Spécialité physique-chimie, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Fiche de révision : le dipôle RC, charge, décharge et constante de temps (Terminale)

Le dipôle RC est le premier système du programme à s'écrire par une équation différentielle, et c'est aussi le plus simple : une seule constante, τ=RC\tau=RC, gouverne tout. Ce qui coûte des points n'est presque jamais la résolution, c'est la condition initiale et la lecture du graphe.

Vous trouverez ici les huit erreurs qui reviennent au baccalauréat, avec la phrase exacte à écrire pour chacune, l'arbre qui donne l'expression selon la phase et la grandeur cherchée, les trois façons de lire τ\tau sur une courbe expérimentale, et une mesure de capacité inconnue traitée ligne par ligne.

Le fil du chapitre

La tension aux bornes d'un condensateur est CONTINUE : elle ne saute jamais. C'est elle qui donne la condition initiale de toute équation différentielle du chapitre, et c'est l'intensité, elle, qui saute.

Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (9 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Signal et capteur : circuits et loi d'OhmSeconde
  2. 2La fonction exponentiellePremière, Mathématiques
  3. 3Énergie et circuitsPremière
  4. 4Dérivation et trigonométrieMathématiques
  5. 5Exponentielle et logarithmeMathématiques
  6. 6Primitives et intégrationMathématiques
  7. 7Les équations différentiellesMathématiques
  8. 8Tension, intensité et loi d'OhmQuatrième
  9. 9Énergie, puissance et conversionsTroisième

L'essentiel

Le condensateur, et sa seule vraie propriété

  • Charge et tension : q=Cuq=C\,u, avec qq en coulombs, CC en farads et uu en volts.
  • En convention RÉCEPTEUR : i=Cdudti=C\,\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}. En convention générateur, un signe moins apparaît.
  • La tension aux bornes d'un condensateur est CONTINUE : elle ne saute jamais, sous peine d'une intensité infinie.
  • L'INTENSITÉ, elle, peut sauter : à la fermeture de l'interrupteur, elle passe instantanément de 00 à ER\dfrac{E}{R}.
  • En régime permanent, uu ne varie plus, donc i=0i=0 : le condensateur se comporte alors comme un interrupteur OUVERT.
-11234560.20.40.60.811.2i SAUTE a E/Ru reste CONTINUE
À l'instant de la fermeture, la courbe de la tension part de zéro sans rupture, alors que celle de l'intensité, en rouge, saute verticalement à ER\dfrac{E}{R} : l'une est continue, l'autre non.

Toute condition initiale du chapitre vient de cette continuité : un condensateur initialement déchargé vérifie u(0)=0u(0)=0 juste après la fermeture, et non u(0)=Eu(0)=E.

Les deux équations, et leurs deux solutions

  • CHARGE : τdudt+u=E\tau\,\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}+u=E, de solution u(t)=E(1et/τ)u(t)=E\left(1-e^{-t/\tau}\right) pour un condensateur initialement déchargé.
  • DÉCHARGE : τdudt+u=0\tau\,\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}+u=0, de solution u(t)=Eet/τu(t)=E\,e^{-t/\tau} pour un condensateur initialement chargé sous EE.
  • Dans les deux cas, τ=RC\tau=RC, homogène à un TEMPS : des ohms multipliés par des farads donnent des secondes.
  • Intensité de charge : i(t)=ERet/τi(t)=\dfrac{E}{R}\,e^{-t/\tau}, maximale à t=0t=0 et décroissante ensuite.
  • L'équation s'établit toujours de la même façon : loi des mailles, puis remplacement de uRu_{R} par RiR\,i et de ii par CdudtC\,\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}.
1234560.20.40.60.811.2charge : 63 % a taudecharge : 37 % a tau
Les deux courbes se croisent à t=aut= au : la charge y atteint 63 %63\ \% de sa valeur finale, la décharge n'en conserve que 37 %37\ \%. Les deux valeurs sont complémentaires.

La forme canonique attendue est τdudt+u=E\tau\,\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}+u=E, avec un coefficient 11 devant uu. Une équation laissée sous la forme RCu+u=ERC\,u'+u=E est correcte, mais toute autre normalisation empêche d'identifier τ\tau directement.

