Maths expertes, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : les nombres complexes (maths expertes)

Voici une série d'exercices corrigés de mathématiques expertes sur les nombres complexes, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

L'option maths expertes est un choix qui pèse dans un dossier Parcoursup comme dans une admission en génie au Québec. Cette série la traite au niveau réellement attendu, avec la partie B calibrée sur les exercices d'épreuve.

Série autocorrigée Tape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.

Ce chapitre fait partie de Maths expertes en Terminale
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (11 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Les trois identités remarquablesSeconde, Mathématiques
  2. 2Nombres et calcul littéralSeconde, Mathématiques
  3. 3Le second degréSeconde, Mathématiques
  4. 4Configurations et trigonométrieSeconde, Mathématiques
  5. 5Le second degréPremière, Mathématiques
  6. 6La trigonométriePremière, Mathématiques
  7. 7Puissances et écriture scientifiqueQuatrième, Mathématiques
  8. 8Pythagore et cosinusQuatrième, Mathématiques
  9. 9Thalès et les agrandissementsQuatrième, Mathématiques
  10. 10Trigonométrie : sinus et cosinusTroisième, Mathématiques
  11. 11Thalès, réciproque et agrandissementsTroisième, Mathématiques

Rappel de cours

  • Forme algébrique : z=a+ibz=a+\mathrm{i}b avec aa la partie réelle et bb la partie imaginaire. Conjugué : z=aib\overline{z}=a-\mathrm{i}b.
  • Module : z=a2+b2|z|=\sqrt{a^{2}+b^{2}}, et surtout zz=z2z\overline{z}=|z|^{2}. C'est ce produit, et non z2z^{2}, qui donne le carré du module.
  • Pour diviser, on multiplie numérateur et dénominateur par le conjugué du dénominateur.
  • Forme exponentielle : z=reiθz=r\mathrm{e}^{\mathrm{i}\theta} avec r=zr=|z| et θ\theta un argument de zz.
  • Produit et quotient : zz=zz|zz'|=|z||z'| et arg(zz)=argz+argz\arg(zz')=\arg z+\arg z' modulo 2π2\pi.
  • Formule de Moivre : (reiθ)n=rneinθ(r\mathrm{e}^{\mathrm{i}\theta})^{n}=r^{n}\mathrm{e}^{\mathrm{i}n\theta}.
  • Équation az2+bz+c=0az^{2}+bz+c=0 à coefficients réels avec Δ<0\Delta<0 : deux solutions conjuguées b±iΔ2a\frac{-b\pm\mathrm{i}\sqrt{-\Delta}}{2a}.
  • Distance entre les points d'affixes zAz_{A} et zBz_{B} : AB=zBzAAB=|z_{B}-z_{A}|.
  • L'ensemble C\mathbb{C} n'est pas ordonné : écrire z<zz<z' n'a aucun sens.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Calculs sous forme algébrique

On pose z1=3+2iz_{1}=3+2\mathrm{i} et z2=1iz_{2}=1-\mathrm{i}.

  • a) Calculez z1+z2z_{1}+z_{2} et z1z2z_{1}-z_{2}.
  • b) Calculez z1z2z_{1}z_{2} sous forme algébrique.
  • c) Calculez z1z2\frac{z_{1}}{z_{2}} sous forme algébrique.
  • d) Calculez z1z1z_{1}\overline{z_{1}} et vérifiez que le résultat vaut z12|z_{1}|^{2}.

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a)
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c)
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Réponses

  • a) 4+i4+\mathrm{i} et 2+3i2+3\mathrm{i}
  • b) 5i5-\mathrm{i}
  • c) 12+52i\frac{1}{2}+\frac{5}{2}\mathrm{i}
  • d) 13=z1213=|z_{1}|^{2}

a) L'addition et la soustraction se font COMPOSANTE PAR COMPOSANTE, exactement comme pour des vecteurs : z1+z2=(3+1)+(21)i=4+iz_{1}+z_{2}=(3+1)+(2-1)\mathrm{i}=4+\mathrm{i} et z1z2=(31)+(2(1))i=2+3iz_{1}-z_{2}=(3-1)+(2-(-1))\mathrm{i}=2+3\mathrm{i}. Attention au double signe moins dans la partie imaginaire de la différence.

b) On développe les quatre produits sans oublier que i2=1\mathrm{i}^{2}=-1 : z1z2=(3+2i)(1i)=33i+2i2i2=3i+2=5iz_{1}z_{2}=(3+2\mathrm{i})(1-\mathrm{i})=3-3\mathrm{i}+2\mathrm{i}-2\mathrm{i}^{2}=3-\mathrm{i}+2=5-\mathrm{i}. C'est le remplacement de 2i2-2\mathrm{i}^{2} par +2+2 qui fait toute la différence avec un calcul algébrique ordinaire, et l'oublier est l'erreur la plus fréquente.

c) On multiplie haut et bas par le CONJUGUÉ du dénominateur, ce qui rend celui-ci réel : 3+2i1i=(3+2i)(1+i)(1i)(1+i)\frac{3+2\mathrm{i}}{1-\mathrm{i}}=\frac{(3+2\mathrm{i})(1+\mathrm{i})}{(1-\mathrm{i})(1+\mathrm{i})}. Le dénominateur vaut 12+12=21^{2}+1^{2}=2, et le numérateur 3+3i+2i+2i2=1+5i3+3\mathrm{i}+2\mathrm{i}+2\mathrm{i}^{2}=1+5\mathrm{i}. Donc le quotient vaut 1+5i2=12+52i\frac{1+5\mathrm{i}}{2}=\frac{1}{2}+\frac{5}{2}\mathrm{i}.

d) z1z1=(3+2i)(32i)=94i2=9+4=13z_{1}\overline{z_{1}}=(3+2\mathrm{i})(3-2\mathrm{i})=9-4\mathrm{i}^{2}=9+4=13, en reconnaissant une différence de carrés. Par ailleurs z1=32+22=13|z_{1}|=\sqrt{3^{2}+2^{2}}=\sqrt{13}, donc z12=13|z_{1}|^{2}=13 ✓. Les deux coïncident, comme le prévoit le cours.

L'identité zz=z2z\overline{z}=|z|^{2} établie en d) est ce qui rend possible la division de c), et il vaut mieux voir le lien que mémoriser deux techniques. Multiplier par le conjugué transforme un dénominateur complexe en un RÉEL, à savoir le carré de son module, après quoi la division devient une simple multiplication par 1r\frac{1}{r}. C'est exactement le geste utilisé pour rationaliser 11+2\frac{1}{1+\sqrt{2}} au lycée, à ceci près que i2=1\mathrm{i}^{2}=-1 au lieu de 22, ce qui change les signes. Retenons enfin la répartition des rôles qui structure tout le chapitre : la forme ALGÉBRIQUE convient aux sommes et aux différences, la forme EXPONENTIELLE des exercices suivants convient aux produits et aux puissances.

Exercice 2 : Module et argument

Déterminez le module et un argument de chacun des nombres complexes suivants, en valeur exacte.

  • a) z=1+i3z=1+\mathrm{i}\sqrt{3}
  • b) z=1+iz'=-1+\mathrm{i}
  • c) z=2iz''=-2\mathrm{i}
  • d) z=5z'''=5

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a)
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Réponses

  • a) 22 et π3\frac{\pi}{3}
  • b) 2\sqrt{2} et 3π4\frac{3\pi}{4}
  • c) 22 et π2-\frac{\pi}{2}
  • d) 55 et 00

a) z=12+(3)2=1+3=4=2|z|=\sqrt{1^{2}+\left(\sqrt{3}\right)^{2}}=\sqrt{1+3}=\sqrt{4}=2. On FACTORISE ensuite par le module pour faire apparaître un point du cercle unité : z=2(12+i32)z=2\left(\frac{1}{2}+\mathrm{i}\frac{\sqrt{3}}{2}\right), et l'on reconnaît cosπ3\cos\frac{\pi}{3} et sinπ3\sin\frac{\pi}{3}. Donc arg(z)=π3\arg(z)=\frac{\pi}{3}. Les deux coordonnées étant positives, le point est bien dans le premier quadrant ✓.

b) z=1+1=2|z'|=\sqrt{1+1}=\sqrt{2}, puis z=2(22+i22)z'=\sqrt{2}\left(-\frac{\sqrt{2}}{2}+\mathrm{i}\frac{\sqrt{2}}{2}\right), ce qui correspond à cos3π4\cos\frac{3\pi}{4} et sin3π4\sin\frac{3\pi}{4}. Donc arg(z)=3π4\arg(z')=\frac{3\pi}{4}. Le contrôle par le quadrant est ici décisif : la partie réelle est négative et l'imaginaire positive, on est donc dans le DEUXIÈME quadrant, ce qui exclut π4-\frac{\pi}{4} ✓.

c) z=0+4=2|z''|=\sqrt{0+4}=2, et zz'' est un imaginaire pur de partie imaginaire NÉGATIVE : son point est sur l'axe des ordonnées vers le bas, donc arg(z)=π2\arg(z'')=-\frac{\pi}{2}. On peut aussi écrire 3π2\frac{3\pi}{2}, les deux différant d'un tour.

d) z=5|z'''|=5, et zz''' est un réel strictement POSITIF : son point est sur l'axe des abscisses vers la droite, donc arg(z)=0\arg(z''')=0. Si le nombre avait été 5-5, l'argument aurait valu π\pi.

