Maths expertes, Terminale • Fiche de révision à Montréal
Fiche de révision : les nombres complexes (maths expertes)
Les nombres complexes ne sont pas difficiles à calculer : les règles sont celles de l'algèbre ordinaire, plus une seule nouveauté, i2=−1. Ce qui coûte des points, ce sont les réflexes de R transportés tels quels : comparer deux complexes, écrire une racine carrée d'un nombre négatif, ou confondre le carré et le module au carré.
Cette fiche liste les erreurs qui reviennent, avec la phrase exacte qui les remet, l'arbre qui dit quelle forme employer selon la question, la lecture géométrique des ensembles de points, la rédaction des démonstrations que le programme demande de savoir refaire, et une équation de degré trois décortiquée de la solution évidente jusqu'au triangle équilatéral. L'option est évaluée en contrôle continu : les exemples sont au niveau des devoirs surveillés.
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Le fil du chapitre
Le module au carré vaut zz, jamais z2, et l'ensemble C n'est pas ordonné. Presque toutes les erreurs du chapitre viennent d'avoir transporté dans C un réflexe qui n'était vrai que dans R.
•Forme ALGÉBRIQUE z=a+ib : c'est celle des additions, des soustractions et des identifications de parties réelle et imaginaire.
•Forme EXPONENTIELLE z=reiθ avec r=∣z∣ et θ un argument : c'est celle des produits, des quotients et des puissances.
•Module : ∣z∣=a2+b2, et surtout zz=∣z∣2. C'est ce PRODUIT, et non z2, qui donne le carré du module.
•Conjugué : z=a−ib, c'est-à-dire le symétrique de M par rapport à l'axe des abscisses.
Pour z=1+i3 : le module est la LONGUEUR OM=2, l'argument est l'ANGLE θ=3π que fait OM avec l'axe des abscisses. Les deux se lisent sur le même dessin.
Pour diviser sous forme algébrique, on multiplie numérateur et dénominateur par le CONJUGUÉ du dénominateur : le dénominateur devient ∣z∣2, donc un réel.
Le produit additionne les angles
•∣zz′∣=∣z∣∣z′∣ : les modules se MULTIPLIENT.
•arg(zz′)=argz+argz′ modulo 2π : les arguments s'ADDITIONNENT. C'est toute la puissance de la forme exponentielle.
•Pour un quotient : les modules se divisent, les arguments se soustraient.
•Formule de Moivre : (reiθ)n=rneinθ, qui est le cas particulier d'un produit de n facteurs égaux.
Le point du produit est plus loin de l'origine, parce que les modules se multiplient, et plus haut, parce que les angles s'ajoutent. Multiplier par un complexe, c'est tourner et dilater.
Le cercle U des nombres de module 1
•U est l'ensemble des complexes de module 1, les eiθ : leurs images forment le cercle de centre O et de rayon 1.
•Il est stable par produit, car ∣uv∣=∣u∣∣v∣=1, et par inverse : pour u∈U, uu=∣u∣2=1, donc u1=u.
•Il n'est PAS stable par somme : 1 et i sont dans U, mais ∣1+i∣=2.
•Développer eiaeib=ei(a+b) redonne les formules de cos(a+b) et de sin(a+b).
u et u1=u sont sur le cercle, symétriques par rapport à l'axe réel. La somme 1+i de deux points du cercle est en dehors : ∣1+i∣=2.
Le second degré dans C : plus de discriminant négatif
•Pour az2+bz+c=0 à coefficients RÉELS avec Δ<0 : les deux solutions sont 2a−b±i−Δ, et elles sont CONJUGUÉES l'une de l'autre.
•On écrit −Δ, avec −Δ>0 : jamais Δ, qui n'a pas de sens pour un réel négatif.
•Un polynôme de degré n admet AU PLUS n racines : c'est ce que dit le programme, et c'est ce qui garantit qu'une fois n racines trouvées, il n'y en a pas d'autre. Que n racines existent toujours n'est pas au programme. La série « Équations polynomiales » travaille la factorisation par z−a et ce théorème.
•Pour zn=a avec a=0, la forme exponentielle en fournit n distinctes, régulièrement réparties sur un cercle : leurs images forment un polygone régulier, et le « au plus n » dit qu'il n'y en a pas d'autre.
Les six solutions de z6=1 : module 1, arguments espacés de 3π, un hexagone régulier. Le polynôme est réel, elles vont par paires conjuguées, symétriques par rapport à l'axe réel.
