Spécialité physique-chimie, Terminale • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : ondes, effet Doppler et interférences (Terminale spécialité)
Voici une série d'exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur les ondes, l'effet Doppler et les interférences, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
Le résultat le plus contre-intuitif du chapitre est celui de la diffraction : plus la fente est ÉTROITE, plus la tache est LARGE. Le graphique le rend visible, et la dernière question de l'exercice 4 explique pourquoi l'on entend derrière un angle sans y voir.
L'exercice 6 chiffre ce qu'un radar routier doit vraiment mesurer : un écart relatif de fréquence inférieur à dix puissance moins sept, ce qui exclut toute mesure directe et impose la technique des battements. Sa dernière question montre que le placement de biais sous-estime toujours la vitesse, ce qui est un choix délibéré.
Le programme demande d'ÉTABLIR l'expression de l'interfrange à partir de la différence de chemin linéarisée : c'est l'objet de l'exercice 16, qui la tire des positions des franges au lieu de la donner. Deux exercices vont au-delà du programme et le signalent en dernière ligne : la loi de Hubble (exercice 10, question d) et le pouvoir séparateur d'une ouverture circulaire (exercice 13).
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•λ=vT=fv. La FRÉQUENCE est imposée par la source et se conserve d'un milieu à l'autre ; la célérité dépend du milieu et λ s'ajuste.
•Dans un milieu d'indice n : v=nc et λ=nλ0. La couleur, qui dépend de f, ne change pas.
•Niveau sonore : L=10logI0I. Doubler l'intensité ajoute 3dB, doubler la distance en retire 6.
•Doppler acoustique : f′=fv∓vsv, non symétrique car le son a besoin d'un milieu. Doppler lumineux : λ0Δλ=cv, symétrique.
•Radar : le décalage est DOUBLÉ, Δf=c2vf0, car le véhicule est successivement récepteur puis source.
•Diffraction : θ=aλ et largeur totale L=a2Dλ. Plus la fente est fine, plus la tache est large.
•Interférences : constructives si δ=kλ, destructives si δ=(k+21)λ. Interfrange i=bλD.
•Mesurer dix intervalles, jamais un seul, et compter les INTERVALLES et non les franges.
•Établir l'interfrange : δ=Dbx (donnée) et δ=kλ donnent xk=kbλD, donc i=xk+1−xk=bλD. Dans un milieu d'indice n, δ=Dnbx et l'interfrange est divisée par n.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Caractériser une onde
Une onde périodique est caractérisée par sa période T, sa fréquence f, sa longueur d'onde λ et sa célérité v, liées par λ=vT=fv.
a) Une onde sonore de fréquence 440Hz se propage dans l'air à 340m/s. Calculez sa longueur d'onde.
b) La même onde passe dans l'eau, où la célérité vaut 1500m/s. Que deviennent sa fréquence et sa longueur d'onde ?
c) Justifiez que la fréquence soit la grandeur qui se conserve au passage d'un milieu à l'autre.
d) Une onde lumineuse de longueur d'onde 633nm dans le vide entre dans un verre d'indice 1,50. Calculez sa célérité et sa longueur d'onde dans le verre.
e) La couleur perçue d'une lumière change-t-elle quand elle traverse le verre ? Justifiez.
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Réponses
a)λ=0,773 m
b)f=440 Hz conservée, λ=3,41 m
c)La fréquence est imposée par la source
d)v=2,00×108 m/s, λ=422 nm
e)Non : la couleur tient à la fréquence
a) λ=fv=440340=0,773m, soit environ 77cm.
b) La FRÉQUENCE ne change pas, elle reste 440Hz. La longueur d'onde, elle, devient λ=4401500=3,41m, soit environ quatre fois et demie plus grande.
c) Parce que la fréquence est imposée par la SOURCE : c'est le nombre d'oscillations qu'elle impose par seconde, et ce rythme se transmet de proche en proche sans se modifier. À l'interface entre deux milieux, les particules du second milieu sont mises en mouvement par celles du premier, exactement au même rythme. La célérité, elle, dépend du milieu, donc la longueur d'onde s'ajuste pour satisfaire λ=fv.
d) Dans un milieu d'indice n, la célérité vaut v=nc=1,503,00×108=2,00×108m/s. La fréquence étant conservée, λverre=nλ0=1,50633=422nm.
e) Non. La couleur perçue dépend de la FRÉQUENCE, qui est conservée. C'est d'ailleurs pourquoi on identifie une radiation par sa longueur d'onde DANS LE VIDE : c'est la seule valeur qui caractérise la lumière indépendamment du milieu traversé. Un faisceau rouge reste rouge dans le verre, même si sa longueur d'onde y vaut 422nm, valeur qui correspondrait au violet dans le vide.
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Exercice 2 : Intensité et niveau d'intensité sonore
Le niveau d'intensité sonore vaut L=10logI0I avec I0=1,0×10−12W/m2.
Une source ponctuelle émet uniformément. À 2,0m, le niveau mesuré est de 85dB.
a) Calculez l'intensité sonore à 2,0m.
b) Calculez la puissance acoustique de la source.
c) Calculez l'intensité et le niveau à 8,0m.
d) De combien de décibels le niveau a-t-il baissé ? Retrouvez ce nombre sans calculer les intensités.
e) Deux sources identiques placées côte à côte produisent-elles 170dB ? Justifiez.