Lire la constante de temps, de trois façons

  • À t=τt=\tau, la charge atteint 63 %63\ \% de EE et la décharge en conserve 37 %37\ \% : c'est la lecture la plus rapide.
  • La TANGENTE à l'origine coupe l'asymptote horizontale à l'abscisse t=τt=\tau : c'est la lecture la plus précise sur un tracé.
  • Au bout de 5τ5\tau, le régime transitoire est terminé en pratique : il reste moins de 1 %1\ \% d'écart à la valeur finale.
  • τ=RC\tau=RC : 10 kΩ10\ \mathrm{k\Omega} multipliés par 2,2 μF2{,}2\ \mathrm{\mu F} donnent 22 ms22\ \mathrm{ms}.
  • Doubler RR ou doubler CC double τ\tau : le régime transitoire dure deux fois plus longtemps, mais la valeur finale ne change pas.
1234560.20.40.60.811.263 % a t = taufin pratique a 5 tautangente a l'origine
Trois façons de lire la même durée : le point à 63 %63\ \%, l'intersection de la tangente à l'origine avec l'asymptote, et la fin pratique du régime transitoire à 5τ5\tau.

Les trois lectures doivent donner le même τ\tau à quelques pour cent près. Un écart important signale une erreur de lecture d'échelle, pas un problème de composant.

L'énergie stockée, et le rendement de la charge

  • Énergie stockée dans un condensateur : Ee=12Cu2E_{e}=\dfrac{1}{2}\,C\,u^{2}, en joules avec CC en farads et uu en volts.
  • Elle varie comme le CARRÉ de la tension : doubler uu quadruple l'énergie stockée.
  • Pendant une charge complète, le générateur fournit CE2C\,E^{2}, le condensateur n'en garde que 12CE2\dfrac{1}{2}\,C\,E^{2} : le rendement vaut donc exactement 50 %50\ \%.
  • La moitié perdue est dissipée par effet Joule dans la résistance, quelle que soit sa valeur.
  • Méthode d'EULER : un+1=un+EunτΔtu_{n+1}=u_{n}+\dfrac{E-u_{n}}{\tau}\,\Delta t, avec un pas au plus égal au centième de τ\tau.

Le rendement de 50 %50\ \% est indépendant de RR : une résistance plus faible charge plus vite, mais dissipe la même énergie totale. C'est un résultat contre-intuitif que les sujets aiment faire démontrer.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Faire sauter la tension du condensateur

toute la résolution, souvent 4 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« À la fermeture de l'interrupteur, le condensateur reçoit la tension EE, donc u(0)=Eu(0)=E. »

Ce qu'il faut écrire

« La tension aux bornes d'un condensateur est CONTINUE : si le condensateur était déchargé, u(0)=0u(0)=0. C'est toute la tension EE qui se retrouve d'abord aux bornes de la RÉSISTANCE. »

Pourquoi : Un saut de tension imposerait dudt\frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t} infini, donc une intensité infinie. La continuité de uu est la seule condition initiale disponible, et sans elle l'équation différentielle n'a pas de solution déterminée.

2. Échanger les 63 % et les 37 %

1,5 point, et la valeur de $\tau$ lue au mauvais endroit

Ce qu'il ne faut pas écrire

« À t=τt=\tau, la charge a atteint 37 %37\ \% de sa valeur finale. »

Ce qu'il faut écrire

« À t=τt=\tau, la CHARGE atteint 63 %63\ \% de EE, et la DÉCHARGE ne conserve que 37 %37\ \%. Les deux valeurs sont complémentaires, puisque 1e1=0,631-e^{-1}=0{,}63 et e1=0,37e^{-1}=0{,}37. »

Pourquoi : Retenir un seul des deux nombres suffit : l'autre s'en déduit par complément à 100 %100\ \%. Les confondre décale la lecture de τ\tau sur le graphe et fausse ensuite la capacité calculée.

3. Utiliser la solution de la décharge pour la charge

2 points, et un comportement inversé dans tout le problème

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Pendant la charge, u(t)=Eet/τu(t)=E\,e^{-t/\tau}. »

Ce qu'il faut écrire

« Pendant la CHARGE, u(t)=E(1et/τ)u(t)=E\left(1-e^{-t/\tau}\right) : la tension part de 00 et tend vers EE. La forme Eet/τE\,e^{-t/\tau} décrit la DÉCHARGE, qui part de EE et tend vers 00. »

Pourquoi : Le test qui tranche en deux secondes : remplacer tt par 00 et par l'infini, et vérifier que l'on retrouve bien la valeur initiale et la valeur finale annoncées par l'énoncé.

