Spécialité physique-chimie, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : transferts thermiques et premier principe (Terminale spécialité)

Voici une série d'exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur les transferts thermiques et le premier principe, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

L'analogie électrique structure toute la partie sur l'isolation : le flux thermique joue le rôle de l'intensité, l'écart de température celui de la tension, et la résistance thermique celui de la résistance. Les couches d'un mur s'ajoutent alors comme des résistances en série, et l'exercice 7 montre que dix centimètres de laine de verre apportent 95 pour cent de la résistance d'un mur, contre 5 pour cent pour vingt centimètres de béton.

L'exercice 10 traite la question qui déroute le plus : un coefficient de performance de 3,5 ne viole pas le premier principe, parce qu'une pompe à chaleur ne produit rien, elle transporte. Sa dernière question explique pourquoi cette technologie perd justement son avantage sous un climat aux hivers rigoureux, au moment où l'on en aurait le plus besoin.

La partie D complète la série sur deux capacités du programme de spécialité qu'elle ne traitait pas : le bilan radiatif du système Terre-atmosphère, où le premier principe appliqué à une planète entière donne sa température d'émission et montre ce que changent l'albédo et l'effet de serre, et les limites du modèle du gaz parfait, sur le dioxyde de carbone liquéfié d'un extincteur.

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Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (8 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Mouvement, vitesse et lumièreQuatrième
  2. 2Poids, gravitation et signauxTroisième
  3. 3Molécules, mole et quantité de matièreSeconde
  4. 4Équations, avancement et réactif limitantSeconde
  5. 5Mouvement et interactionsSeconde
  6. 6Avancement et dosagesPremière
  7. 7Décrire un fluide au reposPremière
  8. 8Aspects énergétiques des transformationsPremière

Rappel de cours

  • • ΔU=mcΔT\Delta U=mc\Delta T pour une phase condensée. Un ÉCART de température a la même valeur en degrés Celsius et en kelvins, une température absolue non.
  • • Premier principe : ΔU=Q+W\Delta U=Q+W, convention du récepteur. C'est un bilan, il ne dit rien du SENS des évolutions : cela relève du second principe.
  • • Trois modes : conduction de proche en proche, convection par déplacement de fluide, rayonnement qui seul traverse le vide.
  • • Flux thermique : Φ=ΔTRth\Phi=\dfrac{\Delta T}{R_{\mathrm{th}}} avec Rth=eλSR_{\mathrm{th}}=\dfrac{e}{\lambda S}, en K/W\mathrm{K/W}. Analogue exact de I=URI=\dfrac{U}{R}.
  • • Couches superposées : les résistances s'AJOUTENT, comme en série. Ce qui compte est eλ\dfrac{e}{\lambda}, et jouer sur λ\lambda est bien plus efficace que sur ee.
  • • Loi de Newton : T(t)=Ta+(T0−Ta)e−t/τT(t)=T_{a}+\left(T_{0}-T_{a}\right)\mathrm{e}^{-t/\tau}. La vitesse de refroidissement est proportionnelle à l'ÉCART restant, donc elle ralentit.
  • • Au bout de τ\tau il subsiste 37 %37\ \% de l'écart initial ; la température ambiante n'est jamais atteinte rigoureusement.
  • • Pompe à chaleur : COP=PthPeˊlec\mathrm{COP}=\dfrac{P_{\mathrm{th}}}{P_{\mathrm{élec}}} peut dépasser 1 sans violer le premier principe, car Pth=Peˊlec+PpreˊleveˊeP_{\mathrm{th}}=P_{\mathrm{élec}}+P_{\mathrm{prélevée}}.
  • • Bilan radiatif de la Terre, en régime permanent : (1−A)PS=4πRT2 σTe4(1-A)P_{S}=4\pi R_{T}^{2}\,\sigma T_{e}^{4}. La Terre reçoit sur un disque et émet par toute sa sphère ; TT en kelvins dans la loi de Stefan-Boltzmann.
  • • Plus d'albédo : TeT_{e} baisse. Plus d'effet de serre : TeT_{e} ne bouge pas à l'équilibre, c'est la SURFACE qui se réchauffe.
  • • Gaz parfait : pression, température et masse volumique traduisent les chocs, l'agitation et le nombre de molécules par unité de volume. Le modèle échoue aux fortes pressions et près de la liquéfaction.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Énergie interne et capacité thermique

L'énergie interne UU d'un système est la somme des énergies microscopiques de ses constituants. Pour une phase condensée, sa variation vaut ΔU=mcΔT\Delta U=mc\Delta T, où cc est la capacité thermique massique.

On donne ceau=4185 J⋅kg−1⋅K−1c_{\mathrm{eau}}=4185\ \mathrm{J\cdot kg^{-1}\cdot K^{-1}}.

  • a) Calculez l'énergie à fournir pour porter 2,0 kg2{,}0\ \mathrm{kg} d'eau de 2020 à 45 ∘C45\ \mathrm{^{\circ}C}.
  • b) Pourquoi peut-on utiliser indifféremment des degrés Celsius ou des kelvins pour ΔT\Delta T, mais pas pour TT ?
  • c) La capacité thermique massique de l'eau est l'une des plus élevées qui soient. Citez deux conséquences concrètes.
  • d) On mélange 1,0 kg1{,}0\ \mathrm{kg} d'eau à 80 ∘C80\ \mathrm{^{\circ}C} et 1,0 kg1{,}0\ \mathrm{kg} d'eau à 20 ∘C20\ \mathrm{^{\circ}C} dans un récipient calorifugé. Calculez la température finale.
  • e) Refaites le calcul avec 3,0 kg3{,}0\ \mathrm{kg} d'eau froide au lieu de 1,01{,}0. Que devient la température finale ?

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a)
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Réponses

  • a) 2,09×1052{,}09\times 10^{5} J
  • b) Même pas de graduation, origines différentes
  • c) Climats côtiers adoucis ; eau caloporteur
  • d) Tf=50T_{f}=50 °C
  • e) Tf=35T_{f}=35 °C : moyenne pondérée

a) ΔU=mcΔT=2,0×4185×25=2,09×105 J\Delta U=mc\Delta T=2{,}0\times 4185\times 25=2{,}09\times 10^{5}\ \mathrm{J}, soit environ 209 kJ209\ \mathrm{kJ}.

b) Parce que les deux échelles ont le MÊME pas : une variation d'un degré Celsius est exactement une variation d'un kelvin, seule l'origine diffère de 273,15273{,}15. Un écart de température a donc la même valeur dans les deux unités, alors qu'une température absolue n'a évidemment pas la même. La règle pratique est simple : dès qu'on écrit ΔT\Delta T, les deux se valent ; dès qu'on écrit TT seul, il faut des kelvins.

c) Premièrement, la RÉGULATION THERMIQUE des climats : les océans emmagasinent d'énormes quantités de chaleur pour de faibles variations de température, ce qui adoucit le climat des régions côtières et explique les hivers plus doux à Vancouver qu'à Winnipeg. Deuxièmement, l'usage de l'eau comme FLUIDE CALOPORTEUR dans les circuits de chauffage et de refroidissement, y compris dans les centrales nucléaires : à débit égal, elle transporte plus d'énergie que tout autre liquide courant.

d) Le récipient étant calorifugé, l'énergie perdue par l'eau chaude est intégralement gagnée par l'eau froide : m1c(Tf−80)+m2c(Tf−20)=0m_{1}c\left(T_{f}-80\right)+m_{2}c\left(T_{f}-20\right)=0. Les masses étant égales, cc et mm se simplifient : Tf=80+202=50 ∘CT_{f}=\dfrac{80+20}{2}=50\ \mathrm{^{\circ}C}.

e) Avec m2=3,0 kgm_{2}=3{,}0\ \mathrm{kg} : 1,0×(Tf−80)+3,0×(Tf−20)=01{,}0\times\left(T_{f}-80\right)+3{,}0\times\left(T_{f}-20\right)=0, donc 4,0 Tf=80+60=1404{,}0\,T_{f}=80+60=140 et Tf=35 ∘CT_{f}=35\ \mathrm{^{\circ}C}. La température finale est la moyenne PONDÉRÉE par les masses, et non la moyenne arithmétique : c'est la masse la plus grande qui impose sa température.

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Exercice 2 : Le premier principe de la thermodynamique

Le premier principe énonce que la variation d'énergie interne d'un système fermé est égale à la somme des transferts thermiques et des travaux reçus : ΔU=Q+W\Delta U=Q+W.

  • a) Précisez la convention de signe adoptée pour QQ et WW.
  • b) Que devient l'expression pour un système qui ne reçoit aucun travail ?
  • c) Un système reçoit 500 J500\ \mathrm{J} par transfert thermique et fournit 200 J200\ \mathrm{J} de travail à l'extérieur. Calculez la variation de son énergie interne.
  • d) Le premier principe interdit-il à un corps froid de céder de la chaleur à un corps chaud ? Justifiez.
  • e) Quelle est la portée de ce principe ? Que ne dit-il pas ?

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a)
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Réponses

  • a) Convention récepteur
  • b) ΔU=Q\Delta U=Q
  • c) ΔU=+300\Delta U=+300 J
  • d) Non : c'est le second principe
  • e) Conservation de l'énergie ; pas le sens des évolutions

a) La convention est celle du RÉCEPTEUR : QQ et WW sont comptés POSITIVEMENT quand le système les reçoit, négativement quand il les cède. Un système qui se réchauffe reçoit donc Q>0Q>0, un système qui fournit du travail à l'extérieur a W<0W<0.

b) S'il n'y a pas de travail, W=0W=0 et le principe se réduit à ΔU=Q\Delta U=Q : toute la variation d'énergie interne provient du transfert thermique. C'est le cas de la plupart des situations de ce chapitre, où l'on chauffe ou refroidit un solide ou un liquide à pression constante.

c) Le système REÇOIT 500 J500\ \mathrm{J} donc Q=+500 JQ=+500\ \mathrm{J}, et il FOURNIT 200 J200\ \mathrm{J} donc W=−200 JW=-200\ \mathrm{J}. Ainsi ΔU=500−200=+300 J\Delta U=500-200=+300\ \mathrm{J} : son énergie interne augmente de 300 J300\ \mathrm{J}.

d) Non, il ne l'interdit PAS. Le premier principe n'est qu'un bilan comptable : il exige seulement que l'énergie cédée par l'un soit reçue par l'autre, ce qui serait tout aussi vrai dans le sens froid vers chaud. C'est le SECOND principe, qui introduit l'entropie, qui interdit ce transfert spontané. Le premier principe autorise beaucoup de choses que la nature refuse.

e) Sa portée est la CONSERVATION de l'énergie : elle ne se crée ni ne se détruit, elle se transfère et se convertit. C'est ce qui interdit le mouvement perpétuel de première espèce. Ce qu'il ne dit pas, c'est le SENS des évolutions spontanées ni la qualité de l'énergie : il traite un joule de travail mécanique et un joule de chaleur diffuse comme équivalents, alors que le premier est intégralement convertible et le second non. Cette dissymétrie relève du second principe.

