Spécialité maths, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : limites et continuité (Terminale spécialité)

Voici une série d'exercices corrigés de spécialité mathématiques sur les limites et la continuité, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

Elle couvre les limites de suites et de fonctions, les formes indéterminées levées par factorisation et par la quantité conjuguée, les asymptotes horizontales et verticales, les limites de fonctions composées, le théorème des gendarmes, la continuité, le théorème des valeurs intermédiaires et la dichotomie. L'exercice 0.1 ouvre la série par douze limites de fonctions à calculer directement, comme dans les listes des manuels : polynômes et quotients de polynômes en l'infini par factorisation du terme prépondérant, limites à gauche et à droite en une valeur interdite comme x−5x2−4\frac{x-5}{x^{2}-4} en 22, forme 00\frac{0}{0} levée par factorisation, forme ∞−∞\infty-\infty levée par la quantité conjuguée sur 9x2+2x−3x\sqrt{9x^{2}+2x}-3x, composées avec une racine et une exponentielle.

À la fin de la série, vous savez calculer la limite d'une suite (exercice 1), trouver une asymptote horizontale ou verticale et distinguer un vrai pôle d'une valeur interdite qui se simplifie (exercices 2 et 3), lever une forme indéterminée (exercice 4), montrer qu'une suite récurrente un+1=2+unu_{n+1}=\sqrt{2+u_{n}} converge et trouver sa limite (exercice 8), conclure par le théorème des gendarmes sur sin⁡nn\frac{\sin n}{n} (exercice 10), régler la continuité d'une fonction définie par morceaux et de la partie entière (exercice 12) et compter les solutions de x3−3x=mx^{3}-3x=m selon mm (exercice 14). L'asymptote oblique de l'exercice 6 est signalée comme approfondissement, et l'exercice 15 borne une croissance bactérienne.

Le théorème des valeurs intermédiaires est traité comme au baccalauréat : existence par le changement de signe, unicité par la stricte monotonie, puis encadrement par dichotomie, programmée en Python à l'exercice 7. Les trois étapes sont exigées séparément par le barème. L'exercice 9 traite les pièges du chapitre : la limite finie en un point où la fonction n'est pas définie, la courbe qui coupe son asymptote, le changement de signe qui ne garantit pas une solution unique et la somme de limites qui donne une forme indéterminée.

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Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Terminale
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (10 chapitres, les plus proches) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1 Les fonctions linéaires Troisième
  2. 2 Les fonctions affines Troisième
  3. 3 Développer et factoriser Troisième
  4. 4 Équations, équations produit et inéquations Troisième
  5. 5 Algorithmique et Scratch Troisième
  6. 6 Généralités sur les fonctions Seconde
  7. 7 Fonctions affines et systèmes Seconde
  8. 8 Algorithmique et Python Seconde
  9. 9 Les suites numériques Première
  10. 10 La dérivation Première

Rappel de cours

  • • Formes indéterminées : 00\frac{0}{0}, ∞∞\frac{\infty}{\infty}, ∞−∞\infty-\infty et 0×∞0\times\infty. Il faut transformer l'expression avant de conclure.
  • • Pour un quotient de polynômes en ±∞\pm\infty, on factorise par le terme de plus haut degré au numérateur et au dénominateur.
  • • Pour une différence contenant une racine carrée, on multiplie par la quantité conjuguée.
  • • Asymptote horizontale d'équation y=ℓy=\ell si lim⁡x→±∞f(x)=ℓ\lim_{x\to\pm\infty}f(x)=\ell. Asymptote verticale x=ax=a si la limite en aa est infinie.
  • • Approfondissement, hors programme : asymptote oblique y=ax+by=ax+b si lim⁡x→±∞(f(x)−(ax+b))=0\lim_{x\to\pm\infty}(f(x)-(ax+b))=0. Le signe de cette différence donne la position de la courbe. Le programme ne définit que les asymptotes parallèles aux axes.
  • • Théorème des valeurs intermédiaires : si ff est continue sur [a;b][a;b] et si f(a)f(a) et f(b)f(b) sont de signes contraires, l'équation f(x)=0f(x)=0 admet au moins une solution. Si de plus ff est strictement monotone, cette solution est unique.
  • • Théorème des gendarmes : si vn≤un≤wnv_n\leq u_n\leq w_n et si (vn)(v_n) et (wn)(w_n) convergent vers la même limite, alors (un)(u_n) converge vers cette limite.

Calculs : les limites de fonctions à calculer

Exercice 0.1 : Calculer des limites de fonctions : douze calculs directs

Pour chaque ligne, calculez la limite demandée et donnez sa valeur, exacte ou au millième, ou dites si elle vaut +∞+\infty ou −∞-\infty.

Une seule méthode pour les douze lignes : remplacer d'abord, par la pensée, chaque morceau par sa limite. Si les opérations concluent, c'est fini, et pour un quotient du type k0\frac{k}{0} on étudie le SIGNE du dénominateur du côté demandé. Si l'on tombe sur une forme indéterminée, on la lève par le geste qu'elle appelle : en l'infini, factoriser le terme prépondérant ; en un point, factoriser par x−ax-a ; devant une différence de racines, multiplier par la quantité conjuguée ; devant une somme de deux morceaux infinis, réduire au même dénominateur.

  • a) lim⁡x→−∞(−2x3+5x2−7)\lim_{x\to-\infty}\left(-2x^{3}+5x^{2}-7\right).
  • b) lim⁡x→+∞4x3−x+21−2x3\lim_{x\to+\infty}\frac{4x^{3}-x+2}{1-2x^{3}}.
  • c) lim⁡x→−∞5x2+1x3−4x\lim_{x\to-\infty}\frac{5x^{2}+1}{x^{3}-4x}.
  • d) lim⁡x→+∞x2−3x5−2x\lim_{x\to+\infty}\frac{x^{2}-3x}{5-2x}.
  • e) lim⁡x→1+x+21−x\lim_{x\to 1^{+}}\frac{x+2}{1-x}.
  • f) lim⁡x→2−x−5x2−4\lim_{x\to 2^{-}}\frac{x-5}{x^{2}-4}.
  • g) lim⁡x→32−x(x−3)2\lim_{x\to 3}\frac{2-x}{(x-3)^{2}}.
  • h) lim⁡x→3x2−2x−32x2−5x−3\lim_{x\to 3}\frac{x^{2}-2x-3}{2x^{2}-5x-3}.
  • i) lim⁡x→+∞(9x2+2x−3x)\lim_{x\to+\infty}\left(\sqrt{9x^{2}+2x}-3x\right).
  • j) lim⁡x→−∞1−9x4−x\lim_{x\to-\infty}\sqrt{\frac{1-9x}{4-x}}.
  • k) lim⁡x→+∞e2x+11−x\lim_{x\to+\infty}\mathrm{e}^{\frac{2x+1}{1-x}}.
  • l) lim⁡x→−∞(x+1−x2x+2)\lim_{x\to-\infty}\left(x+\frac{1-x^{2}}{x+2}\right).

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a)
b)
c)
d)
e)
f)
g)
h)
i)
j)
k)
l)
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Réponses

  • a) +∞+\infty
  • b) 4−2=−2\frac{4}{-2}=-2
  • c) 00
  • d) −∞-\infty
  • e) 30−\frac{3}{0^{-}} : −∞-\infty
  • f) −30−\frac{-3}{0^{-}} : +∞+\infty
  • g) −10+\frac{-1}{0^{+}} : −∞-\infty
  • h) x+12x+1→47≈0,571\frac{x+1}{2x+1}\to\frac{4}{7}\approx 0{,}571
  • i) 2x9x2+2x+3x→13\frac{2x}{\sqrt{9x^{2}+2x}+3x}\to\frac{1}{3}
  • j) 9=3\sqrt{9}=3
  • k) e−2≈0,135\mathrm{e}^{-2}\approx 0{,}135
  • l) 2x+1x+2→2\frac{2x+1}{x+2}\to 2

Le geste qui décide de tout : écrire la forme obtenue AVANT de calculer. Une forme qui conclut (k∞\frac{k}{\infty}, k0\frac{k}{0} avec k≠0k\neq 0, ∞×∞\infty\times\infty) se lit avec la règle des signes ; une forme indéterminée (∞∞\frac{\infty}{\infty}, 00\frac{0}{0}, ∞−∞\infty-\infty) ne se lit pas, elle se transforme. Quatre lignes ci-dessous sont des pièges de signe, pas de technique.

a)

En −∞-\infty, x3→−∞x^{3}\to-\infty donc −2x3→+∞-2x^{3}\to+\infty, et 5x2→+∞5x^{2}\to+\infty : la somme tend vers +∞+\infty, sans forme indéterminée. La factorisation du terme prépondérant, −2x3(1−52x+72x3)-2x^{3}\left(1-\frac{5}{2x}+\frac{7}{2x^{3}}\right), donne la même conclusion et sert dès que les signes se contrarient. Piège : oublier que le coefficient −2-2 renverse le signe de x3x^{3}, et répondre −∞-\infty.

b)

Forme ∞∞\frac{\infty}{\infty}. On factorise x3x^{3} en haut et en bas : 4−1x2+2x31x3−2→4−2=−2\frac{4-\frac{1}{x^{2}}+\frac{2}{x^{3}}}{\frac{1}{x^{3}}-2}\to\frac{4}{-2}=-2. Piège : lire le terme prépondérant du dénominateur dans l'ordre d'écriture ; c'est −2x3-2x^{3}, pas 11.

