Spécialité physique-chimie, Terminale • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : modéliser l'écoulement d'un fluide, Archimède et Bernoulli (Terminale spécialité)
Voici une série d'exercices corrigés sur l'écoulement des fluides pour la spécialité physique-chimie de Terminale, programme français. Ce chapitre, exclu de l'écrit du baccalauréat depuis 2020, redevient évaluable à la session de juin 2027 : poussée d'Archimède, débit volumique, conservation du débit, relation de Bernoulli et effet Venturi.
Le fil de la série : un fluide agit par des DIFFÉRENCES de pression. Entre le bas et le haut d'un objet immergé, la différence donne la poussée d'Archimède ; entre deux points d'un écoulement, elle se paie en vitesse. Avant d'écrire la moindre formule, on nomme donc les deux points que l'on compare, et ce qu'on sait en chacun : pression, vitesse, altitude.
Conformément au programme, la relation de Bernoulli est toujours fournie dans l'énoncé. Ce qui est évalué, c'est de choisir les bons points, de simplifier les termes qui s'éliminent et de discuter les hypothèses du modèle, fluide parfait, incompressible, écoulement permanent : chaque exercice de la partie B en fait tomber une. La statique des fluides de Première, la loi pB−pA=ρg(zA−zB), est supposée connue ; elle est révisée dans la série sur les fluides au repos.
Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•POUSSÉE D'ARCHIMÈDE : Π=−ρfluideVimmg, verticale vers le haut, de valeur ρfluideVimmg. Masse volumique du FLUIDE, volume IMMERGÉ.
•Elle est la résultante des forces pressantes : la pression est plus grande sous l'objet que dessus. Pour un fluide incompressible, elle ne dépend pas de la profondeur.
•Corps qui flotte à l'équilibre : Π=P, et la fraction immergée vaut ρfluideρmoy, où ρmoy est la masse volumique MOYENNE de l'objet, air enfermé compris.
•DÉBIT VOLUMIQUE : DV=Sv, en m3⋅s−1 ; 1L=10−3m3.
•CONSERVATION DU DÉBIT, fluide incompressible en écoulement permanent : S1v1=S2v2. Diamètre divisé par 2, vitesse multipliée par 4. Pour des conduits en parallèle, on prend la section TOTALE.
•RELATION DE BERNOULLI (fournie) : p+21ρv2+ρgz=constante le long d'une ligne de courant, pour un fluide parfait, incompressible, en écoulement permanent.
•Surface libre et jet à l'air libre : p=p0. Grande surface libre : v≈0. Point d'arrêt : v=0.
•Vidange ou siphon (Torricelli) : v=2gh, h étant la dénivellation entre la surface libre et la SORTIE.
•EFFET VENTURI : à altitude égale, là où la vitesse augmente, la pression diminue : p1−p2=21ρ(v22−v12).
•TUBE DE PITOT : Δp=21ρv2, donc v=ρ2Δp.
•LIMITES : un fluide réel est visqueux (pertes de charge, p+21ρv2+ρgz diminue le long de l'écoulement) ; un gaz n'est incompressible que si sa vitesse reste loin de celle du son.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : D'où vient la poussée : les deux faces d'une sonde immergée
Une sonde océanographique a la forme d'un cylindre de section S=2,00×10−2m2 et de hauteur h=0,500m. Un câble la maintient immobile, axe vertical, entièrement immergée dans l'eau de mer : sa face supérieure est à 2,00m sous la surface.
Données : ρmer=1,025×103kg⋅m−3, g=9,81N⋅kg−1, p0=1,013×105Pa à la surface, et la loi de la statique des fluides, vue en Première : à la profondeur d, p=p0+ρgd.
a) Calculez la pression sur la face supérieure, puis sur la face inférieure de la sonde, en kilopascals.
b) Calculez les valeurs des forces pressantes Fhaut et Fbas que l'eau exerce sur ces deux faces, et donnez le sens de chacune.
c) Calculez la résultante de ces deux forces et donnez son sens. Comparez-la au poids de l'eau qui occuperait le volume de la sonde : qu'a-t-on établi ?
d) Pourquoi les forces pressantes sur la paroi latérale n'apportent-elles rien à la résultante ?
e) Écrivez l'expression vectorielle de la poussée d'Archimède. On remonte la sonde jusqu'à ce que la moitié de sa hauteur émerge, axe toujours vertical : calculez la nouvelle poussée.
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Réponses
a)phaut≈121,4kPa et pbas≈126,4kPa
b)Fhaut≈2428N vers le bas, Fbas≈2529N vers le haut
c)Résultante ≈100,6N vers le haut, égale à ρmerVg : c'est la poussée d'Archimède
d)À une même profondeur, deux éléments opposés de la paroi subissent des forces égales et opposées : elles se compensent
e)Π=−ρfluideVimmg ; à moitié émergée, Π≈50,3N
a)
La face supérieure est à d1=2,00m : phaut=p0+ρgd1=1,013×105+1,025×103×9,81×2,00=1,013×105+2,011×104≈1,214×105Pa, soit 121,4kPa. La face inférieure est plus bas de la hauteur de la sonde, d2=2,50m : pbas=1,013×105+1,025×103×9,81×2,50≈1,264×105Pa, soit 126,4kPa. L'écart entre les deux, ρgh≈5,03kPa, ne dépend que de la hauteur de la sonde, pas de sa profondeur.
b)
Une force pressante est perpendiculaire à la surface et dirigée VERS elle, depuis le fluide. Sur la face du haut, l'eau est au-dessus : elle pousse vers le bas, Fhaut=phautS≈1,214×105×2,00×10−2≈2428N. Sur la face du bas, l'eau est dessous : elle pousse vers le haut, Fbas=pbasS≈2529N. Ces forces sont énormes, l'équivalent d'un quart de tonne chacune, parce que la pression atmosphérique y est comprise. Elles ne se voient pas parce qu'elles se compensent presque.
c)
Les deux forces sont verticales et de sens opposés : la résultante vaut Fbas−Fhaut≈2528,8−2428,2≈100,6N, vers le HAUT, puisque la face du bas est plus profonde. Littéralement, Fbas−Fhaut=(pbas−phaut)S=ρghS=ρVg : la pression atmosphérique s'élimine, et il reste le poids de l'eau qui remplirait le volume V=Sh=1,00×10−2m3 de la sonde, 1,025×103×1,00×10−2×9,81≈100,6N. On vient de retrouver le théorème d'Archimède, et surtout son ORIGINE : la poussée n'est pas une force de plus, c'est la somme des forces pressantes, qui ne s'annule pas parce que la pression croît avec la profondeur.
