Maths expertes, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Fiche de révision : l'arithmétique (maths expertes)

L'arithmétique de l'option maths expertes ne demande presque aucun calcul difficile : des divisions, des restes, des multiples. Ce qu'elle demande, c'est de la rigueur logique, parce que chacun de ses théorèmes vaut sous une hypothèse précise et devient faux sans elle.

Cette fiche liste les huit hypothèses qui se perdent, avec la phrase exacte qui les remet, l'arbre qui dit quel théorème employer selon la formulation de l'énoncé, la méthode complète de résolution d'une équation diophantienne, et un exemple décortiqué du couple de Bézout jusqu'à l'ensemble des solutions.

Le fil du chapitre

Presque tous les théorèmes du chapitre portent une hypothèse de PRIMALITÉ ENTRE EUX, et c'est elle qui saute : Gauss, la simplification d'une congruence, l'existence des coefficients de Bézout. Vérifier un pgcd avant d'appliquer un théorème est la moitié du travail.

Ce chapitre fait partie de Maths expertes en Terminale

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (9 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Généralités sur les fonctionsSeconde, Mathématiques
  2. 2Algorithmique et PythonSeconde, Mathématiques
  3. 3Les suites numériquesPremière, Mathématiques
  4. 4Suites et récurrenceMathématiques
  5. 5Multiples, diviseurs et divisibilitéSixième, Mathématiques
  6. 6Multiples, diviseurs et nombres premiersQuatrième, Mathématiques
  7. 7La notion de fonctionTroisième, Mathématiques
  8. 8PGCD, Euclide et fractions irréductiblesTroisième, Mathématiques
  9. 9Algorithmique et ScratchTroisième, Mathématiques

L'essentiel

La division euclidienne, et son reste toujours positif

  • Pour aa entier et b>0b>0, il existe un UNIQUE couple (q;r)(q\,;r) tel que a=bq+ra=bq+r avec 0r<b0\le r<b.
  • Le reste est TOUJOURS positif ou nul, même si aa est négatif : 17=5×(4)+3-17=5\times(-4)+3, avec q=4q=-4 et r=3r=3.
  • bb divise aa signifie exactement que le reste est nul, c'est-à-dire qu'il existe un entier kk tel que a=bka=bk.
  • Algorithme d'Euclide : pgcd(a;b)=pgcd(b;r)\mathrm{pgcd}(a\,;b)=\mathrm{pgcd}(b\,;r). On itère jusqu'à un reste nul, et le dernier reste non nul est le pgcd.
5 x 76 x 77 x 7a = 45r = 3
Le dividende tombe entre deux multiples consécutifs de 77 : le quotient est celui du multiple de GAUCHE, et le reste est l'écart qui suit. C'est ce qui force 0r<b0\le r<b.

Le quotient d'un nombre négatif se prend « vers le bas » : pour 17-17 par 55, c'est 4-4 et non 3-3, faute de quoi le reste sortirait négatif. C'est la contrainte 0r<b0\le r<b qui décide, jamais l'intuition.

Les congruences, et ce qu'on n'a pas le droit d'en faire

  • ab [n]a\equiv b\ [n] signifie que nn divise aba-b, c'est-à-dire que aa et bb ont le même reste dans la division par nn.
  • Les congruences se conservent par SOMME, par PRODUIT et donc par PUISSANCE : on peut ajouter, multiplier et élever membre à membre.
  • Ce qu'on ne peut PAS faire : diviser. Simplifier acbc [n]ac\equiv bc\ [n] en ab [n]a\equiv b\ [n] n'est licite que si cc et nn sont PREMIERS ENTRE EUX.
  • Travailler modulo nn revient à ne garder que nn classes, numérotées de 00 à n1n-1 : les entiers s'enroulent sur un cercle.
0123456modulo 7
Travailler modulo 77, c'est enrouler la droite des entiers sur un cercle à sept positions : 4545 et 33 y tombent au même endroit. Toutes les congruences se lisent comme des positions, pas comme des nombres.

