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Spécialité physique-chimie, Première • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : suivi d'une transformation et dosages (Première spécialité)

Voici une série d'exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur le suivi d'une transformation et la détermination d'une composition, au niveau de la classe de Première du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

Deux pièges structurent toute la série. Le premier est le réactif limitant : ce n'est pas celui dont la quantité est la plus petite, mais celui dont le rapport à son coefficient stœchiométrique est le plus petit, et l'exercice 2 est construit pour que les deux réponses diffèrent. Le second est la confusion entre le taux d'avancement final, qui dit jusqu'où la réaction va, et la vitesse, qui dit en combien de temps : l'exercice 3 traite un acide à la fois quasi instantané et avancé à 4 pour cent seulement.

Rappel de cours

  • Quantité de matière : n=mMn=\dfrac{m}{M} et c=nVc=\dfrac{n}{V}. Pour un solide hydraté, la masse molaire inclut l'eau de cristallisation.
  • Dilution : la quantité de matière de soluté se conserve, donc cVpreˊleveˊ=cVfinalc\,V_{\mathrm{prélevé}}=c'V_{\mathrm{final}}. Ce qui change, c'est la concentration, jamais nn.
  • Réactif limitant : comparer les rapports niνi\dfrac{n_{i}}{\nu_{i}}, jamais les quantités brutes. Le plus petit rapport donne le limitant et xmaxx_{\max}.
  • Taux d'avancement final : τ=xfxmax\tau=\dfrac{x_{f}}{x_{\max}}. Si τ=1\tau=1 la transformation est totale, sinon elle conduit à un équilibre. C'est une question d'état final, pas de durée.
  • Beer-Lambert : A=εcA=\varepsilon\,\ell\,c, valable pour les solutions diluées, en pratique A<1A<1. Travailler au maximum d'absorption pour la sensibilité et la robustesse.
  • Conductimétrie : σ=λici\sigma=\sum\lambda_{i}c_{i} avec cic_{i} en mol/m3\mathrm{mol/m^{3}}, donc penser au facteur 1000 depuis les mol/L\mathrm{mol/L}. Méthode universelle mais non sélective.
  • pH et concentration : [H3O+]=10pH\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right]=10^{-\mathrm{pH}}.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Préparer une solution et connaître sa composition

On dissout m=4,99 gm=4{,}99\ \mathrm{g} de sulfate de cuivre pentahydraté CuSO45H2O\mathrm{CuSO_{4}\cdot 5H_{2}O} dans de l'eau pour obtenir V=200,0 mLV=200{,}0\ \mathrm{mL} de solution.

Masses molaires en g/mol\mathrm{g/mol} : M(CuSO45H2O)=249,7M\left(\mathrm{CuSO_{4}\cdot 5H_{2}O}\right)=249{,}7 et M(Cu)=63,5M(\mathrm{Cu})=63{,}5.

  • a) Calculez la quantité de matière de solide dissous.
  • b) Calculez la concentration en quantité de matière de la solution.
  • c) Écrivez l'équation de dissolution et donnez les concentrations des ions en solution.
  • d) Calculez la concentration en masse des ions cuivre Cu2+\mathrm{Cu^{2+}}.
  • e) On prélève 10,0 mL10{,}0\ \mathrm{mL} de cette solution et on complète à 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL}. Calculez la concentration obtenue et justifiez la grandeur qui se conserve lors d'une dilution.
Voir la correction

a) n=mM=4,99249,7=2,00×102 moln=\dfrac{m}{M}=\dfrac{4{,}99}{249{,}7}=2{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}. On remarque que la masse molaire inclut les cinq molécules d'eau de cristallisation : les oublier fausserait le résultat de plus de 35 pour cent.

b) c=nV=2,00×1020,2000=1,00×101 mol/Lc=\dfrac{n}{V}=\dfrac{2{,}00\times 10^{-2}}{0{,}2000}=1{,}00\times 10^{-1}\ \mathrm{mol/L}.

c) La dissolution s'écrit CuSO45H2O(s)Cu(aq)2++SO42(aq)+5H2O()\mathrm{CuSO_{4}\cdot 5H_{2}O_{(s)}\longrightarrow Cu^{2+}_{(aq)}+{SO_{4}^{2-}}_{(aq)}+5\,H_{2}O_{(\ell)}}. Les coefficients valant 1 pour chaque ion, [Cu2+]=[SO42]=1,00×101 mol/L\left[\mathrm{Cu^{2+}}\right]=\left[\mathrm{SO_{4}^{2-}}\right]=1{,}00\times 10^{-1}\ \mathrm{mol/L}. L'eau libérée rejoint le solvant et n'intervient pas dans les concentrations.

d) La concentration en masse vaut γ=[Cu2+]×M(Cu)=1,00×101×63,5=6,35 g/L\gamma=\left[\mathrm{Cu^{2+}}\right]\times M(\mathrm{Cu})=1{,}00\times 10^{-1}\times 63{,}5=6{,}35\ \mathrm{g/L}.

