Spécialité physique-chimie, Première • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : suivi d'une transformation et dosages (Première spécialité)
Voici une série d'exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur le suivi d'une transformation et la détermination d'une composition, au niveau de la classe de Première du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
Deux pièges structurent toute la série. Le premier est le réactif limitant : ce n'est pas celui dont la quantité est la plus petite, mais celui dont le rapport à son coefficient stœchiométrique est le plus petit, et l'exercice 2 est construit pour que les deux réponses diffèrent. Le second est la confusion entre le taux d'avancement final, qui dit jusqu'où la réaction va, et la vitesse, qui dit en combien de temps : l'exercice 3 traite un acide à la fois quasi instantané et avancé à 4 pour cent seulement.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Quantité de matière : n=Mm et c=Vn. Pour un solide hydraté, la masse molaire inclut l'eau de cristallisation.
•Dilution : la quantité de matière de soluté se conserve, donc cVpreˊleveˊ=c′Vfinal. Ce qui change, c'est la concentration, jamais n.
•Réactif limitant : comparer les rapports νini, jamais les quantités brutes. Le plus petit rapport donne le limitant et xmax.
•Taux d'avancement final : τ=xmaxxf. Si τ=1 la transformation est totale, sinon elle conduit à un équilibre. C'est une question d'état final, pas de durée.
•Beer-Lambert : A=εℓc, valable pour les solutions diluées, en pratique A<1. Travailler au maximum d'absorption pour la sensibilité et la robustesse.
•Conductimétrie : σ=∑λici avec ci en mol/m3, donc penser au facteur 1000 depuis les mol/L. Méthode universelle mais non sélective.
•pH et concentration : [H3O+]=10−pH.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Préparer une solution et connaître sa composition
On dissout m=4,99g de sulfate de cuivre pentahydraté CuSO4⋅5H2O dans de l'eau pour obtenir V=200,0mL de solution.
Masses molaires en g/mol : M(CuSO4⋅5H2O)=249,7 et M(Cu)=63,5.
a) Calculez la quantité de matière de solide dissous.
b) Calculez la concentration en quantité de matière de la solution.
c) Écrivez l'équation de dissolution et donnez les concentrations des ions en solution.
d) Calculez la concentration en masse des ions cuivre Cu2+.
e) On prélève 10,0mL de cette solution et on complète à 100,0mL. Calculez la concentration obtenue et justifiez la grandeur qui se conserve lors d'une dilution.
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Réponses
a)n=2,00×10−2 mol
b)c=1,00×10−1 mol/L
c)[Cu2+]=[SO42−]=1,00×10−1 mol/L
d)γ=6,35 g/L
e)c′=1,00×10−2 mol/L ; la quantité de soluté se conserve
a) n=Mm=249,74,99=2,00×10−2mol. On remarque que la masse molaire inclut les cinq molécules d'eau de cristallisation : les oublier fausserait le résultat de plus de 35 pour cent.
b) c=Vn=0,20002,00×10−2=1,00×10−1mol/L.
c) La dissolution s'écrit CuSO4⋅5H2O(s)⟶Cu(aq)2++SO42−(aq)+5H2O(ℓ). Les coefficients valant 1 pour chaque ion, [Cu2+]=[SO42−]=1,00×10−1mol/L. L'eau libérée rejoint le solvant et n'intervient pas dans les concentrations.
d) La concentration en masse vaut γ=[Cu2+]×M(Cu)=1,00×10−1×63,5=6,35g/L.
e) Le facteur de dilution vaut 10,0100,0=10, donc c′=10c=1,00×10−2mol/L. La grandeur qui se conserve est la quantité de matière de soluté prélevée : on ajoute du solvant, jamais du soluté. D'où la relation cVpreˊleveˊ=c′Vfinal, qui est le seul point à retenir pour toute dilution.
Exercice 2 : Tableau d'avancement et réactif limitant
On introduit m=2,79g de fer en poudre dans V=80,0mL d'acide chlorhydrique à 1,00mol/L.
L'équation de la réaction est Fe(s)+2H(aq)+⟶Fe(aq)2++H2(g), avec M(Fe)=55,85g/mol et un volume molaire Vm=24,0L/mol.
a) Calculez les quantités de matière initiales de fer et d'ions H+.
b) Construisez le tableau d'avancement de la réaction.
c) Déterminez le réactif limitant et l'avancement maximal. Attention au piège.
d) Donnez la composition finale du système en quantités de matière.
e) Calculez le volume de dihydrogène recueilli dans les conditions de l'expérience.
a) n(Fe)=55,852,79=5,00×10−2mol et n(H+)=cV=1,00×0,0800=8,00×10−2mol.
b) Le tableau comporte l'état initial, l'état intermédiaire d'avancement x et l'état final. Les quantités valent n(Fe)=5,00×10−2−x, n(H+)=8,00×10−2−2x, n(Fe2+)=x et n(H2)=x. Le coefficient 2 devant H+ impose le 2x : c'est là que se joue toute la suite.
c) Il faut comparer les rapports νini et non les quantités elles-mêmes. Pour le fer, 15,00×10−2=5,00×10−2. Pour les ions H+, 28,00×10−2=4,00×10−2. Le plus petit rapport désigne le réactif limitant : ce sont les ions H+, bien qu'ils soient initialement les plus nombreux. L'avancement maximal vaut xmax=4,00×10−2mol.
d) À l'état final : n(Fe)=5,00×10−2−4,00×10−2=1,00×10−2mol, n(H+)=0, n(Fe2+)=4,00×10−2mol et n(H2)=4,00×10−2mol. Il reste donc du fer solide non attaqué au fond du bécher, ce qui est le signe visible que l'acide était limitant.
e) V(H2)=n(H2)×Vm=4,00×10−2×24,0=0,960L, soit environ 960mL.
