Spécialité physique-chimie, Première • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : décrire un fluide au repos (Première spécialité)

Voici une série d'exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur la description d'un fluide au repos, au niveau de la classe de Première du programme français. Elle s'adresse aux élèves des lycées français, dont le Lycée Marie de France et le Collège Stanislas à Montréal, et à tout élève de Première qui aborde la pression, la loi de Mariotte et la loi fondamentale de la statique des fluides.

Le fil de la série tient en une question à se poser avant tout calcul : de quelle pression parle-t-on ? En quel point, absolue ou relative, en pascals. La force pressante F=P⋅SF=P\cdot S ne se calcule qu'en pascals et en mètres carrés, la loi PB−PA=ρ g (zA−zB)P_{B}-P_{A}=\rho\,g\,(z_{A}-z_{B}) ne relie que deux points d'un même liquide repérés sur un axe orienté vers le haut, et la loi de Mariotte ne s'applique qu'à la pression absolue d'une quantité fixée de gaz.

La poussée d'Archimède et l'écoulement des fluides sont au programme de Terminale : ils sont traités dans la série de Terminale sur les fluides, pas ici.

Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.

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Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Première
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (5 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Mouvement et interactionsCinquième
  2. 2Sources de lumière, visibilité et ombresCinquième
  3. 3Mouvement, vitesse et lumièreQuatrième
  4. 4Poids, gravitation et signauxTroisième
  5. 5Mouvement et interactionsSeconde

Rappel de cours

  • • DEUX ÉCHELLES : la pression PP, la température TT et la masse volumique ρ=mV\rho=\dfrac{m}{V} sont des grandeurs MACROSCOPIQUES ; la masse, la vitesse ou la position d'une entité sont microscopiques.
  • • Interprétation microscopique : la pression d'un gaz est l'effet des CHOCS des entités sur les parois ; la température traduit leur agitation MOYENNE ; la masse volumique, leur nombre et leur masse par unité de volume.
  • • FORCE PRESSANTE : perpendiculaire à la surface, dirigée du fluide vers la surface, de valeur F=P⋅SF=P\cdot S avec PP en Pa\mathrm{Pa} et SS en m2\mathrm{m^{2}}.
  • • Unités : 1 Pa=1 N⋅m−21\ \mathrm{Pa}=1\ \mathrm{N\cdot m^{-2}}, 1 hPa=100 Pa1\ \mathrm{hPa}=100\ \mathrm{Pa}, 1 bar=105 Pa1\ \mathrm{bar}=10^{5}\ \mathrm{Pa}, 1 cm2=10−4 m21\ \mathrm{cm^{2}}=10^{-4}\ \mathrm{m^{2}}, 1 mm2=10−6 m21\ \mathrm{mm^{2}}=10^{-6}\ \mathrm{m^{2}}.
  • • Pression ABSOLUE contre pression RELATIVE : un manomètre de surpression lit P−PatmP-P_{atm} ; les lois du chapitre s'écrivent avec la pression absolue.
  • • LOI DE MARIOTTE : pour une quantité FIXÉE de gaz à température CONSTANTE, P⋅VP\cdot V est constant ; modèle valable aux pressions modérées.
  • • STATIQUE DES FLUIDES : pour deux points AA et BB d'un même fluide incompressible au repos, PB−PA=ρ g (zA−zB)P_{B}-P_{A}=\rho\,g\,(z_{A}-z_{B}), zz orienté vers le HAUT. Descendre fait monter la pression.
  • • Deux points à la même altitude dans un même liquide continu au repos ont la même pression : c'est le principe du tube en U.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Deux échelles pour un même gaz : l'argon d'un ballon de verre

Un ballon de verre de volume V=1,00 LV=1{,}00\ \mathrm{L} est rempli d'argon à la température T=20 ∘CT=20\ \mathrm{^{\circ}C} et à la pression P=1,013×105 PaP=1{,}013\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}. À l'échelle MACROSCOPIQUE, on décrit ce gaz par sa pression, sa température et sa masse volumique, des grandeurs qui se mesurent avec un instrument posé sur le ballon ou plongé dedans.

À l'échelle MICROSCOPIQUE, le même litre contient N=2,50×1022N=2{,}50\times 10^{22} atomes d'argon, de masse ma=6,63×10−26 kgm_{a}=6{,}63\times 10^{-26}\ \mathrm{kg} chacun, qui se déplacent en tous sens à des vitesses de quelques centaines de mètres par seconde et rebondissent sur les parois. La figure représente les deux descriptions du même gaz, la seconde étant un agrandissement de la première.

macroscopiquemicroscopiqueP, T, ρ
  • a) Parmi les grandeurs suivantes, lesquelles sont macroscopiques, lesquelles microscopiques : la pression du gaz, sa température, sa masse volumique, la masse d'un atome, la vitesse d'un atome ?
  • b) Calculez la masse volumique de l'argon du ballon à partir des données microscopiques. Comparez-la à celle de l'air, voisine de 1,20 kg⋅m−31{,}20\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}.
  • c) Calculez le volume disponible par atome, puis la distance moyenne entre deux atomes voisins, en nanomètres. Un atome d'argon a un diamètre de l'ordre de 0,4 nm0{,}4\ \mathrm{nm} : que conclure ?
  • d) On chauffe le ballon, fermé et indéformable. Comment varient la pression et la masse volumique du gaz ? Interprétez à l'échelle des atomes.
  • e) On retire, à température constante, la moitié des atomes à l'aide d'une pompe. Que valent la nouvelle masse volumique et la nouvelle pression ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Macroscopiques : PP, TT, ρ\rho ; microscopiques : masse et vitesse d'un atome
  • b) ρ=N maV=1,66 kg⋅m−3\rho=\dfrac{N\,m_{a}}{V}=1{,}66\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}, environ 1,41{,}4 fois celle de l'air
  • c) VN=4,00×10−26 m3\dfrac{V}{N}=4{,}00\times 10^{-26}\ \mathrm{m^{3}}, d≈3,4 nmd\approx 3{,}4\ \mathrm{nm} : le gaz est surtout du vide
  • d) PP augmente, ρ\rho ne change pas
  • e) ρ′=0,829 kg⋅m−3\rho'=0{,}829\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}} et P′≈507 hPaP'\approx 507\ \mathrm{hPa} : toutes deux divisées par deux

a) Une grandeur MACROSCOPIQUE décrit le gaz dans son ensemble et se mesure à notre échelle : la pression (au manomètre ou au capteur), la température (au thermomètre) et la masse volumique (par une pesée et un volume). La masse d'un atome et la vitesse d'un atome sont MICROSCOPIQUES : elles décrivent une seule entité, et aucun instrument de la salle ne les lit directement. Le piège classique est de ranger la température parmi les grandeurs microscopiques parce qu'elle « vient » de l'agitation des atomes. Elle en vient, mais elle ne décrit l'agitation d'aucun atome en particulier : c'est un bilan sur des milliards de milliards d'atomes, donc une grandeur macroscopique.

b) La masse du gaz est la masse de tous ses atomes : m=N ma=2,50×1022×6,63×10−26=1,66×10−3 kgm=N\,m_{a}=2{,}50\times 10^{22}\times 6{,}63\times 10^{-26}=1{,}66\times 10^{-3}\ \mathrm{kg}. Avec V=1,00×10−3 m3V=1{,}00\times 10^{-3}\ \mathrm{m^{3}}, ρ=mV=1,66 kg⋅m−3\rho=\dfrac{m}{V}=1{,}66\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}. C'est le pont entre les deux échelles : une grandeur macroscopique se calcule à partir d'un comptage microscopique. L'argon est environ 1,41{,}4 fois plus dense que l'air (1,661,20≈1,38\frac{1{,}66}{1{,}20}\approx 1{,}38), parce que ses atomes sont plus lourds que les molécules d'air, à nombre d'entités par litre comparable. Attention à l'unité : le litre doit être converti en mètre cube avant de diviser, sinon on trouve un résultat mille fois trop petit.

c) Chaque atome dispose en moyenne de VN=1,00×10−32,50×1022=4,00×10−26 m3\dfrac{V}{N}=\dfrac{1{,}00\times 10^{-3}}{2{,}50\times 10^{22}}=4{,}00\times 10^{-26}\ \mathrm{m^{3}}. Si l'on se représente ce volume comme un petit cube, son arête donne l'ordre de grandeur de la distance entre voisins : d=4,00×10−263=3,42×10−9 md=\sqrt[3]{4{,}00\times 10^{-26}}=3{,}42\times 10^{-9}\ \mathrm{m}, soit 3,4 nm3{,}4\ \mathrm{nm}. C'est environ neuf fois le diamètre d'un atome : un gaz est surtout fait de VIDE, les atomes n'occupant qu'environ un millième du volume ((0,43,42)3≈1,6×10−3\left(\frac{0{,}4}{3{,}42}\right)^{3}\approx 1{,}6\times 10^{-3}). C'est ce qui explique qu'un gaz se comprime facilement et qu'un liquide, où les entités sont au contact, ne se comprime presque pas.

d) La PRESSION augmente. À l'échelle microscopique, la pression est l'effet moyen des chocs des atomes sur les parois : chauffer augmente l'agitation, donc les atomes frappent les parois plus souvent et plus fort, et la force exercée sur chaque mètre carré augmente. La MASSE VOLUMIQUE, elle, ne change pas : le ballon est fermé, donc le nombre d'atomes et leur masse sont les mêmes, et il est indéformable, donc le volume aussi. Beaucoup d'élèves répondent que le gaz « se dilate » et que ρ\rho diminue : ce serait vrai dans un ballon de baudruche, pas dans un ballon de verre. On lit toujours l'énoncé pour savoir ce qui est bloqué.

e) La masse volumique est proportionnelle au nombre d'atomes par unité de volume, qui est divisé par deux : ρ′=1,662=0,829 kg⋅m−3\rho'=\dfrac{1{,}66}{2}=0{,}829\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}} (en gardant la valeur non arrondie 1,65751{,}6575). À température constante, chaque atome frappe les parois comme avant, mais il y a deux fois moins d'atomes : le nombre de chocs par seconde et par mètre carré est divisé par deux, donc la pression aussi, P′=1,013×1052=5,07×104 PaP'=\dfrac{1{,}013\times 10^{5}}{2}=5{,}07\times 10^{4}\ \mathrm{Pa}, soit environ 507 hPa507\ \mathrm{hPa}. Les deux grandeurs macroscopiques bougent ensemble parce qu'elles dépendent toutes deux du même comptage microscopique.

