Spécialité physique-chimie, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Fiche de révision : piles et électrolyse (Terminale spécialité)

Une pile et un électrolyseur sont deux dispositifs opposés qui partagent tout leur vocabulaire : mêmes demi-équations, mêmes électrodes, même loi de Faraday. La seule chose qui change est le SENS de l'évolution, spontané dans un cas, forcé dans l'autre. C'est cette symétrie qui rend le chapitre piégeux.

Cette fiche liste les huit erreurs qui reviennent, avec la phrase exacte qui les remet, l'arbre qui compare pile et électrolyseur ligne à ligne, la chaîne de conversions qui mène d'une durée de courant à l'épaisseur d'un dépôt, et un exercice de galvanoplastie décortiqué du bilan aux micromètres.

Le fil du chapitre

L'anode est TOUJOURS le siège de l'oxydation, mais sa polarité change selon le dispositif : négative dans une pile, positive dans un électrolyseur. Confondre le rôle chimique et le signe électrique est l'erreur qui traverse tout le chapitre.

Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (9 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Constitution de la matièreSeconde
  2. 2L'atome et la classification périodiqueSeconde
  3. 3Molécules, mole et quantité de matièreSeconde
  4. 4Équations, avancement et réactif limitantSeconde
  5. 5Entités chimiques et transformationsSeconde
  6. 6Avancement et dosagesPremière
  7. 7Acide-base et oxydo-réductionPremière
  8. 8Atomes, molécules et transformations chimiquesQuatrième
  9. 9Ions, pH, acides et basesTroisième

L'essentiel

Anode et cathode : un rôle chimique, pas un signe

  • ANODE : siège de l'OXYDATION, toujours, dans une pile comme dans un électrolyseur. CATHODE : siège de la RÉDUCTION, toujours.
  • La POLARITÉ, elle, dépend du dispositif : l'anode est négative dans une pile, et reliée au pôle positif du générateur dans un électrolyseur.
  • Les électrons circulent uniquement dans le CIRCUIT EXTÉRIEUR, du pôle négatif vers le pôle positif de la pile. Ils ne traversent jamais la solution.
  • À l'intérieur, ce sont les IONS du pont salin et des solutions qui assurent le passage du courant, en migrant vers les électrodes.
electronsZnCupont salinanode (-)cathode (+)
Les électrons ne passent que par le fil, du zinc vers le cuivre; dans les béchers, seuls les ions se déplacent, par le pont salin. Un circuit d'électrons refermé à travers la solution n'existe pas.

Moyen mnémotechnique tenu par les initiales : anode et oxydation commencent par une voyelle, cathode et réduction par une consonne. Cela ne dit rien du signe, ce qui est précisément le point.

La chaîne des conversions : de la durée à la masse

  • Q=IΔtQ=I\Delta t : la charge en coulombs, avec l'intensité en ampères et la durée en SECONDES.
  • Q=n(e)FQ=n(\mathrm{e^{-}})F avec F=9,65×104 Cmol1F=9{,}65\times 10^{4}\ \mathrm{C\cdot mol^{-1}} : c'est la charge d'une mole d'électrons.
  • La demi-équation donne le rapport : n(meˊtal)=n(e)zn(\text{métal})=\frac{n(\mathrm{e^{-}})}{z}, où zz est le nombre d'électrons échangés par atome.
  • Loi de Faraday, tout en une ligne : m=MIΔtzFm=\frac{M\,I\,\Delta t}{z\,F}. Le zz au dénominateur est ce qu'on oublie le plus souvent.

Une capacité de pile s'exprime souvent en ampères-heures : 1 Ah=3600 C1\ \mathrm{A\cdot h}=3600\ \mathrm{C}. Oublier ce facteur donne une erreur d'un facteur 36003600, immédiatement visible sur l'ordre de grandeur.

Pile et électrolyse : deux sens opposés

  • Une PILE fonctionne dans le sens SPONTANÉ : le système évolue de lui-même, QrQ_{r} se rapproche de KK, et l'énergie chimique devient électrique.
  • Une ÉLECTROLYSE est une transformation FORCÉE : le générateur impose une évolution qui ÉCARTE QrQ_{r} de KK, contre le sens spontané.
  • La capacité d'une pile est fixée par le réactif LIMITANT, pas par celui qui est en excès : c'est lui qui arrête la réaction.
  • Électrolyse de l'eau : 2H2O2H2+O22\,\mathrm{H_{2}O}\longrightarrow 2\,\mathrm{H_{2}}+\mathrm{O_{2}}, donc DEUX FOIS plus de dihydrogène que de dioxygène, en quantité comme en volume.