La figure du corrigé porte les trois quantités de matière en fonction de l'avancement, et le réactif limitant s'y désigne tout seul : c'est celui dont la droite atteint zéro LA PREMIÈRE. Les ions oxonium partent de 80mmol mais descendent avec une pente de −2, puisque l'équation en consomme deux par atome de fer ; le fer part de 50,0mmol et descend avec une pente de −1. Les deux droites coupent l'axe à des abscisses différentes, 40mmol pour l'acide et 50,0 pour le fer, et c'est donc l'ACIDE qui limite, à xmax=40mmol. La figure prévient l'erreur la plus courante du chapitre : l'acide était pourtant le plus abondant au départ, 80 contre 50,0mmol, et c'est pourtant lui qui s'épuise, parce que ce n'est pas la quantité initiale qui compte mais le rapport de cette quantité au nombre stœchiométrique. À l'avancement maximal, il reste 50,0−40=10,0mmol de fer non attaqué, ce qui se lit directement sur la figure, et il s'est formé 40mmol de dihydrogène.
Exercice 3 : Une transformation qui ne va pas jusqu'au bout
On dispose de V=100,0mL d'une solution d'acide éthanoïque de concentration c=1,0×10−2mol/L. Le pH mesuré vaut 3,4.
L'équation de la réaction avec l'eau est CH3COOH+H2O⟶CH3COO−+H3O+.
a) Calculez la quantité de matière initiale d'acide éthanoïque.
b) Déduisez du pH la concentration en ions H3O+ à l'état final, puis leur quantité de matière.
c) Calculez l'avancement final, puis l'avancement maximal si la réaction était totale.
d) Calculez le taux d'avancement final et concluez sur le caractère total ou non de la transformation.
e) Un élève affirme que cette transformation est lente puisqu'elle s'arrête à quelques pour cent. Répondez-lui.
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Réponses
a)n0=1,0×10−3 mol
b)[H3O+]=4,0×10−4 mol/L ; n=4,0×10−5 mol
c)xf=4,0×10−5 mol ; xmax=1,0×10−3 mol
d)τ=4,0 % : transformation non totale
e)Faux : τ décrit l'état final, la vitesse la durée
a) n0=cV=1,0×10−2×0,1000=1,0×10−3mol.
b) [H3O+]=10−pH=10−3,4=4,0×10−4mol/L, donc n(H3O+)=4,0×10−4×0,1000=4,0×10−5mol.
c) D'après le tableau d'avancement, n(H3O+)=x, donc xf=4,0×10−5mol. Si la réaction était totale, l'acide serait entièrement consommé et xmax=n0=1,0×10−3mol.
d) τ=xmaxxf=1,0×10−34,0×10−5=4,0×10−2, soit 4,0 pour cent. Le taux est très inférieur à 1 : la transformation n'est pas totale, elle conduit à un état d'équilibre où il reste plus de 96 pour cent de l'acide sous forme non dissociée. C'est la définition même d'un acide faible.
e) L'élève confond deux notions distinctes. Le taux d'avancement final décrit l'ÉTAT FINAL atteint, c'est une question de thermodynamique : il dit jusqu'où la réaction va. La lenteur décrit la DURÉE nécessaire pour atteindre cet état final, c'est une question de cinétique : elle dit en combien de temps. Or les réactions acide-base en solution sont parmi les plus rapides de toute la chimie, pratiquement instantanées. Cette transformation est donc à la fois très rapide et très peu avancée, ce qui n'a rien de contradictoire. On peut aussi avoir l'inverse : une combustion est totale mais peut demander une flamme pour démarrer.
La figure du corrigé met les deux avancements à la même échelle, et l'écart saute aux yeux mieux que le pourcentage ne le dit. La barre du haut est l'avancement que l'on obtiendrait si la transformation était TOTALE, 1,00mmol, c'est-à-dire tout l'acide dissocié. Celle du bas est l'avancement réellement atteint, 0,0398mmol, déduit du pH mesuré : ce n'est qu'un mince trait, à peine un vingt-cinquième de la précédente. Le taux d'avancement final vaut donc τ=1,000,0398=4,0 pour cent, et 96 pour cent de l'acide reste sous forme de molécules non dissociées. Deux conséquences méritent d'être retenues. D'abord la solution contient très majoritairement l'acide MOLÉCULAIRE, alors que l'intuition d'un débutant est qu'un acide en solution est dissocié ; c'est vrai d'un acide fort, faux d'un acide faible. Ensuite le pH mesuré, 3,4, est très supérieur au pH de 2,0 qu'aurait donné le même acide s'il avait été fort : mesurer un pH plus élevé que prévu est précisément le signal expérimental qu'une transformation n'est pas totale.
Exercice 4 : La droite d'étalonnage et la loi de Beer-Lambert
On étudie une espèce colorée par spectrophotométrie, à la longueur d'onde de son maximum d'absorption, avec une cuve d'épaisseur ℓ=1,0cm.
Trois solutions étalons donnent les absorbances portées sur le graphique ci-dessous.
a) Énoncez la loi de Beer-Lambert en précisant chaque grandeur et son unité.
b) Justifiez, à partir du graphique, que la loi est bien vérifiée sur ce domaine de concentration.
c) Déterminez le coefficient directeur de la droite, puis le coefficient d'absorption molaire de l'espèce.
d) Une solution de concentration inconnue donne A=0,62. Déterminez sa concentration, graphiquement puis par le calcul.
e) Pourquoi choisit-on de travailler à la longueur d'onde du maximum d'absorption ?
