien de temps faut-il pour remplir un seau de 10 L10\ \mathrm{L}, avec ou sans l'embout ? Qu'est-ce que l'embout change, et qu'est-ce qu'il ne change pas ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) DV=3,0×104D_{V}=3{,}0\times 10^{-4} m³/s
  • b) S1=3,14×104S_{1}=3{,}14\times 10^{-4} m², v1=0,95v_{1}=0{,}95 m/s
  • c) v2=5,97v_{2}=5{,}97 m/s
  • d) (d1d2)2=6,25\left(\dfrac{d_{1}}{d_{2}}\right)^{2}=6{,}25
  • e) 3333 s dans les deux cas

a) 1 L=103 m31\ \mathrm{L}=10^{-3}\ \mathrm{m^{3}}, donc DV=0,30×103=3,0×104 m3/sD_{V}=0{,}30\times 10^{-3}=3{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{m^{3}/s}.

b) S1=π(d12)2=π×(1,0×102)2=3,14×104 m2S_{1}=\pi\left(\dfrac{d_{1}}{2}\right)^{2}=\pi\times(1{,}0\times 10^{-2})^{2}=3{,}14\times 10^{-4}\ \mathrm{m^{2}}. On prend le RAYON, pas le diamètre. Alors v1=DVS1=3,0×1043,14×104=0,95 m/sv_{1}=\dfrac{D_{V}}{S_{1}}=\dfrac{3{,}0\times 10^{-4}}{3{,}14\times 10^{-4}}=0{,}95\ \mathrm{m/s}.

c) S2=π×(4,0×103)2=5,03×105 m2S_{2}=\pi\times(4{,}0\times 10^{-3})^{2}=5{,}03\times 10^{-5}\ \mathrm{m^{2}}, donc v2=3,0×1045,03×105=5,97 m/sv_{2}=\dfrac{3{,}0\times 10^{-4}}{5{,}03\times 10^{-5}}=5{,}97\ \mathrm{m/s}.

d) v2v1=S1S2=(d1d2)2=(2,00,80)2=6,25\dfrac{v_{2}}{v_{1}}=\dfrac{S_{1}}{S_{2}}=\left(\dfrac{d_{1}}{d_{2}}\right)^{2}=\left(\dfrac{2{,}0}{0{,}80}\right)^{2}=6{,}25. Diviser le diamètre par 2,52{,}5 multiplie la vitesse par 2,522{,}5^{2}, puisque la section varie comme le carré du diamètre.

e) t=VDV=10×1033,0×104=33 st=\dfrac{V}{D_{V}}=\dfrac{10\times 10^{-3}}{3{,}0\times 10^{-4}}=33\ \mathrm{s}, dans les deux cas. L'embout change la VITESSE du jet, donc sa portée, mais pas le volume écoulé par seconde : il n'arrose pas plus, il arrose plus loin.

Exercice 12 : Mesurer une masse volumique avec un tube en U

Un tube en U contient de l'eau, ρe=1,00×103 kgm3\rho_{e}=1{,}00\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}. On verse de l'huile, non miscible et moins dense, dans la branche de gauche. À l'équilibre, la colonne d'huile mesure hh=12,0 cmh_{h}=12{,}0\ \mathrm{cm} au-dessus de la surface de séparation huile-eau, et la surface libre de l'eau, dans la branche de droite, se trouve he=10,8 cmh_{e}=10{,}8\ \mathrm{cm} au-dessus du niveau de cette même séparation.

Les deux surfaces libres sont à la pression atmosphérique ; g=9,81 Nkg1g=9{,}81\ \mathrm{N\cdot kg^{-1}}.

