Maths expertes, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Fiche de révision : les matrices (maths expertes)

Une matrice se manipule presque comme un nombre : on additionne, on multiplie, on élève à une puissance. Presque, et c'est là tout le chapitre. Le produit n'est pas commutatif, la division n'existe pas, et un produit peut être nul sans qu'aucun facteur le soit. Chacune de ces trois différences fait tomber une identité que l'on croyait acquise.

Cette fiche liste les huit réflexes qui coûtent des points, avec la phrase exacte qui les remet, la lecture géométrique du déterminant comme rapport d'aires, l'arbre de résolution d'un système linéaire, et un exemple complet mené du déterminant jusqu'à la vérification de la solution.

Le fil du chapitre

Le produit matriciel n'est PAS commutatif, et cette seule différence avec les nombres fait tomber toutes les identités remarquables. Le reste du chapitre tient au déterminant : nul, rien ne s'inverse; non nul, tout se résout.

Ce chapitre fait partie de Maths expertes en Terminale

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (13 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Généralités sur les fonctionsSeconde, Mathématiques
  2. 2Fonctions affines et systèmesSeconde, Mathématiques
  3. 3Algorithmique et PythonSeconde, Mathématiques
  4. 4Les suites numériquesPremière, Mathématiques
  5. 5Suites et récurrenceMathématiques
  6. 6Calcul littéral et équationsQuatrième, Mathématiques
  7. 7Proportionnalité, pourcentages et vitessesQuatrième, Mathématiques
  8. 8La notion de fonctionTroisième, Mathématiques
  9. 9Les fonctions linéairesTroisième, Mathématiques
  10. 10Les fonctions affinesTroisième, Mathématiques
  11. 11Développer et factoriserTroisième, Mathématiques
  12. 12Équations, équations produit et inéquationsTroisième, Mathématiques
  13. 13Algorithmique et ScratchTroisième, Mathématiques

L'essentiel

Le déterminant mesure une aire, et décide de tout

  • Pour A=(abcd)A=\begin{pmatrix} a & b \\ c & d \end{pmatrix}, le déterminant vaut det(A)=adbc\det(A)=ad-bc.
  • Géométriquement, det(A)|\det(A)| est le rapport des AIRES : l'image du carré unité par AA est un parallélogramme d'aire det(A)|\det(A)|.
  • AA est INVERSIBLE si et seulement si det(A)0\det(A)\neq 0. Un déterminant nul signifie que l'image s'aplatit sur une droite, et que l'information est perdue.
  • Inverse : A1=1adbc(dbca)A^{-1}=\frac{1}{ad-bc}\begin{pmatrix} d & -b \\ -c & a \end{pmatrix} : les termes diagonaux s'ÉCHANGENT, les autres changent de SIGNE.
-11234-1123aire 2carre uniteimage par A
Le carré unité en pointillés devient un parallélogramme d'aire 22 : c'est exactement la valeur du déterminant. Un déterminant nul écraserait ce parallélogramme sur un segment.

Le contrôle systématique après un calcul d'inverse : vérifier que AA1=IAA^{-1}=I. Deux produits de quatre coefficients, et toute erreur de signe ou d'échange apparaît immédiatement.

Le produit matriciel, et ce qu'il ne partage pas avec les nombres

  • Le coefficient en ligne ii et colonne jj de ABAB est la somme des produits de la LIGNE ii de AA par la COLONNE jj de BB.
  • Le produit n'est PAS commutatif : en général ABBAAB\neq BA, et les deux existent pourtant.
  • Un produit peut être NUL sans qu'aucun facteur le soit : AB=0AB=0 n'entraîne ni A=0A=0 ni B=0B=0.
  • La DIVISION n'existe pas : on multiplie par l'inverse, en choisissant le côté, à gauche ou à droite.

Conséquence directe : (A+B)2=A2+AB+BA+B2(A+B)^{2}=A^{2}+AB+BA+B^{2}, et cela ne se simplifie en A2+2AB+B2A^{2}+2AB+B^{2} que si AA et BB COMMUTENT. L'identité remarquable du collège est un cas particulier.

