Maths expertes, Terminale • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : les nombres complexes (maths expertes)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématiques expertes sur les nombres complexes, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal. Elle couvre la forme algébrique et le conjugué, le module et l'argument, la forme exponentielle, la formule de Moivre, les équations du second degré dans C, les racines carrées et les racines n-ièmes de l'unité, les affixes et les ensembles de points, les formules d'Euler et la linéarisation, la formule du binôme, l'ensemble U et les formules d'addition.
Les exercices 0.1 et 0.2 ouvrent la série par vingt calculs directs sur les nombres complexes, comme dans les listes des manuels : somme, produit, carré et puissances de i sous forme algébrique, zz et le module, quotients et inverse par la quantité conjuguée, conjugué d'un quotient, puis le module et l'argument de 3−3i ou de −23+2i, le passage de la forme exponentielle à la forme algébrique, produits, quotients et puissances par la formule de Moivre jusqu'à (2−3−i)2027, chacun avec une valeur à trouver et vérifiée en direct.
À la fin des vingt et un exercices, vous savez résoudre une équation du second degré à discriminant négatif (exercice 4), lire une distance et la nature d'un triangle sur les affixes (exercice 5), reconnaître un cercle ou une médiatrice dans ∣z−a∣=∣z−b∣ (exercice 8), trouver les racines n-ièmes de l'unité et le triangle équilatéral de 1, j et j2 (exercices 7 et 10), extraire la racine carrée de −3+4i (exercice 12), linéariser cos3x par les formules d'Euler pour l'intégrer (exercice 13) et tirer cos3θ de la formule de Moivre (exercice 15). Les pièges classiques sont corrigés à l'exercice 9 : ∣z∣2=z2, l'argument d'un produit qui s'additionne, −1 qui n'a pas de sens, et C qui n'est pas ordonné.
L'option maths expertes est un choix qui pèse dans un dossier Parcoursup comme dans une admission en génie au Québec. Elle est évaluée en contrôle continu, sans écrit au baccalauréat : cette série la traite au niveau réellement attendu en classe, avec la partie B calibrée sur les devoirs surveillés de l'année et une partie D qui fait les démonstrations que le programme demande de savoir refaire : le conjugué et le module d'un produit, d'un inverse et d'une puissance (exercices 16 et 17), la formule du binôme dans C (exercice 18), la stabilité de U (exercice 19) et les formules d'addition (exercice 20).
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•U, ensemble des complexes de module 1, est stable par produit et par passage à l'inverse, et pour u∈U, u1=u.
•Formule du binôme, vraie dans C parce que le produit est commutatif : (z+w)n=∑k=0n(kn)zkwn−k.
Calculs : les calculs sous forme algébrique
Exercice 0.1 : Calculer sous forme algébrique : dix calculs directs
Pour chaque ligne, effectuez le calcul et écrivez le résultat sous la forme algébrique x+iy, puis donnez ce qui est demandé : le plus souvent la partie réelle x et la partie imaginaire y, qui est un nombre réel.
On calcule comme avec des expressions littérales en i, on remplace i2 par −1, puis on regroupe parties réelles et parties imaginaires. Pour diviser, on multiplie le numérateur et le dénominateur par le conjugué du dénominateur, qui devient réel : (a+ib)(a−ib)=a2+b2. Le module se calcule par ∣x+iy∣=x2+y2, et une puissance de i se ramène au reste de l'exposant dans la division par 4.
a) (−3+5i)+(6−9i), puis (−3+5i)−(6−9i) : donnez la partie imaginaire de chacun.
b) (3−4i)(−2+5i).
c) (5+2i)2.
d) i2030+i77.
e) zz, pour z=−6+3i.
f) ∣−7+24i∣ et ∣5−2i∣.
g) 3+i5−5i.
h) 2−4i1.
i) 3+2i−7+17i.
j) (1−i1+5i).
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Réponses
a)3−4i et −9+14i ; −4 et 14
b)14+23i
c)21+20i
d)−1+i
e)zz=39
f)25 et 3
g)1−2i
h)101+51i
i)1+5i
j)−2+3i=−2−3i
Le geste qui décide de tout : remplacer i2 par −1 dès qu'il apparaît, puis regrouper. Pour un quotient, on ne divise jamais par un complexe : on multiplie en haut et en bas par le conjugué du dénominateur, et le dénominateur devient la somme de deux carrés.
a)
(−3+5i)+(6−9i)=3−4i et (−3+5i)−(6−9i)=−3+5i−6+9i=−9+14i : parties imaginaires −4 et 14. Piège : ne distribuer le signe moins que sur le 6, ce qui donne −9−4i.
b)
(3−4i)(−2+5i)=−6+15i+8i−20i2=−6+20+23i=14+23i. Piège : lire −20i2 comme −20, d'où −26+23i.
c)
(5+2i)2=25+20i+4i2=25−4+20i=21+20i. Piège : 25+4=29, en oubliant que (2i)2=−4, ou le double produit oublié, 25+4i2.
d)
On divise l'exposant par 4 : 2030=4×507+2, donc i2030=i2=−1 ; 77=4×19+1, donc i77=i. La somme vaut −1+i.
e)
zz=(−6+3i)(−6−3i)=(−6)2+(3)2=36+3=39, un réel positif, égal à ∣z∣2. Piège : 36−3, en appliquant une identité réelle a2−b2 sans le i2=−1.
f)
∣−7+24i∣=49+576=625=25 et ∣5−2i∣=5+4=3. Piège : 5−4 ; le module n'utilise que les parties réelle et imaginaire, deux réels, élevés au carré.
Le quotient d'abord : (1−i)(1+i)(1+5i)(1+i)=21+i+5i+5i2=2−4+6i=−2+3i, dont le conjugué est −2−3i. On retrouve la même chose par 1−i1+5i=1+i1−5i : le conjugué d'un quotient est le quotient des conjugués. Piège : conjuguer le numérateur seul.
Contrôle : un quotient se vérifie en remultipliant. En i), (1+5i)(3+2i)=3+2i+15i−10=−7+17i ; en h), (2−4i)(101+51i)=102+108=1, la partie imaginaire s'annulant.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Calculs : module, argument et forme exponentielle
Exercice 0.2 : Passer à la forme exponentielle : dix calculs directs
Pour chaque ligne, calculez ce qui est demandé. Les arguments sont des mesures principales, dans ]−π;π], et se saisissent en multiples de π : l'argument −43π se tape −3/4.
Le module d'abord, r=x2+y2, puis l'argument par les DEUX conditions cosθ=rx et sinθ=ry, après avoir placé le point dans son quadrant. En forme exponentielle, les modules se multiplient et les arguments s'additionnent ; la formule de Moivre donne (reiθ)n=rneinθ. On ramène l'argument trouvé dans ]−π;π] en ajoutant ou en retirant des multiples de 2π.
a) Donnez l'argument principal de −6, puis celui de −7i.
b) z=3−3i : donnez ∣z∣ et arg(z).
c) z=−23+2i : donnez ∣z∣ et arg(z).
d) z=4e−i32π : écrivez z sous forme algébrique.
e) 2ei43π×32ei2π : donnez le module et l'argument principal du produit.
f) 2ei4π6e−i3π : donnez le module et l'argument principal du quotient.
g) (3+i)5, par la formule de Moivre, sous forme algébrique.
h) z=2ei5π : donnez l'argument principal de z, puis celui de −z.
i) (1−i3)(−3+i) : donnez le module et l'argument principal du produit, sans le développer.
j) (2−3−i)2027 : donnez son argument principal et sa partie réelle.
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Réponses
a)arg(−6)=π ; arg(−7i)=−2π
b)z=32e−i4π ; 32≈4,243 et −4π
c)z=4ei65π ; 4 et 65π
d)z=−2−23i ; −2 et ≈−3,464
e)6e−i43π ; 6 et −43π
f)3e−i127π ; 3 et −127π
g)32ei65π=−163+16i ; ≈−27,713 et 16
h)arg(z)=−5π ; arg(−z)=−54π
i)4ei2π=4i ; 4 et 2π
j)ei65π ; 65π et −23≈−0,866
Le geste qui décide de tout : placer le point dans le plan AVANT de chercher l'argument. Le quadrant fixe le signe et la valeur de l'angle ; ensuite, en forme exponentielle, tout se ramène à multiplier des modules, à additionner des arguments, puis à ramener le résultat dans ]−π;π].
a)
−6 est sur le demi-axe réel négatif : arg(−6)=π. −7i est sur le demi-axe imaginaire négatif : arg(−7i)=−2π. Piège : arg(−6)=0 parce que le nombre est réel, ou arg(−7i)=23π, qui n'est pas dans ]−π;π].
b)
∣z∣=9+9=32≈4,243, cosθ=323=22 et sinθ=−22 : quatrième quadrant, θ=−4π, donc z=32e−i4π.
c)
∣z∣=12+4=4, cosθ=4−23=−23 et sinθ=42=21 : deuxième quadrant, θ=65π, donc z=4ei65π. Piège : arctan−232=−6π, qui est l'argument du point opposé.