  • a) On considère le point AA à la séparation huile-eau et le point BB dans la branche de droite, au même niveau. Pourquoi a-t-on pA=pBp_{A}=p_{B} ?
  • b) Écrivez pAp_{A} et pBp_{B} à l'aide de la loi fondamentale de la statique, et déduisez-en une relation entre ρh\rho_{h}, hhh_{h}, ρe\rho_{e} et heh_{e}.
  • c) Calculez la masse volumique de l'huile.
  • d) Calculez la surpression, par rapport à l'atmosphère, qui règne au point AA.
  • e) Quelle surface libre est la plus haute, et de combien ? Pourquoi ce décalage est-il inévitable ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Même niveau dans l'eau continue
  • b) ρhhh=ρehe\rho_{h}h_{h}=\rho_{e}h_{e}
  • c) ρh=900\rho_{h}=900 kg/m³
  • d) 1,06×1031{,}06\times 10^{3} Pa
  • e) L'huile, plus haute de 1,21{,}2 cm

a) AA et BB sont à la même altitude dans un MÊME fluide au repos et continu, l'eau, qui relie les deux points par le bas du tube. La loi de la statique ne dépend que de la différence d'altitude : les pressions sont égales. Le raisonnement ne vaudrait pas pour deux points au même niveau, l'un dans l'huile et l'autre dans l'eau, au-dessus de la séparation.

b) Dans la branche de gauche, au-dessus de AA il n'y a que de l'huile : pA=p0+ρhghhp_{A}=p_{0}+\rho_{h}\,g\,h_{h}. Dans celle de droite : pB=p0+ρeghep_{B}=p_{0}+\rho_{e}\,g\,h_{e}. L'égalité donne, après simplification de p0p_{0} et de gg : ρhhh=ρehe\rho_{h}\,h_{h}=\rho_{e}\,h_{e}.

c) ρh=ρehehh=1,00×103×10,812,0=900 kgm3\rho_{h}=\rho_{e}\dfrac{h_{e}}{h_{h}}=1{,}00\times 10^{3}\times\dfrac{10{,}8}{12{,}0}=900\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}. Les hauteurs peuvent rester en centimètres, puisque seul leur rapport intervient.

d) pAp0=ρhghh=900×9,81×0,120=1,06×103 Pap_{A}-p_{0}=\rho_{h}\,g\,h_{h}=900\times 9{,}81\times 0{,}120=1{,}06\times 10^{3}\ \mathrm{Pa}, ce que l'on retrouve avec l'eau : 1,00×103×9,81×0,108=1,06×103 Pa1{,}00\times 10^{3}\times 9{,}81\times 0{,}108=1{,}06\times 10^{3}\ \mathrm{Pa}.

e) La surface de l'HUILE est la plus haute, de 12,010,8=1,2 cm12{,}0-10{,}8=1{,}2\ \mathrm{cm}. Pour produire la même pression au point AA qu'une colonne d'eau, un liquide moins dense doit être plus haut : les hauteurs sont en raison inverse des masses volumiques. C'est le principe du manomètre à liquide.

Exercice 13 : Le cric hydraulique

Dans un cric hydraulique, on appuie avec une force F1=150 NF_{1}=150\ \mathrm{N} sur un petit piston de diamètre d1=2,0 cmd_{1}=2{,}0\ \mathrm{cm}. L'huile, incompressible, transmet la pression à un grand piston de diamètre d2=10 cmd_{2}=10\ \mathrm{cm} qui soulève une voiture. Les deux pistons sont au même niveau, et l'on néglige les frottements et le poids des pistons.

D'après le principe de Pascal, une variation de pression en un point d'un liquide incompressible au repos est transmise intégralement en tout point du liquide. On prend g=9,81 Nkg1g=9{,}81\ \mathrm{N\cdot kg^{-1}}.

  • a) Calculez la pression exercée sur l'huile par le petit piston.
  • b) Calculez la force exercée par l'huile sur le grand piston.
  • c) Par quel facteur la force a-t-elle été multipliée ? Exprimez-le avec les diamètres.
  • d) Quelle masse ce cric peut-il soulever ?
  • e) On enfonce le petit piston de 10 cm10\ \mathrm{cm}. De combien le grand piston monte-t-il ? Comparez les travaux des deux forces et concluez : le cric fournit-il de l'énergie ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) p=4,77×105p=4{,}77\times 10^{5} Pa
  • b) F2=3,75×103F_{2}=3{,}75\times 10^{3} N
  • c) (d2d1)2=25\left(\dfrac{d_{2}}{d_{1}}\right)^{2}=25
  • d) 382382 kg
  • e) 0,400{,}40 cm ; travaux égaux, 1515 J

a) S1=π×(1,0×102)2=3,14×104 m2S_{1}=\pi\times(1{,}0\times 10^{-2})^{2}=3{,}14\times 10^{-4}\ \mathrm{m^{2}} et p=F1S1=1503,14×104=4,77×105 Pap=\dfrac{F_{1}}{S_{1}}=\dfrac{150}{3{,}14\times 10^{-4}}=4{,}77\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}, près de cinq bars.

