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Spécialité physique-chimie, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : transferts thermiques et premier principe (Terminale spécialité)

Voici une série d'exercices corrigés de spécialité physique-chimie sur les transferts thermiques et le premier principe, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

L'analogie électrique structure toute la partie sur l'isolation : le flux thermique joue le rôle de l'intensité, l'écart de température celui de la tension, et la résistance thermique celui de la résistance. Les couches d'un mur s'ajoutent alors comme des résistances en série, et l'exercice 7 montre que dix centimètres de laine de verre apportent 95 pour cent de la résistance d'un mur, contre 5 pour cent pour vingt centimètres de béton.

L'exercice 10 traite la question qui déroute le plus : un coefficient de performance de 3,5 ne viole pas le premier principe, parce qu'une pompe à chaleur ne produit rien, elle transporte. Sa dernière question explique pourquoi cette technologie perd justement son avantage sous le climat de Montréal, au moment où l'on en aurait le plus besoin.

Rappel de cours

  • ΔU=mcΔT\Delta U=mc\Delta T pour une phase condensée. Un ÉCART de température a la même valeur en degrés Celsius et en kelvins, une température absolue non.
  • Premier principe : ΔU=Q+W\Delta U=Q+W, convention du récepteur. C'est un bilan, il ne dit rien du SENS des évolutions : cela relève du second principe.
  • Trois modes : conduction de proche en proche, convection par déplacement de fluide, rayonnement qui seul traverse le vide.
  • Flux thermique : Φ=ΔTRth\Phi=\dfrac{\Delta T}{R_{\mathrm{th}}} avec Rth=eλSR_{\mathrm{th}}=\dfrac{e}{\lambda S}, en K/W\mathrm{K/W}. Analogue exact de I=URI=\dfrac{U}{R}.
  • Couches superposées : les résistances s'AJOUTENT, comme en série. Ce qui compte est eλ\dfrac{e}{\lambda}, et jouer sur λ\lambda est bien plus efficace que sur ee.
  • Loi de Newton : T(t)=Ta+(T0Ta)et/τT(t)=T_{a}+\left(T_{0}-T_{a}\right)\mathrm{e}^{-t/\tau}. La vitesse de refroidissement est proportionnelle à l'ÉCART restant, donc elle ralentit.
  • Au bout de τ\tau il subsiste 37 %37\ \% de l'écart initial ; la température ambiante n'est jamais atteinte rigoureusement.
  • Pompe à chaleur : COP=PthPeˊlec\mathrm{COP}=\dfrac{P_{\mathrm{th}}}{P_{\mathrm{élec}}} peut dépasser 1 sans violer le premier principe, car Pth=Peˊlec+PpreˊleveˊeP_{\mathrm{th}}=P_{\mathrm{élec}}+P_{\mathrm{prélevée}}.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Énergie interne et capacité thermique

L'énergie interne UU d'un système est la somme des énergies microscopiques de ses constituants. Pour une phase condensée, sa variation vaut ΔU=mcΔT\Delta U=mc\Delta T, où cc est la capacité thermique massique.

On donne ceau=4185 Jkg1K1c_{\mathrm{eau}}=4185\ \mathrm{J\cdot kg^{-1}\cdot K^{-1}}.

  • a) Calculez l'énergie à fournir pour porter 2,0 kg2{,}0\ \mathrm{kg} d'eau de 2020 à 45 C45\ \mathrm{^{\circ}C}.
  • b) Pourquoi peut-on utiliser indifféremment des degrés Celsius ou des kelvins pour ΔT\Delta T, mais pas pour TT ?
  • c) La capacité thermique massique de l'eau est l'une des plus élevées qui soient. Citez deux conséquences concrètes.
  • d) On mélange 1,0 kg1{,}0\ \mathrm{kg} d'eau à 80 C80\ \mathrm{^{\circ}C} et 1,0 kg1{,}0\ \mathrm{kg} d'eau à 20 C20\ \mathrm{^{\circ}C} dans un récipient calorifugé. Calculez la température finale.
  • e) Refaites le calcul avec 3,0 kg3{,}0\ \mathrm{kg} d'eau froide au lieu de 1,01{,}0. Que devient la température finale ?
Voir la correction

a) ΔU=mcΔT=2,0×4185×25=2,09×105 J\Delta U=mc\Delta T=2{,}0\times 4185\times 25=2{,}09\times 10^{5}\ \mathrm{J}, soit environ 209 kJ209\ \mathrm{kJ}.