d)
4e−i32π=4(cos32π−isin32π)=4(−21−23i)=−2−23i : partie réelle −2, partie imaginaire −23≈−3,464. Piège : cos(−32π)=cos32π est négatif, et le sinus d'un angle négatif l'est aussi.
e)
Les modules se multiplient : 2×32=6. Les arguments s'additionnent : 43π+2π=45π, qui dépasse π ; on retire 2π : argument principal −43π, et le produit vaut 6e−i43π. Piège : laisser 45π.
f)
Les modules se divisent : 26=3. Les arguments se soustraient : −3π−4π=−124π−123π=−127π, déjà dans ]−π;π]. Le quotient vaut 3e−i127π. Piège : additionner les arguments, ce qui donne −12π.
g)
3+i=2ei6π. Par la formule de Moivre, (3+i)5=25ei65π=32(−23+21i)=−163+16i : partie réelle −163≈−27,713, partie imaginaire 16. Piège : oublier d'élever le module à la puissance 5.
h)
z=2e−i5π : le conjugué est le symétrique par rapport à l'axe réel, son argument est l'opposé, −5π. −z=eiπ×z=2ei56π ; on retire 2π : argument principal −54π. Piège : confondre −z et z ; l'opposé est le symétrique par rapport à l'origine.
i)
1−i3=2e−i3π et −3+i=2ei65π. Le produit a pour module 2×2=4 et pour argument −3π+65π=6−2π+5π=2π : le produit vaut 4ei2π=4i. Recoupement par le développement : −3+i+3i−3i2=4i.
j)
2−3−i=e−i65π, de module 1, au troisième quadrant. Sa puissance 12 vaut e−10iπ=1, et 2027=12×168+11, donc le nombre vaut e−i655π. On ajoute 10π : −655π+660π=65π. Argument principal 65π, et partie réelle cos65π=−23≈−0,866. Piège : diviser 2027 par 4 comme pour une puissance de i ; c'est l'ordre 12 de ce nombre qui compte.
Contrôle : une forme exponentielle se recoupe en revenant à la forme algébrique, reiθ=rcosθ+irsinθ. En g), le module de −163+16i vaut 768+256=1024=32=25 ; en j), le nombre trouvé, ei65π, est bien l'inverse du nombre de départ, puisque 2027≡−1 modulo 12.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Calculs sous forme algébrique
On pose z1=3+2i et z2=1−i.
a) Calculez z1+z2 et z1−z2.
b) Calculez z1z2 sous forme algébrique.
c) Calculez z2z1 sous forme algébrique.
d) Calculez z1z1 et vérifiez que le résultat vaut ∣z1∣2.
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Réponses
a)4+i et 2+3i
b)5−i
c)21+25i
d)13=∣z1∣2
a)
L'addition et la soustraction se font COMPOSANTE PAR COMPOSANTE, exactement comme pour des vecteurs : z1+z2=(3+1)+(2−1)i=4+i et z1−z2=(3−1)+(2−(−1))i=2+3i. Attention au double signe moins dans la partie imaginaire de la différence.
b)
On développe les quatre produits sans oublier que i2=−1 : z1z2=(3+2i)(1−i)=3−3i+2i−2i2=3−i+2=5−i. C'est le remplacement de −2i2 par +2 qui fait toute la différence avec un calcul algébrique ordinaire, et l'oublier est l'erreur la plus fréquente.
c)
On multiplie haut et bas par le CONJUGUÉ du dénominateur, ce qui rend celui-ci réel : 1−i3+2i=(1−i)(1+i)(3+2i)(1+i). Le dénominateur vaut 12+12=2, et le numérateur 3+3i+2i+2i2=1+5i. Donc le quotient vaut 21+5i=21+25i.
d)
z1z1=(3+2i)(3−2i)=9−4i2=9+4=13, en reconnaissant une différence de carrés. Par ailleurs ∣z1∣=32+22=13, donc ∣z1∣2=13 ✓. Les deux coïncident, comme le prévoit le cours.
L'identité zz=∣z∣2 établie en d) est ce qui rend possible la division de c), et il vaut mieux voir le lien que mémoriser deux techniques. Multiplier par le conjugué transforme un dénominateur complexe en un RÉEL, à savoir le carré de son module, après quoi la division devient une simple multiplication par r1. C'est exactement le geste utilisé pour rationaliser 1+21 au lycée, à ceci près que i2=−1 au lieu de 2, ce qui change les signes. Retenons enfin la répartition des rôles qui structure tout le chapitre : la forme ALGÉBRIQUE convient aux sommes et aux différences, la forme EXPONENTIELLE des exercices suivants convient aux produits et aux puissances.
Exercice 2 : Module et argument
Déterminez le module et un argument de chacun des nombres complexes suivants, en valeur exacte.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) z=1+i3
b) z′=−1+i
c) z′′=−2i
d) z′′′=5
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Réponses
a)2 et 3π
b)2 et 43π
c)2 et −2π
d)5 et 0
a)
∣z∣=12+(3)2=1+3=4=2. On FACTORISE ensuite par le module pour faire apparaître un point du cercle unité : z=2(21+i23), et l'on reconnaît cos3π et sin3π. Donc arg(z)=3π. Les deux coordonnées étant positives, le point est bien dans le premier quadrant ✓.
b)
∣z′∣=1+1=2, puis z′=2(−22+i22), ce qui correspond à cos43π et sin43π. Donc arg(z′)=43π. Le contrôle par le quadrant est ici décisif : la partie réelle est négative et l'imaginaire positive, on est donc dans le DEUXIÈME quadrant, ce qui exclut −4π ✓.
c)
∣z′′∣=0+4=2, et z′′ est un imaginaire pur de partie imaginaire NÉGATIVE : son point est sur l'axe des ordonnées vers le bas, donc arg(z′′)=−2π. On peut aussi écrire 23π, les deux différant d'un tour.
d)
∣z′′′∣=5, et z′′′ est un réel strictement POSITIF : son point est sur l'axe des abscisses vers la droite, donc arg(z′′′)=0. Si le nombre avait été −5, l'argument aurait valu π.
La méthode est invariable et il ne faut jamais s'en écarter : on calcule d'abord le module, on factorise par lui, puis on identifie le cosinus et le sinus obtenus, qui sont nécessairement ceux d'un point du cercle unité. Deux contrôles s'imposent ensuite. Le premier vérifie que cos2θ+sin2θ=1, ce qui est automatique si le module est juste. Le second, plus important, vérifie le QUADRANT : la calculatrice, via l'arctangente, ne distingue pas z de −z, et c'est le signe des deux parties qui tranche. Notons enfin que l'argument n'est défini que MODULO 2π, si bien qu'il n'existe pas une réponse mais une famille, et le zéro lui-même n'en a aucun.
Exercice 3 : Forme exponentielle
On rappelle que reiθ=r(cosθ+isinθ).
a) Écrivez 2ei3π sous forme algébrique.
b) Écrivez z=−1+i sous forme exponentielle.
c) Calculez 2ei3π×3ei6π et donnez le résultat sous forme algébrique.
d) Calculez 4ei6π2ei3π sous forme exponentielle.
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Réponses
a)1+i3
b)2ei43π
c)6ei2π=6i
d)21ei6π
a)
On applique la définition : 2ei3π=2(cos3π+isin3π)=2(21+i23)=1+i3. On retrouve exactement le nombre de l'exercice 2 a), ce qui n'est pas un hasard : c'est le même nombre écrit dans les deux formes.
b)
D'après l'exercice 2 b), ∣z∣=2 et arg(z)=43π, donc z=2ei43π. Le passage de l'algébrique à l'exponentielle ne demande donc rien d'autre que le module et l'argument, déjà calculés.
c)
C'est ici que la forme exponentielle montre sa supériorité : les MODULES se multiplient et les ARGUMENTS s'ajoutent. Donc 2×3=6 et 3π+6π=62π+6π=63π=2π. Le produit vaut 6ei2π=6(cos2π+isin2π)=6i. Le même calcul en forme algébrique aurait demandé de développer quatre produits contenant des racines.
d)
Symétriquement, les modules se DIVISENT et les arguments se SOUSTRAIENT : 42=21 et 3π−6π=6π. Le quotient vaut 21ei6π. Aucune multiplication par le conjugué n'a été nécessaire, contrairement à l'exercice 1 c).
La règle de choix est donc simple et vaut d'être formulée une fois pour toutes : la forme ALGÉBRIQUE pour additionner et soustraire, la forme EXPONENTIELLE pour multiplier, diviser et élever à une puissance. La raison est structurelle, l'exponentielle transformant les sommes en produits, exactement comme dans le cas réel : eia×eib=ei(a+b). Une conséquence géométrique mérite d'être retenue, car elle donne tout son sens au chapitre : multiplier par reiθ revient à effectuer une ROTATION d'angle θ suivie d'un agrandissement de rapport r. Multiplier par i, dont le module vaut 1 et l'argument 2π, est donc exactement un quart de tour direct.
