Spécialité physique-chimie, Première • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : ondes, lentilles et modèles de la lumière (Première spécialité)
Voici une série d'exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur les ondes, les lentilles et les modèles de la lumière, au niveau de la classe de Première du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal. Elle couvre les ondes mécaniques progressives, leur célérité et le retard τ=vd, les ondes périodiques avec période, fréquence et longueur d'onde, la lentille mince convergente avec la relation de conjugaison et le grandissement, puis le modèle ondulatoire et le modèle particulaire de la lumière : le photon et son énergie E=λhc, les spectres de raies d'émission et d'absorption et les niveaux d'énergie d'un atome.
À la fin de la série, vous savez calculer un retard et une distance par un écho (exercice 1), relier λ, v et f et dire si deux points vibrent en phase (exercices 2 et 11), construire une image par les trois rayons particuliers et la placer par la relation de conjugaison (exercices 3 et 13), mesurer une distance focale par la méthode de Bessel (exercice 14), calculer l'énergie d'un photon et le nombre de photons émis par un laser (exercices 5 et 10) et associer une raie à une transition entre niveaux d'énergie (exercices 8 et 12). Les situations sont tirées du réel : la cuve à ondes et son stroboscope, la lampe à vapeur de mercure, les raies noires du spectre d'une étoile, la houle qui devient tsunami en approchant de la côte. Chaque construction est tracée en couleur au corrigé : l'image réelle d'un objet au-delà de 2F (exercice 3), l'image virtuelle de la loupe et l'objet au foyer (exercice 13), les deux positions nettes de Bessel (exercice 14).
Une seule confusion revient dans toutes les copies et occupe deux exercices : la célérité est imposée par le MILIEU, la fréquence par la SOURCE, et la longueur d'onde n'est que le résultat des deux. Changer la source ne change jamais la vitesse de propagation, et frapper plus fort ne change que l'amplitude. L'exercice 6 est le plus satisfaisant de la série : un simple écart de huit secondes entre deux arrivées suffit à situer un séisme à soixante-sept kilomètres, et la dernière question explique pourquoi il faut malgré tout trois stations pour le localiser vraiment.
La lunette astronomique, instrument à deux lentilles, et l'effet Doppler ne sont pas au programme de spécialité de Première : ils sont étudiés en Terminale. Les exercices 4 et 7, et les questions 8 d) et 9 d), sont donc signalés comme une anticipation de la Terminale. En Première, on travaille avec une seule lentille mince convergente.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Onde mécanique : déplacement d'une perturbation sans transport de matière, mais avec transport d'énergie. Retard τ=vd.
•La célérité ne dépend que du MILIEU, la fréquence que de la SOURCE. Elles sont indépendantes, et λ=vT=fv s'ajuste.
•Longueur d'onde : périodicité SPATIALE, distance parcourue en une période. Deux points vibrent en phase si leur distance est un multiple entier de λ.
•Lentille convergente : OA′1−OA1=f′1 et γ=OAOA′. Image réelle si OA′>0, donc recueillable sur un écran ; virtuelle sinon.
•Trois rayons particuliers : parallèle à l'axe puis par F′ ; par le centre optique sans déviation ; par F puis parallèle à l'axe.
•Photon : E=λhc, donc plus la longueur d'onde est courte, plus le photon est énergétique. Modèle ondulatoire pour la diffraction et les interférences, particulaire pour l'effet photoélectrique et les spectres de raies.
•Anticipation de Terminale : lunette afocale : longueur f1′+f2′ et grossissement G=f2′f1′. Le diamètre de l'objectif, lui, fixe la luminosité et la résolution.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Célérité d'une onde et retard
Une onde mécanique progressive est le déplacement d'une perturbation dans un milieu matériel, sans transport de matière. Sa célérité v ne dépend que du milieu.
Le retard d'un point M par rapport à la source vaut τ=vd.
a) Une perturbation se propage sur une corde à la célérité v=12m/s. Calculez le retard d'un point situé à 3,0m de la source.
b) Expliquez pourquoi l'expression « sans transport de matière » est essentielle. Que transporte alors l'onde ?
c) Une personne crie face à une falaise et perçoit l'écho 2,0s plus tard. La célérité du son dans l'air vaut 340m/s. Calculez sa distance à la falaise.
d) On tend davantage la corde de la question a). La célérité change-t-elle ? Et si l'on frappe la corde plus fort ?
e) Distinguez onde transversale et onde longitudinale, avec un exemple de chaque.
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Réponses
a)τ=0,25 s
b)L'onde transporte de l'énergie, pas de matière
c)d=340 m
d)Tendre change v ; frapper plus fort change l'amplitude
e)Transversale : corde ; longitudinale : son
a)
τ=vd=123,0=0,25s.
b)
Parce que chaque point du milieu se contente d'osciller autour de sa position d'équilibre, puis y revient : aucun morceau de corde ne parcourt les 3,0m. C'est le MOTIF de la perturbation qui se déplace, pas la matière. Ce que l'onde transporte, c'est de l'énergie, et avec elle de l'information : c'est pourquoi un son peut nous atteindre sans que l'air se déplace en bloc du haut-parleur jusqu'à l'oreille.
c)
Le son fait l'aller-retour, donc il parcourt 2d pendant les 2,0s. Ainsi d=2v×Δt=2340×2,0=340m. Oublier le facteur 2 est l'erreur classique, et elle double la réponse.
d)
Oui, tendre la corde augmente la célérité : celle-ci ne dépend que des propriétés du MILIEU, ici la tension et la masse linéique. En revanche, frapper plus fort ne change rien à la célérité : cela augmente l'amplitude de la perturbation, donc l'énergie transportée, mais pas sa vitesse de propagation. Amplitude et célérité sont deux grandeurs indépendantes.
e)
Une onde est TRANSVERSALE quand la perturbation est perpendiculaire à la direction de propagation : c'est le cas d'une corde que l'on secoue verticalement alors que l'onde avance horizontalement, ou d'une vague. Elle est LONGITUDINALE quand la perturbation a lieu dans la direction même de la propagation : c'est le cas du son dans l'air, où les tranches d'air se compriment et se dilatent le long du trajet, ou d'un ressort que l'on comprime brusquement.
Question e) : sur la corde, la perturbation est perpendiculaire à la propagation, l'onde est transversale. Dans le ressort, les spires se serrent puis s'écartent dans la direction même de la propagation, l'onde est longitudinale, comme le son.
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Exercice 2 : Onde périodique : période, fréquence et longueur d'onde
Une onde périodique se répète identiquement à elle-même. Sa période temporelle T et sa fréquence f sont liées par f=T1, et sa longueur d'onde vaut λ=vT=fv.
