Spécialité maths, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Fiche de révision : les suites et la récurrence (Terminale spécialité)

Le premier chapitre de Terminale est aussi celui qui coûte le plus cher au premier devoir, et rarement pour des raisons de calcul. Les copies savent factoriser, dériver, résoudre. Ce qu'elles ratent, c'est la logique : une hérédité rédigée sans initialisation, un « supposons » suivi d'un calcul qui n'utilise jamais l'hypothèse, une limite annoncée parce qu'un majorant traînait dans l'énoncé.

Cette fiche ne redit pas le cours sur les suites. Elle liste les huit endroits précis où les points partent, la phrase exacte à recopier pour chacun, l'arbre qui dit quelle méthode employer selon la FORME de la suite, et un exercice type de suite arithmético-géométrique décortiqué ligne par ligne, avec la raison de chaque étape.

Le fil du chapitre

Une récurrence ne démontre pas une propriété, elle démontre qu'elle SE TRANSMET, et c'est l'initialisation qui la fait démarrer. Le reste du chapitre décline le même défaut de logique : un majorant n'est pas une limite, et un point fixe n'est qu'un candidat.

Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Terminale

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (7 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Généralités sur les fonctionsSeconde
  2. 2Algorithmique et PythonSeconde
  3. 3Les suites numériquesPremière
  4. 4Calcul littéral et équationsQuatrième
  5. 5Algorithmique et ScratchQuatrième
  6. 6La notion de fonctionTroisième
  7. 7Algorithmique et ScratchTroisième

L'essentiel

Une récurrence prouve un enchaînement, pas une propriété

  • Initialisation : vérifier P(n0)P(n_{0}) par le calcul, en écrivant les DEUX membres. Une ligne, mais sans elle la démonstration ne vaut rien.
  • Hérédité : SUPPOSER P(n)P(n) vraie pour un entier nn0n\ge n_{0} fixé, puis démontrer P(n+1)P(n+1). L'hypothèse doit être écrite, et surtout utilisée quelque part.
  • Conclusion : « la propriété est vraie au rang n0n_{0} et héréditaire, donc vraie pour tout entier nn0n\ge n_{0} ».
  • Ce que la récurrence ne fait jamais : trouver la formule. Elle la VALIDE. La formule vient du calcul des premiers termes ou d'un changement de suite.

Le correcteur cherche trois choses sur la copie : le mot « supposons », le moment où l'hypothèse sert, et la phrase de conclusion. Chacune vaut environ un point, et aucune ne demande de réfléchir.

Les limites qu'on reconnaît sans calcul

  • limn=limn2=limn=+\lim n=\lim n^{2}=\lim\sqrt{n}=+\infty et lim1n=lim1n=lim1n2=0\lim\frac{1}{n}=\lim\frac{1}{\sqrt{n}}=\lim\frac{1}{n^{2}}=0.
  • Limite de qnq^{n}, quatre cas : si 1<q<1-1<q<1 elle vaut 00; si q>1q>1 elle vaut ++\infty; si q=1q=1 elle vaut 11; si q1q\le -1 la suite n'a PAS de limite.
  • La condition porte sur qq, jamais sur q|q| : q=1,2q=-1{,}2 ne tend vers rien, et q=0,8q=-0{,}8 tend vers 00 en changeant de signe à chaque rang.
  • Somme des termes d'une suite géométrique : 1+q++qn=1qn+11q1+q+\dots+q^{n}=\frac{1-q^{n+1}}{1-q} pour q1q\neq 1, et cette somme tend vers 11q\frac{1}{1-q} quand 1<q<1-1<q<1.

Les quatre théorèmes de convergence, avec leurs hypothèses

  • Convergence monotone : croissante ET majorée \Rightarrow converge; décroissante ET minorée \Rightarrow converge. Le théorème donne l'EXISTENCE de la limite, jamais sa valeur.
  • Gendarmes : vnunwnv_{n}\le u_{n}\le w_{n} avec (vn)(v_{n}) et (wn)(w_{n}) de MÊME limite finie \ell, alors unu_{n}\to\ell.
  • Comparaison : unvnu_{n}\ge v_{n} et vn+v_{n}\to+\infty, alors un+u_{n}\to+\infty. Une seule inégalité, dans le bon sens, suffit.
  • Point fixe : si un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_{n}) avec ff continue ET si (un)(u_{n}) converge vers \ell, alors =f()\ell=f(\ell). Le « si converge » est une hypothèse, pas une conclusion.
123456789101112130.511.522.533.5majorant : 3limite : 2
La suite est croissante et majorée par 33 : le théorème garantit qu'elle converge, rien de plus. Sa limite vaut 22. Un majorant est un plafond, la limite est la hauteur réellement atteinte.

