Spécialité physique-chimie, Première • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : suivi d'une transformation et dosages (Première spécialité)

Voici une série d'exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur le suivi d'une transformation et la détermination d'une composition, au niveau de la classe de Première du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal. Elle couvre la préparation d'une solution et la dilution, le tableau d'avancement, le réactif limitant et l'avancement maximal, la transformation totale ou non totale, puis le dosage par étalonnage : spectrophotométrie, absorbance, spectre d'absorption et couleur d'une solution, loi de Beer-Lambert et droite d'étalonnage.

À la fin de la série, vous savez calculer une concentration en quantité de matière et en masse, et suivre une cascade de dilutions (exercices 1 et 10), construire un tableau d'avancement et en tirer la composition finale (exercices 2, 8 et 12), exploiter une droite d'étalonnage pour remonter à une concentration (exercices 4 et 6), prévoir la couleur d'une solution à partir de son spectre d'absorption (exercice 11) et additionner les absorbances de deux colorants (exercice 14). Les situations sont prises dans la vie courante : le colorant d'un sirop de menthe face à la réglementation, le fer d'un complément alimentaire, la thermite qui soude les rails, deux colorants dans une même boisson verte, la solution de réhydratation orale.

Deux pièges structurent toute la série. Le premier est le réactif limitant : ce n'est pas celui dont la quantité est la plus petite, mais celui dont le rapport à son coefficient stœchiométrique est le plus petit, et l'exercice 2 est construit pour que les deux réponses diffèrent. Le second est la confusion entre l'état final et la durée : comparer l'avancement final à l'avancement maximal dit jusqu'où la réaction va, jamais en combien de temps, et l'exercice 3 traite un acide à la fois quasi instantané et avancé à 4 pour cent seulement. L'exercice 9 y ajoute la mesure faite sans diluer, hors du domaine où la loi de Beer-Lambert tient.

La conductimétrie, la loi de Kohlrausch, le pH et le taux d'avancement final ne sont pas au programme de spécialité de Première : ils sont étudiés en Terminale. Les exercices 3, 5, 7 et 13, et les questions 9 d) et 15 d) à f), sont donc signalés comme une anticipation de la Terminale.

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Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Première
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1 Constitution de la matière Seconde
  2. 2 L'atome et la classification périodique Seconde
  3. 3 Molécules, mole et quantité de matière Seconde
  4. 4 Équations de réaction et réactif limitant Seconde

Rappel de cours

  • • Quantité de matière : n=mMn=\dfrac{m}{M} et c=nVc=\dfrac{n}{V}. Pour un solide hydraté, la masse molaire inclut l'eau de cristallisation.
  • • Dilution : la quantité de matière de soluté se conserve, donc c Vpreˊleveˊ=c′Vfinalc\,V_{\mathrm{prélevé}}=c'V_{\mathrm{final}}. Ce qui change, c'est la concentration, jamais nn.
  • • Réactif limitant : comparer les rapports niνi\dfrac{n_{i}}{\nu_{i}}, jamais les quantités brutes. Le plus petit rapport donne le limitant et xmax⁡x_{\max}.
  • • Transformation totale ou non totale : on compare l'avancement final xfx_{f}, tiré de l'état final observé, à l'avancement maximal xmax⁡x_{\max}. Si xf=xmax⁡x_{f}=x_{\max}, elle est totale ; sinon elle ne l'est pas. C'est une question d'état final, pas de durée.
  • • Beer-Lambert : A=ε ℓ cA=\varepsilon\,\ell\,c, valable pour les solutions diluées, en pratique A<1A<1. Travailler au maximum d'absorption pour la sensibilité et la robustesse.
  • • Anticipation de Terminale, conductimétrie : σ=∑λici\sigma=\sum\lambda_{i}c_{i} avec cic_{i} en mol/m3\mathrm{mol/m^{3}}, donc penser au facteur 1000 depuis les mol/L\mathrm{mol/L}. Méthode universelle mais non sélective.
  • • Anticipation de Terminale, pH et taux d'avancement final : [H3O+]=10−pH\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right]=10^{-\mathrm{pH}} et τ=xfxmax⁡\tau=\dfrac{x_{f}}{x_{\max}}.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Préparer une solution et connaître sa composition

On dissout m=4,99 gm=4{,}99\ \mathrm{g} de sulfate de cuivre pentahydraté CuSO4⋅5H2O\mathrm{CuSO_{4}\cdot 5H_{2}O} dans de l'eau pour obtenir V=200,0 mLV=200{,}0\ \mathrm{mL} de solution.

Masses molaires en g/mol\mathrm{g/mol} : M(CuSO4⋅5H2O)=249,7M\left(\mathrm{CuSO_{4}\cdot 5H_{2}O}\right)=249{,}7 et M(Cu)=63,5M(\mathrm{Cu})=63{,}5. Le schéma ci-dessous représente la situation.

4,99 gsulfate de cuivrepentahydratédissoudrefiole jaugée200,0 mL
  • a) Calculez la quantité de matière de solide dissous.
  • b) Calculez la concentration en quantité de matière de la solution.
  • c) Écrivez l'équation de dissolution et donnez les concentrations des ions en solution.
  • d) Calculez la concentration en masse des ions cuivre Cu2+\mathrm{Cu^{2+}}.
  • e) On prélève 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} de cette solution et on complète à 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL}. Calculez la concentration obtenue et justifiez la grandeur qui se conserve lors d'une dilution.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) n=2,00×10−2n=2{,}00\times 10^{-2} mol
  • b) c=1,00×10−1c=1{,}00\times 10^{-1} mol/L
  • c) [Cu2+]=[SO42−]=1,00×10−1[\mathrm{Cu^{2+}}]=[\mathrm{SO_{4}^{2-}}]=1{,}00\times 10^{-1} mol/L
  • d) γ=6,35\gamma=6{,}35 g/L
  • e) c′=1,00×10−2c'=1{,}00\times 10^{-2} mol/L ; la quantité de soluté se conserve
a)

n=mM=4,99249,7=2,00×10−2 moln=\dfrac{m}{M}=\dfrac{4{,}99}{249{,}7}=2{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}. On remarque que la masse molaire inclut les cinq molécules d'eau de cristallisation : les oublier fausserait le résultat de plus de 35 pour cent.

b)

c=nV=2,00×10−20,2000=1,00×10−1 mol/Lc=\dfrac{n}{V}=\dfrac{2{,}00\times 10^{-2}}{0{,}2000}=1{,}00\times 10^{-1}\ \mathrm{mol/L}.

c)

La dissolution s'écrit CuSO4⋅5H2O(s)⟶Cu(aq)2++SO42−(aq)+5 H2O(ℓ)\mathrm{CuSO_{4}\cdot 5H_{2}O_{(s)}\longrightarrow Cu^{2+}_{(aq)}+{SO_{4}^{2-}}_{(aq)}+5\,H_{2}O_{(\ell)}}. Les coefficients valant 1 pour chaque ion, [Cu2+]=[SO42−]=1,00×10−1 mol/L\left[\mathrm{Cu^{2+}}\right]=\left[\mathrm{SO_{4}^{2-}}\right]=1{,}00\times 10^{-1}\ \mathrm{mol/L}. L'eau libérée rejoint le solvant et n'intervient pas dans les concentrations.

d)

La concentration en masse vaut γ=[Cu2+]×M(Cu)=1,00×10−1×63,5=6,35 g/L\gamma=\left[\mathrm{Cu^{2+}}\right]\times M(\mathrm{Cu})=1{,}00\times 10^{-1}\times 63{,}5=6{,}35\ \mathrm{g/L}.

e)

Le facteur de dilution vaut 100,010,0=10\dfrac{100{,}0}{10{,}0}=10, donc c′=c10=1,00×10−2 mol/Lc'=\dfrac{c}{10}=1{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}. La grandeur qui se conserve est la quantité de matière de soluté prélevée : on ajoute du solvant, jamais du soluté. D'où la relation c Vpreˊleveˊ=c′Vfinalc\,V_{\mathrm{prélevé}}=c'V_{\mathrm{final}}, qui est le seul point à retenir pour toute dilution.

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Exercice 2 : Tableau d'avancement et réactif limitant

On introduit m=2,79 gm=2{,}79\ \mathrm{g} de fer en poudre dans V=80,0 mLV=80{,}0\ \mathrm{mL} d'acide chlorhydrique à 1,00 mol/L1{,}00\ \mathrm{mol/L}.

L'équation de la réaction est Fe(s)+2 H(aq)+⟶Fe(aq)2++H2(g)\mathrm{Fe_{(s)}+2\,H^{+}_{(aq)}\longrightarrow Fe^{2+}_{(aq)}+H_{2(g)}}, avec M(Fe)=55,85 g/molM(\mathrm{Fe})=55{,}85\ \mathrm{g/mol} et un volume molaire Vm=24,0 L/molV_{m}=24{,}0\ \mathrm{L/mol}. Le schéma ci-dessous représente le montage.

dihydrogènerecueilli :V = ?cuve à eaufer en poudre : 2,79 gHCl : 80,0 mL à 1,00 mol/L
  • a) Calculez les quantités de matière initiales de fer et d'ions H+\mathrm{H^{+}}.
  • b) Construisez le tableau d'avancement de la réaction.
  • c) Déterminez le réactif limitant et l'avancement maximal. Attention au piège.
  • d) Donnez la composition finale du système en quantités de matière.
  • e) Calculez le volume de dihydrogène recueilli dans les conditions de l'expérience.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) n(Fe)=5,00×10−2n(\mathrm{Fe})=5{,}00\times 10^{-2} mol ; n(H+)=8,00×10−2n(\mathrm{H^{+}})=8{,}00\times 10^{-2} mol
  • b) 5,00×10−2−x5{,}00\times 10^{-2}-x ; 8,00×10−2−2x8{,}00\times 10^{-2}-2x ; xx ; xx
  • c) Ions H+\mathrm{H^{+}} limitants, xmax⁡=4,00×10−2x_{\max}=4{,}00\times 10^{-2} mol
  • d) Fe : 1,00×10−21{,}00\times 10^{-2} mol ; H+\mathrm{H^{+}} : 00 ; Fe2+\mathrm{Fe^{2+}} et H2\mathrm{H_{2}} : 4,00×10−24{,}00\times 10^{-2} mol
  • e) V(H2)=0,960V(\mathrm{H_{2}})=0{,}960 L
a)

n(Fe)=2,7955,85=5,00×10−2 moln(\mathrm{Fe})=\dfrac{2{,}79}{55{,}85}=5{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol} et n(H+)=cV=1,00×0,0800=8,00×10−2 moln\left(\mathrm{H^{+}}\right)=cV=1{,}00\times 0{,}0800=8{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}.