Épaisseur d'un dépôt : trois conversions en cascade

  • De la charge à la quantité d'électrons : n(e)=QFn(\mathrm{e^{-}})=\frac{Q}{F}.
  • De la quantité d'électrons à la masse : diviser par zz, puis multiplier par la masse molaire.
  • De la masse au volume : diviser par la masse volumique, en veillant à l'unité, souvent des grammes par centimètre cube.
  • Du volume à l'épaisseur : diviser par la SURFACE du dépôt, puis convertir, généralement en micromètres.

Un dépôt de galvanoplastie fait quelques dizaines de micromètres. Un résultat en millimètres ou en nanomètres signale une conversion ratée dans la cascade, et le contrôle d'ordre de grandeur suffit à le voir.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Déduire la polarité du nom de l'électrode

toute la question, et les deux demi-équations sont échangées

Ce qu'il ne faut pas écrire

« L'anode est le pôle positif, comme dans un électrolyseur, donc c'est là que se produit la réduction. »

Ce qu'il faut écrire

« L'anode est le siège de l'OXYDATION dans tous les cas. Sa polarité dépend du dispositif : négative dans une pile, positive dans un électrolyseur. Le rôle chimique et le signe électrique sont deux informations distinctes. »

Pourquoi : Dans une pile, l'oxydation libère des électrons qui partent dans le circuit : l'électrode est donc appauvrie en charges positives, donc négative. Dans un électrolyseur, c'est le générateur qui arrache les électrons, en imposant un potentiel positif.

2. Faire circuler les électrons dans la solution

1 à 2 points, sur la question de description du fonctionnement

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Les électrons vont de l'anode à la cathode en traversant le pont salin. »

Ce qu'il faut écrire

« Les électrons circulent uniquement dans le circuit EXTÉRIEUR, par le fil. Dans la solution et dans le pont salin, ce sont les IONS qui migrent et assurent la continuité du courant. »

Pourquoi : Un électron libre n'existe pas en solution aqueuse : il serait immédiatement capté. Le pont salin sert à compenser les charges qui s'accumulent dans chaque bécher, en laissant migrer ses ions.

3. Oublier le nombre d'électrons échangés dans la loi de Faraday

toute la question, avec une masse doublée

Ce qu'il ne faut pas écrire

« m=MIΔtFm=\frac{MI\Delta t}{F}, donc 2,0 A2{,}0\ \mathrm{A} pendant 30 min30\ \mathrm{min} déposent 2,2 g2{,}2\ \mathrm{g} de nickel. »

Ce qu'il faut écrire

« Ni2++2eNi\mathrm{Ni^{2+}}+2\,\mathrm{e^{-}}\longrightarrow\mathrm{Ni} : deux électrons par atome, donc m=MIΔt2F=1,1 gm=\frac{MI\Delta t}{2F}=1{,}1\ \mathrm{g}. Le nombre zz vient de la demi-équation, jamais d'ailleurs. »

0.511.522.531234567argent, z = 1cuivre, z = 2
Même intensité, même durée, et pourtant deux pentes très différentes : l'argent ne consomme qu'un électron par atome, le cuivre deux. Le zz de la demi-équation divise directement la masse déposée.

Pourquoi : Chaque atome déposé consomme zz électrons. Deux fois plus d'électrons par atome signifie deux fois moins d'atomes pour la même charge, donc deux fois moins de masse.

4. Confondre les ampères-heures et les coulombs

toute la question, avec un facteur $3600$ d'erreur

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La pile a une capacité de 2,5 Ah2{,}5\ \mathrm{A\cdot h}, donc Q=2,5 CQ=2{,}5\ \mathrm{C}. »

Ce qu'il faut écrire

« 1 Ah=1 A×3600 s=3600 C1\ \mathrm{A\cdot h}=1\ \mathrm{A}\times 3600\ \mathrm{s}=3600\ \mathrm{C}, donc Q=2,5×3600=9,0×103 CQ=2{,}5\times 3600=9{,}0\times 10^{3}\ \mathrm{C}. »

Pourquoi : L'ampère-heure est un produit d'une intensité par une DURÉE, comme le coulomb : seule l'unité de temps diffère. C'est exactement la même conversion que du kilowattheure au joule.