On étudie une onde de période T=0,020s se propageant à v=12m/s.
a) Calculez la fréquence de cette onde.
b) Calculez sa longueur d'onde.
c) Définissez la longueur d'onde par une phrase, en précisant s'il s'agit d'une périodicité temporelle ou spatiale.
d) On double la fréquence de la source, le milieu restant le même. Que deviennent la célérité et la longueur d'onde ?
e) Deux points de la corde distants de 0,36m vibrent-ils en phase ? Justifiez.
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Réponses
a)f=50 Hz
b)λ=0,24 m
c)Périodicité spatiale
d)v=12 m/s inchangée ; λ=0,12 m
e)1,5λ : opposition de phase
a)
f=T1=0,0201=50Hz.
b)
λ=vT=12×0,020=0,24m, soit 24cm. On retrouve la même valeur par λ=fv=5012=0,24m.
c)
La longueur d'onde est la distance parcourue par l'onde pendant une période, autrement dit la plus petite distance séparant deux points du milieu qui vibrent en phase. C'est une périodicité SPATIALE, à distinguer de la période T qui est la périodicité temporelle. Une onde périodique possède donc deux périodicités, et la célérité est précisément ce qui les relie.
d)
La célérité ne change PAS : elle ne dépend que du milieu, et la source n'a aucune prise sur elle. La longueur d'onde, elle, est divisée par deux et vaut 0,12m, puisque λ=fv avec v constante. C'est la confusion la plus fréquente du chapitre : changer la source change f et λ, changer le milieu change v et λ, mais f est imposée par la source seule et v par le milieu seul.
e)
0,240,36=1,5. La distance vaut donc une longueur d'onde et demie, soit un nombre NON entier de longueurs d'onde. Les deux points ne vibrent pas en phase : ils sont même en opposition de phase, puisque le demi-restant correspond exactement à un décalage d'une demi-période. Quand l'un est au maximum, l'autre est au minimum.
La figure du corrigé est une PHOTOGRAPHIE de l'onde, c'est-à-dire son élongation en fonction de la position à un instant fixé, et il faut bien voir que ce n'est pas la même chose qu'un enregistrement en un point donné. Sur cette photographie, la période spatiale se lit directement : c'est la longueur d'onde λ=0,24m, distance entre deux crêtes consécutives, marquée par le crochet. Si l'on avait au contraire enregistré l'élongation d'un SEUL point au cours du temps, on aurait obtenu une sinusoïde d'allure identique mais dont la période serait T=0,020s, une durée et non une longueur. La relation λ=vT n'est rien d'autre que le lien entre ces deux lectures : 12,0×0,020=0,24m ✓. C'est la source d'erreur la plus fréquente du chapitre, et la parade est de regarder l'UNITÉ portée par l'axe des abscisses avant toute lecture, des mètres pour une photographie, des secondes pour un enregistrement. On retiendra aussi que la longueur d'onde dépend du milieu, puisque la célérité en dépend, alors que la période et la fréquence sont imposées par la source et traversent tous les milieux sans changer.
Exercice 3 : Construction d'une image par une lentille convergente
Une lentille mince convergente de distance focale f′=20cm donne d'un objet AB une image A′B′. L'objet, de hauteur 4,0cm, est placé à 60cm devant la lentille.
La figure ci-dessous représente le montage : les distances y sont à l'échelle, les hauteurs agrandies trois fois. La construction de l'image est demandée à la question f).
a) Rappelez le trajet des trois rayons particuliers utilisés dans la construction.
b) Appliquez la relation de conjugaison OA′1−OA1=f′1 pour déterminer la position de l'image.
c) Calculez le grandissement, puis la taille de l'image.
d) Précisez la nature de l'image : réelle ou virtuelle, droite ou renversée, agrandie ou réduite.
e) L'image peut-elle être recueillie sur un écran ? Justifiez à partir de son caractère réel ou virtuel.
f) Construisez l'image par le tracé des trois rayons particuliers, puis situez-la par rapport à F′ et 2F′.
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Réponses
a)Parallèle vers F′, centre non dévié, par F vers parallèle
b)OA′=+30 cm
c)γ=−0,50 ; image de 2,0 cm
d)Réelle, renversée, réduite
e)Oui : image réelle
f)Entre F′ et 2F′ : OA′=+30 cm confirmé
a)
Le rayon issu de B et PARALLÈLE à l'axe optique émerge en passant par le foyer image F′. Le rayon passant par le CENTRE optique O n'est pas dévié. Le rayon passant par le foyer objet F émerge parallèle à l'axe optique. Deux rayons suffisent à déterminer B′, le troisième servant de vérification, et sur la figure les trois se coupent bien au même point.
b)
Avec OA=−60cm et f′=20cm : OA′1=f′1+OA1=201−601=603−1=301, donc OA′=+30cm. L'image se forme à 30cm derrière la lentille.
c)
γ=OAOA′=−6030=−0,50. La taille de l'image vaut ∣γ∣×4,0=2,0cm.
d)
OA′ est positif, donc l'image est RÉELLE, située du côté opposé à l'objet. Le grandissement est négatif, donc l'image est RENVERSÉE. Sa valeur absolue est inférieure à 1, donc l'image est RÉDUITE, deux fois plus petite que l'objet.
e)
Oui. Une image réelle est formée par des rayons lumineux qui convergent effectivement en un point de l'espace : en plaçant un écran à 30cm derrière la lentille, la lumière y arrive réellement et l'image s'y forme. Une image virtuelle, au contraire, n'existe qu'à l'intersection des PROLONGEMENTS des rayons, où aucune lumière ne passe : un écran n'y recueillerait rien. C'est exactement la différence entre l'image d'un projecteur, réelle, et celle d'une loupe, virtuelle.
f)
Le rayon parallèle à l'axe repart par F′, le rayon passant par F repart parallèle à l'axe, le rayon passant par O n'est pas dévié : ils se coupent en B′, et A′ est au pied de la perpendiculaire à l'axe. On lit OA′=+30cm, entre F′ et 2F′, ce qui confirme la relation de conjugaison de la question b). Un objet au-delà de 2F donne toujours une image réduite entre F′ et 2F′.
Objet à 60cm, au-delà de 2F : les rayons 1, 2 et 3 se coupent en B′, à 30cm derrière la lentille, entre F′ et 2F′ : image réelle, renversée, deux fois plus petite. Les hauteurs sont agrandies, les distances sont à l'échelle.
Exercice 4 : La lunette astronomique afocale
Une lunette astronomique est dite afocale lorsque le foyer image de l'objectif coïncide avec le foyer objet de l'oculaire. Un objet à l'infini donne alors une image à l'infini, observable sans accommodation.
L'objectif a une distance focale f1′=50cm et l'oculaire f2′=2,0cm.
