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Spécialité physique-chimie, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : piles, électrolyse et loi de Faraday (Terminale spécialité)

Voici une série d'exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur les piles et l'électrolyse, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

Une seule chaîne de conversions résout toutes les questions quantitatives du chapitre : l'intensité et la durée donnent la charge, la charge et Faraday donnent les électrons, la demi-équation donne l'espèce, la masse molaire donne la masse. L'exercice 5 la condense en une formule unique.

Le piège récurrent est celui de l'anode. Elle est le siège de l'oxydation, toujours, mais sa polarité s'inverse entre une pile et un électrolyseur. Retenir la définition par l'oxydation et jamais par le signe est la seule façon de ne pas s'y perdre.

Rappel de cours

  • Anode : siège de l'OXYDATION, toujours. Cathode : siège de la réduction. La polarité, elle, dépend du dispositif : anode négative dans une pile, reliée au pôle positif dans un électrolyseur.
  • Les électrons circulent uniquement dans le circuit extérieur ; à l'intérieur, ce sont les ions du pont salin qui assurent le passage du courant.
  • Q=IΔtQ=I\Delta t et Q=n(e)FQ=n\left(e^{-}\right)F avec F=9,65×104 C/mol=NAeF=9{,}65\times 10^{4}\ \mathrm{C/mol}=N_{A}\,e.
  • Loi de Faraday : m=MIΔtzFm=\dfrac{M\,I\,\Delta t}{z\,F}, où zz est le nombre d'électrons échangés par atome.
  • Capacité d'une pile : fixée par le réactif LIMITANT. 1 Ah=3600 C1\ \mathrm{A\cdot h}=3600\ \mathrm{C}.
  • Transformation forcée : le générateur impose une évolution qui ÉCARTE QrQ_{r} de KK, l'inverse du sens spontané.
  • Électrolyse de l'eau : 2H2O2H2+O2\mathrm{2\,H_{2}O\longrightarrow 2\,H_{2}+O_{2}}, donc deux fois plus de dihydrogène que de dioxygène en volume.
  • Épaisseur d'un dépôt : passer par la masse, puis le volume via la masse volumique, puis diviser par la surface.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : La pile Daniell

Une pile Daniell associe une lame de zinc plongée dans une solution de sulfate de zinc et une lame de cuivre plongée dans une solution de sulfate de cuivre, les deux compartiments étant reliés par un pont salin.

Les couples mis en jeu sont Zn2+/Zn\mathrm{Zn^{2+}/Zn} et Cu2+/Cu\mathrm{Cu^{2+}/Cu}, et la transformation spontanée est Zn+Cu2+Zn2++Cu\mathrm{Zn+Cu^{2+}\longrightarrow Zn^{2+}+Cu}.

ZnCu(-)(+)Zn2+Cu2+pont saline-
  • a) Écrivez les deux demi-équations et identifiez l'oxydation et la réduction.
  • b) Précisez à quelle électrode se produit l'oxydation, puis le nom de cette électrode.
  • c) Justifiez la polarité indiquée sur le schéma, puis donnez le sens de circulation des électrons et celui du courant dans le circuit extérieur.
  • d) Quel est le rôle du pont salin ? Que se passerait-il si on le retirait ?
  • e) Comment évoluent les masses des deux électrodes au cours du fonctionnement ?
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a) À la lame de zinc : ZnZn2++2e\mathrm{Zn\longrightarrow Zn^{2+}+2\,e^{-}}, c'est une OXYDATION, le zinc perd des électrons. À la lame de cuivre : Cu2++2eCu\mathrm{Cu^{2+}+2\,e^{-}\longrightarrow Cu}, c'est une RÉDUCTION.

b) L'oxydation se produit à l'électrode de zinc. Par convention, l'électrode siège de l'oxydation s'appelle l'ANODE, quelle que soit sa polarité. On retiendra le moyen mnémotechnique : anode et oxydation commencent toutes deux par une voyelle, cathode et réduction par une consonne.

c) Le zinc libère des électrons dans le circuit : c'est donc lui qui les pousse vers l'extérieur, ce qui en fait la borne NÉGATIVE. Le cuivre les consomme, il constitue la borne positive. Les électrons circulent donc dans le fil du zinc vers le cuivre, de la gauche vers la droite sur le schéma, comme l'indique la flèche. Le courant conventionnel, lui, circule en sens INVERSE, du cuivre vers le zinc dans le fil extérieur.

