Spécialité physique-chimie, Terminale • Fiche de révision à Montréal
Fiche de révision : acide-base, pKa et titrages (Terminale spécialité)
Tout le chapitre acide-base tient dans une relation et un diagramme. La relation donne le pH à partir du rapport des deux formes du couple; le diagramme dit laquelle domine. Les titrages, les indicateurs colorés et les solutions tampons n'en sont que des applications, et se retrouvent toutes à partir de là.
Cette fiche liste les huit erreurs qui coûtent des points, avec la phrase exacte qui les remet, l'arbre qui donne le pH à l'équivalence selon la nature des réactifs, la méthode de choix d'un indicateur coloré, et un titrage pH-métrique complet décortiqué de l'équivalence au pKa.
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Le fil du chapitre
Une seule relation gouverne tout le chapitre : pH=pKA+log[AH][A−]. Prédominance, demi-équivalence, choix d'un indicateur et solution tampon en sont quatre lectures différentes.
Le pKa se lit à l'envers, et le diagramme de prédominance en découle
•KA=[AH]c∘[A−][H3O+] et pKA=−logKA. Plus le pKA est PETIT, plus l'acide est fort.
•Relation maîtresse : pH=pKA+log[AH][A−]. Elle contient à elle seule prédominance, demi-équivalence, indicateurs et tampon.
•Prédominance : forme ACIDE si pH<pKA, forme BASIQUE si pH>pKA, égalité des deux à la frontière.
•Un écart d'une unité de pH correspond à un rapport de 10 entre les deux formes; deux unités, à un rapport de 100.
Une seule frontière, placée au pKA : à gauche la forme acide domine, à droite la forme basique. Le diagramme se dessine en trois secondes et répond à toutes les questions de prédominance.
Le sens de lecture s'ancre sur un exemple : l'acide chlorhydrique, très fort, a un pKA négatif; l'ion ammonium, très faible, a un pKA de 9,2. Petit veut dire fort.
Diagramme de distribution et espèce amphotère
•Le diagramme de distribution trace, en fonction du pH, le pourcentage de chaque forme d'un couple : les deux courbes se croisent à 50% pour pH=pKA.
•À une unité de pH du pKA, le rapport des deux formes vaut 10 : la forme minoritaire ne représente plus que 111, soit environ 9% du total.
•Une espèce AMPHOTÈRE est l'acide d'un couple et la base d'un autre : l'ion hydrogénocarbonate HCO3− est la base de CO2,H2O/HCO3−, de pKA1=6,4, et l'acide de HCO3−/CO32−, de pKA2=10,3, à 25∘C.
•Une espèce amphotère prédomine ENTRE ses deux pKA : de 6,4 à 10,3 pour l'ion hydrogénocarbonate.
Les courbes se croisent à 50% en chaque pKA ; entre 6,4 et 10,3, l'ion hydrogénocarbonate, amphotère, est l'espèce majoritaire.
Le titrage : deux points remarquables, deux informations
•À l'ÉQUIVALENCE, les réactifs ont été mélangés dans les proportions stoechiométriques : cAVA=cBVE. C'est ce qui donne la concentration cherchée.
•À la DEMI-ÉQUIVALENCE, la moitié de l'acide a réagi, donc [A−]=[AH] et la relation maîtresse donne pH=pKA. C'est ce qui identifie l'acide.
•Le volume équivalent se repère par la méthode des tangentes ou par le maximum de la dérivée; le point d'inflexion du saut de pH.
•Le saut de pH doit être NET : c'est lui qui rend le titrage exploitable, et c'est lui qui décide du choix de l'indicateur.
Deux tangentes parallèles de part et d'autre du saut, puis la parallèle à égale distance : elle coupe la courbe au point d'équivalence E, dont l'abscisse donne VE=20 mL.
Le pH à l'équivalence dépend de la nature des réactifs
•Acide FORT titré par base FORTE : le mélange à l'équivalence ne contient que des ions spectateurs, donc pHE=7.
•Acide FAIBLE titré par base forte : il reste la base conjuguée A−, qui rend le milieu BASIQUE, donc pHE>7.
•Base FAIBLE titrée par acide fort : il reste l'acide conjugué, donc pHE<7.