Anticipation de Terminale : la lunette astronomique afocale, association de deux lentilles, et son grossissement sont au programme de Terminale, partie « Former des images, décrire la lumière par un flux de photons ». En Première, on n'étudie l'image donnée que par une seule lentille mince convergente, exercices 3, 13 et 14.
a) Expliquez pourquoi on souhaite que l'image finale soit à l'infini.
b) Calculez la distance séparant les deux lentilles.
c) Le grossissement d'une lunette afocale vaut G=f2′f1′. Calculez-le.
d) Pour augmenter le grossissement, faut-il un objectif de plus grande ou de plus petite focale ? Et pour l'oculaire ?
e) Pourquoi les grands télescopes ont-ils surtout un objectif de grand DIAMÈTRE, et non simplement de grande focale ?
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Réponses
a)Observation sans accommodation
b)f1′+f2′=52 cm
c)G=25
d)Objectif de grande focale, oculaire de petite focale
e)Le diamètre fixe la lumière collectée et la résolution
a)
Parce que l'oeil au repos, c'est-à-dire n'accommodant pas, est réglé pour voir net à l'infini. Recevoir une image à l'infini permet donc une observation prolongée sans fatigue oculaire. C'est aussi ce qui rend le réglage indépendant de l'observateur, du moins tant que sa vision est normale.
b)
Dans une lunette afocale, le foyer image de l'objectif et le foyer objet de l'oculaire sont confondus, donc la distance entre les centres optiques vaut f1′+f2′=50+2,0=52cm.
c)
G=f2′f1′=2,050=25. L'objet est vu 25 fois plus grand en diamètre apparent qu'à l'oeil nu.
d)
Le grossissement croît avec f1′ et décroît avec f2′ : il faut donc un objectif de GRANDE focale et un oculaire de PETITE focale. C'est pourquoi les lunettes de fort grossissement sont longues, leur longueur valant approximativement f1′, et pourquoi on change d'oculaire pour changer de grossissement sur un même instrument.
e)
Parce que le grossissement ne sert à rien si l'image est trop peu lumineuse ou trop floue. Le diamètre de l'objectif détermine deux choses que la focale ne détermine pas : la quantité de lumière collectée, proportionnelle à la SURFACE donc au carré du diamètre, ce qui permet d'observer des objets faibles ; et le pouvoir de résolution, limité par la diffraction, qui fixe le plus petit détail séparable. Grossir une image floue ne fait qu'agrandir le flou. C'est pourquoi on désigne les télescopes par leur diamètre, et non par leur grossissement.
Question b) : un faisceau parallèle à l'axe converge au foyer image de l'objectif, qui est aussi le foyer objet de l'oculaire, puis ressort parallèle et plus étroit. Les lentilles sont donc distantes de f1′+f2′=52cm. Même montage, focales réduites pour le dessin : f1′=5f2′ au lieu de 25f2′.
Exercice 5 : Les deux modèles de la lumière
La lumière est décrite tantôt comme une onde électromagnétique de longueur d'onde λ, tantôt comme un flux de photons d'énergie E=λhc.
On prendra h=6,63×10−34J⋅s, c=3,00×108m/s et 1eV=1,602×10−19J.
a) Calculez la fréquence d'une radiation de longueur d'onde 532nm dans le vide.
b) Calculez l'énergie d'un photon de cette radiation, en joules puis en électronvolts.
c) Un photon de lumière rouge est-il plus ou moins énergétique qu'un photon de lumière bleue ? Justifiez.
d) Qu'est-ce qui distingue un spectre d'émission de raies d'un spectre d'absorption ? Que nous apprennent-ils ?
e) Pourquoi conserve-t-on deux modèles pour un même objet, au lieu d'en choisir un ?
e)Chaque modèle explique des phénomènes que l'autre n'explique pas
a)
ν=λc=532×10−93,00×108=5,64×1014Hz.
b)
E=λhc=532×10−96,63×10−34×3,00×108=3,74×10−19J. En électronvolts : 1,602×10−193,74×10−19=2,33eV.
c)
Moins énergétique. L'énergie est inversement proportionnelle à la longueur d'onde, or le rouge a une longueur d'onde plus grande, autour de 700nm, que le bleu, autour de 450nm. Un photon bleu transporte donc environ une fois et demie l'énergie d'un photon rouge, ce qui explique par exemple pourquoi les ultraviolets sont dangereux et pas les infrarouges.
d)
Un spectre d'émission de raies est obtenu en analysant la lumière émise par un gaz chaud : il montre des raies COLORÉES sur fond noir, aux longueurs d'onde que l'entité sait émettre. Un spectre d'absorption est obtenu en traversant un gaz froid avec de la lumière blanche : il montre des raies NOIRES sur fond coloré, exactement aux mêmes longueurs d'onde. Les deux nous apprennent la même chose : la composition chimique du gaz, chaque entité possédant un jeu de raies qui lui est propre, comme une signature.
e)
Parce qu'aucun des deux ne rend compte de tous les phénomènes à lui seul. Le modèle ondulatoire explique la diffraction et les interférences, que le modèle particulaire ne peut pas produire. Le modèle particulaire explique l'effet photoélectrique et les spectres de raies, que le modèle ondulatoire ne peut pas expliquer. On utilise donc celui qui convient à la situation étudiée, ce qui n'est pas une faiblesse de la physique mais l'aveu que la lumière n'est ni exactement une onde ni exactement une particule au sens ordinaire : ces deux images sont des approximations d'un objet quantique que notre intuition ne contient pas.
Question d) : l'hydrogène chaud émet des raies colorées sur fond noir ; l'hydrogène froid traversé par la lumière blanche absorbe exactement les mêmes longueurs d'onde, qui manquent en noir dans le spectre continu.
Partie B : Niveau baccalauréat (/50)
Exercice 6 : Localiser l'épicentre d'un séisme
Un séisme émet simultanément deux types d'ondes : les ondes P, longitudinales, de célérité vP=6,0km/s, et les ondes S, transversales, de célérité vS=3,5km/s.
Une station sismique enregistre l'arrivée des ondes S avec un retard de Δt=8,0s sur celle des ondes P.
Le schéma ci-dessous représente la situation.
a) Expliquez pourquoi les ondes P arrivent toujours les premières, quelle que soit la distance.
b) Exprimez les durées de parcours des deux types d'ondes en fonction de la distance d à l'épicentre.
c) Établissez l'expression de d en fonction de Δt, vP et vS, puis calculez d.
d) Une seule station suffit-elle à localiser l'épicentre ? Combien en faut-il, et pourquoi ?
e) Le retard mesuré passerait-il du simple au double si la distance doublait ? Justifiez.
