Spécialité physique-chimie, Première • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : images et couleurs, synthèses additive et soustractive (Première spécialité)

Voici une série d'exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur les images et les couleurs, au niveau de la classe de Première du programme français. Elle s'adresse aux élèves des lycées français, dont le Lycée Marie de France et le Collège Stanislas à Montréal, et à tout élève de Première qui prépare ce chapitre.

Le fil de la série tient en une phrase : une couleur perçue se lit en comptant les primaires rouge, verte et bleue qui ARRIVENT à l'œil. Une source en ajoute, un filtre, un pigment ou un objet ne fait qu'en retirer. Toutes les erreurs du chapitre, du filtre qui « colore » la lumière à la bande rouge qu'on croit rouge sous n'importe quel éclairage, viennent d'avoir oublié ce comptage.

Le collège a déjà montré le prisme, les trois primaires et le filtre rouge suivi d'un filtre vert. Ici on va au niveau de la Première : décomposer une lumière en blanc plus un reste, chiffrer ce qu'un filtre ou un objet transmet, choisir entre synthèse additive et soustractive sur la géométrie du montage, et comprendre avec les courbes des cônes pourquoi trois primaires suffisent. Les deux derniers exercices situent la lumière parmi les ondes électromagnétiques. La couleur des solutions et l'absorbance sont traitées dans la série sur les dosages.

Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.

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Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Première
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (5 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Mouvement, vitesse et lumièreQuatrième
  2. 2Lumière, couleurs et spectresTroisième
  3. 3Ondes et signauxSeconde
  4. 4Vision et image : lentilles et réfractionSeconde
  5. 5Ondes, lentilles et lumière

Rappel de cours

  • • SYNTHÈSE ADDITIVE : des lumières SUPERPOSÉES s'ajoutent. R ++ V == jaune, V ++ B == cyan, R ++ B == magenta, R ++ V ++ B == blanc.
  • • COULEURS COMPLÉMENTAIRES : leur superposition donne du blanc. Rouge et cyan, vert et magenta, bleu et jaune, diamétralement opposées sur le cercle chromatique.
  • • DÉCOMPOSER UNE LUMIÈRE : le minimum commun des trois primaires est du blanc ; la couleur se lit sur le reste. Du blanc ajouté à une couleur la rend pâle.
  • • SYNTHÈSE SOUSTRACTIVE : un filtre ou un pigment RETIRE des primaires par absorption. Filtres à la suite : seules passent les primaires transmises par TOUS les filtres, dans n'importe quel ordre.
  • • Un filtre jaune absorbe le bleu, un filtre cyan absorbe le rouge, un filtre magenta absorbe le vert.
  • • ABSORPTION, DIFFUSION, TRANSMISSION : pour chaque primaire, puissance reçue == diffusée ++ transmise ++ absorbée. L'énergie absorbée est convertie en énergie thermique.
  • • COULEUR D'UN OBJET : il diffuse, parmi les primaires qu'il REÇOIT, celles qu'il sait diffuser. S'il n'en reçoit aucune, il paraît noir.
  • • TRICHROMIE : trois types de cônes, S, M et L ; le cerveau ne reçoit que leurs trois réponses. Deux lumières qui donnent les mêmes réponses sont perçues de la même couleur.
  • • CHOISIR LE MODÈLE : lumières qui arrivent ensemble, ou éléments juxtaposés vus de loin : additive. Retraits successifs sur un même faisceau, mélange de pigments : soustractive.
  • • ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES : λ=cf\lambda=\dfrac{c}{f} avec c=3,00×108 m/sc=3{,}00\times 10^{8}\ \mathrm{m/s} dans le vide. Du plus petit λ\lambda au plus grand : gamma, X, UV, visible (400400 à 800 nm800\ \mathrm{nm}), infrarouge, micro-ondes (wifi, four), ondes radio (IRM, radio FM).

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Une lampe à trois canaux : complémentaires et couleurs pâles

Une lampe connectée contient trois diodes, une rouge (R), une verte (V) et une bleue (B). Une application règle chaque canal de 00 à 100 %100\ \% de sa puissance maximale, les trois diodes éclairant ensemble la même zone d'un mur blanc. À puissances égales, les trois canaux réunis donnent du blanc.

La figure représente le cercle chromatique : les trois couleurs primaires de la synthèse additive, R, V et B, alternent avec les trois couleurs secondaires, jaune (J), cyan (C) et magenta (M).

RJVCBM
  • a) Quels canaux faut-il allumer, à la même puissance, pour obtenir du jaune ? du cyan ? du magenta ?
  • b) Deux lumières sont dites complémentaires quand leur superposition donne du blanc. Donnez la complémentaire du rouge et celle du bleu, puis dites comment elles se lisent sur le cercle.
  • c) On règle la lampe sur R 100 %100\ \%, V 100 %100\ \%, B 40 %40\ \%. Décomposez cette lumière en une part de blanc et un reste coloré. Quelle couleur voit-on ?
  • d) Quel canal faut-il modifier, et de combien de points, pour que la lumière du c) devienne un blanc sans changer les canaux R et V ?
  • e) On règle maintenant R 70 %70\ \%, V 20 %20\ \%, B 20 %20\ \%. Quelle est la part de blanc ? Quelle couleur voit-on ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) jaune : R et V ; cyan : V et B ; magenta : R et B
  • b) complémentaire du rouge : cyan ; du bleu : jaune ; diamétralement opposées sur le cercle
  • c) 40 %40\ \% de blanc plus 60 %60\ \% de jaune (R et V) : un jaune pâle
  • d) monter le canal B de 6060 points, à 100 %100\ \%
  • e) 20 %20\ \% de blanc plus 50 %50\ \% de rouge : un rose (rouge pâle)

a) La synthèse additive AJOUTE des lumières sur une même zone : l'œil reçoit la somme de ce que chaque diode envoie. Le jaune s'obtient avec R et V allumés ensemble, le cyan avec V et B, le magenta avec R et B. Sur le cercle, chaque secondaire est placée ENTRE les deux primaires qui la composent : J entre R et V, C entre V et B, M entre B et R. C'est la seule chose à mémoriser, le reste se déduit. Remarquez qu'aucune diode jaune n'existe dans la lampe : le jaune que vous voyez n'est pas une lumière de longueur d'onde jaune, c'est un rouge et un vert qui arrivent ensemble sur la rétine.

b) Le rouge a besoin de V et B pour compléter le trio R, V, B : sa complémentaire est donc le cyan, puisque cyan == V ++ B, et rouge ++ cyan == R ++ V ++ B == blanc. De même la complémentaire du bleu est le jaune, R ++ V. Sur le cercle, deux couleurs complémentaires sont DIAMÉTRALEMENT opposées : R face à C, B face à J, V face à M. La règle n'est pas une convention de dessin, elle découle de la construction : en face d'une primaire se trouve la secondaire faite des deux AUTRES primaires. Le piège classique consiste à répondre « vert » comme complémentaire du rouge, par souvenir de la peinture : en lumière, rouge et vert donnent du jaune, pas du blanc.

c) Les trois canaux ont en commun 40 %40\ \% : cette part commune R 4040, V 4040, B 4040 est du BLANC. Il reste R 6060, V 6060, B 00, c'est-à-dire 60 %60\ \% de jaune. La lumière est un mélange de blanc et de jaune : l'œil voit un jaune PÂLE, dit désaturé. La méthode vaut pour tout réglage : on retire d'abord le minimum commun des trois canaux, qui donne le blanc, et on lit la couleur sur ce qui reste. Répondre « blanc » parce que les trois canaux sont allumés, ou « jaune » en oubliant le blanc, c'est perdre la moitié de la question.

