Spécialité physique-chimie, Première • Exercices corrigés à Montréal

Fiche de révision : chimie organique et synthèse (Première spécialité)

Cette fiche ne reprend pas le cours de chimie organique : vous l'avez déjà dans vos notes. Elle traite ce que le cours ne dit jamais et qui décide pourtant de la note, à savoir l'erreur exacte qui coûte deux points sur une copie, la famille à reconnaître d'après la FORME du groupe, et la rédaction attendue pour nommer une molécule ou calculer un rendement.

Elle est écrite pour les élèves de Première qui suivent la spécialité physique-chimie du programme français, au lycée en France comme dans le réseau AEFE. Une fois la fiche lue, la série d'exercices corrigés du même chapitre met chaque réflexe à l'épreuve, de la lecture d'une topologique jusqu'à l'identification d'un produit inconnu.

Le fil du chapitre

En représentation topologique, ce qui n'est pas écrit est justement ce qui compte : chaque sommet et chaque extrémité est un carbone, et chaque carbone complète ses QUATRE liaisons avec des hydrogènes invisibles. Le reste du chapitre découle de cette lecture.

Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Première

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (7 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Constitution de la matièreSeconde
  2. 2L'atome et la classification périodiqueSeconde
  3. 3Molécules, mole et quantité de matièreSeconde
  4. 4Entités chimiques et transformationsSeconde
  5. 5Cohésion, polarité, dissolution et extraction
  6. 6Atomes, molécules et transformations chimiquesQuatrième
  7. 7Ions, pH, acides et basesTroisième

L'essentiel

Lire une formule topologique, et voir ce qui n'est pas écrit

  • Chaque sommet et chaque extrémité de la ligne brisée est un atome de CARBONE. On ne les écrit pas, on les compte.
  • Les hydrogènes portés par les carbones ne sont pas écrits non plus : chaque carbone complète ses quatre liaisons avec autant d'hydrogènes qu'il lui en manque.
  • Tous les autres atomes, eux, sont écrits : O\mathrm{O}, N\mathrm{N}, Cl\mathrm{Cl}, ainsi que les hydrogènes qu'ils portent, comme dans OH\mathrm{-OH} ou COOH\mathrm{-COOH}.
  • La position du groupe carbonyle C=O\mathrm{C=O} décide de la famille : en bout de chaîne c'est un ALDÉHYDE, à l'intérieur c'est une CÉTONE.
OHOpropanal (-al)propanone (-one)aldehyde : en boutcetone : a l'interieur
Le même squelette à trois carbones et le même C=O\mathrm{C=O}. À gauche il est porté par un carbone terminal, qui garde un H\mathrm{H} : c'est un aldéhyde. À droite il est encadré par deux carbones : c'est une cétone.

Compter les carbones à voix basse en pointant chaque sommet, extrémités comprises, est la seule méthode fiable : l'oeil oublie systématiquement les deux bouts.

Les cinq familles, leur groupe et leur suffixe

  • Alcool : groupe OH\mathrm{-OH} sur un carbone saturé, suffixe en -ol. Exemple : le butan-2-ol.
  • Aldéhyde : groupe CHO\mathrm{-CHO} en BOUT de chaîne, suffixe en -al. Cétone : groupe CO\mathrm{-CO-} à l'INTÉRIEUR, suffixe en -one.
  • Acide carboxylique : groupe COOH\mathrm{-COOH}, forcément en bout de chaîne, suffixe en -oïque, précédé du mot « acide ».
  • Ester : groupe COO\mathrm{-COO-} entre deux chaînes carbonées, nommé en -oate de -yle. C'est le seul nom du programme en deux morceaux.

Le suffixe ne s'invente pas : il vient du groupe, et le groupe se lit sur le dessin. Un nom en -one sur un carbone terminal est une contradiction que le correcteur repère aussitôt.

