Spécialité physique-chimie, Première • Exercices corrigés à Montréal

Fiche de révision : oxydo-réduction et titrages colorimétriques (Première spécialité)

Cette fiche ne reprend pas le cours sur les couples oxydant-réducteur : vous l'avez déjà dans vos notes. Elle traite ce que le cours ne dit jamais et qui décide pourtant de la note, à savoir l'erreur exacte qui coûte deux points sur une copie, l'ordre des quatre étapes qui ajustent une demi-équation, ce que la couleur signale vraiment à l'équivalence, et la relation à l'équivalence rédigée comme le correcteur l'attend.

Elle est écrite pour les élèves de Première qui suivent la spécialité physique-chimie du programme français, au lycée en France comme dans le réseau AEFE. Une fois la fiche lue, la série d'exercices corrigés du même chapitre met chaque réflexe à l'épreuve, de l'eau oxygénée jusqu'à l'analyse d'un produit de piscine.

Les couples acide-base et le pH ne sont pas au programme de spécialité de Première : ils ouvrent celui de Terminale. Ce que la fiche en dit est rangé à la fin, sous l'étiquette « Pour aller plus loin, Terminale », pour qui veut prendre de l'avance.

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Le fil du chapitre

Une réaction d'oxydo-réduction ne met jamais en jeu un seul couple : il en faut DEUX, et les électrons échangés n'apparaissent jamais dans l'équation globale. Au titrage, l'équivalence est l'instant où le réactif limitant change de camp, et la couleur ne fait que le montrer. Tout ce qui coûte des points ici vient d'avoir oublié le second couple ou d'avoir lu la couleur sans le limitant.

Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Première
Pour s'entraîner Les exercices corrigés de ce chapitre, 15 exercices

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (8 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Atomes, molécules et transformations chimiquesQuatrième
  2. 2Ions, pH, acides et basesTroisième
  3. 3Constitution de la matièreSeconde
  4. 4L'atome et la classification périodiqueSeconde
  5. 5Molécules, mole et quantité de matièreSeconde
  6. 6Équations, avancement et réactif limitantSeconde
  7. 7Entités chimiques et transformationsSeconde
  8. 8Avancement et dosages

L'essentiel

Oxydo-réduction : deux couples, des électrons, et rien de cela dans l'équation

  • • L'oxydant CAPTE les électrons, le réducteur les CÈDE. Une réaction met donc toujours en jeu deux couples, et les e−\mathrm{e^{-}} disparaissent par simplification dans l'équation globale.
  • • Une même espèce peut appartenir à deux couples et jouer l'un ou l'autre rôle selon le partenaire : le peroxyde d'hydrogène est oxydant face aux ions iodure, réducteur face au permanganate.
  • • Reconnaître un couple rédox : les deux formules diffèrent par des électrons, et souvent par des atomes d'oxygène compensés par l'eau et les ions H+\mathrm{H^{+}}.
couple Fe²⁺/Fecouple Cu²⁺/CuFe → Fe²⁺ + 2 e⁻le réducteur cèdeCu²⁺ + 2 e⁻ → Cul'oxydant capte2 e⁻Fe + Cu²⁺ → Fe²⁺ + Cuéquation globale : aucun électron
Le fer, réducteur du couple Fe2+/Fe\mathrm{Fe^{2+}/Fe}, cède deux électrons que capte l'oxydant Cu2+\mathrm{Cu^{2+}} de l'autre couple : ils passent d'un couple à l'autre et disparaissent de l'équation globale.

Sur une copie, écrire les deux demi-équations AVANT l'équation globale rapporte presque toujours un point, même quand la combinaison finale se trompe de coefficient.

Ajuster une demi-équation : quatre étapes, dans cet ordre

  • • 1. L'élément principal, celui qui change : Cr2O72−→2 Cr3+\mathrm{Cr_{2}O_{7}^{2-}}\rightarrow 2\,\mathrm{Cr^{3+}}.
  • • 2. L'oxygène, par des molécules d'eau du côté qui en manque.
  • • 3. L'hydrogène, par des ions H+\mathrm{H^{+}}, jamais par du dihydrogène.
  • • 4. La charge, par des électrons du côté le plus positif. Le compte des charges doit être identique des deux côtés.
  • • Titrage : la réaction support doit être TOTALE, RAPIDE et UNIQUE. À l'équivalence, nAa=nBb\dfrac{n_{A}}{a}=\dfrac{n_{B}}{b} avec aa et bb les coefficients de l'équation.