b) Parce que les deux échelles ont le MÊME pas : une variation d'un degré Celsius est exactement une variation d'un kelvin, seule l'origine diffère de 273,15273{,}15. Un écart de température a donc la même valeur dans les deux unités, alors qu'une température absolue n'a évidemment pas la même. La règle pratique est simple : dès qu'on écrit ΔT\Delta T, les deux se valent ; dès qu'on écrit TT seul, il faut des kelvins.

c) Premièrement, la RÉGULATION THERMIQUE des climats : les océans emmagasinent d'énormes quantités de chaleur pour de faibles variations de température, ce qui adoucit le climat des régions côtières et explique les hivers plus doux à Vancouver qu'à Winnipeg. Deuxièmement, l'usage de l'eau comme FLUIDE CALOPORTEUR dans les circuits de chauffage et de refroidissement, y compris dans les centrales nucléaires : à débit égal, elle transporte plus d'énergie que tout autre liquide courant.

d) Le récipient étant calorifugé, l'énergie perdue par l'eau chaude est intégralement gagnée par l'eau froide : m1c(Tf80)+m2c(Tf20)=0m_{1}c\left(T_{f}-80\right)+m_{2}c\left(T_{f}-20\right)=0. Les masses étant égales, cc et mm se simplifient : Tf=80+202=50 CT_{f}=\dfrac{80+20}{2}=50\ \mathrm{^{\circ}C}.

e) Avec m2=3,0 kgm_{2}=3{,}0\ \mathrm{kg} : 1,0×(Tf80)+3,0×(Tf20)=01{,}0\times\left(T_{f}-80\right)+3{,}0\times\left(T_{f}-20\right)=0, donc 4,0Tf=80+60=1404{,}0\,T_{f}=80+60=140 et Tf=35 CT_{f}=35\ \mathrm{^{\circ}C}. La température finale est la moyenne PONDÉRÉE par les masses, et non la moyenne arithmétique : c'est la masse la plus grande qui impose sa température.

Exercice 2 : Le premier principe de la thermodynamique

Le premier principe énonce que la variation d'énergie interne d'un système fermé est égale à la somme des transferts thermiques et des travaux reçus : ΔU=Q+W\Delta U=Q+W.

  • a) Précisez la convention de signe adoptée pour QQ et WW.
  • b) Que devient l'expression pour un système qui ne reçoit aucun travail ?
  • c) Un système reçoit 500 J500\ \mathrm{J} par transfert thermique et fournit 200 J200\ \mathrm{J} de travail à l'extérieur. Calculez la variation de son énergie interne.
  • d) Le premier principe interdit-il à un corps froid de céder de la chaleur à un corps chaud ? Justifiez.
  • e) Quelle est la portée de ce principe ? Que ne dit-il pas ?
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a) La convention est celle du RÉCEPTEUR : QQ et WW sont comptés POSITIVEMENT quand le système les reçoit, négativement quand il les cède. Un système qui se réchauffe reçoit donc Q>0Q>0, un système qui fournit du travail à l'extérieur a W<0W<0.

b) S'il n'y a pas de travail, W=0W=0 et le principe se réduit à ΔU=Q\Delta U=Q : toute la variation d'énergie interne provient du transfert thermique. C'est le cas de la plupart des situations de ce chapitre, où l'on chauffe ou refroidit un solide ou un liquide à pression constante.

c) Le système REÇOIT 500 J500\ \mathrm{J} donc Q=+500 JQ=+500\ \mathrm{J}, et il FOURNIT 200 J200\ \mathrm{J} donc W=200 JW=-200\ \mathrm{J}. Ainsi ΔU=500200=+300 J\Delta U=500-200=+300\ \mathrm{J} : son énergie interne augmente de 300 J300\ \mathrm{J}.

d) Non, il ne l'interdit PAS. Le premier principe n'est qu'un bilan comptable : il exige seulement que l'énergie cédée par l'un soit reçue par l'autre, ce qui serait tout aussi vrai dans le sens froid vers chaud. C'est le SECOND principe, qui introduit l'entropie, qui interdit ce transfert spontané. Le premier principe autorise beaucoup de choses que la nature refuse.

e) Sa portée est la CONSERVATION de l'énergie : elle ne se crée ni ne se détruit, elle se transfère et se convertit. C'est ce qui interdit le mouvement perpétuel de première espèce. Ce qu'il ne dit pas, c'est le SENS des évolutions spontanées ni la qualité de l'énergie : il traite un joule de travail mécanique et un joule de chaleur diffuse comme équivalents, alors que le premier est intégralement convertible et le second non. Cette dissymétrie relève du second principe.

