Spécialité physique-chimie, Terminale • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : acide-base, pKa et titrages (Terminale spécialité)
Voici une série d'exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur les acides et les bases, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
Une seule relation gouverne presque toute la série, celle qui lie le pH au pKa et au rapport des deux formes du couple. Elle donne le diagramme de prédominance, elle explique pourquoi la demi-équivalence livre le pKa, elle justifie la largeur de la zone de virage d'un indicateur, et elle rend compte du pouvoir tampon.
L'exercice 6 mérite l'attention : le pH à l'équivalence y vaut 8,66 et non 7, parce que la solution contient alors une base faible. C'est ce qui commande le choix de l'indicateur, et c'est l'erreur la plus coûteuse du chapitre.
La partie D complète la série sur deux capacités du programme qu'elle ne travaillait pas : le diagramme de DISTRIBUTION, lu puis construit point par point (exercice 16), et l'espèce AMPHOTÈRE, placée sur un diagramme à trois domaines (exercice 17). Le fil est le même : prédominer n'est pas être seul. La constante de basicité et le pOH, que certains corrigés emploient encore, ne sont pas au programme : les exercices concernés le signalent en dernière ligne de leur énoncé.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•KA=[AH][A−][H3O+] et pKA=−logKA. Plus le pKA est PETIT, plus l'acide est fort.
•Relation maîtresse : pH=pKA+log[AH][A−]. Elle contient à elle seule prédominance, demi-équivalence, indicateurs et tampon.
•Prédominance : forme acide si pH<pKA, forme basique si pH>pKA, égalité à la frontière. Un écart d'une unité donne un rapport de 10.
•Acide faible : c−xx2=KA. Base faible : sa réaction avec l'eau a pour constante KAKe, puis [H3O+]=[HO−]Ke. KB et pOH sont hors programme.
•Titrage : à l'équivalence cAVA=cBVE. À la DEMI-équivalence, pH=pKA.
•pH d'équivalence : 7 seulement pour fort contre fort ; basique pour acide faible contre base forte ; acide pour base faible contre acide fort.
•Indicateur coloré : sa zone de virage, environ pKA±1, doit être entièrement contenue dans le saut de pH.
•Tampon : mélange d'un acide faible et de sa base conjuguée en quantités comparables, efficace sur pKA±1. Il amortit, il n'annule pas.
•Diagramme de distribution : %A−=1+10pKA−pH100, et les deux courbes se croisent à 50% pour pH=pKA. Une espèce AMPHOTÈRE est l'acide d'un couple et la base d'un autre : elle prédomine entre les deux pKA.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Constante d'acidité et pKa
Pour un couple acide-base AH/A−, la constante d'acidité est KA=[AH][A−][H3O+] et l'on pose pKA=−logKA.
On donne KA(CH3COOH/CH3COO−)=1,8×10−5 et KA(NH4+/NH3)=6,3×10−10.
Pour la question e) : la constante de basicité KB n'est pas au programme de Terminale, qui s'en tient à KA et Ke. Au programme, on caractérise la force de l'ammoniac par le pKA du couple NH4+/NH3 ; la question est un approfondissement.
a) Calculez les deux pKA.
b) Lequel des deux acides est le plus fort ? Justifiez de deux façons, par KA puis par pKA.
c) Établissez la relation pH=pKA+log[AH][A−] à partir de la définition de KA.
d) Que vaut le rapport [AH][A−] lorsque pH=pKA ?
e) Le produit ionique de l'eau vaut Ke=1,0×10−14. Calculez la constante de basicité de l'ammoniac.
Voir la correction
Réponses
a)pKA=4,74 et 9,20
b)L'acide éthanoïque : KA plus grand, pKA plus petit
c)pH=pKA+log[AH][A−]
d)Rapport 1 : formes à égalité
e)KB=1,6×10−5
a) pKA=−log(1,8×10−5)=4,74 pour l'acide éthanoïque, et −log(6,3×10−10)=9,20 pour l'ion ammonium.
b) L'acide éthanoïque est le plus fort. Par KA : plus la constante est grande, plus l'équilibre de cession du proton est déplacé vers la droite, et 1,8×10−5 est bien supérieur à 6,3×10−10. Par pKA : la fonction logarithme changée de signe inverse l'ordre, donc plus le pKA est PETIT, plus l'acide est fort, et 4,74 est inférieur à 9,20.
c) De KA=[AH][A−][H3O+] on tire [H3O+]=KA[A−][AH]. En prenant l'opposé du logarithme : pH=−logKA−log[A−][AH]=pKA+log[AH][A−].
d) Si pH=pKA, alors log[AH][A−]=0, donc le rapport vaut 1 : les deux formes du couple sont présentes en quantités ÉGALES. C'est la propriété qui rend la demi-équivalence si utile lors d'un titrage.
e) KB=KAKe=6,3×10−101,0×10−14=1,6×10−5. On remarque qu'elle est du même ordre que le KA de l'acide éthanoïque : l'ammoniac est une base d'une force comparable à celle de l'acide éthanoïque comme acide, ce qui est une coïncidence commode pour les exercices.
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Exercice 2 : Diagramme de prédominance
Le diagramme de prédominance d'un couple acide-base indique, en fonction du pH, laquelle des deux formes est majoritaire.
On reprend l'acide éthanoïque, de pKA=4,74.
a) Tracez et légendez le diagramme de prédominance de ce couple.
b) Calculez le rapport [A−][AH] à pH=3,0 et concluez sur l'espèce majoritaire.
c) Calculez le rapport [AH][A−] à pH=6,0.
d) À partir de quel écart au pKA considère-t-on qu'une forme est très largement majoritaire ? Justifiez par un calcul.
e) Le bleu de bromothymol est un indicateur coloré de pKA=7,0, jaune sous sa forme acide et bleu sous sa forme basique. De quelle couleur est une solution d'acide éthanoïque à pH=3,0 contenant cet indicateur ?
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Réponses
a)Acide sous 4,74, base au-dessus
b)56 : forme acide majoritaire
c)18
d)Une unité : rapport 10
e)Jaune
a) Le diagramme est un axe de pH avec une frontière au pKA=4,74. À gauche, pour pH<4,74, la forme ACIDE CH3COOH prédomine. À droite, pour pH>4,74, la forme BASIQUE CH3COO− prédomine. À la frontière exactement, les deux sont en concentrations égales.
b) log[AH][A−]=pH−pKA=3,0−4,74=−1,74, donc [A−][AH]=101,74=56. La forme acide est donc environ 56 fois plus abondante : elle est largement majoritaire, ce qui est cohérent avec un pH inférieur au pKA.
c) log[AH][A−]=6,0−4,74=1,26, donc le rapport vaut 101,26=18. La forme basique est cette fois 18 fois plus abondante.
d) On retient conventionnellement un écart d'une unité de pH : à pH=pKA+1, le rapport vaut 101=10, donc la forme basique représente plus de 90 pour cent du couple. Pour un écart de deux unités le rapport atteint 100, soit plus de 99 pour cent. La frontière du diagramme est donc floue sur environ une unité de part et d'autre, et nette au-delà.
e) JAUNE. Le pH de la solution, 3,0, est très inférieur au pKA de l'indicateur, 7,0 : l'écart de quatre unités signifie que la forme acide de l'indicateur représente plus de 99,99 pour cent. C'est donc sa couleur, le jaune, qui est observée. On retiendra qu'un indicateur coloré n'est rien d'autre qu'un couple acide-base dont les deux formes ont des couleurs différentes, et que son diagramme de prédominance devient une zone de virage.
