Maths expertes, Terminale • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : les matrices (maths expertes)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématiques expertes sur les matrices, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal. Elle couvre les opérations et le produit matriciel, la non-commutativité, la matrice identité, l'inverse d'une matrice carrée, la résolution d'un système linéaire par X=A−1B, les puissances de matrices, les suites matricielles Un+1=AUn et Un+1=AUn+B, le graphe probabiliste et son état stable, et les matrices des transformations du plan.
Les exercices 0.1 et 0.2 ouvrent la série par dix-huit calculs directs sur les matrices, comme dans les listes des manuels : somme et produit par un réel, produit matriciel de la matrice ligne par la matrice colonne jusqu'à deux matrices 3×3, carré, cube et puissance d'une matrice diagonale, puis l'inverse d'une matrice carrée d'ordre 2, l'inverse d'une matrice 3×3 tiré d'un produit AB=kI3 et deux systèmes résolus par X=A−1B, chacun avec des coefficients à trouver et vérifiés en direct.
À la fin des seize exercices, vous savez démontrer une formule de Mn par récurrence (exercice 5), résoudre des suites couplées en les écrivant Xn+1=AXn (exercices 6 et 8), trouver l'état stable d'un graphe probabiliste à deux états (exercice 7), tirer l'inverse et les puissances d'une relation comme M2=5M−4I (exercice 12) et chercher le point fixe d'une suite Un+1=AUn+B (exercice 13, deux lacs pollués). Les situations sont celles des devoirs : un modèle de population par classes d'âge, le chiffrement de Hill modulo 26, et les transformations du plan, quart de tour, symétries axiales et homothétie, dont on compose les matrices (exercice 16). Trois exercices sont des problèmes complets, au format d'un devoir surveillé : l'exercice 12 va de la relation M2=5M−4I à l'inverse, puis à la formule de Mn par une récurrence et une suite arithmético-géométrique ; l'exercice 13 suit la pollution des deux lacs jusqu'à son état limite ; l'exercice 14 chiffre, inverse la clé modulo 26 et déchiffre par la méthode de Hill.
Les pièges du calcul matriciel sont corrigés à l'exercice 9 et dès l'exercice 2 : AB=BA en général, un produit nul sans facteur nul, une matrice non nulle qui n'est pas inversible, et l'identité (A+B)2=A2+2AB+B2 qui ne vaut que si A et B commutent. L'option est évaluée en contrôle continu, sans écrit au baccalauréat : la partie B est calibrée sur les devoirs surveillés de l'année. Le déterminant d'une matrice d'ordre 2 y sert d'outil de calcul pratique, sans être une notion du programme. Toutes les corrections sont détaillées sur cette page.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Produit matriciel : le coefficient en ligne i et colonne j de AB est la somme des produits de la ligne i de A par la colonne j de B.
•Le produit matriciel n'est pas commutatif : en général AB=BA.
•Matrice identité I=(1001) : elle vérifie AI=IA=A pour toute matrice carrée A d'ordre 2.
•Outil pratique à l'ordre 2, hors programme en tant que notion : A=(acbd) est inversible si et seulement si ad−bc=0, nombre appelé déterminant.
•Inverse : A−1=ad−bc1(d−c−ba).
•Un système AX=B avec A inversible admet l'unique solution X=A−1B.
•Un produit de matrices peut être nul sans qu'aucun facteur le soit : AB=0 n'entraîne ni A=0 ni B=0.
•L'identité (A+B)2=A2+2AB+B2 n'est valable que si A et B commutent.
•Matrice d'une transformation du plan : ses COLONNES sont les coordonnées des images de (1;0) et de (0;1) ; dans un produit AB, c'est B qui agit en premier.
Calculs : les produits et les puissances de matrices
Exercice 0.1 : Calculer des produits et des puissances de matrices : dix calculs directs
Pour chaque ligne, effectuez le calcul demandé, puis donnez les coefficients indiqués du résultat. Le coefficient (i,j) est celui de la ligne i et de la colonne j : la ligne vient toujours en premier.
Une somme et un produit par un réel se calculent coefficient par coefficient. Pour un produit, on écrit d'abord les formats, (m×n)(n×p) donnant une matrice m×p, puis le coefficient (i,j) est la ligne i du premier facteur multipliée par la colonne j du second : on multiplie terme à terme et on additionne. Une puissance se calcule par produits successifs, M3=M2M, jamais en élevant chaque coefficient, sauf pour une matrice diagonale.
a) (35−20)+(−4167) : donnez les coefficients (1,1) et (2,1).
b) 3(20−15)−2(1−342) : donnez les coefficients (1,2) et (2,1).
c) (2134)(5210) : donnez les coefficients (1,2) et (2,1) du produit.
d) (−123−5)(4−3−21) : donnez les coefficients (1,1) et (2,2) du produit.
e) (−142)32−5 : donnez le résultat.
f) (31−26)(4−1) : donnez les deux coefficients de la matrice colonne obtenue.
g) 1−120312102031−12041 : donnez les coefficients (2,3) et (3,2) du produit.
h) (13−21)2 : donnez les coefficients (1,1) et (2,1).
i) (2−110)3 : donnez les coefficients (1,1) et (2,1).
j) (−30021)5 : donnez les coefficients (1,1) et (2,2).
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Réponses
a)(−1647) ; −1 et 6
b)(46−1111) ; −11 et 6
c)(161321) ; 2 et 13
d)(−13235−9) ; −13 et −9
e)(−5) ; −5
f)(14−2) ; 14 et −2
g)8145−212134 ; 13 et 1
h)(−56−4−5) ; −5 et 6
i)(4−33−2) ; 4 et −3
j)(−24300321) ; −243 et 321
Le geste qui décide de tout : pour un produit, nommer la ligne du PREMIER facteur et la colonne du SECOND avant de multiplier. Le coefficient (2,3) d'un produit, c'est la ligne 2 de gauche contre la colonne 3 de droite, et rien d'autre.
a)
Coefficient par coefficient : (3−45+1−2+60+7)=(−1647). Coefficients (1,1)=−1 et (2,1)=6.
b)
3(20−15)=(60−315) et 2(1−342)=(2−684), donc la différence vaut (46−1111). Coefficients (1,2)=−11 et (2,1)=0−(−6)=6. Piège : −2×(−3)=+6, pas −6.
c)
Ligne 1 par colonne 2 : 2×1+3×0=2. Ligne 2 par colonne 1 : 1×5+4×2=13. Le produit complet vaut (161321). Piège : multiplier coefficient par coefficient, ce qui donne (10230).
d)
Ligne 1 par colonne 1 : (−1)×4+3×(−3)=−4−9=−13. Ligne 2 par colonne 2 : 2×(−2)+(−5)×1=−4−5=−9. Le produit complet vaut (−13235−9). Piège : un signe perdu sur 3×(−3).
e)
Une matrice ligne 1×3 par une matrice colonne 3×1 donne une matrice 1×1, un seul nombre : (−1)×3+4×2+2×(−5)=−3+8−10=−5. Piège : écrire la matrice 3×3, qui serait le produit dans l'AUTRE ordre.