c)

Forme ∞∞\frac{\infty}{\infty}. 5x2(1+15x2)x3(1−4x2)=5x⋅1+15x21−4x2→0×1=0\frac{5x^{2}\left(1+\frac{1}{5x^{2}}\right)}{x^{3}\left(1-\frac{4}{x^{2}}\right)}=\frac{5}{x}\cdot\frac{1+\frac{1}{5x^{2}}}{1-\frac{4}{x^{2}}}\to 0\times 1=0. Le degré du numérateur est inférieur : la limite est nulle, en −∞-\infty comme en +∞+\infty.

d)

Forme ∞∞\frac{\infty}{\infty}. x2(1−3x)x(5x−2)=x⋅1−3x5x−2\frac{x^{2}\left(1-\frac{3}{x}\right)}{x\left(\frac{5}{x}-2\right)}=x\cdot\frac{1-\frac{3}{x}}{\frac{5}{x}-2} : le premier facteur tend vers +∞+\infty, le second vers −12-\frac{1}{2}. La limite est −∞-\infty. Piège : conclure +∞+\infty parce que le degré du haut est supérieur, sans regarder le signe du quotient des termes prépondérants.

e)

Le numérateur tend vers 33 et le dénominateur vers 00. Pour x>1x>1, 1−x<01-x<0 : le dénominateur tend vers 0−0^{-}, donc 30−\frac{3}{0^{-}} donne −∞-\infty. Piège : écrire 30=+∞\frac{3}{0}=+\infty sans étudier le signe.

f)

Le numérateur tend vers −3-3. Pour x<2x<2 proche de 22, x2<4x^{2}<4, donc x2−4→0−x^{2}-4\to 0^{-}. Le quotient −30−\frac{-3}{0^{-}} donne +∞+\infty. Deux signes négatifs : on les écrit tous les deux avant de conclure.

g)

Le numérateur tend vers −1-1 et (x−3)2→0+(x-3)^{2}\to 0^{+} des deux côtés, puisqu'un carré est positif. La limite est −∞-\infty, à gauche comme à droite : la limite en 33 existe donc, sans étude séparée des côtés.

h)

Forme 00\frac{0}{0} : 33 est racine des deux trinômes, donc x−3x-3 se factorise en haut et en bas. x2−2x−3=(x−3)(x+1)x^{2}-2x-3=(x-3)(x+1) et 2x2−5x−3=(x−3)(2x+1)2x^{2}-5x-3=(x-3)(2x+1), d'où x+12x+1→47≈0,571\frac{x+1}{2x+1}\to\frac{4}{7}\approx 0{,}571. Piège : s'arrêter à 00\frac{0}{0} et répondre que la limite n'existe pas.

i)

Forme ∞−∞\infty-\infty. Quantité conjuguée : (9x2+2x)−9x29x2+2x+3x=2xx(9+2x+3)\frac{\left(9x^{2}+2x\right)-9x^{2}}{\sqrt{9x^{2}+2x}+3x}=\frac{2x}{x\left(\sqrt{9+\frac{2}{x}}+3\right)}, car x2=x\sqrt{x^{2}}=x pour x>0x>0. Donc la limite vaut 23+3=13\frac{2}{3+3}=\frac{1}{3}. Piège : répondre 00 en pensant que les deux racines « s'annulent ».

j)

Composition. L'intérieur est un quotient de même degré : 1−9x4−x=−9+1x−1+4x→9\frac{1-9x}{4-x}=\frac{-9+\frac{1}{x}}{-1+\frac{4}{x}}\to 9. La racine est continue en 99, donc la limite vaut 9=3\sqrt{9}=3. Pour xx très négatif, 1−9x>01-9x>0 et 4−x>04-x>0 : la racine est bien définie.

k)

Composition. L'exposant 2x+11−x=2+1x1x−1→−2\frac{2x+1}{1-x}=\frac{2+\frac{1}{x}}{\frac{1}{x}-1}\to-2, et l'exponentielle est continue en −2-2. La limite vaut e−2≈0,135\mathrm{e}^{-2}\approx 0{,}135. Piège : répondre 00, comme si l'exposant tendait vers −∞-\infty.

l)

Forme −∞+∞-\infty+\infty : x→−∞x\to-\infty et 1−x2x+2→+∞\frac{1-x^{2}}{x+2}\to+\infty. Même dénominateur : x(x+2)+1−x2x+2=2x+1x+2→2\frac{x(x+2)+1-x^{2}}{x+2}=\frac{2x+1}{x+2}\to 2. Piège : conclure −∞-\infty en ne regardant que le premier terme.

Contrôle : pour une limite en l'infini, la calculatrice évalue l'expression en x=104x=10^{4} (ou −104-10^{4}) ; pour une limite en aa d'un côté, en a+0,001a+0{,}001 ou a−0,001a-0{,}001. Le nombre obtenu doit être proche de la valeur trouvée, ou très grand avec le bon SIGNE. Un signe contraire signale presque toujours un dénominateur dont on a mal lu le signe.

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Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Limites de suites

Déterminez la limite de chacune des suites suivantes, en justifiant la méthode employée.

  • a) un=3n2+2n−1n2+5u_n=\frac{3n^2+2n-1}{n^2+5}
  • b) vn=2n+1n2+3v_n=\frac{2n+1}{n^2+3}
  • c) wn=n3−n2n2+1w_n=\frac{n^3-n}{2n^2+1}
  • d) tn=(−1)nnt_n=\frac{(-1)^n}{n} pour n≥1n\geq 1

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 33
  • b) 00
  • c) +∞+\infty
  • d) 00 (gendarmes)
a)

Le quotient présente la forme indéterminée ∞∞\frac{\infty}{\infty}, il faut donc lever l'indétermination. La méthode universelle consiste à factoriser haut et bas par le TERME DOMINANT, ici n2n^{2} : un=n2(3+2n−1n2)n2(1+5n2)=3+2n−1n21+5n2u_n=\frac{n^{2}\left(3+\frac{2}{n}-\frac{1}{n^{2}}\right)}{n^{2}\left(1+\frac{5}{n^{2}}\right)}=\frac{3+\frac{2}{n}-\frac{1}{n^{2}}}{1+\frac{5}{n^{2}}}. Tous les termes en 1n\frac{1}{n} et 1n2\frac{1}{n^{2}} tendent vers 00, donc unu_n tend vers 31=3\frac{3}{1}=3, le rapport des coefficients dominants.

b)

Le degré du dénominateur dépasse celui du numérateur, ce qui annonce une limite nulle : vn=n(2+1n)n2(1+3n2)=1n×2+1n1+3n2v_n=\frac{n\left(2+\frac{1}{n}\right)}{n^{2}\left(1+\frac{3}{n^{2}}\right)}=\frac{1}{n}\times\frac{2+\frac{1}{n}}{1+\frac{3}{n^{2}}}. Le premier facteur tend vers 00 et le second vers 22, donc vnv_n tend vers 00. On a bien pris soin de factoriser par le terme dominant de CHAQUE étage, nn en haut et n2n^{2} en bas, et non par la même puissance des deux côtés.

c)

Cette fois le numérateur l'emporte : wn=n3(1−1n2)n2(2+1n2)=n×1−1n22+1n2w_n=\frac{n^{3}\left(1-\frac{1}{n^{2}}\right)}{n^{2}\left(2+\frac{1}{n^{2}}\right)}=n\times\frac{1-\frac{1}{n^{2}}}{2+\frac{1}{n^{2}}}. Le second facteur tend vers 12\frac{1}{2} et nn tend vers +∞+\infty, donc par produit wnw_n tend vers +∞+\infty. Le comportement asymptotique est celui de n2\frac{n}{2}, ce qu'un calcul numérique confirme : pour n=106n=10^{6}, on obtient environ 5×1055\times 10^{5} ✓.

d)

Ici la méthode du terme dominant ne s'applique pas, car (−1)n(-1)^{n} n'a AUCUNE limite : il oscille indéfiniment entre −1-1 et 11. On encadre donc : −1≤(−1)n≤1-1\leq(-1)^{n}\leq 1, d'où en divisant par n>0n>0, ce qui conserve le sens, −1n≤tn≤1n-\frac{1}{n}\leq t_n\leq\frac{1}{n}. Les deux bornes tendent vers 00, donc par le théorème des GENDARMES tnt_n tend vers 00.

La question d) mérite une remarque de fond. La suite (tn)(t_n) n'est ni croissante ni décroissante, ses termes changeant de signe à chaque rang, et pourtant elle converge : la convergence n'exige aucune monotonie. Elle illustre aussi le principe général qui reviendra à l'exercice 10, celui du produit d'une quantité BORNÉE par une quantité qui tend vers zéro. Le résultat tend vers zéro, même si le facteur borné n'a pas de limite, et c'est précisément parce qu'il n'en a pas qu'aucun théorème d'opération ne peut être invoqué.

Exercice 2 : Limites de fonctions à l'infini

Déterminez les limites demandées et déduisez-en les éventuelles asymptotes horizontales.

