Maths expertes, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : l'arithmétique (maths expertes)

Voici une série d'exercices corrigés de mathématiques expertes sur l'arithmétique, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

L'arithmétique est la partie du programme où le raisonnement compte plus que le calcul : une équation diophantienne se résout entièrement, avec l'ensemble de toutes les solutions, et une divisibilité se démontre, jamais ne se constate.

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Ce chapitre fait partie de Maths expertes en Terminale
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (9 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Généralités sur les fonctionsSeconde, Mathématiques
  2. 2Algorithmique et PythonSeconde, Mathématiques
  3. 3Les suites numériquesPremière, Mathématiques
  4. 4Suites et récurrenceMathématiques
  5. 5Multiples, diviseurs et divisibilitéSixième, Mathématiques
  6. 6Multiples, diviseurs et nombres premiersQuatrième, Mathématiques
  7. 7La notion de fonctionTroisième, Mathématiques
  8. 8PGCD, Euclide et fractions irréductiblesTroisième, Mathématiques
  9. 9Algorithmique et ScratchTroisième, Mathématiques

Rappel de cours

  • Division euclidienne de aa par b>0b>0 : il existe un unique couple (q, r)(q,\ r) avec a=bq+ra=bq+r et 0r<b0\leq r<b. Le reste est toujours positif, même si aa est négatif.
  • Algorithme d'Euclide : pgcd(a, b)=pgcd(b, r)\mathrm{pgcd}(a,\ b)=\mathrm{pgcd}(b,\ r), où rr est le reste de aa par bb. On itère jusqu'à un reste nul.
  • ab [n]a\equiv b\ [n] signifie que nn divise aba-b. Les congruences se conservent par somme, produit et puissance.
  • Théorème de Bézout : aa et bb sont premiers entre eux si et seulement s'il existe des entiers uu et vv tels que au+bv=1au+bv=1.
  • L'équation ax+by=cax+by=c admet des solutions entières si et seulement si pgcd(a, b)\mathrm{pgcd}(a,\ b) divise cc.
  • Théorème de Gauss : si aa divise bcbc et si aa et bb sont premiers entre eux, alors aa divise cc.
  • Petit théorème de Fermat : si pp est premier et ne divise pas aa, alors ap11 [p]a^{p-1}\equiv 1\ [p].
  • Simplifier une congruence par cc n'est licite que si cc et le module sont premiers entre eux.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Division euclidienne et divisibilité

On rappelle que le reste d'une division euclidienne est toujours positif ou nul, et strictement inférieur au diviseur.

  • a) Effectuez la division euclidienne de 2024 par 7.
  • b) Effectuez la division euclidienne de 17-17 par 5. Attention au signe du reste.
  • c) Déterminez tous les diviseurs positifs de 36.
  • d) Démontrez que pour tout entier naturel nn, le produit n(n+1)n(n+1) est pair.

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) 2024=7×289+12024=7\times 289+1
  • b) 17=5×(4)+3-17=5\times(-4)+3
  • c) 1,2,3,4,6,9,12,18,361,2,3,4,6,9,12,18,36 : 99 diviseurs
  • d) Deux consécutifs : l'un est pair

a) On cherche le plus grand multiple de 77 inférieur ou égal à 20242024 : 7×289=20237\times 289=2023, donc 2024=7×289+12024=7\times 289+1, avec 01<70\leq 1<7 ✓. Le quotient est 289289 et le reste 11. La condition sur le reste doit être écrite, c'est elle qui garantit l'unicité du couple.

b) Le piège est ici, et il coûte des points chaque année. On cherche qq tel que le reste tombe dans [0;5[[0\,;\,5[. Avec q=4q=-4 : 5×(4)=205\times(-4)=-20 et 17(20)=3-17-(-20)=3, donc 17=5×(4)+3-17=5\times(-4)+3, avec quotient 4-4 et reste 33 ✓. L'erreur classique consiste à écrire 17=5×(3)2-17=5\times(-3)-2, ce qui est une égalité vraie mais N'EST PAS une division euclidienne, car 2-2 n'est pas un reste valable. Le reste est toujours POSITIF, même pour un dividende négatif, et le quotient descend donc d'une unité.

c) On décompose d'abord : 36=22×3236=2^{2}\times 3^{2}. Les diviseurs positifs s'obtiennent en prenant chaque facteur premier à une puissance comprise entre 00 et son exposant : 11, 22, 33, 44, 66, 99, 1212, 1818 et 3636. Il y en a (2+1)×(2+1)=9(2+1)\times(2+1)=9, formule qui donne le compte sans énumérer et qui resservira à l'exercice 5.

d) Parmi deux entiers CONSÉCUTIFS, l'un est nécessairement pair, et l'on rédige par disjonction de cas. Si nn est pair, alors n(n+1)n(n+1) l'est comme multiple de nn ; si nn est impair, alors n+1n+1 est pair et le produit l'est encore. Dans tous les cas n(n+1)n(n+1) est divisible par 22. Le même argument, étendu à trois entiers consécutifs, montrerait que leur produit est divisible par 66.

La division euclidienne est la brique de tout le chapitre, et il faut en retenir deux choses. D'une part le couple (q;r)(q\,;\,r) est UNIQUE dès qu'on impose 0r<b0\leq r<b, ce qui n'est vrai que grâce à cette condition, comme le montre la question b). D'autre part le reste est exactement ce que mesure la congruence : dire que 20241 [7]2024\equiv 1\ [7], c'est dire que sa division par 77 laisse un reste de 11. Toute l'arithmétique du programme consiste ensuite à ne travailler QUE sur les restes, ce qui permet de traiter des nombres à mille chiffres sans jamais les écrire.

Exercice 2 : Algorithme d'Euclide

Déterminez les PGCD demandés en écrivant toutes les étapes de l'algorithme d'Euclide.

  • a) pgcd(1071, 462)\mathrm{pgcd}(1071,\ 462)
  • b) pgcd(240, 156)\mathrm{pgcd}(240,\ 156)
  • c) Retrouvez le résultat de b) par décomposition en facteurs premiers.
  • d) Les entiers 35 et 64 sont-ils premiers entre eux ?