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Réponses
a)A=εℓc, ε en L⋅mol−1⋅cm−1
b)Points alignés avec l'origine : proportionnalité
c)Pente 0,125 par mmol/L ; ε=125L⋅mol−1⋅cm−1
d)c≈4,96 mmol/L
e)Sensibilité maximale et mesure robuste au réglage
a) La loi s'écrit A=εℓc, où A est l'absorbance, une grandeur sans unité ; ε est le coefficient d'absorption molaire en L⋅mol−1⋅cm−1, caractéristique de l'espèce ET de la longueur d'onde ; ℓ est l'épaisseur de solution traversée en cm ; et c la concentration en mol/L.
b) Les trois points sont alignés avec l'origine : à 2,0, 4,0 et 6,0mmol/L correspondent 0,25, 0,50 et 0,75. Doubler la concentration double l'absorbance et tripler la triple. La proportionnalité annoncée par la loi est donc bien vérifiée, et le passage par l'origine confirme qu'une solution sans espèce colorée n'absorbe pas.
c) Le coefficient directeur vaut 6,0−2,00,75−0,25=0,125parmmol/L, soit 125L/mol en revenant aux mol/L. Comme ce coefficient vaut εℓ et que ℓ=1,0cm, on obtient ε=125L⋅mol−1⋅cm−1.
d) Graphiquement, on part de A=0,62 sur l'axe des ordonnées, on rejoint la droite horizontalement puis on descend sur l'axe des abscisses : on lit environ 5,0mmol/L. Par le calcul, c=εℓA=1250,62=4,96×10−3mol/L, soit 4,96mmol/L. Les deux méthodes concordent, le calcul étant simplement plus précis que la lecture.
e) Pour deux raisons. D'abord la sensibilité : au maximum d'absorption, ε est le plus grand possible, donc une même variation de concentration produit la plus grande variation d'absorbance mesurable, ce qui minimise l'incertitude relative. Ensuite la robustesse : au sommet d'un maximum, la courbe ε(λ) est localement plate, donc un petit décalage de réglage du monochromateur ne change presque pas la mesure. Sur un flanc de la courbe, la même imprécision de réglage se traduirait directement par une erreur sur A.
Exercice 5 : La conductimétrie, seconde méthode de dosage
La conductivité d'une solution ionique s'écrit σ=∑iλici, avec ci en mol/m3 et λi en S⋅m2/mol.
Conductivités molaires ioniques : λ(Na+)=5,01×10−3, λ(K+)=7,35×10−3, λ(Cl−)=7,63×10−3 et λ(H+)=35,0×10−3.
a) Convertissez une concentration de 1,0×10−3mol/L en mol/m3.
b) Calculez la conductivité d'une solution de chlorure de sodium à 1,0×10−3mol/L.
c) Calculez celle d'une solution de chlorure de potassium à la même concentration, et expliquez laquelle conduit le mieux.
d) Comparez la conductivité molaire de l'ion H+ à celle des autres ions. Proposez une explication.
e) Dans quel cas la conductimétrie est-elle préférable à la spectrophotométrie, et dans quel cas est-ce l'inverse ?
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Réponses
a)1,0 mol/m³
b)σ=1,26×10−2 S/m
c)σ=1,50×10−2 S/m : KCl conduit mieux
d)λ(H+) environ cinq fois plus grande : relais de protons
e)Incolore et simple : conductimétrie ; coloré et complexe : spectrophotométrie
a) Un mètre cube vaut 1000L, donc 1,0×10−3mol/L=1,0×10−3×1000=1,0mol/m3. Cette conversion est la source d'erreur la plus fréquente du chapitre : un facteur 1000 y est systématiquement en jeu.
b) La solution contient Na+ et Cl− à 1,0mol/m3 chacun, donc σ=(5,01×10−3+7,63×10−3)×1,0=1,26×10−2S/m.
c) σ=(7,35×10−3+7,63×10−3)×1,0=1,50×10−2S/m. La solution de chlorure de potassium conduit environ 19 pour cent mieux, à concentration identique. La raison est que l'ion potassium est plus mobile que l'ion sodium en solution : bien qu'il soit plus gros au sens du rayon atomique, il est moins fortement hydraté, donc il traîne derrière lui une sphère de molécules d'eau plus petite et se déplace plus facilement.
d) L'ion H+ a une conductivité molaire bien supérieure à celle des autres ions : 7,6335,0≈4,59 fois celle de l'ion chlorure, et 5,0135,0≈7,0 fois celle de l'ion sodium. Il ne se déplace pas comme eux : au lieu de traverser la solution, un proton saute d'une molécule d'eau à la voisine par un relais de liaisons hydrogène, mécanisme dit de Grotthuss. La charge se propage donc sans que la matière ait à parcourir tout le trajet, ce qui est bien plus rapide.
e) La spectrophotométrie exige une espèce colorée, ou au moins qui absorbe à une longueur d'onde accessible ; elle est alors très sélective, puisqu'on choisit la longueur d'onde propre à l'espèce visée, et insensible aux autres solutés. La conductimétrie fonctionne avec n'importe quels ions, même incolores, ce qui est son grand avantage, mais elle mesure la contribution de TOUS les ions présents à la fois : elle n'est donc pas sélective et devient inutilisable si la solution contient d'autres électrolytes en quantité inconnue. En résumé : espèce colorée et milieu complexe, spectrophotométrie ; espèce incolore et solution simple, conductimétrie.
Partie B : Niveau baccalauréat (/50)
Exercice 6 : Le colorant d'un sirop de menthe est-il conforme ?
Le bleu patenté V est un colorant alimentaire de masse molaire M=566g/mol. Son coefficient d'absorption molaire à 635nm vaut ε=8,5×104L⋅mol−1⋅cm−1, avec une cuve de 1,0cm.
On dilue un sirop de menthe 20 fois, et la solution diluée donne une absorbance A=0,68. La réglementation limite ce colorant à 100mg/L dans le sirop.
a) Calculez la concentration en quantité de matière du colorant dans la solution diluée.
b) Déduisez-en sa concentration dans le sirop non dilué.
c) Convertissez ce résultat en concentration en masse, en mg/L, et concluez sur la conformité.
d) Pourquoi a-t-il fallu diluer le sirop avant la mesure ?
e) L'incertitude sur l'absorbance est estimée à 0,02. Estimez l'incertitude correspondante sur la concentration en masse dans le sirop, et dites si la conclusion de la question c) est robuste.