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Réponses
a)I=3,2×10−4 W/m²
b)P=1,6×10−2 W
c)I=2,0×10−5 W/m², L=73,0 dB
d)12,0 dB =20log4
e)Non : 88 dB
a) De L=85 on tire I0I=108,5, donc I=1,0×10−12×108,5=3,2×10−4W/m2.
b) L'énergie traverse une sphère de rayon 2,0m : P=I×4πr2=3,2×10−4×4π×4,0=1,6×10−2W. Seize milliwatts acoustiques suffisent donc à produire 85dB à deux mètres.
c) La distance est multipliée par 4, donc l'intensité est divisée par 42=16 : I=163,2×10−4=2,0×10−5W/m2. Le niveau vaut L=10log(2,0×107)=73,0dB.
d) La baisse vaut 85−73,0=12,0dB. On la retrouve directement : diviser l'intensité par 16 retire 10log16=12,0dB, ou de façon équivalente multiplier la distance par 4 retire 20log4=12,0dB. La règle pratique est que doubler la distance coûte toujours 6dB.
e) Non, absolument pas. Deux sources identiques doublent l'INTENSITÉ, ce qui ajoute 10log2=3,0dB : on obtient 88dB et non 170. Les décibels ne s'additionnent jamais, parce qu'ils sont une échelle logarithmique. Un niveau de 170dB correspondrait d'ailleurs à une intensité de 105W/m2, bien au-delà de ce qu'un haut-parleur peut produire et suffisante pour causer des dommages physiques immédiats.
Exercice 3 : L'effet Doppler
Lorsqu'une source et un récepteur sont en mouvement relatif, la fréquence perçue diffère de la fréquence émise. Pour une source approchant à la vitesse vs dans un milieu où l'onde se propage à la célérité v, on a f′=fv−vsv.
a) Une ambulance émettant à 700Hz approche à 20m/s. Calculez la fréquence perçue, avec v=340m/s.
b) Calculez la fréquence perçue quand elle s'éloigne.
c) Calculez l'écart entre ces deux fréquences et interprétez ce que l'on entend au passage.
d) Pour une onde lumineuse, on utilise λ0Δλ=cv pour v≪c. Que signifie un décalage vers le rouge ?
e) Pourquoi les formules acoustique et lumineuse ne sont-elles pas identiques ?
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Réponses
a)744 Hz
b)661 Hz
c)83 Hz : le son chute au passage
d)λ reçue plus grande : la source s'éloigne
e)Le son a besoin d'un milieu, la lumière non
a) f′=700×340−20340=700×320340=744Hz.
b) En s'éloignant : f′=700×340+20340=700×360340=661Hz.
c) L'écart vaut 744−661=83Hz. Au passage de l'ambulance, on entend donc la hauteur du son CHUTER brusquement d'environ 83Hz, soit un rapport de fréquences 661744≈1,13, environ un ton, l'intervalle qui sépare do et ré. Le saut est perçu comme instantané parce qu'il se produit sur la courte durée du passage devant l'observateur. Devant l'ambulance, les fronts d'onde se resserrent et la fréquence perçue est plus haute ; derrière elle, ils s'étirent et la fréquence perçue est plus basse, alors que la source, elle, émet toujours à 700Hz.
d) Un décalage vers le rouge signifie une AUGMENTATION de la longueur d'onde reçue, donc Δλ>0 et v>0 : la source S'ÉLOIGNE. C'est l'observation qui a conduit Hubble à conclure que les galaxies lointaines s'éloignent toutes de nous, et donc à l'expansion de l'Univers. Le décalage vers le bleu signifie au contraire un rapprochement.
e) Parce que le son a besoin d'un MILIEU matériel pour se propager, et que la formule acoustique fait intervenir les vitesses par rapport à ce milieu. Il en résulte que déplacer la source ou déplacer l'observateur ne donne pas exactement le même résultat. La lumière, elle, se propage dans le vide et sa célérité est la même pour tous les observateurs : seule la vitesse RELATIVE compte, et la formule est symétrique. C'est là une différence de nature, pas de degré, et elle mène directement à la relativité restreinte.
Exercice 4 : La diffraction
Lorsqu'une onde rencontre une ouverture ou un obstacle de dimension a comparable à sa longueur d'onde, elle est diffractée. L'écart angulaire entre le centre de la tache centrale et sa première extinction vaut θ=aλ, en radians.
Un laser de longueur d'onde 633nm éclaire une fente de largeur a=0,10mm, et l'écran est à D=3,00m.
a) Calculez l'écart angulaire θ.
b) Établissez l'expression de la largeur totale L de la tache centrale sur l'écran, puis calculez-la.
c) La diffraction est-elle plus marquée avec une fente plus fine ou plus large ? Justifiez et commentez ce résultat contre-intuitif.
d) Que se passerait-il avec une fente de 1,0mm ? Et de 1,0cm ?
e) Pourquoi entend-on quelqu'un parler derrière l'angle d'un couloir alors qu'on ne le voit pas ? Justifiez par un ordre de grandeur.