La figure du corrigé donne la version QUANTITATIVE du diagramme de prédominance : au lieu d'un simple axe coupé en deux, elle porte la proportion de chaque forme en fonction du pH, soit 1+10pH−pKA1 pour l'acide et son complément pour la base. Les deux courbes se croisent exactement à pH=pKA=4,74, à 50 pour cent chacune, ce qui est la définition même de la frontière du diagramme. Les deux traits verticaux placés à une unité de part et d'autre du pKA répondent graphiquement à la question d) : à un écart de 1, la forme majoritaire est à 91 pour cent contre 9, un rapport de 10 contre 1 ; à un écart de 2, on est à 99 contre 1. Le diagramme de prédominance ordinaire n'est donc qu'une lecture GROSSIÈRE de cette figure, où l'on décrète une frontière nette là où la réalité est une transition étalée sur environ quatre unités de pH. C'est pourquoi la frontière d'un diagramme ne doit jamais être lue comme un basculement brutal : à pH=5,0, tout proche du pKA, il reste encore 35 pour cent de forme acide.
Exercice 3 : pH d'un acide faible et d'une base faible
On dispose de deux solutions de même concentration c=1,0×10−2mol/L : l'une d'acide éthanoïque, KA=1,8×10−5, l'autre d'ammoniac, de constante de basicité KB=1,6×10−5.
On prendra Ke=1,0×10−14.
Approfondissement pour les questions c) et d) : la constante de basicité KB et le pOH ne sont pas au programme de Terminale. Au programme, on écrit la réaction de l'ammoniac avec l'eau, de constante KAKe, et l'on passe de [HO−] au pH par [H3O+]=[HO−]Ke.
a) Pour l'acide éthanoïque, écrivez l'équation vérifiée par x=[H3O+] et résolvez-la.
b) Calculez le pH de cette solution.
c) Pour l'ammoniac, écrivez l'équation vérifiée par y=[HO−] et résolvez-la.
d) Calculez le pOH puis le pH de la solution d'ammoniac.
e) Les deux solutions ont la même concentration et des constantes presque égales. Commentez la symétrie des deux pH obtenus par rapport à 7.
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Réponses
a)x=4,15×10−4 mol/L
b)pH =3,38
c)y=3,91×10−4 mol/L
d)pOH =3,41, pH =10,59
e)Presque symétriques autour de 7
a) Le tableau d'avancement donne [A−]=[H3O+]=x et [AH]=c−x, d'où c−xx2=KA, soit x2+KAx−KAc=0. Le discriminant vaut 7,20×10−7, de racine 8,49×10−4, et la solution positive est x=4,15×10−4mol/L.
b) pH=−log(4,15×10−4)=3,38.
c) Symétriquement, NH3+H2O⇌NH4++HO− donne [NH4+]=[HO−]=y et [NH3]=c−y, d'où c−yy2=KB. La résolution donne y=3,91×10−4mol/L.
d) pOH=−log(3,91×10−4)=3,41, et comme pH+pOH=14, il vient pH=14−3,41=10,59.
e) Les deux pH sont 3,38 et 10,59, dont les écarts à 7 valent respectivement 3,62 et 3,59 : ils sont pratiquement symétriques. Ce n'est pas un hasard : les deux constantes étant presque égales, 1,8×10−5 et 1,6×10−5, les deux équilibres sont d'ampleur comparable, l'un libérant des ions oxonium et l'autre des ions hydroxyde en quantités voisines. Le léger écart résiduel vient simplement de la petite différence entre les deux constantes.
Exercice 4 : Lire une courbe de titrage pH-métrique
On titre VA=20,0mL d'une solution d'acide éthanoïque de concentration inconnue par de la soude à cB=0,100mol/L, en suivant le pH.
Le graphique donne le pH en fonction du volume de soude versé.
a) Repérez le volume équivalent sur la courbe et justifiez la méthode utilisée.
b) Déduisez-en la concentration de la solution d'acide éthanoïque.
c) Lisez le pH à la demi-équivalence. Que représente cette valeur ? Justifiez à l'aide de la relation de l'exercice 1.
d) Le pH à l'équivalence vaut environ 8,7. Pourquoi n'est-il pas égal à 7 ?
e) Comment la courbe serait-elle différente si l'acide titré était un acide fort de même concentration ?
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Réponses
a)VE=12,0 mL au milieu du saut
b)cA=6,00×10−2 mol/L
c)pH =4,74=pKA
d)L'éthanoate est une base faible
e)pH initial plus bas, pas de palier, équivalence à 7
a) L'équivalence correspond au saut de pH, c'est-à-dire à la partie quasi verticale de la courbe. Son abscisse se lit au milieu du saut, ici VE=12,0mL. En pratique on la détermine par la méthode des tangentes parallèles, ou en repérant le maximum de la dérivée, qui donne une lecture plus objective que l'oeil seul.
b) À l'équivalence, les réactifs ont été introduits en proportions stœchiométriques, et les coefficients valant 1 de part et d'autre : cAVA=cBVE. Donc cA=20,00,100×12,0=6,00×10−2mol/L.
c) La demi-équivalence est à V=6,0mL, où l'on lit pH=4,74. À cet instant, la moitié de l'acide a été transformée en sa base conjuguée, donc [A−]=[AH]. La relation pH=pKA+log[AH][A−] donne alors pH=pKA. La lecture fournit donc directement le pKA du couple, ce qui est une méthode de détermination très utilisée.
d) Parce qu'à l'équivalence, la solution ne contient plus d'acide éthanoïque ni de soude, mais l'ion éthanoate, qui est une BASE faible. Cette base réagit partiellement avec l'eau en libérant des ions hydroxyde, ce qui rend la solution basique. Un pH d'équivalence supérieur à 7 est la signature d'un titrage acide faible par base forte. Le calcul donne d'ailleurs 8,66, très proche de la lecture.
e) Trois différences. D'abord le pH initial serait bien plus BAS, environ 1,2 au lieu de 3,0, puisqu'un acide fort est totalement dissocié. Ensuite il n'y aurait pas de plateau tamponné avant l'équivalence, donc pas de palier autour du pKA : la montée serait régulière. Enfin le pH à l'équivalence vaudrait exactement 7, la solution ne contenant alors que des ions spectateurs. Le saut serait aussi plus ample, s'étendant sur davantage d'unités de pH.