f)
(2×2)(2×1) donne une matrice colonne : (3×4+(−2)×(−1)1×4+6×(−1))=(14−2). Piège : (−2)×(−1)=+2, d'où 14 et non 10.
g)
Ligne 2 par colonne 3 : (−1)×0+3×4+1×1=13. Ligne 3 par colonne 2 : 2×1+1×(−1)+0×2=1. Le produit complet vaut 8145−212134. Piège : prendre la ligne 3 de la SECONDE matrice ; le premier facteur fournit toujours la ligne.
h)
(13−21)(13−21)=(1−63+3−2−2−6+1)=(−56−4−5). Coefficients (1,1)=−5 et (2,1)=6. Piège : élever chaque coefficient au carré, ce qui donne (1941).
i)
M2=(4−1−2+02+0−1+0)=(3−22−1), puis M3=M2M=(6−2−4+13+0−2+0)=(4−33−2). Coefficients (1,1)=4 et (2,1)=−3. Recoupement : M=I+N avec N=(1−11−1) et N2=0, donc M3=I+3N.
j)
Pour une matrice diagonale, et pour elle seulement, la puissance se calcule coefficient par coefficient sur la diagonale : (−3)5=−243 et (21)5=321, les autres coefficients restant nuls. Piège : (−3)5 est négatif, l'exposant étant impair.
Contrôle : un produit se recoupe en calculant un SECOND coefficient par une autre ligne ou une autre colonne, et une puissance par une autre association : en i), MM2 doit redonner la même matrice que M2M.
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Calculs : l'inverse d'une matrice et les systèmes
Exercice 0.2 : Inverser une matrice 2 × 2 et résoudre un système : huit calculs directs
Pour chaque ligne, effectuez le calcul demandé, puis donnez ce qui est demandé. On rappelle que la matrice (acbd) est inversible si et seulement si ad−bc=0, et qu'alors son inverse est ad−bc1(d−c−ba). Le nombre ad−bc est ici un outil de calcul rappelé, pas une notion du programme.
On calcule d'abord ad−bc, avec ses signes. On échange ensuite les deux coefficients de la diagonale, on change le signe des deux autres SANS les déplacer, et l'on divise le tout par ad−bc. Un inverse se contrôle par un produit, qui doit donner I ; un système AX=B se résout par X=A−1B, dans cet ordre.
a) Les matrices (6−9−46) et (6−946) sont-elles inversibles ?
b) Inverse de (5332) : donnez les coefficients (1,2) et (2,2).
c) Inverse de (4123) : donnez les coefficients (1,1) et (2,1).
d) Inverse de (−325−4) : donnez les coefficients (1,2) et (2,2).
e) On propose B=(2−5−13) comme inverse de A=(3−5−12). Calculez le coefficient (1,1) de AB et concluez.
f) A=101110011 et B=11−1−1111−11 vérifient AB=kI3. Calculez k, puis donnez le coefficient (2,3) de A−1.
g) Résolvez {2x+3y=15x+7y=4 en calculant X=A−1B.
h) Résolvez {3x+2y=4x+4y=−7 en calculant X=A−1B.
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Réponses
a)ad−bc=0 : non inversible ; ad−bc=72 : inversible
b)(2−3−35) ; −3 et 5
c)101(3−1−24) ; 103 et −101
d)(−2−1−25−23) ; −25 et −23
e)AB=(11−20−611)=I ; 11, ce n'est pas l'inverse
f)k=2, A−1=21B ; −21
g)x=5 et y=−3
h)x=3 et y=−25
Le geste qui décide de tout : calculer ad−bc AVANT d'écrire l'inverse, en écrivant chaque signe. Il dit si l'inverse existe, et c'est par lui qu'on divise à la fin ; une erreur de signe sur bc fausse tous les coefficients d'un coup.
a)
Première matrice : ad−bc=6×6−(−4)×(−9)=36−36=0, elle n'est pas inversible ; ses lignes sont proportionnelles, la seconde valant −23 fois la première. Seconde matrice : ad−bc=36−4×(−9)=36+36=72=0, elle est inversible. Piège : (−4)×(−9)=+36, qui annule la première.
b)
ad−bc=10−9=1, donc l'inverse est (2−3−35) : coefficients (1,2)=−3 et (2,2)=5. Contrôle : (5332)(2−3−35)=(10−96−6−15+15−9+10)=I.
c)
ad−bc=12−2=10, donc l'inverse est 101(3−1−24)=(0,3−0,1−0,20,4) : coefficients (1,1)=103 et (2,1)=−101. Piège : oublier de diviser par 10, ce qui donne une matrice B telle que AB=10I.
d)
ad−bc=(−3)×(−4)−5×2=12−10=2, donc l'inverse est 21(−4−2−5−3)=(−2−1−25−23) : coefficients (1,2)=−25 et (2,2)=−23. Piège : sur la diagonale, on ÉCHANGE −3 et −4 sans changer leurs signes ; seuls b et c changent de signe.
e)
Ligne 1 de A par colonne 1 de B : 3×2+(−1)×(−5)=6+5=11=1. Le produit AB=(11−20−611) n'est pas I : B n'est PAS l'inverse de A. On a bien échangé la diagonale, mais oublié de changer le signe de b et de c : −b=1 et −c=5. Comme ad−bc=6−5=1, le vrai inverse est (2513).
f)
Ligne 1 de A par colonne 1 de B : 1×1+1×1+0×(−1)=2, donc k=2 (les autres coefficients se calculent de même : 2 sur la diagonale, 0 ailleurs). De AB=2I3 on tire A×21B=I3, donc A−1=21B, et son coefficient (2,3) vaut 2−1=−21. Piège : écrire A−1=2B ; on DIVISE par k.
g)
A=(2537), ad−bc=14−15=−1, donc A−1=−(7−5−32)=(−753−2). Puis X=A−1(14)=(−7+125−8)=(5−3) : x=5 et y=−3. Piège : ad−bc=−1 change TOUS les signes de la matrice.
h)
A=(3124), ad−bc=12−2=10, A−1=101(4−1−23). Puis X=101(4×4+(−2)×(−7)(−1)×4+3×(−7))=101(30−25)=(3−25) : x=3 et y=−25. Piège : calculer BA−1, qui n'existe même pas, une colonne ne se multipliant pas à droite par une matrice 2×2.
Contrôle : un inverse se vérifie par AA−1=I, et la solution d'un système en la remplaçant dans les DEUX équations. En h), 3×3+2×(−25)=9−5=4 et 3+4×(−25)=3−10=−7.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Opérations sur les matrices
On considère A=(1324) et B=(02−11).
a) Calculez A+B et 2A.
b) Calculez le produit AB.
c) Calculez le produit BA.
d) Que constatez-vous en comparant AB et BA ?