4. Annuler l'intensité initiale

2 points, et la description entière du régime transitoire

Ce qu'il ne faut pas écrire

« À t=0t=0, rien ne s'est encore passé, donc i(0)=0i(0)=0. »

Ce qu'il faut écrire

« C'est la TENSION du condensateur qui est continue, pas l'intensité. À t=0t=0, uC=0u_{C}=0 donc toute la tension est aux bornes de RR : i(0)=ERi(0)=\dfrac{E}{R}, valeur MAXIMALE. »

Pourquoi : Le condensateur déchargé se comporte, à l'instant initial, comme un fil : il n'oppose aucune tension. C'est en se chargeant qu'il freine progressivement le courant.

5. Se tromper d'unités dans le produit RC

2 points, et un résultat mille fois trop grand

Ce qu'il ne faut pas écrire

« τ=RC=10×2,2=22 s\tau=RC=10\times 2{,}2=22\ \mathrm{s}. »

Ce qu'il faut écrire

« Il faut convertir : R=10 kΩ=104 ΩR=10\ \mathrm{k\Omega}=10^{4}\ \Omega et C=2,2 μF=2,2×106 FC=2{,}2\ \mathrm{\mu F}=2{,}2\times 10^{-6}\ \mathrm{F}, donc τ=104×2,2×106=2,2×102 s=22 ms\tau=10^{4}\times 2{,}2\times 10^{-6}=2{,}2\times 10^{-2}\ \mathrm{s}=22\ \mathrm{ms}. »

Pourquoi : Les composants réels s'expriment en kilohms et en microfarads, et l'énoncé les donne toujours ainsi. Le produit des deux préfixes vaut 103×106=10310^{3}\times 10^{-6}=10^{-3} : c'est ce facteur qui manque.

6. Oublier le facteur un demi dans l'énergie

1 point, et le bilan de rendement qui suit

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Ee=Cu2=2,2×106×25=5,5×105 JE_{e}=C\,u^{2}=2{,}2\times 10^{-6}\times 25=5{,}5\times 10^{-5}\ \mathrm{J}. »

Ce qu'il faut écrire

« Ee=12Cu2=12×2,2×106×25=2,75×105 JE_{e}=\dfrac{1}{2}\,C\,u^{2}=\dfrac{1}{2}\times 2{,}2\times 10^{-6}\times 25=2{,}75\times 10^{-5}\ \mathrm{J}. »

Pourquoi : Le facteur 12\frac{1}{2} vient de l'intégration de uu pendant la charge, exactement comme dans 12mv2\frac{1}{2}mv^{2}. Sans lui, le rendement de charge tomberait à 100 %100\ \%, ce qui contredirait l'échauffement de la résistance.

7. Croire la charge terminée au bout de tau

1,5 point, et la durée annoncée cinq fois trop courte

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Après une constante de temps, le condensateur est chargé. »

Ce qu'il faut écrire

« Après τ\tau, il n'a atteint que 63 %63\ \% de sa charge finale. On considère le régime transitoire terminé au bout de 5τ5\tau, où il reste moins de 1 %1\ \% d'écart. »

Pourquoi : L'exponentielle n'atteint jamais sa limite : parler de fin de charge n'a de sens qu'avec un critère. La convention scolaire est 5τ5\tau, et il faut la citer.

8. Prendre un pas trop grand dans la méthode d'Euler

2 points, et une simulation qui ne ressemble à rien

Ce qu'il ne faut pas écrire

« On prend Δt=τ\Delta t=\tau pour aller vite : u1=u0+Eu0τ×τ=Eu_{1}=u_{0}+\dfrac{E-u_{0}}{\tau}\times\tau=E. »

Ce qu'il faut écrire

« Avec Δt=τ\Delta t=\tau, la méthode donne u1=Eu_{1}=E dès le premier pas, ce qui est faux. Le pas doit valoir au plus τ100\dfrac{\tau}{100} pour que l'approximation reste acceptable. »

Pourquoi : La méthode d'Euler remplace la courbe par sa tangente sur chaque intervalle. Plus l'intervalle est long, plus la tangente s'éloigne de la courbe : ici elle la dépasse complètement.

Quelle méthode choisir

Quelle expression selon la phase et la grandeur cherchée

On repère d'abord la phase, charge ou décharge, puis la grandeur demandée, tension, intensité ou énergie.