e) Le facteur de dilution vaut 100,010,0=10\dfrac{100{,}0}{10{,}0}=10, donc c=c10=1,00×102 mol/Lc'=\dfrac{c}{10}=1{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}. La grandeur qui se conserve est la quantité de matière de soluté prélevée : on ajoute du solvant, jamais du soluté. D'où la relation cVpreˊleveˊ=cVfinalc\,V_{\mathrm{prélevé}}=c'V_{\mathrm{final}}, qui est le seul point à retenir pour toute dilution.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 2 : Tableau d'avancement et réactif limitant

On introduit m=2,79 gm=2{,}79\ \mathrm{g} de fer en poudre dans V=80,0 mLV=80{,}0\ \mathrm{mL} d'acide chlorhydrique à 1,00 mol/L1{,}00\ \mathrm{mol/L}.

L'équation de la réaction est Fe(s)+2H(aq)+Fe(aq)2++H2(g)\mathrm{Fe_{(s)}+2\,H^{+}_{(aq)}\longrightarrow Fe^{2+}_{(aq)}+H_{2(g)}}, avec M(Fe)=55,85 g/molM(\mathrm{Fe})=55{,}85\ \mathrm{g/mol} et un volume molaire Vm=24,0 L/molV_{m}=24{,}0\ \mathrm{L/mol}.

  • a) Calculez les quantités de matière initiales de fer et d'ions H+\mathrm{H^{+}}.
  • b) Construisez le tableau d'avancement de la réaction.
  • c) Déterminez le réactif limitant et l'avancement maximal. Attention au piège.
  • d) Donnez la composition finale du système en quantités de matière.
  • e) Calculez le volume de dihydrogène recueilli dans les conditions de l'expérience.
Voir la correction

a) n(Fe)=2,7955,85=5,00×102 moln(\mathrm{Fe})=\dfrac{2{,}79}{55{,}85}=5{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol} et n(H+)=cV=1,00×0,0800=8,00×102 moln\left(\mathrm{H^{+}}\right)=cV=1{,}00\times 0{,}0800=8{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}.

b) Le tableau comporte l'état initial, l'état intermédiaire d'avancement xx et l'état final. Les quantités valent n(Fe)=5,00×102xn(\mathrm{Fe})=5{,}00\times 10^{-2}-x, n(H+)=8,00×1022xn\left(\mathrm{H^{+}}\right)=8{,}00\times 10^{-2}-2x, n(Fe2+)=xn\left(\mathrm{Fe^{2+}}\right)=x et n(H2)=xn\left(\mathrm{H_{2}}\right)=x. Le coefficient 2 devant H+\mathrm{H^{+}} impose le 2x2x : c'est là que se joue toute la suite.

c) Il faut comparer les rapports niνi\dfrac{n_{i}}{\nu_{i}} et non les quantités elles-mêmes. Pour le fer, 5,00×1021=5,00×102\dfrac{5{,}00\times 10^{-2}}{1}=5{,}00\times 10^{-2}. Pour les ions H+\mathrm{H^{+}}, 8,00×1022=4,00×102\dfrac{8{,}00\times 10^{-2}}{2}=4{,}00\times 10^{-2}. Le plus petit rapport désigne le réactif limitant : ce sont les ions H+\mathrm{H^{+}}, bien qu'ils soient initialement les plus nombreux. L'avancement maximal vaut xmax=4,00×102 molx_{\max}=4{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}.

d) À l'état final : n(Fe)=5,00×1024,00×102=1,00×102 moln(\mathrm{Fe})=5{,}00\times 10^{-2}-4{,}00\times 10^{-2}=1{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}, n(H+)=0n\left(\mathrm{H^{+}}\right)=0, n(Fe2+)=4,00×102 moln\left(\mathrm{Fe^{2+}}\right)=4{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol} et n(H2)=4,00×102 moln\left(\mathrm{H_{2}}\right)=4{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}. Il reste donc du fer solide non attaqué au fond du bécher, ce qui est le signe visible que l'acide était limitant.

e) V(H2)=n(H2)×Vm=4,00×102×24,0=0,960 LV\left(\mathrm{H_{2}}\right)=n\left(\mathrm{H_{2}}\right)\times V_{m}=4{,}00\times 10^{-2}\times 24{,}0=0{,}960\ \mathrm{L}, soit environ 960 mL960\ \mathrm{mL}.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 3 : Une transformation qui ne va pas jusqu'au bout

On dispose de V=100,0 mLV=100{,}0\ \mathrm{mL} d'une solution d'acide éthanoïque de concentration c=1,0×102 mol/Lc=1{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}. Le pH mesuré vaut 3,43{,}4.

L'équation de la réaction avec l'eau est CH3COOH+H2OCH3COO+H3O+\mathrm{CH_{3}COOH+H_{2}O\longrightarrow CH_{3}COO^{-}+H_{3}O^{+}}.