b)

Le tableau comporte l'état initial, l'état intermédiaire d'avancement xx et l'état final. Les quantités valent n(Fe)=5,00×10−2−xn(\mathrm{Fe})=5{,}00\times 10^{-2}-x, n(H+)=8,00×10−2−2xn\left(\mathrm{H^{+}}\right)=8{,}00\times 10^{-2}-2x, n(Fe2+)=xn\left(\mathrm{Fe^{2+}}\right)=x et n(H2)=xn\left(\mathrm{H_{2}}\right)=x. Le coefficient 2 devant H+\mathrm{H^{+}} impose le 2x2x : c'est là que se joue toute la suite.

c)

Il faut comparer les rapports niνi\dfrac{n_{i}}{\nu_{i}} et non les quantités elles-mêmes. Pour le fer, 5,00×10−21=5,00×10−2\dfrac{5{,}00\times 10^{-2}}{1}=5{,}00\times 10^{-2}. Pour les ions H+\mathrm{H^{+}}, 8,00×10−22=4,00×10−2\dfrac{8{,}00\times 10^{-2}}{2}=4{,}00\times 10^{-2}. Le plus petit rapport désigne le réactif limitant : ce sont les ions H+\mathrm{H^{+}}, bien qu'ils soient initialement les plus nombreux. L'avancement maximal vaut xmax⁡=4,00×10−2 molx_{\max}=4{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}.

d)

À l'état final : n(Fe)=5,00×10−2−4,00×10−2=1,00×10−2 moln(\mathrm{Fe})=5{,}00\times 10^{-2}-4{,}00\times 10^{-2}=1{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}, n(H+)=0n\left(\mathrm{H^{+}}\right)=0, n(Fe2+)=4,00×10−2 moln\left(\mathrm{Fe^{2+}}\right)=4{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol} et n(H2)=4,00×10−2 moln\left(\mathrm{H_{2}}\right)=4{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}. Il reste donc du fer solide non attaqué au fond du bécher, ce qui est le signe visible que l'acide était limitant.

e)

V(H2)=n(H2)×Vm=4,00×10−2×24,0=0,960 LV\left(\mathrm{H_{2}}\right)=n\left(\mathrm{H_{2}}\right)\times V_{m}=4{,}00\times 10^{-2}\times 24{,}0=0{,}960\ \mathrm{L}, soit environ 960 mL960\ \mathrm{mL}.

La figure du corrigé porte les trois quantités de matière en fonction de l'avancement, et le réactif limitant s'y désigne tout seul : c'est celui dont la droite atteint zéro LA PREMIÈRE. Les ions oxonium partent de 80 mmol80\ \mathrm{mmol} mais descendent avec une pente de −2-2, puisque l'équation en consomme deux par atome de fer ; le fer part de 50,0 mmol50{,}0\ \mathrm{mmol} et descend avec une pente de −1-1. Les deux droites coupent l'axe à des abscisses différentes, 40 mmol40\ \mathrm{mmol} pour l'acide et 50,050{,}0 pour le fer, et c'est donc l'ACIDE qui limite, à xmax⁡=40 mmolx_{\max}=40\ \mathrm{mmol}. La figure prévient l'erreur la plus courante du chapitre : l'acide était pourtant le plus abondant au départ, 8080 contre 50,0 mmol50{,}0\ \mathrm{mmol}, et c'est pourtant lui qui s'épuise, parce que ce n'est pas la quantité initiale qui compte mais le rapport de cette quantité au nombre stœchiométrique. À l'avancement maximal, il reste 50,0−40=10,0 mmol50{,}0-40=10{,}0\ \mathrm{mmol} de fer non attaqué, ce qui se lit directement sur la figure, et il s'est formé 40 mmol40\ \mathrm{mmol} de dihydrogène.

5101520253035404550102030405060708090quantité de matière (mmol)H+ : pointillés, pente −2Fe : trait plein, pente −1H2 formé : pente +1x max = 40x (mmol)

Exercice 3 : Une transformation qui ne va pas jusqu'au bout

On dispose de V=100,0 mLV=100{,}0\ \mathrm{mL} d'une solution d'acide éthanoïque de concentration c=1,0×10−2 mol/Lc=1{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}. Le pH mesuré vaut 3,43{,}4.

L'équation de la réaction avec l'eau est CH3COOH+H2O⟶CH3COO−+H3O+\mathrm{CH_{3}COOH+H_{2}O\longrightarrow CH_{3}COO^{-}+H_{3}O^{+}}. Le schéma ci-dessous représente la situation.

Anticipation de Terminale pour les questions b) et d) : déduire [H3O+]\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right] d'un pH et calculer un taux d'avancement final sont au programme de Terminale. Comparer l'avancement final à l'avancement maximal, questions c) et e), est au programme de Première, sans référence à un équilibre.

3,4pH-mètreacide éthanoïque, 100,0 mLc = 1,0×10⁻² mol/L
  • a) Calculez la quantité de matière initiale d'acide éthanoïque.
  • b) Déduisez du pH la concentration en ions H3O+\mathrm{H_{3}O^{+}} à l'état final, puis leur quantité de matière.
  • c) Calculez l'avancement final, puis l'avancement maximal si la réaction était totale.
  • d) Calculez le taux d'avancement final et concluez sur le caractère total ou non de la transformation.
  • e) Un élève affirme que cette transformation est lente puisqu'elle s'arrête à quelques pour cent. Répondez-lui.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) n0=1,0×10−3n_{0}=1{,}0\times 10^{-3} mol
  • b) [H3O+]=4,0×10−4[\mathrm{H_{3}O^{+}}]=4{,}0\times 10^{-4} mol/L ; n=4,0×10−5n=4{,}0\times 10^{-5} mol
  • c) xf=4,0×10−5x_{f}=4{,}0\times 10^{-5} mol ; xmax⁡=1,0×10−3x_{\max}=1{,}0\times 10^{-3} mol
  • d) τ=4,0\tau=4{,}0 % : transformation non totale
  • e) Faux : τ\tau décrit l'état final, la vitesse la durée
a)

n0=cV=1,0×10−2×0,1000=1,0×10−3 moln_{0}=cV=1{,}0\times 10^{-2}\times 0{,}1000=1{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol}.

b)

[H3O+]=10−pH=10−3,4=4,0×10−4 mol/L\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right]=10^{-\mathrm{pH}}=10^{-3{,}4}=4{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{mol/L}, donc n(H3O+)=4,0×10−4×0,1000=4,0×10−5 moln\left(\mathrm{H_{3}O^{+}}\right)=4{,}0\times 10^{-4}\times 0{,}1000=4{,}0\times 10^{-5}\ \mathrm{mol}.

c)

D'après le tableau d'avancement, n(H3O+)=xn\left(\mathrm{H_{3}O^{+}}\right)=x, donc xf=4,0×10−5 molx_{f}=4{,}0\times 10^{-5}\ \mathrm{mol}. Si la réaction était totale, l'acide serait entièrement consommé et xmax⁡=n0=1,0×10−3 molx_{\max}=n_{0}=1{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol}.

d)

τ=xfxmax⁡=4,0×10−51,0×10−3=4,0×10−2\tau=\dfrac{x_{f}}{x_{\max}}=\dfrac{4{,}0\times 10^{-5}}{1{,}0\times 10^{-3}}=4{,}0\times 10^{-2}, soit 4,04{,}0 pour cent. Le taux est très inférieur à 1 : la transformation n'est pas totale, elle conduit à un état d'équilibre où il reste plus de 96 pour cent de l'acide sous forme non dissociée. C'est la définition même d'un acide faible.

e)

L'élève confond deux notions distinctes. Le taux d'avancement final décrit l'ÉTAT FINAL atteint, c'est une question de thermodynamique : il dit jusqu'où la réaction va. La lenteur décrit la DURÉE nécessaire pour atteindre cet état final, c'est une question de cinétique : elle dit en combien de temps. Or les réactions acide-base en solution sont parmi les plus rapides de toute la chimie, pratiquement instantanées. Cette transformation est donc à la fois très rapide et très peu avancée, ce qui n'a rien de contradictoire. On peut aussi avoir l'inverse : une combustion est totale mais peut demander une flamme pour démarrer.

La figure du corrigé met les deux avancements à la même échelle, et l'écart saute aux yeux mieux que le pourcentage ne le dit. La barre du haut est l'avancement que l'on obtiendrait si la transformation était TOTALE, 1,00 mmol1{,}00\ \mathrm{mmol}, c'est-à-dire tout l'acide dissocié. Celle du bas est l'avancement réellement atteint, 0,0398 mmol0{,}0398\ \mathrm{mmol}, déduit du pH mesuré : ce n'est qu'un mince trait, à peine un vingt-cinquième de la précédente. Le taux d'avancement final vaut donc τ=0,03981,00=4,0\tau=\dfrac{0{,}0398}{1{,}00}=4{,}0 pour cent, et 9696 pour cent de l'acide reste sous forme de molécules non dissociées. Deux conséquences méritent d'être retenues. D'abord la solution contient très majoritairement l'acide MOLÉCULAIRE, alors que l'intuition d'un débutant est qu'un acide en solution est dissocié ; c'est vrai d'un acide fort, faux d'un acide faible. Ensuite le pH mesuré, 3,43{,}4, est très supérieur au pH de 2,02{,}0 qu'aurait donné le même acide s'il avait été fort : mesurer un pH plus élevé que prévu est précisément le signal expérimental qu'une transformation n'est pas totale.

avancement, en mmolsi totaleen réalité1,000,0398taux d'avancement final : 4,0 %0,00,20,40,60,81,0

Exercice 4 : La droite d'étalonnage et la loi de Beer-Lambert

On étudie une espèce colorée par spectrophotométrie, à la longueur d'onde de son maximum d'absorption, avec une cuve d'épaisseur ℓ=1,0 cm\ell=1{,}0\ \mathrm{cm}.