Contre-exemple à garder en tête : 2×32×8 [10]2\times 3\equiv 2\times 8\ [10], puisque 66 et 1616 ont le même reste, et pourtant 3≢8 [10]3\not\equiv 8\ [10]. Le facteur 22 n'est pas premier avec 1010.

Bézout, Gauss et Fermat : trois théorèmes, trois hypothèses

  • BÉZOUT : aa et bb sont premiers entre eux SI ET SEULEMENT S'IL existe des entiers uu et vv tels que au+bv=1au+bv=1. C'est le 11 qui caractérise, pas une valeur quelconque.
  • GAUSS : si aa divise bcbc ET si aa et bb sont PREMIERS ENTRE EUX, alors aa divise cc. Sans cette seconde hypothèse, la conclusion est fausse.
  • FERMAT : si pp est PREMIER et ne divise PAS aa, alors ap11 [p]a^{p-1}\equiv 1\ [p]. Les deux conditions comptent.
  • Équation ax+by=cax+by=c : elle admet des solutions entières SI ET SEULEMENT SI pgcd(a;b)\mathrm{pgcd}(a\,;b) divise cc.

Résoudre une équation diophantienne, en quatre temps

  • 1. Vérifier l'existence : d=pgcd(a;b)d=\mathrm{pgcd}(a\,;b) doit diviser cc. Sinon il n'y a aucune solution, et c'est la réponse.
  • 2. Trouver une solution PARTICULIÈRE, par lecture directe ou par l'algorithme d'Euclide remonté.
  • 3. Soustraire les deux égalités pour obtenir a(xx0)=b(yy0)a(x-x_{0})=-b(y-y_{0}), puis appliquer GAUSS après avoir divisé par dd.
  • 4. Conclure par la solution générale, avec un paramètre ENTIER kk, et vérifier en substituant.

Le paramètre kk parcourt Z\mathbb{Z} : oublier de le préciser, ou écrire kk réel, coûte le point de rigueur. Les solutions forment une progression arithmétique en xx comme en yy.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Rendre un reste négatif pour un dividende négatif

toute la question, et toutes les congruences qui en découlent

Ce qu'il ne faut pas écrire

« 17=5×(3)2-17=5\times(-3)-2, donc le reste de 17-17 par 55 vaut 2-2. »

Ce qu'il faut écrire

« Le reste vérifie 0r<50\le r<5 : on écrit 17=5×(4)+3-17=5\times(-4)+3, donc q=4q=-4 et r=3r=3. »

Pourquoi : La définition impose l'encadrement du reste, pas une intuition de proximité. Le quotient se prend « vers le bas », c'est-à-dire vers le multiple immédiatement inférieur, ce qui pour un négatif éloigne de zéro.

2. Simplifier une congruence par un facteur quelconque

toute la question, et une congruence fausse se propage

Ce qu'il ne faut pas écrire

« 616 [10]6\equiv 16\ [10], donc en divisant par 22 : 38 [10]3\equiv 8\ [10]. »

Ce qu'il faut écrire

« Simplifier par cc n'est licite que si cc et le module sont PREMIERS ENTRE EUX. Ici pgcd(2;10)=21\mathrm{pgcd}(2\,;10)=2\neq 1, la simplification est interdite : 33 et 88 n'ont pas le même reste modulo 1010. »

Pourquoi : Une congruence est une divisibilité déguisée : 1010 divise 616=106-16=-10, mais rien n'oblige 1010 à diviser 38=53-8=-5. La division n'est pas une opération licite sur les congruences en général.

3. Appliquer Gauss sans l'hypothèse de primalité entre eux

toute la question, avec une conclusion franchement fausse

Ce qu'il ne faut pas écrire

« 66 divise 4×9=364\times 9=36, donc 66 divise 99. »

Ce qu'il faut écrire

« Le théorème de Gauss exige que 66 et 44 soient PREMIERS ENTRE EUX, or pgcd(6;4)=2\mathrm{pgcd}(6\,;4)=2. La conclusion est donc invalide, et de fait 66 ne divise pas 99. »

Pourquoi : Sans primalité entre eux, le facteur aa peut se répartir entre bb et cc : ici le 22 de 66 vient de 44 et le 33 vient de 99. C'est exactement ce que l'hypothèse interdit.