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Réponses
a)A+B=(1515), 2A=(2648)
b)AB=(4811)
c)BA=(−35−48)
d)AB=BA : pas de commutativité
a)
L'addition et la multiplication par un réel se font COEFFICIENT PAR COEFFICIENT, sans aucune subtilité : A+B=(1+03+22−14+1)=(1515) et 2A=(2648). Ces deux opérations se comportent exactement comme sur les nombres, ce qui n'est plus vrai du produit.
b)
Le produit obéit à la règle LIGNE PAR COLONNE : le coefficient de la ligne i et de la colonne j s'obtient en combinant la ligne i de A avec la colonne j de B. En haut à gauche, la première ligne (1;2) contre la première colonne (20) donne 1×0+2×2=4 ; en haut à droite 1×(−1)+2×1=1 ; en bas à gauche 3×0+4×2=8 ; en bas à droite 3×(−1)+4×1=1. Donc AB=(4811).
c)
On refait le calcul dans l'AUTRE ordre, avec cette fois les lignes de B contre les colonnes de A : en haut à gauche 0×1+(−1)×3=−3 ; en haut à droite 0×2+(−1)×4=−4 ; en bas à gauche 2×1+1×3=5 ; en bas à droite 2×2+1×4=8. Donc BA=(−35−48).
d)
Les deux produits sont DIFFÉRENTS, et pas seulement d'un coefficient : aucun n'est égal à l'autre. Le produit matriciel n'est donc pas COMMUTATIF, ce qui est la différence la plus importante avec le calcul sur les nombres, et elle interdit d'utiliser les identités remarquables sans précaution, comme le montrera l'exercice 2.
La non-commutativité n'est pas une bizarrerie technique, elle a un sens géométrique. Une matrice représente une TRANSFORMATION du plan, et le produit AB correspond à appliquer d'abord B puis A, dans cet ordre. Or enchaîner deux transformations dans un ordre ou dans l'autre ne donne évidemment pas la même chose : une rotation suivie d'une projection ne donne pas la même figure qu'une projection suivie de la même rotation. On notera d'ailleurs que le produit AB se lit de DROITE à GAUCHE, ce qui est déroutant au début mais cohérent avec la notation f∘g des fonctions.
Exercice 2 : Matrice identité et non-commutativité
On garde A=(1324) et B=(02−11), et on note I la matrice identité d'ordre 2.
a) Vérifiez que AI=IA=A.
b) Calculez A2 et B2.
c) Calculez (A+B)2.
d) Calculez A2+2AB+B2 et comparez avec la question c). Concluez.
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Réponses
a)AI=IA=A
b)A2=(7151022), B2=(−22−1−1)
c)(630630)
d)(13331123)=(A+B)2
a)
Multiplier par l'identité ne change rien, et le calcul le montre : chaque coefficient de AI se calcule comme une somme où un SEUL terme est non nul, puisque l'identité n'a qu'un 1 par ligne. En haut à gauche : 1×1+2×0=1, et ainsi de suite. On obtient bien AI=IA=A ✓. La matrice I joue donc pour le produit matriciel le rôle que 1 joue pour les nombres, et c'est l'une des rares propriétés qui survit au passage aux matrices.
b)
A2=AA se calcule par la règle ligne-colonne : en haut à gauche 1×1+2×3=7, en haut à droite 1×2+2×4=10, en bas à gauche 3×1+4×3=15, en bas à droite 3×2+4×4=22, soit A2=(7151022). De même B2=(−22−1−1). On notera qu'élever au carré n'élève PAS chaque coefficient au carré.
c)
On calcule d'abord la somme, A+B=(1515), puis son carré : en haut à gauche 1×1+1×5=6, et de même pour les trois autres coefficients, on obtient (A+B)2=(630630).
d)
2AB=(81622) d'après l'exercice 1, donc A2+2AB+B2=(7+8−215+16+210+2−122+2−1)=(13331123). Ce n'est PAS égal à (A+B)2, et l'écart est considérable. Le développement correct est (A+B)2=A2+AB+BA+B2, et l'on ne peut regrouper AB+BA en 2AB que si les deux matrices COMMUTENT, ce qui n'est pas le cas ici.
On vérifie que le développement correct fonctionne bien : A2+AB+BA+B2=(7+4−3−215+8+5+210+1−4−122+1+8−1)=(630630) ✓, exactement (A+B)2. La leçon vaut pour toutes les identités remarquables : (A+B)(A−B) vaut A2−AB+BA−B2 et non A2−B2, et (A+B)3 compte huit termes qu'on ne peut pas regrouper. La règle pratique est simple, il ne faut JAMAIS intervertir deux matrices dans un produit, et donc développer en conservant scrupuleusement l'ordre des facteurs.
Exercice 3 : Déterminant et inverse
On rappelle que (acbd) est inversible si et seulement si ad−bc=0.
Le déterminant n'est pas une notion du programme de l'option : pour une matrice d'ordre 2, le nombre ad−bc est un outil de calcul pratique, qu'on peut employer en le rappelant, mais qui n'est pas exigible. Le programme demande de savoir calculer un inverse, par exemple en résolvant AX=I ou à l'aide d'une relation comme celle de l'exercice 12.
a) Calculez le déterminant de A=(1324) et déterminez A−1.
b) Vérifiez que AA−1=I.
c) La matrice C=(2142) est-elle inversible ?
d) Interprétez la réponse à la question c) en observant les lignes de C.
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Réponses
a)detA=−2 ; A−1=(−21,51−0,5)
b)AA−1=I ✓
c)detC=0 : non inversible
d)Lignes proportionnelles
a)
det(A)=1×4−2×3=4−6=−2, qui est NON NUL, donc A est inversible. La formule d'inversion échange les deux coefficients diagonaux, change le signe des deux autres, puis divise par le déterminant : A−1=−21(4−3−21)=(−21,51−0,5).
b)
La vérification est obligatoire, la formule comportant quatre occasions de se tromper de signe. En haut à gauche : 1×(−2)+2×1,5=−2+3=1 ✓ ; en haut à droite : 1×1+2×(−0,5)=1−1=0 ✓ ; en bas à gauche : 3×(−2)+4×1,5=−6+6=0 ✓ ; en bas à droite : 3×1+4×(−0,5)=3−2=1 ✓. On obtient bien l'identité. Il faudrait en toute rigueur vérifier aussi A−1A=I, mais pour des matrices carrées l'une des deux égalités entraîne l'autre.
c)
det(C)=2×2−4×1=4−4=0. La matrice C n'est donc PAS inversible, alors qu'elle est loin d'être nulle : c'est le piège que reprendra l'exercice 9.
d)
La première ligne de C est exactement le DOUBLE de la seconde, (2;4)=2×(1;2). Les deux lignes sont donc proportionnelles, ce qui traduit géométriquement que la matrice écrase tout le plan sur une DROITE : deux points distincts peuvent avoir la même image, l'information est perdue et l'opération ne peut pas être inversée. On le vérifie : C envoie (−12) sur (00), tout comme le vecteur nul.