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Réponses
a)θ=6,33×10−3 rad
b)L=a2Dλ=3,8 cm
c)Fente plus fine : diffraction plus marquée
d)3,8 mm ; 0,38 mm
e)λ du son ≈1 m, comparable aux ouvertures
a) θ=aλ=1,0×10−4633×10−9=6,33×10−3rad, soit environ 0,36 degré.
b) L'angle étant très petit, tanθ≈θ, donc la demi-largeur vaut Dθ et la largeur totale L=2Dθ=a2Dλ. Numériquement : L=1,0×10−42×3,00×633×10−9=3,80×10−2m, soit 3,8cm.
c) Elle est plus marquée avec une fente plus FINE, puisque θ=aλ croît quand a diminue. Le résultat surprend parce qu'on s'attend à ce qu'une ouverture plus étroite donne une tache plus étroite, comme avec un jet de peinture. C'est l'inverse : plus on cherche à confiner l'onde, plus elle s'étale. C'est une propriété profondément ondulatoire, sans équivalent corpusculaire, et on la retrouve en mécanique quantique sous le nom d'inégalité de Heisenberg.
d) Avec a=1,0mm, dix fois plus large, L serait dix fois plus petite, soit 3,8mm. Avec a=1,0cm, on aurait L=0,38mm : la tache devient plus étroite que la fente elle-même et la diffraction cesse d'être observable. C'est pourquoi la lumière semble se propager en ligne droite dans la vie courante, où les ouvertures sont énormes devant sa longueur d'onde.
e) Parce que la diffraction n'est notable que si l'obstacle est comparable à la longueur d'onde. Un son de 340Hz a une longueur d'onde de 1,0m, comparable à la largeur d'une porte ou d'un couloir : il est donc fortement diffracté et contourne l'angle. La lumière visible a une longueur d'onde d'environ 0,5μm, deux millions de fois plus petite : son écart angulaire est totalement négligeable et elle ne contourne rien. On entend donc sans voir.
Exercice 5 : Les interférences
Deux sources cohérentes de même fréquence produisent des interférences. Elles sont constructives si la différence de chemin est un multiple entier de λ, destructives si elle vaut un multiple impair de 2λ.
Dans le dispositif des fentes de Young, l'interfrange vaut i=bλD, où b est la distance entre les fentes.
a) Précisez la condition d'interférence constructive et celle d'interférence destructive, en fonction de la différence de chemin δ.
b) Calculez l'interfrange pour λ=633nm, b=0,30mm et D=2,50m.
c) Que devient l'interfrange si l'on rapproche les deux fentes ? Si l'on éloigne l'écran ?
d) Pourquoi faut-il des sources COHÉRENTES ? Que verrait-on avec deux lampes indépendantes ?
e) La figure d'interférences prouve-t-elle quelque chose sur la nature de la lumière ? Justifiez.
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Réponses
a)Constructive δ=kλ ; destructive δ=(k+21)λ
b)i=5,3 mm
c)L'interfrange augmente dans les deux cas
d)Déphasage constant ; sinon éclairement uniforme
e)Nature ondulatoire de la lumière
a) Interférence CONSTRUCTIVE si δ=kλ avec k entier : les deux ondes arrivent en phase et leurs amplitudes s'ajoutent. Interférence DESTRUCTIVE si δ=(k+21)λ : elles arrivent en opposition de phase et s'annulent.
b) i=bλD=3,0×10−4633×10−9×2,50=5,28×10−3m, soit 5,3mm.
c) Rapprocher les fentes diminue b, donc AUGMENTE l'interfrange : les franges s'écartent. Éloigner l'écran augmente D, donc augmente aussi l'interfrange. Dans les deux cas la figure se dilate, ce qui est le moyen pratique de la rendre mesurable.
d) Parce que la figure d'interférences n'est stable que si le déphasage entre les deux ondes reste constant au cours du temps. Deux lampes indépendantes émettent par trains d'ondes de phases aléatoires, changeant des millions de fois par seconde : la figure existerait à chaque instant mais se déplacerait si vite qu'aucun détecteur, et surtout pas l'oeil, ne pourrait la suivre. On ne verrait qu'un éclairement uniforme, moyenne de toutes les positions. C'est pourquoi on fait passer une SEULE source par deux fentes.
e) Oui, et c'est décisif. Les interférences et la diffraction sont des phénomènes exclusivement ONDULATOIRES : deux flux de particules classiques ne peuvent en aucun cas s'annuler mutuellement pour produire une frange sombre. L'observation de franges impose donc un modèle ondulatoire de la lumière. Elle ne l'impose cependant pas exclusivement, puisque l'effet photoélectrique impose de son côté le modèle particulaire, et c'est cette double contrainte qui a mené à la dualité onde-corpuscule.
Partie B : Niveau baccalauréat (/50)
Exercice 6 : Un radar Doppler de contrôle routier
Un radar routier émet une onde électromagnétique de fréquence f0=24,0GHz et analyse l'onde réfléchie par un véhicule qui s'approche.
L'onde subissant DEUX décalages Doppler, à la réception par le véhicule puis à la réémission, le décalage total vaut Δf=c2vf0 avec c=3,00×108m/s.
a) Expliquez pourquoi le décalage est doublé dans ce dispositif.
b) Un véhicule roule à 50km/h. Calculez le décalage de fréquence mesuré.
c) Comparez ce décalage à la fréquence émise. Que peut-on en conclure sur la précision requise de l'appareil ?
d) Le radar mesure un décalage de 5,78kHz. Calculez la vitesse du véhicule en kilomètres par heure et concluez si la limite de 130km/h est dépassée.
e) Le radar est placé de biais, à 20∘ de la trajectoire. La vitesse mesurée est-elle sur-estimée ou sous-estimée ? De combien en pourcentage ?
