Maths expertes, Terminale • Fiche de révision à Montréal
Fiche de révision : les matrices (maths expertes)
Une matrice se manipule presque comme un nombre : on additionne, on multiplie, on élève à une puissance. Presque, et c'est là tout le chapitre. Le produit n'est pas commutatif, la division n'existe pas, et un produit peut être nul sans qu'aucun facteur le soit. Chacune de ces trois différences fait tomber une identité que l'on croyait acquise.
Cette fiche liste les réflexes qui coûtent des points, avec la phrase exacte qui les remet, la lecture d'une matrice comme transformation du plan, l'arbre de résolution d'un système linéaire, et un exemple complet mené jusqu'à la vérification de la solution. Le déterminant d'une matrice d'ordre 2 y apparaît comme un outil de calcul pratique, pas comme une notion du programme. L'option est évaluée en contrôle continu : les exemples sont au niveau des devoirs surveillés.
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Le fil du chapitre
Le produit matriciel n'est PAS commutatif, et cette seule différence avec les nombres fait tomber toutes les identités remarquables. Le reste du chapitre tient à l'inverse : on ne divise jamais, on multiplie par l'inverse quand il existe, et du bon côté.
Inverser une matrice : ce que le programme demande, et l'outil ad−bc
•A carrée est INVERSIBLE s'il existe B telle que AB=BA=I ; on note B=A−1. Le programme demande de CALCULER un inverse : en résolvant AX=I, par une relation du type A2=αA+βI, ou à la calculatrice.
•Outil pratique à l'ordre 2, hors programme en tant que notion : A=(acbd) est inversible si et seulement si ad−bc=0 ; ce nombre s'appelle le déterminant. On peut s'en servir en le rappelant, il n'est pas exigible.
•Si ad−bc=0 : A−1=ad−bc1(d−c−ba) : les termes diagonaux s'ÉCHANGENT, les autres changent de SIGNE.
•Lecture géométrique : les COLONNES de A sont les images de (1;0) et (0;1). Si elles sont proportionnelles, A écrase le plan sur une droite et n'est pas inversible.
Le carré unité (bleu) a pour image le parallélogramme (orange) bâti sur les COLONNES (2;0) et (1;1) de (2011) : une matrice se lit en colonnes. Son aire, 2, vaut ad−bc.
Le contrôle systématique après un calcul d'inverse : vérifier que AA−1=I. Deux produits de quatre coefficients, et toute erreur de signe ou d'échange apparaît immédiatement.
Le produit matriciel, et ce qu'il ne partage pas avec les nombres
•Le coefficient en ligne i et colonne j de AB est la somme des produits de la LIGNE i de A par la COLONNE j de B.
•Le produit n'est PAS commutatif : en général AB=BA, et les deux existent pourtant.
•Un produit peut être NUL sans qu'aucun facteur le soit : AB=0 n'entraîne ni A=0 ni B=0.
•La DIVISION n'existe pas : on multiplie par l'inverse, en choisissant le côté, à gauche ou à droite.
La ligne 1 de A (bleu) contre la colonne 1 de B (orange) : 1×1+2×1=3, le coefficient (1;1) de AB (vert). Chaque coefficient du produit croise UNE ligne et UNE colonne.
Conséquence directe : (A+B)2=A2+AB+BA+B2, et cela ne se simplifie en A2+2AB+B2 que si A et B COMMUTENT. L'identité remarquable du collège est un cas particulier.
Résoudre un système par l'inverse
•Un système linéaire {ax+by=ecx+dy=f s'écrit AX=B avec X=(xy) et B=(ef).
•Si A est inversible, la solution est UNIQUE : X=A−1B, en multipliant à GAUCHE des deux côtés.
•Si A n'est pas inversible, le système n'a soit aucune solution, soit une infinité : les deux droites sont parallèles ou confondues.