Exercice 4 : Équations du second degré dans C
Résolvez dans C les équations suivantes, à coefficients réels.
a) z2−2z+5=0
b) z2+z+1=0
c) z2+9=0
d) Que remarque-t-on sur les couples de solutions obtenus ? Pourquoi était-ce prévisible ?
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Réponses
a)1±2i
b)2−1±i3
c)±3i
d)Conjuguées : coefficients réels
a)
Δ=(−2)2−4×1×5=4−20=−16<0. Quand le discriminant est négatif, on écrit Δ sous la forme i∣Δ∣, ici i×4, et les solutions sont z=22±4i=1±2i. Vérification pour 1+2i : (1+2i)2=1+4i+4i2=−3+4i, puis −3+4i−2(1+2i)+5=−3+4i−2−4i+5=0 ✓.
b)
Δ=1−4=−3<0, donc Δ=i3 et les solutions sont z=2−1±i3. Ce sont les nombres traditionnellement notés j et j, de module 41+43=1, et l'exercice 10 leur sera entièrement consacré.
c)
Ici le discriminant n'est même pas nécessaire : z2=−9 donne directement z=3i ou z=−3i, en remarquant que (3i)2=9i2=−9 ✓. Tout nombre complexe non nul admet exactement DEUX racines carrées, opposées l'une de l'autre.
d)
Dans chacun des trois cas, les deux solutions sont CONJUGUÉES l'une de l'autre. C'était prévisible, et la démonstration tient en une ligne : lorsque les coefficients sont réels, conjuguer l'égalité az2+bz+c=0 donne az2+bz+c=az2+bz+c=0, puisque a=a et ainsi de suite. Donc si z est racine, z l'est aussi.
La propriété de d) a une conséquence remarquable qu'il vaut la peine de connaître : un polynôme à coefficients RÉELS a toujours un nombre PAIR de racines non réelles, puisqu'elles vont par paires conjuguées. C'est pourquoi un polynôme de degré impair admet toujours au moins une racine réelle, résultat qu'on démontrait en Terminale par le théorème des valeurs intermédiaires et qu'on retrouve ici par un tout autre chemin. Notons enfin que le passage aux complexes ne fait pas disparaître le discriminant, il le rend seulement toujours exploitable : Δ>0 donne deux racines réelles, Δ=0 une racine double réelle, et Δ<0 deux racines complexes conjuguées.
Exercice 5 : Affixes et géométrie
Le plan complexe est rapporté à un repère orthonormé. On note A, B et C les points d'affixes respectives zA=1+2i, zB=4−2i et zC=−2+i.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Calculez l'affixe du vecteur AB, puis la distance AB.
b) Calculez l'affixe du milieu I de [AB].
c) Calculez AC et BC.
d) Le triangle ABC est-il isocèle ? Rectangle ?
Voir la correction
Réponses
a)3−4i ; AB=5
b)zI=25
c)AC=10, BC=35
d)Ni isocèle ni rectangle (obtus en A)
a)
L'affixe d'un vecteur est la DIFFÉRENCE des affixes, extrémité moins origine : zAB=zB−zA=(4−1)+(−2−2)i=3−4i. La distance AB est alors le MODULE de cette affixe : AB=∣3−4i∣=9+16=25=5. C'est le lien fondamental entre complexes et géométrie, et tout l'exercice en découle.
b)
L'affixe du milieu est la MOYENNE des affixes : zI=2zA+zB=2(1+4)+(2−2)i=25. Le point I a donc pour coordonnées (25;0) et se trouve sur l'axe des abscisses, ce qui s'explique : A et B ont des ordonnées opposées.
c)
zC−zA=(−2−1)+(1−2)i=−3−i, donc AC=9+1=10≈3,16. Et zC−zB=(−2−4)+(1+2)i=−6+3i, donc BC=36+9=45=35≈6,71.
d)
Les trois longueurs valent 5, 10 et 35, deux à deux différentes : le triangle n'est donc PAS isocèle. Pour tester Pythagore, on identifie le plus GRAND côté, ici BC avec BC2=45, et l'on compare à la somme des carrés des deux autres : AB2+AC2=25+10=35=45. Le triangle n'est donc pas rectangle non plus. Comme 35<45, l'angle en A est même OBTUS.
Le dictionnaire entre complexes et géométrie mérite d'être écrit une fois, car il rend beaucoup d'exercices immédiats. L'affixe de AB est zB−zA ; la distance AB est ∣zB−zA∣ ; l'affixe du milieu est la demi-somme ; l'angle (u;AB) est arg(zB−zA). On dispose ainsi d'un outil qui traite d'un seul calcul ce qui demanderait séparément des coordonnées et de la trigonométrie. La remarque finale sur l'angle obtus illustre un contrôle rentable : comparer c2 à a2+b2 ne coûte rien de plus que le test de Pythagore et donne en prime la nature de l'angle, aigu si la somme l'emporte, obtus sinon.
Partie B : Niveau baccalauréat (/50)
Exercice 6 : Formule de Moivre
On pose z=1+i.
L'option maths expertes est évaluée en contrôle continu, sans écrit au baccalauréat : cette partie B est au niveau des devoirs surveillés de l'année.
a) Déterminez le module et un argument de z, puis sa forme exponentielle.
b) Calculez z4 à l'aide de la formule de Moivre.
c) Calculez z8.
d) Retrouvez z4 par le calcul direct, en passant par z2.
e) Déterminez le plus petit entier n≥1 tel que zn soit un réel strictement positif.
Voir la correction
Réponses
a)2ei4π
b)z4=−4
c)z8=16
d)z2=2i, z4=−4
e)n=8
a)
∣z∣=1+1=2, puis z=2(21+i21)=2(22+i22), ce qui donne arg(z)=4π, les deux coordonnées étant égales et positives. Donc z=2ei4π.
b)
La formule de Moivre dit que l'on élève le module à la puissance et que l'on MULTIPLIE l'argument : z4=(2)4ei×4×4π=4eiπ=4×(−1)=−4. Le calcul du module utilise (2)4=((2)2)2=22=4.
c)
z8=(2)8ei×8×4π=16e2iπ=16×1=16. L'argument valant un tour complet, le résultat est un réel positif.
d)
Par le calcul direct : z2=(1+i)2=1+2i+i2=1+2i−1=2i, puis z4=(z2)2=(2i)2=4i2=−4 ✓. Les deux méthodes concordent. Pour la puissance quatrième les deux se valent, mais pour z100 la voie algébrique serait impraticable alors que Moivre donnerait la réponse en une ligne.
e)
On écrit zn=(2)nei4nπ. Le module (2)n est toujours strictement positif, il n'impose donc aucune condition. Il suffit que l'ARGUMENT soit un multiple de 2π : 4nπ=2kπ donne n=8k. Le plus petit entier convenant est n=8, ce qui redonne bien z8=16>0 ✓. Pour n entre 1 et 7, aucune puissance n'est un réel positif, ce qu'on vérifie sur les valeurs : z4=−4 est réel mais négatif.
La formule de Moivre transforme une multiplication répétée en une simple multiplication d'angle, ce qui rend calculables des puissances hors de portée autrement : z100=(2)100e25iπ=250eiπ=−250, en réduisant 25π modulo 2π. La question e) illustre en prime la méthode générale pour ce type de question : on sépare la condition sur le module de celle sur l'argument, et l'on résout séparément. Ici seul l'argument contraint, ce qui ramène le problème à une équation en nombres entiers. Géométriquement, multiplier par 1+i fait tourner d'un huitième de tour tout en agrandissant : il faut donc huit multiplications pour revenir sur l'axe réel positif.
Exercice 7 : Racines n-ièmes de l'unité
On cherche les solutions dans C de l'équation z3=1, puis de z4=16.
a) En écrivant z=reiθ, montrez que r=1 et déterminez les valeurs possibles de θ.
b) Donnez les trois solutions de z3=1 sous forme exponentielle puis algébrique.
c) Calculez la somme des trois solutions, puis leur produit.
d) Résolvez de même z4=16.
e) Où se placent les solutions dans le plan complexe ?