  • Si phase de CHARGE, on cherche la tension u(t)=E(1et/τ)u(t)=E\left(1-e^{-t/\tau}\right), qui part de 00 et tend vers EE

    Exemple : à t=τt=\tau, u=0,63Eu=0{,}63\,E; à t=5τt=5\tau, uEu\approx E

  • Si phase de DÉCHARGE, on cherche la tension u(t)=U0et/τu(t)=U_{0}\,e^{-t/\tau}, qui part de U0U_{0} et tend vers 00

    Exemple : à t=τt=\tau, il reste 0,37U00{,}37\,U_{0}

  • Si on cherche l'INTENSITÉ pendant la charge i(t)=ERet/τi(t)=\dfrac{E}{R}\,e^{-t/\tau}, maximale à t=0t=0 puis décroissante

    L'intensité suit toujours une exponentielle décroissante, en charge comme en décharge : seule la tension change de forme.

  • Si on cherche une DURÉE pour atteindre une tension donnée isoler l'exponentielle puis passer au logarithme népérien

    Exemple : en décharge, t=τln ⁣(U0u)t=\tau\,\ln\!\left(\dfrac{U_{0}}{u}\right)

  • Si on cherche l'ÉNERGIE stockée à un instant Ee=12Cu(t)2E_{e}=\dfrac{1}{2}\,C\,u(t)^{2}, en utilisant la tension à cet instant et non EE

  • Si on demande le régime PERMANENT poser dudt=0\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}=0 : il vient u=Eu=E et i=0i=0

    C'est le raccourci qui évite de résoudre l'équation quand seule la valeur finale est demandée.

Si l'énoncé donne un condensateur déjà partiellement chargé, la solution générale s'écrit u(t)=u+(u0u)et/τu(t)=u_{\infty}+\left(u_{0}-u_{\infty}\right)e^{-t/\tau}, qui redonne les deux cas particuliers ci-dessus.

Comment lire tau sur une courbe expérimentale

On regarde ce que la courbe fournit de plus lisible : un point remarquable, une tangente, ou une fin de régime.

  • Si la courbe est bien graduée en ordonnée repérer 0,63E0{,}63\,E en charge ou 0,37U00{,}37\,U_{0} en décharge, et lire l'abscisse correspondante

    Exemple : pour E=5,0 VE=5{,}0\ \mathrm{V}, chercher l'abscisse du point à 3,2 V3{,}2\ \mathrm{V}

  • Si la courbe part d'une portion bien rectiligne tracer la TANGENTE à l'origine : elle coupe l'asymptote horizontale à l'abscisse τ\tau

    C'est la méthode la plus précise, et celle que les sujets demandent explicitement de tracer.

  • Si on ne dispose que de la fin du régime transitoire repérer l'instant où la courbe rejoint visiblement son asymptote et diviser par 55

    Exemple : un régime terminé vers 110 ms110\ \mathrm{ms} donne τ22 ms\tau\approx 22\ \mathrm{ms}

  • Si l'énoncé donne RR et CC τ=RC\tau=RC directement, après conversion en ohms et en farads

  • Si on veut vérifier une valeur lue confronter deux méthodes différentes : elles doivent concorder à quelques pour cent

Attention à l'échelle des abscisses : les oscillogrammes sont gradués en millisecondes ou en microsecondes, et le préfixe se lit sur l'axe, pas sur les nombres. C'est la première cause d'erreur d'un facteur mille.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Établir l'équation différentielle de la charge

Quand l'utiliser : La première question de tout exercice sur le dipôle RC, et celle qui porte le plus de points.

  1. 1 Orienter le circuit et préciser la convention : « on oriente le circuit dans le sens du courant de charge et on utilise la convention récepteur pour RR et pour CC ».
  2. 2 Écrire la loi des mailles complète : « E=uR+uCE=u_{R}+u_{C} ».
  3. 3 Remplacer uRu_{R} par la loi d'Ohm : « uR=Riu_{R}=R\,i ».
  4. 4 Remplacer ii par la relation du condensateur : « i=CduCdti=C\,\dfrac{\mathrm{d}u_{C}}{\mathrm{d}t} », en citant la convention qui justifie l'absence de signe moins.
  5. 5 Mettre sous forme CANONIQUE, avec un coefficient 11 devant uCu_{C}, puis identifier τ\tau.

Phrase de conclusion

La loi des mailles donne E=Ri+uCE=R\,i+u_{C}; avec i=CduCdti=C\,\dfrac{\mathrm{d}u_{C}}{\mathrm{d}t}, il vient RCduCdt+uC=ERC\,\dfrac{\mathrm{d}u_{C}}{\mathrm{d}t}+u_{C}=E, soit sous forme canonique τduCdt+uC=E\tau\,\dfrac{\mathrm{d}u_{C}}{\mathrm{d}t}+u_{C}=E avec τ=RC\tau=RC.

