Spécialité physique-chimie, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : équilibre chimique et évolution spontanée (Terminale spécialité)

Voici une série d'exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur l'équilibre chimique et l'évolution spontanée, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

La distinction qui structure toute la série est celle entre le quotient de réaction, qui varie au cours de la transformation, et la constante d'équilibre, qui n'en dépend jamais. Ajouter un réactif change le premier, jamais la seconde, et c'est précisément parce que la seconde est fixe que le système est contraint d'évoluer.

L'exercice 7 est celui qui corrige l'idée la plus répandue : une constante de 140 semble grande, et pourtant le taux d'avancement final n'y atteint que 32 pour cent. Une constante ne se lit jamais isolément.

Le programme en vigueur applique le quotient de réaction aux piles et aux réactions acide-base dans l'eau. Les exercices 8, 13, 14 et 15, qui portent sur la solubilité d'un solide, la précipitation et le partage d'un soluté entre deux solvants, dépassent ce programme : ils restent en ligne comme approfondissements et le signalent en dernière ligne de leur énoncé. Le principe de modération n'est pas au programme non plus : partout, on compare QrQ_{r} à KK.

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Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (9 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Atomes, molécules et transformations chimiquesQuatrième
  2. 2Ions, pH, acides et basesTroisième
  3. 3Constitution de la matièreSeconde
  4. 4L'atome et la classification périodiqueSeconde
  5. 5Molécules, mole et quantité de matièreSeconde
  6. 6Équations, avancement et réactif limitantSeconde
  7. 7Entités chimiques et transformationsSeconde
  8. 8Avancement et dosagesPremière
  9. 9Oxydo-réduction et titragesPremière

Rappel de cours

  • • Quotient de réaction : produit des concentrations des produits sur celles des réactifs, chacune élevée à son coefficient et rapportée à c∘=1 mol/Lc^{\circ}=1\ \mathrm{mol/L}. Sans unité. Solvant et solides purs n'y figurent pas.
  • • Critère d'évolution : Qr,i<KQ_{r,i}<K donne le sens direct, Qr,i>KQ_{r,i}>K le sens indirect. Dans les deux cas QrQ_{r} tend vers KK.
  • • Constante d'équilibre : ne dépend QUE de la réaction et de la température. Ni un ajout de réactif, ni un catalyseur, ni la composition initiale ne la modifient.
  • • Taux d'avancement final : τ=xfxmax⁡\tau=\dfrac{x_{f}}{x_{\max}}. Une grande valeur de KK n'entraîne pas un τ\tau proche de 1 : tout dépend des concentrations employées.
  • • Acide faible : x2c−x=KA\dfrac{x^{2}}{c-x}=K_{A}, équation du second degré. Diluer augmente le taux d'avancement, c'est la loi de dilution d'Ostwald.
  • • Équilibre dynamique : à l'échelle microscopique les deux réactions continuent à vitesses égales ; seule l'échelle macroscopique paraît figée.
  • • Déplacer un équilibre : un ajout ou un retrait change QrQ_{r}, jamais KK ; on compare alors QrQ_{r} à KK pour prévoir le sens. Excès d'un réactif, ou élimination continue d'un produit, qui seule permet d'approcher 100 pour cent.
  • • Approfondissement hors programme, exercices 8 et 13 : pour un solide de type AB, Ks=s2K_{s}=s^{2} dans l'eau pure, et un ion commun réduit la solubilité. Au programme, retenez seulement qu'un solide pur ne figure pas dans QrQ_{r}.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Écrire un quotient de réaction

Le quotient de réaction QrQ_{r} d'un système est défini à partir des concentrations des espèces DISSOUTES, chacune divisée par la concentration de référence c∘=1 mol/Lc^{\circ}=1\ \mathrm{mol/L}, et élevée à la puissance de son coefficient stœchiométrique.

Les solvants, les solides et les gaz n'y figurent pas dans le cadre du programme.

Approfondissement pour la question c) : les équilibres de dissolution d'un solide ionique ne sont pas au programme de Terminale, qui applique le quotient de réaction aux piles et aux réactions acide-base dans l'eau. La règle qu'elle illustre, un solide pur n'apparaît pas dans QrQ_{r}, reste exigible.

  • a) Écrivez QrQ_{r} pour la réaction CH3COOH+H2O⇌CH3COO−+H3O+\mathrm{CH_{3}COOH+H_{2}O\rightleftharpoons CH_{3}COO^{-}+H_{3}O^{+}}.
  • b) Justifiez l'absence de l'eau dans cette expression.
  • c) Écrivez QrQ_{r} pour la dissolution BaSO4(s)⇌Ba2++SO42−\mathrm{BaSO_{4(s)}\rightleftharpoons Ba^{2+}+SO_{4}^{2-}}, et expliquez l'absence du solide.
  • d) Écrivez QrQ_{r} pour Fe3++SCN−⇌FeSCN2+\mathrm{Fe^{3+}+SCN^{-}\rightleftharpoons FeSCN^{2+}}.
  • e) Le quotient de réaction a-t-il une unité ? Que devient-il à l'équilibre ?

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Réponses

  • a) Qr=[CH3COO−][H3O+][CH3COOH] c∘Q_{r}=\dfrac{[\mathrm{CH_{3}COO^{-}}][\mathrm{H_{3}O^{+}}]}{[\mathrm{CH_{3}COOH}]\,c^{\circ}}
  • b) Solvant en large excès
  • c) Qr=[Ba2+][SO42−](c∘)2Q_{r}=\dfrac{[\mathrm{Ba^{2+}}][\mathrm{SO_{4}^{2-}}]}{(c^{\circ})^{2}} ; solide pur absent
  • d) Qr=[FeSCN2+] c∘[Fe3+][SCN−]Q_{r}=\dfrac{[\mathrm{FeSCN^{2+}}]\,c^{\circ}}{[\mathrm{Fe^{3+}}][\mathrm{SCN^{-}}]}
  • e) Sans unité ; Qr=KQ_{r}=K à l'équilibre

a) Qr=[CH3COO−][H3O+][CH3COOH]×c∘Q_{r}=\dfrac{\left[\mathrm{CH_{3}COO^{-}}\right]\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right]}{\left[\mathrm{CH_{3}COOH}\right]\times c^{\circ}}, les concentrations étant rapportées à c∘=1 mol/Lc^{\circ}=1\ \mathrm{mol/L}.

b) L'eau est ici le SOLVANT. Elle est présente en très large excès, de l'ordre de 55 mol/L55\ \mathrm{mol/L}, si bien que sa consommation par la réaction ne modifie pratiquement pas sa quantité. Sa contribution est donc constante et se trouve absorbée dans la définition de la constante.

c) Qr=[Ba2+][SO42−](c∘)2Q_{r}=\dfrac{\left[\mathrm{Ba^{2+}}\right]\left[\mathrm{SO_{4}^{2-}}\right]}{\left(c^{\circ}\right)^{2}}. Le solide n'apparaît pas parce qu'un solide pur n'a pas de concentration au sens des espèces dissoutes : sa composition et sa masse volumique ne dépendent pas de la quantité présente. Un gros cristal et un petit cristal sont chimiquement identiques, donc leur présence n'influence pas QrQ_{r}.

d) Qr=[FeSCN2+]×c∘[Fe3+][SCN−]Q_{r}=\dfrac{\left[\mathrm{FeSCN^{2+}}\right]\times c^{\circ}}{\left[\mathrm{Fe^{3+}}\right]\left[\mathrm{SCN^{-}}\right]}.

e) Non, QrQ_{r} est SANS UNITÉ, précisément parce que chaque concentration est divisée par c∘c^{\circ}. C'est ce qui permet de le comparer à un nombre. À l'équilibre, il prend une valeur particulière qui ne dépend que de la réaction et de la température : c'est la constante d'équilibre KK. Insistons : QrQ_{r} varie au cours de la transformation, KK non.

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Exercice 2 : Prévoir le sens d'évolution

Un système chimique évolue spontanément dans le sens qui rapproche QrQ_{r} de KK. La comparaison de Qr,iQ_{r,i}, valeur initiale, avec KK suffit donc à prévoir le sens.

On étudie Fe3++SCN−⇌FeSCN2+\mathrm{Fe^{3+}+SCN^{-}\rightleftharpoons FeSCN^{2+}}, de constante K=1,4×102K=1{,}4\times 10^{2} à 25 ∘C25\ \mathrm{^{\circ}C}.

