Maths expertes, Terminale • Fiche de révision à Montréal

Fiche de révision : les matrices (maths expertes)

Une matrice se manipule presque comme un nombre : on additionne, on multiplie, on élève à une puissance. Presque, et c'est là tout le chapitre. Le produit n'est pas commutatif, la division n'existe pas, et un produit peut être nul sans qu'aucun facteur le soit. Chacune de ces trois différences fait tomber une identité que l'on croyait acquise.

Cette fiche liste les réflexes qui coûtent des points, avec la phrase exacte qui les remet, la lecture d'une matrice comme transformation du plan, l'arbre de résolution d'un système linéaire, et un exemple complet mené jusqu'à la vérification de la solution. Le déterminant d'une matrice d'ordre 2 y apparaît comme un outil de calcul pratique, pas comme une notion du programme. L'option est évaluée en contrôle continu : les exemples sont au niveau des devoirs surveillés.

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Le fil du chapitre

Le produit matriciel n'est PAS commutatif, et cette seule différence avec les nombres fait tomber toutes les identités remarquables. Le reste du chapitre tient à l'inverse : on ne divise jamais, on multiplie par l'inverse quand il existe, et du bon côté.

Ce chapitre fait partie de Maths expertes en Terminale
Pour s'entraîner Les exercices corrigés de ce chapitre, 18 exercices

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (10 chapitres, les plus proches) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1 Les fonctions linéaires Troisième, Mathématiques
  2. 2 Les fonctions affines Troisième, Mathématiques
  3. 3 Développer et factoriser Troisième, Mathématiques
  4. 4 Équations, équations produit et inéquations Troisième, Mathématiques
  5. 5 Algorithmique et Scratch Troisième, Mathématiques
  6. 6 Généralités sur les fonctions Seconde, Mathématiques
  7. 7 Fonctions affines et systèmes Seconde, Mathématiques
  8. 8 Algorithmique et Python Seconde, Mathématiques
  9. 9 Les suites numériques Première, Mathématiques
  10. 10 Suites et récurrence Mathématiques

L'essentiel

Inverser une matrice : ce que le programme demande, et l'outil ad−bcad-bc

  • • AA carrée est INVERSIBLE s'il existe BB telle que AB=BA=IAB=BA=I ; on note B=A−1B=A^{-1}. Le programme demande de CALCULER un inverse : en résolvant AX=IAX=I, par une relation du type A2=αA+βIA^{2}=\alpha A+\beta I, ou à la calculatrice.
  • • Outil pratique à l'ordre 22, hors programme en tant que notion : A=(abcd)A=\begin{pmatrix} a & b \\ c & d \end{pmatrix} est inversible si et seulement si ad−bc≠0ad-bc\neq 0 ; ce nombre s'appelle le déterminant. On peut s'en servir en le rappelant, il n'est pas exigible.
  • • Si ad−bc≠0ad-bc\neq 0 : A−1=1ad−bc(d−b−ca)A^{-1}=\frac{1}{ad-bc}\begin{pmatrix} d & -b \\ -c & a \end{pmatrix} : les termes diagonaux s'ÉCHANGENT, les autres changent de SIGNE.
  • • Lecture géométrique : les COLONNES de AA sont les images de (1 ;0)(1\,;0) et (0 ;1)(0\,;1). Si elles sont proportionnelles, AA écrase le plan sur une droite et n'est pas inversible.
−11234−112(2 ; 0)(1 ; 1)aire 2
Le carré unité (bleu) a pour image le parallélogramme (orange) bâti sur les COLONNES (2 ;0)(2\,;0) et (1 ;1)(1\,;1) de (2101)\begin{pmatrix} 2 & 1 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} : une matrice se lit en colonnes. Son aire, 22, vaut ad−bcad-bc.

Le contrôle systématique après un calcul d'inverse : vérifier que AA−1=IAA^{-1}=I. Deux produits de quatre coefficients, et toute erreur de signe ou d'échange apparaît immédiatement.

Le produit matriciel, et ce qu'il ne partage pas avec les nombres

  • • Le coefficient en ligne ii et colonne jj de ABAB est la somme des produits de la LIGNE ii de AA par la COLONNE jj de BB.
  • • Le produit n'est PAS commutatif : en général AB≠BAAB\neq BA, et les deux existent pourtant.
  • • Un produit peut être NUL sans qu'aucun facteur le soit : AB=0AB=0 n'entraîne ni A=0A=0 ni B=0B=0.
  • • La DIVISION n'existe pas : on multiplie par l'inverse, en choisissant le côté, à gauche ou à droite.
1201×1011=3211ABAB1 × 1 + 2 × 1 = 3
La ligne 11 de AA (bleu) contre la colonne 11 de BB (orange) : 1×1+2×1=31\times 1+2\times 1=3, le coefficient (1 ;1)(1\,;1) de ABAB (vert). Chaque coefficient du produit croise UNE ligne et UNE colonne.