•L'ordre compte : X=A−1B et non X=BA−1, qui n'a même pas de sens en tailles.
Puissances de matrices et suites couplées
•An se calcule soit par récurrence à partir d'une conjecture, soit par une relation du type A2=αA+βI que l'on itère.
•Deux suites couplées un+1=aun+bvn et vn+1=cun+dvn s'écrivent Xn+1=AXn, donc Xn=AnX0.
•Une conjecture sur An se DÉMONTRE par récurrence : c'est la seule preuve acceptée, et l'hérédité utilise An+1=An×A.
•L'ordre du produit importe même ici : An×A et A×An sont égaux, mais AnB et BAn ne le sont pas.
Matrice d'une transformation du plan : les images en colonnes
•Une transformation f est représentée par A quand l'image de M(x;y) est M′(x′;y′) avec (x′y′)=A(xy) : les COLONNES de A sont les images de (1;0) et de (0;1).
•Rotation de centre O et d'angle θ : (cosθsinθ−sinθcosθ) ; pour le quart de tour direct, (01−10).
•Symétrie d'axe (Ox) : (100−1) ; homothétie de centre O et de rapport k : kI.
•Enchaîner deux transformations, c'est multiplier leurs matrices : AB applique d'abord B, puis A.
La rotation d'angle θ fait tourner (1;0) et (0;1) (bleu marine) en deux vecteurs (vert) dont les coordonnées sont les COLONNES de sa matrice.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Supposer le produit matriciel commutatif
toute la question, et souvent tout l'exercice
Ce qu'il ne faut pas écrire
« AB=BA, donc on peut réordonner les facteurs comme on veut. »
Ce qu'il faut écrire
« Le produit matriciel n'est PAS commutatif : avec A=(1021) et B=(1101), on trouve AB=(3121) et BA=(1123), qui diffèrent. »
Le carré unité (pointillés) envoyé par AB (bleu) et par BA (orange) : deux parallélogrammes différents, donc deux matrices différentes. Échanger les facteurs change la transformation.
Pourquoi : Le coefficient d'un produit mélange une ligne du premier facteur et une colonne du second : échanger les facteurs échange les rôles et donne un autre résultat. C'est la différence fondatrice avec les nombres.
2.Développer un carré comme avec des nombres
toute la question, avec un développement faux dès le premier terme
Ce qu'il ne faut pas écrire
« (A+B)2=A2+2AB+B2. »
Ce qu'il faut écrire
« (A+B)2=(A+B)(A+B)=A2+AB+BA+B2. On ne peut regrouper AB et BA que si A et B COMMUTENT, ce qui n'est pas le cas général. »
(A+B)(A+B) remplit quatre cases : la ligne donne le facteur de GAUCHE, la colonne celui de droite. Les cases AB (bleu) et BA (orange) ne fusionnent en 2AB que si A et B commutent.
Pourquoi : Le développement lui-même est valable, c'est la distributivité; c'est le regroupement final qui suppose la commutativité. La même remarque vaut pour (A+B)(A−B), qui ne vaut A2−B2 que si les matrices commutent.
3.Déduire d'un produit nul qu'un facteur est nul
toute la question, et une conclusion fausse sur un système
Ce qu'il ne faut pas écrire
« AB=0, donc A=0 ou B=0. »
Ce qu'il faut écrire
« C'est faux pour les matrices : avec A=(1000) et B=(0001), on a AB=0 alors qu'aucune des deux n'est nulle. »
B envoie tout point X sur l'axe des ordonnées (bleu), puis A écrase cet axe sur l'origine (orange) : ABX=0 pour tout X, alors que ni A ni B n'est nulle.
Pourquoi : La propriété du produit nul repose, dans R, sur l'existence d'un inverse pour tout nombre non nul. Une matrice non nulle peut ne pas être inversible, et c'est exactement le cas ici : chacune a une colonne nulle, donc écrase le plan sur une droite.