  • a) Énoncez le critère d'évolution spontanée dans les deux cas possibles.
  • b) On mélange les espèces de sorte que [Fe3+]=[SCN−]=2,0×10−3 mol/L\left[\mathrm{Fe^{3+}}\right]=\left[\mathrm{SCN^{-}}\right]=2{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L} et [FeSCN2+]=1,0×10−3 mol/L\left[\mathrm{FeSCN^{2+}}\right]=1{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}. Calculez Qr,iQ_{r,i}.
  • c) Déduisez-en le sens d'évolution du système.
  • d) Le complexe FeSCN2+\mathrm{FeSCN^{2+}} est rouge sang, les ions de départ sont presque incolores. Que va-t-on observer ?
  • e) Que se passerait-il si l'on avait exactement Qr,i=KQ_{r,i}=K ? Le système serait-il figé ?

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Réponses

  • a) Qr,i<KQ_{r,i}<K : direct ; Qr,i>KQ_{r,i}>K : indirect
  • b) Qr,i=2,5×102Q_{r,i}=2{,}5\times 10^{2}
  • c) Qr,i>KQ_{r,i}>K : sens indirect
  • d) Le rouge pâlit
  • e) Équilibre dynamique

a) Si Qr,i<KQ_{r,i}<K, le système évolue dans le sens DIRECT, celui de la formation des produits, ce qui fait croître QrQ_{r}. Si Qr,i>KQ_{r,i}>K, il évolue dans le sens INDIRECT, celui de la formation des réactifs, ce qui fait décroître QrQ_{r}. Dans les deux cas QrQ_{r} se rapproche de KK.

b) Qr,i=1,0×10−32,0×10−3×2,0×10−3=1,0×10−34,0×10−6=2,5×102Q_{r,i}=\dfrac{1{,}0\times 10^{-3}}{2{,}0\times 10^{-3}\times 2{,}0\times 10^{-3}}=\dfrac{1{,}0\times 10^{-3}}{4{,}0\times 10^{-6}}=2{,}5\times 10^{2}.

c) On compare : Qr,i=250Q_{r,i}=250 et K=140K=140, donc Qr,i>KQ_{r,i}>K. Le système évolue dans le sens INDIRECT : le complexe se dissocie partiellement et les ions Fe3+\mathrm{Fe^{3+}} et SCN−\mathrm{SCN^{-}} se reforment, jusqu'à ce que QrQ_{r} redescende à 140140.

d) La couleur rouge va PÂLIR, puisque le complexe coloré est consommé. C'est d'ailleurs ce qui rend ce système commode en travaux pratiques : le sens d'évolution, prévu par un calcul, se vérifie à l'oeil nu en quelques secondes.

e) Le système serait déjà à l'équilibre et n'évoluerait plus à l'échelle macroscopique : les concentrations resteraient constantes. Mais il ne serait nullement figé. À l'échelle microscopique, la réaction directe et la réaction inverse continuent de se produire, exactement à la même vitesse, si bien que leurs effets se compensent. C'est ce qu'on appelle un équilibre DYNAMIQUE, et l'on peut le prouver en introduisant des atomes marqués : on les retrouve répartis entre réactifs et produits, ce qui serait impossible si plus rien ne se passait.

Exercice 3 : Le taux d'avancement final d'un acide faible

On dissout de l'acide éthanoïque dans l'eau à la concentration c=1,0×10−2 mol/Lc=1{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}. La constante d'acidité vaut KA=1,8×10−5K_{A}=1{,}8\times 10^{-5}.

On note xx la concentration en ions oxonium à l'équilibre.

  • a) Dressez le tableau d'avancement en concentrations et exprimez QrQ_{r} à l'équilibre en fonction de xx et de cc.
  • b) Écrivez l'équation vérifiée par xx et résolvez-la.
  • c) Calculez le pH de la solution.
  • d) Calculez le taux d'avancement final et concluez sur le caractère de la transformation.
  • e) On dilue la solution dix fois. Le taux d'avancement final augmente-t-il ou diminue-t-il ? Justifiez qualitativement.

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Réponses

  • a) x2c−x=KA\dfrac{x^{2}}{c-x}=K_{A}
  • b) x=4,15×10−4x=4{,}15\times 10^{-4} mol/L
  • c) pH =3,38=3{,}38
  • d) τ=4,2\tau=4{,}2 % : transformation limitée
  • e) Il augmente (loi d'Ostwald)

a) À l'équilibre, [H3O+]=[CH3COO−]=x\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right]=\left[\mathrm{CH_{3}COO^{-}}\right]=x et [CH3COOH]=c−x\left[\mathrm{CH_{3}COOH}\right]=c-x. Donc Qr,eˊq=x2c−x=KAQ_{r,\mathrm{éq}}=\dfrac{x^{2}}{c-x}=K_{A}.

b) L'équation s'écrit x2+KAx−KAc=0x^{2}+K_{A}x-K_{A}c=0. Son discriminant vaut KA2+4KAc=(1,8×10−5)2+4×1,8×10−5×1,0×10−2=7,20×10−7K_{A}^{2}+4K_{A}c=\left(1{,}8\times 10^{-5}\right)^{2}+4\times 1{,}8\times 10^{-5}\times 1{,}0\times 10^{-2}=7{,}20\times 10^{-7}, dont la racine vaut 8,49×10−48{,}49\times 10^{-4}. La solution positive est x=−1,8×10−5+8,49×10−42=4,15×10−4 mol/Lx=\dfrac{-1{,}8\times 10^{-5}+8{,}49\times 10^{-4}}{2}=4{,}15\times 10^{-4}\ \mathrm{mol/L}.

c) pH=−log⁡(4,15×10−4)=3,38\mathrm{pH}=-\log\left(4{,}15\times 10^{-4}\right)=3{,}38.

d) Si la réaction était totale, on aurait xmax⁡=cx_{\max}=c. Donc τ=xc=4,15×10−41,0×10−2=4,2×10−2\tau=\dfrac{x}{c}=\dfrac{4{,}15\times 10^{-4}}{1{,}0\times 10^{-2}}=4{,}2\times 10^{-2}, soit 4,24{,}2 pour cent. La transformation est très loin d'être totale : plus de 9595 pour cent de l'acide reste sous forme moléculaire, ce qui est la définition même d'un acide faible.

e) Il AUGMENTE. Qualitativement, la dilution diminue toutes les concentrations, donc elle diminue QrQ_{r} davantage au numérateur, qui est un produit de deux concentrations, qu'au dénominateur qui n'en contient qu'une. Le quotient devient donc inférieur à KAK_{A}, et le système évolue dans le sens direct : l'acide se dissocie davantage. C'est la loi de dilution d'Ostwald, et elle explique qu'un acide faible très dilué se comporte presque comme un acide fort en proportion, tout en donnant un pH plus élevé en valeur absolue.

La figure du corrigé porte le taux d'avancement final en fonction du logarithme de la concentration, et elle transforme la réponse qualitative de e) en une courbe qu'on lit d'un coup d'œil. Le point marqué est celui de l'énoncé, c=1,0×10−2 mol/Lc=1{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L} pour un taux de 4,24{,}2 pour cent. En diluant, c'est-à-dire en allant vers la GAUCHE, le taux monte : 12,512{,}5 pour cent à 10−310^{-3}, 3434 pour cent à 10−410^{-4}, 7272 pour cent à 10−510^{-5}, et il tend vers 100100 pour cent aux très grandes dilutions. C'est la loi de dilution d'Ostwald. La raison est dans le quotient de réaction : KA=x2c−xK_{A}=\dfrac{x^{2}}{c-x} impose que si cc diminue, la seule façon de garder le quotient constant est que la PROPORTION dissociée augmente, le numérateur étant quadratique et le dénominateur linéaire. Deux mises en garde s'imposent. D'abord un acide faible très dilué se comporte presque comme un acide fort en termes de taux, mais son pH reste plus élevé, car il y a de toute façon très peu de matière : le taux et l'acidité ne se confondent pas. Ensuite KAK_{A} ne change JAMAIS au cours d'une dilution, seule la température le modifierait ; ce qui change, c'est l'état d'équilibre atteint, pas la constante qui le régit.

-6-5-4-3-2-1102030405060708090100log ctaux final (%)on dilue vers la gauchec = 10⁻² : 4,2 %

Exercice 4 : Deux chemins vers le même équilibre

Le graphique montre l'évolution du quotient de réaction de deux systèmes contenant les mêmes espèces, à la même température, mais préparés différemment. La constante d'équilibre de la réaction vaut K=4,0K=4{,}0.

