Maths expertes, Terminale • Fiche de révision à Montréal
Fiche de révision : l'arithmétique (maths expertes)
L'arithmétique de l'option maths expertes ne demande presque aucun calcul difficile : des divisions, des restes, des multiples. Ce qu'elle demande, c'est de la rigueur logique, parce que chacun de ses théorèmes vaut sous une hypothèse précise et devient faux sans elle.
Cette fiche liste les hypothèses qui se perdent, avec la phrase exacte qui les remet, l'arbre qui dit quel théorème employer selon la formulation de l'énoncé, la rédaction des démonstrations que le programme demande de savoir refaire, la méthode complète de résolution d'une équation diophantienne, et un exemple décortiqué du couple de Bézout jusqu'à l'ensemble des solutions. L'option est évaluée en contrôle continu : les exemples sont au niveau des devoirs surveillés.
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Le fil du chapitre
Presque tous les théorèmes du chapitre portent une hypothèse de PRIMALITÉ ENTRE EUX, et c'est elle qui saute : Gauss, la simplification d'une congruence, l'existence des coefficients de Bézout. Vérifier un pgcd avant d'appliquer un théorème est la moitié du travail.
La division euclidienne, et son reste toujours positif
•Pour a entier et b>0, il existe un UNIQUE couple (q;r) tel que a=bq+r avec 0≤r<b.
•Le reste est TOUJOURS positif ou nul, même si a est négatif : −17=5×(−4)+3, avec q=−4 et r=3.
•b divise a signifie exactement que le reste est nul, c'est-à-dire qu'il existe un entier k tel que a=bk.
•Algorithme d'Euclide : pgcd(a;b)=pgcd(b;r). On itère jusqu'à un reste nul, et le dernier reste non nul est le pgcd.
Le dividende tombe entre deux multiples consécutifs de 7 : le quotient est celui du multiple de GAUCHE, et le reste est l'écart qui suit. C'est ce qui force 0≤r<b.
Le quotient d'un nombre négatif se prend « vers le bas » : pour −17 par 5, c'est −4 et non −3, faute de quoi le reste sortirait négatif. C'est la contrainte 0≤r<b qui décide, jamais l'intuition.
Les congruences, et ce qu'on n'a pas le droit d'en faire
•a≡b[n] signifie que n divise a−b, c'est-à-dire que a et b ont le même reste dans la division par n.
•Les congruences se conservent par SOMME, par PRODUIT et donc par PUISSANCE : on peut ajouter, multiplier et élever membre à membre.
•Ce qu'on ne peut PAS faire : diviser. Simplifier ac≡bc[n] en a≡b[n] n'est licite que si c et n sont PREMIERS ENTRE EUX.
•Travailler modulo n revient à ne garder que n classes, numérotées de 0 à n−1 : les entiers s'enroulent sur un cercle.
Modulo 7, la droite des entiers s'enroule sur sept positions : 3, 10, 17, ..., 45 tombent tous sur la position 3 (en bleu), car 45=7×6+3. Une congruence se lit comme une position.
Contre-exemple à garder en tête : 2×3≡2×8[10], puisque 6 et 16 ont le même reste, et pourtant 3≡8[10]. Le facteur 2 n'est pas premier avec 10.
Bézout, Gauss et Fermat : trois théorèmes, trois hypothèses
•BÉZOUT : a et b sont premiers entre eux SI ET SEULEMENT S'IL existe des entiers u et v tels que au+bv=1. C'est le 1 qui caractérise, pas une valeur quelconque.
•GAUSS : si a divise bc ET si a et b sont PREMIERS ENTRE EUX, alors a divise c. Sans cette seconde hypothèse, la conclusion est fausse.
•FERMAT : si p est PREMIER et ne divise PAS a, alors ap−1≡1[p]. Les deux conditions comptent.
•Équation ax+by=c : elle admet des solutions entières SI ET SEULEMENT SI pgcd(a;b) divise c.
