Spécialité physique-chimie, Terminale • Exercices corrigés à Montréal
Fiche de révision : l'effet photoélectrique, le photon et la cellule photovoltaïque (Terminale)
L'effet photoélectrique est le chapitre qui a fait naître le photon, et c'est un chapitre de bilans d'énergie : l'énergie du photon paie le travail d'extraction, le reste part en énergie cinétique. Ce qui coûte des points n'est presque jamais la physique, c'est une unité, électronvolt ou joule, nanomètre ou mètre, ou la confusion entre ce que règle la fréquence et ce que règle l'intensité.
Vous trouverez ici les huit erreurs qui reviennent au baccalauréat, avec la phrase exacte à écrire pour chacune, l'arbre qui décide s'il y a émission d'électrons, celui qui choisit la relation, et une cathode de lithium éclairée par une raie du mercure traitée ligne par ligne.
Le fil du chapitre
Un électron est arraché par UN photon, en une fois : c'est la fréquence qui décide si l'électron sort, hν>W, et l'intensité qui décide combien il en sort. Les énergies de deux photons ne s'additionnent jamais sur un même électron.
•Photon : masse nulle, vitesse c, énergie E=hν=λhc avec λ en MÈTRES ; 1eV=1,60×10−19J, et E(eV)≈λ(nm)1243.
•Effet photoélectrique : un métal éclairé émet des électrons seulement si ν≥ν0, c'est-à-dire λ≤λ0, quelle que soit l'intensité.
•Travail d'extraction : W=hν0=λ0hc, propre à chaque métal.
•Relation d'Einstein : Ec,max=hν−W. Tous les métaux donnent des droites Ec,max(ν) de même pente h.
Même pente h pour tous les métaux, seuils différents : le césium émet dès 5,2×1014 Hz, le zinc seulement à partir de 10,4×1014 Hz, dans l'ultraviolet.
La longueur d'onde seuil est un MAXIMUM : « l'effet a lieu pour λ≤λ0 » est la phrase qui rapporte le point.
Un bilan d'énergie, photon par photon
•L'énergie hν d'UN photon paie d'abord W ; le reste devient l'énergie cinétique de l'électron : hν=W+Ec,max.
•L'intensité lumineuse fixe le nombre de photons par seconde, N=hνP, donc le nombre d'électrons et l'intensité du courant.
•Absorption ou émission par un atome : hν=∣E2−E1∣ exactement ; un photon est absorbé en entier ou pas du tout.
•Cellule photovoltaïque : P=UI, maximale au coude de la caractéristique ; η=ESPmax avec S en m2.
La flèche hν se partage en deux : W pour sortir du métal, puis Ec,max au-dessus. Si hν n'atteint pas le niveau de sortie, rien ne sort.
Le modèle ondulatoire expliquait l'intensité mais pas le seuil : c'est l'argument historique d'Einstein en 1905, et la question « en quoi cette expérience justifie-t-elle le modèle particulaire » l'attend mot pour mot.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Soustraire des électronvolts à des joules
toute la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Ec,max=hν−W=7,83×10−19−4,31=−4,31. »
Ce qu'il faut écrire
« hν=1,60×10−197,83×10−19=4,89eV, donc Ec,max=4,89−4,31=0,58eV. »
Pourquoi : Une soustraction ne se fait qu'entre grandeurs de même unité. On convertit AVANT de soustraire, et un résultat négatif signale presque toujours ce mélange.
2.Croire que l'intensité augmente l'énergie des électrons
1 point sur une question d'interprétation
Ce qu'il ne faut pas écrire
« On double l'intensité lumineuse, donc les électrons sortent avec deux fois plus d'énergie cinétique. »
Ce qu'il faut écrire
« Ec,max=hν−W ne dépend que de la fréquence : doubler l'intensité double le NOMBRE d'électrons émis, pas leur énergie. »
Quand l'intensité est multipliée par 2, 3 ou 4, le nombre d'électrons par seconde suit, alors que Ec,max reste sur sa droite horizontale.
Pourquoi : Chaque électron est arraché par un seul photon ; plus de photons, c'est plus d'électrons, chacun avec la même énergie maximale.