d)
Découpez la paroi latérale en petits éléments. Deux éléments diamétralement opposés sont à la même profondeur, donc à la même pression : ils subissent des forces de même valeur, horizontales et de sens opposés, qui s'annulent deux à deux. Aucune ne peut avoir de composante verticale, puisqu'une force pressante est perpendiculaire à la paroi et que la paroi est verticale. Tout le travail est donc fait par les deux faces horizontales, et c'est leur différence de profondeur qui compte.
e)
Π=−ρfluideVimmg : le signe moins dit que la poussée est opposée au champ de pesanteur, donc verticale vers le haut, et Vimm est le volume IMMERGÉ, pas le volume de l'objet. Sonde à moitié émergée : la face du haut est dans l'air, à la pression p0, et la face du bas est à h/2=0,250m de profondeur. La résultante vaut ρg2hS=1,025×103×9,81×0,250×2,00×10−2≈50,3N : c'est la moitié, car le volume immergé est moitié moindre. Le piège classique est d'écrire le volume total : on compterait 100,6N, alors que la moitié supérieure de la sonde ne déplace aucune eau. La poussée de l'air sur la partie émergée est négligeable, l'air étant environ 800 fois moins dense.
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Exercice 2 : Flotter ou couler : la barge d'acier et le lingot
Une barge de canal est un caisson d'acier ouvert sur le dessus, assimilé à un pavé de longueur L=6,00m, de largeur ℓ=2,50m et de hauteur H=1,20m. Vide, elle a une masse m=4,50t.
a) Calculez la masse volumique moyenne de la barge vide, rapportée à son volume extérieur, puis le volume d'acier qu'elle contient.
b) Écrivez la condition d'équilibre de la barge qui flotte, puis calculez son enfoncement e à vide (le tirant d'eau). Quelle fraction de son volume extérieur est immergée ?
c) Le règlement impose de garder au moins 0,20m de bord hors de l'eau. Quelle masse de cargaison peut-on charger au maximum ?
d) On découpe la barge et l'on fond toute sa tôle en un lingot plein, posé dans l'eau. Calculez son poids et la poussée qu'il subit une fois entièrement immergé, en kilonewtons. Flotte-t-il ?
e) Au-delà de quelle masse totale la barge coule-t-elle forcément, quelle que soit la répartition de la cargaison ? Expliquez pourquoi c'est la FORME, et non le matériau, qui fait flotter un navire.
c)Enfoncement maximal 1,00m : masse totale 15,0t, cargaison 10,5t
d)P≈44,1kN, Π≈5,62kN : le lingot coule
e)Au-delà de 18,0t, masse de l'eau que déplacerait tout le volume extérieur ; la coque creuse déplace beaucoup d'eau avec peu d'acier
a)
Le volume extérieur vaut Vext=LℓH=6,00×2,50×1,20=18,0m3. La masse volumique moyenne, c'est la masse répartie sur tout ce volume, vide compris : ρmoy=18,04500=250kg⋅m−3, quatre fois moins que l'eau. L'acier lui-même n'occupe que Vacier=7,85×1034500≈0,573m3, à peine plus de trois pour cent du volume extérieur. Tout le reste est de l'air.
b)
La barge flottante est immobile : les deux forces qu'elle subit, poids et poussée, se compensent, mg=ρeauVimmg, avec Vimm=Lℓe. Le g se simplifie : e=ρeauLℓm=1,00×103×15,04500=0,300m. La fraction immergée vaut He=1,200,300=0,25, exactement ρeauρmoy=1000250. Ce n'est pas un hasard : pour tout corps qui flotte, la fraction immergée est le rapport de SA masse volumique moyenne à celle du fluide.
c)
Avec 0,20m de bord hors de l'eau, l'enfoncement peut atteindre 1,20−0,20=1,00m. La même condition d'équilibre donne la masse totale admise : mtot=ρeauLℓemax=1,00×103×15,0×1,00=1,50×104kg, soit 15,0t. On retire la barge : la cargaison maximale vaut 15,0−4,50=10,5t. Chaque tonne chargée enfonce la barge de 150001000≈6,7cm : c'est la loi linéaire des échelles de tirant d'eau peintes sur les coques.
d)
Le lingot garde la masse 4500kg : P=mg=4500×9,81≈4,41×104N, soit 44,1kN. Entièrement immergé, il ne déplace que son propre volume, 0,573m3 : Π=ρeauVg≈1,00×103×0,573×9,81≈5,62kN. Même totalement sous l'eau, la poussée ne compense que 13 pour cent du poids : la résultante, environ 38,5kN vers le bas, l'envoie au fond. Même matière, même masse, destin opposé.
e)
La poussée la plus grande que la barge puisse recevoir est celle de tout son volume extérieur enfoncé jusqu'au bord : ρeauVext=1,00×103×18,0=18,0t d'eau déplacée. Au-delà de 18,0t de masse totale, aucun enfoncement ne peut équilibrer le poids, l'eau passe par-dessus le bord et la barge coule. Ce qui décide n'est donc pas la masse volumique de l'acier, 7850, mais la masse volumique MOYENNE du navire, air enfermé compris. Une coque creuse déplace un grand volume d'eau avec peu de matière. Le piège de copie est d'écrire « l'acier coule, donc la barge coule » : c'est comparer la mauvaise masse volumique.
Même masse, 4,50t, donc même poids, 44,1kN. La barge s'enfonce de 0,300m et déplace assez d'eau pour que Π=P ; le lingot, tout immergé, ne reçoit que 5,62kN et coule. Flèches à l'échelle.
Exercice 3 : Le ballon de fête : ce qui porte, c'est une différence de masses volumiques
Un ballon de fête sphérique, de rayon R=15,0cm, est gonflé à l'hélium. Son enveloppe a une masse de 3,0g et l'on néglige son volume devant celui du gaz.