5. Croire qu'une électrolyse suit le sens spontané

1 à 2 points, sur la question d'interprétation

Ce qu'il ne faut pas écrire

« L'électrolyse se produit parce que QrQ_{r} est inférieur à KK. »

Ce qu'il faut écrire

« Une électrolyse est une transformation FORCÉE : le générateur impose une évolution qui ÉCARTE QrQ_{r} de KK. C'est exactement l'inverse du sens spontané, et cela demande un apport d'énergie électrique. »

Pourquoi : Si l'électrolyse suivait le sens spontané, aucun générateur ne serait nécessaire : ce serait une pile. C'est précisément parce qu'on remonte le courant naturel qu'il faut fournir du travail électrique.

6. Annoncer des volumes égaux de dihydrogène et de dioxygène

1 point, et le schéma des tubes à essai est faux

Ce qu'il ne faut pas écrire

« L'électrolyse de l'eau produit autant de dihydrogène que de dioxygène. »

Ce qu'il faut écrire

« 2H2O2H2+O22\,\mathrm{H_{2}O}\longrightarrow 2\,\mathrm{H_{2}}+\mathrm{O_{2}} : il se forme DEUX FOIS plus de dihydrogène, en quantité de matière comme en volume gazeux dans les mêmes conditions. »

1230.511.522.5H2O22 pour 1
Les deux volumes recueillis dans les mêmes conditions sont dans le rapport des coefficients de l'équation : deux pour un. Un schéma qui les dessine égaux contredit directement le bilan.

Pourquoi : Les coefficients stoechiométriques donnent le rapport des quantités, et le volume molaire est le même pour tous les gaz dans les mêmes conditions. C'est ce qui rend l'expérience si visuelle : un tube se remplit deux fois plus vite que l'autre.

7. Calculer la capacité d'une pile à partir du réactif en excès

toute la question, avec une capacité surestimée

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La pile contient 6,5 g6{,}5\ \mathrm{g} de zinc et une grande quantité d'ions cuivre : c'est le cuivre qui fixe la capacité. »

Ce qu'il faut écrire

« La capacité est fixée par le réactif LIMITANT, ici le zinc : n(Zn)=6,565,4=9,9×102 moln(\mathrm{Zn})=\frac{6{,}5}{65{,}4}=9{,}9\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}, donc n(e)=2n(Zn)n(\mathrm{e^{-}})=2n(\mathrm{Zn}) et Q=1,9×104 CQ=1{,}9\times 10^{4}\ \mathrm{C}, soit 5,3 Ah5{,}3\ \mathrm{A\cdot h}. »

Pourquoi : La pile s'arrête quand un des deux réactifs est épuisé, exactement comme une réaction s'arrête sur son réactif limitant. Le réactif en excès reste, inutile.

8. Oublier de diviser par la surface pour obtenir une épaisseur

toute la question, avec une épaisseur $50$ fois trop grande

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le volume déposé vaut 0,12 cm30{,}12\ \mathrm{cm^{3}}, donc l'épaisseur du dépôt est de 0,12 cm0{,}12\ \mathrm{cm}. »

Ce qu'il faut écrire

« Le dépôt s'étale sur toute la surface : e=VS=0,1250=2,5×103 cme=\frac{V}{S}=\frac{0{,}12}{50}=2{,}5\times 10^{-3}\ \mathrm{cm}, soit 25 μm25\ \mathrm{\mu m}. »

Pourquoi : Un volume n'est pas une longueur : les unités le disent, des centimètres cubes ne peuvent pas devenir des centimètres sans division par une surface. Un dépôt d'un millimètre serait d'ailleurs visible à l'oeil nu.