Voir la correction
Réponses
a)Ondes P plus rapides sur la même distance
b)tP=vPd ; tS=vSd
c)d=67 km
d)Trois stations
e)Oui : 16 s, proportionnalité
a)
Parce qu'elles vont plus vite et parcourent exactement la même distance. Les deux types d'ondes partent au même instant depuis le foyer, mais vP>vS, donc la durée de parcours des ondes P est toujours la plus courte. C'est d'ailleurs de là que viennent leurs noms : P pour premières, S pour secondes.
b)
tP=vPd et tS=vSd.
c)
Le retard vaut Δt=tS−tP=vSd−vPd=d(vS1−vP1). Donc d=vS1−vP1Δt=3,51−6,018,0=0,2857−0,16678,0=0,11908,0=67km. Vérification : 3,567,2−6,067,2=19,2−11,2=8,0s.
d)
Non. Une station ne donne que la DISTANCE à l'épicentre, donc elle le situe quelque part sur un cercle de rayon 67km autour d'elle. Une deuxième station donne un second cercle, et deux cercles se coupent en général en deux points. Il faut donc une TROISIÈME station pour lever l'ambiguïté : les trois cercles ne se croisent qu'en un seul point. C'est exactement le principe de la triangulation, et c'est aussi celui du positionnement par satellite.
e)
Oui. La relation Δt=d(vS1−vP1) est une proportionnalité entre Δt et d, le facteur entre parenthèses ne dépendant que des célérités, donc du milieu. Doubler la distance double donc exactement le retard, qui passerait à 16s. C'est précisément ce qui rend la méthode utilisable : le retard est une mesure directe de la distance.
La figure du corrigé est exactement l'outil qu'utilise un sismologue, et elle explique pourquoi une SEULE station suffit à estimer la distance de l'épicentre. Les deux ondes partent au même instant du foyer mais voyagent à des célérités différentes, donc leurs temps d'arrivée croissent linéairement avec la distance, avec des pentes différentes : 6,01 pour les ondes P, les plus rapides, et 3,51 pour les ondes S. L'écart vertical entre les deux droites est donc lui aussi PROPORTIONNEL à la distance, avec un coefficient 3,51−6,01=0,119s/km. Mesurer un écart de 8,0s revient à trouver l'abscisse où la bande entre les deux droites atteint cette hauteur, soit 67km, ce que la figure donne par lecture directe. Deux remarques importantes. Une station donne la DISTANCE mais pas la direction : l'épicentre est quelque part sur un cercle de 67km de rayon, et il faut donc trois stations pour le localiser par intersection de trois cercles, ce qui est exactement la méthode employée en pratique. Et l'écart croissant avec la distance est une aubaine : plus le séisme est lointain, plus la mesure du décalage est facile et précise, alors qu'un séisme très proche donne deux arrivées presque simultanées.
Exercice 7 : Observer la Lune à la lunette
Une lunette astronomique afocale a un objectif de distance focale f1′=900mm et un oculaire de f2′=25mm.
La Lune est vue à l'oeil nu sous un diamètre apparent θ=0,52∘.
Le schéma ci-dessous représente le diamètre apparent de la Lune ; l'angle y est agrandi.
Anticipation de Terminale : la lunette astronomique afocale, association de deux lentilles, et son grossissement sont au programme de Terminale, partie « Former des images, décrire la lumière par un flux de photons ». En Première, on n'étudie l'image donnée que par une seule lentille mince convergente, exercices 3, 13 et 14.
a) Calculez le grossissement de la lunette.
b) Calculez le diamètre apparent de la Lune observée à travers la lunette, en degrés.
c) Convertissez θ en radians, puis calculez la taille de l'image intermédiaire formée par l'objectif.
d) On remplace l'oculaire par un modèle de 10mm. Calculez le nouveau grossissement et la nouvelle longueur de la lunette.
e) Peut-on augmenter indéfiniment le grossissement en réduisant la focale de l'oculaire ? Quelle limite rencontre-t-on ?
Voir la correction
Réponses
a)G=36
b)θ′=18,7°
c)θ=9,08×10−3 rad ; A′B′=8,2 mm
d)G=90 ; 910 mm
e)Non : luminosité et résolution, grossissement vide
a)
G=f2′f1′=25900=36.
b)
Le diamètre apparent est multiplié par le grossissement : θ′=Gθ=36×0,52=18,7∘. La Lune paraît alors aussi large qu'une main grande ouverte tenue à bout de bras, soit près de vingt degrés, ce qui explique l'impression saisissante que donne une première observation.
c)
θ=0,52×180π=9,08×10−3rad. L'objectif forme l'image dans son plan focal, à la distance f1′, donc sa taille vaut A′B′=f1′θ=900×9,08×10−3=8,2mm. C'est cette petite image de 8mm que l'oculaire grossit ensuite comme une loupe.
d)
G=10900=90, soit deux fois et demie plus. La longueur vaut f1′+f2′=900+10=910mm, contre 925mm auparavant : elle change à peine, puisqu'elle est dominée par la focale de l'objectif.
e)
Non. Deux limites apparaissent. D'abord la LUMINOSITÉ : la quantité de lumière collectée est fixée par le diamètre de l'objectif, donc grossir davantage étale la même lumière sur une image plus grande, qui devient de plus en plus sombre. Ensuite la RÉSOLUTION : la diffraction par l'ouverture de l'objectif fixe le plus petit détail discernable, et aucun oculaire ne peut faire apparaître un détail que l'objectif n'a pas résolu. Au-delà d'un grossissement de l'ordre de deux fois le diamètre de l'objectif exprimé en millimètres, on ne fait qu'agrandir une image floue. C'est ce qu'on appelle le grossissement vide.
Questions b) et c) : le rayon qui passe par O1 n'est pas dévié et place B′ dans le plan focal de l'objectif, d'où A′B′=f1′θ=8,2mm. Le faisceau ressort parallèle à (B′O2), en pointillé, sous l'angle θ′=Gθ. Même montage, focales réduites pour le dessin : G=4 au lieu de 36, avec l'angle de sortie de l'exercice, θ′=18,7∘.
Exercice 8 : Ce que les raies d'une étoile racontent
Le spectre de la lumière d'une étoile présente des raies noires. On y identifie notamment une raie à 656nm, caractéristique de l'hydrogène.
Le schéma ci-dessous représente le spectre de la lumière de l'étoile.
On garde h=6,63×10−34J⋅s, c=3,00×108m/s et 1eV=1,602×10−19J.