Voir la correction
Réponses
a)r=1, θ=32kπ
b)1 ; −21±i23
c)Somme 0, produit 1
d)2, 2i, −2, −2i
e)Polygone régulier : triangle, carré
a)
On pose z=reiθ avec r>0, donc z3=r3e3iθ, qui doit valoir 1=1×ei×0. On IDENTIFIE alors séparément les modules et les arguments, ce qui est la clé de la méthode. Modules : r3=1, donc r=1 puisque r est un réel positif et que la fonction cube est bijective sur les positifs. Arguments, égaux seulement MODULO 2π : 3θ=2kπ, donc θ=32kπ pour k entier.
b)
Bien que k parcoure tous les entiers, seules TROIS valeurs donnent des nombres distincts, car k et k+3 donnent des arguments différant d'un tour. On prend k=0, 1 et 2 : z0=e0=1 ; z1=ei32π=cos32π+isin32π=−21+i23 ; z2=ei34π=−21−i23.
c)
La somme vaut 1−21−21+i(23−23)=0. Le produit se calcule plus vite en exponentielle : 1×ei32π×ei34π=ei(32π+34π)=e2iπ=1. Ces deux résultats ne sont pas fortuits, ce sont les relations coefficients-racines appliquées à z3−1=0, dont le coefficient de z2 est nul.
d)
Même méthode : r4=16 donne r=2, et 4θ=2kπ donne θ=2kπ. Les quatre solutions distinctes correspondent à k=0, 1, 2 et 3 : ce sont 2, 2i, −2 et −2i. On vérifie par exemple (2i)4=16i4=16 ✓.
e)
Dans les deux cas, les solutions se répartissent RÉGULIÈREMENT sur un cercle centré à l'origine : rayon 1 et trois points formant un triangle équilatéral pour la première équation, rayon 2 et quatre points formant un carré pour la seconde. Les arguments sont en progression arithmétique de raison n2π, ce qui est exactement la définition d'un polygone régulier inscrit.
Il faut retenir le résultat général, qui vaut pour tout entier n≥1 : l'équation zn=a admet exactement n solutions dans C, toutes de module ∣a∣n1 et d'arguments espacés de n2π. C'est une différence radicale avec les réels, où z4=16 n'a que deux solutions et z3=1 une seule. Leur somme est toujours NULLE dès que n≥2, ce qui se voit géométriquement : les n vecteurs se répartissent symétriquement autour de l'origine et se compensent. Cette propriété sert d'ailleurs de contrôle : si la somme des solutions trouvées n'est pas nulle, c'est qu'une solution manque ou qu'une est fausse.
Exercice 8 : Ensembles de points
Le plan complexe est rapporté à un repère orthonormé. Dans chaque cas, déterminez et caractérisez l'ensemble des points M d'affixe z vérifiant la condition donnée.
a) ∣z−2∣=3
b) ∣z∣=∣z−2∣
c) ∣z−i∣=∣z+1∣
d) Vérifiez votre réponse à la question c) en testant les points d'affixes 0 et 1−i.
Voir la correction
Réponses
a)Cercle de centre (2;0), rayon 3
b)Médiatrice : x=1
c)Droite y=−x
d)Distances égales (1 et 5) ✓
a)
La quantité ∣z−2∣ est la DISTANCE entre le point M d'affixe z et le point A d'affixe 2, puisque z−2 est l'affixe du vecteur AM. La condition ∣z−2∣=3 signifie donc que M est à distance 3 de A : l'ensemble est le CERCLE de centre A(2;0) et de rayon 3.
b)
La condition ∣z∣=∣z−2∣ traduit l'égalité des distances de M à l'origine O et au point A d'affixe 2. L'ensemble des points équidistants de deux points fixes est leur MÉDIATRICE : ici celle du segment joignant (0;0) et (2;0), c'est-à-dire la droite verticale d'équation x=1.
c)
On réécrit d'abord la seconde distance sous la bonne forme : ∣z+1∣=∣z−(−1)∣, distance de M au point B(−1;0). La première, ∣z−i∣, est la distance au point A(0;1). L'ensemble est donc la médiatrice de [AB]. Son milieu est (−21;21) et AB(−1;−1) en est un vecteur normal, d'où l'équation −1(x+21)−1(y−21)=0, soit −x−y=0, c'est-à-dire la droite y=−x.
d)
Pour z=0 : ∣0−i∣=1 et ∣0+1∣=1, les distances sont bien égales ✓, et le point (0;0) vérifie y=−x ✓. Pour z=1−i : ∣1−i−i∣=∣1−2i∣=1+4=5 et ∣1−i+1∣=∣2−i∣=4+1=5, égalité également ✓, et le point (1;−1) vérifie y=−x ✓. Les deux vérifications confirment la droite trouvée.
La règle qui gouverne tout cet exercice tient en une phrase : ∣z−a∣ est la DISTANCE du point d'affixe z au point d'affixe a, et rien d'autre. Deux configurations en découlent immédiatement, et elles couvrent la quasi-totalité des questions posées. Une égalité du type ∣z−a∣=r, avec r constant, décrit un CERCLE de centre a et de rayon r. Une égalité du type ∣z−a∣=∣z−b∣, entre deux distances variables, décrit la MÉDIATRICE de [ab]. Le piège principal est le signe : ∣z+1∣ n'est pas la distance au point 1 mais au point −1, et il faut systématiquement réécrire sous la forme ∣z−a∣ avant d'interpréter, comme en c).
Exercice 9 : Cinq erreurs sur les complexes
Chacune des affirmations suivantes est fausse. Corrigez-la et donnez un contre-exemple.
a) « ∣z∣2=z2. »
b) « arg(zz′)=arg(z)×arg(z′). »
c) « Puisque i2=−1, on peut écrire i=−1 et donc −4=2i. »
d) « Si ∣z∣=∣z′∣, alors z=z′. »
e) « Le nombre 1+i est plus grand que 1. »
Voir la correction
Réponses
a)Faux : ∣z∣2=zz
b)Faux : les arguments s'ajoutent
c)Faux : deux racines, ±2i
d)Faux : même cercle seulement
e)Faux : C n'est pas ordonné
a)
Faux. La relation correcte est ∣z∣2=zz, établie à l'exercice 1. Contre-exemple avec z=i : ∣z∣2=12=1 alors que z2=i2=−1. Les deux ne coïncident que si z est RÉEL, cas où z=z. On notera que ∣z∣2 est toujours un réel positif, alors que z2 peut être n'importe quel complexe.
b)
Faux. Les arguments s'AJOUTENT, ils ne se multiplient pas : arg(zz′)=arg(z)+arg(z′) modulo 2π. Contre-exemple avec z=z′=i : arg(i×i)=arg(−1)=π, ce qui est bien 2π+2π ✓, et non 2π×2π=4π2≈2,47 ✗. Ce sont les MODULES qui se multiplient, et confondre les deux règles est l'erreur la plus fréquente du chapitre.
c)
Faux. La notation est réservée aux réels positifs, où elle désigne l'UNIQUE racine carrée positive. Dans C, tout nombre non nul admet deux racines carrées opposées, et rien ne permet d'en privilégier une : celles de −4 sont 2i et −2i, sans qu'aucune ne soit plus légitime. Utiliser −1 conduit d'ailleurs à des absurdités du type −1=i2=−1×−1=(−1)×(−1)=1=1, la règle ab=ab ne valant que pour a et b positifs.
d)
Faux. L'égalité des modules signifie seulement que les deux points sont sur le MÊME CERCLE centré à l'origine, ce qui laisse une infinité de possibilités. Contre-exemple : ∣1∣=∣i∣=1, et pourtant 1=i. Pour conclure à l'égalité il faut le module ET l'argument, ce qui revient à dire qu'un complexe est déterminé par deux nombres réels et non par un seul.
e)
Faux, et la phrase n'a même pas de SENS. L'ensemble C n'est pas ordonné : il n'existe aucune relation d'ordre compatible avec les opérations, et l'on peut le démontrer. Si un tel ordre existait, i serait positif ou négatif ; dans les deux cas son carré serait positif, or i2=−1<0, contradiction. On peut donc comparer des MODULES, qui sont des réels, mais jamais deux nombres complexes entre eux.
Ces cinq erreurs se ramènent à un même réflexe fautif, celui de transporter dans C des propriétés qui ne valaient que dans R. Trois choses ont été PERDUES en passant aux complexes, et il faut les connaître : l'ordre, comme le montre e) ; l'unicité de la racine carrée, comme le montre c) ; et la possibilité d'identifier un nombre à sa seule valeur absolue, comme le montre d). Trois choses ont été GAGNÉES en échange : toute équation polynomiale y admet des solutions, les rotations deviennent des multiplications, et la géométrie du plan se calcule. Les affirmations a) et b) relèvent d'une autre confusion, entre l'écriture algébrique et l'écriture exponentielle, chacune ayant ses propres règles.
Exercice 10 : Le triangle des racines cubiques
On note j=ei32π=−21+i23, et on considère les points A, B et C d'affixes respectives 1, j et j2.
Ce sont les trois racines cubiques de l'unité, trouvées à l'exercice 7.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Vérifiez que ∣j∣=1 et calculez j2 sous forme algébrique.
b) Démontrez que 1+j+j2=0.
c) Calculez les longueurs AB, BC et CA. Que peut-on en conclure sur le triangle ABC ?
d) Quel est le centre de gravité du triangle ABC ? Justifiez à partir de la question b).
e) Calculez j3 et j2024.