Données : air ρair=1,20kg⋅m−3, hélium du ballon ρHe=0,170kg⋅m−3, g=9,81N⋅kg−1. Volume d'une boule : 34πR3.
a) Calculez le volume du ballon, en litres, et la valeur de la poussée d'Archimède que l'air exerce sur lui.
b) Calculez le poids total du ballon, hélium compris, puis la valeur de la résultante des forces à l'instant où on le lâche. Donnez sa direction et son sens.
c) Quelle masse maximale de ruban peut-on accrocher au ballon sans qu'il redescende ?
d) Dans un dessin animé, un enfant s'envole accroché à une grappe de ballons. Combien de ballons comme celui-ci faudrait-il pour soulever un enfant et son harnais, 25,0kg au total ?
e) Une montgolfière utilise de l'air chauffé à 100∘C, de masse volumique 0,946kg⋅m−3. Comparez la masse que peut soulever un mètre cube d'air chaud et un mètre cube d'hélium : par quel facteur faut-il multiplier le volume de l'enveloppe ?
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Réponses
a)V≈1,41×10−2m3=14,1L ; Π≈0,166N
b)P≈0,0530N ; résultante ≈0,113N, verticale, vers le haut
c)mmax≈11,6g
d)2163 ballons (arrondi à l'entier supérieur)
e)0,254kg par mètre cube d'air chaud contre 1,03kg d'hélium : volume multiplié par 4,1
a)
V=34πR3=34π×0,1503≈1,414×10−2m3, soit 14,1L. Le ballon est entièrement plongé dans l'air, fluide lui aussi : Π=ρairVg=1,20×1,414×10−2×9,81≈0,166N. La masse volumique à mettre dans la formule est celle du fluide EXTÉRIEUR, l'air, jamais celle de l'hélium : la poussée ne sait pas ce qu'il y a dans le ballon.
b)
Masse d'hélium : ρHeV=0,170×1,414×10−2≈2,40×10−3kg, soit 2,40g. Masse totale 2,40+3,0=5,40g, poids P≈5,40×10−3×9,81≈0,0530N. Les deux forces sont verticales et opposées ; la poussée l'emporte : résultante 0,166−0,0530≈0,113N, verticale et vers le HAUT. En vecteurs, P+Π=(m−ρairV)g, et le coefficient m−ρairV est négatif : la résultante est opposée à g. Elle ne dure pas : le ballon accélère, et le frottement de l'air, hors de cet exercice, finit par l'équilibrer.
c)
Le ballon reste immobile, sans monter, si Π=(mHe+menv+mruban)g. Le g se simplifie, et tout se lit en masses : mruban=ρairV−ρHeV−menv=16,96−2,40−3,0≈11,6g. L'écriture (ρair−ρHe)V dit l'essentiel : chaque litre d'hélium soulève la DIFFÉRENCE des masses volumiques, 1,03g, et l'enveloppe en mange déjà une bonne part.
d)
Chaque ballon soulève au plus 11,56g en plus de lui-même. Il en faut 11,5625,0×103≈2162,4, donc 2163 ballons : on arrondit à l'entier SUPÉRIEUR, puisque 2162 ballons ne suffisent pas tout à fait. La grappe représenterait un volume de plus de trente mètres cubes, une sphère de près de quatre mètres de diamètre : le dessin animé n'est pas absurde, il est seulement très optimiste sur la taille de la grappe.
e)
Un mètre cube d'air chaud déplace 1,20kg d'air froid et pèse lui-même 0,946kg : il soulève 1,20−0,946=0,254kg. Un mètre cube d'hélium soulève 1,20−0,170=1,03kg. Le rapport vaut 0,2541,03≈4,1 : à charge égale, l'enveloppe d'une montgolfière doit être quatre fois plus volumineuse. C'est le prix d'un gaz porteur gratuit et réglable au brûleur, face à un gaz rare qu'on ne récupère pas. Dans les deux cas, le même calcul : ce qui porte, c'est l'écart entre la masse volumique du fluide extérieur et celle du contenu.
Exercice 4 : Le mustimètre : un densimètre dont la graduation se resserre
Pour suivre la fermentation d'un moût de raisin, un vigneron utilise un densimètre à bulbe, appelé mustimètre : un bulbe lesté de volume V0=40,0cm3, surmonté d'une tige cylindrique de section s=0,500cm2 et de longueur 12,0cm. Sa masse totale vaut m=45,0g. Il flotte verticalement, bulbe entièrement immergé ; on note x la longueur de tige immergée.
Au fil de la fermentation, le sucre devient de l'alcool et la masse volumique du moût diminue : c'est elle qu'on lit sur la tige, au niveau de la surface du liquide.
a) Écrivez la condition d'équilibre de l'instrument flottant et montrez que x=s1(ρm−V0), où ρ est la masse volumique du liquide.
b) Calculez x dans l'eau pure, ρ=1,000g⋅cm−3, puis dans un moût en début de fermentation, ρ=1,080g⋅cm−3.
c) Calculez x pour ρ=1,040g⋅cm−3, puis l'écart sur la tige entre les graduations 1,000 et 1,040, et entre 1,040 et 1,080. La graduation est-elle régulière ? De quel côté se resserre-t-elle ?
d) Quelles sont la plus grande et la plus petite masse volumique que ce mustimètre peut mesurer ?
e) Un fabricant propose une tige deux fois plus fine, s=0,250cm2, avec le même bulbe, la même masse et la même longueur. Qu'y gagne-t-on, que perd-on ? Calculez la nouvelle masse volumique minimale mesurable.
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Réponses
a)mg=ρ(V0+sx)g, d'où x=s1(ρm−V0)
b)Eau : x=10,0cm ; moût à 1,080 : x≈3,33cm
c)x≈6,54cm ; écarts 3,46cm puis 3,21cm : non régulière, resserrée vers le bas de la tige (fortes masses volumiques)
e)Graduations deux fois plus espacées, mais plage réduite : ρmin≈1,047g⋅cm−3, l'eau pure n'est plus mesurable
a)
L'instrument flotte immobile : son poids et la poussée se compensent. Le volume immergé est celui du bulbe plus la partie immergée de la tige, Vimm=V0+sx. Donc mg=ρ(V0+sx)g, soit ρm=V0+sx et x=s1(ρm−V0). Toute la mesure repose sur une idée : la masse est fixe, donc le volume immergé ρm varie en sens inverse de ρ. Plus le liquide est dense, moins l'instrument s'enfonce.