Résoudre un système par l'inverse

  • Un système linéaire {ax+by=ecx+dy=f\begin{cases} ax+by=e \\ cx+dy=f \end{cases} s'écrit AX=BAX=B avec X=(xy)X=\begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix} et B=(ef)B=\begin{pmatrix} e \\ f \end{pmatrix}.
  • Si AA est inversible, la solution est UNIQUE : X=A1BX=A^{-1}B, en multipliant à GAUCHE des deux côtés.
  • Si det(A)=0\det(A)=0, le système n'a soit aucune solution, soit une infinité : les deux droites sont parallèles ou confondues.
  • L'ordre compte : X=A1BX=A^{-1}B et non X=BA1X=BA^{-1}, qui n'a même pas de sens en tailles.

Puissances de matrices et suites couplées

  • AnA^{n} se calcule soit par récurrence à partir d'une conjecture, soit par une relation du type A2=αA+βIA^{2}=\alpha A+\beta I que l'on itère.
  • Deux suites couplées un+1=aun+bvnu_{n+1}=au_{n}+bv_{n} et vn+1=cun+dvnv_{n+1}=cu_{n}+dv_{n} s'écrivent Xn+1=AXnX_{n+1}=AX_{n}, donc Xn=AnX0X_{n}=A^{n}X_{0}.
  • Une conjecture sur AnA^{n} se DÉMONTRE par récurrence : c'est la seule preuve acceptée, et l'hérédité utilise An+1=An×AA^{n+1}=A^{n}\times A.
  • L'ordre du produit importe même ici : An×AA^{n}\times A et A×AnA\times A^{n} sont égaux, mais AnBA^{n}B et BAnBA^{n} ne le sont pas.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Supposer le produit matriciel commutatif

toute la question, et souvent tout l'exercice

Ce qu'il ne faut pas écrire

« AB=BAAB=BA, donc on peut réordonner les facteurs comme on veut. »

Ce qu'il faut écrire

« Le produit matriciel n'est PAS commutatif : avec A=(1201)A=\begin{pmatrix} 1 & 2 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} et B=(1011)B=\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 1 & 1 \end{pmatrix}, on trouve AB=(3211)AB=\begin{pmatrix} 3 & 2 \\ 1 & 1 \end{pmatrix} et BA=(1213)BA=\begin{pmatrix} 1 & 2 \\ 1 & 3 \end{pmatrix}, qui diffèrent. »

Pourquoi : Le coefficient d'un produit mélange une ligne du premier facteur et une colonne du second : échanger les facteurs échange les rôles et donne un autre résultat. C'est la différence fondatrice avec les nombres.

2. Développer un carré comme avec des nombres

toute la question, avec un développement faux dès le premier terme

Ce qu'il ne faut pas écrire

« (A+B)2=A2+2AB+B2(A+B)^{2}=A^{2}+2AB+B^{2}. »

Ce qu'il faut écrire

« (A+B)2=(A+B)(A+B)=A2+AB+BA+B2(A+B)^{2}=(A+B)(A+B)=A^{2}+AB+BA+B^{2}. On ne peut regrouper ABAB et BABA que si AA et BB COMMUTENT, ce qui n'est pas le cas général. »

Pourquoi : Le développement lui-même est valable, c'est la distributivité; c'est le regroupement final qui suppose la commutativité. La même remarque vaut pour (A+B)(AB)(A+B)(A-B), qui ne vaut A2B2A^{2}-B^{2} que si les matrices commutent.

3. Déduire d'un produit nul qu'un facteur est nul

toute la question, et une conclusion fausse sur un système

Ce qu'il ne faut pas écrire

« AB=0AB=0, donc A=0A=0 ou B=0B=0. »

Ce qu'il faut écrire

« C'est faux pour les matrices : avec A=(1000)A=\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 0 \end{pmatrix} et B=(0001)B=\begin{pmatrix} 0 & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}, on a AB=0AB=0 alors qu'aucune des deux n'est nulle. »

Pourquoi : La propriété du produit nul repose, dans R\mathbb{R}, sur l'existence d'un inverse pour tout nombre non nul. Une matrice non nulle peut ne pas être inversible, et c'est exactement le cas ici : les deux ont un déterminant nul.