Voir la correction
Réponses
a)∣j∣=1, j2=−21−i23
b)1+j+j2=0
c)Côtés 3 : équilatéral
d)L'origine
e)j3=1, j2024=j2
a)
∣j∣=(−21)2+(23)2=41+43=1=1 ✓, ce qui est cohérent avec la forme exponentielle donnée, dont le module vaut 1. Ensuite j2=ei34π=cos34π+isin34π=−21−i23, qui n'est autre que j.
b)
1+j+j2=1+(−21+i23)+(−21−i23)=(1−21−21)+i(23−23)=0 ✓. On peut aussi l'obtenir sans calcul : j est racine de z2+z+1=0 d'après l'exercice 4 b), donc j2+j+1=0 par définition.
c)
AB=∣j−1∣=−23+i23=49+43=3. BC=j2−j=−i3=3. CA=1−j2=23+i23=3. Les trois côtés sont égaux : le triangle ABC est ÉQUILATÉRAL de côté 3.
d)
L'affixe du centre de gravité est la MOYENNE des trois affixes : 31+j+j2=30=0 d'après b). Le centre de gravité est donc l'ORIGINE du repère. C'est cohérent : les trois points sont sur le cercle unité et régulièrement répartis, leur barycentre ne peut être que le centre du cercle.
e)
j3=ei×3×32π=e2iπ=1, ce qui confirme que j est bien une racine cubique de l'unité. Pour j2024, on divise l'exposant par 3 : 2024=3×674+2, donc j2024=(j3)674×j2=1674×j2=j2=−21−i23.
Le nombre j revient constamment en maths expertes, et il vaut la peine de retenir ses trois propriétés d'un bloc : j3=1, 1+j+j2=0, et j2=j=j1. La dernière égalité vient de ce que le module vaut 1, cas où l'inverse et le conjugué coïncident. La question e) reprend exactement la technique de l'exercice sur les congruences en arithmétique : seul le RESTE de l'exposant modulo 3 compte, et l'on ne calcule jamais la puissance entière. Enfin, le résultat de c) et d) se généralise : les n racines n-ièmes de l'unité forment toujours un polygone régulier à n côtés inscrit dans le cercle unité, de centre de gravité l'origine, puisque leur somme est nulle.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Une équation qui fait intervenir le conjugué
On cherche les nombres complexes z tels que 2z+iz=3−i.
On pose z=x+iy, avec x et y réels.
a) Exprimez z, puis écrivez le membre de gauche sous forme algébrique.
b) En identifiant parties réelles et imaginaires, écrivez le système vérifié par x et y, puis calculez x.
c) Calculez y et donnez z.
d) Vérifiez la solution dans l'équation de départ.
e) Calculez le module de z.
Voir la correction
Réponses
a)(2x+y)+i(x+2y)
b)x=37
c)y=−35 : z=37−35i
d)On retrouve 3−i ✓
e)∣z∣=374≈2,868
a)
z=x−iy, donc iz=ix−i2y=y+ix. Le membre de gauche vaut 2x+2iy+y+ix=(2x+y)+i(x+2y). Le conjugué empêche de résoudre comme une équation du premier degré ordinaire : on ne peut pas isoler z, d'où le passage par x et y.
b)
Deux complexes sont égaux si et seulement si leurs parties réelles ET leurs parties imaginaires sont égales : 2x+y=3 et x+2y=−1. La première donne y=3−2x ; en reportant, x+6−4x=−1, soit −3x=−7 et x=37.
c)
y=3−314=−35, donc z=37−35i.
d)
z=37+35i et iz=−35+37i. Alors 2z+iz=314−310i−35+37i=39−33i=3−i ✓.
e)
∣z∣=(37)2+(35)2=349+25=374≈2,868.
Exercice 12 : Les racines carrées d'un nombre complexe
Dans C, tout nombre non nul w admet exactement deux racines carrées, c'est-à-dire deux solutions de z2=w, opposées l'une de l'autre.
a) Écrivez w=8i sous forme exponentielle.
b) En posant z=reiθ, résolvez z2=8i : déterminez r et les deux valeurs de θ dans [0;2π[.
c) Donnez les deux solutions sous forme algébrique et vérifiez l'une d'elles.
d) On veut résoudre z2=−3+4i, dont l'argument n'est pas remarquable. En posant z=x+iy et en utilisant aussi ∣z∣2=∣w∣, trouvez les deux solutions.
e) Pourquoi l'égalité des modules est-elle indispensable dans la méthode de d) ?
Voir la correction
Réponses
a)8ei2π
b)r=22, θ=4π ou 45π
c)2+2i et −2−2i
d)1+2i et −1−2i
e)Troisième équation x2+y2=5
a)
8i a pour module 8 et, étant un imaginaire pur de partie imaginaire positive, pour argument 2π : w=8ei2π.
b)
z2=r2e2iθ=8ei2π donne r2=8, soit r=22, et 2θ=2π+2kπ, soit θ=4π+kπ. Dans [0;2π[ : θ=4π ou θ=45π. Oublier le +2kπ avant de diviser par deux fait perdre la seconde solution.
c)
22ei4π=22(22+i22)=2+2i, et l'autre est son opposé, −2−2i. Vérification : (2+2i)2=4+8i+4i2=8i ✓.
d)
(x+iy)2=x2−y2+2ixy, donc x2−y2=−3 et 2xy=4. Les modules donnent x2+y2=∣−3+4i∣=5. En ajoutant et en retranchant : 2x2=2 et 2y2=8, soit x=±1 et y=±2. Comme xy=2>0, x et y sont de même signe : les solutions sont 1+2i et −1−2i. Vérification : (1+2i)2=1+4i−4=−3+4i ✓.
e)
Les deux équations x2−y2=−3 et 2xy=4 mènent à une équation du quatrième degré difficile. L'égalité des modules fournit une troisième équation, x2+y2=5, qui, combinée à la première, donne directement x2 et y2 ; l'équation 2xy=4 ne sert plus alors qu'à choisir les SIGNES.
Exercice 13 : Linéariser avec les formules d'Euler
Les formules d'Euler s'écrivent cosx=2eix+e−ix et sinx=2ieix−e−ix. Linéariser une puissance de cosinus, c'est l'écrire comme une somme de cosinus d'angles multiples, ce qui permet de la primitiver.
a) Développez (2eix+e−ix)2 et déduisez-en l'expression linéarisée de cos2x.
b) Développez de même cos3x par la formule du binôme et linéarisez-le.
c) Vérifiez la formule de b) en x=0 et en x=3π.
d) Calculez ∫02πcos3xdx en valeur exacte.
e) Linéarisez sin2x et calculez ∫0πsin2xdx.
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Réponses
a)cos2x=21+cos2x
b)cos3x=4cos3x+3cosx
c)1 en 0 et 81 en 3π ✓
d)32
e)sin2x=21−cos2x ; intégrale 2π
a)
cos2x=4e2ix+2+e−2ix=42cos2x+2=21+cos2x, en regroupant e2ix+e−2ix=2cos2x.
b)
Avec (a+b)3=a3+3a2b+3ab2+b3 : cos3x=8e3ix+3eix+3e−ix+e−3ix=82cos3x+6cosx=4cos3x+3cosx. Le dénominateur est 23=8 et non 2.
c)
En x=0 : 41+3=1=cos30 ✓. En x=3π : cosπ=−1 et cos3π=21, donc 4−1+23=81=(21)3 ✓.
d)
Une primitive de 4cos3x+3cosx est 12sin3x+43sinx. Donc ∫02πcos3xdx=12sin23π+43−0=−121+129=32.
e)
sin2x=21−cos2x, par la même méthode ou par cos2x+sin2x=1. Alors ∫0πsin2xdx=[2x−4sin2x]0π=2π≈1,571 : la moitié de la longueur de l'intervalle, puisque sin2 oscille autour de sa valeur moyenne 21.
Exercice 14 : Une suite de points qui s'enroule vers l'origine
On définit la suite de nombres complexes (zn) par z0=4 et zn+1=21+izn. On note Mn le point d'affixe zn.
a) Écrivez q=21+i sous forme exponentielle.
b) Exprimez zn en fonction de n, puis ∣zn∣. Quelle est la limite de ∣zn∣ ?
c) Calculez z4.
d) Déterminez le plus petit entier n tel que Mn soit dans le disque de centre O et de rayon 0,01.
e) Montrez que le triangle OMnMn+1 est isocèle rectangle en Mn+1. Calculez la longueur totale de la ligne brisée M0M1M2…
Voir la correction
Réponses
a)q=22ei4π
b)∣zn∣=4(22)n→0
c)z4=−1
d)n=18
e)Isocèle rectangle en Mn+1 ; longueur 4(2+1)
a)
∣q∣=21+1=22, et q=22(22+i22) donne argq=4π : q=22ei4π. Multiplier par q, c'est tourner d'un huitième de tour et réduire de 22≈0,707.
b)
C'est une suite géométrique de raison q : zn=4qn=4(22)nei4nπ et ∣zn∣=4(22)n. Comme 0<22<1, ∣zn∣ tend vers 0 : les points s'enroulent vers l'origine.
c)
z4=4(22)4eiπ=4×41×(−1)=−1.
d)
On cherche 4(22)n<0,01, soit (22)n<0,0025 et, en passant au logarithme qui est croissant, nln22<ln0,0025. Le logarithme de 22 étant NÉGATIF, l'inégalité change de sens : n>ln22ln0,0025≈17,3. Le rang cherché est n=18 ; vérification : ∣z17∣≈0,011 et ∣z18∣≈0,0078.
e)
OMn+1=∣zn+1∣=22∣zn∣ et MnMn+1=∣zn+1−zn∣=∣zn∣∣q−1∣=∣zn∣2−1+i=22∣zn∣ : les deux côtés sont égaux. De plus OMn+12+MnMn+12=21∣zn∣2+21∣zn∣2=OMn2, donc le triangle est rectangle en Mn+1 par la réciproque de Pythagore. La longueur totale est la somme géométrique ∑n≥04(22)n+1=1−224×22=4(2+1)≈9,66 : une spirale infinie de longueur finie.