Une suite croissante non majorée tend vers ++\infty : c'est le seul autre comportement possible. Une suite monotone n'oscille pas, donc elle converge ou elle explose.

Suite arithmético-géométrique : le seul changement de suite à connaître

  • Forme un+1=aun+bu_{n+1}=au_{n}+b avec a1a\neq 1. On résout =a+b\ell=a\ell+b, ce qui donne le point fixe =b1a\ell=\frac{b}{1-a}.
  • On pose vn=unv_{n}=u_{n}-\ell : alors vn+1=avnv_{n+1}=av_{n}, donc (vn)(v_{n}) est géométrique de raison aa et de premier terme v0=u0v_{0}=u_{0}-\ell.
  • On revient : un=+(u0)anu_{n}=\ell+(u_{0}-\ell)a^{n}, et la limite se lit entièrement sur ana^{n}.
  • Si 1<a<1-1<a<1, la suite converge vers \ell quel que soit u0u_{0}. Sinon elle s'écarte de \ell, sauf si u0=u_{0}=\ell exactement.

L'énoncé impose presque toujours le vnv_{n} à utiliser. Quand il ne l'impose pas, c'est celui-là qu'il faut poser, et le point fixe se calcule au brouillon en trois secondes.

Les règles de calcul en tableau

Chaque ligne se lit de gauche à droite : les hypothèses, puis le résultat. Une case rouge n'est pas une réponse, c'est le constat que la forme ne décide rien et l'ordre de transformer l'écriture. Chaque cas est suivi d'un exemple chiffré.

Les limites de référence des suites

Sept lignes, et le baccalauréat n'en demande pas d'autres. Chacune porte un terme calculé : c'est le meilleur contrôle d'une limite annoncée, et il tient dans la calculatrice.

Suite unu_{n}ConditionLimite
qnq^{n} 1<q<1-1<q<1 00

Exemple : 0,8300,001240{,}8^{30}\approx 0{,}00124. C'est la ligne qui sert dans presque toutes les suites géométriques de l'épreuve.

qnq^{n} q>1q>1 ++\infty

Exemple : 1,05100131,51{,}05^{100}\approx 131{,}5 : un placement à 55 pour cent multiplie le capital par plus de cent trente en cent ans.

qnq^{n} q1q\leq-1 aucune limite

Exemple : (2)10=1024(-2)^{10}=1024 puis (2)11=2048(-2)^{11}=-2048 : la suite oscille en grossissant. On n'écrit pas « diverge vers l'infini », il n'y a pas de limite du tout.

naqnn^{a}q^{n} q<1\left|q\right|<1, a>0a>0 00

Exemple : En n=100n=100 avec a=2a=2 et q=0,9q=0{,}9, le terme vaut environ 0,2660{,}266, et il continue de décroître : l'exponentielle l'emporte sur la puissance.

1na\frac{1}{n^{a}} a>0a>0 00

Exemple : 1n\frac{1}{\sqrt{n}} vaut 0,10{,}1 au rang 100100 et 0,010{,}01 au rang 1000010\,000 : la convergence est lente, elle a lieu quand même.

(1+1n)n\left(1+\frac{1}{n}\right)^{n} aucune e2,718\mathrm{e}\approx 2{,}718

Exemple : En n=1000n=1000, le terme vaut environ 2,7172{,}717. C'est la limite la plus célèbre du programme, et elle n'est pas 11.

un+1=aun+bu_{n+1}=au_{n}+b a<1\left|a\right|<1 le point fixe b1a\frac{b}{1-a}

Exemple : Avec un+1=0,5un+3u_{n+1}=0{,}5u_{n}+3, la limite est 310,5=6\frac{3}{1-0{,}5}=6, quel que soit u0u_{0}. Partant de u0=0u_{0}=0, le rang 2020 donne déjà 5,9999945{,}999994.