4.Diviser par une matrice
1 à 2 points, et une écriture qui n'a pas de sens
Ce qu'il ne faut pas écrire
« AX=B, donc X=AB. »
Ce qu'il faut écrire
« La division matricielle n'existe pas. On multiplie par l'INVERSE, et du bon côté : A−1AX=A−1B, donc X=A−1B. »
Pourquoi : Comme le produit n'est pas commutatif, une même barre de fraction ne dirait pas si l'on multiplie à gauche ou à droite. La notation est donc bannie, et il faut écrire explicitement le côté.
5.Écrire l'inverse d'une matrice qui n'en a pas
toute la question, avec une division par zéro
Ce qu'il ne faut pas écrire
« A=(2142), donc A−1=01(2−1−42). »
Ce qu'il faut écrire
« La première ligne de A est le double de la seconde : A n'est PAS inversible, et il n'y a pas d'inverse à écrire ; à l'ordre 2, ad−bc=2×2−4×1=0 le confirme. Le système associé a soit aucune solution, soit une infinité. »
Les colonnes (2;1) et (4;2) de A sont colinéaires : le carré unité (bleu) est écrasé sur un segment (rouge), d'aire 0=ad−bc. Rien ne peut le « déplier » : A n'a pas d'inverse.
Pourquoi : On vérifie l'inversibilité AVANT d'écrire un inverse, jamais après. Des lignes proportionnelles signifient que la matrice écrase le plan sur une droite ; à l'ordre 2, le nombre ad−bc, outil pratique, le détecte en une ligne.
6.Se tromper d'échange ou de signe dans l'inverse
toute la question, et le produit AA−1 ne donne pas l'identité
Ce qu'il ne faut pas écrire
« A−1=detA1(a−c−bd). »
Ce qu'il faut écrire
« Les coefficients DIAGONAUX s'échangent et les autres changent de signe : A−1=ad−bc1(d−c−ba). »
Les termes diagonaux (vert) ÉCHANGENT leurs places ; les deux autres (orange) restent en place et changent de signe. Le facteur ad−bc1 reste devant la matrice.
Pourquoi : L'échange des termes diagonaux est ce qui fait apparaître ad−bc dans le produit. Sans lui, on obtient une matrice quelconque, et la vérification AA−1=I le montre en dix secondes.
7.Multiplier du mauvais côté pour résoudre un système
1 à 2 points, et un produit impossible en tailles
Ce qu'il ne faut pas écrire
« AX=B, donc X=BA−1. »
Ce qu'il faut écrire
« On multiplie à GAUCHE des deux côtés, du même côté : A−1(AX)=A−1B, donc X=A−1B. Le produit BA−1 n'est d'ailleurs même pas défini si B est une colonne. »
Pourquoi : Multiplier une égalité par une matrice se fait toujours du MÊME côté à gauche et à droite, précisément parce que le produit n'est pas commutatif. Le contrôle des tailles suffit à trancher.
8.Conjecturer une puissance sans la démontrer
1 à 2 points, ceux de la démonstration
Ce qu'il ne faut pas écrire
« On calcule A2 et A3, on voit la forme générale, donc An=… »
Ce qu'il faut écrire
« Les premiers calculs permettent de CONJECTURER; la formule doit ensuite être démontrée par RÉCURRENCE, avec initialisation, hérédité utilisant An+1=An×A, et conclusion. »
Coefficient en haut à droite de (1110)n : trois puissances calculées (bleu) suggèrent Fibonacci ; la suite (orange) reste une conjecture sans récurrence.
Pourquoi : Trois cas particuliers ne prouvent rien sur tous les entiers, exactement comme pour les suites. C'est d'ailleurs la même récurrence, appliquée à des tableaux de nombres au lieu de nombres.