d) Le reste coloré du c) est du jaune ; pour le neutraliser il faut lui ajouter sa COMPLÉMENTAIRE, le bleu, en même quantité : 6060 points de bleu. Le canal B passe de 4040 à 100 %100\ \% et les trois canaux sont égaux, donc la lumière est blanche. Vérification : blanc 40 %40\ \% + jaune 60 %60\ \% + bleu 60 %60\ \% = blanc 40 %40\ \% + blanc 60 %60\ \% = blanc 100 %100\ \%. On aurait aussi pu baisser R et V à 40 %40\ \%, mais l'énoncé interdit de toucher à ces deux canaux, et le blanc obtenu serait moins lumineux. C'est exactement ce que fait le réglage de « température de couleur » d'un éclairage : ajouter du bleu refroidit un blanc jaunâtre.

e) Minimum commun : 2020. Blanc 20 %20\ \%, reste R 5050, V 00, B 00 : 50 %50\ \% de rouge. Un rouge additionné de blanc est un rouge pâle, qu'on appelle rose. La part de blanc vaut donc 20 %20\ \%. Pour obtenir un blanc à 70 %70\ \%, il faudrait ajouter 5050 points de cyan, c'est-à-dire monter V et B de 2020 à 70 %70\ \% chacun. Le rose n'a pas de longueur d'onde propre, il n'apparaît dans aucun arc-en-ciel : c'est une couleur que seul un mélange peut produire, preuve de plus que la couleur perçue se lit sur les primaires qui arrivent à l'œil et non sur une longueur d'onde unique.

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Exercice 2 : Deux filtres à la suite : magenta puis jaune

Une lampe blanche envoie un faisceau portant la même puissance dans chacune des trois primaires : 100100 unités de rouge, 100100 de vert et 100100 de bleu. Le faisceau traverse un filtre magenta, puis un filtre jaune, et arrive sur un écran blanc.

Chaque filtre transmet 90 %90\ \% de chaque primaire qu'il laisse passer et absorbe entièrement les autres. Le filtre magenta laisse passer R et B ; le filtre jaune laisse passer R et V.

filtre magentafiltre jauneécranblanchelampe
  • a) Quelles primaires sortent du filtre magenta, et quelle puissance totale transportent-elles ?
  • b) Quelle lumière sort du filtre jaune ? Quelle puissance arrive sur l'écran ?
  • c) On échange les deux filtres, jaune d'abord puis magenta. Le résultat sur l'écran change-t-il ? Justifiez.
  • d) Quelle fraction de la puissance émise par la lampe atteint l'écran ?
  • e) On ajoute un filtre cyan derrière les deux autres. Qu'observe-t-on sur l'écran ? Et si l'on éclaire le seul filtre jaune avec une lumière cyan ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) R et B, 90+90=18090+90=180 unités : lumière magenta
  • b) lumière rouge, 0,9×90=810{,}9\times 90=81 unités
  • c) non : même lumière rouge de 8181 unités
  • d) 81300=0,27\dfrac{81}{300}=0{,}27, soit 27 %27\ \%
  • e) écran noir avec le cyan ajouté ; vert (9090 unités) pour le filtre jaune sous lumière cyan

a) Un filtre ne fabrique aucune couleur : il TRIE, en retirant par absorption les primaires qu'il ne laisse pas passer. Le filtre magenta absorbe le vert et transmet 90 %90\ \% du rouge et du bleu : il sort 0,9×100=900{,}9\times 100=90 unités de R et 9090 unités de B, soit 180180 unités au total. Cette lumière R ++ B est magenta. Les 100100 unités de vert, plus les 1010 unités perdues sur chacune des deux autres primaires, soit 120120 unités, ont été absorbées par le filtre et le chauffent : 180+120=300180+120=300, le bilan est complet.

b) Le filtre jaune reçoit R 9090 et B 9090. Il transmet le rouge, 0,9×90=810{,}9\times 90=81 unités, et absorbe le bleu. Le vert qu'il aurait laissé passer n'est plus là : un filtre ne peut transmettre que ce qu'il REÇOIT. Il sort donc une lumière rouge de 8181 unités. On retrouve la règle de la synthèse soustractive : magenta et jaune ont en commun le seul rouge, et c'est lui qui survit. L'erreur typique consiste à écrire « magenta ++ jaune », puis à additionner des couleurs, ce qui n'a aucun sens pour deux filtres traversés à la suite : on ne superpose pas deux lumières, on enlève deux fois.

c) Jaune d'abord : il sort R 9090 et V 9090. Le filtre magenta absorbe alors le vert et transmet 0,9×90=810{,}9\times 90=81 unités de rouge. Le résultat est le même, une lumière rouge de 8181 unités. C'est général : chaque filtre agit sur chaque primaire indépendamment, et une primaire arrive sur l'écran si et seulement si TOUS les filtres la laissent passer. Sa puissance est multipliée par 0,90{,}9 à chaque filtre, et le produit 0,9×0,90{,}9\times 0{,}9 ne dépend pas de l'ordre. On peut donc raisonner primaire par primaire, dans n'importe quel ordre : c'est la méthode la plus sûre dès qu'il y a plus de deux filtres.

d) La lampe émet 300300 unités, l'écran en reçoit 8181 : la fraction transmise vaut 81300=0,27\dfrac{81}{300}=0{,}27, soit 27 %27\ \%. Les deux tiers de la perte viennent des primaires entièrement absorbées (le vert par le magenta, le bleu par le jaune), le reste des 10 %10\ \% perdus sur le rouge à chaque traversée. Voilà pourquoi une lumière filtrée est toujours plus sombre que la lumière de départ : la synthèse soustractive ne peut que retirer de la puissance.

e) Le filtre cyan laisse passer V et B et absorbe le rouge : il reçoit du rouge seulement, il l'absorbe, et plus rien n'arrive. L'écran est noir. Magenta, jaune et cyan ensemble ne laissent passer aucune primaire, puisque chacune est absorbée par l'un des trois. Deuxième situation : une lumière cyan, V 100100 et B 100100, arrive sur le filtre jaune, qui transmet R et V. Il n'y a pas de rouge à transmettre, le bleu est absorbé, et il reste 0,9×100=900{,}9\times 100=90 unités de vert : l'écran est vert. Même filtre, autre éclairage, autre résultat : un filtre jaune ne « donne » pas du jaune, il retire le bleu de ce qu'il reçoit.

filtre magentafiltre jauneécranblanchelampeR + BR

Exercice 3 : Absorption, diffusion, transmission : la feuille d'or

Une feuille d'or de doreur ne mesure qu'une centaine de nanomètres d'épaisseur : elle renvoie une partie de la lumière, en laisse passer une autre et absorbe le reste. On l'éclaire en lumière blanche portant 100100 unités de puissance dans chaque primaire R, V et B.

Le tableau donne, pour 100100 unités reçues dans chaque primaire, la puissance RENVOYÉE vers l'observateur placé du côté de la lampe et la puissance TRANSMISE de l'autre côté. La ligne de l'absorption est à compléter.

RVBrenvoyée805010transmise53025absorbée???
  • a) Complétez la ligne « absorbée ». Quel principe utilisez-vous ?
  • b) De quelle couleur paraît la feuille pour un observateur placé du côté de la lampe ? Justifiez en décomposant la lumière renvoyée.
  • c) On regarde la lampe À TRAVERS la feuille. Quelle couleur voit-on ? Justifiez de la même façon.
  • d) Quelle fraction de la puissance reçue la feuille absorbe-t-elle ? Au soleil, elle reçoit 600 W/m2600\ \mathrm{W/m^{2}} ; quelle puissance absorbe-t-elle par mètre carré, et que devient-elle ?