La ligne 7 ne se cite pas telle quelle en Terminale : le point fixe donne la limite ATTENDUE, mais la copie doit d'abord prouver la convergence, par une suite auxiliaire géométrique ou par le théorème de la convergence monotone. Résoudre =a+b\ell=a\ell+b sans avoir prouvé que la limite existe est la faute classique du chapitre.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Une hérédité impeccable, sans initialisation

2 points sur 4 : la démonstration est comptée fausse, pas incomplète

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Supposons un3u_{n}\le 3. Alors un+1=2un+39=3u_{n+1}=\sqrt{2u_{n}+3}\le\sqrt{9}=3. La propriété est donc vraie pour tout nn. »

Ce qu'il faut écrire

« Initialisation : u0=13u_{0}=1\le 3, donc P(0)P(0) est vraie. Hérédité : supposons un3u_{n}\le 3 pour un entier n0n\ge 0 fixé; alors 2un+392u_{n}+3\le 9, donc un+1=2un+33u_{n+1}=\sqrt{2u_{n}+3}\le 3. Conclusion : P(0)P(0) est vraie et PP est héréditaire, donc un3u_{n}\le 3 pour tout n0n\ge 0. »

Pourquoi : L'hérédité seule prouve que la propriété se transmet, pas qu'elle démarre. Pour un+1=un+2u_{n+1}=u_{n}+2, la propriété « unu_{n} est pair » est parfaitement héréditaire, et pourtant fausse à tous les rangs si u0=1u_{0}=1.

2. Écrire « supposons » puis ne jamais se servir de l'hypothèse

1,5 point : l'hérédité est affirmée, pas démontrée

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Supposons un=3×2n1u_{n}=3\times 2^{n}-1. Alors un+1=3×2n+11u_{n+1}=3\times 2^{n+1}-1, ce qu'il fallait démontrer. »

Ce qu'il faut écrire

« Supposons un=3×2n1u_{n}=3\times 2^{n}-1 pour un entier n0n\ge 0 fixé. Alors un+1=2un+1=2(3×2n1)+1=3×2n+11u_{n+1}=2u_{n}+1=2\left(3\times 2^{n}-1\right)+1=3\times 2^{n+1}-1. »

Pourquoi : Une hérédité qui n'utilise pas P(n)P(n) n'est pas une hérédité. L'hypothèse ne peut servir qu'à un seul endroit : la ligne où l'on remplace unu_{n} par son expression, juste après avoir écrit la relation de récurrence.

3. Annoncer la limite en lisant le majorant

1 point, et souvent toute la fin de l'exercice

Ce qu'il ne faut pas écrire

« (un)(u_{n}) est croissante et majorée par 33, donc limun=3\lim u_{n}=3. »

Ce qu'il faut écrire

« (un)(u_{n}) est croissante et majorée par 33, donc d'après le théorème de convergence monotone elle converge vers un réel 3\ell\le 3. Comme un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_{n}) avec ff continue, \ell vérifie =f()\ell=f(\ell), ce qui donne =3\ell=3. »

Pourquoi : Le théorème de convergence monotone est un théorème d'EXISTENCE. La valeur de la limite vient toujours d'ailleurs : de l'équation du point fixe, d'une forme explicite, ou des gendarmes.

4. Appliquer la règle de qnq^{n} à q|q| au lieu de qq

1 point, et une conclusion fausse sur toute la suite de l'étude

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La raison vaut 1,2-1{,}2, donc q>1|q|>1, donc qnq^{n} tend vers ++\infty. »

Ce qu'il faut écrire

« La raison vaut q=1,21q=-1{,}2\le -1 : la suite (qn)(q^{n}) n'a pas de limite. Elle change de signe à chaque rang et sa valeur absolue tend vers ++\infty. »

1234567-3-2-11234q = -1,2q = -0,8
Deux façons opposées de changer de signe : (0,8)n(-0{,}8)^{n}, en points pleins, se rapproche de 00 en alternant; (1,2)n(-1{,}2)^{n}, en cercles, s'en écarte de plus en plus. La règle porte sur qq, pas sur q|q|.