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Réponses
a)Réception puis réémission : deux effets Doppler
b)Δf=2,22 kHz
c)9,3×10−8 : mesure par battements
d)130 km/h : limite atteinte, pas dépassée
e)Sous-estimée de 6,0 %
a) Le véhicule joue successivement deux rôles. En s'approchant de l'émetteur, il RECOIT une fréquence déjà décalée vers le haut : c'est un premier effet Doppler, observateur en mouvement. Puis, en réfléchissant l'onde, il se comporte comme une SOURCE en mouvement vers le radar : c'est un second effet Doppler, qui décale à nouveau vers le haut. Les deux décalages s'ajoutent, d'où le facteur 2.
b) v=3,650=13,9m/s, donc Δf=3,00×1082×13,9×24,0×109=2,22×103Hz, soit environ 2,2kHz.
c) Le rapport vaut 24,0×1092,22×103=9,3×10−8, soit moins d'un dixième de millionième. L'appareil doit donc mesurer un écart relatif inférieur à 10−7, ce qui exclut toute mesure directe des deux fréquences : on procède par BATTEMENTS, en mélangeant l'onde émise et l'onde reçue pour obtenir directement la différence, qui est de quelques kilohertz et donc parfaitement mesurable.
d) De Δf=c2vf0 on tire v=2f0cΔf=2×24,0×1093,00×108×5,78×103=36,1m/s, soit 36,1×3,6=130km/h. La limite est donc atteinte tout juste, sans être dépassée compte tenu de l'incertitude de mesure.
e) Le radar ne mesure que la composante de la vitesse dans SA direction, soit vcosα. La vitesse déduite est donc vcos20∘=0,940v : elle est SOUS-estimée d'environ 6,0 pour cent. C'est un choix délibéré des constructeurs et des services de contrôle : l'erreur joue toujours en faveur de l'automobiliste, ce qui rend la mesure incontestable devant un tribunal. Un placement de biais ne peut jamais faire verbaliser quelqu'un à tort.
Exercice 7 : Mesurer la largeur d'un cheveu
On éclaire un cheveu avec un laser de longueur d'onde 633nm et l'on observe la figure de diffraction sur un écran situé à D=3,00m.
Le graphique donne la largeur L de la tache centrale en fonction de la largeur a de l'obstacle, pour ces conditions.
a) Justifiez que la courbe soit une hyperbole et non une droite.
b) On mesure une tache centrale de 3,8cm. Déterminez graphiquement puis par le calcul la largeur du cheveu.
c) Pourquoi mesure-t-on la largeur TOTALE de la tache plutôt que la demi-largeur ?
d) L'incertitude sur L est de 2mm. Calculez l'incertitude relative correspondante sur a.
e) Pourrait-on mesurer ainsi l'épaisseur d'une feuille de papier, de l'ordre de 0,1mm ? Et le diamètre d'un atome ?
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Réponses
a)L=a2Dλ : hyperbole
b)a=0,10 mm
c)Bords nets, incertitude relative divisée par deux
d)5,3 %
e)Papier oui ; atome non
a) Parce que L=a2Dλ : la largeur de la tache est INVERSEMENT proportionnelle à celle de l'obstacle. Le produit La est donc constant, ce qui est l'équation d'une hyperbole. La courbe décroît très vite pour les petites valeurs de a puis s'aplatit, exactement comme le montre le graphique.
b) Sur le graphique, l'ordonnée 38mm correspond à une abscisse de 0,10mm, comme l'indiquent les pointillés. Par le calcul : a=L2Dλ=3,8×10−22×3,00×633×10−9=1,0×10−4m, soit 0,10mm, valeur tout à fait typique pour un cheveu.
c) Parce que la largeur totale est bien plus facile à repérer avec précision : ses deux bords sont des extinctions nettes, alors que le centre de la tache est une zone brillante étendue dont le milieu s'estime mal. Mesurer L puis diviser revient à moyenner deux mesures et divise l'incertitude relative par deux. C'est le même principe que compter vingt oscillations d'un pendule plutôt qu'une.
d) a étant inversement proportionnelle à L, l'incertitude relative se transmet à l'identique : aΔa=LΔL=382=5,3 pour cent. La largeur du cheveu est donc connue à environ 5 pour cent près, soit 0,100±0,005mm.
e) Pour une feuille de papier de 0,1mm, oui, c'est exactement l'ordre de grandeur traité ici. Pour un atome, de l'ordre de 10−10m, non : l'écart angulaire vaudrait 10−10633×10−9=6×103rad, ce qui n'a aucun sens physique puisqu'un angle ne peut dépasser quelques radians. La diffraction n'est observable que si λ est comparable à a, jamais énormément plus grande. Pour voir un atome, il faut une onde de longueur d'onde comparable, ce que fournissent les électrons rapides, et c'est précisément le principe du microscope électronique.
Exercice 8 : Mesurer une longueur d'onde par interférences
Dans un dispositif des fentes de Young, deux fentes distantes de b=0,30mm sont éclairées par un laser. L'écran est à D=2,50m.
On mesure la distance séparant la première et la onzième frange brillante : 52,8mm.
a) Combien d'interfranges séparent la première et la onzième frange brillante ? Calculez l'interfrange.
b) Déduisez-en la longueur d'onde du laser.
c) De quelle couleur est ce laser ?
d) Pourquoi mesure-t-on dix interfranges plutôt qu'un seul ?
e) On remplace le laser rouge par un laser vert de 532nm. Calculez le nouvel interfrange et dites si la figure se resserre ou s'élargit.