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Réponses
a)c=8,0×10−6 mol/L
b)c=1,6×10−4 mol/L
c)γ=90,6 mg/L : conforme
d)Sans dilution A≈13,6, hors du domaine linéaire
e)γ=90,6±2,7 mg/L : conclusion robuste
a) cdilueˊe=εℓA=8,5×104×1,00,68=8,0×10−6mol/L.
b) La dilution a divisé la concentration par 20, donc le sirop est 20 fois plus concentré : csirop=20×8,0×10−6=1,6×10−4mol/L.
c) γ=csirop×M=1,6×10−4×566=9,06×10−2g/L, soit 90,6mg/L. Cette valeur est inférieure à la limite de 100mg/L : le sirop est donc conforme à la réglementation.
d) Parce que la loi de Beer-Lambert n'est linéaire que pour les solutions suffisamment diluées, en pratique pour A inférieure à environ 1. Le sirop pur aurait donné une absorbance de l'ordre de 20×0,68=13,6, très largement hors du domaine de validité, et d'ailleurs hors de la plage de mesure de l'appareil : la lumière transmise serait quasi nulle. Diluer ramène l'absorbance dans la zone où la mesure est à la fois fiable et proportionnelle.
e) L'absorbance et la concentration étant proportionnelles, l'incertitude relative se transmet à l'identique : AΔA=0,680,02=2,9 pour cent. Donc Δγ=0,029×90,6=2,7mg/L, et le résultat s'écrit γ=90,6±2,7mg/L, soit un intervalle allant de 87,9 à 93,3mg/L. La limite de 100mg/L reste au-dessus de tout cet intervalle, à plus de trois incertitudes du résultat : la conclusion de conformité est donc robuste. Elle ne l'aurait pas été pour un sirop mesuré à 98mg/L.
Exercice 7 : Suivre une transformation par conductimétrie
Le 2-chloro-2-méthylpropane, noté RCl, réagit avec l'eau selon RCl+H2O⟶ROH+H++Cl−.
On part d'une concentration initiale c0=1,0×10−2mol/L en RCl, et on suit la conductivité au cours du temps. On garde λ(H+)=35,0×10−3 et λ(Cl−)=7,63×10−3S⋅m2/mol.
a) Expliquez pourquoi la conductivité augmente au cours du temps, alors qu'elle était nulle au départ.
b) En supposant la réaction totale, calculez la conductivité finale de la solution.
c) À un instant t1, la conductivité vaut 0,213S/m. Déterminez l'avancement de la réaction à cet instant.
d) Exprimez la conductivité σ(t) en fonction de l'avancement volumique xV, puis montrez que la mesure de σ donne directement l'avancement.
e) Cette méthode conviendrait-elle pour suivre la réaction entre l'acide chlorhydrique et l'hydroxyde de sodium ? Justifiez.
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Réponses
a)La réaction forme les ions H+ et Cl−
b)σf=0,426 S/m
c)xV=5,0×10−3 mol/L, moitié de l'avancement maximal
d)σ=(λH++λCl−)xV
e)Mal adaptée : fond conducteur des ions spectateurs
a) Le réactif RCl est une molécule, et l'eau aussi : la solution de départ ne contient aucun ion, sa conductivité est donc pratiquement nulle. La réaction fait apparaître deux ions, H+ et Cl−, en quantités égales à l'avancement. La conductivité, qui est proportionnelle aux concentrations ioniques, augmente donc au fur et à mesure de la transformation. Cette croissance est exactement ce qui rend la méthode utilisable comme suivi cinétique.
b) Si la réaction est totale, il se forme 1,0×10−2mol/L de chaque ion, soit 10mol/m3. Donc σf=(35,0×10−3+7,63×10−3)×10=0,426S/m.
c) La conductivité est proportionnelle à l'avancement, donc xmaxx=σfσ=0,4260,213=0,500. La réaction est donc à la moitié de son avancement : l'avancement volumique vaut 5,0×10−3mol/L, et il reste autant de RCl qu'il s'en est transformé.
d) À l'instant t, les concentrations valent [H+]=[Cl−]=xV, donc σ(t)=(λH++λCl−)xV avec xV en mol/m3. La conductivité est donc une fonction linéaire de l'avancement, passant par l'origine. Il suffit alors d'une seule mesure pour connaître xV, sans prélèvement ni titrage : xV=λH++λCl−σ. C'est tout l'intérêt d'un suivi conductimétrique, qui est non destructif et continu.
e) Non, et pour une raison instructive. Cette réaction s'écrit H++HO−⟶H2O : elle fait DISPARAÎTRE des ions, donc la conductivité diminuerait, ce qui reste exploitable en principe. Le vrai problème est ailleurs : les ions spectateurs Na+ et Cl− restent en solution et contribuent à la conductivité sans participer à la réaction. Le signal utile serait donc une petite variation superposée à un fond important, ce qui dégrade la précision. La méthode est excellente quand elle part de zéro, comme ici, et médiocre quand elle doit mesurer une variation relative sur un fond déjà conducteur.
Exercice 8 : Une précipitation, un rendement et ce qui reste en solution
On mélange V1=50,0mL de chlorure de baryum à 0,10mol/L et V2=50,0mL de sulfate de sodium à 0,15mol/L.
Il se forme un précipité blanc de sulfate de baryum selon Ba(aq)2++SO42−(aq)⟶BaSO4(s), avec M(BaSO4)=233,4g/mol.
a) Calculez les quantités de matière initiales des deux ions réactifs.
b) Déterminez le réactif limitant et l'avancement maximal.
c) Calculez la masse de précipité attendue.
d) La masse effectivement recueillie après filtration et séchage est de 1,05g. Calculez le rendement et proposez deux causes de perte.
e) Calculez la concentration de l'ion en excès dans la solution finale, en négligeant la variation de volume due à la formation du solide.