Pourquoi : Une limite infinie a un signe. Une suite qui passe de 3,58-3{,}58 à +4,30+4{,}30 ne tend ni vers ++\infty, ni vers -\infty, ni vers un réel : elle n'a pas de limite du tout.

5. Résoudre =f()\ell=f(\ell) et déclarer que c'est la limite

toute la question : la conclusion annoncée est fausse

Ce qu'il ne faut pas écrire

« un+1=3un6u_{n+1}=3u_{n}-6, donc =36\ell=3\ell-6, donc =3\ell=3 : la suite converge vers 33. »

Ce qu'il faut écrire

« SI (un)(u_{n}) converge vers \ell, alors par continuité =36\ell=3\ell-6, donc =3\ell=3. Or un3=(u03)×3nu_{n}-3=(u_{0}-3)\times 3^{n}, qui ne tend pas vers 00 dès que u03u_{0}\neq 3 : la suite diverge, et 33 n'était qu'un candidat. »

-2-112345-100-80-60-40-2020406080100point fixe : 3
Le point fixe =3\ell=3 existe bel et bien, et pourtant les deux suites s'en écartent, l'une vers le haut depuis u0=4u_{0}=4, l'autre vers le bas depuis u0=2u_{0}=2. Résoudre =f()\ell=f(\ell) ne démontre aucune convergence.

Pourquoi : L'équation du point fixe est une CONSÉQUENCE de la convergence, jamais sa preuve. Il faut d'abord établir la convergence, par monotonie et bornes, ou par une forme explicite.

6. Encadrer par deux suites qui n'ont pas la même limite

1 point, et le théorème cité est le mauvais

Ce qu'il ne faut pas écrire

« On a 0un20\le u_{n}\le 2, donc d'après le théorème des gendarmes, (un)(u_{n}) converge. »

Ce qu'il faut écrire

« On a 0un20\le u_{n}\le 2, donc (un)(u_{n}) est bornée. Pour conclure par les gendarmes il faut deux suites de MÊME limite : ici 1nun1n-\frac{1}{n}\le u_{n}\le\frac{1}{n} donne limun=0\lim u_{n}=0. »

Pourquoi : Bornée n'implique pas convergente : un=(1)nu_{n}=(-1)^{n} reste entre 1-1 et 11 et n'a aucune limite. Il faut la monotonie en plus, ou un encadrement dont les deux bords se referment sur la même valeur.

7. Conclure à la croissance en regardant les trois premiers termes

1 à 2 points, et l'hypothèse du théorème suivant s'effondre avec

Ce qu'il ne faut pas écrire

« u0=1u_{0}=1, u1=2,24u_{1}=2{,}24, u2=2,73u_{2}=2{,}73 : la suite est croissante. »

Ce qu'il faut écrire

« Étudions le signe de un+1unu_{n+1}-u_{n} » ou « montrons par récurrence que unun+1u_{n}\le u_{n+1} pour tout nn ». Les premiers termes servent à CONJECTURER la monotonie, jamais à la démontrer.

Pourquoi : La monotonie sert d'hypothèse au théorème de convergence monotone. Si elle est seulement observée, tout ce qui en découle tombe. Trois termes ne disent rien du millième.

8. Renvoyer la valeur atteinte au lieu du rang, dans un algorithme de seuil

1 point sur 2, et la réponse numérique est décalée d'un rang

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Tant que u<1000u<1000, faire u1,05uu\leftarrow 1{,}05\,u; renvoyer uu. »

Ce qu'il faut écrire

« n0n\leftarrow 0; tant que u<1000u<1000, faire u1,05uu\leftarrow 1{,}05\,u puis nn+1n\leftarrow n+1; renvoyer nn. »

Pourquoi : Une question de seuil demande le plus petit RANG à partir duquel la suite dépasse la valeur. Incrémenter nn après la mise à jour de uu garantit que le rang renvoyé est bien celui du dépassement, pas celui d'avant.

Quelle méthode choisir

Quelle méthode pour la limite d'une suite

On regarde la FORME sous laquelle la suite est donnée, avant même de savoir de quoi parle l'exercice.