9. Employer une durée en minutes dans le calcul de la charge

toute la question, avec un facteur $60$ d'erreur

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Q=IΔt=2,0×30=60 CQ=I\Delta t=2{,}0\times 30=60\ \mathrm{C}. »

Ce qu'il faut écrire

« La durée doit être en SECONDES : Δt=30 min=1800 s\Delta t=30\ \mathrm{min}=1800\ \mathrm{s}, donc Q=2,0×1800=3,6×103 CQ=2{,}0\times 1800=3{,}6\times 10^{3}\ \mathrm{C}. »

Pourquoi : Le coulomb est un ampère-seconde par définition. C'est la même vigilance que pour toute grandeur du système international, et l'énoncé donne presque toujours la durée en minutes ou en heures pour tester ce point.

Quelle méthode choisir

Pile ou électrolyseur : ce qui change, ce qui ne change pas

On repère d'abord s'il y a un générateur dans le circuit : sa présence signe une transformation forcée.

  • Si aucun générateur, le dispositif alimente un circuit c'est une PILE : évolution spontanée, QrQ_{r} se rapproche de KK, l'anode est le pôle NÉGATIF

  • Si un générateur impose le courant c'est un ÉLECTROLYSEUR : évolution forcée, QrQ_{r} s'écarte de KK, l'anode est reliée au pôle POSITIF du générateur

  • Si on cherche où se produit l'oxydation à l'ANODE, dans les deux cas, sans exception

  • Si on cherche le sens de circulation des électrons dans le circuit extérieur uniquement, de l'anode vers la cathode; le courant conventionnel circule en sens inverse

  • Si on cherche la masse déposée ou consommée loi de Faraday, identique dans les deux dispositifs : m=MIΔtzFm=\frac{MI\Delta t}{zF}

  • Si on cherche la durée de vie ou la capacité identifier le réactif LIMITANT, calculer sa quantité, puis Q=znFQ=z\,n\,F

    Une pile s'arrête quand ce réactif est épuisé, quel que soit l'excès de l'autre.

Tout le vocabulaire est commun aux deux dispositifs, et c'est ce qui trompe. Seuls le sens de l'évolution et la polarité de l'anode changent; les demi-équations, la loi de Faraday et le rôle des ions restent identiques.

De la charge à l'épaisseur : la chaîne de conversions

Toutes les questions quantitatives du chapitre parcourent la même chaîne, dans un sens ou dans l'autre. On repère où l'on entre et où l'on sort.

  • Si on connaît II et Δt\Delta t Q=IΔtQ=I\Delta t, avec la durée en SECONDES

    Exemple : 2,0 A2{,}0\ \mathrm{A} pendant 30 min30\ \mathrm{min} donnent 3,6×103 C3{,}6\times 10^{3}\ \mathrm{C}

  • Si on connaît QQ et on cherche la quantité d'électrons n(e)=QFn(\mathrm{e^{-}})=\frac{Q}{F} avec F=9,65×104 Cmol1F=9{,}65\times 10^{4}\ \mathrm{C\cdot mol^{-1}}

  • Si on connaît n(e)n(\mathrm{e^{-}}) et on cherche la quantité de métal diviser par zz, le coefficient des électrons dans la DEMI-ÉQUATION

    Exemple : Ni2++2eNi\mathrm{Ni^{2+}}+2\,\mathrm{e^{-}}\longrightarrow\mathrm{Ni} donne z=2z=2

  • Si on cherche une masse multiplier la quantité de métal par sa masse molaire

  • Si on cherche un volume de solide diviser la masse par la MASSE VOLUMIQUE, en surveillant l'unité

  • Si on cherche une épaisseur de dépôt diviser le volume par la SURFACE, puis convertir en micromètres

La chaîne se parcourt aussi à l'envers : d'une épaisseur voulue on remonte à la durée d'électrolyse nécessaire. Les sujets alternent les deux sens, mais les cinq conversions sont toujours les mêmes.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Décrire le fonctionnement d'une pile

Quand l'utiliser : La première question de tout exercice d'électrochimie, souvent accompagnée d'un schéma à compléter.