d) Le pont salin assure la fermeture du circuit à l'intérieur de la pile et maintient l'électroneutralité de chaque solution. Sans lui, le compartiment de gauche accumulerait des charges positives par production d'ions Zn2+\mathrm{Zn^{2+}}, et celui de droite des charges négatives par disparition des ions Cu2+\mathrm{Cu^{2+}}. Cette séparation de charges s'opposerait immédiatement au transfert d'électrons et la pile s'arrêterait presque instantanément. Le pont libère donc des ions dans chaque compartiment pour compenser.

e) La lame de zinc MAIGRIT, puisque le zinc métallique passe en solution sous forme d'ions. La lame de cuivre GROSSIT, puisque des ions cuivre se déposent dessus à l'état métallique. C'est une vérification expérimentale simple du sens de la transformation, et la mesure de ces variations de masse permet de remonter à la quantité d'électricité débitée.

Exercice 2 : Quantité d'électricité et constante de Faraday

La quantité d'électricité qui traverse un circuit pendant une durée Δt\Delta t à intensité constante vaut Q=IΔtQ=I\Delta t, en coulombs.

Elle est reliée à la quantité de matière d'électrons échangés par Q=n(e)×FQ=n\left(e^{-}\right)\times F, où F=9,65×104 C/molF=9{,}65\times 10^{4}\ \mathrm{C/mol} est la constante de Faraday.

  • a) Une pile débite I=0,150 AI=0{,}150\ \mathrm{A} pendant 2,0 h2{,}0\ \mathrm{h}. Calculez la quantité d'électricité débitée.
  • b) Déduisez-en la quantité de matière d'électrons échangés.
  • c) Que représente physiquement la constante de Faraday ? Retrouvez sa valeur à partir de la charge élémentaire e=1,602×1019 Ce=1{,}602\times 10^{-19}\ \mathrm{C} et du nombre d'Avogadro NA=6,022×1023 mol1N_{A}=6{,}022\times 10^{23}\ \mathrm{mol^{-1}}.
  • d) Pour la pile Daniell, exprimez la quantité de matière de cuivre déposée en fonction de n(e)n\left(e^{-}\right).
  • e) Calculez la masse de cuivre déposée pendant ces deux heures, avec M(Cu)=63,5 g/molM(\mathrm{Cu})=63{,}5\ \mathrm{g/mol}.
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a) Δt=2,0 h=7200 s\Delta t=2{,}0\ \mathrm{h}=7200\ \mathrm{s}, donc Q=0,150×7200=1,08×103 CQ=0{,}150\times 7200=1{,}08\times 10^{3}\ \mathrm{C}.

b) n(e)=QF=1,08×1039,65×104=1,12×102 moln\left(e^{-}\right)=\dfrac{Q}{F}=\dfrac{1{,}08\times 10^{3}}{9{,}65\times 10^{4}}=1{,}12\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}.

c) La constante de Faraday est la valeur absolue de la charge portée par une mole d'électrons. On la retrouve par F=NA×e=6,022×1023×1,602×1019=9,65×104 C/molF=N_{A}\times e=6{,}022\times 10^{23}\times 1{,}602\times 10^{-19}=9{,}65\times 10^{4}\ \mathrm{C/mol}. Ce n'est donc pas une constante fondamentale indépendante, mais le simple produit de deux autres.

d) La demi-équation Cu2++2eCu\mathrm{Cu^{2+}+2\,e^{-}\longrightarrow Cu} montre qu'il faut deux électrons par atome de cuivre déposé, donc n(Cu)=n(e)2n(\mathrm{Cu})=\dfrac{n\left(e^{-}\right)}{2}.

e) n(Cu)=1,12×1022=5,60×103 moln(\mathrm{Cu})=\dfrac{1{,}12\times 10^{-2}}{2}=5{,}60\times 10^{-3}\ \mathrm{mol}, donc m=5,60×103×63,5=0,355 gm=5{,}60\times 10^{-3}\times 63{,}5=0{,}355\ \mathrm{g}. Deux heures de fonctionnement ne déposent donc qu'un tiers de gramme : c'est peu, et cela donne une idée concrète de ce que représente une intensité de 150 mA150\ \mathrm{mA}.

Exercice 3 : La capacité d'une pile

La capacité d'une pile est la quantité d'électricité maximale qu'elle peut débiter avant épuisement du réactif limitant. On l'exprime souvent en ampères-heures.

Une pile Daniell contient une lame de zinc de 10,0 g10{,}0\ \mathrm{g} et 100 mL100\ \mathrm{mL} de solution de sulfate de cuivre à 1,00 mol/L1{,}00\ \mathrm{mol/L}. On donne M(Zn)=65,4 g/molM(\mathrm{Zn})=65{,}4\ \mathrm{g/mol}.

