Spécialité physique-chimie, Terminale • Exercices corrigés à Montréal
Fiche de révision : les transferts thermiques (Terminale spécialité)
Les transferts thermiques sont le chapitre le plus concret du programme : isoler un mur, refroidir un café, chauffer une pièce avec une pompe à chaleur. Les formules y sont courtes, et l'analogie avec l'électricité rend les calculs immédiats. Ce qui coûte des points, ce sont les unités et les bilans, jamais l'algèbre.
Cette fiche liste les erreurs qui reviennent, avec la phrase exacte qui les remet, l'arbre des trois modes de transfert, l'analogie complète entre résistance thermique et résistance électrique, le bilan radiatif de la Terre avec ce qu'y changent l'albédo et l'effet de serre, les limites du modèle du gaz parfait, et l'isolation d'un mur décortiquée du calcul de résistance jusqu'à l'énergie économisée.
Marque ici la fiche comme lue ou mets-la en favori : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes fiches lues et tes favoris d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander la méthode ou l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Le fil du chapitre
Un flux thermique se calcule exactement comme un courant électrique : Φ=RthΔT, et les résistances des couches successives s'AJOUTENT. Le reste du chapitre est une affaire d'unités, d'écarts de température et de bilans. À l'échelle d'une planète, le même raisonnement de régime permanent donne la température d'émission de la Terre : ce qu'elle absorbe, elle le rayonne.
Le premier principe est un bilan, pas un sens d'évolution
•Pour une phase condensée, ΔU=mcΔT, avec c la capacité thermique massique en J⋅kg−1⋅K−1.
•Un ÉCART de température a la même valeur en degrés Celsius et en kelvins : ΔT=60∘C=60K. Une température absolue, elle, se convertit en ajoutant 273.
•Premier principe : ΔU=Q+W, en convention du RÉCEPTEUR : ce qui entre dans le système est compté positivement.
•Ce principe est un bilan comptable : il n'interdit à aucune énergie de remonter d'un corps froid vers un corps chaud. C'est le second principe qui donne le SENS des évolutions.
L'erreur la plus coûteuse du chapitre tient en une ligne : ajouter 273 à un écart de température. Un ΔT de 60∘C devient alors 333K, et l'énergie est multipliée par cinq.
Trois modes de transfert, un seul qui traverse le vide
•CONDUCTION : de proche en proche, sans déplacement de matière. C'est le mode des solides, et celui de tout le formalisme des résistances thermiques.
•CONVECTION : par déplacement d'ensemble d'un fluide, plus chaud donc moins dense. C'est ce qui fait monter l'air chaud d'un radiateur.
•RAYONNEMENT : par ondes électromagnétiques, seul mode qui traverse le VIDE. C'est ainsi que l'énergie du Soleil nous parvient.
•Une même situation combine souvent les trois : un radiateur chauffe par convection et par rayonnement, un mur transmet par conduction.
Le test qui tranche : y a-t-il déplacement de matière ? Non pour la conduction et le rayonnement, oui pour la convection. Et parmi les deux premiers, seul le rayonnement se passe de support.
L'analogie électrique, terme à terme
•Flux thermique : Φ=RthΔT, en watts. C'est l'analogue exact de I=RU.
•Résistance thermique d'une paroi : Rth=λSe, en K⋅W−1, où e est l'épaisseur, λ la conductivité et S la surface.
•Couches SUPERPOSÉES : les résistances s'AJOUTENT, exactement comme des résistors en série. Ce sont les résistances, jamais les conductivités.
•Ce qui compte pour isoler, c'est le rapport λe : jouer sur λ est bien plus efficace que sur e, car les conductivités varient d'un facteur 20 entre la brique et la laine.
La loi de Newton : la vitesse dépend de l'écart restant
•T(t)=Ta+(T0−Ta)e−t/τ, où Ta est la température ambiante et τ la constante de temps.
•La vitesse de refroidissement est proportionnelle à l'ÉCART restant : elle est maximale au début et ralentit continûment.
•Au bout de τ, il subsiste e−1≈37% de l'écart initial; au bout de 5τ, moins de 1%.
•La température ambiante n'est jamais atteinte rigoureusement : on ne fait que s'en approcher, comme d'une asymptote.