Trois solutions étalons donnent les absorbances portées sur le graphique ci-dessous.

12345670,20,40,60,81c (mmol/L)A
  • a) Énoncez la loi de Beer-Lambert en précisant chaque grandeur et son unité.
  • b) Justifiez, à partir du graphique, que la loi est bien vérifiée sur ce domaine de concentration.
  • c) Déterminez le coefficient directeur de la droite, puis le coefficient d'absorption molaire de l'espèce.
  • d) Une solution de concentration inconnue donne A=0,62A=0{,}62. Déterminez sa concentration, graphiquement puis par le calcul.
  • e) Pourquoi choisit-on de travailler à la longueur d'onde du maximum d'absorption ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) A=εℓcA=\varepsilon\ell c, ε\varepsilon en L⋅mol−1⋅cm−1\mathrm{L\cdot mol^{-1}\cdot cm^{-1}}
  • b) Points alignés avec l'origine : proportionnalité
  • c) Pente 0,1250{,}125 par mmol/L ; ε=125 L⋅mol−1⋅cm−1\varepsilon=125\ \mathrm{L\cdot mol^{-1}\cdot cm^{-1}}
  • d) c≈4,96c\approx 4{,}96 mmol/L
  • e) Sensibilité maximale et mesure robuste au réglage
a)

La loi s'écrit A=ε ℓ cA=\varepsilon\,\ell\,c, où AA est l'absorbance, une grandeur sans unité ; ε\varepsilon est le coefficient d'absorption molaire en L⋅mol−1⋅cm−1\mathrm{L\cdot mol^{-1}\cdot cm^{-1}}, caractéristique de l'espèce ET de la longueur d'onde ; ℓ\ell est l'épaisseur de solution traversée en cm\mathrm{cm} ; et cc la concentration en mol/L\mathrm{mol/L}.

b)

Les trois points sont alignés avec l'origine : à 2,02{,}0, 4,04{,}0 et 6,0 mmol/L6{,}0\ \mathrm{mmol/L} correspondent 0,250{,}25, 0,500{,}50 et 0,750{,}75. Doubler la concentration double l'absorbance et tripler la triple. La proportionnalité annoncée par la loi est donc bien vérifiée, et le passage par l'origine confirme qu'une solution sans espèce colorée n'absorbe pas.

c)

Le coefficient directeur vaut 0,75−0,256,0−2,0=0,125 par mmol/L\dfrac{0{,}75-0{,}25}{6{,}0-2{,}0}=0{,}125\ \mathrm{par\ mmol/L}, soit 125 L/mol125\ \mathrm{L/mol} en revenant aux mol/L\mathrm{mol/L}. Comme ce coefficient vaut εℓ\varepsilon\ell et que ℓ=1,0 cm\ell=1{,}0\ \mathrm{cm}, on obtient ε=125 L⋅mol−1⋅cm−1\varepsilon=125\ \mathrm{L\cdot mol^{-1}\cdot cm^{-1}}.

d)

Graphiquement, on part de A=0,62A=0{,}62 sur l'axe des ordonnées, on rejoint la droite horizontalement puis on descend sur l'axe des abscisses : on lit environ 5,0 mmol/L5{,}0\ \mathrm{mmol/L}. Par le calcul, c=Aεℓ=0,62125=4,96×10−3 mol/Lc=\dfrac{A}{\varepsilon\ell}=\dfrac{0{,}62}{125}=4{,}96\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}, soit 4,96 mmol/L4{,}96\ \mathrm{mmol/L}. Les deux méthodes concordent, le calcul étant simplement plus précis que la lecture.

e)

Pour deux raisons. D'abord la sensibilité : au maximum d'absorption, ε\varepsilon est le plus grand possible, donc une même variation de concentration produit la plus grande variation d'absorbance mesurable, ce qui minimise l'incertitude relative. Ensuite la robustesse : au sommet d'un maximum, la courbe ε(λ)\varepsilon(\lambda) est localement plate, donc un petit décalage de réglage du monochromateur ne change presque pas la mesure. Sur un flanc de la courbe, la même imprécision de réglage se traduirait directement par une erreur sur AA.

12345670,20,40,60,81c (mmol/L)AA = 0,62

Exercice 5 : La conductimétrie, seconde méthode de dosage

La conductivité d'une solution ionique s'écrit σ=∑iλi ci\sigma=\sum_{i}\lambda_{i}\,c_{i}, avec cic_{i} en mol/m3\mathrm{mol/m^{3}} et λi\lambda_{i} en S⋅m2/mol\mathrm{S\cdot m^{2}/mol}.

Conductivités molaires ioniques : λ(Na+)=5,01×10−3\lambda\left(\mathrm{Na^{+}}\right)=5{,}01\times 10^{-3}, λ(K+)=7,35×10−3\lambda\left(\mathrm{K^{+}}\right)=7{,}35\times 10^{-3}, λ(Cl−)=7,63×10−3\lambda\left(\mathrm{Cl^{-}}\right)=7{,}63\times 10^{-3} et λ(H+)=35,0×10−3\lambda\left(\mathrm{H^{+}}\right)=35{,}0\times 10^{-3}. Le schéma ci-dessous représente la situation.

Anticipation de Terminale : la conductimétrie n'est pas au programme de spécialité de Première. Elle est étudiée en Terminale, partie « Déterminer la composition d'un système par des méthodes physiques et chimiques » : conductance, conductivité et loi de Kohlrausch, puis titrage avec suivi conductimétrique. En Première, la méthode physique de dosage est la spectrophotométrie, exercices 4, 6 et 10.

σ = ?conductimètrechlorure de sodium1,0×10⁻³ mol/Lσ = ?conductimètrechlorure de potassium1,0×10⁻³ mol/L
  • a) Convertissez une concentration de 1,0×10−3 mol/L1{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L} en mol/m3\mathrm{mol/m^{3}}.
  • b) Calculez la conductivité d'une solution de chlorure de sodium à 1,0×10−3 mol/L1{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}.
  • c) Calculez celle d'une solution de chlorure de potassium à la même concentration, et expliquez laquelle conduit le mieux.
  • d) Comparez la conductivité molaire de l'ion H+\mathrm{H^{+}} à celle des autres ions. Proposez une explication.
  • e) Dans quel cas la conductimétrie est-elle préférable à la spectrophotométrie, et dans quel cas est-ce l'inverse ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 1,01{,}0 mol/m³
  • b) σ=1,26×10−2\sigma=1{,}26\times 10^{-2} S/m
  • c) σ=1,50×10−2\sigma=1{,}50\times 10^{-2} S/m : KCl conduit mieux
  • d) λ(H+)\lambda(\mathrm{H^{+}}) environ cinq fois plus grande : relais de protons
  • e) Incolore et simple : conductimétrie ; coloré et complexe : spectrophotométrie
a)

Un mètre cube vaut 1000 L1000\ \mathrm{L}, donc 1,0×10−3 mol/L=1,0×10−3×1000=1,0 mol/m31{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}=1{,}0\times 10^{-3}\times 1000=1{,}0\ \mathrm{mol/m^{3}}. Cette conversion est la source d'erreur la plus fréquente du chapitre : un facteur 1000 y est systématiquement en jeu.

b)

La solution contient Na+\mathrm{Na^{+}} et Cl−\mathrm{Cl^{-}} à 1,0 mol/m31{,}0\ \mathrm{mol/m^{3}} chacun, donc σ=(5,01×10−3+7,63×10−3)×1,0=1,26×10−2 S/m\sigma=\left(5{,}01\times 10^{-3}+7{,}63\times 10^{-3}\right)\times 1{,}0=1{,}26\times 10^{-2}\ \mathrm{S/m}.

c)

σ=(7,35×10−3+7,63×10−3)×1,0=1,50×10−2 S/m\sigma=\left(7{,}35\times 10^{-3}+7{,}63\times 10^{-3}\right)\times 1{,}0=1{,}50\times 10^{-2}\ \mathrm{S/m}. La solution de chlorure de potassium conduit environ 19 pour cent mieux, à concentration identique. La raison est que l'ion potassium est plus mobile que l'ion sodium en solution : bien qu'il soit plus gros au sens du rayon atomique, il est moins fortement hydraté, donc il traîne derrière lui une sphère de molécules d'eau plus petite et se déplace plus facilement.

d)

L'ion H+\mathrm{H^{+}} a une conductivité molaire bien supérieure à celle des autres ions : 35,07,63≈4,59\frac{35{,}0}{7{,}63}\approx 4{,}59 fois celle de l'ion chlorure, et 35,05,01≈7,0\frac{35{,}0}{5{,}01}\approx 7{,}0 fois celle de l'ion sodium. Il ne se déplace pas comme eux : au lieu de traverser la solution, un proton saute d'une molécule d'eau à la voisine par un relais de liaisons hydrogène, mécanisme dit de Grotthuss. La charge se propage donc sans que la matière ait à parcourir tout le trajet, ce qui est bien plus rapide.

e)

La spectrophotométrie exige une espèce colorée, ou au moins qui absorbe à une longueur d'onde accessible ; elle est alors très sélective, puisqu'on choisit la longueur d'onde propre à l'espèce visée, et insensible aux autres solutés. La conductimétrie fonctionne avec n'importe quels ions, même incolores, ce qui est son grand avantage, mais elle mesure la contribution de TOUS les ions présents à la fois : elle n'est donc pas sélective et devient inutilisable si la solution contient d'autres électrolytes en quantité inconnue. En résumé : espèce colorée et milieu complexe, spectrophotométrie ; espèce incolore et solution simple, conductimétrie.

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 6 : Le colorant d'un sirop de menthe est-il conforme ?

Le bleu patenté V est un colorant alimentaire de masse molaire M=566 g/molM=566\ \mathrm{g/mol}. Son coefficient d'absorption molaire à 635 nm635\ \mathrm{nm} vaut ε=8,5×104 L⋅mol−1⋅cm−1\varepsilon=8{,}5\times 10^{4}\ \mathrm{L\cdot mol^{-1}\cdot cm^{-1}}, avec une cuve de 1,0 cm1{,}0\ \mathrm{cm}.