Exercice 3 : Les trois modes de transfert thermique

Un transfert thermique peut s'effectuer par conduction, par convection ou par rayonnement.

  • a) Définissez la conduction et précisez si elle nécessite un déplacement de matière.
  • b) Définissez la convection et donnez un exemple domestique.
  • c) Définissez le rayonnement et précisez ce qui le distingue radicalement des deux autres.
  • d) Identifiez le ou les modes en jeu dans chacune des situations suivantes : une cuillère qui chauffe dans une casserole, l'eau qui bout dans cette casserole, la chaleur du Soleil sur le visage.
  • e) Pourquoi un thermos comporte-t-il un vide entre deux parois argentées ? Analysez les trois modes.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) De proche en proche, sans déplacement de matière
  • b) Déplacement du fluide : radiateur
  • c) Ondes électromagnétiques : traverse le vide
  • d) Conduction ; convection ; rayonnement
  • e) Vide : ni conduction ni convection ; argent : rayonnement

a) La CONDUCTION est le transfert de proche en proche, par agitation thermique communiquée d'une particule à sa voisine, sans déplacement macroscopique de matière. Elle est le mode dominant dans les solides, et particulièrement efficace dans les métaux où les électrons libres la relaient.

b) La CONVECTION est le transfert par déplacement macroscopique du fluide lui-même : les portions chaudes, moins denses, montent, tandis que les froides descendent, créant un courant. Exemple domestique : un radiateur qui chauffe une pièce, l'air chaud montant au plafond et redescendant refroidi le long des murs.

c) Le RAYONNEMENT est le transfert par ondes électromagnétiques, principalement infrarouges, émises par tout corps du fait de sa température. Ce qui le distingue radicalement, c'est qu'il ne nécessite AUCUN support matériel : il traverse le vide. C'est le seul moyen par lequel l'énergie du Soleil nous parvient à travers l'espace.

d) La cuillère : CONDUCTION, à travers le métal. L'eau qui bout : CONVECTION principalement, avec de la conduction au contact du fond. La chaleur du Soleil : RAYONNEMENT exclusivement, puisqu'il n'y a pas de matière entre le Soleil et nous.

e) Chaque élément vise un mode. Le VIDE entre les parois supprime la conduction et la convection, qui exigent toutes deux un milieu matériel. Les parois ARGENTÉES, très réfléchissantes dans l'infrarouge, renvoient le rayonnement au lieu de l'absorber et l'émettent très mal, ce qui neutralise le troisième mode. Il ne reste que le bouchon et le col, où la conduction subsiste par le matériau du contenant : c'est d'ailleurs par là qu'un thermos perd l'essentiel de sa chaleur.

Exercice 4 : Flux thermique et résistance thermique

Le flux thermique Φ\Phi à travers une paroi vaut Φ=ΔTRth\Phi=\dfrac{\Delta T}{R_{\mathrm{th}}}, où la résistance thermique s'écrit Rth=eλSR_{\mathrm{th}}=\dfrac{e}{\lambda S} pour une paroi d'épaisseur ee, de conductivité λ\lambda et de surface SS.

On considère un mur de S=20 m2S=20\ \mathrm{m^{2}} en béton d'épaisseur 0,20 m0{,}20\ \mathrm{m}, de conductivité λ=1,4 W⋅m−1⋅K−1\lambda=1{,}4\ \mathrm{W\cdot m^{-1}\cdot K^{-1}}.

  • a) Calculez la résistance thermique de ce mur et précisez son unité.
  • b) Calculez le flux thermique le traversant pour un écart de 20 ∘C20\ \mathrm{^{\circ}C} entre l'intérieur et l'extérieur.
  • c) Justifiez l'analogie entre cette relation et la loi d'Ohm, en précisant les correspondances.
  • d) Comment se combinent les résistances de deux couches superposées ? Justifiez par l'analogie.
  • e) Un bon isolant a-t-il une grande ou une petite conductivité ? Une grande ou une petite résistance thermique ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Rth=7,1×10−3R_{\mathrm{th}}=7{,}1\times 10^{-3} K/W
  • b) Φ=2,8×103\Phi=2{,}8\times 10^{3} W
  • c) Φ↔I\Phi\leftrightarrow I, ΔT↔U\Delta T\leftrightarrow U
  • d) Elles s'ajoutent (série)
  • e) Petite λ\lambda, grande RthR_{\mathrm{th}}

a) Rth=eλS=0,201,4×20=0,2028=7,1×10−3 K/WR_{\mathrm{th}}=\dfrac{e}{\lambda S}=\dfrac{0{,}20}{1{,}4\times 20}=\dfrac{0{,}20}{28}=7{,}1\times 10^{-3}\ \mathrm{K/W}. L'unité est le kelvin par watt, puisque le flux est une puissance.

b) Φ=ΔTRth=207,1×10−3=2,8×103 W\Phi=\dfrac{\Delta T}{R_{\mathrm{th}}}=\dfrac{20}{7{,}1\times 10^{-3}}=2{,}8\times 10^{3}\ \mathrm{W}. Ce mur nu laisse donc échapper près de trois kilowatts, l'équivalent d'un gros radiateur fonctionnant en permanence.

c) L'analogie est exacte terme à terme. Le FLUX thermique Φ\Phi joue le rôle de l'INTENSITÉ, l'écart de TEMPÉRATURE ΔT\Delta T celui de la TENSION, et la RÉSISTANCE THERMIQUE celui de la résistance électrique. La relation Φ=ΔTRth\Phi=\dfrac{\Delta T}{R_{\mathrm{th}}} est le strict analogue de I=URI=\dfrac{U}{R}. Dans les deux cas, une différence de potentiel généralisée provoque un écoulement qu'une résistance limite.

d) Elles s'AJOUTENT, comme des résistances électriques en série : Rtot=R1+R2R_{\mathrm{tot}}=R_{1}+R_{2}. L'analogie le rend évident, puisque le même flux traverse successivement les deux couches, exactement comme le même courant traverse deux résistances en série, et que les écarts de température s'additionnent comme les tensions.

e) Un bon isolant a une PETITE conductivité λ\lambda, ce qui lui donne une GRANDE résistance thermique. Les deux formulations sont équivalentes puisque RthR_{\mathrm{th}} est inversement proportionnelle à λ\lambda. On retiendra que l'air immobile est un excellent isolant, et que la plupart des isolants du bâtiment ne font qu'emprisonner de l'air dans une structure poreuse pour l'empêcher de convecter.

Exercice 5 : La loi de Newton du refroidissement

Un corps de température TT placé dans un milieu à TaT_{a} perd de l'énergie à un rythme proportionnel à l'écart : dTdt=−1τ(T−Ta)\dfrac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t}=-\dfrac{1}{\tau}\left(T-T_{a}\right), dont la solution est T(t)=Ta+(T0−Ta)e−t/τT(t)=T_{a}+\left(T_{0}-T_{a}\right)\mathrm{e}^{-t/\tau}.

  • a) Vérifiez que cette expression est bien solution de l'équation différentielle et qu'elle respecte la condition initiale.
  • b) Que représente τ\tau ? Quelle fraction de l'écart initial subsiste au bout d'une durée τ\tau ?
  • c) Vers quelle température tend le corps quand tt devient grand ? L'atteint-il ?
  • d) Un corps plus chaud refroidit-il plus vite ou moins vite ? Justifiez à partir de l'équation.
  • e) Pourquoi cette loi cesse-t-elle d'être valable pour un écart de température très grand ?

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Réponses

  • a) Solution vérifiée, T(0)=T0T(0)=T_{0}
  • b) Temps caractéristique ; 36,836{,}8 % de l'écart
  • c) Vers TaT_{a}, sans l'atteindre
  • d) Plus vite
  • e) Le rayonnement varie comme T4T^{4}

a) En dérivant : dTdt=−1τ(T0−Ta)e−t/τ=−1τ(T−Ta)\dfrac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t}=-\dfrac{1}{\tau}\left(T_{0}-T_{a}\right)\mathrm{e}^{-t/\tau}=-\dfrac{1}{\tau}\left(T-T_{a}\right), ce qui est bien l'équation. Et en t=0t=0, e0=1\mathrm{e}^{0}=1 donc T=Ta+T0−Ta=T0T=T_{a}+T_{0}-T_{a}=T_{0} : la condition initiale est respectée.

b) τ\tau est le TEMPS CARACTÉRISTIQUE du refroidissement. Au bout de t=τt=\tau, l'écart vaut (T0−Ta)e−1=0,368(T0−Ta)\left(T_{0}-T_{a}\right)\mathrm{e}^{-1}=0{,}368\left(T_{0}-T_{a}\right) : il en subsiste 36,836{,}8 pour cent, autrement dit 63,263{,}2 pour cent de l'écart a été comblé.

c) La température tend vers TaT_{a}, celle du milieu, puisque l'exponentielle tend vers zéro. Le corps ne l'atteint jamais rigoureusement, une exponentielle ne s'annulant pas, mais l'écart devient rapidement indétectable : après 5τ5\tau il n'en reste que 0,70{,}7 pour cent.

d) PLUS vite, en valeur absolue. Le taux de refroidissement est proportionnel à l'écart T−TaT-T_{a} : plus le corps est chaud par rapport au milieu, plus il perd d'énergie par unité de temps. C'est pourquoi une boisson brûlante refroidit spectaculairement pendant les premières minutes puis de plus en plus lentement, et c'est aussi ce qui donne à la courbe sa forme caractéristique.

e) Parce qu'elle suppose implicitement que le transfert est dominé par la conduction et la convection, tous deux proportionnels à l'écart de température. Or le RAYONNEMENT, lui, varie comme la différence des puissances QUATRIÈMES des températures absolues, d'après la loi de Stefan. Pour un écart modéré cette dépendance se linéarise très bien et la loi de Newton reste excellente, mais pour un corps porté au rouge le rayonnement domine et la loi devient fausse.