La méthode est invariable et il ne faut jamais s'en écarter : on calcule d'abord le module, on factorise par lui, puis on identifie le cosinus et le sinus obtenus, qui sont nécessairement ceux d'un point du cercle unité. Deux contrôles s'imposent ensuite. Le premier vérifie que cos2θ+sin2θ=1\cos^{2}\theta+\sin^{2}\theta=1, ce qui est automatique si le module est juste. Le second, plus important, vérifie le QUADRANT : la calculatrice, via l'arctangente, ne distingue pas zz de z-z, et c'est le signe des deux parties qui tranche. Notons enfin que l'argument n'est défini que MODULO 2π2\pi, si bien qu'il n'existe pas une réponse mais une famille, et le zéro lui-même n'en a aucun.

Exercice 3 : Forme exponentielle

On rappelle que reiθ=r(cosθ+isinθ)r\mathrm{e}^{\mathrm{i}\theta}=r(\cos\theta+\mathrm{i}\sin\theta).

  • a) Écrivez 2eiπ32\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{\pi}{3}} sous forme algébrique.
  • b) Écrivez z=1+iz=-1+\mathrm{i} sous forme exponentielle.
  • c) Calculez 2eiπ3×3eiπ62\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{\pi}{3}}\times 3\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{\pi}{6}} et donnez le résultat sous forme algébrique.
  • d) Calculez 2eiπ34eiπ6\frac{2\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{\pi}{3}}}{4\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{\pi}{6}}} sous forme exponentielle.

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a)
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Réponses

  • a) 1+i31+\mathrm{i}\sqrt{3}
  • b) 2ei3π4\sqrt{2}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{3\pi}{4}}
  • c) 6eiπ2=6i6\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{\pi}{2}}=6\mathrm{i}
  • d) 12eiπ6\frac{1}{2}\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{\pi}{6}}

a) On applique la définition : 2eiπ3=2(cosπ3+isinπ3)=2(12+i32)=1+i32\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{\pi}{3}}=2\left(\cos\frac{\pi}{3}+\mathrm{i}\sin\frac{\pi}{3}\right)=2\left(\frac{1}{2}+\mathrm{i}\frac{\sqrt{3}}{2}\right)=1+\mathrm{i}\sqrt{3}. On retrouve exactement le nombre de l'exercice 2 a), ce qui n'est pas un hasard : c'est le même nombre écrit dans les deux formes.

b) D'après l'exercice 2 b), z=2|z|=\sqrt{2} et arg(z)=3π4\arg(z)=\frac{3\pi}{4}, donc z=2ei3π4z=\sqrt{2}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{3\pi}{4}}. Le passage de l'algébrique à l'exponentielle ne demande donc rien d'autre que le module et l'argument, déjà calculés.

c) C'est ici que la forme exponentielle montre sa supériorité : les MODULES se multiplient et les ARGUMENTS s'ajoutent. Donc 2×3=62\times 3=6 et π3+π6=2π6+π6=3π6=π2\frac{\pi}{3}+\frac{\pi}{6}=\frac{2\pi}{6}+\frac{\pi}{6}=\frac{3\pi}{6}=\frac{\pi}{2}. Le produit vaut 6eiπ2=6(cosπ2+isinπ2)=6i6\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{\pi}{2}}=6\left(\cos\frac{\pi}{2}+\mathrm{i}\sin\frac{\pi}{2}\right)=6\mathrm{i}. Le même calcul en forme algébrique aurait demandé de développer quatre produits contenant des racines.

d) Symétriquement, les modules se DIVISENT et les arguments se SOUSTRAIENT : 24=12\frac{2}{4}=\frac{1}{2} et π3π6=π6\frac{\pi}{3}-\frac{\pi}{6}=\frac{\pi}{6}. Le quotient vaut 12eiπ6\frac{1}{2}\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{\pi}{6}}. Aucune multiplication par le conjugué n'a été nécessaire, contrairement à l'exercice 1 c).

La règle de choix est donc simple et vaut d'être formulée une fois pour toutes : la forme ALGÉBRIQUE pour additionner et soustraire, la forme EXPONENTIELLE pour multiplier, diviser et élever à une puissance. La raison est structurelle, l'exponentielle transformant les sommes en produits, exactement comme dans le cas réel : eia×eib=ei(a+b)\mathrm{e}^{\mathrm{i}a}\times\mathrm{e}^{\mathrm{i}b}=\mathrm{e}^{\mathrm{i}(a+b)}. Une conséquence géométrique mérite d'être retenue, car elle donne tout son sens au chapitre : multiplier par reiθr\mathrm{e}^{\mathrm{i}\theta} revient à effectuer une ROTATION d'angle θ\theta suivie d'un agrandissement de rapport rr. Multiplier par i\mathrm{i}, dont le module vaut 11 et l'argument π2\frac{\pi}{2}, est donc exactement un quart de tour direct.

Exercice 4 : Équations du second degré dans C

Résolvez dans C\mathbb{C} les équations suivantes, à coefficients réels.

  • a) z22z+5=0z^{2}-2z+5=0
  • b) z2+z+1=0z^{2}+z+1=0
  • c) z2+9=0z^{2}+9=0
  • d) Que remarque-t-on sur les couples de solutions obtenus ? Pourquoi était-ce prévisible ?

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a)
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Réponses

  • a) 1±2i1\pm 2\mathrm{i}
  • b) 1±i32\frac{-1\pm\mathrm{i}\sqrt{3}}{2}
  • c) ±3i\pm 3\mathrm{i}
  • d) Conjuguées : coefficients réels

a) Δ=(2)24×1×5=420=16<0\Delta=(-2)^{2}-4\times 1\times 5=4-20=-16<0. Quand le discriminant est négatif, on écrit Δ\sqrt{\Delta} sous la forme iΔ\mathrm{i}\sqrt{|\Delta|}, ici i×4\mathrm{i}\times 4, et les solutions sont z=2±4i2=1±2iz=\frac{2\pm 4\mathrm{i}}{2}=1\pm 2\mathrm{i}. Vérification pour 1+2i1+2\mathrm{i} : (1+2i)2=1+4i+4i2=3+4i(1+2\mathrm{i})^{2}=1+4\mathrm{i}+4\mathrm{i}^{2}=-3+4\mathrm{i}, puis 3+4i2(1+2i)+5=3+4i24i+5=0-3+4\mathrm{i}-2(1+2\mathrm{i})+5=-3+4\mathrm{i}-2-4\mathrm{i}+5=0 ✓.

b) Δ=14=3<0\Delta=1-4=-3<0, donc Δ=i3\sqrt{\Delta}=\mathrm{i}\sqrt{3} et les solutions sont z=1±i32z=\frac{-1\pm\mathrm{i}\sqrt{3}}{2}. Ce sont les nombres traditionnellement notés jj et j\overline{j}, de module 14+34=1\sqrt{\frac{1}{4}+\frac{3}{4}}=1, et l'exercice 10 leur sera entièrement consacré.

c) Ici le discriminant n'est même pas nécessaire : z2=9z^{2}=-9 donne directement z=3iz=3\mathrm{i} ou z=3iz=-3\mathrm{i}, en remarquant que (3i)2=9i2=9(3\mathrm{i})^{2}=9\mathrm{i}^{2}=-9 ✓. Tout nombre complexe non nul admet exactement DEUX racines carrées, opposées l'une de l'autre.

d) Dans chacun des trois cas, les deux solutions sont CONJUGUÉES l'une de l'autre. C'était prévisible, et la démonstration tient en une ligne : lorsque les coefficients sont réels, conjuguer l'égalité az2+bz+c=0az^{2}+bz+c=0 donne az2+bz+c=az2+bz+c=0\overline{a}\,\overline{z}^{2}+\overline{b}\,\overline{z}+\overline{c}=a\overline{z}^{2}+b\overline{z}+c=0, puisque a=a\overline{a}=a et ainsi de suite. Donc si zz est racine, z\overline{z} l'est aussi.