Restes de ak par 7 : la colonne k=6=7−1 ne contient que des 1 (en vert), c'est Fermat. Certaines lignes retombent sur 1 plus tôt (en orange), à un exposant qui divise 6.
Résoudre une équation diophantienne, en quatre temps
•1. Vérifier l'existence : d=pgcd(a;b) doit diviser c. Sinon il n'y a aucune solution, et c'est la réponse.
•2. Trouver une solution PARTICULIÈRE, par lecture directe ou par l'algorithme d'Euclide remonté.
•3. Soustraire les deux égalités pour obtenir a(x−x0)=−b(y−y0), puis appliquer GAUSS après avoir divisé par d.
•4. Conclure par la solution générale, avec un paramètre ENTIER k, et vérifier en substituant.
6x+4y=10 : après division par d=2, les solutions avancent de 2 en x et reculent de 3 en y (en vert). Le pas 4 et 6, sans diviser par d (en rouge), saute une solution sur deux.
Le paramètre k parcourt Z : oublier de le préciser, ou écrire k réel, coûte le point de rigueur. Les solutions forment une progression arithmétique en x comme en y.
Nombres premiers : décomposition, test et crible
•Un entier p≥2 est PREMIER s'il n'a que deux diviseurs positifs, 1 et lui-même. L'entier 1 n'est pas premier.
•Tout entier n≥2 s'écrit comme produit de nombres premiers, de façon UNIQUE à l'ordre près : 360=23×32×5.
•Un entier composé m a un diviseur premier q tel que q2≤m : pour tester m, ou pour cribler jusqu'à m, on s'arrête à m.
•Il existe une infinité de nombres premiers : si p1, …, pk les contenaient tous, p1p2⋯pk+1 aurait un diviseur premier hors de la liste.
Crible jusqu'à 50 : chaque composé est teinté par son plus petit facteur premier (2 bleu, 3 orange, 5 violet, 7 gris), barré à partir de p2 (encadré). Après 7, rien : 112>50. Restent 15 premiers.
Le pgcd prend chaque facteur premier commun avec son PLUS PETIT exposant, le ppcm avec son PLUS GRAND : la décomposition relie les deux, et donne aussi le nombre de diviseurs.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Rendre un reste négatif pour un dividende négatif
toute la question, et toutes les congruences qui en découlent
Ce qu'il ne faut pas écrire
« −17=5×(−3)−2, donc le reste de −17 par 5 vaut −2. »
Ce qu'il faut écrire
« Le reste vérifie 0≤r<5 : on écrit −17=5×(−4)+3, donc q=−4 et r=3. »
Le quotient se lit au multiple de 5 situé à GAUCHE de −17, soit 5×(−4)=−20 : on avance de 3 (en vert). Partir du multiple de droite, −15, fait reculer de 2 (en rouge) : un reste négatif.
Pourquoi : La définition impose l'encadrement du reste, pas une intuition de proximité. Le quotient se prend « vers le bas », c'est-à-dire vers le multiple immédiatement inférieur, ce qui pour un négatif éloigne de zéro.
2.Simplifier une congruence par un facteur quelconque
toute la question, et une congruence fausse se propage
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 6≡16[10], donc en divisant par 2 : 3≡8[10]. »
Ce qu'il faut écrire
« Simplifier par c n'est licite que si c et le module sont PREMIERS ENTRE EUX. Ici pgcd(2;10)=2=1, la simplification est interdite : 3 et 8 n'ont pas le même reste modulo 10. »
Modulo 10, 6 et 16 occupent la même position (en vert). Leurs moitiés 3 et 8 tombent sur deux positions opposées (en rouge) : diviser par 2, qui n'est pas premier avec 10, sépare ce qui était confondu.
Pourquoi : Une congruence est une divisibilité déguisée : 10 divise 6−16=−10, mais rien n'oblige 10 à diviser 3−8=−5. La division n'est pas une opération licite sur les congruences en général.