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) absorbée : R 1515, V 2020, B 6565 (conservation : renvoyée ++ transmise ++ absorbée =100=100)
  • b) renvoyée R 8080, V 5050, B 1010 : blanc 1010 + jaune 4040 + rouge 3030, un jaune orangé
  • c) transmise R 55, V 3030, B 2525 : blanc 55 + cyan 2020 + vert 55, un bleu-vert
  • d) 100300=13\dfrac{100}{300}=\dfrac{1}{3} ; 200 W/m2200\ \mathrm{W/m^{2}}, converti en énergie thermique

a) La lumière qui arrive sur la feuille n'a que trois destins : elle est renvoyée (diffusée ou réfléchie), transmise ou absorbée. La puissance se conserve, donc pour chaque primaire renvoyée ++ transmise ++ absorbée =100=100. Rouge : 100−80−5=15100-80-5=15 ; vert : 100−50−30=20100-50-30=20 ; bleu : 100−10−25=65100-10-25=65. Le bleu est la primaire que l'or absorbe le plus, c'est la clé des deux questions suivantes. Écrire une ligne d'absorption sans vérifier que chaque colonne fait 100100 est l'erreur la plus fréquente sur ce type de tableau.

b) L'observateur côté lampe reçoit la lumière RENVOYÉE : R 8080, V 5050, B 1010. On la décompose comme une lumière de lampe : le minimum commun, 1010, est du blanc ; il reste R 7070 et V 4040, soit 4040 de jaune (R ++ V) et 3030 de rouge seul. Du jaune additionné d'un peu de rouge est un jaune orangé : c'est la couleur de l'or. La feuille n'est pas « jaune par nature » ; elle est jaune orangé parce qu'elle absorbe surtout le bleu, complémentaire du jaune, et renvoie le reste.

c) À travers la feuille, l'œil ne reçoit que la lumière TRANSMISE : R 55, V 3030, B 2525. Minimum commun 55 : du blanc ; il reste V 2525 et B 2020, soit 2020 de cyan et 55 de vert. La lampe paraît bleu-vert, presque cyan, et très sombre, puisque la feuille ne transmet que 5+30+25=605+30+25=60 unités sur 300300. C'est un fait d'observation connu des doreurs : l'or battu est verdâtre par transparence. La même feuille a donc DEUX couleurs, selon qu'on regarde la lumière renvoyée ou la lumière transmise. Parler de « la couleur d'un objet » sans dire comment il est regardé est une réponse incomplète.

d) Puissance absorbée : 15+20+65=10015+20+65=100 unités sur 300300 reçues, soit 100300=13\dfrac{100}{300}=\dfrac{1}{3}. Au soleil, en admettant la même répartition, la feuille absorbe 13×600=200 W/m2\dfrac{1}{3}\times 600=200\ \mathrm{W/m^{2}}. Cette énergie n'est pas perdue au sens physique : elle est convertie en énergie thermique et la feuille s'échauffe. Absorber, ce n'est pas faire disparaître la lumière, c'est en convertir l'énergie ; c'est aussi pour cela qu'un vêtement sombre, qui absorbe beaucoup, chauffe plus au soleil qu'un vêtement clair. Vérification globale : renvoyé 140140, transmis 6060, absorbé 100100, total 300300.

Exercice 4 : Un drapeau à trois bandes sous des éclairages colorés

Un drapeau porte trois bandes verticales, verte, blanche et rouge, telles qu'on les voit en lumière blanche. On modélise chaque bande par les primaires qu'elle DIFFUSE : la bande verte diffuse V, la bande blanche diffuse R, V et B, la bande rouge diffuse R. Toute primaire non diffusée est absorbée.

Pour une scène de spectacle, on éclaire le drapeau successivement avec plusieurs projecteurs colorés, dans une salle par ailleurs obscure.

verteblancherouge
  • a) Expliquez pourquoi, en lumière blanche, la bande blanche paraît blanche et la bande rouge paraît rouge.
  • b) On éclaire en lumière jaune. Donnez la couleur perçue de chaque bande.
  • c) On éclaire en lumière cyan. Donnez la couleur perçue de chaque bande.
  • d) Sous quelle lumière primaire la bande verte et la bande rouge paraissent-elles identiques ? Sous quelle lumière primaire la bande blanche se confond-elle avec la bande rouge ?
  • e) Un vrai pigment n'est pas parfait : la bande rouge diffuse 80 %80\ \% du rouge, 8 %8\ \% du vert et 4 %4\ \% du bleu qu'elle reçoit, la bande blanche 90 %90\ \% de chaque primaire. En lumière cyan de 5050 unités de V et 5050 unités de B, calculez la puissance diffusée par chaque bande, puis le rapport rouge sur blanche, en pourcentage.

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a)
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Réponses

  • a) blanche : diffuse R, V et B, l'œil reçoit du blanc ; rouge : diffuse R seul et absorbe V et B
  • b) verte : vert ; blanche : jaune ; rouge : rouge
  • c) verte : vert ; blanche : cyan ; rouge : noir
  • d) verte et rouge identiques (noires) en lumière bleue ; blanche et rouge identiques (rouges) en lumière rouge
  • e) rouge : 4+2=64+2=6 unités ; blanche : 9090 unités ; rapport ≈6,7 %\approx 6{,}7\ \%

a) Un objet éclairé ne produit aucune lumière : il renvoie dans toutes les directions, par diffusion, une partie de ce qu'il reçoit et absorbe le reste. La bande blanche reçoit R, V et B et les diffuse tous les trois : l'œil reçoit du blanc. La bande rouge reçoit aussi R, V et B, mais elle absorbe V et B et ne diffuse que R : l'œil reçoit du rouge. La couleur d'un objet est donc la trace d'un TRI, et la phrase « l'objet est rouge » veut seulement dire « il diffuse le rouge quand on lui en envoie ». Pour prévoir sa couleur sous un autre éclairage, on garde la règle : primaires diffusées == primaires REÇUES qu'il sait diffuser.

b) La lumière jaune contient R et V. Bande verte : elle reçoit R et V, diffuse V, paraît verte. Bande blanche : elle diffuse tout ce qu'elle reçoit, R et V, paraît JAUNE. Bande rouge : elle diffuse R, paraît rouge. Sous ce projecteur, le drapeau devient vert, jaune, rouge : c'est la bande BLANCHE qui change de couleur, et c'est normal, une surface blanche prend toujours la couleur de la lumière qui l'éclaire. Les deux autres semblent inchangées parce que le jaune contient justement les primaires qu'elles diffusent.

c) La lumière cyan contient V et B. Bande verte : diffuse V, paraît verte. Bande blanche : diffuse V et B, paraît cyan. Bande rouge : elle ne sait diffuser que R, or elle n'en reçoit pas ; elle absorbe V et B et ne renvoie rien : elle paraît NOIRE. Le noir n'est pas une couleur que l'objet posséderait, c'est l'absence de lumière renvoyée. Répondre « rouge » parce que « la bande est rouge » revient à oublier que l'objet ne peut renvoyer que ce qu'il reçoit : c'est l'erreur qui coûte le plus de points sur ce chapitre.

d) Lumière bleue : la bande verte ne diffuse pas le bleu, la bande rouge non plus : les deux sont noires, donc identiques, alors que la bande blanche paraît bleue. Lumière rouge : la bande blanche diffuse R, la bande rouge aussi : toutes deux paraissent rouges et se confondent, tandis que la bande verte est noire. Pour la vérification, en lumière verte ce sont la bande verte et la bande blanche qui se confondent. Chaque primaire efface donc une frontière du drapeau : une lumière monochrome appauvrit toujours la palette des couleurs perçues, ce que l'on exploite au théâtre pour faire disparaître un décor.

e) Bande rouge en lumière cyan : elle ne reçoit pas de rouge, elle diffuse 0,08×50=40{,}08\times 50=4 unités de vert et 0,04×50=20{,}04\times 50=2 unités de bleu, soit 66 unités. Bande blanche : 0,90×50+0,90×50=900{,}90\times 50+0{,}90\times 50=90 unités. Rapport : 690≈0,067\dfrac{6}{90}\approx 0{,}067, soit environ 6,7 %6{,}7\ \%. La bande rouge renvoie quinze fois moins de lumière que sa voisine : elle paraît presque noire, avec une très légère teinte bleu-vert. Le modèle « la bande rouge est noire en lumière cyan » est donc confirmé à quelques pour cent près, et l'on sait maintenant ce que « presque » veut dire.