4. Diviser par une matrice

1 à 2 points, et une écriture qui n'a pas de sens

Ce qu'il ne faut pas écrire

« AX=BAX=B, donc X=BAX=\frac{B}{A}. »

Ce qu'il faut écrire

« La division matricielle n'existe pas. On multiplie par l'INVERSE, et du bon côté : A1AX=A1BA^{-1}AX=A^{-1}B, donc X=A1BX=A^{-1}B. »

Pourquoi : Comme le produit n'est pas commutatif, une même barre de fraction ne dirait pas si l'on multiplie à gauche ou à droite. La notation est donc bannie, et il faut écrire explicitement le côté.

5. Inverser sans vérifier que le déterminant est non nul

toute la question, avec une division par zéro

Ce qu'il ne faut pas écrire

« A=(2412)A=\begin{pmatrix} 2 & 4 \\ 1 & 2 \end{pmatrix}, donc A1=10(2412)A^{-1}=\frac{1}{0}\begin{pmatrix} 2 & -4 \\ -1 & 2 \end{pmatrix}. »

Ce qu'il faut écrire

« det(A)=2×24×1=0\det(A)=2\times 2-4\times 1=0 : la matrice n'est PAS inversible, et il n'y a pas d'inverse à écrire. Le système associé a soit aucune solution, soit une infinité. »

-112345-2-11234une solutionparalleles : det nul
Deux droites de pentes différentes se coupent en un point unique : le déterminant est non nul. La droite pointillée, parallèle à la première, correspond à un déterminant nul et à un système sans solution.

Pourquoi : Le déterminant se calcule AVANT la formule d'inversion, jamais après. Un déterminant nul signifie que les deux lignes sont proportionnelles, donc que la matrice écrase le plan sur une droite.

6. Se tromper d'échange ou de signe dans l'inverse

toute la question, et le produit $AA^{-1}$ ne donne pas l'identité

Ce qu'il ne faut pas écrire

« A1=1detA(abcd)A^{-1}=\frac{1}{\det A}\begin{pmatrix} a & -b \\ -c & d \end{pmatrix}. »

Ce qu'il faut écrire

« Les coefficients DIAGONAUX s'échangent et les autres changent de signe : A1=1adbc(dbca)A^{-1}=\frac{1}{ad-bc}\begin{pmatrix} d & -b \\ -c & a \end{pmatrix}. »

Pourquoi : L'échange des termes diagonaux est ce qui fait apparaître adbcad-bc dans le produit. Sans lui, on obtient une matrice quelconque, et la vérification AA1=IAA^{-1}=I le montre en dix secondes.

7. Multiplier du mauvais côté pour résoudre un système

1 à 2 points, et un produit impossible en tailles

Ce qu'il ne faut pas écrire

« AX=BAX=B, donc X=BA1X=BA^{-1}. »

Ce qu'il faut écrire

« On multiplie à GAUCHE des deux côtés, du même côté : A1(AX)=A1BA^{-1}(AX)=A^{-1}B, donc X=A1BX=A^{-1}B. Le produit BA1BA^{-1} n'est d'ailleurs même pas défini si BB est une colonne. »

Pourquoi : Multiplier une égalité par une matrice se fait toujours du MÊME côté à gauche et à droite, précisément parce que le produit n'est pas commutatif. Le contrôle des tailles suffit à trancher.

8. Conjecturer une puissance sans la démontrer

1 à 2 points, ceux de la démonstration

Ce qu'il ne faut pas écrire

« On calcule A2A^{2} et A3A^{3}, on voit la forme générale, donc An=A^{n}=\dots »

Ce qu'il faut écrire

« Les premiers calculs permettent de CONJECTURER; la formule doit ensuite être démontrée par RÉCURRENCE, avec initialisation, hérédité utilisant An+1=An×AA^{n+1}=A^{n}\times A, et conclusion. »

1234567894812162024coefficients de A puissance n
Les coefficients des puissances successives de (1110)\begin{pmatrix} 1 & 1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix} sont exactement les nombres de Fibonacci : chacun est la somme des deux précédents, ce qui est la récurrence à démontrer.