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Exercice 2 : La force pressante sur le couvercle d'un autocuiseur

Un fluide exerce sur toute surface plane SS en contact avec lui une force PRESSANTE, perpendiculaire à la surface, dirigée du fluide vers la surface, de valeur F=P⋅SF=P\cdot S, avec PP en pascals, SS en mètres carrés et FF en newtons.

En fonctionnement, un autocuiseur contient de la vapeur d'eau et de l'air à la pression absolue Pint=1,80×105 PaP_{int}=1{,}80\times 10^{5}\ \mathrm{Pa} ; dehors, l'air est à Patm=1,01×105 PaP_{atm}=1{,}01\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}. Le couvercle est un disque de diamètre D=22,0 cmD=22{,}0\ \mathrm{cm}. La soupape est une masselotte posée sur un conduit vertical de diamètre intérieur d=3,0 mmd=3{,}0\ \mathrm{mm} : elle se soulève dès que la pression intérieure atteint PintP_{int}. On prend g=9,81 N⋅kg−1g=9{,}81\ \mathrm{N\cdot kg^{-1}}. La figure montre quelques forces pressantes exercées par le gaz intérieur.

gaz à Pintsoupapeair à Patm
  • a) Calculez l'aire du couvercle en mètres carrés, puis la force pressante exercée par le gaz intérieur sur le couvercle.
  • b) Calculez la force pressante exercée par l'air extérieur sur le couvercle, puis la force totale due aux deux fluides. À quelle masse posée sur le couvercle correspond-elle ?
  • c) Quelle est la direction de la force pressante exercée par le gaz sur la paroi latérale de la cuve ? Et sur le fond ?
  • d) Calculez l'aire de la section du conduit de la soupape, en millimètres carrés, puis la masse de la masselotte.
  • e) Après la cuisson, il reste une surpression de 0,10×105 Pa0{,}10\times 10^{5}\ \mathrm{Pa} dans la cuve. Calculez la force totale encore exercée sur le couvercle et expliquez pourquoi le couvercle est verrouillé tant que la soupape n'a pas tout laissé échapper.

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b)
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Réponses

  • a) S=3,80×10−2 m2S=3{,}80\times 10^{-2}\ \mathrm{m^{2}} et Fint=6,84×103 NF_{int}=6{,}84\times 10^{3}\ \mathrm{N}
  • b) Fext=3,84×103 NF_{ext}=3{,}84\times 10^{3}\ \mathrm{N} ; force totale 3,00×103 N3{,}00\times 10^{3}\ \mathrm{N} vers le haut, soit le poids de 306 kg306\ \mathrm{kg}
  • c) Horizontale, vers l'extérieur sur la paroi latérale ; verticale, vers le bas sur le fond
  • d) s=7,07 mm2s=7{,}07\ \mathrm{mm^{2}} et m=56,9 gm=56{,}9\ \mathrm{g}
  • e) F=380 NF=380\ \mathrm{N}, le poids de près de 39 kg39\ \mathrm{kg} : assez pour projeter le couvercle

a) Le rayon vaut 0,110 m0{,}110\ \mathrm{m}, donc S=π×0,1102=3,80×10−2 m2S=\pi\times 0{,}110^{2}=3{,}80\times 10^{-2}\ \mathrm{m^{2}}. La force exercée par le gaz intérieur est Fint=Pint⋅S=1,80×105×3,80×10−2=6,84×103 NF_{int}=P_{int}\cdot S=1{,}80\times 10^{5}\times 3{,}80\times 10^{-2}=6{,}84\times 10^{3}\ \mathrm{N}. Deux erreurs coûtent la question : prendre le diamètre au lieu du rayon (aire quatre fois trop grande) et garder les centimètres (π×11,02=380\pi\times 11{,}0^{2}=380, un nombre en cm2\mathrm{cm^{2}} qui, multiplié par des pascals, ne donne pas des newtons). La relation F=P⋅SF=P\cdot S n'est cohérente qu'en unités du système international.

b) L'air extérieur appuie sur la face supérieure du couvercle : Fext=Patm⋅S=1,01×105×3,80×10−2=3,84×103 NF_{ext}=P_{atm}\cdot S=1{,}01\times 10^{5}\times 3{,}80\times 10^{-2}=3{,}84\times 10^{3}\ \mathrm{N}, vers le BAS. Les deux forces sont verticales et de sens opposés, donc la force totale vaut Fint−Fext=(Pint−Patm)⋅S=0,79×105×3,80×10−2=3,00×103 NF_{int}-F_{ext}=(P_{int}-P_{atm})\cdot S=0{,}79\times 10^{5}\times 3{,}80\times 10^{-2}=3{,}00\times 10^{3}\ \mathrm{N}, vers le haut. C'est le poids d'une masse 3,00×1039,81=306 kg\dfrac{3{,}00\times 10^{3}}{9{,}81}=306\ \mathrm{kg} : les clips du couvercle retiennent l'équivalent de trois cents kilogrammes. Seule la DIFFÉRENCE de pression compte pour la force totale, et c'est la surpression, 0,79 bar0{,}79\ \mathrm{bar}, qu'il faut multiplier par l'aire, pas la pression absolue.

c) Une force pressante est toujours PERPENDICULAIRE à la surface et dirigée du fluide vers la paroi. La paroi latérale est verticale, donc la force est horizontale, dirigée vers l'extérieur de la cuve ; le fond est horizontal, donc la force est verticale, vers le bas. La pression, elle, n'a pas de direction : c'est un nombre attaché à un point du fluide. C'est exactement la différence entre les deux grandeurs, et la figure la montre : la même pression produit des forces dans toutes les directions, selon l'orientation de la surface.

d) La section du conduit vaut s=π×(1,5×10−3)2=7,07×10−6 m2s=\pi\times(1{,}5\times 10^{-3})^{2}=7{,}07\times 10^{-6}\ \mathrm{m^{2}}, soit 7,07 mm27{,}07\ \mathrm{mm^{2}}. La masselotte est soulevée quand la force pressante totale sur cette section, (Pint−Patm)⋅s(P_{int}-P_{atm})\cdot s, égale son poids m gm\,g : m=0,79×105×7,07×10−69,81=5,69×10−2 kgm=\dfrac{0{,}79\times 10^{5}\times 7{,}07\times 10^{-6}}{9{,}81}=5{,}69\times 10^{-2}\ \mathrm{kg}, soit 56,9 g56{,}9\ \mathrm{g}. Une petite masse suffit à tenir une grande pression, parce que la surface est minuscule : c'est tout le principe de la soupape. Le piège de conversion est ici redoutable, 1 mm2=10−6 m21\ \mathrm{mm^{2}}=10^{-6}\ \mathrm{m^{2}} et non 10−310^{-3}.

e) F=0,10×105×3,80×10−2=380 NF=0{,}10\times 10^{5}\times 3{,}80\times 10^{-2}=380\ \mathrm{N}, le poids d'une masse de 3809,81≈39 kg\dfrac{380}{9{,}81}\approx 39\ \mathrm{kg}. Une surpression qui paraît dérisoire, un dixième de bar, produit donc encore une force considérable sur une grande surface : ouvrir le couvercle reviendrait à libérer brutalement cette force et la vapeur brûlante. Le verrouillage reste en place tant que la pression intérieure n'est pas redescendue à la pression atmosphérique. La leçon vaut pour tout le chapitre : une petite pression sur une grande surface donne une grande force, une grande pression sur une petite surface peut donner une petite force.

Exercice 3 : Orienter l'axe avant d'écrire la loi : le château d'eau et ses deux robinets

Dans un fluide incompressible au repos, la loi fondamentale de la statique des fluides relie les pressions en deux points AA et BB du MÊME fluide : PB−PA=ρ g (zA−zB)P_{B}-P_{A}=\rho\,g\,(z_{A}-z_{B}), où zz est l'altitude mesurée sur un axe vertical orienté vers le HAUT.

Un château d'eau alimente une ville en pente. La surface libre SS de son réservoir, ouverte sur l'air, est à l'altitude zS=48,0 mz_{S}=48{,}0\ \mathrm{m}. Le robinet R1R_{1}, au rez-de-chaussée d'une maison du bas de la ville, est à z1=3,0 mz_{1}=3{,}0\ \mathrm{m} ; le robinet R2R_{2}, au dernier étage d'un immeuble sur la colline, est à z2=31,0 mz_{2}=31{,}0\ \mathrm{m}. Tous les robinets sont fermés : l'eau est au repos dans tout le réseau.

Données : ρ=1,00×103 kg⋅m−3\rho=1{,}00\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}, g=9,81 N⋅kg−1g=9{,}81\ \mathrm{N\cdot kg^{-1}}, Patm=1,013×105 PaP_{atm}=1{,}013\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}.

