Spécialité physique-chimie, Terminale • Fiche de révision à Montréal
Fiche de révision : la lunette astronomique, grossissement et cercle oculaire (Terminale)
La lunette astronomique est un chapitre de géométrie autant que de physique : deux lentilles, deux triangles rectangles et un segment commun. Ce qui coûte des points n'est presque jamais la formule du grossissement, c'est un foyer mal nommé, un angle en degrés là où il faut des radians, ou un rayon émergent tracé dans la mauvaise direction.
Vous trouverez ici les huit erreurs qui reviennent au baccalauréat, avec la phrase exacte à écrire pour chacune, l'arbre qui choisit la relation selon la grandeur cherchée, celui qui dit quel rayon tracer, et la fiche technique d'une lunette 90/900 exploitée ligne par ligne.
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Le fil du chapitre
Une lunette afocale grossit des ANGLES, pas des objets : l'objet est à l'infini, l'image finale aussi, et tout se calcule sur l'image intermédiaire A1B1, vue sous θ depuis l'objectif et sous θ′ depuis l'oculaire.
•Objectif L1 : lentille convergente de GRANDE distance focale f1′, tournée vers l'objet. Oculaire L2 : lentille convergente de PETITE distance focale f2′, contre l'œil.
•Réglage afocal : le foyer IMAGE de l'objectif est confondu avec le foyer OBJET de l'oculaire, F1′=F2, et O1O2=f1′+f2′.
•Un objet à l'infini donne une image intermédiaire A1B1 réelle et renversée dans le plan focal image de l'objectif, puis une image finale à l'infini.
•Un faisceau parallèle entre, un faisceau parallèle sort : l'œil observe sans accommoder.
•Cercle oculaire : image de la monture de l'objectif par l'oculaire, juste derrière F2′ ; diamètre d=GD. C'est là qu'on place la pupille.
Le faisceau parallèle de largeur D converge en F1′=F2 puis ressort parallèle, G fois plus étroit : c'est le réglage afocal, et la largeur de sortie annonce le cercle oculaire.
Le schéma demandé au baccalauréat porte les deux lentilles, l'axe, les centres optiques et les foyers confondus nommés « F1′=F2 » : ce nom rapporte le point du réglage afocal.
Le grossissement se lit sur deux triangles
•Diamètre apparent à l'œil nu : θ, angle du rayon qui passe par O1 ; il aboutit en B1, donc tanθ=f1′A1B1.
•Diamètre apparent dans la lunette : θ′, angle de la droite (B1O2), parallèle au faisceau émergent ; tanθ′=f2′A1B1.
•Petits angles en RADIANS : tanθ≈θ, d'où G=θθ′=f2′f1′, sans unité.
•Taille de l'image intermédiaire : A1B1=f1′θ, avec θ en radians.
Le même segment A1B1 est vu sous θ depuis O1, loin, et sous θ′ depuis O2, près : plus l'oculaire est proche, plus l'angle est grand.
Le segment A1B1 est commun aux deux triangles : c'est lui qui s'élimine dans le rapport, et c'est pour cela qu'on ne demande jamais sa valeur pour calculer G.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Écrire le grossissement à l'envers
1 point, et toutes les questions qui utilisent G
Ce qu'il ne faut pas écrire
« G=f1′f2′=80020=0,025. »
Ce qu'il faut écrire
« G=f2′f1′=20800=40 : l'objectif, de grande focale, au numérateur. »
Une lunette avec G<1 existe : c'est la lunette RETOURNÉE, objectif de petite focale. Le faisceau sort moins incliné qu'il n'entre, elle rapetisse. Un G<1 trahit la fraction à l'envers.
Pourquoi : Un grossissement inférieur à 1 décrirait une lunette qui rapetisse : le contrôle G>1 attrape l'inversion en une seconde.
2.Laisser l'angle en degrés dans une tangente
1 point, avec un résultat absurde
Ce qu'il ne faut pas écrire
« A1B1=f1′θ=1000×0,52=520mm. »
Ce qu'il faut écrire
« θ=0,52∘=9,08×10−3rad, donc A1B1=1000×9,08×10−3=9,1mm. »
Pourquoi : tanθ≈θ n'est vrai qu'en radians. Dans un RAPPORT d'angles, G=θθ′, les degrés conviennent ; dans une longueur, jamais.