Exercice 3 : Les trois modes de transfert thermique

Un transfert thermique peut s'effectuer par conduction, par convection ou par rayonnement.

  • a) Définissez la conduction et précisez si elle nécessite un déplacement de matière.
  • b) Définissez la convection et donnez un exemple domestique.
  • c) Définissez le rayonnement et précisez ce qui le distingue radicalement des deux autres.
  • d) Identifiez le ou les modes en jeu dans chacune des situations suivantes : une cuillère qui chauffe dans une casserole, l'eau qui bout dans cette casserole, la chaleur du Soleil sur le visage.
  • e) Pourquoi un thermos comporte-t-il un vide entre deux parois argentées ? Analysez les trois modes.
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a) La CONDUCTION est le transfert de proche en proche, par agitation thermique communiquée d'une particule à sa voisine, sans déplacement macroscopique de matière. Elle est le mode dominant dans les solides, et particulièrement efficace dans les métaux où les électrons libres la relaient.

b) La CONVECTION est le transfert par déplacement macroscopique du fluide lui-même : les portions chaudes, moins denses, montent, tandis que les froides descendent, créant un courant. Exemple domestique : un radiateur qui chauffe une pièce, l'air chaud montant au plafond et redescendant refroidi le long des murs.

c) Le RAYONNEMENT est le transfert par ondes électromagnétiques, principalement infrarouges, émises par tout corps du fait de sa température. Ce qui le distingue radicalement, c'est qu'il ne nécessite AUCUN support matériel : il traverse le vide. C'est le seul moyen par lequel l'énergie du Soleil nous parvient à travers l'espace.

d) La cuillère : CONDUCTION, à travers le métal. L'eau qui bout : CONVECTION principalement, avec de la conduction au contact du fond. La chaleur du Soleil : RAYONNEMENT exclusivement, puisqu'il n'y a pas de matière entre le Soleil et nous.

e) Chaque élément vise un mode. Le VIDE entre les parois supprime la conduction et la convection, qui exigent toutes deux un milieu matériel. Les parois ARGENTÉES, très réfléchissantes dans l'infrarouge, renvoient le rayonnement au lieu de l'absorber et l'émettent très mal, ce qui neutralise le troisième mode. Il ne reste que le bouchon et le col, où la conduction subsiste par le matériau du contenant : c'est d'ailleurs par là qu'un thermos perd l'essentiel de sa chaleur.

Exercice 4 : Flux thermique et résistance thermique

Le flux thermique Φ\Phi à travers une paroi vaut Φ=ΔTRth\Phi=\dfrac{\Delta T}{R_{\mathrm{th}}}, où la résistance thermique s'écrit Rth=eλSR_{\mathrm{th}}=\dfrac{e}{\lambda S} pour une paroi d'épaisseur ee, de conductivité λ\lambda et de surface SS.

On considère un mur de S=20 m2S=20\ \mathrm{m^{2}} en béton d'épaisseur 0,20 m0{,}20\ \mathrm{m}, de conductivité λ=1,4 Wm1K1\lambda=1{,}4\ \mathrm{W\cdot m^{-1}\cdot K^{-1}}.

  • a) Calculez la résistance thermique de ce mur et précisez son unité.
  • b) Calculez le flux thermique le traversant pour un écart de 20 C20\ \mathrm{^{\circ}C} entre l'intérieur et l'extérieur.
  • c) Justifiez l'analogie entre cette relation et la loi d'Ohm, en précisant les correspondances.
  • d) Comment se combinent les résistances de deux couches superposées ? Justifiez par l'analogie.
  • e) Un bon isolant a-t-il une grande ou une petite conductivité ? Une grande ou une petite résistance thermique ?
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a) Rth=eλS=0,201,4×20=0,2028=7,1×103 K/WR_{\mathrm{th}}=\dfrac{e}{\lambda S}=\dfrac{0{,}20}{1{,}4\times 20}=\dfrac{0{,}20}{28}=7{,}1\times 10^{-3}\ \mathrm{K/W}. L'unité est le kelvin par watt, puisque le flux est une puissance.