La synthèse : chauffer, séparer, identifier, et ce que chaque étape change

  • Chauffage à reflux : le réfrigérant condense les vapeurs et les renvoie au ballon. On chauffe donc SANS perdre de matière, ce qui accélère la réaction sans en changer l'état final.
  • La pierre ponce s'ajoute toujours À FROID, avant de chauffer : jetée dans un liquide déjà chaud, elle provoque une ébullition brutale et dangereuse.
  • Chromatographie : Rf=hHR_{f}=\dfrac{h}{H}, entre 00 et 11. La HAUTEUR identifie l'espèce, la TAILLE de la tache renseigne sur la quantité.
  • Rendement : η=mobtenuemtheˊorique\eta=\dfrac{m_{\text{obtenue}}}{m_{\text{théorique}}}, où la masse théorique se calcule à partir du réactif LIMITANT.

Chauffer et catalyser changent la DURÉE, jamais l'état final. Seuls l'excès d'un réactif et l'élimination continue d'un produit déplacent réellement l'équilibre.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Croire que deux isomères ont les mêmes propriétés

2 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Deux isomères ont la même formule brute, donc la même masse molaire, donc les mêmes propriétés physiques. »

Ce qu'il faut écrire

« Même formule brute et même masse molaire, mais des squelettes différents, donc des propriétés différentes : le butane bout à 0 C0\ ^{\circ}\mathrm{C}, le méthylpropane à 12 C-12\ ^{\circ}\mathrm{C}. »

butanemethylpropanememe formule bruteC4H10 - Teb = 0 CC4H10 - Teb = -12 C
Les deux squelettes portent exactement quatre carbones et dix hydrogènes. Le ramifié, plus compact, offre moins de contact entre molécules : il bout douze degrés plus bas.

Pourquoi : Les propriétés physiques dépendent de la FORME de la molécule et des interactions entre molécules, pas seulement du nombre d'atomes. C'est précisément l'intérêt de l'isomérie.

2. Faire monter le rendement en chauffant à reflux

1,5 point, systématiquement posé en question de cours

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Chauffer à reflux augmente le rendement de la synthèse. »

Ce qu'il faut écrire

« Le reflux permet de chauffer sans perdre de matière, donc d'atteindre l'état final plus VITE. Il ne modifie pas cet état final : le rendement d'une estérification limitée reste le même. »

Pourquoi : C'est la même distinction que totale contre rapide, vue au chapitre de l'avancement. La cinétique et l'état final sont deux questions indépendantes.

3. Faire déplacer l'équilibre par un catalyseur

1,5 point

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Un catalyseur déplace l'équilibre vers les produits, c'est pourquoi on en ajoute. »

Ce qu'il faut écrire

« Un catalyseur accélère la réaction dans les deux sens et n'apparaît pas dans le bilan : l'état final est atteint plus tôt, mais il est identique. Pour déplacer l'équilibre, il faut un excès de réactif ou l'élimination d'un produit. »

Pourquoi : Le catalyseur abaisse l'obstacle à franchir, il ne change pas le point d'arrivée. Il est régénéré à la fin, donc il ne consomme ni ne produit rien.

4. Lire une quantité dans la hauteur d'une tache de chromatographie

2 points, et l'identification du produit inconnu avec

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Sur la chromatographie, l'espèce qui migre le plus haut est celle qui est présente en plus grande quantité. »

Ce qu'il faut écrire

« La HAUTEUR, donc le RfR_{f}, identifie l'espèce en la comparant aux références. C'est la TAILLE et l'intensité de la tache qui renseignent sur la quantité, et seulement de façon qualitative. »

front du solvanttaille = quantitememe hauteur= meme especeligne de depotAmelangeB
La tache du mélange est à la même hauteur que celle de la référence A\mathrm{A} : c'est la même espèce, en plus grande quantité. La référence B\mathrm{B}, plus haute, est une espèce différente.