  • a) Calculez la quantité de matière initiale d'acide éthanoïque.
  • b) Déduisez du pH la concentration en ions H3O+\mathrm{H_{3}O^{+}} à l'état final, puis leur quantité de matière.
  • c) Calculez l'avancement final, puis l'avancement maximal si la réaction était totale.
  • d) Calculez le taux d'avancement final et concluez sur le caractère total ou non de la transformation.
  • e) Un élève affirme que cette transformation est lente puisqu'elle s'arrête à quelques pour cent. Répondez-lui.
Voir la correction

a) n0=cV=1,0×102×0,1000=1,0×103 moln_{0}=cV=1{,}0\times 10^{-2}\times 0{,}1000=1{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol}.

b) [H3O+]=10pH=103,4=4,0×104 mol/L\left[\mathrm{H_{3}O^{+}}\right]=10^{-\mathrm{pH}}=10^{-3{,}4}=4{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{mol/L}, donc n(H3O+)=4,0×104×0,1000=4,0×105 moln\left(\mathrm{H_{3}O^{+}}\right)=4{,}0\times 10^{-4}\times 0{,}1000=4{,}0\times 10^{-5}\ \mathrm{mol}.

c) D'après le tableau d'avancement, n(H3O+)=xn\left(\mathrm{H_{3}O^{+}}\right)=x, donc xf=4,0×105 molx_{f}=4{,}0\times 10^{-5}\ \mathrm{mol}. Si la réaction était totale, l'acide serait entièrement consommé et xmax=n0=1,0×103 molx_{\max}=n_{0}=1{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol}.

d) τ=xfxmax=4,0×1051,0×103=4,0×102\tau=\dfrac{x_{f}}{x_{\max}}=\dfrac{4{,}0\times 10^{-5}}{1{,}0\times 10^{-3}}=4{,}0\times 10^{-2}, soit 4,04{,}0 pour cent. Le taux est très inférieur à 1 : la transformation n'est pas totale, elle conduit à un état d'équilibre où il reste plus de 96 pour cent de l'acide sous forme non dissociée. C'est la définition même d'un acide faible.

e) L'élève confond deux notions distinctes. Le taux d'avancement final décrit l'ÉTAT FINAL atteint, c'est une question de thermodynamique : il dit jusqu'où la réaction va. La lenteur décrit la DURÉE nécessaire pour atteindre cet état final, c'est une question de cinétique : elle dit en combien de temps. Or les réactions acide-base en solution sont parmi les plus rapides de toute la chimie, pratiquement instantanées. Cette transformation est donc à la fois très rapide et très peu avancée, ce qui n'a rien de contradictoire. On peut aussi avoir l'inverse : une combustion est totale mais peut demander une flamme pour démarrer.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 4 : La droite d'étalonnage et la loi de Beer-Lambert

On étudie une espèce colorée par spectrophotométrie, à la longueur d'onde de son maximum d'absorption, avec une cuve d'épaisseur =1,0 cm\ell=1{,}0\ \mathrm{cm}.

Trois solutions étalons donnent les absorbances portées sur le graphique ci-dessous.

12345670.20.40.60.8c (mmol/L)AA = 0,62
  • a) Énoncez la loi de Beer-Lambert en précisant chaque grandeur et son unité.
  • b) Justifiez, à partir du graphique, que la loi est bien vérifiée sur ce domaine de concentration.
  • c) Déterminez le coefficient directeur de la droite, puis le coefficient d'absorption molaire de l'espèce.
  • d) Une solution de concentration inconnue donne A=0,62A=0{,}62. Déterminez sa concentration, graphiquement puis par le calcul.
  • e) Pourquoi choisit-on de travailler à la longueur d'onde du maximum d'absorption ?
Voir la correction

a) La loi s'écrit A=εcA=\varepsilon\,\ell\,c, où AA est l'absorbance, une grandeur sans unité ; ε\varepsilon est le coefficient d'absorption molaire en Lmol1cm1\mathrm{L\cdot mol^{-1}\cdot cm^{-1}}, caractéristique de l'espèce ET de la longueur d'onde ; \ell est l'épaisseur de solution traversée en cm\mathrm{cm} ; et cc la concentration en mol/L\mathrm{mol/L}.

b) Les trois points sont alignés avec l'origine : à 2,02{,}0, 4,04{,}0 et 6,0 mmol/L6{,}0\ \mathrm{mmol/L} correspondent 0,250{,}25, 0,500{,}50 et 0,750{,}75. Doubler la concentration double l'absorbance et tripler la triple. La proportionnalité annoncée par la loi est donc bien vérifiée, et le passage par l'origine confirme qu'une solution sans espèce colorée n'absorbe pas.

