Spécialité maths, Terminale • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : limites et continuité (Terminale spécialité)
Voici une série d'exercices corrigés de spécialité mathématiques sur les limites et la continuité, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
Elle couvre les limites de suites et de fonctions, les formes indéterminées levées par factorisation et par la quantité conjuguée, les asymptotes horizontales et verticales, les limites de fonctions composées, le théorème des gendarmes, la continuité, le théorème des valeurs intermédiaires et la dichotomie. L'exercice 0.1 ouvre la série par douze limites de fonctions à calculer directement, comme dans les listes des manuels : polynômes et quotients de polynômes en l'infini par factorisation du terme prépondérant, limites à gauche et à droite en une valeur interdite comme x2−4x−5 en 2, forme 00 levée par factorisation, forme ∞−∞ levée par la quantité conjuguée sur 9x2+2x−3x, composées avec une racine et une exponentielle.
À la fin de la série, vous savez calculer la limite d'une suite (exercice 1), trouver une asymptote horizontale ou verticale et distinguer un vrai pôle d'une valeur interdite qui se simplifie (exercices 2 et 3), lever une forme indéterminée (exercice 4), montrer qu'une suite récurrente un+1=2+un converge et trouver sa limite (exercice 8), conclure par le théorème des gendarmes sur nsinn (exercice 10), régler la continuité d'une fonction définie par morceaux et de la partie entière (exercice 12) et compter les solutions de x3−3x=m selon m (exercice 14). L'asymptote oblique de l'exercice 6 est signalée comme approfondissement, et l'exercice 15 borne une croissance bactérienne.
Le théorème des valeurs intermédiaires est traité comme au baccalauréat : existence par le changement de signe, unicité par la stricte monotonie, puis encadrement par dichotomie, programmée en Python à l'exercice 7. Les trois étapes sont exigées séparément par le barème. L'exercice 9 traite les pièges du chapitre : la limite finie en un point où la fonction n'est pas définie, la courbe qui coupe son asymptote, le changement de signe qui ne garantit pas une solution unique et la somme de limites qui donne une forme indéterminée.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Formes indéterminées : 00, ∞∞, ∞−∞ et 0×∞. Il faut transformer l'expression avant de conclure.
•Pour un quotient de polynômes en ±∞, on factorise par le terme de plus haut degré au numérateur et au dénominateur.
•Pour une différence contenant une racine carrée, on multiplie par la quantité conjuguée.
•Asymptote horizontale d'équation y=ℓ si limx→±∞f(x)=ℓ. Asymptote verticale x=a si la limite en a est infinie.
•Approfondissement, hors programme : asymptote oblique y=ax+b si limx→±∞(f(x)−(ax+b))=0. Le signe de cette différence donne la position de la courbe. Le programme ne définit que les asymptotes parallèles aux axes.
•Théorème des valeurs intermédiaires : si f est continue sur [a;b] et si f(a) et f(b) sont de signes contraires, l'équation f(x)=0 admet au moins une solution. Si de plus f est strictement monotone, cette solution est unique.
•Théorème des gendarmes : si vn≤un≤wn et si (vn) et (wn) convergent vers la même limite, alors (un) converge vers cette limite.
Calculs : les limites de fonctions à calculer
Exercice 0.1 : Calculer des limites de fonctions : douze calculs directs
Pour chaque ligne, calculez la limite demandée et donnez sa valeur, exacte ou au millième, ou dites si elle vaut +∞ ou −∞.
Une seule méthode pour les douze lignes : remplacer d'abord, par la pensée, chaque morceau par sa limite. Si les opérations concluent, c'est fini, et pour un quotient du type 0k on étudie le SIGNE du dénominateur du côté demandé. Si l'on tombe sur une forme indéterminée, on la lève par le geste qu'elle appelle : en l'infini, factoriser le terme prépondérant ; en un point, factoriser par x−a ; devant une différence de racines, multiplier par la quantité conjuguée ; devant une somme de deux morceaux infinis, réduire au même dénominateur.
a) limx→−∞(−2x3+5x2−7).
b) limx→+∞1−2x34x3−x+2.
c) limx→−∞x3−4x5x2+1.
d) limx→+∞5−2xx2−3x.
e) limx→1+1−xx+2.
f) limx→2−x2−4x−5.
g) limx→3(x−3)22−x.
h) limx→32x2−5x−3x2−2x−3.
i) limx→+∞(9x2+2x−3x).
j) limx→−∞4−x1−9x.
k) limx→+∞e1−x2x+1.
l) limx→−∞(x+x+21−x2).
Voir la correction
Réponses
a)+∞
b)−24=−2
c)0
d)−∞
e)0−3 : −∞
f)0−−3 : +∞
g)0+−1 : −∞
h)2x+1x+1→74≈0,571
i)9x2+2x+3x2x→31
j)9=3
k)e−2≈0,135
l)x+22x+1→2
Le geste qui décide de tout : écrire la forme obtenue AVANT de calculer. Une forme qui conclut (∞k, 0k avec k=0, ∞×∞) se lit avec la règle des signes ; une forme indéterminée (∞∞, 00, ∞−∞) ne se lit pas, elle se transforme. Quatre lignes ci-dessous sont des pièges de signe, pas de technique.
a)
En −∞, x3→−∞ donc −2x3→+∞, et 5x2→+∞ : la somme tend vers +∞, sans forme indéterminée. La factorisation du terme prépondérant, −2x3(1−2x5+2x37), donne la même conclusion et sert dès que les signes se contrarient. Piège : oublier que le coefficient −2 renverse le signe de x3, et répondre −∞.
b)
Forme ∞∞. On factorise x3 en haut et en bas : x31−24−x21+x32→−24=−2. Piège : lire le terme prépondérant du dénominateur dans l'ordre d'écriture ; c'est −2x3, pas 1.
c)
Forme ∞∞. x3(1−x24)5x2(1+5x21)=x5⋅1−x241+5x21→0×1=0. Le degré du numérateur est inférieur : la limite est nulle, en −∞ comme en +∞.
d)
Forme ∞∞. x(x5−2)x2(1−x3)=x⋅x5−21−x3 : le premier facteur tend vers +∞, le second vers −21. La limite est −∞. Piège : conclure +∞ parce que le degré du haut est supérieur, sans regarder le signe du quotient des termes prépondérants.
e)
Le numérateur tend vers 3 et le dénominateur vers 0. Pour x>1, 1−x<0 : le dénominateur tend vers 0−, donc 0−3 donne −∞. Piège : écrire 03=+∞ sans étudier le signe.
f)
Le numérateur tend vers −3. Pour x<2 proche de 2, x2<4, donc x2−4→0−. Le quotient 0−−3 donne +∞. Deux signes négatifs : on les écrit tous les deux avant de conclure.