Exercice 5 : Les domaines des ondes électromagnétiques, de l'IRM à la radiographie

Toutes les ondes électromagnétiques se propagent dans le vide, et pratiquement dans l'air, à c=3,00×108 m/sc=3{,}00\times 10^{8}\ \mathrm{m/s}, et leur longueur d'onde vaut λ=cf\lambda=\dfrac{c}{f}. La frise situe les domaines ; leurs limites sont conventionnelles. On retiendra : micro-ondes de 1 mm1\ \mathrm{mm} à 1 m1\ \mathrm{m}, ondes radio au-delà de 1 m1\ \mathrm{m}, visible de 400400 à 800 nm800\ \mathrm{nm}, infrarouge de 800 nm800\ \mathrm{nm} à 1 mm1\ \mathrm{mm}.

Cinq appareils d'une maison et d'un hôpital : une box wifi émettant à 2,4 GHz2{,}4\ \mathrm{GHz} et à 5,0 GHz5{,}0\ \mathrm{GHz}, un four à micro-ondes à 2,45 GHz2{,}45\ \mathrm{GHz}, un appareil d'IRM à 64 MHz64\ \mathrm{MHz}, un appareil de radiographie émettant à λ=3,0×10−11 m\lambda=3{,}0\times 10^{-11}\ \mathrm{m} et une caméra thermique sensible à λ=10 μm\lambda=10\ \mathrm{\mu m}. Rappel : 1 GHz=109 Hz1\ \mathrm{GHz}=10^{9}\ \mathrm{Hz}, 1 MHz=106 Hz1\ \mathrm{MHz}=10^{6}\ \mathrm{Hz}.

10⁻¹²10⁻¹⁰10⁻⁸10⁻⁶10⁻⁴10⁻²110²γXUVvisibleIRmicro-ondesradiolongueur d'onde dans le vide, en mètres (échelle logarithmique)
  • a) Calculez, en centimètres, les longueurs d'onde des deux signaux wifi. À quel domaine appartiennent-ils ?
  • b) Calculez la longueur d'onde du four, en centimètres. Le four consomme 1 000 W1\,000\ \mathrm{W} et la box émet 0,10 W0{,}10\ \mathrm{W} : quel est l'ordre de grandeur du rapport de ces puissances ? Pourquoi un four peut-il perturber le wifi ?
  • c) Calculez la longueur d'onde utilisée par l'IRM, en mètres. Quel domaine ?
  • d) Calculez la fréquence des rayons de la radiographie et celle du rayonnement détecté par la caméra thermique. Quels domaines ?
  • e) Combien d'ordres de grandeur, c'est-à-dire de puissances de dix, séparent la fréquence de la radiographie de celle de l'IRM ?

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Réponses

  • a) 12,5 cm12{,}5\ \mathrm{cm} et 6,0 cm6{,}0\ \mathrm{cm} : micro-ondes
  • b) λ≈12,2 cm\lambda\approx 12{,}2\ \mathrm{cm} ; rapport 10410^{4} ; même bande de fréquences que le wifi à 2,4 GHz2{,}4\ \mathrm{GHz}
  • c) λ≈4,69 m\lambda\approx 4{,}69\ \mathrm{m} : ondes radio
  • d) radiographie 1,0×1019 Hz1{,}0\times 10^{19}\ \mathrm{Hz} (rayons X) ; caméra 3,0×1013 Hz3{,}0\times 10^{13}\ \mathrm{Hz} (infrarouge)
  • e) 1,0×10196,4×107≈1,6×1011\dfrac{1{,}0\times 10^{19}}{6{,}4\times 10^{7}}\approx 1{,}6\times 10^{11} : environ 1111 ordres de grandeur

a) Wifi à 2,4 GHz2{,}4\ \mathrm{GHz} : λ=3,00×1082,4×109=0,125 m=12,5 cm\lambda=\dfrac{3{,}00\times 10^{8}}{2{,}4\times 10^{9}}=0{,}125\ \mathrm{m}=12{,}5\ \mathrm{cm}. Wifi à 5,0 GHz5{,}0\ \mathrm{GHz} : λ=3,00×1085,0×109=0,060 m=6,0 cm\lambda=\dfrac{3{,}00\times 10^{8}}{5{,}0\times 10^{9}}=0{,}060\ \mathrm{m}=6{,}0\ \mathrm{cm}. Les deux sont entre 1 mm1\ \mathrm{mm} et 1 m1\ \mathrm{m} : ce sont des micro-ondes. Le piège est d'oublier la conversion des gigahertz : avec 2,42{,}4 au lieu de 2,4×1092{,}4\times 10^{9} on trouve 1,25×108 m1{,}25\times 10^{8}\ \mathrm{m}, un tiers de la distance Terre-Lune, résultat qu'un simple regard sur la frise suffit à rejeter. Retenez aussi le sens de variation : fréquence plus grande, longueur d'onde plus petite, puisque leur produit vaut toujours cc.

b) Four : λ=3,00×1082,45×109≈0,122 m=12,2 cm\lambda=\dfrac{3{,}00\times 10^{8}}{2{,}45\times 10^{9}}\approx 0{,}122\ \mathrm{m}=12{,}2\ \mathrm{cm}, pratiquement la longueur d'onde du wifi à 2,4 GHz2{,}4\ \mathrm{GHz}. Rapport des puissances : 1 0000,10=10 000=104\dfrac{1\,000}{0{,}10}=10\,000=10^{4}. Les deux appareils utilisent la même bande de fréquences, réservée aux usages domestiques ; la cage métallique du four retient l'essentiel de son rayonnement, mais la fuite d'une infime fraction d'une puissance dix mille fois plus grande suffit à brouiller la box voisine. La nature de l'onde est la même : ce qui sépare une box d'un four, c'est la puissance, pas le type d'onde. Le wifi à 5 GHz5\ \mathrm{GHz}, lui, n'est pas gêné.

c) IRM : f=64 MHz=6,4×107 Hzf=64\ \mathrm{MHz}=6{,}4\times 10^{7}\ \mathrm{Hz}, λ=3,00×1086,4×107≈4,69 m\lambda=\dfrac{3{,}00\times 10^{8}}{6{,}4\times 10^{7}}\approx 4{,}69\ \mathrm{m}, au-delà de 1 m1\ \mathrm{m} : ce sont des ondes radio, du même domaine que la radio FM. L'IRM n'utilise donc aucun rayonnement ionisant : c'est une imagerie par ondes radio dans un champ magnétique intense, et c'est l'une des raisons pour lesquelles elle peut être répétée sans risque lié aux rayonnements.

d) Radiographie : f=cλ=3,00×1083,0×10−11=1,0×1019 Hzf=\dfrac{c}{\lambda}=\dfrac{3{,}00\times 10^{8}}{3{,}0\times 10^{-11}}=1{,}0\times 10^{19}\ \mathrm{Hz}. Sur la frise, 3×10−11 m3\times 10^{-11}\ \mathrm{m} est entre 10−1110^{-11} et 10−8 m10^{-8}\ \mathrm{m} : rayons X. Caméra thermique : λ=10 μm=1,0×10−5 m\lambda=10\ \mathrm{\mu m}=1{,}0\times 10^{-5}\ \mathrm{m}, f=3,00×1081,0×10−5=3,0×1013 Hzf=\dfrac{3{,}00\times 10^{8}}{1{,}0\times 10^{-5}}=3{,}0\times 10^{13}\ \mathrm{Hz} : infrarouge, le domaine du rayonnement émis par les corps à température ambiante, d'où l'image « thermique ». Diviser par une puissance de dix négative revient à multiplier par la puissance opposée : c'est le calcul de puissances qui coûte des points ici, pas la physique.

