Exercice 1 : Électronégativité et polarisation des liaisons
L'électronégativité mesure la tendance d'un atome à attirer vers lui le doublet d'une liaison covalente. Sur l'échelle de Pauling : , , , et .
- a) Calculez la différence d'électronégativité pour les liaisons , , , et .
- b) Classez ces liaisons de la moins polarisée à la plus polarisée.
- c) Pour la liaison , indiquez les charges partielles portées par chaque atome et justifiez.
- d) Dans un groupe carbonyle , quel atome est appauvri en électrons ? Quelle conséquence pour la réactivité ?
- e) Pourquoi la liaison est-elle considérée comme pratiquement apolaire, et qu'est-ce que cela implique pour un alcane ?
Voir la correction
a) : . : . : . : . : .
b) De la moins à la plus polarisée : . La liaison est de loin la plus polarisée, ce qui explique à la fois l'acidité des alcools et des acides carboxyliques et la formation de liaisons hydrogène.
c) L'oxygène, plus électronégatif, attire le doublet vers lui : il porte donc une charge partielle NÉGATIVE notée , et le carbone une charge partielle POSITIVE notée . La liaison possède ainsi un moment dipolaire dirigé du carbone vers l'oxygène.
d) C'est le CARBONE qui est appauvri, portant . Ce carbone constitue donc un site ACCEPTEUR de doublet d'électrons, c'est-à-dire une cible pour toute espèce riche en électrons. C'est la raison pour laquelle les aldéhydes et les cétones subissent des additions nucléophiles sur leur carbone, et c'est l'un des motifs les plus réactifs de toute la chimie organique.
e) Parce que l'écart d'électronégativité, , est très faible : le doublet est presque également partagé et les charges partielles sont négligeables. Un alcane, qui ne contient que des liaisons et , ne présente donc ni site donneur ni site accepteur marqué. C'est exactement ce qui explique son inertie chimique remarquable, et pourquoi il faut des conditions violentes, combustion ou radicaux, pour le faire réagir.