g)
Le numérateur tend vers −1 et (x−3)2→0+ des deux côtés, puisqu'un carré est positif. La limite est −∞, à gauche comme à droite : la limite en 3 existe donc, sans étude séparée des côtés.
h)
Forme 00 : 3 est racine des deux trinômes, donc x−3 se factorise en haut et en bas. x2−2x−3=(x−3)(x+1) et 2x2−5x−3=(x−3)(2x+1), d'où 2x+1x+1→74≈0,571. Piège : s'arrêter à 00 et répondre que la limite n'existe pas.
i)
Forme ∞−∞. Quantité conjuguée : 9x2+2x+3x(9x2+2x)−9x2=x(9+x2+3)2x, car x2=x pour x>0. Donc la limite vaut 3+32=31. Piège : répondre 0 en pensant que les deux racines « s'annulent ».
j)
Composition. L'intérieur est un quotient de même degré : 4−x1−9x=−1+x4−9+x1→9. La racine est continue en 9, donc la limite vaut 9=3. Pour x très négatif, 1−9x>0 et 4−x>0 : la racine est bien définie.
k)
Composition. L'exposant 1−x2x+1=x1−12+x1→−2, et l'exponentielle est continue en −2. La limite vaut e−2≈0,135. Piège : répondre 0, comme si l'exposant tendait vers −∞.
l)
Forme −∞+∞ : x→−∞ et x+21−x2→+∞. Même dénominateur : x+2x(x+2)+1−x2=x+22x+1→2. Piège : conclure −∞ en ne regardant que le premier terme.
Contrôle : pour une limite en l'infini, la calculatrice évalue l'expression en x=104 (ou −104) ; pour une limite en a d'un côté, en a+0,001 ou a−0,001. Le nombre obtenu doit être proche de la valeur trouvée, ou très grand avec le bon SIGNE. Un signe contraire signale presque toujours un dénominateur dont on a mal lu le signe.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Limites de suites
Déterminez la limite de chacune des suites suivantes, en justifiant la méthode employée.
a) un=n2+53n2+2n−1
b) vn=n2+32n+1
c) wn=2n2+1n3−n
d) tn=n(−1)n pour n≥1
Voir la correction
Réponses
a)3
b)0
c)+∞
d)0 (gendarmes)
a)
Le quotient présente la forme indéterminée ∞∞, il faut donc lever l'indétermination. La méthode universelle consiste à factoriser haut et bas par le TERME DOMINANT, ici n2 : un=n2(1+n25)n2(3+n2−n21)=1+n253+n2−n21. Tous les termes en n1 et n21 tendent vers 0, donc un tend vers 13=3, le rapport des coefficients dominants.
b)
Le degré du dénominateur dépasse celui du numérateur, ce qui annonce une limite nulle : vn=n2(1+n23)n(2+n1)=n1×1+n232+n1. Le premier facteur tend vers 0 et le second vers 2, donc vn tend vers 0. On a bien pris soin de factoriser par le terme dominant de CHAQUE étage, n en haut et n2 en bas, et non par la même puissance des deux côtés.
c)
Cette fois le numérateur l'emporte : wn=n2(2+n21)n3(1−n21)=n×2+n211−n21. Le second facteur tend vers 21 et n tend vers +∞, donc par produit wn tend vers +∞. Le comportement asymptotique est celui de 2n, ce qu'un calcul numérique confirme : pour n=106, on obtient environ 5×105 ✓.
d)
Ici la méthode du terme dominant ne s'applique pas, car (−1)n n'a AUCUNE limite : il oscille indéfiniment entre −1 et 1. On encadre donc : −1≤(−1)n≤1, d'où en divisant par n>0, ce qui conserve le sens, −n1≤tn≤n1. Les deux bornes tendent vers 0, donc par le théorème des GENDARMES tn tend vers 0.
La question d) mérite une remarque de fond. La suite (tn) n'est ni croissante ni décroissante, ses termes changeant de signe à chaque rang, et pourtant elle converge : la convergence n'exige aucune monotonie. Elle illustre aussi le principe général qui reviendra à l'exercice 10, celui du produit d'une quantité BORNÉE par une quantité qui tend vers zéro. Le résultat tend vers zéro, même si le facteur borné n'a pas de limite, et c'est précisément parce qu'il n'en a pas qu'aucun théorème d'opération ne peut être invoqué.
Exercice 2 : Limites de fonctions à l'infini
Déterminez les limites demandées et déduisez-en les éventuelles asymptotes horizontales.
a) f(x)=2x2+x−45x2−3x+1 en +∞ et en −∞.
b) g(x)=x2+13x+2 en +∞.
c) h(x)=x−1x2+1 en +∞.
d) Précisez, pour chacune de ces trois fonctions, si sa courbe admet une asymptote horizontale.
Voir la correction
Réponses
a)25 en +∞ et en −∞
b)0
c)+∞
d)f : y=25 ; g : y=0 ; h : aucune
a)
Forme indéterminée ∞∞, levée par factorisation par x2 en haut comme en bas : f(x)=x2(2+x1−x24)x2(5−x3+x21)=2+x1−x245−x3+x21. Les termes en x1 tendent vers 0 que x tende vers +∞ OU vers −∞, donc la limite vaut 25=2,5 des deux côtés.
b)
Le dénominateur est de degré supérieur : g(x)=x2(1+x21)x(3+x2)=x1×1+x213+x2, produit d'un facteur qui tend vers 0 et d'un facteur qui tend vers 3 : la limite est 0.
c)
h(x)=x(1−x1)x2(1+x21)=x×1−x11+x21, produit de x qui tend vers +∞ et d'un facteur qui tend vers 1 : la limite est +∞.
d)
La courbe de f admet la droite d'équation y=25 comme asymptote horizontale, en +∞ ET en −∞. Celle de g admet l'axe des abscisses, d'équation y=0. Celle de h n'admet AUCUNE asymptote horizontale, sa limite étant infinie ; elle admettra en revanche une asymptote oblique, notion travaillée à l'exercice 6, car son degré au numérateur dépasse d'exactement une unité celui du dénominateur.
Le raccourci se résume en trois cas, à condition de savoir qu'un raccourci ne remplace jamais une justification rédigée. Quand les degrés du numérateur et du dénominateur sont ÉGAUX, la limite vaut le rapport des coefficients dominants. Quand le degré du BAS l'emporte, la limite est nulle. Quand c'est celui du HAUT, la limite est infinie, et son signe dépend alors du signe des coefficients dominants et du côté par lequel x tend vers l'infini. Cette dernière dépendance est le piège de la question c) transposée en −∞ : la limite y vaudrait −∞ et non +∞, alors qu'en a) les deux limites coïncidaient. La règle est que les degrés IMPAIRS changent de signe avec x, les pairs non.