La propriété de d) a une conséquence remarquable qu'il vaut la peine de connaître : un polynôme à coefficients RÉELS a toujours un nombre PAIR de racines non réelles, puisqu'elles vont par paires conjuguées. C'est pourquoi un polynôme de degré impair admet toujours au moins une racine réelle, résultat qu'on démontrait en Terminale par le théorème des valeurs intermédiaires et qu'on retrouve ici par un tout autre chemin. Notons enfin que le passage aux complexes ne fait pas disparaître le discriminant, il le rend seulement toujours exploitable : Δ>0\Delta>0 donne deux racines réelles, Δ=0\Delta=0 une racine double réelle, et Δ<0\Delta<0 deux racines complexes conjuguées.

Exercice 5 : Affixes et géométrie

Le plan complexe est rapporté à un repère orthonormé. On note AA, BB et CC les points d'affixes respectives zA=1+2iz_{A}=1+2\mathrm{i}, zB=42iz_{B}=4-2\mathrm{i} et zC=2+iz_{C}=-2+\mathrm{i}.

  • a) Calculez l'affixe du vecteur AB\vec{AB}, puis la distance ABAB.
  • b) Calculez l'affixe du milieu II de [AB][AB].
  • c) Calculez ACAC et BCBC.
  • d) Le triangle ABCABC est-il isocèle ? Rectangle ?

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a)
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Réponses

  • a) 34i3-4\mathrm{i} ; AB=5AB=5
  • b) zI=52z_{I}=\frac{5}{2}
  • c) AC=10AC=\sqrt{10}, BC=35BC=3\sqrt{5}
  • d) Ni isocèle ni rectangle (obtus en AA)

a) L'affixe d'un vecteur est la DIFFÉRENCE des affixes, extrémité moins origine : zAB=zBzA=(41)+(22)i=34iz_{\vec{AB}}=z_{B}-z_{A}=(4-1)+(-2-2)\mathrm{i}=3-4\mathrm{i}. La distance ABAB est alors le MODULE de cette affixe : AB=34i=9+16=25=5AB=|3-4\mathrm{i}|=\sqrt{9+16}=\sqrt{25}=5. C'est le lien fondamental entre complexes et géométrie, et tout l'exercice en découle.

b) L'affixe du milieu est la MOYENNE des affixes : zI=zA+zB2=(1+4)+(22)i2=52z_{I}=\frac{z_{A}+z_{B}}{2}=\frac{(1+4)+(2-2)\mathrm{i}}{2}=\frac{5}{2}. Le point II a donc pour coordonnées (52;0)\left(\frac{5}{2}\,;\,0\right) et se trouve sur l'axe des abscisses, ce qui s'explique : AA et BB ont des ordonnées opposées.

c) zCzA=(21)+(12)i=3iz_{C}-z_{A}=(-2-1)+(1-2)\mathrm{i}=-3-\mathrm{i}, donc AC=9+1=103,16AC=\sqrt{9+1}=\sqrt{10}\approx 3{,}16. Et zCzB=(24)+(1+2)i=6+3iz_{C}-z_{B}=(-2-4)+(1+2)\mathrm{i}=-6+3\mathrm{i}, donc BC=36+9=45=356,71BC=\sqrt{36+9}=\sqrt{45}=3\sqrt{5}\approx 6{,}71.

d) Les trois longueurs valent 55, 10\sqrt{10} et 353\sqrt{5}, deux à deux différentes : le triangle n'est donc PAS isocèle. Pour tester Pythagore, on identifie le plus GRAND côté, ici BCBC avec BC2=45BC^{2}=45, et l'on compare à la somme des carrés des deux autres : AB2+AC2=25+10=3545AB^{2}+AC^{2}=25+10=35\neq 45. Le triangle n'est donc pas rectangle non plus. Comme 35<4535<45, l'angle en AA est même OBTUS.

Le dictionnaire entre complexes et géométrie mérite d'être écrit une fois, car il rend beaucoup d'exercices immédiats. L'affixe de AB\vec{AB} est zBzAz_{B}-z_{A} ; la distance ABAB est zBzA|z_{B}-z_{A}| ; l'affixe du milieu est la demi-somme ; l'angle (u;AB)\left(\vec{u}\,;\,\vec{AB}\right) est arg(zBzA)\arg(z_{B}-z_{A}). On dispose ainsi d'un outil qui traite d'un seul calcul ce qui demanderait séparément des coordonnées et de la trigonométrie. La remarque finale sur l'angle obtus illustre un contrôle rentable : comparer c2c^{2} à a2+b2a^{2}+b^{2} ne coûte rien de plus que le test de Pythagore et donne en prime la nature de l'angle, aigu si la somme l'emporte, obtus sinon.

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 6 : Formule de Moivre

On pose z=1+iz=1+\mathrm{i}.

  • a) Déterminez le module et un argument de zz, puis sa forme exponentielle.
  • b) Calculez z4z^{4} à l'aide de la formule de Moivre.
  • c) Calculez z8z^{8}.
  • d) Retrouvez z4z^{4} par le calcul direct, en passant par z2z^{2}.
  • e) Déterminez le plus petit entier n1n\geq 1 tel que znz^{n} soit un réel strictement positif.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 2eiπ4\sqrt{2}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{\pi}{4}}
  • b) z4=4z^{4}=-4
  • c) z8=16z^{8}=16
  • d) z2=2iz^{2}=2\mathrm{i}, z4=4z^{4}=-4
  • e) n=8n=8

a) z=1+1=2|z|=\sqrt{1+1}=\sqrt{2}, puis z=2(12+i12)=2(22+i22)z=\sqrt{2}\left(\frac{1}{\sqrt{2}}+\mathrm{i}\frac{1}{\sqrt{2}}\right)=\sqrt{2}\left(\frac{\sqrt{2}}{2}+\mathrm{i}\frac{\sqrt{2}}{2}\right), ce qui donne arg(z)=π4\arg(z)=\frac{\pi}{4}, les deux coordonnées étant égales et positives. Donc z=2eiπ4z=\sqrt{2}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{\pi}{4}}.

b) La formule de Moivre dit que l'on élève le module à la puissance et que l'on MULTIPLIE l'argument : z4=(2)4ei×4×π4=4eiπ=4×(1)=4z^{4}=\left(\sqrt{2}\right)^{4}\mathrm{e}^{\mathrm{i}\times 4\times\frac{\pi}{4}}=4\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\pi}=4\times(-1)=-4. Le calcul du module utilise (2)4=((2)2)2=22=4\left(\sqrt{2}\right)^{4}=\left(\left(\sqrt{2}\right)^{2}\right)^{2}=2^{2}=4.

c) z8=(2)8ei×8×π4=16e2iπ=16×1=16z^{8}=\left(\sqrt{2}\right)^{8}\mathrm{e}^{\mathrm{i}\times 8\times\frac{\pi}{4}}=16\,\mathrm{e}^{2\mathrm{i}\pi}=16\times 1=16. L'argument valant un tour complet, le résultat est un réel positif.

d) Par le calcul direct : z2=(1+i)2=1+2i+i2=1+2i1=2iz^{2}=(1+\mathrm{i})^{2}=1+2\mathrm{i}+\mathrm{i}^{2}=1+2\mathrm{i}-1=2\mathrm{i}, puis z4=(z2)2=(2i)2=4i2=4z^{4}=\left(z^{2}\right)^{2}=(2\mathrm{i})^{2}=4\mathrm{i}^{2}=-4 ✓. Les deux méthodes concordent. Pour la puissance quatrième les deux se valent, mais pour z100z^{100} la voie algébrique serait impraticable alors que Moivre donnerait la réponse en une ligne.

e) On écrit zn=(2)neinπ4z^{n}=\left(\sqrt{2}\right)^{n}\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{n\pi}{4}}. Le module (2)n\left(\sqrt{2}\right)^{n} est toujours strictement positif, il n'impose donc aucune condition. Il suffit que l'ARGUMENT soit un multiple de 2π2\pi : nπ4=2kπ\frac{n\pi}{4}=2k\pi donne n=8kn=8k. Le plus petit entier convenant est n=8n=8, ce qui redonne bien z8=16>0z^{8}=16>0 ✓. Pour nn entre 11 et 77, aucune puissance n'est un réel positif, ce qu'on vérifie sur les valeurs : z4=4z^{4}=-4 est réel mais négatif.