204060801002468101214K = 4,0départ : réactifs seulsdépart : produits en excèsQrt
  • a) Identifiez lequel des deux systèmes part avec des réactifs seuls, et justifiez à partir de la valeur initiale de QrQ_{r}.
  • b) Pour chacun, précisez le sens d'évolution et justifiez par le critère.
  • c) Que constate-t-on sur les valeurs finales des deux systèmes ? Qu'est-ce que cela démontre au sujet de KK ?
  • d) La position finale dépend-elle du chemin suivi ? Et la durée pour l'atteindre ?
  • e) On ajoute un catalyseur au système partant des réactifs. Redessinez qualitativement sa courbe et justifiez.

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Réponses

  • a) Trait plein : Qr,i=0Q_{r,i}=0, réactifs seuls
  • b) 0<K0<K : direct ; 12>K12>K : indirect
  • c) Même valeur 4,04{,}0 : KK ne dépend pas de l'état initial
  • d) Position indépendante du chemin, durée non
  • e) Même départ et même palier, montée plus rapide

a) Le système représenté en trait plein part de Qr=0Q_{r}=0. Un quotient nul signifie un numérateur nul, donc aucune concentration de produit : ce système ne contient au départ que des réactifs. L'autre, en pointillés, part de Qr=12Q_{r}=12, valeur élevée qui traduit une forte proportion de produits.

b) Pour le premier, Qr,i=0<K=4,0Q_{r,i}=0<K=4{,}0, donc évolution dans le sens DIRECT : QrQ_{r} croît, les produits se forment. Pour le second, Qr,i=12>KQ_{r,i}=12>K, donc évolution dans le sens INDIRECT : QrQ_{r} décroît, les réactifs se reforment.

c) Les deux courbes convergent vers la MÊME valeur finale, Qr=4,0Q_{r}=4{,}0, matérialisée par la droite horizontale. Cela démontre que KK ne dépend ni de la composition initiale, ni du sens depuis lequel on approche l'équilibre : c'est une caractéristique de la réaction et de la température seulement.

d) La position finale ne dépend PAS du chemin suivi : c'est tout le sens de la question c). La durée, en revanche, en dépend, ainsi que des facteurs cinétiques : deux systèmes peuvent atteindre le même équilibre en des temps très différents. C'est la distinction fondamentale entre thermodynamique et cinétique.

e) La courbe partirait toujours de Qr=0Q_{r}=0 et arriverait toujours à 4,04{,}0, mais elle monterait BEAUCOUP PLUS VITE, atteignant le palier bien plus tôt. Un catalyseur ne change ni le point de départ, ni le point d'arrivée : il ne modifie que la rapidité du trajet, parce qu'il accélère la réaction directe et la réaction inverse dans la même proportion.

Exercice 5 : Déplacer un équilibre

Un système à l'équilibre peut être écarté de celui-ci par une modification extérieure. Il évolue alors dans le sens qui tend à s'opposer à cette modification.

On repart de l'équilibre Fe3++SCN−⇌FeSCN2+\mathrm{Fe^{3+}+SCN^{-}\rightleftharpoons FeSCN^{2+}}, de couleur rouge.

Au programme, un déplacement d'équilibre se raisonne en comparant QrQ_{r} à KK, comme aux questions a) et c). Le principe de modération, selon lequel le système « s'oppose à la perturbation », n'est pas au programme de Terminale : il résume le résultat, il ne le démontre pas. De même, le sens dans lequel la température déplace un équilibre (question e) est un approfondissement ; le programme retient seulement que KK dépend de la température.

  • a) On ajoute des ions SCN−\mathrm{SCN^{-}}. Calculez l'effet sur QrQ_{r} et déduisez-en le sens d'évolution.
  • b) Que va-t-on observer sur la couleur ?
  • c) On ajoute des ions oxalate, qui piègent les ions Fe3+\mathrm{Fe^{3+}} sous forme d'un complexe incolore très stable. Prévoyez l'évolution.
  • d) Un ajout de réactif modifie-t-il la valeur de KK ? Justifiez.
  • e) Quelle grandeur, et elle seule, modifie la valeur de KK ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) QrQ_{r} diminue : sens direct
  • b) Le rouge s'intensifie
  • c) Sens indirect : décoloration
  • d) Non : seules les concentrations changent
  • e) La température

a) Qr=[FeSCN2+][Fe3+][SCN−]Q_{r}=\dfrac{\left[\mathrm{FeSCN^{2+}}\right]}{\left[\mathrm{Fe^{3+}}\right]\left[\mathrm{SCN^{-}}\right]} : augmenter [SCN−]\left[\mathrm{SCN^{-}}\right] augmente le dénominateur, donc DIMINUE QrQ_{r}. On a alors Qr<KQ_{r}<K, et le système évolue dans le sens direct, celui de la formation du complexe.

b) La couleur rouge va S'INTENSIFIER, puisque le complexe rouge se forme davantage. On retrouve bien l'idée que le système s'oppose à la perturbation : on lui a ajouté des ions thiocyanate, il en consomme une partie.

c) Piéger les ions Fe3+\mathrm{Fe^{3+}} diminue leur concentration, donc diminue le dénominateur et AUGMENTE QrQ_{r} au-dessus de KK. Le système évolue dans le sens indirect : le complexe rouge se dissocie pour reformer des ions Fe3+\mathrm{Fe^{3+}}, qui sont à leur tour piégés. La solution se décolore, et si l'oxalate est en excès la décoloration est pratiquement totale.

d) Non, absolument pas. Ajouter un réactif change les CONCENTRATIONS, donc change QrQ_{r}, ce qui déclenche une évolution jusqu'à ce que QrQ_{r} retrouve la valeur KK. Mais KK elle-même est inchangée : c'est justement parce qu'elle est fixe que le système est contraint d'évoluer. Confondre les deux revient à supprimer tout pouvoir prédictif de la notion.

e) La TEMPÉRATURE, et elle seule dans le cadre du programme. Élever la température déplace l'équilibre dans le sens endothermique, l'abaisser dans le sens exothermique. Ni la pression, ni un catalyseur, ni un ajout d'espèce ne modifient KK.

La figure du corrigé suit le quotient de réaction avant et après la perturbation, et c'est le meilleur résumé du chapitre. Avant l'ajout, le système est à l'équilibre : QrQ_{r} vaut exactement K=140K=140 et n'évolue plus. À l'instant de l'ajout d'ions thiocyanate, QrQ_{r} CHUTE brutalement, ici de 140140 à 7070 pour un doublement de [SCN−]\left[\mathrm{SCN^{-}}\right], parce que cette concentration est au DÉNOMINATEUR du quotient. Le système se retrouve alors avec Qr<KQ_{r}<K et évolue donc dans le sens direct, ce qui consomme les réactifs, forme du complexe rouge et fait remonter QrQ_{r} jusqu'à sa valeur d'équilibre. Trois lectures à retenir sur cette courbe. La valeur finale est la MÊME qu'avant l'ajout, puisque KK n'a pas bougé : la droite horizontale est inchangée, seul le chemin diffère. La discontinuité est instantanée alors que le retour prend du temps, ce qui distingue clairement la perturbation, qui est un saut imposé de l'extérieur, de l'évolution, qui est spontanée et régie par la cinétique. Enfin l'équilibre est un état STABLE au sens mécanique du terme : écarté, le système y revient de lui-même, et c'est exactement le contenu du principe de modération.

255075100125150255075100125150175tQrK = 140ajout de SCN⁻

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 6 : L'estérification et sa limite

L'estérification acide+alcool⇌ester+eau\mathrm{acide+alcool\rightleftharpoons ester+eau} admet une constante d'équilibre K=4,0K=4{,}0 pour un alcool primaire, indépendante de la température.

On raisonnera en quantités de matière, le volume étant le même pour toutes les espèces et se simplifiant.