9.Multiplier des matrices de tailles incompatibles
toute la question, avec un calcul impossible mené jusqu'au bout
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Je multiplie une matrice 2×3 par une matrice 2×2. »
Ce qu'il faut écrire
« Le produit AB n'existe que si le nombre de COLONNES de A égale le nombre de LIGNES de B. Ici 3=2 : le produit n'est pas défini dans cet ordre, alors qu'il l'est dans l'autre. »
Un produit n'existe que si le premier facteur a autant de COLONNES que le second a de LIGNES : (2×3)(2×2) est impossible (rouge), (2×2)(2×3) donne une matrice 2×3 (vert).
Pourquoi : Chaque coefficient du produit est une somme de produits terme à terme d'une ligne et d'une colonne : il faut qu'elles aient la même longueur. C'est aussi une seconde raison, purement dimensionnelle, pour laquelle AB et BA diffèrent.
10.Écrire la matrice d'une transformation en lignes
toute la question, et toutes les puissances qui suivent
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le quart de tour direct envoie (1;0) sur (0;1) et (0;1) sur (−1;0), donc R=(0−110). »
Ce qu'il faut écrire
« Les images s'écrivent en COLONNES : R=(01−10), et l'on vérifie que R(xy)=(−yx). »
Le drapeau F et son image par la matrice écrite en colonnes (vert) : le quart de tour direct. Écrites en lignes, les mêmes images donnent le quart de tour indirect (rouge).
Pourquoi : A(10) est la première COLONNE de A. La matrice écrite en lignes est celle du quart de tour dans l'autre sens.
11.Lire un produit de transformations de gauche à droite
1 à 2 points, et une transformation fausse identifiée
Ce qu'il ne faut pas écrire
« RS : on applique d'abord le quart de tour R, puis la symétrie S. »
Ce qu'il faut écrire
« RSX=R(SX) : on applique d'abord S, puis R. Avec S la symétrie d'axe (Ox), RS est la symétrie d'axe y=x, et SR celle d'axe y=−x. »
RS applique d'abord S, puis R : symétrie d'axe y=x (vert). Lire « R puis S », c'est calculer SR : la symétrie d'axe y=−x (rouge), une autre transformation.
Pourquoi : La matrice de DROITE touche le vecteur en premier. Comme le produit n'est pas commutatif, l'ordre change la transformation elle-même.
Quelle méthode choisir
Comment résoudre un système linéaire
On écrit le système sous forme matricielle, puis tout se décide sur l'inversibilité de sa matrice ; à l'ordre 2, le nombre ad−bc la teste en une ligne.
Les trois cas d'un système de deux équations : droites sécantes (matrice inversible, une solution), parallèles (aucune), confondues (une infinité).
Si A est inversible (à l'ordre 2 : ad−bc=0) → le système admet une UNIQUE solution, donnée par X=A−1B
Exemple : ad−bc=10 pour (3214), donc une seule solution
Si A n'est pas inversible (lignes proportionnelles) et les seconds membres ne sont pas dans la même proportion → aucune solution : les deux droites sont strictement parallèles
Si A n'est pas inversible et le second membre suit la même proportion que les lignes → une infinité de solutions : les deux droites sont confondues
Si l'énoncé demande de résoudre plusieurs systèmes de même matrice → calculer A−1 UNE fois, puis multiplier par chaque second membre
C'est le seul cas où l'inverse est vraiment plus rapide qu'une substitution.
Si l'énoncé donne deux suites couplées → les écrire Xn+1=AXn, en déduire Xn=AnX0, puis chercher An
Si il faut calculer An → conjecturer sur A2 et A3, puis DÉMONTRER par récurrence
Pour un système 2×2 isolé, la substitution reste plus rapide que l'inversion. La méthode matricielle prend l'avantage quand la même matrice sert plusieurs fois, ou quand le sujet demande explicitement l'inverse.
Quelles règles survivent au passage aux matrices
On teste chaque réflexe du calcul numérique : certains restent vrais, d'autres tombent.