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a)
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Réponses

  • a) 2121
  • b) 1212
  • c) 22×3=122^{2}\times 3=12 ; PPCM 31203\,120
  • d) Oui : pgcd=1\mathrm{pgcd}=1

a) On divise, puis on recommence avec le diviseur et le reste : 1071=2×462+1471071=2\times 462+147 ; 462=3×147+21462=3\times 147+21 ; 147=7×21+0147=7\times 21+0. Le dernier reste NON NUL est 2121, donc pgcd(1071;462)=21\text{pgcd}(1071\,;\,462)=21. Trois divisions ont suffi, là où l'énumération des diviseurs de 10711071 en aurait demandé des dizaines.

b) 240=1×156+84240=1\times 156+84 ; 156=1×84+72156=1\times 84+72 ; 84=1×72+1284=1\times 72+12 ; 72=6×12+072=6\times 12+0. Donc pgcd(240;156)=12\text{pgcd}(240\,;\,156)=12. On remarquera que les trois premiers quotients valent 11, ce qui rend l'algorithme plus lent : c'est le cas le plus défavorable, et il se produit quand les deux nombres sont proches l'un de l'autre.

c) 240=24×3×5240=2^{4}\times 3\times 5 et 156=22×3×13156=2^{2}\times 3\times 13. On garde les facteurs COMMUNS affectés du plus petit exposant : 22×3=122^{2}\times 3=12 ✓, le même résultat. On peut d'ailleurs en déduire le PPCM au passage, en prenant tous les facteurs au plus grand exposant : 24×3×5×13=31202^{4}\times 3\times 5\times 13=3\,120, et l'on vérifie la relation 12×3120=37440=240×15612\times 3\,120=37\,440=240\times 156 ✓.

d) 35=5×735=5\times 7 et 64=2664=2^{6} : ils n'ont aucun facteur premier commun, donc pgcd(35;64)=1\text{pgcd}(35\,;\,64)=1 et ils sont PREMIERS ENTRE EUX. Le point à retenir est qu'aucun des deux n'est lui-même un nombre premier : être premiers entre eux est une propriété du COUPLE, pas de chaque nombre, ce que l'exercice 9 reprendra.

Les deux méthodes ne se valent pas, et il faut savoir choisir. L'algorithme d'Euclide est toujours praticable et très rapide, même sur des nombres de plusieurs centaines de chiffres, et c'est celui qu'utilisent les ordinateurs. La décomposition en facteurs premiers est plus parlante et donne en prime le PPCM et le nombre de diviseurs, mais elle devient impraticable dès que les nombres dépassent quelques dizaines de chiffres, la factorisation étant un problème réputé difficile. C'est d'ailleurs sur cette asymétrie, facile de multiplier mais difficile de factoriser, que repose la cryptographie moderne.

Exercice 3 : Congruences

Toutes les réponses doivent être justifiées par un raisonnement sur les congruences, sans calcul de la puissance complète.

  • a) Déterminez le reste de 2024 dans la division par 7.
  • b) Déterminez le reste de 31003^{100} dans la division par 7.
  • c) Déterminez le chiffre des unités de 720247^{2024}.
  • d) Résolvez la congruence 3x1 [7]3x\equiv 1\ [7].

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 11
  • b) 44 (cycle de longueur 66)
  • c) 11 (cycle de longueur 44)
  • d) x5 [7]x\equiv 5\ [7]

a) D'après l'exercice 1, 2024=7×289+12024=7\times 289+1, donc 20241 [7]2024\equiv 1\ [7] et le reste vaut 11. La congruence n'est qu'une autre écriture de la division euclidienne, et c'est cette écriture qui va permettre de calculer sur des puissances énormes.

b) On ne calcule surtout PAS 31003^{100}, qui compte quarante-huit chiffres. On cherche le CYCLE des puissances de 33 modulo 77 : 3133^{1}\equiv 3, 3223^{2}\equiv 2, 3363^{3}\equiv 6, 3443^{4}\equiv 4, 3553^{5}\equiv 5, 3613^{6}\equiv 1. Dès qu'on retombe sur 11, tout recommence : le cycle a pour longueur 66. On divise alors l'exposant par cette longueur, 100=6×16+4100=6\times 16+4, d'où 3100=(36)16×34116×344 [7]3^{100}=\left(3^{6}\right)^{16}\times 3^{4}\equiv 1^{16}\times 3^{4}\equiv 4\ [7]. Le reste vaut 44.

c) Le chiffre des unités d'un entier est son reste MODULO 10, ce qu'il faut reconnaître pour transformer la question. Les puissances de 77 modulo 1010 sont 77, 99, 33, 11, puis le cycle recommence : sa longueur est 44. Or 2024=4×5062024=4\times 506 exactement, donc 72024=(74)5061 [10]7^{2024}=\left(7^{4}\right)^{506}\equiv 1\ [10] et le chiffre des unités est 11.

d) Comme les restes modulo 77 sont en nombre fini, on peut tous les tester : 3×0=03\times 0=0, 3×1=33\times 1=3, 3×2=63\times 2=6, 3×3=923\times 3=9\equiv 2, 3×4=1253\times 4=12\equiv 5, 3×5=15=14+113\times 5=15=14+1\equiv 1 ✓. Donc x5 [7]x\equiv 5\ [7], c'est-à-dire x{;2;5;12;19;}x\in\{\ldots\,;\,-2\,;\,5\,;\,12\,;\,19\,;\,\ldots\}. On dit que 55 est l'INVERSE de 33 modulo 77.

La méthode du cycle est le cœur du chapitre et se réutilise telle quelle. On calcule les puissances successives modulo nn jusqu'à retomber sur 11, ce qui donne la longueur \ell du cycle ; on divise l'exposant par \ell ; et seul le RESTE de cette division compte. La longueur du cycle, appelée ordre, divise toujours n1n-1 quand nn est premier, ce qui est le contenu du petit théorème de Fermat de l'exercice 10 : ici 66 divise bien 71=67-1=6 ; pour le module 1010, qui n'est pas premier, l'ordre 44 divise tout de même 44, le nombre d'entiers inversibles modulo 1010. Il faut retenir qu'un exposant énorme n'est jamais un obstacle, seul son reste modulo la longueur du cycle importe.

0123456modulo 723 ≡ 2compter modulo n, c'est tourner sur un cercle à n points :23 = 3×7 + 2, on revient donc en 2

Exercice 4 : Critères de divisibilité par les congruences

Cet exercice montre d'où viennent les critères de divisibilité appris au collège.

  • a) Montrez que 101 [9]10\equiv 1\ [9], puis que 10k1 [9]10^{k}\equiv 1\ [9] pour tout entier naturel kk.
  • b) Déduisez-en qu'un entier est congru à la somme de ses chiffres modulo 9.
  • c) Appliquez ce critère à 5823 : ce nombre est-il divisible par 9 ?
  • d) Montrez que 101 [11]10\equiv-1\ [11] et déduisez-en le critère de divisibilité par 11.
  • e) Le nombre 5823 est-il divisible par 11 ?