On dilue un sirop de menthe 20 fois, et la solution diluée donne une absorbance A=0,68A=0{,}68. La réglementation limite ce colorant à 100 mg/L100\ \mathrm{mg/L} dans le sirop. Le schéma ci-dessous représente le montage.

source635 nmchoix de λcuvesirop dilué 20 foiscuve de 1,0 cmdétecteur0,68absorbance
  • a) Calculez la concentration en quantité de matière du colorant dans la solution diluée.
  • b) Déduisez-en sa concentration dans le sirop non dilué.
  • c) Convertissez ce résultat en concentration en masse, en mg/L\mathrm{mg/L}, et concluez sur la conformité.
  • d) Pourquoi a-t-il fallu diluer le sirop avant la mesure ?
  • e) L'incertitude sur l'absorbance est estimée à 0,020{,}02. Estimez l'incertitude correspondante sur la concentration en masse dans le sirop, et dites si la conclusion de la question c) est robuste.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) c=8,0×10−6c=8{,}0\times 10^{-6} mol/L
  • b) c=1,6×10−4c=1{,}6\times 10^{-4} mol/L
  • c) γ=90,6\gamma=90{,}6 mg/L : conforme
  • d) Sans dilution A≈13,6A\approx 13{,}6, hors du domaine linéaire
  • e) γ=90,6±2,7\gamma=90{,}6\pm 2{,}7 mg/L : conclusion robuste
a)

cdilueˊe=Aεℓ=0,688,5×104×1,0=8,0×10−6 mol/Lc_{\mathrm{diluée}}=\dfrac{A}{\varepsilon\ell}=\dfrac{0{,}68}{8{,}5\times 10^{4}\times 1{,}0}=8{,}0\times 10^{-6}\ \mathrm{mol/L}.

b)

La dilution a divisé la concentration par 20, donc le sirop est 20 fois plus concentré : csirop=20×8,0×10−6=1,6×10−4 mol/Lc_{\mathrm{sirop}}=20\times 8{,}0\times 10^{-6}=1{,}6\times 10^{-4}\ \mathrm{mol/L}.

c)

γ=csirop×M=1,6×10−4×566=9,06×10−2 g/L\gamma=c_{\mathrm{sirop}}\times M=1{,}6\times 10^{-4}\times 566=9{,}06\times 10^{-2}\ \mathrm{g/L}, soit 90,6 mg/L90{,}6\ \mathrm{mg/L}. Cette valeur est inférieure à la limite de 100 mg/L100\ \mathrm{mg/L} : le sirop est donc conforme à la réglementation.

d)

Parce que la loi de Beer-Lambert n'est linéaire que pour les solutions suffisamment diluées, en pratique pour AA inférieure à environ 1. Le sirop pur aurait donné une absorbance de l'ordre de 20×0,68=13,620\times 0{,}68=13{,}6, très largement hors du domaine de validité, et d'ailleurs hors de la plage de mesure de l'appareil : la lumière transmise serait quasi nulle. Diluer ramène l'absorbance dans la zone où la mesure est à la fois fiable et proportionnelle.

e)

L'absorbance et la concentration étant proportionnelles, l'incertitude relative se transmet à l'identique : ΔAA=0,020,68=2,9\dfrac{\Delta A}{A}=\dfrac{0{,}02}{0{,}68}=2{,}9 pour cent. Donc Δγ=0,029×90,6=2,7 mg/L\Delta\gamma=0{,}029\times 90{,}6=2{,}7\ \mathrm{mg/L}, et le résultat s'écrit γ=90,6±2,7 mg/L\gamma=90{,}6\pm 2{,}7\ \mathrm{mg/L}, soit un intervalle allant de 87,987{,}9 à 93,3 mg/L93{,}3\ \mathrm{mg/L}. La limite de 100 mg/L100\ \mathrm{mg/L} reste au-dessus de tout cet intervalle, à plus de trois incertitudes du résultat : la conclusion de conformité est donc robuste. Elle ne l'aurait pas été pour un sirop mesuré à 98 mg/L98\ \mathrm{mg/L}.

Exercice 7 : Suivre une transformation par conductimétrie

Le 2-chloro-2-méthylpropane, noté RCl\mathrm{RCl}, réagit avec l'eau selon RCl+H2O⟶ROH+H++Cl−\mathrm{RCl+H_{2}O\longrightarrow ROH+H^{+}+Cl^{-}}.

On part d'une concentration initiale c0=1,0×10−2 mol/Lc_{0}=1{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L} en RCl\mathrm{RCl}, et on suit la conductivité au cours du temps. On garde λ(H+)=35,0×10−3\lambda\left(\mathrm{H^{+}}\right)=35{,}0\times 10^{-3} et λ(Cl−)=7,63×10−3 S⋅m2/mol\lambda\left(\mathrm{Cl^{-}}\right)=7{,}63\times 10^{-3}\ \mathrm{S\cdot m^{2}/mol}. Le schéma ci-dessous représente le montage.

Anticipation de Terminale : le suivi d'une transformation par conductimétrie relève du programme de Terminale, partie « Déterminer la composition d'un système par des méthodes physiques et chimiques » : conductance, conductivité et loi de Kohlrausch, puis titrage avec suivi conductimétrique. Le tableau d'avancement qui le porte est, lui, au programme de Première.

σ(t)conductimètreRCl dans l'eauc₀ = 1,0×10⁻² mol/L
  • a) Expliquez pourquoi la conductivité augmente au cours du temps, alors qu'elle était nulle au départ.
  • b) En supposant la réaction totale, calculez la conductivité finale de la solution.
  • c) À un instant t1t_{1}, la conductivité vaut 0,213 S/m0{,}213\ \mathrm{S/m}. Déterminez l'avancement de la réaction à cet instant.
  • d) Exprimez la conductivité σ(t)\sigma(t) en fonction de l'avancement volumique xVx_{V}, puis montrez que la mesure de σ\sigma donne directement l'avancement.
  • e) Cette méthode conviendrait-elle pour suivre la réaction entre l'acide chlorhydrique et l'hydroxyde de sodium ? Justifiez.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) La réaction forme les ions H+\mathrm{H^{+}} et Cl−\mathrm{Cl^{-}}
  • b) σf=0,426\sigma_{f}=0{,}426 S/m
  • c) xV=5,0×10−3x_{V}=5{,}0\times 10^{-3} mol/L, moitié de l'avancement maximal
  • d) σ=(λH++λCl−)xV\sigma=(\lambda_{\mathrm{H^{+}}}+\lambda_{\mathrm{Cl^{-}}})x_{V}
  • e) Mal adaptée : fond conducteur des ions spectateurs
a)

Le réactif RCl\mathrm{RCl} est une molécule, et l'eau aussi : la solution de départ ne contient aucun ion, sa conductivité est donc pratiquement nulle. La réaction fait apparaître deux ions, H+\mathrm{H^{+}} et Cl−\mathrm{Cl^{-}}, en quantités égales à l'avancement. La conductivité, qui est proportionnelle aux concentrations ioniques, augmente donc au fur et à mesure de la transformation. Cette croissance est exactement ce qui rend la méthode utilisable comme suivi cinétique.

b)

Si la réaction est totale, il se forme 1,0×10−2 mol/L1{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L} de chaque ion, soit 10 mol/m310\ \mathrm{mol/m^{3}}. Donc σf=(35,0×10−3+7,63×10−3)×10=0,426 S/m\sigma_{f}=\left(35{,}0\times 10^{-3}+7{,}63\times 10^{-3}\right)\times 10=0{,}426\ \mathrm{S/m}.

c)

La conductivité est proportionnelle à l'avancement, donc xxmax⁡=σσf=0,2130,426=0,500\dfrac{x}{x_{\max}}=\dfrac{\sigma}{\sigma_{f}}=\dfrac{0{,}213}{0{,}426}=0{,}500. La réaction est donc à la moitié de son avancement : l'avancement volumique vaut 5,0×10−3 mol/L5{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}, et il reste autant de RCl\mathrm{RCl} qu'il s'en est transformé.

d)

À l'instant tt, les concentrations valent [H+]=[Cl−]=xV\left[\mathrm{H^{+}}\right]=\left[\mathrm{Cl^{-}}\right]=x_{V}, donc σ(t)=(λH++λCl−)xV\sigma(t)=\left(\lambda_{\mathrm{H^{+}}}+\lambda_{\mathrm{Cl^{-}}}\right)x_{V} avec xVx_{V} en mol/m3\mathrm{mol/m^{3}}. La conductivité est donc une fonction linéaire de l'avancement, passant par l'origine. Il suffit alors d'une seule mesure pour connaître xVx_{V}, sans prélèvement ni titrage : xV=σλH++λCl−x_{V}=\dfrac{\sigma}{\lambda_{\mathrm{H^{+}}}+\lambda_{\mathrm{Cl^{-}}}}. C'est tout l'intérêt d'un suivi conductimétrique, qui est non destructif et continu.

e)

Non, et pour une raison instructive. Cette réaction s'écrit H++HO−⟶H2O\mathrm{H^{+}+HO^{-}\longrightarrow H_{2}O} : elle fait DISPARAÎTRE des ions, donc la conductivité diminuerait, ce qui reste exploitable en principe. Le vrai problème est ailleurs : les ions spectateurs Na+\mathrm{Na^{+}} et Cl−\mathrm{Cl^{-}} restent en solution et contribuent à la conductivité sans participer à la réaction. Le signal utile serait donc une petite variation superposée à un fond important, ce qui dégrade la précision. La méthode est excellente quand elle part de zéro, comme ici, et médiocre quand elle doit mesurer une variation relative sur un fond déjà conducteur.

Exercice 8 : Une précipitation, un rendement et ce qui reste en solution

On mélange V1=50,0 mLV_{1}=50{,}0\ \mathrm{mL} de chlorure de baryum à 0,10 mol/L0{,}10\ \mathrm{mol/L} et V2=50,0 mLV_{2}=50{,}0\ \mathrm{mL} de sulfate de sodium à 0,15 mol/L0{,}15\ \mathrm{mol/L}.

