Spécialité physique-chimie, Première • Exercices corrigés à Montréal

Fiche de révision : acide-base et oxydo-réduction (Première spécialité)

Cette fiche ne reprend pas le cours sur les couples : vous l'avez déjà dans vos notes. Elle traite ce que le cours ne dit jamais et qui décide pourtant de la note, à savoir l'erreur exacte qui coûte deux points sur une copie, l'ordre des quatre étapes qui ajustent une demi-équation, et la relation à l'équivalence rédigée comme le correcteur l'attend.

Elle est écrite pour les élèves de Première qui suivent la spécialité physique-chimie du programme français, au lycée en France comme dans le réseau AEFE. Une fois la fiche lue, la série d'exercices corrigés du même chapitre met chaque réflexe à l'épreuve, du degré d'acidité d'un vinaigre jusqu'à l'analyse d'un produit de piscine.

Le fil du chapitre

Une réaction acide-base ou d'oxydo-réduction ne met jamais en jeu un seul couple : il en faut DEUX, et ce qui s'échange, le proton ou l'électron, n'apparaît jamais dans l'équation globale. Tout ce qui coûte des points ici vient d'avoir oublié le second couple.

Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Première

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (8 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Constitution de la matièreSeconde
  2. 2L'atome et la classification périodiqueSeconde
  3. 3Molécules, mole et quantité de matièreSeconde
  4. 4Équations, avancement et réactif limitantSeconde
  5. 5Entités chimiques et transformationsSeconde
  6. 6Avancement et dosages
  7. 7Atomes, molécules et transformations chimiquesQuatrième
  8. 8Ions, pH, acides et basesTroisième

L'essentiel

Deux couples, un transfert, et rien de tout cela dans l'équation

  • Acide-base : l'acide CÈDE un proton, la base le CAPTE. Une réaction met donc toujours en jeu deux couples, et H+\mathrm{H^{+}} disparaît par simplification dans l'équation globale.
  • Oxydo-réduction : l'oxydant CAPTE les électrons, le réducteur les CÈDE. Même structure, même conséquence : les e\mathrm{e^{-}} n'apparaissent jamais dans l'équation finale.
  • Une espèce amphotère appartient à deux couples et joue l'un ou l'autre rôle selon le partenaire : l'eau, l'ion hydrogénocarbonate, ou en rédox le peroxyde d'hydrogène.
  • Reconnaître le type de couple : deux formules qui ne diffèrent que d'un H\mathrm{H} et d'une charge ++ forment un couple acide-base; tout le reste est un couple rédox.
AHA-BBH+H+l'acide cedela base capteAH + B donne A- + BH+le proton n'apparait pas dans l'equation
Le proton part de l'acide du premier couple et arrive sur la base du second. Il circule, mais il n'existe jamais seul en solution : c'est pour cela qu'il n'apparaît pas dans l'équation globale.

Sur une copie, écrire les deux demi-équations AVANT l'équation globale rapporte presque toujours un point, même quand la combinaison finale se trompe de coefficient.

Le pH, et ce que la dilution lui fait vraiment

  • pH=log[H3O+]\mathrm{pH}=-\log\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right] et réciproquement [H3O+]=10pH\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right]=10^{-\mathrm{pH}}, la concentration étant en mol/L\mathrm{mol/L}.
  • Pour un acide FORT, la dissociation est totale : [H3O+]=c\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right]=c, donc pH=logc\mathrm{pH}=-\log c. Cette égalité ne vaut pas pour un acide faible.
  • Diluer un acide d'un facteur 1010 ajoute 11 au pH, mais SEULEMENT tant que la concentration reste très supérieure à 107 mol/L10^{-7}\ \mathrm{mol/L}.
  • Une solution acide ne devient jamais basique par simple dilution : le pH tend vers 77 sans jamais le dépasser, parce que l'eau elle-même fournit des ions H3O+\mathrm{H_{3}O^{+}}.

Le pH n'a pas d'unité, et il ne se calcule qu'à partir d'une concentration en mol/L\mathrm{mol/L} : une concentration massique doit d'abord être convertie.