Voir la correction
Réponses
a)10 interfranges, i=5,28 mm
b)λ=633 nm
c)Rouge
d)Incertitude relative divisée par dix
e)i=4,43 mm : la figure se resserre
a) De la première à la onzième frange, il y a 11−1=10 intervalles, et non 11. L'interfrange vaut donc i=1052,8=5,28mm. Compter les franges plutôt que les intervalles est l'erreur classique, et elle fausse le résultat de dix pour cent.
b) De i=bλD on tire λ=Dib=2,505,28×10−3×3,0×10−4=6,33×10−7m, soit 633nm.
c) Une longueur d'onde de 633nm correspond au ROUGE. C'est la raie caractéristique du laser hélium-néon, longtemps le plus répandu en travaux pratiques.
d) Pour la même raison qu'on chronomètre vingt oscillations d'un pendule : l'incertitude de pointé sur la position d'une frange est la même que l'on mesure un intervalle ou dix, donc mesurer dix interfranges divise l'incertitude relative par dix. Avec une règle au millimètre, mesurer un seul interfrange de 5mm donnerait 20 pour cent d'incertitude, contre 2 pour cent sur dix.
e) i=3,0×10−4532×10−9×2,50=4,43×10−3m, soit 4,43mm. La figure se RESSERRE, puisque l'interfrange est proportionnel à λ et que le vert a une longueur d'onde plus courte que le rouge. Le rapport des interfranges, 5,284,43=0,840, est exactement celui des longueurs d'onde, 633532=0,840.
Exercice 9 : Quatre affirmations à corriger
Chacune des quatre affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous sur un résultat chiffré des exercices précédents.
a) « Deux haut-parleurs identiques produisent deux fois plus de décibels qu'un seul. »
b) « Une fente plus étroite donne une tache de diffraction plus étroite. »
c) « Quand une onde change de milieu, sa fréquence change puisque sa vitesse change. »
d) « Pour mesurer un interfrange, il suffit de repérer deux franges brillantes consécutives. »
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Réponses
a)Faux : +3 dB seulement
b)Faux : tache plus large
c)Faux : la fréquence se conserve
d)Faux en pratique : mesurer dix intervalles
a) Faux. Deux sources identiques doublent l'INTENSITÉ, ce qui ajoute 10log2=3,0dB et non un facteur deux sur le niveau. L'exercice 2 le chiffre : on passe de 85 à 88dB, pas à 170. Les décibels forment une échelle logarithmique, précisément conçue pour comprimer une plage d'intensités qui s'étend sur douze ordres de grandeur.
b) Faux, c'est exactement l'inverse. L'écart angulaire vaut θ=aλ : rétrécir la fente ÉLARGIT la tache. L'exercice 4 le chiffre, 3,8cm pour une fente de 0,10mm contre 0,38mm pour une fente de 1,0cm. Plus on cherche à confiner une onde, plus elle s'étale, et cette propriété n'a aucun équivalent corpusculaire.
c) Faux, c'est la fréquence qui se CONSERVE et la longueur d'onde qui s'ajuste. La fréquence est imposée par la source et se transmet inchangée d'un milieu à l'autre, tandis que la célérité dépend du milieu : λ=fv s'adapte donc. L'exercice 1 le montre, un son de 440Hz garde sa fréquence en passant dans l'eau mais voit sa longueur d'onde passer de 0,77 à 3,4m. C'est aussi pourquoi la couleur d'une lumière ne change pas dans le verre.
d) Faux au sens de la précision. C'est correct en principe, mais désastreux en pratique : l'incertitude de pointé étant la même quel que soit le nombre d'intervalles mesurés, mesurer un seul interfrange de 5mm à la règle donne environ 20 pour cent d'incertitude. L'exercice 8 mesure dix interfranges et ramène l'incertitude à 2 pour cent. Il faut de plus compter les INTERVALLES et non les franges : de la première à la onzième il y en a dix, pas onze.
Exercice 10 : Le décalage vers le rouge d'une galaxie
Dans le spectre d'une galaxie lointaine, la raie de l'hydrogène habituellement située à λ0=656,3nm est observée à λ=670,0nm.
On utilisera λ0Δλ=cv avec c=3,00×108m/s, et la loi de Hubble v=H0d avec H0=70km⋅s−1⋅Mpc−1.
Approfondissement pour les questions d) et e) : la loi de Hubble et le décalage relativiste ne sont pas au programme de Terminale. Les questions a) à c) exploitent le décalage Doppler d'une onde électromagnétique, qui y est.
a) Calculez le décalage Δλ et le décalage relatif, appelé z.
b) La galaxie s'approche-t-elle ou s'éloigne-t-elle ? Justifiez.
c) Calculez sa vitesse d'éloignement, en kilomètres par seconde.
d) Déduisez-en sa distance en mégaparsecs par la loi de Hubble.
e) Le traitement non relativiste est-il justifié ici ? Et le serait-il pour une galaxie observée à z=2 ?