Conséquence directe : (A+B)2=A2+AB+BA+B2(A+B)^{2}=A^{2}+AB+BA+B^{2}, et cela ne se simplifie en A2+2AB+B2A^{2}+2AB+B^{2} que si AA et BB COMMUTENT. L'identité remarquable du collège est un cas particulier.

Résoudre un système par l'inverse

  • • Un système linéaire {ax+by=ecx+dy=f\begin{cases} ax+by=e \\ cx+dy=f \end{cases} s'écrit AX=BAX=B avec X=(xy)X=\begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix} et B=(ef)B=\begin{pmatrix} e \\ f \end{pmatrix}.
  • • Si AA est inversible, la solution est UNIQUE : X=A−1BX=A^{-1}B, en multipliant à GAUCHE des deux côtés.
  • • Si AA n'est pas inversible, le système n'a soit aucune solution, soit une infinité : les deux droites sont parallèles ou confondues.
  • • L'ordre compte : X=A−1BX=A^{-1}B et non X=BA−1X=BA^{-1}, qui n'a même pas de sens en tailles.

Puissances de matrices et suites couplées

  • • AnA^{n} se calcule soit par récurrence à partir d'une conjecture, soit par une relation du type A2=αA+βIA^{2}=\alpha A+\beta I que l'on itère.
  • • Deux suites couplées un+1=aun+bvnu_{n+1}=au_{n}+bv_{n} et vn+1=cun+dvnv_{n+1}=cu_{n}+dv_{n} s'écrivent Xn+1=AXnX_{n+1}=AX_{n}, donc Xn=AnX0X_{n}=A^{n}X_{0}.
  • • Une conjecture sur AnA^{n} se DÉMONTRE par récurrence : c'est la seule preuve acceptée, et l'hérédité utilise An+1=An×AA^{n+1}=A^{n}\times A.
  • • L'ordre du produit importe même ici : An×AA^{n}\times A et A×AnA\times A^{n} sont égaux, mais AnBA^{n}B et BAnBA^{n} ne le sont pas.

Matrice d'une transformation du plan : les images en colonnes

  • • Une transformation ff est représentée par AA quand l'image de M(x ;y)M(x\,;y) est M′(x′ ;y′)M'(x'\,;y') avec (x′y′)=A(xy)\begin{pmatrix} x' \\ y' \end{pmatrix}=A\begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix} : les COLONNES de AA sont les images de (1 ;0)(1\,;0) et de (0 ;1)(0\,;1).
  • • Rotation de centre OO et d'angle θ\theta : (cos⁡θ−sin⁡θsin⁡θcos⁡θ)\begin{pmatrix} \cos\theta & -\sin\theta \\ \sin\theta & \cos\theta \end{pmatrix} ; pour le quart de tour direct, (0−110)\begin{pmatrix} 0 & -1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}.
  • • Symétrie d'axe (Ox)(Ox) : (100−1)\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & -1 \end{pmatrix} ; homothétie de centre OO et de rapport kk : kIkI.
  • • Enchaîner deux transformations, c'est multiplier leurs matrices : ABAB applique d'abord BB, puis AA.
θθ(1 ; 0)(0 ; 1)(cos θ ; sin θ)(−sin θ ; cos θ)
La rotation d'angle θ\theta fait tourner (1 ;0)(1\,;0) et (0 ;1)(0\,;1) (bleu marine) en deux vecteurs (vert) dont les coordonnées sont les COLONNES de sa matrice.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Supposer le produit matriciel commutatif

toute la question, et souvent tout l'exercice

Ce qu'il ne faut pas écrire

« AB=BAAB=BA, donc on peut réordonner les facteurs comme on veut. »

Ce qu'il faut écrire

« Le produit matriciel n'est PAS commutatif : avec A=(1201)A=\begin{pmatrix} 1 & 2 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} et B=(1011)B=\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 1 & 1 \end{pmatrix}, on trouve AB=(3211)AB=\begin{pmatrix} 3 & 2 \\ 1 & 1 \end{pmatrix} et BA=(1213)BA=\begin{pmatrix} 1 & 2 \\ 1 & 3 \end{pmatrix}, qui diffèrent. »

−1123456−112345ABBA
Le carré unité (pointillés) envoyé par ABAB (bleu) et par BABA (orange) : deux parallélogrammes différents, donc deux matrices différentes. Échanger les facteurs change la transformation.