Le déterminant se lit donc comme une mesure de ce que la transformation CONSERVE, et cette lecture aide beaucoup. En valeur absolue, il donne le facteur par lequel les aires sont multipliées : A multiplie les aires par 2, tandis que C les annule, ce qui est cohérent avec l'écrasement sur une droite. Son SIGNE indique si l'orientation du plan est conservée ou renversée, négatif signifiant renversée comme pour A. Un déterminant nul signifie donc exactement qu'une dimension a été perdue, et c'est pour cela qu'il caractérise la non-inversibilité, sans qu'il soit besoin de retenir un critère supplémentaire.
Exercice 4 : Résoudre un système par l'inverse
On considère le système {x+2y=53x+4y=11
a) Écrivez ce système sous la forme matricielle AX=B en précisant A, X et B.
b) Justifiez que le système admet une unique solution.
c) Résolvez le système en calculant X=A−1B.
d) Vérifiez la solution dans les deux équations de départ.
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Réponses
a)A=(1324), B=(511)
b)detA=0
c)x=1, y=2
d)5 et 11 ✓
a)
On sépare les coefficients, les inconnues et les seconds membres : A=(1324), X=(xy) et B=(511). On vérifie que le produit AX redonne bien le système : sa première coordonnée vaut x+2y et la seconde 3x+4y ✓.
b)
Le déterminant de A vaut −2, non nul d'après l'exercice 3, donc A est INVERSIBLE. Le système admet alors une unique solution, obtenue en multipliant les deux membres à gauche par A−1 : A−1AX=A−1B, soit IX=A−1B et finalement X=A−1B. La justification par le déterminant est ce qui garantit l'existence ET l'unicité en une seule ligne.
c)
Avec A−1=(−21,51−0,5) : la première coordonnée vaut −2×5+1×11=−10+11=1, et la seconde 1,5×5−0,5×11=7,5−5,5=2. Donc x=1 et y=2. Attention à multiplier à GAUCHE, l'écriture BA−1 n'ayant même pas de sens ici pour des raisons de format.
d)
Première équation : 1+2×2=1+4=5 ✓. Seconde équation : 3×1+4×2=3+8=11 ✓. Les deux sont vérifiées, ce qui valide à la fois la solution et l'inverse calculé à l'exercice 3.
Cette méthode n'est pas la plus rapide sur un système 2×2, où la substitution irait plus vite, et il faut savoir pourquoi on l'enseigne. Son intérêt est CONCEPTUEL et se voit sur trois points. D'abord elle transforme un système en une simple division, ce qui unifie la théorie : AX=B se résout comme ax=b. Ensuite elle explique d'un coup les trois cas possibles, puisque le déterminant non nul donne une solution unique, tandis qu'un déterminant nul donne soit aucune solution soit une infinité. Enfin elle devient réellement efficace quand on doit résoudre PLUSIEURS systèmes ayant la même matrice A et des seconds membres différents : on inverse une fois, puis chaque résolution ne coûte qu'un produit.
Exercice 5 : Puissances de matrices
On considère M=(1011) et D=(2003).
a) Calculez M2 et M3.
b) Conjecturez l'expression de Mn et démontrez-la par récurrence.
c) Calculez D2 et D5.
d) Donnez l'expression de Dn. Pourquoi le calcul est-il si simple pour une matrice diagonale ?
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Réponses
a)M2=(1021), M3=(1031)
b)Mn=(10n1)
c)D2=diag(4;9), D5=diag(32;243)
d)Dn=diag(2n;3n)
a)
M2=(1×1+1×001×1+1×11)=(1021), puis M3=M2M=(1031). Seul le coefficient en haut à droite bouge, et il augmente de 1 à chaque multiplication.
b)
On conjecture donc Mn=(10n1), et l'on démontre par RÉCURRENCE. Initialisation : pour n=1 la formule donne (1011)=M ✓. Hérédité : supposons Mn=(10n1). Alors Mn+1=MnM a pour coefficient en haut à droite 1×1+n×1=n+1, les trois autres restant inchangés, soit (10n+11) ✓. Conclusion : la formule est vraie pour tout entier n≥1.
c)
D2=(4009) et D5=(250035)=(3200243). Ici, contrairement à l'exercice 2, élever la matrice au carré revient bien à élever chaque coefficient au carré, mais uniquement parce qu'elle est DIAGONALE.
d)
Dn=(2n003n). Le calcul est immédiat parce qu'une matrice diagonale agit INDÉPENDAMMENT sur chaque coordonnée : elle multiplie la première par 2 et la seconde par 3, sans jamais les mélanger. Répéter n fois cette action revient donc à multiplier chaque coordonnée par la puissance correspondante. C'est toute la motivation de la DIAGONALISATION, qui consiste à changer de repère pour se ramener à ce cas.
Les deux matrices de l'exercice illustrent les deux structures qui rendent les puissances calculables, et il n'y en a guère d'autres au programme. La matrice M est de la forme I+N où N=(0010) vérifie N2=0 : on dit qu'elle est nilpotente, et la formule du binôme s'y applique puisque I commute avec tout, donnant Mn=I+nN ✓, ce qui redonne la conjecture sans récurrence. La matrice D est diagonale, cas le plus simple. Face à une matrice quelconque, la stratégie consiste donc à la ramener à l'une de ces deux formes, ce que fera l'exercice 8 par un détour astucieux.
Partie B : Niveau baccalauréat (/50)
Exercice 6 : Suites couplées
On définit deux suites par u0=1, v0=0 et, pour tout entier naturel n, un+1=2un+vn et vn+1=un+2vn.
L'option maths expertes est évaluée en contrôle continu, sans écrit au baccalauréat : cette partie B est au niveau des devoirs surveillés de l'année.
a) Écrivez la relation sous forme matricielle Xn+1=AXn en précisant A.
b) Calculez u1, v1, u2, v2, u3 et v3.
c) On pose sn=un+vn et dn=un−vn. Montrez que (sn) est géométrique et que (dn) est constante.
d) Déduisez-en les expressions explicites de un et vn.
e) Vérifiez vos formules pour n=3.
Voir la correction
Réponses
a)A=(2112)
b)(2;1), (5;4), (14;13)
c)sn=3n, dn=1
d)un=23n+1, vn=23n−1
e)14 et 13 ✓
a)
En posant Xn=(unvn), les deux relations se rassemblent en une seule : Xn+1=AXn avec A=(2112). On vérifie que la première ligne du produit redonne 2un+vn et la seconde un+2vn ✓. C'est tout l'intérêt des matrices, ramener un système de deux suites couplées à une seule relation.
b)
On applique la relation pas à pas : u1=2×1+0=2 et v1=1+2×0=1 ; u2=2×2+1=5 et v2=2+2×1=4 ; u3=2×5+4=14 et v3=5+2×4=13. On remarquera que un et vn diffèrent toujours de 1, ce que la question suivante va expliquer.
c)
sn+1=un+1+vn+1=(2un+vn)+(un+2vn)=3un+3vn=3sn : la suite (sn) est GÉOMÉTRIQUE de raison 3, de premier terme s0=1+0=1, donc sn=3n. Ensuite dn+1=(2un+vn)−(un+2vn)=un−vn=dn : la suite (dn) est CONSTANTE, égale à d0=1, ce qui confirme l'observation de b).
d)
On dispose d'un système de deux équations, un+vn=3n et un−vn=1. En additionnant puis en divisant par 2 : un=2sn+dn=23n+1. En soustrayant : vn=2sn−dn=23n−1.
e)
Pour n=3 : u3=227+1=14 ✓ et v3=227−1=13 ✓. Ces valeurs correspondent exactement à celles calculées en b), ce qui valide les deux formules.