c) Le coefficient directeur vaut 0,750,256,02,0=0,125 par mmol/L\dfrac{0{,}75-0{,}25}{6{,}0-2{,}0}=0{,}125\ \mathrm{par\ mmol/L}, soit 125 L/mol125\ \mathrm{L/mol} en revenant aux mol/L\mathrm{mol/L}. Comme ce coefficient vaut ε\varepsilon\ell et que =1,0 cm\ell=1{,}0\ \mathrm{cm}, on obtient ε=125 Lmol1cm1\varepsilon=125\ \mathrm{L\cdot mol^{-1}\cdot cm^{-1}}.

d) Graphiquement, on part de A=0,62A=0{,}62 sur l'axe des ordonnées, on rejoint la droite horizontalement puis on descend sur l'axe des abscisses : on lit environ 5,0 mmol/L5{,}0\ \mathrm{mmol/L}. Par le calcul, c=Aε=0,62125=4,96×103 mol/Lc=\dfrac{A}{\varepsilon\ell}=\dfrac{0{,}62}{125}=4{,}96\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}, soit 4,96 mmol/L4{,}96\ \mathrm{mmol/L}. Les deux méthodes concordent, le calcul étant simplement plus précis que la lecture.

e) Pour deux raisons. D'abord la sensibilité : au maximum d'absorption, ε\varepsilon est le plus grand possible, donc une même variation de concentration produit la plus grande variation d'absorbance mesurable, ce qui minimise l'incertitude relative. Ensuite la robustesse : au sommet d'un maximum, la courbe ε(λ)\varepsilon(\lambda) est localement plate, donc un petit décalage de réglage du monochromateur ne change presque pas la mesure. Sur un flanc de la courbe, la même imprécision de réglage se traduirait directement par une erreur sur AA.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 5 : La conductimétrie, seconde méthode de dosage

La conductivité d'une solution ionique s'écrit σ=iλici\sigma=\sum_{i}\lambda_{i}\,c_{i}, avec cic_{i} en mol/m3\mathrm{mol/m^{3}} et λi\lambda_{i} en Sm2/mol\mathrm{S\cdot m^{2}/mol}.

Conductivités molaires ioniques : λ(Na+)=5,01×103\lambda\left(\mathrm{Na^{+}}\right)=5{,}01\times 10^{-3}, λ(K+)=7,35×103\lambda\left(\mathrm{K^{+}}\right)=7{,}35\times 10^{-3}, λ(Cl)=7,63×103\lambda\left(\mathrm{Cl^{-}}\right)=7{,}63\times 10^{-3} et λ(H+)=35,0×103\lambda\left(\mathrm{H^{+}}\right)=35{,}0\times 10^{-3}.

  • a) Convertissez une concentration de 1,0×103 mol/L1{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L} en mol/m3\mathrm{mol/m^{3}}.
  • b) Calculez la conductivité d'une solution de chlorure de sodium à 1,0×103 mol/L1{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}.
  • c) Calculez celle d'une solution de chlorure de potassium à la même concentration, et expliquez laquelle conduit le mieux.
  • d) Comparez la conductivité molaire de l'ion H+\mathrm{H^{+}} à celle des autres ions. Proposez une explication.
  • e) Dans quel cas la conductimétrie est-elle préférable à la spectrophotométrie, et dans quel cas est-ce l'inverse ?
Voir la correction

a) Un mètre cube vaut 1000 L1000\ \mathrm{L}, donc 1,0×103 mol/L=1,0×103×1000=1,0 mol/m31{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}=1{,}0\times 10^{-3}\times 1000=1{,}0\ \mathrm{mol/m^{3}}. Cette conversion est la source d'erreur la plus fréquente du chapitre : un facteur 1000 y est systématiquement en jeu.

b) La solution contient Na+\mathrm{Na^{+}} et Cl\mathrm{Cl^{-}} à 1,0 mol/m31{,}0\ \mathrm{mol/m^{3}} chacun, donc σ=(5,01×103+7,63×103)×1,0=1,26×102 S/m\sigma=\left(5{,}01\times 10^{-3}+7{,}63\times 10^{-3}\right)\times 1{,}0=1{,}26\times 10^{-2}\ \mathrm{S/m}.

c) σ=(7,35×103+7,63×103)×1,0=1,50×102 S/m\sigma=\left(7{,}35\times 10^{-3}+7{,}63\times 10^{-3}\right)\times 1{,}0=1{,}50\times 10^{-2}\ \mathrm{S/m}. La solution de chlorure de potassium conduit environ 19 pour cent mieux, à concentration identique. La raison est que l'ion potassium est plus mobile que l'ion sodium en solution : bien qu'il soit plus gros au sens du rayon atomique, il est moins fortement hydraté, donc il traîne derrière lui une sphère de molécules d'eau plus petite et se déplace plus facilement.

d) L'ion H+\mathrm{H^{+}} a une conductivité molaire environ cinq fois supérieure à celle des autres ions. Il ne se déplace pas comme eux : au lieu de traverser la solution, un proton saute d'une molécule d'eau à la voisine par un relais de liaisons hydrogène, mécanisme dit de Grotthuss. La charge se propage donc sans que la matière ait à parcourir tout le trajet, ce qui est bien plus rapide.