Il se forme un précipité blanc de sulfate de baryum selon Ba(aq)2++SO42−(aq)⟶BaSO4(s)\mathrm{Ba^{2+}_{(aq)}+{SO_{4}^{2-}}_{(aq)}\longrightarrow BaSO_{4(s)}}, avec M(BaSO4)=233,4 g/molM\left(\mathrm{BaSO_{4}}\right)=233{,}4\ \mathrm{g/mol}. Le schéma ci-dessous représente la situation.

chlorure de baryum50,0 mL0,10 mol/L+sulfate de sodium50,0 mL0,15 mol/Lprécipité blancde BaSO₄
  • a) Calculez les quantités de matière initiales des deux ions réactifs.
  • b) Déterminez le réactif limitant et l'avancement maximal.
  • c) Calculez la masse de précipité attendue.
  • d) La masse effectivement recueillie après filtration et séchage est de 1,05 g1{,}05\ \mathrm{g}. Calculez le rendement et proposez deux causes de perte.
  • e) Calculez la concentration de l'ion en excès dans la solution finale, en négligeant la variation de volume due à la formation du solide.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) n(Ba2+)=5,0×10−3n(\mathrm{Ba^{2+}})=5{,}0\times 10^{-3} mol ; n(SO42−)=7,5×10−3n(\mathrm{SO_{4}^{2-}})=7{,}5\times 10^{-3} mol
  • b) Ba2+\mathrm{Ba^{2+}} limitant, xmax⁡=5,0×10−3x_{\max}=5{,}0\times 10^{-3} mol
  • c) m=1,17m=1{,}17 g
  • d) η=90,0\eta=90{,}0 %
  • e) [SO42−]=2,5×10−2[\mathrm{SO_{4}^{2-}}]=2{,}5\times 10^{-2} mol/L
a)

n(Ba2+)=0,10×0,0500=5,0×10−3 moln\left(\mathrm{Ba^{2+}}\right)=0{,}10\times 0{,}0500=5{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol} et n(SO42−)=0,15×0,0500=7,5×10−3 moln\left(\mathrm{SO_{4}^{2-}}\right)=0{,}15\times 0{,}0500=7{,}5\times 10^{-3}\ \mathrm{mol}.

b)

Les coefficients stœchiométriques valant 1 pour les deux réactifs, on compare directement les quantités : 5,0×10−3<7,5×10−35{,}0\times 10^{-3}<7{,}5\times 10^{-3}. L'ion baryum est donc limitant, et xmax⁡=5,0×10−3 molx_{\max}=5{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol}.

c)

mtheˊorique=xmax⁡×M=5,0×10−3×233,4=1,17 gm_{\mathrm{théorique}}=x_{\max}\times M=5{,}0\times 10^{-3}\times 233{,}4=1{,}17\ \mathrm{g}.

d)

η=1,051,167=0,900\eta=\dfrac{1{,}05}{1{,}167}=0{,}900, soit un rendement de 90,090{,}0 pour cent. Deux causes de perte parmi les plus courantes : une partie du précipité, très finement divisé, traverse le filtre ou reste accrochée aux parois du bécher et du verre de montre ; et la solubilité résiduelle du sulfate de baryum, faible mais non nulle, qui laisse une petite fraction des ions en solution au lieu de précipiter. Un séchage incomplet ne peut PAS expliquer ce déficit : l'eau restante alourdirait le solide et ferait au contraire surestimer la masse.

e)

L'ion en excès est le sulfate. Il en reste 7,5×10−3−5,0×10−3=2,5×10−3 mol7{,}5\times 10^{-3}-5{,}0\times 10^{-3}=2{,}5\times 10^{-3}\ \mathrm{mol}, dans un volume total de 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL}. Donc [SO42−]=2,5×10−30,1000=2,5×10−2 mol/L\left[\mathrm{SO_{4}^{2-}}\right]=\dfrac{2{,}5\times 10^{-3}}{0{,}1000}=2{,}5\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}. On notera au passage que les ions Na+\mathrm{Na^{+}} et Cl−\mathrm{Cl^{-}}, spectateurs, sont toujours présents et que leur concentration a simplement été divisée par deux par le mélange des deux volumes égaux.

La figure du corrigé porte la masse de précipité en fonction du volume de solution de sulfate versé, et sa forme en DEUX RÉGIMES est le cœur de la notion de réactif limitant. Dans le premier régime, chaque goutte versée apporte des ions sulfate qui trouvent immédiatement un ion baryum : la masse croît proportionnellement, de 0,0350 g0{,}0350\ \mathrm{g} par millilitre. Au volume de 33,3 mL33{,}3\ \mathrm{mL}, tous les 5,00 mmol5{,}00\ \mathrm{mmol} d'ions baryum ont été consommés, et à partir de là verser davantage de sulfate ne sert plus à rien : la masse PLAFONNE à 1,167 g1{,}167\ \mathrm{g}. Le point anguleux est donc le point où le réactif limitant change de camp, et sa position donne directement la quantité initiale d'ions baryum, ce qui est la base de tout dosage par précipitation. Deux remarques pratiques. Le palier n'est jamais parfaitement horizontal en réalité, car le sulfate de baryum est très légèrement soluble et un large excès de sulfate en redissout une trace infime, effet mesurable mais négligeable ici. Et si l'on avait tracé la courbe en fonction du volume de solution de BARYUM versé dans un excès de sulfate, on aurait obtenu une droite sans palier : c'est toujours le réactif que l'on ajoute qui décide de la forme de la courbe.

1020304050600,20,40,60,811,21,4masse de sulfate de baryum (g)palier : 1,167 gle baryum s'épuiseà 33,3 mLV de sulfate versé (mL)

Exercice 9 : Quatre affirmations à corriger

Chacune des quatre affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous sur un résultat chiffré des exercices précédents.

Anticipation de Terminale pour la seule affirmation d) : le taux d'avancement de 4 pour cent vient d'un pH mesuré (exercice 3), ce qui relève de la Terminale. L'idée qu'une transformation non totale n'est pas pour autant lente est, elle, au programme de Première, comme les affirmations a), b) et c).

  • a) « Le réactif limitant est celui dont la quantité de matière initiale est la plus petite. »
  • b) « L'absorbance est proportionnelle à la concentration, donc on peut mesurer n'importe quelle solution directement. »
  • c) « Diluer une solution diminue la quantité de matière de soluté. »
  • d) « Une transformation dont le taux d'avancement final vaut 4 pour cent est une transformation lente. »

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Comparer les rapports niνi\frac{n_{i}}{\nu_{i}}
  • b) Linéaire seulement pour AA inférieure à 11 environ
  • c) nn se conserve, la concentration diminue
  • d) τ\tau décrit l'état final, pas la durée
a)

Faux. Il faut comparer les rapports niνi\dfrac{n_{i}}{\nu_{i}}, où νi\nu_{i} est le coefficient stœchiométrique, et non les quantités brutes. L'exercice 2 en donne le contre-exemple exact : il y a 5,00×10−2 mol5{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol} de fer contre 8,00×10−2 mol8{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol} d'ions H+\mathrm{H^{+}}, donc bien plus d'ions, et pourtant ce sont les ions qui limitent, parce qu'il en faut deux par atome de fer : 8,00×10−22=4,00×10−2\dfrac{8{,}00\times 10^{-2}}{2}=4{,}00\times 10^{-2} est inférieur à 5,00×10−25{,}00\times 10^{-2}. La preuve expérimentale est visible : il reste du fer solide au fond du bécher.

b)

Faux, la proportionnalité a un domaine de validité. La loi de Beer-Lambert n'est linéaire que pour les solutions diluées, en pratique tant que AA reste inférieure à environ 1. Au-delà, la lumière transmise devient si faible que la mesure perd son sens et que la relation s'incurve. L'exercice 6 le montre : le sirop pur aurait donné A≈13,6A\approx 13{,}6, valeur inexploitable, et c'est bien pourquoi il a fallu le diluer 20 fois pour ramener l'absorbance à 0,680{,}68.

c)

Faux, et c'est exactement l'inverse de ce qui définit une dilution. Diluer, c'est ajouter du solvant à une quantité de soluté prélevée, sans jamais toucher à cette quantité : nn est conservé, c'est la grandeur invariante de l'opération. Ce qui diminue, c'est la CONCENTRATION, puisque la même quantité de matière occupe un volume plus grand. La relation c Vpreˊleveˊ=c′Vfinalc\,V_{\mathrm{prélevé}}=c'V_{\mathrm{final}} de l'exercice 1 n'exprime rien d'autre que cette conservation.

d)

Faux, et la confusion porte sur deux notions indépendantes. Le taux d'avancement final décrit l'état final atteint, donc jusqu'où la réaction va : c'est de la thermodynamique. La lenteur décrit la durée nécessaire pour l'atteindre : c'est de la cinétique. L'exercice 3 traite précisément un acide faible dont le taux vaut 4,04{,}0 pour cent, alors que les réactions acide-base en solution sont quasi instantanées. Une transformation peut donc être très rapide et très peu avancée, ou au contraire totale mais très lente, comme la rouille. Les deux questions se posent séparément.

Exercice 10 : Doser le fer d'un complément alimentaire

Un comprimé de complément alimentaire annonce 11 mg11\ \mathrm{mg} de fer. On le dissout entièrement dans de l'eau acidifiée pour obtenir 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL} de solution mère SS.