Exercice 5 : Choisir un indicateur coloré
Un indicateur coloré est un couple acide-base dont les deux formes ont des couleurs différentes. Sa zone de virage s'étend approximativement sur pKA±1.
On dispose de l'hélianthine, zone de virage 3,1 à 4,4 ; du rouge de méthyle, 4,2 à 6,2 ; du bleu de bromothymol, 6,0 à 7,6 ; et de la phénolphtaléine, 8,2 à 10,0.
a) Expliquez pourquoi la zone de virage s'étend sur environ deux unités de pH.
b) Quelle condition un indicateur doit-il remplir pour convenir à un titrage donné ?
c) Lequel des quatre convient au titrage de l'exercice 4, dont l'équivalence est à pH=8,7 ?
d) Pourquoi l'hélianthine serait-elle un très mauvais choix ici ? Estimez l'erreur commise sur le volume équivalent.
e) Quel avantage et quel inconvénient le titrage colorimétrique présente-t-il par rapport au titrage pH-métrique ?
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Réponses
a)Rapport 10 nécessaire à l'œil : pKA±1
b)Zone de virage dans le saut
c)Phénolphtaléine
d)Virage vers 4 mL au lieu de 12 : erreur de 70 %
e)Simple mais moins précis
a) Parce que l'oeil ne perçoit la couleur d'une forme que si elle est nettement majoritaire, en pratique dans un rapport d'au moins 10 contre 1. Or un rapport de 10 correspond à un écart d'une unité de pH au pKA, d'après la relation pH=pKA+log[InH][In−]. La teinte pure de la forme acide est donc vue en dessous de pKA−1 et celle de la forme basique au-dessus de pKA+1, ce qui laisse deux unités de teinte intermédiaire.
b) Sa zone de virage doit être ENTIÈREMENT CONTENUE dans le saut de pH du titrage. Ainsi, le changement de couleur se produit pendant la partie quasi verticale de la courbe, c'est-à-dire pour une variation de volume négligeable autour de l'équivalence.
c) La PHÉNOLPHTALÉINE, dont la zone 8,2 à 10,0 encadre bien le pH d'équivalence de 8,7 et se situe dans le saut. Le bleu de bromothymol, qui vire de 6,0 à 7,6, serait acceptable si le saut commence assez bas, mais il vire trop tôt et donnerait un volume légèrement sous-estimé.
d) Parce que sa zone de virage, 3,1 à 4,4, se situe très en dessous du saut : elle est franchie bien avant l'équivalence, dans la région tamponnée où le pH monte lentement. L'indicateur changerait donc de couleur alors qu'à peine un tiers de l'acide a réagi. En lisant le graphique, le pH atteint 4,4 vers V≈4mL, alors que l'équivalence est à 12,0mL : l'erreur serait d'environ 8mL, soit près de 70 pour cent. Le résultat serait sans aucune valeur.
e) L'avantage du colorimétrique est la SIMPLICITÉ : aucun appareil, aucun étalonnage, un repérage instantané, ce qui le rend idéal pour des titrages en série. L'inconvénient est double : il faut disposer d'un indicateur adapté, ce qui suppose de connaître à l'avance le pH d'équivalence, et la précision est limitée par la largeur de la zone de virage et par l'appréciation de l'oeil. Le titrage pH-métrique, lui, fournit la courbe entière, donne le pKA en prime et ne suppose rien de connu à l'avance.
Partie B : Niveau baccalauréat (/50)
Exercice 6 : Analyser un titrage de bout en bout
On reprend le titrage de VA=20,0mL d'acide éthanoïque à cA=6,00×10−2mol/L par la soude à 0,100mol/L, avec KA=1,8×10−5 et Ke=1,0×10−14.
Pour la question d), le corrigé passe par KB et le pOH, qui ne sont pas au programme : KB=KAKe n'est rien d'autre que la constante de la réaction de l'ion éthanoate avec l'eau, et le pH s'obtient par [H3O+]=[HO−]Ke, ce qui donne le même résultat.
a) Écrivez l'équation de la réaction de titrage et calculez sa constante d'équilibre. Justifiez qu'elle convient.
b) Calculez le volume équivalent.
c) Calculez la concentration en ions éthanoate à l'équivalence, en tenant compte de la dilution.
d) Calculez le pH à l'équivalence.
e) Calculez le pH pour V=20,0mL de soude versée, c'est-à-dire bien au-delà de l'équivalence.
Voir la correction
Réponses
a)K=KeKA=1,8×109 : quasi totale
b)VE=12,0 mL
c)3,75×10−2 mol/L
d)pH =8,66
e)pH =12,30
a) CH3COOH+HO−⟶CH3COO−+H2O. Sa constante vaut K=[CH3COOH][HO−][CH3COO−]=KeKA=1,0×10−141,8×10−5=1,8×109. Cette valeur est énorme, donc la réaction est quasi totale : c'est la première condition d'un titrage.
b) VE=cBcAVA=0,1006,00×10−2×20,0=12,0mL.
c) La quantité d'éthanoate formée vaut n=cAVA=6,00×10−2×0,0200=1,20×10−3mol. Le volume total est 20,0+12,0=32,0mL, donc [CH3COO−]=0,03201,20×10−3=3,75×10−2mol/L. Oublier la dilution par le titrant versé est l'erreur classique de cette question.
d) L'éthanoate est une base faible de constante KB=KAKe=5,56×10−10. En résolvant c−yy2=KB avec c=3,75×10−2, on obtient y=[HO−]=4,56×10−6mol/L. Donc pOH=5,34 et pH=14−5,34=8,66, en accord avec la lecture graphique.
e) Au-delà de l'équivalence, la soude est en excès et impose le pH. L'excès vaut n=0,100×(0,0200−0,0120)=8,00×10−4mol, dans un volume total de 40,0mL. Donc [HO−]=0,04008,00×10−4=2,00×10−2mol/L, d'où pOH=1,70 et pH=12,30. La contribution de l'éthanoate est ici totalement négligeable devant celle de la soude libre.
Exercice 7 : Un titrage suivi par conductimétrie
On titre maintenant 20,0mL d'acide chlorhydrique, acide fort, par de la soude à 0,100mol/L, en suivant la conductivité.
Conductivités molaires ioniques en S⋅m2/mol : λ(H+)=35,0×10−3, λ(HO−)=19,9×10−3, λ(Na+)=5,01×10−3, λ(Cl−)=7,63×10−3.
a) Écrivez l'équation de la réaction de titrage.
b) Recensez les ions présents avant l'équivalence et expliquez comment la conductivité évolue.
c) Recensez-les après l'équivalence et expliquez la nouvelle évolution.
d) Déduisez-en l'allure de la courbe et la façon de repérer l'équivalence.
e) Pourquoi cette méthode serait-elle beaucoup moins commode pour le titrage de l'acide éthanoïque de l'exercice 6 ?
f) La figure du corrigé porte la conductivité CORRIGÉE de la dilution, c'est-à-dire le produit σ×(V0+V), rapporté à sa valeur initiale. Expliquez pourquoi cette correction est nécessaire pour obtenir deux segments de droite, et vérifiez sur la figure le rapport des pentes prévu en c).