3.Confondre les deux foyers de l'oculaire
1 point sur le schéma, et la construction entière fausse
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Pour une lunette afocale, on fait coïncider le foyer image de l'objectif avec le foyer image de l'oculaire. »
Ce qu'il faut écrire
« Pour une lunette afocale, le foyer image de l'objectif est confondu avec le foyer OBJET de l'oculaire : F1′=F2. »
Oculaire placé avec son foyer IMAGE en F1′ : le faisceau converge puis diverge au lieu de sortir parallèle, et l'œil au repos voit flou.
Pourquoi : L'image intermédiaire doit être dans le plan focal OBJET de l'oculaire pour que celui-ci en donne une image à l'infini. Placée ailleurs, elle donne un faisceau convergent ou divergent.
4.Croire que la lunette agrandit l'objet
1 point sur une question d'interprétation
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La lunette donne une image de la Lune 40 fois plus grande que la Lune. »
Ce qu'il faut écrire
« La lunette multiplie par G=40 le diamètre apparent : la Lune, vue sous 0,52∘ à l'œil nu, est vue sous 21∘. »
Pourquoi : L'objet et l'image finale sont à l'infini : seule une comparaison d'ANGLES a un sens. Le grossissement n'est pas un grandissement.
5.Attribuer le grossissement au diamètre de l'objectif
1 point
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Cette lunette de 150mm de diamètre grossit plus que celle de 80mm. »
Ce qu'il faut écrire
« Le grossissement ne dépend que de f1′ et f2′ ; le diamètre fixe la lumière collectée, (80150)2=3,5 fois plus, et la finesse des détails. »
Même focales, deux diamètres : B1 au même endroit, faisceau de sortie de même pente, donc même G. Le grand objectif envoie seulement un faisceau plus large, plus de lumière.
Pourquoi : G=f2′f1′ ne contient pas D. Le diamètre intervient dans le cercle oculaire, la luminosité et le grossissement maximal utile, jamais dans G lui-même.
6.Oublier le carré dans un rapport de luminosité
1 point
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Un objectif de 83cm collecte 6830=138 fois plus de lumière que la pupille. »
Ce qu'il faut écrire
« La lumière collectée est proportionnelle à la surface, donc à D2 : (6830)2=1,9×104 fois plus. »
Pourquoi : Une ouverture circulaire a une surface π4D2 : doubler le diamètre quadruple la lumière.
7.Se tromper de sens en choisissant un oculaire
1 point sur une question de choix
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Pour grossir davantage, je prends l'oculaire de 25mm plutôt que celui de 10mm. »
Ce qu'il faut écrire
« G=f2′f1′ : le PLUS PETIT oculaire grossit le plus, 101000=100 contre 251000=40. »
La même image A1B1 vue depuis l'oculaire : à 10mm, l'angle θ′ est bien plus grand qu'à 25mm. La focale de l'oculaire est au dénominateur.
Pourquoi : La distance focale de l'oculaire est au dénominateur : une contrainte « grossissement au moins égal à » donne une focale d'oculaire AU PLUS égale à.
8.Calculer une vergence avec des millimètres
0,5 point
Ce qu'il ne faut pas écrire
« C2=f2′1=201=0,05δ. »
Ce qu'il faut écrire
« f2′=20mm=0,020m, donc C2=0,0201=50δ. »
Pourquoi : La dioptrie est l'inverse du MÈTRE. Pour le grossissement, rapport de deux longueurs, l'unité importe peu ; pour une vergence, elle décide de tout.
Quelle méthode choisir
Quelle relation selon la grandeur cherchée
On lit la dernière phrase de la question : elle nomme la grandeur, qui désigne la relation.
Si le grossissement → G=f2′f1′ ou G=θθ′
Exemple : 301200=40
Si l'angle sous lequel on voit l'objet dans la lunette → θ′=Gθ, degrés acceptés
Exemple : Jupiter à 45′′ : 40×360045=0,50∘
Si la taille de l'image intermédiaire ou d'une image sur un capteur → A1B1=f1′θ, θ en radians
Exemple : Lune avec f1′=1000 mm : 9,1 mm
Si la longueur de la lunette afocale → L=f1′+f2′
Exemple : 16,2+0,040=16,24 m
Si le diamètre ou la position du cercle oculaire → d=GD ; position par la relation de conjugaison appliquée à l'oculaire
Exemple : 4080=2,0 mm, à 20,5 mm de O2
l'objet est l'objectif, à O2O1=−(f1′+f2′)
Si une contrainte sur le grossissement → inverser G=f2′f1′ en retournant l'inégalité pour f2′
Exemple : G≥23 avec f1′=700 mm : f2′≤30 mm
Si la question porte sur la luminosité, aucune de ces relations ne sert : c'est la surface de l'objectif, en D2, qui répond.