Ajuster une demi-équation : quatre étapes, dans cet ordre

  • 1. L'élément principal, celui qui change : Cr2O722Cr3+\mathrm{Cr_{2}O_{7}^{2-}}\rightarrow 2\,\mathrm{Cr^{3+}}.
  • 2. L'oxygène, par des molécules d'eau du côté qui en manque.
  • 3. L'hydrogène, par des ions H+\mathrm{H^{+}}, jamais par du dihydrogène.
  • 4. La charge, par des électrons du côté le plus positif. Le compte des charges doit être identique des deux côtés.
  • Titrage : la réaction support doit être TOTALE, RAPIDE et UNIQUE. À l'équivalence, nAa=nBb\dfrac{n_{A}}{a}=\dfrac{n_{B}}{b} avec aa et bb les coefficients de l'équation.

Inverser les étapes 2 et 3 est l'erreur mécanique la plus fréquente : l'eau ajoutée pour l'oxygène apporte de l'hydrogène, donc l'hydrogène ne peut se compter qu'après.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Faire basculer un acide dilué du côté basique

2 points, et la conclusion de l'exercice

Ce qu'il ne faut pas écrire

« On dilue 1000010\,000 fois un acide de pH 44, donc son pH passe à 88. »

Ce qu'il faut écrire

« La règle du +1+1 par dilution décimale ne vaut que loin de 107 mol/L10^{-7}\ \mathrm{mol/L}. Ici la solution finale est à 108 mol/L10^{-8}\ \mathrm{mol/L} d'acide apporté, et le pH tend vers 77 sans jamais le franchir : diluer un acide ne le rend pas basique. »

123456345678pH = 4 + k (faux)pH reel : plafond a 7
La droite en pointillés est la règle du +1+1 par dilution décimale. La courbe réelle la suit deux décades, puis s'infléchit et plafonne à 77 : c'est l'eau qui prend le relais.

Pourquoi : L'eau pure elle-même apporte 107 mol/L10^{-7}\ \mathrm{mol/L} d'ions H3O+\mathrm{H_{3}O^{+}}. Dès que l'acide apporte moins que cela, c'est l'eau qui impose le pH.

2. Laisser des électrons circuler librement en solution

1 point, et l'équation globale fausse si les $\mathrm{e^{-}}$ y restent

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Dans la demi-équation, les électrons apparaissent, donc ils circulent dans la solution jusqu'à l'autre réactif. »

Ce qu'il faut écrire

« Une demi-équation est une écriture formelle, jamais une réaction réelle. Les électrons n'existent pas libres en solution : on COMBINE toujours les deux demi-équations pour qu'ils se simplifient. »

Pourquoi : Le transfert est direct, d'une espèce à l'autre au moment du choc. Une équation globale qui garde des électrons signale au correcteur que la combinaison n'a pas été faite.

3. Désigner un limitant dans un titrage à partir des concentrations

2 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« ctitrant=2,0×102 mol/Lc_{\text{titrant}}=2{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L} contre 8,0×102 mol/L8{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L} pour le titré, donc le titrant est limitant. »

Ce qu'il faut écrire

« Dans un titrage, le titrant est versé progressivement : il est limitant AVANT l'équivalence, le titré l'est APRÈS, et à l'équivalence exactement les deux ont été introduits dans les proportions stœchiométriques. »

Pourquoi : Le limitant change en cours de manipulation, c'est même ce qui produit le changement de couleur. Raisonner sur les seules concentrations ignore les volumes versés.

4. Croire qu'un oxydant ne peut pas être oxydé

1,5 point, et l'équation du dosage qui devient impossible à écrire

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le peroxyde d'hydrogène est un oxydant, donc il ne peut pas être oxydé. »

Ce qu'il faut écrire

« H2O2\mathrm{H_{2}O_{2}} appartient à deux couples : oxydant dans H2O2/H2O\mathrm{H_{2}O_{2}}/\mathrm{H_{2}O}, réducteur dans O2/H2O2\mathrm{O_{2}}/\mathrm{H_{2}O_{2}}. C'est le partenaire qui décide du rôle joué, pas l'espèce seule. »

Pourquoi : Oxydant et réducteur sont des rôles, pas des natures. L'eau joue exactement le même double jeu en acide-base, et c'est la même idée d'amphotère.