e) 1,0×10196,4×107≈1,6×1011\dfrac{1{,}0\times 10^{19}}{6{,}4\times 10^{7}}\approx 1{,}6\times 10^{11} : un facteur de l'ordre de 101110^{11}, soit onze ordres de grandeur. Un même phénomène physique, l'onde électromagnétique, couvre donc une plage immense, et c'est pourquoi on dessine sa frise en échelle LOGARITHMIQUE : chaque graduation multiplie la longueur d'onde par dix. Sur une échelle linéaire, tout le domaine visible tiendrait dans une épaisseur de trait. Classement par fréquence croissante : IRM, wifi 2,4 GHz2{,}4\ \mathrm{GHz} et four, wifi 5 GHz5\ \mathrm{GHz}, caméra thermique, radiographie.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Trichromie : l'œil ne mesure que trois nombres

La rétine possède trois types de cônes, notés S, M et L, dont les sensibilités relatives sont tracées sur la figure en fonction de la longueur d'onde. Une lumière monochromatique d'intensité II et de longueur d'onde λ\lambda provoque dans chaque type de cône une réponse égale à II multipliée par la sensibilité à λ\lambda. Pour une lumière qui contient plusieurs radiations, les réponses s'ajoutent. Le cerveau ne reçoit QUE ces trois réponses.

Sensibilités lues sur les courbes. À 530 nm530\ \mathrm{nm} : S 0,010{,}01 ; M 0,990{,}99 ; L 0,610{,}61. À 580 nm580\ \mathrm{nm} : S 0,000{,}00 ; M 0,440{,}44 ; L 0,910{,}91. À 630 nm630\ \mathrm{nm} : S 0,000{,}00 ; M 0,030{,}03 ; L 0,180{,}18.

4004505005506006507000,20,40,60,811,2SMLλ (nm)sensibilité relative
  • a) Lisez sur la figure la longueur d'onde du maximum de sensibilité de chaque type de cône.
  • b) Une lumière monochromatique de 580 nm580\ \mathrm{nm}, d'intensité I=1I=1, éclaire la rétine. Donnez les réponses des cônes L et M. Quelle couleur est perçue ?
  • c) Un écran n'émet pas à 580 nm580\ \mathrm{nm}. Il envoie un mélange : 630 nm630\ \mathrm{nm} d'intensité 4,04{,}0 et 530 nm530\ \mathrm{nm} d'intensité 0,320{,}32. Calculez les réponses des cônes L et M. L'œil peut-il distinguer ce mélange de la lumière du b) ?
  • d) Une personne atteinte de protanopie n'a pas de cônes L. Quelle intensité d'une lumière à 530 nm530\ \mathrm{nm} lui donne la même réponse M que la lumière du b) ? Que peut-on en conclure ?
  • e) Expliquez pourquoi trois primaires suffisent à un écran pour imiter presque toutes les couleurs, et pourquoi on parle de trichromie.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) S vers 445 nm445\ \mathrm{nm}, M vers 535 nm535\ \mathrm{nm}, L vers 565 nm565\ \mathrm{nm}
  • b) L : 0,910{,}91 ; M : 0,440{,}44 ; S : 00 ; jaune
  • c) L =4,0×0,18+0,32×0,61≈0,92=4{,}0\times 0{,}18+0{,}32\times 0{,}61\approx 0{,}92 ; M =4,0×0,03+0,32×0,99≈0,44=4{,}0\times 0{,}03+0{,}32\times 0{,}99\approx 0{,}44 : indiscernable
  • d) I=0,440,99≈0,44I=\dfrac{0{,}44}{0{,}99}\approx 0{,}44 : il confond ce jaune et un vert moins intense
  • e) trois réponses seulement, donc trois primaires bien choisies reproduisent n'importe quel triplet accessible

a) On lit l'abscisse du sommet de chaque courbe : S culmine vers 445 nm445\ \mathrm{nm}, dans le bleu ; M vers 535 nm535\ \mathrm{nm}, dans le vert ; L vers 565 nm565\ \mathrm{nm}, dans le jaune-vert. Les noms S, M et L signifient courte, moyenne et longue longueur d'onde. Remarquez que les courbes M et L se chevauchent largement : il n'existe pas de « cône du rouge » qui ne répondrait qu'au rouge. Une même radiation excite presque toujours deux types de cônes, et c'est le RAPPORT de leurs réponses qui code la teinte.

b) Avec I=1I=1, les réponses valent les sensibilités : L 0,910{,}91, M 0,440{,}44, S pratiquement 00. Le cerveau reçoit donc le triplet (0,91 ; 0,44 ; 0)(0{,}91\ ;\ 0{,}44\ ;\ 0) : beaucoup de L, moitié moins de M, aucun S. Ce triplet est interprété comme du jaune. Retenez que « jaune » désigne ici une sensation, produite par un triplet de réponses, et non une propriété de la longueur d'onde 580 nm580\ \mathrm{nm} elle-même.

c) Les réponses s'ajoutent, radiation par radiation. Cône L : 4,0×0,18+0,32×0,61=0,72+0,195≈0,924{,}0\times 0{,}18+0{,}32\times 0{,}61=0{,}72+0{,}195\approx 0{,}92. Cône M : 4,0×0,03+0,32×0,99=0,12+0,317≈0,444{,}0\times 0{,}03+0{,}32\times 0{,}99=0{,}12+0{,}317\approx 0{,}44. Cône S : 0,32×0,01≈0,0030{,}32\times 0{,}01\approx 0{,}003, négligeable. Le triplet (0,92 ; 0,44 ; 0)(0{,}92\ ;\ 0{,}44\ ;\ 0) est presque identique à celui du b), à un centième près sur L. Le cerveau recevant les mêmes trois nombres, il perçoit la même couleur : l'œil ne peut PAS distinguer ce mélange de rouge et de vert du jaune monochromatique. Deux lumières de compositions différentes et de même couleur perçue sont dites métamères. C'est ce qui justifie la synthèse additive : R ++ V donne du jaune parce que le mélange produit les mêmes réponses qu'une radiation jaune, pas parce que les longueurs d'onde se mélangent.

d) Sans cônes L, la personne ne dispose que des réponses M et S. La lumière du b) lui donne M 0,440{,}44 et S 00. Une lumière à 530 nm530\ \mathrm{nm} d'intensité II donne M 0,99 I0{,}99\,I et S 0,01 I0{,}01\,I, presque nul. Il faut 0,99 I=0,440{,}99\,I=0{,}44, soit I=0,440,99≈0,44I=\dfrac{0{,}44}{0{,}99}\approx 0{,}44. Avec cette intensité, les deux lumières produisent les mêmes réponses : la personne ne peut pas distinguer le jaune d'un vert moins intense. C'est la confusion rouge-vert typique de ce daltonisme : avec deux types de cônes au lieu de trois, beaucoup plus de lumières deviennent métamères.

e) Puisque le cerveau ne reçoit que trois nombres, deux lumières qui produisent les mêmes trois réponses sont perçues identiques, quelle que soit leur composition réelle. Un écran n'a donc pas besoin de reproduire le spectre d'un objet : il lui suffit de régler trois primaires, R, V et B, pour obtenir le même triplet de réponses. C'est le sens du mot trichromie : la vision humaine des couleurs est à trois dimensions. Le « presque » vient de ce que certains triplets, ceux des couleurs très saturées, ne sont atteignables par aucun mélange de trois primaires données. Le piège de rédaction est d'écrire que l'œil « voit les longueurs d'onde » : il ne voit que les réponses de ses trois cônes.