Quel rayon tracer dans une construction
On regarde d'où vient le rayon et quelle lentille il traverse.
Le rayon violet traverse O1 sans déviation et place B1 dans le plan focal ; les bleus le rejoignent, puis tous sortent parallèles à (B1O2), en pointillé : pente 0,15 puis 0,45, G=3.
Si faisceau parallèle venant d'un point à l'infini, avant l'objectif → tracer d'abord le rayon qui passe par O1, non dévié
Exemple : il coupe le plan focal image en B1
Si les autres rayons du même faisceau, après l'objectif → les faire passer par B1
Exemple : trois rayons incidents, un seul point de convergence
Si rayons issus de B1, après l'oculaire → les tracer parallèles à la droite (B1O2)
Exemple : pente 0,15 en entrée, 0,45 en sortie pour G=3
Si rayon parallèle à l'axe → il ressort par le foyer image de la lentille
Exemple : c'est lui qui montre F1′=F2 sur le schéma afocal
Le faisceau émergent monte quand l'incident descend : c'est la signature d'une image renversée, attendue en astronomie.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Établir l'expression du grossissement
Quand l'utiliser : « Montrer que le grossissement de la lunette afocale s'écrit G=f2′f1′ ».
1Définir : « le grossissement est G=θθ′, où θ est le diamètre apparent de l'objet à l'œil nu et θ′ celui de l'image à travers la lunette ».
2Dans le triangle O1A1B1 rectangle en A1 : « tanθ=f1′A1B1 ».
3Dans le triangle O2A1B1 rectangle en A1, la lunette étant afocale : « tanθ′=f2′A1B1 ».
4Invoquer les petits angles : « les angles étant petits et exprimés en radians, tanθ≈θ et tanθ′≈θ′ ».
5Conclure par le rapport, où A1B1 se simplifie.
Phrase de conclusion
« G=θθ′=A1B1/f1′A1B1/f2′=f2′f1′. »
Le piège : Écrire θ′ dans le triangle O2A1B1 sans rappeler que A1 est dans le plan focal objet de l'oculaire : c'est le réglage afocal qui donne O2A1=f2′.
Barème : 0,5 point pour la définition, 1 point pour chaque triangle, 0,5 point pour l'approximation des petits angles et la conclusion.
Construire le faisceau émergent
Quand l'utiliser : « Compléter la marche du faisceau issu du point B à l'infini » sur un schéma fourni.
1Prolonger sans déviation le rayon incident qui passe par O1 jusqu'au plan focal image de l'objectif : placer B1.
2Faire passer les autres rayons incidents par B1.
3Tracer en pointillés la droite (B1O2), rayon de construction non dévié par l'oculaire.
4Tracer les rayons émergents parallèles à cette droite, à partir de leurs points d'arrivée sur l'oculaire.
5Flécher tous les rayons dans le sens de propagation.
Phrase de conclusion
« Les rayons issus de B1, point du plan focal objet de l'oculaire, émergent parallèles à (B1O2) : l'image finale est à l'infini. »
Le piège : Faire converger les rayons émergents vers l'œil, ou les tracer parallèles à l'axe : ils sont parallèles ENTRE EUX et inclinés.
Barème : 0,5 point pour B1, 1 point pour les rayons entre les lentilles, 1 point pour la direction émergente justifiée.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Le grossissement dépasse 1
Une lunette astronomique grossit : G est en général entre 20 et quelques centaines. Un G inférieur à 1 est un rapport retourné.
G=0,025 signale f1′f2′ au lieu de f2′f1′.
L'image intermédiaire tient dans la lunette
A1B1 d'un astre mesure quelques millimètres à quelques centimètres : un résultat de plusieurs décimètres trahit un angle en degrés.
520 mm pour la Lune avec f1′=1000 mm : θ n'a pas été converti, il fallait 9,1 mm.
Le cercle oculaire est plus petit que l'objectif
d=GD est de l'ordre du millimètre et doit rester comparable à la pupille, quelques millimètres.
d=3200 mm signale D×G au lieu de GD.
La longueur est proche de la focale de l'objectif
L=f1′+f2′ dépasse à peine f1′, puisque f2′ est petite.
L=780 mm pour f1′=800 mm et f2′=20 mm : on a soustrait au lieu d'additionner.