Inverser les étapes 2 et 3 est l'erreur mécanique la plus fréquente : l'eau ajoutée pour l'oxygène apporte de l'hydrogène, donc l'hydrogène ne peut se compter qu'après.

Le titrage colorimétrique : ce que la couleur signale

  • • Avant l'équivalence, le réactif titrant versé est LIMITANT : il est entièrement consommé dès qu'il tombe dans le bécher. Après l'équivalence, c'est le réactif titré qui est limitant, et le titrant s'accumule.
  • • Si le titrant est coloré, comme l'ion permanganate violet, la solution reste incolore jusqu'à l'équivalence, puis la première goutte en excès la colore durablement : c'est ce virage qu'on lit.
  • • Si c'est l'espèce titrée qui est colorée, comme le diiode brun, la couleur s'efface à l'équivalence, quand cette espèce vient d'être entièrement consommée. L'empois d'amidon rend ce virage plus net.
  • • On retient le volume pour lequel la teinte PERSISTE, pas la première teinte fugace qui disparaît en agitant.

La couleur ne mesure rien par elle-même : elle rend visible le changement de réactif limitant, et c'est ce changement qui définit l'équivalence.

Pour aller plus loin, Terminale : acide-base et pH

  • • Acide-base, au programme de Terminale : l'acide CÈDE un ion hydrogène H+\mathrm{H^{+}}, la base le CAPTE. Même structure que l'oxydo-réduction : deux couples, et H+\mathrm{H^{+}} disparaît de l'équation globale.
  • • pH=−log⁡[H3O+]\mathrm{pH}=-\log\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right] et réciproquement [H3O+]=10−pH\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right]=10^{-\mathrm{pH}}, la concentration étant en mol/L\mathrm{mol/L}.
  • • Pour un acide FORT, la dissociation est totale : [H3O+]=c\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right]=c, donc pH=−log⁡c\mathrm{pH}=-\log c. Cette égalité ne vaut pas pour un acide faible.
  • • Diluer un acide d'un facteur 1010 ajoute 11 au pH, mais SEULEMENT tant que la concentration reste très supérieure à 10−7 mol/L10^{-7}\ \mathrm{mol/L}.
  • • Une solution acide ne devient jamais basique par simple dilution : le pH tend vers 77 sans jamais le dépasser, parce que l'eau elle-même fournit des ions H3O+\mathrm{H_{3}O^{+}}.
AHA⁻BBH⁺H⁺l'acide cèdela base capteAH + B → A⁻ + BH⁺le proton n'apparaît pas dans l'équation
Le proton part de l'acide du premier couple et arrive sur la base du second. Il circule, mais il n'existe jamais seul en solution : c'est pour cela qu'il n'apparaît pas dans l'équation globale.

Le pH n'a pas d'unité, et il ne se calcule qu'à partir d'une concentration en mol/L\mathrm{mol/L} : une concentration massique doit d'abord être convertie.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Laisser des électrons circuler librement en solution

1 point, et l'équation globale fausse si les e−\mathrm{e^{-}} y restent

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Dans la demi-équation, les électrons apparaissent, donc ils circulent dans la solution jusqu'à l'autre réactif. »

Ce qu'il faut écrire

« Une demi-équation est une écriture formelle, jamais une réaction réelle. Les électrons n'existent pas libres en solution : on COMBINE toujours les deux demi-équations pour qu'ils se simplifient. »

+e⁻e⁻e⁻faux : des électronslibres dans l'eauFeCu²⁺2 e⁻juste : transfert directau moment du choc
À gauche, l'image fausse : des électrons qui voyageraient dans l'eau. À droite, ce qui se passe : l'électron passe directement du fer à l'ion Cu2+\mathrm{Cu^{2+}} au moment où ils se touchent.

Pourquoi : Le transfert est direct, d'une espèce à l'autre au moment du choc. Une équation globale qui garde des électrons signale au correcteur que la combinaison n'a pas été faite.