  • a) f(x)=5x2−3x+12x2+x−4f(x)=\frac{5x^2-3x+1}{2x^2+x-4} en +∞+\infty et en −∞-\infty.
  • b) g(x)=3x+2x2+1g(x)=\frac{3x+2}{x^2+1} en +∞+\infty.
  • c) h(x)=x2+1x−1h(x)=\frac{x^2+1}{x-1} en +∞+\infty.
  • d) Précisez, pour chacune de ces trois fonctions, si sa courbe admet une asymptote horizontale.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 52\frac{5}{2} en +∞+\infty et en −∞-\infty
  • b) 00
  • c) +∞+\infty
  • d) ff : y=52y=\frac{5}{2} ; gg : y=0y=0 ; hh : aucune
a)

Forme indéterminée ∞∞\frac{\infty}{\infty}, levée par factorisation par x2x^{2} en haut comme en bas : f(x)=x2(5−3x+1x2)x2(2+1x−4x2)=5−3x+1x22+1x−4x2f(x)=\frac{x^{2}\left(5-\frac{3}{x}+\frac{1}{x^{2}}\right)}{x^{2}\left(2+\frac{1}{x}-\frac{4}{x^{2}}\right)}=\frac{5-\frac{3}{x}+\frac{1}{x^{2}}}{2+\frac{1}{x}-\frac{4}{x^{2}}}. Les termes en 1x\frac{1}{x} tendent vers 00 que xx tende vers +∞+\infty OU vers −∞-\infty, donc la limite vaut 52=2,5\frac{5}{2}=2{,}5 des deux côtés.

b)

Le dénominateur est de degré supérieur : g(x)=x(3+2x)x2(1+1x2)=1x×3+2x1+1x2g(x)=\frac{x\left(3+\frac{2}{x}\right)}{x^{2}\left(1+\frac{1}{x^{2}}\right)}=\frac{1}{x}\times\frac{3+\frac{2}{x}}{1+\frac{1}{x^{2}}}, produit d'un facteur qui tend vers 00 et d'un facteur qui tend vers 33 : la limite est 00.

c)

h(x)=x2(1+1x2)x(1−1x)=x×1+1x21−1xh(x)=\frac{x^{2}\left(1+\frac{1}{x^{2}}\right)}{x\left(1-\frac{1}{x}\right)}=x\times\frac{1+\frac{1}{x^{2}}}{1-\frac{1}{x}}, produit de xx qui tend vers +∞+\infty et d'un facteur qui tend vers 11 : la limite est +∞+\infty.

d)

La courbe de ff admet la droite d'équation y=52y=\frac{5}{2} comme asymptote horizontale, en +∞+\infty ET en −∞-\infty. Celle de gg admet l'axe des abscisses, d'équation y=0y=0. Celle de hh n'admet AUCUNE asymptote horizontale, sa limite étant infinie ; elle admettra en revanche une asymptote oblique, notion travaillée à l'exercice 6, car son degré au numérateur dépasse d'exactement une unité celui du dénominateur.

Le raccourci se résume en trois cas, à condition de savoir qu'un raccourci ne remplace jamais une justification rédigée. Quand les degrés du numérateur et du dénominateur sont ÉGAUX, la limite vaut le rapport des coefficients dominants. Quand le degré du BAS l'emporte, la limite est nulle. Quand c'est celui du HAUT, la limite est infinie, et son signe dépend alors du signe des coefficients dominants et du côté par lequel xx tend vers l'infini. Cette dernière dépendance est le piège de la question c) transposée en −∞-\infty : la limite y vaudrait −∞-\infty et non +∞+\infty, alors qu'en a) les deux limites coïncidaient. La règle est que les degrés IMPAIRS changent de signe avec xx, les pairs non.

Exercice 3 : Limites en un point et asymptotes verticales

On considère f(x)=2x+1x−3f(x)=\frac{2x+1}{x-3} et g(x)=x2−4x−2g(x)=\frac{x^2-4}{x-2}.

  • a) Déterminez la limite de ff en 3 par valeurs supérieures, puis par valeurs inférieures.
  • b) Que peut-on en déduire pour la courbe de ff ?
  • c) Déterminez l'ensemble de définition de gg, puis simplifiez son expression.
  • d) Déterminez la limite de gg en 2. La courbe de gg admet-elle une asymptote verticale ? Expliquez la différence avec le cas de ff.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) +∞+\infty par valeurs supérieures, −∞-\infty par valeurs inférieures
  • b) Asymptote verticale x=3x=3
  • c) R∖{2}\mathbb{R}\setminus\{2\}, g(x)=x+2g(x)=x+2
  • d) Limite 44 : pas d'asymptote, un trou en (2 ;4)(2\,;4)
a)

En 33, le numérateur tend vers 2×3+1=72\times 3+1=7, une valeur STRICTEMENT POSITIVE, tandis que le dénominateur tend vers 00. Il n'y a donc pas d'indétermination, mais il faut déterminer le SIGNE du dénominateur pour conclure. Pour x>3x>3, on a x−3>0x-3>0, donc le quotient d'un nombre proche de 77 par un nombre positif très petit tend vers +∞+\infty. Pour x<3x<3, on a x−3<0x-3<0 et le quotient tend vers −∞-\infty. La rédaction attendue mentionne explicitement l'étude de signe, sans laquelle la réponse est incomplète.

b)

La droite d'équation x=3x=3 est ASYMPTOTE VERTICALE à la courbe de ff. Notez que la courbe la longe des deux côtés mais dans des directions opposées, ce qui est le comportement typique d'un pôle simple.

c)

La fonction gg est définie sur R\mathbb{R} privé de 22, valeur qui annule le dénominateur. Pour x≠2x\neq 2, on factorise le numérateur par identité remarquable : g(x)=(x−2)(x+2)x−2=x+2g(x)=\frac{(x-2)(x+2)}{x-2}=x+2. La simplification est légitime précisément parce que x≠2x\neq 2, donc parce que x−2≠0x-2\neq 0 ; c'est cette restriction qui justifie le geste, et elle doit être écrite.

d)

La limite de gg en 22 vaut 2+2=42+2=4, elle est FINIE. Il n'y a donc aucune asymptote verticale : la courbe de gg est la droite d'équation y=x+2y=x+2 PRIVÉE de son point d'abscisse 22, un simple trou de la taille d'un point. La différence avec ff tient à un seul fait : ici le numérateur s'annule LUI AUSSI en 22, et le facteur x−2x-2 se simplifie, alors que dans le cas de ff le numérateur valait 77 en 33 et ne compensait rien.

Il faut retenir la dichotomie qui décide de tout, car elle sépare deux situations que les copies confondent systématiquement. Si le dénominateur s'annule et pas le numérateur, on obtient une forme du type k0\frac{k}{0} avec k≠0k\neq 0, qui n'est PAS indéterminée : la limite est infinie et il ne reste qu'à trouver son signe. Il y a asymptote verticale. Si les deux s'annulent, on obtient la forme indéterminée 00\frac{0}{0}, et il faut factoriser pour simplifier ; la limite est alors le plus souvent finie, et il y a un trou et non une asymptote. Un dénominateur nul ne suffit donc jamais à conclure à une asymptote verticale, le numérateur a son mot à dire.

−5−4−3−2−112345678910−6−4−224681012CfCgx = 3y = 2(2 ; 4)

Exercice 4 : Formes indéterminées

Chacune de ces limites conduit d'abord à une forme indéterminée. Précisez laquelle, puis levez l'indétermination.

  • a) lim⁡x→2x2−4x2−3x+2\lim_{x\to 2}\frac{x^2-4}{x^2-3x+2}
  • b) lim⁡x→+∞(x2+x−x)\lim_{x\to+\infty}(\sqrt{x^2+x}-x)
  • c) lim⁡x→01+x−1x\lim_{x\to 0}\frac{\sqrt{1+x}-1}{x}

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) Forme 00\frac{0}{0}, limite 44
  • b) Forme ∞−∞\infty-\infty, limite 12\frac{1}{2}
  • c) Forme 00\frac{0}{0}, limite 12\frac{1}{2}
a)

Forme indéterminée 00\frac{0}{0}, puisque le numérateur et le dénominateur s'annulent tous deux en 22. Le levier est la FACTORISATION : (x−2)(x+2)(x−2)(x−1)=x+2x−1\frac{(x-2)(x+2)}{(x-2)(x-1)}=\frac{x+2}{x-1} pour x≠2x\neq 2. La limite vaut alors 2+22−1=41=4\frac{2+2}{2-1}=\frac{4}{1}=4. Que 22 soit racine des deux trinômes n'est pas un hasard : c'est exactement ce que signalait la forme 00\frac{0}{0}, et cela garantissait que le facteur x−2x-2 pourrait se simplifier.

b)

Forme indéterminée ∞−∞\infty-\infty, la plus trompeuse des quatre car elle donne l'illusion de valoir 00. Le levier est la QUANTITÉ CONJUGUÉE, qui transforme la différence en quotient : x2+x−x=(x2+x−x)(x2+x+x)x2+x+x=x2+x−x2x2+x+x=xx2+x+x\sqrt{x^{2}+x}-x=\frac{\left(\sqrt{x^{2}+x}-x\right)\left(\sqrt{x^{2}+x}+x\right)}{\sqrt{x^{2}+x}+x}=\frac{x^{2}+x-x^{2}}{\sqrt{x^{2}+x}+x}=\frac{x}{\sqrt{x^{2}+x}+x}. Pour x>0x>0, on factorise par xx au dénominateur, en se rappelant que x2=x\sqrt{x^{2}}=x puisque xx est positif : xx(1+1x+1)=11+1x+1\frac{x}{x\left(\sqrt{1+\frac{1}{x}}+1\right)}=\frac{1}{\sqrt{1+\frac{1}{x}}+1}, qui tend vers 11+1=12\frac{1}{1+1}=\frac{1}{2}.

c)

Forme indéterminée 00\frac{0}{0} à nouveau, mais avec une racine : le levier reste la quantité conjuguée. (1+x−1)(1+x+1)x(1+x+1)=1+x−1x(1+x+1)=xx(1+x+1)=11+x+1\frac{\left(\sqrt{1+x}-1\right)\left(\sqrt{1+x}+1\right)}{x\left(\sqrt{1+x}+1\right)}=\frac{1+x-1}{x\left(\sqrt{1+x}+1\right)}=\frac{x}{x\left(\sqrt{1+x}+1\right)}=\frac{1}{\sqrt{1+x}+1}, qui tend vers 12\frac{1}{2} quand xx tend vers 00.