Le changement de variable de la question c) est le cœur de l'exercice, et il n'est pas tombé du ciel. Les combinaisons s=u+v et d=u−v sont celles qui DÉCOUPLENT le système, c'est-à-dire qui transforment deux suites entremêlées en deux suites indépendantes et élémentaires. En langage matriciel, ce sont les vecteurs propres de A, associés aux valeurs propres 3 et 1, que l'on reconnaît comme les raisons obtenues. La méthode est donc une diagonalisation déguisée, faite à la main, et c'est pourquoi elle marche : dans le bon repère, la matrice devient diagonale et l'exercice 5 s'applique.
Exercice 7 : Graphe probabiliste et état stable
Une population se répartit entre deux abonnements A et B. Chaque mois, 10 % des abonnés A passent en B, et 30 % des abonnés B passent en A.
On note Pn=(anbn) la répartition au mois n, avec an+bn=1.
Le graphe ci-dessous représente la situation.
a) Écrivez la matrice de transition T telle que Pn+1=PnT.
b) Au départ, tous les clients sont en A. Calculez P1 et P2.
c) Déterminez l'état stable, c'est-à-dire la répartition π vérifiant πT=π.
d) Vérifiez votre résultat en calculant πT.
e) Interprétez cet état stable.
Voir la correction
Réponses
a)T=(0,90,30,10,7)
b)P1=(0,90,1), P2=(0,840,16)
c)π=(0,750,25)
d)πT=π ✓
e)75 % en A, quel que soit le départ
a)
La convention à respecter est que la LIGNE indique l'état de départ et la COLONNE l'état d'arrivée : T=(0,90,30,10,7). La première ligne dit que 90% des abonnés A restent en A et que 10% passent en B. Contrôle systématique : chaque ligne doit sommer à 1, puisqu'un abonné va nécessairement quelque part, et c'est le cas ✓.
b)
P0=(10), donc P1=P0T=(0,90,1), la première ligne de T. Ensuite P2=P1T=(0,9×0,9+0,1×0,30,9×0,1+0,1×0,7)=(0,840,16). Contrôle : la somme vaut toujours 1 ✓.
c)
On note π=(xy) avec la contrainte x+y=1, sans laquelle le système serait indéterminé. La première équation de πT=π s'écrit 0,9x+0,3y=x, soit 0,3y=0,1x et donc x=3y. En reportant dans x+y=1 : 3y+y=4y=1, d'où y=0,25 et x=0,75. L'état stable est π=(0,750,25).
d)
0,75×0,9+0,25×0,3=0,675+0,075=0,75 ✓ et 0,75×0,1+0,25×0,7=0,075+0,175=0,25 ✓. On retrouve bien π, la répartition est donc invariante.
e)
À long terme, la répartition se stabilise à 75% d'abonnés A et 25% d'abonnés B, et cela QUELLE QUE SOIT la répartition initiale. Le point crucial est que les échanges mensuels ne s'arrêtent pas : chaque mois, 10% des 75 partent, soit 7,5, tandis que 30% des 25 reviennent, soit 7,5 également. Les deux flux se compensent exactement, ce qui est la définition même de l'équilibre.
Deux remarques utiles pour tout exercice de ce type. D'abord, l'état stable se retrouve sans matrice par un simple bilan : à l'équilibre, le nombre de départs 0,1x doit égaler le nombre de retours 0,3y, ce qui redonne x=3y en une ligne. Ensuite, la convergence vers cet état est très rapide, ce qui explique qu'on s'y intéresse : partis de 100% en A, on est déjà à 84% après deux mois et sous 76% après huit. Il faut cependant retenir que cette convergence n'est pas automatique, elle exige que la matrice n'ait aucun coefficient nul en position bloquante ; un état dont on ne peut plus sortir, dit absorbant, changerait complètement le comportement.
Exercice 8 : Puissance n-ième explicite
On reprend A=(2112) de l'exercice 6.
L'objectif est d'obtenir une formule explicite pour An.
a) Calculez A2 et A3.
b) En utilisant les suites sn et dn de l'exercice 6, conjecturez l'expression de An.
c) Vérifiez votre conjecture pour n=1 et n=2.
d) Vérifiez-la pour n=3.
e) Que vaut A0 selon votre formule ? Est-ce cohérent ?
Voir la correction
Réponses
a)A2=(5445), A3=(14131314)
b)Diagonale 23n+1, hors diagonale 23n−1
c)n=1 et n=2 ✓
d)n=3 ✓
e)A0=I : cohérent
a)
A2=(2×2+1×11×2+2×12×1+1×21×1+2×2)=(5445), puis A3=A2A=(14131314). On observe que toutes ces matrices restent SYMÉTRIQUES et de la forme (pqqp).
b)
La première COLONNE de An est l'image du vecteur (01), c'est-à-dire exactement Xn de l'exercice 6, soit (vnun). Par symétrie de A, la seconde colonne est l'image de (10), qui donne le couple échangé. On conjecture donc An=(23n+123n−123n−123n+1).
c)
Pour n=1 : 23+1=2 et 23−1=1, ce qui redonne bien A=(2112) ✓. Pour n=2 : 29+1=5 et 29−1=4, ce qui correspond à A2 ✓.
d)
Pour n=3 : 227+1=14 et 227−1=13, ce qui correspond exactement à A3 ✓. Trois vérifications indépendantes donnent une confiance raisonnable, même si seule une récurrence constituerait une démonstration.
e)
Pour n=0 : 230+1=22=1 et 230−1=20=0, donc la formule donne (1001)=I. C'est parfaitement cohérent, puisque par convention A0=I pour toute matrice inversible, exactement comme x0=1 pour les nombres. Qu'une formule conjecturée redonne le bon cas n=0 sans qu'on l'y ait forcée est un argument fort en sa faveur.
La structure trouvée s'éclaire complètement à la lumière de l'exercice 6 : les coefficients 23n+1 et 23n−1 sont les demi-somme et demi-différence de 3n et de 1, qui sont les deux VALEURS PROPRES de A élevées à la puissance n. On peut d'ailleurs écrire An=23n(1111)+21(1−1−11), décomposition qui sépare proprement les deux comportements : l'un explose en 3n, l'autre reste constant. C'est exactement ce que fait la diagonalisation, et cet exercice en donne une version accessible sans le vocabulaire.