Voir la correction
Réponses
a)H++HO−⟶H2O
b)H+ remplacé par Na+ : σ diminue
c)Na+ et HO− ajoutés : σ augmente
d)Deux segments ; intersection = équivalence
e)Acide faible : σ monte dès le début
f)Correction de dilution ; rapport des pentes 1,20
a) H++HO−⟶H2O, réaction totale de constante Ke1=1014.
b) Avant l'équivalence, la solution contient les ions Cl−, spectateurs et de quantité constante, les ions H+ restants, et les ions Na+ apportés par la soude. Chaque ion H+ consommé est remplacé par un ion Na+. Or λ(H+)=35,0×10−3 est très supérieur à λ(Na+)=5,01×10−3 : on remplace un ion très conducteur par un ion sept fois moins conducteur. La conductivité DIMINUE donc, de façon affine.
c) Après l'équivalence, il n'y a plus d'ions H+ à consommer, et chaque goutte de soude ajoute à la fois un ion Na+ et un ion HO−, tous deux conducteurs, le second fortement. La conductivité AUGMENTE donc, également de façon affine, mais avec une pente plus FAIBLE en valeur absolue que la précédente : la montée vaut λ(Na+)+λ(HO−)=24,9×10−3 par mole ajoutée, contre une descente de λ(H+)−λ(Na+)=30,0×10−3. La branche descendante est donc la plus raide des deux, ce qui se voit nettement sur la courbe.
d) La courbe est formée de deux SEGMENTS DE DROITE, l'un descendant puis l'autre montant, se coupant en un point anguleux. L'équivalence se repère en traçant les deux droites et en lisant l'abscisse de leur intersection. C'est un avantage notable : on exploite tous les points de mesure, loin de l'équivalence, là où la précision est bonne, au lieu de dépendre d'une lecture au voisinage immédiat du point équivalent.
e) Parce que l'acide éthanoïque est un acide FAIBLE : il est très peu dissocié, donc la solution initiale contient peu d'ions et sa conductivité de départ est faible. Au fur et à mesure du titrage, on remplace des molécules non conductrices par des ions éthanoate et sodium, si bien que la conductivité AUGMENTE avant l'équivalence au lieu de diminuer. La rupture de pente existe toujours mais elle est bien moins marquée, et le contraste entre les deux segments beaucoup plus faible. La conductimétrie brille quand un ion très conducteur, H+ ou HO−, disparaît ou apparaît franchement.
f) La correction est nécessaire parce que la conductivité est une concentration déguisée : σ=∑λici=V0+V∑λini. Le numérateur, lui, est bel et bien AFFINE en V, puisque chaque quantité de matière varie linéairement avec le volume versé. Mais le dénominateur augmente aussi, et le quotient de deux fonctions affines est une hyperbole, non une droite : la courbe brute de σ est donc légèrement incurvée sur chacune de ses deux branches. En multipliant par (V0+V), on élimine ce dénominateur et l'on retrouve exactement les deux segments de droite décrits en d). En pratique, on néglige souvent cette correction lorsque le volume versé reste petit devant le volume initial, mais elle devient indispensable dès que l'on verse un volume comparable, ce qui est le cas ici où l'équivalence est à la moitié du volume initial. Pour les pentes, la figure descend de 100 à 29,7 sur les dix premiers millilitres, soit −7,03 pour cent par millilitre, puis remonte de 5,84 pour cent par millilitre. Le rapport vaut 5,847,03=1,20, exactement celui de λ(Na+)+λ(HO−)λ(H+)−λ(Na+)=24,930,0=1,20 ✓. La branche descendante est donc bien la plus raide, et l'angle du sommet est franc : c'est ce qui rend la lecture de l'équivalence si précise.
Exercice 8 : Une solution tampon
Une solution tampon contient un acide faible et sa base conjuguée en quantités comparables. Elle s'oppose aux variations de pH.
On prépare 100mL d'une solution contenant 1,0×10−2mol d'acide éthanoïque et 1,0×10−2mol d'éthanoate de sodium, avec pKA=4,74.
Pour la question d), le corrigé passe par le pOH, qui n'est pas au programme : on obtient le même pH par [H3O+]=[HO−]Ke=1,0×10−12mol/L.
a) Calculez le pH de cette solution.
b) On y ajoute 1,0×10−3mol d'ions hydroxyde, sans variation notable de volume. Calculez les nouvelles quantités des deux formes du couple, puis le nouveau pH.
c) Calculez la variation de pH provoquée par cet ajout.
d) On ajoute la même quantité d'ions hydroxyde à 100mL d'eau pure. Calculez le pH obtenu et la variation correspondante.
e) Comparez les deux variations et expliquez le mécanisme du tampon. Dans quel domaine de pH un couple donné est-il efficace comme tampon ?
Voir la correction
Réponses
a)pH =4,74
b)9,0×10−3 et 1,1×10−2 mol ; pH =4,83
c)+0,09
d)pH =12,0 : +5,0
e)Tampon efficace dans pKA±1
a) Les deux formes étant en quantités égales, log[AH][A−]=log1=0, donc pH=pKA=4,74.
b) Les ions hydroxyde ajoutés consomment l'acide et forment de la base : n(AH)=1,0×10−2−1,0×10−3=9,0×10−3mol et n(A−)=1,0×10−2+1,0×10−3=1,1×10−2mol. Le rapport vaut 911=1,22, donc pH=4,74+log(1,22)=4,74+0,087=4,83.
c) La variation vaut 4,83−4,74=0,09 unité de pH seulement.
d) Dans l'eau pure, les 1,0×10−3mol d'ions hydroxyde donnent [HO−]=0,1001,0×10−3=1,0×10−2mol/L, soit pOH=2,0 et pH=12,0. Partant de 7, la variation est de 5,0 unités.
e) La variation est de 0,09 dans le tampon contre 5,0 dans l'eau : le tampon amortit l'ajout d'un facteur cinquante environ. Le mécanisme est que les ions hydroxyde ajoutés ne restent pas libres : ils sont immédiatement consommés par l'acide faible présent en réserve, et leur seul effet est de modifier légèrement le RAPPORT des deux formes. Or le pH dépend du logarithme de ce rapport, donc il faudrait le changer d'un facteur 10 pour déplacer le pH d'une unité. Un couple est efficace comme tampon tant que le rapport reste compris entre environ 101 et 10, c'est-à-dire dans le domaine pKA±1. Au-delà, l'une des réserves est épuisée et le tampon cède.