La formule de Moivre transforme une multiplication répétée en une simple multiplication d'angle, ce qui rend calculables des puissances hors de portée autrement : z100=(2)100e25iπ=250eiπ=250z^{100}=\left(\sqrt{2}\right)^{100}\mathrm{e}^{25\mathrm{i}\pi}=2^{50}\mathrm{e}^{\mathrm{i}\pi}=-2^{50}, en réduisant 25π25\pi modulo 2π2\pi. La question e) illustre en prime la méthode générale pour ce type de question : on sépare la condition sur le module de celle sur l'argument, et l'on résout séparément. Ici seul l'argument contraint, ce qui ramène le problème à une équation en nombres entiers. Géométriquement, multiplier par 1+i1+\mathrm{i} fait tourner d'un huitième de tour tout en agrandissant : il faut donc huit multiplications pour revenir sur l'axe réel positif.

Exercice 7 : Racines n-ièmes de l'unité

On cherche les solutions dans C\mathbb{C} de l'équation z3=1z^{3}=1, puis de z4=16z^{4}=16.

  • a) En écrivant z=reiθz=r\mathrm{e}^{\mathrm{i}\theta}, montrez que r=1r=1 et déterminez les valeurs possibles de θ\theta.
  • b) Donnez les trois solutions de z3=1z^{3}=1 sous forme exponentielle puis algébrique.
  • c) Calculez la somme des trois solutions, puis leur produit.
  • d) Résolvez de même z4=16z^{4}=16.
  • e) Où se placent les solutions dans le plan complexe ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) r=1r=1, θ=2kπ3\theta=\frac{2k\pi}{3}
  • b) 11 ; 12±i32-\frac{1}{2}\pm\mathrm{i}\frac{\sqrt{3}}{2}
  • c) Somme 00, produit 11
  • d) 22, 2i2\mathrm{i}, 2-2, 2i-2\mathrm{i}
  • e) Polygone régulier : triangle, carré

a) On pose z=reiθz=r\mathrm{e}^{\mathrm{i}\theta} avec r>0r>0, donc z3=r3e3iθz^{3}=r^{3}\mathrm{e}^{3\mathrm{i}\theta}, qui doit valoir 1=1×ei×01=1\times\mathrm{e}^{\mathrm{i}\times 0}. On IDENTIFIE alors séparément les modules et les arguments, ce qui est la clé de la méthode. Modules : r3=1r^{3}=1, donc r=1r=1 puisque rr est un réel positif et que la fonction cube est bijective sur les positifs. Arguments, égaux seulement MODULO 2π2\pi : 3θ=2kπ3\theta=2k\pi, donc θ=2kπ3\theta=\frac{2k\pi}{3} pour kk entier.

b) Bien que kk parcoure tous les entiers, seules TROIS valeurs donnent des nombres distincts, car kk et k+3k+3 donnent des arguments différant d'un tour. On prend k=0k=0, 11 et 22 : z0=e0=1z_{0}=\mathrm{e}^{0}=1 ; z1=ei2π3=cos2π3+isin2π3=12+i32z_{1}=\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{2\pi}{3}}=\cos\frac{2\pi}{3}+\mathrm{i}\sin\frac{2\pi}{3}=-\frac{1}{2}+\mathrm{i}\frac{\sqrt{3}}{2} ; z2=ei4π3=12i32z_{2}=\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{4\pi}{3}}=-\frac{1}{2}-\mathrm{i}\frac{\sqrt{3}}{2}.

c) La somme vaut 11212+i(3232)=01-\frac{1}{2}-\frac{1}{2}+\mathrm{i}\left(\frac{\sqrt{3}}{2}-\frac{\sqrt{3}}{2}\right)=0. Le produit se calcule plus vite en exponentielle : 1×ei2π3×ei4π3=ei(2π3+4π3)=e2iπ=11\times\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{2\pi}{3}}\times\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{4\pi}{3}}=\mathrm{e}^{\mathrm{i}\left(\frac{2\pi}{3}+\frac{4\pi}{3}\right)}=\mathrm{e}^{2\mathrm{i}\pi}=1. Ces deux résultats ne sont pas fortuits, ce sont les relations coefficients-racines appliquées à z31=0z^{3}-1=0, dont le coefficient de z2z^{2} est nul.

d) Même méthode : r4=16r^{4}=16 donne r=2r=2, et 4θ=2kπ4\theta=2k\pi donne θ=kπ2\theta=\frac{k\pi}{2}. Les quatre solutions distinctes correspondent à k=0k=0, 11, 22 et 33 : ce sont 22, 2i2\mathrm{i}, 2-2 et 2i-2\mathrm{i}. On vérifie par exemple (2i)4=16i4=16(2\mathrm{i})^{4}=16\mathrm{i}^{4}=16 ✓.

e) Dans les deux cas, les solutions se répartissent RÉGULIÈREMENT sur un cercle centré à l'origine : rayon 11 et trois points formant un triangle équilatéral pour la première équation, rayon 22 et quatre points formant un carré pour la seconde. Les arguments sont en progression arithmétique de raison 2πn\frac{2\pi}{n}, ce qui est exactement la définition d'un polygone régulier inscrit.

Il faut retenir le résultat général, qui vaut pour tout entier n1n\geq 1 : l'équation zn=az^{n}=a admet exactement nn solutions dans C\mathbb{C}, toutes de module a1n|a|^{\frac{1}{n}} et d'arguments espacés de 2πn\frac{2\pi}{n}. C'est une différence radicale avec les réels, où z4=16z^{4}=16 n'a que deux solutions et z3=1z^{3}=1 une seule. Leur somme est toujours NULLE dès que n2n\geq 2, ce qui se voit géométriquement : les nn vecteurs se répartissent symétriquement autour de l'origine et se compensent. Cette propriété sert d'ailleurs de contrôle : si la somme des solutions trouvées n'est pas nulle, c'est qu'une solution manque ou qu'une est fausse.

Exercice 8 : Ensembles de points

Le plan complexe est rapporté à un repère orthonormé. Dans chaque cas, déterminez et caractérisez l'ensemble des points MM d'affixe zz vérifiant la condition donnée.

  • a) z2=3|z-2|=3
  • b) z=z2|z|=|z-2|
  • c) zi=z+1|z-\mathrm{i}|=|z+1|
  • d) Vérifiez votre réponse à la question c) en testant les points d'affixes 00 et 1i1-\mathrm{i}.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Cercle de centre (2;0)(2\,;0), rayon 33
  • b) Médiatrice : x=1x=1
  • c) Droite y=xy=-x
  • d) Distances égales (11 et 5\sqrt{5}) ✓

a) La quantité z2|z-2| est la DISTANCE entre le point MM d'affixe zz et le point AA d'affixe 22, puisque z2z-2 est l'affixe du vecteur AM\vec{AM}. La condition z2=3|z-2|=3 signifie donc que MM est à distance 33 de AA : l'ensemble est le CERCLE de centre A(2;0)A(2\,;\,0) et de rayon 33.

b) La condition z=z2|z|=|z-2| traduit l'égalité des distances de MM à l'origine OO et au point AA d'affixe 22. L'ensemble des points équidistants de deux points fixes est leur MÉDIATRICE : ici celle du segment joignant (0;0)(0\,;\,0) et (2;0)(2\,;\,0), c'est-à-dire la droite verticale d'équation x=1x=1.