La notation ne s'emploie JAMAIS sur un nombre complexe ni sur un réel négatif : écrire −4=2i est une faute, car −2i conviendrait tout autant et la fonction ne serait plus définie.
Traduire une écriture en ensemble de points
•∣z−zA∣ est la DISTANCE AM, où A a pour affixe zA et M pour affixe z. Tout part de là.
•∣z−zA∣=r : l'ensemble des points à distance r de A, donc le CERCLE de centre A et de rayon r.
•∣z−zA∣=∣z−zB∣ : l'ensemble des points équidistants de A et B, donc la MÉDIATRICE de [AB].
•arg(z−zA)=θ : une DEMI-DROITE issue de A, privée de A, et non une droite entière.
Une seule barre de module donne un cercle, deux barres égalées donnent une droite. La différence tient à ce que l'on compare : une distance à un nombre, ou deux distances entre elles.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Écrire que le module au carré vaut le carré du nombre
toute la question, avec un résultat qui n'est pas un nombre réel
Ce qu'il ne faut pas écrire
« ∣z∣2=z2, donc pour z=3+4i on a ∣z∣2=−7+24i. »
Ce qu'il faut écrire
« ∣z∣2=zz, donc ∣z∣2=(3+4i)(3−4i)=9+16=25. Le carré z2, lui, vaut −7+24i et n'est même pas réel. »
Pour z=3+4i : z2=−7+24i est un point hors de l'axe réel (rouge), alors que ∣z∣2=zz=25 est un réel positif, sur l'axe (vert).
Pourquoi : Un module est une longueur, donc un RÉEL POSITIF. Un résultat complexe pour un module signale immédiatement la confusion. C'est le produit par le conjugué, et lui seul, qui fait disparaître la partie imaginaire.
2.Comparer deux nombres complexes
1 à 2 points, et un raisonnement entier bâti sur une comparaison impossible
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Comme 2+3i>1+i, on garde la première solution. »
Ce qu'il faut écrire
« L'ensemble C n'est PAS ordonné : écrire z<z′ n'a aucun sens. On peut en revanche comparer leurs MODULES, qui sont des réels : ∣2+3i∣=13>∣1+i∣=2. »
Pourquoi : Aucun ordre compatible avec les opérations n'existe sur C : si i>0, alors i2=−1>0, ce qui est absurde. Seules des quantités réelles issues de z, module ou partie réelle, se comparent.
3.Multiplier les arguments dans un produit
toute la question, et la forme exponentielle perd tout son intérêt
Ce qu'il ne faut pas écrire
« arg(zz′)=argz×argz′. »
Ce qu'il faut écrire
« arg(zz′)=argz+argz′ modulo 2π : les arguments s'ADDITIONNENT, ce sont les modules qui se multiplient. »
i×i=−1 : les arguments 2π et 2π s'ajoutent en π (vert). Les multiplier donnerait 4π2≈2,47, un point qui n'est pas −1 (rouge).
Pourquoi : La forme exponentielle rend la règle évidente : reiθ×r′eiθ′=rr′ei(θ+θ′). Les exposants d'une exponentielle s'ajoutent, comme dans R.
4.Calculer un argument par l'arc tangente sans regarder le quadrant
1 point, et un point placé dans le mauvais quadrant
Ce qu'il ne faut pas écrire
« z=−1−i, donc θ=arctan−1−1=arctan1=4π. »
Ce qu'il faut écrire
« M(−1;−1) est dans le TROISIÈME quadrant, donc son argument vaut 4π−π=−43π. L'arc tangente ne donne qu'une valeur entre −2π et 2π, il faut la corriger. »
−1−i est dans le troisième quadrant : son argument est −43π (vert). L'arc tangente seule donne 4π, l'argument du point opposé 1+i (rouge).
Pourquoi : L'arc tangente perd le signe du dénominateur : −1−1 et 11 donnent le même quotient pour deux points diamétralement opposés. Le dessin tranche en une seconde, le calcul seul jamais.
5.Employer une racine carrée sur un nombre négatif ou complexe
0,5 à 1 point de rigueur, régulièrement compté
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Δ=−12, donc Δ=−12=2i3 et z=2−2±2i3. »
Ce qu'il faut écrire
« On écrit z=2a−b±i−Δ, avec −Δ=12>0 : la racine ne porte que sur un RÉEL POSITIF, et le i est écrit devant. Le résultat, −1±i3, est le même, mais l'écriture est licite. »
Pourquoi : La fonction racine carrée n'est définie que sur les réels positifs : sur C, deux nombres opposés auraient le même carré et le symbole serait ambigu. L'écriture avec i devant lève l'ambiguïté.