48313z (m)SR1R2eau au repos
  • a) Appliquez la loi entre SS et R1R_{1} et calculez la pression absolue P1P_{1} de l'eau au robinet R1R_{1}, en kilopascals.
  • b) Calculez de même P2P_{2}, puis la différence P2−P1P_{2}-P_{1} directement avec la loi appliquée entre R1R_{1} et R2R_{2}. Commentez son signe.
  • c) Un plombier visse sur R1R_{1} un manomètre qui indique la SURPRESSION par rapport à l'air extérieur. Quelle valeur lit-il, en kilopascals puis en bars ?
  • d) Pour un confort normal, la surpression au robinet doit atteindre au moins 1,5 bar1{,}5\ \mathrm{bar}. Jusqu'à quelle altitude peut-on placer un robinet ?
  • e) Un élève écrit P1−PS=ρ g (z1−zS)P_{1}-P_{S}=\rho\,g\,(z_{1}-z_{S}). Quelle valeur trouve-t-il pour P1P_{1} ? Comment son résultat trahit-il l'erreur ?

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Réponses

  • a) P1=Patm+ρ g (zS−z1)=5,43×105 Pa=543 kPaP_{1}=P_{atm}+\rho\,g\,(z_{S}-z_{1})=5{,}43\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}=543\ \mathrm{kPa}
  • b) P2=268 kPaP_{2}=268\ \mathrm{kPa} ; P2−P1=−275 kPaP_{2}-P_{1}=-275\ \mathrm{kPa} : le robinet le plus haut a la pression la plus faible
  • c) 441 kPa441\ \mathrm{kPa}, soit 4,41 bar4{,}41\ \mathrm{bar}
  • d) zmax=32,7 mz_{max}=32{,}7\ \mathrm{m}
  • e) P1=−340 kPaP_{1}=-340\ \mathrm{kPa}, une pression absolue négative, donc impossible : les indices sont inversés

a) On prend A=SA=S et B=R1B=R_{1} : P1−PS=ρ g (zS−z1)P_{1}-P_{S}=\rho\,g\,(z_{S}-z_{1}). La surface libre est au contact de l'air, donc PS=PatmP_{S}=P_{atm}. D'où P1=1,013×105+1,00×103×9,81×(48,0−3,0)=1,013×105+4,41×105=5,43×105 PaP_{1}=1{,}013\times 10^{5}+1{,}00\times 10^{3}\times 9{,}81\times(48{,}0-3{,}0)=1{,}013\times 10^{5}+4{,}41\times 10^{5}=5{,}43\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}, soit 543 kPa543\ \mathrm{kPa}. Le robinet est 45,0 m45{,}0\ \mathrm{m} plus BAS que la surface, donc la pression y est plus grande : le résultat doit être supérieur à PatmP_{atm}, c'est le premier contrôle. Le trajet de l'eau dans les tuyaux, la longueur du réseau et la distance horizontale n'interviennent pas : seule compte la différence d'altitude.

b) Entre SS et R2R_{2} : P2=1,013×105+9,81×103×(48,0−31,0)=1,013×105+1,67×105=2,68×105 PaP_{2}=1{,}013\times 10^{5}+9{,}81\times 10^{3}\times(48{,}0-31{,}0)=1{,}013\times 10^{5}+1{,}67\times 10^{5}=2{,}68\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}, soit 268 kPa268\ \mathrm{kPa}. La loi appliquée directement entre A=R1A=R_{1} et B=R2B=R_{2} donne P2−P1=ρ g (z1−z2)=9,81×103×(3,0−31,0)=−2,75×105 PaP_{2}-P_{1}=\rho\,g\,(z_{1}-z_{2})=9{,}81\times 10^{3}\times(3{,}0-31{,}0)=-2{,}75\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}, soit −275 kPa-275\ \mathrm{kPa}, et l'on retrouve bien 268−543268-543 à l'arrondi près. Le signe est NÉGATIF parce que R2R_{2} est plus haut que R1R_{1} : monter dans un liquide fait baisser la pression. La formule porte ce sens toute seule, à condition de respecter l'ordre des indices, PB−PAP_{B}-P_{A} à gauche et zA−zBz_{A}-z_{B} à droite.

c) Le manomètre compare la pression de l'eau à celle de l'air qui l'entoure : il lit P1−Patm=ρ g (zS−z1)=4,41×105 PaP_{1}-P_{atm}=\rho\,g\,(z_{S}-z_{1})=4{,}41\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}, soit 441 kPa441\ \mathrm{kPa} ou 4,41 bar4{,}41\ \mathrm{bar}, et non 543 kPa543\ \mathrm{kPa}. C'est le fil de la série : avant tout calcul, dire de quelle pression on parle. La pression ABSOLUE (543 kPa543\ \mathrm{kPa}) est celle qu'utilise la loi de la statique et que lit un capteur de pression absolue ; la pression RELATIVE (441 kPa441\ \mathrm{kPa}) est celle qu'affiche un manomètre de plombier, qui indique zéro à l'air libre. Les deux diffèrent exactement de PatmP_{atm}.

d) La surpression au robinet vaut ρ g (zS−z)\rho\,g\,(z_{S}-z), et l'on veut ρ g (zS−z)≥1,5×105 Pa\rho\,g\,(z_{S}-z)\geq 1{,}5\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}. Donc zS−z≥1,5×1059,81×103=15,3 mz_{S}-z\geq\dfrac{1{,}5\times 10^{5}}{9{,}81\times 10^{3}}=15{,}3\ \mathrm{m}, et z≤48,0−15,3=32,7 mz\leq 48{,}0-15{,}3=32{,}7\ \mathrm{m}. Le robinet R2R_{2}, à 31,0 m31{,}0\ \mathrm{m}, est donc juste en dessous de la limite, avec une surpression de 1,67 bar1{,}67\ \mathrm{bar} : les derniers étages des immeubles de la colline sont les plus mal servis. C'est pour cela qu'un château d'eau se construit sur le point le plus haut de la commune, et que les tours d'habitation ont des surpresseurs.

e) L'élève obtient P1=PS+ρ g (z1−zS)=1,013×105−4,41×105=−3,40×105 PaP_{1}=P_{S}+\rho\,g\,(z_{1}-z_{S})=1{,}013\times 10^{5}-4{,}41\times 10^{5}=-3{,}40\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}, soit −340 kPa-340\ \mathrm{kPa}. Une pression ABSOLUE négative n'existe pas : c'est une force par mètre carré due aux chocs des molécules, qui ne peut pas descendre sous zéro. Son erreur : il a gardé l'ordre « BB puis AA » à gauche mais pas à droite ; la loi écrite pour A=SA=S et B=R1B=R_{1} exige zS−z1z_{S}-z_{1}, pas z1−zSz_{1}-z_{S}. Le contrôle en cinq secondes : un point plus bas dans le liquide doit avoir une pression plus grande. Cette erreur de signe coûte en général toute la question.

Exercice 4 : Tester la loi de Mariotte : la seringue, le capteur et le tuyau oublié

Loi de Mariotte : pour une quantité FIXÉE de gaz, à température CONSTANTE, le produit de la pression par le volume reste constant, P⋅V=constanteP\cdot V=\text{constante}. La pression est la pression ABSOLUE du gaz.

Une seringue est reliée par un petit tuyau souple à un capteur de pression absolue lu par un microcontrôleur. Piston à la graduation Vs=50,0 mLV_{s}=50{,}0\ \mathrm{mL}, on ferme le robinet du tuyau : l'air enfermé est à 1 000 hPa1\,000\ \mathrm{hPa}. On enfonce ensuite le piston LENTEMENT et l'on relève la pression pour quatre graduations VsV_{s} lues sur la seringue. Résultats : Vs=50,0V_{s}=50{,}0 ; 40,040{,}0 ; 30,030{,}0 ; 20,0 mL20{,}0\ \mathrm{mL} pour P=1 000P=1\,000 ; 1 2381\,238 ; 1 6251\,625 ; 2 364 hPa2\,364\ \mathrm{hPa}. La figure porte ces quatre mesures.

1020304050605001000150020002500Vs (mL)P (hPa)
  • a) Calculez le produit P⋅VsP\cdot V_{s}, en hPa⋅mL\mathrm{hPa\cdot mL}, pour chacune des quatre mesures. La loi de Mariotte semble-t-elle vérifiée ?
  • b) Pourquoi l'énoncé impose-t-il d'enfoncer le piston lentement ? Qu'aurait-on lu juste après une compression brutale ?
  • c) Le gaz enfermé occupe aussi le tuyau et le capteur, un volume v0v_{0} que la graduation ne compte pas. Montrez qu'avec v0=2,0 mLv_{0}=2{,}0\ \mathrm{mL}, le produit P⋅(Vs+v0)P\cdot(V_{s}+v_{0}) est constant, et donnez sa valeur.
  • d) Sans supposer v0v_{0} connu, calculez-le à partir de la première et de la dernière mesure.
  • e) Prévoyez la pression lue pour Vs=10,0 mLV_{s}=10{,}0\ \mathrm{mL}, puis celle qu'aurait prévue un élève ignorant le tuyau. Quel est l'écart relatif ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 50 00050\,000 ; 49 52049\,520 ; 48 75048\,750 ; 47 280 hPa⋅mL47\,280\ \mathrm{hPa\cdot mL} : le produit baisse de 5 %5\ \%, la loi ne semble pas vérifiée
  • b) Pour garder la température constante ; après une compression brutale, PP serait plus grande que prévu
  • c) P⋅(Vs+v0)≈52 000 hPa⋅mLP\cdot(V_{s}+v_{0})\approx 52\,000\ \mathrm{hPa\cdot mL} pour les quatre mesures, à 0,02 %0{,}02\ \% près
  • d) v0=P4V4−P1V1P1−P4=1,99 mLv_{0}=\dfrac{P_{4}V_{4}-P_{1}V_{1}}{P_{1}-P_{4}}=1{,}99\ \mathrm{mL}
  • e) P=4 333 hPaP=4\,333\ \mathrm{hPa} contre 5 000 hPa5\,000\ \mathrm{hPa} prévus sans le tuyau, soit 15 %15\ \% d'écart

a) 1 000×50,0=50 0001\,000\times 50{,}0=50\,000 ; 1 238×40,0=49 5201\,238\times 40{,}0=49\,520 ; 1 625×30,0=48 7501\,625\times 30{,}0=48\,750 ; 2 364×20,0=47 280 hPa⋅mL2\,364\times 20{,}0=47\,280\ \mathrm{hPa\cdot mL}. Le produit DIMINUE régulièrement quand on comprime, de 5,4 %5{,}4\ \% entre la première et la dernière mesure, bien au-delà de ce que justifie la précision de lecture. Tel quel, le test semble donc réfuter la loi de Mariotte. Avant de conclure qu'une loi est fausse, il faut toutefois vérifier que ses CONDITIONS sont remplies et que le volume mesuré est bien celui du gaz : c'est l'objet de la suite.