Le piège : Oublier de préciser la convention avant d'écrire i=Cdudti=C\,\frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}. En convention générateur, un signe moins apparaît, et le correcteur vérifie que le choix a été annoncé plutôt que deviné.

Barème : 0,5 point pour l'orientation et la convention, 1 point pour la loi des mailles, 1 point pour les deux substitutions, 1 point pour la forme canonique et l'identification de tau.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Mesurer une capacité inconnue

On charge un condensateur de capacité CC inconnue, initialement déchargé, à travers une résistance R=10 kΩR=10\ \mathrm{k\Omega}, sous une tension constante E=5,0 VE=5{,}0\ \mathrm{V}. On enregistre uC(t)u_{C}(t) et l'on trace la tangente à l'origine : elle coupe l'asymptote horizontale à l'instant t=22 mst=22\ \mathrm{ms}.

1. Que représente cet instant ? 2. En déduire la capacité CC. 3. Quelle tension le condensateur atteint-il à t=22 mst=22\ \mathrm{ms} ? 4. Au bout de combien de temps la charge est-elle terminée en pratique ? 5. Quelle est l'intensité à l'instant initial ? 6. Quelle énergie le condensateur stocke-t-il en fin de charge ?

R = 10 kohmsC = ?E = 5,0 Vinterrupteur
Le montage de l'énoncé : générateur, interrupteur, résistance connue et condensateur inconnu en série. La tension mesurée est celle aux bornes du condensateur, jamais celle de la résistance.

Étape 1

L'intersection de la tangente à l'origine avec l'asymptote horizontale se produit à t=τt=\tau : donc τ=22 ms=2,2×102 s\tau=22\ \mathrm{ms}=2{,}2\times 10^{-2}\ \mathrm{s}.

Pourquoi

La question ne demande pas un calcul mais l'identification d'une propriété du cours. La nommer explicitement rapporte le point, alors qu'écrire directement 22 ms22\ \mathrm{ms} sans justification ne vaut rien.

Étape 2

τ=RC\tau=RC donne C=τR=2,2×10210×103=2,2×106 F=2,2 μFC=\dfrac{\tau}{R}=\dfrac{2{,}2\times 10^{-2}}{10\times 10^{3}}=2{,}2\times 10^{-6}\ \mathrm{F}=2{,}2\ \mathrm{\mu F}.

Pourquoi

Les deux conversions, millisecondes en secondes et kilohms en ohms, s'écrivent avant la division. C'est là que la copie se joue : le résultat en microfarads est l'ordre de grandeur normal d'un condensateur de laboratoire.

Étape 3

u(τ)=E(1e1)=5,0×0,632=3,2 Vu(\tau)=E\left(1-e^{-1}\right)=5{,}0\times 0{,}632=3{,}2\ \mathrm{V}.

Pourquoi

On applique la valeur remarquable plutôt que de recalculer l'exponentielle. Ce nombre sert aussi de contrôle : il doit être compris entre la moitié et les deux tiers de EE.

Étape 4

Le régime transitoire est terminé en pratique au bout de 5τ=5×22=110 ms5\tau=5\times 22=110\ \mathrm{ms}, où il reste moins de 1 %1\ \% d'écart à EE.

Pourquoi

La convention des 5τ5\tau doit être CITÉE, sinon la réponse n'a pas de critère. Ajouter le pourcentage restant montre qu'on sait pourquoi cinq et pas trois.

Étape 5

À t=0t=0, le condensateur déchargé impose uC=0u_{C}=0, donc toute la tension est aux bornes de RR : i(0)=ER=5,010×103=5,0×104 A=0,50 mAi(0)=\dfrac{E}{R}=\dfrac{5{,}0}{10\times 10^{3}}=5{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{A}=0{,}50\ \mathrm{mA}.

Pourquoi

Le raisonnement passe par la CONTINUITÉ de uCu_{C}, qu'il faut écrire. Donner directement ER\frac{E}{R} sans dire pourquoi la tension du condensateur est nulle perd le point de justification.

Étape 6

En fin de charge, uC=Eu_{C}=E, donc Ee=12CE2=12×2,2×106×25=2,75×105 JE_{e}=\dfrac{1}{2}\,C\,E^{2}=\dfrac{1}{2}\times 2{,}2\times 10^{-6}\times 25=2{,}75\times 10^{-5}\ \mathrm{J}. Le générateur en a fourni le double, 5,5×105 J5{,}5\times 10^{-5}\ \mathrm{J}, l'autre moitié ayant été dissipée dans RR.