  • a) On part de 1,0 mol1{,}0\ \mathrm{mol} d'acide et 1,0 mol1{,}0\ \mathrm{mol} d'alcool. Exprimez QrQ_{r} à l'équilibre en fonction de l'avancement xx.
  • b) Résolvez et calculez le taux d'avancement final.
  • c) On part maintenant de 3,0 mol3{,}0\ \mathrm{mol} d'acide pour 1,0 mol1{,}0\ \mathrm{mol} d'alcool. Établissez l'équation du second degré vérifiée par xx et résolvez-la.
  • d) Calculez le nouveau taux d'avancement, rapporté au réactif limitant, et comparez.
  • e) On élimine l'eau au fur et à mesure de sa formation. Que devient le taux d'avancement final ? Justifiez à l'aide de QrQ_{r}.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) (x1−x)2=K\left(\dfrac{x}{1-x}\right)^{2}=K
  • b) x=0,67x=0{,}67 mol : 6767 %
  • c) 3x2−16x+12=03x^{2}-16x+12=0 : x=0,903x=0{,}903 mol
  • d) 9090 % contre 6767 %
  • e) Il tend vers 100100 %

a) À l'équilibre, il reste 1−x1-x d'acide et 1−x1-x d'alcool, et il s'est formé xx d'ester et xx d'eau. Donc Qr,eˊq=x×x(1−x)(1−x)=(x1−x)2=KQ_{r,\mathrm{éq}}=\dfrac{x\times x}{(1-x)(1-x)}=\left(\dfrac{x}{1-x}\right)^{2}=K.

b) En prenant la racine carrée, les quantités étant positives : x1−x=4,0=2,0\dfrac{x}{1-x}=\sqrt{4{,}0}=2{,}0, donc x=2,0−2,0xx=2{,}0-2{,}0x et 3,0x=2,03{,}0x=2{,}0, d'où x=0,67 molx=0{,}67\ \mathrm{mol}. Comme xmax⁡=1,0x_{\max}=1{,}0, le taux vaut τ=0,67\tau=0{,}67, soit 6767 pour cent. C'est la valeur classique de l'estérification équimolaire avec un alcool primaire.

c) Il reste 3−x3-x d'acide et 1−x1-x d'alcool, donc x2(3−x)(1−x)=4,0\dfrac{x^{2}}{(3-x)(1-x)}=4{,}0. En développant : x2=4(3−4x+x2)x^{2}=4\left(3-4x+x^{2}\right), soit 3x2−16x+12=03x^{2}-16x+12=0. Le discriminant vaut 256−144=112256-144=112, de racine 10,5810{,}58. Les solutions sont 16±10,586\dfrac{16\pm 10{,}58}{6}, soit 0,9030{,}903 et 4,434{,}43. Seule la première est acceptable, la seconde dépassant la quantité d'alcool disponible.

d) Le réactif limitant est l'alcool, avec xmax⁡=1,0 molx_{\max}=1{,}0\ \mathrm{mol}. Donc τ=0,9031,0=90\tau=\dfrac{0{,}903}{1{,}0}=90 pour cent, contre 6767 pour cent auparavant. Tripler la quantité d'acide a donc fait gagner vingt-trois points de rendement, sans changer KK ni la nature de la réaction : on a simplement déplacé l'équilibre en saturant le milieu d'un des réactifs.

e) Le taux tend vers 100100 pour cent. En retirant l'eau en continu, on maintient son terme au numérateur de QrQ_{r} artificiellement bas, donc QrQ_{r} reste en permanence inférieur à KK. Le système n'atteint jamais l'équilibre et continue d'évoluer dans le sens direct tant qu'il reste des réactifs. C'est le principe du montage de Dean-Stark, et c'est le seul des deux leviers qui permette d'approcher la transformation totale.

Exercice 7 : Un système hors équilibre

On reprend Fe3++SCN−⇌FeSCN2+\mathrm{Fe^{3+}+SCN^{-}\rightleftharpoons FeSCN^{2+}} avec K=1,4×102K=1{,}4\times 10^{2}.

On prépare un mélange où [Fe3+]i=5,0×10−3 mol/L\left[\mathrm{Fe^{3+}}\right]_{i}=5{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}, [SCN−]i=5,0×10−3 mol/L\left[\mathrm{SCN^{-}}\right]_{i}=5{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L} et [FeSCN2+]i=0\left[\mathrm{FeSCN^{2+}}\right]_{i}=0.

  • a) Calculez Qr,iQ_{r,i} et prévoyez le sens d'évolution.
  • b) Dressez le tableau d'avancement en concentrations, en notant yy la concentration de complexe formée à l'équilibre.
  • c) Écrivez l'équation vérifiée par yy à l'équilibre.
  • d) On admet que y=1,6×10−3 mol/Ly=1{,}6\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L} est solution. Vérifiez-le, puis calculez les concentrations finales des trois espèces.
  • e) Calculez le taux d'avancement final et commentez au regard de la valeur de KK.

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Réponses

  • a) Qr,i=0<KQ_{r,i}=0<K : sens direct
  • b) 5,0×10−3−y5{,}0\times 10^{-3}-y ; 5,0×10−3−y5{,}0\times 10^{-3}-y ; yy
  • c) y(5,0×10−3−y)2=1,4×102\dfrac{y}{(5{,}0\times 10^{-3}-y)^{2}}=1{,}4\times 10^{2}
  • d) 3,4×10−33{,}4\times 10^{-3} et 1,6×10−31{,}6\times 10^{-3} mol/L
  • e) τ=32\tau=32 % malgré K=140K=140

a) Le complexe étant initialement absent, le numérateur est nul et Qr,i=0Q_{r,i}=0. Comme 0<K0<K, le système évolue dans le sens DIRECT : le complexe se forme.

b) À l'équilibre : [Fe3+]=5,0×10−3−y\left[\mathrm{Fe^{3+}}\right]=5{,}0\times 10^{-3}-y, [SCN−]=5,0×10−3−y\left[\mathrm{SCN^{-}}\right]=5{,}0\times 10^{-3}-y et [FeSCN2+]=y\left[\mathrm{FeSCN^{2+}}\right]=y, les coefficients valant tous 1.

c) y(5,0×10−3−y)2=1,4×102\dfrac{y}{\left(5{,}0\times 10^{-3}-y\right)^{2}}=1{,}4\times 10^{2}.

d) Avec y=1,6×10−3y=1{,}6\times 10^{-3} : 5,0×10−3−1,6×10−3=3,4×10−35{,}0\times 10^{-3}-1{,}6\times 10^{-3}=3{,}4\times 10^{-3}, dont le carré vaut 1,156×10−51{,}156\times 10^{-5}. Alors 1,6×10−31,156×10−5=138\dfrac{1{,}6\times 10^{-3}}{1{,}156\times 10^{-5}}=138, égal à K=140K=140 aux arrondis près : la valeur est bien solution. Une valeur voisine comme 1,8×10−31{,}8\times 10^{-3} donnerait 176176, un écart de 25 %25\ \% qui la disqualifie. Les concentrations finales sont donc [Fe3+]=[SCN−]=3,4×10−3 mol/L\left[\mathrm{Fe^{3+}}\right]=\left[\mathrm{SCN^{-}}\right]=3{,}4\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L} et [FeSCN2+]=1,6×10−3 mol/L\left[\mathrm{FeSCN^{2+}}\right]=1{,}6\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}.

e) Si la réaction était totale, tout le réactif limitant disparaîtrait et ymax⁡=5,0×10−3 mol/Ly_{\max}=5{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}. Donc τ=1,6×10−35,0×10−3=0,32\tau=\dfrac{1{,}6\times 10^{-3}}{5{,}0\times 10^{-3}}=0{,}32, soit 3232 pour cent. Bien que KK vaille 140140, un nombre qui paraît grand, la transformation est loin d'être totale. C'est un point important : la valeur de KK ne se lit pas isolément, il faut la comparer à l'ordre de grandeur du quotient formé avec les concentrations réellement utilisées. Ici les concentrations sont faibles, ce qui rend le dénominateur très petit et un KK de 140140 finalement peu contraignant.

Exercice 8 : Solubilité et effet d'ion commun

Le sulfate de baryum est très peu soluble : BaSO4(s)⇌Ba2++SO42−\mathrm{BaSO_{4(s)}\rightleftharpoons Ba^{2+}+SO_{4}^{2-}}, de constante Ks=1,1×10−10K_{s}=1{,}1\times 10^{-10} à 25 ∘C25\ \mathrm{^{\circ}C}.

On donne M(BaSO4)=233,4 g/molM\left(\mathrm{BaSO_{4}}\right)=233{,}4\ \mathrm{g/mol}.

Approfondissement hors programme : le produit de solubilité KsK_{s}, la solubilité et l'effet d'ion commun ne sont pas au programme de spécialité physique-chimie de Terminale. L'exercice reste utile pour la chimie des solutions du cégep ou de l'université ; le raisonnement par le critère d'évolution, question d), est celui du programme.

10203040506070809010011012345678c(sulfate) ajoutée (µmol/L)s (µmol/L)effet d'ion commun
  • a) Exprimez la solubilité ss dans l'eau pure en fonction de KsK_{s}, puis calculez-la en mol/L\mathrm{mol/L}.
  • b) Convertissez cette solubilité en milligrammes par litre.
  • c) On dissout maintenant le solide dans une solution contenant déjà 1,0×10−2 mol/L1{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L} d'ions sulfate. Établissez l'expression de la nouvelle solubilité s′s' et calculez-la.
  • d) Par quel facteur la solubilité a-t-elle été réduite ? Expliquez ce résultat par le critère d'évolution.
  • e) Le sulfate de baryum est utilisé comme produit de contraste avalé pour la radiographie du tube digestif, alors que les ions baryum sont toxiques. Expliquez pourquoi cet usage est possible.
  • f) La figure donne la solubilité ss du sulfate de baryum en fonction de la concentration en ions sulfate DÉJÀ présents dans la solution. Lisez ss pour une concentration ajoutée de 2020 puis de 100 μmol/L100\ \mathrm{\mu mol/L}, vérifiez la première par le calcul, et dites de quelle façon ss dépend de cette concentration lorsqu'elle devient grande.