4. Croire que au+bv=dau+bv=d caractérise le pgcd

1 à 2 points, et une valeur de pgcd fausse

Ce qu'il ne faut pas écrire

« 6×3+4×(3)=66\times 3+4\times(-3)=6, donc pgcd(6;4)=6\mathrm{pgcd}(6\,;4)=6. »

Ce qu'il faut écrire

« Le théorème de Bézout caractérise les nombres PREMIERS ENTRE EUX, c'est-à-dire le cas au+bv=1au+bv=1. Une combinaison qui donne dd prouve seulement que le pgcd DIVISE dd; ici pgcd(6;4)=2\mathrm{pgcd}(6\,;4)=2. »

Pourquoi : Toute combinaison au+bvau+bv est un multiple du pgcd, donc en trouver une qui vaut dd ne prouve que la divisibilité. Seule la valeur 11 est caractéristique, parce qu'aucun entier supérieur à 11 ne divise 11.

5. Appliquer le petit théorème de Fermat quand pp divise aa

toute la question, avec une congruence opposée à la vérité

Ce qu'il ne faut pas écrire

« p=7p=7 est premier, donc 1461 [7]14^{6}\equiv 1\ [7]. »

Ce qu'il faut écrire

« Le théorème exige que pp NE DIVISE PAS aa. Ici 77 divise 1414, donc 140 [7]14\equiv 0\ [7] et 1460 [7]14^{6}\equiv 0\ [7], pas 11. »

Pourquoi : Si pp divise aa, alors toutes les puissances de aa sont congrues à zéro modulo pp : elles ne peuvent pas valoir 11. L'hypothèse « ne divise pas » n'est donc pas une précaution, c'est le coeur du théorème.

6. Chercher des solutions à une équation qui n'en a pas

tout le temps de l'exercice, pour une réponse en deux lignes

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Résolvons 6x+4y=76x+4y=7 dans Z2\mathbb{Z}^{2} en cherchant une solution particulière. »

Ce qu'il faut écrire

« pgcd(6;4)=2\mathrm{pgcd}(6\,;4)=2, et 22 ne divise pas 77 : l'équation n'admet AUCUNE solution entière. Le membre de gauche est toujours pair, celui de droite est impair. »

Pourquoi : Toute combinaison 6x+4y6x+4y est un multiple de 22. Vérifier la condition d'existence AVANT de chercher une solution particulière est le premier réflexe du chapitre, et il fait parfois gagner dix minutes.

7. Donner une seule solution à une équation diophantienne

1 à 2 points, la question demandant l'ENSEMBLE des solutions

Ce qu'il ne faut pas écrire

« 5x+3y=15x+3y=1 admet pour solution x=2x=2 et y=3y=-3. »

Ce qu'il faut écrire

« C'est UNE solution particulière. L'ensemble des solutions est {(2+3k;35k), kZ}\{(2+3k\,;-3-5k),\ k\in\mathbb{Z}\} : il y en a une infinité, régulièrement espacées. »

-6-5-4-3-2-11234567-10-8-6-4-2246810tous les 3 en x
Les points marqués sont les solutions entières : ils sont sur la même droite, espacés de 33 en abscisse et de 55 en ordonnée. Une seule d'entre elles ne répond pas à la question.

Pourquoi : L'équation décrit une droite du plan, et les solutions entières sont les points à coordonnées entières de cette droite : ils sont infiniment nombreux et régulièrement répartis, tous les bb en abscisse et tous les aa en ordonnée.