La figure du corrigé porte ln⁡(T−Tamb)\ln\left(T-T_{\text{amb}}\right) en fonction du temps, et c'est la manipulation qui rend la loi de Newton VÉRIFIABLE. En prenant le logarithme de T−Tamb=(T0−Tamb)e−t/τT-T_{\text{amb}}=\left(T_{0}-T_{\text{amb}}\right)\mathrm{e}^{-t/\tau}, on obtient ln⁡(T−Tamb)=ln⁡65−tτ\ln\left(T-T_{\text{amb}}\right)=\ln 65-\dfrac{t}{\tau} : une fonction AFFINE du temps, d'ordonnée à l'origine ln⁡65=4,17\ln 65=4{,}17 et de pente −1τ-\dfrac{1}{\tau}. Trois usages en découlent. D'abord tester la loi : si les points expérimentaux s'alignent, le refroidissement suit bien une loi de Newton ; s'ils s'incurvent, c'est que le coefficient d'échange n'est pas constant, ce qui arrive dès que la convection devient turbulente ou que le rayonnement domine. Ensuite mesurer τ\tau avec précision, par la pente d'une droite ajustée sur TOUS les points, ce qui est bien plus fiable que la lecture d'un seul couple de valeurs. Enfin extrapoler : la droite se prolonge sans ambiguïté, alors qu'une exponentielle décroissante devient illisible dès qu'elle s'approche de son asymptote. C'est exactement la démarche de la linéarisation d'une cinétique d'ordre 1, et le point commun n'est pas fortuit : les deux phénomènes obéissent à la même équation différentielle, un écart à l'équilibre dont la dérivée est proportionnelle à cet écart.

1020304050600,511,522,533,544,5t (min)ln (T − T ambiante)pente = −1/τ

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 6 : Chauffer une pièce

Une pièce de volume V=50 m3V=50\ \mathrm{m^{3}} contient de l'air de masse volumique ρ=1,2 kg/m3\rho=1{,}2\ \mathrm{kg/m^{3}} et de capacité thermique massique c=1,0×103 J⋅kg−1⋅K−1c=1{,}0\times 10^{3}\ \mathrm{J\cdot kg^{-1}\cdot K^{-1}}.

Un radiateur de 2,0 kW2{,}0\ \mathrm{kW} doit la faire passer de 55 à 20 ∘C20\ \mathrm{^{\circ}C}.

  • a) Calculez la masse d'air contenue dans la pièce.
  • b) Calculez l'énergie nécessaire pour chauffer cet air.
  • c) Calculez la durée théorique du chauffage.
  • d) En pratique il faut plusieurs heures. Citez deux raisons qui expliquent cet écart considérable.
  • e) La pièce est bordée par le mur de l'exercice 4, laissant échapper 2,8 kW2{,}8\ \mathrm{kW} pour un écart de 20 ∘C20\ \mathrm{^{\circ}C}. Le radiateur suffit-il à maintenir la pièce à 20 ∘C20\ \mathrm{^{\circ}C} par 0 ∘C0\ \mathrm{^{\circ}C} extérieur ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) m=60m=60 kg
  • b) Q=9,0×105Q=9{,}0\times 10^{5} J
  • c) 450450 s =7,5=7{,}5 min
  • d) Murs et meubles ; pertes par les parois
  • e) Non : équilibre vers 1414 °C

a) m=ρV=1,2×50=60 kgm=\rho V=1{,}2\times 50=60\ \mathrm{kg}. L'air d'une pièce entière ne pèse donc qu'une soixantaine de kilogrammes.

b) Q=mcΔT=60×1,0×103×15=9,0×105 JQ=mc\Delta T=60\times 1{,}0\times 10^{3}\times 15=9{,}0\times 10^{5}\ \mathrm{J}, soit 900 kJ900\ \mathrm{kJ}.

c) Δt=QP=9,0×1052,0×103=450 s\Delta t=\dfrac{Q}{P}=\dfrac{9{,}0\times 10^{5}}{2{,}0\times 10^{3}}=450\ \mathrm{s}, soit 7,5 min7{,}5\ \mathrm{min}.

d) Premièrement, il ne suffit pas de chauffer l'AIR : il faut aussi chauffer les murs, le sol, les meubles, dont la masse totale se compte en tonnes et la capacité thermique dépasse de très loin celle de l'air. Deuxièmement, la pièce PERD en permanence de la chaleur vers l'extérieur par ses parois, ses fenêtres et les fuites d'air, si bien qu'une partie importante de la puissance sert à compenser ces pertes plutôt qu'à élever la température. Le calcul de la question c) ne donne donc qu'une borne inférieure très optimiste.

e) Non, tout juste pas. Le mur laisse échapper 2,8 kW2{,}8\ \mathrm{kW} pour cet écart de 20 ∘C20\ \mathrm{^{\circ}C}, alors que le radiateur n'en fournit que 2,02{,}0. Le bilan est déficitaire de 800 W800\ \mathrm{W} : la pièce ne pourrait pas être maintenue à 20 ∘C20\ \mathrm{^{\circ}C} et se stabiliserait à une température plus basse, celle pour laquelle les pertes égalent exactement 2,0 kW2{,}0\ \mathrm{kW}, soit un écart de 20002800×20=14 ∘C\dfrac{2000}{2800}\times 20=14\ \mathrm{^{\circ}C} et donc 14 ∘C14\ \mathrm{^{\circ}C} intérieur. Isoler le mur est indispensable, et c'est l'objet de l'exercice suivant.

Exercice 7 : Isoler un mur

On double le mur de béton de l'exercice 4, de résistance 7,1×10−3 K/W7{,}1\times 10^{-3}\ \mathrm{K/W}, par une couche de laine de verre d'épaisseur 0,10 m0{,}10\ \mathrm{m} et de conductivité λ=0,040 W⋅m−1⋅K−1\lambda=0{,}040\ \mathrm{W\cdot m^{-1}\cdot K^{-1}}, sur la même surface de 20 m220\ \mathrm{m^{2}}.

  • a) Calculez la résistance thermique de la couche isolante.
  • b) Calculez la résistance thermique totale du mur isolé.
  • c) Calculez le nouveau flux thermique pour un écart de 20 ∘C20\ \mathrm{^{\circ}C}, et le facteur de réduction des pertes.
  • d) Quelle fraction de la résistance totale l'isolant représente-t-il ? Commentez.
  • e) Le chauffage fonctionne 2000 h2000\ \mathrm{h} par saison et le kilowattheure coûte 0,100{,}10 dollar. Calculez l'économie annuelle réalisée par cette isolation.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) R2=0,125R_{2}=0{,}125 K/W
  • b) Rtot=0,132R_{\mathrm{tot}}=0{,}132 K/W
  • c) 151151 W, pertes divisées par 18,518{,}5
  • d) 94,694{,}6 %
  • e) Environ 530530 dollars par saison

a) R2=eλS=0,100,040×20=0,100,80=0,125 K/WR_{2}=\dfrac{e}{\lambda S}=\dfrac{0{,}10}{0{,}040\times 20}=\dfrac{0{,}10}{0{,}80}=0{,}125\ \mathrm{K/W}.

b) Les deux couches étant traversées successivement par le même flux, leurs résistances s'ajoutent : Rtot=7,1×10−3+0,125=0,132 K/WR_{\mathrm{tot}}=7{,}1\times 10^{-3}+0{,}125=0{,}132\ \mathrm{K/W}.

c) Φ=200,132=1,51×102 W\Phi=\dfrac{20}{0{,}132}=1{,}51\times 10^{2}\ \mathrm{W}, contre 2,80×103 W2{,}80\times 10^{3}\ \mathrm{W} sans isolant. Le facteur de réduction vaut 2800151=18,5\dfrac{2800}{151}=18{,}5 : les pertes sont divisées par plus de dix-huit.

d) 0,1250,132=0,946\dfrac{0{,}125}{0{,}132}=0{,}946, soit 94,694{,}6 pour cent. Dix centimètres de laine de verre apportent donc presque toute la résistance du mur, alors que vingt centimètres de béton, deux fois plus épais, n'en apportent que 55 pour cent. C'est le rapport des conductivités qui explique tout : celle du béton est trente-cinq fois plus grande. Un mur porteur n'isole pratiquement pas, il porte.

e) L'économie de puissance vaut 2800−151=2,65×103 W2800-151=2{,}65\times 10^{3}\ \mathrm{W}, soit 2,65 kW2{,}65\ \mathrm{kW}. Sur 2000 h2000\ \mathrm{h} : 2,65×2000=5,30×103 kWh2{,}65\times 2000=5{,}30\times 10^{3}\ \mathrm{kWh}, ce qui représente 5300×0,10=5,3×1025300\times 0{,}10=5{,}3\times 10^{2} dollars par saison. L'isolation d'un seul mur se rembourse donc en quelques années, ce qui explique qu'elle soit le premier poste de tout projet de rénovation énergétique.