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Réponses

  • a) s=Ks=1,05×10−5s=\sqrt{K_{s}}=1{,}05\times 10^{-5} mol/L
  • b) 2,452{,}45 mg/L
  • c) s′=1,1×10−8s'=1{,}1\times 10^{-8} mol/L
  • d) Environ 950950 fois moins : effet d'ion commun
  • e) Très peu d'ions Ba2+\mathrm{Ba^{2+}} libérés
  • f) 4,54{,}5 et 1,11{,}1 µmol/L ; s≈Kscs\approx\dfrac{K_{s}}{c}

a) Dans l'eau pure, la dissolution de ss moles par litre libère ss moles d'ions baryum et ss moles d'ions sulfate. Donc Ks=s×s=s2K_{s}=s\times s=s^{2}, d'où s=Ks=1,1×10−10=1,05×10−5 mol/Ls=\sqrt{K_{s}}=\sqrt{1{,}1\times 10^{-10}}=1{,}05\times 10^{-5}\ \mathrm{mol/L}.

b) γ=sM=1,05×10−5×233,4=2,45×10−3 g/L\gamma=sM=1{,}05\times 10^{-5}\times 233{,}4=2{,}45\times 10^{-3}\ \mathrm{g/L}, soit 2,45 mg/L2{,}45\ \mathrm{mg/L}. Le sulfate de baryum est donc extrêmement peu soluble.

c) Les ions sulfate déjà présents sont en très large excès devant ce que la dissolution peut apporter, donc [SO42−]≈1,0×10−2 mol/L\left[\mathrm{SO_{4}^{2-}}\right]\approx 1{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}. La condition d'équilibre s'écrit s′×1,0×10−2=Kss'\times 1{,}0\times 10^{-2}=K_{s}, d'où s′=1,1×10−101,0×10−2=1,1×10−8 mol/Ls'=\dfrac{1{,}1\times 10^{-10}}{1{,}0\times 10^{-2}}=1{,}1\times 10^{-8}\ \mathrm{mol/L}.

d) Le facteur vaut 1,05×10−51,1×10−8=9,5×102\dfrac{1{,}05\times 10^{-5}}{1{,}1\times 10^{-8}}=9{,}5\times 10^{2}, soit près de mille fois moins soluble. L'explication tient au critère : la présence d'ions sulfate fait démarrer le système avec un QrQ_{r} déjà élevé, très proche de KsK_{s}. Il suffit alors d'une dissolution minuscule pour atteindre l'équilibre. C'est l'effet d'ion commun.

e) Précisément à cause de cette très faible solubilité, encore réduite en pratique par la présence d'un excès de sulfate dans la préparation. La quantité d'ions Ba2+\mathrm{Ba^{2+}} effectivement libérée dans l'organisme reste largement inférieure au seuil toxique, alors que le solide lui-même, opaque aux rayons X grâce au numéro atomique élevé du baryum, remplit parfaitement son rôle. Ce qui est toxique est l'ion en solution, pas le solide : c'est une distinction que la chimie de l'équilibre permet de quantifier, et c'est aussi pourquoi un sel de baryum soluble comme le chlorure serait mortel.

f) La lecture donne environ 4,5 μmol/L4{,}5\ \mathrm{\mu mol/L} pour 20 μmol/L20\ \mathrm{\mu mol/L} d'ions sulfate ajoutés, et environ 1,1 μmol/L1{,}1\ \mathrm{\mu mol/L} pour 100 μmol/L100\ \mathrm{\mu mol/L}. Le calcul confirme la première valeur : en notant cc la concentration déjà présente, l'équilibre impose s (s+c)=Kss\,(s+c)=K_{s}, soit s=−c+c2+4Ks2s=\dfrac{-c+\sqrt{c^{2}+4K_{s}}}{2}. Avec c=2,0×10−5c=2{,}0\times 10^{-5} et Ks=1,1×10−10K_{s}=1{,}1\times 10^{-10}, on obtient s=−2,0×10−5+2,90×10−52=4,5×10−6 mol/Ls=\dfrac{-2{,}0\times 10^{-5}+2{,}90\times 10^{-5}}{2}=4{,}5\times 10^{-6}\ \mathrm{mol/L} ✓. Pour le comportement aux grandes concentrations, il faut voir que dès que cc dépasse largement ss, le terme s2s^{2} devient négligeable et la relation se simplifie en s c≈Kss\,c\approx K_{s}, donc s≈Kscs\approx\dfrac{K_{s}}{c} : la solubilité devient INVERSEMENT PROPORTIONNELLE à la concentration en ion commun. La courbe est alors une branche d'hyperbole, ce qui explique sa chute très rapide au début puis son aplatissement. On vérifie sur la figure : passer de 2020 à 100 μmol/L100\ \mathrm{\mu mol/L}, soit un facteur 55, divise bien ss par environ 44, presque le même facteur ✓. C'est ce régime qui justifie la réponse de d) : avec 1,0×10−2 mol/L1{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L} d'ions sulfate, cinq cents fois plus que sur cette figure, la solubilité tombe à Ks/c=1,1×10−8 mol/LK_{s}/c=1{,}1\times 10^{-8}\ \mathrm{mol/L}.

Exercice 9 : Quatre affirmations à corriger

Chacune des quatre affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous sur un résultat chiffré des exercices précédents.

  • a) « Ajouter un réactif augmente la constante d'équilibre. »
  • b) « Une constante d'équilibre de 140 signifie que la transformation est pratiquement totale. »
  • c) « À l'équilibre, plus rien ne se passe dans le bécher. »
  • d) « Un catalyseur permet d'atteindre un taux d'avancement final plus élevé. »

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Réponses

  • a) Faux : seule la température modifie KK
  • b) Faux : τ=32\tau=32 % à l'exercice 7
  • c) Faux : équilibre dynamique
  • d) Faux : il n'agit que sur la vitesse

a) Faux. Ajouter un réactif modifie les CONCENTRATIONS, donc QrQ_{r}, ce qui écarte le système de l'équilibre et déclenche une évolution. Mais KK reste rigoureusement inchangée, et c'est justement parce qu'elle est fixe que le système est contraint de revenir vers elle. Seule la TEMPÉRATURE modifie KK. L'exercice 6 en est l'illustration chiffrée : passer de 1,01{,}0 à 3,0 mol3{,}0\ \mathrm{mol} d'acide fait grimper le taux de 6767 à 9090 pour cent alors que KK vaut 4,04{,}0 dans les deux cas.

b) Faux, une constante ne se lit jamais isolément. L'exercice 7 le montre : avec K=1,4×102K=1{,}4\times 10^{2} mais des concentrations initiales de 5,0×10−3 mol/L5{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}, le taux d'avancement final n'est que de 3232 pour cent. Ce qui compte est la comparaison de KK avec l'ordre de grandeur du quotient construit sur les concentrations réellement employées. Un même KK peut donner une transformation quasi totale ou très limitée selon les conditions.

c) Faux, et c'est la confusion entre les échelles macroscopique et microscopique. À l'échelle macroscopique, les concentrations sont effectivement constantes, donc rien ne semble se passer. À l'échelle microscopique, la réaction directe et la réaction inverse se produisent toutes deux en permanence, exactement à la même vitesse, si bien que leurs effets se compensent. C'est un équilibre DYNAMIQUE, et on le démontre avec des atomes marqués que l'on retrouve répartis des deux côtés.

d) Faux. Un catalyseur agit uniquement sur la cinétique : il accélère la réaction directe ET la réaction inverse dans la même proportion, ce qui laisse le rapport à l'équilibre inchangé. Sur le graphique de l'exercice 4, il rendrait la montée plus raide mais le palier resterait exactement à Qr=4,0Q_{r}=4{,}0. Pour améliorer réellement un taux d'avancement, il faut agir sur les quantités : excès d'un réactif, comme à l'exercice 6, ou élimination d'un produit.

Exercice 10 : Optimiser un procédé de synthèse

Une entreprise synthétise un ester par estérification, avec K=4,0K=4{,}0. L'alcool est le réactif coûteux, l'acide est bon marché. On raisonne pour 1,0 mol1{,}0\ \mathrm{mol} d'alcool.