8. Confondre pgcd et ppcm dans la relation produit

1 point, et un ppcm faux

Ce qu'il ne faut pas écrire

« pgcd(12;18)×ppcm(12;18)=12+18=30\mathrm{pgcd}(12\,;18)\times\mathrm{ppcm}(12\,;18)=12+18=30. »

Ce qu'il faut écrire

« La relation est pgcd(a;b)×ppcm(a;b)=ab\mathrm{pgcd}(a\,;b)\times\mathrm{ppcm}(a\,;b)=ab : ici 6×36=216=12×186\times 36=216=12\times 18. »

Pourquoi : Chaque facteur premier apparaît avec son exposant minimal dans le pgcd et maximal dans le ppcm : la somme de ces deux exposants est celle des deux nombres réunis, d'où le produit.

Quelle méthode choisir

Quel théorème selon la formulation de l'énoncé

Le mot employé par la question désigne l'outil, et il n'y en a que six dans tout le chapitre.

  • Si « montrer que aa et bb sont premiers entre eux » exhiber un couple (u;v)(u\,;v) tel que au+bv=1au+bv=1, ou dérouler l'algorithme d'Euclide jusqu'à un reste de 11

  • Si « déterminer le pgcd » algorithme d'Euclide, en écrivant chaque division euclidienne sur une ligne

    Exemple : pgcd(45;7)\mathrm{pgcd}(45\,;7) : 45=7×6+345=7\times 6+3, 7=3×2+17=3\times 2+1, 3=1×3+03=1\times 3+0, donc le pgcd vaut 11

  • Si « aa divise bcbc et on veut conclure que aa divise cc » théorème de GAUSS, après avoir VÉRIFIÉ que aa et bb sont premiers entre eux

  • Si « déterminer le reste de ana^{n} modulo pp » avec nn grand petit théorème de FERMAT si pp est premier et ne divise pas aa, sinon recherche d'un cycle sur les puissances

    Exemple : 261 [7]2^{6}\equiv 1\ [7], donc 2100=296×2424=162 [7]2^{100}=2^{96}\times 2^{4}\equiv 2^{4}=16\equiv 2\ [7]

  • Si « résoudre ax+by=cax+by=c dans Z2\mathbb{Z}^{2} » vérifier que pgcd(a;b)\mathrm{pgcd}(a\,;b) divise cc, trouver une solution particulière, puis conclure par Gauss

  • Si « montrer un critère de divisibilité » congruences sur les puissances de 1010 modulo le diviseur

    Exemple : 101 [9]10\equiv 1\ [9] donne le critère de la somme des chiffres

Avant tout théorème, écrire le pgcd des nombres en jeu. Cette seule ligne décide de la validité de Gauss, de la simplification d'une congruence et de l'existence des solutions d'une équation.

Comment trouver une solution particulière

Trois méthodes, de la plus rapide à la plus systématique. On les essaie dans cet ordre.

  • Si les coefficients sont petits chercher à vue en testant quelques valeurs de xx

    Exemple : 5x+3y=15x+3y=1 : pour x=2x=2, il vient 3y=93y=-9 donc y=3y=-3

  • Si les coefficients sont grands dérouler l'algorithme d'Euclide, puis le REMONTER en exprimant chaque reste à l'aide des précédents

    C'est la méthode systématique : elle marche toujours et se rédige en un tableau à deux colonnes.

  • Si le second membre n'est pas 11 mais un multiple cc de dd résoudre d'abord avec le second membre dd, puis MULTIPLIER la solution par cd\frac{c}{d}

    Exemple : de 5×2+3×(3)=15\times 2+3\times(-3)=1 on tire 5×14+3×(21)=75\times 14+3\times(-21)=7

  • Si l'énoncé fournit une solution particulière la VÉRIFIER par substitution en une ligne, puis passer directement à la solution générale

  • Si l'équation est donnée sous forme de congruence, axc [n]ax\equiv c\ [n] la réécrire axny=cax-ny=c, ce qui est une équation diophantienne ordinaire

La solution particulière n'est jamais unique : deux copies peuvent en trouver deux différentes et obtenir le même ensemble de solutions. Le correcteur vérifie l'ensemble, pas le représentant choisi.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Résoudre une équation diophantienne de bout en bout

Quand l'utiliser : L'exercice central du chapitre, souvent en trois ou quatre questions enchaînées.