3.Appliquer Gauss sans l'hypothèse de primalité entre eux
toute la question, avec une conclusion franchement fausse
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 6 divise 4×9=36, donc 6 divise 9. »
Ce qu'il faut écrire
« Le théorème de Gauss exige que 6 et 4 soient PREMIERS ENTRE EUX, or pgcd(6;4)=2. La conclusion est donc invalide, et de fait 6 ne divise pas 9. »
6=2×3 prend son 2 dans 4 (en bleu) et son 3 dans 9 (en orange) : il divise le produit 36 sans diviser aucun des deux facteurs. C'est ce partage que l'hypothèse pgcd(a;b)=1 interdit.
Pourquoi : Sans primalité entre eux, le facteur a peut se répartir entre b et c : ici le 2 de 6 vient de 4 et le 3 vient de 9. C'est exactement ce que l'hypothèse interdit.
4.Croire que au+bv=d caractérise le pgcd
1 à 2 points, et une valeur de pgcd fausse
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 6×3+4×(−3)=6, donc pgcd(6;4)=6. »
Ce qu'il faut écrire
« Le théorème de Bézout caractérise les nombres PREMIERS ENTRE EUX, c'est-à-dire le cas au+bv=1. Une combinaison qui donne d prouve seulement que le pgcd DIVISE d; ici pgcd(6;4)=2. »
Les valeurs de 6u+4v sont exactement les multiples de 2 (points). Atteindre 6 (en rouge) ne dit rien du pgcd : c'est la plus petite valeur positive, 2 (en vert), qui vaut pgcd(6;4).
Pourquoi : Toute combinaison au+bv est un multiple du pgcd, donc en trouver une qui vaut d ne prouve que la divisibilité. Seule la valeur 1 est caractéristique, parce qu'aucun entier supérieur à 1 ne divise 1.
5.Appliquer le petit théorème de Fermat quand p divise a
toute la question, avec une congruence opposée à la vérité
Ce qu'il ne faut pas écrire
« p=7 est premier, donc 146≡1[7]. »
Ce qu'il faut écrire
« Le théorème exige que p NE DIVISE PAS a. Ici 7 divise 14, donc 14≡0[7] et 146≡0[7], pas 1. »
Restes par 7 : les puissances de 2 retombent sur 1 à l'exposant 6 (en vert), celles de 14, multiple de 7, restent à 0 (en rouge). Fermat exige que p ne divise pas a.
Pourquoi : Si p divise a, alors toutes les puissances de a sont congrues à zéro modulo p : elles ne peuvent pas valoir 1. L'hypothèse « ne divise pas » n'est donc pas une précaution, c'est le coeur du théorème.
6.Chercher des solutions à une équation qui n'en a pas
tout le temps de l'exercice, pour une réponse en deux lignes
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Résolvons 6x+4y=7 dans Z2 en cherchant une solution particulière. »
Ce qu'il faut écrire
« pgcd(6;4)=2, et 2 ne divise pas 7 : l'équation n'admet AUCUNE solution entière. Le membre de gauche est toujours pair, celui de droite est impair. »
La droite 6x+4y=7 ne passe par aucun noeud du quadrillage : à chaque abscisse entière, elle passe à un quart d'unité d'un point entier (en rouge). Le membre de gauche est pair, 7 est impair.
Pourquoi : Toute combinaison 6x+4y est un multiple de 2. Vérifier la condition d'existence AVANT de chercher une solution particulière est le premier réflexe du chapitre, et il fait parfois gagner dix minutes.
7.Donner une seule solution à une équation diophantienne
1 à 2 points, la question demandant l'ENSEMBLE des solutions
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 5x+3y=1 admet pour solution x=2 et y=−3. »
Ce qu'il faut écrire
« C'est UNE solution particulière. L'ensemble des solutions est {(2+3k;−3−5k),k∈Z} : il y en a une infinité, régulièrement espacées. »
Les solutions entières de 5x+3y=1 sont alignées et espacées de 3 en abscisse et de 5 en ordonnée (en vert). Ne donner que (2;−3) (en rouge), c'est en donner une sur une infinité.