Pourquoi : Le coefficient d'un produit mélange une ligne du premier facteur et une colonne du second : échanger les facteurs échange les rôles et donne un autre résultat. C'est la différence fondatrice avec les nombres.

2. Développer un carré comme avec des nombres

toute la question, avec un développement faux dès le premier terme

Ce qu'il ne faut pas écrire

« (A+B)2=A2+2AB+B2(A+B)^{2}=A^{2}+2AB+B^{2}. »

Ce qu'il faut écrire

« (A+B)2=(A+B)(A+B)=A2+AB+BA+B2(A+B)^{2}=(A+B)(A+B)=A^{2}+AB+BA+B^{2}. On ne peut regrouper ABAB et BABA que si AA et BB COMMUTENT, ce qui n'est pas le cas général. »

A²ABBAB²ABABAB + BA ≠ 2AB en général
(A+B)(A+B)(A+B)(A+B) remplit quatre cases : la ligne donne le facteur de GAUCHE, la colonne celui de droite. Les cases ABAB (bleu) et BABA (orange) ne fusionnent en 2AB2AB que si AA et BB commutent.

Pourquoi : Le développement lui-même est valable, c'est la distributivité; c'est le regroupement final qui suppose la commutativité. La même remarque vaut pour (A+B)(A−B)(A+B)(A-B), qui ne vaut A2−B2A^{2}-B^{2} que si les matrices commutent.

3. Déduire d'un produit nul qu'un facteur est nul

toute la question, et une conclusion fausse sur un système

Ce qu'il ne faut pas écrire

« AB=0AB=0, donc A=0A=0 ou B=0B=0. »

Ce qu'il faut écrire

« C'est faux pour les matrices : avec A=(1000)A=\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & 0 \end{pmatrix} et B=(0001)B=\begin{pmatrix} 0 & 0 \\ 0 & 1 \end{pmatrix}, on a AB=0AB=0 alors qu'aucune des deux n'est nulle. »

−1123−112XBBXAABX = 0
BB envoie tout point XX sur l'axe des ordonnées (bleu), puis AA écrase cet axe sur l'origine (orange) : ABX=0ABX=0 pour tout XX, alors que ni AA ni BB n'est nulle.

Pourquoi : La propriété du produit nul repose, dans R\mathbb{R}, sur l'existence d'un inverse pour tout nombre non nul. Une matrice non nulle peut ne pas être inversible, et c'est exactement le cas ici : chacune a une colonne nulle, donc écrase le plan sur une droite.

4. Diviser par une matrice

1 à 2 points, et une écriture qui n'a pas de sens

Ce qu'il ne faut pas écrire

« AX=BAX=B, donc X=BAX=\frac{B}{A}. »

Ce qu'il faut écrire

« La division matricielle n'existe pas. On multiplie par l'INVERSE, et du bon côté : A−1AX=A−1BA^{-1}AX=A^{-1}B, donc X=A−1BX=A^{-1}B. »

Pourquoi : Comme le produit n'est pas commutatif, une même barre de fraction ne dirait pas si l'on multiplie à gauche ou à droite. La notation est donc bannie, et il faut écrire explicitement le côté.

5. Écrire l'inverse d'une matrice qui n'en a pas

toute la question, avec une division par zéro

Ce qu'il ne faut pas écrire

« A=(2412)A=\begin{pmatrix} 2 & 4 \\ 1 & 2 \end{pmatrix}, donc A−1=10(2−4−12)A^{-1}=\frac{1}{0}\begin{pmatrix} 2 & -4 \\ -1 & 2 \end{pmatrix}. »

Ce qu'il faut écrire

« La première ligne de AA est le double de la seconde : AA n'est PAS inversible, et il n'y a pas d'inverse à écrire ; à l'ordre 22, ad−bc=2×2−4×1=0ad-bc=2\times 2-4\times 1=0 le confirme. Le système associé a soit aucune solution, soit une infinité. »

−11234567−11234(2 ; 1)(4 ; 2)(6 ; 3)aire 0
Les colonnes (2 ;1)(2\,;1) et (4 ;2)(4\,;2) de AA sont colinéaires : le carré unité (bleu) est écrasé sur un segment (rouge), d'aire 0=ad−bc0=ad-bc. Rien ne peut le « déplier » : AA n'a pas d'inverse.