b) Φ=ΔTRth=207,1×103=2,8×103 W\Phi=\dfrac{\Delta T}{R_{\mathrm{th}}}=\dfrac{20}{7{,}1\times 10^{-3}}=2{,}8\times 10^{3}\ \mathrm{W}. Ce mur nu laisse donc échapper près de trois kilowatts, l'équivalent d'un gros radiateur fonctionnant en permanence.

c) L'analogie est exacte terme à terme. Le FLUX thermique Φ\Phi joue le rôle de l'INTENSITÉ, l'écart de TEMPÉRATURE ΔT\Delta T celui de la TENSION, et la RÉSISTANCE THERMIQUE celui de la résistance électrique. La relation Φ=ΔTRth\Phi=\dfrac{\Delta T}{R_{\mathrm{th}}} est le strict analogue de I=URI=\dfrac{U}{R}. Dans les deux cas, une différence de potentiel généralisée provoque un écoulement qu'une résistance limite.

d) Elles s'AJOUTENT, comme des résistances électriques en série : Rtot=R1+R2R_{\mathrm{tot}}=R_{1}+R_{2}. L'analogie le rend évident, puisque le même flux traverse successivement les deux couches, exactement comme le même courant traverse deux résistances en série, et que les écarts de température s'additionnent comme les tensions.

e) Un bon isolant a une PETITE conductivité λ\lambda, ce qui lui donne une GRANDE résistance thermique. Les deux formulations sont équivalentes puisque RthR_{\mathrm{th}} est inversement proportionnelle à λ\lambda. On retiendra que l'air immobile est un excellent isolant, et que la plupart des isolants du bâtiment ne font qu'emprisonner de l'air dans une structure poreuse pour l'empêcher de convecter.

Exercice 5 : La loi de Newton du refroidissement

Un corps de température TT placé dans un milieu à TaT_{a} perd de l'énergie à un rythme proportionnel à l'écart : dTdt=1τ(TTa)\dfrac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t}=-\dfrac{1}{\tau}\left(T-T_{a}\right), dont la solution est T(t)=Ta+(T0Ta)et/τT(t)=T_{a}+\left(T_{0}-T_{a}\right)\mathrm{e}^{-t/\tau}.

  • a) Vérifiez que cette expression est bien solution de l'équation différentielle et qu'elle respecte la condition initiale.
  • b) Que représente τ\tau ? Quelle fraction de l'écart initial subsiste au bout d'une durée τ\tau ?
  • c) Vers quelle température tend le corps quand tt devient grand ? L'atteint-il ?
  • d) Un corps plus chaud refroidit-il plus vite ou moins vite ? Justifiez à partir de l'équation.
  • e) Pourquoi cette loi cesse-t-elle d'être valable pour un écart de température très grand ?
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a) En dérivant : dTdt=1τ(T0Ta)et/τ=1τ(TTa)\dfrac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t}=-\dfrac{1}{\tau}\left(T_{0}-T_{a}\right)\mathrm{e}^{-t/\tau}=-\dfrac{1}{\tau}\left(T-T_{a}\right), ce qui est bien l'équation. Et en t=0t=0, e0=1\mathrm{e}^{0}=1 donc T=Ta+T0Ta=T0T=T_{a}+T_{0}-T_{a}=T_{0} : la condition initiale est respectée.

b) τ\tau est le TEMPS CARACTÉRISTIQUE du refroidissement. Au bout de t=τt=\tau, l'écart vaut (T0Ta)e1=0,368(T0Ta)\left(T_{0}-T_{a}\right)\mathrm{e}^{-1}=0{,}368\left(T_{0}-T_{a}\right) : il en subsiste 36,836{,}8 pour cent, autrement dit 63,263{,}2 pour cent de l'écart a été comblé.

c) La température tend vers TaT_{a}, celle du milieu, puisque l'exponentielle tend vers zéro. Le corps ne l'atteint jamais rigoureusement, une exponentielle ne s'annulant pas, mais l'écart devient rapidement indétectable : après 5τ5\tau il n'en reste que 0,70{,}7 pour cent.