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Réponses
a)n(Ba2+)=5,0×10−3 mol ; n(SO42−)=7,5×10−3 mol
b)Ba2+ limitant, xmax=5,0×10−3 mol
c)m=1,17 g
d)η=90,0 %
e)[SO42−]=2,5×10−2 mol/L
a) n(Ba2+)=0,10×0,0500=5,0×10−3mol et n(SO42−)=0,15×0,0500=7,5×10−3mol.
b) Les coefficients stœchiométriques valant 1 pour les deux réactifs, on compare directement les quantités : 5,0×10−3<7,5×10−3. L'ion baryum est donc limitant, et xmax=5,0×10−3mol.
c) mtheˊorique=xmax×M=5,0×10−3×233,4=1,17g.
d) η=1,1671,05=0,900, soit un rendement de 90,0 pour cent. Deux causes de perte parmi les plus courantes : une partie du précipité, très finement divisé, traverse le filtre ou reste accrochée aux parois du bécher et du verre de montre ; et la solubilité résiduelle du sulfate de baryum, faible mais non nulle, qui laisse une petite fraction des ions en solution au lieu de précipiter. Un séchage incomplet ne peut PAS expliquer ce déficit : l'eau restante alourdirait le solide et ferait au contraire surestimer la masse.
e) L'ion en excès est le sulfate. Il en reste 7,5×10−3−5,0×10−3=2,5×10−3mol, dans un volume total de 100,0mL. Donc [SO42−]=0,10002,5×10−3=2,5×10−2mol/L. On notera au passage que les ions Na+ et Cl−, spectateurs, sont toujours présents et que leur concentration a simplement été divisée par deux par le mélange des deux volumes égaux.
La figure du corrigé porte la masse de précipité en fonction du volume de solution de sulfate versé, et sa forme en DEUX RÉGIMES est le cœur de la notion de réactif limitant. Dans le premier régime, chaque goutte versée apporte des ions sulfate qui trouvent immédiatement un ion baryum : la masse croît proportionnellement, de 0,0350g par millilitre. Au volume de 33,3mL, tous les 5,00mmol d'ions baryum ont été consommés, et à partir de là verser davantage de sulfate ne sert plus à rien : la masse PLAFONNE à 1,167g. Le point anguleux est donc le point où le réactif limitant change de camp, et sa position donne directement la quantité initiale d'ions baryum, ce qui est la base de tout dosage par précipitation. Deux remarques pratiques. Le palier n'est jamais parfaitement horizontal en réalité, car le sulfate de baryum est très légèrement soluble et un large excès de sulfate en redissout une trace infime, effet mesurable mais négligeable ici. Et si l'on avait tracé la courbe en fonction du volume de solution de BARYUM versé dans un excès de sulfate, on aurait obtenu une droite sans palier : c'est toujours le réactif que l'on ajoute qui décide de la forme de la courbe.
Exercice 9 : Quatre affirmations à corriger
Chacune des quatre affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous sur un résultat chiffré des exercices précédents.
a) « Le réactif limitant est celui dont la quantité de matière initiale est la plus petite. »
b) « L'absorbance est proportionnelle à la concentration, donc on peut mesurer n'importe quelle solution directement. »
c) « Diluer une solution diminue la quantité de matière de soluté. »
d) « Une transformation dont le taux d'avancement final vaut 4 pour cent est une transformation lente. »
Voir la correction
Réponses
a)Comparer les rapports νini
b)Linéaire seulement pour A inférieure à 1 environ
c)n se conserve, la concentration diminue
d)τ décrit l'état final, pas la durée
a) Faux. Il faut comparer les rapports νini, où νi est le coefficient stœchiométrique, et non les quantités brutes. L'exercice 2 en donne le contre-exemple exact : il y a 5,00×10−2mol de fer contre 8,00×10−2mol d'ions H+, donc bien plus d'ions, et pourtant ce sont les ions qui limitent, parce qu'il en faut deux par atome de fer : 28,00×10−2=4,00×10−2 est inférieur à 5,00×10−2. La preuve expérimentale est visible : il reste du fer solide au fond du bécher.
b) Faux, la proportionnalité a un domaine de validité. La loi de Beer-Lambert n'est linéaire que pour les solutions diluées, en pratique tant que A reste inférieure à environ 1. Au-delà, la lumière transmise devient si faible que la mesure perd son sens et que la relation s'incurve. L'exercice 6 le montre : le sirop pur aurait donné A≈13,6, valeur inexploitable, et c'est bien pourquoi il a fallu le diluer 20 fois pour ramener l'absorbance à 0,68.
c) Faux, et c'est exactement l'inverse de ce qui définit une dilution. Diluer, c'est ajouter du solvant à une quantité de soluté prélevée, sans jamais toucher à cette quantité : n est conservé, c'est la grandeur invariante de l'opération. Ce qui diminue, c'est la CONCENTRATION, puisque la même quantité de matière occupe un volume plus grand. La relation cVpreˊleveˊ=c′Vfinal de l'exercice 1 n'exprime rien d'autre que cette conservation.
d) Faux, et la confusion porte sur deux notions indépendantes. Le taux d'avancement final décrit l'état final atteint, donc jusqu'où la réaction va : c'est de la thermodynamique. La lenteur décrit la durée nécessaire pour l'atteindre : c'est de la cinétique. L'exercice 3 traite précisément un acide faible dont le taux vaut 4,0 pour cent, alors que les réactions acide-base en solution sont quasi instantanées. Une transformation peut donc être très rapide et très peu avancée, ou au contraire totale mais très lente, comme la rouille. Les deux questions se posent séparément.
Exercice 10 : Doser le fer d'un complément alimentaire
Un comprimé de complément alimentaire annonce 11mg de fer. On le dissout entièrement dans de l'eau acidifiée pour obtenir 100,0mL de solution mère S.
On prélève 5,00mL de S, on ajoute un réactif qui donne avec les ions fer un complexe coloré, et on complète à 50,0mL. L'absorbance mesurée vaut A=0,48, et la droite d'étalonnage du complexe a pour équation A=2,4×103c avec c en mol/L. On donne M(Fe)=55,85g/mol.
a) Calculez le facteur de dilution entre S et la solution mesurée.
b) Déterminez la concentration du complexe dans la solution mesurée.
c) Déduisez-en la concentration en fer de la solution mère S.
d) Calculez la masse de fer contenue dans le comprimé et comparez-la à l'étiquette.
e) Le fabricant tolère un écart de 5 pour cent. Le comprimé est-il conforme ? Quelle précaution expérimentale est indispensable pour que cette conclusion ait un sens ?