Exercice 3 : Limites en un point et asymptotes verticales
On considère f(x)=x−32x+1 et g(x)=x−2x2−4.
a) Déterminez la limite de f en 3 par valeurs supérieures, puis par valeurs inférieures.
b) Que peut-on en déduire pour la courbe de f ?
c) Déterminez l'ensemble de définition de g, puis simplifiez son expression.
d) Déterminez la limite de g en 2. La courbe de g admet-elle une asymptote verticale ? Expliquez la différence avec le cas de f.
Voir la correction
Réponses
a)+∞ par valeurs supérieures, −∞ par valeurs inférieures
b)Asymptote verticale x=3
c)R∖{2}, g(x)=x+2
d)Limite 4 : pas d'asymptote, un trou en (2;4)
a)
En 3, le numérateur tend vers 2×3+1=7, une valeur STRICTEMENT POSITIVE, tandis que le dénominateur tend vers 0. Il n'y a donc pas d'indétermination, mais il faut déterminer le SIGNE du dénominateur pour conclure. Pour x>3, on a x−3>0, donc le quotient d'un nombre proche de 7 par un nombre positif très petit tend vers +∞. Pour x<3, on a x−3<0 et le quotient tend vers −∞. La rédaction attendue mentionne explicitement l'étude de signe, sans laquelle la réponse est incomplète.
b)
La droite d'équation x=3 est ASYMPTOTE VERTICALE à la courbe de f. Notez que la courbe la longe des deux côtés mais dans des directions opposées, ce qui est le comportement typique d'un pôle simple.
c)
La fonction g est définie sur R privé de 2, valeur qui annule le dénominateur. Pour x=2, on factorise le numérateur par identité remarquable : g(x)=x−2(x−2)(x+2)=x+2. La simplification est légitime précisément parce que x=2, donc parce que x−2=0 ; c'est cette restriction qui justifie le geste, et elle doit être écrite.
d)
La limite de g en 2 vaut 2+2=4, elle est FINIE. Il n'y a donc aucune asymptote verticale : la courbe de g est la droite d'équation y=x+2 PRIVÉE de son point d'abscisse 2, un simple trou de la taille d'un point. La différence avec f tient à un seul fait : ici le numérateur s'annule LUI AUSSI en 2, et le facteur x−2 se simplifie, alors que dans le cas de f le numérateur valait 7 en 3 et ne compensait rien.
Il faut retenir la dichotomie qui décide de tout, car elle sépare deux situations que les copies confondent systématiquement. Si le dénominateur s'annule et pas le numérateur, on obtient une forme du type 0k avec k=0, qui n'est PAS indéterminée : la limite est infinie et il ne reste qu'à trouver son signe. Il y a asymptote verticale. Si les deux s'annulent, on obtient la forme indéterminée 00, et il faut factoriser pour simplifier ; la limite est alors le plus souvent finie, et il y a un trou et non une asymptote. Un dénominateur nul ne suffit donc jamais à conclure à une asymptote verticale, le numérateur a son mot à dire.
Exercice 4 : Formes indéterminées
Chacune de ces limites conduit d'abord à une forme indéterminée. Précisez laquelle, puis levez l'indétermination.
a) limx→2x2−3x+2x2−4
b) limx→+∞(x2+x−x)
c) limx→0x1+x−1
Voir la correction
Réponses
a)Forme 00, limite 4
b)Forme ∞−∞, limite 21
c)Forme 00, limite 21
a)
Forme indéterminée 00, puisque le numérateur et le dénominateur s'annulent tous deux en 2. Le levier est la FACTORISATION : (x−2)(x−1)(x−2)(x+2)=x−1x+2 pour x=2. La limite vaut alors 2−12+2=14=4. Que 2 soit racine des deux trinômes n'est pas un hasard : c'est exactement ce que signalait la forme 00, et cela garantissait que le facteur x−2 pourrait se simplifier.
b)
Forme indéterminée ∞−∞, la plus trompeuse des quatre car elle donne l'illusion de valoir 0. Le levier est la QUANTITÉ CONJUGUÉE, qui transforme la différence en quotient : x2+x−x=x2+x+x(x2+x−x)(x2+x+x)=x2+x+xx2+x−x2=x2+x+xx. Pour x>0, on factorise par x au dénominateur, en se rappelant que x2=x puisque x est positif : x(1+x1+1)x=1+x1+11, qui tend vers 1+11=21.
c)
Forme indéterminée 00 à nouveau, mais avec une racine : le levier reste la quantité conjuguée. x(1+x+1)(1+x−1)(1+x+1)=x(1+x+1)1+x−1=x(1+x+1)x=1+x+11, qui tend vers 21 quand x tend vers 0.
On remarquera que ce dernier résultat est le nombre DÉRIVÉ de la fonction racine carrée en 1, puisque l'expression de départ est exactement le taux d'accroissement x1+x−1. Et en effet, la dérivée de u vaut 2u1, soit 21 en u=1 ✓. Ce lien vaut d'être connu : beaucoup de limites en 0 de la forme 00 sont en réalité des nombres dérivés déguisés, et les reconnaître donne la réponse sans aucun calcul.
Le tableau des quatre formes indéterminées et de leur levier attitré tient en quatre lignes. La forme ∞∞ appelle la factorisation par le terme dominant. La forme 00 appelle la factorisation, ou la reconnaissance d'un nombre dérivé. La forme ∞−∞ appelle la quantité conjuguée s'il y a une racine, la factorisation par le terme dominant sinon. La forme 0×∞ appelle la réécriture en quotient. Aucune de ces formes n'a de valeur par défaut, et écrire ∞−∞=0 est l'erreur qui coûte le plus cher au baccalauréat.
Exercice 5 : Continuité et valeurs intermédiaires
Soit f la fonction définie sur R par f(x)=x3+x−1.
a) Justifiez que f est continue sur R.
b) Calculez f(0) et f(1). Que peut-on en déduire ?
c) Calculez f′(x) et montrez que f est strictement croissante sur R.
d) Déduisez-en que l'équation f(x)=0 admet une unique solution α, puis donnez un encadrement de α d'amplitude 0,01.