On remarquera que ce dernier résultat est le nombre DÉRIVÉ de la fonction racine carrée en 11, puisque l'expression de départ est exactement le taux d'accroissement 1+x−1x\frac{\sqrt{1+x}-\sqrt{1}}{x}. Et en effet, la dérivée de u\sqrt{u} vaut 12u\frac{1}{2\sqrt{u}}, soit 12\frac{1}{2} en u=1u=1 ✓. Ce lien vaut d'être connu : beaucoup de limites en 00 de la forme 00\frac{0}{0} sont en réalité des nombres dérivés déguisés, et les reconnaître donne la réponse sans aucun calcul.

Le tableau des quatre formes indéterminées et de leur levier attitré tient en quatre lignes. La forme ∞∞\frac{\infty}{\infty} appelle la factorisation par le terme dominant. La forme 00\frac{0}{0} appelle la factorisation, ou la reconnaissance d'un nombre dérivé. La forme ∞−∞\infty-\infty appelle la quantité conjuguée s'il y a une racine, la factorisation par le terme dominant sinon. La forme 0×∞0\times\infty appelle la réécriture en quotient. Aucune de ces formes n'a de valeur par défaut, et écrire ∞−∞=0\infty-\infty=0 est l'erreur qui coûte le plus cher au baccalauréat.

Exercice 5 : Continuité et valeurs intermédiaires

Soit ff la fonction définie sur R\mathbb{R} par f(x)=x3+x−1f(x)=x^3+x-1.

  • a) Justifiez que ff est continue sur R\mathbb{R}.
  • b) Calculez f(0)f(0) et f(1)f(1). Que peut-on en déduire ?
  • c) Calculez f′(x)f'(x) et montrez que ff est strictement croissante sur R\mathbb{R}.
  • d) Déduisez-en que l'équation f(x)=0f(x)=0 admet une unique solution α\alpha, puis donnez un encadrement de α\alpha d'amplitude 0,010{,}01.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Fonction polynôme, donc continue
  • b) f(0)=−1f(0)=-1, f(1)=1f(1)=1 : au moins une solution dans ]0;1[]0;1[
  • c) f′(x)=3x2+1>0f'(x)=3x^{2}+1>0 : strictement croissante
  • d) Unique solution, 0,68<α<0,690{,}68<\alpha<0{,}69
a)

ff est une fonction POLYNÔME, donc continue sur R\mathbb{R}. Cette justification d'une ligne suffit, et il faut la donner : le théorème des valeurs intermédiaires ne s'applique qu'à une fonction continue, et omettre l'hypothèse fait perdre le point de rédaction même quand la réponse finale est juste.

b)

f(0)=0+0−1=−1f(0)=0+0-1=-1 et f(1)=1+1−1=1f(1)=1+1-1=1. Ces deux valeurs sont de SIGNES CONTRAIRES, et 00 est donc compris entre f(0)f(0) et f(1)f(1). D'après le théorème des valeurs intermédiaires appliqué à ff continue sur [0;1][0;1], l'équation f(x)=0f(x)=0 admet AU MOINS une solution dans ]0;1[]0;1[. Le théorème donne l'existence, jamais l'unicité, et c'est l'objet de la question suivante.

c)

f′(x)=3x2+1f'(x)=3x^{2}+1. Un carré étant toujours positif ou nul, on a 3x2≥03x^{2}\geq 0 donc f′(x)≥1>0f'(x)\geq 1>0 pour tout réel xx. La dérivée est strictement positive sur R\mathbb{R}, donc ff est STRICTEMENT CROISSANTE sur R\mathbb{R}. Remarquez la formulation choisie, qui minore la dérivée par 11 plutôt que de se contenter de dire qu'elle est positive : c'est plus court et plus solide qu'un tableau de signes.

d)

La stricte croissance assure qu'une valeur ne peut être atteinte qu'une seule fois : la solution, notée α\alpha, est donc UNIQUE, sur [0;1][0;1] comme sur R\mathbb{R} tout entier. Pour l'encadrer, on évalue à la calculatrice : f(0,68)≈−0,0056f(0{,}68)\approx -0{,}0056 et f(0,69)≈0,0185f(0{,}69)\approx 0{,}0185. La fonction étant croissante et changeant de signe entre ces deux valeurs, on conclut 0,68<α<0,690{,}68<\alpha<0{,}69, encadrement d'amplitude 0,010{,}01 comme demandé.

La combinaison des deux théorèmes est le schéma le plus fréquent du baccalauréat, et il se rédige toujours dans le même ordre : continuité, puis changement de signe, ce qui donne l'EXISTENCE ; puis stricte monotonie, ce qui donne l'UNICITÉ ; puis balayage à la calculatrice pour l'encadrement. On appelle parfois ce schéma le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, ou théorème de la bijection. Deux erreurs de rédaction sont sanctionnées à coup sûr : conclure à l'unicité sans avoir établi la monotonie, et donner une valeur approchée de α\alpha sans encadrement, alors que la question demande un encadrement.

Partie B : Niveau baccalauréat (/50)

Exercice 6 : Asymptote oblique et position relative

Soit ff la fonction définie sur R\mathbb{R} privé de 2 par f(x)=2x2−3x+1x−2f(x)=\frac{2x^2-3x+1}{x-2}.

Approfondissement, au-delà du programme, pour les questions c), d) et e) : le programme de Terminale ne définit que les asymptotes PARALLÈLES AUX AXES, comme celle de la question b) ; l'asymptote oblique figure parmi ses approfondissements possibles. Au baccalauréat, elle n'apparaît que si l'énoncé la définit, et l'on étudie alors, comme ici, la limite et le signe de f(x)−(ax+b)f(x)-(ax+b).

  • a) Déterminez trois réels aa, bb et cc tels que f(x)=ax+b+cx−2f(x)=ax+b+\frac{c}{x-2}.
  • b) Déterminez les limites de ff en 2 par valeurs supérieures et inférieures, et concluez sur l'asymptote verticale.
  • c) Démontrez que la droite DD d'équation y=2x+1y=2x+1 est asymptote oblique à la courbe de ff en +∞+\infty et en −∞-\infty.
  • d) Étudiez la position de la courbe par rapport à DD.
  • e) La courbe coupe-t-elle son asymptote ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) a=2a=2, b=1b=1, c=3c=3
  • b) +∞+\infty à droite, −∞-\infty à gauche : asymptote x=2x=2
  • c) f(x)−(2x+1)=3x−2→0f(x)-(2x+1)=\frac{3}{x-2}\to 0
  • d) Au-dessus de DD pour x>2x>2, en dessous pour x<2x<2
  • e) Non
a)

On effectue la division du numérateur par x−2x-2 : 2x2−3x+1=(x−2)(2x+1)+32x^{2}-3x+1=(x-2)(2x+1)+3. On le vérifie en développant, (x−2)(2x+1)=2x2+x−4x−2=2x2−3x−2(x-2)(2x+1)=2x^{2}+x-4x-2=2x^{2}-3x-2, à quoi il faut bien ajouter 33 pour retrouver 2x2−3x+12x^{2}-3x+1 ✓. En divisant par x−2x-2, on obtient f(x)=2x+1+3x−2f(x)=2x+1+\frac{3}{x-2}, donc a=2a=2, b=1b=1 et c=3c=3. Cette écriture est la clé de tout l'exercice : elle sépare une partie AFFINE et un reste qui tend vers zéro.

b)

En 22, la partie affine tend vers 55, une valeur finie, tandis que le terme 3x−2\frac{3}{x-2} explose. Pour x>2x>2, le dénominateur est positif et ce terme tend vers +∞+\infty ; pour x<2x<2, il tend vers −∞-\infty. La droite d'équation x=2x=2 est donc asymptote verticale, et la partie affine, bornée au voisinage de 22, ne pèse rien face à cette explosion.

c)

On calcule la différence, qui est le seul geste attendu pour démontrer une asymptote oblique : f(x)−(2x+1)=3x−2f(x)-(2x+1)=\frac{3}{x-2}. Cette quantité tend vers 00 quand xx tend vers +∞+\infty, et également vers 00 quand xx tend vers −∞-\infty. Par définition, la droite DD d'équation y=2x+1y=2x+1 est donc asymptote OBLIQUE à la courbe de ff aux deux extrémités.

d)

Le signe de f(x)−(2x+1)=3x−2f(x)-(2x+1)=\frac{3}{x-2} est celui de x−2x-2, le numérateur 33 étant positif. Pour x>2x>2 la différence est positive : la courbe est AU-DESSUS de DD. Pour x<2x<2 elle est négative : la courbe est EN DESSOUS. La position s'inverse donc de part et d'autre de l'asymptote verticale.

e)

Non. La courbe couperait son asymptote en un point où f(x)−(2x+1)=0f(x)-(2x+1)=0, c'est-à-dire où 3x−2=0\frac{3}{x-2}=0. Or une fraction est nulle si et seulement si son NUMÉRATEUR l'est, et celui-ci vaut constamment 33 : l'équation n'a aucune solution, la courbe ne coupe jamais DD.