Exercice 9 : Quatre pièges du calcul matriciel
Chacune des affirmations suivantes est fausse. Corrigez-la et donnez un contre-exemple explicite.
a) « Pour toutes matrices carrées, AB=BA. »
b) « Si AB=0, alors A=0 ou B=0. »
c) « Toute matrice carrée non nulle est inversible. »
d) « (A+B)2=A2+2AB+B2. »
Voir la correction
Réponses
a)Faux : AB=BA à l'exercice 1
b)Faux : diag(1;0)×diag(0;1)=0
c)Faux : detC=0
d)Faux : A2+AB+BA+B2
a)
Faux. Contre-exemple déjà calculé à l'exercice 1 : avec A=(1324) et B=(02−11), on a AB=(4811) alors que BA=(−35−48). Les quatre coefficients diffèrent. Certaines matrices commutent tout de même, comme l'identité avec tout le monde, ou deux matrices diagonales entre elles, mais c'est l'exception.
b)
Faux. Contre-exemple : A=(1000) et B=(0001). Le produit AB est la matrice NULLE, et pourtant ni A ni B n'est nulle. On dit que l'anneau des matrices n'est pas INTÈGRE. Géométriquement, A projette sur le premier axe et B sur le second : enchaîner les deux ne laisse rien, chacune détruisant ce que l'autre conserve.
c)
Faux. Contre-exemple : C=(2142) n'est pas nulle mais son déterminant vaut 2×2−4×1=0, donc elle n'est pas inversible. Le critère est le DÉTERMINANT non nul, jamais la non-nullité de la matrice. C'est une différence radicale avec les nombres, où tout réel non nul est inversible.
d)
Faux. Le développement correct est (A+B)2=(A+B)(A+B)=A2+AB+BA+B2, et l'on ne peut regrouper les deux termes du milieu que si AB=BA. Avec les matrices de la question a), l'exercice 2 a montré que (A+B)2=(630630) alors que A2+2AB+B2=(13331123) ✗.
Ces quatre affirmations sont exactement les quatre propriétés du calcul sur les nombres qui NE SURVIVENT PAS au passage aux matrices, et les connaître comme telles vaut mieux que de les redécouvrir en contrôle. La commutativité tombe, donc l'ordre des facteurs compte partout. L'intégrité tombe, donc un produit nul n'autorise aucune conclusion sur les facteurs, ce qui interdit notamment de résoudre AX=0 en disant que X=0. L'inversibilité systématique tombe, remplacée par le critère du déterminant. Et les identités remarquables tombent, conséquence directe de la première. En revanche, l'associativité, la distributivité et le rôle de l'identité subsistent, ce qui laisse tout de même de quoi calculer.
Exercice 10 : Un modèle de population
Une population d'insectes est répartie en deux classes d'âge : les jeunes jn et les adultes an, comptés chaque saison.
Chaque adulte produit 4 jeunes par saison, et la moitié des jeunes deviennent adultes à la saison suivante. On a donc jn+1=4an et an+1=0,5jn.
La figure ci-dessous représente la situation.
a) Écrivez la matrice L telle que Xn+1=LXn.
b) On part de j0=100 et a0=100. Calculez X1, X2, X3 et X4.
c) Calculez L2. Que remarquez-vous ?
d) Déduisez-en une expression de X2k en fonction de k et de X0.
e) La population totale double-t-elle à chaque saison ? Justifiez.
Voir la correction
Réponses
a)L=(00,540)
b)(400;50), (200;200), (800;100), (400;400)
c)L2=2I
d)X2k=2kX0
e)Non : totaux 200, 450, 400, 900, 800
a)
On lit directement les deux relations : jn+1=4an et an+1=0,5jn, donc L=(00,540) avec Xn=(jnan). Les zéros sur la diagonale traduisent le fait qu'aucun jeune ne reste jeune et qu'aucun adulte ne reste adulte d'une saison à l'autre.
b)
On applique la matrice pas à pas. X1=(4×1000,5×100)=(40050) ; X2=(4×500,5×400)=(200200) ; X3=(800100) ; X4=(400400). Les effectifs OSCILLENT fortement d'une saison à l'autre.
c)
L2=(0×0+4×0,5000,5×4+0×0)=(2002)=2I. Le carré de L est donc une simple MULTIPLICATION PAR 2, ce qui est une structure exceptionnellement favorable : la matrice disparaît complètement.
d)
Comme L2=2I, et puisque I commute avec tout, on obtient L2k=(L2)k=(2I)k=2kI. Donc X2k=L2kX0=2kX0 : toutes les DEUX saisons, la population est exactement doublée dans chaque classe. Vérification : X2=2X0=(200200) ✓ et X4=4X0=(400400) ✓.
e)
Non. Les totaux successifs valent 200, 450, 400, 900 puis 800 : ils ne doublent pas d'une saison à l'autre, ils OSCILLENT, la population totale diminuant même entre la première et la deuxième saison, de 450 à 400. C'est seulement sur DEUX saisons que le doublement est exact, et l'on vérifie 400=2×200 ✓ puis 800=2×400 ✓.
Le modèle produit donc une croissance en dents de scie, et il vaut la peine de comprendre pourquoi. Les jeunes et les adultes ne se convertissent pas au même rythme : une génération d'adultes produit quatre fois plus de jeunes, mais seule la moitié de ces jeunes atteint l'âge adulte. Le déséquilibre entre les deux taux fait alterner les classes, et il faut deux saisons, soit un cycle complet jeune-adulte-jeune, pour retrouver une structure proportionnelle à celle du départ. Ce type de modèle, dit de Leslie, sert réellement en écologie, et le résultat pratique est que le taux de croissance réel n'est pas 4 ni 0,5 mais 2≈1,41 par saison, moyenne géométrique des deux, ce qui redonne bien un doublement en deux saisons.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Inverser une matrice 3 × 3 par un produit
On considère A=2−10−12−10−12 et B=321242123.
a) Calculez le coefficient de la première ligne et de la première colonne de AB, puis celui de la première ligne et de la deuxième colonne.
b) On admet que AB=4I3. Déduisez-en que A est inversible et donnez A−1.
c) Écrivez le système 2x−y=1, −x+2y−z=0, −y+2z=3 sous la forme AX=Y.
d) Résolvez-le à l'aide de A−1.
e) Vérifiez la solution dans la deuxième équation.
Voir la correction
Réponses
a)4 et 0 : AB=4I3
b)A−1=41B
c)Y=103
d)x=1,5, y=2, z=2,5
e)0 ✓
a)
Première ligne de A, (2;−1;0), contre première colonne de B, (3;2;1) : 2×3−1×2+0×1=4. Contre la deuxième colonne (2;4;2) : 4−4+0=0. Les neuf coefficients se calculent de même et donnent 4 sur la diagonale, 0 ailleurs.
b)
AB=4I3 donne A(41B)=I3 : A est inversible et A−1=41B. On évite ainsi tout calcul de déterminant 3×3 : trouver une matrice dont le produit avec A est un multiple de l'identité suffit.
c)
X=xyz et Y=103 : les lignes de A portent les coefficients des trois équations, avec des 0 pour les inconnues absentes.
d)
X=A−1Y=41BY=413×1+2×0+1×32+0+61+0+9=416810, soit x=1,5, y=2 et z=2,5.
e)
−x+2y−z=−1,5+4−2,5=0 ✓. Les deux autres équations donnent aussi 2×1,5−2=1 ✓ et −2+5=3 ✓.