•Le produit ionique de l'eau relie les deux ions : [H3O+][HO−]=Ke=10−14 à 25∘C, donc [H3O+]=[HO−]Ke. Le pOH n'est pas au programme : on revient toujours au pH par cette relation.
À l'équivalence, seul compte ce qui reste dans le bécher : deux ions spectateurs laissent le pH à 7, l'ion éthanoate le rend basique, l'ion ammonium le rend acide.
Le pH=7 à l'équivalence n'est vrai que dans UN cas sur trois. C'est pourtant la valeur que les copies écrivent par réflexe, et elle coûte le point d'analyse à chaque fois.
Indicateur coloré et solution tampon
•Un indicateur coloré est lui-même un couple acide-base : sa ZONE DE VIRAGE vaut environ pKA±1.
•Pour être utilisable, cette zone doit être ENTIÈREMENT contenue dans le saut de pH du titrage : c'est le seul critère de choix.
•Une solution TAMPON est un mélange d'un acide faible et de sa base conjuguée en quantités comparables : son pH vaut alors environ le pKA.
•Elle est efficace sur pKA±1, et elle AMORTIT les variations de pH; elle ne les annule pas.
Même origine, même largeur : la zone de virage d'un indicateur et le domaine d'un tampon s'étendent sur environ pKA±1 autour du pKA de leur couple.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Lire le pKa à l'envers
1 point, et toutes les comparaisons de l'exercice sont inversées
Ce qu'il ne faut pas écrire
« L'acide éthanoïque a un pKA de 4,75 et l'ion ammonium de 9,2 : l'ion ammonium est donc l'acide le plus fort. »
Ce qu'il faut écrire
« Plus le pKA est PETIT, plus l'acide est fort : l'acide éthanoïque, avec 4,75, est nettement plus fort que l'ion ammonium, avec 9,2. »
Sur l'axe des pKA, l'acide le plus fort est le plus à GAUCHE : 4,75 contre 9,2, soit une constante d'acidité près de 30000 fois plus grande.
Pourquoi : Le pKA est l'OPPOSÉ d'un logarithme : un KA grand, donc un acide fort, donne un pKA petit. C'est exactement la même inversion que pour le pH, où un pH petit signifie beaucoup d'ions oxonium.
2.Écrire un pH de 7 à l'équivalence quel que soit le titrage
1 à 2 points, et le choix de l'indicateur devient faux
Ce qu'il ne faut pas écrire
« À l'équivalence du titrage de l'acide éthanoïque par la soude, le pH vaut 7. »
Ce qu'il faut écrire
« À l'équivalence il ne reste que l'ion éthanoate, base faible, qui rend le milieu basique : pHE≈8,2. Le pH de 7 ne vaut que pour un acide FORT titré par une base FORTE. »
Deux titrages par la même base, deux points d'équivalence distincts, à 7 et à 8,2. Après l'équivalence les deux courbes se confondent : c'est la soude en excès qui impose le pH.
Pourquoi : À l'équivalence, la solution contient la base conjuguée de l'acide titré. Si cet acide est faible, sa base conjuguée ne l'est pas assez pour être spectatrice : elle réagit avec l'eau et fait monter le pH.
3.Confondre l'équivalence et la demi-équivalence
toute la question, avec un pKA de plus de trois unités trop grand
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le volume équivalent vaut 20mL, donc le pKA se lit sur la courbe à cette abscisse. »
Ce qu'il faut écrire
« Le pKA se lit à la DEMI-équivalence, soit pour V=10mL : c'est là que [A−]=[AH]. À l'équivalence, on lit le volume, pas le pKA. »
En vert, la bonne lecture : à VE/2=10 mL, le pH vaut le pKA, 4,75. En rouge, la lecture à l'équivalence : 8,2, plus de trois unités trop haut.
Pourquoi : Les deux points remarquables ne servent pas à la même chose : l'équivalence donne une CONCENTRATION en abscisse, la demi-équivalence donne un pKA en ordonnée. On lit deux axes différents.
4.Choisir un indicateur dont la zone de virage sort du saut
1 à 2 points, et un volume équivalent expérimental faux
Ce qu'il ne faut pas écrire
« On utilise l'hélianthine, de zone de virage 3,1 à 4,4, pour titrer l'acide éthanoïque par la soude. »
Ce qu'il faut écrire
« Le saut de pH va d'environ 7 à 10 : l'hélianthine vire trop tôt, bien avant l'équivalence. Il faut la phénolphtaléine, de zone 8,2 à 10, entièrement contenue dans le saut. »
Deux bandes de virage tracées sur le même titrage : celle du haut est traversée par le saut, celle du bas est franchie bien avant l'équivalence. Seule la première désigne le bon volume.
Pourquoi : L'indicateur change de couleur quand le pH traverse sa zone. Si celle-ci est hors du saut, le virage a lieu à un volume qui n'est pas le volume équivalent, et l'erreur peut atteindre plusieurs millilitres.
5.Confondre la concentration et la force d'un acide
1 point, systématiquement sur une question de vocabulaire
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Cette solution a un pH de 1, l'acide qu'elle contient est donc très fort. »
Ce qu'il faut écrire
« Un pH de 1 peut venir d'un acide fort dilué OU d'un acide faible très concentré. La force se lit sur le pKA, la concentration sur la quantité apportée : ce sont deux propriétés indépendantes. »
À droite, l'acide est faible, ses molécules restent presque toutes entières, mais il est si concentré qu'il libère plus d'ions oxonium qu'à gauche : pH plus bas. Schéma qualitatif.
Pourquoi : Fort et faible décrivent la DISSOCIATION, concentré et dilué décrivent la QUANTITÉ. Une solution d'acide éthanoïque à 1mol⋅L−1 a un pH de 2,4, plus bas qu'une solution d'acide chlorhydrique à 10−3mol⋅L−1, dont le pH vaut 3.
6.Croire qu'un tampon bloque totalement le pH
1 point d'interprétation
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La solution est tamponnée, donc son pH ne change pas quand on ajoute de l'acide. »
Ce qu'il faut écrire
« Une solution tampon AMORTIT les variations de pH : celui-ci varie peu tant que les deux formes du couple restent en quantités comparables. Il finit par varier fortement une fois l'une des deux consommée. »
Tant qu'il reste de l'ion éthanoate, le pH glisse lentement sous 4,75 ; la réserve épuisée, à 10 mL, il chute comme dans l'eau pure. Le tampon amortit, il ne bloque pas.
Pourquoi : Le tampon fonctionne par consommation : l'acide ajouté réagit avec la base conjuguée présente. Tant qu'il en reste, le rapport des deux formes bouge peu et le logarithme encore moins. Quand la réserve est épuisée, l'amortissement cesse brutalement.
7.Appliquer pH=−logc à un acide faible
toute la question, avec plus d'une unité de pH d'écart
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La solution d'acide éthanoïque est à 10−2mol⋅L−1, donc son pH vaut 2. »
Ce qu'il faut écrire
« Cette formule ne vaut que pour un acide FORT, totalement dissocié. Pour un acide faible, il faut résoudre c−xx2=KA : ici x=4,1×10−4 et pH=3,4. »
Pourquoi : Un acide faible ne libère qu'une petite fraction de ses protons : ici 4%. Sa concentration en ions oxonium est donc bien inférieure à sa concentration apportée, et son pH bien plus élevé que −logc.
8.Chercher l'équivalence conductimétrique ailleurs qu'à la rupture de pente
1 point, et un volume équivalent lu à côté
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le volume équivalent correspond au minimum de la conductivité. »
Ce qu'il faut écrire
« Le volume équivalent est à la RUPTURE DE PENTE, c'est-à-dire à l'intersection des deux segments de droite. Ce point n'est un minimum que dans certains titrages, et pas dans le cas général. »
À gauche la rupture de pente tombe sur un minimum ; à droite la conductivité ne fait que croître et son minimum est au départ. Le volume équivalent est toujours à la rupture de pente.
Pourquoi : La conductivité varie linéairement de part et d'autre de l'équivalence, avec deux pentes différentes selon les ions présents. Le point anguleux marque le changement d'espèce majoritaire, qu'il corresponde ou non à un minimum.
9.Oublier la dilution en calculant une concentration après mélange
1 point, et un facteur 2 sur le pH à l'équivalence
Ce qu'il ne faut pas écrire
« On mélange 20mL d'acide à 10−2 et 20mL de base : la concentration en base conjuguée formée vaut 10−2mol⋅L−1. »
Ce qu'il faut écrire
« Le volume total est de 40mL : la quantité de 2×10−4mol formée donne une concentration de 40×10−32×10−4=5×10−3mol⋅L−1. »
Pourquoi : Un titrage est un mélange : les volumes s'ajoutent. Raisonner en QUANTITÉ DE MATIÈRE puis diviser par le volume TOTAL évite systématiquement cette erreur.
Quelle méthode choisir
Quel pH à l'équivalence, selon les réactifs
On regarde la nature de l'acide et celle de la base, puis on se demande ce qui RESTE dans le bécher à l'équivalence.
Si acide fort titré par base forte → il ne reste que des ions spectateurs : pHE=7 à 25∘C
Exemple : acide chlorhydrique titré par la soude
Si acide faible titré par base forte → il reste la base conjuguée A−, qui rend le milieu BASIQUE : pHE>7
Exemple : acide éthanoïque titré par la soude, pHE≈8,2
Si base faible titrée par acide fort → il reste l'acide conjugué, qui rend le milieu ACIDE : pHE<7
Exemple : ammoniac titré par l'acide chlorhydrique, pHE≈5,3
Si l'énoncé demande de choisir un indicateur → prendre celui dont la zone de virage est ENTIÈREMENT dans le saut, au plus près de pHE
Phénolphtaléine pour un acide faible titré par une base forte, rouge de méthyle, de 4,2 à 6,2, pour une base faible titrée par un acide fort.
Si l'énoncé demande le pKA du couple → lire l'ordonnée à la DEMI-équivalence, c'est-à-dire pour V=2VE
Si l'énoncé demande la concentration de la solution titrée → relation d'équivalence cAVA=cBVE, en respectant les coefficients si la réaction n'est pas de un pour un
Le raisonnement est toujours le même : identifier l'espèce qui reste seule dans le bécher à l'équivalence, puis se demander si elle est acide, basique ou spectatrice. Aucune formule n'est à retenir.
Quelle relation employer selon la question
Presque tout se déduit de la relation maîtresse. Ce que l'énoncé fournit décide de la façon de l'employer.
Si on connaît le pH et le pKA, on cherche le rapport des formes → [AH][A−]=10pH−pKA
Exemple : un écart d'une unité donne un rapport de 10
Si on connaît le pH et on demande la forme prédominante → diagramme de prédominance : forme acide si pH<pKA, forme basique sinon
Si on part d'un acide faible seul en solution → tableau d'avancement et c−xx2=KA, puis pH=−logx
L'approximation x=KAc n'est valable que si le taux de dissociation reste faible.
Si on part d'une base faible seule en solution → on écrit sa réaction avec l'eau, de constante KAKe, on résout pour x=[HO−], puis [H3O+]=xKe et pH=−log[H3O+]
La constante de basicité KB et le pOH ne sont pas au programme : KA et Ke suffisent.
Si on mélange un acide faible et sa base conjuguée → c'est un TAMPON : pH=pKA+lognAHnA−, les volumes se simplifiant
Exemple : quantités égales donnent pH=pKA
Si on exploite une courbe de titrage → équivalence pour la concentration, demi-équivalence pour le pKA, saut pour l'indicateur
Dans un tampon, les quantités de matière suffisent : le volume est le même pour les deux formes et se simplifie dans le rapport. C'est ce qui rend le calcul immédiat.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Exploiter une courbe de titrage pH-métrique
Quand l'utiliser : L'exercice central du chapitre : une courbe est fournie, plusieurs grandeurs sont à en tirer.
1Écrire l'équation de la réaction de titrage et vérifier qu'elle est TOTALE : c'est la condition de validité de la méthode.
2Repérer le volume équivalent par la méthode des tangentes ou le maximum de la dérivée, et l'écrire avec son incertitude de lecture.
3Appliquer la relation d'équivalence cAVA=cBVE pour la concentration cherchée, en respectant les coefficients.
4Lire l'ordonnée à la DEMI-équivalence pour obtenir le pKA, et le comparer à une table pour identifier l'acide.
5Lire le pH à l'équivalence et l'interpréter : basique confirme un acide faible, neutre un acide fort.
6Choisir l'indicateur dont la zone de virage est incluse dans le saut, et le justifier par les deux bornes.
Phrase de conclusion
Le volume équivalent vaut VE=20,0mL, d'où cA=VAcBVE=1,0×10−2mol⋅L−1; la lecture à la demi-équivalence donne pKA=4,75, ce qui identifie le couple acide éthanoïque et ion éthanoate.
Le piège : Lire le pKA à l'équivalence. C'est la demi-équivalence qui donne cette lecture, et l'écart entre les deux valeurs dépasse ici trois unités de pH.
Barème : 1 point pour l'équation de titrage, 1 point pour le volume équivalent, 1 point pour la concentration, 1 point pour le pKA, 1 point pour l'indicateur justifié.
Déterminer le pH d'une solution tampon
Quand l'utiliser : L'énoncé donne un mélange d'un acide faible et de sa base conjuguée, ou demande d'en préparer un.
1Identifier le couple et son pKA, en le citant depuis la table de l'énoncé.
2Calculer les QUANTITÉS de matière de chaque forme, en moles, plutôt que les concentrations.
3Vérifier que les deux quantités sont comparables : c'est la condition pour parler de tampon.
4Appliquer pH=pKA+lognAHnA−, le volume se simplifiant dans le rapport.
5Vérifier que le pH obtenu tombe dans l'intervalle pKA±1, domaine d'efficacité du tampon.
6Conclure en précisant que le tampon amortit les variations de pH, sans les supprimer.
Phrase de conclusion
Avec nA−=2,0×10−3mol et nAH=1,0×10−3mol, on obtient pH=4,75+log2=5,05, valeur bien comprise dans le domaine d'efficacité du tampon.
Le piège : Diviser des concentrations sans remarquer que le volume est commun. Le calcul reste juste, mais il est deux fois plus long et introduit une occasion d'erreur pour rien.
Barème : 0,5 point pour le couple identifié, 1 point pour les quantités, 1 point pour la relation appliquée, 0,5 point pour la vérification du domaine.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Contrôler la cohérence du pH avec la prédominance
Comparer le pH trouvé au pKA : si le pH est plus petit, la forme acide doit être majoritaire dans le tableau d'avancement, et réciproquement.
Un pH de 3,4 pour un pKA de 4,75 : l'acide domine, ce qui est cohérent avec un taux de dissociation de seulement 4%.
Vérifier que le pH d'un acide faible dépasse celui d'un acide fort
À concentration égale, un acide faible donne toujours un pH PLUS ÉLEVÉ qu'un acide fort. Un résultat inférieur à −logc est impossible.
Pour c=10−2, un acide faible ne peut pas avoir un pH inférieur à 2; s'il en sort 1,8, le calcul est faux.
Recalculer la concentration à l'équivalence avec le volume total
Toujours passer par les quantités de matière puis diviser par le volume du MÉLANGE. Un facteur 2 d'écart signale l'oubli de la dilution.
2×10−4mol dans 40mL donnent 5×10−3mol⋅L−1, pas 10−2.
Situer le pH d'équivalence par rapport à 7
Acide faible titré par base forte : au-dessus de 7. Base faible titrée par acide fort : en dessous. Un résultat du mauvais côté révèle une erreur d'espèce restante.
Un pHE de 5,8 annoncé pour un titrage d'acide éthanoïque par la soude : impossible, il doit être basique.
Vérifier la place du pH d'équivalence dans la zone de virage
La zone de virage doit rester dans le saut et contenir le pH d'équivalence, au besoin sur l'une de ses bornes. Deux bornes à comparer, dix secondes de contrôle.
Phénolphtaléine, 8,2 à 10, pour un pHE de 8,2 : le pH d'équivalence tombe sur la borne basse, pas au coeur de la zone ; comme toute la zone tient dans le saut, de 7 à 10, l'indicateur convient et rosit dès l'équivalence.
L'exercice type décortiqué
Un titrage pH-métrique complet, comme au baccalauréat
On titre VA=20,0mL d'une solution d'acide éthanoïque de concentration inconnue par une solution d'hydroxyde de sodium de concentration cB=1,0×10−2mol⋅L−1. Le saut de pH est observé pour VE=20,0mL, et le pH y vaut 8,2.
1. Écrire l'équation de la réaction de titrage. 2. Déterminer la concentration de la solution d'acide. 3. Déterminer le pKA du couple. 4. Justifier que le pH à l'équivalence est supérieur à 7. 5. Choisir un indicateur coloré parmi l'hélianthine, de zone 3,1 à 4,4, et la phénolphtaléine, de zone 8,2 à 10.
Le montage de l'exemple : la soude de concentration connue dans la burette, 20,0 mL d'acide éthanoïque de concentration inconnue dans le bécher, le pH relevé à chaque ajout.
Étape 1
CH3COOH+HO−→CH3COO−+H2O. La constante de cette réaction vaut KeKA≈1,8×109 : elle est totale, ce qui autorise le titrage.
Pourquoi
Une réaction de titrage doit être TOTALE, rapide et unique. Le calcul de sa constante, même approximatif, est ce qui le justifie, et il vaut souvent un demi-point.
Étape 2
À l'équivalence, nA=nB, donc cAVA=cBVE. D'où cA=VAcBVE=20,01,0×10−2×20,0=1,0×10−2mol⋅L−1.
Pourquoi
La relation d'équivalence traduit la stoechiométrie un pour un de l'équation. Les volumes peuvent rester en millilitres puisqu'ils apparaissent en rapport, ce qui évite une conversion inutile.
Étape 3
À la demi-équivalence, V=2VE=10,0mL : la moitié de l'acide a été transformée, donc [CH3COO−]=[CH3COOH]. La relation maîtresse donne alors pH=pKA, et la lecture graphique fournit pKA=4,75.
Pourquoi
On explique POURQUOI la lecture est possible avant de lire : c'est l'égalité des deux concentrations qui annule le logarithme. Sans cette phrase, la lecture paraît magique et perd son point.
Étape 4
À l'équivalence, il ne reste dans le bécher que l'ion éthanoate, base faible, et les ions sodium, spectateurs. L'ion éthanoate réagit avec l'eau : CH3COO−+H2O=CH3COOH+HO−, ce qui libère des ions hydroxyde et rend le milieu basique.
Pourquoi
Le raisonnement est qualitatif et suffit : on identifie l'espèce restante, on écrit sa réaction avec l'eau, on conclut sur le caractère basique. Aucun calcul n'est demandé.
Étape 5
Vérification numérique : [CH3COO−]=40,0×10−32,0×10−4=5,0×10−3mol⋅L−1. La réaction de l'ion éthanoate avec l'eau a pour constante KAKe=5,6×10−10, d'où [HO−]≈KAKec≈1,7×10−6mol⋅L−1, puis [H3O+]=[HO−]Ke≈6,0×10−9mol⋅L−1 et pH≈8,2, conforme à la mesure.
Pourquoi
Le volume total est de 40mL, pas de 20 : c'est là que se perd le facteur 2. Retrouver la valeur mesurée valide d'un coup la concentration, le pKA et le raisonnement.
Étape 6
Choix de l'indicateur : le saut de pH s'étend d'environ 7 à 10. L'hélianthine vire entre 3,1 et 4,4, donc bien AVANT l'équivalence : elle ne convient pas. La phénolphtaléine vire entre 8,2 et 10, zone contenue dans le saut et qui commence exactement à pHE=8,2 : c'est elle qu'il faut utiliser.
Pourquoi
On compare les deux bornes de la zone aux deux bornes du saut, et on conclut sur chacun des deux indicateurs. Une réponse qui n'écarte pas explicitement le mauvais perd la moitié du point.
Étape 7
Contrôle final : le taux de dissociation de l'acide avant tout ajout vaut τ=cx≈4%, cohérent avec un acide faible de pKA=4,75 à 10−2mol⋅L−1, et le pH initial lu sur la courbe, environ 3,4, le confirme.
Pourquoi
Le début de la courbe contient une information souvent ignorée : le pH initial. Il permet de vérifier la concentration trouvée par une seconde voie, entièrement indépendante de l'équivalence.
Conclusion rédigée
Le titrage donne cA=1,0×10−2mol⋅L−1 pour la solution d'acide éthanoïque, un pKA de 4,75 lu à la demi-équivalence, un pH d'équivalence basique de 8,2 dû à l'ion éthanoate formé, et impose la phénolphtaléine comme indicateur coloré.
L'erreur classique sur cet exercice : Lire le pKA à l'équivalence, ce qui donnerait 8,2 au lieu de 4,75. L'acide serait alors pris pour un acide près de trois mille fois plus faible que l'acide éthanoïque, et le choix de l'indicateur suivrait la même erreur.
À savoir par cœur
•Plus le pKA est PETIT, plus l'acide est fort.
•pH=pKA+log[AH][A−] : une unité d'écart, un rapport de 10.
•Prédominance : forme acide si pH<pKA, forme basique si pH>pKA.
•Équivalence : cAVA=cBVE, lecture en ABSCISSE. Demi-équivalence : pH=pKA, lecture en ORDONNÉE.
•pHE=7 SEULEMENT pour fort contre fort. Basique pour acide faible, acide pour base faible.
•Indicateur : sa zone de virage doit être ENTIÈREMENT dans le saut de pH.
•Tampon : acide faible et base conjuguée en quantités comparables, pH≈pKA, efficace sur pKA±1. Il amortit, il n'annule pas.
•pH=−logc ne vaut que pour un acide FORT. Pour un faible, résoudre c−xx2=KA.
•Dans un mélange, les volumes s'AJOUTENT : passer par les quantités de matière.
•Diagramme de distribution : les courbes des deux formes se croisent à 50% en pH=pKA. Une espèce amphotère, acide d'un couple et base d'un autre, prédomine entre ses deux pKA.
Questions fréquentes
Un pKa élevé signifie-t-il un acide fort ?
Non, c'est l'inverse. Le pKa est l'opposé du logarithme de la constante d'acidité : plus il est petit, plus la constante est grande et plus l'acide est fort. L'acide éthanoïque, avec un pKa de quatre virgule sept cinq, est ainsi bien plus fort que l'ion ammonium, dont le pKa vaut neuf virgule deux.
Le pH vaut-il toujours 7 à l'équivalence d'un titrage ?
Non, seulement pour un acide fort titré par une base forte. Si l'acide est faible, il reste à l'équivalence sa base conjuguée, qui réagit avec l'eau et rend le milieu basique. Si l'on titre une base faible par un acide fort, c'est l'inverse et le pH d'équivalence est acide.
Où lit-on le pKa sur une courbe de titrage ?
À la demi-équivalence, c'est-à-dire pour un volume versé égal à la moitié du volume équivalent. À cet instant, la moitié de l'acide a réagi, donc les deux formes du couple sont en quantités égales et le pH vaut exactement le pKa. L'équivalence, elle, sert à lire un volume, pas un pKa.
Comment choisir un indicateur coloré pour un titrage ?
Sa zone de virage doit être entièrement contenue dans le saut de pH, et contenir le pH d'équivalence ou en être la plus proche. Pour un acide faible titré par une base forte, où le pH d'équivalence est basique, on prend la phénolphtaléine. Pour une base faible titrée par un acide fort, où il vaut environ 5,3, on prend le rouge de méthyle, qui vire entre 4,2 et 6,2.
Quelle différence entre un acide fort et un acide concentré ?
Fort décrit la dissociation : l'acide libère la totalité de ses protons. Concentré décrit la quantité apportée par litre. Les deux sont indépendants : une solution diluée d'acide fort peut avoir un pH plus élevé qu'une solution très concentrée d'acide faible. La force se lit sur le pKa, la concentration sur l'étiquette.
Une solution tampon empêche-t-elle le pH de varier ?
Elle l'amortit, elle ne le bloque pas. Tant que les deux formes du couple restent présentes en quantités comparables, un ajout d'acide ou de base ne modifie le pH que de quelques dixièmes. Mais dès que l'une des deux formes est épuisée, l'effet tampon cesse et le pH varie brutalement.
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Exercices corrigés : Acide-base, pKa et titrages
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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