Pourquoi

Ajouter le bilan complet, et pas seulement l'énergie stockée, anticipe la question suivante et vaut souvent un demi-point de plus. Le rendement de 50 %50\ \% est exact et indépendant de RR.

Conclusion rédigée

L'intersection de la tangente à l'origine avec l'asymptote donne τ=22 ms\tau=22\ \mathrm{ms}, d'où C=τR=2,2 μFC=\dfrac{\tau}{R}=2{,}2\ \mathrm{\mu F}; le condensateur atteint 3,2 V3{,}2\ \mathrm{V} à t=τt=\tau, sa charge est pratiquement terminée à 110 ms110\ \mathrm{ms}, l'intensité initiale vaut 0,50 mA0{,}50\ \mathrm{mA} et l'énergie finalement stockée 2,75×105 J2{,}75\times 10^{-5}\ \mathrm{J}.

L'erreur classique sur cet exercice : Calculer C=τ×R=22×103×104=220 FC=\tau\times R=22\times 10^{-3}\times 10^{4}=220\ \mathrm{F}. Une capacité de 220 F220\ \mathrm{F} n'existe pas en travaux pratiques : l'ordre de grandeur suffit à rejeter le produit et à revenir au quotient.

À savoir par cœur

  • q=Cuq=C\,u et, en convention récepteur, i=Cdudti=C\,\dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t}.
  • La TENSION du condensateur est continue, elle ne saute jamais. L'INTENSITÉ, elle, saute.
  • Charge : u(t)=E(1et/τ)u(t)=E\left(1-e^{-t/\tau}\right). Décharge : u(t)=U0et/τu(t)=U_{0}\,e^{-t/\tau}. Dans les deux cas τ=RC\tau=RC.
  • À t=τt=\tau : 63 %63\ \% en charge, 37 %37\ \% en décharge. Fin pratique du transitoire à 5τ5\tau.
  • La tangente à l'origine coupe l'asymptote à t=τt=\tau : c'est la lecture la plus précise.
  • i(0)=ERi(0)=\dfrac{E}{R}, valeur maximale. En régime permanent, i=0i=0 et le condensateur est un interrupteur ouvert.
  • Ee=12Cu2E_{e}=\dfrac{1}{2}\,C\,u^{2}, et le rendement d'une charge à travers une résistance vaut toujours 50 %50\ \%.

Questions fréquentes

Pourquoi la tension d'un condensateur ne peut-elle pas sauter ?

Parce que l'intensité est proportionnelle à la dérivée de cette tension. Un saut correspondrait à une dérivée infinie, donc à une intensité infinie, ce qu'aucun circuit réel ne peut fournir. C'est cette continuité qui donne la condition initiale de toute équation différentielle du chapitre.

Comment mesurer la constante de temps sur un graphique ?

Trois méthodes donnent le même résultat. On lit l'abscisse du point où la charge atteint soixante-trois pour cent de sa valeur finale. On trace la tangente à l'origine et on repère où elle coupe l'asymptote horizontale. Ou on repère la fin visible du régime transitoire et on divise par cinq.

Que valent les 63 pour cent et les 37 pour cent ?

Ce sont les valeurs de un moins l'inverse du nombre e, et de l'inverse du nombre e. À une constante de temps, une charge a atteint soixante-trois pour cent de sa valeur finale, et une décharge n'en conserve que trente-sept pour cent. Les deux nombres se complètent à cent, ce qui évite de les confondre.

Quelle est l'intensité juste après la fermeture de l'interrupteur ?

Elle vaut la tension du générateur divisée par la résistance, et c'est sa valeur maximale. Le condensateur déchargé impose une tension nulle à ses bornes, donc toute la tension se retrouve aux bornes de la résistance. L'intensité décroît ensuite exponentiellement jusqu'à s'annuler.

Pourquoi le rendement de la charge vaut-il toujours cinquante pour cent ?

Parce que le générateur fournit une énergie égale à la capacité multipliée par le carré de la tension, alors que le condensateur n'en stocke que la moitié. L'autre moitié est dissipée par effet Joule dans la résistance. Ce résultat ne dépend pas de la valeur de la résistance, seulement de la capacité et de la tension.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Le dipôle RC : charge, décharge et constante de temps

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 15 exercices corrigés
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  • 225 minutes
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Voir aussi

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