Attention toutefois à ne pas généraliser cette dernière conclusion, qui tient à la forme particulière du reste. Une courbe PEUT parfaitement couper son asymptote, y compris une infinité de fois, comme le montrera le contre-exemple sin⁡xx\frac{\sin x}{x} de l'exercice 9. Une asymptote décrit un comportement à l'infini, pas une barrière infranchissable. Ici c'est le fait que le reste soit une fraction à numérateur constant non nul qui interdit tout croisement, et rien d'autre.

−6−5−4−3−2−112345678−12−8−448121620DCfx = 2

Exercice 7 : Théorème des valeurs intermédiaires et dichotomie

Soit ff définie sur [1;3][1;3] par f(x)=x3−3x−1f(x)=x^3-3x-1.

On donne la fonction Python suivante, qui met en oeuvre la méthode de dichotomie.

python
def dichotomie(a, b, precision):
    while b - a > precision:
        m = (a + b)/2
        if f(a)*f(m) <= 0:
            b = m
        else:
            a = m
    return a, b
  • a) Calculez f(1)f(1) et f(2)f(2), puis justifiez que l'équation f(x)=0f(x)=0 admet au moins une solution dans ]1;2[]1;2[.
  • b) Étudiez les variations de ff sur [1;3][1;3] et déduisez-en que cette solution α\alpha est unique sur [1;3][1;3].
  • c) Expliquez le rôle du test f(a)*f(m) <= 0 dans l'algorithme.
  • d) Donnez les deux premières étapes de la dichotomie à la main, en partant de a=1a=1 et b=2b=2.
  • e) Donnez un encadrement de α\alpha d'amplitude 0,010{,}01.

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a)
b)
c)
d)
Intervalle conservé après l'étape 2 ;
e)
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Réponses

  • a) f(1)=−3f(1)=-3, f(2)=1f(2)=1 : au moins une solution
  • b) f′(x)=3(x−1)(x+1)≥0f'(x)=3(x-1)(x+1)\geq 0 : strictement croissante, α\alpha unique
  • c) Il teste le changement de signe entre aa et mm
  • d) [1,5 ;2][1{,}5\,;2] puis [1,75 ;2][1{,}75\,;2]
  • e) 1,87<α<1,881{,}87<\alpha<1{,}88
a)

f(1)=1−3−1=−3f(1)=1-3-1=-3 et f(2)=8−6−1=1f(2)=8-6-1=1. La fonction est un polynôme donc continue sur [1;2][1;2], et les deux valeurs sont de signes contraires : d'après le théorème des valeurs intermédiaires, l'équation f(x)=0f(x)=0 admet au moins une solution dans ]1;2[]1;2[.

b)

f′(x)=3x2−3=3(x2−1)=3(x−1)(x+1)f'(x)=3x^{2}-3=3(x^{2}-1)=3(x-1)(x+1). Sur [1;3][1;3], on a x≥1x\geq 1, donc les deux facteurs x−1x-1 et x+1x+1 sont positifs ou nuls et f′(x)≥0f'(x)\geq 0, avec annulation au seul point x=1x=1. Une dérivée positive ne s'annulant qu'en un point ISOLÉ suffit à la stricte croissance : ff est strictement croissante sur [1;3][1;3], et la solution α\alpha y est donc unique.

c)

Le test f(a)×f(m)≤0f(a)\times f(m)\leq 0 regarde si ff CHANGE DE SIGNE entre aa et le milieu mm, un produit négatif ou nul signalant deux valeurs de signes contraires. Si c'est le cas, la solution se trouve dans la moitié gauche et on remplace bb par mm ; sinon elle est dans la moitié droite et on remplace aa par mm. Dans les deux cas l'INVARIANT est préservé, à savoir que ff change de signe entre aa et bb, donc que α\alpha reste dans l'intervalle, et la largeur de celui-ci est divisée par deux à chaque tour.

d)

Étape 1 : m=1,5m=1{,}5 et f(1,5)=3,375−4,5−1=−2,125f(1{,}5)=3{,}375-4{,}5-1=-2{,}125, du même signe que f(1)=−3f(1)=-3, donc la racine est à droite et l'on garde [1,5 ; 2][1{,}5\,;\,2]. Étape 2 : m=1,75m=1{,}75 et f(1,75)=5,359375−5,25−1=−0,890625f(1{,}75)=5{,}359375-5{,}25-1=-0{,}890625, encore négatif, donc l'on garde [1,75 ; 2][1{,}75\,;\,2]. La largeur est passée de 11 à 0,50{,}5 puis à 0,250{,}25, conformément à la division par deux annoncée.

e)

En poursuivant le balayage : f(1,87)≈−0,0708f(1{,}87)\approx -0{,}0708 et f(1,88)≈0,0047f(1{,}88)\approx 0{,}0047. La fonction étant croissante et changeant de signe, on obtient 1,87<α<1,881{,}87<\alpha<1{,}88.

Un mot sur l'efficacité de la méthode, qui fait souvent l'objet d'une question de fin d'exercice. Après nn tours, l'intervalle a pour largeur 12n\frac{1}{2^{n}} puisqu'il partait de 11. Pour atteindre une amplitude inférieure à 0,010{,}01, il faut donc 12n<0,01\frac{1}{2^{n}}<0{,}01, ce qui donne n=7n=7 car 126≈0,0156\frac{1}{2^{6}}\approx 0{,}0156 est encore trop grand alors que 127≈0,0078\frac{1}{2^{7}}\approx 0{,}0078 convient. Sept tours suffisent, ce qui montre que la dichotomie converge lentement mais très régulièrement : chaque tour gagne environ un tiers de décimale, et il en faut donc à peu près dix pour gagner trois décimales.

python
def f(x):
    return x**3 - 3*x - 1

# dichotomie(1, 2, 0.01) renvoie environ (1.87, 1.88)
11,21,41,61,82−4−3−2−112f(1) = -3f(2) = 11,51,75

Exercice 8 : Suite récurrente et convergence

On considère la suite (un)(u_n) définie par u0=0u_0=0 et, pour tout entier naturel nn, un+1=2+unu_{n+1}=\sqrt{2+u_n}.

  • a) Calculez u1u_1, u2u_2 et u3u_3, arrondis au millième.
  • b) Démontrez par récurrence que, pour tout nn, 0≤un≤20\leq u_n\leq 2.
  • c) Démontrez que la suite est croissante. On pourra étudier le signe de un+12−un2u_{n+1}^2-u_n^2.
  • d) Justifiez que la suite converge, puis déterminez sa limite en résolvant l'équation ℓ=2+ℓ\ell=\sqrt{2+\ell}.

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a)
c)
d)
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Réponses

  • a) u1≈1,414u_{1}\approx 1{,}414, u2≈1,848u_{2}\approx 1{,}848, u3≈1,962u_{3}\approx 1{,}962
  • b) 0≤un≤20\leq u_{n}\leq 2 pour tout nn
  • c) un+12−un2=−(un−2)(un+1)≥0u_{n+1}^{2}-u_{n}^{2}=-(u_{n}-2)(u_{n}+1)\geq 0 : croissante
  • d) Converge vers 22 ; −1-1 rejeté
a)

u1=2+0=2≈1,414u_1=\sqrt{2+0}=\sqrt{2}\approx 1{,}414 ; u2=2+2≈3,414≈1,848u_2=\sqrt{2+\sqrt{2}}\approx\sqrt{3{,}414}\approx 1{,}848 ; u3=2+1,848≈3,848≈1,962u_3=\sqrt{2+1{,}848}\approx\sqrt{3{,}848}\approx 1{,}962. Les valeurs croissent en se rapprochant de 22 par en dessous, ce qui suggère déjà les deux propriétés que l'exercice va démontrer, la croissance et la majoration par 22.

b)

INITIALISATION : u0=0u_0=0 vérifie bien 0≤0≤20\leq 0\leq 2. HÉRÉDITÉ : supposons 0≤un≤20\leq u_n\leq 2 pour un rang nn fixé. En ajoutant 22, il vient 2≤2+un≤42\leq 2+u_n\leq 4. La fonction racine carrée étant CROISSANTE sur les positifs, on peut l'appliquer sans changer le sens : 2≤un+1≤2\sqrt{2}\leq u_{n+1}\leq 2. Et comme 2>0\sqrt{2}>0, on a en particulier 0≤un+1≤20\leq u_{n+1}\leq 2. La propriété est héréditaire, donc vraie pour tout nn. Le passage par la croissance de la racine est le point technique à ne pas escamoter, car c'est lui qui autorise à appliquer une fonction aux deux membres d'une inégalité.