Pourquoi : Trois cas particuliers ne prouvent rien sur tous les entiers, exactement comme pour les suites. C'est d'ailleurs la même récurrence, appliquée à des tableaux de nombres au lieu de nombres.

9. Multiplier des matrices de tailles incompatibles

toute la question, avec un calcul impossible mené jusqu'au bout

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Je multiplie une matrice 2×32\times 3 par une matrice 2×22\times 2. »

Ce qu'il faut écrire

« Le produit ABAB n'existe que si le nombre de COLONNES de AA égale le nombre de LIGNES de BB. Ici 323\neq 2 : le produit n'est pas défini dans cet ordre, alors qu'il l'est dans l'autre. »

Pourquoi : Chaque coefficient du produit est une somme de produits terme à terme d'une ligne et d'une colonne : il faut qu'elles aient la même longueur. C'est aussi une seconde raison, purement dimensionnelle, pour laquelle ABAB et BABA diffèrent.

Quelle méthode choisir

Comment résoudre un système linéaire

On écrit le système sous forme matricielle, puis tout se décide sur le déterminant.

  • Si det(A)0\det(A)\neq 0 le système admet une UNIQUE solution, donnée par X=A1BX=A^{-1}B

    Exemple : det(A)=10\det(A)=10 pour (3124)\begin{pmatrix} 3 & 1 \\ 2 & 4 \end{pmatrix}, donc une seule solution

  • Si det(A)=0\det(A)=0 et les seconds membres ne sont pas proportionnels comme les lignes aucune solution : les deux droites sont strictement parallèles

  • Si det(A)=0\det(A)=0 et le second membre suit la même proportion une infinité de solutions : les deux droites sont confondues

  • Si l'énoncé demande de résoudre plusieurs systèmes de même matrice calculer A1A^{-1} UNE fois, puis multiplier par chaque second membre

    C'est le seul cas où l'inverse est vraiment plus rapide qu'une substitution.

  • Si l'énoncé donne deux suites couplées les écrire Xn+1=AXnX_{n+1}=AX_{n}, en déduire Xn=AnX0X_{n}=A^{n}X_{0}, puis chercher AnA^{n}

  • Si il faut calculer AnA^{n} conjecturer sur A2A^{2} et A3A^{3}, puis DÉMONTRER par récurrence

Pour un système 2×22\times 2 isolé, la substitution reste plus rapide que l'inversion. La méthode matricielle prend l'avantage quand la même matrice sert plusieurs fois, ou quand le sujet demande explicitement l'inverse.

Quelles règles survivent au passage aux matrices

On teste chaque réflexe du calcul numérique : certains restent vrais, d'autres tombent.

  • Si il s'agit d'une ADDITION tout reste vrai : commutative, associative, avec la matrice nulle comme élément neutre

  • Si il s'agit de la DISTRIBUTIVITÉ du produit sur la somme elle reste vraie, à condition de garder l'ORDRE : A(B+C)=AB+ACA(B+C)=AB+AC et (B+C)A=BA+CA(B+C)A=BA+CA

  • Si il s'agit de l'ASSOCIATIVITÉ du produit elle reste vraie : (AB)C=A(BC)(AB)C=A(BC), ce qui permet de regrouper sans réordonner

  • Si il s'agit de la COMMUTATIVITÉ du produit elle tombe : ABBAAB\neq BA en général, et avec elle toutes les identités remarquables

  • Si il s'agit de la règle du produit nul elle tombe : AB=0AB=0 n'entraîne rien sur AA ni sur BB

  • Si il s'agit de la simplification, AB=ACAB=AC donne B=CB=C elle tombe, sauf si AA est INVERSIBLE, auquel cas on multiplie à gauche par A1A^{-1}

Le fil commun des trois règles qui tombent est l'inversibilité : dans R\mathbb{R}, tout nombre non nul est inversible, ce qui n'est pas le cas des matrices. Toutes les exceptions viennent de là.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Calculer un inverse et résoudre un système

Quand l'utiliser : L'exercice standard du chapitre, souvent en trois questions enchaînées.