e) La spectrophotométrie exige une espèce colorée, ou au moins qui absorbe à une longueur d'onde accessible ; elle est alors très sélective, puisqu'on choisit la longueur d'onde propre à l'espèce visée, et insensible aux autres solutés. La conductimétrie fonctionne avec n'importe quels ions, même incolores, ce qui est son grand avantage, mais elle mesure la contribution de TOUS les ions présents à la fois : elle n'est donc pas sélective et devient inutilisable si la solution contient d'autres électrolytes en quantité inconnue. En résumé : espèce colorée et milieu complexe, spectrophotométrie ; espèce incolore et solution simple, conductimétrie.

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 6 : Le colorant d'un sirop de menthe est-il conforme ?

Le bleu patenté V est un colorant alimentaire de masse molaire M=566 g/molM=566\ \mathrm{g/mol}. Son coefficient d'absorption molaire à 635 nm635\ \mathrm{nm} vaut ε=8,5×104 Lmol1cm1\varepsilon=8{,}5\times 10^{4}\ \mathrm{L\cdot mol^{-1}\cdot cm^{-1}}, avec une cuve de 1,0 cm1{,}0\ \mathrm{cm}.

On dilue un sirop de menthe 20 fois, et la solution diluée donne une absorbance A=0,68A=0{,}68. La réglementation limite ce colorant à 100 mg/L100\ \mathrm{mg/L} dans le sirop.

  • a) Calculez la concentration en quantité de matière du colorant dans la solution diluée.
  • b) Déduisez-en sa concentration dans le sirop non dilué.
  • c) Convertissez ce résultat en concentration en masse, en mg/L\mathrm{mg/L}, et concluez sur la conformité.
  • d) Pourquoi a-t-il fallu diluer le sirop avant la mesure ?
  • e) L'incertitude sur l'absorbance est estimée à 0,020{,}02. Estimez l'incertitude correspondante sur la concentration en masse dans le sirop, et dites si la conclusion de la question c) est robuste.
Voir la correction

a) cdilueˊe=Aε=0,688,5×104×1,0=8,0×106 mol/Lc_{\mathrm{diluée}}=\dfrac{A}{\varepsilon\ell}=\dfrac{0{,}68}{8{,}5\times 10^{4}\times 1{,}0}=8{,}0\times 10^{-6}\ \mathrm{mol/L}.

b) La dilution a divisé la concentration par 20, donc le sirop est 20 fois plus concentré : csirop=20×8,0×106=1,6×104 mol/Lc_{\mathrm{sirop}}=20\times 8{,}0\times 10^{-6}=1{,}6\times 10^{-4}\ \mathrm{mol/L}.

c) γ=csirop×M=1,6×104×566=9,06×102 g/L\gamma=c_{\mathrm{sirop}}\times M=1{,}6\times 10^{-4}\times 566=9{,}06\times 10^{-2}\ \mathrm{g/L}, soit 90,6 mg/L90{,}6\ \mathrm{mg/L}. Cette valeur est inférieure à la limite de 100 mg/L100\ \mathrm{mg/L} : le sirop est donc conforme à la réglementation.

d) Parce que la loi de Beer-Lambert n'est linéaire que pour les solutions suffisamment diluées, en pratique pour AA inférieure à environ 1. Le sirop pur aurait donné une absorbance de l'ordre de 20×0,68=13,620\times 0{,}68=13{,}6, très largement hors du domaine de validité, et d'ailleurs hors de la plage de mesure de l'appareil : la lumière transmise serait quasi nulle. Diluer ramène l'absorbance dans la zone où la mesure est à la fois fiable et proportionnelle.

e) L'absorbance et la concentration étant proportionnelles, l'incertitude relative se transmet à l'identique : ΔAA=0,020,68=2,9\dfrac{\Delta A}{A}=\dfrac{0{,}02}{0{,}68}=2{,}9 pour cent. Donc Δγ=0,029×90,6=2,7 mg/L\Delta\gamma=0{,}029\times 90{,}6=2{,}7\ \mathrm{mg/L}, et le résultat s'écrit γ=90,6±2,7 mg/L\gamma=90{,}6\pm 2{,}7\ \mathrm{mg/L}, soit un intervalle allant de 87,987{,}9 à 93,3 mg/L93{,}3\ \mathrm{mg/L}. La limite de 100 mg/L100\ \mathrm{mg/L} reste au-dessus de tout cet intervalle, à plus de trois incertitudes du résultat : la conclusion de conformité est donc robuste. Elle ne l'aurait pas été pour un sirop mesuré à 98 mg/L98\ \mathrm{mg/L}.

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 7 : Suivre une transformation par conductimétrie

Le 2-chloro-2-méthylpropane, noté RCl\mathrm{RCl}, réagit avec l'eau selon RCl+H2OROH+H++Cl\mathrm{RCl+H_{2}O\longrightarrow ROH+H^{+}+Cl^{-}}.