b) La loi exige une température constante. Une compression rapide échauffe le gaz : les molécules, frappées par le piston qui avance, repartent plus vite, et la pression lue juste après dépasse celle que prévoit Mariotte, puis redescend à mesure que le gaz rend sa chaleur à la seringue. En poussant lentement, on laisse le gaz à la température de la pièce à chaque instant. Une compression brutale aurait donc fait lire une pression PLUS GRANDE que prévu, un écart que l'on aurait pris à tort pour un défaut de la loi.

c) La quantité de gaz fixée par la loi, c'est TOUT l'air enfermé, celui de la seringue et celui du tuyau. Son volume est donc V=Vs+v0V=V_{s}+v_{0}. Avec v0=2,0 mLv_{0}=2{,}0\ \mathrm{mL} : 1 000×52,0=52 0001\,000\times 52{,}0=52\,000 ; 1 238×42,0=51 9961\,238\times 42{,}0=51\,996 ; 1 625×32,0=52 0001\,625\times 32{,}0=52\,000 ; 2 364×22,0=52 008 hPa⋅mL2\,364\times 22{,}0=52\,008\ \mathrm{hPa\cdot mL}. Les quatre produits sont égaux à 0,02 %0{,}02\ \% près : la loi de Mariotte est parfaitement vérifiée, c'est le volume qui était mal mesuré. Le tuyau pèse d'autant plus que la seringue est enfoncée : 2 mL2\ \mathrm{mL} sur 5050 passent inaperçus, 2 mL2\ \mathrm{mL} sur 2020 font 10 %10\ \%.

d) On écrit que le produit est le même pour la première et la dernière mesure : P1(V1+v0)=P4(V4+v0)P_{1}(V_{1}+v_{0})=P_{4}(V_{4}+v_{0}), soit v0(P1−P4)=P4V4−P1V1v_{0}(P_{1}-P_{4})=P_{4}V_{4}-P_{1}V_{1}, donc v0=2 364×20,0−1 000×50,01 000−2 364=−2 720−1 364=1,99 mLv_{0}=\dfrac{2\,364\times 20{,}0-1\,000\times 50{,}0}{1\,000-2\,364}=\dfrac{-2\,720}{-1\,364}=1{,}99\ \mathrm{mL}. On retrouve les 2,0 mL2{,}0\ \mathrm{mL} de la question c) : c'est de l'ordre du volume intérieur d'un tuyau de quelques centimètres. Choisir les deux mesures les plus éloignées est voulu, c'est entre elles que l'effet du tuyau est le plus grand, donc le mieux mesuré.

e) Avec le tuyau : P=52 00010,0+2,0=4 333 hPaP=\dfrac{52\,000}{10{,}0+2{,}0}=4\,333\ \mathrm{hPa}. Sans le tuyau, l'élève prévoirait 50 00010,0=5 000 hPa\dfrac{50\,000}{10{,}0}=5\,000\ \mathrm{hPa}. L'écart relatif vaut 5 000−4 3334 333=15 %\dfrac{5\,000-4\,333}{4\,333}=15\ \%. L'erreur grandit à mesure qu'on comprime, parce que v0v_{0} devient une part de plus en plus grande du volume total. La leçon expérimentale : un test de loi porte sur un SYSTÈME, ici tout le gaz enfermé, et il faut en recenser le volume entier avant de juger la loi.

Exercice 5 : Le tube en U : mesurer la pression du gaz de la cuisinière

Un tube en U contient de l'eau, ρ=1,00×103 kg⋅m−3\rho=1{,}00\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}. Sa branche de gauche est reliée au robinet de gaz d'une cuisinière, sa branche de droite est ouverte sur l'air de la pièce, à Patm=1 013 hPaP_{atm}=1\,013\ \mathrm{hPa}. Une fois le robinet ouvert et l'eau immobile, la surface de l'eau est plus basse à gauche qu'à droite, d'une dénivellation Δh=20,4 cm\Delta h=20{,}4\ \mathrm{cm}.

AA est un point de la surface de l'eau à gauche, au contact du gaz ; BB est dans l'eau de la branche de droite, à la même altitude que AA ; CC est à la surface libre de droite. On donne g=9,81 N⋅kg−1g=9{,}81\ \mathrm{N\cdot kg^{-1}} et la loi de la statique PB−PA=ρ g (zA−zB)P_{B}-P_{A}=\rho\,g\,(z_{A}-z_{B}).

ABCΔhgazair libreeau
  • a) Pourquoi a-t-on PA=PBP_{A}=P_{B} ? Pourquoi, en revanche, ne peut-on pas relier ainsi deux points à la même altitude dont l'un serait dans le gaz et l'autre dans l'air ?
  • b) Appliquez la loi entre CC et BB et déduisez-en la surpression du gaz par rapport à l'air, en hectopascals, puis sa pression absolue.
  • c) De quel côté la surface de l'eau est-elle la plus basse ? Justifiez sans calcul.
  • d) On remplace l'eau par de l'éthanol coloré, ρ′=789 kg⋅m−3\rho'=789\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}. Quelle dénivellation lirait-on ? Quel liquide rend la mesure plus précise ?
  • e) Un élève préfère un capteur de pression absolue précis à ±2 hPa\pm 2\ \mathrm{hPa}, avec lequel il mesure le gaz puis l'air et fait la différence. On lit Δh\Delta h au millimètre près. Comparez les incertitudes relatives sur la surpression.

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b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) AA et BB sont à la même altitude dans le même liquide continu au repos ; le gaz et l'air sont deux fluides différents, non reliés
  • b) Pgaz−Patm=ρ g Δh=20,0 hPaP_{gaz}-P_{atm}=\rho\,g\,\Delta h=20{,}0\ \mathrm{hPa} ; Pgaz=1 033 hPaP_{gaz}=1\,033\ \mathrm{hPa}
  • c) Du côté du gaz, dont la pression est la plus grande
  • d) Δh′=25,9 cm\Delta h'=25{,}9\ \mathrm{cm} : l'éthanol, moins dense, rend la mesure plus précise
  • e) Capteur : ±4 hPa\pm 4\ \mathrm{hPa} sur 2020, soit 20 %20\ \% ; tube en U : ±0,1 hPa\pm 0{,}1\ \mathrm{hPa}, soit 0,5 %0{,}5\ \%

a) AA et BB sont dans le MÊME liquide, l'eau, qui les relie de façon continue par le bas du tube, et ce liquide est au repos. La loi donne PB−PA=ρ g (zA−zB)=0P_{B}-P_{A}=\rho\,g\,(z_{A}-z_{B})=0 puisque zA=zBz_{A}=z_{B} : les pressions sont égales. L'égalité ne vaut plus pour deux points à la même altitude pris l'un dans le gaz de la conduite, l'autre dans l'air de la pièce : ce sont deux fluides différents, séparés par l'eau, et la loi ne s'applique qu'à l'intérieur d'un même fluide continu. C'est la condition que l'on oublie le plus souvent, et c'est elle qui fait fonctionner le tube en U : l'eau transmet la comparaison entre les deux gaz.

b) Entre CC (surface libre, PC=PatmP_{C}=P_{atm}) et BB, situé Δh\Delta h plus bas : PB−PC=ρ g (zC−zB)=ρ g ΔhP_{B}-P_{C}=\rho\,g\,(z_{C}-z_{B})=\rho\,g\,\Delta h. Comme PA=PBP_{A}=P_{B} et que AA est au contact du gaz, Pgaz=Patm+ρ g ΔhP_{gaz}=P_{atm}+\rho\,g\,\Delta h. La surpression vaut ρ g Δh=1,00×103×9,81×0,204=2,00×103 Pa\rho\,g\,\Delta h=1{,}00\times 10^{3}\times 9{,}81\times 0{,}204=2{,}00\times 10^{3}\ \mathrm{Pa}, soit 20,0 hPa20{,}0\ \mathrm{hPa} ou 20 mbar20\ \mathrm{mbar}, la pression de distribution habituelle du gaz dans une maison. La pression absolue vaut 1 013+20,0=1 033 hPa1\,013+20{,}0=1\,033\ \mathrm{hPa}. Le tube en U mesure une pression RELATIVE : sa lecture est nulle quand le gaz est à la pression de l'air.