  1. 1 Écrire le système sous forme matricielle AX=BAX=B, en identifiant clairement AA, XX et BB.
  2. 2 Calculer det(A)=adbc\det(A)=ad-bc et CONCLURE sur l'inversibilité : « det(A)=100\det(A)=10\neq 0, donc AA est inversible ».
  3. 3 Écrire A1A^{-1} avec la formule, en échangeant les termes diagonaux et en changeant le signe des autres.
  4. 4 VÉRIFIER que AA1=IAA^{-1}=I par un produit, ce qui valide l'écriture.
  5. 5 Calculer X=A1BX=A^{-1}B, en multipliant bien à GAUCHE.
  6. 6 Vérifier la solution en la substituant dans les deux équations de départ.

Phrase de conclusion

det(A)=3×41×2=100\det(A)=3\times 4-1\times 2=10\neq 0, donc AA est inversible et A1=110(4123)A^{-1}=\frac{1}{10}\begin{pmatrix} 4 & -1 \\ -2 & 3 \end{pmatrix}; le système admet l'unique solution X=A1B=(12)X=A^{-1}B=\begin{pmatrix} 1 \\ 2 \end{pmatrix}.

Le piège : Écrire l'inverse sans le facteur 1det\frac{1}{\det}. La matrice obtenue est alors det(A)\det(A) fois trop grande, et le produit AA1AA^{-1} donne det(A)I\det(A)\,I au lieu de II : la vérification l'attrape aussitôt.

Barème : 0,5 point pour l'écriture matricielle, 0,5 point pour le déterminant avec sa conclusion, 1 point pour l'inverse, 1 point pour la solution, 0,5 point pour la vérification.

Démontrer une formule de puissance par récurrence

Quand l'utiliser : L'énoncé demande AnA^{n}, souvent après avoir fait calculer A2A^{2} et A3A^{3}.

  1. 1 Calculer A2A^{2} et A3A^{3} explicitement, coefficient par coefficient.
  2. 2 CONJECTURER une forme générale, en identifiant le motif sur chacun des quatre coefficients.
  3. 3 Nommer la propriété : « pour tout entier n1n\ge 1, notons P(n)P(n) la propriété An=A^{n}=\dots ».
  4. 4 Initialisation : vérifier P(1)P(1), ce qui est immédiat.
  5. 5 Hérédité : supposer P(n)P(n), écrire An+1=An×AA^{n+1}=A^{n}\times A, effectuer le produit et retrouver la forme attendue au rang n+1n+1.
  6. 6 Conclusion rédigée, avec la phrase type du principe de récurrence.

Phrase de conclusion

P(1)P(1) est vraie et, pour tout n1n\ge 1, An+1=An×AA^{n+1}=A^{n}\times A redonne la forme annoncée au rang n+1n+1 : d'après le principe de récurrence, la formule est vraie pour tout entier n1n\ge 1.

Le piège : Écrire An+1=A×AnA^{n+1}=A\times A^{n} puis effectuer le produit dans le mauvais ordre. Les deux écritures sont ici égales, mais l'habitude de vérifier l'ordre évite l'erreur dans les questions où elle compte.

Barème : 1 point pour la conjecture appuyée sur des calculs, 0,5 point pour l'initialisation, 1,5 point pour l'hérédité, 0,5 point pour la conclusion.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Un système résolu par l'inverse, comme au baccalauréat

On considère le système {3x+y=52x+4y=10\begin{cases} 3x+y=5 \\ 2x+4y=10 \end{cases} et les matrices A=(1201)A=\begin{pmatrix} 1 & 2 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} et B=(1011)B=\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 1 & 1 \end{pmatrix}.

1. Écrire le système sous forme matricielle. 2. Calculer le déterminant de sa matrice et conclure. 3. Déterminer l'inverse et le vérifier. 4. Résoudre le système. 5. Calculer ABAB et BABA et commenter.