Pourquoi : L'équation décrit une droite du plan, et les solutions entières sont les points à coordonnées entières de cette droite : ils sont infiniment nombreux et régulièrement répartis, tous les b en abscisse et tous les a en ordonnée.
8.Confondre pgcd et ppcm dans la relation produit
1 point, et un ppcm faux
Ce qu'il ne faut pas écrire
« pgcd(12;18)×ppcm(12;18)=12+18=30. »
Ce qu'il faut écrire
« La relation est pgcd(a;b)×ppcm(a;b)=ab : ici 6×36=216=12×18. »
Facteur par facteur, le pgcd garde la plus petite puissance (en bleu), le ppcm la plus grande (en orange). Leur produit additionne les exposants (en vert) : 23×33=216=12×18.
Pourquoi : Chaque facteur premier apparaît avec son exposant minimal dans le pgcd et maximal dans le ppcm : la somme de ces deux exposants est celle des deux nombres réunis, d'où le produit.
9.Affirmer que le nombre d'Euclide est premier
la démonstration entière, qui repose alors sur une affirmation fausse
Ce qu'il ne faut pas écrire
« On pose N=p1p2⋯pk+1 ; aucun pi ne le divise, donc N est un nouveau nombre premier. »
Ce qu'il faut écrire
« Aucun pi ne divise N, et N≥2 admet un diviseur premier q : ce q n'est pas dans la liste, contradiction. » N lui-même peut être composé : 2×3×5×7×11×13+1=30031=59×509.
Pourquoi : Ne pas être divisible par les pi ne rend pas premier : cela dit seulement que les diviseurs premiers de N sont AILLEURS. C'est l'existence d'un diviseur premier, et non la primalité de N, qui fait marcher l'argument.
10.Arrêter un test de primalité trop tôt
1 point, et toute la suite si le nombre sert de module
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 91 n'est divisible ni par 2, ni par 3, ni par 5 : il est premier. »
Ce qu'il faut écrire
« On teste les nombres premiers q tels que q2≤91, soit 2, 3, 5 et 7 : 91=7×13, il n'est PAS premier. »
Pour 91, on teste les premiers jusqu'à 91≈9,5 (zone verte). S'arrêter à 5 (en rouge) laisse passer 7, qui divise 91 ; son partenaire 13 (en orange) est au-delà de la racine.
Pourquoi : Un entier composé m a un diviseur premier q avec q2≤m : c'est jusqu'à m qu'il faut aller, pas jusqu'à une borne choisie au jugé. Le crible d'Ératosthène s'arrête pour la même raison.
Quelle méthode choisir
Quel théorème selon la formulation de l'énoncé
Le mot employé par la question désigne l'outil, et il n'y en a que six dans tout le chapitre.
Si « montrer que a et b sont premiers entre eux » → exhiber un couple (u;v) tel que au+bv=1, ou dérouler l'algorithme d'Euclide jusqu'à un reste de 1
Si « déterminer le pgcd » → algorithme d'Euclide, en écrivant chaque division euclidienne sur une ligne
Exemple : pgcd(45;7) : 45=7×6+3, 7=3×2+1, 3=1×3+0, donc le pgcd vaut 1
Si « a divise bc et on veut conclure que a divise c » → théorème de GAUSS, après avoir VÉRIFIÉ que a et b sont premiers entre eux
Si « déterminer le reste de an modulo p » avec n grand → petit théorème de FERMAT si p est premier et ne divise pas a, sinon recherche d'un cycle sur les puissances
Exemple : 26≡1[7], donc 2100=296×24≡24=16≡2[7]
Si « résoudre ax+by=c dans Z2 » → vérifier que pgcd(a;b) divise c, trouver une solution particulière, puis conclure par Gauss
Si « montrer un critère de divisibilité » → congruences sur les puissances de 10 modulo le diviseur
Exemple : 10≡1[9] donne le critère de la somme des chiffres
Avant tout théorème, écrire le pgcd des nombres en jeu. Cette seule ligne décide de la validité de Gauss, de la simplification d'une congruence et de l'existence des solutions d'une équation.