c) La surface est plus BASSE du côté du gaz. Le gaz, dont la pression est plus grande que celle de l'air, repousse l'eau vers la branche ouverte jusqu'à ce que la colonne d'eau supplémentaire à droite compense exactement l'écart de pression. Le côté où le fluide appuie le plus fort est celui où le liquide descend. Un élève qui place le gaz du côté haut trouve une surpression négative, et devrait s'en inquiéter : le gaz sort bien du robinet quand on l'ouvre.

d) La même surpression se lit sur une colonne plus haute si le liquide est moins dense : Δh′=2,00×103789×9,81=0,259 m\Delta h'=\dfrac{2{,}00\times 10^{3}}{789\times 9{,}81}=0{,}259\ \mathrm{m}, soit 25,9 cm25{,}9\ \mathrm{cm}. Les hauteurs sont en raison inverse des masses volumiques : 20,4×1 000789=25,920{,}4\times\dfrac{1\,000}{789}=25{,}9. À erreur de lecture égale, un millimètre, l'incertitude relative est plus petite sur une colonne plus haute : l'éthanol rend la mesure plus PRÉCISE. Un liquide très dense donnerait une colonne de quelques millimètres, illisible pour une surpression aussi faible.

e) Chaque lecture du capteur est connue à ±2 hPa\pm 2\ \mathrm{hPa}, et la surpression est la DIFFÉRENCE de deux lectures : dans le pire des cas les deux erreurs s'ajoutent, ±4 hPa\pm 4\ \mathrm{hPa} sur 20 hPa20\ \mathrm{hPa}, soit 20 %20\ \%. Avec le tube en U, un millimètre d'eau correspond à ρ g×0,001=9,8 Pa\rho\,g\times 0{,}001=9{,}8\ \mathrm{Pa}, soit ±0,098 hPa\pm 0{,}098\ \mathrm{hPa} sur 20,020{,}0, environ 0,5 %0{,}5\ \%. Le tube en U, instrument rudimentaire, est quarante fois plus précis ici, parce qu'il mesure DIRECTEMENT la différence. Retrancher deux grandeurs presque égales, 1 0331\,033 et 1 0131\,013, est toujours la pire façon de mesurer leur écart.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Problème : la bouteille refermée en vol et le sachet fermé au sol

En vol de croisière, la cabine d'un avion de ligne est pressurisée à Pc=0,780×105 PaP_{c}=0{,}780\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}, moins qu'au sol. Au sol, la pression vaut Ps=1,010×105 PaP_{s}=1{,}010\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}. La température reste de 22 ∘C22\ \mathrm{^{\circ}C} en cabine comme au sol.

Un passager boit la moitié d'une bouteille souple de 0,500 L0{,}500\ \mathrm{L} et la referme en vol : elle contient alors 0,250 L0{,}250\ \mathrm{L} d'air à la pression de la cabine. Un autre passager a emporté un sachet de biscuits fermé au sol, qui contient 0,600 L0{,}600\ \mathrm{L} d'air ; ce sachet ne peut pas dépasser 0,700 L0{,}700\ \mathrm{L} sans que son film ne se tende.

  • a) Quelles conditions permettent d'appliquer la loi de Mariotte à l'air de la bouteille ? Calculez le produit P⋅VP\cdot V de cet air, en Pa⋅L\mathrm{Pa\cdot L}.
  • b) Après l'atterrissage, la bouteille souple s'écrase jusqu'à ce que son air soit à la pression extérieure. Quel volume occupe alors l'air, en millilitres ?
  • c) En vol, quel volume l'air du sachet occuperait-il s'il pouvait se dilater librement ? Le peut-il ? Calculez la pression de l'air dans le sachet tendu, à 0,700 L0{,}700\ \mathrm{L}.
  • d) Une face du sachet mesure 20 cm20\ \mathrm{cm} sur 25 cm25\ \mathrm{cm}. Calculez la force totale exercée sur elle par l'air intérieur et l'air de la cabine.
  • e) Par quel facteur la masse volumique de l'air de la bouteille a-t-elle été multipliée entre la fermeture et l'atterrissage ? Interprétez l'écrasement de la bouteille à l'échelle des molécules.

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b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Quantité d'air fixée (bouteille fermée) et température constante ; P⋅V=1,95×104 Pa⋅LP\cdot V=1{,}95\times 10^{4}\ \mathrm{Pa\cdot L}
  • b) V=193 mLV=193\ \mathrm{mL}
  • c) 0,777 L0{,}777\ \mathrm{L} en expansion libre, impossible ; à 0,700 L0{,}700\ \mathrm{L}, P=8,66×104 PaP=8{,}66\times 10^{4}\ \mathrm{Pa}
  • d) F=(8,66−7,80)×104×0,0500=429 NF=(8{,}66-7{,}80)\times 10^{4}\times 0{,}0500=429\ \mathrm{N}, vers l'extérieur du sachet
  • e) ρ\rho multipliée par 1,291{,}29 ; moins de chocs par seconde et par mètre carré à l'intérieur qu'à l'extérieur, jusqu'à l'écrasement

a) La loi de Mariotte exige deux conditions : une quantité de gaz FIXÉE, ce qu'assure la bouteille fermée, et une température CONSTANTE, 22 ∘C22\ \mathrm{^{\circ}C} en cabine comme au sol. Elle s'écrit avec la pression absolue du gaz : P⋅V=0,780×105×0,250=1,95×104 Pa⋅LP\cdot V=0{,}780\times 10^{5}\times 0{,}250=1{,}95\times 10^{4}\ \mathrm{Pa\cdot L}. On peut garder le volume en litres, à condition de le garder en litres dans TOUT le problème : seule la proportionnalité inverse compte. Le produit est une constante de CETTE quantité d'air ; l'air du sachet, qui est une autre quantité, a son propre produit.

b) Au sol, l'air de la bouteille écrasée est à PsP_{s} : V=Pc VcPs=1,95×1041,010×105=0,193 LV=\dfrac{P_{c}\,V_{c}}{P_{s}}=\dfrac{1{,}95\times 10^{4}}{1{,}010\times 10^{5}}=0{,}193\ \mathrm{L}, soit 193 mL193\ \mathrm{mL}. L'air a perdu 57 mL57\ \mathrm{mL}, un quart de son volume, et c'est la paroi souple qui a suivi. Contrôle de sens : la pression augmente de la cabine au sol, donc le volume doit DIMINUER. Un élève qui écrit V=Ps VcPcV=\dfrac{P_{s}\,V_{c}}{P_{c}} trouve 324 mL324\ \mathrm{mL}, un volume qui augmente quand on comprime, et doit s'arrêter là.

c) Pour le sachet, fermé au sol : V=Ps×0,600Pc=1,010×0,6000,780=0,777 LV=\dfrac{P_{s}\times 0{,}600}{P_{c}}=\dfrac{1{,}010\times 0{,}600}{0{,}780}=0{,}777\ \mathrm{L}. Or le sachet ne dépasse pas 0,700 L0{,}700\ \mathrm{L} : l'air ne peut pas atteindre la pression de la cabine, il reste plus comprimé. À 0,700 L0{,}700\ \mathrm{L}, P=1,010×105×0,6000,700=8,66×104 PaP=\dfrac{1{,}010\times 10^{5}\times 0{,}600}{0{,}700}=8{,}66\times 10^{4}\ \mathrm{Pa}, supérieure aux 7,80×104 Pa7{,}80\times 10^{4}\ \mathrm{Pa} de la cabine : c'est pour cela que le sachet est tendu comme un tambour en altitude.

d) La face a une aire S=0,20×0,25=0,0500 m2S=0{,}20\times 0{,}25=0{,}0500\ \mathrm{m^{2}}. L'air intérieur pousse vers l'extérieur avec 8,66×104×0,0500=4,33×103 N8{,}66\times 10^{4}\times 0{,}0500=4{,}33\times 10^{3}\ \mathrm{N}, l'air de la cabine pousse vers l'intérieur avec 7,80×104×0,0500=3,90×103 N7{,}80\times 10^{4}\times 0{,}0500=3{,}90\times 10^{3}\ \mathrm{N}. La force totale vaut (8,66−7,80)×104×0,0500=429 N(8{,}66-7{,}80)\times 10^{4}\times 0{,}0500=429\ \mathrm{N}, dirigée vers l'extérieur du sachet : le poids d'une masse de 44 kg44\ \mathrm{kg} sur un film plastique. Une surpression de moins d'un dixième d'atmosphère suffit, parce que la surface est grande. Si le film cède, c'est d'abord à la soudure.

e) La masse de l'air ne change pas, son volume est divisé par 0,2500,193\dfrac{0{,}250}{0{,}193}, donc sa masse volumique est multipliée par PsPc=1,0100,780=1,29\dfrac{P_{s}}{P_{c}}=\dfrac{1{,}010}{0{,}780}=1{,}29. À l'atterrissage, avant l'écrasement, les molécules de l'air intérieur, moins nombreuses par litre que celles de l'air extérieur et aussi agitées puisque la température est la même, frappent chaque mètre carré de la paroi moins souvent : la force intérieure ne compense plus la force extérieure et la paroi recule. Elle s'arrête quand le volume a assez diminué pour que les chocs par mètre carré soient aussi nombreux des deux côtés, c'est-à-dire quand les pressions sont égales.

Exercice 7 : Les limites de la loi de Mariotte : le diazote très comprimé

Des mesures classiques faites à 0 ∘C0\ \mathrm{^{\circ}C} sur une même quantité de diazote donnent le rapport r=P⋅V(P⋅V)1r=\dfrac{P\cdot V}{(P\cdot V)_{1}} entre le produit P⋅VP\cdot V à la pression PP et sa valeur sous 1 bar1\ \mathrm{bar}. Pour P=1P=1 ; 100100 ; 200200 ; 400400 ; 800 bar800\ \mathrm{bar}, on trouve r=1,000r=1{,}000 ; 0,9850{,}985 ; 1,0371{,}037 ; 1,2561{,}256 ; 1,7961{,}796. La loi de Mariotte prévoit r=1r=1 à toute pression : c'est la droite en pointillé de la figure.