d) PLUS vite, en valeur absolue. Le taux de refroidissement est proportionnel à l'écart TTaT-T_{a} : plus le corps est chaud par rapport au milieu, plus il perd d'énergie par unité de temps. C'est pourquoi une boisson brûlante refroidit spectaculairement pendant les premières minutes puis de plus en plus lentement, et c'est aussi ce qui donne à la courbe sa forme caractéristique.

e) Parce qu'elle suppose implicitement que le transfert est dominé par la conduction et la convection, tous deux proportionnels à l'écart de température. Or le RAYONNEMENT, lui, varie comme la différence des puissances QUATRIÈMES des températures absolues, d'après la loi de Stefan. Pour un écart modéré cette dépendance se linéarise très bien et la loi de Newton reste excellente, mais pour un corps porté au rouge le rayonnement domine et la loi devient fausse.

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 6 : Chauffer une pièce

Une pièce de volume V=50 m3V=50\ \mathrm{m^{3}} contient de l'air de masse volumique ρ=1,2 kg/m3\rho=1{,}2\ \mathrm{kg/m^{3}} et de capacité thermique massique c=1,0×103 Jkg1K1c=1{,}0\times 10^{3}\ \mathrm{J\cdot kg^{-1}\cdot K^{-1}}.

Un radiateur de 2,0 kW2{,}0\ \mathrm{kW} doit la faire passer de 55 à 20 C20\ \mathrm{^{\circ}C}.

  • a) Calculez la masse d'air contenue dans la pièce.
  • b) Calculez l'énergie nécessaire pour chauffer cet air.
  • c) Calculez la durée théorique du chauffage.
  • d) En pratique il faut plusieurs heures. Citez deux raisons qui expliquent cet écart considérable.
  • e) La pièce est bordée par le mur de l'exercice 4, laissant échapper 2,8 kW2{,}8\ \mathrm{kW} pour un écart de 20 C20\ \mathrm{^{\circ}C}. Le radiateur suffit-il à maintenir la pièce à 20 C20\ \mathrm{^{\circ}C} par 0 C0\ \mathrm{^{\circ}C} extérieur ?
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a) m=ρV=1,2×50=60 kgm=\rho V=1{,}2\times 50=60\ \mathrm{kg}. L'air d'une pièce entière ne pèse donc qu'une soixantaine de kilogrammes.

b) Q=mcΔT=60×1,0×103×15=9,0×105 JQ=mc\Delta T=60\times 1{,}0\times 10^{3}\times 15=9{,}0\times 10^{5}\ \mathrm{J}, soit 900 kJ900\ \mathrm{kJ}.

c) Δt=QP=9,0×1052,0×103=450 s\Delta t=\dfrac{Q}{P}=\dfrac{9{,}0\times 10^{5}}{2{,}0\times 10^{3}}=450\ \mathrm{s}, soit 7,5 min7{,}5\ \mathrm{min}.

d) Premièrement, il ne suffit pas de chauffer l'AIR : il faut aussi chauffer les murs, le sol, les meubles, dont la masse totale se compte en tonnes et la capacité thermique dépasse de très loin celle de l'air. Deuxièmement, la pièce PERD en permanence de la chaleur vers l'extérieur par ses parois, ses fenêtres et les fuites d'air, si bien qu'une partie importante de la puissance sert à compenser ces pertes plutôt qu'à élever la température. Le calcul de la question c) ne donne donc qu'une borne inférieure très optimiste.

e) Non, tout juste pas. Le mur laisse échapper 2,8 kW2{,}8\ \mathrm{kW} pour cet écart de 20 C20\ \mathrm{^{\circ}C}, alors que le radiateur n'en fournit que 2,02{,}0. Le bilan est déficitaire de 800 W800\ \mathrm{W} : la pièce ne pourrait pas être maintenue à 20 C20\ \mathrm{^{\circ}C} et se stabiliserait à une température plus basse, celle pour laquelle les pertes égalent exactement 2,0 kW2{,}0\ \mathrm{kW}, soit un écart de 20002800×20=14 C\dfrac{2000}{2800}\times 20=14\ \mathrm{^{\circ}C} et donc 14 C14\ \mathrm{^{\circ}C} intérieur. Isoler le mur est indispensable, et c'est l'objet de l'exercice suivant.

