Maths expertes, Terminale • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : les nombres complexes (maths expertes)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématiques expertes sur les nombres complexes, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
L'option maths expertes est un choix qui pèse dans un dossier Parcoursup comme dans une admission en génie au Québec. Cette série la traite au niveau réellement attendu, avec la partie B calibrée sur les exercices d'épreuve.
Rappel de cours
•Forme algébrique : z=a+ib avec a la partie réelle et b la partie imaginaire. Conjugué : z=a−ib.
•Module : ∣z∣=a2+b2, et surtout zz=∣z∣2. C'est ce produit, et non z2, qui donne le carré du module.
•Pour diviser, on multiplie numérateur et dénominateur par le conjugué du dénominateur.
•Forme exponentielle : z=reiθ avec r=∣z∣ et θ un argument de z.
•Produit et quotient : ∣zz′∣=∣z∣∣z′∣ et arg(zz′)=argz+argz′ modulo 2π.
•Formule de Moivre : (reiθ)n=rneinθ.
•Équation az2+bz+c=0 à coefficients réels avec Δ<0 : deux solutions conjuguées 2a−b±i−Δ.
•Distance entre les points d'affixes zA et zB : AB=∣zB−zA∣.
•L'ensemble C n'est pas ordonné : écrire z<z′ n'a aucun sens.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Calculs sous forme algébrique
On pose z1=3+2i et z2=1−i.
a) Calculez z1+z2 et z1−z2.
b) Calculez z1z2 sous forme algébrique.
c) Calculez z2z1 sous forme algébrique.
d) Calculez z1z1 et vérifiez que le résultat vaut ∣z1∣2.
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a) z1+z2=(3+1)+(2−1)i=4+i et z1−z2=2+3i.
b) z1z2=(3+2i)(1−i)=3−3i+2i−2i2=3−i+2=5−i.
c) On multiplie par le conjugué du dénominateur : 1−i3+2i=(1−i)(1+i)(3+2i)(1+i)=23+3i+2i−2=21+5i=21+25i.
d) z1z1=(3+2i)(3−2i)=9−4i2=9+4=13. Par ailleurs ∣z1∣=9+4=13, donc ∣z1∣2=13. Les deux coïncident, comme le prévoit le cours.
Exercice 2 : Module et argument
Déterminez le module et un argument de chacun des nombres complexes suivants, en valeur exacte.
a) z=1+i3
b) z′=−1+i
c) z′′=−2i
d) z′′′=5
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a) ∣z∣=1+3=2. On écrit z=2(21+i23), et on reconnaît cos3π et sin3π. Donc arg(z)=3π.
b) ∣z′∣=1+1=2. On écrit z′=2(−22+i22), ce qui correspond à cos43π et sin43π. Donc arg(z′)=43π.
c) ∣z′′∣=2 et z′′ est un imaginaire pur de partie imaginaire négative : arg(z′′)=−2π.
d) ∣z′′′∣=5 et z′′′ est un réel strictement positif : arg(z′′′)=0.
Exercice 3 : Forme exponentielle
On rappelle que reiθ=r(cosθ+isinθ).
a) Écrivez 2ei3π sous forme algébrique.
b) Écrivez z=−1+i sous forme exponentielle.
c) Calculez 2ei3π×3ei6π et donnez le résultat sous forme algébrique.
d) Calculez 4ei6π2ei3π sous forme exponentielle.
Voir la correction
a) 2ei3π=2(cos3π+isin3π)=2(21+i23)=1+i3.
b) D'après l'exercice 2, ∣z∣=2 et arg(z)=43π, donc z=2ei43π.
c) Les modules se multiplient et les arguments s'ajoutent : 2×3=6 et 3π+6π=2π. Le produit vaut 6ei2π=6i.
d) Les modules se divisent et les arguments se soustraient : 42=21 et 3π−6π=6π. Le quotient vaut 21ei6π.
Exercice 4 : Équations du second degré dans C
Résolvez dans C les équations suivantes, à coefficients réels.
a) z2−2z+5=0
b) z2+z+1=0
c) z2+9=0
d) Que remarque-t-on sur les couples de solutions obtenus ? Pourquoi était-ce prévisible ?