À l'instant τ, l'écart avec l'ambiance passe de 60 à 22 degrés, soit 37%, et cette proportion ne dépend pas de la température de départ.
Le bilan radiatif : la Terre en régime permanent
•Système {Terre et atmosphère} : sa température moyenne est stable, donc ΔU=0 sur un an, et la puissance ABSORBÉE égale la puissance ÉMISE vers l'espace.
•Absorbée : Pabs=(1−A)PS, où l'albédo A est la fraction renvoyée sans être absorbée. Le Soleil n'éclaire qu'un DISQUE, de section πRT2.
•Émise : 4πRT2σT4, par toute la SPHÈRE, jour et nuit. La loi de Stefan-Boltzmann est donnée, et T s'y écrit en kelvins.
•D'où Te=(4πRT2σ(1−A)PS)1/4≈256 K : la température à laquelle la Terre RAYONNE vers l'espace, pas celle du sol, 288 K. L'écart est l'effet de serre.
Vers l'espace, la Terre rend exactement les 242W⋅m−2 qu'elle absorbe ; le sol, à 288 K, en émet 391, et les 149 de différence restent piégés : c'est l'effet de serre.
Plus d'albédo, moins de puissance absorbée : Te baisse. Plus d'effet de serre : Te ne bouge pas à l'équilibre, c'est la SURFACE qui se réchauffe.
Le modèle du gaz parfait, et où il s'arrête
•pV=nRT en unités SI : p en pascals, V en m3, T en kelvins, R=8,314J⋅mol−1⋅K−1.
•Lecture microscopique : la pression, ce sont les chocs des molécules sur les parois ; la température, leur agitation ; la masse volumique, leur nombre par unité de volume.
•Hypothèses : molécules sans volume propre et sans interaction hors des chocs, ce qui est vrai quand le gaz est peu dense. Sous 1 bar, le dioxyde de carbone suit le modèle à 0,6% près.
•Limites : fortes pressions et basses températures, près de la liquéfaction. L'extincteur à dioxyde de carbone lit 57 bar là où le modèle en prévoit 369.
Avant d'écrire pV=nRT, une question : le gaz est-il loin de sa liquéfaction ? Sinon, le modèle n'est pas faux de quelques pour cent, il est faux d'un facteur.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Convertir un écart de température en ajoutant 273
toute la question, avec une énergie six fois trop grande
Ce qu'il ne faut pas écrire
« L'eau passe de 20∘C à 80∘C, donc ΔT=80+273=353K. »
Ce qu'il faut écrire
« ΔT=80−20=60∘C=60K : un ÉCART de température a la même valeur dans les deux échelles, car le décalage de 273 se soustrait de lui-même. »
Pourquoi : Les deux échelles ont le même PAS : un degré Celsius vaut exactement un kelvin. Elles ne diffèrent que par leur origine, et une différence efface l'origine.
2.Additionner les conductivités de deux couches
toute la question, et l'isolation semble inutile
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le mur porte de la brique de conductivité 0,80 et de la laine de conductivité 0,040 : la conductivité totale vaut 0,84. »
Ce qu'il faut écrire
« Ce sont les RÉSISTANCES qui s'ajoutent, pas les conductivités : Rth=λ1Se1+λ2Se2. Une couche isolante augmente la résistance totale, elle ne moyenne rien. »
Pourquoi : L'analogie électrique est exacte : deux couches traversées l'une après l'autre sont deux résistors en SÉRIE. Additionner les conductivités reviendrait à mettre les résistors en parallèle, ce qui est le cas d'un mur avec une fenêtre, pas d'un mur isolé.
3.Croire que doubler l'épaisseur d'isolant divise le flux par deux
1 point d'interprétation, sur la question de conclusion
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Je passe de 10 à 20cm de laine : le flux est divisé par deux. »
Ce qu'il faut écrire
« Le flux vaut R1+R2ΔT : seule R2 double, pas la somme. Et surtout, la résistance de départ n'était pas nulle : les premiers centimètres apportent bien plus que les suivants. »
Les deux premiers centimètres divisent le flux par trois, les huit suivants ne le divisent plus que par trois et demi de plus. Au-delà de dix centimètres, la courbe est presque plate.