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a)
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e)
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Réponses

  • a) 10110\equiv 1, donc 10k1 [9]10^{k}\equiv 1\ [9]
  • b) NN\equiv somme des chiffres [9][9]
  • c) Somme 1818 : divisible par 99
  • d) 101 [11]10\equiv -1\ [11] : somme alternée
  • e) Somme alternée 44 : non divisible

a) 101=910-1=9 est divisible par 99, donc 101 [9]10\equiv 1\ [9]. La compatibilité des congruences avec le PRODUIT permet ensuite d'élever à la puissance : 10k1k=1 [9]10^{k}\equiv 1^{k}=1\ [9] pour tout entier naturel kk. C'est cette compatibilité, admise du cours, qui autorise tout le calcul modulaire.

b) Un entier s'écrit dans le système décimal N=kak10kN=\sum_{k}a_{k}10^{k}, où les aka_{k} sont ses chiffres. Comme 10k1 [9]10^{k}\equiv 1\ [9], chaque terme ak10ka_{k}10^{k} est congru à aka_{k}, donc par somme Nkak [9]N\equiv\sum_{k}a_{k}\ [9] : un entier est congru à la SOMME DE SES CHIFFRES modulo 99. En particulier, NN est divisible par 99 si et seulement si cette somme l'est, et l'on peut répéter l'opération autant que nécessaire.

c) La somme des chiffres de 58235\,823 vaut 5+8+2+3=185+8+2+3=18, qui est divisible par 99. Donc 58235\,823 l'est aussi, et l'on vérifie : 5823=9×6475\,823=9\times 647 ✓. On aurait pu resommer, 1+8=91+8=9, ce qui conclut encore plus vite.

d) Cette fois 10+1=1110+1=11 est divisible par 1111, donc 101 [11]10\equiv-1\ [11], puis 10k(1)k [11]10^{k}\equiv(-1)^{k}\ [11], valeur qui ALTERNE entre 11 et 1-1 selon la parité de kk. Un entier est donc congru modulo 1111 à la somme ALTERNÉE de ses chiffres, en partant du chiffre des unités affecté du signe plus.

e) La somme alternée vaut 32+85=43-2+8-5=4, qui n'est pas divisible par 1111. Donc 58235\,823 ne l'est pas non plus, et le calcul direct confirme même le reste : 5823=11×529+45\,823=11\times 529+4 ✓, on retrouve exactement 44.

Cet exercice montre d'où viennent des règles apprises au collège sans justification, et c'est ce qui en fait sa valeur. La méthode se généralise immédiatement : pour obtenir un critère de divisibilité par nn, il suffit de calculer 10 mod n10\ \text{mod}\ n et d'en tirer le comportement des puissances. Pour n=3n=3, on retrouve 10110\equiv 1 et donc le même critère que pour 99. Pour n=2n=2 ou n=5n=5, on a 10010\equiv 0, donc seul le chiffre des unités compte, ce qui explique ces deux critères. Pour n=7n=7 en revanche, les puissances de 1010 suivent un cycle de longueur 66 sans structure simple, et c'est pourquoi il n'existe pas de critère de divisibilité par 77 facile à retenir.

Exercice 5 : Nombres premiers

On rappelle que 1 n'est pas un nombre premier.

  • a) Décomposez 360 en produit de facteurs premiers.
  • b) Décomposez 2024 en produit de facteurs premiers.
  • c) Combien 360 admet-il de diviseurs positifs ?
  • d) Le nombre 221 est-il premier ?
  • e) Pour tester si un entier nn est premier, jusqu'à quelle valeur faut-il chercher des diviseurs ? Justifiez.

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a)
b)
c)
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e)
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Réponses

  • a) 360=23×32×5360=2^{3}\times 3^{2}\times 5
  • b) 2024=23×11×232024=2^{3}\times 11\times 23
  • c) 2424 diviseurs
  • d) Non : 221=13×17221=13\times 17
  • e) Jusqu'à n\sqrt{n}

a) On divise successivement par les nombres premiers : 360=36×10=(22×32)×(2×5)=23×32×5360=36\times 10=\left(2^{2}\times 3^{2}\right)\times\left(2\times 5\right)=2^{3}\times 3^{2}\times 5. Contrôle : 8×9×5=3608\times 9\times 5=360 ✓.

b) 2024=2×1012=22×506=23×2532024=2\times 1\,012=2^{2}\times 506=2^{3}\times 253. Il reste à factoriser 253253, qui n'est divisible ni par 22, ni par 33, ni par 55, ni par 77, mais 253=11×23253=11\times 23, deux nombres premiers. Donc 2024=23×11×232024=2^{3}\times 11\times 23 ✓.

c) Le nombre de diviseurs positifs s'obtient en ajoutant 11 à chaque exposant puis en multipliant, chaque diviseur correspondant à un choix indépendant d'exposant : (3+1)×(2+1)×(1+1)=4×3×2=24(3+1)\times(2+1)\times(1+1)=4\times 3\times 2=24 diviseurs positifs pour 360360. La formule évite une énumération de vingt-quatre nombres.

d) Non. On teste les premiers successifs : 221221 n'est divisible ni par 22, ni par 33, ni par 55, ni par 77, ni par 1111, mais 221=13×17221=13\times 17. Il n'est donc pas premier, et le trouver demande d'aller jusqu'à 1313, ce qui justifie la question suivante.

e) Il suffit de chercher jusqu'à n\sqrt{n}, et la démonstration tient en une ligne. Si n=abn=ab avec 1<ab1<a\leq b, alors a2ab=na^{2}\leq ab=n, donc ana\leq\sqrt{n} : tout diviseur non trivial admet un PARTENAIRE, et le plus petit des deux ne dépasse jamais la racine. Pour 221221, il suffisait donc d'aller jusqu'à 1414, puisque 142=196<221<225=15214^{2}=196<221<225=15^{2}, ce qui représente six divisions à tester au lieu de deux cent dix-neuf.

Le gain de la question e) n'est pas anecdotique, il change la nature du problème. Tester la primalité de nn en essayant tous les entiers inférieurs demande environ nn divisions, alors que s'arrêter à n\sqrt{n} n'en demande que n\sqrt{n} : pour un nombre à douze chiffres, on passe de mille milliards d'opérations à un million, soit de plusieurs jours à une fraction de seconde. On peut affiner encore en ne testant que les nombres PREMIERS jusqu'à n\sqrt{n}, puisqu'un diviseur composé aurait déjà été détecté par l'un de ses facteurs premiers. Notons enfin la cohérence entre a) et c) : la formule des exposants donne 2424 diviseurs, et l'énumération complète en donnerait bien vingt-quatre, ce qui vaut la peine d'être vérifié une fois pour se convaincre.

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 6 : Coefficients de Bézout

On considère les entiers 17 et 5.

  • a) Justifiez que 17 et 5 sont premiers entre eux.
  • b) Écrivez les deux divisions euclidiennes de l'algorithme d'Euclide appliqué à 17 et 5.
  • c) En remontant l'algorithme, déterminez deux entiers uu et vv tels que 17u+5v=117u+5v=1.
  • d) Vérifiez votre couple.
  • e) Le couple trouvé est-il unique ? Donnez-en un autre.