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Réponses
a)Facteur 10,0
b)c=2,0×10−4 mol/L
c)cS=2,0×10−3 mol/L
d)m=11,2 mg
e)Écart 1,5 % : conforme, si l'étalonnage est fait dans les mêmes conditions
a) On passe de 5,00mL prélevés à 50,0mL finaux, donc le facteur de dilution vaut 5,0050,0=10,0.
b) De A=2,4×103c on tire c=2,4×103A=2,4×1030,48=2,0×10−4mol/L.
c) La solution mesurée est 10 fois plus diluée que S, donc cS=10,0×2,0×10−4=2,0×10−3mol/L. Le réactif formant un complexe de stœchiométrie 1 pour 1 avec le fer, cette concentration est aussi celle du fer dans S.
d) La quantité de fer dans S, donc dans le comprimé entier, vaut n=cSV=2,0×10−3×0,1000=2,0×10−4mol. La masse correspondante est m=nM=2,0×10−4×55,85=1,117×10−2g, soit 11,2mg. L'étiquette annonce 11mg : l'accord est excellent.
e) L'écart relatif vaut 1111,17−11=1,5 pour cent, inférieur aux 5 pour cent tolérés : le comprimé est conforme. La précaution indispensable est que la droite d'étalonnage ait été établie dans les MÊMES conditions que la mesure : même réactif complexant en excès, même longueur d'onde, même cuve, même pH. Le coefficient 2,4×103 ne caractérise pas le fer mais le complexe formé, et si le complexe n'est pas exactement le même, ou si le réactif n'est pas en excès suffisant pour transformer tout le fer, la proportionnalité entre absorbance et concentration en fer est perdue et le résultat n'a plus de sens.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Couleur d'une solution et spectre d'absorption
Une solution colorée absorbe une partie de la lumière blanche ; l'œil perçoit la couleur COMPLÉMENTAIRE de celle qui est absorbée. Sur le cercle chromatique, deux couleurs complémentaires sont diamétralement opposées : rouge et cyan, vert et magenta, bleu et jaune.
Domaines approximatifs : bleu de 430 à 490nm, vert de 490 à 570nm, jaune de 570 à 590nm, rouge de 600 à 750nm.
a) Le spectre d'absorption d'une solution de permanganate de potassium présente un maximum à λmax=525nm. Quelle couleur la solution a-t-elle ?
b) Une solution de sulfate de cuivre absorbe surtout dans le rouge. Quelle couleur a-t-elle ?
c) Une solution de tartrazine paraît jaune. Dans quel domaine se trouve son maximum d'absorption ?
d) Pour une même solution de permanganate, on lit A=0,90 à 525nm et A=0,060 à 650nm. Calculez le rapport des coefficients d'absorption molaire aux deux longueurs d'onde, puis l'incertitude relative sur la concentration à chaque longueur d'onde si l'absorbance est lue à 0,01 près.
e) On superpose une cuve de sulfate de cuivre et une cuve de tartrazine devant une lampe blanche. Quelle couleur perçoit-on à travers les deux cuves ?
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Réponses
a)Magenta
b)Cyan
c)Dans le bleu, de 430 à 490 nm
d)Rapport 15 ; 1,1 % contre 17 %
e)Vert
a) Le maximum à 525nm tombe dans le VERT : c'est le vert qui est retiré de la lumière blanche. La couleur perçue est la complémentaire du vert, le MAGENTA, qui est bien la teinte violet-pourpre du permanganate. Répondre « vert » est l'erreur type : on ne voit jamais la couleur absorbée, on voit ce qui reste.
b) Le rouge est absorbé, l'œil reçoit la complémentaire du rouge : la solution paraît CYAN, c'est-à-dire bleu-vert, la couleur bien connue du sulfate de cuivre.
c) Le raisonnement se fait à l'envers : la solution paraît jaune, donc elle absorbe la complémentaire du jaune, le BLEU. Son maximum d'absorption se trouve entre 430 et 490nm ; il vaut en réalité 427nm pour la tartrazine, à la limite du violet.
d) À concentration et épaisseur identiques, A=εℓc est proportionnelle à ε, donc ε650ε525=0,0600,90=15. Comme c=εℓA, l'incertitude relative sur c est celle sur A : 0,900,01≈1,1 pour cent à 525nm, contre 0,0600,01≈17 pour cent à 650nm. La même lecture d'appareil donne un résultat quinze fois moins précis loin du maximum.
e) Chaque cuve retire une partie de la lumière, et les effets se CUMULENT : le sulfate de cuivre retire le rouge, la tartrazine retire le bleu. Il ne passe plus que le VERT, qui est donc la couleur perçue. C'est une synthèse soustractive, celle des filtres et des peintures, à ne pas confondre avec la synthèse additive des écrans où rouge et vert donneraient du jaune.
Tout le chapitre repose sur une seule phrase : on voit ce qui n'est PAS absorbé. Le spectre d'absorption sert ensuite deux fois, pour expliquer la couleur et pour choisir la longueur d'onde de mesure, et la question d) chiffre enfin pourquoi on se place au maximum.
Exercice 12 : La thermite : proportions stœchiométriques
La réaction de la thermite, utilisée pour souder des rails, s'écrit 2Al(s)+Fe2O3(s)⟶Al2O3(s)+2Fe(ℓ).