b) La pression est la même sous le grand piston, de section S2=π×(5,0×102)2=7,85×103 m2S_{2}=\pi\times(5{,}0\times 10^{-2})^{2}=7{,}85\times 10^{-3}\ \mathrm{m^{2}} : F2=pS2=4,77×105×7,85×103=3,75×103 NF_{2}=p\,S_{2}=4{,}77\times 10^{5}\times 7{,}85\times 10^{-3}=3{,}75\times 10^{3}\ \mathrm{N}. C'est la PRESSION qui se transmet, pas la force.

c) F2F1=S2S1=(d2d1)2=(102,0)2=25\dfrac{F_{2}}{F_{1}}=\dfrac{S_{2}}{S_{1}}=\left(\dfrac{d_{2}}{d_{1}}\right)^{2}=\left(\dfrac{10}{2{,}0}\right)^{2}=25. Un diamètre cinq fois plus grand multiplie la force par vingt-cinq.

d) m=F2g=3,75×1039,81=382 kgm=\dfrac{F_{2}}{g}=\dfrac{3{,}75\times 10^{3}}{9{,}81}=382\ \mathrm{kg} : on soulève un coin de voiture, qui porte à peu près le quart de sa masse.

e) Le volume d'huile chassé par le petit piston entre sous le grand : S11=S22S_{1}\,\ell_{1}=S_{2}\,\ell_{2}, donc 2=125=0,40 cm\ell_{2}=\dfrac{\ell_{1}}{25}=0{,}40\ \mathrm{cm}. Les travaux valent W1=150×0,10=15 JW_{1}=150\times 0{,}10=15\ \mathrm{J} et W2=3,75×103×4,0×103=15 JW_{2}=3{,}75\times 10^{3}\times 4{,}0\times 10^{-3}=15\ \mathrm{J} : ils sont égaux. Le cric ne crée aucune énergie ; il échange de la force contre de la distance, et c'est pourquoi il faut pomper longtemps pour lever la voiture de quelques centimètres.

Exercice 14 : La vidange d'un réservoir : la formule de Torricelli

Un grand réservoir cylindrique de section S=0,50 m2S=0{,}50\ \mathrm{m^{2}} contient de l'eau jusqu'à une hauteur h=1,25 mh=1{,}25\ \mathrm{m} au-dessus d'un petit orifice latéral de section s=1,0 cm2s=1{,}0\ \mathrm{cm^{2}}. L'orifice est lui-même situé à H=0,80 mH=0{,}80\ \mathrm{m} au-dessus du sol, et le jet en sort horizontalement.

On admet la relation de Bernoulli le long d'une ligne de courant, pour un fluide incompressible, non visqueux, en écoulement permanent : p+12ρv2+ρgz=constantep+\dfrac{1}{2}\rho v^{2}+\rho g z=\mathrm{constante}. On prend g=9,81 m/s2g=9{,}81\ \mathrm{m/s^{2}}.

  • a) Appliquez la relation de Bernoulli entre un point AA de la surface libre et un point BB du jet à la sortie de l'orifice, où la pression vaut aussi p0p_{0}. En négligeant vAv_{A}, établissez vB=2ghv_{B}=\sqrt{2gh}.
  • b) Calculez la vitesse de sortie du jet.
  • c) Calculez le débit volumique en L/s\mathrm{L/s}, puis la vitesse de descente de la surface libre. L'approximation de a) était-elle justifiée ?
  • d) Le jet, horizontal à la sortie, n'est plus soumis qu'à son poids. À quelle distance du pied du réservoir touche-t-il le sol ?
  • e) Plus tard, la hauteur d'eau au-dessus de l'orifice n'est plus que la moitié de hh. Calculez la nouvelle vitesse de sortie. Pourquoi la vidange ralentit-elle ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) vB=2ghv_{B}=\sqrt{2gh}
  • b) 4,954{,}95 m/s
  • c) 0,500{,}50 L/s ; vA1v_{A}\approx 1 mm/s, négligeable
  • d) 2,002{,}00 m
  • e) 3,503{,}50 m/s : le débit baisse avec la hauteur