3.Lire la longueur d'onde seuil comme un minimum
1 point, et la conclusion inversée
Ce qu'il ne faut pas écrire
« λ0=288nm pour le zinc : la lumière visible, de longueur d'onde plus grande, extrait donc des électrons. »
Ce qu'il faut écrire
« L'effet exige hν≥W, donc λ≤λ0=288nm : seul l'ultraviolet extrait des électrons du zinc. »
Pourquoi : L'énergie du photon est inversement proportionnelle à λ : le seuil en fréquence est un minimum, le seuil en longueur d'onde un MAXIMUM.
4.Laisser la longueur d'onde en nanomètres
1 point
Ce qu'il ne faut pas écrire
« E=5006,63×10−34×3,00×108=4,0×10−28J. »
Ce qu'il faut écrire
« λ=500nm=500×10−9m, donc E=3,98×10−19J=2,49eV. »
Pourquoi : Toute la formule est en unités du système international. Un photon visible vaut entre 1,6 et 3,1eV : un résultat hors de cette plage trahit la conversion oubliée.
5.Additionner l'énergie de plusieurs photons
1 point, souvent la question de cours de l'exercice
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Avec une lumière rouge dix fois plus intense, chaque électron reçoit dix fois plus d'énergie et finit par sortir du zinc. »
Ce qu'il faut écrire
« Un électron n'absorbe qu'un photon à la fois : un photon rouge de 1,8eV reste sous W=4,31eV, et aucun électron ne sort, quelle que soit l'intensité. »
Pourquoi : C'est exactement l'observation que le modèle ondulatoire ne pouvait pas expliquer, et la raison d'être du photon.
6.Confondre travail d'extraction et énergie cinétique
0,5 à 1 point
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le travail d'extraction est l'énergie avec laquelle l'électron sort du métal. »
Ce qu'il faut écrire
« Le travail d'extraction est l'énergie MINIMALE pour arracher un électron ; l'électron sort avec au plus Ec,max=hν−W. »
Pourquoi : W est un coût, Ec,max est ce qui reste après l'avoir payé : les confondre inverse le bilan d'énergie.
7.Faire absorber une partie d'un photon
1 point
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le photon de 2,50eV cède 2,11eV à l'atome de sodium pour l'exciter et repart avec 0,39eV. »
Ce qu'il faut écrire
« Un photon est absorbé en ENTIER si son énergie égale un écart entre niveaux, sinon pas du tout : le photon de 2,50eV n'est pas absorbé. Seul un électron incident peut céder une partie de son énergie. »
Pourquoi : Le photon n'existe pas « à moitié » : il disparaît en cédant toute son énergie, ou il continue intact.
8.Rater le rendement d'une cellule
1 à 2 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Pmax=Icc×U0=3,0×0,60=1,8W et η=1000×1001,8. »
Ce qu'il faut écrire
« Pmax se lit au coude de P=UI : 1,31W ; S=100cm2=1,0×10−2m2, donc η=1000×1,0×10−21,31=13%. »
Pourquoi : Icc et U0 ne sont jamais atteints en même temps ; et un rendement se calcule avec des watts et des mètres carrés, sinon il n'est plus compris entre 0 et 1.
Quelle méthode choisir
Y a-t-il effet photoélectrique ?
On compare le photon au seuil du métal, dans la grandeur que donne l'énoncé.
Si l'énoncé donne W et λ → calculer hν en eV et comparer à W
Exemple : césium 2,14 eV, lumière de 500 nm à 2,49 eV : effet
Si l'énoncé donne λ0 → effet si λ≤λ0
Exemple : zinc λ0=288 nm, lampe à 254 nm : effet
Si l'énoncé donne ν0 → effet si ν≥ν0
Exemple : sodium ν0=5,5×1014 Hz, lumière à 4,3×1014 Hz : pas d'effet
Si l'énoncé parle d'intensité ou de durée → ignorer ces données pour décider : elles ne changent que le nombre d'électrons
Exemple : lumière rouge intense sur le zinc : aucun électron
Si l'énergie du photon est tout juste égale à W, les électrons sortent avec une énergie cinétique nulle : c'est la définition même du seuil.
Quelle relation selon la grandeur cherchée
On lit la grandeur demandée et l'unité attendue.