Masses molaires en g/mol : M(Al)=27,0, M(Fe)=55,8, M(O)=16,0.
a) Calculez les masses molaires de Fe2O3 et de Al2O3, puis la masse d'aluminium qui réagit EXACTEMENT avec 80,0g d'oxyde de fer.
b) On mélange en réalité 30,0g d'aluminium et 80,0g d'oxyde de fer. Déterminez le réactif limitant et l'avancement maximal.
c) Déterminez la composition finale du système, en masses.
d) Vérifiez la conservation de la masse.
e) Un élève affirme : « il y a 80,0g d'oxyde contre 30,0g d'aluminium, donc l'oxyde est en excès ». Qu'en pensez-vous ?
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Réponses
a)159,6 et 102,0 g/mol ; 27,1 g d'aluminium
b)Oxyde de fer limitant, xmax=0,501 mol
c)Al : 2,93 g ; Fe : 55,9 g ; Al2O3 : 51,1 g
d)110,0 g avant et après
e)Faux : l'oxyde est limitant malgré sa masse
a) M(Fe2O3)=2×55,8+3×16,0=159,6g/mol et M(Al2O3)=2×27,0+3×16,0=102,0g/mol. Puis n(Fe2O3)=159,680,0=0,501mol. Les proportions sont stœchiométriques quand 2n(Al)=1n(Fe2O3), donc n(Al)=2×0,501=1,003mol et m(Al)=1,003×27,0=27,1g.
b) n(Al)=27,030,0=1,111mol. On compare les rapports aux nombres stœchiométriques : 21,111=0,556 pour l'aluminium, 10,501=0,501 pour l'oxyde. Le plus petit rapport désigne l'OXYDE DE FER comme réactif limitant, et xmax=0,501mol.
c) Il reste n(Al)=1,111−2×0,501=0,109mol, soit 2,93g ; plus directement, 30,0−27,1=2,93g en gardant les décimales. Il se forme 2xmax=1,003mol de fer, soit 55,9g, et xmax=0,501mol d'alumine, soit 0,501×102,0=51,1g. L'oxyde de fer a entièrement disparu.
d) État initial : 30,0+80,0=110,0g. État final : 2,93+55,9+51,1=110,0g ✓. La masse se conserve parce que les atomes se conservent ; un écart de quelques centièmes n'apparaîtrait qu'en arrondissant trop tôt les étapes intermédiaires.
e) L'élève compare des MASSES, ce qui ne dit rien du nombre d'entités : une mole d'oxyde pèse près de six fois plus qu'une mole d'aluminium. Il faut passer aux quantités de matière, puis les diviser par les nombres stœchiométriques. Ici l'oxyde, pourtant le plus lourd, est le réactif LIMITANT, et c'est l'aluminium qui est en excès de 2,93g.
Deux conversions à ne jamais sauter : de la masse vers la quantité de matière, puis de la quantité de matière vers le rapport au nombre stœchiométrique. Un mélange est dit stœchiométrique quand ces rapports sont égaux, et c'est le seul cas où les deux réactifs disparaissent ensemble.
Exercice 13 : De la conductance à la conductivité : la cellule du conductimètre
La cellule d'un conductimètre est formée de deux plaques parallèles de surface S=1,0cm2, distantes de L=1,25cm. Soumise à une tension U, elle est traversée par un courant I ; sa conductance vaut G=UI, en siemens, et la conductivité de la solution vérifie G=σLS.
Conductivités molaires ioniques en S⋅m2/mol : λ(Na+)=5,01×10−3 et λ(Cl−)=7,63×10−3.
a) Calculez la constante de cellule k=LS, en mètres.
b) Plongée dans une solution étalon de conductivité σ=0,141S/m sous U=1,00V, la cellule est traversée par I=1,13mA. Calculez G et vérifiez la valeur de k.
c) Dans une solution de chlorure de sodium, sous la même tension, on mesure I=0,506mA. Calculez la conductivité de la solution.
d) Déduisez-en la concentration de la solution en chlorure de sodium, en mol/L.
e) On écarte les plaques jusqu'à L=2,50cm et on replonge la cellule dans la même solution. Que deviennent G et σ ?
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Réponses
a)k=8,0×10−3 m
b)G=1,13 mS ; k=8,0×10−3 m
c)σ=6,33×10−2 S/m
d)c=5,0×10−3 mol/L
e)G′=0,253 mS ; σ inchangée
a) k=1,25×10−2m1,0×10−4m2=8,0×10−3m. Les centimètres carrés se convertissent avec un facteur 10−4, pas 10−2 : c'est l'erreur classique de cette question.
b) G=UI=1,001,13×10−3=1,13×10−3S, soit 1,13mS. Alors k=σG=0,1411,13×10−3=8,0×10−3m ✓. C'est exactement ce que fait l'ÉTALONNAGE d'un conductimètre : il mesure k sur une solution connue au lieu de se fier aux cotes géométriques.
c) G=0,506mS, donc σ=kG=8,0×10−30,506×10−3=6,33×10−2S/m.
d) Pour le chlorure de sodium, σ=(λNa++λCl−)c avec c en mol/m3. Donc c=12,64×10−36,33×10−2=5,0mol/m3, soit 5,0×10−3mol/L après division par 1000.
e) La constante de cellule est divisée par deux, k′=4,0×10−3m, donc la conductance aussi : G′=σk′=0,253mS. La conductivité, elle, ne change PAS : c'est une propriété de la solution, alors que la conductance dépend aussi de la géométrie de la cellule. C'est pour cela qu'on publie des conductivités et jamais des conductances.
Trois grandeurs, trois rôles : G est ce que l'appareil mesure, k décrit la cellule, σ décrit la solution. La chaîne de calcul I→G→σ→c a deux conversions pièges, les cm2 en m2 et les mol/m3 en mol/L.
Exercice 14 : Problème : deux colorants dans une même boisson
Une boisson verte contient deux colorants : la tartrazine (jaune, MT=534g/mol) et le bleu patenté V (MB=566g/mol). Quand plusieurs espèces absorbent, leurs absorbances S'ADDITIONNENT : A=εTℓcT+εBℓcB.