Comment trouver une solution particulière
Trois méthodes, de la plus rapide à la plus systématique. On les essaie dans cet ordre.
Si les coefficients sont petits → chercher à vue en testant quelques valeurs de x
Exemple : 5x+3y=1 : pour x=2, il vient 3y=−9 donc y=−3
Si les coefficients sont grands → dérouler l'algorithme d'Euclide, puis le REMONTER en exprimant chaque reste à l'aide des précédents
C'est la méthode systématique : elle marche toujours et se rédige en un tableau à deux colonnes.
Si le second membre n'est pas 1 mais un multiple c de d → résoudre d'abord avec le second membre d, puis MULTIPLIER la solution par dc
Exemple : de 5×2+3×(−3)=1 on tire 5×14+3×(−21)=7
Si l'énoncé fournit une solution particulière → la VÉRIFIER par substitution en une ligne, puis passer directement à la solution générale
Si l'équation est donnée sous forme de congruence, ax≡c[n] → la réécrire ax−ny=c, ce qui est une équation diophantienne ordinaire
La solution particulière n'est jamais unique : deux copies peuvent en trouver deux différentes et obtenir le même ensemble de solutions. Le correcteur vérifie l'ensemble, pas le représentant choisi.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Résoudre une équation diophantienne de bout en bout
Quand l'utiliser : L'exercice central du chapitre, souvent en trois ou quatre questions enchaînées.
1Calculer d=pgcd(a;b) et VÉRIFIER que d divise c : sinon, conclure qu'il n'y a pas de solution.
2Exhiber une solution particulière (x0;y0) et la vérifier par substitution.
3Soustraire membre à membre les deux égalités : a(x−x0)+b(y−y0)=0.
4Diviser par d, puis appliquer GAUSS en citant la primalité entre eux des coefficients obtenus.
5En déduire x=x0+dbk et y=y0−dak, avec k ENTIER.
6Vérifier en substituant la solution générale dans l'équation de départ, et conclure par l'ensemble.
Phrase de conclusion
Comme 5 et 3 sont premiers entre eux et que 3 divise 5(x−2), le théorème de Gauss donne 3∣x−2, donc x=2+3k avec k entier, puis y=−3−5k; l'ensemble des solutions est {(2+3k;−3−5k),k∈Z}.
Le piège : Appliquer Gauss sans nommer l'hypothèse. La phrase attendue contient toujours « comme a et b sont premiers entre eux », et c'est elle que le barème cherche, pas la conclusion.
Barème : 0,5 point pour la condition d'existence, 1 point pour la solution particulière, 1,5 point pour l'application de Gauss avec son hypothèse, 1 point pour l'ensemble avec le paramètre entier.
Déterminer un reste de puissance par les congruences
Quand l'utiliser : L'énoncé demande le reste de an modulo p avec un exposant très grand.
1Vérifier si p est PREMIER et s'il divise ou non a : cela décide de l'emploi du petit théorème de Fermat.
2Si Fermat s'applique, écrire ap−1≡1[p] et l'énoncer avec ses deux hypothèses.
3Effectuer la division euclidienne de l'exposant par p−1 : n=(p−1)q+r.
4En déduire an=(ap−1)q×ar≡ar[p].
5Calculer ar modulo p, avec r<p−1, donc un calcul court.
6Conclure en donnant le reste, qui doit être compris entre 0 et p−1.