2. Désigner un limitant dans un titrage à partir des concentrations

2 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« ctitrant=2,0×10−2 mol/Lc_{\text{titrant}}=2{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L} contre 8,0×10−2 mol/L8{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L} pour le titré, donc le titrant est limitant. »

Ce qu'il faut écrire

« Dans un titrage, le titrant est versé progressivement : il est limitant AVANT l'équivalence, le titré l'est APRÈS, et à l'équivalence exactement les deux ont été introduits dans les proportions stœchiométriques. »

Pourquoi : Le limitant change en cours de manipulation, c'est même ce qui produit le changement de couleur. Raisonner sur les seules concentrations ignore les volumes versés.

3. Croire qu'un oxydant ne peut pas être oxydé

1,5 point, et l'équation du dosage qui devient impossible à écrire

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le peroxyde d'hydrogène est un oxydant, donc il ne peut pas être oxydé. »

Ce qu'il faut écrire

« H2O2\mathrm{H_{2}O_{2}} appartient à deux couples : oxydant dans H2O2/H2O\mathrm{H_{2}O_{2}}/\mathrm{H_{2}O}, réducteur dans O2/H2O2\mathrm{O_{2}}/\mathrm{H_{2}O_{2}}. C'est le partenaire qui décide du rôle joué, pas l'espèce seule. »

H₂O₂O₂cède 2 e⁻ : réducteurface à MnO₄⁻H₂Ocapte 2 e⁻ : oxydantface à I⁻couple O₂/H₂O₂couple H₂O₂/H₂O
La même molécule appartient à deux couples : elle cède des électrons au permanganate et devient O2\mathrm{O_{2}}, elle en capte aux ions iodure et devient H2O\mathrm{H_{2}O}. C'est le partenaire qui décide.

Pourquoi : Oxydant et réducteur sont des rôles, pas des natures. L'eau joue exactement le même double jeu en acide-base, et c'est la même idée d'amphotère.

4. Oublier les coefficients dans la relation à l'équivalence

3 points : le résultat est faux d'un facteur 2,5

Ce qu'il ne faut pas écrire

« À l'équivalence, ntitrant=ntitreˊn_{\text{titrant}}=n_{\text{titré}}, donc cAVA=cBVEc_{A}V_{A}=c_{B}V_{E}. »

Ce qu'il faut écrire

« La relation porte sur les rapports : nAa=nBb\dfrac{n_{A}}{a}=\dfrac{n_{B}}{b}, avec aa et bb lus dans l'équation de la réaction support. Pour 2 MnO4−+5 H2O2+…2\,\mathrm{MnO_{4}^{-}}+5\,\mathrm{H_{2}O_{2}}+\ldots, c'est n(MnO4−)2=n(H2O2)5\dfrac{n(\mathrm{MnO_{4}^{-}})}{2}=\dfrac{n(\mathrm{H_{2}O_{2}})}{5}. »

juste : 2 MnO₄⁻pour 5 H₂O₂faux : autant del'un que de l'autreMnO₄⁻H₂O₂
À l'équivalence de l'exemple, il a fallu 2 ions permanganate pour 5 molécules de peroxyde d'hydrogène. Écrire des quantités égales n'en compte que 2 et donne une concentration 2,5 fois trop petite.

Pourquoi : C'est exactement la même erreur que le réactif limitant lu sur les quantités brutes. Les coefficients ne disparaissent jamais, quel que soit le chapitre.

5. Ajuster la charge avant l'oxygène

2 points, et une équation globale impossible à équilibrer

Ce qu'il ne faut pas écrire

« MnO4−+5 e−→Mn2+\mathrm{MnO_{4}^{-}}+5\,\mathrm{e^{-}}\rightarrow\mathrm{Mn^{2+}}, puis j'ajoute l'eau et les H+\mathrm{H^{+}}. »

Ce qu'il faut écrire

« Élément principal, puis oxygène par l'eau, puis hydrogène par les H+\mathrm{H^{+}}, et la charge EN DERNIER : MnO4−+8 H++5 e−→Mn2++4 H2O\mathrm{MnO_{4}^{-}}+8\,\mathrm{H^{+}}+5\,\mathrm{e^{-}}\rightarrow\mathrm{Mn^{2+}}+4\,\mathrm{H_{2}O}. »

Pourquoi : Les H+\mathrm{H^{+}} ajoutés à l'étape 3 changent la charge totale. Compter les électrons avant eux revient à compter une charge qui n'est pas encore la bonne.