  1. 1 Calculer d=pgcd(a;b)d=\mathrm{pgcd}(a\,;b) et VÉRIFIER que dd divise cc : sinon, conclure qu'il n'y a pas de solution.
  2. 2 Exhiber une solution particulière (x0;y0)(x_{0}\,;y_{0}) et la vérifier par substitution.
  3. 3 Soustraire membre à membre les deux égalités : a(xx0)+b(yy0)=0a(x-x_{0})+b(y-y_{0})=0.
  4. 4 Diviser par dd, puis appliquer GAUSS en citant la primalité entre eux des coefficients obtenus.
  5. 5 En déduire x=x0+bdkx=x_{0}+\frac{b}{d}k et y=y0adky=y_{0}-\frac{a}{d}k, avec kk ENTIER.
  6. 6 Vérifier en substituant la solution générale dans l'équation de départ, et conclure par l'ensemble.

Phrase de conclusion

Comme 55 et 33 sont premiers entre eux et que 33 divise 5(x2)5(x-2), le théorème de Gauss donne 3x23\mid x-2, donc x=2+3kx=2+3k avec kk entier, puis y=35ky=-3-5k; l'ensemble des solutions est {(2+3k;35k), kZ}\{(2+3k\,;-3-5k),\ k\in\mathbb{Z}\}.

Le piège : Appliquer Gauss sans nommer l'hypothèse. La phrase attendue contient toujours « comme aa et bb sont premiers entre eux », et c'est elle que le barème cherche, pas la conclusion.

Barème : 0,5 point pour la condition d'existence, 1 point pour la solution particulière, 1,5 point pour l'application de Gauss avec son hypothèse, 1 point pour l'ensemble avec le paramètre entier.

Déterminer un reste de puissance par les congruences

Quand l'utiliser : L'énoncé demande le reste de ana^{n} modulo pp avec un exposant très grand.

  1. 1 Vérifier si pp est PREMIER et s'il divise ou non aa : cela décide de l'emploi du petit théorème de Fermat.
  2. 2 Si Fermat s'applique, écrire ap11 [p]a^{p-1}\equiv 1\ [p] et l'énoncer avec ses deux hypothèses.
  3. 3 Effectuer la division euclidienne de l'exposant par p1p-1 : n=(p1)q+rn=(p-1)q+r.
  4. 4 En déduire an=(ap1)q×arar [p]a^{n}=\left(a^{p-1}\right)^{q}\times a^{r}\equiv a^{r}\ [p].
  5. 5 Calculer ara^{r} modulo pp, avec r<p1r<p-1, donc un calcul court.
  6. 6 Conclure en donnant le reste, qui doit être compris entre 00 et p1p-1.

Phrase de conclusion

77 est premier et ne divise pas 22, donc 261 [7]2^{6}\equiv 1\ [7]; comme 100=6×16+4100=6\times 16+4, il vient 210024=162 [7]2^{100}\equiv 2^{4}=16\equiv 2\ [7], et le reste cherché vaut 22.

Le piège : Oublier de vérifier que pp ne divise pas aa. Si c'est le cas, toutes les puissances sont congrues à zéro, et la conclusion de Fermat est exactement l'inverse de la vérité.

Barème : 1 point pour les hypothèses de Fermat vérifiées, 1 point pour la division de l'exposant, 1 point pour le calcul final et le reste dans le bon intervalle.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Une équation diophantienne complète, comme au baccalauréat

On considère l'équation (E)(E) : 5x+3y=75x+3y=7, d'inconnues xx et yy entiers relatifs.

1. Justifier que (E)(E) admet des solutions. 2. Résoudre d'abord 5x+3y=15x+3y=1 et en donner une solution particulière. 3. En déduire une solution particulière de (E)(E). 4. Déterminer l'ensemble des solutions de (E)(E). 5. Vérifier le résultat.