Pourquoi : On vérifie l'inversibilité AVANT d'écrire un inverse, jamais après. Des lignes proportionnelles signifient que la matrice écrase le plan sur une droite ; à l'ordre 22, le nombre ad−bcad-bc, outil pratique, le détecte en une ligne.

6. Se tromper d'échange ou de signe dans l'inverse

toute la question, et le produit AA−1AA^{-1} ne donne pas l'identité

Ce qu'il ne faut pas écrire

« A−1=1det⁡A(a−b−cd)A^{-1}=\frac{1}{\det A}\begin{pmatrix} a & -b \\ -c & d \end{pmatrix}. »

Ce qu'il faut écrire

« Les coefficients DIAGONAUX s'échangent et les autres changent de signe : A−1=1ad−bc(d−b−ca)A^{-1}=\frac{1}{ad-bc}\begin{pmatrix} d & -b \\ -c & a \end{pmatrix}. »

A =abcdA⁻¹ =1/(ad − bc) ×d−b−ca
Les termes diagonaux (vert) ÉCHANGENT leurs places ; les deux autres (orange) restent en place et changent de signe. Le facteur 1ad−bc\frac{1}{ad-bc} reste devant la matrice.

Pourquoi : L'échange des termes diagonaux est ce qui fait apparaître ad−bcad-bc dans le produit. Sans lui, on obtient une matrice quelconque, et la vérification AA−1=IAA^{-1}=I le montre en dix secondes.

7. Multiplier du mauvais côté pour résoudre un système

1 à 2 points, et un produit impossible en tailles

Ce qu'il ne faut pas écrire

« AX=BAX=B, donc X=BA−1X=BA^{-1}. »

Ce qu'il faut écrire

« On multiplie à GAUCHE des deux côtés, du même côté : A−1(AX)=A−1BA^{-1}(AX)=A^{-1}B, donc X=A−1BX=A^{-1}B. Le produit BA−1BA^{-1} n'est d'ailleurs même pas défini si BB est une colonne. »

Pourquoi : Multiplier une égalité par une matrice se fait toujours du MÊME côté à gauche et à droite, précisément parce que le produit n'est pas commutatif. Le contrôle des tailles suffit à trancher.

8. Conjecturer une puissance sans la démontrer

1 à 2 points, ceux de la démonstration

Ce qu'il ne faut pas écrire

« On calcule A2A^{2} et A3A^{3}, on voit la forme générale, donc An=…A^{n}=\dots »

Ce qu'il faut écrire

« Les premiers calculs permettent de CONJECTURER; la formule doit ensuite être démontrée par RÉCURRENCE, avec initialisation, hérédité utilisant An+1=An×AA^{n+1}=A^{n}\times A, et conclusion. »

1234567894812162024calculées : A, A², A³conjecturen
Coefficient en haut à droite de (1110)n\begin{pmatrix} 1 & 1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}^{n} : trois puissances calculées (bleu) suggèrent Fibonacci ; la suite (orange) reste une conjecture sans récurrence.

Pourquoi : Trois cas particuliers ne prouvent rien sur tous les entiers, exactement comme pour les suites. C'est d'ailleurs la même récurrence, appliquée à des tableaux de nombres au lieu de nombres.

9. Multiplier des matrices de tailles incompatibles

toute la question, avec un calcul impossible mené jusqu'au bout

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Je multiplie une matrice 2×32\times 3 par une matrice 2×22\times 2. »

Ce qu'il faut écrire

« Le produit ABAB n'existe que si le nombre de COLONNES de AA égale le nombre de LIGNES de BB. Ici 3≠23\neq 2 : le produit n'est pas défini dans cet ordre, alors qu'il l'est dans l'autre. »

2 × 3×2 × 23 colonnes ≠ 2 lignes : impossible2 × 2×2 × 3=2 × 32 colonnes = 2 lignes
Un produit n'existe que si le premier facteur a autant de COLONNES que le second a de LIGNES : (2×3)(2×2)(2\times 3)(2\times 2) est impossible (rouge), (2×2)(2×3)(2\times 2)(2\times 3) donne une matrice 2×32\times 3 (vert).

Pourquoi : Chaque coefficient du produit est une somme de produits terme à terme d'une ligne et d'une colonne : il faut qu'elles aient la même longueur. C'est aussi une seconde raison, purement dimensionnelle, pour laquelle ABAB et BABA diffèrent.