Sous 1 bar1\ \mathrm{bar} et à 0 ∘C0\ \mathrm{^{\circ}C}, la distance moyenne entre deux molécules de diazote vaut environ 3,3 nm3{,}3\ \mathrm{nm} ; une molécule de diazote mesure de l'ordre de 0,4 nm0{,}4\ \mathrm{nm}.

1002003004005006007008009000,511,52P (bar)r
  • a) Jusqu'à quelle pression, parmi celles du tableau, la loi de Mariotte reste-t-elle vérifiée à 2 %2\ \% près ?
  • b) Une bouteille de laboratoire de 20,0 L20{,}0\ \mathrm{L} contient du diazote sous 200 bar200\ \mathrm{bar}, à 0 ∘C0\ \mathrm{^{\circ}C}. Quel volume ce gaz occuperait-il sous 1 bar1\ \mathrm{bar} d'après la loi de Mariotte ? Et en réalité, avec le tableau ?
  • c) Sous 800 bar800\ \mathrm{bar}, le gaz occupe-t-il un volume plus grand ou plus petit que celui que prévoit la loi de Mariotte, et dans quel rapport ? Estimez la distance moyenne entre molécules et interprétez l'écart.
  • d) La bouteille a été remplie rapidement et son gaz s'est échauffé ; en refroidissant, la pression lue baisse. Est-ce une fuite ? Quelle condition de la loi de Mariotte était en défaut ?
  • e) Rédigez l'énoncé complet de la loi de Mariotte avec ses trois conditions d'emploi.

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  • a) Jusqu'à 100 bar100\ \mathrm{bar} (1,5 %1{,}5\ \% d'écart) ; à 200 bar200\ \mathrm{bar} l'écart atteint 3,7 %3{,}7\ \%
  • b) Mariotte : 4 000 L4\,000\ \mathrm{L} ; en réalité 4 0001,037=3 857 L\dfrac{4\,000}{1{,}037}=3\,857\ \mathrm{L}
  • c) Plus grand, dans le rapport 1,801{,}80 ; distance ≈0,43 nm\approx 0{,}43\ \mathrm{nm}, de l'ordre de la taille d'une molécule
  • d) Pas une fuite : la température n'était pas constante, les molécules ralentissent en refroidissant
  • e) Pour une quantité fixée de gaz, à température constante et à pression modérée, P⋅VP\cdot V est constant

a) L'écart à la loi vaut ∣r−1∣|r-1|. Sous 100 bar100\ \mathrm{bar}, ∣0,985−1∣=0,015|0{,}985-1|=0{,}015, soit 1,5 %1{,}5\ \% : la loi tient à 2 %2\ \% près. Sous 200 bar200\ \mathrm{bar}, 1,037−1=0,0371{,}037-1=0{,}037, soit 3,7 %3{,}7\ \% : elle ne tient plus. La loi de Mariotte est donc un MODÈLE, excellent aux pressions usuelles (de quelques dixièmes de bar à quelques dizaines de bars) et de plus en plus faux au-delà. Remarquez que rr passe d'abord légèrement sous 11 avant de monter : la loi n'est pas fausse « dans un seul sens ».

b) D'après Mariotte, P⋅VP\cdot V se conserve : V1=200×20,01=4 000 LV_{1}=\dfrac{200\times 20{,}0}{1}=4\,000\ \mathrm{L}. En réalité, sous 200 bar200\ \mathrm{bar}, le produit vaut 1,0371{,}037 fois sa valeur sous 1 bar1\ \mathrm{bar} : (P⋅V)1=200×20,01,037=3 857 bar⋅L(P\cdot V)_{1}=\dfrac{200\times 20{,}0}{1{,}037}=3\,857\ \mathrm{bar\cdot L}, donc V1=3 857 LV_{1}=3\,857\ \mathrm{L}. La loi surestime le contenu de la bouteille de 143 L143\ \mathrm{L}, près de 4 %4\ \% : c'est ce que corrigent les tables des fabricants de gaz. Le piège est de multiplier par 1,0371{,}037 au lieu de diviser : le gaz comprimé « résiste », donc il y en a MOINS que ne le croit Mariotte à pression égale.

c) À quantité donnée, V=r (P⋅V)1PV=\dfrac{r\,(P\cdot V)_{1}}{P} : le volume réel est r=1,796r=1{,}796 fois celui que prévoit Mariotte, donc PLUS GRAND, dans le rapport 1,801{,}80. Chaque molécule dispose d'un volume 1,796800\dfrac{1{,}796}{800} fois celui dont elle disposait sous 1 bar1\ \mathrm{bar}, et la distance entre voisines est multipliée par 1,7968003=0,131\sqrt[3]{\dfrac{1{,}796}{800}}=0{,}131 : 3,3×0,131=0,43 nm3{,}3\times 0{,}131=0{,}43\ \mathrm{nm}. C'est la taille d'une molécule : les molécules sont pratiquement au contact, leur volume propre n'est plus négligeable et le gaz refuse de se comprimer davantage. Le modèle microscopique de Mariotte supposait au contraire des molécules très éloignées les unes des autres, comme l'argon de l'exercice 1.

d) Ce n'est pas une fuite : la quantité de gaz n'a pas changé. Pendant le remplissage rapide, le gaz s'est échauffé ; en revenant à la température ambiante, ses molécules ralentissent et frappent les parois moins fort et moins souvent, donc la pression baisse à volume constant. La condition en défaut est la TEMPÉRATURE CONSTANTE. Pour savoir si la bouteille fuit, il faut comparer deux lectures faites à la même température : c'est pour cela qu'on attend qu'une bouteille remplie ait refroidi avant de relever sa pression.

e) « Pour une quantité FIXÉE de gaz, à température CONSTANTE, le produit de la pression absolue par le volume reste constant : P1V1=P2V2P_{1}V_{1}=P_{2}V_{2}. » Et la condition de validité du modèle : la pression doit rester MODÉRÉE, pour que les molécules restent éloignées les unes des autres. Les trois défauts rencontrés dans cette série correspondent chacun à une condition : le tuyau oublié de l'exercice 4 (quantité de gaz mal définie), la compression brutale et le remplissage rapide (température non constante), la bouteille sous 800 bar800\ \mathrm{bar} (pression trop forte).

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations ci-dessous est FAUSSE. Pour chacune, dites où est l'erreur, donnez la valeur ou la réponse correcte et écrivez l'énoncé juste. On prend g=9,81 N⋅kg−1g=9{,}81\ \mathrm{N\cdot kg^{-1}}, ρeau=1,00×103 kg⋅m−3\rho_{eau}=1{,}00\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}} et Patm=1,0 barP_{atm}=1{,}0\ \mathrm{bar}.

Toutes ces erreurs ont la même source : on n'a pas dit de quelle pression on parlait, ni dans quelle unité.

  • a) « Une pression de 2,0 bar2{,}0\ \mathrm{bar} exercée sur une surface de 10 cm210\ \mathrm{cm^{2}} produit une force de 20 N20\ \mathrm{N}. »
  • b) « Dans un lac, le point BB, situé 3,0 m3{,}0\ \mathrm{m} plus haut que le point AA, subit une pression plus grande, puisque son altitude zz est plus grande. »
  • c) « La pression d'un gaz enfermé vient du poids des molécules qui reposent sur le fond du récipient : elle est donc nulle sur le couvercle. »
  • d) « Le manomètre d'un réservoir d'air indique une surpression de 1,5 bar1{,}5\ \mathrm{bar}. Si l'on double le volume offert à l'air, à température constante, il indiquera 0,75 bar0{,}75\ \mathrm{bar}. »
  • e) « Dans un gaz, une molécule qui se déplace à 430 m/s430\ \mathrm{m/s} a une température plus élevée qu'une molécule qui se déplace à 300 m/s300\ \mathrm{m/s}. »

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  • a) F=2,0×105×10×10−4=200 NF=2{,}0\times 10^{5}\times 10\times 10^{-4}=200\ \mathrm{N} : il fallait convertir en pascals et en mètres carrés
  • b) PB−PA=ρ g (zA−zB)=−29,4 kPaP_{B}-P_{A}=\rho\,g\,(z_{A}-z_{B})=-29{,}4\ \mathrm{kPa} : le point le plus haut a la pression la plus FAIBLE
  • c) La pression vient des chocs des molécules sur TOUTES les parois ; sur le couvercle elle est pratiquement égale à celle du fond
  • d) Mariotte porte sur la pression absolue : 2,5→1,25 bar2{,}5\to 1{,}25\ \mathrm{bar}, donc le manomètre indique 0,25 bar0{,}25\ \mathrm{bar}
  • e) Une molécule seule n'a pas de température : c'est une grandeur macroscopique, liée à l'agitation moyenne

a) Faux : l'élève a multiplié des bars par des centimètres carrés, ce qui ne donne pas des newtons. En unités du système international, P=2,0×105 PaP=2{,}0\times 10^{5}\ \mathrm{Pa} et S=10×10−4=1,0×10−3 m2S=10\times 10^{-4}=1{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{m^{2}}, donc F=P⋅S=200 NF=P\cdot S=200\ \mathrm{N}, dix fois plus. Énoncé juste : « 2,0 bar2{,}0\ \mathrm{bar} sur 10 cm210\ \mathrm{cm^{2}} produisent 200 N200\ \mathrm{N} ». Retenez les deux conversions : 1 bar=105 Pa1\ \mathrm{bar}=10^{5}\ \mathrm{Pa} et 1 cm2=10−4 m21\ \mathrm{cm^{2}}=10^{-4}\ \mathrm{m^{2}}, et non 10−210^{-2}. Avec cette seconde erreur, on aurait trouvé 2×104 N2\times 10^{4}\ \mathrm{N}, cent fois trop.

b) Faux : la loi s'écrit PB−PA=ρ g (zA−zB)P_{B}-P_{A}=\rho\,g\,(z_{A}-z_{B}), et zA−zB=−3,0 mz_{A}-z_{B}=-3{,}0\ \mathrm{m} puisque BB est plus haut. Donc PB−PA=1,00×103×9,81×(−3,0)=−2,94×104 PaP_{B}-P_{A}=1{,}00\times 10^{3}\times 9{,}81\times(-3{,}0)=-2{,}94\times 10^{4}\ \mathrm{Pa}, soit −29,4 kPa-29{,}4\ \mathrm{kPa} : BB subit une pression PLUS FAIBLE. Énoncé juste : « dans un liquide au repos, la pression diminue quand on monte, de ρ g\rho\,g par mètre ». L'erreur vient de croire que « zz plus grand » va avec « pression plus grande » ; c'est la PROFONDEUR qui augmente la pression, et la profondeur augmente quand zz diminue.

c) Faux : la pression d'un gaz est l'effet des CHOCS de ses molécules, agitées en tous sens, sur toutes les parois, le couvercle comme le fond et les côtés. Le poids du gaz ne crée qu'une différence infime entre le bas et le haut d'un récipient ordinaire, de l'ordre du pascal quand la pression vaut cent mille pascals. Énoncé juste : « dans un gaz enfermé, la pression est pratiquement la même sur toutes les parois ; elle vient des chocs des molécules, pas de leur poids ». Le modèle du « tas de molécules posé au fond » est celui d'un solide en poudre, pas d'un gaz.

d) Faux : la loi de Mariotte porte sur la pression ABSOLUE. Le gaz est à 1,5+1,0=2,5 bar1{,}5+1{,}0=2{,}5\ \mathrm{bar} absolus ; en doublant le volume, il passe à 1,25 bar1{,}25\ \mathrm{bar} absolus, donc le manomètre, qui lit l'écart à l'air extérieur, indique 1,25−1,0=0,25 bar1{,}25-1{,}0=0{,}25\ \mathrm{bar}, trois fois moins que ce que l'affirmation annonce. Énoncé juste : « on repasse en pression absolue, on applique Mariotte, puis on retranche la pression atmosphérique ». Appliquer Mariotte à une surpression revient à faire comme si le gaz était vide à pression nulle quand le manomètre lit zéro, ce qui est faux.

e) Faux : la température est une grandeur MACROSCOPIQUE, elle décrit l'agitation MOYENNE d'un très grand nombre de molécules. Dans un gaz à une seule température, les vitesses des molécules sont très dispersées : certaines vont à 300 m/s300\ \mathrm{m/s}, d'autres à 430430 ou à 800800, et elles changent à chaque choc. Énoncé juste : « une molécule a une vitesse, un gaz a une température ; plus la température est élevée, plus l'agitation moyenne des molécules est grande ». Confondre les deux échelles, c'est attribuer à une entité une grandeur qui n'a de sens que pour un ensemble.

Exercice 9 : Problème : identifier un liquide en testant la loi de la statique

On plonge la sonde d'un capteur de pression absolue dans une grande éprouvette remplie d'un liquide transparent inconnu. Une règle donne la profondeur hh de la sonde sous la surface libre. Relevés : pour h=0h=0 ; 4,04{,}0 ; 8,08{,}0 ; 12,012{,}0 ; 16,0 cm16{,}0\ \mathrm{cm}, le capteur lit P=1 013,0P=1\,013{,}0 ; 1 017,71\,017{,}7 ; 1 022,41\,022{,}4 ; 1 027,11\,027{,}1 ; 1 031,8 hPa1\,031{,}8\ \mathrm{hPa}. La figure représente l'écart ΔP=P−P0\Delta P=P-P_{0}, où P0=1 013,0 hPaP_{0}=1\,013{,}0\ \mathrm{hPa} est la lecture à la surface.

Candidats : éthanol (789789), huile de tournesol (920920), eau (1 0001\,000), eau de mer (1 0251\,025), saumure saturée (1 2001\,200), sirop de sucre (1 3301\,330), en kg⋅m−3\mathrm{kg\cdot m^{-3}}. On donne g=9,81 N⋅kg−1g=9{,}81\ \mathrm{N\cdot kg^{-1}} et la loi PB−PA=ρ g (zA−zB)P_{B}-P_{A}=\rho\,g\,(z_{A}-z_{B}), zz vers le haut.

2468101214161848121620h (cm)ΔP (hPa)
  • a) En appliquant la loi entre la surface libre et la sonde, exprimez PP en fonction de hh. Quelle allure doit avoir le graphe de ΔP\Delta P en fonction de hh ? Les mesures la confirment-elles ?
  • b) Calculez le coefficient directeur de la droite, en pascals par mètre, à partir des deux points extrêmes.
  • c) Déduisez-en la masse volumique du liquide et identifiez-le parmi les candidats.
  • d) Chaque lecture est connue à ±0,1 hPa\pm 0{,}1\ \mathrm{hPa}, donc un écart de deux lectures à ±0,2 hPa\pm 0{,}2\ \mathrm{hPa}. Calculez l'incertitude relative sur ΔP\Delta P à 16,0 cm16{,}0\ \mathrm{cm}, puis à 4,0 cm4{,}0\ \mathrm{cm}. Pourquoi prendre les points extrêmes ?
  • e) Avec ce montage, pourrait-on distinguer l'eau de l'eau de mer ? Calculez l'écart entre les deux valeurs de ΔP\Delta P à 16,0 cm16{,}0\ \mathrm{cm} et comparez-le à l'incertitude.

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  • a) P=P0+ρ g hP=P_{0}+\rho\,g\,h : ΔP\Delta P est proportionnel à hh, droite passant par l'origine, ce que confirment les mesures
  • b) k=1 880 Pa0,160 m=1,175×104 Pa⋅m−1k=\dfrac{1\,880\ \mathrm{Pa}}{0{,}160\ \mathrm{m}}=1{,}175\times 10^{4}\ \mathrm{Pa\cdot m^{-1}}
  • c) ρ=kg=1,20×103 kg⋅m−3\rho=\dfrac{k}{g}=1{,}20\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}} : la saumure saturée
  • d) 1,1 %1{,}1\ \% à 16 cm16\ \mathrm{cm} contre 4,3 %4{,}3\ \% à 4 cm4\ \mathrm{cm} : les points extrêmes minimisent l'incertitude
  • e) Écart 0,39 hPa0{,}39\ \mathrm{hPa}, à peine plus que ±0,2 hPa\pm 0{,}2\ \mathrm{hPa} : distinction possible mais fragile

a) Prenons AA à la surface libre, où PA=P0P_{A}=P_{0}, et BB à la sonde, à la profondeur hh : zA−zB=hz_{A}-z_{B}=h. La loi donne PB−P0=ρ g hP_{B}-P_{0}=\rho\,g\,h, soit P=P0+ρ g hP=P_{0}+\rho\,g\,h. L'écart ΔP=ρ g h\Delta P=\rho\,g\,h est donc PROPORTIONNEL à la profondeur : son graphe est une droite qui passe par l'origine, de coefficient directeur ρ g\rho\,g. Les cinq points de la figure sont alignés avec l'origine, les écarts successifs valant tous 4,7 hPa4{,}7\ \mathrm{hPa} pour 4,0 cm4{,}0\ \mathrm{cm} : la loi de la statique est vérifiée, et c'est précisément ce que demande de TESTER le programme. Tracer ΔP\Delta P plutôt que PP est un choix : la proportionnalité se voit alors au premier coup d'œil.

b) Entre h=0h=0 et h=0,160 mh=0{,}160\ \mathrm{m}, ΔP\Delta P passe de 00 à 1 031,8−1 013,0=18,8 hPa=1 880 Pa1\,031{,}8-1\,013{,}0=18{,}8\ \mathrm{hPa}=1\,880\ \mathrm{Pa}. Le coefficient directeur vaut k=1 8800,160=1,175×104 Pa⋅m−1k=\dfrac{1\,880}{0{,}160}=1{,}175\times 10^{4}\ \mathrm{Pa\cdot m^{-1}}. Les deux conversions sont indispensables : 1 hPa=100 Pa1\ \mathrm{hPa}=100\ \mathrm{Pa} et 16,0 cm=0,160 m16{,}0\ \mathrm{cm}=0{,}160\ \mathrm{m}. En gardant des hectopascals par centimètre, on trouve 1,1751{,}175, un nombre juste dans une unité qui ne permet pas de diviser par gg.

c) Puisque k=ρ gk=\rho\,g, ρ=1,175×1049,81=1,20×103 kg⋅m−3\rho=\dfrac{1{,}175\times 10^{4}}{9{,}81}=1{,}20\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}. Parmi les candidats, seule la saumure saturée, à 1 200 kg⋅m−31\,200\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}, convient ; le sirop de sucre, à 1 3301\,330, est à plus de 10 %10\ \%, l'eau de mer à 15 %15\ \%. L'identification repose sur une grandeur MACROSCOPIQUE, la masse volumique, mesurée sans balance ni volume, par la seule variation de la pression avec la profondeur : c'est l'intérêt de la méthode quand on ne peut pas prélever le liquide.

d) À 16,0 cm16{,}0\ \mathrm{cm} : 0,218,8=1,1 %\dfrac{0{,}2}{18{,}8}=1{,}1\ \%. À 4,0 cm4{,}0\ \mathrm{cm} : 0,24,7=4,3 %\dfrac{0{,}2}{4{,}7}=4{,}3\ \%, quatre fois plus. L'incertitude sur une lecture est la même à toute profondeur, mais elle pèse d'autant moins que l'écart mesuré est grand. Calculer la pente sur les deux points les plus éloignés, ou mieux sur la droite qui passe au plus près de tous les points, donne donc la masse volumique la plus fiable. Pour la même raison, une éprouvette plus haute donnerait une mesure plus précise.

e) À 16,0 cm16{,}0\ \mathrm{cm}, l'écart entre eau de mer et eau vaut (1 025−1 000)×9,81×0,160=39,2 Pa(1\,025-1\,000)\times 9{,}81\times 0{,}160=39{,}2\ \mathrm{Pa}, soit 0,39 hPa0{,}39\ \mathrm{hPa}. C'est à peine le double de l'incertitude de ±0,2 hPa\pm 0{,}2\ \mathrm{hPa} : la distinction est possible, mais fragile, et une seule mesure ne suffirait pas à trancher. Pour deux liquides aussi proches, on gagnerait à descendre plus profond ou à répéter les mesures, puis à comparer les valeurs moyennes. Distinguer l'eau de la saumure, en revanche, ne pose aucune difficulté : l'écart atteint 3,1 hPa3{,}1\ \mathrm{hPa}.

Exercice 10 : Problème : la pression du sang, du bras humain à la tête de la girafe

La tension artérielle se donne en millimètres de mercure : c'est une pression RELATIVE, l'écart entre la pression du sang et celle de l'air, avec 1 mmHg=133,3 Pa1\ \mathrm{mmHg}=133{,}3\ \mathrm{Pa}. On la mesure au bras, à la hauteur du cœur.

Le sang circule, mais pour les seules différences de pression dues à la HAUTEUR, on admet la loi de la statique, PB−PA=ρ g (zA−zB)P_{B}-P_{A}=\rho\,g\,(z_{A}-z_{B}), avec ρsang=1,05×103 kg⋅m−3\rho_{sang}=1{,}05\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}, g=9,81 N⋅kg−1g=9{,}81\ \mathrm{N\cdot kg^{-1}} et Patm=1,013×105 PaP_{atm}=1{,}013\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}. La figure donne les altitudes utiles chez la girafe, le cœur étant pris pour origine.

2,50−1,5z (m)tête levéecœurtête baissée
  • a) Chez un adulte debout, la pression maximale mesurée au bras vaut 120 mmHg120\ \mathrm{mmHg}. Convertissez-la en kilopascals, puis donnez la pression absolue du sang au niveau du cœur.
  • b) Les chevilles sont 1,30 m1{,}30\ \mathrm{m} plus bas que le cœur et le cerveau 0,40 m0{,}40\ \mathrm{m} plus haut. Calculez, en mmHg, la pression relative maximale du sang à ces deux endroits.
  • c) Une personne lève le bras : le brassard se retrouve 0,50 m0{,}50\ \mathrm{m} au-dessus du cœur. De combien de mmHg la lecture change-t-elle, et dans quel sens ?
  • d) Chez la girafe, tête levée, le cerveau est 2,5 m2{,}5\ \mathrm{m} au-dessus du cœur et doit recevoir le sang sous au moins 80 mmHg80\ \mathrm{mmHg}. Quelle pression minimale le cœur doit-il fournir, en mmHg ?
  • e) Pour boire, la girafe baisse la tête à 1,5 m1{,}5\ \mathrm{m} sous le cœur. Que devient la pression au niveau du cerveau, en mmHg ? Commentez.

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  • a) 16,0 kPa16{,}0\ \mathrm{kPa} relatifs, soit 117,3 kPa117{,}3\ \mathrm{kPa} absolus
  • b) Chevilles : 220 mmHg220\ \mathrm{mmHg} ; cerveau : 89 mmHg89\ \mathrm{mmHg}
  • c) La lecture BAISSE de 38,6 mmHg38{,}6\ \mathrm{mmHg}
  • d) Pcoeur=80+ρ g×2,5133,3=273 mmHgP_{coeur}=80+\dfrac{\rho\,g\times 2{,}5}{133{,}3}=273\ \mathrm{mmHg}
  • e) 389 mmHg389\ \mathrm{mmHg} au cerveau, près de cinq fois la valeur tête levée

a) 120×133,3=1,60×104 Pa120\times 133{,}3=1{,}60\times 10^{4}\ \mathrm{Pa}, soit 16,0 kPa16{,}0\ \mathrm{kPa}. C'est une pression RELATIVE : la pression absolue du sang au niveau du cœur vaut 1,013×105+0,160×105=1,173×105 Pa1{,}013\times 10^{5}+0{,}160\times 10^{5}=1{,}173\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}, soit 117,3 kPa117{,}3\ \mathrm{kPa}. Le sang n'est donc qu'à 16 %16\ \% au-dessus de la pression de l'air : la tension artérielle est un petit écart à la pression atmosphérique, et c'est pour cela qu'on la mesure en relatif. Dans la suite, les DIFFÉRENCES de pression sont les mêmes en absolu et en relatif, puisque PatmP_{atm} s'élimine.

b) Aux chevilles, 1,30 m1{,}30\ \mathrm{m} plus bas : P=1,60×104+1,05×103×9,81×1,30=1,60×104+1,34×104=2,94×104 PaP=1{,}60\times 10^{4}+1{,}05\times 10^{3}\times 9{,}81\times 1{,}30=1{,}60\times 10^{4}+1{,}34\times 10^{4}=2{,}94\times 10^{4}\ \mathrm{Pa}, soit 2,94×104133,3=220 mmHg\dfrac{2{,}94\times 10^{4}}{133{,}3}=220\ \mathrm{mmHg}. Au cerveau, 0,40 m0{,}40\ \mathrm{m} plus haut : P=1,60×104−1,05×103×9,81×0,40=1,60×104−4,12×103=1,19×104 PaP=1{,}60\times 10^{4}-1{,}05\times 10^{3}\times 9{,}81\times 0{,}40=1{,}60\times 10^{4}-4{,}12\times 10^{3}=1{,}19\times 10^{4}\ \mathrm{Pa}, soit 89 mmHg89\ \mathrm{mmHg}. Chaque mètre de dénivelé vaut ρ g=1,03×104 Pa\rho\,g=1{,}03\times 10^{4}\ \mathrm{Pa}, près de 77 mmHg77\ \mathrm{mmHg} : le même cœur donne presque deux fois et demie plus de pression aux chevilles qu'au cerveau.

c) Le brassard monte de 0,50 m0{,}50\ \mathrm{m} : la pression qu'il mesure diminue de 1,05×103×9,81×0,50=5,15×103 Pa1{,}05\times 10^{3}\times 9{,}81\times 0{,}50=5{,}15\times 10^{3}\ \mathrm{Pa}, soit 5 150133,3=38,6 mmHg\dfrac{5\,150}{133{,}3}=38{,}6\ \mathrm{mmHg}. La lecture BAISSE, de 120120 à environ 81 mmHg81\ \mathrm{mmHg}, sans que le cœur ait changé quoi que ce soit. C'est la raison de la consigne médicale, bras posé à la hauteur du cœur : une mesure de pression n'a de sens que si l'on dit EN QUEL POINT elle est prise. Le fil de la série se retrouve ici chez le médecin.

d) Entre le cœur (z=0z=0) et le cerveau (z=2,5 mz=2{,}5\ \mathrm{m}) : Pcerveau=Pcoeur−ρ g×2,5P_{cerveau}=P_{coeur}-\rho\,g\times 2{,}5, donc Pcoeur=Pcerveau+ρ g×2,5P_{coeur}=P_{cerveau}+\rho\,g\times 2{,}5. Avec Pcerveau=80×133,3=1,07×104 PaP_{cerveau}=80\times 133{,}3=1{,}07\times 10^{4}\ \mathrm{Pa} et ρ g×2,5=1,05×103×9,81×2,5=2,58×104 Pa\rho\,g\times 2{,}5=1{,}05\times 10^{3}\times 9{,}81\times 2{,}5=2{,}58\times 10^{4}\ \mathrm{Pa} : Pcoeur=3,64×104 PaP_{coeur}=3{,}64\times 10^{4}\ \mathrm{Pa}, soit 273 mmHg273\ \mathrm{mmHg}. C'est plus du double de la tension humaine, et c'est bien l'ordre de grandeur mesuré chez la girafe : son cœur doit hisser le sang sur deux mètres et demi.

e) La tête est maintenant 1,5 m1{,}5\ \mathrm{m} SOUS le cœur : Pcerveau=Pcoeur+ρ g×1,5=3,64×104+1,55×104=5,19×104 PaP_{cerveau}=P_{coeur}+\rho\,g\times 1{,}5=3{,}64\times 10^{4}+1{,}55\times 10^{4}=5{,}19\times 10^{4}\ \mathrm{Pa}, soit 389 mmHg389\ \mathrm{mmHg}. En baissant la tête, la girafe fait passer la pression au cerveau de 8080 à 389 mmHg389\ \mathrm{mmHg} : l'écart vaut ρ g\rho\,g fois les 4,0 m4{,}0\ \mathrm{m} de dénivelé parcourus par la tête, soit 309 mmHg309\ \mathrm{mmHg}. Sans dispositif de protection, ses vaisseaux cérébraux éclateraient ; la girafe possède des valves dans les veines du cou et un réseau de petits vaisseaux à la base du crâne qui amortissent cette surpression.

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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/1spc-fluide-repos. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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