c) On réécrit d'abord la seconde distance sous la bonne forme : z+1=z(1)|z+1|=|z-(-1)|, distance de MM au point B(1;0)B(-1\,;\,0). La première, zi|z-\mathrm{i}|, est la distance au point A(0;1)A(0\,;\,1). L'ensemble est donc la médiatrice de [AB][AB]. Son milieu est (12;12)\left(-\frac{1}{2}\,;\,\frac{1}{2}\right) et AB(1;1)\vec{AB}(-1\,;\,-1) en est un vecteur normal, d'où l'équation 1(x+12)1(y12)=0-1\left(x+\frac{1}{2}\right)-1\left(y-\frac{1}{2}\right)=0, soit xy=0-x-y=0, c'est-à-dire la droite y=xy=-x.

d) Pour z=0z=0 : 0i=1|0-\mathrm{i}|=1 et 0+1=1|0+1|=1, les distances sont bien égales ✓, et le point (0;0)(0\,;\,0) vérifie y=xy=-x ✓. Pour z=1iz=1-\mathrm{i} : 1ii=12i=1+4=5|1-\mathrm{i}-\mathrm{i}|=|1-2\mathrm{i}|=\sqrt{1+4}=\sqrt{5} et 1i+1=2i=4+1=5|1-\mathrm{i}+1|=|2-\mathrm{i}|=\sqrt{4+1}=\sqrt{5}, égalité également ✓, et le point (1;1)(1\,;\,-1) vérifie y=xy=-x ✓. Les deux vérifications confirment la droite trouvée.

La règle qui gouverne tout cet exercice tient en une phrase : za|z-a| est la DISTANCE du point d'affixe zz au point d'affixe aa, et rien d'autre. Deux configurations en découlent immédiatement, et elles couvrent la quasi-totalité des questions posées. Une égalité du type za=r|z-a|=r, avec rr constant, décrit un CERCLE de centre aa et de rayon rr. Une égalité du type za=zb|z-a|=|z-b|, entre deux distances variables, décrit la MÉDIATRICE de [ab][ab]. Le piège principal est le signe : z+1|z+1| n'est pas la distance au point 11 mais au point 1-1, et il faut systématiquement réécrire sous la forme za|z-a| avant d'interpréter, comme en c).

Exercice 9 : Cinq erreurs sur les complexes

Chacune des affirmations suivantes est fausse. Corrigez-la et donnez un contre-exemple.

  • a) « z2=z2|z|^{2}=z^{2}. »
  • b) « arg(zz)=arg(z)×arg(z)\arg(zz')=\arg(z)\times\arg(z'). »
  • c) « Puisque i2=1\mathrm{i}^{2}=-1, on peut écrire i=1\mathrm{i}=\sqrt{-1} et donc 4=2i\sqrt{-4}=2\mathrm{i}. »
  • d) « Si z=z|z|=|z'|, alors z=zz=z'. »
  • e) « Le nombre 1+i1+\mathrm{i} est plus grand que 11. »

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Faux : z2=zz|z|^{2}=z\overline{z}
  • b) Faux : les arguments s'ajoutent
  • c) Faux : deux racines, ±2i\pm 2\mathrm{i}
  • d) Faux : même cercle seulement
  • e) Faux : C\mathbb{C} n'est pas ordonné

a) Faux. La relation correcte est z2=zz|z|^{2}=z\overline{z}, établie à l'exercice 1. Contre-exemple avec z=iz=\mathrm{i} : z2=12=1|z|^{2}=1^{2}=1 alors que z2=i2=1z^{2}=\mathrm{i}^{2}=-1. Les deux ne coïncident que si zz est RÉEL, cas où z=zz=\overline{z}. On notera que z2|z|^{2} est toujours un réel positif, alors que z2z^{2} peut être n'importe quel complexe.

b) Faux. Les arguments s'AJOUTENT, ils ne se multiplient pas : arg(zz)=arg(z)+arg(z)\arg(zz')=\arg(z)+\arg(z') modulo 2π2\pi. Contre-exemple avec z=z=iz=z'=\mathrm{i} : arg(i×i)=arg(1)=π\arg(\mathrm{i}\times\mathrm{i})=\arg(-1)=\pi, ce qui est bien π2+π2\frac{\pi}{2}+\frac{\pi}{2} ✓, et non π2×π2=π242,47\frac{\pi}{2}\times\frac{\pi}{2}=\frac{\pi^{2}}{4}\approx 2{,}47 ✗. Ce sont les MODULES qui se multiplient, et confondre les deux règles est l'erreur la plus fréquente du chapitre.

c) Faux. La notation  \sqrt{\ } est réservée aux réels positifs, où elle désigne l'UNIQUE racine carrée positive. Dans C\mathbb{C}, tout nombre non nul admet deux racines carrées opposées, et rien ne permet d'en privilégier une : celles de 4-4 sont 2i2\mathrm{i} et 2i-2\mathrm{i}, sans qu'aucune ne soit plus légitime. Utiliser 1\sqrt{-1} conduit d'ailleurs à des absurdités du type 1=i2=1×1=(1)×(1)=1=1-1=\mathrm{i}^{2}=\sqrt{-1}\times\sqrt{-1}=\sqrt{(-1)\times(-1)}=\sqrt{1}=1, la règle ab=ab\sqrt{a}\sqrt{b}=\sqrt{ab} ne valant que pour aa et bb positifs.

d) Faux. L'égalité des modules signifie seulement que les deux points sont sur le MÊME CERCLE centré à l'origine, ce qui laisse une infinité de possibilités. Contre-exemple : 1=i=1|1|=|\mathrm{i}|=1, et pourtant 1i1\neq\mathrm{i}. Pour conclure à l'égalité il faut le module ET l'argument, ce qui revient à dire qu'un complexe est déterminé par deux nombres réels et non par un seul.

e) Faux, et la phrase n'a même pas de SENS. L'ensemble C\mathbb{C} n'est pas ordonné : il n'existe aucune relation d'ordre compatible avec les opérations, et l'on peut le démontrer. Si un tel ordre existait, i\mathrm{i} serait positif ou négatif ; dans les deux cas son carré serait positif, or i2=1<0\mathrm{i}^{2}=-1<0, contradiction. On peut donc comparer des MODULES, qui sont des réels, mais jamais deux nombres complexes entre eux.

Ces cinq erreurs se ramènent à un même réflexe fautif, celui de transporter dans C\mathbb{C} des propriétés qui ne valaient que dans R\mathbb{R}. Trois choses ont été PERDUES en passant aux complexes, et il faut les connaître : l'ordre, comme le montre e) ; l'unicité de la racine carrée, comme le montre c) ; et la possibilité d'identifier un nombre à sa seule valeur absolue, comme le montre d). Trois choses ont été GAGNÉES en échange : toute équation polynomiale y admet des solutions, les rotations deviennent des multiplications, et la géométrie du plan se calcule. Les affirmations a) et b) relèvent d'une autre confusion, entre l'écriture algébrique et l'écriture exponentielle, chacune ayant ses propres règles.

Exercice 10 : Le triangle des racines cubiques

On note j=ei2π3=12+i32j=\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{2\pi}{3}}=-\frac{1}{2}+\mathrm{i}\frac{\sqrt{3}}{2}, et on considère les points AA, BB et CC d'affixes respectives 11, jj et j2j^{2}.

Ce sont les trois racines cubiques de l'unité, trouvées à l'exercice 7.