b)
Avec des grammes et des centimètres cubes, pas de conversion. Eau pure : 1,00045,0=45,0cm3, dont 40,0 pour le bulbe, donc x=0,5005,0=10,0cm. Moût à 1,080 : 1,08045,0≈41,67cm3, donc x=0,5001,67≈3,33cm. Dans le moût sucré, l'instrument remonte de près de sept centimètres : la graduation 1,080 est plus BAS sur la tige que la graduation 1,000, puisqu'on lit au niveau de la surface.
c)
ρ=1,040 : 1,04045,0≈43,27cm3, x≈6,54cm. Écarts : 10,00−6,54≈3,46cm entre 1,000 et 1,040, puis 6,54−3,33≈3,21cm entre 1,040 et 1,080. Pour deux mêmes pas de 0,040, la tige ne réserve pas la même longueur : x est une fonction de ρ1, pas de ρ, donc la graduation n'est PAS régulière. Elle se resserre vers le bas de la tige, du côté des fortes masses volumiques. Le piège est de graduer une tige par simple proportionnalité entre deux repères : l'erreur au milieu atteindrait plus d'un millimètre.
d)
La mesure n'a de sens que si la surface du liquide coupe la tige, 0≤x≤12,0cm. Pour x=0, seul le bulbe est immergé : ρmax=V0m=40,045,0=1,125g⋅cm−3 ; au-delà, l'instrument sort le bulbe de l'eau et ne mesure plus rien. Pour x=12,0cm, tige entièrement immergée : ρmin=40,0+6,0045,0≈0,978g⋅cm−3 ; en dessous, il coule. La plage couvre l'eau et tous les moûts, sucrés comme fermentés.
e)
Avec s deux fois plus petite, chaque écart de graduation est deux fois plus grand, puisque x est proportionnel à s1 : l'instrument devient deux fois plus SENSIBLE, on lit mieux le troisième chiffre. Mais la tige, de même longueur, n'offre plus que 12,0×0,250=3,00cm3 de volume : ρmin=43,045,0≈1,047g⋅cm−3. L'instrument coule dans l'eau pure et dans un vin fini. Sensibilité et étendue de mesure s'échangent : c'est pourquoi les densimètres se vendent par jeux, chacun fin sur une plage étroite.
La tige vue à plat, bulbe à gauche : pour deux mêmes pas de 0,040, les graduations sont espacées de 3,46 puis de 3,21cm. Elles se resserrent vers le bulbe, côté fortes masses volumiques.
Exercice 5 : Conservation du débit : de l'aorte aux capillaires
Le cœur d'un adulte au repos envoie 5,4L de sang par minute dans l'aorte, de diamètre intérieur 2,4cm. On modélise le sang comme un fluide incompressible en écoulement permanent, en raisonnant sur des débits et des vitesses MOYENS : le débit réel est pulsé au rythme des battements.
Le débit volumique DV est le volume de fluide qui traverse une section par unité de temps. Pour une vitesse v uniforme sur une section S, DV=Sv. Pour un fluide incompressible en écoulement permanent, le débit se conserve : ce qui entre dans un tronçon en ressort.
a) Convertissez le débit cardiaque en m3⋅s−1, puis calculez la vitesse moyenne du sang dans l'aorte, en cm⋅s−1.
b) Dans une artère carotide de diamètre 6,0mm circule un débit de 6,0mL⋅s−1. Calculez la vitesse du sang, puis sa vitesse dans un rétrécissement (sténose) où le diamètre n'est plus que 3,0mm. Par quel facteur a-t-elle été multipliée ?
c) Tout le débit cardiaque traverse ensuite le réseau des capillaires, dont la section TOTALE est estimée à 0,30m2. Calculez la vitesse moyenne du sang dans un capillaire, en mm⋅s−1.
d) Un capillaire a un diamètre de 8,0μm. Estimez le nombre de capillaires ouverts.
e) Un capillaire mesure 1,0mm de long. Combien de temps une goutte de sang y passe-t-elle ? Pourquoi ce résultat compte-t-il pour les échanges avec les tissus ?
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Réponses
a)DV=9,0×10−5m3⋅s−1 ; vaorte≈19,9cm⋅s−1
b)v≈0,212m⋅s−1, puis v′≈0,849m⋅s−1 : facteur 4
c)vcap=3,0×10−4m⋅s−1=0,30mm⋅s−1
d)N≈6,0×109 capillaires
e)Δt≈3,3s : le sang ralentit là où il doit échanger
a)
DV=60s5,4×10−3m3=9,0×10−5m3⋅s−1 : un litre vaut 10−3m3, une minute 60s. Section de l'aorte : S=π(2d)2=π×(1,2×10−2)2≈4,52×10−4m2. Vitesse moyenne : v=SDV≈4,52×10−49,0×10−5≈0,199m⋅s−1, soit 19,9cm⋅s−1. Le piège d'unité le plus coûteux ici est d'utiliser le diamètre au lieu du rayon dans πr2 : la section serait quatre fois trop grande et la vitesse quatre fois trop petite.
b)
S=π×(3,0×10−3)2≈2,83×10−5m2 et DV=6,0×10−6m3⋅s−1 : v≈0,212m⋅s−1. Dans la sténose, le MÊME débit traverse une section de diamètre moitié : la conservation Sv=S′v′ donne v′=vS′S=v(d′d)2=4v≈0,849m⋅s−1. Diviser le diamètre par deux divise la section par QUATRE et multiplie la vitesse par quatre. C'est ce jet rapide que le médecin repère à l'échographie Doppler pour localiser un rétrécissement.
c)
Le réseau des capillaires reçoit tout le débit cardiaque, 9,0×10−5m3⋅s−1, réparti entre des milliards de vaisseaux en parallèle. La conservation porte sur la section TOTALE : vcap=0,309,0×10−5=3,0×10−4m⋅s−1, soit 0,30mm⋅s−1, environ six cent soixante fois plus lent que dans l'aorte. Le paradoxe apparent, des vaisseaux minuscules où le sang ralentit, se lève dès qu'on nomme la bonne section : chaque capillaire est étroit, mais ensemble ils offrent une section six cent soixante fois plus grande que celle de l'aorte.
d)
Section d'un capillaire : s=π×(4,0×10−6)2≈5,03×10−11m2. Nombre de capillaires : N=5,03×10−110,30≈6,0×109, six milliards. Attention aux micromètres : 8,0μm=8,0×10−6m, et le rayon vaut la moitié. Une erreur d'un facteur 103 sur la conversion donne un facteur 106 sur la section, donc sur N.