La figure du corrigé porte le flux thermique en fonction de l'épaisseur d'isolant ajoutée, et sa forme dicte toute la stratégie d'isolation. Le mur nu laisse passer 207,14×10−3=2 800 W\dfrac{20}{7{,}14\times 10^{-3}}=2\,800\ \mathrm{W}, une valeur si grande qu'elle sort du cadre de la figure. Les deux premiers centimètres d'isolant la font déjà tomber à 622 W622\ \mathrm{W}, les dix centimètres de l'énoncé à 151 W151\ \mathrm{W}, et les vingt centimètres à 78 W78\ \mathrm{W}. La courbe est une hyperbole, donc DÉCROISSANTE ET CONVEXE : chaque centimètre supplémentaire rapporte moins que le précédent. Le chiffre à retenir est brutal : les cinq premiers centimètres suppriment 9090 pour cent des pertes, les quinze suivants n'en suppriment que 77 de plus. Cela s'explique en revenant aux résistances en série. Le mur seul vaut 7,14×10−3 K/W7{,}14\times 10^{-3}\ \mathrm{K/W} et dix centimètres d'isolant valent 0,125 K/W0{,}125\ \mathrm{K/W}, soit dix-sept fois plus : dès la première couche, c'est l'ISOLANT qui domine entièrement la résistance totale, et le mur porteur ne compte plus. À partir de là, doubler l'épaisseur ne fait que doubler une résistance déjà dominante, donc diviser le flux par deux, ce qui devient rapidement dérisoire en valeur absolue. La conséquence pratique est qu'il vaut toujours mieux isoler correctement une SECONDE paroi non isolée que surépaissir la première.

0,020,040,060,080,10,120,140,160,180,2100200300400500600700800flux thermique (W)sans isolant : 2 800 W10 cm : 151 Wépaisseur d'isolant (m)

Exercice 8 : Le refroidissement d'un café

Un café servi à 85 ∘C85\ \mathrm{^{\circ}C} est laissé dans une pièce à 20 ∘C20\ \mathrm{^{\circ}C}. Au bout de 10 min10\ \mathrm{min}, sa température est de 55 ∘C55\ \mathrm{^{\circ}C}.

Le graphique donne la température au cours du temps.

102030405060255075100t (min)T (°C)T ambiante = 20 °C
  • a) Déterminez le temps caractéristique τ\tau à partir de la mesure à 10 min10\ \mathrm{min}.
  • b) Calculez la température au bout de 30 min30\ \mathrm{min} et vérifiez sur le graphique.
  • c) Déterminez l'instant où le café atteint 40 ∘C40\ \mathrm{^{\circ}C}.
  • d) Le café atteindra-t-il un jour exactement 20 ∘C20\ \mathrm{^{\circ}C} ? Que montre le graphique ?
  • e) Une personne veut boire son café le plus chaud possible mais doit y ajouter du lait froid. A-t-elle intérêt à l'ajouter tout de suite ou à la fin ? Justifiez par la loi de Newton.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) τ=16,2\tau=16{,}2 min
  • b) T(30)=30,1T(30)=30{,}1 °C
  • c) t=19,0t=19{,}0 min
  • d) Non : asymptote
  • e) Tout de suite

a) De T(10)=20+65 e−10/τ=55T(10)=20+65\,\mathrm{e}^{-10/\tau}=55 on tire e−10/τ=3565=0,538\mathrm{e}^{-10/\tau}=\dfrac{35}{65}=0{,}538, puis −10τ=ln⁡(0,538)=−0,619-\dfrac{10}{\tau}=\ln\left(0{,}538\right)=-0{,}619, d'où τ=100,619=16,2 min\tau=\dfrac{10}{0{,}619}=16{,}2\ \mathrm{min}.

b) T(30)=20+65 e−30/16,2=20+65×0,156=30,1 ∘CT(30)=20+65\,\mathrm{e}^{-30/16{,}2}=20+65\times 0{,}156=30{,}1\ \mathrm{^{\circ}C}. Le graphique confirme cette valeur, le point étant marqué à 30 min30\ \mathrm{min}.

c) On résout 20+65 e−t/τ=4020+65\,\mathrm{e}^{-t/\tau}=40, soit e−t/τ=2065=0,308\mathrm{e}^{-t/\tau}=\dfrac{20}{65}=0{,}308, donc t=−16,2×ln⁡(0,308)=16,2×1,179=19,0 mint=-16{,}2\times\ln\left(0{,}308\right)=16{,}2\times 1{,}179=19{,}0\ \mathrm{min}.

d) Non, jamais rigoureusement. La courbe tend ASYMPTOTIQUEMENT vers la droite horizontale T=20 ∘CT=20\ \mathrm{^{\circ}C} tracée sur le graphique, sans jamais la couper : une exponentielle décroissante ne s'annule pas. En pratique l'écart devient indétectable après quelques τ\tau, soit environ une heure et demie ici.

e) Elle a intérêt à l'ajouter TOUT DE SUITE, ce qui est contre-intuitif. En effet, ajouter le lait immédiatement abaisse d'emblée la température du café, donc réduit l'écart avec la pièce pendant toute la durée de l'attente. Or la vitesse de refroidissement est proportionnelle à cet écart : le café refroidira donc plus LENTEMENT pendant tout le reste du temps. Si elle attend, le café reste plus chaud plus longtemps et perd donc davantage d'énergie vers la pièce, avant de subir en plus la chute due au lait. Le calcul détaillé confirme l'intuition qualitative fournie par la loi de Newton.

Exercice 9 : Quatre affirmations à corriger

Chacune des quatre affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous sur un résultat chiffré des exercices précédents.

  • a) « Le premier principe interdit à la chaleur de passer d'un corps froid à un corps chaud. »
  • b) « Pour isoler un mur, il faut surtout l'épaissir. »
  • c) « Chauffer une pièce de 50 mètres cubes prend sept minutes avec un radiateur de 2 kilowatts. »
  • d) « Un café à 85 degrés met deux fois plus de temps à passer de 85 à 55 degrés que de 55 à 40. »

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Faux : c'est le second principe
  • b) Faux : c'est λ\lambda qui compte
  • c) Faux : borne inférieure très optimiste
  • d) Faux : 1010 min puis 9,09{,}0 min

a) Faux. Le premier principe n'est qu'un bilan comptable : il exige que l'énergie perdue par l'un soit gagnée par l'autre, ce qui serait vérifié dans les deux sens. C'est le SECOND principe, celui de l'entropie, qui impose le sens des transferts spontanés. Le premier principe autorise donc bien des choses que la nature refuse, et confondre les deux revient à croire qu'un bilan équilibré suffit à rendre un processus possible.

b) Faux, ou du moins très incomplet. Ce qui compte est le rapport eλ\dfrac{e}{\lambda}, et jouer sur λ\lambda est infiniment plus efficace. L'exercice 7 le chiffre : dix centimètres de laine de verre apportent 94,694{,}6 pour cent de la résistance totale, contre 55 pour cent pour vingt centimètres de béton pourtant deux fois plus épais. La conductivité du béton est trente-cinq fois plus grande, et aucune épaisseur raisonnable ne compenserait cet écart.

c) Faux au sens où le calcul ne décrit pas la réalité. Les sept minutes et demie de l'exercice 6 ne concernent que l'AIR de la pièce, soit soixante kilogrammes. Il faut en réalité chauffer aussi les murs, le sol et les meubles, dont la masse se compte en tonnes, et compenser en permanence les pertes par les parois, qui atteignent ici 2,8 kW2{,}8\ \mathrm{kW} pour un mur nu et dépassent donc à elles seules la puissance du radiateur. Le résultat n'est pas faux, il est simplement une borne inférieure très optimiste.

d) Faux, c'est même l'inverse qui est vrai en un sens. De 8585 à 5555 il faut 10 min10\ \mathrm{min} ; de 5555 à 4040 il faut 19,0−10,0=9,0 min19{,}0-10{,}0=9{,}0\ \mathrm{min}, soit à peu près autant, alors que l'écart de température parcouru est deux fois plus petit. La raison est que le refroidissement RALENTIT à mesure que le café approche de la température ambiante, puisque la vitesse est proportionnelle à l'écart restant. Une chute de température deux fois plus petite prend donc presque autant de temps, et les suivantes en prendront de plus en plus.

Exercice 10 : La pompe à chaleur

Une pompe à chaleur prélève de l'énergie à l'extérieur et la restitue à l'intérieur. Son coefficient de performance vaut COP=Pthermique fourniePeˊlectrique consommeˊe\mathrm{COP}=\dfrac{P_{\mathrm{thermique\ fournie}}}{P_{\mathrm{électrique\ consommée}}}.

Une maison a besoin de 10 kW10\ \mathrm{kW} de chauffage. On dispose d'une pompe à chaleur de COP=3,5\mathrm{COP}=3{,}5.

  • a) Calculez la puissance électrique consommée par la pompe à chaleur.
  • b) Comparez à un chauffage électrique direct et calculez l'économie de puissance.
  • c) Le chauffage fonctionne 2000 h2000\ \mathrm{h} par an. Calculez l'économie annuelle en kilowattheures puis en dollars, à 0,100{,}10 dollar le kilowattheure.
  • d) Un COP supérieur à 1 viole-t-il le premier principe ? Justifiez soigneusement.
  • e) Le COP chute quand la température extérieure baisse. Expliquez pourquoi, et dites quelle conséquence cela a sous un climat continental aux hivers rigoureux.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 2,862{,}86 kW
  • b) 7,147{,}14 kW économisés
  • c) 1,43×1041{,}43\times 10^{4} kWh, 1,43×1031{,}43\times 10^{3} dollars
  • d) Non : 10=2,86+7,1410=2{,}86+7{,}14
  • e) Écart de température plus grand : appoint nécessaire

a) Peˊlec=PthCOP=103,5=2,86 kWP_{\mathrm{élec}}=\dfrac{P_{\mathrm{th}}}{\mathrm{COP}}=\dfrac{10}{3{,}5}=2{,}86\ \mathrm{kW}.

b) Un chauffage électrique direct convertit intégralement l'électricité en chaleur, avec un rapport de 1 : il consommerait 10 kW10\ \mathrm{kW}. L'économie de puissance vaut donc 10−2,86=7,14 kW10-2{,}86=7{,}14\ \mathrm{kW}, soit plus de 7171 pour cent.

c) Sur 2000 h2000\ \mathrm{h}, la pompe consomme 2,86×2000=5,71×103 kWh2{,}86\times 2000=5{,}71\times 10^{3}\ \mathrm{kWh} contre 2,00×104 kWh2{,}00\times 10^{4}\ \mathrm{kWh} pour le chauffage direct. L'économie vaut 1,43×104 kWh1{,}43\times 10^{4}\ \mathrm{kWh}, soit 1,43×1031{,}43\times 10^{3} dollars par an.

d) Non, absolument pas, et c'est le point le plus important du chapitre. La pompe à chaleur ne CRÉE pas d'énergie : elle en PRÉLÈVE à l'extérieur et la transporte à l'intérieur. Le bilan complet s'écrit Pth=Peˊlec+Ppreˊleveˊe dehorsP_{\mathrm{th}}=P_{\mathrm{élec}}+P_{\mathrm{prélevée\ dehors}}, soit ici 10=2,86+7,1410=2{,}86+7{,}14 : le premier principe est parfaitement respecté. L'électricité ne sert pas à produire la chaleur mais à faire fonctionner le transfert, comme une pompe hydraulique dépense de l'énergie pour élever de l'eau qu'elle ne fabrique pas. Le mot pompe est donc bien choisi.

e) Parce que la pompe doit faire remonter la chaleur d'une source froide vers une source chaude, et que cette tâche est d'autant plus difficile que l'écart entre les deux est grand. Quand la température extérieure chute, l'écart augmente, le travail nécessaire par joule transporté augmente, et le COP diminue. Sous un climat continental, où les températures descendent régulièrement sous les moins vingt degrés, le COP peut tomber au voisinage de 1 : la pompe perd alors tout avantage précisément au moment où les besoins de chauffage sont maximaux. C'est pourquoi les installations y sont presque toujours BIVALENTES, associées à un appoint qui prend le relais sous un certain seuil.