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a)
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Réponses

  • a) 1717 premier ne divise pas 55
  • b) 17=3×5+217=3\times 5+2 ; 5=2×2+15=2\times 2+1
  • c) u=2u=-2, v=7v=7
  • d) 34+35=1-34+35=1
  • e) Non : (3;10)(3\,;-10) par exemple

a) Le nombre 1717 est premier et ne divise pas 55, donc leur seul diviseur commun positif est 11 : ils sont premiers entre eux. On peut aussi invoquer l'algorithme de la question suivante, dont le dernier reste non nul vaudra 11.

b) 17=3×5+217=3\times 5+2, puis 5=2×2+15=2\times 2+1. Le reste suivant serait nul, puisque 2=2×1+02=2\times 1+0, et le dernier reste non nul vaut bien 11 ✓, ce qui confirme la coprimalité.

c) On REMONTE l'algorithme en partant de la dernière égalité, où apparaît le 11 : 1=52×21=5-2\times 2. Or la première égalité donne 2=173×52=17-3\times 5, qu'on substitue dans la précédente : 1=52(173×5)=52×17+6×5=7×52×171=5-2\left(17-3\times 5\right)=5-2\times 17+6\times 5=7\times 5-2\times 17. Donc u=2u=-2 et v=7v=7. Le point de méthode est de ne JAMAIS calculer les valeurs numériques en cours de route, mais de garder 1717 et 55 apparents, faute de quoi on obtiendrait 1=11=1 et rien d'autre.

d) 17×(2)+5×7=34+35=117\times(-2)+5\times 7=-34+35=1 ✓. Le couple convient. Cette vérification est immédiate et doit toujours être faite, la remontée de l'algorithme étant l'étape la plus propice aux erreurs de signe.

e) Non, le couple n'est pas unique. En ajoutant 55 à uu et en retranchant 1717 à vv, la valeur ne change pas : 17×3+5×(10)=5150=117\times 3+5\times(-10)=51-50=1 ✓. Plus généralement, tous les couples s'écrivent (2+5k;717k)(-2+5k\,;\,7-17k) pour kk entier, ce qui donne une INFINITÉ de solutions.

L'identité de Bézout affirme que au+bv=pgcd(a;b)au+bv=\text{pgcd}(a\,;\,b) admet toujours des solutions entières, et l'algorithme d'Euclide remonté en fournit une explicitement. L'invariance constatée en e) s'explique simplement : ajouter 55 à uu augmente le total de 17×517\times 5, et retrancher 1717 à vv le diminue de 5×175\times 17, les deux effets se compensant exactement. C'est ce mécanisme qui donnera la structure de l'ensemble des solutions à l'exercice suivant. Notons enfin l'usage le plus courant de Bézout : le coefficient v=7v=7 trouvé ici est précisément l'INVERSE de 55 modulo 1717, puisque 5×7=35=2×17+11 [17]5\times 7=35=2\times 17+1\equiv 1\ [17] ✓, et c'est ainsi qu'on inverse un nombre modulo nn.

Exercice 7 : Équation diophantienne

On cherche tous les couples d'entiers relatifs (x, y)(x,\ y) vérifiant 17x+5y=317x+5y=3.

  • a) Justifiez que cette équation admet des solutions entières.
  • b) À partir du couple de Bézout de l'exercice 6, déterminez une solution particulière.
  • c) Déterminez l'ensemble de toutes les solutions.
  • d) Vérifiez votre résultat pour deux valeurs différentes du paramètre.
  • e) Existe-t-il une solution avec xx et yy tous deux positifs ?

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b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) pgcd(17;5)=1\mathrm{pgcd}(17\,;5)=1 divise 33
  • b) (6;21)(-6\,;21)
  • c) (6+5k;2117k)(-6+5k\,;21-17k), kZk\in\mathbb{Z}
  • d) (1;4)(-1\,;4) et (4;13)(4\,;-13)
  • e) Non : conditions incompatibles

a) L'équation ax+by=cax+by=c admet des solutions entières si et seulement si pgcd(a;b)\text{pgcd}(a\,;\,b) DIVISE cc. Ici pgcd(17;5)=1\text{pgcd}(17\,;\,5)=1, et 11 divise 33 : l'équation admet donc des solutions. Cette vérification préalable est obligatoire, car une équation comme 6x+4y=36x+4y=3 n'en aurait aucune, 22 ne divisant pas 33.

b) On part du couple de Bézout de l'exercice 6, 17×(2)+5×7=117\times(-2)+5\times 7=1, et l'on multiplie TOUT par 33 : 17×(6)+5×21=317\times(-6)+5\times 21=3 ✓. Une solution particulière est donc (x0;y0)=(6;21)(x_{0}\,;\,y_{0})=(-6\,;\,21). C'est le raccourci à connaître : on résout d'abord l'équation avec second membre 11, puis on multiplie.

c) Soit (x;y)(x\,;\,y) une solution quelconque. En soustrayant l'égalité particulière de l'égalité générale : 17(x+6)+5(y21)=017(x+6)+5(y-21)=0, donc 17(x+6)=5(y21)17(x+6)=-5(y-21). Ainsi 55 divise 17(x+6)17(x+6), et comme 55 et 1717 sont premiers entre eux, le théorème de GAUSS donne que 55 divise x+6x+6. On écrit alors x+6=5kx+6=5k, d'où x=6+5kx=-6+5k, et en reportant on obtient 17×5k=5(y21)17\times 5k=-5(y-21), soit y=2117ky=21-17k. Réciproquement ces couples conviennent, ce qu'il faut vérifier pour conclure. L'ensemble des solutions est {(6+5k;2117k), kZ}\{(-6+5k\,;\,21-17k)\,,\ k\in\mathbb{Z}\}.

d) Pour k=1k=1 : le couple (1;4)(-1\,;\,4) donne 17×(1)+5×4=17+20=317\times(-1)+5\times 4=-17+20=3 ✓. Pour k=2k=2 : le couple (4;13)(4\,;\,-13) donne 6865=368-65=3 ✓. Deux valeurs différentes du paramètre suffisent à donner confiance dans la forme générale.

e) Il faudrait à la fois 6+5k0-6+5k\geq 0, soit k1,2k\geq 1{,}2 donc k2k\geq 2 puisque kk est entier, et 2117k021-17k\geq 0, soit k21171,235k\leq\frac{21}{17}\approx 1{,}235 donc k1k\leq 1. Ces deux conditions sont INCOMPATIBLES : il n'existe aucune solution à coordonnées toutes deux positives.

La structure de l'ensemble des solutions mérite d'être formulée dans le cas général, car elle est toujours la même : une solution PARTICULIÈRE plus la solution générale de l'équation homogène 17x+5y=017x+5y=0, dont les solutions sont exactement (5k;17k)(5k\,;\,-17k). C'est la même architecture que pour les équations différentielles ou les systèmes linéaires. Le pas de 55 sur xx et de 17-17 sur yy n'est pas arbitraire : ce sont les coefficients de l'équation, échangés et affectés d'un signe, divisés par le PGCD. Enfin, la question e) illustre pourquoi ces équations s'appellent diophantiennes et servent en pratique : dès qu'on cherche des quantités entières et positives, comme des nombres d'objets, la contrainte de signe restreint l'infinité de solutions à un ensemble fini, parfois vide.

Exercice 8 : Théorème de Gauss

Le théorème de Gauss affirme que si aa divise bcbc et si aa et bb sont premiers entre eux, alors aa divise cc.

L'hypothèse de coprimalité est indispensable, comme le montre la dernière question.