  • a) Calculez les quantités de matière initiales de zinc et d'ions cuivre.
  • b) Déterminez le réactif limitant.
  • c) Calculez la quantité maximale d'électrons échangés, puis la capacité de la pile en coulombs.
  • d) Convertissez cette capacité en ampères-heures.
  • e) La pile débite 0,150 A0{,}150\ \mathrm{A}. Calculez sa durée de fonctionnement.
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a) n(Zn)=10,065,4=0,153 moln(\mathrm{Zn})=\dfrac{10{,}0}{65{,}4}=0{,}153\ \mathrm{mol} et n(Cu2+)=1,00×0,100=0,100 moln\left(\mathrm{Cu^{2+}}\right)=1{,}00\times 0{,}100=0{,}100\ \mathrm{mol}.

b) Les coefficients valant 1 pour les deux réactifs dans Zn+Cu2+Zn2++Cu\mathrm{Zn+Cu^{2+}\longrightarrow Zn^{2+}+Cu}, on compare directement : 0,100<0,1530{,}100<0{,}153, donc les ions cuivre sont limitants. La pile s'arrêtera quand ils auront tous été réduits, et il restera du zinc métallique inutilisé.

c) L'avancement maximal vaut 0,100 mol0{,}100\ \mathrm{mol}, et deux électrons sont échangés par unité d'avancement : n(e)=2×0,100=0,200 moln\left(e^{-}\right)=2\times 0{,}100=0{,}200\ \mathrm{mol}. La capacité vaut donc Q=0,200×9,65×104=1,93×104 CQ=0{,}200\times 9{,}65\times 10^{4}=1{,}93\times 10^{4}\ \mathrm{C}.

d) Un ampère-heure vaut 1 A×3600 s=3600 C1\ \mathrm{A}\times 3600\ \mathrm{s}=3600\ \mathrm{C}. Donc Q=1,93×1043600=5,36 AhQ=\dfrac{1{,}93\times 10^{4}}{3600}=5{,}36\ \mathrm{A\cdot h}.

e) Δt=QI=1,93×1040,150=1,29×105 s\Delta t=\dfrac{Q}{I}=\dfrac{1{,}93\times 10^{4}}{0{,}150}=1{,}29\times 10^{5}\ \mathrm{s}, soit 35,7 h35{,}7\ \mathrm{h}, un peu moins d'un jour et demi. On vérifie la cohérence avec la question d) : 5,360,150=35,7 h\dfrac{5{,}36}{0{,}150}=35{,}7\ \mathrm{h}, ce qui est le grand intérêt de l'unité ampère-heure.

Exercice 4 : L'électrolyse, une transformation forcée

Dans une électrolyse, un générateur impose le passage du courant et force la transformation à se produire dans le sens INVERSE du sens spontané.

  • a) Rappelez le critère qui distingue une transformation spontanée d'une transformation forcée, en termes de QrQ_{r} et KK.
  • b) Dans un électrolyseur, à quelle borne du générateur est reliée l'anode ? Où se produit l'oxydation ?
  • c) Comparez pile et électrolyseur du point de vue de la conversion d'énergie.
  • d) On électrolyse une solution aqueuse. Écrivez les demi-équations à chaque électrode, sachant que l'on produit du dihydrogène et du dioxygène.
  • e) Citez deux applications industrielles de l'électrolyse et précisez ce qu'elles permettent d'obtenir.
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a) Un système évolue SPONTANÉMENT dans le sens qui rapproche QrQ_{r} de KK. Une transformation est dite FORCÉE quand elle se produit dans le sens qui écarte QrQ_{r} de KK, ce qui est impossible sans apport d'énergie extérieure. C'est le générateur qui fournit cette énergie dans une électrolyse.

b) L'anode est reliée à la borne POSITIVE du générateur. L'oxydation s'y produit, comme toujours : la définition de l'anode est le siège de l'oxydation, et cela ne change pas entre pile et électrolyseur. En revanche la POLARITÉ, elle, s'inverse : dans une pile l'anode est la borne négative, dans un électrolyseur elle est reliée au pôle positif. C'est la source de confusion classique du chapitre.

c) La pile convertit de l'énergie CHIMIQUE en énergie ÉLECTRIQUE : la transformation spontanée fournit du travail électrique au circuit. L'électrolyseur fait l'inverse, il convertit de l'énergie électrique en énergie chimique : le générateur fournit le travail nécessaire pour remonter la réaction dans le sens non spontané. Les deux dispositifs sont donc réciproques, et un accumulateur est précisément un système capable de fonctionner alternativement dans les deux modes.