On part d'une concentration initiale c0=1,0×102 mol/Lc_{0}=1{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L} en RCl\mathrm{RCl}, et on suit la conductivité au cours du temps. On garde λ(H+)=35,0×103\lambda\left(\mathrm{H^{+}}\right)=35{,}0\times 10^{-3} et λ(Cl)=7,63×103 Sm2/mol\lambda\left(\mathrm{Cl^{-}}\right)=7{,}63\times 10^{-3}\ \mathrm{S\cdot m^{2}/mol}.

  • a) Expliquez pourquoi la conductivité augmente au cours du temps, alors qu'elle était nulle au départ.
  • b) En supposant la réaction totale, calculez la conductivité finale de la solution.
  • c) À un instant t1t_{1}, la conductivité vaut 0,213 S/m0{,}213\ \mathrm{S/m}. Déterminez l'avancement de la réaction à cet instant.
  • d) Exprimez la conductivité σ(t)\sigma(t) en fonction de l'avancement volumique xVx_{V}, puis montrez que la mesure de σ\sigma donne directement l'avancement.
  • e) Cette méthode conviendrait-elle pour suivre la réaction entre l'acide chlorhydrique et l'hydroxyde de sodium ? Justifiez.
Voir la correction

a) Le réactif RCl\mathrm{RCl} est une molécule, et l'eau aussi : la solution de départ ne contient aucun ion, sa conductivité est donc pratiquement nulle. La réaction fait apparaître deux ions, H+\mathrm{H^{+}} et Cl\mathrm{Cl^{-}}, en quantités égales à l'avancement. La conductivité, qui est proportionnelle aux concentrations ioniques, augmente donc au fur et à mesure de la transformation. Cette croissance est exactement ce qui rend la méthode utilisable comme suivi cinétique.

b) Si la réaction est totale, il se forme 1,0×102 mol/L1{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L} de chaque ion, soit 10 mol/m310\ \mathrm{mol/m^{3}}. Donc σf=(35,0×103+7,63×103)×10=0,426 S/m\sigma_{f}=\left(35{,}0\times 10^{-3}+7{,}63\times 10^{-3}\right)\times 10=0{,}426\ \mathrm{S/m}.

c) La conductivité est proportionnelle à l'avancement, donc xxmax=σσf=0,2130,426=0,500\dfrac{x}{x_{\max}}=\dfrac{\sigma}{\sigma_{f}}=\dfrac{0{,}213}{0{,}426}=0{,}500. La réaction est donc à la moitié de son avancement : l'avancement volumique vaut 5,0×103 mol/L5{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}, et il reste autant de RCl\mathrm{RCl} qu'il s'en est transformé.

d) À l'instant tt, les concentrations valent [H+]=[Cl]=xV\left[\mathrm{H^{+}}\right]=\left[\mathrm{Cl^{-}}\right]=x_{V}, donc σ(t)=(λH++λCl)xV\sigma(t)=\left(\lambda_{\mathrm{H^{+}}}+\lambda_{\mathrm{Cl^{-}}}\right)x_{V} avec xVx_{V} en mol/m3\mathrm{mol/m^{3}}. La conductivité est donc une fonction linéaire de l'avancement, passant par l'origine. Il suffit alors d'une seule mesure pour connaître xVx_{V}, sans prélèvement ni titrage : xV=σλH++λClx_{V}=\dfrac{\sigma}{\lambda_{\mathrm{H^{+}}}+\lambda_{\mathrm{Cl^{-}}}}. C'est tout l'intérêt d'un suivi conductimétrique, qui est non destructif et continu.

e) Non, et pour une raison instructive. Cette réaction s'écrit H++HOH2O\mathrm{H^{+}+HO^{-}\longrightarrow H_{2}O} : elle fait DISPARAÎTRE des ions, donc la conductivité diminuerait, ce qui reste exploitable en principe. Le vrai problème est ailleurs : les ions spectateurs Na+\mathrm{Na^{+}} et Cl\mathrm{Cl^{-}} restent en solution et contribuent à la conductivité sans participer à la réaction. Le signal utile serait donc une petite variation superposée à un fond important, ce qui dégrade la précision. La méthode est excellente quand elle part de zéro, comme ici, et médiocre quand elle doit mesurer une variation relative sur un fond déjà conducteur.

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 8 : Une précipitation, un rendement et ce qui reste en solution

On mélange V1=50,0 mLV_{1}=50{,}0\ \mathrm{mL} de chlorure de baryum à 0,10 mol/L0{,}10\ \mathrm{mol/L} et V2=50,0 mLV_{2}=50{,}0\ \mathrm{mL} de sulfate de sodium à 0,15 mol/L0{,}15\ \mathrm{mol/L}.