On prélève 5,00 mL5{,}00\ \mathrm{mL} de SS, on ajoute un réactif qui donne avec les ions fer un complexe coloré, et on complète à 50,0 mL50{,}0\ \mathrm{mL}. L'absorbance mesurée vaut A=0,48A=0{,}48, et la droite d'étalonnage du complexe a pour équation A=2,4×103 cA=2{,}4\times 10^{3}\,c avec cc en mol/L\mathrm{mol/L}. On donne M(Fe)=55,85 g/molM(\mathrm{Fe})=55{,}85\ \mathrm{g/mol}. Le schéma ci-dessous représente les étapes du dosage.

comprimé11 mg de ferannoncéssolution mère S100,0 mL5,00 mL de S+ réactifcomplété à50,0 mLcuveA = 0,48
  • a) Calculez le facteur de dilution entre SS et la solution mesurée.
  • b) Déterminez la concentration du complexe dans la solution mesurée.
  • c) Déduisez-en la concentration en fer de la solution mère SS.
  • d) Calculez la masse de fer contenue dans le comprimé et comparez-la à l'étiquette.
  • e) Le fabricant tolère un écart de 5 pour cent. Le comprimé est-il conforme ? Quelle précaution expérimentale est indispensable pour que cette conclusion ait un sens ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Facteur 10,010{,}0
  • b) c=2,0×10−4c=2{,}0\times 10^{-4} mol/L
  • c) cS=2,0×10−3c_{S}=2{,}0\times 10^{-3} mol/L
  • d) m=11,2m=11{,}2 mg
  • e) Écart 1,51{,}5 % : conforme, si l'étalonnage est fait dans les mêmes conditions
a)

On passe de 5,00 mL5{,}00\ \mathrm{mL} prélevés à 50,0 mL50{,}0\ \mathrm{mL} finaux, donc le facteur de dilution vaut 50,05,00=10,0\dfrac{50{,}0}{5{,}00}=10{,}0.

b)

De A=2,4×103cA=2{,}4\times 10^{3}c on tire c=A2,4×103=0,482,4×103=2,0×10−4 mol/Lc=\dfrac{A}{2{,}4\times 10^{3}}=\dfrac{0{,}48}{2{,}4\times 10^{3}}=2{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{mol/L}.

c)

La solution mesurée est 10 fois plus diluée que SS, donc cS=10,0×2,0×10−4=2,0×10−3 mol/Lc_{S}=10{,}0\times 2{,}0\times 10^{-4}=2{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}. Le réactif formant un complexe de stœchiométrie 1 pour 1 avec le fer, cette concentration est aussi celle du fer dans SS.

d)

La quantité de fer dans SS, donc dans le comprimé entier, vaut n=cSV=2,0×10−3×0,1000=2,0×10−4 moln=c_{S}V=2{,}0\times 10^{-3}\times 0{,}1000=2{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{mol}. La masse correspondante est m=nM=2,0×10−4×55,85=1,117×10−2 gm=nM=2{,}0\times 10^{-4}\times 55{,}85=1{,}117\times 10^{-2}\ \mathrm{g}, soit 11,2 mg11{,}2\ \mathrm{mg}. L'étiquette annonce 11 mg11\ \mathrm{mg} : l'accord est excellent.

e)

L'écart relatif vaut 11,17−1111=1,5\dfrac{11{,}17-11}{11}=1{,}5 pour cent, inférieur aux 5 pour cent tolérés : le comprimé est conforme. La précaution indispensable est que la droite d'étalonnage ait été établie dans les MÊMES conditions que la mesure : même réactif complexant en excès, même longueur d'onde, même cuve, même pH. Le coefficient 2,4×1032{,}4\times 10^{3} ne caractérise pas le fer mais le complexe formé, et si le complexe n'est pas exactement le même, ou si le réactif n'est pas en excès suffisant pour transformer tout le fer, la proportionnalité entre absorbance et concentration en fer est perdue et le résultat n'a plus de sens.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Couleur d'une solution et spectre d'absorption

Une solution colorée absorbe une partie de la lumière blanche ; l'œil perçoit la couleur COMPLÉMENTAIRE de celle qui est absorbée. Sur le cercle chromatique, deux couleurs complémentaires sont diamétralement opposées : rouge et cyan, vert et magenta, bleu et jaune.

Domaines approximatifs : bleu de 430430 à 490 nm490\ \mathrm{nm}, vert de 490490 à 570 nm570\ \mathrm{nm}, jaune de 570570 à 590 nm590\ \mathrm{nm}, rouge de 600600 à 750 nm750\ \mathrm{nm}. La figure ci-dessous donne l'allure du spectre du permanganate et les domaines de couleur.

4004505005506006507007500,20,40,60,811,2bleuvertrougejaune0,900,060λ (nm)A
  • a) Le spectre d'absorption d'une solution de permanganate de potassium présente un maximum à λmax⁡=525 nm\lambda_{\max}=525\ \mathrm{nm}. Quelle couleur la solution a-t-elle ?
  • b) Une solution de sulfate de cuivre absorbe surtout dans le rouge. Quelle couleur a-t-elle ?
  • c) Une solution de tartrazine paraît jaune. Dans quel domaine se trouve son maximum d'absorption ?
  • d) Pour une même solution de permanganate, on lit A=0,90A=0{,}90 à 525 nm525\ \mathrm{nm} et A=0,060A=0{,}060 à 650 nm650\ \mathrm{nm}. Calculez le rapport des coefficients d'absorption molaire aux deux longueurs d'onde, puis l'incertitude relative sur la concentration à chaque longueur d'onde si l'absorbance est lue à 0,010{,}01 près.
  • e) On superpose une cuve de sulfate de cuivre et une cuve de tartrazine devant une lampe blanche. Quelle couleur perçoit-on à travers les deux cuves ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Magenta
  • b) Cyan
  • c) Dans le bleu, de 430430 à 490490 nm
  • d) Rapport 1515 ; 1,11{,}1 % contre 1717 %
  • e) Vert
a)

Le maximum à 525 nm525\ \mathrm{nm} tombe dans le VERT : c'est le vert qui est retiré de la lumière blanche. La couleur perçue est la complémentaire du vert, le MAGENTA, qui est bien la teinte violet-pourpre du permanganate. Répondre « vert » est l'erreur type : on ne voit jamais la couleur absorbée, on voit ce qui reste.

b)

Le rouge est absorbé, l'œil reçoit la complémentaire du rouge : la solution paraît CYAN, c'est-à-dire bleu-vert, la couleur bien connue du sulfate de cuivre.

c)

Le raisonnement se fait à l'envers : la solution paraît jaune, donc elle absorbe la complémentaire du jaune, le BLEU. Son maximum d'absorption se trouve entre 430430 et 490 nm490\ \mathrm{nm} ; il vaut en réalité 427 nm427\ \mathrm{nm} pour la tartrazine, à la limite du violet.

d)

À concentration et épaisseur identiques, A=εℓcA=\varepsilon\ell c est proportionnelle à ε\varepsilon, donc ε525ε650=0,900,060=15\frac{\varepsilon_{525}}{\varepsilon_{650}}=\frac{0{,}90}{0{,}060}=15. Comme c=Aεℓc=\frac{A}{\varepsilon\ell}, l'incertitude relative sur cc est celle sur AA : 0,010,90≈1,1\frac{0{,}01}{0{,}90}\approx 1{,}1 pour cent à 525 nm525\ \mathrm{nm}, contre 0,010,060≈17\frac{0{,}01}{0{,}060}\approx 17 pour cent à 650 nm650\ \mathrm{nm}. La même lecture d'appareil donne un résultat quinze fois moins précis loin du maximum.

e)

Chaque cuve retire une partie de la lumière, et les effets se CUMULENT : le sulfate de cuivre retire le rouge, la tartrazine retire le bleu. Il ne passe plus que le VERT, qui est donc la couleur perçue. C'est une synthèse soustractive, celle des filtres et des peintures, à ne pas confondre avec la synthèse additive des écrans où rouge et vert donneraient du jaune.

Tout le chapitre repose sur une seule phrase : on voit ce qui n'est PAS absorbé. Le spectre d'absorption sert ensuite deux fois, pour expliquer la couleur et pour choisir la longueur d'onde de mesure, et la question d) chiffre enfin pourquoi on se place au maximum.

Exercice 12 : La thermite : proportions stœchiométriques

La réaction de la thermite, utilisée pour souder des rails, s'écrit 2 Al(s)+Fe2O3(s)⟶Al2O3(s)+2 Fe(ℓ)\mathrm{2\,Al_{(s)}+Fe_{2}O_{3(s)}\longrightarrow Al_{2}O_{3(s)}+2\,Fe_{(\ell)}}.

Masses molaires en g/mol\mathrm{g/mol} : M(Al)=27,0M(\mathrm{Al})=27{,}0, M(Fe)=55,8M(\mathrm{Fe})=55{,}8, M(O)=16,0M(\mathrm{O})=16{,}0.

  • a) Calculez les masses molaires de Fe2O3\mathrm{Fe_{2}O_{3}} et de Al2O3\mathrm{Al_{2}O_{3}}, puis la masse d'aluminium qui réagit EXACTEMENT avec 80,0 g80{,}0\ \mathrm{g} d'oxyde de fer.
  • b) On mélange en réalité 30,0 g30{,}0\ \mathrm{g} d'aluminium et 80,0 g80{,}0\ \mathrm{g} d'oxyde de fer. Déterminez le réactif limitant et l'avancement maximal.
  • c) Déterminez la composition finale du système, en masses.
  • d) Vérifiez la conservation de la masse.
  • e) Un élève affirme : « il y a 80,0 g80{,}0\ \mathrm{g} d'oxyde contre 30,0 g30{,}0\ \mathrm{g} d'aluminium, donc l'oxyde est en excès ». Qu'en pensez-vous ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 159,6159{,}6 et 102,0102{,}0 g/mol ; 27,127{,}1 g d'aluminium
  • b) Oxyde de fer limitant, xmax⁡=0,501x_{\max}=0{,}501 mol
  • c) Al : 2,932{,}93 g ; Fe : 55,955{,}9 g ; Al2O3\mathrm{Al_{2}O_{3}} : 51,151{,}1 g
  • d) 110,0110{,}0 g avant et après
  • e) Faux : l'oxyde est limitant malgré sa masse
a)

M(Fe2O3)=2×55,8+3×16,0=159,6 g/molM(\mathrm{Fe_{2}O_{3}})=2\times 55{,}8+3\times 16{,}0=159{,}6\ \mathrm{g/mol} et M(Al2O3)=2×27,0+3×16,0=102,0 g/molM(\mathrm{Al_{2}O_{3}})=2\times 27{,}0+3\times 16{,}0=102{,}0\ \mathrm{g/mol}. Puis n(Fe2O3)=80,0159,6=0,501 moln(\mathrm{Fe_{2}O_{3}})=\frac{80{,}0}{159{,}6}=0{,}501\ \mathrm{mol}. Les proportions sont stœchiométriques quand n(Al)2=n(Fe2O3)1\frac{n(\mathrm{Al})}{2}=\frac{n(\mathrm{Fe_{2}O_{3}})}{1}, donc n(Al)=2×0,501=1,003 moln(\mathrm{Al})=2\times 0{,}501=1{,}003\ \mathrm{mol} et m(Al)=1,003×27,0=27,1 gm(\mathrm{Al})=1{,}003\times 27{,}0=27{,}1\ \mathrm{g}.