Pourquoi : Le flux varie comme l'inverse de la résistance TOTALE. Les premiers centimètres d'isolant multiplient cette résistance par plusieurs, les suivants ne l'augmentent que d'un pourcentage. C'est le principe des rendements décroissants.
4.Juger impossible un coefficient de performance supérieur à 1
1 à 2 points, sur une question d'interprétation
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Une pompe à chaleur annonce un COP de 4 : elle produirait quatre fois l'énergie consommée, ce qui viole le premier principe. »
Ce qu'il faut écrire
« COP=PeˊlecPth, et Pth=Peˊlec+Ppreˊleveˊe : la pompe ne crée rien, elle TRANSFÈRE de l'énergie prélevée à l'extérieur. Le bilan est parfaitement respecté. »
Pourquoi : Une pompe à chaleur n'est pas un convertisseur mais un déplaceur : l'électricité sert à faire remonter de l'énergie d'un milieu froid vers un milieu chaud. Les trois quarts de la chaleur livrée viennent de l'extérieur, pas de la prise.
5.Confondre le flux thermique et l'énergie transférée
1 point, et un résultat sans commune mesure avec la réalité
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le flux vaut 1600W, donc la maison perd 1600J par jour. »
Ce qu'il faut écrire
« Le flux est une PUISSANCE, en watts. L'énergie s'obtient en le multipliant par la durée : E=ΦΔt=1600×86400=1,38×108J, soit 38,4kWh. »
Pourquoi : Le watt est un joule par seconde. Confondre les deux revient à confondre une vitesse et une distance : les unités le disent, et un contrôle d'unité suffit à l'éviter.
6.Croire que le rayonnement a besoin d'un support matériel
1 point, sur une question de cours
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La chaleur du Soleil nous parvient par conduction à travers l'atmosphère. »
Ce qu'il faut écrire
« L'espace entre le Soleil et la Terre est essentiellement VIDE : seul le RAYONNEMENT peut traverser le vide. La conduction et la convection exigent toutes deux un milieu matériel. »
Pourquoi : Le rayonnement est un transport par ondes électromagnétiques, qui se propagent sans support. C'est aussi pour cela qu'un thermos, dont l'enveloppe est sous vide, doit être argenté : le vide bloque deux modes sur trois, pas le troisième.
7.Faire dire au premier principe le sens des évolutions
1 point, sur une question de vocabulaire
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le premier principe interdit à la chaleur d'aller du froid vers le chaud. »
Ce qu'il faut écrire
« Le premier principe est un BILAN : il compte l'énergie sans dire dans quel sens elle va. C'est le SECOND principe qui impose que la chaleur passe spontanément du chaud vers le froid. »
Pourquoi : Un transfert du froid vers le chaud conserve parfaitement l'énergie : il est donc compatible avec le premier principe. C'est précisément ce que fait une pompe à chaleur, au prix d'un travail électrique.
8.Annoncer que la température ambiante est atteinte
1 point, celui de l'interprétation asymptotique
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Au bout de 3τ, le café est à la température de la pièce. »
Ce qu'il faut écrire
« Au bout de 3τ, il reste e−3≈5% de l'écart initial, soit encore 3∘C d'écart pour un café parti à 80∘C dans une pièce à 20∘C. On s'en approche sans jamais l'atteindre. »
Pourquoi : L'exponentielle ne s'annule jamais. Comme pour la cinétique et la décroissance radioactive, on adopte une convention : au-delà de 5τ, l'écart restant est inférieur à 1% et on considère l'équilibre atteint.
9.Oublier la surface dans la résistance thermique
1 point, et un flux vingt fois trop petit
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Rth=λe=0,800,20=0,25K⋅W−1. »
Ce qu'il faut écrire
« Rth=λSe : avec S=20m2, on obtient 0,80×200,20=1,25×10−2K⋅W−1. »
Pourquoi : Une grande paroi laisse passer plus de chaleur qu'une petite, donc sa résistance est plus faible : la surface est bien au DÉNOMINATEUR. Le contrôle d'unité le confirme, puisque λ s'exprime en W⋅m−1⋅K−1.