Exercice 7 : Additive ou soustractive ? Filtres empilés contre filtres côte à côte

Une même lampe blanche, 100100 unités dans chaque primaire, sert à deux montages. Le filtre jaune J transmet 90 %90\ \% du rouge et du vert, le filtre bleu B transmet 90 %90\ \% du bleu ; chacun absorbe le reste.

Montage 1 : les deux filtres sont placés L'UN DERRIÈRE L'AUTRE, toute la lumière traverse J puis B. Montage 2 : les deux filtres sont placés CÔTE À CÔTE, en deux moitiés d'un même disque ; la moitié de la lumière traverse J, l'autre moitié traverse B, et l'écran, éloigné, reçoit les deux faisceaux sur la même zone.

JBmontage 1JBmontage 2écran
  • a) Qu'observe-t-on sur l'écran du montage 1 ? Justifiez primaire par primaire.
  • b) Qu'observe-t-on sur l'écran du montage 2 ? Quelle fraction de la puissance de la lampe l'atteint ?
  • c) Quel modèle, synthèse additive ou synthèse soustractive, décrit chaque montage ?
  • d) Un peintre mélange une peinture jaune, qui diffuse R et V, et une peinture qu'il appelle « bleue » mais qui diffuse V et B. Quelle couleur obtient-il ? Et si la seconde peinture ne diffusait que B ?
  • e) Une mosaïque est faite de petits carreaux jaunes et bleus alternés, trop petits pour être distingués de loin. De quelle couleur paraît-elle à distance, en lumière blanche ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) écran noir : J absorbe B, B absorbe R et V
  • b) R 4545, V 4545, B 4545 : blanc peu lumineux, 135300=45 %\dfrac{135}{300}=45\ \%
  • c) montage 1 : soustractive ; montage 2 : additive
  • d) vert (seul V est diffusé par les deux) ; avec une peinture qui ne diffuse que B : noir, ou très sombre
  • e) gris, c'est-à-dire un blanc peu lumineux : synthèse additive par juxtaposition

a) Montage 1, primaire par primaire. Rouge : transmis par J, absorbé par B. Vert : transmis par J, absorbé par B. Bleu : absorbé par J, il n'arrive même pas à B. Aucune primaire ne franchit les deux filtres : l'écran est NOIR. Deux filtres de couleurs complémentaires placés à la suite arrêtent toute la lumière. L'erreur à ne pas commettre : écrire « jaune ++ bleu == blanc » en appliquant la règle des lumières à des filtres traversés successivement ; chaque filtre agit sur ce que l'autre a laissé, et ce qui reste est le produit des deux tris.

b) Montage 2 : la moitié de la lumière, 5050 unités par primaire, traverse J et en ressort R 0,9×50=450{,}9\times 50=45 et V 4545 : un faisceau jaune. L'autre moitié traverse B et en ressort B 4545 : un faisceau bleu. Les deux faisceaux se SUPERPOSENT sur l'écran, qui reçoit R 4545, V 4545, B 4545 : trois primaires égales, donc du blanc, mais moins lumineux, un gris clair. Fraction transmise : 45×3300=135300=0,45\dfrac{45\times 3}{300}=\dfrac{135}{300}=0{,}45, soit 45 %45\ \%. Mêmes filtres, mêmes couleurs, résultats opposés : ce n'est pas la couleur des filtres qui décide, c'est la GÉOMÉTRIE du montage.

c) Le montage 1 retire deux fois de la lumière au même faisceau : c'est la synthèse SOUSTRACTIVE. Le montage 2 ajoute sur l'écran deux lumières venues de deux chemins différents : c'est la synthèse ADDITIVE, même si chaque faisceau a été, lui, obtenu par filtrage. La question à se poser devant toute situation est toujours la même : la lumière qui arrive à l'œil est-elle une SOMME de lumières arrivant ensemble, ou une lumière unique à laquelle on a retiré des primaires ? Somme : additive. Retraits successifs : soustractive.

d) Dans un mélange de peintures, chaque grain de pigment agit sur la lumière déjà filtrée par ses voisins : c'est une synthèse soustractive, et la lumière renvoyée ne contient que ce que les deux pigments diffusent TOUS LES DEUX. Jaune (R, V) et « bleu » du peintre (V, B) ont en commun le seul V : le mélange est vert. Ce « bleu » est en fait un cyan, ce qui explique la règle des peintres jaune ++ bleu == vert. Si la seconde peinture ne diffusait vraiment que B, les deux pigments n'auraient aucune primaire en commun et le mélange serait noir, ou très sombre avec des pigments réels. La règle des peintres n'est donc pas fausse, elle repose sur un mot mal choisi.

e) Les carreaux sont côte à côte, comme les deux moitiés du disque du montage 2. De loin, l'œil reçoit en même temps, dans la même petite zone de sa rétine, la lumière diffusée par des carreaux jaunes (R, V) et par des carreaux bleus (B) : il en fait la SOMME. R ++ V ++ B, en quantités comparables, donne du blanc ; comme chaque carreau ne renvoie qu'une partie de la lumière reçue, ce blanc est terne : la mosaïque paraît grise. C'est une synthèse additive par juxtaposition, le principe même du pointillisme en peinture. Un mélange de ces deux peintures dans un pot aurait donné du noir, et la même mosaïque vue de près montre ses deux couleurs : c'est la distance qui fait basculer d'un modèle à l'autre.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Pour chacune, dites où est l'erreur et donnez l'énoncé correct, en vous appuyant si possible sur un exercice précédent.

  • a) « Un filtre jaune ajoute du jaune à la lumière blanche qui le traverse. »
  • b) « Sur un écran blanc, un projecteur jaune et un projecteur bleu superposés donnent du vert, comme en peinture. »
  • c) « Une feuille de papier est blanche parce qu'elle absorbe toutes les couleurs. »
  • d) « Les ondes du wifi ne sont pas de la lumière : elles se propagent donc moins vite dans le vide que la lumière visible. »
  • e) « L'œil possède un capteur pour chaque couleur de l'arc-en-ciel ; c'est pourquoi un écran à trois primaires ne peut pas imiter le jaune d'une radiation à 580 nm580\ \mathrm{nm}. »

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) le filtre jaune RETIRE le bleu (il l'absorbe) et transmet R et V
  • b) superposition de lumières : jaune ++ bleu == R ++ V ++ B == blanc
  • c) elle DIFFUSE les trois primaires ; un objet qui absorbe tout paraît noir
  • d) toutes les ondes électromagnétiques vont à c=3,00×108 m/sc=3{,}00\times 10^{8}\ \mathrm{m/s} dans le vide
  • e) trois types de cônes seulement ; R ++ V bien dosés donnent le même triplet que 580 nm580\ \mathrm{nm}

a) Un filtre ne produit aucune lumière, il ne peut rien ajouter. Le filtre jaune ABSORBE le bleu et transmet le rouge et le vert, dont la superposition est perçue jaune. La preuve se lit dans l'exercice 2 : éclairé en lumière cyan, le même filtre donne du VERT, ce qui serait incompréhensible s'il « ajoutait du jaune ». Énoncé correct : « un filtre jaune retire le bleu de la lumière qu'il reçoit ». Sur une copie, le verbe compte : « colore » ou « ajoute » coûte le point de justification même quand la couleur finale est juste.

b) Deux projecteurs sur un même écran, c'est une superposition de lumières : synthèse ADDITIVE. Jaune == R ++ V, bleu == B, la somme vaut R ++ V ++ B : du blanc. Jaune et bleu sont complémentaires, diamétralement opposés sur le cercle chromatique de l'exercice 1. Le vert de la peinture vient d'une synthèse SOUSTRACTIVE, et d'un « bleu » de peintre qui est en réalité un cyan (exercice 7). Confondre les deux modèles est l'erreur de fond du chapitre : on additionne des lumières, on soustrait avec des filtres et des pigments.