d) À la cathode, réduction de l'eau : 2H2O+2eH2+2HO\mathrm{2\,H_{2}O+2\,e^{-}\longrightarrow H_{2}+2\,HO^{-}}. À l'anode, oxydation de l'eau : 2H2OO2+4H++4e\mathrm{2\,H_{2}O\longrightarrow O_{2}+4\,H^{+}+4\,e^{-}}. En combinant après multiplication de la première par 2, le bilan global est 2H2O2H2+O2\mathrm{2\,H_{2}O\longrightarrow 2\,H_{2}+O_{2}}.

e) La production de dihydrogène par électrolyse de l'eau, utilisée comme vecteur énergétique et comme réactif industriel. Et la galvanoplastie, qui dépose une couche métallique mince sur un objet, par exemple un chromage ou une dorure, à des fins de protection contre la corrosion ou d'aspect. On peut ajouter la production de l'aluminium par électrolyse de l'alumine, qui n'a aucune alternative chimique viable, et le raffinage électrolytique du cuivre.

Exercice 5 : Relier charge, matière et masse

Toute question d'électrochimie quantitative se ramène à une chaîne de conversions : II et Δt\Delta t donnent QQ, puis QQ et FF donnent n(e)n\left(e^{-}\right), puis la demi-équation donne la quantité d'espèce, puis MM donne la masse.

  • a) Écrivez cette chaîne sous forme d'une formule unique donnant la masse mm d'un métal déposé en fonction de II, Δt\Delta t, MM, FF et du nombre zz d'électrons échangés par atome.
  • b) Appliquez-la au dépôt de cuivre avec I=1,50 AI=1{,}50\ \mathrm{A} pendant 20,0 min20{,}0\ \mathrm{min}.
  • c) Refaites le calcul pour de l'argent, avec Ag++eAg\mathrm{Ag^{+}+e^{-}\longrightarrow Ag} et M(Ag)=108 g/molM(\mathrm{Ag})=108\ \mathrm{g/mol}, dans les mêmes conditions électriques.
  • d) Expliquez pourquoi la masse d'argent obtenue est plus de trois fois celle du cuivre, alors que la charge est identique.
  • e) Deux électrolyseurs sont montés en SÉRIE, l'un déposant du cuivre et l'autre de l'argent. Les masses déposées sont-elles indépendantes ? Justifiez.
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a) Q=IΔtQ=I\Delta t, puis n(e)=IΔtFn\left(e^{-}\right)=\dfrac{I\Delta t}{F}, puis n(M)=IΔtzFn(\mathrm{M})=\dfrac{I\Delta t}{zF}, et enfin m=MIΔtzFm=\dfrac{M\,I\,\Delta t}{z\,F}. C'est la loi de Faraday de l'électrolyse.

b) Δt=1200 s\Delta t=1200\ \mathrm{s}, donc Q=1,50×1200=1800 CQ=1{,}50\times 1200=1800\ \mathrm{C} et n(e)=18009,65×104=1,87×102 moln\left(e^{-}\right)=\dfrac{1800}{9{,}65\times 10^{4}}=1{,}87\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}. Avec z=2z=2 : n(Cu)=9,33×103 moln(\mathrm{Cu})=9{,}33\times 10^{-3}\ \mathrm{mol} et m=9,33×103×63,5=0,592 gm=9{,}33\times 10^{-3}\times 63{,}5=0{,}592\ \mathrm{g}.

c) Pour l'argent, z=1z=1, donc n(Ag)=n(e)=1,87×102 moln(\mathrm{Ag})=n\left(e^{-}\right)=1{,}87\times 10^{-2}\ \mathrm{mol} et m=1,87×102×108=2,01 gm=1{,}87\times 10^{-2}\times 108=2{,}01\ \mathrm{g}.

d) Pour deux raisons qui se cumulent. D'abord l'argent ne demande qu'UN électron par atome contre deux pour le cuivre, donc la même charge dépose deux fois plus d'atomes. Ensuite l'argent est plus LOURD, 108108 contre 63,5 g/mol63{,}5\ \mathrm{g/mol}, soit un facteur 1,701{,}70. Le rapport total vaut 2×1,70=3,402\times 1{,}70=3{,}40, ce qui correspond bien au rapport des masses 2,010,592=3,40\dfrac{2{,}01}{0{,}592}=3{,}40.

e) Non, elles sont rigoureusement liées. En série, les deux électrolyseurs sont traversés par la MÊME intensité pendant la même durée, donc par la même quantité d'électricité. Les quantités de matière déposées sont alors dans le rapport inverse des zz, et les masses dans le rapport M1/z1M2/z2\dfrac{M_{1}/z_{1}}{M_{2}/z_{2}}. C'est précisément ce principe qui a permis de mesurer historiquement les masses molaires relatives, et le coulomètre à argent a longtemps servi d'étalon d'intensité.