Voir la correction
Réponses
a)Δλ=13,7 nm, z=2,09×10−2
b)Elle s'éloigne
c)v=6,26×103 km/s
d)d=89,5 Mpc
e)Oui ici ; non pour z=2
a) Δλ=670,0−656,3=13,7nm, donc z=λ0Δλ=656,313,7=2,09×10−2.
b) Elle S'ÉLOIGNE. La longueur d'onde observée est plus GRANDE que celle mesurée au laboratoire : c'est un décalage vers le rouge, signature d'une source qui s'éloigne, exactement comme le son d'une ambulance qui s'éloigne devient plus grave.
c) v=zc=2,09×10−2×3,00×108=6,26×106m/s, soit 6,26×103km/s.
d) d=H0v=706,26×103=89,5Mpc, soit environ 290 millions d'années-lumière. La lumière que nous recevons a donc quitté cette galaxie bien avant l'apparition des dinosaures.
e) Oui, ici il est parfaitement justifié : cv=2,09×10−2, soit 2 pour cent, et les corrections relativistes sont de l'ordre de c2v2, donc de 4×10−4, totalement négligeables. Pour z=2, en revanche, la formule naïve donnerait v=2c, ce qui est impossible : il faut alors la formule relativiste, et surtout il faut abandonner l'interprétation en termes de vitesse. Le décalage cosmologique n'est pas un effet Doppler ordinaire mais la dilatation de l'espace lui-même pendant le trajet de la lumière, ce qui est une notion différente et ne viole aucune limite de vitesse.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Deux haut-parleurs qui interfèrent
Deux haut-parleurs S1 et S2, branchés sur le même générateur, émettent en phase un son de fréquence f=680Hz. La célérité du son dans l'air vaut v=340m/s.
Un auditeur se place en différents points et l'on note δ=d2−d1 la différence des distances qui le séparent des deux haut-parleurs.
a) Calculez la longueur d'onde du son.
b) Au point M, d1=3,00m et d2=3,75m. Calculez λδ et dites si les interférences sont constructives ou destructives.
c) Au point N, d1=4,00m et d2=5,00m. Même question.
d) On change la fréquence du générateur. Quelle est la plus petite fréquence pour laquelle les interférences en M deviennent constructives ?
e) Pourquoi brancher les deux haut-parleurs sur le MÊME générateur ?
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Réponses
a)λ=0,500 m
b)λδ=1,5 : destructives
c)λδ=2 : constructives
d)f=453 Hz
e)Sources cohérentes
a) λ=fv=680340=0,500m.
b) δ=3,75−3,00=0,75m, donc λδ=0,5000,75=1,5. La différence de marche est un nombre DEMI-entier de longueurs d'onde : les deux ondes arrivent en opposition de phase, les interférences sont destructives et l'auditeur entend un son très affaibli.
c) δ=1,00m et λδ=2,0, un nombre entier : les ondes arrivent en phase, les interférences sont constructives. Ce n'est pas la distance aux sources qui compte, N est plus loin que M, mais la DIFFÉRENCE des distances.
d) Il faut δ=kλ=kfv avec k entier non nul, soit f=δkv. La plus petite valeur correspond à k=1 : f=0,75340=453Hz. En M, la différence de marche vaut alors exactement une longueur d'onde.
e) Pour que les deux sources soient COHÉRENTES : même fréquence exactement et déphasage constant dans le temps. Deux générateurs distincts, même réglés sur 680Hz, dériveraient l'un par rapport à l'autre, les zones de silence se déplaceraient sans cesse et l'on n'entendrait qu'un son qui fluctue.
Exercice 12 : La vitesse d'une voiture de course à l'oreille
Au bord d'un circuit, un spectateur enregistre le son du moteur d'une voiture qui passe devant lui à vitesse constante. Il mesure f1=1100Hz quand la voiture approche et f2=900Hz quand elle s'éloigne.
Pour une source de fréquence f se déplaçant à la vitesse vs : f1=fv−vsv à l'approche et f2=fv+vsv à l'éloignement, avec v=340m/s.
a) Exprimez le rapport f2f1 en fonction de v et vs. Pourquoi est-il commode ?
b) Déduisez-en vs=vf1+f2f1−f2 et calculez la vitesse de la voiture.
c) Convertissez cette vitesse en km/h.
d) Calculez la fréquence réellement émise par le moteur.
e) La fréquence émise est-elle la moyenne de f1 et f2 ?
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Réponses
a)f2f1=v−vsv+vs : f s'élimine
b)vs=34,0 m/s
c)122 km/h
d)f=990 Hz
e)Non : moyenne 1000 Hz
a) f2f1=v−vsv+vs : la fréquence émise f, inconnue, s'élimine. On peut donc trouver la vitesse sans rien savoir du moteur.
b) f1(v−vs)=f2(v+vs), soit v(f1−f2)=vs(f1+f2) et vs=vf1+f2f1−f2=340×2000200=34,0m/s.
c) 34,0×3,6=122km/h.
d) f=f1vv−vs=1100×340306=990Hz. Vérification par l'autre formule : f=f2vv+vs=900×340374=990Hz.
e) Non : la moyenne vaut 1000Hz et la fréquence émise 990Hz. Les formules ne sont pas symétriques, le décalage vers l'aigu à l'approche (+110Hz) est plus grand que le décalage vers le grave à l'éloignement (−90Hz). L'écart devient important quand vs se rapproche de v.
Exercice 13 : Ce que la diffraction interdit de voir
La lumière traversant une ouverture circulaire de diamètre D est diffractée : l'image d'un point est une petite tache dont le rayon angulaire vaut θ=1,22Dλ. Deux points séparés d'un angle inférieur à θ ne peuvent pas être distingués.
On prend λ=550nm et une distance Terre-Lune de 3,84×108m ; on néglige les perturbations de l'atmosphère.