Anticipation de Terminale pour la seule question d) : le décalage de toutes les raies vers les grandes longueurs d'onde est une manifestation de l'effet Doppler, au programme de Terminale. Les questions a), b), c) et e), raies d'absorption et énergie du photon, sont au programme de Première.
a) Expliquez l'origine des raies noires dans le spectre d'une étoile.
b) Calculez l'énergie du photon correspondant à la raie à 656nm, en joules puis en électronvolts.
c) Que représente cette énergie pour l'atome d'hydrogène ?
d) Une autre étoile présente les mêmes raies, mais toutes décalées vers les grandes longueurs d'onde. Que peut-on en déduire ?
e) Pourquoi l'analyse spectrale est-elle le seul moyen de connaître la composition chimique d'une étoile ?
Voir la correction
Réponses
a)Absorption par l'atmosphère de l'étoile
b)E=3,03×10−19 J, soit 1,89 eV
c)Écart entre deux niveaux quantifiés
d)Décalage vers le rouge : l'étoile s'éloigne
e)Seule la lumière nous parvient
a)
Le coeur de l'étoile émet un spectre continu, contenant toutes les longueurs d'onde. En traversant l'atmosphère plus froide de l'étoile, cette lumière rencontre des atomes qui absorbent précisément les radiations dont l'énergie correspond à l'une de leurs transitions possibles. Ces radiations manquent alors dans le spectre reçu : elles apparaissent comme des raies noires sur le fond coloré continu.
b)
E=λhc=656×10−96,63×10−34×3,00×108=3,03×10−19J, soit 1,602×10−193,03×10−19=1,89eV.
c)
C'est exactement l'écart d'énergie entre deux niveaux de l'atome d'hydrogène. Un atome ne peut absorber que des photons dont l'énergie coïncide avec une telle différence, ce qui explique que le spectre soit fait de raies fines et non de bandes continues : les niveaux d'énergie de l'atome sont QUANTIFIÉS, et le photon est absorbé en totalité ou pas du tout.
d)
Que l'étoile s'éloigne de nous. Un décalage de toutes les raies vers le rouge, c'est-à-dire vers les grandes longueurs d'onde, est la signature de l'effet Doppler appliqué à la lumière. Le point essentiel est que ce sont TOUTES les raies qui se décalent, dans le même rapport, alors que leurs écarts relatifs restent identiques : c'est ce qui permet de reconnaître le motif de l'hydrogène malgré le décalage, et donc de distinguer un mouvement d'une différence de composition.
e)
Parce qu'aucun échantillon ne peut être rapporté et qu'aucune sonde ne peut y être envoyée : la lumière est la seule chose qui nous parvienne d'une étoile. Or chaque élément chimique possède un jeu de raies qui lui est propre, une signature qu'aucun autre ne partage, et qui est la même sur Terre que dans une galaxie lointaine. Lire les raies revient donc à lire directement la liste des éléments présents. C'est ainsi que l'hélium a été identifié dans le Soleil en 1868, avant même d'être isolé sur Terre, et c'est ce qui a donné son nom à cet élément.
Questions a) et d) : l'atmosphère de l'étoile retire du spectre continu les raies de l'hydrogène, dont celle à 656nm. Si l'étoile s'éloigne, TOUTES les raies glissent vers le rouge dans le même rapport, et leur motif reste reconnaissable. Le décalage, de 3%, est choisi pour le dessin.
Exercice 9 : Quatre affirmations à corriger
Chacune des quatre affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous sur un résultat chiffré des exercices précédents.
Anticipation de Terminale pour la seule affirmation d), qui porte sur l'oculaire et le grossissement d'une lunette. Les affirmations a), b) et c) sont au programme de Première.
a) « Frapper une corde plus fort augmente la vitesse de propagation de l'onde. »
b) « Doubler la fréquence de la source double la célérité de l'onde. »
c) « Une image donnée par une lentille convergente peut toujours être recueillie sur un écran. »
d) « Pour voir plus de détails avec une lunette, il suffit d'un oculaire de plus courte focale. »
Voir la correction
Réponses
a)Frapper plus fort change l'amplitude, pas la célérité
b)λ passe à 0,12 m, v reste 12 m/s
c)Seules les images réelles se recueillent
d)Plus de détails : un objectif plus grand
a)
Faux. Frapper plus fort augmente l'AMPLITUDE de la perturbation, donc l'énergie transportée, mais la célérité ne dépend que des propriétés du milieu, ici la tension et la masse linéique de la corde. Tendre la corde changerait la célérité, frapper plus fort ne la change pas. Amplitude et célérité sont deux grandeurs indépendantes, comme vu à l'exercice 1.
b)
Faux, et c'est la même confusion vue par l'autre bout. La célérité est imposée par le MILIEU, la fréquence par la SOURCE, et elles sont indépendantes. Doubler f à célérité constante divise la longueur d'onde par deux, comme le montre l'exercice 2 où λ passe de 0,24 à 0,12m alors que v reste à 12m/s. La relation λ=fv ne dit pas que v dépend de f : elle dit que λ s'ajuste.
c)
Faux. Cela n'est vrai que pour les images RÉELLES, celles obtenues quand l'objet est au-delà du foyer objet, comme dans l'exercice 3 où l'image se forme à 30cm derrière la lentille. Si l'objet est placé entre le foyer et la lentille, l'image est VIRTUELLE : les rayons émergents divergent et ne se croisent qu'en prolongement, là où aucune lumière ne passe. C'est le cas de la loupe, et aucun écran n'y recueillerait quoi que ce soit.
d)
Faux. Un oculaire de plus courte focale augmente effectivement le GROSSISSEMENT, comme le montre l'exercice 7 où l'on passe de 36 à 90. Mais il n'ajoute aucun détail : la quantité d'information est fixée en amont par l'objectif, à travers son diamètre, qui détermine à la fois la lumière collectée et la limite de résolution imposée par la diffraction. Au-delà d'un certain point on agrandit une image floue et de plus en plus sombre, ce qu'on appelle précisément un grossissement vide. Pour voir plus de détails, il faut un objectif plus grand, pas un oculaire plus court.
Exercice 10 : Combien de photons dans un pointeur laser ?
Un pointeur laser vert émet une lumière de longueur d'onde 532nm avec une puissance P=5,0mW.
On garde h=6,63×10−34J⋅s, c=3,00×108m/s et 1eV=1,602×10−19J.
a) Calculez l'énergie d'un photon émis par ce laser, en joules.
b) Déduisez-en le nombre de photons émis chaque seconde.
c) Commentez l'ordre de grandeur obtenu. Que justifie-t-il quant au modèle ondulatoire ?
d) Calculez l'énergie totale émise en une minute de fonctionnement.
e) Un laser infrarouge de même puissance émet à 1064nm. Émet-il plus ou moins de photons par seconde ? Justifiez par le calcul, puis expliquez pourquoi il est pourtant plus dangereux pour l'oeil.