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 6 : Faire fonctionner la pile jusqu'au bout

On reprend la pile Daniell de l'exercice 3 : lame de zinc de 10,0 g10{,}0\ \mathrm{g}, 100 mL100\ \mathrm{mL} de sulfate de cuivre à 1,00 mol/L1{,}00\ \mathrm{mol/L}, débitant I=0,150 AI=0{,}150\ \mathrm{A} jusqu'à épuisement.

On donne M(Zn)=65,4M(\mathrm{Zn})=65{,}4 et M(Cu)=63,5 g/molM(\mathrm{Cu})=63{,}5\ \mathrm{g/mol}, et F=9,65×104 C/molF=9{,}65\times 10^{4}\ \mathrm{C/mol}.

  • a) Calculez la masse de zinc consommée lorsque la pile est épuisée.
  • b) Calculez la masse de cuivre déposée.
  • c) Calculez la variation totale de masse du système constitué des deux électrodes. Commentez le signe.
  • d) Calculez la concentration finale en ions zinc, le volume du compartiment de gauche étant également de 100 mL100\ \mathrm{mL} et initialement exempt de ces ions.
  • e) La pile est épuisée alors qu'il reste du zinc. Comment pourrait-on la faire fonctionner plus longtemps sans changer l'électrode de zinc ?
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a) L'avancement maximal vaut 0,100 mol0{,}100\ \mathrm{mol}, imposé par les ions cuivre. Le zinc étant consommé mole pour mole : m=0,100×65,4=6,54 gm=0{,}100\times 65{,}4=6{,}54\ \mathrm{g}. Il restait donc 10,06,54=3,46 g10{,}0-6{,}54=3{,}46\ \mathrm{g} de zinc inutilisé.

b) De même, n(Cu)=0,100 moln(\mathrm{Cu})=0{,}100\ \mathrm{mol}, donc m=0,100×63,5=6,35 gm=0{,}100\times 63{,}5=6{,}35\ \mathrm{g} de cuivre déposé.

c) La variation totale vaut 6,54+6,35=0,19 g-6{,}54+6{,}35=-0{,}19\ \mathrm{g} : le système des deux électrodes a globalement PERDU de la masse. Il n'y a là aucune violation de la conservation : les 0,19 g0{,}19\ \mathrm{g} manquants correspondent à la différence de masse molaire entre le zinc parti en solution et le cuivre venu s'en extraire. La matière n'a pas disparu, elle a changé de phase, et si l'on comptait aussi les solutions le bilan serait rigoureusement nul.

d) Il s'est formé 0,100 mol0{,}100\ \mathrm{mol} d'ions zinc dans 100 mL100\ \mathrm{mL}, donc [Zn2+]=0,1000,100=1,00 mol/L\left[\mathrm{Zn^{2+}}\right]=\dfrac{0{,}100}{0{,}100}=1{,}00\ \mathrm{mol/L}. La solution de gauche est devenue aussi concentrée que celle de droite l'était au départ, ce qui illustre bien que la pile a simplement transféré la matière d'un compartiment à l'autre.

e) En augmentant la quantité du réactif limitant, c'est-à-dire les ions cuivre : soit en prenant un volume plus grand de solution de sulfate de cuivre, soit en la prenant plus concentrée. Avec 200 mL200\ \mathrm{mL} à 1,00 mol/L1{,}00\ \mathrm{mol/L}, on doublerait la capacité et le zinc deviendrait alors limitant à son tour, ce qui serait le dimensionnement optimal : une pile bien conçue épuise ses deux réactifs en même temps.

Exercice 7 : Électrolyser l'eau

On électrolyse de l'eau salée avec I=2,00 AI=2{,}00\ \mathrm{A} pendant 30,0 min30{,}0\ \mathrm{min}. Les demi-équations sont 2H2O+2eH2+2HO\mathrm{2\,H_{2}O+2\,e^{-}\longrightarrow H_{2}+2\,HO^{-}} à la cathode et 2H2OO2+4H++4e\mathrm{2\,H_{2}O\longrightarrow O_{2}+4\,H^{+}+4\,e^{-}} à l'anode.