Phrase de conclusion
7 est premier et ne divise pas 2, donc 26≡1[7]; comme 100=6×16+4, il vient 2100≡24=16≡2[7], et le reste cherché vaut 2.
Le piège : Oublier de vérifier que p ne divise pas a. Si c'est le cas, toutes les puissances sont congrues à zéro, et la conclusion de Fermat est exactement l'inverse de la vérité.
Barème : 1 point pour les hypothèses de Fermat vérifiées, 1 point pour la division de l'exposant, 1 point pour le calcul final et le reste dans le bon intervalle.
Démontrer que l'ensemble des nombres premiers est infini
Quand l'utiliser : Démonstration exigible du programme, demandée telle quelle ou adaptée (premiers de la forme 4k + 3).
1Établir d'abord que tout entier n≥2 a un diviseur premier : son plus petit diviseur strictement supérieur à 1.
2Supposer, par l'absurde, que les nombres premiers sont en nombre fini : p1, ..., pk.
3Poser N=p1p2⋯pk+1 et montrer que le reste de N par chaque pi vaut 1.
4Prendre un diviseur premier q de N : il n'est égal à aucun pi.
5Conclure à la contradiction, en écrivant qu'elle porte sur l'hypothèse de finitude.
Phrase de conclusion
Le nombre N=p1⋯pk+1≥2 admet un diviseur premier q ; comme le reste de N par chaque pi vaut 1, q n'est aucun des pi, ce qui contredit l'hypothèse : l'ensemble des nombres premiers est infini.
Le piège : Écrire que N est premier. C'est faux en général, 30031=59×509, et ce n'est pas utile.
Barème : 1 point pour le diviseur premier de tout entier, 1 point pour le reste 1, 1 point pour la contradiction rédigée.
Démontrer que le PGCD s'écrit au+bv
Quand l'utiliser : Démonstration exigible, qui donne le théorème de Bézout et, par lui, celui de Gauss.
1Définir E, l'ensemble des entiers strictement positifs de la forme ax+by ; il est non vide.
2Prendre son plus petit élément d=au+bv : toute partie non vide de N en a un.
3Diviser a par d : a=dq+r, puis écrire r=a(1−uq)+b(−vq), de la forme ax+by.
4Conclure r=0 : sinon r serait dans E et plus petit que d. Donc d divise a, et de même b.
5Montrer que tout diviseur commun de a et b divise au+bv=d : d est le PGCD.
Phrase de conclusion
Si l'on avait r>0, r=a(1−uq)+b(−vq) serait un élément de E strictement inférieur à d, ce qui contredit la minimalité de d ; donc r=0 et d divise a.
Le piège : Chercher à construire u et v : la démonstration ne les calcule pas, elle prend le plus petit élément d'un ensemble non vide.
Barème : 1 point pour E non vide et son minimum, 1,5 point pour le reste nul, 1 point pour le caractère de plus grand diviseur commun.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Vérifier qu'un reste est bien dans son intervalle
Le reste d'une division par b vérifie 0≤r<b. Un reste négatif ou supérieur au diviseur signale un quotient mal choisi.
Pour −17 par 5, un reste de −2 est impossible : le bon couple est q=−4 et r=3.
Substituer la solution générale dans l'équation
Remplacer x et y par leurs expressions en k et développer : les termes en k doivent se simplifier entièrement, et il doit rester exactement c.
5(2+3k)+3(−3−5k)=10+15k−9−15k=1 : les 15k se compensent, l'ensemble est validé pour tout k.
Contrôler le pgcd avant tout théorème
Gauss, la simplification d'une congruence et l'existence de solutions dépendent tous du même calcul. Une ligne de pgcd valide ou invalide trois raisonnements.
pgcd(6;4)=2 interdit à la fois Gauss avec ces nombres et la résolution de 6x+4y=7.
Tester une congruence sur un petit exemple
Une manipulation douteuse se vérifie en remplaçant par de petits entiers et en calculant les deux restes. Trente secondes, et l'erreur apparaît.