Si énergie d'un photon → E=λhc en joules, puis division par 1,60×10−19
Exemple : 254 nm : 7,83×10−19 J =4,89 eV
Si énergie ou vitesse des électrons → Ec,max=hν−W, puis v=m2Ec en joules
Exemple : 0,58 eV =9,3×10−20 J : v=4,5×105m⋅s−1
Si nombre de photons ou courant → N=hνP, puis I=ρNe avec le rendement quantique ρ
Exemple : 2,0 mW à 470 nm, ρ=0,20 : I=0,15 mA
Si constante de Planck sur un graphe Ec,max(ν) → pente de la droite, convertie en J⋅s
Exemple : 4,15×10−15 eV·s =6,64×10−34 J·s
Si rendement d'une cellule → η=ESPmax, S en m2
Exemple : 800×0,56257,6=12,8%
Pour une transition atomique, aucune de ces relations : on calcule l'écart entre niveaux, puis λ=ΔEhc.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Interpréter l'effet photoélectrique par le modèle particulaire
Quand l'utiliser : « En quoi cette expérience justifie-t-elle le modèle particulaire de la lumière ? »
1Rappeler l'observation : « l'émission n'a lieu qu'au-dessus d'une fréquence seuil, quelle que soit l'intensité ».
2Dire ce que prévoyait le modèle ondulatoire : « une onde intense ou prolongée devrait toujours finir par apporter l'énergie nécessaire ».
3Introduire le photon : « la lumière est formée de photons d'énergie hν, et un électron absorbe un seul photon ».
4Écrire le bilan : « l'électron sort si hν≥W, avec Ec,max=hν−W ».
5Conclure sur le rôle de l'intensité : « elle ne fixe que le nombre de photons, donc d'électrons ».
Phrase de conclusion
« Chaque électron est arraché par un seul photon d'énergie hν : il ne peut sortir que si hν≥W, ce qui explique le seuil en fréquence indépendant de l'intensité. »
Le piège : Écrire que la lumière « est » une particule : le modèle particulaire rend compte des échanges d'énergie, le modèle ondulatoire de la diffraction et des interférences ; les deux sont nécessaires.
Barème : 1 point pour le seuil inexplicable par l'onde, 1 point pour le photon et le bilan, 0,5 point pour le rôle de l'intensité.
Calculer le rendement d'une cellule photovoltaïque
Quand l'utiliser : « Déterminer le rendement de la cellule » à partir d'une caractéristique et d'un éclairement.
1Calculer P=UI en plusieurs points de la caractéristique, ou lire le maximum de P(U) s'il est tracé.
2Donner Pmax avec la tension et l'intensité correspondantes.
3Convertir la surface en mètres carrés.
4Calculer la puissance lumineuse reçue ES.
5Écrire η=ESPmax et le résultat en pourcentage.
Phrase de conclusion
« Le rendement de la cellule vaut η=ESPmax=1000×1,0×10−21,31=13% ; le reste de la puissance reçue est surtout dissipé en chaleur. »
Le piège : Prendre Icc×U0 pour la puissance maximale : ce produit n'est jamais atteint.
Barème : 1 point pour Pmax lue au bon endroit, 1 point pour la puissance reçue avec la surface convertie, 0,5 point pour le rendement.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
La plage du visible
Un photon visible a une énergie entre 1,6 et 3,1eV, soit 2,5 à 5×10−19J. Placez votre résultat dans cette plage avant d'aller plus loin.
4,0×10−28 J pour un photon vert : la longueur d'onde est restée en nanomètres.
Le signe de l'énergie cinétique
Ec,max est positive ou nulle. Une valeur négative signifie soit qu'il n'y a pas d'effet, soit qu'on a mélangé joules et électronvolts.
Ec,max=−4,31 : on a soustrait des eV à des joules.
Le sens du seuil
Plus la longueur d'onde est COURTE, plus l'effet est facile. Relisez l'inégalité : λ≤λ0.
Conclure que le rouge agit sur le zinc et pas l'ultraviolet trahit un seuil lu à l'envers.
Le rendement entre 0 et 1
Un rendement de cellule du commerce vaut entre 10 et 25%. Un résultat minuscule ou supérieur à 100% signale une surface mal convertie.
η=1,3×10−5 : la surface a été laissée en cm2.
L'exercice type décortiqué
Une cathode de lithium éclairée par une raie du mercure
Une cathode de lithium, de travail d'extraction W=2,90eV, reçoit une puissance de 1,0mW de la raie ultraviolette du mercure à 365nm. Le rendement quantique vaut 5,0%. Données : h=6,63×10−34J⋅s ; c=3,00×108m⋅s−1 ; e=1,60×10−19C ; m=9,11×10−31kg.