10. Écrire la matrice d'une transformation en lignes

toute la question, et toutes les puissances qui suivent

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le quart de tour direct envoie (1 ;0)(1\,;0) sur (0 ;1)(0\,;1) et (0 ;1)(0\,;1) sur (−1 ;0)(-1\,;0), donc R=(01−10)R=\begin{pmatrix} 0 & 1 \\ -1 & 0 \end{pmatrix}. »

Ce qu'il faut écrire

« Les images s'écrivent en COLONNES : R=(0−110)R=\begin{pmatrix} 0 & -1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix}, et l'on vérifie que R(xy)=(−yx)R\begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} -y \\ x \end{pmatrix}. »

−2−112−112Fcolonneslignes
Le drapeau FF et son image par la matrice écrite en colonnes (vert) : le quart de tour direct. Écrites en lignes, les mêmes images donnent le quart de tour indirect (rouge).

Pourquoi : A(10)A\begin{pmatrix} 1 \\ 0 \end{pmatrix} est la première COLONNE de AA. La matrice écrite en lignes est celle du quart de tour dans l'autre sens.

11. Lire un produit de transformations de gauche à droite

1 à 2 points, et une transformation fausse identifiée

Ce qu'il ne faut pas écrire

« RSRS : on applique d'abord le quart de tour RR, puis la symétrie SS. »

Ce qu'il faut écrire

« RS X=R(SX)RS\,X=R(SX) : on applique d'abord SS, puis RR. Avec SS la symétrie d'axe (Ox)(Ox), RSRS est la symétrie d'axe y=xy=x, et SRSR celle d'axe y=−xy=-x. »

−2−112−112FRSSR
RSRS applique d'abord SS, puis RR : symétrie d'axe y=xy=x (vert). Lire « RR puis SS », c'est calculer SRSR : la symétrie d'axe y=−xy=-x (rouge), une autre transformation.

Pourquoi : La matrice de DROITE touche le vecteur en premier. Comme le produit n'est pas commutatif, l'ordre change la transformation elle-même.

Quelle méthode choisir

Comment résoudre un système linéaire

On écrit le système sous forme matricielle, puis tout se décide sur l'inversibilité de sa matrice ; à l'ordre 22, le nombre ad−bcad-bc la teste en une ligne.

une solutionaucune solutionune infinité
Les trois cas d'un système de deux équations : droites sécantes (matrice inversible, une solution), parallèles (aucune), confondues (une infinité).
  • Si AA est inversible (à l'ordre 22 : ad−bc≠0ad-bc\neq 0) → le système admet une UNIQUE solution, donnée par X=A−1BX=A^{-1}B

    Exemple : ad−bc=10ad-bc=10 pour (3124)\begin{pmatrix} 3 & 1 \\ 2 & 4 \end{pmatrix}, donc une seule solution

  • Si AA n'est pas inversible (lignes proportionnelles) et les seconds membres ne sont pas dans la même proportion → aucune solution : les deux droites sont strictement parallèles

  • Si AA n'est pas inversible et le second membre suit la même proportion que les lignes → une infinité de solutions : les deux droites sont confondues

  • Si l'énoncé demande de résoudre plusieurs systèmes de même matrice → calculer A−1A^{-1} UNE fois, puis multiplier par chaque second membre

    C'est le seul cas où l'inverse est vraiment plus rapide qu'une substitution.

  • Si l'énoncé donne deux suites couplées → les écrire Xn+1=AXnX_{n+1}=AX_{n}, en déduire Xn=AnX0X_{n}=A^{n}X_{0}, puis chercher AnA^{n}

  • Si il faut calculer AnA^{n} → conjecturer sur A2A^{2} et A3A^{3}, puis DÉMONTRER par récurrence

Pour un système 2×22\times 2 isolé, la substitution reste plus rapide que l'inversion. La méthode matricielle prend l'avantage quand la même matrice sert plusieurs fois, ou quand le sujet demande explicitement l'inverse.

Quelles règles survivent au passage aux matrices

On teste chaque réflexe du calcul numérique : certains restent vrais, d'autres tombent.