a) En AA et en BB, la pression est p0p_{0} : les termes de pression s'éliminent. Avec vA0v_{A}\approx 0 et zAzB=hz_{A}-z_{B}=h : ρgzA=12ρvB2+ρgzB\rho g z_{A}=\dfrac{1}{2}\rho v_{B}^{2}+\rho g z_{B}, soit 12vB2=gh\dfrac{1}{2}v_{B}^{2}=gh et vB=2ghv_{B}=\sqrt{2gh}. C'est la vitesse d'une chute libre depuis la surface : l'énergie potentielle de l'eau devient énergie cinétique.

b) vB=2×9,81×1,25=24,5=4,95 m/sv_{B}=\sqrt{2\times 9{,}81\times 1{,}25}=\sqrt{24{,}5}=4{,}95\ \mathrm{m/s}.

c) DV=svB=1,0×104×4,95=4,95×104 m3/sD_{V}=s\,v_{B}=1{,}0\times 10^{-4}\times 4{,}95=4{,}95\times 10^{-4}\ \mathrm{m^{3}/s}, soit 0,50 L/s0{,}50\ \mathrm{L/s}. Par conservation du débit, la surface descend à vA=DVS=4,95×1040,50=9,9×104 m/sv_{A}=\dfrac{D_{V}}{S}=\dfrac{4{,}95\times 10^{-4}}{0{,}50}=9{,}9\times 10^{-4}\ \mathrm{m/s}, soit 1 mm/s1\ \mathrm{mm/s}. Le rapport vBvA=Ss=5000\dfrac{v_{B}}{v_{A}}=\dfrac{S}{s}=5\,000 : vA2v_{A}^{2} est vingt-cinq millions de fois plus petit que vB2v_{B}^{2}, l'approximation est excellente.

d) Le jet part horizontalement à 4,95 m/s4{,}95\ \mathrm{m/s} depuis 0,80 m0{,}80\ \mathrm{m} : la chute dure t=2Hg=1,609,81=0,404 st=\sqrt{\dfrac{2H}{g}}=\sqrt{\dfrac{1{,}60}{9{,}81}}=0{,}404\ \mathrm{s}, pendant laquelle il avance de x=vBt=4,95×0,404=2,00 mx=v_{B}\,t=4{,}95\times 0{,}404=2{,}00\ \mathrm{m}. Joli résultat : x=2hHx=2\sqrt{hH}, qui vaut ici 21,25×0,80=2 m2\sqrt{1{,}25\times 0{,}80}=2\ \mathrm{m}.

e) v=2×9,81×0,625=3,50 m/sv=\sqrt{2\times 9{,}81\times 0{,}625}=3{,}50\ \mathrm{m/s}, soit 4,952\dfrac{4{,}95}{\sqrt{2}} : diviser la hauteur par deux ne divise la vitesse que par 2\sqrt{2}. Le débit, proportionnel à vBv_{B}, diminue avec la hauteur, donc la surface descend de moins en moins vite : la seconde moitié du réservoir se vide plus lentement que la première, et la durée de vidange n'est pas proportionnelle à la hauteur.

Exercice 15 : Le débitmètre de Venturi

Une canalisation horizontale d'eau, de diamètre d1=5,0 cmd_{1}=5{,}0\ \mathrm{cm}, présente un rétrécissement de diamètre d2=2,5 cmd_{2}=2{,}5\ \mathrm{cm}. Un capteur mesure la différence de pression entre la partie large et le rétrécissement : p1p2=1,20×104 Pap_{1}-p_{2}=1{,}20\times 10^{4}\ \mathrm{Pa}.