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a) Δ=4−20=−16<0. Les solutions sont z=22±i16=22±4i=1±2i. Vérification pour 1+2i : (1+2i)2=1+4i−4=−3+4i, puis −3+4i−2−4i+5=0.
b) Δ=1−4=−3<0. Les solutions sont z=2−1±i3. Ce sont les nombres notés j et j, de module 1.
c) z2=−9, donc z=3i ou z=−3i.
d) Dans chaque cas les deux solutions sont conjuguées l'une de l'autre. C'était prévisible : lorsque les coefficients sont réels, si z est racine alors z l'est aussi, car conjuguer l'égalité az2+bz+c=0 donne az2+bz+c=0.
Exercice 5 : Affixes et géométrie
Le plan complexe est rapporté à un repère orthonormé. On note A, B et C les points d'affixes respectives zA=1+2i, zB=4−2i et zC=−2+i.
a) Calculez l'affixe du vecteur AB, puis la distance AB.
b) Calculez l'affixe du milieu I de [AB].
c) Calculez AC et BC.
d) Le triangle ABC est-il isocèle ? Rectangle ?
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a) L'affixe de AB est zB−zA=3−4i, donc AB=∣3−4i∣=9+16=5.
b) L'affixe de I est 2zA+zB=25+0i=25. Le point I a donc pour coordonnées (25,0).
c) zC−zA=−3−i, donc AC=9+1=10. zC−zB=−6+3i, donc BC=36+9=45=35.
d) Les trois longueurs valent 5, 10 et 35 : elles sont deux à deux différentes, le triangle n'est pas isocèle. Pour le test de Pythagore, le plus grand côté est BC avec BC2=45, tandis que AB2+AC2=25+10=35=45. Le triangle n'est donc pas rectangle non plus.
Partie B : Niveau baccalauréat (/50)
Exercice 6 : Formule de Moivre
On pose z=1+i.
a) Déterminez le module et un argument de z, puis sa forme exponentielle.
b) Calculez z4 à l'aide de la formule de Moivre.
c) Calculez z8.
d) Retrouvez z4 par le calcul direct, en passant par z2.
e) Déterminez le plus petit entier n≥1 tel que zn soit un réel strictement positif.
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a) ∣z∣=1+1=2, et z=2(22+i22), donc arg(z)=4π et z=2ei4π.
b) z4=(2)4ei×4×4π=4eiπ=−4.
c) z8=(2)8ei×8×4π=16e2iπ=16.
d) z2=(1+i)2=1+2i−1=2i, puis z4=(2i)2=4i2=−4. Les deux méthodes concordent.
e) zn=(2)nei4nπ. Le module est toujours strictement positif, donc il suffit que l'argument soit un multiple de 2π : 4nπ=2kπ donne n=8k. Le plus petit entier convenant est n=8, ce qui redonne z8=16.
Exercice 7 : Racines n-ièmes de l'unité
On cherche les solutions dans C de l'équation z3=1, puis de z4=16.
a) En écrivant z=reiθ, montrez que r=1 et déterminez les valeurs possibles de θ.
b) Donnez les trois solutions de z3=1 sous forme exponentielle puis algébrique.
c) Calculez la somme des trois solutions, puis leur produit.
d) Résolvez de même z4=16.
e) Où se placent les solutions dans le plan complexe ?
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a) z3=r3e3iθ doit valoir 1=1×ei×0. En identifiant les modules : r3=1 donc r=1, puisque r est un réel positif. En identifiant les arguments modulo 2π : 3θ=2kπ, donc θ=32kπ pour k entier.
b) Trois valeurs distinctes suffisent, pour k=0, 1 et 2 : z0=e0=1, z1=ei32π=−21+i23 et z2=ei34π=−21−i23.
c) La somme vaut 1−21−21+i(23−23)=0. Le produit vaut 1×ei32π×ei34π=e2iπ=1.
d) r4=16 donne r=2, et 4θ=2kπ donne θ=2kπ. Les quatre solutions sont 2, 2i, −2 et −2i.
e) Dans les deux cas les solutions se répartissent régulièrement sur un cercle centré à l'origine : rayon 1 et trois points formant un triangle équilatéral pour la première équation, rayon 2 et quatre points formant un carré pour la seconde.
Exercice 8 : Ensembles de points
Le plan complexe est rapporté à un repère orthonormé. Dans chaque cas, déterminez et caractérisez l'ensemble des points M d'affixe z vérifiant la condition donnée.
a) ∣z−2∣=3
b) ∣z∣=∣z−2∣
c) ∣z−i∣=∣z+1∣
d) Vérifiez votre réponse à la question c) en testant les points d'affixes 0 et 1−i.