Exercice 7 : Isoler un mur

On double le mur de béton de l'exercice 4, de résistance 7,1×103 K/W7{,}1\times 10^{-3}\ \mathrm{K/W}, par une couche de laine de verre d'épaisseur 0,10 m0{,}10\ \mathrm{m} et de conductivité λ=0,040 Wm1K1\lambda=0{,}040\ \mathrm{W\cdot m^{-1}\cdot K^{-1}}, sur la même surface de 20 m220\ \mathrm{m^{2}}.

  • a) Calculez la résistance thermique de la couche isolante.
  • b) Calculez la résistance thermique totale du mur isolé.
  • c) Calculez le nouveau flux thermique pour un écart de 20 C20\ \mathrm{^{\circ}C}, et le facteur de réduction des pertes.
  • d) Quelle fraction de la résistance totale l'isolant représente-t-il ? Commentez.
  • e) Le chauffage fonctionne 2000 h2000\ \mathrm{h} par saison et le kilowattheure coûte 0,100{,}10 dollar. Calculez l'économie annuelle réalisée par cette isolation.
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a) R2=eλS=0,100,040×20=0,100,80=0,125 K/WR_{2}=\dfrac{e}{\lambda S}=\dfrac{0{,}10}{0{,}040\times 20}=\dfrac{0{,}10}{0{,}80}=0{,}125\ \mathrm{K/W}.

b) Les deux couches étant traversées successivement par le même flux, leurs résistances s'ajoutent : Rtot=7,1×103+0,125=0,132 K/WR_{\mathrm{tot}}=7{,}1\times 10^{-3}+0{,}125=0{,}132\ \mathrm{K/W}.

c) Φ=200,132=1,51×102 W\Phi=\dfrac{20}{0{,}132}=1{,}51\times 10^{2}\ \mathrm{W}, contre 2,80×103 W2{,}80\times 10^{3}\ \mathrm{W} sans isolant. Le facteur de réduction vaut 2800151=18,5\dfrac{2800}{151}=18{,}5 : les pertes sont divisées par plus de dix-huit.

d) 0,1250,132=0,946\dfrac{0{,}125}{0{,}132}=0{,}946, soit 94,694{,}6 pour cent. Dix centimètres de laine de verre apportent donc presque toute la résistance du mur, alors que vingt centimètres de béton, deux fois plus épais, n'en apportent que 55 pour cent. C'est le rapport des conductivités qui explique tout : celle du béton est trente-cinq fois plus grande. Un mur porteur n'isole pratiquement pas, il porte.

e) L'économie de puissance vaut 2800151=2,65×103 W2800-151=2{,}65\times 10^{3}\ \mathrm{W}, soit 2,65 kW2{,}65\ \mathrm{kW}. Sur 2000 h2000\ \mathrm{h} : 2,65×2000=5,30×103 kWh2{,}65\times 2000=5{,}30\times 10^{3}\ \mathrm{kWh}, ce qui représente 5300×0,10=5,3×1025300\times 0{,}10=5{,}3\times 10^{2} dollars par saison. L'isolation d'un seul mur se rembourse donc en quelques années, ce qui explique qu'elle soit le premier poste de tout projet de rénovation énergétique.

Exercice 8 : Le refroidissement d'un café

Un café servi à 85 C85\ \mathrm{^{\circ}C} est laissé dans une pièce à 20 C20\ \mathrm{^{\circ}C}. Au bout de 10 min10\ \mathrm{min}, sa température est de 55 C55\ \mathrm{^{\circ}C}.

Le graphique donne la température au cours du temps.

102030405060255075t (min)T (°C)T ambiante = 20 °C
  • a) Déterminez le temps caractéristique τ\tau à partir de la mesure à 10 min10\ \mathrm{min}.
  • b) Calculez la température au bout de 30 min30\ \mathrm{min} et vérifiez sur le graphique.
  • c) Déterminez l'instant où le café atteint 40 C40\ \mathrm{^{\circ}C}.
  • d) Le café atteindra-t-il un jour exactement 20 C20\ \mathrm{^{\circ}C} ? Que montre le graphique ?
  • e) Une personne veut boire son café le plus chaud possible mais doit y ajouter du lait froid. A-t-elle intérêt à l'ajouter tout de suite ou à la fin ? Justifiez par la loi de Newton.
Voir la correction

a) De T(10)=20+65e10/τ=55T(10)=20+65\,\mathrm{e}^{-10/\tau}=55 on tire e10/τ=3565=0,538\mathrm{e}^{-10/\tau}=\dfrac{35}{65}=0{,}538, puis 10τ=ln(0,538)=0,619-\dfrac{10}{\tau}=\ln\left(0{,}538\right)=-0{,}619, d'où τ=100,619=16,2 min\tau=\dfrac{10}{0{,}619}=16{,}2\ \mathrm{min}.