Voir la correction
Réponses
a)E=3,74×10−19 J
b)1,3×1016 photons par seconde
c)Flux énorme : le modèle ondulatoire suffit
d)0,30 J
e)2,7×1016 photons par seconde : plus ; invisible, donc dangereux
a)
E=λhc=532×10−96,63×10−34×3,00×108=3,74×10−19J.
b)
La puissance est l'énergie émise par seconde, donc le nombre de photons vaut N=EP=3,74×10−195,0×10−3=1,3×1016 photons par seconde.
c)
L'ordre de grandeur est colossal : plus de dix millions de milliards de photons chaque seconde. C'est précisément ce qui justifie que le modèle ondulatoire suffise dans la vie courante : avec un flux aussi dense, le caractère granulaire de la lumière est totalement noyé, comme l'écoulement d'un liquide masque le fait qu'il est fait de molécules. Le modèle particulaire ne devient indispensable que lorsqu'on descend à des flux très faibles, ou lorsqu'on étudie un échange d'énergie photon par photon comme dans l'effet photoélectrique.
d)
Etot=PΔt=5,0×10−3×60=0,30J. C'est peu en valeur absolue, à peine de quoi soulever une pomme de 100g d'une trentaine de centimètres, mais toute cette énergie est concentrée sur une surface minuscule, et c'est cette CONCENTRATION qui fait le danger d'un laser, non son énergie totale.
e)
Le photon infrarouge est deux fois moins énergétique, puisque sa longueur d'onde est double : E=1064×10−9hc=1,87×10−19J. À puissance égale, il faut donc DEUX FOIS PLUS de photons par seconde, soit 2,7×1016. Il est pourtant plus dangereux pour une raison qui n'est pas énergétique : l'infrarouge est INVISIBLE. L'oeil ne déclenche donc ni réflexe de clignement ni contraction de la pupille, et le faisceau peut brûler la rétine sans que la victime ait rien vu ni ressenti avant que le dommage ne soit fait. Le danger d'un laser ne se lit pas seulement dans son énergie par photon.
La figure du corrigé porte le nombre de photons émis par seconde en fonction de la longueur d'onde, à puissance FIXÉE de 5,0mW, et c'est une droite passant par l'origine. La raison est simple et vaut d'être comprise : la puissance est le produit du nombre de photons par seconde et de l'énergie de chacun, P=Nλhc, donc N=hcPλ est proportionnel à λ. La lecture donne 1,34×1016 photons par seconde pour le vert à 532nm et exactement le double aux arrondis près, 2,67×1016, pour l'infrarouge à 1064nm, ce qui n'est pas un hasard puisque cette longueur d'onde est le double de la précédente. Le résultat contredit une intuition courante : à puissance égale, un laser infrarouge émet PLUS de photons qu'un laser vert, pas moins, parce que chacun de ses photons transporte deux fois moins d'énergie. C'est précisément ce qui rend les lasers infrarouges dangereux : l'œil ne les voit pas, aucun réflexe de fermeture ne se déclenche, et la puissance déposée sur la rétine est pourtant la même. On notera enfin l'ordre de grandeur, plus de dix millions de milliards de photons chaque seconde pour un pointeur de poche : c'est ce qui explique que l'on ne perçoive jamais la nature granulaire de la lumière dans la vie courante.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : La cuve à ondes et le stroboscope
Dans une cuve à ondes, un vibreur de fréquence f=25Hz crée des ondes rectilignes à la surface de l'eau. Sur une photographie, on compte 11 crêtes consécutives qui s'étendent sur 12,0cm.
Un stroboscope éclaire la cuve par de brefs éclairs réguliers, de fréquence réglable fe.
a) Déterminez la longueur d'onde.
b) Calculez la période de l'onde et sa célérité.
c) Parmi les fréquences d'éclairs 12,5Hz, 20Hz et 25Hz, lesquelles font paraître l'onde immobile ? Justifiez.
d) Au-dessus d'une plaque qui diminue la profondeur de l'eau, la longueur d'onde mesurée n'est plus que 0,80cm. Quelles grandeurs ont changé ? Calculez la nouvelle célérité.
e) Dans la zone profonde, un bouchon est situé à 6,0cm du vibreur. Calculez son retard, et dites s'il vibre en phase avec la source.
Voir la correction
Réponses
a)λ=1,20 cm
b)T=0,040 s ; v=0,30 m/s
c)Immobile à 12,5 et 25 Hz
d)f inchangée ; v=0,20 m/s
e)τ=0,20 s =5T : en phase
a)
Onze crêtes consécutives délimitent DIX intervalles : λ=1012,0=1,20cm. Diviser par onze est l'erreur classique, celle des piquets et des intervalles.
b)
T=251=0,040s et v=λf=1,20×10−2×25=0,30m/s.
c)
L'onde paraît immobile quand, entre deux éclairs, elle a avancé d'un nombre ENTIER de longueurs d'onde, c'est-à-dire quand la durée entre deux éclairs est un multiple de T. À 25Hz, les éclairs sont séparés de T : immobile. À 12,5Hz, ils sont séparés de 0,080s=2T : immobile aussi. À 20Hz, ils sont séparés de 0,050s=1,25T : l'onde a avancé d'un quart de longueur d'onde en plus à chaque éclair et paraît défiler lentement.
d)
La fréquence est imposée par le vibreur : elle reste 25Hz. C'est le milieu qui a changé, donc la célérité et, avec elle, la longueur d'onde : v′=λ′f=0,80×10−2×25=0,20m/s. Les ondes sont plus lentes en eau peu profonde.
e)
τ=vd=0,300,060=0,20s, soit exactement 5T ; de même, 6,0cm font 5 longueurs d'onde. Le bouchon reproduit le mouvement de la source avec un retard d'un nombre entier de périodes : il vibre EN PHASE avec elle.
Une onde périodique a deux périodes, T dans le temps et λ dans l'espace, reliées par la célérité. Le stroboscope les relie à l'œil : l'onde paraît figée quand le temps entre deux éclairs est un multiple entier de T.
Questions a) et e) : onze crêtes délimitent dix intervalles, d'où λ=1,20cm. Le bouchon, à 6,0cm=5λ, est sur une crête en même temps que la source : il vibre en phase avec elle.
Question d) : au-dessus de la plaque, la fréquence reste 25Hz mais l'onde ralentit, et les crêtes se resserrent : λ′=0,80cm.
Exercice 12 : La lampe à vapeur de mercure et ses niveaux d'énergie
Quelques niveaux d'énergie de l'atome de mercure, en électronvolts : niveau fondamental −10,44 ; EA=−5,77 ; EB=−5,55 ; EC=−4,99 ; ED=−2,71.