Étape 1

pgcd(5;3)=1\mathrm{pgcd}(5\,;3)=1, car 5=3×1+25=3\times 1+2, 3=2×1+13=2\times 1+1 et 2=1×2+02=1\times 2+0. Comme 11 divise 77, l'équation (E)(E) admet des solutions entières.

Pourquoi

La condition d'existence se vérifie AVANT toute recherche. L'algorithme d'Euclide est écrit ligne par ligne : il servira aussi, remonté, à trouver les coefficients de Bézout si la solution ne se voit pas.

Étape 2

Pour 5x+3y=15x+3y=1, on cherche à vue : x=2x=2 donne 3y=110=93y=1-10=-9, donc y=3y=-3. Vérification : 5×2+3×(3)=109=15\times 2+3\times(-3)=10-9=1.

Pourquoi

Avec de petits coefficients, l'essai direct va plus vite que l'algorithme remonté. La vérification par substitution est obligatoire et prend une ligne.

Étape 3

En multipliant par 77 : 5×14+3×(21)=75\times 14+3\times(-21)=7. Donc (14;21)(14\,;-21) est une solution particulière de (E)(E).

Pourquoi

Multiplier une solution de l'équation à second membre 11 par cc donne une solution de l'équation à second membre cc. C'est le raccourci que les sujets attendent, et il évite un second algorithme.

Étape 4

Soit (x;y)(x\,;y) une solution de (E)(E). En soustrayant : 5(x14)+3(y+21)=05(x-14)+3(y+21)=0, soit 5(x14)=3(y+21)5(x-14)=-3(y+21).

Pourquoi

La soustraction membre à membre est le geste central de la méthode : elle transforme une équation avec second membre en une relation de divisibilité entre deux termes.

Étape 5

Ainsi 33 divise 5(x14)5(x-14). Or pgcd(3;5)=1\mathrm{pgcd}(3\,;5)=1 : 33 et 55 sont premiers entre eux. Le théorème de GAUSS donne alors 3x143\mid x-14, donc il existe un entier kk tel que x=14+3kx=14+3k.

Pourquoi

L'hypothèse « premiers entre eux » est écrite explicitement avant d'invoquer Gauss. C'est le point le mieux noté de l'exercice, et celui qui manque le plus souvent.

Étape 6

En reportant : 5(14+3k)+3y=75(14+3k)+3y=7, soit 70+15k+3y=770+15k+3y=7, donc 3y=6315k3y=-63-15k et y=215ky=-21-5k.

Pourquoi

On reporte dans l'équation de DÉPART, pas dans la relation soustraite : cela évite une erreur de signe et donne directement l'expression de yy.

Étape 7

Réciproquement, pour tout entier kk, 5(14+3k)+3(215k)=70+15k6315k=75(14+3k)+3(-21-5k)=70+15k-63-15k=7. L'ensemble des solutions est donc S={(14+3k;215k), kZ}\mathcal{S}=\left\{(14+3k\,;-21-5k),\ k\in\mathbb{Z}\right\}.

Pourquoi

La RÉCIPROQUE est indispensable : le raisonnement précédent montre que toute solution est de cette forme, il reste à montrer que toute expression de cette forme est solution. Les 15k15k qui se compensent en sont la preuve.

Étape 8

Contrôles : k=0k=0 donne (14;21)(14\,;-21), k=4k=-4 donne (2;1)(2\,;-1) et 5×2+3×(1)=75\times 2+3\times(-1)=7; k=1k=1 donne (17;26)(17\,;-26) et 8578=785-78=7.

Pourquoi

Trois valeurs de kk testées, dont une négative, valident l'ensemble sur des cas éloignés. Le représentant (2;1)(2\,;-1) montre au passage qu'une autre solution particulière aurait donné le même ensemble.

Conclusion rédigée

Comme pgcd(5;3)=1\mathrm{pgcd}(5\,;3)=1 divise 77, l'équation admet des solutions; (14;21)(14\,;-21) en est une, et le théorème de Gauss donne l'ensemble complet {(14+3k;215k), kZ}\left\{(14+3k\,;-21-5k),\ k\in\mathbb{Z}\right\}, dont les points sont espacés de 33 en abscisse et de 55 en ordonnée.