10.Mettre la température en degrés Celsius dans la loi de Stefan-Boltzmann
toute la question, avec un résultat plus de cent mille fois trop petit
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La surface est à 15∘C, donc elle émet σ×154≈2,9×10−3W⋅m−2. »
Ce qu'il faut écrire
« T=15+273,15=288,15 K, donc σT4=5,67×10−8×288,154≈391W⋅m−2. »
Pourquoi : La loi porte sur la température ABSOLUE : un corps à 0∘C rayonne, il n'est pas éteint. C'est l'inverse du piège de l'écart de température : ici, on ajoute 273 et on ne peut pas s'en dispenser.
11.Prendre la même surface pour la réception et pour l'émission
toute la question, et une Terre à près de 90 degrés Celsius
Ce qu'il ne faut pas écrire
« (1−A)PS=πRT2σT4, donc la Terre est à 362 K. »
Ce qu'il faut écrire
« Le Soleil éclaire un disque, πRT2, mais la Terre rayonne par toute sa sphère, 4πRT2 : Te=(4πRT2σ(1−A)PS)1/4≈256 K. »
Le faisceau solaire ne voit de la Terre qu'un disque de section πRT2 ; la Terre, elle, rayonne par toute sa sphère, quatre fois plus grande.
Pourquoi : La face de nuit ne reçoit rien mais rayonne comme la face de jour. Le rapport des deux surfaces vaut 4, et la racine quatrième le transforme en un facteur 41/4≈1,41 sur la température.
12.Croire qu'un effet de serre renforcé élève la température d'émission
1 point, sur la question de discussion qualitative
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Avec plus de dioxyde de carbone, la Terre émet plus vers l'espace, donc Te augmente. »
Ce qu'il faut écrire
« À l'équilibre, la Terre renvoie toujours Pabs=(1−A)PS, qui ne dépend pas de l'effet de serre : Te reste 256 K. C'est la température de la SURFACE qui monte. »
Pourquoi : Te ne dépend que de PS, de A et du rayon terrestre. Pendant la transition, la planète émet MOINS qu'elle n'absorbe : ΔU>0, et elle se réchauffe jusqu'à ce que le bilan revienne à zéro.
13.Appliquer l'équation du gaz parfait à un gaz liquéfié
1 à 2 points, sur la question de validité du modèle
Ce qu'il ne faut pas écrire
« L'extincteur contient 2,0 kg de dioxyde de carbone dans 3,0 L à 20∘C, donc p=VnRT≈369 bar. »
Ce qu'il faut écrire
« Le modèle suppose des molécules sans volume propre et sans interactions. Liquide, ce dioxyde de carbone occuperait déjà 2,6 L sur 3,0 : le modèle ne s'applique pas, et le manomètre lit 57 bar. »
Pourquoi : Le gaz parfait est un modèle de gaz DILUÉ. Aux fortes pressions et près de la liquéfaction, le volume des molécules et leurs interactions ne sont plus négligeables, et l'équation d'état se trompe d'un facteur 6,5, pas de quelques pour cent.
Quelle méthode choisir
Quel mode de transfert, et comment le reconnaître
Deux questions suffisent : y a-t-il déplacement de matière, et faut-il un milieu matériel ?
Si l'énergie se propage dans un solide, sans que rien ne bouge → CONDUCTION, et c'est le seul mode que le formalisme des résistances thermiques décrit
Exemple : la chaleur qui traverse un mur ou le manche d'une casserole
Si un fluide chaud monte et un fluide froid descend → CONVECTION, avec déplacement d'ensemble de matière
Exemple : l'air au-dessus d'un radiateur, l'eau dans une casserole
Si l'énergie traverse le vide, ou se propage en ligne droite depuis une surface chaude → RAYONNEMENT, le seul mode qui n'exige aucun support
Exemple : le Soleil, un feu ressenti à distance, un thermos argenté
Si l'énoncé demande de limiter les pertes d'un bâtiment → agir sur la conduction par des matériaux de faible λ, et sur la convection en supprimant les courants d'air
Si l'énoncé demande pourquoi un thermos est sous vide ET argenté → le vide supprime conduction et convection, l'argenture réfléchit le rayonnement : les trois modes sont traités
Si plusieurs modes coexistent → le dire explicitement, et préciser lequel domine dans la situation étudiée
Le formalisme Φ=RthΔT ne décrit que la conduction. Pour la convection et le rayonnement, le programme se limite à une description qualitative, et les questions sont des questions de cours.