  1. 1 Identifier les deux couples oxydant-réducteur mis en jeu, en les écrivant sous la forme oxydant sur réducteur.
  2. 2 Écrire les deux demi-équations, en précisant laquelle est une oxydation et laquelle une réduction.
  3. 3 Nommer les électrodes par leur RÔLE : « l'électrode de zinc est le siège de l'oxydation, c'est donc l'anode ».
  4. 4 En déduire la polarité : « l'anode libère des électrons dans le circuit, c'est le pôle NÉGATIF de la pile ».
  5. 5 Décrire la circulation : électrons dans le fil de l'anode vers la cathode, ions dans le pont salin pour compenser les charges.
  6. 6 Écrire l'équation bilan en combinant les deux demi-équations, de façon que les électrons se simplifient.

Phrase de conclusion

L'électrode de zinc est le siège de l'oxydation ZnZn2++2e\mathrm{Zn}\longrightarrow\mathrm{Zn^{2+}}+2\,\mathrm{e^{-}} : c'est l'anode, et elle constitue le pôle négatif de la pile, d'où les électrons partent dans le circuit extérieur vers l'électrode de cuivre.

Le piège : Annoncer la polarité avant d'avoir identifié l'oxydation. L'ordre logique est toujours le même : demi-équation, puis rôle, puis signe, et c'est cet enchaînement que le barème suit.

Barème : 0,5 point par demi-équation, 1 point pour l'identification anode et cathode, 1 point pour la polarité justifiée, 1 point pour l'équation bilan.

Calculer la masse déposée par électrolyse

Quand l'utiliser : La question quantitative du chapitre, en galvanoplastie, en affinage ou en production de dihydrogène.

  1. 1 Écrire la demi-équation à l'électrode concernée, et en LIRE le nombre zz d'électrons échangés.
  2. 2 Convertir la durée en secondes, puis calculer Q=IΔtQ=I\Delta t avec son unité.
  3. 3 Calculer n(e)=QFn(\mathrm{e^{-}})=\frac{Q}{F}, en rappelant la valeur de la constante de Faraday.
  4. 4 Diviser par zz pour obtenir la quantité de matière de métal formé.
  5. 5 Multiplier par la masse molaire pour obtenir la masse, avec les chiffres significatifs des données.
  6. 6 Poursuivre si l'énoncé le demande : volume par la masse volumique, puis épaisseur par la surface.

Phrase de conclusion

Q=IΔt=2,0×1800=3,6×103 CQ=I\Delta t=2{,}0\times 1800=3{,}6\times 10^{3}\ \mathrm{C}, donc n(e)=QF=3,7×102 moln(\mathrm{e^{-}})=\frac{Q}{F}=3{,}7\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}; la demi-équation donnant z=2z=2, il se dépose n=1,9×102 moln=1{,}9\times 10^{-2}\ \mathrm{mol} de nickel, soit m=1,1 gm=1{,}1\ \mathrm{g}.

Le piège : Sauter l'étape du zz. Une copie qui passe directement de la quantité d'électrons à la masse obtient exactement le double du bon résultat pour un ion divalent, et rien dans le calcul ne le signale.

Barème : 0,5 point pour la demi-équation et le zz, 1 point pour QQ, 1 point pour la quantité d'électrons, 1 point pour la masse avec son unité.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Un dépôt de nickel par galvanoplastie, comme au baccalauréat

On dépose du nickel sur une pièce métallique de surface totale S=50 cm2S=50\ \mathrm{cm^{2}} par électrolyse d'une solution de sulfate de nickel. L'intensité vaut I=2,0 AI=2{,}0\ \mathrm{A} et l'électrolyse dure 30 min30\ \mathrm{min}. Données : M(Ni)=58,7 gmol1M(\mathrm{Ni})=58{,}7\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}}, ρ=8,9 gcm3\rho=8{,}9\ \mathrm{g\cdot cm^{-3}}, F=9,65×104 Cmol1F=9{,}65\times 10^{4}\ \mathrm{C\cdot mol^{-1}}.

1. Écrire la demi-équation à la cathode et préciser sa polarité. 2. Calculer la quantité d'électricité mise en jeu. 3. En déduire la masse de nickel déposée. 4. Calculer l'épaisseur du dépôt. 5. Que faudrait-il modifier pour doubler cette épaisseur ?

Étape 1

À la cathode se produit la RÉDUCTION : Ni2++2eNi\mathrm{Ni^{2+}}+2\,\mathrm{e^{-}}\longrightarrow\mathrm{Ni}. Dans un électrolyseur, la cathode est reliée au pôle NÉGATIF du générateur, qui lui fournit les électrons.