La figure du corrigé met les deux situations dans les mêmes axes et rend le pouvoir tampon visible d'un seul coup d'œil. Le trait vertical marque l'ajout commun de 1,0 mmol d'ions hydroxyde : le tampon passe de 4,74 à 4,83, une variation de 0,09 unité, quand l'eau pure saute de 7 à 12,0, une variation de 5,0 unités, soit plus de CINQUANTE FOIS plus. La courbe du tampon est un plateau presque horizontal autour du pKA, et c'est la traduction graphique du mécanisme : les ions hydroxyde ajoutés ne restent pas libres, ils sont capturés par l'acide faible présent en réserve, et le pH ne bouge que par la lente dérive du RAPPORT des deux formes, dont le logarithme varie très peu tant que les deux quantités restent comparables. Deux limites se lisent aussi sur la figure. D'abord le plateau n'est pas infini : quand l'ajout approche 10 mmol, la réserve d'acide s'épuise, le rapport explose et la courbe décolle brutalement, ce qui est le point de rupture du tampon. Ensuite l'efficacité est maximale exactement au pKA, là où la courbe est la plus plate, et elle se dégrade dès qu'on s'en écarte : c'est pourquoi on choisit toujours un couple dont le pKA est proche du pH que l'on veut maintenir, en pratique à une unité près.
Exercice 9 : Quatre affirmations à corriger
Chacune des quatre affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous sur un résultat chiffré des exercices précédents.
a) « Le pH à l'équivalence d'un titrage vaut toujours 7. »
b) « Plus le pKa est grand, plus l'acide est fort. »
c) « À la demi-équivalence, le pH vaut la moitié du pH à l'équivalence. »
d) « Une solution tampon garde un pH rigoureusement constant quoi qu'on y ajoute. »
Voir la correction
Réponses
a)Faux : 8,66 pour un acide faible
b)Faux : plus petit, plus fort
c)Faux : pH =pKA=4,74
d)Faux : il amortit, dans une limite
a) Faux, cela n'est vrai que pour un titrage acide fort par base forte, où la solution finale ne contient que des ions spectateurs. Pour un acide FAIBLE titré par une base forte, la solution à l'équivalence contient la base conjuguée de l'acide, qui réagit avec l'eau et rend le milieu basique : l'exercice 6 donne pH=8,66. Symétriquement, une base faible titrée par un acide fort donne un pH d'équivalence acide. C'est d'ailleurs cette valeur qui commande le choix de l'indicateur coloré.
b) Faux, c'est exactement l'inverse. Le pKA étant l'opposé du logarithme de KA, plus il est PETIT plus l'acide est fort. L'exercice 1 le chiffre : l'acide éthanoïque a pKA=4,74 et l'ion ammonium 9,20, et c'est bien le premier qui est le plus fort, avec une constante près de trente mille fois plus grande. Le signe moins de la définition inverse l'ordre, c'est tout.
c) Faux, et le pH n'est de toute façon pas une grandeur qu'on divise ainsi, puisqu'il est logarithmique. À la demi-équivalence le pH vaut le pKA, ce qui découle de l'égalité des concentrations des deux formes du couple. L'exercice 4 le montre : 4,74 à la demi-équivalence contre 8,66 à l'équivalence, et 4,74 n'est pas la moitié de 8,66, qui vaudrait 4,33. La coïncidence numérique approximative rend d'ailleurs cette erreur difficile à détecter si l'on ne raisonne pas.
d) Faux, un tampon AMORTIT sans annuler. L'exercice 8 le quantifie : l'ajout d'ions hydroxyde fait varier le pH de 0,09 unité au lieu de 5,0 dans l'eau pure, soit un facteur cinquante, mais la variation n'est pas nulle. De plus le pouvoir tampon est LIMITÉ : il ne vaut que tant que les deux formes du couple restent en quantités comparables, en pratique dans le domaine pKA±1. Si l'on ajoute assez de base pour consommer tout l'acide de réserve, le tampon cède brutalement et le pH s'envole.
Exercice 10 : Doser l'ammoniaque d'un produit ménager
Un nettoyant ménager contient de l'ammoniac. On en prélève 20,0mL, préalablement dilués au dixième, que l'on titre par de l'acide chlorhydrique à 0,100mol/L. L'équivalence est obtenue pour 15,0mL.
On donne pKA(NH4+/NH3)=9,20 et M(NH3)=17,0g/mol.
a) Écrivez l'équation de la réaction de titrage.
b) Calculez la concentration en ammoniac de la solution diluée, puis celle du produit commercial.
c) Calculez la concentration en masse du produit commercial, en grammes par litre.
d) Quel pH lit-on à la demi-équivalence ? Justifiez.
e) Le pH à l'équivalence est-il supérieur ou inférieur à 7 ? Justifiez sans calcul, puis choisissez un indicateur parmi ceux de l'exercice 5.
Voir la correction
Réponses
a)NH3+H3O+⟶NH4++H2O
b)7,50×10−2 mol/L ; produit 0,750 mol/L
c)12,8 g/L
d)pH =9,20
e)Inférieur à 7 ; rouge de méthyle
a) NH3+H3O+⟶NH4++H2O. La constante vaut KA1=109,20, donc la réaction est quasi totale.
b) À l'équivalence, n(NH3)=n(H3O+)=0,100×0,0150=1,50×10−3mol. La solution diluée a donc pour concentration 0,02001,50×10−3=7,50×10−2mol/L. Le produit commercial, dix fois plus concentré, titre 0,750mol/L.
c) γ=cM=0,750×17,0=12,8g/L.
d) On lit pH=pKA=9,20. À la demi-équivalence, la moitié de l'ammoniac a été transformée en ion ammonium, donc les deux formes du couple sont en concentrations égales et le terme logarithmique s'annule. C'est aussi une façon d'identifier la base titrée, en comparant le pKA lu à une table.
e) INFÉRIEUR à 7. À l'équivalence, tout l'ammoniac a été converti en ion ammonium, qui est un ACIDE faible : il cède partiellement un proton à l'eau et acidifie la solution. C'est le symétrique exact du titrage de l'exercice 6. Parmi les indicateurs proposés, le ROUGE DE MÉTHYLE, de zone 4,2 à 6,2, convient bien à un pH d'équivalence acide, alors que la phénolphtaléine, le pH descendant au cours de ce titrage, virerait beaucoup trop tôt, en pleine zone tampon, et l'hélianthine un peu trop tard, après l'équivalence.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Acide fort ou acide faible ?
Deux flacons contiennent chacun un monoacide à la concentration apportée c=1,0×10−2mol/L. Le pH-mètre indique 2,00 pour le flacon A et 2,90 pour le flacon B.
On note τ le taux d'avancement final de la réaction de l'acide avec l'eau, et l'on néglige l'autoprotolyse de l'eau.
a) Calculez [H3O+] et le taux d'avancement final pour chaque flacon.
b) Lequel contient un acide fort ? Justifiez.
c) Calculez la constante d'acidité de l'acide faible, puis son pKA.
d) On dilue les deux solutions dix fois. Quel pH prévoit-on pour l'acide fort ? Pour l'acide faible, la résolution de c′−xx2=KA donne x=3,4×10−4mol/L : calculez son pH.
e) Déduisez-en un test simple pour reconnaître un acide fort.