  • a) Vérifiez que j=1|j|=1 et calculez j2j^{2} sous forme algébrique.
  • b) Démontrez que 1+j+j2=01+j+j^{2}=0.
  • c) Calculez les longueurs ABAB, BCBC et CACA. Que peut-on en conclure sur le triangle ABCABC ?
  • d) Quel est le centre de gravité du triangle ABCABC ? Justifiez à partir de la question b).
  • e) Calculez j3j^{3} et j2024j^{2024}.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) j=1|j|=1, j2=12i32j^{2}=-\frac{1}{2}-\mathrm{i}\frac{\sqrt{3}}{2}
  • b) 1+j+j2=01+j+j^{2}=0
  • c) Côtés 3\sqrt{3} : équilatéral
  • d) L'origine
  • e) j3=1j^{3}=1, j2024=j2j^{2024}=j^{2}

a) j=(12)2+(32)2=14+34=1=1|j|=\sqrt{\left(-\frac{1}{2}\right)^{2}+\left(\frac{\sqrt{3}}{2}\right)^{2}}=\sqrt{\frac{1}{4}+\frac{3}{4}}=\sqrt{1}=1 ✓, ce qui est cohérent avec la forme exponentielle donnée, dont le module vaut 11. Ensuite j2=ei4π3=cos4π3+isin4π3=12i32j^{2}=\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{4\pi}{3}}=\cos\frac{4\pi}{3}+\mathrm{i}\sin\frac{4\pi}{3}=-\frac{1}{2}-\mathrm{i}\frac{\sqrt{3}}{2}, qui n'est autre que j\overline{j}.

b) 1+j+j2=1+(12+i32)+(12i32)=(11212)+i(3232)=01+j+j^{2}=1+\left(-\frac{1}{2}+\mathrm{i}\frac{\sqrt{3}}{2}\right)+\left(-\frac{1}{2}-\mathrm{i}\frac{\sqrt{3}}{2}\right)=\left(1-\frac{1}{2}-\frac{1}{2}\right)+\mathrm{i}\left(\frac{\sqrt{3}}{2}-\frac{\sqrt{3}}{2}\right)=0 ✓. On peut aussi l'obtenir sans calcul : jj est racine de z2+z+1=0z^{2}+z+1=0 d'après l'exercice 4 b), donc j2+j+1=0j^{2}+j+1=0 par définition.

c) AB=j1=32+i32=94+34=3AB=|j-1|=\left|-\frac{3}{2}+\mathrm{i}\frac{\sqrt{3}}{2}\right|=\sqrt{\frac{9}{4}+\frac{3}{4}}=\sqrt{3}. BC=j2j=i3=3BC=\left|j^{2}-j\right|=\left|-\mathrm{i}\sqrt{3}\right|=\sqrt{3}. CA=1j2=32+i32=3CA=\left|1-j^{2}\right|=\left|\frac{3}{2}+\mathrm{i}\frac{\sqrt{3}}{2}\right|=\sqrt{3}. Les trois côtés sont égaux : le triangle ABCABC est ÉQUILATÉRAL de côté 3\sqrt{3}.

d) L'affixe du centre de gravité est la MOYENNE des trois affixes : 1+j+j23=03=0\frac{1+j+j^{2}}{3}=\frac{0}{3}=0 d'après b). Le centre de gravité est donc l'ORIGINE du repère. C'est cohérent : les trois points sont sur le cercle unité et régulièrement répartis, leur barycentre ne peut être que le centre du cercle.

e) j3=ei×3×2π3=e2iπ=1j^{3}=\mathrm{e}^{\mathrm{i}\times 3\times\frac{2\pi}{3}}=\mathrm{e}^{2\mathrm{i}\pi}=1, ce qui confirme que jj est bien une racine cubique de l'unité. Pour j2024j^{2024}, on divise l'exposant par 33 : 2024=3×674+22\,024=3\times 674+2, donc j2024=(j3)674×j2=1674×j2=j2=12i32j^{2024}=\left(j^{3}\right)^{674}\times j^{2}=1^{674}\times j^{2}=j^{2}=-\frac{1}{2}-\mathrm{i}\frac{\sqrt{3}}{2}.

Le nombre jj revient constamment en maths expertes, et il vaut la peine de retenir ses trois propriétés d'un bloc : j3=1j^{3}=1, 1+j+j2=01+j+j^{2}=0, et j2=j=1jj^{2}=\overline{j}=\frac{1}{j}. La dernière égalité vient de ce que le module vaut 11, cas où l'inverse et le conjugué coïncident. La question e) reprend exactement la technique de l'exercice sur les congruences en arithmétique : seul le RESTE de l'exposant modulo 33 compte, et l'on ne calcule jamais la puissance entière. Enfin, le résultat de c) et d) se généralise : les nn racines n-ièmes de l'unité forment toujours un polygone régulier à nn côtés inscrit dans le cercle unité, de centre de gravité l'origine, puisque leur somme est nulle.

-2-112-2-1121j1 + j + j² = 0les trois racines cubiques de 1 formentun triangle ÉQUILATÉRAL de centre O

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Une équation qui fait intervenir le conjugué

On cherche les nombres complexes zz tels que 2z+iz=3i2z+\mathrm{i}\,\overline{z}=3-\mathrm{i}.

On pose z=x+iyz=x+\mathrm{i}y, avec xx et yy réels.

  • a) Exprimez z\overline{z}, puis écrivez le membre de gauche sous forme algébrique.
  • b) En identifiant parties réelles et imaginaires, écrivez le système vérifié par xx et yy, puis calculez xx.
  • c) Calculez yy et donnez zz.
  • d) Vérifiez la solution dans l'équation de départ.
  • e) Calculez le module de zz.

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Réponses

  • a) (2x+y)+i(x+2y)(2x+y)+\mathrm{i}(x+2y)
  • b) x=73x=\frac{7}{3}
  • c) y=53y=-\frac{5}{3} : z=7353iz=\frac{7}{3}-\frac{5}{3}\mathrm{i}
  • d) On retrouve 3i3-\mathrm{i}
  • e) z=7432,868|z|=\frac{\sqrt{74}}{3}\approx 2{,}868

a) z=xiy\overline{z}=x-\mathrm{i}y, donc iz=ixi2y=y+ix\mathrm{i}\,\overline{z}=\mathrm{i}x-\mathrm{i}^{2}y=y+\mathrm{i}x. Le membre de gauche vaut 2x+2iy+y+ix=(2x+y)+i(x+2y)2x+2\mathrm{i}y+y+\mathrm{i}x=(2x+y)+\mathrm{i}(x+2y). Le conjugué empêche de résoudre comme une équation du premier degré ordinaire : on ne peut pas isoler zz, d'où le passage par xx et yy.

b) Deux complexes sont égaux si et seulement si leurs parties réelles ET leurs parties imaginaires sont égales : 2x+y=32x+y=3 et x+2y=1x+2y=-1. La première donne y=32xy=3-2x ; en reportant, x+64x=1x+6-4x=-1, soit 3x=7-3x=-7 et x=73x=\frac{7}{3}.

c) y=3143=53y=3-\frac{14}{3}=-\frac{5}{3}, donc z=7353iz=\frac{7}{3}-\frac{5}{3}\mathrm{i}.

d) z=73+53i\overline{z}=\frac{7}{3}+\frac{5}{3}\mathrm{i} et iz=53+73i\mathrm{i}\,\overline{z}=-\frac{5}{3}+\frac{7}{3}\mathrm{i}. Alors 2z+iz=143103i53+73i=9333i=3i2z+\mathrm{i}\,\overline{z}=\frac{14}{3}-\frac{10}{3}\mathrm{i}-\frac{5}{3}+\frac{7}{3}\mathrm{i}=\frac{9}{3}-\frac{3}{3}\mathrm{i}=3-\mathrm{i} ✓.

e) z=(73)2+(53)2=49+253=7432,868|z|=\sqrt{\left(\frac{7}{3}\right)^{2}+\left(\frac{5}{3}\right)^{2}}=\frac{\sqrt{49+25}}{3}=\frac{\sqrt{74}}{3}\approx 2{,}868.

Exercice 12 : Les racines carrées d'un nombre complexe

Dans C\mathbb{C}, tout nombre non nul ww admet exactement deux racines carrées, c'est-à-dire deux solutions de z2=wz^{2}=w, opposées l'une de l'autre.

  • a) Écrivez w=8iw=8\mathrm{i} sous forme exponentielle.
  • b) En posant z=reiθz=r\mathrm{e}^{\mathrm{i}\theta}, résolvez z2=8iz^{2}=8\mathrm{i} : déterminez rr et les deux valeurs de θ\theta dans [0;2π[[0\,;2\pi[.
  • c) Donnez les deux solutions sous forme algébrique et vérifiez l'une d'elles.
  • d) On veut résoudre z2=3+4iz^{2}=-3+4\mathrm{i}, dont l'argument n'est pas remarquable. En posant z=x+iyz=x+\mathrm{i}y et en utilisant aussi z2=w|z|^{2}=|w|, trouvez les deux solutions.
  • e) Pourquoi l'égalité des modules est-elle indispensable dans la méthode de d) ?