On prendra Vm=24,0 L/molV_{m}=24{,}0\ \mathrm{L/mol} et F=9,65×104 C/molF=9{,}65\times 10^{4}\ \mathrm{C/mol}.

  • a) Calculez la quantité d'électricité puis la quantité de matière d'électrons échangés.
  • b) Calculez les quantités de matière de dihydrogène et de dioxygène formées.
  • c) Calculez les volumes correspondants.
  • d) Vérifiez que le rapport des volumes vaut exactement 2 et expliquez pourquoi ce résultat était prévisible.
  • e) L'électrolyse consomme de l'énergie électrique. Si la tension aux bornes de l'électrolyseur vaut 2,0 V2{,}0\ \mathrm{V}, calculez l'énergie consommée et rapportez-la à la quantité de dihydrogène produite.
Voir la correction

a) Δt=1800 s\Delta t=1800\ \mathrm{s}, donc Q=2,00×1800=3,60×103 CQ=2{,}00\times 1800=3{,}60\times 10^{3}\ \mathrm{C} et n(e)=36009,65×104=3,73×102 moln\left(e^{-}\right)=\dfrac{3600}{9{,}65\times 10^{4}}=3{,}73\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}.

b) La demi-équation cathodique consomme deux électrons par dihydrogène : n(H2)=3,73×1022=1,87×102 moln\left(\mathrm{H_{2}}\right)=\dfrac{3{,}73\times 10^{-2}}{2}=1{,}87\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}. L'anodique en libère quatre par dioxygène : n(O2)=3,73×1024=9,33×103 moln\left(\mathrm{O_{2}}\right)=\dfrac{3{,}73\times 10^{-2}}{4}=9{,}33\times 10^{-3}\ \mathrm{mol}.

c) V(H2)=1,87×102×24,0=0,448 LV\left(\mathrm{H_{2}}\right)=1{,}87\times 10^{-2}\times 24{,}0=0{,}448\ \mathrm{L}, soit 448 mL448\ \mathrm{mL}, et V(O2)=9,33×103×24,0=0,224 LV\left(\mathrm{O_{2}}\right)=9{,}33\times 10^{-3}\times 24{,}0=0{,}224\ \mathrm{L}, soit 224 mL224\ \mathrm{mL}.

d) 448224=2,00\dfrac{448}{224}=2{,}00 exactement. C'était prévisible sans aucun calcul numérique : le bilan global 2H2O2H2+O2\mathrm{2\,H_{2}O\longrightarrow 2\,H_{2}+O_{2}} montre qu'il se forme deux fois plus de dihydrogène que de dioxygène en quantité de matière, et le volume molaire étant le même pour les deux gaz dans les mêmes conditions, le rapport des volumes est celui des quantités de matière. C'est d'ailleurs la vérification visuelle immédiate d'une électrolyse de l'eau réussie : le tube au-dessus de la cathode se remplit deux fois plus vite.

e) E=UIΔt=UQ=2,0×3600=7,2×103 JE=UI\Delta t=UQ=2{,}0\times 3600=7{,}2\times 10^{3}\ \mathrm{J}. Rapportée au dihydrogène : 7,2×1031,87×102=3,9×105 J/mol\dfrac{7{,}2\times 10^{3}}{1{,}87\times 10^{-2}}=3{,}9\times 10^{5}\ \mathrm{J/mol}. À titre de comparaison, la combustion d'une mole de dihydrogène ne libère qu'environ 2,4×105 J2{,}4\times 10^{5}\ \mathrm{J} : le rendement de la chaîne n'est donc pas de 100 pour cent, ce qui rappelle que le dihydrogène est un VECTEUR d'énergie et non une source.

Exercice 8 : Épaisseur d'un dépôt de galvanoplastie

On dépose du cuivre sur un objet de surface totale S=50,0 cm2S=50{,}0\ \mathrm{cm^{2}} par électrolyse, selon Cu2++2eCu\mathrm{Cu^{2+}+2\,e^{-}\longrightarrow Cu}, avec I=1,50 AI=1{,}50\ \mathrm{A} pendant 20,0 min20{,}0\ \mathrm{min}.

On donne M(Cu)=63,5 g/molM(\mathrm{Cu})=63{,}5\ \mathrm{g/mol}, ρ(Cu)=8,96 g/cm3\rho(\mathrm{Cu})=8{,}96\ \mathrm{g/cm^{3}} et F=9,65×104 C/molF=9{,}65\times 10^{4}\ \mathrm{C/mol}.