Voir la correction
Réponses
a)Fonction polynôme, donc continue
b)f(0)=−1, f(1)=1 : au moins une solution dans ]0;1[
c)f′(x)=3x2+1>0 : strictement croissante
d)Unique solution, 0,68<α<0,69
a)
f est une fonction POLYNÔME, donc continue sur R. Cette justification d'une ligne suffit, et il faut la donner : le théorème des valeurs intermédiaires ne s'applique qu'à une fonction continue, et omettre l'hypothèse fait perdre le point de rédaction même quand la réponse finale est juste.
b)
f(0)=0+0−1=−1 et f(1)=1+1−1=1. Ces deux valeurs sont de SIGNES CONTRAIRES, et 0 est donc compris entre f(0) et f(1). D'après le théorème des valeurs intermédiaires appliqué à f continue sur [0;1], l'équation f(x)=0 admet AU MOINS une solution dans ]0;1[. Le théorème donne l'existence, jamais l'unicité, et c'est l'objet de la question suivante.
c)
f′(x)=3x2+1. Un carré étant toujours positif ou nul, on a 3x2≥0 donc f′(x)≥1>0 pour tout réel x. La dérivée est strictement positive sur R, donc f est STRICTEMENT CROISSANTE sur R. Remarquez la formulation choisie, qui minore la dérivée par 1 plutôt que de se contenter de dire qu'elle est positive : c'est plus court et plus solide qu'un tableau de signes.
d)
La stricte croissance assure qu'une valeur ne peut être atteinte qu'une seule fois : la solution, notée α, est donc UNIQUE, sur [0;1] comme sur R tout entier. Pour l'encadrer, on évalue à la calculatrice : f(0,68)≈−0,0056 et f(0,69)≈0,0185. La fonction étant croissante et changeant de signe entre ces deux valeurs, on conclut 0,68<α<0,69, encadrement d'amplitude 0,01 comme demandé.
La combinaison des deux théorèmes est le schéma le plus fréquent du baccalauréat, et il se rédige toujours dans le même ordre : continuité, puis changement de signe, ce qui donne l'EXISTENCE ; puis stricte monotonie, ce qui donne l'UNICITÉ ; puis balayage à la calculatrice pour l'encadrement. On appelle parfois ce schéma le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, ou théorème de la bijection. Deux erreurs de rédaction sont sanctionnées à coup sûr : conclure à l'unicité sans avoir établi la monotonie, et donner une valeur approchée de α sans encadrement, alors que la question demande un encadrement.
Partie B : Niveau baccalauréat (/50)
Exercice 6 : Asymptote oblique et position relative
Soit f la fonction définie sur R privé de 2 par f(x)=x−22x2−3x+1.
Approfondissement, au-delà du programme, pour les questions c), d) et e) : le programme de Terminale ne définit que les asymptotes PARALLÈLES AUX AXES, comme celle de la question b) ; l'asymptote oblique figure parmi ses approfondissements possibles. Au baccalauréat, elle n'apparaît que si l'énoncé la définit, et l'on étudie alors, comme ici, la limite et le signe de f(x)−(ax+b).
a) Déterminez trois réels a, b et c tels que f(x)=ax+b+x−2c.
b) Déterminez les limites de f en 2 par valeurs supérieures et inférieures, et concluez sur l'asymptote verticale.
c) Démontrez que la droite D d'équation y=2x+1 est asymptote oblique à la courbe de f en +∞ et en −∞.
d) Étudiez la position de la courbe par rapport à D.
e) La courbe coupe-t-elle son asymptote ?
Voir la correction
Réponses
a)a=2, b=1, c=3
b)+∞ à droite, −∞ à gauche : asymptote x=2
c)f(x)−(2x+1)=x−23→0
d)Au-dessus de D pour x>2, en dessous pour x<2
e)Non
a)
On effectue la division du numérateur par x−2 : 2x2−3x+1=(x−2)(2x+1)+3. On le vérifie en développant, (x−2)(2x+1)=2x2+x−4x−2=2x2−3x−2, à quoi il faut bien ajouter 3 pour retrouver 2x2−3x+1 ✓. En divisant par x−2, on obtient f(x)=2x+1+x−23, donc a=2, b=1 et c=3. Cette écriture est la clé de tout l'exercice : elle sépare une partie AFFINE et un reste qui tend vers zéro.
b)
En 2, la partie affine tend vers 5, une valeur finie, tandis que le terme x−23 explose. Pour x>2, le dénominateur est positif et ce terme tend vers +∞ ; pour x<2, il tend vers −∞. La droite d'équation x=2 est donc asymptote verticale, et la partie affine, bornée au voisinage de 2, ne pèse rien face à cette explosion.
c)
On calcule la différence, qui est le seul geste attendu pour démontrer une asymptote oblique : f(x)−(2x+1)=x−23. Cette quantité tend vers 0 quand x tend vers +∞, et également vers 0 quand x tend vers −∞. Par définition, la droite D d'équation y=2x+1 est donc asymptote OBLIQUE à la courbe de f aux deux extrémités.
d)
Le signe de f(x)−(2x+1)=x−23 est celui de x−2, le numérateur 3 étant positif. Pour x>2 la différence est positive : la courbe est AU-DESSUS de D. Pour x<2 elle est négative : la courbe est EN DESSOUS. La position s'inverse donc de part et d'autre de l'asymptote verticale.
e)
Non. La courbe couperait son asymptote en un point où f(x)−(2x+1)=0, c'est-à-dire où x−23=0. Or une fraction est nulle si et seulement si son NUMÉRATEUR l'est, et celui-ci vaut constamment 3 : l'équation n'a aucune solution, la courbe ne coupe jamais D.
Attention toutefois à ne pas généraliser cette dernière conclusion, qui tient à la forme particulière du reste. Une courbe PEUT parfaitement couper son asymptote, y compris une infinité de fois, comme le montrera le contre-exemple xsinx de l'exercice 9. Une asymptote décrit un comportement à l'infini, pas une barrière infranchissable. Ici c'est le fait que le reste soit une fraction à numérateur constant non nul qui interdit tout croisement, et rien d'autre.
Exercice 7 : Théorème des valeurs intermédiaires et dichotomie
Soit f définie sur [1;3] par f(x)=x3−3x−1.
On donne la fonction Python suivante, qui met en oeuvre la méthode de dichotomie.
python
def dichotomie(a, b, precision):
while b - a > precision:
m = (a + b)/2
if f(a)*f(m) <= 0:
b = m
else:
a = m
return a, b
a) Calculez f(1) et f(2), puis justifiez que l'équation f(x)=0 admet au moins une solution dans ]1;2[.
b) Étudiez les variations de f sur [1;3] et déduisez-en que cette solution α est unique sur [1;3].
c) Expliquez le rôle du test f(a)*f(m) <= 0 dans l'algorithme.
d) Donnez les deux premières étapes de la dichotomie à la main, en partant de a=1 et b=2.
f(1)=1−3−1=−3 et f(2)=8−6−1=1. La fonction est un polynôme donc continue sur [1;2], et les deux valeurs sont de signes contraires : d'après le théorème des valeurs intermédiaires, l'équation f(x)=0 admet au moins une solution dans ]1;2[.
b)
f′(x)=3x2−3=3(x2−1)=3(x−1)(x+1). Sur [1;3], on a x≥1, donc les deux facteurs x−1 et x+1 sont positifs ou nuls et f′(x)≥0, avec annulation au seul point x=1. Une dérivée positive ne s'annulant qu'en un point ISOLÉ suffit à la stricte croissance : f est strictement croissante sur [1;3], et la solution α y est donc unique.