c)

On suit l'indication et l'on étudie le signe de un+12−un2=(2+un)−un2=−(un2−un−2)=−(un−2)(un+1)u_{n+1}^{2}-u_n^{2}=(2+u_n)-u_n^{2}=-(u_n^{2}-u_n-2)=-(u_n-2)(u_n+1), la factorisation venant des racines évidentes 22 et −1-1 du trinôme. Or l'encadrement de b) donne 0≤un≤20\leq u_n\leq 2, donc un−2≤0u_n-2\leq 0 et un+1≥1>0u_n+1\geq 1>0 : le produit (un−2)(un+1)(u_n-2)(u_n+1) est négatif, et son opposé positif. Ainsi un+12≥un2u_{n+1}^{2}\geq u_n^{2}, et comme les DEUX termes sont positifs, on peut passer à la racine et conclure un+1≥unu_{n+1}\geq u_n : la suite est croissante. La positivité des termes est indispensable ici, car de a2≥b2a^{2}\geq b^{2} on ne peut déduire a≥ba\geq b que si aa et bb sont positifs.

d)

La suite est croissante et majorée par 22, donc elle CONVERGE d'après le théorème de la limite monotone, vers une limite ℓ\ell vérifiant 0≤ℓ≤20\leq\ell\leq 2. Comme un+1=2+unu_{n+1}=\sqrt{2+u_n} et que la fonction racine est continue, le passage à la limite donne ℓ=2+ℓ\ell=\sqrt{2+\ell}, d'où ℓ2=2+ℓ\ell^{2}=2+\ell, soit ℓ2−ℓ−2=0\ell^{2}-\ell-2=0, c'est-à-dire (ℓ−2)(ℓ+1)=0(\ell-2)(\ell+1)=0. Les deux candidats sont 22 et −1-1, mais ℓ≥0\ell\geq 0 élimine −1-1 : la limite vaut ℓ=2\ell=2.

L'ordre des étapes est ici plus important que les calculs eux-mêmes, et c'est ce qui distingue une copie complète d'une copie amputée. On ne peut PAS écrire l'équation ℓ=2+ℓ\ell=\sqrt{2+\ell} avant d'avoir prouvé que la limite existe : une suite divergente ne vérifie aucune équation de point fixe, et le raisonnement serait circulaire. La démonstration se fait donc toujours dans cet ordre : encadrement par récurrence, monotonie, convergence par le théorème de la limite monotone, et seulement alors identification de la limite par l'équation de point fixe, suivie du tri des candidats par l'encadrement.

y = xy = √(2 + x)u₀u₁u₂u₃

Exercice 9 : Quatre pièges sur les limites

Chacune des affirmations suivantes est fausse. Corrigez-la et donnez un contre-exemple.

  • a) « Si ff admet une limite finie en aa, alors ff est définie en aa. »
  • b) « Une courbe ne coupe jamais son asymptote. »
  • c) « Si ff est continue sur [a;b][a;b] et si f(a)f(a) et f(b)f(b) sont de signes contraires, alors l'équation f(x)=0f(x)=0 a exactement une solution. »
  • d) « La limite d'une somme est toujours la somme des limites. »

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Faux : x2−4x−2\frac{x^{2}-4}{x-2} a pour limite 44 en 22 sans y être définie
  • b) Faux : sin⁡xx\frac{\sin x}{x} coupe y=0y=0 une infinité de fois
  • c) Faux : x3−3x+1=0x^{3}-3x+1=0 a trois solutions sur [−2;2][-2;2]
  • d) Faux pour ∞−∞\infty-\infty : (x+1)+(−x)→1(x+1)+(-x)\to 1
a)

Faux. La fonction g(x)=x2−4x−2g(x)=\frac{x^{2}-4}{x-2} de l'exercice 3 n'est PAS définie en 22, et pourtant sa limite en 22 vaut 44. L'existence d'une limite en aa ne dit rien sur la définition en aa, et pour cause : la limite ne regarde que ce qui se passe AUTOUR de aa, jamais en aa. C'est justement la CONTINUITÉ qui exige les deux à la fois, à savoir que f(a)f(a) existe, que la limite existe, et qu'elles soient égales. Confondre limite et continuité revient à confondre une tendance et une valeur atteinte.

b)

Faux. La fonction f(x)=sin⁡xxf(x)=\frac{\sin x}{x} admet l'axe des abscisses pour asymptote horizontale en +∞+\infty, puisqu'elle tend vers 00 d'après l'encadrement de l'exercice 10, et pourtant elle le COUPE une infinité de fois, en tous les multiples non nuls de π\pi. Une asymptote décrit un comportement à l'infini, pas une barrière : la courbe peut la traverser autant de fois qu'elle veut, tant qu'elle finit par s'en rapprocher indéfiniment.

c)

Faux. Le théorème des valeurs intermédiaires garantit l'existence d'AU MOINS une solution, jamais l'unicité. Contre-exemple : p(x)=x3−3x+1p(x)=x^{3}-3x+1 sur [−2;2][-2;2] vérifie p(−2)=−1p(-2)=-1 et p(2)=3p(2)=3, valeurs de signes contraires, mais l'équation p(x)=0p(x)=0 y admet TROIS solutions, ce que révèlent les changements de signe successifs p(−2)<0p(-2)<0, p(−1,5)>0p(-1{,}5)>0, p(1)<0p(1)<0 et p(2)>0p(2)>0. Pour obtenir l'unicité, il faut ajouter l'hypothèse de STRICTE MONOTONIE, comme aux exercices 5 et 7.

d)

Faux dans le cas ∞−∞\infty-\infty. Avec f(x)=x+1f(x)=x+1 et g(x)=−xg(x)=-x, les deux fonctions ont des limites infinies de signes contraires en +∞+\infty, mais leur somme vaut CONSTAMMENT 11 et tend donc vers 11. En remplaçant gg par −x+7-x+7, la même construction donnerait 88, et par −2x-2x elle donnerait −∞-\infty : n'importe quel résultat est atteignable, ce qui est exactement le sens du mot indéterminé.

Le fil commun à ces quatre pièges est qu'un théorème ne vaut jamais plus que ses hypothèses. Le théorème de la somme des limites ne s'applique que si la somme des limites A UN SENS, ce qui exclut ∞−∞\infty-\infty. Le théorème des valeurs intermédiaires ne donne que l'existence. L'existence d'une limite ne donne pas la définition au point. Et une asymptote ne donne qu'un comportement asymptotique. En examen, la question « peut-on en déduire » attend presque toujours qu'on identifie l'hypothèse manquante plutôt qu'on applique le théorème.

Exercice 10 : Le théorème des gendarmes

Cet exercice porte sur les limites qui ne s'obtiennent pas par les opérations usuelles, mais par encadrement.

  • a) Déterminez la limite de un=sin⁡(n)nu_n=\frac{\sin(n)}{n} pour n≥1n\geq 1.
  • b) Déterminez la limite de vn=n+cos⁡(n)nv_n=\frac{n+\cos(n)}{n}.
  • c) Déterminez la limite en 0 de f(x)=xsin⁡(1x)f(x)=x\sin\left(\frac{1}{x}\right), définie pour x≠0x\neq 0.
  • d) Pourquoi ne peut-on pas conclure dans ces trois cas en utilisant seulement les limites de produits et de quotients ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 00
  • b) 11
  • c) 00
  • d) Les facteurs oscillants n'ont pas de limite : seul l'encadrement conclut
a)

Pour tout entier n≥1n\geq 1, le sinus est BORNÉ : −1≤sin⁡(n)≤1-1\leq\sin(n)\leq 1. En divisant par n>0n>0, ce qui conserve le sens de l'inégalité, on obtient −1n≤un≤1n-\frac{1}{n}\leq u_n\leq\frac{1}{n}. Les deux bornes tendent vers 00, donc par le théorème des gendarmes unu_n tend vers 00. La précision n>0n>0 n'est pas superflue : diviser par un négatif aurait renversé l'encadrement.

b)

On sépare d'abord la partie qui a une limite : vn=nn+cos⁡(n)n=1+cos⁡(n)nv_n=\frac{n}{n}+\frac{\cos(n)}{n}=1+\frac{\cos(n)}{n}. Le second terme s'encadre comme en a) par −1n-\frac{1}{n} et 1n\frac{1}{n} et tend donc vers 00. Par somme, vnv_n tend vers 11. Notez le geste initial, qui est le bon réflexe : isoler la partie régulière avant d'encadrer la partie oscillante, plutôt que d'encadrer le tout d'un bloc.

c)

Pour x≠0x\neq 0, on a ∣sin⁡(1x)∣≤1\left|\sin\left(\frac{1}{x}\right)\right|\leq 1, donc en multipliant par ∣x∣≥0|x|\geq 0 : ∣f(x)∣≤∣x∣|f(x)|\leq|x|, c'est-à-dire −∣x∣≤f(x)≤∣x∣-|x|\leq f(x)\leq|x|. Les deux bornes tendent vers 00 quand xx tend vers 00, donc f(x)f(x) tend vers 00. L'encadrement par valeurs absolues est ici plus commode que l'encadrement direct, car le signe de xx change de part et d'autre de 00 et renverserait l'inégalité.

d)

Parce que sin⁡(n)\sin(n) et cos⁡(n)\cos(n) n'ont AUCUNE limite quand nn tend vers +∞+\infty : ils oscillent indéfiniment entre −1-1 et 11 sans jamais se stabiliser. De même sin⁡(1x)\sin\left(\frac{1}{x}\right) n'a pas de limite en 00, où il oscille de plus en plus vite. Or aucun théorème d'opération ne s'applique à une expression qui n'a pas de limite : écrire « limite du quotient égale quotient des limites » suppose que les deux limites existent, ce qui n'est pas le cas. Seul l'encadrement permet de conclure, en exploitant le seul fait dont on dispose, à savoir que ces quantités restent BORNÉES.