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a) ∣z−2∣ est la distance entre M et le point A d'affixe 2. L'ensemble est donc le cercle de centre A(2,0) et de rayon 3.
b) La condition traduit l'égalité des distances de M à l'origine et au point d'affixe 2. L'ensemble est la médiatrice du segment joignant (0,0) et (2,0), c'est-à-dire la droite verticale d'équation x=1.
c) ∣z−i∣ est la distance de M au point A(0,1) et ∣z+1∣=∣z−(−1)∣ la distance au point B(−1,0). L'ensemble est la médiatrice de [AB]. Son milieu est (−21,21) et AB(−1,−1) en est un vecteur normal, d'où l'équation −1(x+21)−1(y−21)=0, soit x+y=0 : c'est la droite d'équation y=−x.
d) Pour z=0 : ∣0−i∣=1 et ∣0+1∣=1, les distances sont égales, et le point (0,0) vérifie bien y=−x. Pour z=1−i : ∣1−i−i∣=∣1−2i∣=5 et ∣1−i+1∣=∣2−i∣=5, égalité également, et (1,−1) vérifie y=−x.
Exercice 9 : Le triangle des racines cubiques
On note j=ei32π=−21+i23, et on considère les points A, B et C d'affixes respectives 1, j et j2.
Ce sont les trois racines cubiques de l'unité, trouvées à l'exercice 7.
a) Vérifiez que ∣j∣=1 et calculez j2 sous forme algébrique.
b) Démontrez que 1+j+j2=0.
c) Calculez les longueurs AB, BC et CA. Que peut-on en conclure sur le triangle ABC ?
d) Quel est le centre de gravité du triangle ABC ? Justifiez à partir de la question b).
e) Calculez j3 et j2024.
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a) ∣j∣=41+43=1=1. Ensuite j2=ei34π=−21−i23, qui est aussi j.
b) 1+j+j2=1−21−21+i(23−23)=0. On peut aussi l'obtenir en remarquant que j est racine de z2+z+1=0, d'après l'exercice 4.
c) AB=∣j−1∣=−23+i23=49+43=3. BC=∣j2−j∣=∣−i3∣=3. CA=∣1−j2∣=23+i23=3. Les trois côtés sont égaux : le triangle ABC est équilatéral de côté 3.
d) Le centre de gravité a pour affixe la moyenne des trois affixes, soit 31+j+j2=30=0. C'est donc l'origine du repère, ce qui est cohérent : les trois points sont sur le cercle unité et régulièrement répartis.
e) j3=e2iπ=1. Pour j2024, on divise l'exposant par 3 : 2024=3×674+2, donc j2024=(j3)674×j2=j2=−21−i23.
Exercice 10 : Cinq erreurs sur les complexes
Chacune des affirmations suivantes est fausse. Corrigez-la et donnez un contre-exemple.
a) « ∣z∣2=z2. »
b) « arg(zz′)=arg(z)×arg(z′). »
c) « Puisque i2=−1, on peut écrire i=−1 et donc −4=2i. »
d) « Si ∣z∣=∣z′∣, alors z=z′. »
e) « Le nombre 1+i est plus grand que 1. »
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a) Faux. La relation correcte est ∣z∣2=zz. Contre-exemple avec z=i : ∣z∣2=1 alors que z2=−1. Les deux ne coïncident que si z est réel.
b) Faux. Les arguments s'ajoutent, ils ne se multiplient pas : arg(zz′)=arg(z)+arg(z′) modulo 2π. Contre-exemple avec z=z′=i : arg(i×i)=arg(−1)=π, ce qui est bien 2π+2π, et non 2π×2π.
c) Faux. La notation est réservée aux réels positifs. Tout nombre complexe non nul admet deux racines carrées opposées : celles de −4 sont 2i et −2i, et rien ne permet d'en privilégier une. Utiliser −1 conduit d'ailleurs à des absurdités du type −1=i2=−1−1=1=1.
d) Faux. L'égalité des modules signifie seulement que les deux points sont sur le même cercle centré à l'origine. Contre-exemple : ∣1∣=∣i∣=1, pourtant 1=i. Il faut l'égalité du module ET de l'argument.
e) Faux, et la phrase n'a même pas de sens. L'ensemble C n'est pas ordonné : il n'existe aucune relation d'ordre compatible avec les opérations. On peut comparer des modules, qui sont des réels, mais jamais deux nombres complexes entre eux.
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