5. Confondre l'équivalence et la neutralité

2 points, et le choix de l'indicateur coloré qui suit

Ce qu'il ne faut pas écrire

« À l'équivalence, la solution est neutre, donc pH=7\mathrm{pH}=7. »

Ce qu'il faut écrire

« L'équivalence est définie par les proportions stœchiométriques, pas par le pH. Avec un acide faible titré par une base forte, l'équivalence tombe vers pH=8,6\mathrm{pH}=8{,}6 : elle se repère au SAUT de pH, pas à la valeur 77. »

24681012141618202468101214equivalence : pH = 8,6pH = 7
Le saut de pH est centré sur l'équivalence, en V=12 mLV=12\ \mathrm{mL}, et il ne passe pas par pH=7\mathrm{pH}=7 : avec un acide faible, l'équivalence se lit vers 8,68{,}6.

Pourquoi : À l'équivalence, il reste en solution la base conjuguée de l'acide titré, qui rend le milieu basique. Seul un acide fort titré par une base forte donne 77.

6. Oublier les coefficients dans la relation à l'équivalence

3 points : le résultat est faux d'un facteur 2,5

Ce qu'il ne faut pas écrire

« À l'équivalence, ntitrant=ntitreˊn_{\text{titrant}}=n_{\text{titré}}, donc cAVA=cBVEc_{A}V_{A}=c_{B}V_{E}. »

Ce qu'il faut écrire

« La relation porte sur les rapports : nAa=nBb\dfrac{n_{A}}{a}=\dfrac{n_{B}}{b}, avec aa et bb lus dans l'équation de la réaction support. Pour 2MnO4+5H2O2+2\,\mathrm{MnO_{4}^{-}}+5\,\mathrm{H_{2}O_{2}}+\ldots, c'est n(MnO4)2=n(H2O2)5\dfrac{n(\mathrm{MnO_{4}^{-}})}{2}=\dfrac{n(\mathrm{H_{2}O_{2}})}{5}. »

Pourquoi : C'est exactement la même erreur que le réactif limitant lu sur les quantités brutes. Les coefficients ne disparaissent jamais, quel que soit le chapitre.

7. Laisser le proton dans l'équation globale acide-base

1,5 point

Ce qu'il ne faut pas écrire

« CH3COOH+HOCH3COO+H++HO\mathrm{CH_{3}COOH}+\mathrm{HO^{-}}\rightarrow\mathrm{CH_{3}COO^{-}}+\mathrm{H^{+}}+\mathrm{HO^{-}}. »

Ce qu'il faut écrire

« CH3COOH+HOCH3COO+H2O\mathrm{CH_{3}COOH}+\mathrm{HO^{-}}\rightarrow\mathrm{CH_{3}COO^{-}}+\mathrm{H_{2}O} : le proton cédé par l'acide est immédiatement capté par la base, il ne subsiste pas. »

Pourquoi : Un proton libre en solution n'existe pas : il est toujours porté par une molécule d'eau, sous la forme H3O+\mathrm{H_{3}O^{+}}. L'écrire seul dans un bilan est une faute de fond.

8. Ajuster la charge avant l'oxygène

2 points, et une équation globale impossible à équilibrer

Ce qu'il ne faut pas écrire

« MnO4+5eMn2+\mathrm{MnO_{4}^{-}}+5\,\mathrm{e^{-}}\rightarrow\mathrm{Mn^{2+}}, puis j'ajoute l'eau et les H+\mathrm{H^{+}}. »

Ce qu'il faut écrire

« Élément principal, puis oxygène par l'eau, puis hydrogène par les H+\mathrm{H^{+}}, et la charge EN DERNIER : MnO4+8H++5eMn2++4H2O\mathrm{MnO_{4}^{-}}+8\,\mathrm{H^{+}}+5\,\mathrm{e^{-}}\rightarrow\mathrm{Mn^{2+}}+4\,\mathrm{H_{2}O}. »

Pourquoi : Les H+\mathrm{H^{+}} ajoutés à l'étape 3 changent la charge totale. Compter les électrons avant eux revient à compter une charge qui n'est pas encore la bonne.