c)
Le test f(a)×f(m)≤0 regarde si f CHANGE DE SIGNE entre a et le milieu m, un produit négatif ou nul signalant deux valeurs de signes contraires. Si c'est le cas, la solution se trouve dans la moitié gauche et on remplace b par m ; sinon elle est dans la moitié droite et on remplace a par m. Dans les deux cas l'INVARIANT est préservé, à savoir que f change de signe entre a et b, donc que α reste dans l'intervalle, et la largeur de celui-ci est divisée par deux à chaque tour.
d)
Étape 1 : m=1,5 et f(1,5)=3,375−4,5−1=−2,125, du même signe que f(1)=−3, donc la racine est à droite et l'on garde [1,5;2]. Étape 2 : m=1,75 et f(1,75)=5,359375−5,25−1=−0,890625, encore négatif, donc l'on garde [1,75;2]. La largeur est passée de 1 à 0,5 puis à 0,25, conformément à la division par deux annoncée.
e)
En poursuivant le balayage : f(1,87)≈−0,0708 et f(1,88)≈0,0047. La fonction étant croissante et changeant de signe, on obtient 1,87<α<1,88.
Un mot sur l'efficacité de la méthode, qui fait souvent l'objet d'une question de fin d'exercice. Après n tours, l'intervalle a pour largeur 2n1 puisqu'il partait de 1. Pour atteindre une amplitude inférieure à 0,01, il faut donc 2n1<0,01, ce qui donne n=7 car 261≈0,0156 est encore trop grand alors que 271≈0,0078 convient. Sept tours suffisent, ce qui montre que la dichotomie converge lentement mais très régulièrement : chaque tour gagne environ un tiers de décimale, et il en faut donc à peu près dix pour gagner trois décimales.
On considère la suite (un) définie par u0=0 et, pour tout entier naturel n, un+1=2+un.
a) Calculez u1, u2 et u3, arrondis au millième.
b) Démontrez par récurrence que, pour tout n, 0≤un≤2.
c) Démontrez que la suite est croissante. On pourra étudier le signe de un+12−un2.
d) Justifiez que la suite converge, puis déterminez sa limite en résolvant l'équation ℓ=2+ℓ.
Voir la correction
Réponses
a)u1≈1,414, u2≈1,848, u3≈1,962
b)0≤un≤2 pour tout n
c)un+12−un2=−(un−2)(un+1)≥0 : croissante
d)Converge vers 2 ; −1 rejeté
a)
u1=2+0=2≈1,414 ; u2=2+2≈3,414≈1,848 ; u3=2+1,848≈3,848≈1,962. Les valeurs croissent en se rapprochant de 2 par en dessous, ce qui suggère déjà les deux propriétés que l'exercice va démontrer, la croissance et la majoration par 2.
b)
INITIALISATION : u0=0 vérifie bien 0≤0≤2. HÉRÉDITÉ : supposons 0≤un≤2 pour un rang n fixé. En ajoutant 2, il vient 2≤2+un≤4. La fonction racine carrée étant CROISSANTE sur les positifs, on peut l'appliquer sans changer le sens : 2≤un+1≤2. Et comme 2>0, on a en particulier 0≤un+1≤2. La propriété est héréditaire, donc vraie pour tout n. Le passage par la croissance de la racine est le point technique à ne pas escamoter, car c'est lui qui autorise à appliquer une fonction aux deux membres d'une inégalité.
c)
On suit l'indication et l'on étudie le signe de un+12−un2=(2+un)−un2=−(un2−un−2)=−(un−2)(un+1), la factorisation venant des racines évidentes 2 et −1 du trinôme. Or l'encadrement de b) donne 0≤un≤2, donc un−2≤0 et un+1≥1>0 : le produit (un−2)(un+1) est négatif, et son opposé positif. Ainsi un+12≥un2, et comme les DEUX termes sont positifs, on peut passer à la racine et conclure un+1≥un : la suite est croissante. La positivité des termes est indispensable ici, car de a2≥b2 on ne peut déduire a≥b que si a et b sont positifs.
d)
La suite est croissante et majorée par 2, donc elle CONVERGE d'après le théorème de la limite monotone, vers une limite ℓ vérifiant 0≤ℓ≤2. Comme un+1=2+un et que la fonction racine est continue, le passage à la limite donne ℓ=2+ℓ, d'où ℓ2=2+ℓ, soit ℓ2−ℓ−2=0, c'est-à-dire (ℓ−2)(ℓ+1)=0. Les deux candidats sont 2 et −1, mais ℓ≥0 élimine −1 : la limite vaut ℓ=2.
L'ordre des étapes est ici plus important que les calculs eux-mêmes, et c'est ce qui distingue une copie complète d'une copie amputée. On ne peut PAS écrire l'équation ℓ=2+ℓ avant d'avoir prouvé que la limite existe : une suite divergente ne vérifie aucune équation de point fixe, et le raisonnement serait circulaire. La démonstration se fait donc toujours dans cet ordre : encadrement par récurrence, monotonie, convergence par le théorème de la limite monotone, et seulement alors identification de la limite par l'équation de point fixe, suivie du tri des candidats par l'encadrement.
Exercice 9 : Quatre pièges sur les limites
Chacune des affirmations suivantes est fausse. Corrigez-la et donnez un contre-exemple.
a) « Si f admet une limite finie en a, alors f est définie en a. »
b) « Une courbe ne coupe jamais son asymptote. »
c) « Si f est continue sur [a;b] et si f(a) et f(b) sont de signes contraires, alors l'équation f(x)=0 a exactement une solution. »
d) « La limite d'une somme est toujours la somme des limites. »
Voir la correction
Réponses
a)Faux : x−2x2−4 a pour limite 4 en 2 sans y être définie
b)Faux : xsinx coupe y=0 une infinité de fois
c)Faux : x3−3x+1=0 a trois solutions sur [−2;2]
d)Faux pour ∞−∞ : (x+1)+(−x)→1
a)
Faux. La fonction g(x)=x−2x2−4 de l'exercice 3 n'est PAS définie en 2, et pourtant sa limite en 2 vaut 4. L'existence d'une limite en a ne dit rien sur la définition en a, et pour cause : la limite ne regarde que ce qui se passe AUTOUR de a, jamais en a. C'est justement la CONTINUITÉ qui exige les deux à la fois, à savoir que f(a) existe, que la limite existe, et qu'elles soient égales. Confondre limite et continuité revient à confondre une tendance et une valeur atteinte.
b)
Faux. La fonction f(x)=xsinx admet l'axe des abscisses pour asymptote horizontale en +∞, puisqu'elle tend vers 0 d'après l'encadrement de l'exercice 10, et pourtant elle le COUPE une infinité de fois, en tous les multiples non nuls de π. Une asymptote décrit un comportement à l'infini, pas une barrière : la courbe peut la traverser autant de fois qu'elle veut, tant qu'elle finit par s'en rapprocher indéfiniment.