Exercice 12 : Une relation qui donne l'inverse et les puissances
On considère M=(3212) et l'on note I la matrice identité d'ordre 2.
a) Calculez M2.
b) Vérifiez que M2=5M−4I.
c) Déduisez-en que M×41(5I−M)=I et donnez M−1.
d) Exprimez M3 sous la forme aM+bI, puis calculez M3.
e) Retrouvez M−1 par la formule du cours, avec le déterminant.
f) On pose a0=0, b0=1 et, pour tout entier naturel n, an+1=5an+bn et bn+1=−4an. Démontrez par récurrence que, pour tout entier naturel n, Mn=anM+bnI. Calculez a4 et b4.
g) Montrez que, pour tout entier naturel n, an+bn=1. Déduisez-en que an+1=4an+1.
h) On pose wn=an+31. Montrez que la suite (wn) est géométrique, précisez sa raison et son premier terme, puis exprimez an et bn en fonction de n.
i) Déduisez-en les quatre coefficients de Mn en fonction de n. Contrôlez votre formule avec le résultat de la question d), puis calculez M5.
5M−4I=(15−410510−4)=(111056)=M2 ✓. Les nombres 5 et 4 ne sont pas quelconques : ce sont la somme des coefficients diagonaux et le déterminant de M.
c)
M2−5M=−4I s'écrit M(5I−M)=4I, car M×5I=5M et I commute avec M. Donc M×41(5I−M)=I et M−1=41(2−2−13)=(0,5−0,5−0,250,75).
d)
M3=M×M2=M(5M−4I)=5M2−4M=5(5M−4I)−4M=21M−20I. Donc M3=(63−20422142−20)=(43422122). Toute puissance de M se ramène ainsi à une combinaison de M et de I.
e)
detM=3×2−1×2=4, et M−1=41(2−2−13) : on échange les coefficients diagonaux et on change le signe des deux autres. C'est la même matrice qu'en c) ✓.
f)
Initialisation : a0M+b0I=0×M+1×I=I=M0 ✓.
Hérédité : supposons Mn=anM+bnI pour un entier n fixé. Alors Mn+1=Mn×M=anM2+bnM.
D'après b), M2=5M−4I, donc Mn+1=an(5M−4I)+bnM=(5an+bn)M−4anI=an+1M+bn+1I.
La propriété est vraie au rang 0 et héréditaire : elle est vraie pour tout entier naturel n.
Avec h) : 3an+bn=33×4n−3+4−4n=32×4n+1 et 2an+bn=32×4n−2+4−4n=34n+2.
Mn=31(2×4n+12×4n−24n−14n+2).
Contrôle pour n=3 : 31(1291266366)=(43422122), la matrice de d) ✓. Pour n=0, on retrouve I ✓.
Pour n=5, 45=1024 : M5=31(2049204610231026)=(683682341342).
Remarque : la formule de h) donne pour n=−1 les nombres a=−41 et b=45, soit 41(5I−M), l'inverse trouvé en c). La récurrence ne la démontre que pour n≥0 ; ce rang −1 est une vérification, pas une preuve.
Exercice 13 : Deux lacs pollués : une suite matricielle avec rejets
Deux lacs reliés reçoivent chaque année des rejets polluants : 8 tonnes dans le premier, 12 dans le second. D'une année à l'autre, le premier lac garde 50% de son polluant et en envoie 30% au second ; le second en garde 60% et en envoie 20% au premier. Le reste est éliminé.
On note un et vn les quantités, en tonnes, l'année n, et Un=(unvn), avec U0=(00).
Le schéma résume les échanges entre les deux lacs.
a) Écrivez Un+1=AUn+B en précisant la matrice A et la matrice colonne B.
b) Calculez U1 et U2.
c) Déterminez la matrice colonne C telle que C=AC+B.
d) On pose Vn=Un−C. Montrez que Vn+1=AVn et exprimez Un en fonction de An.
e) On admet que An tend vers la matrice nulle. Vers quelle quantité totale de polluant les deux lacs tendent-ils ?
Voir la correction
Réponses
a)A=(0,50,30,20,6), B=(812)
b)U1=(8;12), U2=(14,4;21,6)
c)C=(4060)
d)Un=C−AnC
e)100 tonnes au total
a)
un+1=0,5un+0,2vn+8 et vn+1=0,3un+0,6vn+12, donc A=(0,50,30,20,6) et B=(812). Le coefficient 0,2 en haut à droite est la part du second lac qui arrive dans le premier : la LIGNE désigne le lac d'arrivée.
b)
U1=AU0+B=(812), puis U2=(0,5×8+0,2×12+80,3×8+0,6×12+12)=(14,421,6).
c)
C=AC+B s'écrit (I−A)C=B, avec I−A=(0,5−0,3−0,20,4), de déterminant 0,20−0,06=0,14=0. En résolvant 0,5x−0,2y=8 et −0,3x+0,4y=12 : la première multipliée par 2 et ajoutée à la seconde donne 0,7x=28, soit x=40, puis y=0,20,5×40−8=60. Donc C=(4060).
d)
Vn+1=Un+1−C=AUn+B−(AC+B)=A(Un−C)=AVn. Donc Vn=AnV0 et Un=C+An(U0−C)=C−AnC. La matrice B a disparu : le changement d'inconnue ramène à une suite géométrique matricielle.
e)
Si An tend vers la matrice nulle, Un tend vers C : 40 tonnes dans le premier lac, 60 dans le second, soit 100 tonnes au total, quel que soit l'état initial. Au bout de 30 ans, on en est déjà à 39,95 et 59,93 tonnes.
Exercice 14 : Le chiffrement de Hill
On numérote les lettres de A=0 à Z=25. Le chiffrement de Hill code les lettres par paires : la paire de rangs (x1x2) devient la paire (y1y2) où y1 et y2 sont les restes modulo 26 des coordonnées de K(x1x2), avec la clé K=(3152).
Le tableau ci-dessous rappelle le rang de chaque lettre.
a) Chiffrez le mot OK (O=14, K=10).
b) Calculez le déterminant de K.
c) Vérifiez que K′=(2−1−53) vérifie KK′=I. Écrivez K′ avec des coefficients entre 0 et 25.
d) Déchiffrez la paire DG (D=3, G=6).
e) Pourquoi la matrice (4211) ne pourrait-elle pas servir de clé ?
Voir la correction
Réponses
a)OK devient OI
b)detK=1
c)K′≡(225213)
d)DG donne CP
e)Déterminant 2, non inversible modulo 26
a)
K(1410)=(3×14+5×1014+2×10)=(9234), et modulo 26 : 92=3×26+14, 34=26+8. On obtient (14;8), soit OI. Les deux lettres de la paire se mélangent : le même K ne donnerait pas le même chiffré dans une autre paire.
b)
detK=3×2−5×1=1.
c)
KK′=(6−52−2−15+15−5+6)=(1001) ✓. Modulo 26 : −5≡21 et −1≡25, d'où K′≡(225213).
d)
K′(36)=(6+12675+18)=(13293), et 132=5×26+2, 93=3×26+15 : (2;15), soit CP. Contrôle : K(215)=(8132)≡(36) ✓.
e)
Son déterminant vaut 4−2=2, qui n'est pas premier avec 26 : il n'a pas d'inverse modulo 26, et la matrice non plus. Deux paires différentes auraient le même chiffré, par exemple (0;0) et (13;0), qui donnent toutes deux (0;0) puisque 4×13=52≡0 et 2×13=26≡0. Le déchiffrement serait impossible.