Voir la correction
Réponses
a)A : 100 % ; B : 12,6 %
b)Flacon A
c)KA=1,8×10−4, pKA=3,74
d)3,00 et 3,46
e)Dilution par dix : +1 exactement pour un acide fort
a) Flacon A : [H3O+]=10−2,00=1,0×10−2mol/L, et τ=1,0×10−21,0×10−2=100%. Flacon B : [H3O+]=10−2,90=1,26×10−3mol/L, et τ=1,0×10−21,26×10−3=12,6%.
b) Le flacon A : sa réaction avec l'eau est TOTALE, chaque molécule d'acide a cédé son proton. Dans le flacon B, seule une molécule sur huit environ a réagi : c'est un acide faible.
c) À l'équilibre, [A−]=[H3O+]=1,26×10−3 et [AH]=1,0×10−2−1,26×10−3=8,74×10−3mol/L. Donc KA=8,74×10−3(1,26×10−3)2=1,8×10−4 et pKA=3,74, la valeur de l'acide méthanoïque. Oublier de retrancher x au dénominateur donnerait 1,6×10−4.
d) Acide fort : [H3O+]=1,0×10−3mol/L et pH=3,00, une unité de plus. Acide faible : pH=−log(3,4×10−4)=3,46, soit une hausse de 0,56 seulement : en diluant, l'acide faible se dissocie davantage et compense en partie.
e) Diluer dix fois : le pH d'un acide fort augmente d'EXACTEMENT une unité, celui d'un acide faible de moins d'une unité. Tant que l'acide reste assez concentré pour que l'eau ne contribue pas, ce test ne demande qu'une fiole jaugée et un pH-mètre.
Exercice 12 : Mélanger un acide fort et une base forte
On mélange 50,0mL d'acide chlorhydrique à 0,100mol/L et 30,0mL de soude à 0,100mol/L. La réaction H3O++HO−⟶2H2O est totale.
On prend Ke=1,0×10−14 et l'on admet que les volumes s'ajoutent.
a) Calculez les quantités initiales d'ions oxonium et hydroxyde.
b) Quel est le réactif limitant ? Quelle quantité de l'autre reste-t-il ?
c) Calculez le pH du mélange.
d) Quel volume de soude aurait-il fallu verser pour obtenir un mélange neutre ?
e) Calculez le pH si l'on avait versé 60,0mL de soude.
Voir la correction
Réponses
a)5,00×10−3 et 3,00×10−3 mol
b)HO− limitant ; reste 2,00×10−3 mol
c)pH =1,60
d)50,0 mL
e)pH =11,96
a) n(H3O+)=0,100×0,0500=5,00×10−3mol et n(HO−)=0,100×0,0300=3,00×10−3mol.
b) Les nombres stœchiométriques valant 1, les ions hydroxyde, moins nombreux, sont limitants. Il reste 5,00×10−3−3,00×10−3=2,00×10−3mol d'ions oxonium.
c) Volume total 80,0mL : [H3O+]=0,08002,00×10−3=2,50×10−2mol/L et pH=1,60. Diviser par 50mL au lieu de 80 donnerait 1,40.
d) Il faut autant d'ions hydroxyde que d'ions oxonium : 5,00×10−3mol, soit 50,0mL de soude. Le mélange ne contient alors que des ions spectateurs, et pH=7,0.
e) L'excès d'ions hydroxyde vaut 6,00×10−3−5,00×10−3=1,00×10−3mol dans 110mL : [HO−]=9,09×10−3mol/L, [H3O+]=9,09×10−3Ke=1,10×10−12mol/L et pH=11,96.
Exercice 13 : Les trois formes de la glycine
La glycine, le plus simple des acides α-aminés, possède deux couples acide-base : le groupe carboxyle, de pKA1=2,3, et le groupe ammonium, de pKA2=9,6.
Selon le pH, elle existe sous trois formes : le cation H3N+−CH2−COOH, l'amphion H3N+−CH2−COO−, porteur d'une charge positive et d'une charge négative, et l'anion H2N−CH2−COO−.
a) Quelle forme prédomine dans le suc gastrique, à pH=1,0 ?
b) Quelle forme prédomine dans le sang, à pH=7,4 ?
c) Calculez, à pH=7,4, le rapport de la concentration de l'amphion à celle de l'anion.
d) À quel pH le cation et l'amphion sont-ils en concentrations égales ?
e) Au point isoélectrique, la charge moyenne est nulle ; il se situe au milieu des deux pKA. Calculez-le.
Voir la correction
Réponses
a)Cation
b)Amphion
c)102,2≈158
d)pH =2,3
e)pHi≈6,0
a) pH=1,0<pKA1=2,3 : le groupe carboxyle est sous sa forme acide COOH, et comme pH<pKA2, le groupe amine est protoné. Le CATION prédomine.
b) 2,3<7,4<9,6 : le carboxyle a cédé son proton (COO−) mais l'ammonium garde le sien (NH3+). C'est l'AMPHION qui prédomine. Écrire la glycine du sang sous la forme neutre H2N−CH2−COOH est l'erreur fréquente : cette forme est ultra-minoritaire à tout pH.
c) Le couple concerné est amphion/anion, de pKA2=9,6 : pH=pKA2+log[amphion][anion], donc [anion][amphion]=109,6−7,4=102,2=1,6×102.
d) Le cation et l'amphion forment le couple de pKA1 : ils sont à égalité pour pH=pKA1=2,3.
e) pHi=22,3+9,6=5,95≈6,0. À ce pH, la glycine ne migre pas dans un champ électrique, ce qu'on exploite pour séparer les acides aminés par électrophorèse.
Exercice 14 : Titrer la vitamine C d'un comprimé
Un comprimé de vitamine C annoncé à 500mg d'acide ascorbique C6H8O6, monoacide de M=176,1g/mol, est dissous dans une fiole de 100,0mL. On en titre 10,0mL par la soude à 1,00×10−2mol/L, en suivant le pH.
Le volume équivalent vaut VE=28,0mL, et la courbe indique pH=4,1 pour V=14,0mL.
a) Calculez la quantité d'acide ascorbique dans les 10,0mL titrés.
b) Déduisez-en la masse d'acide ascorbique dans le comprimé, en milligrammes.
c) Calculez l'écart relatif avec l'indication de l'étiquette. Est-il acceptable, pour une tolérance de fabrication de 5% ?
d) Que représente le pH de 4,1 lu à 14,0mL ?
e) Le pH à l'équivalence vaut environ 8,0. Pourquoi est-il basique ?