La figure du corrigé porte l'énergie électrique consommée sur une saison de 2 0002\,000 heures en fonction du coefficient de performance, pour un besoin thermique fixé à 10 kW10\ \mathrm{kW}. La courbe est l'hyperbole E=Pth hCOP=20 000COPE=\dfrac{P_{th}\,h}{\mathrm{COP}}=\dfrac{20\,000}{\mathrm{COP}}, et elle situe la pompe à chaleur par rapport à ses concurrentes. À COP=1\mathrm{COP}=1, on retrouve le chauffage par EFFET JOULE, qui consomme 20 000 kWh20\,000\ \mathrm{kWh} : c'est le point de départ à gauche de la courbe, et aucun convecteur électrique ne peut faire mieux, puisqu'un rendement de 100100 pour cent est sa limite absolue. La pompe à chaleur de l'énoncé, à COP=3,5\mathrm{COP}=3{,}5, n'en consomme que 5 714 kWh5\,714\ \mathrm{kWh}, soit 7171 pour cent d'économie. Mais la forme de la courbe met en garde contre la surenchère : passer d'un COP de 11 à 3,53{,}5 économise 14 300 kWh14\,300\ \mathrm{kWh}, alors que passer de 3,53{,}5 à 66 n'en économise plus que 2 4002\,400. Les gains s'écrasent, et comme le surcoût d'une machine à haut COP croît, lui, régulièrement, l'optimum économique se situe dans la plage courante de 33 à 44. Un dernier point mérite d'être souligné, car il surprend souvent : un COP supérieur à 11 ne viole aucun principe. La pompe ne CRÉE pas d'énergie, elle en TRANSPORTE depuis l'extérieur, et l'électricité ne sert qu'à faire tourner le compresseur. C'est aussi pourquoi le COP réel chute quand il fait très froid dehors, précisément quand on en a le plus besoin.

123456730006000900012000150001800021000énergie électrique annuelle (kWh)effet JouleCOP = 3,5 : 5 714 kWhCOP

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Le gaz parfait dans un pneu

Un pneu de volume intérieur V=25 LV=25\ \mathrm{L}, supposé constant, est gonflé à froid, à 15 ∘C15\ \mathrm{^{\circ}C}. Le manomètre de la station indique 2,2 bar2{,}2\ \mathrm{bar} : c'est la SURPRESSION par rapport à l'atmosphère, prise égale à 1,0 bar1{,}0\ \mathrm{bar}.

On assimile l'air à un gaz parfait : pV=nRTpV=nRT, avec R=8,314 J⋅mol−1⋅K−1R=8{,}314\ \mathrm{J\cdot mol^{-1}\cdot K^{-1}}, pp en pascals, VV en mètres cubes et TT en kelvins. La masse molaire de l'air vaut 29 g/mol29\ \mathrm{g/mol} et 1 bar=105 Pa1\ \mathrm{bar}=10^{5}\ \mathrm{Pa}.

  • a) Calculez la quantité de matière d'air contenue dans le pneu.
  • b) Calculez la masse de cet air.
  • c) Après un long trajet, l'air du pneu atteint 45 ∘C45\ \mathrm{^{\circ}C}. Calculez la nouvelle pression absolue, puis ce qu'indiquerait le manomètre.
  • d) Un élève calcule 3,2×4515=9,6 bar3{,}2\times\dfrac{45}{15}=9{,}6\ \mathrm{bar}. Quelle est son erreur ?
  • e) Pour retrouver 3,2 bar3{,}2\ \mathrm{bar} absolus à chaud, on laisse échapper de l'air. Quelle fraction de la quantité de matière faut-il retirer ? Pourquoi est-ce une mauvaise idée ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) n=3,34n=3{,}34 mol
  • b) 9797 g
  • c) 3,533{,}53 bar absolus, 2,532{,}53 bar au manomètre
  • d) Celsius au lieu de kelvins
  • e) 9,49{,}4 % ; pneu sous-gonflé à froid

a) Pression absolue : p=2,2+1,0=3,2 bar=3,2×105 Pap=2{,}2+1{,}0=3{,}2\ \mathrm{bar}=3{,}2\times 10^{5}\ \mathrm{Pa} ; V=25×10−3 m3V=25\times 10^{-3}\ \mathrm{m^{3}} ; T=15+273,15=288,15 KT=15+273{,}15=288{,}15\ \mathrm{K}. Alors n=pVRT=3,2×105×25×10−38,314×288,15=3,34 moln=\dfrac{pV}{RT}=\dfrac{3{,}2\times 10^{5}\times 25\times 10^{-3}}{8{,}314\times 288{,}15}=3{,}34\ \mathrm{mol}. Utiliser la surpression de 2,2 bar2{,}2\ \mathrm{bar} donnerait 2,30 mol2{,}30\ \mathrm{mol}, un tiers de trop peu.

b) m=nM=3,34×29=97 gm=nM=3{,}34\times 29=97\ \mathrm{g} : moins de cent grammes d'air portent la voiture.

c) nn et VV sont constants, donc pT\dfrac{p}{T} aussi : p2=p1T2T1=3,2×318,15288,15=3,53 barp_{2}=p_{1}\dfrac{T_{2}}{T_{1}}=3{,}2\times\dfrac{318{,}15}{288{,}15}=3{,}53\ \mathrm{bar}. Le manomètre indique 3,53−1,0=2,53 bar3{,}53-1{,}0=2{,}53\ \mathrm{bar}, soit 0,33 bar0{,}33\ \mathrm{bar} de plus qu'à froid.

d) Il a utilisé des degrés Celsius dans une PROPORTIONNALITÉ. La loi des gaz parfaits porte sur la température absolue : le rapport des températures vaut 318288=1,10\dfrac{318}{288}=1{,}10 et non 4515=3\dfrac{45}{15}=3. Avec les Celsius, un pneu gonflé à 0 ∘C0\ \mathrm{^{\circ}C} aurait une pression nulle, ce qui est absurde.

e) Il faut n′=n3,23,53n'=n\dfrac{3{,}2}{3{,}53}, soit retirer 1−3,23,53=9,4 %1-\dfrac{3{,}2}{3{,}53}=9{,}4\ \% de l'air. C'est une erreur : une fois refroidi, le pneu serait sous-gonflé de 9,4 %9{,}4\ \%. Les pressions de gonflage recommandées sont données à froid, précisément parce qu'elles montent en roulant.

Exercice 12 : Identifier un métal par calorimétrie

Un calorimètre de capacité thermique Ccal=100 J/KC_{\mathrm{cal}}=100\ \mathrm{J/K} contient 200 g200\ \mathrm{g} d'eau à 20,0 ∘C20{,}0\ \mathrm{^{\circ}C}. On y plonge un bloc métallique de 150 g150\ \mathrm{g} sorti d'une étuve à 100,0 ∘C100{,}0\ \mathrm{^{\circ}C}. L'équilibre s'établit à 24,6 ∘C24{,}6\ \mathrm{^{\circ}C}.

On donne ceau=4185 J⋅kg−1⋅K−1c_{\mathrm{eau}}=4185\ \mathrm{J\cdot kg^{-1}\cdot K^{-1}} et les capacités thermiques massiques de trois métaux : aluminium 897897, cuivre 385385, plomb 129129, en J⋅kg−1⋅K−1\mathrm{J\cdot kg^{-1}\cdot K^{-1}}. Le calorimètre est supposé parfaitement isolé.

  • a) Calculez l'énergie reçue par l'eau.
  • b) Calculez l'énergie reçue par le calorimètre lui-même.
  • c) Écrivez le bilan énergétique et calculez la capacité thermique massique du métal.
  • d) De quel métal s'agit-il ?
  • e) Un élève oublie la capacité du calorimètre. Quelle valeur trouve-t-il, et de combien se trompe-t-il en pourcentage ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 3,85×1033{,}85\times 10^{3} J
  • b) 460460 J
  • c) cm=381c_{m}=381 J/(kg·K)
  • d) Cuivre
  • e) 340340 J/(kg·K), 1111 % trop bas

a) Qeau=mece(Tf−Te)=0,200×4185×4,6=3,85×103 JQ_{\mathrm{eau}}=m_{e}c_{e}(T_{f}-T_{e})=0{,}200\times 4185\times 4{,}6=3{,}85\times 10^{3}\ \mathrm{J}.

b) Qcal=Ccal(Tf−Te)=100×4,6=460 JQ_{\mathrm{cal}}=C_{\mathrm{cal}}(T_{f}-T_{e})=100\times 4{,}6=460\ \mathrm{J}. Le récipient et ses accessoires se réchauffent aussi : c'est tout le sens de sa capacité thermique.

c) Le système est isolé : ΔU=0\Delta U=0, l'énergie cédée par le métal est reçue par l'eau et le calorimètre. mmcm(100,0−24,6)=3 850+460m_{m}c_{m}(100{,}0-24{,}6)=3\,850+460, soit 0,150×cm×75,4=4 3100{,}150\times c_{m}\times 75{,}4=4\,310, donc cm=4 31011,31=381 J⋅kg−1⋅K−1c_{m}=\dfrac{4\,310}{11{,}31}=381\ \mathrm{J\cdot kg^{-1}\cdot K^{-1}}.

d) La valeur la plus proche est celle du CUIVRE, 385 J⋅kg−1⋅K−1385\ \mathrm{J\cdot kg^{-1}\cdot K^{-1}}, à 1 %1\ \% près. L'aluminium et le plomb sont exclus sans ambiguïté.

e) Sans le calorimètre : cm=3 85011,31=340 J⋅kg−1⋅K−1c_{m}=\dfrac{3\,850}{11{,}31}=340\ \mathrm{J\cdot kg^{-1}\cdot K^{-1}}, soit 11 %11\ \% de moins que la vraie valeur. L'oubli reste ici sans conséquence sur l'identification, mais il deviendrait décisif pour départager deux métaux proches.

Exercice 13 : Des freins qui chauffent

Une voiture de 1 200 kg1\,200\ \mathrm{kg} roulant à 90 km/h90\ \mathrm{km/h} freine jusqu'à l'arrêt. On admet que 80 %80\ \% de son énergie cinétique est convertie en énergie interne des quatre disques de frein, en acier, de 8,0 kg8{,}0\ \mathrm{kg} chacun (c=460 J⋅kg−1⋅K−1c=460\ \mathrm{J\cdot kg^{-1}\cdot K^{-1}}), le reste passant aux plaquettes et à l'air.

On prend g=9,81 m/s2g=9{,}81\ \mathrm{m/s^{2}}.

  • a) Calculez l'énergie cinétique de la voiture avant le freinage.
  • b) Calculez l'élévation de température des disques pour ce freinage.
  • c) Appliquez le premier principe aux disques pendant ce freinage bref : sous quelle forme reçoivent-ils l'énergie ?
  • d) La voiture descend maintenant un col de 500 m500\ \mathrm{m} de dénivelé à vitesse constante, en n'utilisant que les freins. Calculez l'énergie à dissiper et l'élévation de température des disques s'ils ne cédaient rien à l'air.
  • e) Que se passe-t-il en réalité, et que conseille-t-on aux conducteurs ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Ec=3,75×105E_{c}=3{,}75\times 10^{5} J
  • b) ΔT≈20\Delta T\approx 20 °C
  • c) ΔU=W\Delta U=W, Q≈0Q\approx 0
  • d) 5,89×1065{,}89\times 10^{6} J ; ≈320\approx 320 °C
  • e) Freins inefficaces : frein moteur

a) v=903,6=25 m/sv=\dfrac{90}{3{,}6}=25\ \mathrm{m/s} et Ec=12mv2=12×1 200×252=3,75×105 JE_{c}=\dfrac{1}{2}mv^{2}=\dfrac{1}{2}\times 1\,200\times 25^{2}=3{,}75\times 10^{5}\ \mathrm{J}.

b) ΔU=0,80×3,75×105=3,0×105 J\Delta U=0{,}80\times 3{,}75\times 10^{5}=3{,}0\times 10^{5}\ \mathrm{J} se répartissent sur 4×8,0=32 kg4\times 8{,}0=32\ \mathrm{kg} d'acier : ΔT=3,0×10532×460=20 ∘C\Delta T=\dfrac{3{,}0\times 10^{5}}{32\times 460}=20\ \mathrm{^{\circ}C}. Compter un seul disque donnerait 82 ∘C82\ \mathrm{^{\circ}C}.

c) Pendant un freinage de quelques secondes, les disques n'ont pas le temps de céder de chaleur : Q≈0Q\approx 0. Ils reçoivent l'énergie sous forme de TRAVAIL, celui des forces de frottement des plaquettes : ΔU=W>0\Delta U=W>0. On chauffe un corps sans lui apporter de chaleur, comme on se réchauffe les mains en les frottant.

d) À vitesse constante, l'énergie cinétique ne change pas : toute l'énergie potentielle perdue doit être dissipée. ΔEp=mgh=1 200×9,81×500=5,89×106 J\Delta E_{p}=mgh=1\,200\times 9{,}81\times 500=5{,}89\times 10^{6}\ \mathrm{J}, et ΔT=0,80×5,89×10632×460=320 ∘C\Delta T=\dfrac{0{,}80\times 5{,}89\times 10^{6}}{32\times 460}=320\ \mathrm{^{\circ}C}.

e) Les disques cèdent en réalité une partie de cette énergie à l'air, mais une descente longue les porte à plusieurs centaines de degrés : le coefficient de frottement chute et les freins perdent leur efficacité, c'est l'échauffement dangereux des longues descentes. D'où le conseil de rétrograder et d'utiliser le frein moteur, qui dissipe l'énergie dans le moteur plutôt que dans les disques.

Exercice 14 : Le chauffe-eau et sa constante de temps

Un chauffe-eau électrique contient 200 L200\ \mathrm{L} d'eau (200 kg200\ \mathrm{kg}, c=4185 J⋅kg−1⋅K−1c=4185\ \mathrm{J\cdot kg^{-1}\cdot K^{-1}}), chauffée par une résistance de 2,4 kW2{,}4\ \mathrm{kW}. Son enveloppe isolante a une résistance thermique Rth=0,40 K/WR_{\mathrm{th}}=0{,}40\ \mathrm{K/W}, et il est installé dans un local à 20 ∘C20\ \mathrm{^{\circ}C}.

L'eau, bien mélangée, a une température uniforme TT. Sans chauffage, le bilan d'énergie donne mcdTdt=−T−TaRthmc\dfrac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t}=-\dfrac{T-T_{a}}{R_{\mathrm{th}}}.

  • a) Calculez l'énergie nécessaire pour porter l'eau de 1515 à 60 ∘C60\ \mathrm{^{\circ}C}, en joules puis en kilowattheures.
  • b) Calculez la durée de chauffe, en négligeant les pertes.
  • c) Calculez la puissance perdue par l'enveloppe quand l'eau est à 60 ∘C60\ \mathrm{^{\circ}C}. La négligence de b) est-elle justifiée ?
  • d) Mettez l'équation sous la forme de la loi de Newton et montrez que τ=mcRth\tau=mcR_{\mathrm{th}}. Calculez τ\tau en heures.
  • e) La nuit, la résistance est coupée pendant 8,0 h8{,}0\ \mathrm{h}. Calculez la température de l'eau au matin et l'énergie perdue.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 3,77×1073{,}77\times 10^{7} J =10,5=10{,}5 kWh
  • b) 4,44{,}4 h
  • c) 100100 W : 44 % de la puissance
  • d) τ=mcRth=93\tau=mcR_{\mathrm{th}}=93 h
  • e) 56,756{,}7 °C ; 0,770{,}77 kWh

a) Q=mcΔT=200×4185×45=3,77×107 JQ=mc\Delta T=200\times 4185\times 45=3{,}77\times 10^{7}\ \mathrm{J}, soit 3,77×1073,6×106=10,5 kWh\dfrac{3{,}77\times 10^{7}}{3{,}6\times 10^{6}}=10{,}5\ \mathrm{kWh}.

b) Δt=QP=3,77×1072 400=1,57×104 s\Delta t=\dfrac{Q}{P}=\dfrac{3{,}77\times 10^{7}}{2\,400}=1{,}57\times 10^{4}\ \mathrm{s}, soit 4,4 h4{,}4\ \mathrm{h} : c'est pourquoi la chauffe se fait la nuit.

c) Φ=T−TaRth=60−200,40=100 W\Phi=\dfrac{T-T_{a}}{R_{\mathrm{th}}}=\dfrac{60-20}{0{,}40}=100\ \mathrm{W} au maximum, contre 2 400 W2\,400\ \mathrm{W} fournis : les pertes valent au plus 4 %4\ \% de la puissance de chauffe, la négligence est raisonnable.

d) En divisant par mcmc : dTdt=−1mcRth(T−Ta)\dfrac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t}=-\dfrac{1}{mcR_{\mathrm{th}}}(T-T_{a}). C'est la loi de Newton avec τ=mcRth\tau=mcR_{\mathrm{th}}, dont l'unité est kg×J⋅kg−1⋅K−1×K⋅W−1=J/W=s\mathrm{kg}\times\mathrm{J\cdot kg^{-1}\cdot K^{-1}}\times\mathrm{K\cdot W^{-1}}=\mathrm{J/W}=\mathrm{s}. On retrouve exactement le τ=RC\tau=RC du circuit électrique : la capacité thermique joue le rôle de CC. Numériquement τ=200×4185×0,40=3,35×105 s=93 h\tau=200\times 4185\times 0{,}40=3{,}35\times 10^{5}\ \mathrm{s}=93\ \mathrm{h}.

e) T=20+40 e−8,0/93=20+40×0,918=56,7 ∘CT=20+40\,e^{-8{,}0/93}=20+40\times 0{,}918=56{,}7\ \mathrm{^{\circ}C}. L'eau a perdu 3,3 ∘C3{,}3\ \mathrm{^{\circ}C}, soit 200×4185×3,3=2,8×106 J200\times 4185\times 3{,}3=2{,}8\times 10^{6}\ \mathrm{J}, environ 0,77 kWh0{,}77\ \mathrm{kWh} par nuit. Comme 8 h8\ \mathrm{h} est petit devant τ\tau, la décroissance est presque linéaire : 100 W100\ \mathrm{W} pendant 8 h8\ \mathrm{h} donneraient 0,80 kWh0{,}80\ \mathrm{kWh}, à peine plus.

Exercice 15 : Des glaçons dans un soda

On verse 330 g330\ \mathrm{g} de soda à 25 ∘C25\ \mathrm{^{\circ}C} dans un verre isolé et l'on ajoute 60 g60\ \mathrm{g} de glaçons à 0 ∘C0\ \mathrm{^{\circ}C}. Le soda est assimilé à de l'eau : c=4185 J⋅kg−1⋅K−1c=4185\ \mathrm{J\cdot kg^{-1}\cdot K^{-1}}.

L'énergie massique de fusion de la glace vaut Lf=334 kJ/kgL_{f}=334\ \mathrm{kJ/kg} : il faut fournir mLfmL_{f} pour faire fondre une masse mm de glace à 0 ∘C0\ \mathrm{^{\circ}C}, sans changer sa température. On néglige la capacité du verre.

  • a) Calculez l'énergie nécessaire pour faire fondre tous les glaçons.
  • b) Calculez l'énergie que le soda céderait en se refroidissant jusqu'à 0 ∘C0\ \mathrm{^{\circ}C}. Les glaçons fondent-ils entièrement ?
  • c) Écrivez le bilan et calculez la température finale.
  • d) On remplace les glaçons par 60 g60\ \mathrm{g} d'eau liquide à 0 ∘C0\ \mathrm{^{\circ}C}. Quelle serait la température finale ? Concluez sur le rôle de la fusion.
  • e) Quelle masse minimale de glace faudrait-il pour amener le soda exactement à 0 ∘C0\ \mathrm{^{\circ}C} ?

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c)
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Réponses

  • a) 2,00×1042{,}00\times 10^{4} J
  • b) 3,45×1043{,}45\times 10^{4} J : toute la glace fond
  • c) Tf=8,9T_{f}=8{,}9 °C
  • d) 21,221{,}2 °C : la fusion fait l'essentiel
  • e) 103103 g

a) Qf=mLf=0,060×334×103=2,00×104 JQ_{f}=mL_{f}=0{,}060\times 334\times 10^{3}=2{,}00\times 10^{4}\ \mathrm{J}.

b) Q=0,330×4185×25=3,45×104 JQ=0{,}330\times 4185\times 25=3{,}45\times 10^{4}\ \mathrm{J}. C'est plus que les 2,00×104 J2{,}00\times 10^{4}\ \mathrm{J} de la fusion : le soda a assez d'énergie pour faire fondre toute la glace avant d'atteindre 0 ∘C0\ \mathrm{^{\circ}C}, et l'état final est entièrement liquide.

c) L'énergie cédée par le soda sert à fondre la glace, PUIS à réchauffer l'eau de fonte de 00 à TfT_{f} : 0,330×4185×(25−Tf)=2,00×104+0,060×4185×Tf0{,}330\times 4185\times(25-T_{f})=2{,}00\times 10^{4}+0{,}060\times 4185\times T_{f}. Soit 34 526−1 381 Tf=20 040+251 Tf34\,526-1\,381\,T_{f}=20\,040+251\,T_{f}, donc Tf=14 4861 632=8,9 ∘CT_{f}=\dfrac{14\,486}{1\,632}=8{,}9\ \mathrm{^{\circ}C}. Oublier le réchauffement de l'eau de fonte donne 10,5 ∘C10{,}5\ \mathrm{^{\circ}C}.

d) Sans fusion : 0,330×(25−Tf)=0,060×Tf0{,}330\times(25-T_{f})=0{,}060\times T_{f}, d'où Tf=8,250,390=21,2 ∘CT_{f}=\dfrac{8{,}25}{0{,}390}=21{,}2\ \mathrm{^{\circ}C}. L'eau froide n'abaisse la température que de 4 ∘C4\ \mathrm{^{\circ}C}, les glaçons de 16 ∘C16\ \mathrm{^{\circ}C} : l'essentiel du refroidissement vient de la FUSION, qui absorbe beaucoup d'énergie à température constante.

e) Il faut que la fusion absorbe exactement l'énergie du refroidissement jusqu'à 0 ∘C0\ \mathrm{^{\circ}C} : mLf=3,45×104 JmL_{f}=3{,}45\times 10^{4}\ \mathrm{J}, soit m=3,45×104334×103=0,103 kg=103 gm=\dfrac{3{,}45\times 10^{4}}{334\times 10^{3}}=0{,}103\ \mathrm{kg}=103\ \mathrm{g}. Avec davantage de glace, il resterait des glaçons flottant dans un soda à 0 ∘C0\ \mathrm{^{\circ}C}.

Partie D : bilan radiatif de la Terre et gaz parfait (/20)

Exercice 16 : Le bilan radiatif de la Terre, un système en régime permanent

On étudie le système {Terre et atmosphère} sur une année entière. Il reçoit de l'énergie du Soleil par rayonnement et en perd par rayonnement vers l'espace, seul mode de transfert possible à travers le vide. Sa température moyenne est stable d'une année sur l'autre.

Données : puissance solaire interceptée par la Terre PS=1,74×1017P_{S}=1{,}74\times 10^{17} W ; albédo terrestre mesuré par satellite A=0,29A=0{,}29, c'est-à-dire la fraction de cette puissance renvoyée vers l'espace sans être absorbée ; rayon terrestre RT=6,37×106R_{T}=6{,}37\times 10^{6} m ; température moyenne de la surface 15 ∘C15\ \mathrm{^{\circ}C}.

Loi de Stefan-Boltzmann, donnée : un corps de température TT, en kelvins, émet par rayonnement une puissance par unité de surface égale à σT4\sigma T^{4}, avec σ=5,67×10−8 W⋅m−2⋅K−4\sigma=5{,}67\times 10^{-8}\ \mathrm{W\cdot m^{-2}\cdot K^{-4}}. Le schéma rappelle que le Soleil éclaire la Terre d'un seul côté, tandis qu'elle rayonne par toute sa surface.

rayonnement solairesection πR²Terreémission : 4πR²
  • a) Écrivez le premier principe pour le système sur une année, et justifiez que, sur cette durée, la puissance absorbée est égale à la puissance émise. Calculez la puissance absorbée PabsP_{\text{abs}}.
  • b) Calculez l'aire de la surface qui émet vers l'espace, puis la température TeT_{e} pour laquelle la Terre émettrait exactement PabsP_{\text{abs}} selon la loi de Stefan-Boltzmann. Donnez-la en kelvins et en degrés Celsius.
  • c) Calculez la puissance par unité de surface émise par la surface terrestre à 15 ∘C15\ \mathrm{^{\circ}C}. Comparez-la à la puissance par unité de surface qui quitte réellement la Terre vers l'espace, Pabs4πRT2\dfrac{P_{\text{abs}}}{4\pi R_{T}^{2}}. Que devient la différence ? Nommez le phénomène.
  • d) Des glaces plus étendues porteraient l'albédo au-dessus de 0,290{,}29. Dans quel sens TeT_{e} varierait-elle ? Justifiez à l'aide de l'expression littérale de TeT_{e}.
  • e) Les gaz à effet de serre absorbent-ils surtout le rayonnement solaire ou le rayonnement émis par la surface ? Une hausse de leur concentration modifie-t-elle TeT_{e} une fois l'équilibre retrouvé ? Qu'est-ce qui change, et que dit le premier principe pendant la transition ?

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  • a) ΔU=0\Delta U=0 sur un an, régime permanent ; Pabs=0,71×1,74×1017≈1,24×1017P_{\text{abs}}=0{,}71\times 1{,}74\times 10^{17}\approx 1{,}24\times 10^{17} W
  • b) 4πRT2≈5,10×1014 m24\pi R_{T}^{2}\approx 5{,}10\times 10^{14}\ \mathrm{m^{2}} ; Te≈256T_{e}\approx 256 K, soit −17,5 ∘C-17{,}5\ \mathrm{^{\circ}C}
  • c) 391 W⋅m−2391\ \mathrm{W\cdot m^{-2}} émis contre 242242 sortants : 149 W⋅m−2149\ \mathrm{W\cdot m^{-2}} retenus, effet de serre
  • d) TeT_{e} diminue, car 1−A1-A diminue
  • e) L'infrarouge de la surface ; TeT_{e} inchangée, la surface se réchauffe tant que ΔU>0\Delta U>0

a) Le système {Terre et atmosphère} n'échange aucun travail avec l'extérieur : le premier principe s'écrit ΔU=Q\Delta U=Q, où QQ est l'énergie reçue par rayonnement moins l'énergie émise. Sa température moyenne étant la même d'une année sur l'autre, son énergie interne l'est aussi : ΔU=0\Delta U=0 sur un an, donc l'énergie absorbée est égale à l'énergie émise, et en moyenne la puissance absorbée égale la puissance émise. C'est un RÉGIME PERMANENT, exactement comme le mur de l'exercice 7, où le flux qui entre par une face ressort par l'autre. La part réfléchie ne chauffe rien et sort du bilan : Pabs=(1−A)PS=0,71×1,74×1017≈1,24×1017P_{\text{abs}}=(1-A)P_{S}=0{,}71\times 1{,}74\times 10^{17}\approx 1{,}24\times 10^{17} W. Compter PSP_{S} entière est l'erreur qui coûte le plus ici : elle réchauffe la planète de plus de vingt degrés.

b) La Terre ne reçoit la lumière que sur une face, dont l'ombre portée est un disque de section πRT2\pi R_{T}^{2}, mais elle rayonne par TOUTE sa surface, de jour comme de nuit : 4πRT2=4π×(6,37×106)2≈5,10×1014 m24\pi R_{T}^{2}=4\pi\times(6{,}37\times 10^{6})^{2}\approx 5{,}10\times 10^{14}\ \mathrm{m^{2}}. L'équilibre s'écrit 4πRT2 σTe4=Pabs4\pi R_{T}^{2}\,\sigma T_{e}^{4}=P_{\text{abs}}, d'où Te=(Pabs4πRT2σ)1/4T_{e}=\left(\dfrac{P_{\text{abs}}}{4\pi R_{T}^{2}\sigma}\right)^{1/4}. Numériquement, 1,235×10175,10×1014≈242 W⋅m−2\frac{1{,}235\times 10^{17}}{5{,}10\times 10^{14}}\approx 242\ \mathrm{W\cdot m^{-2}}, puis 242,35,67×10−8≈4,27×109 K4\frac{242{,}3}{5{,}67\times 10^{-8}}\approx 4{,}27\times 10^{9}\ \mathrm{K^{4}}, et la racine quatrième donne Te≈256T_{e}\approx 256 K, soit environ −17,5 ∘C-17{,}5\ \mathrm{^{\circ}C}. Deux contrôles : la loi porte sur la température ABSOLUE, et la puissance quatrième se défait par une racine quatrième, pas par une racine carrée, qui donnerait 65 00065\,000 K.

c) À T=288,15T=288{,}15 K, σT4=5,67×10−8×288,154≈391 W⋅m−2\sigma T^{4}=5{,}67\times 10^{-8}\times 288{,}15^{4}\approx 391\ \mathrm{W\cdot m^{-2}}. Or la Terre ne renvoie vers l'espace que 242 W⋅m−2242\ \mathrm{W\cdot m^{-2}} en moyenne. La différence, environ 149 W⋅m−2149\ \mathrm{W\cdot m^{-2}}, soit 38 %38\ \% de ce qu'émet la surface, ne quitte pas la planète : elle est absorbée par l'atmosphère, qui en renvoie une partie vers le sol. C'est l'EFFET DE SERRE. Il explique que la surface soit à 288288 K et non à 256256 K : la température TeT_{e} n'est pas celle du sol, c'est celle à laquelle la planète rayonne vers l'espace.

d) D'après b), Te=((1−A)PS4πRT2σ)1/4T_{e}=\left(\dfrac{(1-A)P_{S}}{4\pi R_{T}^{2}\sigma}\right)^{1/4}. Si l'albédo AA augmente, 1−A1-A diminue : la planète absorbe moins, elle doit émettre moins à l'équilibre, et TeT_{e} DIMINUE. La racine quatrième amortit l'effet, mais le sens ne fait aucun doute, et il s'entretient : une planète plus froide étend ses glaces, ce qui augmente encore l'albédo. Le programme demande ici une discussion qualitative : le sens de variation et sa justification par la formule suffisent.

e) Le Soleil émet surtout dans le visible, que l'atmosphère laisse passer ; la surface, bien plus froide, émet dans l'infrarouge, et c'est CE rayonnement que les gaz à effet de serre absorbent. À l'équilibre, la Terre doit toujours renvoyer vers l'espace exactement PabsP_{\text{abs}}, qui ne dépend que de PSP_{S} et de AA : TeT_{e} ne change donc PAS. Ce qui change, c'est la température de la SURFACE, qui monte jusqu'à ce que ce qui s'échappe vers l'espace équilibre de nouveau l'absorbé. Pendant la transition, la planète émet moins qu'elle n'absorbe : Q>0Q>0, donc ΔU>0\Delta U>0, et le système accumule de l'énergie, qui le réchauffe. Le premier principe dit que le réchauffement s'arrête quand le bilan revient à zéro, pas avant.

Exercice 17 : Le dioxyde de carbone d'un extincteur : où le modèle du gaz parfait cède

Un extincteur contient m=2,0m=2{,}0 kg de dioxyde de carbone dans une bouteille d'acier de volume intérieur V=3,0V=3{,}0 L, à 20 ∘C20\ \mathrm{^{\circ}C}. Son manomètre indique une pression absolue de 5757 bar.

Données : M(CO2)=44,0 g⋅mol−1M(\mathrm{CO_{2}})=44{,}0\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} ; R=8,314 J⋅mol−1⋅K−1R=8{,}314\ \mathrm{J\cdot mol^{-1}\cdot K^{-1}} ; pression atmosphérique 1,013×1051{,}013\times 10^{5} Pa ; 1 bar=1051\ \mathrm{bar}=10^{5} Pa. Masse volumique MESURÉE du dioxyde de carbone gazeux à 20 ∘C20\ \mathrm{^{\circ}C} sous 1,0131{,}013 bar : 1,84 kg⋅m−31{,}84\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}. Masse volumique du dioxyde de carbone liquide à 20 ∘C20\ \mathrm{^{\circ}C} : 773 kg⋅m−3773\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}.

Le modèle du gaz parfait décrit un gaz par des grandeurs macroscopiques liées par l'équation d'état pV=nRTpV=nRT, et le fonde sur une image microscopique : des molécules sans volume propre, sans interaction entre elles hors des chocs, en agitation désordonnée.

  • a) Associez à chaque grandeur macroscopique son interprétation microscopique : la pression, la température, la masse volumique.
  • b) Une fois libéré dans une pièce à 20 ∘C20\ \mathrm{^{\circ}C} sous 1,0131{,}013 bar, le gaz est-il bien décrit par le modèle ? Pour le savoir, montrez que le modèle prévoit ρ=pMRT\rho=\dfrac{pM}{RT}, calculez cette masse volumique et donnez l'écart relatif avec la valeur mesurée.
  • c) Quel volume les 2,02{,}0 kg de dioxyde de carbone occupent-ils alors ? Combien de fois le volume de la bouteille cela représente-t-il ?
  • d) Appliquez maintenant le modèle au gaz DANS la bouteille : quelle pression prévoit-il ? Par quel facteur dépasse-t-elle l'indication du manomètre ?
  • e) Calculez le volume qu'occuperaient les 2,02{,}0 kg de dioxyde de carbone à l'état liquide. Expliquez l'échec de la question d) par les hypothèses microscopiques du modèle, et citez deux conditions dans lesquelles le modèle du gaz parfait cesse d'être valable.

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  • a) Pression : chocs sur les parois ; température : agitation ; masse volumique : molécules par unité de volume
  • b) ρ=pMRT≈1,83 kg⋅m−3\rho=\frac{pM}{RT}\approx 1{,}83\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}, écart 0,6 %0{,}6\ \% : modèle valable
  • c) n≈45,5n\approx 45{,}5 mol, V≈1,09 m3V\approx 1{,}09\ \mathrm{m^{3}}, environ 365365 fois la bouteille
  • d) p≈369p\approx 369 bar prévus contre 5757 lus : facteur 6,56{,}5
  • e) 2,592{,}59 L de liquide ; volume propre et interactions non négligeables ; hautes pressions, basses températures

a) La PRESSION traduit les chocs des molécules sur les parois : chaque choc exerce une petite force, et leur effet moyen par unité de surface est la pression. La TEMPÉRATURE traduit l'agitation thermique : plus elle est élevée, plus l'énergie cinétique moyenne des molécules est grande. La MASSE VOLUMIQUE traduit le nombre de molécules par unité de volume, multiplié par la masse d'une molécule. Ces grandeurs n'ont de sens que pour un très grand nombre de molécules : on ne parle pas de la température d'une molécule.

b) Pour une masse m=nMm=nM occupant le volume VV, ρ=mV=nMV\rho=\frac{m}{V}=\frac{nM}{V}, et l'équation d'état donne nV=pRT\frac{n}{V}=\frac{p}{RT}, d'où ρ=pMRT\rho=\frac{pM}{RT}. En unités SI, M=0,0440 kg⋅mol−1M=0{,}0440\ \mathrm{kg\cdot mol^{-1}} et T=293,15T=293{,}15 K : ρ=1,013×105×0,04408,314×293,15≈1,83 kg⋅m−3\rho=\frac{1{,}013\times 10^{5}\times 0{,}0440}{8{,}314\times 293{,}15}\approx 1{,}83\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}. L'écart avec la mesure, 1,841{,}84, vaut environ 0,6 %0{,}6\ \% : à pression atmosphérique, le modèle décrit très bien ce gaz. Les molécules y sont éloignées les unes des autres, leur volume propre est négligeable devant celui du récipient et leurs interactions sont faibles : les hypothèses du modèle sont satisfaites.

c) n=mM=2 00044,0≈45,5n=\frac{m}{M}=\frac{2\,000}{44{,}0}\approx 45{,}5 mol, et V=nRTp=45,45×8,314×293,151,013×105≈1,09 m3V=\frac{nRT}{p}=\frac{45{,}45\times 8{,}314\times 293{,}15}{1{,}013\times 10^{5}}\approx 1{,}09\ \mathrm{m^{3}}, plus de mille litres, soit environ 365365 fois le volume de la bouteille. On retrouve le même ordre de grandeur par mρ=2,01,84≈1,09 m3\frac{m}{\rho}=\frac{2{,}0}{1{,}84}\approx 1{,}09\ \mathrm{m^{3}}, ce qui confirme b).

d) Dans la bouteille, V=3,0×10−3 m3V=3{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{m^{3}} : le modèle prévoit p=nRTV=45,45×8,314×293,153,0×10−3≈3,69×107p=\frac{nRT}{V}=\frac{45{,}45\times 8{,}314\times 293{,}15}{3{,}0\times 10^{-3}}\approx 3{,}69\times 10^{7} Pa, soit 369369 bar. Le manomètre lit 5757 bar : le modèle se trompe d'un facteur 36957≈6,5\frac{369}{57}\approx 6{,}5. Ce n'est pas une erreur de calcul ni une fuite, et il ne suffit pas de vérifier les unités : c'est le MODÈLE qui ne s'applique plus. Garder VV en litres avec R=8,314R=8{,}314 donnerait en plus un facteur mille d'erreur, piège distinct à ne pas confondre avec celui-ci.

e) À l'état liquide, Vliq=mρliq=2,0773≈2,59×10−3 m3V_{\text{liq}}=\frac{m}{\rho_{\text{liq}}}=\frac{2{,}0}{773}\approx 2{,}59\times 10^{-3}\ \mathrm{m^{3}}, soit 2,592{,}59 L : le dioxyde de carbone rempli de molécules jointives occuperait déjà 86 %86\ \% de la bouteille. Dans l'extincteur, il est en effet presque entièrement LIQUIDE, surmonté d'un peu de gaz, et la pression lue est celle de cet équilibre entre liquide et vapeur. Les deux hypothèses microscopiques tombent ensemble : le volume propre des molécules n'est plus négligeable devant celui du récipient, et les interactions entre molécules, qui font tenir le liquide, ne sont plus négligeables devant l'agitation. Le modèle cesse donc d'être valable aux PRESSIONS ÉLEVÉES, quand les molécules sont serrées, et aux BASSES TEMPÉRATURES, près de la liquéfaction, quand l'agitation ne suffit plus à vaincre les interactions.

modèle369 barmanomètre57 bar0100200300400
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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/tspc-transferts-thermiques. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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