  • Si il s'agit d'une ADDITION → tout reste vrai : commutative, associative, avec la matrice nulle comme élément neutre

  • Si il s'agit de la DISTRIBUTIVITÉ du produit sur la somme → elle reste vraie, à condition de garder l'ORDRE : A(B+C)=AB+ACA(B+C)=AB+AC et (B+C)A=BA+CA(B+C)A=BA+CA

  • Si il s'agit de l'ASSOCIATIVITÉ du produit → elle reste vraie : (AB)C=A(BC)(AB)C=A(BC), ce qui permet de regrouper sans réordonner

  • Si il s'agit de la COMMUTATIVITÉ du produit → elle tombe : AB≠BAAB\neq BA en général, et avec elle toutes les identités remarquables

  • Si il s'agit de la règle du produit nul → elle tombe : AB=0AB=0 n'entraîne rien sur AA ni sur BB

  • Si il s'agit de la simplification, AB=ACAB=AC donne B=CB=C → elle tombe, sauf si AA est INVERSIBLE, auquel cas on multiplie à gauche par A−1A^{-1}

Le fil commun des trois règles qui tombent est l'inversibilité : dans R\mathbb{R}, tout nombre non nul est inversible, ce qui n'est pas le cas des matrices. Toutes les exceptions viennent de là.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Calculer un inverse et résoudre un système

Quand l'utiliser : L'exercice standard du chapitre, souvent en trois questions enchaînées.

  1. 1 Écrire le système sous forme matricielle AX=BAX=B, en identifiant clairement AA, XX et BB.
  2. 2 Justifier que AA est inversible : à l'ordre 22, « ad−bc=10≠0ad-bc=10\neq 0, donc AA est inversible », en rappelant que c'est un outil de calcul ; sinon, exhiber l'inverse et vérifier AA−1=IAA^{-1}=I.
  3. 3 Écrire A−1A^{-1} avec la formule, en échangeant les termes diagonaux et en changeant le signe des autres.
  4. 4 VÉRIFIER que AA−1=IAA^{-1}=I par un produit, ce qui valide l'écriture.
  5. 5 Calculer X=A−1BX=A^{-1}B, en multipliant bien à GAUCHE.
  6. 6 Vérifier la solution en la substituant dans les deux équations de départ.

Phrase de conclusion

ad−bc=3×4−1×2=10≠0ad-bc=3\times 4-1\times 2=10\neq 0, donc AA est inversible et A−1=110(4−1−23)A^{-1}=\frac{1}{10}\begin{pmatrix} 4 & -1 \\ -2 & 3 \end{pmatrix} ; le système admet l'unique solution X=A−1B=(12)X=A^{-1}B=\begin{pmatrix} 1 \\ 2 \end{pmatrix}.

Le piège : Écrire l'inverse sans le facteur 1ad−bc\frac{1}{ad-bc}. La matrice obtenue est alors 1010 fois trop grande, et le produit AA−1AA^{-1} donne 10 I10\,I au lieu de II : la vérification l'attrape aussitôt.

Barème : 0,5 point pour l'écriture matricielle, 0,5 point pour l'inversibilité justifiée, 1 point pour l'inverse, 1 point pour la solution, 0,5 point pour la vérification.

Démontrer une formule de puissance par récurrence

Quand l'utiliser : L'énoncé demande AnA^{n}, souvent après avoir fait calculer A2A^{2} et A3A^{3}.

  1. 1 Calculer A2A^{2} et A3A^{3} explicitement, coefficient par coefficient.
  2. 2 CONJECTURER une forme générale, en identifiant le motif sur chacun des quatre coefficients.
  3. 3 Nommer la propriété : « pour tout entier n≥1n\ge 1, notons P(n)P(n) la propriété An=…A^{n}=\dots ».
  4. 4 Initialisation : vérifier P(1)P(1), ce qui est immédiat.
  5. 5 Hérédité : supposer P(n)P(n), écrire An+1=An×AA^{n+1}=A^{n}\times A, effectuer le produit et retrouver la forme attendue au rang n+1n+1.
  6. 6 Conclusion rédigée, avec la phrase type du principe de récurrence.

Phrase de conclusion

P(1)P(1) est vraie et, pour tout n≥1n\ge 1, An+1=An×AA^{n+1}=A^{n}\times A redonne la forme annoncée au rang n+1n+1 : d'après le principe de récurrence, la formule est vraie pour tout entier n≥1n\ge 1.

Le piège : Écrire An+1=A×AnA^{n+1}=A\times A^{n} puis effectuer le produit dans le mauvais ordre. Les deux écritures sont ici égales, mais l'habitude de vérifier l'ordre évite l'erreur dans les questions où elle compte.

Barème : 1 point pour la conjecture appuyée sur des calculs, 0,5 point pour l'initialisation, 1,5 point pour l'hérédité, 0,5 point pour la conclusion.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Un système résolu par l'inverse, comme en devoir surveillé

On considère le système {3x+y=52x+4y=10\begin{cases} 3x+y=5 \\ 2x+4y=10 \end{cases} et les matrices A=(1201)A=\begin{pmatrix} 1 & 2 \\ 0 & 1 \end{pmatrix} et B=(1011)B=\begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 1 & 1 \end{pmatrix}.