L'exercice type décortiqué
Exploiter la fiche technique d'une lunette 90/900
Une lunette porte l'inscription « 90/900 » : objectif de diamètre D=90mm et de distance focale f1′=900mm. Elle est livrée avec un oculaire de 20mm. Le fabricant indique un grossissement maximal utile égal à deux fois le diamètre en millimètres. La Lune a un diamètre apparent de 0,52∘.
1. Calculer le grossissement. 2. Calculer la taille de l'image intermédiaire de la Lune. 3. Sous quel angle voit-on la Lune dans la lunette ? 4. Calculer le diamètre du cercle oculaire. 5. Quel est le plus petit oculaire utile ?
Étape 1
G=f2′f1′=20900=45.
Pourquoi
Les deux focales sont dans la même unité : pour un rapport, inutile de convertir en mètres. Le « 900 » de l'inscription est la focale de l'OBJECTIF, pas la longueur du tube.
Étape 2
θ=0,52×180π=9,08×10−3rad, donc A1B1=f1′θ=900×9,08×10−3=8,2mm.
Pourquoi
La relation vient d'une tangente : conversion en radians obligatoire. On l'écrit sur la copie, c'est elle que le correcteur cherche.
Étape 3
θ′=Gθ=45×0,52=23,4∘.
Pourquoi
Rapport d'angles : les degrés conviennent. On dépasse la dizaine de degrés, l'approximation des petits angles devient grossière pour θ′, mais le sujet l'admet.
Étape 4
d=GD=4590=2,0mm.
Pourquoi
Ce diamètre, inférieur à la pupille ouverte de nuit, garantit que toute la lumière collectée entre dans l'œil : c'est l'argument attendu si la question demande « commenter ».
Étape 5
Gmax=2×90=180 et f2′≥180900=5,0mm.
Pourquoi
Un maximum sur G devient un MINIMUM sur f2′, qui est au dénominateur. Écrire le sens de l'inégalité rapporte le point.
Conclusion rédigée
La lunette grossit 45 fois avec son oculaire de 20mm ; la Lune y est vue sous 23∘, son image intermédiaire mesure 8,2mm, et un oculaire de moins de 5mm ne montrerait pas plus de détails.
L'erreur classique sur cet exercice : Prendre la Barlow ou l'oculaire le plus court en croyant voir mieux : au-delà de G=180, l'image grossit mais s'assombrit et reste floue.
À savoir par cœur
•Lunette afocale : F1′=F2, foyer image de l'objectif confondu avec le foyer OBJET de l'oculaire.
•G=θθ′=f2′f1′, sans unité, objectif au numérateur.
•A1B1=f1′θ avec θ en RADIANS.
•Rayons émergents parallèles à (B1O2) ; image finale à l'infini et renversée.
•Cercle oculaire : d=GD, juste derrière F2′.
•Le diamètre D ne change pas G : il fixe la lumière collectée, en D2.
•Longueur afocale : f1′+f2′ ; vergence C=f′1 avec f′ en mètres.
Questions fréquentes
Comment calculer le grossissement d'une lunette astronomique ?
On divise la distance focale de l'objectif par celle de l'oculaire, exprimées dans la même unité. Une lunette de 900 millimètres de focale utilisée avec un oculaire de 20 millimètres grossit 45 fois. Le résultat n'a pas d'unité et doit être supérieur à un ; sinon le rapport a été écrit à l'envers.
Que veut dire qu'une lunette est afocale ?
Le foyer image de l'objectif est placé exactement sur le foyer objet de l'oculaire. Un faisceau de rayons parallèles venant d'un astre ressort alors en un faisceau parallèle : l'image finale est à l'infini et l'œil l'observe au repos, sans accommoder. La longueur de la lunette vaut la somme des deux distances focales.
Qu'est-ce que le cercle oculaire d'une lunette ?
C'est l'image de la monture de l'objectif donnée par l'oculaire, située juste derrière son foyer image. Toute la lumière qui traverse la lunette y passe, c'est donc là qu'il faut placer l'œil. Son diamètre vaut le diamètre de l'objectif divisé par le grossissement.
Pourquoi un objectif plus grand ne grossit-il pas plus ?
Parce que le grossissement ne dépend que des deux distances focales. Le diamètre de l'objectif détermine la quantité de lumière collectée, proportionnelle au carré du diamètre, et la finesse des détails visibles. Une grande ouverture donne donc une image plus lumineuse et plus nette, pas plus grosse.
Passer à la pratique
Exercices corrigés : La lunette astronomique : grossissement et cercle oculaire
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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