e)
Δt=vcapL=3,0×10−41,0×10−3≈3,3s. Trois secondes, c'est le temps dont disposent le dioxygène et les nutriments pour diffuser à travers la paroi du capillaire vers les cellules. Si le sang y passait à la vitesse de l'aorte, il ne resterait qu'un deux-centième de seconde. La conservation du débit n'est donc pas une curiosité : c'est elle qui fait ralentir le sang exactement là où il doit échanger. Limite du modèle : le débit réel est pulsé et le sang est visqueux ; les valeurs obtenues sont des moyennes, justes en ordre de grandeur.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Vider un aquarium au siphon : Torricelli sans orifice
Pour vider un aquarium, on amorce un siphon : un tuyau souple de diamètre intérieur d=1,20cm, rempli d'eau, plonge dans l'aquarium, passe par-dessus le bord et redescend dans un seau. Le point le plus haut du tuyau, C, est à 0,250m au-dessus de la surface libre A de l'aquarium ; la sortie B, à l'air libre, est à 0,450m au-dessous de A.
On admet la relation de Bernoulli le long d'une ligne de courant, pour un fluide parfait (non visqueux) et incompressible en écoulement permanent : p+21ρv2+ρgz=constante, où z est l'altitude comptée vers le haut. Données : ρ=1,00×103kg⋅m−3, g=9,81m⋅s−2, p0=1,013×105Pa. La surface de l'aquarium est assez grande pour que la vitesse en A soit négligeable.
a) En appliquant la relation de Bernoulli entre A et B, montrez que vB=2gh, avec h=zA−zB, et calculez vB.
b) Calculez le débit volumique du siphon en L⋅s−1, puis la durée nécessaire pour transvaser 30L en supposant ce débit constant.
c) Justifiez que la vitesse en C est la même qu'en B, puis calculez la pression pC en kilopascals. Est-elle supérieure ou inférieure à la pression atmosphérique ?
d) À 20∘C, l'eau se met à bouillir, et le siphon se désamorce, si sa pression descend sous 2,3kPa. La sortie restant à 0,450m sous A, jusqu'à quelle hauteur au-dessus de A pourrait-on faire passer le tuyau ?
e) On mesure en réalité un débit de 0,29L⋅s−1. Calculez le rapport entre débit mesuré et débit prévu, et nommez l'hypothèse du modèle qui explique l'écart. Que se passe-t-il si l'on soulève le seau au-dessus du niveau de l'aquarium ?
Voir la correction
Réponses
a)vB=2gh≈2,97m⋅s−1
b)DV≈0,336L⋅s−1 ; durée ≈89s
c)Même section donc même vitesse ; pC=p0−ρg(0,250+0,450)≈94,4kPa, inférieure à p0
d)zC≤ρgp0−2,3×103−0,450≈9,64m
e)Rapport ≈0,86 : l'eau n'est pas un fluide parfait (frottements visqueux dans le tuyau) ; seau plus haut que A : l'écoulement s'inverse puis s'arrête à niveaux égaux
a)
On nomme d'abord les deux points, sur une même ligne de courant qui suit l'eau de la surface à la sortie. En A : pA=p0 (surface libre), vA≈0. En B : pB=p0 (jet à l'air libre), vitesse vB. La relation de Bernoulli donne p0+0+ρgzA=p0+21ρvB2+ρgzB. Les pressions s'éliminent, ρ aussi : vB2=2g(zA−zB)=2gh, d'où vB=2gh=2×9,81×0,450≈2,97m⋅s−1. C'est la formule de Torricelli, sans aucun orifice : seule compte la dénivellation entre la surface et la SORTIE, pas le trajet du tuyau ni la hauteur du point C.
b)
Section du tuyau : S=π×(6,0×10−3)2≈1,13×10−4m2. Débit : DV=SvB≈1,13×10−4×2,97≈3,36×10−4m3⋅s−1, soit 0,336L⋅s−1. Durée pour 30L : 0,33630≈89s, un peu moins d'une minute et demie. L'hypothèse du débit constant suppose que h varie peu : si l'aquarium a une surface de l'ordre de 0,6m2, trente litres ne l'abaissent que de cinq centimètres, et le débit baisse d'environ six pour cent en fin de transvasement.
c)
L'eau est incompressible et l'écoulement permanent : le débit est le même dans tout le tuyau. Le diamètre étant constant, vC=vB. Bernoulli entre A et C, avec zC−zA=0,250m : p0=pC+21ρvC2+ρg(0,250). Or 21ρvC2=ρg(0,450) d'après a). Donc pC=p0−ρg(0,250+0,450)=1,013×105−1,00×103×9,81×0,700≈9,44×104Pa, soit 94,4kPa, INFÉRIEURE à la pression atmosphérique. C'est ce creux de pression qui fait monter l'eau par-dessus le bord : un trou percé en C aspirerait de l'air et désamorcerait le siphon.
d)
Le même calcul, pour une hauteur zC quelconque au-dessus de A, donne pC=p0−ρg(zC+h). Le siphon fonctionne tant que pC≥2,3×103Pa, soit zC≤ρgp0−2,3×103−h=9,81×1039,90×104−0,450≈10,09−0,45≈9,64m. Un siphon à eau ne franchit donc jamais une dizaine de mètres : c'est la même limite que celle des pompes aspirantes, et elle vient de la pression atmosphérique, pas de la force de la pompe.
e)
Rapport : 0,3360,29≈0,86. Le modèle surestime le débit de quatorze pour cent. L'hypothèse en défaut est celle du fluide PARFAIT : l'eau réelle frotte sur la paroi d'un tuyau étroit et dissipe de l'énergie, si bien que p+21ρv2+ρgz diminue le long de l'écoulement au lieu de rester constant. Si l'on soulève le seau au-dessus de A, h devient négatif : aucune vitesse réelle ne vérifie v2=2gh, l'eau reflue du seau vers l'aquarium et tout s'arrête quand les deux surfaces sont au même niveau.
Exercice 7 : Tester la relation de Bernoulli : le tube de Venturi et ses trois piézomètres
Au laboratoire, de l'eau circule dans un tube horizontal transparent de diamètre d1=2,00cm, qui se rétrécit en un col de diamètre d2=1,00cm puis reprend son diamètre d1. Trois tubes verticaux ouverts, les piézomètres, sont branchés en amont (1), au col (2) et en aval (3). La hauteur d'eau hi dans chacun, mesurée depuis l'axe du tube, indique la pression sur l'axe : pi=p0+ρghi.