Si il s'agit d'une ADDITION → tout reste vrai : commutative, associative, avec la matrice nulle comme élément neutre
Si il s'agit de la DISTRIBUTIVITÉ du produit sur la somme → elle reste vraie, à condition de garder l'ORDRE : A(B+C)=AB+AC et (B+C)A=BA+CA
Si il s'agit de l'ASSOCIATIVITÉ du produit → elle reste vraie : (AB)C=A(BC), ce qui permet de regrouper sans réordonner
Si il s'agit de la COMMUTATIVITÉ du produit → elle tombe : AB=BA en général, et avec elle toutes les identités remarquables
Si il s'agit de la règle du produit nul → elle tombe : AB=0 n'entraîne rien sur A ni sur B
Si il s'agit de la simplification, AB=AC donne B=C → elle tombe, sauf si A est INVERSIBLE, auquel cas on multiplie à gauche par A−1
Le fil commun des trois règles qui tombent est l'inversibilité : dans R, tout nombre non nul est inversible, ce qui n'est pas le cas des matrices. Toutes les exceptions viennent de là.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Calculer un inverse et résoudre un système
Quand l'utiliser : L'exercice standard du chapitre, souvent en trois questions enchaînées.
1Écrire le système sous forme matricielle AX=B, en identifiant clairement A, X et B.
2Justifier que A est inversible : à l'ordre 2, « ad−bc=10=0, donc A est inversible », en rappelant que c'est un outil de calcul ; sinon, exhiber l'inverse et vérifier AA−1=I.
3Écrire A−1 avec la formule, en échangeant les termes diagonaux et en changeant le signe des autres.
4VÉRIFIER que AA−1=I par un produit, ce qui valide l'écriture.
5Calculer X=A−1B, en multipliant bien à GAUCHE.
6Vérifier la solution en la substituant dans les deux équations de départ.
Phrase de conclusion
ad−bc=3×4−1×2=10=0, donc A est inversible et A−1=101(4−2−13) ; le système admet l'unique solution X=A−1B=(12).
Le piège : Écrire l'inverse sans le facteur ad−bc1. La matrice obtenue est alors 10 fois trop grande, et le produit AA−1 donne 10I au lieu de I : la vérification l'attrape aussitôt.
Barème : 0,5 point pour l'écriture matricielle, 0,5 point pour l'inversibilité justifiée, 1 point pour l'inverse, 1 point pour la solution, 0,5 point pour la vérification.
Démontrer une formule de puissance par récurrence
Quand l'utiliser : L'énoncé demande An, souvent après avoir fait calculer A2 et A3.
1Calculer A2 et A3 explicitement, coefficient par coefficient.
2CONJECTURER une forme générale, en identifiant le motif sur chacun des quatre coefficients.
3Nommer la propriété : « pour tout entier n≥1, notons P(n) la propriété An=… ».
4Initialisation : vérifier P(1), ce qui est immédiat.
5Hérédité : supposer P(n), écrire An+1=An×A, effectuer le produit et retrouver la forme attendue au rang n+1.
6Conclusion rédigée, avec la phrase type du principe de récurrence.
Phrase de conclusion
P(1) est vraie et, pour tout n≥1, An+1=An×A redonne la forme annoncée au rang n+1 : d'après le principe de récurrence, la formule est vraie pour tout entier n≥1.
Le piège : Écrire An+1=A×An puis effectuer le produit dans le mauvais ordre. Les deux écritures sont ici égales, mais l'habitude de vérifier l'ordre évite l'erreur dans les questions où elle compte.
Barème : 1 point pour la conjecture appuyée sur des calculs, 0,5 point pour l'initialisation, 1,5 point pour l'hérédité, 0,5 point pour la conclusion.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Vérifier un inverse par le produit
Calculer AA−1 doit donner exactement la matrice identité. Quatre produits de deux termes, et toute erreur de signe, d'échange ou de facteur apparaît.