  • a) Soit nn un entier tel que 7 divise 5n5n. Démontrez que 7 divise nn.
  • b) Résolvez la congruence 5x0 [7]5x\equiv 0\ [7].
  • c) Soit nn un entier tel que 6 divise 4n4n. Peut-on en conclure que 6 divise nn ? Donnez un contre-exemple.
  • d) Expliquez précisément quelle hypothèse manque dans la question c).
  • e) Que peut-on tout de même conclure dans la situation de la question c) ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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  • a) Gauss : 75n7\mid 5n et pgcd(7;5)=1\mathrm{pgcd}(7\,;5)=1
  • b) Les multiples de 77
  • c) Non : n=3n=3
  • d) pgcd(6;4)=21\mathrm{pgcd}(6\,;4)=2\neq 1
  • e) 33 divise nn

a) Le nombre 77 divise le produit 5×n5\times n, et pgcd(7;5)=1\text{pgcd}(7\,;\,5)=1 puisque 77 est premier et ne divise pas 55. Les deux hypothèses du théorème de Gauss sont donc réunies, et il s'applique : 77 divise nn. Il faut énoncer les deux hypothèses séparément, c'est ce que le barème vérifie.

b) La congruence 5x0 [7]5x\equiv 0\ [7] signifie exactement que 77 divise 5x5x. D'après la question a), 77 divise alors xx, c'est-à-dire x0 [7]x\equiv 0\ [7]. Réciproquement, tout multiple de 77 convient puisque 5x5x en est alors un aussi. L'ensemble des solutions est donc l'ensemble des MULTIPLES de 77.

c) Non, on ne peut rien conclure. Contre-exemple : n=3n=3. Alors 4n=124n=12, qui est bien divisible par 66, alors que 66 ne divise pas 33. Un seul contre-exemple suffit à démolir l'implication.

d) Il manque la COPRIMALITÉ : pgcd(6;4)=2\text{pgcd}(6\,;\,4)=2, qui n'est pas égal à 11. Le théorème de Gauss ne s'applique donc pas, et sa conclusion tombe. C'est un cas typique où l'on ne peut pas invoquer un théorème dont une hypothèse est en défaut, même si la conclusion paraît plausible.

e) On peut tout de même conclure quelque chose, en SIMPLIFIANT d'abord par le PGCD. De 64n6\mid 4n on tire, en divisant les deux membres par 22, que 33 divise 2n2n. Or pgcd(3;2)=1\text{pgcd}(3\,;\,2)=1, et cette fois Gauss s'applique : 33 divise nn. On vérifie sur le contre-exemple de c) : n=3n=3 est bien divisible par 33 ✓, et la conclusion affaiblie est donc correcte là où la forte échouait.

Le théorème de Gauss est l'outil qui autorise à SIMPLIFIER en arithmétique, opération qui va de soi dans R\mathbb{R} mais qui devient délicate chez les entiers. Sans hypothèse de coprimalité, on ne peut rien simplifier, et l'exercice 9 en donnera une variante sur les congruences. La démarche de la question e) est celle qu'il faut retenir : quand l'hypothèse manque, on ne renonce pas, on divise par le PGCD pour la faire apparaître, puis on applique le théorème à la version réduite. C'est exactement ce qu'on fait pour résoudre une équation diophantienne dont le PGCD ne vaut pas 11.

Exercice 9 : Quatre implications fausses

Chacune des affirmations suivantes est fausse. Corrigez-la et donnez un contre-exemple.

  • a) « Si aa et bb sont premiers entre eux, alors aa ou bb est un nombre premier. »
  • b) « Si aa divise bcbc, alors aa divise bb ou aa divise cc. »
  • c) « Si acbc [n]ac\equiv bc\ [n], alors ab [n]a\equiv b\ [n]. »
  • d) « 1 est un nombre premier, puisqu'il n'est divisible que par 1 et par lui-même. »

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a)
b)
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  • a) Faux : 88 et 99
  • b) Faux : 6126\mid 12 mais ni 44 ni 33
  • c) Faux : simplifier exige pgcd(c;n)=1\mathrm{pgcd}(c\,;n)=1
  • d) Faux : un seul diviseur

a) Faux. Contre-exemple : a=8a=8 et b=9b=9. Leur PGCD vaut 11, ils sont donc premiers ENTRE EUX, et pourtant 8=238=2^{3} et 9=329=3^{2} ne sont ni l'un ni l'autre des nombres premiers. La confusion vient du vocabulaire : être premier est une propriété d'un NOMBRE, être premiers entre eux est une propriété du COUPLE, et les deux notions sont indépendantes.

b) Faux. Contre-exemple : a=6a=6, b=4b=4 et c=3c=3. On a bc=12bc=12, divisible par 66, alors que 66 ne divise ni 44 ni 33. L'implication redevient vraie dans deux cas seulement : si aa est PREMIER, c'est le lemme d'Euclide, ou si l'on ajoute une hypothèse de coprimalité, ce qui donne le théorème de Gauss de l'exercice 8. Sans l'une de ces deux conditions, l'énoncé est faux.

c) Faux. On ne peut simplifier par cc que si cc et le MODULE nn sont premiers entre eux. Contre-exemple modulo 66 avec c=2c=2 : 2×3=602\times 3=6\equiv 0 et 2×0=002\times 0=0\equiv 0, donc 2×32×0 [6]2\times 3\equiv 2\times 0\ [6], et pourtant 3≢0 [6]3\not\equiv 0\ [6]. Ici pgcd(2;6)=21\text{pgcd}(2\,;\,6)=2\neq 1, ce qui explique l'échec. La règle correcte est que la simplification donne ab [npgcd(c;n)]a\equiv b\ \left[\frac{n}{\text{pgcd}(c\,;\,n)}\right], ici modulo 33, et l'on vérifie bien que 30 [3]3\equiv 0\ [3] ✓.

d) Faux. Un nombre premier est par définition un entier admettant EXACTEMENT DEUX diviseurs positifs distincts. Or 11 n'en a qu'un seul, lui-même, et il est donc exclu. Cette exclusion n'est pas une convention arbitraire : c'est elle qui rend UNIQUE la décomposition en facteurs premiers, car sinon on pourrait écrire 12=22×3=1×22×3=117×22×312=2^{2}\times 3=1\times 2^{2}\times 3=1^{17}\times 2^{2}\times 3 et une infinité d'autres.

Trois de ces quatre erreurs portent sur une hypothèse manquante, et c'est le fil de tout le chapitre : en arithmétique, les théorèmes sont fragiles et leurs hypothèses ne sont jamais décoratives. La coprimalité en particulier apparaît partout, chez Gauss, dans la simplification des congruences et dans l'existence d'un inverse modulaire, et son absence fait toujours tomber la conclusion. La quatrième erreur est d'une autre nature, c'est une question de DÉFINITION, et elle rappelle qu'une définition bien posée est souvent celle qui rend un théorème vrai plutôt que celle qui paraît naturelle.

Exercice 10 : Petit théorème de Fermat

Le petit théorème de Fermat affirme que si pp est premier et ne divise pas aa, alors ap11 [p]a^{p-1}\equiv 1\ [p].