Pourquoi : La hauteur dépend de l'affinité de l'espèce pour l'éluant et pour la plaque, jamais de sa concentration. Deux dépôts d'une même espèce montent exactement à la même hauteur.

5. Oublier les hydrogènes en écrivant une formule brute

2 points, et toute question de masse molaire ensuite

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le squelette a six sommets, donc la formule brute est C6\mathrm{C_{6}}. »

Ce qu'il faut écrire

« Chaque carbone complète ses quatre liaisons avec des hydrogènes : un carbone terminal en porte 33, un carbone de chaîne 22, un carbone ramifié 11. Pour l'hexane, C6H14\mathrm{C_{6}H_{14}}. »

Pourquoi : Les hydrogènes ne sont pas absents, ils sont sous-entendus. Les oublier fausse la masse molaire, donc la quantité de matière, donc le rendement.

6. Numéroter la chaîne du mauvais côté

1 point, à chaque nom demandé

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Je numérote de gauche à droite : le groupe OH\mathrm{-OH} est sur le carbone 33, donc c'est le butan-3-ol. »

Ce qu'il faut écrire

« On numérote dans le sens qui donne au groupe caractéristique l'indice le plus PETIT : en partant de l'autre extrémité, le groupe est sur le carbone 22, donc c'est le butan-2-ol. »

Pourquoi : La règle de nomenclature ne laisse aucun choix : le sens de lecture n'est pas celui de l'écriture, il est imposé par l'indice minimal du groupe.

7. Nommer une cétone en -al, ou un aldéhyde en -one

1,5 point, et la famille annoncée est fausse

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le groupe C=O\mathrm{C=O} est présent, donc c'est la propanone. »

Ce qu'il faut écrire

« Je regarde OÙ se trouve le C=O\mathrm{C=O} : porté par un carbone terminal, donc portant encore un H\mathrm{H}, c'est un aldéhyde et cela se nomme propanal. »

Pourquoi : Les deux familles partagent le même groupe carbonyle et ne se distinguent que par sa POSITION. C'est le seul critère, et il se lit d'un coup d'oeil sur le squelette.

8. Calculer le rendement sur le réactif en excès

3 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« L'anhydride éthanoïque était en excès à 7,0 g7{,}0\ \mathrm{g}, donc je compare la masse obtenue à ce qu'il aurait pu donner. »

Ce qu'il faut écrire

« La masse théorique se calcule sur le réactif LIMITANT, ici l'acide salicylique : n=3,6×102 moln=3{,}6\times 10^{-2}\ \mathrm{mol} donnent au mieux 6,5 g6{,}5\ \mathrm{g} d'aspirine, d'où η=4,86,5=74 %\eta=\dfrac{4{,}8}{6{,}5}=74\ \%. »

Pourquoi : Le réactif en excès ne limite rien : il en restera. Seul le limitant fixe le maximum atteignable, exactement comme au chapitre de l'avancement.

Quelle méthode choisir

Quelle famille, d'après la forme du groupe caractéristique

On ne devine pas la famille d'après le nom donné dans l'énoncé : on la lit sur le dessin, en regardant quel groupe est présent et OÙ il se trouve.

  • Si un OH\mathrm{-OH} porté par un carbone qui ne porte aucune double liaison alcool, suffixe en -ol, indice du carbone porteur avant le suffixe

    Exemple : butan-2-ol

    Un OH\mathrm{-OH} sur un carbone déjà doublement lié à un oxygène, c'est un acide, pas un alcool.

  • Si un C=O\mathrm{C=O} porté par un carbone TERMINAL, qui garde donc un H\mathrm{H} aldéhyde, suffixe en -al, sans indice puisque la position est forcée

    Exemple : propanal

  • Si un C=O\mathrm{C=O} encadré par deux carbones cétone, suffixe en -one, avec l'indice du carbone porteur

    Exemple : butan-2-one

  • Si un COOH\mathrm{-COOH}, donc un C=O\mathrm{C=O} et un OH\mathrm{-OH} sur le même carbone terminal acide carboxylique, nom en acide ...oïque

    Exemple : acide éthanoïque

  • Si un COO\mathrm{-COO-} inséré entre deux chaînes carbonées ester, nommé en deux morceaux, ...oate de ...yle

    Exemple : éthanoate de 3-méthylbutyle, l'arôme de banane

    Le premier morceau vient de l'acide, le second de l'alcool dont l'ester est issu.