123412345y = f(x)y = xpoint fixe : 3
La branche « un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_{n}) non affine » se lit ici : l'escalier part de u0=1u_{0}=1 et s'accumule sur l'intersection de la courbe et de la droite y=xy=x.
  • Si forme explicite un=f(n)u_{n}=f(n), quotient de polynômes en nn comparer les degrés, ou mettre en facteur la plus haute puissance de nn en haut et en bas

    Exemple : 3n2n5n2+135\frac{3n^{2}-n}{5n^{2}+1}\to\frac{3}{5}

    Le raccourci « rapport des coefficients dominants » ne se rédige pas seul : écrire la mise en facteur rapporte le point de méthode.

  • Si une puissance qnq^{n} apparaît quelque part classer qq dans les quatre cas, en regardant son SIGNE avant sa taille

    Exemple : 0,8n00{,}8^{n}\to 0, 1,2n+1{,}2^{n}\to+\infty, (1,2)n(-1{,}2)^{n} n'a pas de limite

  • Si relation un+1=aun+bu_{n+1}=au_{n}+b avec aa et bb constants point fixe, changement de suite vn=unv_{n}=u_{n}-\ell, forme explicite, puis limite lue sur ana^{n}

    Exemple : un+1=0,8un+60u_{n+1}=0{,}8u_{n}+60 donne un=300+(u0300)×0,8n300u_{n}=300+(u_{0}-300)\times 0{,}8^{n}\to 300

  • Si relation un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_{n}) avec ff non affine récurrence pour les bornes, récurrence ou signe de un+1unu_{n+1}-u_{n} pour la monotonie, convergence monotone, PUIS seulement =f()\ell=f(\ell)

    Exemple : un+1=2un+3u_{n+1}=\sqrt{2u_{n}+3} croissante et majorée par 33, puis 2=2+3\ell^{2}=2\ell+3 donne =3\ell=3

  • Si un facteur borné multiplie une suite qui tend vers 00, ou l'énoncé fournit un encadrement théorème des gendarmes, en écrivant l'encadrement AVANT de passer à la limite

    Exemple : 1nsinnn1n-\frac{1}{n}\le\frac{\sin n}{n}\le\frac{1}{n}, donc la limite vaut 00

  • Si l'énoncé fournit une minoration par une suite qui explose théorème de comparaison, une seule inégalité suffit

    Exemple : unn5u_{n}\ge n-5 donne un+u_{n}\to+\infty

Aucune branche ne s'applique ? C'est en général qu'il n'y a pas d'indétermination du tout : les limites de référence donnent la réponse directement. En Terminale, les croissances comparées ne sont disponibles qu'avec l'exponentielle et le logarithme, jamais entre deux puissances de nn.

Quel théorème pour quel verbe d'énoncé

Les questions de la partie B se ressemblent toutes. Le verbe de la question désigne l'outil, et il n'y en a que cinq.

  • Si l'énoncé dit « démontrer que, pour tout entier nn » récurrence, sauf si une forme explicite est déjà démontrée à la question précédente

    Exemple : montrer que un3u_{n}\le 3 pour tout nn, sur une suite définie par récurrence

  • Si l'énoncé dit « montrer que la suite converge », SANS demander la limite convergence monotone : une monotonie et une borne, chacune démontrée à part

  • Si l'énoncé dit « déterminer la limite », après une question de convergence passage à la limite dans =f()\ell=f(\ell), ou lecture directe sur la forme explicite

    Exemple : =2+3\ell=\sqrt{2\ell+3} donne 223=0\ell^{2}-2\ell-3=0, donc =3\ell=3 (la racine 1-1 est exclue car un0u_{n}\ge 0)

  • Si l'énoncé dit « montrer que unu_{n} tend vers ++\infty » théorème de comparaison, avec une suite plus petite qui tend déjà vers ++\infty

    Exemple : montrer d'abord unnu_{n}\ge n par récurrence, puis conclure

  • Si l'énoncé dit « déterminer le plus petit entier nn tel que » algorithme de seuil, ou inéquation résolue au logarithme quand la forme explicite est géométrique

    Exemple : 0,8n<0,010{,}8^{n}<0{,}01 donne n>ln0,01ln0,820,6n>\frac{\ln 0{,}01}{\ln 0{,}8}\approx 20{,}6, donc n=21n=21

Le mot « conjecturer » n'appelle aucun théorème : il demande la calculatrice et une phrase au conditionnel. C'est la question suivante qui demandera la démonstration, et elle rapporte trois fois plus.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Une démonstration par récurrence, rédigée pour le correcteur

Quand l'utiliser : Dès que l'énoncé dit « démontrer que, pour tout entier nn », et que la suite est définie par une relation de récurrence.