6. Attribuer la couleur de l'équivalence au produit formé

1,5 point, et souvent la question suivante, qui demande de repérer l'équivalence

Ce qu'il ne faut pas écrire

« À l'équivalence, la solution devient rose parce que la réaction a formé des ions Mn2+\mathrm{Mn^{2+}}. »

Ce qu'il faut écrire

« Les ions Mn2+\mathrm{Mn^{2+}} sont incolores. Avant l'équivalence, l'ion MnO4−\mathrm{MnO_{4}^{-}} versé est limitant et disparaît aussitôt. Après l'équivalence, il est en excès et subsiste : la première goutte en excès donne la teinte rose persistante. »

24681012141618202224123456789équivalenceH₂O₂ restantMnO₄⁻ en excèsMnO₄⁻ : zéro, incolorevolume versé (mL)quantité (10⁻⁴ mol)
Jusqu'à 16 mL16\ \mathrm{mL}, le permanganate versé est limitant et n'est jamais présent : la solution reste incolore. Au-delà, il s'accumule, et c'est lui qui colore.

Pourquoi : Le virage signale un CHANGEMENT DE RÉACTIF LIMITANT, pas l'apparition d'un produit. Avec 16,0 mL16{,}0\ \mathrm{mL} versés, les 8,0×10−4 mol8{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{mol} de peroxyde d'hydrogène sont juste consommées ; 8,0 mL8{,}0\ \mathrm{mL} de plus laissent 1,6×10−4 mol1{,}6\times 10^{-4}\ \mathrm{mol} d'ions permanganate en excès.

7. Pour aller plus loin, Terminale : faire basculer un acide dilué du côté basique

2 points, et la conclusion de l'exercice

Ce qu'il ne faut pas écrire

« On dilue 10 00010\,000 fois un acide de pH 44, donc son pH passe à 88. »

Ce qu'il faut écrire

« La règle du +1+1 par dilution décimale ne vaut que loin de 10−7 mol/L10^{-7}\ \mathrm{mol/L}. Ici la solution finale est à 10−8 mol/L10^{-8}\ \mathrm{mol/L} d'acide apporté, et le pH tend vers 77 sans jamais le franchir : diluer un acide ne le rend pas basique. »

123456345678faux : pH = 4 + kpH réel : plafond à 7k : nombre de dilutions par 10pH
La droite en pointillés est la règle du +1+1 par dilution décimale. La courbe réelle la suit deux décades, puis s'infléchit et plafonne à 77 : c'est l'eau qui prend le relais.

Pourquoi : L'eau pure elle-même apporte 10−7 mol/L10^{-7}\ \mathrm{mol/L} d'ions H3O+\mathrm{H_{3}O^{+}}. Dès que l'acide apporte moins que cela, c'est l'eau qui impose le pH.

8. Pour aller plus loin, Terminale : confondre l'équivalence et la neutralité

2 points, et le choix de l'indicateur coloré qui suit

Ce qu'il ne faut pas écrire

« À l'équivalence, la solution est neutre, donc pH=7\mathrm{pH}=7. »

Ce qu'il faut écrire

« L'équivalence est définie par les proportions stœchiométriques, pas par le pH. Avec un acide faible titré par une base forte, l'équivalence tombe vers pH=8,6\mathrm{pH}=8{,}6 : elle se repère au SAUT de pH, pas à la valeur 77. »

24681012141618202468101214équivalence : pH = 8,6pH = 7V de soude (mL)pH
Le saut de pH est centré sur l'équivalence, en V=12 mLV=12\ \mathrm{mL}, et son milieu n'est pas à pH=7\mathrm{pH}=7 : avec un acide faible, l'équivalence se lit vers 8,68{,}6.

Pourquoi : À l'équivalence, il reste en solution la base conjuguée de l'acide titré, qui rend le milieu basique. Seul un acide fort titré par une base forte donne 77.