Approfondissement : l'ouverture CIRCULAIRE, son facteur 1,22 et le pouvoir séparateur ne sont pas au programme de Terminale, qui se limite à l'angle caractéristique θ=aλ d'une fente, voir l'exercice 4. Le raisonnement, lui, est celui du programme : plus l'ouverture est petite, plus l'angle de diffraction est grand.
a) La pupille de l'œil a un diamètre de 5,0mm. Calculez son pouvoir séparateur θ.
b) Les deux phares d'une voiture sont distants de 1,4m. Au-delà de quelle distance l'œil les voit-il comme une seule lumière ?
c) Calculez θ pour un télescope de 8,2m de diamètre.
d) Quelle est la taille du plus petit détail que ce télescope peut distinguer sur la Lune ?
e) Le télescope spatial Hubble a un miroir de 2,4m. Pourrait-il montrer le module lunaire d'Apollo, large d'environ 4m ?
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Réponses
a)θ=1,34×10−4 rad
b)Au-delà de 10 km
c)θ=8,2×10−8 rad
d)31 m
e)Non : détail minimal 107 m
a) θ=1,22×5,0×10−3550×10−9=1,34×10−4rad. Oublier de convertir les millimètres en mètres donne un angle mille fois trop grand.
b) Pour un petit angle, l'écart vu depuis la distance d vaut d1,4. Les phares se confondent quand d1,4<θ, soit d>1,34×10−41,4=1,04×104m, environ 10km.
c) θ=1,22×8,2550×10−9=8,2×10−8rad, plus de mille six cents fois plus fin que l'œil : c'est le rapport des diamètres.
d) ℓ=θ×dTL=8,18×10−8×3,84×108=31m. Même le plus grand télescope ne distingue rien de plus petit qu'un immeuble sur la Lune.
e) Pour Hubble, θ=1,22×2,4550×10−9=2,8×10−7rad, soit un détail minimal de 2,8×10−7×3,84×108=107m sur la Lune. Le module de 4m est vingt-cinq fois trop petit : impossible, et ce n'est pas une question de grossissement, mais de diffraction. Seules des sondes en orbite lunaire ont pu photographier les sites Apollo.
Exercice 14 : Deux couleurs dans les fentes de Young
Deux fentes de Young distantes de b=0,50mm sont éclairées simultanément par deux lasers superposés, l'un orangé de longueur d'onde λ1=600nm, l'autre bleu de longueur d'onde λ2=450nm. L'écran est à D=2,00m.
Chaque radiation produit sa propre figure d'interférences, d'interfrange i=bλD, et les deux figures se superposent sans interférer entre elles. Les franges brillantes de chaque couleur sont aux positions x=ki, k entier, comptées depuis le centre.
a) Calculez l'interfrange i1 de la figure orangée.
b) Calculez l'interfrange i2 de la figure bleue.
c) Quel aspect a la frange centrale, en x=0 ?
d) À quelle distance du centre une frange brillante orangée coïncide-t-elle pour la première fois avec une frange brillante bleue ?
e) Existe-t-il un point de l'écran où les deux figures sont sombres en même temps ? Les franges sombres sont en x=(k+21)i.
Voir la correction
Réponses
a)i1=2,40 mm
b)i2=1,80 mm
c)Brillante pour les deux : teinte mélangée
d)x=7,20 mm (k1=3, k2=4)
e)Jamais : parité impossible
a) i1=5,0×10−4600×10−9×2,00=2,40×10−3m, soit 2,40mm.
b) i2=5,0×10−4450×10−9×2,00=1,80mm : la figure bleue est plus serrée, comme la longueur d'onde est plus courte.
c) En x=0, la différence de marche est nulle pour les deux radiations : les deux franges centrales sont brillantes et se superposent. On voit une frange de la couleur mélangée, un rose-violet, alors que les franges voisines sont séparées et de couleurs pures.
d) Il faut k1i1=k2i2, soit 2,40k1=1,80k2 et k2k1=43. La première coïncidence hors du centre est k1=3, k2=4, en x=3×2,40=4×1,80=7,20mm. Il faut chercher le plus petit multiple commun, pas diviser les interfranges.
e) Il faudrait 2,40(k1+21)=1,80(k2+21), soit en multipliant par 310 : 4(2k1+1)=3(2k2+1). Le membre de gauche est pair, celui de droite est le produit de deux nombres impairs, donc impair : l'égalité est IMPOSSIBLE. Aucun point n'est sombre pour les deux couleurs à la fois, l'écran n'est jamais complètement noir.
Exercice 15 : Au pied des enceintes d'un concert
Une enceinte de concert produit un niveau de 110dB à 1,0m. La scène en compte quatre, identiques, groupées au même endroit ; on les assimile à une source ponctuelle unique qui rayonne dans toutes les directions.
On rappelle L=10logI0I avec I0=1,0×10−12W/m2. La réglementation du travail admet 8h d'exposition à 80dB, durée divisée par deux à chaque hausse de 3dB.
a) Calculez l'intensité produite par une enceinte à 1,0m, puis le niveau des quatre enceintes à cette distance.
b) Un spectateur se tient à 16m. Calculez le niveau qu'il reçoit.
c) À quelle distance faudrait-il se placer pour recevoir 80dB ?
d) Quelle durée d'exposition la réglementation admet-elle pour le spectateur de b) ? Donnez-la en minutes.
e) Des bouchons d'oreille atténuent le son de 25dB. Quel niveau atteint alors le tympan du spectateur, et que devient la durée admise ?