Quelle méthode choisir

Acide-base ou oxydo-réduction : ce qui s'échange

Une seule question, posée sur les deux formules du couple : qu'est-ce qui passe d'une espèce à l'autre, un proton ou un électron ?

  • Si les deux formules ne diffèrent que d'un H\mathrm{H} et d'une charge ++ couple acide-base, transfert de proton

    Exemple : CH3COOH/CH3COO\mathrm{CH_{3}COOH}/\mathrm{CH_{3}COO^{-}} et NH4+/NH3\mathrm{NH_{4}^{+}}/\mathrm{NH_{3}}

    Le test se fait sur les formules, pas sur le nom de l'espèce.

  • Si le nombre d'oxygènes ou la charge change autrement que par un proton couple oxydant-réducteur, transfert d'électrons, donc demi-équation à ajuster

    Exemple : MnO4/Mn2+\mathrm{MnO_{4}^{-}}/\mathrm{Mn^{2+}} et Fe3+/Fe2+\mathrm{Fe^{3+}}/\mathrm{Fe^{2+}}

  • Si une même espèce figure dans deux couples de même nature espèce amphotère : son rôle dépend du partenaire, jamais d'elle seule

    Exemple : H2O\mathrm{H_{2}O}, HCO3\mathrm{HCO_{3}^{-}} en acide-base, H2O2\mathrm{H_{2}O_{2}} en rédox

    L'énoncé fournit alors les DEUX couples : c'est le signal.

  • Si l'énoncé ne donne qu'un pH et une concentration aucun couple à écrire : [H3O+]=10pH\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right]=10^{-\mathrm{pH}} suffit à répondre

    Exemple : pH=2,9\mathrm{pH}=2{,}9 donne [H3O+]=1,3×103 mol/L\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right]=1{,}3\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}

Comparer la concentration trouvée à la concentration en acide apporté répond à la question suivante : égales, l'acide est fort; la première dix fois plus petite, il est faible.

Ajuster une demi-équation : l'ordre des quatre étapes

L'ordre n'est pas négociable, parce que chaque étape modifie le bilan de la suivante. On regarde ce qui n'est pas encore équilibré, dans cet ordre exactement.

  • Si l'élément principal n'est pas en même nombre des deux côtés l'équilibrer d'abord, avec ses coefficients

    Exemple : Cr2O722Cr3+\mathrm{Cr_{2}O_{7}^{2-}}\rightarrow 2\,\mathrm{Cr^{3+}}

  • Si l'oxygène manque d'un côté ajouter autant de H2O\mathrm{H_{2}O} que d'oxygènes manquants

    Exemple : MnO4Mn2++4H2O\mathrm{MnO_{4}^{-}}\rightarrow\mathrm{Mn^{2+}}+4\,\mathrm{H_{2}O}

  • Si l'hydrogène manque d'un côté ajouter des ions H+\mathrm{H^{+}}, jamais du dihydrogène

    Exemple : MnO4+8H+Mn2++4H2O\mathrm{MnO_{4}^{-}}+8\,\mathrm{H^{+}}\rightarrow\mathrm{Mn^{2+}}+4\,\mathrm{H_{2}O}

  • Si les charges totales diffèrent ajouter les e\mathrm{e^{-}} du côté le plus positif, en dernier

    Exemple : 1+8=+7-1+8=+7 à gauche contre +2+2 à droite, donc 5e5\,\mathrm{e^{-}} à gauche

    Recompter les charges après ajout : +75=+2+7-5=+2, égal à droite.