On retiendra le principe général dont ces trois questions sont des cas particuliers : le produit d'une quantité BORNÉE par une quantité qui tend vers 00 tend vers 00. C'est le seul énoncé du chapitre qui autorise à conclure sans que le premier facteur ait de limite, et c'est ce qui en fait un outil si utile. Une mise en garde toutefois : borné ne signifie pas convergent, et le théorème serait faux avec un facteur simplement borné multiplié par une quantité qui tend vers l'infini, ou par une constante non nulle. Il faut bien que l'un des deux facteurs s'écrase vers zéro.

5101520−1−0,50,511,51/x-1/xsin x / x est coincée entre les deux

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Limites de fonctions composées

Déterminez chacune des limites suivantes. On décomposera l'expression en une fonction « intérieure » et une fonction « extérieure » dont on connaît les limites.

Le principe : si u(x)u(x) tend vers LL et si g(X)g(X) tend vers MM quand XX tend vers LL, alors g(u(x))g(u(x)) tend vers MM.

  • a) lim⁡x→+∞4x2+1x2+3\lim_{x\to+\infty}\sqrt{\frac{4x^{2}+1}{x^{2}+3}}
  • b) lim⁡x→0+e1x\lim_{x\to 0^{+}}e^{\frac{1}{x}} et lim⁡x→0−e1x\lim_{x\to 0^{-}}e^{\frac{1}{x}}
  • c) lim⁡x→+∞sin⁡(πx2x+1)\lim_{x\to+\infty}\sin\left(\frac{\pi x}{2x+1}\right)
  • d) lim⁡x→21(x−2)2\lim_{x\to 2}\frac{1}{(x-2)^{2}}
  • e) lim⁡x→−∞e−x2+x\lim_{x\to-\infty}e^{-x^{2}+x}

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 22
  • b) +∞+\infty à droite, 00 à gauche
  • c) 11
  • d) +∞+\infty
  • e) 00
a)

Fonction intérieure : u(x)=4x2+1x2+3u(x)=\frac{4x^{2}+1}{x^{2}+3}. Degrés égaux, donc u(x)u(x) tend vers le rapport des coefficients dominants, 41=4\frac{4}{1}=4. Fonction extérieure : X\sqrt{X} tend vers 4=2\sqrt{4}=2 quand XX tend vers 44. Par composition, la limite vaut 22. Écrire directement « ∞/∞\sqrt{\infty}/\sqrt{\infty} » ne mène nulle part : on lève d'abord l'indétermination à l'intérieur de la racine.

b)

Quand x→0+x\to 0^{+}, 1x→+∞\frac{1}{x}\to+\infty et eX→+∞e^{X}\to+\infty quand X→+∞X\to+\infty : la limite est +∞+\infty. Quand x→0−x\to 0^{-}, 1x→−∞\frac{1}{x}\to-\infty et eX→0e^{X}\to 0 quand X→−∞X\to-\infty : la limite est 00. Les deux côtés donnent des résultats DIFFÉRENTS, la fonction n'a donc pas de limite en 00 ; la courbe admet l'asymptote verticale x=0x=0 à droite seulement, et « arrive » à l'origine par la gauche.

c)

Intérieur : πx2x+1\frac{\pi x}{2x+1} a des degrés égaux, il tend vers π2\frac{\pi}{2}. Extérieur : le sinus est continu, sin⁡X\sin X tend vers sin⁡π2=1\sin\frac{\pi}{2}=1. La limite est 11. La continuité de la fonction extérieure est ce qui autorise à « faire entrer » la limite dans le sinus.

d)

Le dénominateur tend vers 00 et le numérateur vaut 11 : forme 10\frac{1}{0}, pas indéterminée, il reste le signe. Ici (x−2)2>0(x-2)^{2}>0 pour tout x≠2x\neq 2, des DEUX côtés de 22 : la limite est +∞+\infty à gauche comme à droite, et l'on n'a pas à distinguer. C'est la différence avec 1x−2\frac{1}{x-2}, qui change de signe en 22.

e)

Intérieur : −x2→−∞-x^{2}\to-\infty et x→−∞x\to-\infty, donc leur somme u(x)=−x2+xu(x)=-x^{2}+x tend vers −∞-\infty, sans indétermination. Extérieur : eX→0e^{X}\to 0 quand X→−∞X\to-\infty. La limite est 00. En +∞+\infty, en revanche, on aurait −∞+∞-\infty+\infty et il faudrait factoriser par le terme dominant x2x^{2}. Contrôle : pour x=−5x=-5, e−30≈9×10−14e^{-30}\approx 9\times 10^{-14} ✓.

La rédaction attendue au bac nomme les deux étapes : « lim⁡u(x)=L\lim u(x)=L et lim⁡X→Lg(X)=M\lim_{X\to L}g(X)=M, donc par composition lim⁡g(u(x))=M\lim g(u(x))=M ». Sans cette phrase, un résultat juste est souvent compté comme une affirmation. Et la limite de la fonction intérieure se calcule toujours en premier, avec tous les outils déjà connus : termes dominants, signe du dénominateur.

Exercice 12 : Continuité d'une fonction définie par morceaux

Une fonction est continue en aa lorsqu'elle est définie en aa et que lim⁡x→af(x)=f(a)\lim_{x\to a}f(x)=f(a). Pour une fonction définie par morceaux, on compare les limites à gauche et à droite avec la valeur au point de raccord.

On note E(x)E(x) la partie entière de xx, c'est-à-dire le plus grand entier inférieur ou égal à xx.

  • a) Soit ff définie par f(x)=x2+af(x)=x^{2}+a si x<1x<1 et f(x)=3x−1f(x)=3x-1 si x≥1x\geq 1. Déterminez le réel aa pour que ff soit continue en 11.
  • b) Soit gg définie par g(x)=x2−9x−3g(x)=\frac{x^{2}-9}{x-3} si x≠3x\neq 3 et g(3)=kg(3)=k. Déterminez kk pour que gg soit continue en 33.
  • c) Déterminez la limite à gauche de EE en 22 et la valeur E(2)E(2). La fonction EE est-elle continue en 22 ?
  • d) La fonction EE est-elle continue en 2,52{,}5 ?
  • e) La fonction valeur absolue est-elle continue en 00 ? Est-elle dérivable en 00 ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) a=1a=1
  • b) k=6k=6
  • c) Limite à gauche 11, E(2)=2E(2)=2 : non continue
  • d) Oui
  • e) Continue, non dérivable
a)

À droite de 11 (et en 11), f(x)=3x−1f(x)=3x-1, donc f(1)=2f(1)=2 et la limite à droite vaut 22. À gauche, f(x)=x2+af(x)=x^{2}+a tend vers 1+a1+a. La continuité exige 1+a=21+a=2, soit a=1a=1. Avec a=1a=1, les deux morceaux se raccordent au point (1 ;2)(1\,;2) ; avec toute autre valeur, la courbe présente un saut vertical de hauteur ∣1+a−2∣|1+a-2|.

b)

Pour x≠3x\neq 3, g(x)=(x−3)(x+3)x−3=x+3g(x)=\frac{(x-3)(x+3)}{x-3}=x+3, qui tend vers 66 quand xx tend vers 33. La continuité en 33 impose g(3)=6g(3)=6, donc k=6k=6. On dit qu'on a PROLONGÉ par continuité la fonction x↦x2−9x−3x\mapsto\frac{x^{2}-9}{x-3} : on a bouché le trou de sa courbe.

c)

Pour 1≤x<21\leq x<2, E(x)=1E(x)=1, donc la limite à gauche de EE en 22 vaut 11. Mais E(2)=2E(2)=2. La limite à gauche ne coïncide pas avec la valeur : EE n'est PAS continue en 22. Sa courbe est un escalier, avec une marche à chaque entier. Le piège est de croire que « EE est définie partout » suffit : être définie en un point ne dit rien de la continuité.

d)

Sur l'intervalle [2;3[[2;3[, qui contient 2,52{,}5 en son intérieur, EE est constante égale à 22. Autour de 2,52{,}5, elle vaut donc 22 des deux côtés et en 2,52{,}5 : elle est continue en 2,52{,}5. La partie entière n'est discontinue qu'aux entiers.

e)

∣x∣|x| tend vers 00 quand xx tend vers 00, des deux côtés, et ∣0∣=0|0|=0 : la valeur absolue est CONTINUE en 00. En revanche, le taux d'accroissement ∣h∣h\frac{|h|}{h} vaut 11 pour h>0h>0 et −1-1 pour h<0h<0 : il n'a pas de limite, donc la valeur absolue n'est PAS dérivable en 00. Sa courbe a un point anguleux. C'est l'exemple qui montre que la réciproque de « dérivable implique continue » est fausse.