Quelle formule selon la question posée
On regarde si la question porte sur une variation de température, sur un régime permanent, ou sur une évolution dans le temps.
Si un corps change de température → ΔU=mcΔT, avec ΔT en kelvins, c'est-à-dire simplement la DIFFÉRENCE des deux températures
Exemple : chauffer 200g d'eau de 20 à 80∘C demande 50,2kJ
Si on cherche la puissance perdue à travers une paroi, en régime permanent → Φ=RthΔT avec Rth=λSe, et somme des résistances pour plusieurs couches
Si on cherche l'ÉNERGIE perdue sur une durée → E=ΦΔt, en pensant à convertir les heures en secondes ou les joules en kilowattheures
Si un corps se refroidit au cours du temps → loi de Newton, T(t)=Ta+(T0−Ta)e−t/τ
C'est la même équation différentielle que celle du chapitre de mathématiques : T′=−τ1(T−Ta).
Si l'énoncé parle d'une pompe à chaleur ou d'un climatiseur → COP=PeˊlecPth, avec le bilan Pth=Peˊlec+Ppreˊleveˊe
Si l'énoncé donne un rendement ou une efficacité et demande de commenter → vérifier la cohérence avec le premier principe, puis rappeler que le second principe interdit un COP infini
Si l'énoncé demande la température moyenne de la Terre, la loi de Stefan-Boltzmann étant donnée → bilan en régime permanent, (1−A)PS=4πRT2σTe4, puis racine QUATRIÈME, T en kelvins
Exemple : A=0,29 et PS=1,74×1017 W donnent Te≈256 K
Si l'énoncé relie pression, volume, température et quantité de matière d'un gaz → pV=nRT en unités SI, après avoir vérifié que le gaz est peu dense et loin de sa liquéfaction
L'unité est le meilleur guide du chapitre : des joules pour une énergie, des watts pour un flux, des kelvins par watt pour une résistance. Une formule qui ne tombe pas sur la bonne unité est fausse.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Calculer un flux thermique à travers une paroi composite
Quand l'utiliser : L'exercice type du chapitre : un mur à une ou plusieurs couches, une différence de température, un flux à calculer.
1Lister les données avec leurs unités, en convertissant les centimètres en mètres AVANT tout calcul.
2Calculer la résistance de chaque couche séparément : Ri=λiSei, sans oublier la surface.
3ADDITIONNER les résistances, en justifiant par l'analogie série : les couches sont traversées l'une après l'autre.
4Calculer le flux : Φ=RthΔT, avec ΔT la DIFFÉRENCE des températures, en kelvins.
5Convertir en énergie si l'énoncé le demande : E=ΦΔt, puis éventuellement en kilowattheures.
6Commenter : comparer avant et après isolation, et donner le facteur de réduction.
Phrase de conclusion
Les deux couches étant traversées successivement, leurs résistances s'ajoutent : Rth=1,25×10−2+0,125=0,1375K⋅W−1, d'où un flux Φ=0,137520≈145W.
Le piège : Oublier la surface au dénominateur de la résistance. Le résultat est alors faux d'un facteur égal à S, ici 20, et rien dans le calcul ne le signale sinon le contrôle d'unité.
Barème : 1 point par résistance calculée, 1 point pour l'addition justifiée, 1 point pour le flux, 1 point pour le commentaire chiffré.
Exploiter la loi de Newton du refroidissement
Quand l'utiliser : Un corps chaud placé dans une ambiance froide, avec une constante de temps donnée ou à déterminer.
1Identifier les trois grandeurs : la température initiale T0, la température ambiante Ta, et la constante de temps τ.
2Écrire la loi complète : T(t)=Ta+(T0−Ta)e−t/τ, en vérifiant qu'elle redonne T0 en t=0.
3Pour une température à une date donnée, substituer directement.
4Pour une date à température donnée, ISOLER l'exponentielle avant de prendre le logarithme.
5Interpréter la constante de temps : au bout de τ, il reste 37% de l'écart initial.
6Conclure sur la limite : la température tend vers Ta sans l'atteindre.