Si deux groupes coexistent, la chaîne principale est celle qui porte le groupe le plus prioritaire, dans l'ordre acide, ester, aldéhyde, cétone, alcool.

Deux molécules : isomères, identiques, ou sans rapport

Toujours commencer par écrire les deux formules BRUTES. Tout se décide ensuite, et jamais avant.

  • Si les formules brutes diffèrent ce ne sont ni des isomères ni la même molécule, la question est close

    Exemple : C4H10\mathrm{C_{4}H_{10}} et C4H8\mathrm{C_{4}H_{8}}

  • Si même formule brute et squelettes carbonés différents isomères de CHAÎNE

    Exemple : butane et méthylpropane, tous deux C4H10\mathrm{C_{4}H_{10}}

  • Si même formule brute, même squelette, groupe caractéristique déplacé isomères de POSITION

    Exemple : butan-1-ol et butan-2-ol

  • Si même formule brute et familles différentes isomères de FONCTION

    Exemple : propanal et propanone, tous deux C3H6O\mathrm{C_{3}H_{6}O}

  • Si même formule brute et même enchaînement d'atomes, dessin simplement retourné ce n'est pas un isomère : c'est la MÊME molécule

    Exemple : un squelette dessiné de droite à gauche

    C'est le piège classique des questions « combien d'isomères », où l'on compte deux fois la même.

Compter les isomères se fait par squelettes d'abord, puis par positions du groupe sur chaque squelette. Dans l'autre ordre, on en oublie toujours.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Nommer une molécule, en quatre étapes

Quand l'utiliser : Dès que l'énoncé fournit une formule topologique ou semi-développée et demande le nom, ou l'inverse.

  1. 1 Repérer le groupe caractéristique et en déduire la famille, donc le suffixe.
  2. 2 Identifier la chaîne principale : la plus longue chaîne carbonée qui PORTE ce groupe, ce qui n'est pas toujours la plus longue du dessin.
  3. 3 Numéroter cette chaîne dans le sens qui donne au groupe l'indice le plus PETIT.
  4. 4 Nommer les ramifications avec leur indice, par ordre alphabétique, puis assembler : ramifications, chaîne principale, indice, suffixe.

Phrase de conclusion

La chaîne principale compte quatre carbones et porte un groupe OH\mathrm{-OH}; numérotée depuis l'extrémité la plus proche, celui-ci est sur le carbone 22 : la molécule est le butan-2-ol.

Le piège : Prendre la chaîne la plus longue du dessin sans vérifier qu'elle porte bien le groupe caractéristique. La chaîne principale est définie par le groupe, pas par sa longueur seule.

Barème : En général 0,50{,}5 point pour la famille, 0,50{,}5 pour la chaîne principale, 0,50{,}5 pour la numérotation, 0,50{,}5 pour le nom complet.

Calculer le rendement d'une synthèse

Quand l'utiliser : Dès qu'une masse de produit obtenue est donnée à la fin d'un protocole.

  1. 1 Identifier le réactif LIMITANT, souvent désigné par l'énoncé qui précise que l'autre est en excès.
  2. 2 Calculer sa quantité de matière n=mMn=\dfrac{m}{M}, en vérifiant la masse molaire sur la formule.
  3. 3 Utiliser les coefficients de l'équation pour en déduire la quantité MAXIMALE de produit, puis la masse théorique mth=nmaxMproduitm_{\text{th}}=n_{\max}M_{\text{produit}}.
  4. 4 Calculer η=mobtenuemtheˊorique\eta=\dfrac{m_{\text{obtenue}}}{m_{\text{théorique}}}, donner le pourcentage, et NOMMER les causes de la perte.