9. Pour aller plus loin, Terminale : laisser le proton dans l'équation globale acide-base

1,5 point

Ce qu'il ne faut pas écrire

« CH3COOH+HO−→CH3COO−+H++HO−\mathrm{CH_{3}COOH}+\mathrm{HO^{-}}\rightarrow\mathrm{CH_{3}COO^{-}}+\mathrm{H^{+}}+\mathrm{HO^{-}}. »

Ce qu'il faut écrire

« CH3COOH+HO−→CH3COO−+H2O\mathrm{CH_{3}COOH}+\mathrm{HO^{-}}\rightarrow\mathrm{CH_{3}COO^{-}}+\mathrm{H_{2}O} : le proton cédé par l'acide est immédiatement capté par la base, il ne subsiste pas. »

Pourquoi : Un proton libre en solution n'existe pas : il est toujours porté par une molécule d'eau, sous la forme H3O+\mathrm{H_{3}O^{+}}. L'écrire seul dans un bilan est une faute de fond.

Quelle méthode choisir

Titrage colorimétrique : quel virage attendre

Une seule question, posée avant de manipuler : quelle espèce est colorée, le titrant, l'espèce titrée, ou aucune des deux ?

titrant coloréMnO₄⁻titré coloréI₂I₂ + amidonproduit coloré :pas de virage netavantaprès
Avant et après l'équivalence : la teinte apparaît quand le titrant est coloré, disparaît quand le titré l'est, d'un coup avec l'amidon. Une teinte qui fonce peu à peu ne marque rien.
  • Si le titrant est la seule espèce colorée → la couleur APPARAÎT à l'équivalence, quand le titrant cesse d'être limitant

    Exemple : permanganate violet sur l'eau oxygénée : première teinte rose persistante

    Le titrant sert alors d'indicateur de fin de réaction à lui seul.

  • Si l'espèce titrée est la seule espèce colorée → la couleur DISPARAÎT à l'équivalence, quand l'espèce titrée est entièrement consommée

    Exemple : diiode brun titré par le thiosulfate : décoloration de la solution

  • Si la couleur de l'espèce titrée est pâle et le virage difficile à voir → ajouter un révélateur qui forme avec elle une espèce très colorée

    Exemple : empois d'amidon avec le diiode : le bleu foncé disparaît d'un coup

  • Si le produit formé est coloré → la couleur change progressivement pendant tout le titrage : ce n'est pas un repère d'équivalence

    Exemple : une teinte qui fonce goutte après goutte ne marque rien, seul un virage net compte

Dans les trois premiers cas, la phrase attendue nomme l'espèce responsable de la couleur ET dit pourquoi elle apparaît ou disparaît à cet instant : changement de réactif limitant.

Ajuster une demi-équation : l'ordre des quatre étapes

L'ordre n'est pas négociable, parce que chaque étape modifie le bilan de la suivante. On regarde ce qui n'est pas encore équilibré, dans cet ordre exactement.

  • Si l'élément principal n'est pas en même nombre des deux côtés → l'équilibrer d'abord, avec ses coefficients

    Exemple : Cr2O72−→2 Cr3+\mathrm{Cr_{2}O_{7}^{2-}}\rightarrow 2\,\mathrm{Cr^{3+}}

  • Si l'oxygène manque d'un côté → ajouter autant de H2O\mathrm{H_{2}O} que d'oxygènes manquants

    Exemple : MnO4−→Mn2++4 H2O\mathrm{MnO_{4}^{-}}\rightarrow\mathrm{Mn^{2+}}+4\,\mathrm{H_{2}O}

  • Si l'hydrogène manque d'un côté → ajouter des ions H+\mathrm{H^{+}}, jamais du dihydrogène

    Exemple : MnO4−+8 H+→Mn2++4 H2O\mathrm{MnO_{4}^{-}}+8\,\mathrm{H^{+}}\rightarrow\mathrm{Mn^{2+}}+4\,\mathrm{H_{2}O}

  • Si les charges totales diffèrent → ajouter les e−\mathrm{e^{-}} du côté le plus positif, en dernier

    Exemple : −1+8=+7-1+8=+7 à gauche contre +2+2 à droite, donc 5 e−5\,\mathrm{e^{-}} à gauche

    Recompter les charges après ajout : +7−5=+2+7-5=+2, égal à droite.

En milieu basique, on ajuste d'abord comme en milieu acide, puis on neutralise les H+\mathrm{H^{+}} par autant d'ions HO−\mathrm{HO^{-}} des deux côtés. Ce cas n'est pas exigible en Première.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Construire une équation d'oxydo-réduction

Quand l'utiliser : Dès que l'énoncé donne deux couples oxydant-réducteur et demande l'équation de la réaction, en particulier avant tout titrage.

  1. 1 Écrire les deux demi-équations séparément, chacune ajustée dans l'ordre élément, oxygène, hydrogène, charge.
  2. 2 Repérer le sens de chacune : l'oxydant du premier couple capte, le réducteur du second cède.
  3. 3 Multiplier chaque demi-équation par le facteur qui égalise les nombres d'électrons, et l'écrire explicitement.
  4. 4 Additionner membre à membre, puis simplifier les électrons et, s'il y a lieu, les H+\mathrm{H^{+}} et H2O\mathrm{H_{2}O} présents des deux côtés.
  5. 5 Vérifier la conservation de chaque élément ET de la charge totale sur l'équation obtenue.

Phrase de conclusion

En multipliant la première demi-équation par 22 et la seconde par 55, les 10 e−10\,\mathrm{e^{-}} se simplifient et l'équation de la réaction s'écrit 2 MnO4−+5 H2O2+6 H+→2 Mn2++5 O2+8 H2O2\,\mathrm{MnO_{4}^{-}}+5\,\mathrm{H_{2}O_{2}}+6\,\mathrm{H^{+}}\rightarrow 2\,\mathrm{Mn^{2+}}+5\,\mathrm{O_{2}}+8\,\mathrm{H_{2}O}.

Le piège : Oublier de simplifier les H+\mathrm{H^{+}} présents des deux côtés. Ici 1616 à gauche et 1010 à droite donnent 66 à gauche, et une copie qui laisse 1616 perd le point de bilan.

Barème : En général 11 point par demi-équation ajustée, 11 point pour les coefficients multiplicateurs, 11 point pour l'équation simplifiée et vérifiée.

Exploiter l'équivalence d'un titrage

Quand l'utiliser : Dès qu'un volume équivalent est donné ou lu sur une courbe, et qu'on demande une concentration.

  1. 1 Rappeler la définition : à l'équivalence, les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques de l'équation.
  2. 2 Écrire la relation avec les COEFFICIENTS : nAa=nBb\dfrac{n_{A}}{a}=\dfrac{n_{B}}{b}, en nommant aa et bb.
  3. 3 Remplacer chaque quantité par cVcV, en gardant les volumes en litres.
  4. 4 Isoler la concentration cherchée littéralement, puis faire l'application numérique avec l'unité.
  5. 5 Si l'échantillon avait été dilué, remonter à la solution d'origine en multipliant par le facteur de dilution.

Phrase de conclusion

À l'équivalence, coxVE2=credVA5\dfrac{c_{\text{ox}}V_{E}}{2}=\dfrac{c_{\text{red}}V_{A}}{5}, d'où cred=5 coxVE2 VA=8,0×10−2 mol/Lc_{\text{red}}=\dfrac{5\,c_{\text{ox}}V_{E}}{2\,V_{A}}=8{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L} dans la solution diluée.

Le piège : Oublier le facteur de dilution à la dernière ligne. La valeur trouvée est celle de la prise d'essai, jamais celle du produit commercial.

Barème : 11 point pour la relation avec les coefficients, 11 point pour l'expression littérale, 11 point pour l'application numérique et l'unité.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Doser l'eau oxygénée par le permanganate de potassium

Une eau oxygénée commerciale est diluée 1010 fois. On titre VA=10,0 mLV_{A}=10{,}0\ \mathrm{mL} de cette solution diluée par une solution de permanganate de potassium à cox=2,0×10−2 mol/Lc_{\text{ox}}=2{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}. L'équivalence est repérée à VE=16,0 mLV_{E}=16{,}0\ \mathrm{mL}.

Couples : MnO4−/Mn2+\mathrm{MnO_{4}^{-}}/\mathrm{Mn^{2+}} et O2/H2O2\mathrm{O_{2}}/\mathrm{H_{2}O_{2}}. Déterminer la concentration de l'eau oxygénée commerciale, puis son titre en volumes, avec Vm=24,0 L/molV_{m}=24{,}0\ \mathrm{L/mol}.

burette graduéepermanganate de potassium2,0×10⁻² mol/Leau oxygénéediluée 10 foisVA = 10,0 mLbarreau aimantéagitateur magnétique
Le montage de l'exemple : le permanganate violet dans la burette, l'eau oxygénée incolore dans le bécher. Aucun indicateur : le titrant coloré signale lui-même l'équivalence.

Étape 1

Demi-équations, ajustées dans l'ordre : MnO4−+8 H++5 e−→Mn2++4 H2O\mathrm{MnO_{4}^{-}}+8\,\mathrm{H^{+}}+5\,\mathrm{e^{-}}\rightarrow\mathrm{Mn^{2+}}+4\,\mathrm{H_{2}O} et H2O2→O2+2 H++2 e−\mathrm{H_{2}O_{2}}\rightarrow\mathrm{O_{2}}+2\,\mathrm{H^{+}}+2\,\mathrm{e^{-}}.

Pourquoi

La seconde surprend : le peroxyde d'hydrogène est ici RÉDUCTEUR, il cède des électrons. C'est la question de cours cachée dans l'exercice, et elle vaut un point à elle seule.

Étape 2

Combinaison : la première par 22, la seconde par 55, pour égaliser 10 e−10\,\mathrm{e^{-}}. Somme puis simplification des H+\mathrm{H^{+}} : 2 MnO4−+5 H2O2+6 H+→2 Mn2++5 O2+8 H2O2\,\mathrm{MnO_{4}^{-}}+5\,\mathrm{H_{2}O_{2}}+6\,\mathrm{H^{+}}\rightarrow 2\,\mathrm{Mn^{2+}}+5\,\mathrm{O_{2}}+8\,\mathrm{H_{2}O}.

Pourquoi

Les 16 H+16\,\mathrm{H^{+}} à gauche et 1010 à droite laissent 66 à gauche. Sauter cette simplification est l'erreur qui coûte le point de bilan, et elle se voit d'un coup d'oeil.

Étape 3

Relation à l'équivalence, avec les coefficients : n(MnO4−)2=n(H2O2)5\dfrac{n(\mathrm{MnO_{4}^{-}})}{2}=\dfrac{n(\mathrm{H_{2}O_{2}})}{5}, soit coxVE2=credVA5\dfrac{c_{\text{ox}}V_{E}}{2}=\dfrac{c_{\text{red}}V_{A}}{5}.

Pourquoi

Écrire d'abord la relation en quantités de matière, puis seulement remplacer par cVcV : c'est ce qui empêche d'oublier les coefficients 22 et 55.

Étape 4

Application numérique : cred=5 coxVE2 VA=5×2,0×10−2×16,02×10,0=8,0×10−2 mol/Lc_{\text{red}}=\dfrac{5\,c_{\text{ox}}V_{E}}{2\,V_{A}}=\dfrac{5\times 2{,}0\times 10^{-2}\times 16{,}0}{2\times 10{,}0}=8{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}.

Pourquoi

Les volumes peuvent rester en millilitres puisqu'ils apparaissent en rapport, ce qui évite deux conversions et donc deux occasions de se tromper.

Étape 5

Retour à la solution commerciale : elle avait été diluée 1010 fois, donc c=10×8,0×10−2=0,80 mol/Lc=10\times 8{,}0\times 10^{-2}=0{,}80\ \mathrm{mol/L}.

Pourquoi

C'est la ligne que les copies oublient. La question porte sur le produit du commerce, pas sur la prise d'essai qu'on a fabriquée au laboratoire.

Étape 6

Titre en volumes : H2O2\mathrm{H_{2}O_{2}} se décompose selon 2 H2O2→2 H2O+O22\,\mathrm{H_{2}O_{2}}\rightarrow 2\,\mathrm{H_{2}O}+\mathrm{O_{2}}, donc un litre libère 0,802×24,0=9,6 L\dfrac{0{,}80}{2}\times 24{,}0=9{,}6\ \mathrm{L} de dioxygène : l'eau oxygénée est à environ 1010 volumes.

Pourquoi

C'est la vérification par le réel : les flacons du commerce sont vendus à 1010 ou 2020 volumes. Un titre de 9696 volumes aurait signalé le facteur de dilution appliqué à l'envers.