L'erreur classique sur cet exercice : S'arrêter à la solution particulière (14;21)(14\,;-21). La question demande l'ENSEMBLE des solutions, qui est infini : sans le paramètre entier kk et sans la réciproque, la réponse ne vaut qu'un tiers des points.

À savoir par cœur

  • Division euclidienne : a=bq+ra=bq+r avec 0r<b0\le r<b. Le reste est POSITIF, même pour aa négatif.
  • Euclide : pgcd(a;b)=pgcd(b;r)\mathrm{pgcd}(a\,;b)=\mathrm{pgcd}(b\,;r), jusqu'à un reste nul.
  • Les congruences se conservent par somme, produit et puissance, JAMAIS par division.
  • Simplifier acbc [n]ac\equiv bc\ [n] exige pgcd(c;n)=1\mathrm{pgcd}(c\,;n)=1.
  • Bézout caractérise les nombres PREMIERS ENTRE EUX : au+bv=1au+bv=1, et seulement 11.
  • Gauss : abca\mid bc ET pgcd(a;b)=1\mathrm{pgcd}(a\,;b)=1 donnent aca\mid c. Sans la seconde hypothèse, c'est faux.
  • Fermat : pp PREMIER et pap\nmid a donnent ap11 [p]a^{p-1}\equiv 1\ [p].
  • ax+by=cax+by=c a des solutions SI ET SEULEMENT SI pgcd(a;b)\mathrm{pgcd}(a\,;b) divise cc.
  • pgcd(a;b)×ppcm(a;b)=ab\mathrm{pgcd}(a\,;b)\times\mathrm{ppcm}(a\,;b)=ab.

Questions fréquentes

Le reste d'une division euclidienne peut-il être négatif ?

Non, jamais. La définition impose qu'il soit compris entre zéro inclus et le diviseur exclu, même quand le dividende est négatif. Pour moins dix-sept divisé par cinq, le quotient est moins quatre et le reste vaut trois : on prend le multiple immédiatement inférieur, ce qui pour un négatif éloigne de zéro.

Peut-on diviser les deux membres d'une congruence ?

Seulement si le facteur qu'on simplifie est premier avec le module. Sinon la simplification est fausse : six et seize sont congrus modulo dix, mais trois et huit ne le sont pas. Somme, produit et puissance sont toujours licites; la division est la seule opération interdite en général.

Quelle est l'hypothèse du théorème de Gauss ?

Que les deux premiers nombres soient premiers entre eux. Si a divise le produit de b par c et que a et b sont premiers entre eux, alors a divise c. Sans cette condition, la conclusion tombe : six divise trente-six qui vaut quatre fois neuf, et pourtant six ne divise pas neuf.

Quand une équation du type ax plus by égale c a-t-elle des solutions entières ?

Exactement lorsque le pgcd de a et b divise c. Toute combinaison entière de a et b est en effet un multiple de leur pgcd. Cette vérification se fait en première ligne et fait parfois gagner tout l'exercice : si la condition n'est pas remplie, la réponse tient en deux phrases.

Comment trouver toutes les solutions d'une équation diophantienne ?

On trouve d'abord une solution particulière, puis on soustrait les deux égalités pour obtenir une relation de divisibilité. Le théorème de Gauss donne alors la forme de la première inconnue, avec un paramètre entier, et on en déduit la seconde. Il faut enfin vérifier la réciproque par substitution.

À quoi sert le petit théorème de Fermat ?

À calculer le reste d'une puissance très élevée modulo un nombre premier. Il affirme que la puissance p moins un d'un nombre non divisible par p est congrue à un. On divise alors l'exposant par p moins un, et il ne reste qu'une petite puissance à calculer. Les deux hypothèses doivent être vérifiées explicitement.

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Exercices corrigés : L'arithmétique

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 15 exercices corrigés
  • 150 points
  • 225 minutes
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