Simplifier 6≡16[10] par 2 donnerait 3≡8, or 3 et 8 ont des restes différents : la simplification est fausse.
Vérifier la parité des deux membres
Sur une équation diophantienne, comparer la parité ou le reste modulo un petit nombre des deux côtés. Une incompatibilité prouve l'absence de solution en une ligne.
6x+4y est toujours pair et 7 est impair : l'équation n'a aucune solution, sans aucun calcul de pgcd.
L'exercice type décortiqué
Une équation diophantienne complète, comme en devoir surveillé
On considère l'équation (E) : 5x+3y=7, d'inconnues x et y entiers relatifs.
1. Justifier que (E) admet des solutions. 2. Résoudre d'abord 5x+3y=1 et en donner une solution particulière. 3. En déduire une solution particulière de (E). 4. Déterminer l'ensemble des solutions de (E). 5. Vérifier le résultat.
Étape 1
pgcd(5;3)=1, car 5=3×1+2, 3=2×1+1 et 2=1×2+0. Comme 1 divise 7, l'équation (E) admet des solutions entières.
Pourquoi
La condition d'existence se vérifie AVANT toute recherche. L'algorithme d'Euclide est écrit ligne par ligne : il servira aussi, remonté, à trouver les coefficients de Bézout si la solution ne se voit pas.
Étape 2
Pour 5x+3y=1, on cherche à vue : x=2 donne 3y=1−10=−9, donc y=−3. Vérification : 5×2+3×(−3)=10−9=1.
Pourquoi
Avec de petits coefficients, l'essai direct va plus vite que l'algorithme remonté. La vérification par substitution est obligatoire et prend une ligne.
Étape 3
En multipliant par 7 : 5×14+3×(−21)=7. Donc (14;−21) est une solution particulière de (E).
Pourquoi
Multiplier une solution de l'équation à second membre 1 par c donne une solution de l'équation à second membre c. C'est le raccourci que les sujets attendent, et il évite un second algorithme.
Étape 4
Soit (x;y) une solution de (E). En soustrayant : 5(x−14)+3(y+21)=0, soit 5(x−14)=−3(y+21).
Pourquoi
La soustraction membre à membre est le geste central de la méthode : elle transforme une équation avec second membre en une relation de divisibilité entre deux termes.
Étape 5
Ainsi 3 divise 5(x−14). Or pgcd(3;5)=1 : 3 et 5 sont premiers entre eux. Le théorème de GAUSS donne alors 3∣x−14, donc il existe un entier k tel que x=14+3k.
Pourquoi
L'hypothèse « premiers entre eux » est écrite explicitement avant d'invoquer Gauss. C'est le point le mieux noté de l'exercice, et celui qui manque le plus souvent.
Étape 6
En reportant : 5(14+3k)+3y=7, soit 70+15k+3y=7, donc 3y=−63−15k et y=−21−5k.
Pourquoi
On reporte dans l'équation de DÉPART, pas dans la relation soustraite : cela évite une erreur de signe et donne directement l'expression de y.
Étape 7
Réciproquement, pour tout entier k, 5(14+3k)+3(−21−5k)=70+15k−63−15k=7. L'ensemble des solutions est donc S={(14+3k;−21−5k),k∈Z}.
Pourquoi
La RÉCIPROQUE est indispensable : le raisonnement précédent montre que toute solution est de cette forme, il reste à montrer que toute expression de cette forme est solution. Les 15k qui se compensent en sont la preuve.
Étape 8
Contrôles : k=0 donne (14;−21), k=−4 donne (2;−1) et 5×2+3×(−1)=7; k=1 donne (17;−26) et 85−78=7.
Pourquoi
Trois valeurs de k testées, dont une négative, valident l'ensemble sur des cas éloignés. Le représentant (2;−1) montre au passage qu'une autre solution particulière aurait donné le même ensemble.