On recueille 1,50L d'eau en 15,0s à la sortie, et on lit h1=25,0cm, h2=17,6cm et h3=24,2cm.
On admet la relation de Bernoulli le long d'une ligne de courant, pour un fluide parfait (non visqueux) et incompressible en écoulement permanent : p+21ρv2+ρgz=constante, où z est l'altitude comptée vers le haut. Données : ρ=1,00×103kg⋅m−3, g=9,81m⋅s−2.
a) Calculez le débit volumique, puis les vitesses v1 dans la partie large et v2 au col.
b) Appliquez la relation de Bernoulli entre les sections 1 et 2, sur l'axe horizontal, et montrez que la dénivellation prévue vaut h1−h2=2gv22−v12. Calculez-la en centimètres.
c) Calculez l'écart relatif entre la dénivellation mesurée et la dénivellation prévue. La mesure valide-t-elle la relation de Bernoulli ?
d) Que prévoit le modèle pour h3 ? Calculez la perte de pression entre les sections 1 et 3, et dites quelle hypothèse du modèle elle met en défaut.
e) On double le débit en réglant la pompe pour garder h1=25,0cm. Calculez la nouvelle dénivellation prévue, puis la hauteur h2 prévue au col. Que se passe-t-il dans le piézomètre du col ?
c)Mesuré 7,4cm : écart ≈−4,5% ; le modèle décrit bien l'effet Venturi, à quelques pour cent près
d)Modèle : h3=h1=25,0cm ; perte ≈78Pa : le fluide n'est pas parfait (viscosité)
e)Dénivellation ×4 : ≈31,0cm ; h2≈−6,0cm : pression sous p0, le col aspire de l'air
a)
DV=15,01,50×10−3=1,00×10−4m3⋅s−1. Sections : S1=π×(1,00×10−2)2≈3,14×10−4m2 et S2=π×(5,0×10−3)2≈7,85×10−5m2. Vitesses : v1=S1DV≈0,318m⋅s−1 et v2=S2DV≈1,27m⋅s−1. Le diamètre est divisé par deux, la vitesse multipliée par quatre : c'est la conservation du débit, avant toute question de pression.
b)
Les points 1 et 2 sont sur l'axe, à la même altitude : les termes ρgz s'éliminent. p1+21ρv12=p2+21ρv22, donc p1−p2=21ρ(v22−v12). Avec pi=p0+ρghi, on a p1−p2=ρg(h1−h2), et ρ se simplifie : h1−h2=2gv22−v12=19,621,621−0,101≈0,0775m, soit 7,75cm. C'est l'effet Venturi, chiffré : là où l'eau accélère, la pression baisse, et le piézomètre du col est plus bas. Le piège est d'oublier v1 : on trouverait 8,26cm, une erreur de près de sept pour cent.
c)
Mesuré : 25,0−17,6=7,4cm. Écart relatif : 7,757,4−7,75≈−0,045, soit −4,5%. Une hauteur lue à la règle sur un ménisque se lit à quelques millimètres près, soit une incertitude de l'ordre de 0,2cm sur la différence : l'écart est du même ordre, un peu au-delà. La relation de Bernoulli décrit donc bien le sens et la taille de l'effet ; le petit défaut restant annonce la question d).
d)
Les sections 1 et 3 ont le même diamètre, donc la même vitesse, et sont à la même altitude : le modèle prévoit p3=p1, soit h3=h1=25,0cm. On lit 24,2cm : la pression a perdu ρg(h1−h3)=1,00×103×9,81×0,008≈78Pa entre 1 et 3, et ne la retrouve pas. C'est une perte de charge : l'eau réelle est VISQUEUSE, elle frotte sur les parois et se brasse dans le divergent, et l'énergie ainsi dissipée ne revient pas en pression. L'hypothèse du fluide parfait est la première à tomber, et le même frottement explique une partie de l'écart du c).
e)
Débit doublé : les deux vitesses doublent, leurs carrés sont multipliés par quatre, et la dénivellation aussi : 4×7,75≈31,0cm. Avec h1=25,0cm, le modèle prévoit h2=25,0−31,0=−6,0cm : une hauteur négative signifie une pression INFÉRIEURE à p0 au col. Le piézomètre se vide et aspire de l'air dans l'écoulement. C'est le principe de la trompe à eau du laboratoire, qui fait le vide pour les filtrations sous pression réduite, et celui du pulvérisateur : l'effet Venturi crée une dépression sans aucune pièce mobile.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Pour chacune, dites pourquoi, donnez l'énoncé correct et faites le calcul demandé.
Données : ρeau=1,00×103kg⋅m−3, g=9,81m⋅s−2. La relation de Bernoulli p+21ρv2+ρgz=constante vaut le long d'une ligne de courant pour un fluide parfait incompressible en écoulement permanent.
a) « La poussée d'Archimède sur un caillou qui coule augmente à mesure qu'il descend, puisque la pression augmente avec la profondeur. » Calculez la poussée sur un caillou de 0,40L, à 1m puis à 10m de profondeur.
b) « Dans un tuyau qui se rétrécit, l'eau ralentit, puisqu'elle a moins de place pour passer. » L'eau circule à 0,50m⋅s−1 dans une partie de diamètre 4,0cm ; calculez sa vitesse dans la partie de diamètre 2,0cm.
c) « Là où l'eau va le plus vite, la pression est la plus grande : c'est là qu'elle pousse le plus fort. » Pour le tuyau horizontal du b), calculez plarge−petroit.
d) « Le débit volumique se conserve dans tout écoulement permanent, y compris celui de l'air qui se détend en sortant d'une bouteille de plongée. »
e) « Pour du miel qui coule par un trou au fond d'un pot, sous 5,0cm de miel, la relation de Bernoulli prévoit une vitesse de sortie proche de 1m⋅s−1, et c'est ce qu'on observe. » Calculez la vitesse prévue par 2gh et nommez l'hypothèse qui tombe.