Exercice 15 : Des matrices qui commutent avec une matrice donnée
On considère N=(1012). On cherche toutes les matrices X=(acbd) telles que NX=XN.
a) Calculez NX et XN.
b) En identifiant les coefficients, montrez que c=0 et b=d−a.
c) Écrivez la forme générale des matrices qui commutent avec N. En combien de nombres réels dépend-elle ?
d) Montrez que I et N appartiennent à cet ensemble, et que toute matrice de la forme αI+βN aussi. Pour X=(3025), trouvez α et β.
e) La matrice (1002) commute-t-elle avec N ?
Voir la correction
Réponses
a)NX=(a+c2cb+d2d), XN=(aca+2bc+2d)
b)c=0, b=d−a
c)(a0d−ad) : deux paramètres
d)X=I+2N
e)Non
a)
NX=(a+c2cb+d2d) et XN=(aca+2bc+2d).
b)
En bas à gauche : 2c=c, donc c=0. En haut à gauche : a+c=a, ce qui redonne c=0. En haut à droite : b+d=a+2b, soit b=d−a. En bas à droite : 2d=c+2d, encore c=0.
c)
X=(a0d−ad) : ces matrices dépendent de DEUX réels libres, a et d. Parmi les quatre coefficients, deux sont imposés par la commutation.
d)
I correspond à a=d=1, b=0=d−a ✓, et N à a=1, d=2, b=1=2−1 ✓. Pour αI+βN=(α+β0βα+2β), on a bien b=β=d−a. Avec X=(3025) : β=2 et α+β=3, donc α=1 ; vérification en bas à droite, 1+4=5 ✓. Les matrices qui commutent avec N sont exactement les αI+βN.
e)
Ici a=1, d=2 et b=0, alors que d−a=1 : la condition n'est pas remplie, elle NE commute PAS avec N. Vérification : le coefficient en haut à droite de son produit à gauche par N vaut 2, et celui de son produit à droite par N vaut 1.
Partie D : transformations du plan (/10)
Exercice 16 : Trois transformations du plan et leurs matrices
Le plan est muni d'un repère orthonormé. On dit qu'une transformation f est représentée par la matrice A lorsque l'image du point M(x;y) est le point M′(x′;y′) tel que (x′y′)=A(xy). Les colonnes de A sont alors les coordonnées des images des points (1;0) et (0;1).
On note R la matrice du quart de tour direct de centre O, qui envoie (x;y) sur (−y;x), et S celle de la symétrie d'axe (Ox), qui envoie (x;y) sur (x;−y).
La figure montre un drapeau F, de sommets (0;0), (0;2), (1;1,5) et (0;1), et son image G par une transformation T représentée par une matrice.
a) Écrivez les matrices R et S. Donnez le coefficient de R en ligne 1 et colonne 2, et celui de S en ligne 2 et colonne 2.
b) Calculez R2 et interprétez-la. Quel est le plus petit entier n≥1 tel que Rn=I ? Déduisez-en R2026.
c) Lisez sur la figure les images par T des points (0;1) et (1;1,5). Déduisez-en l'image de (1;0), puis la matrice de T. Quelle transformation est-ce ?
d) Calculez RS et SR. Laquelle représente T ? Quelle transformation l'autre représente-t-elle ?
e) On note H=3I la matrice de l'homothétie de centre O et de rapport 3, et M=HR. Justifiez que Mn=3nRn pour tout entier naturel n, puis calculez M4 et M6.
Voir la correction
Réponses
a)R=(01−10), S=(100−1)
b)R2=−I (demi-tour), R4=I, R2026=−I
c)T=(0110), symétrie d'axe y=x
d)RS=T ; SR=(0−1−10), symétrie d'axe y=−x
e)M4=81I, M6=−729I
a)
Le quart de tour envoie (1;0) sur (0;1) et (0;1) sur (−1;0) : ce sont les deux COLONNES de R=(01−10). On vérifie : R(xy)=(−yx). De même, S=(100−1). Le coefficient de R en ligne 1, colonne 2 vaut −1, celui de S en ligne 2, colonne 2 vaut −1. L'erreur fréquente est d'écrire les images en LIGNES : on obtient alors (0−110), qui est le quart de tour dans l'autre sens.
b)
R2=(01−10)(01−10)=(−100−1)=−I : deux quarts de tour font un demi-tour, la symétrie de centre O. Puis R3=−R=I et R4=(−I)2=I : le plus petit n est 4, ce qui se voyait géométriquement, quatre quarts de tour ramènent chaque point à sa place. Comme 2026=4×506+2, R2026=(R4)506R2=R2=−I, de coefficient −1 en ligne 1, colonne 1. La périodicité remplace ici toute récurrence.
c)
Sur la figure, le point (0;1) du mât de F a pour image (1;0), et la pointe (1;1,5) a pour image (1,5;1). Donc T(0;1)=(1;0), deuxième colonne. Par linéarité, (1;1,5)=(1;0)+1,5×(0;1), donc T(1;1,5)=T(1;0)+1,5×(1;0), soit T(1;0)=(1,5;1)−(1,5;0)=(0;1), première colonne. Ainsi T=(0110) : (x;y) devient (y;x), c'est la symétrie d'axe la droite d'équation y=x. Le point (1;0) n'est pas un sommet de F : c'est la linéarité qui permet de le traiter quand même.
d)
RS=(01−10)(100−1)=(0110)=T et SR=(100−1)(01−10)=(0−1−10). RSX=R(SX) : on applique d'abord S, puis R ; la matrice de DROITE agit la première. SR envoie (x;y) sur (−y;−x) : c'est la symétrie d'axe la droite y=−x. Les deux produits diffèrent : la non-commutativité du produit matriciel est ici visible, composer dans l'autre ordre donne une autre transformation.
e)
H=3I commute avec toute matrice : HR=3R=RH. Donc Mn=(3R)n=3nRn, ce qu'on démontre par récurrence : Mn+1=MnM=3nRn×3R=3n+1Rn+1. Alors M4=81R4=81I et M6=729R6=729R2=−729I : coefficients 81 et −729 en ligne 1, colonne 1. En général (AB)n=AnBn ; l'égalité est licite ici parce que l'un des facteurs est un multiple de l'identité. Géométriquement, M tourne d'un quart de tour et agrandit trois fois ; quatre applications ramènent à la position de départ, agrandie 81 fois.
À retenir : on écrit la matrice d'une transformation colonne par colonne, avec les images de (1;0) et (0;1), et on lit un produit de droite à gauche.
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