On rappelle qu'avec nn moles d'acide pour 1,0 mol1{,}0\ \mathrm{mol} d'alcool, l'avancement à l'équilibre vérifie x2(n−x)(1−x)=K\dfrac{x^{2}}{(n-x)(1-x)}=K.

123456789100,60,650,70,750,80,850,90,9511,05ntaux finallimite 100 %, jamais atteinte
  • a) Rappelez le taux obtenu à n=1,0n=1{,}0, puis celui obtenu à n=3,0n=3{,}0, calculés à l'exercice 6.
  • b) Pour n=4,0n=4{,}0, montrez que l'équation devient 3x2−20x+16=03x^{2}-20x+16=0 et résolvez-la.
  • c) Calculez le gain de taux entre n=3,0n=3{,}0 et n=4,0n=4{,}0, puis comparez-le au gain entre n=1,0n=1{,}0 et n=3,0n=3{,}0. Que constatez-vous ?
  • d) L'entreprise doit-elle continuer d'augmenter nn indéfiniment ? Discutez en termes de rendement et de coût.
  • e) Quelle stratégie serait plus efficace que l'excès de réactif, et pourquoi ? Citez un avantage supplémentaire de cette stratégie sur le plan industriel.
  • f) La figure donne le taux final en fonction de nn, le nombre de moles d'acide pour une mole d'alcool. Lisez le taux obtenu pour n=6n=6, puis déterminez à partir de quel rang la mole d'acide supplémentaire rapporte moins d'un point de pourcentage.

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Réponses

  • a) 6767 % et 9090 %
  • b) x=0,930x=0{,}930 mol : 9393 %
  • c) 33 points contre 1111 par mole : rendement marginal en chute
  • d) Non : optimum économique vers n=3n=3
  • e) Éliminer l'eau (Dean-Stark)
  • f) 95,595{,}5 % ; à partir de la sixième mole

a) À n=1,0n=1{,}0, le taux vaut 6767 pour cent. À n=3,0n=3{,}0, il vaut 9090 pour cent.

b) L'équation x2(4−x)(1−x)=4,0\dfrac{x^{2}}{(4-x)(1-x)}=4{,}0 donne x2=4(4−5x+x2)=16−20x+4x2x^{2}=4\left(4-5x+x^{2}\right)=16-20x+4x^{2}, soit 0=16−20x+3x20=16-20x+3x^{2}, c'est-à-dire 3x2−20x+16=03x^{2}-20x+16=0. Le discriminant vaut 400−192=208400-192=208, de racine 14,4214{,}42. Les solutions sont 20±14,426\dfrac{20\pm 14{,}42}{6}, soit 0,9300{,}930 et 5,745{,}74. Seule la première convient, la seconde dépassant la mole d'alcool. Le taux vaut donc 9393 pour cent.

c) Entre n=3,0n=3{,}0 et n=4,0n=4{,}0, le gain est de 93−90=393-90=3 points, obtenu en ajoutant une mole d'acide. Entre n=1,0n=1{,}0 et n=3,0n=3{,}0, le gain était de 2323 points pour deux moles ajoutées, soit environ 1111 points par mole. Le rendement marginal de l'excès s'effondre donc : chaque mole supplémentaire rapporte de moins en moins.

d) Non. Le taux tend vers 100100 pour cent quand nn tend vers l'infini, mais de plus en plus lentement, alors que le coût, lui, croît linéairement. Il faut de surcroît séparer et recycler l'énorme excès d'acide en fin de procédé, ce qui coûte en énergie et en équipement. Il existe donc un optimum économique bien avant l'optimum chimique, et ici passer de 33 à 44 équivalents pour trois points de taux ne se justifie probablement pas.

e) L'ÉLIMINATION CONTINUE DE L'EAU, par distillation azéotropique ou montage de Dean-Stark. C'est plus efficace parce que le système ne s'équilibre alors jamais : QrQ_{r} reste en permanence inférieur à KK et la réaction se poursuit jusqu'à épuisement du réactif limitant, ce qui permet d'approcher 100100 pour cent sans excès démesuré. L'avantage industriel supplémentaire est la PURIFICATION : en évitant un large excès d'acide, on simplifie considérablement la séparation en fin de procédé et on réduit le volume de réactif à recycler.

f) La lecture donne environ 95,595{,}5 pour cent pour n=6n=6. Pour le rang critique, on calcule les taux successifs avec la formule générale 3x2−4(n+1)x+4n=03x^{2}-4(n+1)x+4n=0, dont la racine acceptable est x=4(n+1)−16(n+1)2−48n6x=\dfrac{4(n+1)-\sqrt{16(n+1)^{2}-48n}}{6} : on obtient 67,067{,}0 pour cent à n=1n=1, 84,584{,}5 à n=2n=2, 90,390{,}3 à n=3n=3, 93,093{,}0 à n=4n=4, 94,594{,}5 à n=5n=5, 95,595{,}5 à n=6n=6 et 96,296{,}2 à n=7n=7. Les gains successifs valent donc 17,517{,}5 puis 5,85{,}8 puis 2,72{,}7 puis 1,51{,}5 puis 1,01{,}0 puis 0,70{,}7 point. C'est en passant de 55 à 66 que le gain descend sous un point : à partir de la SIXIÈME mole d'acide, chaque mole ajoutée rapporte moins d'un point de rendement. La forme de la courbe est la vraie leçon industrielle. Elle est concave et plafonne sous la ligne des 100100 pour cent, qu'elle ne peut jamais atteindre : un excès de réactif, aussi grand soit-il, ne rend pas une transformation limitée totale, il ne fait que la rapprocher asymptotiquement de la totalité. Comme le coût, lui, croît LINÉAIREMENT avec nn, il existe nécessairement un optimum économique bien avant le plateau, et il se situe ici vers n=3n=3 ou 44. La stratégie de la question e), qui consiste à éliminer l'eau au fur et à mesure, est d'une autre nature : elle ne déplace pas le point sur cette courbe, elle change de courbe, puisqu'en retirant un produit on maintient QrQ_{r} durablement inférieur à KK et l'on peut alors viser un taux proche de 100100 pour cent avec n=1n=1.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : L'hydrolyse d'un ester, l'estérification à l'envers

L'hydrolyse d'un ester est la réaction inverse de l'estérification : ester+eau⇌acide+alcool\mathrm{ester+eau\rightleftharpoons acide+alcool}. Pour l'estérification d'un alcool primaire, K=4,0K=4{,}0.

On part de 1,0 mol1{,}0\ \mathrm{mol} d'ester et de 1,0 mol1{,}0\ \mathrm{mol} d'eau, sans acide ni alcool, dans un solvant organique où l'eau n'est pas le solvant et figure donc dans QrQ_{r}. Le volume se simplifie.

  • a) Quelle est la constante K′K' de l'hydrolyse ?
  • b) Calculez Qr,iQ_{r,i} et prévoyez le sens d'évolution.
  • c) Calculez l'avancement à l'équilibre.
  • d) Comparez la composition finale à celle obtenue en estérifiant 1,0 mol1{,}0\ \mathrm{mol} d'acide et 1,0 mol1{,}0\ \mathrm{mol} d'alcool. Que constatez-vous ?
  • e) On part maintenant de 1,0 mol1{,}0\ \mathrm{mol} d'ester et 5,0 mol5{,}0\ \mathrm{mol} d'eau. Calculez le taux d'hydrolyse.

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b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) K′=1K=0,25K'=\dfrac{1}{K}=0{,}25
  • b) Qr,i=0<K′Q_{r,i}=0<K' : hydrolyse
  • c) x=0,33x=0{,}33 mol
  • d) Même équilibre que l'estérification
  • e) 6363 %

a) Écrire la réaction dans l'autre sens échange numérateur et dénominateur du quotient : K′=1K=14,0=0,25K'=\dfrac{1}{K}=\dfrac{1}{4{,}0}=0{,}25.

b) Ni acide ni alcool au départ : le numérateur est nul et Qr,i=0<K′Q_{r,i}=0<K'. Le système évolue dans le sens DIRECT, celui de l'hydrolyse. Même une constante inférieure à 11 n'empêche pas une réaction de démarrer.

c) À l'équilibre : x×x(1−x)(1−x)=0,25\dfrac{x\times x}{(1-x)(1-x)}=0{,}25, soit x1−x=0,25=0,50\dfrac{x}{1-x}=\sqrt{0{,}25}=0{,}50, d'où x=0,50−0,50xx=0{,}50-0{,}50x et x=0,501,50=0,33 molx=\dfrac{0{,}50}{1{,}50}=0{,}33\ \mathrm{mol}.

d) Il reste 0,67 mol0{,}67\ \mathrm{mol} d'ester et d'eau, pour 0,33 mol0{,}33\ \mathrm{mol} d'acide et d'alcool : c'est EXACTEMENT l'état final de l'estérification équimolaire, où 0,67 mol0{,}67\ \mathrm{mol} d'ester se forment. Les deux systèmes contiennent les mêmes atomes et atteignent le même équilibre par des chemins opposés.

e) x2(1−x)(5−x)=0,25\dfrac{x^{2}}{(1-x)(5-x)}=0{,}25 donne 4x2=5−6x+x24x^{2}=5-6x+x^{2}, soit 3x2+6x−5=03x^{2}+6x-5=0. Le discriminant vaut 36+60=9636+60=96 et la racine positive x=−6+9,806=0,63 molx=\dfrac{-6+9{,}80}{6}=0{,}63\ \mathrm{mol}. Le taux d'hydrolyse passe de 3333 à 63 %63\ \% : un excès d'eau pousse l'hydrolyse, comme un excès d'acide poussait l'estérification.