Voir la correction
Réponses
a)Faux : Π=ρVg≈3,92N aux deux profondeurs ; seule compte la DIFFÉRENCE de pression entre le bas et le haut
b)Faux : v′=v(d′d)2=2,0m⋅s−1, l'eau ACCÉLÈRE
c)Faux : plarge−petroit=1875Pa, la pression est plus FAIBLE là où l'eau va vite
d)Faux : un gaz qui se détend est compressible, c'est le débit MASSIQUE qui se conserve, pas le débit volumique
e)Faux : 2gh≈0,99m⋅s−1 prévus, mais le miel est très visqueux : l'hypothèse du fluide parfait tombe
a)
La poussée ne dépend pas de la pression elle-même, mais de la DIFFÉRENCE de pression entre le bas et le haut du caillou. À 1m comme à 10m, cette différence vaut ρg×(hauteur du caillou), car les deux pressions augmentent de la même quantité. Énoncé correct : pour un fluide incompressible, la poussée sur un objet entièrement immergé ne dépend pas de la profondeur. Π=ρeauVg=1,00×103×0,40×10−3×9,81≈3,92N, aux deux profondeurs. Seule exception : un objet COMPRESSIBLE, comme un plongeur en combinaison, dont le volume diminue en descendant.
b)
Le débit se conserve : le même volume d'eau doit passer chaque seconde par une section plus petite, donc plus vite. v′=vS′S=v(d′d)2=0,50×(2,04,0)2=2,0m⋅s−1. L'intuition « moins de place, donc bouchon » vaut pour une foule qui peut s'arrêter ; un fluide incompressible en écoulement permanent ne peut ni s'accumuler ni se tasser : il accélère.
c)
Sur l'axe horizontal, Bernoulli donne plarge+21ρv2=petroit+21ρv′2, donc plarge−petroit=21ρ(v′2−v2)=21×1,00×103×(4,0−0,25)=1875Pa. La pression est plus FAIBLE dans la partie étroite, là où l'eau va vite : c'est l'effet Venturi. L'erreur vient de la confusion entre la pression, qui s'exerce sur les parois, et la force que le jet exercerait sur un obstacle placé en travers, qui n'est pas la même chose.
d)
La conservation du débit VOLUMIQUE repose sur l'incompressibilité : un volume donné de fluide garde son volume d'un bout à l'autre. Un gaz qui se détend occupe de plus en plus de place. Ce qui se conserve en écoulement permanent, c'est la MASSE qui passe par seconde, le débit massique ρSv ; si ρ baisse en aval, le débit volumique augmente. Pour l'air, l'hypothèse incompressible n'est acceptable que si sa pression varie peu, ce qui n'est pas le cas à la sortie d'une bouteille à deux cents bars.
e)
Le calcul donne 2×9,81×0,050≈0,99m⋅s−1 : le calcul est juste, c'est le modèle qui est faux. Le miel s'écoule en réalité à quelques millimètres par seconde. L'hypothèse qui tombe est celle du fluide PARFAIT : le miel est des milliers de fois plus visqueux que l'eau, et presque toute l'énergie potentielle est dissipée en frottements au lieu de devenir de l'énergie cinétique. Avant d'appliquer Bernoulli, on vérifie donc ses trois hypothèses : parfait, incompressible, permanent.
Le tuyau du b) : l'eau va quatre fois plus vite dans la partie étroite, et le piézomètre y est plus bas de 19,1cm, soit 1875Pa. La pression est la plus FAIBLE là où la vitesse est la plus grande.
Exercice 9 : Problème : le tube de Pitot d'un avion léger
Pour mesurer sa vitesse par rapport à l'air, un avion léger porte sous l'aile un tube de Pitot. À l'orifice T, tourné face au vent, l'air est arrêté : c'est un point d'arrêt, où sa vitesse par rapport au tube est nulle. Sur le côté, les prises statiques S mesurent la pression pS de l'air qui défile à la vitesse v de l'avion. Un capteur mesure la différence Δp=pT−pS.
Dans le référentiel de l'avion, on traite l'air comme un fluide parfait et incompressible en écoulement permanent autour du tube, et l'on admet la relation de Bernoulli p+21ρv2+ρgz=constante le long d'une ligne de courant. Les points T et S sont pratiquement à la même altitude.
a) Appliquez la relation de Bernoulli entre un point de l'air loin devant le tube, qui arrive à la vitesse v sous la pression pS, et le point d'arrêt T. Montrez que v=ρair2Δp.
b) En croisière à 2000m d'altitude, où ρair=1,007kg⋅m−3, le capteur indique Δp=1,35kPa. Calculez la vitesse de l'avion par rapport à l'air, en m⋅s−1 puis en km⋅h−1.
c) L'anémomètre de bord calcule la vitesse avec la masse volumique de l'air au niveau de la mer, 1,225kg⋅m−3. Quelle vitesse affiche-t-il ? Sous-estime-t-il ou surestime-t-il la vitesse vraie en altitude ?
d) En soufflerie, on relie T et S aux deux branches d'un tube en U contenant de l'eau, ρeau=1,00×103kg⋅m−3, g=9,81m⋅s−2. Quelle dénivellation d'eau lit-on pour le même Δp ?
e) Autour du tube, la variation relative de masse volumique de l'air vaut à peu près 21(cv)2, où c=330m⋅s−1 est la vitesse du son à cette altitude. Calculez-la en pourcentage et discutez l'hypothèse « air incompressible ». Que deviendrait la mesure si du givre bouchait l'orifice T ?
Voir la correction
Réponses
a)pS+21ρv2=pT, d'où v=ρair2Δp
b)v≈51,8m⋅s−1≈186km⋅h−1
c)Affiche ≈46,9m⋅s−1≈169km⋅h−1 : il sous-estime la vitesse vraie
d)Δh=ρeaugΔp≈13,8cm
e)≈1,2% : hypothèse incompressible justifiée ; orifice bouché, la pression en T ne suit plus la vitesse et l'indication devient fausse
a)
On suit une ligne de courant qui part de loin devant le tube, où l'air arrive à la vitesse v sous la pression pS (c'est celle que mesurent les prises latérales, où l'air défile sans être freiné), et qui finit au point d'arrêt T, vitesse nulle, pression pT. Même altitude, donc pas de terme ρgz : pS+21ρairv2=pT+0. D'où Δp=pT−pS=21ρairv2 et v=ρair2Δp. L'énergie cinétique de l'air arrêté se retrouve en surpression : le Pitot est un Venturi poussé jusqu'au bout, où la vitesse tombe à zéro.