Étape 1

Le système s'écrit MX=CMX=C avec M=(3124)M=\begin{pmatrix} 3 & 1 \\ 2 & 4 \end{pmatrix}, X=(xy)X=\begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix} et C=(510)C=\begin{pmatrix} 5 \\ 10 \end{pmatrix}.

Pourquoi

La matrice recueille les COEFFICIENTS, la colonne de droite les seconds membres. Écrire les trois objets séparément évite de mélanger les inconnues et les données.

Étape 2

det(M)=3×41×2=122=10\det(M)=3\times 4-1\times 2=12-2=10. Comme 10010\neq 0, la matrice MM est inversible et le système admet une unique solution.

Pourquoi

La conclusion sur l'inversibilité et sur l'unicité de la solution se dit en une phrase, avant tout autre calcul. Un déterminant nul aurait entièrement changé la réponse.

Étape 3

M1=110(4123)M^{-1}=\frac{1}{10}\begin{pmatrix} 4 & -1 \\ -2 & 3 \end{pmatrix} : les termes diagonaux 33 et 44 sont échangés, les termes 11 et 22 changent de signe.

Pourquoi

On énonce la règle en même temps qu'on l'applique, ce qui évite l'erreur la plus fréquente. Le facteur 110\frac{1}{10} est écrit devant la matrice et non distribué, pour alléger la suite.

Étape 4

Vérification : MM1=110(3×4+1×(2)3×(1)+1×32×4+4×(2)2×(1)+4×3)=110(100010)=IMM^{-1}=\frac{1}{10}\begin{pmatrix} 3\times 4+1\times(-2) & 3\times(-1)+1\times 3 \\ 2\times 4+4\times(-2) & 2\times(-1)+4\times 3 \end{pmatrix}=\frac{1}{10}\begin{pmatrix} 10 & 0 \\ 0 & 10 \end{pmatrix}=I.

Pourquoi

Quatre produits de deux termes suffisent à valider l'inverse. Le résultat 10I10\,I avant division confirme aussi la valeur du déterminant : deux contrôles pour le prix d'un.

Étape 5

X=M1C=110(4123)(510)=110(201010+30)=(12)X=M^{-1}C=\frac{1}{10}\begin{pmatrix} 4 & -1 \\ -2 & 3 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} 5 \\ 10 \end{pmatrix}=\frac{1}{10}\begin{pmatrix} 20-10 \\ -10+30 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 1 \\ 2 \end{pmatrix}.

Pourquoi

On multiplie à GAUCHE par l'inverse. L'écriture CM1CM^{-1} serait d'ailleurs impossible, une colonne de deux lignes ne pouvant pas multiplier une matrice carrée par la gauche.

Étape 6

Contrôle : 3×1+2=53\times 1+2=5 et 2×1+4×2=2+8=102\times 1+4\times 2=2+8=10. Les deux équations sont vérifiées, donc (x;y)=(1;2)(x\,;y)=(1\,;2).

Pourquoi

La substitution dans le système de DÉPART est indépendante de toute la méthode matricielle : elle attrape aussi bien une erreur d'inverse qu'une erreur de produit.

Étape 7

AB=(1×1+2×11×0+2×10×1+1×10×0+1×1)=(3211)AB=\begin{pmatrix} 1\times 1+2\times 1 & 1\times 0+2\times 1 \\ 0\times 1+1\times 1 & 0\times 0+1\times 1 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 3 & 2 \\ 1 & 1 \end{pmatrix}, tandis que BA=(1213)BA=\begin{pmatrix} 1 & 2 \\ 1 & 3 \end{pmatrix}.

Pourquoi

Les deux produits existent et diffèrent : c'est le contre-exemple le plus court à la commutativité, et il tient en quatre multiplications de chaque côté.

Étape 8

Commentaire : ABBAAB\neq BA, donc AA et BB ne commutent pas. Par conséquent (A+B)2=A2+AB+BA+B2(A+B)^{2}=A^{2}+AB+BA+B^{2} ne se simplifie PAS en A2+2AB+B2A^{2}+2AB+B^{2}.