Il permet de calculer le reste de très grandes puissances sans jamais les développer.

  • a) Déterminez le reste de 21002^{100} dans la division par 11.
  • b) Déterminez le reste de 320243^{2024} dans la division par 13.
  • c) Déterminez le reste de 720247^{2024} dans la division par 13.
  • d) Pour la question b), on peut aussi remarquer que 331 [13]3^{3}\equiv 1\ [13]. Vérifiez-le et refaites le calcul avec cet ordre plus court.
  • e) Pourquoi le théorème ne s'applique-t-il pas au calcul du reste de 61006^{100} modulo 12 ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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  • a) 11
  • b) 99
  • c) 33
  • d) 3313^{3}\equiv 1 ; reste 99
  • e) 1212 n'est pas premier

a) Le nombre 1111 est premier et ne divise pas 22, donc le petit théorème de Fermat s'applique : 2101 [11]2^{10}\equiv 1\ [11]. Comme 100=10×10100=10\times 10, on obtient 2100=(210)10110=1 [11]2^{100}=\left(2^{10}\right)^{10}\equiv 1^{10}=1\ [11]. Le reste vaut 11. On a ainsi traité un nombre de trente et un chiffres sans jamais l'écrire.

b) 1313 est premier et ne divise pas 33, donc 3121 [13]3^{12}\equiv 1\ [13]. On divise l'exposant par 1212 : 2024=12×168+82\,024=12\times 168+8. Donc 32024=(312)168×3838 [13]3^{2024}=\left(3^{12}\right)^{168}\times 3^{8}\equiv 3^{8}\ [13]. Reste à calculer 383^{8} modulo 1313 par élévations au carré successives : 32=93^{2}=9, 348133^{4}\equiv 81\equiv 3 puisque 81=78+381=78+3, puis 3832=9 [13]3^{8}\equiv 3^{2}=9\ [13]. Le reste vaut 99.

c) Même démarche : 7121 [13]7^{12}\equiv 1\ [13] et 2024=12×168+82\,024=12\times 168+8, donc 7202478 [13]7^{2024}\equiv 7^{8}\ [13]. On calcule par carrés successifs : 72=49107^{2}=49\equiv 10, 74102=10097^{4}\equiv 10^{2}=100\equiv 9 puisque 100=91+9100=91+9, et 7892=813 [13]7^{8}\equiv 9^{2}=81\equiv 3\ [13]. Le reste vaut 33.

d) Vérifions : 33=27=2×13+13^{3}=27=2\times 13+1, donc 331 [13]3^{3}\equiv 1\ [13] ✓. L'ORDRE de 33 modulo 1313 vaut donc 33, et non 1212 : c'est un diviseur de 1212, comme le théorème de Lagrange le garantit. On écrit alors 2024=3×674+22\,024=3\times 674+2, d'où 3202432=9 [13]3^{2024}\equiv 3^{2}=9\ [13] ✓. On retrouve le même reste avec un calcul nettement plus court, puisqu'il n'a fallu élever qu'au carré au lieu d'aller jusqu'à la puissance huitième.

e) Parce que 1212 n'est pas PREMIER. Le petit théorème de Fermat exige un module premier, et son hypothèse est ici en défaut. On remarque d'ailleurs que pgcd(6;12)=61\text{pgcd}(6\,;\,12)=6\neq 1, ce qui empêche toute inversibilité de 66 modulo 1212 : les puissances de 66 ne reviennent jamais à 11, elles valent 66 puis 00 dès l'exposant 22, et 61000 [12]6^{100}\equiv 0\ [12]. Il faudrait passer par un autre outil, le théorème d'Euler, qui remplace p1p-1 par le nombre d'entiers inversibles modulo nn.

Le contraste entre b) et d) porte l'enseignement principal : le théorème de Fermat donne un exposant qui MARCHE toujours, à savoir p1p-1, mais pas nécessairement le plus petit. L'ordre réel divise p1p-1 et peut être bien plus court, ici 33 au lieu de 1212, ce qui divise le travail par quatre. En pratique on applique donc Fermat pour garantir un cycle, puis on cherche s'il n'existe pas un exposant plus court en testant les diviseurs de p1p-1 : pour 1313, ce sont 11, 22, 33, 44, 66 et 1212. La question e) rappelle enfin la limite : dès que le module n'est pas premier, le théorème ne s'applique plus, et certains nombres n'ont même aucun ordre puisqu'ils ne reviennent jamais à 11.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Des équations impossibles, prouvées par les congruences

Pour montrer qu'une équation n'a aucune solution entière, il suffit parfois de trouver un module où elle est impossible : si les deux membres ne peuvent jamais avoir le même reste, ils ne peuvent pas être égaux.

  • a) Quels restes le carré d'un entier peut-il avoir modulo 33 ?
  • b) L'équation x23y2=2x^{2}-3y^{2}=2 a-t-elle des solutions entières ?
  • c) Soit aa, bb, cc des entiers tels que a2+b2=c2a^{2}+b^{2}=c^{2}. Montrez que 33 divise aa ou bb. Vérifiez-le sur le triplet (5;12;13)(5\,;12\,;13).
  • d) Les carrés modulo 88 valent 00, 11 ou 44. Montrez qu'un entier congru à 77 modulo 88 n'est jamais somme de trois carrés, puis calculez le reste de 20232\,023 modulo 88.
  • e) Les cubes modulo 99 valent 00, 11 ou 88. Quels restes une somme de trois cubes ne peut-elle jamais avoir ? Calculez le reste de 20212\,021 modulo 99 et concluez.

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  • a) Carré 0\equiv 0 ou 1 [3]1\ [3]
  • b) Aucune solution : x22 [3]x^{2}\equiv 2\ [3] impossible
  • c) Sinon c22 [3]c^{2}\equiv 2\ [3] ; ici 1212
  • d) Jamais 77 modulo 88 ; 202372\,023\equiv 7
  • e) Jamais 44 ni 55 modulo 99 ; 202152\,021\equiv 5 : impossible

a) 02=00^{2}=0, 12=11^{2}=1, 22=41 [3]2^{2}=4\equiv 1\ [3] : un carré est congru à 00 ou à 11 modulo 33, jamais à 22.

b) Modulo 33, 3y203y^{2}\equiv 0, donc l'équation donnerait x22 [3]x^{2}\equiv 2\ [3], impossible d'après a). Elle n'a AUCUNE solution entière, et on l'a prouvé sans essayer un seul couple.

c) Si ni aa ni bb n'est multiple de 33, alors a21a^{2}\equiv 1 et b21b^{2}\equiv 1, donc c2=a2+b22 [3]c^{2}=a^{2}+b^{2}\equiv 2\ [3], impossible. Par contraposée, 33 divise aa ou bb. Pour (5;12;13)(5\,;12\,;13) : 25+144=16925+144=169 ✓, et c'est 1212 qui est multiple de 33.

d) Trois restes pris dans {0;1;4}\{0\,;1\,;4\} ont pour somme 0,1,2,3,4,5,6,8,90,1,2,3,4,5,6,8,9 ou 1212, soit modulo 88 : 0,1,2,3,4,5,60,1,2,3,4,5,6 ; le reste 77 n'est JAMAIS atteint. Or 2023=8×252+72\,023=8\times 252+7 : 20232\,023 n'est pas somme de trois carrés, il en faut au moins quatre.

e) Trois restes pris dans {0;1;8}\{0\,;1\,;8\} donnent modulo 99 les sommes 0,1,2,3,6,7,80,1,2,3,6,7,8 : jamais 44 ni 55. Or 2021=9×224+52\,021=9\times 224+5, donc 20212\,021 n'est pas somme de trois cubes d'entiers. Pour 44 et 55 modulo 99, la question est close ; pour les autres restes, elle est encore étudiée par les chercheurs.