  • a) Calculez la masse de cuivre déposée.
  • b) Calculez le volume de cuivre correspondant.
  • c) En supposant le dépôt d'épaisseur uniforme, calculez cette épaisseur en micromètres.
  • d) Quelle durée faudrait-il pour obtenir une épaisseur de 50 μm50\ \mathrm{\mu m}, à intensité inchangée ?
  • e) On double l'intensité pour aller deux fois plus vite. Quel risque pratique cela présente-t-il ?
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a) Q=1,50×1200=1800 CQ=1{,}50\times 1200=1800\ \mathrm{C}, donc n(e)=1,87×102 moln\left(e^{-}\right)=1{,}87\times 10^{-2}\ \mathrm{mol} et n(Cu)=9,33×103 moln(\mathrm{Cu})=9{,}33\times 10^{-3}\ \mathrm{mol}. La masse vaut m=9,33×103×63,5=0,592 gm=9{,}33\times 10^{-3}\times 63{,}5=0{,}592\ \mathrm{g}.

b) V=mρ=0,5928,96=6,61×102 cm3V=\dfrac{m}{\rho}=\dfrac{0{,}592}{8{,}96}=6{,}61\times 10^{-2}\ \mathrm{cm^{3}}.

c) L'épaisseur vaut e=VS=6,61×10250,0=1,32×103 cme=\dfrac{V}{S}=\dfrac{6{,}61\times 10^{-2}}{50{,}0}=1{,}32\times 10^{-3}\ \mathrm{cm}. En micromètres, sachant que 1 cm=104 μm1\ \mathrm{cm}=10^{4}\ \mathrm{\mu m} : e=13,2 μme=13{,}2\ \mathrm{\mu m}. C'est un ordre de grandeur typique d'un dépôt décoratif.

d) L'épaisseur est proportionnelle à la durée, toutes choses égales par ailleurs. Il faut donc Δt=20,0×5013,2=75,6 min\Delta t=20{,}0\times\dfrac{50}{13{,}2}=75{,}6\ \mathrm{min}, soit environ une heure et quart.

e) Le risque est un dépôt de mauvaise qualité. À forte densité de courant, les atomes de cuivre se déposent trop vite pour s'organiser correctement dans le réseau cristallin : le dépôt devient rugueux, poreux, mal adhérent, voire pulvérulent, et il se forme des dendrites aux arêtes où le champ est le plus intense. On peut aussi commencer à réduire l'eau en même temps, ce qui dégage du dihydrogène et crée des piqûres dans le dépôt. En galvanoplastie, la lenteur est une condition de qualité, et c'est pourquoi les bains industriels travaillent à densité de courant contrôlée.

Exercice 9 : Quatre affirmations à corriger

Chacune des quatre affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous sur un résultat chiffré des exercices précédents.

  • a) « L'anode est toujours la borne négative. »
  • b) « Dans une pile, les électrons circulent dans le pont salin. »
  • c) « À charge électrique égale, deux métaux différents se déposent en masses égales. »
  • d) « La masse totale des électrodes se conserve puisque la matière se conserve. »
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a) Faux, et c'est la confusion la plus fréquente du chapitre. L'anode se définit comme le siège de l'OXYDATION, et cette définition ne change jamais. Sa polarité, en revanche, dépend du dispositif : dans une PILE, l'anode libère des électrons dans le circuit, elle est donc la borne négative, comme le zinc de l'exercice 1 ; dans un ÉLECTROLYSEUR, l'anode est reliée au pôle positif du générateur qui lui arrache les électrons. Il faut donc retenir la définition par l'oxydation, jamais par le signe.

b) Faux. Les électrons ne circulent QUE dans le circuit extérieur, c'est-à-dire dans les conducteurs métalliques : un électron libre n'existe pas en solution aqueuse, il y serait immédiatement capté. À l'intérieur de la pile, le courant est assuré par le déplacement des IONS du pont salin, qui migrent pour maintenir l'électroneutralité de chaque compartiment. Le circuit est bien fermé, mais par deux porteurs de charge différents selon la portion considérée.

c) Faux, et l'exercice 5 le chiffre. Avec la même quantité d'électricité, on obtient 0,592 g0{,}592\ \mathrm{g} de cuivre mais 2,01 g2{,}01\ \mathrm{g} d'argent, soit 3,403{,}40 fois plus. Deux facteurs interviennent : le nombre d'électrons par atome, z=2z=2 pour le cuivre contre 11 pour l'argent, et la masse molaire, 63,563{,}5 contre 108108. La loi de Faraday s'écrit m=MIΔtzFm=\dfrac{MI\Delta t}{zF} et fait bien apparaître les deux.