c) Si la feuille absorbait tout, elle ne renverrait rien et paraîtrait NOIRE. Elle paraît blanche parce qu'elle DIFFUSE, dans toutes les directions, les trois primaires qu'elle reçoit, en proportions égales. L'exercice 4 le confirme : la bande blanche prend la couleur de n'importe quel éclairage, jaune sous lumière jaune, cyan sous lumière cyan, parce qu'elle renvoie tout ce qui lui arrive. Énoncé correct : « un objet blanc diffuse toutes les radiations visibles ; un objet noir les absorbe toutes ».

d) Le wifi est une onde électromagnétique, exactement comme la lumière visible : seules la fréquence et la longueur d'onde diffèrent, 12,5 cm12{,}5\ \mathrm{cm} contre quelques centaines de nanomètres. Dans le vide, TOUTES les ondes électromagnétiques se propagent à la même célérité, c=3,00×108 m/sc=3{,}00\times 10^{8}\ \mathrm{m/s}, et la relation λ=cf\lambda=\dfrac{c}{f} s'applique à toutes, comme dans l'exercice 5. L'œil ne voit pas le wifi parce que ses cônes n'y sont pas sensibles, pas parce que l'onde serait d'une autre nature. La phrase juste : « le wifi est une onde électromagnétique du domaine des micro-ondes, invisible pour l'œil ».

e) L'œil ne possède que TROIS types de cônes, S, M et L, et le cerveau ne reçoit que leurs trois réponses. L'exercice 6 le montre : un mélange de 630 nm630\ \mathrm{nm} et de 530 nm530\ \mathrm{nm} bien dosé donne les réponses 0,920{,}92 et 0,440{,}44, presque celles d'une radiation à 580 nm580\ \mathrm{nm}, 0,910{,}91 et 0,440{,}44 : l'œil ne fait pas la différence. C'est précisément parce que la vision est trichrome qu'un écran à trois primaires imite le jaune. L'affirmation inverse la cause et la conséquence : trois primaires suffisent parce qu'il n'y a que trois capteurs.

Exercice 9 : Problème : pourquoi les serres s'éclairent en magenta

Dans les cultures sous éclairage artificiel, on utilise souvent des panneaux de LED qui n'émettent que du rouge et du bleu : la lumière paraît magenta. Le diagramme donne la répartition de la puissance lumineuse du panneau ; au total, il envoie 300300 unités sur une feuille.

Une feuille saine, pour 100100 unités reçues dans chaque primaire, absorbe R 8585, V 3030, B 9090 ; elle diffuse R 1010, V 5050, B 55 ; elle transmet le reste. Seule la lumière ABSORBÉE sert à la photosynthèse. On compare avec une lampe blanche de même puissance, 100100 unités par primaire.

RVB70 %0 %30 %04080part de la puissance du panneau (%)
  • a) En lumière blanche : de quelle couleur paraît la feuille ? Quelle fraction de la puissance reçue absorbe-t-elle ?
  • b) Sous le panneau : combien d'unités reçoit-elle dans chaque primaire ? Quelle fraction de la puissance reçue absorbe-t-elle ?
  • c) Sous le panneau, combien d'unités la feuille diffuse-t-elle, et de quelle couleur paraît-elle ?
  • d) Une feuille jaunie par une carence diffuse R 6060, V 5555, B 55 pour 100100 unités reçues par primaire. Sous le panneau, combien d'unités diffuse-t-elle ? Combien de fois plus qu'une feuille saine ?
  • e) Expliquez pourquoi le panneau n'émet pas de vert, et ce que doit faire un cultivateur qui veut juger à l'œil l'état de ses plantes.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) verte ; 205300≈68,3 %\dfrac{205}{300}\approx 68{,}3\ \%
  • b) R 210210, V 00, B 9090 ; 178,5+81300=86,5 %\dfrac{178{,}5+81}{300}=86{,}5\ \%
  • c) 21+4,5=25,521+4{,}5=25{,}5 unités, surtout du rouge : pourpre sombre
  • d) 126+4,5=130,5126+4{,}5=130{,}5 unités, environ 5,15{,}1 fois plus : elle ressort en rouge vif
  • e) le vert est peu absorbé, donc gaspillé ; pour juger les couleurs, allumer une lampe blanche

a) En lumière blanche, la feuille diffuse R 1010, V 5050, B 55. Le minimum commun 55 est du blanc ; il reste R 55 et V 4545, soit 55 de jaune et 4040 de vert : la feuille paraît verte, d'un vert un peu jaune. Elle absorbe 85+30+90=20585+30+90=205 unités sur 300300, soit 205300≈0,683\dfrac{205}{300}\approx 0{,}683, environ 68,3 %68{,}3\ \%. La couleur verte des feuilles est donc la trace de ce que la chlorophylle utilise MAL : on voit le vert parce qu'il est renvoyé au lieu d'être absorbé.

b) Le panneau envoie 70 %70\ \% de 300300, soit 210210 unités de rouge, 30 %30\ \%, soit 9090 unités de bleu, et pas de vert. La feuille absorbe 85 %85\ \% du rouge et 90 %90\ \% du bleu : 0,85×210+0,90×90=178,5+81=259,50{,}85\times 210+0{,}90\times 90=178{,}5+81=259{,}5 unités sur 300300, soit 86,5 %86{,}5\ \%. À puissance lumineuse égale, le panneau magenta fournit à la photosynthèse 259,5259{,}5 unités contre 205205 pour la lampe blanche, près de 27 %27\ \% de plus. Attention à ne pas appliquer les pourcentages d'absorption à 100100 unités par primaire : ils s'appliquent à ce que la feuille REÇOIT dans chaque primaire, ici 210210 et 9090.

c) Lumière diffusée sous le panneau : 0,10×210+0,05×90=21+4,5=25,50{,}10\times 210+0{,}05\times 90=21+4{,}5=25{,}5 unités, presque entièrement du rouge avec un peu de bleu, et aucun vert puisque le panneau n'en envoie pas. La feuille paraît pourpre sombre, loin du vert habituel, et elle renvoie beaucoup moins de lumière qu'en lumière blanche (6565 unités). C'est le phénomène de l'exercice 4 : un objet ne peut renvoyer que ce qu'il reçoit, et une feuille « verte » sans vert à diffuser change de couleur.

d) Feuille jaunie sous le panneau : 0,60×210+0,05×90=126+4,5=130,50{,}60\times 210+0{,}05\times 90=126+4{,}5=130{,}5 unités, presque tout du rouge. Rapport : 130,525,5≈5,1\dfrac{130{,}5}{25{,}5}\approx 5{,}1. Sous l'éclairage magenta, une feuille jaunie paraît d'un rouge vif, cinq fois plus lumineuse que ses voisines saines, sombres. Paradoxalement, cet éclairage qui dénature toutes les couleurs fait très bien ressortir ce défaut précis : la couleur perçue ne dit pas ce qu'est l'objet, elle dit ce qu'il renvoie de la lumière qu'on lui donne.

e) La feuille n'absorbe que 30 %30\ \% du vert qu'elle reçoit, contre 8585 et 90 %90\ \% du rouge et du bleu : de l'énergie électrique convertie en lumière verte serait en grande partie renvoyée sans servir à la photosynthèse. Le panneau concentre donc sa puissance dans les deux primaires que la feuille absorbe le mieux. En contrepartie, les couleurs perçues sont fausses : pour juger une maladie autre qu'un jaunissement, le cultivateur doit allumer une lampe BLANCHE, qui rend à chaque feuille sa couleur habituelle. La même lumière n'est pas optimale pour la plante et pour l'œil : l'une absorbe, l'autre ne voit que ce qui est diffusé.