b) T(30)=20+65e30/16,2=20+65×0,156=30,1 CT(30)=20+65\,\mathrm{e}^{-30/16{,}2}=20+65\times 0{,}156=30{,}1\ \mathrm{^{\circ}C}. Le graphique confirme cette valeur, le point étant marqué à 30 min30\ \mathrm{min}.

c) On résout 20+65et/τ=4020+65\,\mathrm{e}^{-t/\tau}=40, soit et/τ=2065=0,308\mathrm{e}^{-t/\tau}=\dfrac{20}{65}=0{,}308, donc t=16,2×ln(0,308)=16,2×1,179=19,0 mint=-16{,}2\times\ln\left(0{,}308\right)=16{,}2\times 1{,}179=19{,}0\ \mathrm{min}.

d) Non, jamais rigoureusement. La courbe tend ASYMPTOTIQUEMENT vers la droite horizontale T=20 CT=20\ \mathrm{^{\circ}C} tracée sur le graphique, sans jamais la couper : une exponentielle décroissante ne s'annule pas. En pratique l'écart devient indétectable après quelques τ\tau, soit environ une heure et demie ici.

e) Elle a intérêt à l'ajouter TOUT DE SUITE, ce qui est contre-intuitif. En effet, ajouter le lait immédiatement abaisse d'emblée la température du café, donc réduit l'écart avec la pièce pendant toute la durée de l'attente. Or la vitesse de refroidissement est proportionnelle à cet écart : le café refroidira donc plus LENTEMENT pendant tout le reste du temps. Si elle attend, le café reste plus chaud plus longtemps et perd donc davantage d'énergie vers la pièce, avant de subir en plus la chute due au lait. Le calcul détaillé confirme l'intuition qualitative fournie par la loi de Newton.

Exercice 9 : Quatre affirmations à corriger

Chacune des quatre affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, expliquez l'erreur et appuyez-vous sur un résultat chiffré des exercices précédents.

  • a) « Le premier principe interdit à la chaleur de passer d'un corps froid à un corps chaud. »
  • b) « Pour isoler un mur, il faut surtout l'épaissir. »
  • c) « Chauffer une pièce de 50 mètres cubes prend sept minutes avec un radiateur de 2 kilowatts. »
  • d) « Un café à 85 degrés met deux fois plus de temps à passer de 85 à 55 degrés que de 55 à 40. »
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a) Faux. Le premier principe n'est qu'un bilan comptable : il exige que l'énergie perdue par l'un soit gagnée par l'autre, ce qui serait vérifié dans les deux sens. C'est le SECOND principe, celui de l'entropie, qui impose le sens des transferts spontanés. Le premier principe autorise donc bien des choses que la nature refuse, et confondre les deux revient à croire qu'un bilan équilibré suffit à rendre un processus possible.

b) Faux, ou du moins très incomplet. Ce qui compte est le rapport eλ\dfrac{e}{\lambda}, et jouer sur λ\lambda est infiniment plus efficace. L'exercice 7 le chiffre : dix centimètres de laine de verre apportent 94,694{,}6 pour cent de la résistance totale, contre 55 pour cent pour vingt centimètres de béton pourtant deux fois plus épais. La conductivité du béton est trente-cinq fois plus grande, et aucune épaisseur raisonnable ne compenserait cet écart.

c) Faux au sens où le calcul ne décrit pas la réalité. Les sept minutes et demie de l'exercice 6 ne concernent que l'AIR de la pièce, soit soixante kilogrammes. Il faut en réalité chauffer aussi les murs, le sol et les meubles, dont la masse se compte en tonnes, et compenser en permanence les pertes par les parois, qui atteignent ici 2,8 kW2{,}8\ \mathrm{kW} pour un mur nu et dépassent donc à elles seules la puissance du radiateur. Le résultat n'est pas faux, il est simplement une borne inférieure très optimiste.

d) Faux, c'est même l'inverse qui est vrai en un sens. De 8585 à 5555 il faut 10 min10\ \mathrm{min} ; de 5555 à 4040 il faut 19,010,0=9,0 min19{,}0-10{,}0=9{,}0\ \mathrm{min}, soit à peu près autant, alors que l'écart de température parcouru est deux fois plus petit. La raison est que le refroidissement RALENTIT à mesure que le café approche de la température ambiante, puisque la vitesse est proportionnelle à l'écart restant. Une chute de température deux fois plus petite prend donc presque autant de temps, et les suivantes en prendront de plus en plus.