  1. 1 Nommer la propriété : « Pour tout entier n0n\ge 0, notons P(n)P(n) la propriété : un3u_{n}\le 3. » Sans nom, les trois étapes suivantes n'ont pas de sujet.
  2. 2 Initialisation : calculer et comparer explicitement. « u0=1u_{0}=1 et 131\le 3, donc P(0)P(0) est vraie. » Deux nombres écrits, pas un « c'est évident ».
  3. 3 Hérédité, ouverture : « Soit n0n\ge 0 un entier fixé. Supposons P(n)P(n) vraie, c'est-à-dire un3u_{n}\le 3. »
  4. 4 Hérédité, corps : partir de la relation de récurrence, injecter l'hypothèse, aboutir à P(n+1)P(n+1) écrite sous la forme attendue. C'est ici, et seulement ici, que l'hypothèse sert.
  5. 5 Hérédité, fermeture : « donc un+13u_{n+1}\le 3, c'est-à-dire P(n+1)P(n+1). »
  6. 6 Conclusion : « P(0)P(0) est vraie et PP est héréditaire, donc par récurrence P(n)P(n) est vraie pour tout entier n0n\ge 0. »

Phrase de conclusion

P(0)P(0) est vraie et, pour tout entier n0n\ge 0, P(n)P(n) implique P(n+1)P(n+1); d'après le principe de récurrence, P(n)P(n) est vraie pour tout entier n0n\ge 0.

Le piège : Écrire « supposons que P(n)P(n) soit vraie pour tout nn ». Cela suppose ce qu'on veut démontrer. La formulation correcte est « pour un entier nn FIXÉ », et ce mot vaut un point de rigueur.

Barème : En général 0,5 point pour l'initialisation, 2 points pour l'hérédité dont 1 pour l'usage effectif de l'hypothèse, 0,5 point pour la conclusion rédigée.

Étude complète d'une suite définie par un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_{n})

Quand l'utiliser : L'exercice de fin de sujet : quatre ou cinq questions enchaînées sur la même suite, qui se terminent par « déterminer la limite ».

  1. 1 Borner : démontrer par récurrence un encadrement du type 0un30\le u_{n}\le 3. C'est presque toujours la première question, et elle sert à toutes les autres.
  2. 2 Monotoner : étudier le signe de un+1unu_{n+1}-u_{n}, en utilisant l'encadrement précédent. Si le signe n'est pas lisible, faire une seconde récurrence sur unun+1u_{n}\le u_{n+1}.
  3. 3 Conclure à la convergence : « (un)(u_{n}) est croissante et majorée par 33, donc d'après le théorème de convergence monotone elle converge vers un réel \ell. »
  4. 4 Justifier la continuité de ff avant de passer à la limite : « ff est continue sur [0;3][0\,;3] comme composée de fonctions continues. »
  5. 5 Résoudre =f()\ell=f(\ell), puis ÉLIMINER les solutions incompatibles avec l'encadrement démontré à l'étape 1.
  6. 6 Rédiger la conclusion avec la valeur retenue et la raison du rejet de l'autre.

Phrase de conclusion

(un)(u_{n}) converge vers un réel \ell vérifiant =2+3\ell=\sqrt{2\ell+3}, soit 223=0\ell^{2}-2\ell-3=0, donc =3\ell=3 ou =1\ell=-1; comme un0u_{n}\ge 0 pour tout nn, la limite est positive et limun=3\lim u_{n}=3.

Le piège : Oublier d'éliminer la racine négative. L'équation du point fixe a deux solutions dans presque tous les sujets, et le demi-point se gagne en citant l'encadrement de la première question.

Barème : Une question par étape, environ 1 point chacune. L'étape de continuité est celle que les copies sautent le plus souvent.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Suite arithmético-géométrique : une population sous quota, comme au baccalauréat

Une réserve naturelle compte 200200 animaux au 1er janvier de l'année 00. Chaque année, 20%20\,\% de la population quitte la réserve, et 6060 animaux y sont introduits. On note unu_{n} la population au 1er janvier de l'année nn, donc u0=200u_{0}=200 et un+1=0,8un+60u_{n+1}=0{,}8\,u_{n}+60.