6.Prendre un ensemble défini par un module pour une droite
toute la question, et le tracé demandé est faux
Ce qu'il ne faut pas écrire
« ∣z−1−i∣=2 définit une droite. »
Ce qu'il faut écrire
« ∣z−zA∣ est la distance AM : l'égalité AM=2 définit le CERCLE de centre A(1;1) et de rayon 2. C'est l'égalité de DEUX distances, ∣z−zA∣=∣z−zB∣, qui donne une droite, la médiatrice. »
Pourquoi : Tout se lit sur la traduction du module en distance. Une distance égalée à un nombre donne un cercle; deux distances égalées entre elles donnent une médiatrice. Le reste du chapitre en découle.
7.Oublier que les racines d'un trinôme réel sont conjuguées
1 point, et un contrôle qui aurait pris cinq secondes
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Les solutions de z2+2z+4=0 sont −1+i3 et 1−i3. »
Ce qu'il faut écrire
« Les coefficients étant RÉELS, les deux solutions sont CONJUGUÉES : −1+i3 et −1−i3. Leur partie réelle est la même, seule la partie imaginaire change de signe. »
Coefficients réels : les deux racines sont symétriques par rapport à l'axe réel (vert). Le point 1−i3 (rouge) n'est pas le symétrique de −1+i3.
Pourquoi : Si z est racine d'un polynôme à coefficients réels, alors z l'est aussi. Deux racines qui n'ont pas la même partie réelle signalent donc une erreur de signe dans la formule.
8.Développer un carré sans utiliser i2=−1
toute la question, et l'erreur est invisible à la relecture
Ce qu'il ne faut pas écrire
« (2+3i)2=4+12i+9i2=4+12i+9=13+12i. »
Ce qu'il faut écrire
« i2=−1, donc (2+3i)2=4+12i−9=−5+12i. »
Pourquoi : L'identité remarquable s'applique exactement comme dans R; la seule différence est la valeur de i2. C'est la ligne où l'on remplace i2 qu'il faut écrire explicitement, sous peine d'oublier le signe.
9.Résoudre az=b en divisant composante par composante
toute la question, et la vérification l'aurait vu en une ligne
Ce qu'il ne faut pas écrire
« (2−i)z=3+4i, donc z=23+−14i=1,5−4i. »
Ce qu'il faut écrire
« z=2−i3+4i=(2−i)(2+i)(3+4i)(2+i)=52+11i=0,4+2,2i, et (2−i)(0,4+2,2i)=3+4i. »
Pourquoi : Un produit de complexes mélange les parties réelles et imaginaires, donc un quotient aussi. On divise en multipliant par l'inverse, calculé par le conjugué du dénominateur : a1=∣a∣2a.
Quelle méthode choisir
Quelle forme employer selon la question
On regarde l'opération demandée : additions et identifications d'un côté, produits et angles de l'autre.
Si il faut ADDITIONNER ou soustraire des complexes → forme algébrique, en regroupant parties réelles et parties imaginaires
Si il faut identifier une partie réelle ou imaginaire → forme algébrique, obligatoirement
Une expression donnée sous forme exponentielle se ramène par eiθ=cosθ+isinθ.
Si il faut MULTIPLIER, diviser, ou élever à une puissance élevée → forme exponentielle : les modules se multiplient, les arguments s'additionnent
Exemple : (1+i)8=(2eiπ/4)8=16e2iπ=16
Si il faut DIVISER sous forme algébrique → multiplier haut et bas par le CONJUGUÉ du dénominateur, qui devient alors réel
Exemple : 1+i1=21−i
Si il faut résoudre zn=a → forme exponentielle des deux côtés, puis égalité des modules et des arguments MODULO 2π
C'est le modulo qui fait apparaître les n solutions distinctes, pour k de 0 à n−1.
Si il faut interpréter géométriquement → traduire chaque module en DISTANCE et chaque argument en ANGLE, puis reconnaître la figure
Le passage d'une forme à l'autre coûte deux lignes et fait gagner dix minutes : une puissance huitième sous forme algébrique est un calcul d'une demi-page, et une ligne sous forme exponentielle.
Quel ensemble de points selon l'écriture
On traduit d'abord chaque module en distance, puis on lit la condition géométrique correspondante.