Il se forme un précipité blanc de sulfate de baryum selon Ba(aq)2++SO42(aq)BaSO4(s)\mathrm{Ba^{2+}_{(aq)}+{SO_{4}^{2-}}_{(aq)}\longrightarrow BaSO_{4(s)}}, avec M(BaSO4)=233,4 g/molM\left(\mathrm{BaSO_{4}}\right)=233{,}4\ \mathrm{g/mol}.

  • a) Calculez les quantités de matière initiales des deux ions réactifs.
  • b) Déterminez le réactif limitant et l'avancement maximal.
  • c) Calculez la masse de précipité attendue.
  • d) La masse effectivement recueillie après filtration et séchage est de 1,05 g1{,}05\ \mathrm{g}. Calculez le rendement et proposez deux causes de perte.
  • e) Calculez la concentration de l'ion en excès dans la solution finale, en négligeant la variation de volume due à la formation du solide.
Voir la correction

a) n(Ba2+)=0,10×0,0500=5,0×103 moln\left(\mathrm{Ba^{2+}}\right)=0{,}10\times 0{,}0500=5{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol} et n(SO42)=0,15×0,0500=7,5×103 moln\left(\mathrm{SO_{4}^{2-}}\right)=0{,}15\times 0{,}0500=7{,}5\times 10^{-3}\ \mathrm{mol}.

b) Les coefficients stœchiométriques valant 1 pour les deux réactifs, on compare directement les quantités : 5,0×103<7,5×1035{,}0\times 10^{-3}<7{,}5\times 10^{-3}. L'ion baryum est donc limitant, et xmax=5,0×103 molx_{\max}=5{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol}.

c) mtheˊorique=xmax×M=5,0×103×233,4=1,17 gm_{\mathrm{théorique}}=x_{\max}\times M=5{,}0\times 10^{-3}\times 233{,}4=1{,}17\ \mathrm{g}.

d) η=1,051,17=0,900\eta=\dfrac{1{,}05}{1{,}17}=0{,}900, soit un rendement de 90,090{,}0 pour cent. Deux causes de perte parmi les plus courantes : une partie du précipité, très finement divisé, traverse le filtre ou reste accrochée aux parois du bécher et du verre de montre ; et le séchage peut être incomplet, mais cela ferait plutôt surestimer la masse, donc la vraie seconde cause est plutôt la solubilité résiduelle du sulfate de baryum, faible mais non nulle, qui laisse une petite fraction des ions en solution au lieu de précipiter.

e) L'ion en excès est le sulfate. Il en reste 7,5×1035,0×103=2,5×103 mol7{,}5\times 10^{-3}-5{,}0\times 10^{-3}=2{,}5\times 10^{-3}\ \mathrm{mol}, dans un volume total de 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL}. Donc [SO42]=2,5×1030,1000=2,5×102 mol/L\left[\mathrm{SO_{4}^{2-}}\right]=\dfrac{2{,}5\times 10^{-3}}{0{,}1000}=2{,}5\times 10^{-2}\ \mathrm{mol/L}. On notera au passage que les ions Na+\mathrm{Na^{+}} et Cl\mathrm{Cl^{-}}, spectateurs, sont toujours présents et que leur concentration a simplement été divisée par deux par le mélange des deux volumes égaux.

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 9 : Quatre affirmations à corriger

Chacune des quatre affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous sur un résultat chiffré des exercices précédents.

  • a) « Le réactif limitant est celui dont la quantité de matière initiale est la plus petite. »
  • b) « L'absorbance est proportionnelle à la concentration, donc on peut mesurer n'importe quelle solution directement. »
  • c) « Diluer une solution diminue la quantité de matière de soluté. »
  • d) « Une transformation dont le taux d'avancement final vaut 4 pour cent est une transformation lente. »
Voir la correction

a) Faux. Il faut comparer les rapports niνi\dfrac{n_{i}}{\nu_{i}}, où νi\nu_{i} est le coefficient stœchiométrique, et non les quantités brutes. L'exercice 2 en donne le contre-exemple exact : il y a 5,00×102 mol5{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol} de fer contre 8,00×102 mol8{,}00\times 10^{-2}\ \mathrm{mol} d'ions H+\mathrm{H^{+}}, donc bien plus d'ions, et pourtant ce sont les ions qui limitent, parce qu'il en faut deux par atome de fer : 8,00×1022=4,00×102\dfrac{8{,}00\times 10^{-2}}{2}=4{,}00\times 10^{-2} est inférieur à 5,00×1025{,}00\times 10^{-2}. La preuve expérimentale est visible : il reste du fer solide au fond du bécher.

b) Faux, la proportionnalité a un domaine de validité. La loi de Beer-Lambert n'est linéaire que pour les solutions diluées, en pratique tant que AA reste inférieure à environ 1. Au-delà, la lumière transmise devient si faible que la mesure perd son sens et que la relation s'incurve. L'exercice 6 le montre : le sirop pur aurait donné A13,6A\approx 13{,}6, valeur inexploitable, et c'est bien pourquoi il a fallu le diluer 20 fois pour ramener l'absorbance à 0,680{,}68.