b)

n(Al)=30,027,0=1,111 moln(\mathrm{Al})=\frac{30{,}0}{27{,}0}=1{,}111\ \mathrm{mol}. On compare les rapports aux nombres stœchiométriques : 1,1112=0,556\frac{1{,}111}{2}=0{,}556 pour l'aluminium, 0,5011=0,501\frac{0{,}501}{1}=0{,}501 pour l'oxyde. Le plus petit rapport désigne l'OXYDE DE FER comme réactif limitant, et xmax⁡=0,501 molx_{\max}=0{,}501\ \mathrm{mol}.

c)

Il reste n(Al)=1,111−2×0,501=0,109 moln(\mathrm{Al})=1{,}111-2\times 0{,}501=0{,}109\ \mathrm{mol}, soit 2,93 g2{,}93\ \mathrm{g} ; plus directement, 30,0−27,1=2,93 g30{,}0-27{,}1=2{,}93\ \mathrm{g} en gardant les décimales. Il se forme 2xmax⁡=1,003 mol2x_{\max}=1{,}003\ \mathrm{mol} de fer, soit 55,9 g55{,}9\ \mathrm{g}, et xmax⁡=0,501 molx_{\max}=0{,}501\ \mathrm{mol} d'alumine, soit 0,501×102,0=51,1 g0{,}501\times 102{,}0=51{,}1\ \mathrm{g}. L'oxyde de fer a entièrement disparu.

d)

État initial : 30,0+80,0=110,0 g30{,}0+80{,}0=110{,}0\ \mathrm{g}. État final : 2,93+55,9+51,1=110,0 g2{,}93+55{,}9+51{,}1=110{,}0\ \mathrm{g} ✓. La masse se conserve parce que les atomes se conservent ; un écart de quelques centièmes n'apparaîtrait qu'en arrondissant trop tôt les étapes intermédiaires.

e)

L'élève compare des MASSES, ce qui ne dit rien du nombre d'entités : une mole d'oxyde pèse près de six fois plus qu'une mole d'aluminium. Il faut passer aux quantités de matière, puis les diviser par les nombres stœchiométriques. Ici l'oxyde, pourtant le plus lourd, est le réactif LIMITANT, et c'est l'aluminium qui est en excès de 2,93 g2{,}93\ \mathrm{g}.

Deux conversions à ne jamais sauter : de la masse vers la quantité de matière, puis de la quantité de matière vers le rapport au nombre stœchiométrique. Un mélange est dit stœchiométrique quand ces rapports sont égaux, et c'est le seul cas où les deux réactifs disparaissent ensemble.

Exercice 13 : De la conductance à la conductivité : la cellule du conductimètre

La cellule d'un conductimètre est formée de deux plaques parallèles de surface S=1,0 cm2S=1{,}0\ \mathrm{cm^{2}}, distantes de L=1,25 cmL=1{,}25\ \mathrm{cm}. Soumise à une tension UU, elle est traversée par un courant II ; sa conductance vaut G=IUG=\frac{I}{U}, en siemens, et la conductivité de la solution vérifie G=σ SLG=\sigma\,\frac{S}{L}.

Conductivités molaires ioniques en S⋅m2/mol\mathrm{S\cdot m^{2}/mol} : λ(Na+)=5,01×10−3\lambda(\mathrm{Na^{+}})=5{,}01\times 10^{-3} et λ(Cl−)=7,63×10−3\lambda(\mathrm{Cl^{-}})=7{,}63\times 10^{-3}. Le schéma ci-dessous représente la cellule, à l'échelle.

Anticipation de Terminale : conductance, conductivité et cellule de mesure sont au programme de Terminale, partie « Déterminer la composition d'un système par des méthodes physiques et chimiques » : conductance, conductivité et loi de Kohlrausch, puis titrage avec suivi conductimétrique, pas à celui de Première.

UIplaques de surfaceS = 1,0 cm²G+AL = 1,25 cm
  • a) Calculez la constante de cellule k=SLk=\frac{S}{L}, en mètres.
  • b) Plongée dans une solution étalon de conductivité σ=0,141 S/m\sigma=0{,}141\ \mathrm{S/m} sous U=1,00 VU=1{,}00\ \mathrm{V}, la cellule est traversée par I=1,13 mAI=1{,}13\ \mathrm{mA}. Calculez GG et vérifiez la valeur de kk.
  • c) Dans une solution de chlorure de sodium, sous la même tension, on mesure I=0,506 mAI=0{,}506\ \mathrm{mA}. Calculez la conductivité de la solution.
  • d) Déduisez-en la concentration de la solution en chlorure de sodium, en mol/L\mathrm{mol/L}.
  • e) On écarte les plaques jusqu'à L=2,50 cmL=2{,}50\ \mathrm{cm} et on replonge la cellule dans la même solution. Que deviennent GG et σ\sigma ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) k=8,0×10−3k=8{,}0\times 10^{-3} m
  • b) G=1,13G=1{,}13 mS ; k=8,0×10−3k=8{,}0\times 10^{-3} m
  • c) σ=6,33×10−2\sigma=6{,}33\times 10^{-2} S/m
  • d) c=5,0×10−3c=5{,}0\times 10^{-3} mol/L
  • e) G′=0,253G'=0{,}253 mS ; σ\sigma inchangée
a)

k=1,0×10−4 m21,25×10−2 m=8,0×10−3 mk=\frac{1{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{m^{2}}}{1{,}25\times 10^{-2}\ \mathrm{m}}=8{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{m}. Les centimètres carrés se convertissent avec un facteur 10−410^{-4}, pas 10−210^{-2} : c'est l'erreur classique de cette question.

b)

G=IU=1,13×10−31,00=1,13×10−3 SG=\frac{I}{U}=\frac{1{,}13\times 10^{-3}}{1{,}00}=1{,}13\times 10^{-3}\ \mathrm{S}, soit 1,13 mS1{,}13\ \mathrm{mS}. Alors k=Gσ=1,13×10−30,141=8,0×10−3 mk=\frac{G}{\sigma}=\frac{1{,}13\times 10^{-3}}{0{,}141}=8{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{m} ✓. C'est exactement ce que fait l'ÉTALONNAGE d'un conductimètre : il mesure kk sur une solution connue au lieu de se fier aux cotes géométriques.

c)

G=0,506 mSG=0{,}506\ \mathrm{mS}, donc σ=Gk=0,506×10−38,0×10−3=6,33×10−2 S/m\sigma=\frac{G}{k}=\frac{0{,}506\times 10^{-3}}{8{,}0\times 10^{-3}}=6{,}33\times 10^{-2}\ \mathrm{S/m}.

d)

Pour le chlorure de sodium, σ=(λNa++λCl−)c\sigma=\left(\lambda_{\mathrm{Na^{+}}}+\lambda_{\mathrm{Cl^{-}}}\right)c avec cc en mol/m3\mathrm{mol/m^{3}}. Donc c=6,33×10−212,64×10−3=5,0 mol/m3c=\frac{6{,}33\times 10^{-2}}{12{,}64\times 10^{-3}}=5{,}0\ \mathrm{mol/m^{3}}, soit 5,0×10−3 mol/L5{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L} après division par 10001000.

e)

La constante de cellule est divisée par deux, k′=4,0×10−3 mk'=4{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{m}, donc la conductance aussi : G′=σk′=0,253 mSG'=\sigma k'=0{,}253\ \mathrm{mS}. La conductivité, elle, ne change PAS : c'est une propriété de la solution, alors que la conductance dépend aussi de la géométrie de la cellule. C'est pour cela qu'on publie des conductivités et jamais des conductances.

Trois grandeurs, trois rôles : GG est ce que l'appareil mesure, kk décrit la cellule, σ\sigma décrit la solution. La chaîne de calcul I→G→σ→cI\to G\to\sigma\to c a deux conversions pièges, les cm2\mathrm{cm^{2}} en m2\mathrm{m^{2}} et les mol/m3\mathrm{mol/m^{3}} en mol/L\mathrm{mol/L}.

Exercice 14 : Problème : deux colorants dans une même boisson

Une boisson verte contient deux colorants : la tartrazine (jaune, MT=534 g/molM_{T}=534\ \mathrm{g/mol}) et le bleu patenté V (MB=566 g/molM_{B}=566\ \mathrm{g/mol}). Quand plusieurs espèces absorbent, leurs absorbances S'ADDITIONNENT : A=εTℓcT+εBℓcBA=\varepsilon_{T}\ell c_{T}+\varepsilon_{B}\ell c_{B}.

Coefficients d'absorption molaire en L⋅mol−1⋅cm−1\mathrm{L\cdot mol^{-1}\cdot cm^{-1}} : à 430 nm430\ \mathrm{nm}, εT=2,6×104\varepsilon_{T}=2{,}6\times 10^{4} et εB=4,0×103\varepsilon_{B}=4{,}0\times 10^{3} ; à 640 nm640\ \mathrm{nm}, εT\varepsilon_{T} est négligeable et εB=1,0×105\varepsilon_{B}=1{,}0\times 10^{5}. La cuve mesure ℓ=1,0 cm\ell=1{,}0\ \mathrm{cm}.