1. Calculer u1u_{1} et u2u_{2}. 2. On pose vn=un300v_{n}=u_{n}-300. Montrer que (vn)(v_{n}) est géométrique. 3. En déduire unu_{n} en fonction de nn, puis la limite de (un)(u_{n}). 4. Déterminer le plus petit entier nn tel que un290u_{n}\ge 290.

Étape 1

u1=0,8×200+60=220u_{1}=0{,}8\times 200+60=220 et u2=0,8×220+60=236u_{2}=0{,}8\times 220+60=236.

Pourquoi

Ces deux nombres ne rapportent qu'un demi-point, mais ils servent de contrôle à toutes les questions suivantes : la formule explicite trouvée plus bas devra les redonner exactement.

Étape 2

vn+1=un+1300=0,8un+60300=0,8un240=0,8(un300)=0,8vnv_{n+1}=u_{n+1}-300=0{,}8u_{n}+60-300=0{,}8u_{n}-240=0{,}8\left(u_{n}-300\right)=0{,}8\,v_{n}. Donc (vn)(v_{n}) est géométrique de raison 0,80{,}8, de premier terme v0=200300=100v_{0}=200-300=-100.

Pourquoi

On part de vn+1v_{n+1} et on arrive à vnv_{n}, jamais l'inverse. La factorisation par 0,80{,}8 est l'unique geste de la question : c'est elle qui fait apparaître un300u_{n}-300, donc vnv_{n}.

Étape 3

Donc vn=100×0,8nv_{n}=-100\times 0{,}8^{n}, puis un=vn+300=300100×0,8nu_{n}=v_{n}+300=300-100\times 0{,}8^{n}. Contrôle : u1=30080=220u_{1}=300-80=220 et u2=30064=236u_{2}=300-64=236.

Pourquoi

Le retour à unu_{n} se fait par un=vn+300u_{n}=v_{n}+300, pas vn300v_{n}-300. Les deux valeurs recalculées confirment le signe du premier terme, qui est l'erreur la plus fréquente de la question.

Étape 4

Comme 1<0,8<1-1<0{,}8<1, lim0,8n=0\lim 0{,}8^{n}=0, donc limun=300\lim u_{n}=300.

Pourquoi

La limite se lit sur 0,8n0{,}8^{n}, pas sur la relation de récurrence. Citer l'encadrement 1<0,8<1-1<0{,}8<1 est la justification attendue : c'est l'hypothèse du théorème, pas une décoration.

Étape 5

un290    300100×0,8n290    0,8n0,1    nln0,8ln0,1u_{n}\ge 290\iff 300-100\times 0{,}8^{n}\ge 290\iff 0{,}8^{n}\le 0{,}1\iff n\ln 0{,}8\le\ln 0{,}1. Comme ln0,8<0\ln 0{,}8<0, l'inégalité CHANGE de sens : nln0,1ln0,810,3n\ge\frac{\ln 0{,}1}{\ln 0{,}8}\approx 10{,}3, donc n=11n=11.

Pourquoi

Le changement de sens à la division par ln0,8\ln 0{,}8, qui est négatif, vaut un point à lui seul et se perd dans une copie sur deux. Le repère : diviser par un logarithme de nombre inférieur à 11 retourne toujours l'inégalité.

Étape 6

Vérification : u11=300100×0,811291,4290u_{11}=300-100\times 0{,}8^{11}\approx 291{,}4\ge 290, et u10=300100×0,810289,3<290u_{10}=300-100\times 0{,}8^{10}\approx 289{,}3<290.

Pourquoi

Deux calculs de dix secondes qui prouvent le « plus petit » demandé par l'énoncé. Sans eux, le correcteur ne sait pas si 1111 vient d'un raisonnement ou d'un arrondi heureux.

Conclusion rédigée

La population suit un=300100×0,8nu_{n}=300-100\times 0{,}8^{n}, croît vers une limite de 300300 animaux sans jamais l'atteindre, et dépasse 290290 animaux pour la première fois au 1er janvier de l'année 1111.