En milieu basique, on ajuste d'abord comme en milieu acide, puis on neutralise les H+\mathrm{H^{+}} par autant d'ions HO\mathrm{HO^{-}} des deux côtés. Ce cas n'est pas exigible en Première.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Construire une équation d'oxydo-réduction

Quand l'utiliser : Dès que l'énoncé donne deux couples oxydant-réducteur et demande l'équation de la réaction, en particulier avant tout titrage.

  1. 1 Écrire les deux demi-équations séparément, chacune ajustée dans l'ordre élément, oxygène, hydrogène, charge.
  2. 2 Repérer le sens de chacune : l'oxydant du premier couple capte, le réducteur du second cède.
  3. 3 Multiplier chaque demi-équation par le facteur qui égalise les nombres d'électrons, et l'écrire explicitement.
  4. 4 Additionner membre à membre, puis simplifier les électrons et, s'il y a lieu, les H+\mathrm{H^{+}} et H2O\mathrm{H_{2}O} présents des deux côtés.
  5. 5 Vérifier la conservation de chaque élément ET de la charge totale sur l'équation obtenue.

Phrase de conclusion

En multipliant la première demi-équation par 22 et la seconde par 55, les 10e10\,\mathrm{e^{-}} se simplifient et l'équation de la réaction s'écrit 2MnO4+5H2O2+6H+2Mn2++5O2+8H2O2\,\mathrm{MnO_{4}^{-}}+5\,\mathrm{H_{2}O_{2}}+6\,\mathrm{H^{+}}\rightarrow 2\,\mathrm{Mn^{2+}}+5\,\mathrm{O_{2}}+8\,\mathrm{H_{2}O}.

Le piège : Oublier de simplifier les H+\mathrm{H^{+}} présents des deux côtés. Ici 1616 à gauche et 1010 à droite donnent 66 à gauche, et une copie qui laisse 1616 perd le point de bilan.

Barème : En général 11 point par demi-équation ajustée, 11 point pour les coefficients multiplicateurs, 11 point pour l'équation simplifiée et vérifiée.

Exploiter l'équivalence d'un titrage

Quand l'utiliser : Dès qu'un volume équivalent est donné ou lu sur une courbe, et qu'on demande une concentration.

  1. 1 Rappeler la définition : à l'équivalence, les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques de l'équation.
  2. 2 Écrire la relation avec les COEFFICIENTS : nAa=nBb\dfrac{n_{A}}{a}=\dfrac{n_{B}}{b}, en nommant aa et bb.
  3. 3 Remplacer chaque quantité par cVcV, en gardant les volumes en litres.
  4. 4 Isoler la concentration cherchée littéralement, puis faire l'application numérique avec l'unité.
  5. 5 Si l'échantillon avait été dilué, remonter à la solution d'origine en multipliant par le facteur de dilution.

Phrase de conclusion

À l'équivalence, coxVE2=credVA5\dfrac{c_{\text{ox}}V_{E}}{2}=\dfrac{c_{\text{red}}V_{A}}{5}, d'où cred=5coxVE2VA=8,0×102 mol/Lc_{\text{red}}=\dfrac{5\,c_{\text{ox}}V_{E}}{2\,V_{A}}=8{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L} dans la solution diluée.

Le piège : Oublier le facteur de dilution à la dernière ligne. La valeur trouvée est celle de la prise d'essai, jamais celle du produit commercial.

Barème : 11 point pour la relation avec les coefficients, 11 point pour l'expression littérale, 11 point pour l'application numérique et l'unité.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Doser l'eau oxygénée par le permanganate de potassium

Une eau oxygénée commerciale est diluée 1010 fois. On titre VA=10,0 mLV_{A}=10{,}0\ \mathrm{mL} de cette solution diluée par une solution de permanganate de potassium à cox=2,0×102 mol/Lc_{\text{ox}}=2{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}. L'équivalence est repérée à VE=16,0 mLV_{E}=16{,}0\ \mathrm{mL}.

Couples : MnO4/Mn2+\mathrm{MnO_{4}^{-}}/\mathrm{Mn^{2+}} et O2/H2O2\mathrm{O_{2}}/\mathrm{H_{2}O_{2}}. Déterminer la concentration de l'eau oxygénée commerciale, puis son titre en volumes, avec Vm=24,0 L/molV_{m}=24{,}0\ \mathrm{L/mol}.

Étape 1

Demi-équations, ajustées dans l'ordre : MnO4+8H++5eMn2++4H2O\mathrm{MnO_{4}^{-}}+8\,\mathrm{H^{+}}+5\,\mathrm{e^{-}}\rightarrow\mathrm{Mn^{2+}}+4\,\mathrm{H_{2}O} et H2O2O2+2H++2e\mathrm{H_{2}O_{2}}\rightarrow\mathrm{O_{2}}+2\,\mathrm{H^{+}}+2\,\mathrm{e^{-}}.

Pourquoi

La seconde surprend : le peroxyde d'hydrogène est ici RÉDUCTEUR, il cède des électrons. C'est la question de cours cachée dans l'exercice, et elle vaut un point à elle seule.

Étape 2

Combinaison : la première par 22, la seconde par 55, pour égaliser 10e10\,\mathrm{e^{-}}. Somme puis simplification des H+\mathrm{H^{+}} : 2MnO4+5H2O2+6H+2Mn2++5O2+8H2O2\,\mathrm{MnO_{4}^{-}}+5\,\mathrm{H_{2}O_{2}}+6\,\mathrm{H^{+}}\rightarrow 2\,\mathrm{Mn^{2+}}+5\,\mathrm{O_{2}}+8\,\mathrm{H_{2}O}.

Pourquoi

Les 16H+16\,\mathrm{H^{+}} à gauche et 1010 à droite laissent 66 à gauche. Sauter cette simplification est l'erreur qui coûte le point de bilan, et elle se voit d'un coup d'oeil.

Étape 3

Relation à l'équivalence, avec les coefficients : n(MnO4)2=n(H2O2)5\dfrac{n(\mathrm{MnO_{4}^{-}})}{2}=\dfrac{n(\mathrm{H_{2}O_{2}})}{5}, soit coxVE2=credVA5\dfrac{c_{\text{ox}}V_{E}}{2}=\dfrac{c_{\text{red}}V_{A}}{5}.

Pourquoi

Écrire d'abord la relation en quantités de matière, puis seulement remplacer par cVcV : c'est ce qui empêche d'oublier les coefficients 22 et 55.

Étape 4

Application numérique : cred=5coxVE2VA=5×2,0×102×16,02×10,0=8,0×102 mol/Lc_{\text{red}}=\dfrac{5\,c_{\text{ox}}V_{E}}{2\,V_{A}}=\dfrac{5\times 2{,}0\times 10^{-2}\times 16{,}0}{2\times 10{,}0}=8{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}.

Pourquoi

Les volumes peuvent rester en millilitres puisqu'ils apparaissent en rapport, ce qui évite deux conversions et donc deux occasions de se tromper.

Étape 5

Retour à la solution commerciale : elle avait été diluée 1010 fois, donc c=10×8,0×102=0,80 mol/Lc=10\times 8{,}0\times 10^{-2}=0{,}80\ \mathrm{mol/L}.

Pourquoi

C'est la ligne que les copies oublient. La question porte sur le produit du commerce, pas sur la prise d'essai qu'on a fabriquée au laboratoire.

Étape 6

Titre en volumes : H2O2\mathrm{H_{2}O_{2}} se décompose selon 2H2O22H2O+O22\,\mathrm{H_{2}O_{2}}\rightarrow 2\,\mathrm{H_{2}O}+\mathrm{O_{2}}, donc un litre libère 0,802×24,0=9,6 L\dfrac{0{,}80}{2}\times 24{,}0=9{,}6\ \mathrm{L} de dioxygène : l'eau oxygénée est à environ 1010 volumes.

Pourquoi

C'est la vérification par le réel : les flacons du commerce sont vendus à 1010 ou 2020 volumes. Un titre de 9696 volumes aurait signalé le facteur de dilution appliqué à l'envers.