c)
Faux. Le théorème des valeurs intermédiaires garantit l'existence d'AU MOINS une solution, jamais l'unicité. Contre-exemple : p(x)=x3−3x+1 sur [−2;2] vérifie p(−2)=−1 et p(2)=3, valeurs de signes contraires, mais l'équation p(x)=0 y admet TROIS solutions, ce que révèlent les changements de signe successifs p(−2)<0, p(−1,5)>0, p(1)<0 et p(2)>0. Pour obtenir l'unicité, il faut ajouter l'hypothèse de STRICTE MONOTONIE, comme aux exercices 5 et 7.
d)
Faux dans le cas ∞−∞. Avec f(x)=x+1 et g(x)=−x, les deux fonctions ont des limites infinies de signes contraires en +∞, mais leur somme vaut CONSTAMMENT 1 et tend donc vers 1. En remplaçant g par −x+7, la même construction donnerait 8, et par −2x elle donnerait −∞ : n'importe quel résultat est atteignable, ce qui est exactement le sens du mot indéterminé.
Le fil commun à ces quatre pièges est qu'un théorème ne vaut jamais plus que ses hypothèses. Le théorème de la somme des limites ne s'applique que si la somme des limites A UN SENS, ce qui exclut ∞−∞. Le théorème des valeurs intermédiaires ne donne que l'existence. L'existence d'une limite ne donne pas la définition au point. Et une asymptote ne donne qu'un comportement asymptotique. En examen, la question « peut-on en déduire » attend presque toujours qu'on identifie l'hypothèse manquante plutôt qu'on applique le théorème.
Exercice 10 : Le théorème des gendarmes
Cet exercice porte sur les limites qui ne s'obtiennent pas par les opérations usuelles, mais par encadrement.
a) Déterminez la limite de un=nsin(n) pour n≥1.
b) Déterminez la limite de vn=nn+cos(n).
c) Déterminez la limite en 0 de f(x)=xsin(x1), définie pour x=0.
d) Pourquoi ne peut-on pas conclure dans ces trois cas en utilisant seulement les limites de produits et de quotients ?
Voir la correction
Réponses
a)0
b)1
c)0
d)Les facteurs oscillants n'ont pas de limite : seul l'encadrement conclut
a)
Pour tout entier n≥1, le sinus est BORNÉ : −1≤sin(n)≤1. En divisant par n>0, ce qui conserve le sens de l'inégalité, on obtient −n1≤un≤n1. Les deux bornes tendent vers 0, donc par le théorème des gendarmes un tend vers 0. La précision n>0 n'est pas superflue : diviser par un négatif aurait renversé l'encadrement.
b)
On sépare d'abord la partie qui a une limite : vn=nn+ncos(n)=1+ncos(n). Le second terme s'encadre comme en a) par −n1 et n1 et tend donc vers 0. Par somme, vn tend vers 1. Notez le geste initial, qui est le bon réflexe : isoler la partie régulière avant d'encadrer la partie oscillante, plutôt que d'encadrer le tout d'un bloc.
c)
Pour x=0, on a sin(x1)≤1, donc en multipliant par ∣x∣≥0 : ∣f(x)∣≤∣x∣, c'est-à-dire −∣x∣≤f(x)≤∣x∣. Les deux bornes tendent vers 0 quand x tend vers 0, donc f(x) tend vers 0. L'encadrement par valeurs absolues est ici plus commode que l'encadrement direct, car le signe de x change de part et d'autre de 0 et renverserait l'inégalité.
d)
Parce que sin(n) et cos(n) n'ont AUCUNE limite quand n tend vers +∞ : ils oscillent indéfiniment entre −1 et 1 sans jamais se stabiliser. De même sin(x1) n'a pas de limite en 0, où il oscille de plus en plus vite. Or aucun théorème d'opération ne s'applique à une expression qui n'a pas de limite : écrire « limite du quotient égale quotient des limites » suppose que les deux limites existent, ce qui n'est pas le cas. Seul l'encadrement permet de conclure, en exploitant le seul fait dont on dispose, à savoir que ces quantités restent BORNÉES.
On retiendra le principe général dont ces trois questions sont des cas particuliers : le produit d'une quantité BORNÉE par une quantité qui tend vers 0 tend vers 0. C'est le seul énoncé du chapitre qui autorise à conclure sans que le premier facteur ait de limite, et c'est ce qui en fait un outil si utile. Une mise en garde toutefois : borné ne signifie pas convergent, et le théorème serait faux avec un facteur simplement borné multiplié par une quantité qui tend vers l'infini, ou par une constante non nulle. Il faut bien que l'un des deux facteurs s'écrase vers zéro.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Limites de fonctions composées
Déterminez chacune des limites suivantes. On décomposera l'expression en une fonction « intérieure » et une fonction « extérieure » dont on connaît les limites.
Le principe : si u(x) tend vers L et si g(X) tend vers M quand X tend vers L, alors g(u(x)) tend vers M.
a) limx→+∞x2+34x2+1
b) limx→0+ex1 et limx→0−ex1
c) limx→+∞sin(2x+1πx)
d) limx→2(x−2)21
e) limx→−∞e−x2+x
Voir la correction
Réponses
a)2
b)+∞ à droite, 0 à gauche
c)1
d)+∞
e)0
a)
Fonction intérieure : u(x)=x2+34x2+1. Degrés égaux, donc u(x) tend vers le rapport des coefficients dominants, 14=4. Fonction extérieure : X tend vers 4=2 quand X tend vers 4. Par composition, la limite vaut 2. Écrire directement « ∞/∞ » ne mène nulle part : on lève d'abord l'indétermination à l'intérieur de la racine.
b)
Quand x→0+, x1→+∞ et eX→+∞ quand X→+∞ : la limite est +∞. Quand x→0−, x1→−∞ et eX→0 quand X→−∞ : la limite est 0. Les deux côtés donnent des résultats DIFFÉRENTS, la fonction n'a donc pas de limite en 0 ; la courbe admet l'asymptote verticale x=0 à droite seulement, et « arrive » à l'origine par la gauche.
c)
Intérieur : 2x+1πx a des degrés égaux, il tend vers 2π. Extérieur : le sinus est continu, sinX tend vers sin2π=1. La limite est 1. La continuité de la fonction extérieure est ce qui autorise à « faire entrer » la limite dans le sinus.
d)
Le dénominateur tend vers 0 et le numérateur vaut 1 : forme 01, pas indéterminée, il reste le signe. Ici (x−2)2>0 pour tout x=2, des DEUX côtés de 2 : la limite est +∞ à gauche comme à droite, et l'on n'a pas à distinguer. C'est la différence avec x−21, qui change de signe en 2.
e)
Intérieur : −x2→−∞ et x→−∞, donc leur somme u(x)=−x2+x tend vers −∞, sans indétermination. Extérieur : eX→0 quand X→−∞. La limite est 0. En +∞, en revanche, on aurait −∞+∞ et il faudrait factoriser par le terme dominant x2. Contrôle : pour x=−5, e−30≈9×10−14 ✓.