1. Écrire le système sous forme matricielle. 2. Justifier que sa matrice est inversible. 3. Déterminer l'inverse et le vérifier. 4. Résoudre le système. 5. Calculer ABAB et BABA et commenter.

Étape 1

Le système s'écrit MX=CMX=C avec M=(3124)M=\begin{pmatrix} 3 & 1 \\ 2 & 4 \end{pmatrix}, X=(xy)X=\begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix} et C=(510)C=\begin{pmatrix} 5 \\ 10 \end{pmatrix}.

Pourquoi

La matrice recueille les COEFFICIENTS, la colonne de droite les seconds membres. Écrire les trois objets séparément évite de mélanger les inconnues et les données.

Étape 2

ad−bc=3×4−1×2=12−2=10ad-bc=3\times 4-1\times 2=12-2=10. Comme 10≠010\neq 0, la matrice MM est inversible et le système admet une unique solution.

Pourquoi

Le nombre ad−bcad-bc est un outil pratique d'ordre 22, hors programme en tant que notion : on l'emploie en le rappelant. La conclusion sur l'inversibilité et l'unicité se dit en une phrase, avant tout autre calcul.

Étape 3

M−1=110(4−1−23)M^{-1}=\frac{1}{10}\begin{pmatrix} 4 & -1 \\ -2 & 3 \end{pmatrix} : les termes diagonaux 33 et 44 sont échangés, les termes 11 et 22 changent de signe.

Pourquoi

On énonce la règle en même temps qu'on l'applique, ce qui évite l'erreur la plus fréquente. Le facteur 110\frac{1}{10} est écrit devant la matrice et non distribué, pour alléger la suite.

Étape 4

Vérification : MM−1=110(3×4+1×(−2)3×(−1)+1×32×4+4×(−2)2×(−1)+4×3)=110(100010)=IMM^{-1}=\frac{1}{10}\begin{pmatrix} 3\times 4+1\times(-2) & 3\times(-1)+1\times 3 \\ 2\times 4+4\times(-2) & 2\times(-1)+4\times 3 \end{pmatrix}=\frac{1}{10}\begin{pmatrix} 10 & 0 \\ 0 & 10 \end{pmatrix}=I.

Pourquoi

Quatre produits de deux termes suffisent à valider l'inverse. Le résultat 10 I10\,I avant division confirme aussi la valeur de ad−bcad-bc : deux contrôles pour le prix d'un.

Étape 5

X=M−1C=110(4−1−23)(510)=110(20−10−10+30)=(12)X=M^{-1}C=\frac{1}{10}\begin{pmatrix} 4 & -1 \\ -2 & 3 \end{pmatrix}\begin{pmatrix} 5 \\ 10 \end{pmatrix}=\frac{1}{10}\begin{pmatrix} 20-10 \\ -10+30 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 1 \\ 2 \end{pmatrix}.

Pourquoi

On multiplie à GAUCHE par l'inverse. L'écriture CM−1CM^{-1} serait d'ailleurs impossible, une colonne de deux lignes ne pouvant pas multiplier une matrice carrée par la gauche.

Étape 6

Contrôle : 3×1+2=53\times 1+2=5 et 2×1+4×2=2+8=102\times 1+4\times 2=2+8=10. Les deux équations sont vérifiées, donc (x ;y)=(1 ;2)(x\,;y)=(1\,;2).

−11234−11234563x + y = 52x + 4y = 10(1 ; 2)

Pourquoi

La substitution dans le système de DÉPART est indépendante de toute la méthode matricielle : elle attrape aussi bien une erreur d'inverse qu'une erreur de produit.

Étape 7

AB=(1×1+2×11×0+2×10×1+1×10×0+1×1)=(3211)AB=\begin{pmatrix} 1\times 1+2\times 1 & 1\times 0+2\times 1 \\ 0\times 1+1\times 1 & 0\times 0+1\times 1 \end{pmatrix}=\begin{pmatrix} 3 & 2 \\ 1 & 1 \end{pmatrix}, tandis que BA=(1213)BA=\begin{pmatrix} 1 & 2 \\ 1 & 3 \end{pmatrix}.

Pourquoi

Les deux produits existent et diffèrent : c'est le contre-exemple le plus court à la commutativité, et il tient en quatre multiplications de chaque côté.

Étape 8

Commentaire : AB≠BAAB\neq BA, donc AA et BB ne commutent pas. Par conséquent (A+B)2=A2+AB+BA+B2(A+B)^{2}=A^{2}+AB+BA+B^{2} ne se simplifie PAS en A2+2AB+B2A^{2}+2AB+B^{2}.