Pourquoi

On donne d'abord le rôle chimique, la réduction, puis on en déduit la polarité, qui dépend du dispositif. L'ordre inverse conduit à l'erreur la plus fréquente du chapitre.

Étape 2

Le coefficient des électrons dans la demi-équation vaut z=2z=2 : chaque atome de nickel déposé consomme deux électrons.

Pourquoi

Ce nombre se LIT sur la demi-équation, il ne se devine pas. Il divisera la masse par deux à l'étape suivante, et son oubli est le piège central de l'exercice.

Étape 3

Δt=30 min=1800 s\Delta t=30\ \mathrm{min}=1800\ \mathrm{s}, donc Q=IΔt=2,0×1800=3,6×103 CQ=I\Delta t=2{,}0\times 1800=3{,}6\times 10^{3}\ \mathrm{C}.

Pourquoi

La conversion en secondes se fait AVANT le calcul et s'écrit sur la copie. Un QQ de 60 C60\ \mathrm{C} serait soixante fois trop petit et donnerait un dépôt invisible.

Étape 4

n(e)=QF=3,6×1039,65×104=3,73×102 moln(\mathrm{e^{-}})=\frac{Q}{F}=\frac{3{,}6\times 10^{3}}{9{,}65\times 10^{4}}=3{,}73\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}, puis n(Ni)=n(e)2=1,87×102 moln(\mathrm{Ni})=\frac{n(\mathrm{e^{-}})}{2}=1{,}87\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}.

Pourquoi

La constante de Faraday est la charge d'une mole d'électrons : elle convertit des coulombs en moles. La division par zz traduit ensuite la stoechiométrie de la demi-équation.

Étape 5

m=n(Ni)×M=1,87×102×58,7=1,09 gm=n(\mathrm{Ni})\times M=1{,}87\times 10^{-2}\times 58{,}7=1{,}09\ \mathrm{g}, soit environ 1,1 g1{,}1\ \mathrm{g} de nickel déposé.

Pourquoi

Un gramme de métal sur cinquante centimètres carrés est plausible. Deux grammes auraient signalé l'oubli du facteur 22, et le contrôle par comparaison à l'ordre de grandeur reste possible.

Étape 6

Volume : V=mρ=1,098,9=0,123 cm3V=\frac{m}{\rho}=\frac{1{,}09}{8{,}9}=0{,}123\ \mathrm{cm^{3}}. Épaisseur : e=VS=0,12350=2,46×103 cme=\frac{V}{S}=\frac{0{,}123}{50}=2{,}46\times 10^{-3}\ \mathrm{cm}, soit 24,6 μm24{,}6\ \mathrm{\mu m}.

Pourquoi

Deux divisions successives, chacune avec son unité. Le passage de centimètres à micromètres se fait en multipliant par 10410^{4}, et c'est là que se perd une puissance de dix dans une copie sur trois.

Étape 7

Pour doubler l'épaisseur, il faut doubler la masse déposée, donc doubler la charge : soit doubler la durée, à 60 min60\ \mathrm{min}, soit doubler l'intensité, à 4,0 A4{,}0\ \mathrm{A}. La surface, elle, ne doit pas changer.

Pourquoi

La masse est proportionnelle au PRODUIT IΔtI\Delta t : les deux leviers sont équivalents sur le papier. En pratique, augmenter l'intensité dégrade la qualité du dépôt, ce qui fait préférer la durée.

Étape 8

Contrôle : par la loi de Faraday directement, m=MIΔtzF=58,7×2,0×18002×9,65×104=1,09 gm=\frac{MI\Delta t}{zF}=\frac{58{,}7\times 2{,}0\times 1800}{2\times 9{,}65\times 10^{4}}=1{,}09\ \mathrm{g}, identique au résultat obtenu par étapes.

Pourquoi

Les deux chemins doivent donner le même nombre. La formule condensée est plus rapide, la chaîne détaillée est plus sûre : les mener toutes deux valide l'ensemble en dix secondes.