Données : h=6,63×10−34J⋅s ; c=3,00×108m/s ; 1eV=1,602×10−19J ; le visible s'étend de 400 à 800nm.
a) L'atome passe du niveau D au niveau C. Calculez l'énergie du photon émis, en électronvolts, puis sa longueur d'onde.
b) Même travail pour les transitions de D vers B et de D vers A.
c) Calculez la longueur d'onde émise lors de la transition de B vers le niveau fondamental. À quel domaine appartient-elle ?
d) Un photon de 3,00eV arrive sur un atome de mercure dans son état fondamental. Peut-il être absorbé ? Justifiez.
e) L'énergie d'ionisation vaut 10,44eV. Quelle est la plus grande longueur d'onde capable d'ioniser l'atome à partir de son état fondamental ?
Voir la correction
Réponses
a)2,28 eV ; 545 nm
b)437 nm et 406 nm
c)254 nm : ultraviolet
d)Non : aucun écart de 3,00 eV
e)λ≤119 nm
a)
E=ED−EC=−2,71−(−4,99)=2,28eV, soit 2,28×1,602×10−19=3,65×10−19J. Alors λ=Ehc=3,65×10−196,63×10−34×3,00×108=5,45×10−7m, soit 545nm : c'est la raie VERTE du mercure. On soustrait toujours le niveau d'arrivée au niveau de départ, et la conversion en joules précède le calcul de λ.
b)
D→B : E=−2,71+5,55=2,84eV et λ=437nm, raie bleue. D→A : E=−2,71+5,77=3,06eV et λ=406nm, raie violette. Plus l'écart d'énergie est grand, plus la longueur d'onde est courte.
c)
E=−5,55+10,44=4,89eV et λ=4,89×1,602×10−19hc=2,54×10−7m, soit 254nm : c'est un rayonnement ULTRAVIOLET, invisible. Dans un tube fluorescent, une poudre déposée sur le verre absorbe cet ultraviolet et réémet de la lumière visible.
d)
Depuis le fondamental, les seules énergies absorbables sont les écarts vers les niveaux supérieurs : 4,67, 4,89, 5,45 et 7,73eV pour les niveaux proposés. Aucune ne vaut 3,00eV : le photon n'est PAS absorbé, il traverse la vapeur. Un atome n'absorbe pas « un peu » d'un photon : c'est tout ou rien.
e)
Il faut un photon d'au moins 10,44eV, donc une longueur d'onde au plus égale à λ=10,44×1,602×10−19hc=1,19×10−7m, soit 119nm, dans l'ultraviolet lointain. Au-delà de l'ionisation, toute énergie convient, car l'électron arraché emporte l'excédent.
Un diagramme de niveaux se lit par différences : l'énergie du photon est l'écart entre deux niveaux, jamais la valeur d'un niveau. Émission et absorption se font aux mêmes énergies, ce qui fait des raies une signature de l'élément.
Questions a), b) et c) : chaque flèche est une transition, et sa longueur est l'énergie du photon émis. La plus courte donne la raie verte, 545nm ; la plus longue, vers le fondamental, un ultraviolet à 254nm. Niveaux à l'échelle.
Exercice 13 : Placer l'objet pour obtenir une image de taille imposée
On dispose d'une lentille mince convergente de distance focale f′=10,0cm. On rappelle OA′1−OA1=f′1 et γ=OAOA′.
Le schéma ci-dessous représente la lentille et ses foyers, à l'échelle.
a) On veut sur un écran une image renversée trois fois plus grande que l'objet. Quelle est la valeur du grandissement ?
b) En écrivant OA′=γOA, déterminez la position de l'objet et celle de l'écran.
c) Calculez la distance entre l'objet et l'écran.
d) On veut maintenant, en regardant à travers la lentille, une image droite trois fois plus grande. Déterminez OA et OA′. L'image est-elle réelle ou virtuelle ?
e) Où faut-il placer l'objet pour que l'image soit à l'infini ? Quel instrument fonctionne ainsi ?
f) Construisez par le tracé des rayons particuliers l'image du cas d). Les rayons émergents se croisent-ils derrière la lentille ?
Voir la correction
Réponses
a)γ=−3
b)OA=−13,3 cm ; OA′=+40,0 cm
c)D=53,3 cm
d)OA=−6,67 cm ; OA′=−20,0 cm : virtuelle
e)Objet au foyer objet : loupe, oculaire
f)Non : leurs prolongements se croisent à 20,0 cm devant la lentille
a)
Une image sur un écran est réelle, et renversée signifie γ<0 : γ=−3.
b)
−3OA1−OA1=f′1 donne 3OA−1−3=10,01, soit OA=−34×10,0=−13,3cm. Puis OA′=−3×(−13,3)=+40,0cm. L'objet est à 13,3cm devant la lentille, un peu au-delà du foyer objet, et l'écran à 40,0cm derrière.
c)
D=13,3+40,0=53,3cm. On vérifie par la relation de conjugaison : 40,01+40,03=40,04=10,01 ✓.
d)
Image droite : γ=+3. 3OA1−OA1=10,01 donne 3OA1−3=10,01, soit OA=−6,67cm et OA′=−20,0cm. L'objet est entre le foyer et la lentille ; OA′<0 : l'image est du même côté que l'objet, elle est VIRTUELLE. C'est le fonctionnement d'une loupe.
e)
OA′ infini impose OA1=−f′1, soit OA=−10,0cm : l'objet est dans le PLAN FOCAL objet. C'est ainsi qu'on utilise une loupe ou un oculaire pour observer sans accommoder.
f)
L'objet est à 6,67cm, entre F et la lentille. Le rayon parallèle à l'axe repart par F′, le rayon passant par O n'est pas dévié, et celui dont le prolongement passe par F ressort parallèle à l'axe : après la lentille, les trois rayons s'écartent les uns des autres et ne se croisent jamais. Ce sont leurs prolongements vers l'arrière qui se coupent en B′, à 20,0cm devant la lentille et trois fois plus haut que B : on retrouve OA′=−20,0cm et γ=+3, une image virtuelle.
Le signe du grandissement traduit le sens de l'image et celui de OA′ sa nature. Imposer γ transforme la relation de conjugaison en une équation à une seule inconnue, OA : c'est ainsi qu'on conçoit un montage au lieu de seulement l'analyser.
Cas b) : objet à 13,3cm, juste au-delà de F. Les rayons se coupent en B′, à 40,0cm derrière la lentille : image réelle, renversée, trois fois plus grande, sur l'écran. La hauteur de l'objet est choisie pour le dessin.
Cas d) : objet à 6,67cm, entre F et O. Les rayons émergents divergent ; leurs prolongements en pointillé se croisent en B′, à 20,0cm devant la lentille : image virtuelle, droite, trois fois plus grande.