Phrase de conclusion
Avec T0=80∘C, Ta=20∘C et τ=10min, la température au bout de 10 minutes vaut 20+60e−1≈42∘C : l'écart initial de 60 degrés n'en fait plus que 22.
Le piège : Prendre le logarithme de l'équation complète, en gardant le +Ta. Il faut d'abord isoler l'exponentielle, sinon on aboutit au logarithme d'une somme, qui ne se décompose pas.
Barème : 1 point pour la loi écrite avec ses trois grandeurs, 1 point pour l'application numérique, 1 point pour l'interprétation de τ.
Estimer la température moyenne de la Terre par un bilan radiatif
Quand l'utiliser : La question du programme de spécialité : la loi de Stefan-Boltzmann est donnée, on demande une température d'équilibre, puis une discussion de l'albédo et de l'effet de serre.
1Définir le système, {Terre et atmosphère}, et la durée, une année.
2Écrire le premier principe : ΔU=0 puisque la température moyenne est stable, donc puissance absorbée égale puissance émise.
3Calculer la puissance absorbée, (1−A)PS, en retirant la part réfléchie.
4Écrire la puissance émise par TOUTE la sphère, 4πRT2σT4.
5Isoler T4, prendre la racine QUATRIÈME, et donner le résultat en kelvins puis en degrés Celsius.
6Comparer à la température de surface, 288 K, et nommer l'écart : l'effet de serre.
Phrase de conclusion
« La température moyenne étant stable, ΔU=0 sur un an, donc (1−A)PS=4πRT2σTe4, d'où Te=(4πRT2σ(1−A)PS)1/4≈256 K, soit environ −17∘C. »
Le piège : Égaler la puissance absorbée à πRT2σT4 : la Terre monte à 362 K, près de 90∘C, et rien dans le calcul ne proteste, sinon le bon sens.
Barème : 1 point pour le bilan justifié par le premier principe, 1 point pour la puissance absorbée, 1 point pour la surface d'émission, 1 point pour la température, 1 point pour la comparaison à 288 K.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Contrôler l'unité de chaque grandeur
Joule pour une énergie, watt pour un flux, kelvin par watt pour une résistance thermique. Une formule qui ne tombe pas sur la bonne unité contient une erreur de structure.
Une résistance calculée sans la surface donne des m2⋅K⋅W−1 : l'unité révèle immédiatement l'oubli.
Vérifier qu'un écart de température n'a pas été converti
Un ΔT est identique en degrés Celsius et en kelvins. Si le nombre employé dépasse 273, c'est presque toujours qu'une conversion de trop a eu lieu.
Un ΔT de 353 pour un chauffage de 20 à 80∘C : la bonne valeur est 60.
Contrôler l'ordre de grandeur d'une déperdition
Une maison mal isolée perd quelques kilowatts, une maison bien isolée quelques centaines de watts. Un résultat en mégawatts ou en milliwatts signale une erreur de puissance de dix.
Un flux de 1600W pour un mur nu de 20m2 est plausible; 145W après isolation l'est aussi.
Vérifier que l'isolation a bien diminué le flux
Ajouter une couche ne peut qu'AUGMENTER la résistance totale, donc diminuer le flux. Un flux qui augmente après isolation signale une addition ratée.
Passer de 1600 à 145W : facteur 11, cohérent avec une résistance multipliée par 11.
Vérifier le bilan d'une pompe à chaleur
La puissance thermique livrée doit être exactement la somme de la puissance électrique et de la puissance prélevée à l'extérieur. Un écart signale une erreur de bilan.
COP=4 avec 1kW électrique donne 4kW livrés, dont 3kW prélevés dehors.
Contrôler une température d'équilibre planétaire
Pour la Terre, la température d'émission tombe entre 250 et 260 kelvins. Un résultat au-dessus de 300 kelvins signale presque toujours une surface d'émission prise égale au disque.
362 K au lieu de 256 K : le facteur 4 entre πRT2 et 4πRT2 a été oublié.
L'exercice type décortiqué
Isoler un mur, comme au baccalauréat
Un mur de brique d'épaisseur e1=20cm et de conductivité λ1=0,80W⋅m−1⋅K−1 a une surface S=20m2. Il sépare une pièce à 19∘C d'un extérieur à −1∘C. On envisage d'ajouter e2=10cm de laine de verre, de conductivité λ2=0,040W⋅m−1⋅K−1.