La boisson est diluée 1010 fois ; la solution diluée donne A640=0,50A_{640}=0{,}50 et A430=0,670A_{430}=0{,}670. Le schéma ci-dessous représente le montage.

source430 nm640 nmchoix de λcuveboisson diluée10 fois, cuve de 1,0 cmdétecteurA₄₃₀ = 0,670A₆₄₀ = 0,50absorbance
  • a) Pourquoi commence-t-on par la mesure à 640 nm640\ \mathrm{nm} ? Déduisez-en cBc_{B} dans la solution diluée.
  • b) Calculez l'absorbance due au bleu patenté à 430 nm430\ \mathrm{nm}.
  • c) Déduisez-en la concentration cTc_{T} de la tartrazine dans la solution diluée.
  • d) Calculez les concentrations en masse des deux colorants dans la boisson, en mg/L\mathrm{mg/L}.
  • e) Un élève pressé n'a mesuré qu'à 430 nm430\ \mathrm{nm} en attribuant toute l'absorbance à la tartrazine. Quelle erreur relative commet-il sur cTc_{T} ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Seul le bleu absorbe à 640640 nm ; cB=5,0×10−6c_{B}=5{,}0\times 10^{-6} mol/L
  • b) AB,430=0,020A_{B,430}=0{,}020
  • c) cT=2,5×10−5c_{T}=2{,}5\times 10^{-5} mol/L
  • d) γT=134\gamma_{T}=134 mg/L ; γB=28,3\gamma_{B}=28{,}3 mg/L
  • e) 3,13{,}1 % par excès
a)

À 640 nm640\ \mathrm{nm} la tartrazine n'absorbe pas : la mesure ne dépend que du bleu, une seule inconnue. cB=A640εBℓ=0,501,0×105=5,0×10−6 mol/Lc_{B}=\frac{A_{640}}{\varepsilon_{B}\ell}=\frac{0{,}50}{1{,}0\times 10^{5}}=5{,}0\times 10^{-6}\ \mathrm{mol/L}. Choisir l'ordre des mesures, c'est choisir d'abord l'équation qui n'a qu'une inconnue.

b)

AB,430=4,0×103×1,0×5,0×10−6=0,020A_{B,430}=4{,}0\times 10^{3}\times 1{,}0\times 5{,}0\times 10^{-6}=0{,}020. Faible, mais non nul : le bleu absorbe un peu à 430 nm430\ \mathrm{nm}.

c)

L'additivité donne A430=AT,430+AB,430A_{430}=A_{T,430}+A_{B,430}, donc AT,430=0,670−0,020=0,650A_{T,430}=0{,}670-0{,}020=0{,}650 et cT=0,6502,6×104=2,5×10−5 mol/Lc_{T}=\frac{0{,}650}{2{,}6\times 10^{4}}=2{,}5\times 10^{-5}\ \mathrm{mol/L}.

d)

Dans la boisson, dix fois plus concentrée : γT=10×2,5×10−5×534=0,134 g/L\gamma_{T}=10\times 2{,}5\times 10^{-5}\times 534=0{,}134\ \mathrm{g/L}, soit 134 mg/L134\ \mathrm{mg/L}, et γB=10×5,0×10−6×566=2,83×10−2 g/L\gamma_{B}=10\times 5{,}0\times 10^{-6}\times 566=2{,}83\times 10^{-2}\ \mathrm{g/L}, soit 28,3 mg/L28{,}3\ \mathrm{mg/L}. Il faut près de cinq fois plus de jaune que de bleu en masse pour obtenir ce vert, parce que le bleu patenté absorbe beaucoup plus fort.

e)

Il aurait calculé cT′=0,6702,6×104=2,58×10−5 mol/Lc'_{T}=\frac{0{,}670}{2{,}6\times 10^{4}}=2{,}58\times 10^{-5}\ \mathrm{mol/L}, soit une erreur relative de 0,0200,650≈3,1\frac{0{,}020}{0{,}650}\approx 3{,}1 pour cent par excès. L'erreur est systématique, toujours dans le même sens, et aucune répétition de la mesure ne la ferait disparaître.

Avec deux espèces colorées, une mesure ne suffit plus : il faut autant de longueurs d'onde que d'inconnues, et l'on commence par celle où une seule espèce absorbe. L'additivité des absorbances transforme alors le dosage en un petit système d'équations.

Exercice 15 : Problème : la solution de réhydratation orale

Un sachet de sels de réhydratation est dissous dans 1,00 L1{,}00\ \mathrm{L} d'eau. La solution contient 2,6 g2{,}6\ \mathrm{g} de chlorure de sodium NaCl\mathrm{NaCl}, 1,5 g1{,}5\ \mathrm{g} de chlorure de potassium KCl\mathrm{KCl}, 2,5 g2{,}5\ \mathrm{g} d'hydrogénocarbonate de sodium NaHCO3\mathrm{NaHCO_{3}} et 13,5 g13{,}5\ \mathrm{g} de glucose.

Masses molaires en g/mol\mathrm{g/mol} : NaCl\mathrm{NaCl} 58,558{,}5 ; KCl\mathrm{KCl} 74,674{,}6 ; NaHCO3\mathrm{NaHCO_{3}} 84,084{,}0. Conductivités molaires ioniques en mS⋅m2/mol\mathrm{mS\cdot m^{2}/mol} : Na+\mathrm{Na^{+}} 5,015{,}01 ; K+\mathrm{K^{+}} 7,357{,}35 ; Cl−\mathrm{Cl^{-}} 7,637{,}63 ; HCO3−\mathrm{HCO_{3}^{-}} 4,454{,}45. Le schéma ci-dessous représente les deux mesures de la question f).

Anticipation de Terminale pour les questions d), e) et f), qui passent par la conductivité et la loi de Kohlrausch, au programme de Terminale. Les questions a), b) et c), concentrations des sels et des ions et électroneutralité, sont au programme de Première.

0,98 S/mconductimètresolution de réhydratation1,00 L0,110 S/mconductimètrela même, diluée10 fois
  • a) Calculez les concentrations en quantité de matière des trois sels, en mmol/L\mathrm{mmol/L}.
  • b) Déduisez-en les concentrations des quatre ions présents.
  • c) Vérifiez l'électroneutralité de la solution.
  • d) Pourquoi le glucose, pourtant le soluté le plus abondant en masse, ne compte-t-il pas dans la conductivité ?
  • e) Estimez la conductivité de la solution avec la loi σ=∑λici\sigma=\sum\lambda_{i}c_{i}.
  • f) On mesure σ=0,98 S/m\sigma=0{,}98\ \mathrm{S/m} sur la solution, puis σ=0,110 S/m\sigma=0{,}110\ \mathrm{S/m} après l'avoir diluée 1010 fois. Calculez les deux écarts relatifs à la prévision et interprétez.

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Réponses

  • a) 44,444{,}4 ; 20,120{,}1 ; 29,829{,}8 mmol/L
  • b) Na+\mathrm{Na^{+}} 74,274{,}2 ; K+\mathrm{K^{+}} 20,120{,}1 ; Cl−\mathrm{Cl^{-}} 64,664{,}6 ; HCO3−\mathrm{HCO_{3}^{-}} 29,829{,}8 mmol/L
  • c) 94,394{,}3 mmol/L de charges de chaque signe
  • d) Molécules neutres : aucune charge
  • e) σ≈1,14\sigma\approx 1{,}14 S/m
  • f) 1414 % puis 44 % : la loi vaut pour les solutions diluées
a)

c(NaCl)=2,658,5=4,44×10−2 mol/Lc(\mathrm{NaCl})=\frac{2{,}6}{58{,}5}=4{,}44\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}, soit 44,4 mmol/L44{,}4\ \mathrm{mmol/L} ; c(KCl)=1,574,6=20,1 mmol/Lc(\mathrm{KCl})=\frac{1{,}5}{74{,}6}=20{,}1\ \mathrm{mmol/L} ; c(NaHCO3)=2,584,0=29,8 mmol/Lc(\mathrm{NaHCO_{3}})=\frac{2{,}5}{84{,}0}=29{,}8\ \mathrm{mmol/L}.

b)

Les ions sodium viennent de DEUX sels : [Na+]=44,4+29,8=74,2 mmol/L[\mathrm{Na^{+}}]=44{,}4+29{,}8=74{,}2\ \mathrm{mmol/L}. De même, les ions chlorure viennent de deux sels : [Cl−]=44,4+20,1=64,6 mmol/L[\mathrm{Cl^{-}}]=44{,}4+20{,}1=64{,}6\ \mathrm{mmol/L}. Enfin [K+]=20,1 mmol/L[\mathrm{K^{+}}]=20{,}1\ \mathrm{mmol/L} et [HCO3−]=29,8 mmol/L[\mathrm{HCO_{3}^{-}}]=29{,}8\ \mathrm{mmol/L}. Oublier une des deux sources d'un ion commun est l'erreur la plus fréquente.

c)

Tous les ions portent une seule charge. Charges positives : 74,2+20,1=94,3 mmol/L74{,}2+20{,}1=94{,}3\ \mathrm{mmol/L}. Charges négatives : 64,6+29,8=94,4 mmol/L64{,}6+29{,}8=94{,}4\ \mathrm{mmol/L}. L'égalité est vérifiée aux arrondis près ✓, ce qui est obligatoire : chaque sel dissous apporte autant de charges de chaque signe.

d)

Le glucose se dissout sous forme de MOLÉCULES neutres. Il ne porte aucune charge et ne transporte donc aucun courant, quelle que soit sa concentration. La conductivité ne renseigne que sur les ions.

e)

Avec les concentrations en mol/m3\mathrm{mol/m^{3}}, soit les valeurs en mmol/L\mathrm{mmol/L} : σ=5,01×74,2+7,35×20,1+7,63×64,6+4,45×29,8\sigma=5{,}01\times 74{,}2+7{,}35\times 20{,}1+7{,}63\times 64{,}6+4{,}45\times 29{,}8 en mS/m\mathrm{mS/m}, soit σ≈1144 mS/m=1,14 S/m\sigma\approx 1144\ \mathrm{mS/m}=1{,}14\ \mathrm{S/m}.

f)

Pour la solution : 1,14−0,981,14≈14\frac{1{,}14-0{,}98}{1{,}14}\approx 14 pour cent. Pour la solution diluée, la prévision est 0,114 S/m0{,}114\ \mathrm{S/m} et l'écart vaut 0,114−0,1100,114≈4\frac{0{,}114-0{,}110}{0{,}114}\approx 4 pour cent. La loi σ=∑λici\sigma=\sum\lambda_{i}c_{i} n'est valable que pour des solutions DILUÉES : vers 0,1 mol/L0{,}1\ \mathrm{mol/L} d'ions, les ions se gênent mutuellement et la conductivité réelle est inférieure à la prévision. La dilution rapproche la mesure du modèle, ce qui confirme que l'écart vient bien de la concentration et non d'une erreur de pesée.

Une solution réelle mélange souvent plusieurs sels qui partagent un ion : on calcule d'abord les concentrations des SELS, puis on additionne les contributions à chaque ion. L'électroneutralité est un contrôle gratuit, et la conductivité ne voit que les ions, jamais les molécules.

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