Un produit qui donne 10I au lieu de I signale l'oubli du facteur ad−bc1.
Substituer la solution dans le système de départ
Les deux équations doivent être vérifiées numériquement. C'est le contrôle final, indépendant de toute la méthode matricielle employée.
3×1+2=5 et 2×1+4×2=10 : la solution (1;2) est validée.
Vérifier l'inversibilité avant toute inversion
Une matrice non inversible n'a pas d'inverse à écrire, et la réponse change du tout au tout. À l'ordre 2, le nombre ad−bc se calcule en une ligne et tranche.
Pour (2142), les lignes sont proportionnelles et ad−bc=0 : il n'y a pas d'inverse.
Contrôler la compatibilité des tailles
Avant tout produit, vérifier que le nombre de colonnes du premier facteur égale le nombre de lignes du second. Un produit impossible n'a pas de résultat.
Une matrice 2×3 ne peut pas multiplier une matrice 2×2, mais l'inverse est possible et donne une matrice 2×3.
Tester une identité douteuse sur deux matrices simples
Les deux matrices (1021) et (1101) ne commutent pas : elles servent de contre-exemple à presque toutes les identités fausses.
Leur produit dans les deux ordres donne des matrices différentes, ce qui suffit à réfuter AB=BA et l'identité remarquable du carré.
L'exercice type décortiqué
Un système résolu par l'inverse, comme en devoir surveillé
On considère le système {3x+y=52x+4y=10 et les matrices A=(1021) et B=(1101).
1. Écrire le système sous forme matricielle. 2. Justifier que sa matrice est inversible. 3. Déterminer l'inverse et le vérifier. 4. Résoudre le système. 5. Calculer AB et BA et commenter.
Étape 1
Le système s'écrit MX=C avec M=(3214), X=(xy) et C=(510).
Pourquoi
La matrice recueille les COEFFICIENTS, la colonne de droite les seconds membres. Écrire les trois objets séparément évite de mélanger les inconnues et les données.
Étape 2
ad−bc=3×4−1×2=12−2=10. Comme 10=0, la matrice M est inversible et le système admet une unique solution.
Pourquoi
Le nombre ad−bc est un outil pratique d'ordre 2, hors programme en tant que notion : on l'emploie en le rappelant. La conclusion sur l'inversibilité et l'unicité se dit en une phrase, avant tout autre calcul.
Étape 3
M−1=101(4−2−13) : les termes diagonaux 3 et 4 sont échangés, les termes 1 et 2 changent de signe.
Pourquoi
On énonce la règle en même temps qu'on l'applique, ce qui évite l'erreur la plus fréquente. Le facteur 101 est écrit devant la matrice et non distribué, pour alléger la suite.
Quatre produits de deux termes suffisent à valider l'inverse. Le résultat 10I avant division confirme aussi la valeur de ad−bc : deux contrôles pour le prix d'un.
On multiplie à GAUCHE par l'inverse. L'écriture CM−1 serait d'ailleurs impossible, une colonne de deux lignes ne pouvant pas multiplier une matrice carrée par la gauche.
Étape 6
Contrôle : 3×1+2=5 et 2×1+4×2=2+8=10. Les deux équations sont vérifiées, donc (x;y)=(1;2).
Pourquoi
La substitution dans le système de DÉPART est indépendante de toute la méthode matricielle : elle attrape aussi bien une erreur d'inverse qu'une erreur de produit.
Étape 7
AB=(1×1+2×10×1+1×11×0+2×10×0+1×1)=(3121), tandis que BA=(1123).
Pourquoi
Les deux produits existent et diffèrent : c'est le contre-exemple le plus court à la commutativité, et il tient en quatre multiplications de chaque côté.
Étape 8
Commentaire : AB=BA, donc A et B ne commutent pas. Par conséquent (A+B)2=A2+AB+BA+B2 ne se simplifie PAS en A2+2AB+B2.