b)
v=1,0072×1,35×103≈2681≈51,8m⋅s−1, et en multipliant par 3,6 : v≈186km⋅h−1. Le piège d'unité est de laisser Δp en kilopascals : on trouverait 1,64m⋅s−1, une vitesse de piéton pour un avion en croisière. Un ordre de grandeur absurde signale toujours une conversion oubliée.
c)
L'anémomètre calcule vind=1,2252×1,35×103≈46,9m⋅s−1, soit 169km⋅h−1. En altitude l'air est moins dense : pour le même Δp, la vraie vitesse est plus grande. Le rapport vaut 1,0071,225≈1,10 : l'instrument SOUS-ESTIME la vitesse vraie d'environ dix pour cent. Les pilotes le savent et corrigent pour la navigation ; pour le pilotage, la vitesse indiquée reste la bonne référence, car c'est le même Δp qui fait la portance de l'aile.
d)
Les deux surfaces du tube en U sont à des pressions qui diffèrent de Δp ; la statique des fluides vue en Première donne Δp=ρeaugΔh, d'où Δh=1,00×103×9,811,35×103≈0,138m, soit 13,8cm. Une vitesse d'avion se lit donc avec une règle graduée : c'est ainsi que Pitot et les premiers aérodynamiciens mesuraient les vitesses, avant les capteurs électroniques.
e)
21(33051,8)2≈0,012, soit 1,2% : la masse volumique de l'air change à peine autour du tube, l'hypothèse incompressible est justifiée. Elle cesse de l'être quand v approche le tiers de la vitesse du son, où l'écart dépasse cinq pour cent ; les avions de ligne utilisent alors une formule corrigée. Si le givre bouche T, l'air y reste piégé à une pression qui ne suit plus la vitesse : l'indication se fige ou dérive avec l'altitude, et le pilote perd sa mesure. C'est pourquoi les tubes de Pitot sont chauffés électriquement.
Exercice 10 : Problème : la lance d'incendie et la pression de la pompe
Un engin de pompiers alimente une lance par un tuyau de diamètre intérieur D1=45,0mm. L'eau sort de la lance par un ajutage de diamètre d2=13,0mm, avec un débit de 250L par minute. À la sortie, le jet est à la pression atmosphérique p0.
On admet la relation de Bernoulli le long d'une ligne de courant, pour un fluide parfait (non visqueux) et incompressible en écoulement permanent : p+21ρv2+ρgz=constante, où z est l'altitude comptée vers le haut. Données : ρ=1,00×103kg⋅m−3, g=9,81m⋅s−2, 1bar=105Pa.
a) Calculez le débit en m3⋅s−1, puis la vitesse de l'eau dans le tuyau et à la sortie de la lance.
b) La lance est tenue à l'horizontale. Calculez la surpression, par rapport à l'atmosphère, qui doit régner dans le tuyau juste avant la lance. Exprimez-la en bars.
c) Les pompiers attaquent le feu depuis un balcon situé 12,0m au-dessus de la pompe, et le tuyau garde partout le même diamètre. Quelle surpression la pompe doit-elle fournir à sa sortie ?
d) Dirigé verticalement vers le haut, jusqu'à quelle hauteur au-dessus de la lance le jet monterait-il selon le modèle ? On observe 28m : calculez le rapport entre hauteur observée et hauteur prévue.
e) Les pompiers comptent en outre une perte de charge de 1,2bar pour 100m de tuyau, la longueur déroulée ici. Quelle surpression la pompe doit-elle réellement fournir dans la situation du c) ? Quelle hypothèse de la relation de Bernoulli cette perte contredit-elle ?
e)6,07+1,2≈7,27bar ; la perte contredit l'hypothèse du fluide parfait
a)
DV=60250×10−3≈4,17×10−3m3⋅s−1. Sections : S1=π×(22,5×10−3)2≈1,59×10−3m2 et S2=π×(6,5×10−3)2≈1,33×10−4m2. Vitesses : v1=S1DV≈2,62m⋅s−1 dans le tuyau, v2=S2DV≈31,4m⋅s−1 à la sortie, douze fois plus, puisque (13,045,0)2≈12. La lance ne crée pas de débit : elle convertit de la pression en vitesse.
b)
Point 1 dans le tuyau juste avant la lance, point 2 dans le jet à la sortie, même altitude : p1+21ρv12=p0+21ρv22. Donc p1−p0=21ρ(v22−v12)=21×1,00×103×(985,4−6,9)≈4,89×105Pa, soit 4,89bar. Le terme en v12 ne pèse presque rien, moins d'un pour cent : c'est la vitesse de SORTIE qui coûte la pression. Une surpression de cinq bars est bien l'ordre de grandeur affiché sur les manomètres des engins.
c)
Dans un tuyau de diamètre constant, la vitesse est la même partout : entre la pompe (point P) et l'entrée de la lance (point 1), Bernoulli se réduit à pP+ρgzP=p1+ρgz1, soit pP−p1=ρg(z1−zP)=1,00×103×9,81×12,0≈1,18×105Pa. La pompe doit donc fournir pP−p0≈4,89+1,18≈6,07bar. Monter l'eau coûte un bar pour dix mètres environ, exactement la loi de la statique des fluides, qu'on retrouve comme cas particulier de Bernoulli à vitesse constante.
d)
Au sommet du jet vertical, la vitesse s'annule et la pression reste p0 : Bernoulli entre la sortie et le sommet donne 21ρv22=ρgh, d'où h=2gv22=19,62985,4≈50,2m. On observe 28m : rapport 50,228≈0,56. Près de la moitié de la hauteur est perdue : le frottement de l'air sur le jet, qui se fragmente en gouttes, dissipe l'énergie. Hors du tuyau, le jet n'est plus un écoulement de fluide parfait dans un tube, et la ligne de courant elle-même se défait.
e)
La pompe doit ajouter la perte de charge : 6,07+1,2≈7,27bar. Cette perte contredit l'hypothèse du fluide PARFAIT : dans un tuyau long, l'eau réelle frotte sur la paroi et p+21ρv2+ρgz diminue le long de l'écoulement au lieu de rester constante. Sur une copie, on sépare donc les deux étapes : Bernoulli pour le bilan idéal, puis la perte de charge ajoutée à part, en disant quelle hypothèse elle corrige. C'est cette phrase, et non le nombre, qui montre que l'élève connaît les limites du modèle.
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