1. Calculer la résistance thermique du mur nu et le flux correspondant. 2. Calculer la résistance de la couche de laine, puis la résistance totale. 3. En déduire le nouveau flux et le facteur de réduction. 4. Calculer l'énergie économisée en 24h. 5. Expliquer pourquoi la laine est bien plus efficace que la brique.
La configuration : deux couches traversées l'une après l'autre par le même flux, de l'intérieur chaud vers l'extérieur froid. C'est cette mise en série qui fait s'ajouter les résistances.
Étape 1
R1=λ1Se1=0,80×200,20=1,25×10−2K⋅W−1.
Pourquoi
L'épaisseur est convertie en mètres et la surface figure au DÉNOMINATEUR : une grande paroi oppose moins de résistance qu'une petite, exactement comme un gros câble électrique.
Étape 2
ΔT=19−(−1)=20∘C=20K, donc Φ1=R1ΔT=1,25×10−220=1,6×103W.
Pourquoi
L'écart vaut 20, pas 293 : c'est une DIFFÉRENCE, et le décalage des échelles disparaît. Le flux de 1,6kW pour un seul mur est plausible pour une paroi non isolée.
Étape 3
R2=λ2Se2=0,040×200,10=0,125K⋅W−1, soit dix fois la résistance de la brique avec deux fois moins d'épaisseur.
Pourquoi
Le rapport de 10 vient entièrement du rapport des conductivités, 0,0400,80=20, corrigé du rapport des épaisseurs, 21. C'est la réponse à la question 5, préparée dès maintenant.
Étape 4
Les deux couches sont traversées successivement, donc les résistances s'AJOUTENT : R=R1+R2=1,25×10−2+0,125=0,1375K⋅W−1.
Pourquoi
L'addition doit être justifiée par la mise en série, comme pour des résistors. C'est la phrase que le barème attend, et non le seul calcul.
Étape 5
Φ2=0,137520≈1,45×102W. Le facteur de réduction vaut 1451600≈11.
Pourquoi
Le flux est divisé par onze, soit exactement le rapport des résistances totales. Une simple couche de dix centimètres suffit à cela, ce qui est l'argument technique du chapitre.
Étape 6
Énergie sur 24h, soit 86400s : avant, E1=1600×86400=1,38×108J=38,4kWh; après, E2=145×86400=1,26×107J=3,5kWh.
Pourquoi
Le flux est une puissance : il faut le multiplier par une DURÉE en secondes. La conversion en kilowattheures rend le résultat comparable à une facture d'électricité, ce que l'énoncé attend souvent.
Étape 7
Économie : 38,4−3,5=34,9kWh par jour pour ce seul mur, soit environ 91% des pertes supprimées.
Pourquoi
Le pourcentage parle plus que la valeur absolue, et il se recoupe avec le facteur 11 trouvé plus haut : supprimer 91% revient bien à diviser par onze.
Étape 8
La laine est plus efficace parce que sa conductivité est vingt fois plus faible que celle de la brique. Ce qui compte dans la résistance est le rapport λe : diviser λ par vingt vaut mieux que multiplier e par deux.
Pourquoi
La conclusion est chiffrée et compare les deux leviers. Une réponse qui dirait seulement « la laine isole mieux » ne rapporte pas le point : c'est le rapport des conductivités qui l'explique.
Conclusion rédigée
Le mur nu laisse passer 1,6kW, soit 38,4kWh par jour; dix centimètres de laine de verre portent la résistance de 1,25×10−2 à 0,1375K⋅W−1, divisent le flux par onze et économisent près de 35kWh quotidiens, parce que la conductivité de la laine est vingt fois plus faible que celle de la brique.
L'erreur classique sur cet exercice : Oublier la surface dans les résistances. On obtient R1=0,25 et R2=2,5K⋅W−1, donc un flux de 80W pour un mur nu de vingt mètres carrés : vingt fois trop peu, et l'ordre de grandeur suffit à s'en apercevoir.
À savoir par cœur
•ΔU=mcΔT, et un ÉCART de température vaut la même chose en degrés Celsius et en kelvins.