Conclusion rédigée

L'électrolyse fait circuler 3,6×103 C3{,}6\times 10^{3}\ \mathrm{C}, soit 3,73×102 mol3{,}73\times 10^{-2}\ \mathrm{mol} d'électrons, qui déposent 1,87×102 mol1{,}87\times 10^{-2}\ \mathrm{mol} de nickel, c'est-à-dire 1,1 g1{,}1\ \mathrm{g} formant une couche de 25 μm25\ \mathrm{\mu m} environ; doubler la durée ou l'intensité doublerait cette épaisseur.

L'erreur classique sur cet exercice : Sauter la division par z=2z=2. La masse annoncée devient 2,2 g2{,}2\ \mathrm{g} et l'épaisseur 49 μm49\ \mathrm{\mu m} : deux valeurs qui restent plausibles, ce qui rend l'erreur indétectable sans revenir à la demi-équation.

À savoir par cœur

  • ANODE = OXYDATION, toujours. La polarité, elle, change : négative dans une pile, positive dans un électrolyseur.
  • Les électrons ne circulent que dans le circuit EXTÉRIEUR; dans la solution, ce sont les ions.
  • Q=IΔtQ=I\Delta t avec la durée en SECONDES, et Q=n(e)FQ=n(\mathrm{e^{-}})F avec F=9,65×104 Cmol1F=9{,}65\times 10^{4}\ \mathrm{C\cdot mol^{-1}}.
  • m=MIΔtzFm=\frac{MI\Delta t}{zF} : le zz vient de la DEMI-ÉQUATION et divise la masse.
  • 1 Ah=3600 C1\ \mathrm{A\cdot h}=3600\ \mathrm{C}.
  • Une pile évolue dans le sens SPONTANÉ, une électrolyse dans le sens FORCÉ : QrQ_{r} s'écarte de KK.
  • La capacité d'une pile est fixée par le réactif LIMITANT.
  • Électrolyse de l'eau : deux fois plus de dihydrogène que de dioxygène.
  • Épaisseur d'un dépôt : masse, puis volume par la masse volumique, puis division par la SURFACE.

Questions fréquentes

L'anode est-elle toujours le pôle positif ?

Non. L'anode est toujours le siège de l'oxydation, c'est sa définition chimique, mais sa polarité dépend du dispositif. Dans une pile, elle libère des électrons dans le circuit et constitue le pôle négatif. Dans un électrolyseur, elle est reliée au pôle positif du générateur. Rôle et signe sont deux informations distinctes.

Par où circulent les électrons dans une pile ?

Uniquement par le circuit extérieur, c'est-à-dire par le fil qui relie les deux électrodes. Ils vont de l'anode vers la cathode. Dans les solutions et le pont salin, aucun électron ne circule : ce sont les ions qui migrent et assurent la continuité électrique en compensant les charges accumulées.

Comment calculer la masse déposée lors d'une électrolyse ?

On calcule d'abord la charge, produit de l'intensité par la durée en secondes. On la divise par la constante de Faraday pour obtenir la quantité d'électrons, puis par le nombre d'électrons échangés par atome, lu sur la demi-équation. On multiplie enfin par la masse molaire du métal.

Combien de coulombs dans un ampère-heure ?

Trois mille six cents, puisqu'un ampère-heure correspond à un ampère pendant trois mille six cents secondes. C'est exactement la même conversion que du kilowattheure au joule. Oublier ce facteur donne une erreur de trois ordres de grandeur, immédiatement visible sur le résultat final.

Qu'est-ce qui fixe la capacité d'une pile ?

Le réactif limitant. La pile s'arrête de fonctionner dès qu'un des deux réactifs est épuisé, quel que soit l'excès de l'autre. On calcule donc sa quantité de matière, on la multiplie par le nombre d'électrons échangés par unité, puis par la constante de Faraday pour obtenir la charge totale.

Pourquoi obtient-on deux fois plus de dihydrogène que de dioxygène ?

Parce que l'équation de l'électrolyse de l'eau produit deux molécules de dihydrogène pour une de dioxygène. Les coefficients donnent le rapport des quantités de matière, et comme le volume molaire est le même pour tous les gaz dans les mêmes conditions, le rapport des volumes est également de deux pour un.

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Exercices corrigés : Piles et électrolyse

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 15 exercices corrigés
  • 150 points
  • 225 minutes
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