c) Faux, et c'est exactement l'inverse de ce qui définit une dilution. Diluer, c'est ajouter du solvant à une quantité de soluté prélevée, sans jamais toucher à cette quantité : nn est conservé, c'est la grandeur invariante de l'opération. Ce qui diminue, c'est la CONCENTRATION, puisque la même quantité de matière occupe un volume plus grand. La relation cVpreˊleveˊ=cVfinalc\,V_{\mathrm{prélevé}}=c'V_{\mathrm{final}} de l'exercice 1 n'exprime rien d'autre que cette conservation.

d) Faux, et la confusion porte sur deux notions indépendantes. Le taux d'avancement final décrit l'état final atteint, donc jusqu'où la réaction va : c'est de la thermodynamique. La lenteur décrit la durée nécessaire pour l'atteindre : c'est de la cinétique. L'exercice 3 traite précisément un acide faible dont le taux vaut 4,04{,}0 pour cent, alors que les réactions acide-base en solution sont quasi instantanées. Une transformation peut donc être très rapide et très peu avancée, ou au contraire totale mais très lente, comme la rouille. Les deux questions se posent séparément.

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 10 : Doser le fer d'un complément alimentaire

Un comprimé de complément alimentaire annonce 11 mg11\ \mathrm{mg} de fer. On le dissout entièrement dans de l'eau acidifiée pour obtenir 100,0 mL100{,}0\ \mathrm{mL} de solution mère SS.

On prélève 5,00 mL5{,}00\ \mathrm{mL} de SS, on ajoute un réactif qui donne avec les ions fer un complexe coloré, et on complète à 50,0 mL50{,}0\ \mathrm{mL}. L'absorbance mesurée vaut A=0,48A=0{,}48, et la droite d'étalonnage du complexe a pour équation A=2,4×103cA=2{,}4\times 10^{3}\,c avec cc en mol/L\mathrm{mol/L}. On donne M(Fe)=55,85 g/molM(\mathrm{Fe})=55{,}85\ \mathrm{g/mol}.

  • a) Calculez le facteur de dilution entre SS et la solution mesurée.
  • b) Déterminez la concentration du complexe dans la solution mesurée.
  • c) Déduisez-en la concentration en fer de la solution mère SS.
  • d) Calculez la masse de fer contenue dans le comprimé et comparez-la à l'étiquette.
  • e) Le fabricant tolère un écart de 5 pour cent. Le comprimé est-il conforme ? Quelle précaution expérimentale est indispensable pour que cette conclusion ait un sens ?
Voir la correction

a) On passe de 5,00 mL5{,}00\ \mathrm{mL} prélevés à 50,0 mL50{,}0\ \mathrm{mL} finaux, donc le facteur de dilution vaut 50,05,00=10,0\dfrac{50{,}0}{5{,}00}=10{,}0.

b) De A=2,4×103cA=2{,}4\times 10^{3}c on tire c=A2,4×103=0,482,4×103=2,0×104 mol/Lc=\dfrac{A}{2{,}4\times 10^{3}}=\dfrac{0{,}48}{2{,}4\times 10^{3}}=2{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{mol/L}.

c) La solution mesurée est 10 fois plus diluée que SS, donc cS=10,0×2,0×104=2,0×103 mol/Lc_{S}=10{,}0\times 2{,}0\times 10^{-4}=2{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol/L}. Le réactif formant un complexe de stœchiométrie 1 pour 1 avec le fer, cette concentration est aussi celle du fer dans SS.

d) La quantité de fer dans SS, donc dans le comprimé entier, vaut n=cSV=2,0×103×0,1000=2,0×104 moln=c_{S}V=2{,}0\times 10^{-3}\times 0{,}1000=2{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{mol}. La masse correspondante est m=nM=2,0×104×55,85=1,117×102 gm=nM=2{,}0\times 10^{-4}\times 55{,}85=1{,}117\times 10^{-2}\ \mathrm{g}, soit 11,2 mg11{,}2\ \mathrm{mg}. L'étiquette annonce 11 mg11\ \mathrm{mg} : l'accord est excellent.

e) L'écart relatif vaut 11,171111=1,5\dfrac{11{,}17-11}{11}=1{,}5 pour cent, inférieur aux 5 pour cent tolérés : le comprimé est conforme. La précaution indispensable est que la droite d'étalonnage ait été établie dans les MÊMES conditions que la mesure : même réactif complexant en excès, même longueur d'onde, même cuve, même pH. Le coefficient 2,4×1032{,}4\times 10^{3} ne caractérise pas le fer mais le complexe formé, et si le complexe n'est pas exactement le même, ou si le réactif n'est pas en excès suffisant pour transformer tout le fer, la proportionnalité entre absorbance et concentration en fer est perdue et le résultat n'a plus de sens.

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