Voir la correction
Réponses
a)2,80×10−4 mol
b)493 mg
c)1,4 % : conforme
d)pKA=4,1
e)L'ion ascorbate est une base faible
a) À l'équivalence, nA=cBVE=1,00×10−2×28,0×10−3=2,80×10−4mol.
b) La fiole contient dix fois le prélèvement : n=2,80×10−3mol, soit m=nM=2,80×10−3×176,1=0,493g=493mg. Oublier le facteur dix donne 49mg, un comprimé presque vide.
c) 500500−493=1,4%, largement dans la tolérance de 5% : le comprimé est conforme.
d) 14,0mL=2VE : c'est la demi-équivalence, où l'acide et sa base conjuguée sont en concentrations égales. On lit donc pKA=4,1, celui du couple acide ascorbique/ion ascorbate.
e) À l'équivalence, la solution contient l'ion ascorbate, base faible conjuguée d'un acide faible, qui réagit partiellement avec l'eau en libérant des ions hydroxyde. Comme pour tout titrage d'un acide faible par une base forte, le pH d'équivalence est supérieur à 7.
Exercice 15 : Le pH du sang et le tampon bicarbonate
Le pH du sang est maintenu à 7,40 principalement par le couple CO2,H2O/HCO3−, de pKA=6,3 à 37∘C. La concentration en ions hydrogénocarbonate vaut 24mmol/L.
On rappelle pH=pKA+log[CO2][HCO3−]. Au-dessous de pH=7,35, on parle d'acidose.
a) Calculez le rapport [CO2][HCO3−] dans le sang normal.
b) Calculez la concentration en dioxyde de carbone dissous.
c) Un effort intense libère dans le sang 5,0mmol/L d'ions oxonium, qui réagissent avec les ions hydrogénocarbonate. Si le CO2 formé restait dans le sang, quelles seraient les nouvelles concentrations, et le nouveau pH ?
d) En réalité, la respiration évacue le CO2 excédentaire, et [CO2] reste à sa valeur normale. Calculez le pH.
e) Pourquoi le pH de d) reste-t-il sous 7,4 ? Qu'est-ce qui, dans l'organisme, achève de le corriger ?
Voir la correction
Réponses
a)101,1=12,6
b)1,9 mmol/L
c)19 et 6,9 mmol/L : pH 6,74
d)pH =7,30
e)Base consommée ; le rein la régénère
a) log[CO2][HCO3−]=7,40−6,3=1,1, donc le rapport vaut 101,1=12,6. Le sang contient près de treize fois plus de base que d'acide : ce tampon est taillé pour absorber les ACIDES, qui sont ce que le métabolisme produit.
b) [CO2]=12,624=1,9mmol/L.
c) HCO3−+H3O+⟶CO2+2H2O consomme 5,0mmol/L de base et forme autant de CO2 : [HCO3−]=19mmol/L et [CO2]=6,9mmol/L. Alors pH=6,3+log6,919=6,3+0,44=6,74 : une acidose mortelle, malgré le tampon.
d) pH=6,3+log1,919=6,3+1,0=7,30. En évacuant le CO2, les poumons transforment une chute de 0,66 unité en une baisse de 0,10. C'est ce qui rend ce tampon si efficace : l'un des deux membres du couple est un gaz que l'organisme peut éliminer à volonté.
e) Parce que la base consommée n'a pas été remplacée : le rapport est passé de 12,6 à 10. C'est le rein, plus lentement, qui régénère les ions hydrogénocarbonate et élimine l'excès d'acidité dans l'urine. En attendant, on respire plus vite et plus fort, ce qui baisse encore [CO2] et remonte le pH.
Partie D : compléments au programme (/20)
Exercice 16 : Le diagramme de distribution de l'acide lactique
L'acide lactique, noté AH, est l'acide formé par la fermentation du lait ; sa base conjuguée est l'ion lactate, noté A−.
La figure représente, en fonction du pH, le pourcentage de chacune des deux formes du couple par rapport à la quantité totale d'acide lactique apportée : c'est le diagramme de DISTRIBUTION du couple. On note %A−=100×[AH]+[A−][A−], et de même pour %AH.
a) Laquelle des deux courbes représente la forme acide ? Lisez sur la figure le pKA du couple, en justifiant la méthode de lecture.
b) À partir de la relation pH=pKA+log[AH][A−], établissez l'expression %A−=1+10pKA−pH100. Calculez %A− à pH=3,0 puis à pH=5,0, et vérifiez sur la figure.
c) Pour construire le diagramme point par point, comme le ferait un programme, calculez %A− à pH=3,4 et à pH=4,6. Que vaut %AH+%A− en chaque point, et pourquoi suffit-il de calculer une seule des deux courbes ?
d) Le diagramme de prédominance du couple ne porte qu'une frontière : laquelle ? Lisez ensuite sur la figure, puis calculez, le pH pour lequel il ne reste plus que 20% d'acide lactique sous forme AH. Que dit le diagramme de distribution que le diagramme de prédominance ne dit pas ?
e) Un yaourt a un pH de 4,3 et contient au total 0,12mol/L d'acide lactique, sous ses deux formes. Calculez [AH] et [A−].
Voir la correction
Réponses
a)Courbe décroissante : AH ; croisement à 50% en pH=pKA=3,9
b)%A−=1+10pKA−pH100 ; 11,2% à pH 3,0, 92,6% à pH 5,0
c)24,0% à pH 3,4, 83,4% à pH 4,6 ; %AH+%A−=100%, une seule courbe à calculer
d)Frontière pH=3,9 ; 20% de AH à pH=3,9+log4=4,5 ; la distribution dit combien
e)[AH]=0,034mol/L, [A−]=0,086mol/L
a) Aux pH faibles, le milieu est riche en ions oxonium et la forme ACIDE domine : la courbe qui part de 100% à gauche et DÉCROÎT est celle de AH, la courbe croissante celle de A−. Les deux courbes se coupent là où %AH=%A−=50%, donc là où [AH]=[A−]. En ce point, log[AH][A−]=log1=0 et la relation donne pH=pKA : on lit l'ABSCISSE du point d'intersection, pKA=3,9. Lire l'ordonnée, 50, est l'erreur de lecture classique : le pKA est un pH, il se lit sur l'axe horizontal.
b) La relation donne [AH][A−]=10pH−pKA, donc [A−][AH]=10pKA−pH. On divise numérateur et dénominateur de %A− par [A−] : %A−=[A−][AH]+1100=1+10pKA−pH100. À pH=3,0, l'exposant vaut 3,9−3,0=0,9 : %A−=1+100,9100=8,94100=11,2%. À pH=5,0, l'exposant vaut −1,1 : %A−=1+10−1,1100=1,079100=92,6%. La figure donne bien un peu plus de 10% et un peu plus de 90%. Le piège est le signe de l'exposant : c'est pKA−pH, qui est POSITIF quand le pH est sous le pKA, et c'est bien là que la forme basique doit être rare.
c) À pH=3,4 : %A−=1+100,5100=4,16100=24,0%. À pH=4,6 : %A−=1+10−0,7100=83,4%. En chaque point, %AH+%A−=100%, puisque l'acide apporté se trouve forcément sous l'une ou l'autre forme : c'est la conservation de la matière. Un programme qui trace le diagramme ne calcule donc qu'une courbe, l'autre étant son complément à 100 ; les deux sont symétriques par rapport au point (pKA;50). Ainsi, à pH=3,4, %AH=76,0%, ce que A− atteint à pH=4,4, à la même distance du pKA de l'autre côté.