Phrase de conclusion

L'acide salicylique étant limitant, n=5,0138=3,6×102 moln=\dfrac{5{,}0}{138}=3{,}6\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}, soit une masse théorique d'aspirine mth=3,6×102×180=6,5 gm_{\text{th}}=3{,}6\times 10^{-2}\times 180=6{,}5\ \mathrm{g} : le rendement vaut η=4,86,5=74 %\eta=\dfrac{4{,}8}{6{,}5}=74\ \%.

Le piège : S'arrêter au pourcentage. La phrase qui cite les causes de perte, réaction limitée, produit resté en solution, pertes à la filtration et à la recristallisation, rapporte le point de raisonnement.

Barème : 11 point pour le limitant, 11 point pour la masse théorique, 11 point pour le rendement et ses causes de perte.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

La synthèse de l'aspirine, du limitant au rendement

On fait réagir m=5,0 gm=5{,}0\ \mathrm{g} d'acide salicylique avec un excès d'anhydride éthanoïque, selon une réaction de proportions 1:11:1 qui produit l'aspirine. Après filtration et séchage, on recueille 4,8 g4{,}8\ \mathrm{g} de cristaux blancs.

Données : M(acide salicylique)=138 g/molM(\text{acide salicylique})=138\ \mathrm{g/mol} et M(aspirine)=180 g/molM(\text{aspirine})=180\ \mathrm{g/mol}. Calculer le rendement de la synthèse et commenter.

Étape 1

Réactif limitant : l'énoncé dit que l'anhydride est en EXCÈS, donc le limitant est l'acide salicylique. Aucun calcul de rapport n'est nécessaire ici.

Pourquoi

Le mot « excès » est la donnée la plus importante de l'énoncé, et c'est la moins lue. Il désigne le limitant sans passer par la comparaison des rapports.

Étape 2

Quantité de matière du limitant : n=mM=5,0138=3,6×102 moln=\dfrac{m}{M}=\dfrac{5{,}0}{138}=3{,}6\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}.

Pourquoi

Deux chiffres significatifs suffisent, puisque la masse pesée n'en donne que deux. En annoncer quatre ferait perdre le point de chiffres significatifs.

Étape 3

Les proportions étant 1:11:1, la quantité maximale d'aspirine vaut aussi nmax=3,6×102 moln_{\max}=3{,}6\times 10^{-2}\ \mathrm{mol}.

Pourquoi

C'est l'étape où l'on utilise les coefficients de l'équation. Dans une synthèse de proportions différentes, c'est ici que le facteur apparaîtrait.

Étape 4

Masse théorique : mth=nmax×M(aspirine)=3,6×102×180=6,5 gm_{\text{th}}=n_{\max}\times M(\text{aspirine})=3{,}6\times 10^{-2}\times 180=6{,}5\ \mathrm{g}.

Pourquoi

Bien multiplier par la masse molaire du PRODUIT, pas par celle du réactif. C'est l'inattention la plus fréquente sur cette question, et elle donne 5,0 g5{,}0\ \mathrm{g}, une valeur trompeusement plausible.

Étape 5

Rendement : η=mobtenuemtheˊorique=4,86,5=0,74\eta=\dfrac{m_{\text{obtenue}}}{m_{\text{théorique}}}=\dfrac{4{,}8}{6{,}5}=0{,}74, soit 74 %74\ \%.

Pourquoi

Le rapport est sans unité, donc les deux masses doivent être dans la même unité. Un mélange grammes et milligrammes donne un rendement absurde d'un facteur mille.

Étape 6

Vérification et commentaire : η<1\eta<1, ce qui est cohérent. Les 26 %26\ \% manquants s'expliquent par une réaction non totale, par le produit resté dissous dans le filtrat, et par les pertes lors de la recristallisation.