Conclusion rédigée
Comme pgcd(5;3)=1 divise 7, l'équation admet des solutions; (14;−21) en est une, et le théorème de Gauss donne l'ensemble complet {(14+3k;−21−5k),k∈Z}, dont les points sont espacés de 3 en abscisse et de 5 en ordonnée.
L'erreur classique sur cet exercice : S'arrêter à la solution particulière (14;−21). La question demande l'ENSEMBLE des solutions, qui est infini : sans le paramètre entier k et sans la réciproque, la réponse ne vaut qu'un tiers des points.
À savoir par cœur
•Division euclidienne : a=bq+r avec 0≤r<b. Le reste est POSITIF, même pour a négatif.
•Euclide : pgcd(a;b)=pgcd(b;r), jusqu'à un reste nul.
•Les congruences se conservent par somme, produit et puissance, JAMAIS par division.
•Simplifier ac≡bc[n] exige pgcd(c;n)=1.
•Bézout caractérise les nombres PREMIERS ENTRE EUX : au+bv=1, et seulement 1.
•Gauss : a∣bc ET pgcd(a;b)=1 donnent a∣c. Sans la seconde hypothèse, c'est faux.
•Fermat : p PREMIER et p∤a donnent ap−1≡1[p].
•ax+by=c a des solutions SI ET SEULEMENT SI pgcd(a;b) divise c.
•pgcd(a;b)×ppcm(a;b)=ab.
•Il y a une infinité de nombres premiers ; p1⋯pk+1 a un diviseur premier NOUVEAU, sans être forcément premier.
•Un entier composé m a un diviseur premier q avec q2≤m : crible et tests s'arrêtent à m.
•Lemme d'Euclide : p PREMIER et p∣bc donnent p∣b ou p∣c.
Questions fréquentes
Le reste d'une division euclidienne peut-il être négatif ?
Non, jamais. La définition impose qu'il soit compris entre zéro inclus et le diviseur exclu, même quand le dividende est négatif. Pour moins dix-sept divisé par cinq, le quotient est moins quatre et le reste vaut trois : on prend le multiple immédiatement inférieur, ce qui pour un négatif éloigne de zéro.
Peut-on diviser les deux membres d'une congruence ?
Seulement si le facteur qu'on simplifie est premier avec le module. Sinon la simplification est fausse : six et seize sont congrus modulo dix, mais trois et huit ne le sont pas. Somme, produit et puissance sont toujours licites; la division est la seule opération interdite en général.
Quelle est l'hypothèse du théorème de Gauss ?
Que les deux premiers nombres soient premiers entre eux. Si a divise le produit de b par c et que a et b sont premiers entre eux, alors a divise c. Sans cette condition, la conclusion tombe : six divise trente-six qui vaut quatre fois neuf, et pourtant six ne divise pas neuf.
Quand une équation du type ax plus by égale c a-t-elle des solutions entières ?
Exactement lorsque le pgcd de a et b divise c. Toute combinaison entière de a et b est en effet un multiple de leur pgcd. Cette vérification se fait en première ligne et fait parfois gagner tout l'exercice : si la condition n'est pas remplie, la réponse tient en deux phrases.
Comment trouver toutes les solutions d'une équation diophantienne ?
On trouve d'abord une solution particulière, puis on soustrait les deux égalités pour obtenir une relation de divisibilité. Le théorème de Gauss donne alors la forme de la première inconnue, avec un paramètre entier, et on en déduit la seconde. Il faut enfin vérifier la réciproque par substitution.
À quoi sert le petit théorème de Fermat ?
À calculer le reste d'une puissance très élevée modulo un nombre premier. Il affirme que la puissance p moins un d'un nombre non divisible par p est congrue à un. On divise alors l'exposant par p moins un, et il ne reste qu'une petite puissance à calculer. Les deux hypothèses doivent être vérifiées explicitement.
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Exercices corrigés : L'arithmétique
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