Cas e) : objet dans le plan focal objet. Les rayons 1 et 3 ressortent parallèles : l'image est à l'infini, et l'œil l'observe sans accommoder.
Exercice 14 : Problème : mesurer une distance focale par la méthode de Bessel
Un objet lumineux et un écran sont fixés à la distance D=1,00m l'un de l'autre. On déplace entre eux une lentille convergente de distance focale inconnue f′ : l'image est nette pour deux positions de la lentille, distantes de d=40,0cm.
On note p=−OA>0 la distance de l'objet à la lentille et p′=OA′>0 celle de la lentille à l'écran, de sorte que p+p′=D.
Le schéma ci-dessous représente le montage, la lentille dans une position quelconque.
a) Montrez que la relation de conjugaison s'écrit p1+p′1=f′1, puis que p vérifie p2−Dp+f′D=0.
b) À quelle condition sur D et f′ existe-t-il deux positions nettes ? Montrez que les deux solutions vérifient p1−p2=D2−4f′D.
c) Déduisez-en que f′=4DD2−d2 et calculez f′.
d) Calculez les deux positions de la lentille et les deux grandissements. Que remarquez-vous ?
e) Avec la même lentille, on rapproche l'écran à D=80,0cm de l'objet. Obtient-on encore une image nette ?
Voir la correction
Réponses
a)p(D−p)=f′D
b)D>4f′ ; p1−p2=D2−4f′D
c)f′=21,0 cm
d)70,0 et 30,0 cm ; γ1γ2=1
e)Non : 80,0<84,0 cm
a)
Avec OA=−p et OA′=p′ : p′1+p1=f′1. En remplaçant p′=D−p : p(D−p)p+D−p=f′1, soit p(D−p)=f′D, c'est-à-dire p2−Dp+f′D=0.
b)
C'est une équation du second degré en p, de discriminant Δ=D2−4f′D. Deux positions nettes existent si Δ>0, soit D>4f′. Les solutions sont 2D±Δ, et leur différence vaut Δ=D2−4f′D.
c)
d2=D2−4f′D donne f′=4DD2−d2=4×1,001,002−0,4002=40,840=0,210m, soit f′=21,0cm.
d)
p1=2100+40,0=70,0cm et p2=30,0cm. Avec p1=70,0, l'écran est à p1′=30,0cm et γ1=−70,030,0=−0,429 ; avec p2=30,0, p2′=70,0cm et γ2=−2,33. Les deux positions sont SYMÉTRIQUES : on échange les rôles de p et p′, et γ1γ2=1, une image réduite puis une image agrandie dans le même rapport.
e)
Il faudrait D>4f′=84,0cm. Avec D=80,0cm, le discriminant est négatif : aucune position de la lentille ne donne d'image nette sur l'écran. Une lentille convergente ne peut former une image réelle que si l'objet et l'écran sont séparés d'au moins quatre fois sa distance focale.
La méthode de Bessel remplace la mesure délicate de la position du centre optique par celle, très précise, d'un déplacement d. La relation de conjugaison y devient une équation du second degré, et son discriminant contient toute la physique du montage.
Première position, p1=70,0cm : l'image se forme sur l'écran, à 30,0cm derrière la lentille, renversée et réduite, γ1=−0,429. La hauteur de l'objet est choisie pour le dessin.
Seconde position, p2=30,0cm : objet et écran n'ont pas bougé, mais p et p′ ont échangé leurs valeurs, et l'image est agrandie, γ2=−2,33.
Exercice 15 : Problème : de la houle au tsunami
Quand la profondeur H de l'eau est petite devant la longueur d'onde, les vagues se propagent à la célérité v=gH, avec g=9,81m/s2. Au large, en eau profonde, une houle de période T=10s avance à 15,6m/s.
Un séisme sous-marin crée un tsunami, onde de période voisine de 20min, dans un océan de 4000m de profondeur.
Le schéma ci-dessous représente la situation, sans respecter les échelles.
a) Calculez la fréquence et la longueur d'onde de la houle au large.
b) Près de la côte, la profondeur n'est plus que de 4,0m. Calculez la célérité et la longueur d'onde de la houle. Quelle grandeur n'a pas changé ?
c) Expliquez pourquoi les vagues semblent se resserrer et se dresser en approchant de la plage.
d) Calculez la célérité du tsunami en plein océan, en m/s puis en km/h, et sa longueur d'onde. La formule v=gH est-elle justifiée ?
e) Une côte se trouve à 600km de l'épicentre. De combien de temps dispose-t-on pour donner l'alerte ?
Voir la correction
Réponses
a)f=0,10 Hz ; λ=156 m
b)v=6,3 m/s ; λ=63 m ; T inchangée
c)Célérité plus faible à période égale : crêtes rapprochées
d)198 m/s =713 km/h ; λ≈240 km
e)Environ 50 min
a)
f=101=0,10Hz et λ=vT=15,6×10=156m.
b)
v=9,81×4,0=6,3m/s et λ=vT=6,26×10=63m. La PÉRIODE, fixée par la source au large, ne change pas : T=10s. Chaque vague arrive toujours toutes les dix secondes, même si elle a ralenti.
c)
Les crêtes arrivent au même rythme mais avancent plus lentement : elles se RAPPROCHENT, la longueur d'onde passant de 156 à 63m. L'énergie apportée par chaque vague se concentre sur une longueur plus courte et dans une eau moins profonde, donc l'amplitude augmente, jusqu'à ce que la vague déferle.
d)
v=9,81×4000=198m/s, soit 198×3,6=713km/h, la vitesse d'un avion de ligne. La période vaut 1200s, donc λ=198×1200=2,4×105m, soit 240km. Cette longueur d'onde est soixante fois la profondeur : l'océan est une eau « peu profonde » pour un tsunami, et la formule s'applique.
e)
Δt=198600×103=3,0×103s, soit environ 50min. Les ondes sismiques, qui voyagent à plusieurs kilomètres par seconde, atteignent les stations en quelques minutes : c'est cet écart de célérités qui laisse le temps de prévenir.
La période est imposée par la source et traverse tous les milieux ; la célérité et la longueur d'onde dépendent du milieu, ici de la profondeur. Un tsunami est invisible au large, parce que sa longueur d'onde immense étale son énergie, et dévastateur à la côte, où il ralentit et se concentre.
Questions b) et c) : la période ne change pas, mais la houle ralentit en eau peu profonde : les crêtes se resserrent, de 156 à 63m, et la vague se dresse. Longueurs à l'échelle, hauteurs des vagues très agrandies.
Question d) : une longueur d'onde du tsunami, 240km, et la profondeur de l'océan, 4km, à la même échelle. L'océan est une eau « peu profonde » pour cette onde, et v=gH s'applique.
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