Exercice 15 : Trigonométrie par la formule de Moivre
La formule de Moivre donne, pour tout réel θ : (cosθ+isinθ)3=cos3θ+isin3θ. En développant le membre de gauche, on obtient des formules de trigonométrie.
a) Développez (cosθ+isinθ)3 et, en identifiant les parties réelles, exprimez cos3θ en fonction de cosθ seul.
b) En identifiant les parties imaginaires, exprimez sin3θ en fonction de sinθ seul.
c) Vérifiez la formule de a) pour θ=3π.
d) Montrez que c=cos9π est solution de 8x3−6x−1=0, et donnez sa valeur approchée.
e) Les trois racines de cette équation sont cos9π, cos97π et cos913π. Que vaut leur somme ? Quelle est la plus petite ?
Voir la correction
Réponses
a)cos3θ=4cos3θ−3cosθ
b)sin3θ=3sinθ−4sin3θ
c)−1 ✓
d)8c3−6c−1=0, c≈0,940
e)Somme 0 ; plus petite cos97π≈−0,766
a)
Avec c=cosθ et s=sinθ : (c+is)3=c3+3ic2s−3cs2−is3. Partie réelle : cos3θ=c3−3cs2=c3−3c(1−c2)=4cos3θ−3cosθ.
b)
Partie imaginaire : sin3θ=3c2s−s3=3(1−s2)s−s3=3sinθ−4sin3θ. Attention : i3=−i, d'où le signe du dernier terme.
c)
cosπ=−1 et 4(21)3−3×21=21−23=−1 ✓.
d)
Pour θ=9π, 3θ=3π et cos3π=21 : 4c3−3c=21, soit en multipliant par 2, 8c3−6c−1=0. Numériquement c≈0,940. Le cosinus de 20∘ n'a pas d'expression simple avec des racines carrées, mais il est racine d'une équation du troisième degré à coefficients entiers.
e)
Le coefficient de x2 étant nul, la somme des racines est NULLE : 0,940−0,766−0,174=0. La plus petite est cos97π≈−0,766. Les deux autres angles conviennent aussi, car 3×97π=37π et 3×913π=313π ont le même cosinus que 3π.
Partie D : démonstrations et contenus du programme (/60)
Exercice 16 : Conjugué d'un produit, d'un inverse, d'une puissance : trois démonstrations
Dans tout l'exercice, z=a+ib et w=c+id sont deux nombres complexes, avec a, b, c et d réels. On démontre les trois règles de calcul du conjugué que le programme demande de savoir établir, puis on s'en sert.
a) Démontrez que zw=zw en calculant les deux membres sous forme algébrique. Vérifiez-le avec z=2+3i et w=1−4i : donnez la partie réelle et la partie imaginaire de zw.
b) Démontrez par récurrence que zn=(z)n pour tout entier naturel n. Quelle règle sert dans l'hérédité ?
c) On suppose z=0. En conjuguant l'égalité z×z1=1, démontrez que (z1)=z1. Pour z=2+3i, donnez la partie imaginaire de (z1).
d) Déduisez de b) et c) que z−n=(z)−n pour tout entier naturel n et tout z=0. Que vaut i−3 ?
e) On pose t=3+i. Démontrez, sans le calculer, que t3+t3 est un réel, puis calculez-le.
Voir la correction
Réponses
a)zw=(ac−bd)−i(ad+bc)=zw ; exemple : 14+5i
b)Récurrence, hérédité par le conjugué d'un produit
c)(z1)=z1 ; exemple : partie imaginaire 133
d)z−n=(z)−n ; i−3=−i
e)Z=Z donc Z réel ; t3+t3=36
a)
D'un côté, zw=(a+ib)(c+id)=ac+iad+ibc+i2bd=(ac−bd)+i(ad+bc), donc zw=(ac−bd)−i(ad+bc). De l'autre, zw=(a−ib)(c−id)=ac−iad−ibc+i2bd=(ac−bd)−i(ad+bc). Les deux membres ont même partie réelle et même partie imaginaire : ils sont égaux, pour TOUS z et w, ce qui est une démonstration et non une vérification. Sur l'exemple, zw=(2+3i)(1−4i)=2−8i+3i−12i2=14−5i, donc zw=14+5i ; et zw=(2−3i)(1+4i)=2+8i−3i+12=14+5i. Partie réelle 14, partie imaginaire 5.
b)
Notons P(n) : « zn=(z)n ». Initialisation : z0=1 et 1=1=(z)0, donc P(0) est vraie. Hérédité : supposons P(n). Alors zn+1=zn×z=zn×z par la règle du conjugué d'un PRODUIT démontrée en a), puis =(z)n×z=(z)n+1 par hypothèse de récurrence. Conclusion : P(n) est vraie pour tout n. Contrôle sur z=2+3i : z4=−119−120i et (2−3i)4=−119+120i, qui est bien le conjugué. Le piège est d'écrire l'hérédité avec une somme : c'est le produit qui sert, parce qu'une puissance est un produit répété.
c)
Pour z=0, z×z1=1. On conjugue les deux membres : z×z1=1=1, et par a), z×(z1)=1. Comme z=0, z=0 (un complexe et son conjugué ont le même module), et l'on peut diviser : (z1)=z1. Pour z=2+3i : z1=(2+3i)(2−3i)2−3i=132−3i, donc (z1)=132+3i, de partie imaginaire 133≈0,231. On retrouve bien z1=2−3i1=132+3i.
d)
Par définition, z−n=zn1. Alors z−n=(zn1)=zn1 par c) appliqué à zn=0, puis =(z)n1=(z)−n par b). La règle vaut donc pour toute puissance ENTIÈRE, positive ou négative. Exemple : i3=−i, donc i−3=−i1=i et i−3=−i ; par la règle, (i)−3=(−i)−3=(−i)31=i1=−i. Les deux calculs concordent.
e)
Un complexe Z est réel si et seulement si Z=Z. Posons Z=t3+t3. Le conjugué d'une somme est la somme des conjugués, donc Z=t3+t3=t3+(t)3=t3+t3=Z, en utilisant b) deux fois et t=t. Donc Z est réel, sans aucun calcul. Pour la valeur : t2=9+6i−1=8+6i, t3=(8+6i)(3+i)=24+8i+18i−6=18+26i, et t3=18−26i par b). La somme vaut 36, soit deux fois la partie réelle de t3.
À retenir : les trois règles se démontrent dans l'ordre produit, puissance, inverse, et chacune s'appuie sur la précédente. Sur une copie, citer la règle utilisée à chaque ligne vaut autant que le calcul.
Exercice 17 : Module d'un produit, d'un inverse, d'une puissance : la démonstration par le conjugué
On utilise la relation ∣z∣2=zz, valable pour tout complexe z, et la règle zw=zw démontrée à l'exercice 16.
a) Démontrez que ∣zw∣2=∣z∣2∣w∣2 pour tous complexes z et w, puis que ∣zw∣=∣z∣∣w∣. Quel argument permet de passer des carrés aux modules ?
b) Démontrez par récurrence que ∣zn∣=∣z∣n pour tout entier naturel n. Application : calculez (1+3i)4.
c) Pour z=0, démontrez que z1=∣z∣1. Application : calculez 4−3i1.
d) Calculez le module de Z=(4−3i)3(1+3i)4(2−2i)2 sans développer aucune puissance.
e) Existe-t-il un complexe z tel que z4=3+4i et ∣z∣=2 ? Justifiez, puis donnez le module que doit avoir tout complexe z vérifiant z4=3+4i.