L'erreur classique sur cet exercice : Poser vn=300unv_{n}=300-u_{n} au lieu de vn=un300v_{n}=u_{n}-300 parce que « la suite est croissante donc vnv_{n} doit être positif ». Le changement de suite est imposé par l'énoncé; le signe négatif de v0v_{0} est normal et disparaît au retour à unu_{n}.

À savoir par cœur

  • Une récurrence, c'est trois blocs : initialisation calculée, hérédité qui UTILISE l'hypothèse, conclusion rédigée. Il manque toujours le même : l'initialisation.
  • Dans l'hérédité, l'entier nn est FIXÉ. « Supposons vrai pour tout nn » suppose ce qu'on démontre.
  • qnq^{n} : 00 si 1<q<1-1<q<1, ++\infty si q>1q>1, 11 si q=1q=1, PAS DE LIMITE si q1q\le -1. La règle regarde qq, jamais q|q|.
  • Croissante et majorée \Rightarrow converge. Le théorème donne l'existence, jamais la valeur.
  • =f()\ell=f(\ell) n'est vraie que SI la suite converge déjà. C'est un candidat, pas une preuve.
  • Gendarmes : les deux bornes doivent avoir la MÊME limite. Bornée ne veut pas dire convergente.
  • Arithmético-géométrique un+1=aun+bu_{n+1}=au_{n}+b : point fixe =b1a\ell=\frac{b}{1-a}, puis vn=unv_{n}=u_{n}-\ell géométrique de raison aa, puis un=+(u0)anu_{n}=\ell+(u_{0}-\ell)a^{n}.
  • Diviser une inéquation par lnq\ln q avec 0<q<10<q<1 retourne le sens de l'inégalité.

Questions fréquentes

Pourquoi faut-il absolument l'initialisation dans une démonstration par récurrence ?

Parce que l'hérédité prouve seulement que la propriété se transmet d'un rang au suivant, pas qu'elle est vraie quelque part. Une propriété peut être parfaitement héréditaire et fausse à tous les rangs : pour une suite qui augmente de deux à chaque étape, la propriété être pair se transmet, et reste fausse si le premier terme est impair.

Comment savoir vers quoi tend q puissance n ?

Quatre cas, et on regarde le signe de q avant sa taille. Si q est strictement compris entre moins un et un, la limite est zéro. Si q est plus grand que un, la limite est plus l'infini. Si q vaut un, la suite est constante égale à un. Si q est inférieur ou égal à moins un, il n'y a pas de limite du tout : la suite change de signe à chaque rang.

Le théorème de convergence monotone donne-t-il la valeur de la limite ?

Non, jamais. Il garantit seulement qu'une suite croissante et majorée converge, sans dire vers quoi. La limite est toujours inférieure ou égale au majorant, et lui est presque toujours strictement inférieure. Sa valeur s'obtient ensuite, soit par l'équation du point fixe, soit en passant à la limite dans la forme explicite.

Comment étudier une suite définie par une relation du type u suivant égale a fois u plus b ?

On calcule d'abord le point fixe en résolvant l'équation où la limite est égale à a fois elle-même plus b. On pose ensuite la suite auxiliaire égale à u moins ce point fixe : elle est géométrique de raison a. On en déduit sa forme explicite, on revient à u en rajoutant le point fixe, et la limite se lit sur a puissance n.

Peut-on conclure que la limite vaut la solution de l'équation du point fixe ?

Seulement après avoir démontré que la suite converge. L'équation du point fixe est une conséquence de la convergence, pas une preuve. Une suite qui vérifie u suivant égale trois u moins six a bien un point fixe égal à trois, et pourtant elle s'en écarte indéfiniment dès que son premier terme en diffère.

Comment trouver le plus petit rang à partir duquel une suite dépasse un seuil ?

Deux méthodes acceptées. Soit un algorithme : on part du premier terme, on répète la relation de récurrence dans une boucle tant que le seuil n'est pas atteint, et on renvoie le compteur. Soit, si la forme explicite est géométrique, une inéquation résolue avec le logarithme, en pensant à retourner l'inégalité quand on divise par un logarithme négatif.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Suites et récurrence

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 15 exercices corrigés
  • 150 points
  • 225 minutes
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Les chapitres qui le réclament en amont, plus tard dans l'année ou dans les années suivantes.

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