Voir la correction
Réponses
a)0,10 W/m² ; 116 dB pour quatre
b)91,9 dB
c)63 m
d)Environ 30 min
e)66,9 dB : plus de huit heures
a) I=I0×10L/10=1,0×10−12×1011=0,10W/m2. Quatre enceintes quadruplent l'intensité : L=10log(4×1011)=110+10log4=116dB, et non 440dB.
b) L'intensité décroît comme r21 : de 1,0 à 16m, elle est divisée par 256, ce qui retire 10log256=20log16=24,1dB. Le spectateur reçoit 116,0−24,1=91,9dB.
c) Il faut perdre 116,0−80=36,0dB, soit 20log1,0d=36,0 et d=1036,0/20=63m.
d) 91,9dB dépasse 80dB de 11,9dB, soit 311,9=3,97 divisions par deux : t=8×2−3,97=0,51h, environ 30min. Un concert de deux heures au premier rang dépasse donc largement la dose admise.
e) 91,9−25=66,9dB, sous le seuil de 80dB : la durée admise dépasse huit heures, le concert entier est sans risque. Une atténuation de 25dB divise l'intensité par 102,5≈316, et la musique reste pourtant parfaitement audible.
Partie D : compléments au programme (/10)
Exercice 16 : Établir l'expression de l'interfrange
Deux fentes fines et parallèles S1 et S2, distantes de b=0,20mm, sont éclairées par un même laser violet de longueur d'onde λ=405nm. Un écran est placé à D=1,60m des fentes. Un point M de l'écran est repéré par son abscisse x, comptée depuis le point O équidistant des deux fentes. La figure n'est pas à l'échelle.
Lorsque b et x sont très petits devant D, la différence de chemin optique en M vaut, dans l'air, δ=S2M−S1M≈Dbx : c'est l'expression linéarisée, admise.
a) Écrivez la condition d'interférences constructives en M, et déduisez-en les abscisses xk des franges brillantes. Quelle est la nature de la frange en O ? Calculez x1.
b) Faites de même pour les franges sombres, et calculez l'abscisse de la première frange sombre.
c) Établissez l'expression de l'interfrange i, distance entre deux franges brillantes consécutives, et calculez-la. Que vaut la distance entre deux franges sombres consécutives ?
d) Au point d'abscisse x=5i, calculez δ en nanomètres, puis λδ. Le calcul exact, sans linéarisation, donne δ=2024,9nm : l'approximation est-elle justifiée ?
e) On plonge tout le dispositif dans l'eau, d'indice n=1,33. La différence de chemin optique devient δ=Dnbx. Établissez la nouvelle interfrange et calculez-la. Les franges se resserrent-elles ou s'écartent-elles ?
Voir la correction
Réponses
a)δ=kλ, xk=kbλD ; frange centrale brillante ; x1=3,24mm
b)xk′=(k+21)bλD ; première frange sombre à 1,62mm
c)i=xk+1−xk=bλD=3,24mm ; même distance entre franges sombres
a) Les deux ondes viennent de la même source, donc elles sont cohérentes et en phase au niveau des fentes. En M, elles arrivent en phase, et les interférences sont constructives, si la différence de chemin optique est un nombre ENTIER de longueurs d'onde : δ=kλ, k entier relatif. Avec δ=Dbx, il vient Dbxk=kλ, soit xk=kbλD. En O, x=0, donc δ=0 : les deux chemins sont égaux, et la frange centrale est BRILLANTE (k=0). Pour k=1 : x1=0,20×10−3405×10−9×1,60=3,24×10−3m, soit 3,24mm.
b) Les interférences sont destructives si δ=(k+21)λ : les ondes arrivent en opposition de phase. D'où xk′=(k+21)bλD. La première frange sombre, k=0, est en x0′=21×3,24=1,62mm, exactement à mi-chemin entre la frange centrale et la première frange brillante.
c) L'interfrange est la DIFFÉRENCE des positions de deux franges brillantes voisines : i=xk+1−xk=(k+1)bλD−kbλD=bλD. Le résultat ne dépend pas de k : les franges sont ÉQUIDISTANTES, ce qui justifie de mesurer plusieurs interfranges d'un coup. Numériquement, i=3,24mm. Pour deux franges sombres voisines, xk+1′−xk′=bλD aussi : la distance est la même, 3,24mm. Contrôle d'homogénéité : bλD est un produit de deux longueurs divisé par une longueur, c'est bien une longueur. Réciter i=bλD sans cette soustraction ne rapporte pas le point quand l'énoncé dit « établir ».
d) À x=5i=16,2mm : δ=Dbx=1,600,20×10−3×16,2×10−3=2,025×10−6m, soit 2025nm, et λδ=4052025=5 : c'est la cinquième frange brillante, comme prévu. Le calcul exact donne 2024,9nm : l'écart relatif est de l'ordre de 5×10−5, soit 0,005%. L'approximation est largement justifiée, parce que x et b, quelques millimètres au plus, sont des centaines de fois plus petits que D.
e) Dans l'eau, δ=Dnbx : la condition δ=kλ donne xk=knbλD, et la même soustraction donne i′=nbλD=ni=1,333,24≈2,44mm. Les franges se RESSERRENT. L'indice entre par le chemin OPTIQUE, qui compte la longueur géométrique multipliée par n ; c'est équivalent à dire que la longueur d'onde dans l'eau vaut nλ. L'erreur classique est de multiplier l'interfrange par n au lieu de la diviser.
À retenir : on écrit la condition sur δ, on en tire les positions xk, et l'interfrange est la différence de deux positions voisines. C'est cette chaîne, et non la formule finale, que « établir » demande.
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