Pourquoi

La conclusion relie le contre-exemple à sa conséquence pratique. C'est cette phrase, et non le calcul, qui est notée : elle montre qu'on a compris pourquoi les identités remarquables tombent.

Conclusion rédigée

Le nombre ad−bcad-bc valant 1010, la matrice du système est inversible et le système admet l'unique solution (1 ;2)(1\,;2), confirmée par substitution ; les matrices AA et BB, elles, ne commutent pas, ce qui interdit d'appliquer les identités remarquables du calcul numérique.

L'erreur classique sur cet exercice : Oublier le facteur 1ad−bc\frac{1}{ad-bc} devant l'inverse. La solution obtenue est alors (10 ;20)(10\,;20), dix fois trop grande, et la substitution dans le système de départ le révèle immédiatement.

À savoir par cœur

  • • Matrice d'une transformation du plan : ses COLONNES sont les images de (1 ;0)(1\,;0) et (0 ;1)(0\,;1) ; dans ABAB, c'est BB qui agit en premier.
  • • À l'ordre 22, outil pratique : AA est inversible si et seulement si ad−bc≠0ad-bc\neq 0.
  • • A−1=1ad−bc(d−b−ca)A^{-1}=\frac{1}{ad-bc}\begin{pmatrix} d & -b \\ -c & a \end{pmatrix} : diagonale ÉCHANGÉE, antidiagonale changée de SIGNE.
  • • AB≠BAAB\neq BA en général : la commutativité tombe, et avec elle les identités remarquables.
  • • (A+B)2=A2+AB+BA+B2(A+B)^{2}=A^{2}+AB+BA+B^{2}, et rien de plus sans hypothèse de commutation.
  • • AB=0AB=0 n'entraîne ni A=0A=0 ni B=0B=0.
  • • La division n'existe pas : on multiplie par l'inverse, du MÊME côté des deux membres.
  • • AX=BAX=B avec AA inversible donne X=A−1BX=A^{-1}B, jamais BA−1BA^{-1}.
  • • Une formule de puissance se CONJECTURE puis se démontre par récurrence.

Questions fréquentes

Pourquoi le produit de deux matrices n'est-il pas commutatif ?

Parce que chaque coefficient du produit combine une ligne du premier facteur et une colonne du second. Échanger les facteurs échange donc les rôles des lignes et des colonnes, et le résultat change. Deux matrices deux fois deux très simples suffisent à le voir : leurs deux produits diffèrent sur trois coefficients sur quatre.

Que signifie un déterminant nul ?

Le déterminant d'une matrice deux fois deux, le nombre ad moins bc, est un outil de calcul pratique, pas une notion du programme de maths expertes. Nul, il signifie que la matrice n'est pas inversible : ses colonnes sont proportionnelles et elle écrase le plan sur une droite. Pour un système, les deux droites sont parallèles, donc aucune solution ou une infinité.

Peut-on diviser par une matrice ?

Non. On multiplie par la matrice inverse, quand elle existe, et il faut préciser de quel côté puisque le produit n'est pas commutatif. Une barre de fraction serait ambiguë : elle ne dirait pas s'il s'agit d'une multiplication à gauche ou à droite, qui donnent des résultats différents.

Un produit de matrices nul implique-t-il qu'un facteur est nul ?

Non, contrairement aux nombres. Deux matrices non nulles peuvent avoir un produit nul, à condition qu'aucune des deux ne soit inversible. C'est justement l'inversibilité qui, dans les réels, garantit la règle du produit nul : tout nombre non nul y est inversible, ce qui n'est pas le cas des matrices.

Comment résoudre un système avec des matrices ?

On l'écrit sous la forme matrice fois colonne des inconnues égale colonne des seconds membres. On vérifie que la matrice est inversible, à l'ordre deux par le nombre ad moins bc non nul, puis on écrit l'inverse et on multiplie à gauche des deux côtés. La solution est le produit de l'inverse par la colonne des seconds membres, dans cet ordre.

Comment calculer la puissance n-ième d'une matrice ?

On calcule d'abord les premières puissances explicitement pour conjecturer la forme générale, puis on la démontre par récurrence. L'hérédité consiste à multiplier la forme supposée au rang n par la matrice de départ et à retrouver la forme au rang suivant. Une conjecture non démontrée ne vaut aucun point.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Les matrices

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

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© Ahmed Squalli Houssaini. Fiche publiée sur www.letuteurscientifique.ca/fiches/expertes-matrices. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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