Conclusion rédigée

L'eau oxygénée commerciale est à c=0,80 mol/Lc=0{,}80\ \mathrm{mol/L}, soit un titre d'environ 1010 volumes, conforme à l'étiquette. Le calcul repose sur la relation à l'équivalence écrite avec ses coefficients 22 et 55, puis sur le facteur de dilution 1010.

L'erreur classique sur cet exercice : Écrire coxVE=credVAc_{\text{ox}}V_{E}=c_{\text{red}}V_{A} sans les coefficients. On trouve alors 3,2×102 mol/L3{,}2\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}, soit 2,52{,}5 fois trop peu, et un titre de 44 volumes qui ne correspond à aucun produit vendu.

À savoir par cœur

  • Une réaction acide-base met en jeu DEUX couples, et le proton échangé n'apparaît pas dans l'équation globale.
  • Une réaction d'oxydo-réduction met en jeu DEUX couples, et les électrons n'apparaissent pas dans l'équation globale.
  • Demi-équation, quatre étapes dans l'ordre : élément principal, oxygène par H2O\mathrm{H_{2}O}, hydrogène par H+\mathrm{H^{+}}, charge par e\mathrm{e^{-}}.
  • pH=log[H3O+]\mathrm{pH}=-\log\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right], et pour un acide fort [H3O+]=c\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right]=c.
  • Diluer un acide d'un facteur 1010 ajoute 11 au pH, mais le pH ne franchit JAMAIS 77 par dilution.
  • À l'équivalence d'un titrage, nAa=nBb\dfrac{n_{A}}{a}=\dfrac{n_{B}}{b} : les coefficients de l'équation ne disparaissent pas.
  • Amphotère : l'eau et l'ion hydrogénocarbonate en acide-base, le peroxyde d'hydrogène en oxydo-réduction. Le partenaire décide du rôle.

Questions fréquentes

Pourquoi le pH d'un acide très dilué ne dépasse-t-il jamais 7 ?

Parce que l'eau pure apporte déjà cent nanomoles d'ions hydronium par litre. Tant que l'acide en apporte beaucoup plus, diluer dix fois ajoute une unité au pH. Dès que l'acide en apporte moins que l'eau, c'est l'eau qui impose le pH, et la valeur plafonne juste en dessous de sept.

Comment ajuster une demi-équation d'oxydo-réduction ?

Quatre étapes, toujours dans cet ordre. On équilibre d'abord l'élément qui change, puis l'oxygène en ajoutant des molécules d'eau, puis l'hydrogène en ajoutant des ions hydrogène, et la charge en dernier avec des électrons du côté le plus positif. Inverser deux étapes rend le compte faux.

Le pH vaut-il toujours 7 à l'équivalence d'un titrage ?

Non. L'équivalence est définie par les proportions stoechiométriques, pas par la neutralité. Seul un acide fort titré par une base forte donne sept. Avec un acide faible, il reste sa base conjuguée à l'équivalence et le pH se situe au dessus de sept, souvent vers huit ou neuf.

Pourquoi les électrons n'apparaissent-ils pas dans l'équation finale ?

Parce qu'ils n'existent pas libres en solution : le transfert se fait directement d'une espèce à l'autre au moment du choc. Les demi-équations sont une écriture de travail, et on les combine précisément pour que les électrons se simplifient. Une équation globale qui en garde est fausse.

Comment savoir si un couple est acide-base ou oxydant-réducteur ?

On compare les deux formules. Si elles ne diffèrent que par un atome d'hydrogène et une charge positive, c'est un couple acide-base et ce qui s'échange est un proton. Dans tous les autres cas, oxygènes ou charges en plus, c'est un couple oxydant-réducteur et ce qui s'échange est un électron.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Acide-base et oxydo-réduction

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 15 exercices corrigés
  • 150 points
  • 225 minutes
Faire les exercices
Fiche précédente Cohésion, polarité, dissolution et extraction Fiche suivante Énergie et circuits

Ce chapitre resservira dans

Les chapitres qui le réclament en amont, plus tard dans l'année ou dans les années suivantes.

Voir aussi

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