Chaque écriture se traduit en distances : une distance égale à r (cercle), deux distances égales (médiatrice), une distance au plus r (disque), un angle (demi-droite, A exclu).
Si ∣z−zA∣=r avec r>0 → cercle de centre A et de rayon r
Exemple : ∣z−1−i∣=2 donne le cercle de centre (1;1) et de rayon 2
Si ∣z−zA∣=∣z−zB∣ → médiatrice du segment [AB]
Si ∣z−zA∣≤r → disque fermé de centre A et de rayon r, bord compris
Si arg(z−zA)=θ modulo 2π → DEMI-droite issue de A, privée de A, faisant l'angle θ avec l'axe des abscisses
Modulo π au lieu de 2π, on obtient la droite entière, toujours privée de A.
Si z est réel → l'axe des abscisses; si z est imaginaire pur, l'axe des ordonnées
Si z−zBz−zA est réel, ou imaginaire pur → alignement de M, A, B dans le premier cas; cercle de diamètre [AB] dans le second
Le point A est toujours EXCLU d'un ensemble défini par un argument, puisque arg0 n'existe pas. C'est un demi-point que les copies laissent presque toujours.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Résoudre une équation du second degré à discriminant négatif
Quand l'utiliser : Question standard du chapitre, souvent la première étape d'une équation de degré trois.
1Identifier a, b et c, et vérifier qu'ils sont RÉELS : c'est la condition d'emploi de la formule.
2Calculer Δ=b2−4ac et constater qu'il est négatif.
3Écrire les solutions sous la forme z=2a−b±i−Δ, avec −Δ positif sous la racine.
4Simplifier, et vérifier que les deux solutions sont bien CONJUGUÉES.
5Contrôler par la somme et le produit des racines : z1+z2=−ab et z1z2=ac.
6Conclure en donnant l'ensemble des solutions.
Phrase de conclusion
Δ=4−16=−12<0, donc l'équation admet deux solutions complexes conjuguées : z1=2−2+i12=−1+i3 et z2=−1−i3.
Le piège : Écrire Δ avec Δ négatif. La racine ne porte que sur −Δ, et le i se place devant : c'est une question d'écriture licite, et elle est notée.
Barème : 0,5 point pour le discriminant, 1 point pour l'écriture correcte des solutions, 0,5 point pour la vérification de la conjugaison.
Passer de la forme algébrique à la forme exponentielle
Quand l'utiliser : Dès qu'une puissance élevée, un produit répété ou une interprétation géométrique est demandé.
1Calculer le module : r=a2+b2, en le laissant sous forme exacte.
2Factoriser par r : z=r(ra+irb), ce qui fait apparaître un cosinus et un sinus.
3Identifier l'angle θ tel que cosθ=ra ET sinθ=rb : les DEUX conditions, pas une seule.
4Placer le point dans le plan pour vérifier le quadrant, ce qui lève l'ambiguïté de l'arc tangente.
5Écrire z=reiθ et vérifier en développant eiθ=cosθ+isinθ.
Phrase de conclusion
∣1+i∣=2 et 1+i=2(22+i22), donc cosθ=sinθ=22 et θ=4π : ainsi 1+i=2eiπ/4.
Le piège : Déterminer θ par le seul cosinus. Deux angles opposés ont le même cosinus : il faut le sinus pour choisir, ou un dessin.
Barème : 0,5 point pour le module, 1 point pour la factorisation, 1 point pour l'angle justifié par les deux lignes trigonométriques.
Démontrer une règle sur le conjugué ou le module
Quand l'utiliser : Le programme demande de savoir refaire : conjugué d'un produit, d'un inverse, d'une puissance ; module d'un produit et d'une puissance.
1Pour un produit, poser z=a+ib et w=c+id, et calculer les DEUX membres sous forme algébrique.
2Pour un module, partir de ∣u∣2=uu avec u=zw, et utiliser zw=zw.
3Regrouper grâce à la commutativité du produit : zwzw=(zz)(ww).
4Passer des carrés aux modules en DISANT que les modules sont des réels positifs.
5Pour une puissance, récurrence : zn+1=zn×z, et la règle du produit fait l'hérédité.
6Pour un inverse, conjuguer ou prendre le module de z×z1=1, puis diviser par un nombre non nul.
Phrase de conclusion
∣zw∣2=zwzw=zzww=∣z∣2∣w∣2, et comme ∣zw∣ et ∣z∣∣w∣ sont des réels positifs, ∣zw∣=∣z∣∣w∣.