Exercice 10 : La pompe à chaleur

Une pompe à chaleur prélève de l'énergie à l'extérieur et la restitue à l'intérieur. Son coefficient de performance vaut COP=Pthermique fourniePeˊlectrique consommeˊe\mathrm{COP}=\dfrac{P_{\mathrm{thermique\ fournie}}}{P_{\mathrm{électrique\ consommée}}}.

Une maison a besoin de 10 kW10\ \mathrm{kW} de chauffage. On dispose d'une pompe à chaleur de COP=3,5\mathrm{COP}=3{,}5.

  • a) Calculez la puissance électrique consommée par la pompe à chaleur.
  • b) Comparez à un chauffage électrique direct et calculez l'économie de puissance.
  • c) Le chauffage fonctionne 2000 h2000\ \mathrm{h} par an. Calculez l'économie annuelle en kilowattheures puis en dollars, à 0,100{,}10 dollar le kilowattheure.
  • d) Un COP supérieur à 1 viole-t-il le premier principe ? Justifiez soigneusement.
  • e) Le COP chute quand la température extérieure baisse. Expliquez pourquoi, et dites quelle conséquence cela a sous un climat comme celui de Montréal.
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a) Peˊlec=PthCOP=103,5=2,86 kWP_{\mathrm{élec}}=\dfrac{P_{\mathrm{th}}}{\mathrm{COP}}=\dfrac{10}{3{,}5}=2{,}86\ \mathrm{kW}.

b) Un chauffage électrique direct convertit intégralement l'électricité en chaleur, avec un rapport de 1 : il consommerait 10 kW10\ \mathrm{kW}. L'économie de puissance vaut donc 102,86=7,14 kW10-2{,}86=7{,}14\ \mathrm{kW}, soit plus de 7171 pour cent.

c) Sur 2000 h2000\ \mathrm{h}, la pompe consomme 2,86×2000=5,71×103 kWh2{,}86\times 2000=5{,}71\times 10^{3}\ \mathrm{kWh} contre 2,00×104 kWh2{,}00\times 10^{4}\ \mathrm{kWh} pour le chauffage direct. L'économie vaut 1,43×104 kWh1{,}43\times 10^{4}\ \mathrm{kWh}, soit 1,43×1031{,}43\times 10^{3} dollars par an.

d) Non, absolument pas, et c'est le point le plus important du chapitre. La pompe à chaleur ne CRÉE pas d'énergie : elle en PRÉLÈVE à l'extérieur et la transporte à l'intérieur. Le bilan complet s'écrit Pth=Peˊlec+Ppreˊleveˊe dehorsP_{\mathrm{th}}=P_{\mathrm{élec}}+P_{\mathrm{prélevée\ dehors}}, soit ici 10=2,86+7,1410=2{,}86+7{,}14 : le premier principe est parfaitement respecté. L'électricité ne sert pas à produire la chaleur mais à faire fonctionner le transfert, comme une pompe hydraulique dépense de l'énergie pour élever de l'eau qu'elle ne fabrique pas. Le mot pompe est donc bien choisi.

e) Parce que la pompe doit faire remonter la chaleur d'une source froide vers une source chaude, et que cette tâche est d'autant plus difficile que l'écart entre les deux est grand. Quand la température extérieure chute, l'écart augmente, le travail nécessaire par joule transporté augmente, et le COP diminue. Sous le climat de Montréal, où les températures descendent régulièrement sous les moins vingt degrés, le COP peut tomber au voisinage de 1 : la pompe perd alors tout avantage précisément au moment où les besoins de chauffage sont maximaux. C'est pourquoi les installations y sont presque toujours BIVALENTES, associées à un appoint qui prend le relais sous un certain seuil.

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