d) La frontière du diagramme de prédominance est à pH=pKA=3,9 : AH prédomine en dessous, A− au-dessus. Sur la figure, la courbe de AH passe à 20% vers pH=4,5. Par le calcul : %AH=20% signifie %A−=80%, donc [AH][A−]=2080=4 et pH=3,9+log4=4,5. Le diagramme de prédominance dit seulement QUI est majoritaire ; le diagramme de distribution dit COMBIEN. À pH=4,5, l'ion lactate prédomine, et pourtant un cinquième de l'acide est encore sous forme AH : prédominer n'est pas être seul, comme le montrait déjà la figure du corrigé de l'exercice 2 pour l'acide éthanoïque. Écrire « au-dessus de 3,9, la solution ne contient que des ions lactate » coûte le point.
e) À pH=4,3, %A−=1+10−0,4100=71,5%. Donc [A−]=0,715×0,12=0,086mol/L et [AH]=0,12−0,086=0,034mol/L. Contrôle par le rapport : 0,0340,086≈2,5, et 104,3−3,9=100,4=2,51, conforme. Le goût acide du yaourt vient pourtant de la forme acide et des ions oxonium : même minoritaire, AH représente encore plus d'un quart de l'acide lactique.
À retenir : le diagramme de distribution se lit en abscisse pour le pKA, au croisement à 50%, et en ordonnée pour une proportion. Sa courbe se calcule par 1+10pKA−pH100, et le diagramme de prédominance n'en est que le résumé en une frontière.
Exercice 17 : Une espèce amphotère dans le vin : l'ion hydrogénosulfite
Le dioxyde de soufre, ajouté au vin comme conservateur, donne en solution aqueuse l'espèce notée SO2,H2O. Elle intervient dans deux couples acide-base : SO2,H2O/HSO3−, de pKA1=1,8, et HSO3−/SO32−, de pKA2=7,2.
Une espèce est dite amphotère lorsqu'elle est l'acide d'un couple et la base d'un autre couple.
a) Justifiez que l'ion hydrogénosulfite HSO3− est amphotère. Écrivez l'équation de sa réaction avec les ions hydroxyde, puis avec les ions oxonium, en précisant son rôle dans chacune.
b) Représentez le diagramme de prédominance des trois espèces sur un axe gradué en pH. Entre quelles valeurs de pH l'espèce amphotère prédomine-t-elle ?
c) Un vin blanc a un pH de 3,4. Quelle espèce y prédomine ? Calculez le rapport [SO2,H2O][HSO3−] dans ce vin.
d) Calculez, dans ce même vin, le rapport [HSO3−][SO32−]. Quelle forme prédominerait dans une solution de pH 8,2 ?
e) Deux ions hydrogénosulfite peuvent réagir entre eux : 2HSO3−⇌SO2,H2O+SO32−. Exprimez sa constante d'équilibre K en fonction de KA1 et KA2, calculez logK, et dites si une solution d'hydrogénosulfite de sodium contient surtout l'ion HSO3−.
Voir la correction
Réponses
a)Base de SO2,H2O/HSO3−, acide de HSO3−/SO32− : amphotère ; acide face à HO−, base face à H3O+
b)SO2,H2O sous 1,8, HSO3− entre 1,8 et 7,2, SO32− au-dessus
c)HSO3− prédomine ; rapport 101,6≈39,8
d)10−3,8≈1,6×10−4 ; à pH 8,2, SO32− prédomine
e)K=KA1KA2, logK=−5,4 ; la solution contient surtout HSO3−
a) L'ion HSO3− figure dans les deux couples, avec deux rôles différents. Dans SO2,H2O/HSO3−, il est la BASE : il peut capter un ion hydrogène H+. Dans HSO3−/SO32−, il est l'ACIDE : il peut en céder un. Acide d'un couple et base d'un autre, il est amphotère. Face aux ions hydroxyde, base forte, il réagit en acide : HSO3−+HO−⟶SO32−+H2O. Face aux ions oxonium, acide fort, il réagit en base : HSO3−+H3O+⟶SO2,H2O+H2O. Le rôle n'est pas une propriété de l'espèce seule : il dépend du partenaire, et c'est ce que la copie doit dire en nommant les deux couples.
b) On range les deux frontières sur l'axe : sous pH=1,8, la forme la plus acide SO2,H2O prédomine ; entre 1,8 et 7,2, c'est HSO3− ; au-dessus de 7,2, c'est SO32−. L'espèce amphotère prédomine donc ENTRE les deux pKA, et c'est général : un ampholyte, base du premier couple et acide du second, occupe toujours le domaine du milieu. L'ordre des domaines suit le nombre d'ions hydrogène portés, de deux à zéro en allant vers les pH croissants.
c) pH=3,4 est compris entre 1,8 et 7,2 : dans le vin, c'est l'ion hydrogénosulfite qui prédomine. Pour le couple 1, pH=pKA1+log[SO2,H2O][HSO3−], donc le rapport vaut 103,4−1,8=101,6≈39,8 : environ 40 ions hydrogénosulfite pour une molécule SO2,H2O. Le piège est de prendre pKA2 : chaque rapport s'écrit avec le pKA DU COUPLE dont les deux espèces font partie.
d) Pour le couple 2, [HSO3−][SO32−]=10pH−pKA2=103,4−7,2=10−3,8≈1,6×10−4 : les ions sulfite sont presque absents du vin. À pH=8,2, au-dessus de pKA2, le rapport vaut 101,0=10 : c'est l'ion sulfite SO32− qui prédomine, dix fois plus abondant que l'hydrogénosulfite. Contrôle de cohérence : les deux rapports du vin donnent HSO3− largement majoritaire des deux côtés, conforme au diagramme de b).
e) On écrit K=[HSO3−]2[SO2,H2O][SO32−], puis on multiplie et divise par [H3O+] : K=[HSO3−][SO32−][H3O+]×[HSO3−][H3O+][SO2,H2O]=KA1KA2. Donc logK=pKA1−pKA2=1,8−7,2=−5,4, et K=10−5,4≈4×10−6. Une constante aussi petite signifie que la réaction de l'ampholyte sur lui-même est très limitée : une solution d'hydrogénosulfite de sodium contient essentiellement des ions HSO3−, avec très peu de SO2,H2O et de SO32−. L'erreur fréquente est d'écrire K=KA1×KA2 : la réaction utilise l'ampholyte une fois comme acide, ce qui apporte KA2, et une fois comme base, ce qui apporte l'inverse de KA1.
À retenir : une espèce amphotère se reconnaît à ses DEUX couples, elle prédomine entre les deux pKA, et chaque rapport de concentrations s'écrit avec le pKA du couple concerné. L'amphion de la glycine, exercice 13, en est un autre exemple.
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