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Réponses
a)∣zw∣2=zzww=∣z∣2∣w∣2, puis positivité : ∣zw∣=∣z∣∣w∣
b)Récurrence ; (1+3i)4=100
c)z1=∣z∣1 ; 4−3i1=0,2
d)∣Z∣=125100×8=6,4
e)Non, car ∣z∣4=5=16 ; module 51/4≈1,495
a)
Par la relation ∣u∣2=uu appliquée à u=zw : ∣zw∣2=zwzw=zwzw, par la règle du conjugué d'un produit. Le produit des complexes est commutatif et associatif, donc on regroupe : =(zz)(ww)=∣z∣2∣w∣2. Ainsi ∣zw∣2=(∣z∣∣w∣)2. Pour conclure, il faut un argument : ∣zw∣ et ∣z∣∣w∣ sont deux réels POSITIFS, et deux réels positifs de même carré sont égaux. D'où ∣zw∣=∣z∣∣w∣. Sans cette phrase, on a seulement démontré l'égalité au signe près, et c'est la ligne que le barème attend.
b)
Notons P(n) : « ∣zn∣=∣z∣n ». P(0) : ∣z0∣=∣1∣=1=∣z∣0. Si P(n) est vraie, alors ∣zn+1∣=∣zn×z∣=∣zn∣×∣z∣ par a), puis =∣z∣n×∣z∣=∣z∣n+1 par hypothèse de récurrence : P(n+1) est vraie. Donc ∣zn∣=∣z∣n pour tout n. Application : ∣1+3i∣=1+9=10, donc (1+3i)4=(10)4=100, sans développer (1+3i)4=28−96i ; le contrôle est gratuit : 282+962=784+9216=10000=1002.
c)
Pour z=0, z×z1=1. Par a), ∣z∣×z1=∣1∣=1. Comme z=0, ∣z∣=0 et l'on divise : z1=∣z∣1. Application : ∣4−3i∣=16+9=5, donc 4−3i1=51=0,2. Par la forme algébrique, 4−3i1=254+3i, de module 255 : même résultat. On en déduit aussi le module d'un quotient, wz=∣w∣∣z∣.
d)
Tout se ramène à des modules connus : ∣1+3i∣=10, ∣2−2i∣=8=22 et ∣4−3i∣=5. Par b) et c), ∣Z∣=53(10)4×(22)2=125100×8=125800=6,4. Le calcul direct demanderait une puissance quatrième, un carré, un cube et une division de complexes ; on trouverait Z=3,84−5,12i, et 3,842+5,122=40,96=6,42. Le module d'un produit est la raison d'être de la forme exponentielle : on ne multiplie que des longueurs.
e)
Si z4=3+4i, alors par b) ∣z∣4=∣z4∣=∣3+4i∣=5. Avec ∣z∣=2, on aurait ∣z∣4=16=5 : c'est impossible, la réponse est NON. Tout complexe solution a donc un module r positif tel que r4=5, soit r=541=5≈1,495. Le module d'une puissance sert ici d'OBSTRUCTION : il élimine une hypothèse sans résoudre l'équation.
À retenir : une démonstration de module passe par ∣u∣2=uu, puis se conclut par la positivité des modules. Les puissances et les inverses en découlent par récurrence et par z×z1=1.
Exercice 18 : La formule du binôme dans C : démonstration et deux usages
Pour tous complexes z et w et tout entier naturel n, la formule du binôme affirme que (z+w)n=∑k=0n(kn)zkwn−k. Les coefficients vérifient la relation de Pascal (kn)+(k+1n)=(k+1n+1), vue en spécialité.
a) Démontrez la formule par récurrence sur n. Dans l'hérédité, quelle propriété du produit des complexes est indispensable pour regrouper les termes ?
b) Développez (2+i)5 par la formule du binôme, en calculant les puissances de i. Donnez la partie réelle et la partie imaginaire.
c) Contrôlez le résultat de b) par le module : calculez 382+412 et comparez à ∣2+i∣10.
d) En calculant (1+i)7 de deux façons, par le binôme et par la forme exponentielle, déterminez S=1−(27)+(47)−(67) et T=(17)−(37)+(57)−(77).
e) Pour deux matrices carrées A et B, l'égalité (A+B)2=A2+2AB+B2 peut être fausse. En relisant votre démonstration de a), dites à quelle condition la formule du binôme reste vraie pour des matrices.
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Réponses
a)Récurrence avec la relation de Pascal ; la commutativité zw=wz est indispensable
b)(2+i)5=−38+41i
c)382+412=3125=55=∣2+i∣10 ✓
d)(1+i)7=8−8i, donc S=8 et T=−8
e)Vraie si AB=BA
a)
Notons P(n) la formule au rang n. P(0) : (z+w)0=1 et la somme se réduit à (00)z0w0=1. Supposons P(n). Alors (z+w)n+1=(z+w)(z+w)n=∑k=0n(kn)zk+1wn−k+∑k=0n(kn)zkwn+1−k. Pour obtenir z×zkwn−k=zk+1wn−k, on a fait passer z devant wn−k : c'est la COMMUTATIVITÉ zw=wz. On décale l'indice de la première somme (j=k+1), puis on regroupe les termes en zjwn+1−j : le coefficient vaut (j−1n)+(jn)=(jn+1) par Pascal, et les deux termes extrêmes donnent zn+1 et wn+1, de coefficient 1=(n+1n+1)=(0n+1). On obtient (z+w)n+1=∑j=0n+1(jn+1)zjwn+1−j : P(n+1) est vraie. La démonstration est mot pour mot celle de R, et c'est le point : elle n'utilise que les règles de calcul que C partage avec R.
b)
Avec z=i et w=2 : (2+i)5=∑k=05(k5)ik25−k. Les puissances de i tournent sur un cycle de 4 : 1, i, −1, −i, 1, i. Les six termes valent 32, 5×16i=80i, 10×8×(−1)=−80, 10×4×(−i)=−40i, 5×2×1=10 et i. Partie réelle : 32−80+10=−38. Partie imaginaire : 80−40+1=41. Donc (2+i)5=−38+41i. Le piège est le terme k=2 : i2=−1 rend le troisième terme NÉGATIF, et l'oublier donne une partie réelle de 122.
c)
382+412=1444+1681=3125. Or ∣2+i∣=5, donc par l'exercice 17, (2+i)52=∣2+i∣10=55=3125. Les deux nombres coïncident : le développement passe le contrôle. Une erreur de signe sur un terme aurait presque toujours cassé cette égalité, ce qui fait du module un contrôle en dix secondes de tout développement.
d)
Par le binôme, (1+i)7=∑k=07(k7)ik. Les k pairs donnent la partie réelle, avec le signe de ik : 1−(27)+(47)−(67)=S ; les k impairs donnent la partie imaginaire : (17)−(37)+(57)−(77)=T. Par la forme exponentielle, 1+i=2ei4π, donc (1+i)7=(2)7ei47π=82(22−i22)=8−8i. En identifiant : S=8 et T=−8. Contrôle direct : 1−21+35−7=8 et 7−35+21−1=−8.
e)
La démonstration de a) n'a utilisé qu'une propriété que les matrices n'ont pas toujours : zw=wz. Pour des matrices, (A+B)2=A2+AB+BA+B2, et l'on ne regroupe AB+BA en 2AB que si AB=BA. La formule du binôme est donc vraie pour deux matrices qui COMMUTENT, et en général fausse sinon. Relire une démonstration pour y trouver l'hypothèse cachée, c'est exactement ce qui permet de savoir où un résultat cesse de valoir.
À retenir : dans C, la formule du binôme est licite parce que le produit est commutatif, et les puissances de i se lisent sur le cycle 1, i, −1, −i.
Exercice 19 : L'ensemble U des nombres complexes de module 1
On note U l'ensemble des nombres complexes de module 1 : dans le plan complexe, c'est le cercle de centre O et de rayon 1. On considère u=135+12i et v=178−15i, dont les images U et V sont placées ci-dessous.
a) Vérifiez que u et v appartiennent à U. Démontrez ensuite que U est stable par produit : si ∣u∣=∣v∣=1, alors ∣uv∣=1.
b) Calculez uv sous la forme 221p+iq avec p et q entiers, et vérifiez que ∣uv∣=1.
c) Démontrez que si u∈U, alors u1=u et u1∈U : U est stable par passage à l'inverse. Donnez u1 sous forme algébrique.
d) U est-il stable par somme ? Justifiez par un contre-exemple, en calculant ∣1+i∣.
e) Démontrez que pour u et v dans U avec uv=−1, le nombre Z=1+uvu+v est réel. Calculez-le pour les valeurs de l'énoncé.
Voir la correction
Réponses
a)∣u∣=∣v∣=1 ; ∣uv∣=∣u∣∣v∣=1
b)uv=221220+21i, et 2202+212=2212
c)u1=u=135−12i∈U
d)Non : ∣1+i∣=2=1
e)Z=Z, donc Z réel ; Z=73
a)
∣u∣2=13252+122=16925+144=1 et ∣v∣2=17282+152=28964+225=1 : u et v sont dans U. Pour la stabilité, on applique le module d'un produit (exercice 17) : ∣uv∣=∣u∣∣v∣=1×1=1, donc uv∈U. La démonstration tient en une ligne parce que le module d'un produit a été démontré avant ; sans lui, il faudrait développer uv et recalculer une somme de carrés à chaque fois.
b)
(5+12i)(8−15i)=40−75i+96i−180i2=220+21i, et 13×17=221, donc uv=221220+21i : p=220 et q=21. Vérification : 2202+212=48400+441=48841=2212, donc ∣uv∣=1, comme la question a) l'annonçait. Le point W d'affixe uv est presque sur l'axe des abscisses : l'angle de u et celui de v, de signes contraires, se compensent presque, puisque les arguments s'ajoutent.
c)
Si ∣u∣=1, alors uu=∣u∣2=1, donc u=0 et u1=u. De plus u1=∣u∣1=1 (exercice 17), ou directement ∣u∣=∣u∣=1 : u1∈U. Sur un élément de U, inverser revient donc à CONJUGUER, c'est-à-dire à prendre le symétrique par rapport à l'axe des abscisses : ici u1=135−12i, point U′. Contrôle : 135+12i×135−12i=16925+144=1.
d)
Non. 1 et i sont dans U, mais ∣1+i∣=2≈1,414=1. Un seul contre-exemple suffit à réfuter une propriété générale. Géométriquement, la somme de deux vecteurs unitaires n'est unitaire que dans un cas très particulier (angle de 120∘ entre eux), alors que le produit, qui fait TOURNER un point du cercle, le laisse toujours sur le cercle.
e)
Un complexe est réel si et seulement s'il est égal à son conjugué. Par les règles de l'exercice 16 et u=u1, v=v1 : Z=1+uvu+v=1+uv1u1+v1. On multiplie en haut et en bas par uv=0 : Z=uv+1v+u=Z. Donc Z est réel. Pour les valeurs de l'énoncé : u+v=22185+204i+104−195i=221189+9i et 1+uv=221441+21i, d'où Z=441+21i189+9i=21(21+i)9(21+i)=219=73≈0,4286. Le calcul confirme la démonstration : la partie imaginaire disparaît.
À retenir : dans U, l'inverse est le conjugué. C'est cette égalité qui rend les calculs sur les complexes de module 1 si courts, et elle vient de uu=∣u∣2.
Exercice 20 : Les formules d'addition, par le produit scalaire puis par un produit de complexes
Pour tout réel a, le nombre cosa+isina est de module 1. Le cours établit d'abord la formule de cos(a−b) par le produit scalaire, et en déduit la relation eiaeib=ei(a+b) ; c'est elle qui permet ensuite de RETROUVER toutes les formules en un seul produit, au lieu de les apprendre par cœur.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Dans un repère orthonormé, on considère les vecteurs unitaires u(cosa;sina) et v(cosb;sinb), qui font avec l'axe des abscisses les angles a et b. En calculant u⋅v de deux façons, démontrez que cos(a−b)=cosacosb+sinasinb.
b) Développez (cosa+isina)(cosb+isinb) et identifiez-le à cos(a+b)+isin(a+b) : écrivez les formules de cos(a+b) et de sin(a+b).
c) Prenez b=a pour obtenir les formules de duplication. Application : avec cosa=54 et sina=53, calculez cos2a et sin2a, puis vérifiez le résultat en calculant (54+3i)2.
d) Calculez cos12π en valeur exacte, en écrivant 12π=3π−4π.
e) Exprimez cos212π à l'aide de cos6π par une formule de duplication, et vérifiez la cohérence avec d).
Première façon, par les coordonnées dans un repère orthonormé : u⋅v=cosacosb+sinasinb. Seconde façon, par la définition géométrique : u⋅v=∥u∥∥v∥cos(u,v). Les deux vecteurs sont unitaires, car cos2a+sin2a=1, et l'angle orienté (u,v) vaut b−a à 2π près ; le cosinus étant pair, u⋅v=cos(b−a)=cos(a−b). En égalant : cos(a−b)=cosacosb+sinasinb. C'est la démonstration du programme ; en remplaçant b par −b, on obtient cos(a+b)=cosacosb−sinasinb.
b)
(cosa+isina)(cosb+isinb)=cosacosb+icosasinb+isinacosb+i2sinasinb=(cosacosb−sinasinb)+i(sinacosb+cosasinb). Ce produit vaut eiaeib=ei(a+b)=cos(a+b)+isin(a+b). Deux complexes égaux ont même partie réelle et même partie imaginaire : cos(a+b)=cosacosb−sinasinb et sin(a+b)=sinacosb+cosasinb. Attention à l'ordre logique : ce produit RETROUVE les formules, il ne les démontre pas à lui seul, puisque la relation fonctionnelle a été établie à partir de a). On l'emploie en devoir pour ne jamais se tromper de signe.
c)
Avec b=a : cos2a=cos2a−sin2a et sin2a=2sinacosa. Comme cos2a+sin2a=1, on a aussi cos2a=2cos2a−1=1−2sin2a. Application : cos2a=2516−259=257=0,28 et sin2a=2×53×54=2524=0,96. Vérification par un carré de complexe de module 1 : (54+3i)2=2516+24i+9i2=257+24i, dont les parties réelle et imaginaire sont exactement cos2a et sin2a : élever au carré double l'argument.
d)
cos12π=cos(3π−4π)=cos3πcos4π+sin3πsin4π=21×22+23×22=42+6≈0,9659. Le piège est de choisir la formule de cos(a+b) : le signe moins de a−b devient un signe PLUS dans la formule, et c'est l'erreur la plus coûteuse du chapitre.
e)
Par cos2x=2cos2x−1 avec x=12π : cos212π=21+cos6π=21+23=42+3≈0,9330. Cohérence avec d) : (42+6)2=162+212+6=168+43=42+3. Les deux chemins donnent le même carré, et cos12π>0 puisque 12π∈]0;2π[, ce qui permet de revenir à la racine positive.
À retenir : on DÉMONTRE une formule d'addition par le produit scalaire, et on les RETROUVE toutes en développant un produit de deux complexes de module 1.
Exercice 21 : L'équation az = b, et trois équations qui s'y ramènent
Soit a et b deux nombres complexes. On résout dans C l'équation az=b, d'inconnue z, puis des équations qui se ramènent à cette forme.
a) Discutez selon a : si a=0, donnez l'unique solution ; si a=0, décrivez l'ensemble des solutions selon b.
b) Résolvez (2−i)z=3+4i et donnez z sous forme algébrique.
c) Résolvez (1+i)z+3=2iz−i.
d) Résolvez z+1z−i=2i, en précisant d'abord la valeur interdite.
e) Déterminez le réel m pour lequel l'équation (m+2i)z=4+6i admet une solution RÉELLE, et donnez cette solution.
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Réponses
a)a=0 : z=ab ; a=0 : vide si b=0, C si b=0
b)z=52+11i=0,4+2,2i
c)z=−1−2i
d)Valeur interdite −1 ; z=−1,2+0,6i, acceptée
e)m=34, solution z=3
a)
Si a=0, a admet un inverse a1=∣a∣2a, et az=b équivaut à z=ab=∣a∣2ba : une unique solution. Si a=0, l'équation devient 0=b : si b=0, elle n'a aucune solution, l'ensemble est vide ; si b=0, tout complexe convient, l'ensemble est C entier. La discussion est la même que dans R, et c'est pour cela que le cas a=0 se traite en premier et en une phrase.
b)
a=2−i=0, donc z=2−i3+4i. On multiplie en haut et en bas par le conjugué du dénominateur : z=(2−i)(2+i)(3+4i)(2+i)=4+16+3i+8i+4i2=52+11i=0,4+2,2i. Vérification : (2−i)(0,4+2,2i)=0,8+4,4i−0,4i+2,2=3+4i. L'erreur classique divise les parties réelles entre elles, 23, et les parties imaginaires entre elles, −14 : un quotient de complexes ne se calcule jamais composante par composante.
c)
On regroupe les termes en z d'un côté : (1+i)z−2iz=−i−3, soit (1−i)z=−3−i. C'est la forme az=b avec a=1−i=0 : z=(1−i)(1+i)(−3−i)(1+i)=2−3−3i−i−i2=2−2−4i=−1−2i. Vérification : à gauche, (1+i)(−1−2i)+3=−1−3i+2+3=4−3i ; à droite, 2i(−1−2i)−i=−2i+4−i=4−3i. Les deux membres coïncident.
d)
Le dénominateur s'annule pour z=−1 : c'est la valeur interdite. Pour z=−1, on multiplie par z+1 : z−i=2i(z+1)=2iz+2i, soit (1−2i)z=3i, donc z=(1−2i)(1+2i)3i(1+2i)=53i−6=−1,2+0,6i. Cette valeur est différente de −1, donc elle est acceptée. La précaution n'est pas décorative : une solution égale à la valeur interdite devrait être rejetée, et le barème compte la phrase qui le vérifie.
e)
Si z est un réel, alors (m+2i)z=mz+2iz a pour partie réelle mz et pour partie imaginaire 2z, puisque m et z sont réels. L'égalité avec 4+6i donne 2z=6, donc z=3, puis 3m=4, donc m=34. Réciproquement, pour m=34, l'unique solution est z=34+2i4+6i=4+6i3(4+6i)=3, qui est bien réelle. L'identification des parties réelle et imaginaire n'est licite que parce que m et z sont réels : c'est l'hypothèse à écrire avant de séparer.
À retenir : az=b se résout en multipliant par l'inverse de a, calculé par le conjugué ; toute équation du premier degré en z, sans z, se ramène à cette forme en regroupant les termes.
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