On donne ρ=1,00×103 kgm3\rho=1{,}00\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}} et la relation de Bernoulli p+12ρv2+ρgz=constantep+\dfrac{1}{2}\rho v^{2}+\rho g z=\mathrm{constante}, pour un écoulement permanent d'un fluide incompressible et non visqueux.

  • a) Par la conservation du débit, exprimez v2v_{2} en fonction de v1v_{1}.
  • b) Appliquez la relation de Bernoulli entre les deux sections. Où la pression est-elle la plus faible ?
  • c) Déduisez-en v1v_{1} puis v2v_{2}.
  • d) Calculez le débit volumique, en L/s\mathrm{L/s}.
  • e) Le débit double. Que devient la différence de pression mesurée ? Pourquoi ce capteur est-il plus précis aux forts débits ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) v2=4v1v_{2}=4v_{1}
  • b) p1p2=12ρ(v22v12)p_{1}-p_{2}=\dfrac{1}{2}\rho(v_{2}^{2}-v_{1}^{2}) : pp minimale au rétrécissement
  • c) v1=1,26v_{1}=1{,}26 m/s, v2=5,06v_{2}=5{,}06 m/s
  • d) 2,482{,}48 L/s
  • e) Multipliée par 44 : 4,80×1044{,}80\times 10^{4} Pa

a) S1v1=S2v2S_{1}v_{1}=S_{2}v_{2}, donc v2=v1S1S2=v1(d1d2)2=4v1v_{2}=v_{1}\dfrac{S_{1}}{S_{2}}=v_{1}\left(\dfrac{d_{1}}{d_{2}}\right)^{2}=4\,v_{1}. Diamètre divisé par deux, vitesse multipliée par quatre.

b) La conduite étant horizontale, z1=z2z_{1}=z_{2} et p1+12ρv12=p2+12ρv22p_{1}+\dfrac{1}{2}\rho v_{1}^{2}=p_{2}+\dfrac{1}{2}\rho v_{2}^{2}, soit p1p2=12ρ(v22v12)p_{1}-p_{2}=\dfrac{1}{2}\rho\left(v_{2}^{2}-v_{1}^{2}\right). Comme v2>v1v_{2}>v_{1}, p2<p1p_{2}<p_{1} : la pression est la plus FAIBLE dans le rétrécissement, là où l'eau va le plus vite. C'est l'effet Venturi, contraire à l'intuition qui voudrait que l'eau « serrée » y soit plus comprimée.

c) p1p2=12ρ(16v12v12)=7,5ρv12p_{1}-p_{2}=\dfrac{1}{2}\rho\left(16v_{1}^{2}-v_{1}^{2}\right)=7{,}5\,\rho\,v_{1}^{2}. Donc v1=1,20×1047,5×1,00×103=1,60=1,26 m/sv_{1}=\sqrt{\dfrac{1{,}20\times 10^{4}}{7{,}5\times 1{,}00\times 10^{3}}}=\sqrt{1{,}60}=1{,}26\ \mathrm{m/s}, et v2=4×1,265=5,06 m/sv_{2}=4\times 1{,}265=5{,}06\ \mathrm{m/s}. Oublier le terme v12v_{1}^{2} donnerait v2=4,90 m/sv_{2}=4{,}90\ \mathrm{m/s}, une erreur de 3 %3\ \%.

d) S1=π×(2,5×102)2=1,96×103 m2S_{1}=\pi\times(2{,}5\times 10^{-2})^{2}=1{,}96\times 10^{-3}\ \mathrm{m^{2}} et DV=S1v1=1,96×103×1,265=2,48×103 m3/sD_{V}=S_{1}v_{1}=1{,}96\times 10^{-3}\times 1{,}265=2{,}48\times 10^{-3}\ \mathrm{m^{3}/s}, soit 2,48 L/s2{,}48\ \mathrm{L/s}.

e) Les vitesses doublent, et la différence de pression, proportionnelle à v12v_{1}^{2}, est multipliée par QUATRE : 4,80×104 Pa4{,}80\times 10^{4}\ \mathrm{Pa}. Aux faibles débits, en revanche, l'écart devient minuscule et se noie dans l'incertitude du capteur : ce débitmètre est d'autant plus précis que le débit est grand.

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