Coefficients d'absorption molaire en L⋅mol−1⋅cm−1 : à 430nm, εT=2,6×104 et εB=4,0×103 ; à 640nm, εT est négligeable et εB=1,0×105. La cuve mesure ℓ=1,0cm.
La boisson est diluée 10 fois ; la solution diluée donne A640=0,50 et A430=0,670.
a) Pourquoi commence-t-on par la mesure à 640nm ? Déduisez-en cB dans la solution diluée.
b) Calculez l'absorbance due au bleu patenté à 430nm.
c) Déduisez-en la concentration cT de la tartrazine dans la solution diluée.
d) Calculez les concentrations en masse des deux colorants dans la boisson, en mg/L.
e) Un élève pressé n'a mesuré qu'à 430nm en attribuant toute l'absorbance à la tartrazine. Quelle erreur relative commet-il sur cT ?
Voir la correction
Réponses
a)Seul le bleu absorbe à 640 nm ; cB=5,0×10−6 mol/L
b)AB,430=0,020
c)cT=2,5×10−5 mol/L
d)γT=134 mg/L ; γB=28,3 mg/L
e)3,1 % par excès
a) À 640nm la tartrazine n'absorbe pas : la mesure ne dépend que du bleu, une seule inconnue. cB=εBℓA640=1,0×1050,50=5,0×10−6mol/L. Choisir l'ordre des mesures, c'est choisir d'abord l'équation qui n'a qu'une inconnue.
b) AB,430=4,0×103×1,0×5,0×10−6=0,020. Faible, mais non nul : le bleu absorbe un peu à 430nm.
c) L'additivité donne A430=AT,430+AB,430, donc AT,430=0,670−0,020=0,650 et cT=2,6×1040,650=2,5×10−5mol/L.
d) Dans la boisson, dix fois plus concentrée : γT=10×2,5×10−5×534=0,134g/L, soit 134mg/L, et γB=10×5,0×10−6×566=2,83×10−2g/L, soit 28,3mg/L. Il faut près de cinq fois plus de jaune que de bleu en masse pour obtenir ce vert, parce que le bleu patenté absorbe beaucoup plus fort.
e) Il aurait calculé cT′=2,6×1040,670=2,58×10−5mol/L, soit une erreur relative de 0,6500,020≈3,1 pour cent par excès. L'erreur est systématique, toujours dans le même sens, et aucune répétition de la mesure ne la ferait disparaître.
Avec deux espèces colorées, une mesure ne suffit plus : il faut autant de longueurs d'onde que d'inconnues, et l'on commence par celle où une seule espèce absorbe. L'additivité des absorbances transforme alors le dosage en un petit système d'équations.
Exercice 15 : Problème : la solution de réhydratation orale
Un sachet de sels de réhydratation est dissous dans 1,00L d'eau. La solution contient 2,6g de chlorure de sodium NaCl, 1,5g de chlorure de potassium KCl, 2,5g d'hydrogénocarbonate de sodium NaHCO3 et 13,5g de glucose.
a) Calculez les concentrations en quantité de matière des trois sels, en mmol/L.
b) Déduisez-en les concentrations des quatre ions présents.
c) Vérifiez l'électroneutralité de la solution.
d) Pourquoi le glucose, pourtant le soluté le plus abondant en masse, ne compte-t-il pas dans la conductivité ?
e) Estimez la conductivité de la solution avec la loi σ=∑λici.
f) On mesure σ=0,98S/m sur la solution, puis σ=0,110S/m après l'avoir diluée 10 fois. Calculez les deux écarts relatifs à la prévision et interprétez.
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Réponses
a)44,4 ; 20,1 ; 29,8 mmol/L
b)Na+74,2 ; K+20,1 ; Cl−64,6 ; HCO3−29,8 mmol/L
c)94,3 mmol/L de charges de chaque signe
d)Molécules neutres : aucune charge
e)σ≈1,14 S/m
f)14 % puis 4 % : la loi vaut pour les solutions diluées
a) c(NaCl)=58,52,6=4,44×10−2mol/L, soit 44,4mmol/L ; c(KCl)=74,61,5=20,1mmol/L ; c(NaHCO3)=84,02,5=29,8mmol/L.
b) Les ions sodium viennent de DEUX sels : [Na+]=44,4+29,8=74,2mmol/L. De même, les ions chlorure viennent de deux sels : [Cl−]=44,4+20,1=64,6mmol/L. Enfin [K+]=20,1mmol/L et [HCO3−]=29,8mmol/L. Oublier une des deux sources d'un ion commun est l'erreur la plus fréquente.
c) Tous les ions portent une seule charge. Charges positives : 74,2+20,1=94,3mmol/L. Charges négatives : 64,6+29,8=94,4mmol/L. L'égalité est vérifiée aux arrondis près ✓, ce qui est obligatoire : chaque sel dissous apporte autant de charges de chaque signe.
d) Le glucose se dissout sous forme de MOLÉCULES neutres. Il ne porte aucune charge et ne transporte donc aucun courant, quelle que soit sa concentration. La conductivité ne renseigne que sur les ions.
e) Avec les concentrations en mol/m3, soit les valeurs en mmol/L : σ=5,01×74,2+7,35×20,1+7,63×64,6+4,45×29,8 en mS/m, soit σ≈1144mS/m=1,14S/m.
f) Pour la solution : 1,141,14−0,98≈14 pour cent. Pour la solution diluée, la prévision est 0,114S/m et l'écart vaut 0,1140,114−0,110≈4 pour cent. La loi σ=∑λici n'est valable que pour des solutions DILUÉES : vers 0,1mol/L d'ions, les ions se gênent mutuellement et la conductivité réelle est inférieure à la prévision. La dilution rapproche la mesure du modèle, ce qui confirme que l'écart vient bien de la concentration et non d'une erreur de pesée.
Une solution réelle mélange souvent plusieurs sels qui partagent un ion : on calcule d'abord les concentrations des SELS, puis on additionne les contributions à chaque ion. L'électroneutralité est un contrôle gratuit, et la conductivité ne voit que les ions, jamais les molécules.
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