Exercice 12 : La clé de contrôle d'un code-barres

Un code-barres EAN-13 compte treize chiffres d1d2d13d_{1}d_{2}\ldots d_{13}. Le dernier est une clé de contrôle, choisie pour que S=d1+3d2+d3+3d4++d11+3d12+d13S=d_{1}+3d_{2}+d_{3}+3d_{4}+\cdots+d_{11}+3d_{12}+d_{13} soit divisible par 1010 : les chiffres de rang impair ont le poids 11, ceux de rang pair le poids 33.

Les douze premiers chiffres d'un produit sont 3 7 6 0 1 2 3 4 5 6 7 83\ 7\ 6\ 0\ 1\ 2\ 3\ 4\ 5\ 6\ 7\ 8.

  • a) Calculez la somme pondérée des douze premiers chiffres.
  • b) Déterminez la clé de contrôle d13d_{13}.
  • c) Un chiffre de rang pair est mal lu : aa devient bab\neq a. Montrez que l'erreur est toujours détectée.
  • d) Deux chiffres voisins aa et bb sont inversés. De combien varie SS ? Pour quelle valeur de ab|a-b| l'erreur passe-t-elle inaperçue ?
  • e) Le lecteur lit 3 7 6 0 1 2 3 4 5 6 8 7 43\ 7\ 6\ 0\ 1\ 2\ 3\ 4\ 5\ 6\ 8\ 7\ 4. Calculez le reste de SS modulo 1010 et concluez.

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  • a) 106106
  • b) d13=4d_{13}=4
  • c) Variation 3(ba)3(b-a), jamais multiple de 1010
  • d) Variation 2(ab)2(a-b) ; non détecté si ab=5|a-b|=5
  • e) S8 [10]S\equiv 8\ [10] : code refusé

a) Rangs impairs : 3+6+1+3+5+7=253+6+1+3+5+7=25. Rangs pairs : 7+0+2+4+6+8=277+0+2+4+6+8=27, pondérés par 33 : 8181. Total : 25+81=10625+81=106.

b) Il faut 106+d130 [10]106+d_{13}\equiv 0\ [10], soit d1364 [10]d_{13}\equiv -6\equiv 4\ [10]. La clé vaut 44 et le code complet est 37601234567843760123456784.

c) SS varie de 3(ba)3(b-a). Pour que l'erreur passe inaperçue, il faudrait 3(ba)0 [10]3(b-a)\equiv 0\ [10]. Comme 33 et 1010 sont premiers entre eux, le théorème de Gauss impose que 1010 divise bab-a, impossible pour deux chiffres distincts. L'erreur est toujours DÉTECTÉE ; au rang impair, la variation bab-a n'est pas non plus multiple de 1010.

d) Si aa est au rang impair et bb au rang pair, SS passe de a+3ba+3b à b+3ab+3a : la variation vaut 2(ab)2(a-b). Elle est multiple de 1010 lorsque aba-b est multiple de 55, soit ab=5|a-b|=5 : l'inversion de 11 et 66, ou de 22 et 77, n'est PAS détectée. Aucune clé à poids 11 et 33 ne détecte toutes les inversions.

e) Rangs impairs : 3+6+1+3+5+8+4=303+6+1+3+5+8+4=30 ; rangs pairs : 7+0+2+4+6+7=267+0+2+4+6+7=26, soit 7878. S=1088 [10]S=108\equiv 8\ [10], non nul : le code est REFUSÉ. Les chiffres 77 et 88 ont été inversés, et comme 87=15|8-7|=1\neq 5, l'inversion a été détectée.

Exercice 13 : Carreler une pièce et synchroniser des phares

Une pièce rectangulaire mesure 3,36 m3{,}36\ \mathrm{m} sur 2,40 m2{,}40\ \mathrm{m}. On veut la couvrir exactement avec des carreaux carrés identiques, sans découpe, les plus grands possible.

Sur une côte, trois phares s'allument ensemble à minuit. Le premier clignote toutes les 18 s18\ \mathrm{s}, le deuxième toutes les 30 s30\ \mathrm{s}, le troisième toutes les 42 s42\ \mathrm{s}.

  • a) Justifiez que le côté du carreau, en centimètres, est pgcd(336;240)\mathrm{pgcd}(336\,;240), et calculez-le par l'algorithme d'Euclide.
  • b) Combien de carreaux faut-il ?
  • c) Au bout de combien de secondes les deux premiers phares s'allument-ils à nouveau ensemble ?
  • d) Calculez ppcm(336;240)\mathrm{ppcm}(336\,;240) à l'aide de la relation entre PGCD et PPCM.
  • e) Au bout de combien de temps les trois phares s'allument-ils de nouveau ensemble ? Donnez la réponse en secondes puis en minutes.

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  • a) pgcd(336;240)=48\mathrm{pgcd}(336\,;240)=48 cm
  • b) 3535 carreaux
  • c) ppcm(18;30)=90\mathrm{ppcm}(18\,;30)=90 s
  • d) ppcm(336;240)=1680\mathrm{ppcm}(336\,;240)=1\,680
  • e) 630630 s =10,5=10{,}5 min

a) Le côté cc doit diviser 336336 et 240240, pour qu'un nombre entier de carreaux tienne dans chaque dimension ; le plus grand tel cc est leur PGCD. Euclide : 336=1×240+96336=1\times 240+96 ; 240=2×96+48240=2\times 96+48 ; 96=2×48+096=2\times 48+0. Donc c=48 cmc=48\ \mathrm{cm}.

b) 33648=7\dfrac{336}{48}=7 carreaux sur la longueur et 24048=5\dfrac{240}{48}=5 sur la largeur, soit 7×5=357\times 5=35 carreaux. On vérifie par les aires : 336×240482=806402304=35\dfrac{336\times 240}{48^{2}}=\dfrac{80\,640}{2\,304}=35 ✓.

c) Les instants d'allumage du premier sont les multiples de 1818, ceux du deuxième les multiples de 3030 : ils coïncident au plus petit multiple commun, ppcm(18;30)\mathrm{ppcm}(18\,;30). Avec 18=2×3218=2\times 3^{2} et 30=2×3×530=2\times 3\times 5 : ppcm=2×32×5=90 s\mathrm{ppcm}=2\times 3^{2}\times 5=90\ \mathrm{s}. Ce n'est pas 18×30=54018\times 30=540, qui est un multiple commun mais pas le plus petit.

d) Pour deux entiers positifs, pgcd(a;b)×ppcm(a;b)=ab\mathrm{pgcd}(a\,;b)\times\mathrm{ppcm}(a\,;b)=ab. Donc ppcm(336;240)=336×24048=1680\mathrm{ppcm}(336\,;240)=\dfrac{336\times 240}{48}=1\,680.

e) 42=2×3×742=2\times 3\times 7, donc ppcm(18;30;42)=2×32×5×7=630 s\mathrm{ppcm}(18\,;30\,;42)=2\times 3^{2}\times 5\times 7=630\ \mathrm{s}, soit 10,5 min10{,}5\ \mathrm{min} : les trois phares se retrouvent ensemble à 00 h 1010 min 3030 s.