Le piège : Vérifier la règle sur un exemple chiffré au lieu de la démontrer : 2+3i et 1−4i illustrent, ils ne prouvent rien pour tous z et w.
Barème : 1 point pour le point de départ z z-barre, 1 point pour le regroupement justifié, 1 point pour la phrase sur la positivité.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Vérifier qu'un module est un réel positif
Un module est une longueur : il ne peut être ni négatif ni complexe. Un résultat comportant un i signale la confusion entre zz et z2.
∣3+4i∣2=25; si le calcul donne −7+24i, c'est le carré du nombre, pas celui du module.
Contrôler les racines par leur somme et leur produit
Pour az2+bz+c=0, la somme des racines vaut −ab et leur produit ac. Deux additions de dix secondes valident toute la résolution.
(−1+i3)+(−1−i3)=−2 et leur produit vaut 1+3=4 : conforme à z2+2z+4.
Placer le point avant d'annoncer un argument
Un croquis rapide dans le plan complexe donne le quadrant, donc le signe et l'intervalle de l'argument. C'est plus rapide et plus sûr qu'une discussion sur l'arc tangente.
Pour −1−i, le point est dans le troisième quadrant : l'argument est proche de −43π, certainement pas de 4π.
Vérifier une forme exponentielle en la redéveloppant
Remplacer eiθ par cosθ+isinθ et multiplier par r doit redonner la forme algébrique de départ.
2eiπ/4=2(22+i22)=1+i : la conversion est validée.
Compter les solutions d'une équation de degré n
Une équation polynomiale de degré n a AU PLUS n solutions. En trouver davantage signale une erreur ; pour zn=a avec a=0, il y en a exactement n, et en trouver moins signale une racine oubliée.
z3=8 doit avoir trois solutions : 2 seule ne suffit pas, il en manque deux, conjuguées l'une de l'autre.
L'exercice type décortiqué
Résoudre z3=8 dans C, comme en devoir surveillé
On cherche toutes les solutions complexes de l'équation z3=8.
1. Vérifier que 2 est solution et factoriser z3−8. 2. Résoudre l'équation du second degré obtenue. 3. Donner la forme exponentielle des trois solutions. 4. Placer leurs images et montrer que le triangle formé est équilatéral.
Au départ, une seule solution est connue, le réel 2, dont l'image est sur l'axe des abscisses : il reste à trouver les autres et à les placer dans le même repère.
Étape 1
23=8 : le nombre 2 est bien solution. On peut donc factoriser par (z−2) : z3−8=(z−2)(z2+2z+4), ce qu'on vérifie en développant.
Pourquoi
Une solution évidente réelle transforme un degré trois en un degré deux, seul cas que le programme sait résoudre directement. Le développement de contrôle prend dix secondes et évite une erreur de coefficient.
Étape 2
z2+2z+4=0 : Δ=22−4×1×4=4−16=−12<0.
Pourquoi
Le discriminant est négatif, ce qui dans R arrêtait le calcul et dans C le poursuit. C'est exactement la nouveauté du chapitre, et il faut le dire.
Étape 3
Les solutions sont z=2−2±i12=2−2±2i3=−1±i3.
Pourquoi
La racine porte sur −Δ=12, un réel positif, et le i est écrit devant. La simplification par 2 se fait sur les DEUX termes du numérateur, ce qui est l'erreur d'étourderie la plus fréquente.
Étape 4
Contrôle : la somme des deux racines vaut −2, conforme à −ab, et leur produit vaut (−1)2+(3)2=1+3=4, conforme à ac.
Pourquoi
Deux contrôles indépendants qui valident à la fois le discriminant et la simplification. Le produit de deux conjugués est le module au carré, ce qui donne un réel : c'est un troisième contrôle gratuit.
Étape 5
Modules : ∣2∣=2 et −1±i3=1+3=2. Les trois solutions ont donc le MÊME module 2, et leurs images sont sur le cercle de centre O et de rayon 2.
Pourquoi
Ce n'est pas un hasard : si z3=8, alors ∣z∣3=8, donc ∣z∣=2 pour toutes les solutions. Le module se déduit de l'équation avant même de la résoudre.
Étape 6
Arguments : 2=2ei×0; pour −1+i3, cosθ=−21 et sinθ=23, donc θ=32π; pour le conjugué, θ=−32π. D'où 2e2iπ/3 et 2e−2iπ/3.
Pourquoi
On donne le cosinus ET le sinus pour fixer l'angle sans ambiguïté. Les trois arguments sont séparés de 32π, ce qui annonce déjà la régularité de la figure.
Étape 7
Longueurs des côtés : entre 2 et −1+i3, la distance vaut −3+i3=9+3=23. Entre les deux racines conjuguées, 2i3=23. Par symétrie, le troisième côté vaut aussi 23.
Pourquoi
Trois longueurs égales suffisent à conclure. La distance entre deux points se calcule par le MODULE de la différence de leurs affixes, ce qui évite tout passage par des coordonnées.
Étape 8
Le triangle est donc ÉQUILATÉRAL, de côté 23≈3,46, inscrit dans le cercle de rayon 2.
Pourquoi
Le résultat se généralise : les n solutions de zn=a forment toujours un polygone régulier à n côtés inscrit dans un cercle. C'est la conséquence géométrique du modulo 2π sur les arguments.
Conclusion rédigée
L'équation z3=8 admet exactement trois solutions, 2, −1+i3 et −1−i3, de même module 2 et d'arguments séparés de 32π; leurs images forment un triangle équilatéral de côté 23 inscrit dans le cercle de rayon 2.
L'erreur classique sur cet exercice : S'arrêter à la solution z=2 en concluant que l'équation est résolue. La factorisation par (z−2) laisse un facteur du second degré, qui dans C a toujours ses solutions : c'est là que se trouvent les deux autres, et le théorème « au plus trois racines » dit ensuite qu'on les a toutes.
À savoir par cœur
•∣z∣2=zz, JAMAIS z2. Un module est un réel positif.
•C n'est pas ordonné : z<z′ n'a aucun sens, seuls les modules se comparent.
•Les modules se MULTIPLIENT, les arguments s'ADDITIONNENT.
•Moivre : (reiθ)n=rneinθ.
•Δ<0 à coefficients réels : z=2a−b±i−Δ, deux racines CONJUGUÉES.
•On n'écrit jamais d'un nombre négatif ni d'un complexe.
•Un argument se détermine par le cosinus ET le sinus, ou par un croquis; l'arc tangente seule ne suffit pas.
•∣z−zA∣=r donne un CERCLE; ∣z−zA∣=∣z−zB∣ donne une MÉDIATRICE.
•Un polynôme de degré n a AU PLUS n racines ; zn=a, avec a=0, en a exactement n, qui forment un polygone régulier.
Questions fréquentes
Pourquoi le module au carré n'est-il pas le carré du nombre ?
Parce que le module est une longueur, donc un réel positif, alors que le carré d'un complexe est en général complexe. Le carré du module s'obtient en multipliant le nombre par son conjugué : les termes imaginaires se compensent et il reste la somme des carrés des deux parties. C'est aussi ce qui rend les dénominateurs réels.
Peut-on comparer deux nombres complexes ?
Non. Aucun ordre compatible avec les opérations n'existe sur les complexes : supposer que i est positif conduit à conclure que moins un l'est aussi, ce qui est absurde. On peut en revanche comparer leurs modules, leurs parties réelles ou leurs parties imaginaires, qui sont des nombres réels.
Comment passer de la forme algébrique à la forme exponentielle ?
On calcule d'abord le module, racine carrée de la somme des carrés des deux parties. On factorise ensuite par ce module, ce qui fait apparaître un cosinus et un sinus. On identifie enfin l'angle qui satisfait les deux à la fois, en s'aidant d'un croquis pour trouver le bon quadrant.
Que devient une équation du second degré à discriminant négatif ?
Elle admet deux solutions complexes conjuguées, données par moins b plus ou moins i fois la racine de l'opposé du discriminant, le tout divisé par deux a. La racine carrée ne porte donc que sur un nombre positif, et le i s'écrit devant elle. Les deux solutions ont la même partie réelle.
Comment reconnaître un cercle et une médiatrice sur une écriture complexe ?
Tout se traduit en distances. Une seule barre de module égalée à un nombre décrit les points situés à distance fixe d'un point : c'est un cercle. Deux barres de module égalées entre elles décrivent les points équidistants de deux points : c'est la médiatrice du segment qu'ils forment.
Pourquoi les solutions de z puissance n égale a forment-elles un polygone régulier ?
Parce qu'elles ont toutes le même module, la racine n-ième de celui de a, et que leurs arguments diffèrent d'un multiple de deux pi sur n. Elles sont donc régulièrement réparties sur un même cercle, à intervalles angulaires égaux, ce qui est exactement la définition d'un polygone régulier.
Passer à la pratique
Exercices corrigés : Les nombres complexes
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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