La rédaction attendue au bac nomme les deux étapes : « limu(x)=L et limX→Lg(X)=M, donc par composition limg(u(x))=M ». Sans cette phrase, un résultat juste est souvent compté comme une affirmation. Et la limite de la fonction intérieure se calcule toujours en premier, avec tous les outils déjà connus : termes dominants, signe du dénominateur.
Exercice 12 : Continuité d'une fonction définie par morceaux
Une fonction est continue en a lorsqu'elle est définie en a et que limx→af(x)=f(a). Pour une fonction définie par morceaux, on compare les limites à gauche et à droite avec la valeur au point de raccord.
On note E(x) la partie entière de x, c'est-à-dire le plus grand entier inférieur ou égal à x.
a) Soit f définie par f(x)=x2+a si x<1 et f(x)=3x−1 si x≥1. Déterminez le réel a pour que f soit continue en 1.
b) Soit g définie par g(x)=x−3x2−9 si x=3 et g(3)=k. Déterminez k pour que g soit continue en 3.
c) Déterminez la limite à gauche de E en 2 et la valeur E(2). La fonction E est-elle continue en 2 ?
d) La fonction E est-elle continue en 2,5 ?
e) La fonction valeur absolue est-elle continue en 0 ? Est-elle dérivable en 0 ?
Voir la correction
Réponses
a)a=1
b)k=6
c)Limite à gauche 1, E(2)=2 : non continue
d)Oui
e)Continue, non dérivable
a)
À droite de 1 (et en 1), f(x)=3x−1, donc f(1)=2 et la limite à droite vaut 2. À gauche, f(x)=x2+a tend vers 1+a. La continuité exige 1+a=2, soit a=1. Avec a=1, les deux morceaux se raccordent au point (1;2) ; avec toute autre valeur, la courbe présente un saut vertical de hauteur ∣1+a−2∣.
b)
Pour x=3, g(x)=x−3(x−3)(x+3)=x+3, qui tend vers 6 quand x tend vers 3. La continuité en 3 impose g(3)=6, donc k=6. On dit qu'on a PROLONGÉ par continuité la fonction x↦x−3x2−9 : on a bouché le trou de sa courbe.
c)
Pour 1≤x<2, E(x)=1, donc la limite à gauche de E en 2 vaut 1. Mais E(2)=2. La limite à gauche ne coïncide pas avec la valeur : E n'est PAS continue en 2. Sa courbe est un escalier, avec une marche à chaque entier. Le piège est de croire que « E est définie partout » suffit : être définie en un point ne dit rien de la continuité.
d)
Sur l'intervalle [2;3[, qui contient 2,5 en son intérieur, E est constante égale à 2. Autour de 2,5, elle vaut donc 2 des deux côtés et en 2,5 : elle est continue en 2,5. La partie entière n'est discontinue qu'aux entiers.
e)
∣x∣ tend vers 0 quand x tend vers 0, des deux côtés, et ∣0∣=0 : la valeur absolue est CONTINUE en 0. En revanche, le taux d'accroissement h∣h∣ vaut 1 pour h>0 et −1 pour h<0 : il n'a pas de limite, donc la valeur absolue n'est PAS dérivable en 0. Sa courbe a un point anguleux. C'est l'exemple qui montre que la réciproque de « dérivable implique continue » est fausse.
Au bac, la continuité en un point de raccord se rédige toujours avec trois quantités : limite à gauche, limite à droite, valeur au point. Si elles sont égales, la fonction est continue ; sinon, on précise laquelle diffère. Et l'on retient la hiérarchie : dérivable entraîne continue, continue n'entraîne pas dérivable.
Exercice 13 : Nombre de solutions lu sur les variations
Une fonction f est continue sur [−3;5]. On sait qu'elle est strictement décroissante sur [−3;1] avec f(−3)=4 et f(1)=−2, puis strictement croissante sur [1;5] avec f(5)=3.
Pour chaque question, on raisonne intervalle par intervalle avec le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires : sur un intervalle où f est continue et strictement monotone, toute valeur comprise entre les images des bornes est atteinte exactement une fois.
a) Combien l'équation f(x)=0 admet-elle de solutions sur [−3;5] ?
b) Combien l'équation f(x)=3,5 admet-elle de solutions ?
c) Combien l'équation f(x)=−2 admet-elle de solutions ?
d) Combien l'équation f(x)=3 admet-elle de solutions ?
e) Donnez l'ensemble des valeurs prises par f sur [−3;5], puis le nombre de solutions de f(x)=5.
Voir la correction
Réponses
a)2 solutions
b)1 solution
c)1 solution (x=1)
d)2 solutions (dont x=5)
e)[−2;4] ; aucune solution
a)
Sur [−3;1] : f est continue, strictement décroissante, et 0 est compris entre f(1)=−2 et f(−3)=4, donc f(x)=0 a exactement une solution. Sur [1;5] : f est continue, strictement croissante, et 0 est compris entre −2 et 3, donc une solution de plus. Au total, 2 solutions.
b)
Sur [−3;1], 3,5∈[−2;4] : une solution. Sur [1;5], les valeurs prises forment [−2;3], qui ne contient PAS 3,5 : aucune solution. Au total, 1 solution. Le piège est de répondre 2 par symétrie avec a) sans regarder la valeur maximale de chaque branche.
c)
−2 est le minimum de f, atteint en x=1. Sur [−3;1] la solution est x=1 ; sur [1;5] la solution est encore x=1. C'est la MÊME solution, comptée deux fois si l'on n'y prend pas garde : l'équation a 1 solution. Pour éviter le double comptage, on peut découper en [−3;1] et ]1;5].
d)
Sur [−3;1], 3∈[−2;4] : une solution, dans ]−3;1[. Sur [1;5], 3=f(5) : la solution est x=5, qui est bien dans l'intervalle. Au total, 2 solutions. Une valeur atteinte en une borne compte : le théorème porte sur l'intervalle FERMÉ.
e)
Sur [−3;1], f prend toutes les valeurs de [−2;4] ; sur [1;5], toutes celles de [−2;3]. La réunion est [−2;4]. Comme 5∈/[−2;4], l'équation f(x)=5 n'a aucune solution.
Le tableau de variations est l'outil du dénombrement : on écrit, sous chaque flèche, l'intervalle des valeurs prises, et l'on compte dans combien de ces intervalles tombe la valeur visée. Deux précautions suffisent à éviter toutes les erreurs : ne pas compter deux fois une solution située sur une borne commune, et justifier CHAQUE branche par continuité et stricte monotonie, faute de quoi le « exactement une » n'est pas prouvé.