Exercice 12 : Diluer déplace l'équilibre

Un système Fe3++SCN−⇌FeSCN2+\mathrm{Fe^{3+}+SCN^{-}\rightleftharpoons FeSCN^{2+}}, de constante K=1,4×102K=1{,}4\times 10^{2}, est à l'équilibre avec [Fe3+]=[SCN−]=3,4×10−3 mol/L\left[\mathrm{Fe^{3+}}\right]=\left[\mathrm{SCN^{-}}\right]=3{,}4\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L} et [FeSCN2+]=1,6×10−3 mol/L\left[\mathrm{FeSCN^{2+}}\right]=1{,}6\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}.

On ajoute brusquement un volume d'eau égal au volume de la solution.

  • a) Calculez le quotient de réaction avant la dilution et vérifiez que le système est à l'équilibre.
  • b) Calculez les trois concentrations juste après la dilution, avant toute évolution.
  • c) Calculez le quotient de réaction juste après la dilution.
  • d) Dans quel sens le système évolue-t-il ? Que devient la couleur, au-delà de l'éclaircissement dû à la dilution ?
  • e) Par quel facteur une dilution d'un facteur 22 multiplie-t-elle QrQ_{r} ici, et pourquoi ?

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b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Qr=138≈KQ_{r}=138\approx K
  • b) 1,7×10−31{,}7\times 10^{-3} et 8,0×10−48{,}0\times 10^{-4} mol/L
  • c) Qr=277Q_{r}=277
  • d) Sens indirect : la solution pâlit davantage
  • e) ×2\times 2

a) Qr=1,6×10−3(3,4×10−3)2=1,6×10−31,156×10−5=138Q_{r}=\dfrac{1{,}6\times 10^{-3}}{(3{,}4\times 10^{-3})^{2}}=\dfrac{1{,}6\times 10^{-3}}{1{,}156\times 10^{-5}}=138, égal à KK aux arrondis près : le système est à l'équilibre.

b) Le volume double, toutes les concentrations sont divisées par 22 : [Fe3+]=[SCN−]=1,7×10−3 mol/L\left[\mathrm{Fe^{3+}}\right]=\left[\mathrm{SCN^{-}}\right]=1{,}7\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L} et [FeSCN2+]=8,0×10−4 mol/L\left[\mathrm{FeSCN^{2+}}\right]=8{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{mol/L}.

c) Qr=8,0×10−4(1,7×10−3)2=8,0×10−42,89×10−6=277Q_{r}=\dfrac{8{,}0\times 10^{-4}}{(1{,}7\times 10^{-3})^{2}}=\dfrac{8{,}0\times 10^{-4}}{2{,}89\times 10^{-6}}=277.

d) Qr=277>K=140Q_{r}=277>K=140 : le système évolue dans le sens INDIRECT, le complexe se dissocie en partie. La solution pâlit donc davantage que ne l'expliquerait la seule dilution : la dilution favorise le côté qui compte le plus d'entités dissoutes, ici deux ions contre un complexe.

e) Le numérateur contient une concentration, divisée par 22 ; le dénominateur en contient deux, divisé par 22=42^{2}=4. Le quotient est donc multiplié par 42=2\dfrac{4}{2}=2. Si les deux membres de l'équation comptaient autant d'espèces dissoutes, la dilution ne déplacerait rien.

Exercice 13 : Un précipité se forme-t-il ?

Le chlorure d'argent est très peu soluble : AgCl(s)⇌Ag++Cl−\mathrm{AgCl_{(s)}\rightleftharpoons Ag^{+}+Cl^{-}}, de constante Ks=1,8×10−10K_{s}=1{,}8\times 10^{-10} à 25 ∘C25\ \mathrm{^{\circ}C}.

Tant qu'aucun solide n'est présent, on calcule malgré tout Qr=[Ag+][Cl−]Q_{r}=\left[\mathrm{Ag^{+}}\right]\left[\mathrm{Cl^{-}}\right] : si Qr>KsQ_{r}>K_{s}, la solution est trop concentrée et le précipité apparaît, dans le sens indirect de la dissolution.

Approfondissement hors programme : la précipitation et le produit de solubilité ne sont pas au programme de Terminale. La comparaison de Qr,iQ_{r,i} à une constante, elle, est exactement le critère d'évolution du programme, voir l'exercice 2.

  • a) On mélange 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} de nitrate d'argent à 2,0×10−4 mol/L2{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{mol/L} et 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} de chlorure de sodium à 2,0×10−4 mol/L2{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{mol/L}. Calculez les concentrations en ions argent et chlorure juste après le mélange.
  • b) Calculez Qr,iQ_{r,i}.
  • c) Un précipité apparaît-il ?
  • d) On recommence avec deux solutions cent fois moins concentrées. Calculez Qr,iQ_{r,i} et concluez.
  • e) À partir de quelle concentration commune des deux solutions initiales le précipité apparaît-il ?

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Réponses

  • a) 1,0×10−41{,}0\times 10^{-4} mol/L chacun
  • b) Qr,i=1,0×10−8Q_{r,i}=1{,}0\times 10^{-8}
  • c) Oui : Qr,i>KsQ_{r,i}>K_{s}
  • d) 1,0×10−12<Ks1{,}0\times 10^{-12}<K_{s} : pas de précipité
  • e) c>2,7×10−5c>2{,}7\times 10^{-5} mol/L

a) Le volume double au mélange : [Ag+]=[Cl−]=2,0×10−42=1,0×10−4 mol/L\left[\mathrm{Ag^{+}}\right]=\left[\mathrm{Cl^{-}}\right]=\dfrac{2{,}0\times 10^{-4}}{2}=1{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{mol/L}. Oublier cette dilution est le piège de l'exercice.

b) Qr,i=1,0×10−4×1,0×10−4=1,0×10−8Q_{r,i}=1{,}0\times 10^{-4}\times 1{,}0\times 10^{-4}=1{,}0\times 10^{-8}.

c) Qr,i=1,0×10−8>Ks=1,8×10−10Q_{r,i}=1{,}0\times 10^{-8}>K_{s}=1{,}8\times 10^{-10} : la solution contient plus d'ions que l'équilibre ne le permet, le système évolue dans le sens de la formation du solide. Un précipité blanc de chlorure d'argent apparaît.

d) Après mélange, [Ag+]=[Cl−]=1,0×10−6 mol/L\left[\mathrm{Ag^{+}}\right]=\left[\mathrm{Cl^{-}}\right]=1{,}0\times 10^{-6}\ \mathrm{mol/L} et Qr,i=1,0×10−12<KsQ_{r,i}=1{,}0\times 10^{-12}<K_{s}. Il n'y a pas de solide qui puisse se dissoudre, et la solution n'est pas saturée : AUCUN précipité ne se forme, le mélange reste limpide.

e) Le précipité apparaît dès que (c2)2>Ks\left(\dfrac{c}{2}\right)^{2}>K_{s}, soit c>2Ks=2×1,34×10−5=2,7×10−5 mol/Lc>2\sqrt{K_{s}}=2\times 1{,}34\times 10^{-5}=2{,}7\times 10^{-5}\ \mathrm{mol/L}. Ce seuil très bas explique qu'on utilise les ions argent pour détecter des traces d'ions chlorure.

Exercice 14 : Extraire le diiode : une fois ou deux fois ?

Le diiode se partage entre l'eau et le cyclohexane, non miscibles, selon l'équilibre I2(aq)⇌I2(org)\mathrm{I_{2(aq)}\rightleftharpoons I_{2(org)}} de constante K=[I2]org[I2]aq=85K=\dfrac{\left[\mathrm{I_{2}}\right]_{\mathrm{org}}}{\left[\mathrm{I_{2}}\right]_{\mathrm{aq}}}=85.

Une solution aqueuse de 100 mL100\ \mathrm{mL} contient n0=1,0×10−3 moln_{0}=1{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol} de diiode. On dispose de 20 mL20\ \mathrm{mL} de cyclohexane au total.

Approfondissement hors programme : le coefficient de partage entre deux solvants n'est pas au programme de Terminale. L'extraction liquide-liquide y figure comme capacité expérimentale, sans calcul de partage.

  • a) Avant toute agitation, le cyclohexane ne contient pas de diiode. Que vaut Qr,iQ_{r,i} et dans quel sens le diiode passe-t-il ?
  • b) En notant nn la quantité restant dans l'eau, montrez que n=n01+KVorgVaqn=\dfrac{n_{0}}{1+K\dfrac{V_{\mathrm{org}}}{V_{\mathrm{aq}}}}.
  • c) On extrait en une seule fois avec les 20 mL20\ \mathrm{mL}. Calculez la quantité restant dans l'eau et le pourcentage extrait.
  • d) On extrait en deux fois, avec 10 mL10\ \mathrm{mL} puis 10 mL10\ \mathrm{mL} de cyclohexane neuf. Calculez la quantité restante et le pourcentage extrait.
  • e) Par quel facteur la quantité restante est-elle divisée en passant de une à deux extractions ? Concluez.

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Réponses

  • a) Qr,i=0<KQ_{r,i}=0<K : vers le cyclohexane
  • b) n=n01+KVorg/Vaqn=\dfrac{n_{0}}{1+KV_{\mathrm{org}}/V_{\mathrm{aq}}}
  • c) 5,6×10−55{,}6\times 10^{-5} mol ; 94,494{,}4 %
  • d) 1,1×10−51{,}1\times 10^{-5} mol ; 98,998{,}9 %
  • e) Cinq fois moins : plusieurs petites extractions

a) Qr,i=0[I2]aq=0<KQ_{r,i}=\dfrac{0}{\left[\mathrm{I_{2}}\right]_{\mathrm{aq}}}=0<K : le système évolue dans le sens direct, le diiode passe de l'eau vers le cyclohexane jusqu'à ce que le rapport des concentrations atteigne 8585.

b) À l'équilibre, (n0−n)/Vorgn/Vaq=K\dfrac{(n_{0}-n)/V_{\mathrm{org}}}{n/V_{\mathrm{aq}}}=K, soit n0−n=KnVorgVaqn_{0}-n=Kn\dfrac{V_{\mathrm{org}}}{V_{\mathrm{aq}}} et n(1+KVorgVaq)=n0n\left(1+K\dfrac{V_{\mathrm{org}}}{V_{\mathrm{aq}}}\right)=n_{0}, d'où la formule. Ce sont les CONCENTRATIONS qui obéissent à KK, pas les quantités : les volumes interviennent.

c) 1+85×20100=181+85\times\dfrac{20}{100}=18, donc n=1,0×10−318=5,6×10−5 moln=\dfrac{1{,}0\times 10^{-3}}{18}=5{,}6\times 10^{-5}\ \mathrm{mol}. On a extrait 1−118=94,4 %1-\dfrac{1}{18}=94{,}4\ \% du diiode.

d) Chaque extraction avec 10 mL10\ \mathrm{mL} divise la quantité par 1+85×10100=9,51+85\times\dfrac{10}{100}=9{,}5. Après deux : n=1,0×10−39,52=1,1×10−5 moln=\dfrac{1{,}0\times 10^{-3}}{9{,}5^{2}}=1{,}1\times 10^{-5}\ \mathrm{mol}, soit 98,9 %98{,}9\ \% extraits.

e) 5,6×10−51,1×10−5=5,0\dfrac{5{,}6\times 10^{-5}}{1{,}1\times 10^{-5}}=5{,}0 : avec le même volume total de solvant, deux extractions laissent cinq fois moins de diiode qu'une seule. D'où la règle des chimistes : plusieurs extractions avec de petits volumes valent mieux qu'une seule avec un grand volume.

Exercice 15 : Pourquoi le diiode se dissout mieux dans l'iodure de potassium

Le diiode solide est peu soluble dans l'eau pure : une solution saturée contient [I2]=1,3×10−3 mol/L\left[\mathrm{I_{2}}\right]=1{,}3\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}. En présence d'ions iodure, il forme l'ion triiodure selon I2(aq)+I−⇌I3−\mathrm{I_{2(aq)}+I^{-}\rightleftharpoons I_{3}^{-}}, de constante K=7,0×102K=7{,}0\times 10^{2}.

On agite un excès de diiode solide avec une solution d'iodure de potassium à 0,10 mol/L0{,}10\ \mathrm{mol/L}. Tant qu'il reste du solide, la solution reste saturée en diiode libre : [I2]=1,3×10−3 mol/L\left[\mathrm{I_{2}}\right]=1{,}3\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}.

Approfondissement : la solubilité d'un solide n'est pas au programme de Terminale. La réaction I2+I−⇌I3−\mathrm{I_{2}+I^{-}\rightleftharpoons I_{3}^{-}} traitée par sa constante d'équilibre, questions a) et b), relève en revanche du programme ; la question e) renvoie à l'exercice 8, lui aussi hors programme.

  • a) En notant yy la concentration d'ions triiodure formés, exprimez [I−]\left[\mathrm{I^{-}}\right] et écrivez la condition d'équilibre.
  • b) Résolvez et calculez yy.
  • c) Calculez la concentration totale de diiode dissous, libre et combiné. Par quel facteur la solubilité a-t-elle été multipliée par rapport à l'eau pure ?
  • d) Recommencez avec une solution d'iodure à 0,20 mol/L0{,}20\ \mathrm{mol/L} : quelle concentration totale de diiode dissous obtient-on ?
  • e) Dans le sulfate de baryum, ajouter un ion commun DIMINUAIT la solubilité. Pourquoi ajouter ici des ions iodure l'augmente-t-il ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) [I−]=0,10−y[\mathrm{I^{-}}]=0{,}10-y ; y1,3×10−3(0,10−y)=700\dfrac{y}{1{,}3\times 10^{-3}(0{,}10-y)}=700
  • b) y=4,8×10−2y=4{,}8\times 10^{-2} mol/L
  • c) 4,9×10−24{,}9\times 10^{-2} mol/L : 3838 fois plus
  • d) 9,7×10−29{,}7\times 10^{-2} mol/L
  • e) L'iodure est un réactif qui consomme le diiode

a) Chaque ion triiodure consomme un ion iodure : [I−]=0,10−y\left[\mathrm{I^{-}}\right]=0{,}10-y. À l'équilibre, y1,3×10−3×(0,10−y)=7,0×102\dfrac{y}{1{,}3\times 10^{-3}\times(0{,}10-y)}=7{,}0\times 10^{2}.

b) y=7,0×102×1,3×10−3×(0,10−y)=0,91×(0,10−y)y=7{,}0\times 10^{2}\times 1{,}3\times 10^{-3}\times(0{,}10-y)=0{,}91\times(0{,}10-y), soit 1,91 y=0,0911{,}91\,y=0{,}091 et y=4,8×10−2 mol/Ly=4{,}8\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}. Près de la moitié des ions iodure est combinée.

c) [I2]total=1,3×10−3+4,76×10−2=4,9×10−2 mol/L\left[\mathrm{I_{2}}\right]_{\mathrm{total}}=1{,}3\times 10^{-3}+4{,}76\times 10^{-2}=4{,}9\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}, soit 4,89×10−21,3×10−3=38\dfrac{4{,}89\times 10^{-2}}{1{,}3\times 10^{-3}}=38 fois plus que dans l'eau pure. C'est le principe des solutions iodées antiseptiques, préparées dans l'iodure de potassium.

d) 1,91 y=0,91×0,201{,}91\,y=0{,}91\times 0{,}20 donne y=9,5×10−2 mol/Ly=9{,}5\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}, et un total de 9,7×10−2 mol/L9{,}7\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L} : doubler l'iodure double pratiquement la quantité de diiode dissoute.

e) Pour le sulfate de baryum, l'ion ajouté était un PRODUIT de la dissolution : il faisait croître QrQ_{r} et poussait vers le solide. Ici, l'ion iodure est un RÉACTIF qui consomme le diiode dissous : en le transformant en triiodure, il maintient le diiode libre sous la saturation et permet à davantage de solide de se dissoudre. Tout dépend du côté de l'équilibre où l'espèce ajoutée intervient.

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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/tspc-equilibre. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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