•ΔU=Q+W est un BILAN : le sens des évolutions vient du second principe.
•Trois modes : conduction sans déplacement, convection avec déplacement de fluide, rayonnement qui seul traverse le vide.
•Φ=RthΔT avec Rth=λSe : la surface est au DÉNOMINATEUR.
•Couches superposées : les RÉSISTANCES s'ajoutent, jamais les conductivités.
•Un flux est une puissance en watts; l'énergie s'obtient en multipliant par la durée en secondes.
•Loi de Newton : T(t)=Ta+(T0−Ta)e−t/τ; il reste 37% de l'écart au bout de τ.
•COP=PeˊlecPth peut dépasser 1 : la pompe TRANSFÈRE, elle ne crée pas.
•Les premiers centimètres d'isolant apportent bien plus que les suivants.
•Bilan radiatif : (1−A)PS=4πRT2σTe4, T en kelvins ; Te≈256 K, et la surface est à 288 K grâce à l'effet de serre.
•Gaz parfait : modèle d'un gaz DILUÉ ; il échoue aux fortes pressions et près de la liquéfaction.
Questions fréquentes
Faut-il convertir un écart de température en kelvins ?
Non, il n'y a rien à convertir : un écart a la même valeur dans les deux échelles, parce qu'elles ont le même pas et ne diffèrent que par leur origine. Un écart de soixante degrés Celsius vaut soixante kelvins. Seule une température absolue se convertit, en ajoutant deux cent soixante-treize.
Comment calcule-t-on la résistance thermique d'un mur à plusieurs couches ?
On calcule la résistance de chaque couche, en divisant son épaisseur par le produit de sa conductivité et de la surface, puis on additionne ces résistances. Les couches sont traversées l'une après l'autre, donc elles se comportent comme des résistors en série. On n'additionne jamais les conductivités.
Quel mode de transfert thermique traverse le vide ?
Le rayonnement, et lui seul. La conduction se fait de proche en proche dans la matière et la convection par déplacement d'un fluide : les deux exigent un milieu matériel. C'est pour cela que l'énergie du Soleil nous parvient malgré l'espace vide, et qu'un thermos sous vide doit être argenté.
Un coefficient de performance supérieur à 1 est-il possible ?
Oui, et il n'y a aucune contradiction avec la conservation de l'énergie. Une pompe à chaleur ne fabrique pas de chaleur : elle en prélève à l'extérieur et la fait remonter vers l'intérieur, en utilisant de l'électricité pour cela. La chaleur livrée est donc la somme de l'électricité consommée et de la chaleur prélevée.
Pourquoi la température d'un café ne descend-elle jamais à celle de la pièce ?
Parce que la vitesse de refroidissement est proportionnelle à l'écart restant : plus l'écart est petit, plus le refroidissement est lent. Mathématiquement, la loi est exponentielle et ne s'annule jamais. En pratique, on considère l'équilibre atteint au bout de cinq constantes de temps, où il reste moins d'un pour cent de l'écart.
Comment calculer la température moyenne de la Terre avec la loi de Stefan-Boltzmann ?
On écrit que la Terre est en régime permanent : sur une année, la puissance qu'elle absorbe est égale à celle qu'elle émet. Elle absorbe la puissance solaire interceptée moins la part réfléchie par l'albédo, et elle émet par toute sa sphère sigma fois T puissance quatre par mètre carré. On isole T puissance quatre, on prend la racine quatrième, et l'on trouve environ 256 kelvins, soit moins 17 degrés Celsius. L'écart avec les 288 kelvins du sol est l'effet de serre.
Passer à la pratique
Exercices corrigés : Transferts thermiques
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
Il manque quelque chose dans cette fiche ?Une méthode, un piège, un exercice pour l'appliquer, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.
L'envoi passe par ton espace gratuit : c'est ce qui me permet de te répondre et de te prévenir quand l'exercice est ajouté. Un courriel suffit, pas de mot de passe. Crée ton espace.
Pas envie de créer un compte ? Écris-moi directement.
Vous cherchez un tuteur à Montréal pour ce chapitre ?
Contactez-moi pour une première séance. On reprend les points de méthode qui font perdre des points en évaluation, puis on les met à l'épreuve sur des exercices du niveau réel de l'examen.