Pourquoi

C'est la phrase qui rapporte le point de raisonnement. Un rendement sans explication de la perte est une réponse incomplète, quelle que soit la justesse du calcul.

Conclusion rédigée

L'acide salicylique étant le réactif limitant, la masse théorique d'aspirine vaut 6,5 g6{,}5\ \mathrm{g} et le rendement de la synthèse s'établit à 74 %74\ \%. Les pertes viennent d'une réaction non totale, du produit resté en solution dans le filtrat et de la recristallisation.

L'erreur classique sur cet exercice : Calculer la masse théorique avec la masse molaire de l'acide salicylique au lieu de celle de l'aspirine. On retrouve alors 5,0 g5{,}0\ \mathrm{g}, donc un rendement de 96 %96\ \% qui paraît excellent et qui est faux.

À savoir par cœur

  • Chaque sommet ET chaque extrémité d'une topologique est un carbone; les hydrogènes portés par les carbones ne sont pas écrits.
  • Un carbone a toujours QUATRE liaisons : une double liaison en compte deux.
  • C=O\mathrm{C=O} en bout de chaîne : aldéhyde, en -al. C=O\mathrm{C=O} à l'intérieur : cétone, en -one.
  • On numérote la chaîne principale dans le sens qui donne au groupe caractéristique l'indice le plus PETIT.
  • Le reflux et le catalyseur changent la durée, jamais l'état final ni le rendement.
  • Rf=hHR_{f}=\dfrac{h}{H} entre 00 et 11 : la hauteur identifie l'espèce, la taille de la tache renseigne sur la quantité.
  • η=mobtenuemtheˊorique\eta=\dfrac{m_{\text{obtenue}}}{m_{\text{théorique}}}, calculée sur le réactif LIMITANT, et toujours inférieure à 11.

Questions fréquentes

Comment compter les hydrogènes sur une formule topologique ?

Chaque sommet et chaque extrémité est un carbone, et chaque carbone doit avoir quatre liaisons en tout. On compte les traits qui partent de ce carbone, en comptant une double liaison pour deux, et on complète jusqu'à quatre avec des hydrogènes. Un carbone terminal en porte trois, un carbone de chaîne deux.

Quelle différence entre un aldéhyde et une cétone ?

Les deux portent le même groupe carbonyle, un carbone doublement lié à un oxygène. La seule différence est sa position : en bout de chaîne, le carbone garde un hydrogène et c'est un aldéhyde, nommé en -al. Encadré par deux carbones, c'est une cétone, nommée en -one.

Le chauffage à reflux augmente-t-il le rendement d'une synthèse ?

Non. Le reflux sert à chauffer sans perdre de matière, parce que le réfrigérant condense les vapeurs et les renvoie dans le ballon. Il fait donc atteindre l'état final plus vite, mais cet état final est le même. Pour augmenter le rendement il faut un excès de réactif ou éliminer un produit.

Que signifie le rapport frontal sur une chromatographie ?

C'est la hauteur parcourue par la tache divisée par celle du front du solvant, mesurées toutes deux depuis la ligne de dépôt. Il vaut entre zéro et un et caractérise l'espèce dans des conditions données. Il permet d'identifier une espèce, jamais de mesurer sa quantité.

Comment savoir si deux molécules sont des isomères ?

On écrit d'abord les deux formules brutes. Si elles diffèrent, ce ne sont pas des isomères. Si elles sont identiques mais que l'enchaînement des atomes diffère, ce sont des isomères de constitution : de chaîne, de position ou de fonction. Si l'enchaînement est le même, c'est la même molécule dessinée autrement.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Chimie organique et synthèse

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 15 exercices corrigés
  • 150 points
  • 225 minutes
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Ce chapitre resservira dans

Les chapitres qui le réclament en amont, plus tard dans l'année ou dans les années suivantes.

Voir aussi

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