Conclusion rédigée

L'eau oxygénée commerciale est à c=0,80 mol/Lc=0{,}80\ \mathrm{mol/L}, soit un titre d'environ 1010 volumes, conforme à l'étiquette. Le calcul repose sur la relation à l'équivalence écrite avec ses coefficients 22 et 55, puis sur le facteur de dilution 1010.

L'erreur classique sur cet exercice : Écrire coxVE=credVAc_{\text{ox}}V_{E}=c_{\text{red}}V_{A} sans les coefficients. On trouve alors 3,2×10−2 mol/L3{,}2\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}, soit 2,52{,}5 fois trop peu, et un titre de 44 volumes qui ne correspond à aucun produit vendu.

À savoir par cœur

  • • Une réaction d'oxydo-réduction met en jeu DEUX couples, et les électrons n'apparaissent pas dans l'équation globale.
  • • Demi-équation, quatre étapes dans l'ordre : élément principal, oxygène par H2O\mathrm{H_{2}O}, hydrogène par H+\mathrm{H^{+}}, charge par e−\mathrm{e^{-}}.
  • • À l'équivalence d'un titrage, nAa=nBb\dfrac{n_{A}}{a}=\dfrac{n_{B}}{b} : les coefficients de l'équation ne disparaissent pas.
  • • Une espèce peut appartenir à deux couples rédox : le peroxyde d'hydrogène est oxydant ou réducteur selon son partenaire. Le partenaire décide du rôle.
  • • Pour aller plus loin, Terminale : une réaction acide-base met en jeu DEUX couples, et le proton échangé n'apparaît pas dans l'équation globale.
  • • Titrage colorimétrique : la couleur change quand le réactif limitant change ; on lit le volume où la teinte PERSISTE.
  • • Pour aller plus loin, Terminale : pH=−log⁡[H3O+]\mathrm{pH}=-\log\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right], et pour un acide fort [H3O+]=c\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right]=c.
  • • Pour aller plus loin, Terminale : diluer un acide d'un facteur 1010 ajoute 11 au pH, mais le pH ne franchit JAMAIS 77 par dilution.

Questions fréquentes

Comment ajuster une demi-équation d'oxydo-réduction ?

Quatre étapes, toujours dans cet ordre. On équilibre d'abord l'élément qui change, puis l'oxygène en ajoutant des molécules d'eau, puis l'hydrogène en ajoutant des ions hydrogène, et la charge en dernier avec des électrons du côté le plus positif. Inverser deux étapes rend le compte faux.

Pourquoi les électrons n'apparaissent-ils pas dans l'équation finale ?

Parce qu'ils n'existent pas libres en solution : le transfert se fait directement d'une espèce à l'autre au moment du choc. Les demi-équations sont une écriture de travail, et on les combine précisément pour que les électrons se simplifient. Une équation globale qui en garde est fausse.

Comment savoir si un couple est acide-base ou oxydant-réducteur ?

On compare les deux formules. Si elles ne diffèrent que par un atome d'hydrogène et une charge positive, c'est un couple acide-base et ce qui s'échange est un proton. Dans tous les autres cas, oxygènes ou charges en plus, c'est un couple oxydant-réducteur et ce qui s'échange est un électron. Les couples acide-base sont étudiés en Terminale.

Comment repère-t-on l'équivalence d'un titrage colorimétrique ?

On repère la goutte qui change durablement la couleur de la solution. Ce changement vient d'une espèce colorée qui apparaît ou disparaît au moment où le réactif limitant change : le titrant coloré qui commence à s'accumuler, ou l'espèce titrée colorée qui vient d'être entièrement consommée. On retient le volume pour lequel la teinte persiste après agitation.

Pourquoi la solution devient-elle rose à l'équivalence d'un titrage au permanganate ?

Parce que l'ion permanganate, violet, cesse d'être consommé. Avant l'équivalence, chaque goutte versée réagit aussitôt et la solution reste incolore, les ions manganèse formés étant incolores. Après l'équivalence, l'espèce titrée est épuisée : la première goutte en excès reste en solution et la colore en rose.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Oxydo-réduction et titrages

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 15 exercices corrigés
  • 150 points
  • 225 minutes
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© Ahmed Squalli Houssaini. Fiche publiée sur www.letuteurscientifique.ca/fiches/1spc-acide-base-redox. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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