d) Faux au sens où l'affirmation est appliquée. La matière se conserve globalement, bien sûr, mais pas la masse des ÉLECTRODES prises isolément : l'exercice 6 donne une perte nette de 0,19 g0{,}19\ \mathrm{g}, parce que le zinc qui part en solution est plus lourd, mole pour mole, que le cuivre qui vient s'y déposer. La masse manquante se retrouve intégralement dans les solutions. Le bilan de conservation n'est valable que si l'on définit le système comme l'ENSEMBLE électrodes plus solutions.

Exercice 10 : La batterie au plomb d'une voiture

Une batterie de voiture porte l'indication 12 V12\ \mathrm{V} et 60 Ah60\ \mathrm{A\cdot h}. Elle repose sur la transformation Pb+PbO2+2H2SO42PbSO4+2H2O\mathrm{Pb+PbO_{2}+2\,H_{2}SO_{4}\longrightarrow 2\,PbSO_{4}+2\,H_{2}O}, qui échange deux électrons par atome de plomb consommé.

On donne M(Pb)=207,2 g/molM(\mathrm{Pb})=207{,}2\ \mathrm{g/mol} et F=9,65×104 C/molF=9{,}65\times 10^{4}\ \mathrm{C/mol}.

  • a) Convertissez la capacité en coulombs et calculez la quantité d'électrons correspondante.
  • b) Calculez la masse de plomb métallique consommée lors d'une décharge complète.
  • c) Calculez l'énergie électrique que la batterie peut fournir, en joules puis en kilowattheures.
  • d) Le démarreur consomme 150 A150\ \mathrm{A}. Combien de temps la batterie pourrait-elle théoriquement l'alimenter ?
  • e) Une batterie est un accumulateur : elle se recharge. Expliquez ce qui se passe alors, en précisant le rôle de l'alternateur et ce qu'il advient de l'anode et de la cathode.
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a) 60 Ah=60×3600=2,16×105 C60\ \mathrm{A\cdot h}=60\times 3600=2{,}16\times 10^{5}\ \mathrm{C}. Donc n(e)=2,16×1059,65×104=2,24 moln\left(e^{-}\right)=\dfrac{2{,}16\times 10^{5}}{9{,}65\times 10^{4}}=2{,}24\ \mathrm{mol}.

b) Deux électrons par atome de plomb, donc n(Pb)=2,242=1,12 moln(\mathrm{Pb})=\dfrac{2{,}24}{2}=1{,}12\ \mathrm{mol}, soit m=1,12×207,2=232 gm=1{,}12\times 207{,}2=232\ \mathrm{g}. Cela n'est que le plomb métallique de l'électrode négative : la masse totale de la batterie est bien supérieure, ce qui explique qu'elle pèse une quinzaine de kilogrammes.

c) E=UQ=12×2,16×105=2,59×106 JE=UQ=12\times 2{,}16\times 10^{5}=2{,}59\times 10^{6}\ \mathrm{J}. En kilowattheures : 2,59×1063,6×106=0,72 kWh\dfrac{2{,}59\times 10^{6}}{3{,}6\times 10^{6}}=0{,}72\ \mathrm{kWh}. C'est très peu, à peine de quoi alimenter un radiateur pendant vingt minutes, ce qui rappelle la faible densité énergétique de cette technologie.

d) Δt=2,16×105150=1,44×103 s\Delta t=\dfrac{2{,}16\times 10^{5}}{150}=1{,}44\times 10^{3}\ \mathrm{s}, soit 24 min24\ \mathrm{min}. En pratique la durée réelle serait bien plus courte, car la capacité annoncée vaut pour une décharge lente et s'effondre aux fortes intensités.

e) L'alternateur, entraîné par le moteur, joue le rôle de générateur et impose un courant en sens inverse : la batterie devient un ÉLECTROLYSEUR et la transformation est forcée dans le sens inverse, le sulfate de plomb redonnant du plomb et du dioxyde de plomb. Les rôles des deux électrodes s'échangent : celle qui était l'anode en décharge, siège de l'oxydation, devient la cathode en charge, siège de la réduction. Leur polarité, elle, ne change pas, puisque c'est le sens du courant qui s'inverse. C'est exactement ce qui définit un accumulateur : un même dispositif fonctionnant alternativement en pile et en électrolyseur.

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