1. Y a-t-il effet photoélectrique ? 2. Calculer l'énergie cinétique maximale des électrons. 3. En déduire leur vitesse maximale. 4. Calculer le nombre de photons reçus par seconde. 5. Calculer l'intensité du courant.
Étape 1
E=λhc=365×10−96,63×10−34×3,00×108=5,45×10−19J=3,41eV>2,90eV : il y a effet photoélectrique.
Pourquoi
On décide AVANT de calculer quoi que ce soit d'autre : si l'énergie du photon était sous le seuil, toutes les questions suivantes auraient pour réponse zéro.
Étape 2
Ec,max=3,41−2,90=0,51eV=8,1×10−20J.
Pourquoi
La soustraction se fait en électronvolts, unité des deux données ; la conversion en joules est faite tout de suite, parce que la question suivante en a besoin.
Étape 3
v=m2Ec=9,11×10−312×8,1×10−20=4,2×105m⋅s−1.
Pourquoi
Une énergie cinétique mécanique se met en joules dans 21mv2. La vitesse obtenue, bien inférieure à c, justifie la formule classique.
Étape 4
N=EP=5,45×10−191,0×10−3=1,8×1015 photons par seconde.
Pourquoi
Un watt est un joule par seconde : diviser par l'énergie d'un photon en joules donne directement un nombre de photons par seconde.
Étape 5
I=0,050×1,8×1015×1,60×10−19=1,5×10−5A=15μA.
Pourquoi
Seul un photon sur vingt arrache un électron ; chaque électron transporte la charge e. Le courant mesure donc le nombre d'électrons, c'est-à-dire l'intensité lumineuse, jamais la fréquence.
Conclusion rédigée
La raie à 365 nm extrait des électrons du lithium avec au plus 0,51 eV, soit 4,2×105m⋅s−1, et produit un courant de 15μA.
L'erreur classique sur cet exercice : Utiliser 0,51 eV sans conversion dans v=2Ec/m : on trouve 1,1×1015m⋅s−1, plus de trois millions de fois la vitesse de la lumière.
À savoir par cœur
•E=hν=λhc, λ en mètres ; 1eV=1,60×10−19J ; E(eV)≈λ(nm)1243.
•Photon : masse NULLE, vitesse c.
•Effet si ν≥ν0, c'est-à-dire λ≤λ0, avec W=hν0.
•Ec,max=hν−W : la fréquence fixe l'énergie des électrons, l'intensité leur NOMBRE.
•N=hνP photons par seconde ; I=ρNe.
•Absorption ou émission : hν=∣E2−E1∣, photon absorbé en entier ou pas du tout.
•Cellule : η=ESPmax, Pmax au coude de P=UI, S en m2.
Questions fréquentes
Pourquoi une lumière intense ne suffit-elle pas à provoquer l'effet photoélectrique ?
Parce qu'un électron est arraché par un seul photon, et que l'énergie d'un photon dépend seulement de sa fréquence. Si cette énergie est inférieure au travail d'extraction du métal, aucun électron ne sort, même avec une lumière très intense : l'intensité ne fait qu'augmenter le nombre de photons, pas l'énergie de chacun.
Comment calculer l'énergie cinétique maximale des électrons émis ?
On calcule l'énergie du photon, h fois la fréquence ou h c sur la longueur d'onde, on la convertit dans la même unité que le travail d'extraction, puis on soustrait le travail d'extraction. Le résultat, positif, est l'énergie cinétique maximale ; les électrons arrachés plus profondément sortent avec moins.
Comment passer des joules aux électronvolts ?
On divise l'énergie en joules par 1,60 fois dix puissance moins dix-neuf. Dans l'autre sens, on multiplie. Pour un photon, la règle pratique donne directement l'énergie en électronvolts : 1243 divisé par la longueur d'onde en nanomètres. Un photon visible vaut entre 1,6 et 3,1 électronvolts.
Comment calculer le rendement d'une cellule photovoltaïque ?
On divise la puissance électrique maximale fournie par la cellule par la puissance lumineuse reçue, égale à l'éclairement en watts par mètre carré multiplié par la surface en mètres carrés. La puissance maximale se lit au coude de la caractéristique, là où le produit de la tension par l'intensité est le plus grand.
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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Contactez-moi pour une première séance. On reprend les gestes qui coûtent des points au baccalauréat, de la conversion des électronvolts jusqu'au rendement d'une cellule photovoltaïque, puis on les met à l'épreuve sur des exercices calibrés sur le niveau réel de l'épreuve.