Exercice 14 : Discussion de l'équation x³ − 3x = m
Soit f la fonction définie sur R par f(x)=x3−3x, et m un réel. On cherche, selon la valeur de m, le nombre de solutions de l'équation f(x)=m.
a) Calculez f′(x), étudiez les variations de f et donnez ses extremums locaux.
b) Déterminez les limites de f en −∞ et en +∞.
c) Déterminez le nombre de solutions de f(x)=m pour m=1, pour m=2 et pour m=5.
d) Pour quelles valeurs de m l'équation admet-elle exactement trois solutions ?
e) Pour m=5, on note α l'unique solution. Donnez un encadrement de α d'amplitude 0,01.
Voir la correction
Réponses
a)f′(x)=3(x−1)(x+1) ; maximum local 2 en −1, minimum local −2 en 1
b)−∞ en −∞, +∞ en +∞
c)3 solutions pour m=1, 2 pour m=2, 1 pour m=5
d)m∈]−2;2[
e)2,27<α<2,28
a)
f′(x)=3x2−3=3(x−1)(x+1), positive à l'extérieur des racines, négative entre elles. f est croissante sur ]−∞;−1], décroissante sur [−1;1], croissante sur [1;+∞[. Maximum local f(−1)=−1+3=2, minimum local f(1)=1−3=−2.
b)
En ±∞, forme ∞−∞ : on factorise par le terme dominant, f(x)=x3(1−x23). La parenthèse tend vers 1, donc f tend vers −∞ en −∞ et vers +∞ en +∞.
c)
On lit les valeurs prises sur chaque branche : ]−∞;2] sur ]−∞;−1], [−2;2] sur [−1;1], [−2;+∞[ sur [1;+∞[. Pour m=1 : 1 appartient aux trois intervalles, donc 3 solutions, une par branche. Pour m=2 : 2 est atteint en x=−1 (borne commune aux deux premières branches, UNE seule solution) et une fois sur la troisième branche, donc 2 solutions ; on le vérifie, x3−3x−2=(x+1)2(x−2) a pour racines −1 et 2. Pour m=5 : 5>2 n'est atteint que sur la troisième branche, donc 1 solution.
d)
Il faut que m soit atteint à l'intérieur de chacune des trois branches, sans être égal à un extremum, sinon deux solutions se confondent : −2<m<2. L'ensemble cherché est ]−2;2[. Pour m=−2 ou m=2, deux solutions seulement ; pour ∣m∣>2, une seule.
e)
Sur [1;+∞[, f est continue et strictement croissante. f(2)=2<5 et f(3)=18>5, donc α∈]2;3[. Balayage : f(2,27)≈4,887<5 et f(2,28)≈5,012>5. Donc 2,27<α<2,28.
La discussion selon un paramètre revient à couper la courbe de f par une droite horizontale y=m qu'on fait monter : on compte les points d'intersection, et le nombre ne change qu'au passage des extremums locaux. C'est pourquoi les valeurs critiques de m sont TOUJOURS les ordonnées des extremums, ici −2 et 2, et pourquoi le tableau de variations complété par les limites suffit à répondre sans résoudre une seule équation du troisième degré.
Exercice 15 : Une croissance bactérienne bornée
Dans une boîte de culture, le nombre de bactéries, en millions, est modélisé au bout de t heures par P(t)=1+3e−0,5t12, pour t≥0.
On admet que P est dérivable sur [0;+∞[.
a) Calculez P(0).
b) Montrez que P′(t)=(1+3e−0,5t)218e−0,5t et déduisez-en le sens de variation de P.
c) Déterminez la limite de P en +∞ et interprétez-la. La population peut-elle atteindre 12 millions ?
d) Justifiez qu'il existe un unique instant t0 où la population atteint 10 millions, puis donnez un encadrement de t0 d'amplitude 0,1.
e) Combien l'équation P(t)=2 admet-elle de solutions sur [0;+∞[ ?
Voir la correction
Réponses
a)P(0)=3 millions
b)P′(t)>0 : croissante
c)Limite 12 : jamais atteinte
d)5,4<t0<5,5 (exactement 2ln15)
e)Aucune solution
a)
P(0)=1+3e012=412=3 : la culture commence avec 3 millions de bactéries.
b)
P=v12 avec v(t)=1+3e−0,5t et v′(t)=3×(−0,5)e−0,5t=−1,5e−0,5t. Donc P′(t)=−v(t)212v′(t)=(1+3e−0,5t)218e−0,5t. Une exponentielle est strictement positive et un carré non nul aussi : P′(t)>0, la population est strictement CROISSANTE. Le double signe moins, celui de la formule de (v1)′ et celui de la dérivée de e−0,5t, est l'endroit où les copies se trompent.
c)
Quand t→+∞, −0,5t→−∞ donc e−0,5t→0 par composition ; le dénominateur tend vers 1 et P(t) tend vers 12. La droite y=12 est asymptote horizontale : la population se stabilise vers 12 millions, la capacité maximale de la boîte. Elle ne les atteint jamais : 1+3e−0,5t>1 donne P(t)<12 pour tout t.
d)
P est continue (car dérivable) et strictement croissante sur [0;+∞[, avec P(0)=3<10 et lim+∞P=12>10. D'après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, l'équation P(t)=10 a une unique solution t0. Balayage : P(5,4)≈9,987<10 et P(5,5)≈10,069>10, donc 5,4<t0<5,5. La valeur exacte, obtenue avec le logarithme, est t0=2ln15≈5,42 heures.
e)
P est croissante et P(0)=3 : pour tout t≥0, P(t)≥3>2. L'équation P(t)=2 n'a AUCUNE solution. Le théorème des valeurs intermédiaires ne s'applique pas ici : 2 n'est pas compris entre P(0) et la limite.
Le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires s'utilise aussi sur un intervalle NON BORNÉ : on remplace alors l'image de la borne manquante par la limite en +∞. C'est la situation typique des modèles d'évolution au bac, où la limite joue le rôle d'une valeur jamais atteinte mais qui encadre toutes les autres.
Il manque quelque chose dans cette série ?Un type d'exercice que ton prof donne, un énoncé qui te bloque, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.
L'envoi passe par ton espace gratuit : c'est ce qui me permet de te répondre et de te prévenir quand l'exercice est ajouté. Un courriel suffit, pas de mot de passe. Crée ton espace.
Pas envie de créer un compte ? Écris-moi directement.
Ce chapitre au bac 2025 et 2026
38 exercices des sujets officiels le mobilisent, avec leur corrigé détaillé. Le meilleur entraînement une fois la série faite.
Vous cherchez un tuteur de spécialité maths en Terminale à Montréal ?
Contactez-moi pour une première séance. On travaille sur des exercices calibrés sur le niveau réel des contrôles au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas.