Exercice 1 : Deux échelles pour un même gaz : l'argon d'un ballon de verre
Un ballon de verre de volume est rempli d'argon à la température et à la pression . À l'échelle MACROSCOPIQUE, on décrit ce gaz par sa pression, sa température et sa masse volumique, des grandeurs qui se mesurent avec un instrument posé sur le ballon ou plongé dedans.
À l'échelle MICROSCOPIQUE, le même litre contient atomes d'argon, de masse chacun, qui se déplacent en tous sens à des vitesses de quelques centaines de mètres par seconde et rebondissent sur les parois. La figure représente les deux descriptions du même gaz, la seconde étant un agrandissement de la première.
- a) Parmi les grandeurs suivantes, lesquelles sont macroscopiques, lesquelles microscopiques : la pression du gaz, sa température, sa masse volumique, la masse d'un atome, la vitesse d'un atome ?
- b) Calculez la masse volumique de l'argon du ballon à partir des données microscopiques. Comparez-la à celle de l'air, voisine de .
- c) Calculez le volume disponible par atome, puis la distance moyenne entre deux atomes voisins, en nanomètres. Un atome d'argon a un diamètre de l'ordre de : que conclure ?
- d) On chauffe le ballon, fermé et indéformable. Comment varient la pression et la masse volumique du gaz ? Interprétez à l'échelle des atomes.
- e) On retire, à température constante, la moitié des atomes à l'aide d'une pompe. Que valent la nouvelle masse volumique et la nouvelle pression ?
Voir la correction
Réponses
- a) Macroscopiques : , , ; microscopiques : masse et vitesse d'un atome
- b) , environ fois celle de l'air
- c) , : le gaz est surtout du vide
- d) augmente, ne change pas
- e) et : toutes deux divisées par deux
a) Une grandeur MACROSCOPIQUE décrit le gaz dans son ensemble et se mesure à notre échelle : la pression (au manomètre ou au capteur), la température (au thermomètre) et la masse volumique (par une pesée et un volume). La masse d'un atome et la vitesse d'un atome sont MICROSCOPIQUES : elles décrivent une seule entité, et aucun instrument de la salle ne les lit directement. Le piège classique est de ranger la température parmi les grandeurs microscopiques parce qu'elle « vient » de l'agitation des atomes. Elle en vient, mais elle ne décrit l'agitation d'aucun atome en particulier : c'est un bilan sur des milliards de milliards d'atomes, donc une grandeur macroscopique.
b) La masse du gaz est la masse de tous ses atomes : . Avec , . C'est le pont entre les deux échelles : une grandeur macroscopique se calcule à partir d'un comptage microscopique. L'argon est environ fois plus dense que l'air (), parce que ses atomes sont plus lourds que les molécules d'air, à nombre d'entités par litre comparable. Attention à l'unité : le litre doit être converti en mètre cube avant de diviser, sinon on trouve un résultat mille fois trop petit.
c) Chaque atome dispose en moyenne de . Si l'on se représente ce volume comme un petit cube, son arête donne l'ordre de grandeur de la distance entre voisins : , soit . C'est environ neuf fois le diamètre d'un atome : un gaz est surtout fait de VIDE, les atomes n'occupant qu'environ un millième du volume (). C'est ce qui explique qu'un gaz se comprime facilement et qu'un liquide, où les entités sont au contact, ne se comprime presque pas.
d) La PRESSION augmente. À l'échelle microscopique, la pression est l'effet moyen des chocs des atomes sur les parois : chauffer augmente l'agitation, donc les atomes frappent les parois plus souvent et plus fort, et la force exercée sur chaque mètre carré augmente. La MASSE VOLUMIQUE, elle, ne change pas : le ballon est fermé, donc le nombre d'atomes et leur masse sont les mêmes, et il est indéformable, donc le volume aussi. Beaucoup d'élèves répondent que le gaz « se dilate » et que diminue : ce serait vrai dans un ballon de baudruche, pas dans un ballon de verre. On lit toujours l'énoncé pour savoir ce qui est bloqué.
e) La masse volumique est proportionnelle au nombre d'atomes par unité de volume, qui est divisé par deux : (en gardant la valeur non arrondie ). À température constante, chaque atome frappe les parois comme avant, mais il y a deux fois moins d'atomes : le nombre de chocs par seconde et par mètre carré est divisé par deux, donc la pression aussi, , soit environ . Les deux grandeurs macroscopiques bougent ensemble parce qu'elles dépendent toutes deux du même comptage microscopique.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches d'une visite à l'autre et te dit quel chapitre attaquer ensuite. Crée ton espace, un courriel suffit.