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  • a) 8eiπ28\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{\pi}{2}}
  • b) r=22r=2\sqrt{2}, θ=π4\theta=\frac{\pi}{4} ou 5π4\frac{5\pi}{4}
  • c) 2+2i2+2\mathrm{i} et 22i-2-2\mathrm{i}
  • d) 1+2i1+2\mathrm{i} et 12i-1-2\mathrm{i}
  • e) Troisième équation x2+y2=5x^{2}+y^{2}=5

a) 8i8\mathrm{i} a pour module 88 et, étant un imaginaire pur de partie imaginaire positive, pour argument π2\frac{\pi}{2} : w=8eiπ2w=8\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{\pi}{2}}.

b) z2=r2e2iθ=8eiπ2z^{2}=r^{2}\mathrm{e}^{2\mathrm{i}\theta}=8\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{\pi}{2}} donne r2=8r^{2}=8, soit r=22r=2\sqrt{2}, et 2θ=π2+2kπ2\theta=\frac{\pi}{2}+2k\pi, soit θ=π4+kπ\theta=\frac{\pi}{4}+k\pi. Dans [0;2π[[0\,;2\pi[ : θ=π4\theta=\frac{\pi}{4} ou θ=5π4\theta=\frac{5\pi}{4}. Oublier le +2kπ+2k\pi avant de diviser par deux fait perdre la seconde solution.

c) 22eiπ4=22(22+i22)=2+2i2\sqrt{2}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{\pi}{4}}=2\sqrt{2}\left(\frac{\sqrt{2}}{2}+\mathrm{i}\frac{\sqrt{2}}{2}\right)=2+2\mathrm{i}, et l'autre est son opposé, 22i-2-2\mathrm{i}. Vérification : (2+2i)2=4+8i+4i2=8i(2+2\mathrm{i})^{2}=4+8\mathrm{i}+4\mathrm{i}^{2}=8\mathrm{i} ✓.

d) (x+iy)2=x2y2+2ixy(x+\mathrm{i}y)^{2}=x^{2}-y^{2}+2\mathrm{i}xy, donc x2y2=3x^{2}-y^{2}=-3 et 2xy=42xy=4. Les modules donnent x2+y2=3+4i=5x^{2}+y^{2}=|-3+4\mathrm{i}|=5. En ajoutant et en retranchant : 2x2=22x^{2}=2 et 2y2=82y^{2}=8, soit x=±1x=\pm 1 et y=±2y=\pm 2. Comme xy=2>0xy=2>0, xx et yy sont de même signe : les solutions sont 1+2i1+2\mathrm{i} et 12i-1-2\mathrm{i}. Vérification : (1+2i)2=1+4i4=3+4i(1+2\mathrm{i})^{2}=1+4\mathrm{i}-4=-3+4\mathrm{i} ✓.

e) Les deux équations x2y2=3x^{2}-y^{2}=-3 et 2xy=42xy=4 mènent à une équation du quatrième degré difficile. L'égalité des modules fournit une troisième équation, x2+y2=5x^{2}+y^{2}=5, qui, combinée à la première, donne directement x2x^{2} et y2y^{2} ; l'équation 2xy=42xy=4 ne sert plus alors qu'à choisir les SIGNES.

Exercice 13 : Linéariser avec les formules d'Euler

Les formules d'Euler s'écrivent cosx=eix+eix2\cos x=\frac{\mathrm{e}^{\mathrm{i}x}+\mathrm{e}^{-\mathrm{i}x}}{2} et sinx=eixeix2i\sin x=\frac{\mathrm{e}^{\mathrm{i}x}-\mathrm{e}^{-\mathrm{i}x}}{2\mathrm{i}}. Linéariser une puissance de cosinus, c'est l'écrire comme une somme de cosinus d'angles multiples, ce qui permet de la primitiver.

  • a) Développez (eix+eix2)2\left(\frac{\mathrm{e}^{\mathrm{i}x}+\mathrm{e}^{-\mathrm{i}x}}{2}\right)^{2} et déduisez-en l'expression linéarisée de cos2x\cos^{2}x.
  • b) Développez de même cos3x\cos^{3}x par la formule du binôme et linéarisez-le.
  • c) Vérifiez la formule de b) en x=0x=0 et en x=π3x=\frac{\pi}{3}.
  • d) Calculez 0π2cos3xdx\int_{0}^{\frac{\pi}{2}}\cos^{3}x\,dx en valeur exacte.
  • e) Linéarisez sin2x\sin^{2}x et calculez 0πsin2xdx\int_{0}^{\pi}\sin^{2}x\,dx.

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Réponses

  • a) cos2x=1+cos2x2\cos^{2}x=\frac{1+\cos 2x}{2}
  • b) cos3x=cos3x+3cosx4\cos^{3}x=\frac{\cos 3x+3\cos x}{4}
  • c) 11 en 00 et 18\frac{1}{8} en π3\frac{\pi}{3}
  • d) 23\frac{2}{3}
  • e) sin2x=1cos2x2\sin^{2}x=\frac{1-\cos 2x}{2} ; intégrale π2\frac{\pi}{2}

a) cos2x=e2ix+2+e2ix4=2cos2x+24=1+cos2x2\cos^{2}x=\frac{\mathrm{e}^{2\mathrm{i}x}+2+\mathrm{e}^{-2\mathrm{i}x}}{4}=\frac{2\cos 2x+2}{4}=\frac{1+\cos 2x}{2}, en regroupant e2ix+e2ix=2cos2x\mathrm{e}^{2\mathrm{i}x}+\mathrm{e}^{-2\mathrm{i}x}=2\cos 2x.

b) Avec (a+b)3=a3+3a2b+3ab2+b3(a+b)^{3}=a^{3}+3a^{2}b+3ab^{2}+b^{3} : cos3x=e3ix+3eix+3eix+e3ix8=2cos3x+6cosx8=cos3x+3cosx4\cos^{3}x=\frac{\mathrm{e}^{3\mathrm{i}x}+3\mathrm{e}^{\mathrm{i}x}+3\mathrm{e}^{-\mathrm{i}x}+\mathrm{e}^{-3\mathrm{i}x}}{8}=\frac{2\cos 3x+6\cos x}{8}=\frac{\cos 3x+3\cos x}{4}. Le dénominateur est 23=82^{3}=8 et non 22.

c) En x=0x=0 : 1+34=1=cos30\frac{1+3}{4}=1=\cos^{3}0 ✓. En x=π3x=\frac{\pi}{3} : cosπ=1\cos\pi=-1 et cosπ3=12\cos\frac{\pi}{3}=\frac{1}{2}, donc 1+324=18=(12)3\frac{-1+\frac{3}{2}}{4}=\frac{1}{8}=\left(\frac{1}{2}\right)^{3} ✓.

d) Une primitive de cos3x+3cosx4\frac{\cos 3x+3\cos x}{4} est sin3x12+3sinx4\frac{\sin 3x}{12}+\frac{3\sin x}{4}. Donc 0π2cos3xdx=sin3π212+340=112+912=23\int_{0}^{\frac{\pi}{2}}\cos^{3}x\,dx=\frac{\sin\frac{3\pi}{2}}{12}+\frac{3}{4}-0=-\frac{1}{12}+\frac{9}{12}=\frac{2}{3}.

e) sin2x=1cos2x2\sin^{2}x=\frac{1-\cos 2x}{2}, par la même méthode ou par cos2x+sin2x=1\cos^{2}x+\sin^{2}x=1. Alors 0πsin2xdx=[x2sin2x4]0π=π21,571\int_{0}^{\pi}\sin^{2}x\,dx=\left[\frac{x}{2}-\frac{\sin 2x}{4}\right]_{0}^{\pi}=\frac{\pi}{2}\approx 1{,}571 : la moitié de la longueur de l'intervalle, puisque sin2\sin^{2} oscille autour de sa valeur moyenne 12\frac{1}{2}.

Exercice 14 : Une suite de points qui s'enroule vers l'origine

On définit la suite de nombres complexes (zn)(z_{n}) par z0=4z_{0}=4 et zn+1=1+i2znz_{n+1}=\frac{1+\mathrm{i}}{2}\,z_{n}. On note MnM_{n} le point d'affixe znz_{n}.