Pourquoi

La conclusion relie le contre-exemple à sa conséquence pratique. C'est cette phrase, et non le calcul, qui est notée : elle montre qu'on a compris pourquoi les identités remarquables tombent.

Conclusion rédigée

Le déterminant valant 1010, la matrice du système est inversible et le système admet l'unique solution (1;2)(1\,;2), confirmée par substitution; les matrices AA et BB, elles, ne commutent pas, ce qui interdit d'appliquer les identités remarquables du calcul numérique.

L'erreur classique sur cet exercice : Oublier le facteur 1det\frac{1}{\det} devant l'inverse. La solution obtenue est alors (10;20)(10\,;20), dix fois trop grande, et la substitution dans le système de départ le révèle immédiatement.

À savoir par cœur

  • det(A)=adbc\det(A)=ad-bc, et det(A)|\det(A)| est le rapport des AIRES.
  • AA est inversible SI ET SEULEMENT SI det(A)0\det(A)\neq 0.
  • A1=1adbc(dbca)A^{-1}=\frac{1}{ad-bc}\begin{pmatrix} d & -b \\ -c & a \end{pmatrix} : diagonale ÉCHANGÉE, antidiagonale changée de SIGNE.
  • ABBAAB\neq BA en général : la commutativité tombe, et avec elle les identités remarquables.
  • (A+B)2=A2+AB+BA+B2(A+B)^{2}=A^{2}+AB+BA+B^{2}, et rien de plus sans hypothèse de commutation.
  • AB=0AB=0 n'entraîne ni A=0A=0 ni B=0B=0.
  • La division n'existe pas : on multiplie par l'inverse, du MÊME côté des deux membres.
  • AX=BAX=B avec AA inversible donne X=A1BX=A^{-1}B, jamais BA1BA^{-1}.
  • Une formule de puissance se CONJECTURE puis se démontre par récurrence.

Questions fréquentes

Pourquoi le produit de deux matrices n'est-il pas commutatif ?

Parce que chaque coefficient du produit combine une ligne du premier facteur et une colonne du second. Échanger les facteurs échange donc les rôles des lignes et des colonnes, et le résultat change. Deux matrices deux fois deux très simples suffisent à le voir : leurs deux produits diffèrent sur trois coefficients sur quatre.

Que signifie un déterminant nul ?

Que la matrice n'est pas inversible. Géométriquement, elle écrase le plan sur une droite : l'image du carré unité a une aire nulle, et l'information de départ est perdue. Pour un système linéaire, cela signifie que les deux droites sont parallèles, donc qu'il n'y a aucune solution ou une infinité.

Peut-on diviser par une matrice ?

Non. On multiplie par la matrice inverse, quand elle existe, et il faut préciser de quel côté puisque le produit n'est pas commutatif. Une barre de fraction serait ambiguë : elle ne dirait pas s'il s'agit d'une multiplication à gauche ou à droite, qui donnent des résultats différents.

Un produit de matrices nul implique-t-il qu'un facteur est nul ?

Non, contrairement aux nombres. Deux matrices non nulles peuvent avoir un produit nul, à condition qu'aucune des deux ne soit inversible. C'est justement l'inversibilité qui, dans les réels, garantit la règle du produit nul : tout nombre non nul y est inversible, ce qui n'est pas le cas des matrices.

Comment résoudre un système avec des matrices ?

On l'écrit sous la forme matrice fois colonne des inconnues égale colonne des seconds membres. On calcule le déterminant : s'il est non nul, on écrit l'inverse et on multiplie à gauche des deux côtés. La solution est le produit de l'inverse par la colonne des seconds membres, dans cet ordre.

Comment calculer la puissance n-ième d'une matrice ?

On calcule d'abord les premières puissances explicitement pour conjecturer la forme générale, puis on la démontre par récurrence. L'hérédité consiste à multiplier la forme supposée au rang n par la matrice de départ et à retrouver la forme au rang suivant. Une conjecture non démontrée ne vaut aucun point.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Les matrices

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 15 exercices corrigés
  • 150 points
  • 225 minutes
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