Exercice 10 : Problème : un smartphone et ses ondes électromagnétiques

Un smartphone de 15 cm15\ \mathrm{cm} de haut échange des ondes électromagnétiques sur plusieurs fréquences : réseau mobile 4G à 800 MHz800\ \mathrm{MHz}, 5G à 3,5 GHz3{,}5\ \mathrm{GHz}, réception GPS à 1,575 GHz1{,}575\ \mathrm{GHz}, paiement sans contact NFC à 13,56 MHz13{,}56\ \mathrm{MHz}. Un capteur de proximité émet de plus, près de l'écran, une radiation de 850 nm850\ \mathrm{nm}.

On prend c=3,00×108 m/sc=3{,}00\times 10^{8}\ \mathrm{m/s} et les limites de domaines de l'exercice 5. Une antenne simple, dite quart d'onde, a une longueur égale au quart de la longueur d'onde qu'elle émet ou reçoit.

  • a) Calculez les longueurs d'onde des signaux 4G et 5G, en centimètres. À quel domaine appartiennent-ils ?
  • b) Calculez la longueur des antennes quart d'onde correspondantes. Tiennent-elles dans le téléphone ?
  • c) Même calcul pour le NFC. Qu'en concluez-vous sur la façon dont le NFC doit fonctionner, et sur la distance à laquelle il faut approcher le téléphone du terminal ?
  • d) Calculez la longueur d'onde du GPS, en centimètres. Le satellite est à 20 200 km20\,200\ \mathrm{km} : combien de temps le signal met-il pour arriver, en millisecondes ? Quelle erreur de distance produit une erreur d'horloge de 1 μs1\ \mathrm{\mu s} ?
  • e) Calculez la fréquence du capteur de proximité. À quel domaine appartient-il, et pourquoi ce choix ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 4G : 37,5 cm37{,}5\ \mathrm{cm} ; 5G : 8,6 cm8{,}6\ \mathrm{cm} ; micro-ondes
  • b) 9,4 cm9{,}4\ \mathrm{cm} et 2,1 cm2{,}1\ \mathrm{cm} : oui, toutes deux tiennent dans 15 cm15\ \mathrm{cm}
  • c) λ≈22,1 m\lambda\approx 22{,}1\ \mathrm{m}, λ4≈5,5 m\dfrac{\lambda}{4}\approx 5{,}5\ \mathrm{m} : pas d'antenne quart d'onde, couplage de bobines à quelques centimètres
  • d) λ≈19,0 cm\lambda\approx 19{,}0\ \mathrm{cm} ; t≈67,3 mst\approx 67{,}3\ \mathrm{ms} ; 300 m300\ \mathrm{m}
  • e) f≈3,5×1014 Hzf\approx 3{,}5\times 10^{14}\ \mathrm{Hz} : infrarouge, invisible pour l'utilisateur

a) 4G : λ=3,00×1088,00×108=0,375 m=37,5 cm\lambda=\dfrac{3{,}00\times 10^{8}}{8{,}00\times 10^{8}}=0{,}375\ \mathrm{m}=37{,}5\ \mathrm{cm}. 5G : λ=3,00×1083,5×109≈0,0857 m≈8,6 cm\lambda=\dfrac{3{,}00\times 10^{8}}{3{,}5\times 10^{9}}\approx 0{,}0857\ \mathrm{m}\approx 8{,}6\ \mathrm{cm}. Les deux longueurs d'onde sont comprises entre 1 mm1\ \mathrm{mm} et 1 m1\ \mathrm{m} : avec la convention de l'exercice 5, ce sont des micro-ondes, même si l'on parle couramment de « radio » pour les réseaux mobiles. Sur une copie, on justifie un domaine en comparant la valeur calculée aux bornes données, jamais par le nom usuel de l'appareil. Le piège de conversion est le même qu'au wifi : 800 MHz=8,00×108 Hz800\ \mathrm{MHz}=8{,}00\times 10^{8}\ \mathrm{Hz}, et non 8×1058\times 10^{5}.

b) 4G : 37,54≈9,4 cm\dfrac{37{,}5}{4}\approx 9{,}4\ \mathrm{cm} ; 5G : 8,574≈2,1 cm\dfrac{8{,}57}{4}\approx 2{,}1\ \mathrm{cm}. Les deux sont plus courtes que les 15 cm15\ \mathrm{cm} du téléphone, et l'on peut même loger plusieurs antennes 5G. La taille d'une antenne est donc fixée par la longueur d'onde, et c'est ce qui a rendu possibles les téléphones de poche : aux fréquences de la radio FM, de l'ordre de 100 MHz100\ \mathrm{MHz}, une antenne quart d'onde mesurerait 75 cm75\ \mathrm{cm}. Plus la fréquence monte, plus l'antenne raccourcit, puisque λ\lambda et ff varient en sens contraires.

c) NFC : λ=3,00×1081,356×107≈22,1 m\lambda=\dfrac{3{,}00\times 10^{8}}{1{,}356\times 10^{7}}\approx 22{,}1\ \mathrm{m}, dans le domaine des ondes radio. Une antenne quart d'onde mesurerait 22,14≈5,5 m\dfrac{22{,}1}{4}\approx 5{,}5\ \mathrm{m} : impossible à loger dans un téléphone. Le NFC ne fonctionne donc pas en rayonnant une onde vers le loin : une petite bobine du téléphone et une bobine du terminal sont couplées par le champ magnétique qui règne tout près d'elles, et ce couplage s'effondre dès que la distance dépasse quelques centimètres, très petite devant λ\lambda. C'est pourquoi il faut presque poser le téléphone sur le terminal, et c'est aussi une sécurité : un paiement ne se déclenche pas à distance.

d) GPS : λ=3,00×1081,575×109≈0,190 m=19,0 cm\lambda=\dfrac{3{,}00\times 10^{8}}{1{,}575\times 10^{9}}\approx 0{,}190\ \mathrm{m}=19{,}0\ \mathrm{cm}, une micro-onde. Durée de trajet : t=dc=2,02×1073,00×108≈0,0673 s=67,3 mst=\dfrac{d}{c}=\dfrac{2{,}02\times 10^{7}}{3{,}00\times 10^{8}}\approx 0{,}0673\ \mathrm{s}=67{,}3\ \mathrm{ms}. Une erreur d'horloge de 1 μs=10−6 s1\ \mathrm{\mu s}=10^{-6}\ \mathrm{s} se traduit par une erreur de distance c×Δt=3,00×108×10−6=300 mc\times\Delta t=3{,}00\times 10^{8}\times 10^{-6}=300\ \mathrm{m}. C'est pourquoi les satellites portent des horloges atomiques : une précision de quelques mètres exige des durées connues à quelques nanosecondes. L'onde électromagnétique est ici un chronomètre, puisque sa célérité est connue et la même pour tous les satellites.

e) f=3,00×1088,50×10−7≈3,53×1014 Hzf=\dfrac{3{,}00\times 10^{8}}{8{,}50\times 10^{-7}}\approx 3{,}53\times 10^{14}\ \mathrm{Hz}. La longueur d'onde, 850 nm850\ \mathrm{nm}, dépasse la borne rouge du visible, 800 nm800\ \mathrm{nm} : c'est de l'infrarouge. Les cônes n'y sont pas sensibles, donc l'utilisateur ne voit pas le capteur s'allumer quand il approche le téléphone de son oreille, alors qu'une photodiode, elle, le détecte. Le rapport des fréquences avec la 4G vaut 3,53×10148,00×108≈4,4×105\dfrac{3{,}53\times 10^{14}}{8{,}00\times 10^{8}}\approx 4{,}4\times 10^{5} : un même téléphone utilise des ondes séparées par plus de cinq ordres de grandeur, toutes de même nature et toutes à la célérité cc.

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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/1spc-images-couleurs. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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