  • a) Écrivez q=1+i2q=\frac{1+\mathrm{i}}{2} sous forme exponentielle.
  • b) Exprimez znz_{n} en fonction de nn, puis zn|z_{n}|. Quelle est la limite de zn|z_{n}| ?
  • c) Calculez z4z_{4}.
  • d) Déterminez le plus petit entier nn tel que MnM_{n} soit dans le disque de centre OO et de rayon 0,010{,}01.
  • e) Montrez que le triangle OMnMn+1OM_{n}M_{n+1} est isocèle rectangle en Mn+1M_{n+1}. Calculez la longueur totale de la ligne brisée M0M1M2M_{0}M_{1}M_{2}\ldots

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) q=22eiπ4q=\frac{\sqrt{2}}{2}\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{\pi}{4}}
  • b) zn=4(22)n0|z_{n}|=4\left(\frac{\sqrt{2}}{2}\right)^{n}\to 0
  • c) z4=1z_{4}=-1
  • d) n=18n=18
  • e) Isocèle rectangle en Mn+1M_{n+1} ; longueur 4(2+1)4(\sqrt{2}+1)

a) q=1+12=22|q|=\frac{\sqrt{1+1}}{2}=\frac{\sqrt{2}}{2}, et q=22(22+i22)q=\frac{\sqrt{2}}{2}\left(\frac{\sqrt{2}}{2}+\mathrm{i}\frac{\sqrt{2}}{2}\right) donne argq=π4\arg q=\frac{\pi}{4} : q=22eiπ4q=\frac{\sqrt{2}}{2}\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{\pi}{4}}. Multiplier par qq, c'est tourner d'un huitième de tour et réduire de 220,707\frac{\sqrt{2}}{2}\approx 0{,}707.

b) C'est une suite géométrique de raison qq : zn=4qn=4(22)neinπ4z_{n}=4q^{n}=4\left(\frac{\sqrt{2}}{2}\right)^{n}\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{n\pi}{4}} et zn=4(22)n|z_{n}|=4\left(\frac{\sqrt{2}}{2}\right)^{n}. Comme 0<22<10<\frac{\sqrt{2}}{2}<1, zn|z_{n}| tend vers 00 : les points s'enroulent vers l'origine.

c) z4=4(22)4eiπ=4×14×(1)=1z_{4}=4\left(\frac{\sqrt{2}}{2}\right)^{4}\mathrm{e}^{\mathrm{i}\pi}=4\times\frac{1}{4}\times(-1)=-1.

d) On cherche 4(22)n<0,014\left(\frac{\sqrt{2}}{2}\right)^{n}<0{,}01, soit (22)n<0,0025\left(\frac{\sqrt{2}}{2}\right)^{n}<0{,}0025 et, en passant au logarithme qui est croissant, nln22<ln0,0025n\ln\frac{\sqrt{2}}{2}<\ln 0{,}0025. Le logarithme de 22\frac{\sqrt{2}}{2} étant NÉGATIF, l'inégalité change de sens : n>ln0,0025ln2217,3n>\frac{\ln 0{,}0025}{\ln\frac{\sqrt{2}}{2}}\approx 17{,}3. Le rang cherché est n=18n=18 ; vérification : z170,011|z_{17}|\approx 0{,}011 et z180,0078|z_{18}|\approx 0{,}0078.

e) OMn+1=zn+1=22znOM_{n+1}=|z_{n+1}|=\frac{\sqrt{2}}{2}|z_{n}| et MnMn+1=zn+1zn=znq1=zn1+i2=22znM_{n}M_{n+1}=|z_{n+1}-z_{n}|=|z_{n}|\,|q-1|=|z_{n}|\left|\frac{-1+\mathrm{i}}{2}\right|=\frac{\sqrt{2}}{2}|z_{n}| : les deux côtés sont égaux. De plus OMn+12+MnMn+12=12zn2+12zn2=OMn2OM_{n+1}^{2}+M_{n}M_{n+1}^{2}=\frac{1}{2}|z_{n}|^{2}+\frac{1}{2}|z_{n}|^{2}=OM_{n}^{2}, donc le triangle est rectangle en Mn+1M_{n+1} par la réciproque de Pythagore. La longueur totale est la somme géométrique n04(22)n+1=4×22122=4(2+1)9,66\sum_{n\geq 0}4\left(\frac{\sqrt{2}}{2}\right)^{n+1}=\frac{4\times\frac{\sqrt{2}}{2}}{1-\frac{\sqrt{2}}{2}}=4\left(\sqrt{2}+1\right)\approx 9{,}66 : une spirale infinie de longueur finie.

Exercice 15 : Trigonométrie par la formule de Moivre

La formule de Moivre donne, pour tout réel θ\theta : (cosθ+isinθ)3=cos3θ+isin3θ(\cos\theta+\mathrm{i}\sin\theta)^{3}=\cos 3\theta+\mathrm{i}\sin 3\theta. En développant le membre de gauche, on obtient des formules de trigonométrie.

  • a) Développez (cosθ+isinθ)3(\cos\theta+\mathrm{i}\sin\theta)^{3} et, en identifiant les parties réelles, exprimez cos3θ\cos 3\theta en fonction de cosθ\cos\theta seul.
  • b) En identifiant les parties imaginaires, exprimez sin3θ\sin 3\theta en fonction de sinθ\sin\theta seul.
  • c) Vérifiez la formule de a) pour θ=π3\theta=\frac{\pi}{3}.
  • d) Montrez que c=cosπ9c=\cos\frac{\pi}{9} est solution de 8x36x1=08x^{3}-6x-1=0, et donnez sa valeur approchée.
  • e) Les trois racines de cette équation sont cosπ9\cos\frac{\pi}{9}, cos7π9\cos\frac{7\pi}{9} et cos13π9\cos\frac{13\pi}{9}. Que vaut leur somme ? Quelle est la plus petite ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) cos3θ=4cos3θ3cosθ\cos 3\theta=4\cos^{3}\theta-3\cos\theta
  • b) sin3θ=3sinθ4sin3θ\sin 3\theta=3\sin\theta-4\sin^{3}\theta
  • c) 1-1
  • d) 8c36c1=08c^{3}-6c-1=0, c0,940c\approx 0{,}940
  • e) Somme 00 ; plus petite cos7π90,766\cos\frac{7\pi}{9}\approx -0{,}766

a) Avec c=cosθc=\cos\theta et s=sinθs=\sin\theta : (c+is)3=c3+3ic2s3cs2is3(c+\mathrm{i}s)^{3}=c^{3}+3\mathrm{i}c^{2}s-3cs^{2}-\mathrm{i}s^{3}. Partie réelle : cos3θ=c33cs2=c33c(1c2)=4cos3θ3cosθ\cos 3\theta=c^{3}-3cs^{2}=c^{3}-3c(1-c^{2})=4\cos^{3}\theta-3\cos\theta.

b) Partie imaginaire : sin3θ=3c2ss3=3(1s2)ss3=3sinθ4sin3θ\sin 3\theta=3c^{2}s-s^{3}=3(1-s^{2})s-s^{3}=3\sin\theta-4\sin^{3}\theta. Attention : i3=i\mathrm{i}^{3}=-\mathrm{i}, d'où le signe du dernier terme.

c) cosπ=1\cos\pi=-1 et 4(12)33×12=1232=14\left(\frac{1}{2}\right)^{3}-3\times\frac{1}{2}=\frac{1}{2}-\frac{3}{2}=-1 ✓.

d) Pour θ=π9\theta=\frac{\pi}{9}, 3θ=π33\theta=\frac{\pi}{3} et cosπ3=12\cos\frac{\pi}{3}=\frac{1}{2} : 4c33c=124c^{3}-3c=\frac{1}{2}, soit en multipliant par 22, 8c36c1=08c^{3}-6c-1=0. Numériquement c0,940c\approx 0{,}940. Le cosinus de 2020^{\circ} n'a pas d'expression simple avec des racines carrées, mais il est racine d'une équation du troisième degré à coefficients entiers.

e) Le coefficient de x2x^{2} étant nul, la somme des racines est NULLE : 0,9400,7660,174=00{,}940-0{,}766-0{,}174=0. La plus petite est cos7π90,766\cos\frac{7\pi}{9}\approx -0{,}766. Les deux autres angles conviennent aussi, car 3×7π9=7π33\times\frac{7\pi}{9}=\frac{7\pi}{3} et 3×13π9=13π33\times\frac{13\pi}{9}=\frac{13\pi}{3} ont le même cosinus que π3\frac{\pi}{3}.

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