Pourquoi
La conclusion relie le contre-exemple à sa conséquence pratique. C'est cette phrase, et non le calcul, qui est notée : elle montre qu'on a compris pourquoi les identités remarquables tombent.
Conclusion rédigée
Le nombre ad−bc valant 10, la matrice du système est inversible et le système admet l'unique solution (1;2), confirmée par substitution ; les matrices A et B, elles, ne commutent pas, ce qui interdit d'appliquer les identités remarquables du calcul numérique.
L'erreur classique sur cet exercice : Oublier le facteur ad−bc1 devant l'inverse. La solution obtenue est alors (10;20), dix fois trop grande, et la substitution dans le système de départ le révèle immédiatement.
À savoir par cœur
•Matrice d'une transformation du plan : ses COLONNES sont les images de (1;0) et (0;1) ; dans AB, c'est B qui agit en premier.
•À l'ordre 2, outil pratique : A est inversible si et seulement si ad−bc=0.
•A−1=ad−bc1(d−c−ba) : diagonale ÉCHANGÉE, antidiagonale changée de SIGNE.
•AB=BA en général : la commutativité tombe, et avec elle les identités remarquables.
•(A+B)2=A2+AB+BA+B2, et rien de plus sans hypothèse de commutation.
•AB=0 n'entraîne ni A=0 ni B=0.
•La division n'existe pas : on multiplie par l'inverse, du MÊME côté des deux membres.
•AX=B avec A inversible donne X=A−1B, jamais BA−1.
•Une formule de puissance se CONJECTURE puis se démontre par récurrence.
Questions fréquentes
Pourquoi le produit de deux matrices n'est-il pas commutatif ?
Parce que chaque coefficient du produit combine une ligne du premier facteur et une colonne du second. Échanger les facteurs échange donc les rôles des lignes et des colonnes, et le résultat change. Deux matrices deux fois deux très simples suffisent à le voir : leurs deux produits diffèrent sur trois coefficients sur quatre.
Que signifie un déterminant nul ?
Le déterminant d'une matrice deux fois deux, le nombre ad moins bc, est un outil de calcul pratique, pas une notion du programme de maths expertes. Nul, il signifie que la matrice n'est pas inversible : ses colonnes sont proportionnelles et elle écrase le plan sur une droite. Pour un système, les deux droites sont parallèles, donc aucune solution ou une infinité.
Peut-on diviser par une matrice ?
Non. On multiplie par la matrice inverse, quand elle existe, et il faut préciser de quel côté puisque le produit n'est pas commutatif. Une barre de fraction serait ambiguë : elle ne dirait pas s'il s'agit d'une multiplication à gauche ou à droite, qui donnent des résultats différents.
Un produit de matrices nul implique-t-il qu'un facteur est nul ?
Non, contrairement aux nombres. Deux matrices non nulles peuvent avoir un produit nul, à condition qu'aucune des deux ne soit inversible. C'est justement l'inversibilité qui, dans les réels, garantit la règle du produit nul : tout nombre non nul y est inversible, ce qui n'est pas le cas des matrices.
Comment résoudre un système avec des matrices ?
On l'écrit sous la forme matrice fois colonne des inconnues égale colonne des seconds membres. On vérifie que la matrice est inversible, à l'ordre deux par le nombre ad moins bc non nul, puis on écrit l'inverse et on multiplie à gauche des deux côtés. La solution est le produit de l'inverse par la colonne des seconds membres, dans cet ordre.
Comment calculer la puissance n-ième d'une matrice ?
On calcule d'abord les premières puissances explicitement pour conjecturer la forme générale, puis on la démontre par récurrence. L'hérédité consiste à multiplier la forme supposée au rang n par la matrice de départ et à retrouver la forme au rang suivant. Une conjecture non démontrée ne vaut aucun point.
Passer à la pratique
Exercices corrigés : Les matrices
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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