Exercice 14 : Le chiffrement affine

On numérote les lettres de A=0A=0 à Z=25Z=25. Le chiffrement affine de clé (5;8)(5\,;8) remplace la lettre de rang xx par la lettre de rang yy, reste de 5x+85x+8 modulo 2626 : y5x+8 [26]y\equiv 5x+8\ [26].

  • a) Chiffrez la lettre MM (x=12x=12).
  • b) Chiffrez la lettre TT (x=19x=19).
  • c) Trouvez l'inverse de 55 modulo 2626, c'est-à-dire l'entier uu de {0;;25}\{0\,;\ldots\,;25\} tel que 5u1 [26]5u\equiv 1\ [26].
  • d) Montrez que le déchiffrement s'écrit xu(y8) [26]x\equiv u(y-8)\ [26]. Déchiffrez la lettre KK (y=10y=10).
  • e) Pourquoi la clé (4;8)(4\,;8) serait-elle inutilisable ? Combien de valeurs de aa entre 11 et 2525 donnent une clé utilisable ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) QQ
  • b) ZZ
  • c) u=21u=21
  • d) x21(y8)x\equiv 21(y-8) ; KK donne QQ
  • e) pgcd(4;26)=2\mathrm{pgcd}(4\,;26)=2 ; 1212 clés utilisables

a) 5×12+8=68=2×26+165\times 12+8=68=2\times 26+16 : y=16y=16, la lettre QQ.

b) 5×19+8=103=3×26+255\times 19+8=103=3\times 26+25 : y=25y=25, la lettre ZZ.

c) On cherche 5u=1+26k5u=1+26k. Avec l'algorithme d'Euclide : 26=5×5+126=5\times 5+1, donc 1=265×51=26-5\times 5 et 5×(5)1 [26]5\times(-5)\equiv 1\ [26]. Le représentant dans {0;;25}\{0\,;\ldots\,;25\} est 5+26=21-5+26=21. Vérification : 5×21=105=4×26+15\times 21=105=4\times 26+1 ✓.

d) De y5x+8y\equiv 5x+8 on tire y85xy-8\equiv 5x, puis en multipliant par 2121 : 21(y8)105xx [26]21(y-8)\equiv 105x\equiv x\ [26]. Pour y=10y=10 : 21×2=42=26+1621\times 2=42=26+16, donc x=16x=16, la lettre QQ. Contrôle sur a) : 21×(168)=168=6×26+1221\times(16-8)=168=6\times 26+12 redonne bien MM ✓.

e) Avec a=4a=4 : AA (x=0x=0) donne 88, et NN (x=13x=13) donne 4×13+8=608 [26]4\times 13+8=60\equiv 8\ [26]. Deux lettres ont le même chiffré, on ne peut pas déchiffrer. La cause est que pgcd(4;26)=2\mathrm{pgcd}(4\,;26)=2 : 44 n'a pas d'inverse modulo 2626. Les valeurs utilisables de aa sont celles premières avec 26=2×1326=2\times 13, les impairs différents de 1313 : 1,3,5,7,9,11,15,17,19,21,23,251,3,5,7,9,11,15,17,19,21,23,25, soit 1212 valeurs.

Exercice 15 : Le trésor des pirates : un système de congruences

Des pirates se partagent un nombre NN de pièces d'or. Répartis par groupes de 33, il en reste 22 ; par groupes de 55, il en reste 33 ; par groupes de 77, il en reste 22.

On cherche donc les entiers NN tels que N2 [3]N\equiv 2\ [3], N3 [5]N\equiv 3\ [5] et N2 [7]N\equiv 2\ [7].

  • a) Montrez que les deux conditions N2 [3]N\equiv 2\ [3] et N2 [7]N\equiv 2\ [7] équivalent à N2 [21]N\equiv 2\ [21].
  • b) En écrivant N=2+21kN=2+21k, traduisez la condition modulo 55 en une congruence sur kk, et résolvez-la.
  • c) Déduisez-en l'ensemble des solutions et le plus petit nombre de pièces possible.
  • d) Le butin compte entre 10001\,000 et 11001\,100 pièces. Combien y en a-t-il ?
  • e) Pourquoi les solutions sont-elles espacées de 105105 exactement ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 21N221\mid N-2 par Gauss
  • b) k1 [5]k\equiv 1\ [5]
  • c) N=23+105mN=23+105m ; minimum 2323
  • d) 10731\,073 pièces
  • e) 3×5×7=1053\times 5\times 7=105

a) N2N-2 est divisible par 33 et par 77. Comme 33 et 77 sont premiers entre eux, N2N-2 est divisible par leur produit : si N2=3mN-2=3m et 73m7\mid 3m, Gauss donne 7m7\mid m, donc 21N221\mid N-2. Réciproquement, un multiple de 2121 est multiple de 33 et de 77. D'où N2 [21]N\equiv 2\ [21].

b) 2+21k3 [5]2+21k\equiv 3\ [5], et 211 [5]21\equiv 1\ [5], donc 2+k32+k\equiv 3 et k1 [5]k\equiv 1\ [5] : k=1+5mk=1+5m.

c) N=2+21(1+5m)=23+105mN=2+21(1+5m)=23+105m, mm entier. Le plus petit nombre positif est N=23N=23. Vérification : 23=3×7+223=3\times 7+2, 23=5×4+323=5\times 4+3, 23=7×3+223=7\times 3+2 ✓.

d) 23+105m[1000;1100]23+105m\in[1\,000\,;1\,100] donne m9,3m\geq 9{,}3 et m10,2m\leq 10{,}2, donc m=10m=10 et N=1073N=1\,073. Contrôle : 1073=3×357+2=5×214+3=7×153+21\,073=3\times 357+2=5\times 214+3=7\times 153+2 ✓.

e) Deux solutions ont la même différence avec 22 modulo 33 et 77, et avec 33 modulo 55 : leur écart est multiple de 33, de 55 et de 77, premiers entre eux deux à deux, donc de 3×5×7=1053\times 5\times 7=105. Réciproquement, ajouter 105105 ne change aucun des trois restes. C'est le théorème chinois des restes.

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