Au bac, la continuité en un point de raccord se rédige toujours avec trois quantités : limite à gauche, limite à droite, valeur au point. Si elles sont égales, la fonction est continue ; sinon, on précise laquelle diffère. Et l'on retient la hiérarchie : dérivable entraîne continue, continue n'entraîne pas dérivable.

−112345−2−11234E(2) = 2limite à gauche : 1

Exercice 13 : Nombre de solutions lu sur les variations

Une fonction ff est continue sur [−3;5][-3;5]. On sait qu'elle est strictement décroissante sur [−3;1][-3;1] avec f(−3)=4f(-3)=4 et f(1)=−2f(1)=-2, puis strictement croissante sur [1;5][1;5] avec f(5)=3f(5)=3.

Pour chaque question, on raisonne intervalle par intervalle avec le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires : sur un intervalle où ff est continue et strictement monotone, toute valeur comprise entre les images des bornes est atteinte exactement une fois.

xf(x)−341−253
  • a) Combien l'équation f(x)=0f(x)=0 admet-elle de solutions sur [−3;5][-3;5] ?
  • b) Combien l'équation f(x)=3,5f(x)=3{,}5 admet-elle de solutions ?
  • c) Combien l'équation f(x)=−2f(x)=-2 admet-elle de solutions ?
  • d) Combien l'équation f(x)=3f(x)=3 admet-elle de solutions ?
  • e) Donnez l'ensemble des valeurs prises par ff sur [−3;5][-3;5], puis le nombre de solutions de f(x)=5f(x)=5.

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a)
b)
c)
d)
e)
Valeurs prises par ff ;
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Réponses

  • a) 22 solutions
  • b) 11 solution
  • c) 11 solution (x=1x=1)
  • d) 22 solutions (dont x=5x=5)
  • e) [−2;4][-2;4] ; aucune solution
a)

Sur [−3;1][-3;1] : ff est continue, strictement décroissante, et 00 est compris entre f(1)=−2f(1)=-2 et f(−3)=4f(-3)=4, donc f(x)=0f(x)=0 a exactement une solution. Sur [1;5][1;5] : ff est continue, strictement croissante, et 00 est compris entre −2-2 et 33, donc une solution de plus. Au total, 22 solutions.

b)

Sur [−3;1][-3;1], 3,5∈[−2;4]3{,}5\in[-2;4] : une solution. Sur [1;5][1;5], les valeurs prises forment [−2;3][-2;3], qui ne contient PAS 3,53{,}5 : aucune solution. Au total, 11 solution. Le piège est de répondre 22 par symétrie avec a) sans regarder la valeur maximale de chaque branche.

c)

−2-2 est le minimum de ff, atteint en x=1x=1. Sur [−3;1][-3;1] la solution est x=1x=1 ; sur [1;5][1;5] la solution est encore x=1x=1. C'est la MÊME solution, comptée deux fois si l'on n'y prend pas garde : l'équation a 11 solution. Pour éviter le double comptage, on peut découper en [−3;1][-3;1] et ]1;5]]1;5].

d)

Sur [−3;1][-3;1], 3∈[−2;4]3\in[-2;4] : une solution, dans ]−3;1[]-3;1[. Sur [1;5][1;5], 3=f(5)3=f(5) : la solution est x=5x=5, qui est bien dans l'intervalle. Au total, 22 solutions. Une valeur atteinte en une borne compte : le théorème porte sur l'intervalle FERMÉ.

e)

Sur [−3;1][-3;1], ff prend toutes les valeurs de [−2;4][-2;4] ; sur [1;5][1;5], toutes celles de [−2;3][-2;3]. La réunion est [−2;4][-2;4]. Comme 5∉[−2;4]5\notin[-2;4], l'équation f(x)=5f(x)=5 n'a aucune solution.

Le tableau de variations est l'outil du dénombrement : on écrit, sous chaque flèche, l'intervalle des valeurs prises, et l'on compte dans combien de ces intervalles tombe la valeur visée. Deux précautions suffisent à éviter toutes les erreurs : ne pas compter deux fois une solution située sur une borne commune, et justifier CHAQUE branche par continuité et stricte monotonie, faute de quoi le « exactement une » n'est pas prouvé.

Exercice 14 : Discussion de l'équation x³ − 3x = m

Soit ff la fonction définie sur R\mathbb{R} par f(x)=x3−3xf(x)=x^{3}-3x, et mm un réel. On cherche, selon la valeur de mm, le nombre de solutions de l'équation f(x)=mf(x)=m.

  • a) Calculez f′(x)f'(x), étudiez les variations de ff et donnez ses extremums locaux.
  • b) Déterminez les limites de ff en −∞-\infty et en +∞+\infty.
  • c) Déterminez le nombre de solutions de f(x)=mf(x)=m pour m=1m=1, pour m=2m=2 et pour m=5m=5.
  • d) Pour quelles valeurs de mm l'équation admet-elle exactement trois solutions ?
  • e) Pour m=5m=5, on note α\alpha l'unique solution. Donnez un encadrement de α\alpha d'amplitude 0,010{,}01.

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a)
b)
c)
d)
Valeurs de mm ;
e)
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Réponses

  • a) f′(x)=3(x−1)(x+1)f'(x)=3(x-1)(x+1) ; maximum local 22 en −1-1, minimum local −2-2 en 11
  • b) −∞-\infty en −∞-\infty, +∞+\infty en +∞+\infty
  • c) 33 solutions pour m=1m=1, 22 pour m=2m=2, 11 pour m=5m=5
  • d) m∈ ]−2;2[m\in\ ]-2;2[
  • e) 2,27<α<2,282{,}27<\alpha<2{,}28
a)

f′(x)=3x2−3=3(x−1)(x+1)f'(x)=3x^{2}-3=3(x-1)(x+1), positive à l'extérieur des racines, négative entre elles. ff est croissante sur ]−∞;−1]]-\infty;-1], décroissante sur [−1;1][-1;1], croissante sur [1;+∞[[1;+\infty[. Maximum local f(−1)=−1+3=2f(-1)=-1+3=2, minimum local f(1)=1−3=−2f(1)=1-3=-2.

b)

En ±∞\pm\infty, forme ∞−∞\infty-\infty : on factorise par le terme dominant, f(x)=x3(1−3x2)f(x)=x^{3}\left(1-\frac{3}{x^{2}}\right). La parenthèse tend vers 11, donc ff tend vers −∞-\infty en −∞-\infty et vers +∞+\infty en +∞+\infty.

c)

On lit les valeurs prises sur chaque branche : ]−∞;2]]-\infty;2] sur ]−∞;−1]]-\infty;-1], [−2;2][-2;2] sur [−1;1][-1;1], [−2;+∞[[-2;+\infty[ sur [1;+∞[[1;+\infty[. Pour m=1m=1 : 11 appartient aux trois intervalles, donc 33 solutions, une par branche. Pour m=2m=2 : 22 est atteint en x=−1x=-1 (borne commune aux deux premières branches, UNE seule solution) et une fois sur la troisième branche, donc 22 solutions ; on le vérifie, x3−3x−2=(x+1)2(x−2)x^{3}-3x-2=(x+1)^{2}(x-2) a pour racines −1-1 et 22. Pour m=5m=5 : 5>25>2 n'est atteint que sur la troisième branche, donc 11 solution.

d)

Il faut que mm soit atteint à l'intérieur de chacune des trois branches, sans être égal à un extremum, sinon deux solutions se confondent : −2<m<2-2<m<2. L'ensemble cherché est ]−2;2[]-2;2[. Pour m=−2m=-2 ou m=2m=2, deux solutions seulement ; pour ∣m∣>2|m|>2, une seule.

e)

Sur [1;+∞[[1;+\infty[, ff est continue et strictement croissante. f(2)=2<5f(2)=2<5 et f(3)=18>5f(3)=18>5, donc α∈]2;3[\alpha\in]2;3[. Balayage : f(2,27)≈4,887<5f(2{,}27)\approx 4{,}887<5 et f(2,28)≈5,012>5f(2{,}28)\approx 5{,}012>5. Donc 2,27<α<2,282{,}27<\alpha<2{,}28.

La discussion selon un paramètre revient à couper la courbe de ff par une droite horizontale y=my=m qu'on fait monter : on compte les points d'intersection, et le nombre ne change qu'au passage des extremums locaux. C'est pourquoi les valeurs critiques de mm sont TOUJOURS les ordonnées des extremums, ici −2-2 et 22, et pourquoi le tableau de variations complété par les limites suffit à répondre sans résoudre une seule équation du troisième degré.

−3−2−1123−6−5−4−3−2−1123456Cfm = 1m = 2m = 5

Exercice 15 : Une croissance bactérienne bornée

Dans une boîte de culture, le nombre de bactéries, en millions, est modélisé au bout de tt heures par P(t)=121+3e−0,5tP(t)=\frac{12}{1+3e^{-0{,}5t}}, pour t≥0t\geq 0.

On admet que PP est dérivable sur [0;+∞[[0;+\infty[.

  • a) Calculez P(0)P(0).
  • b) Montrez que P′(t)=18e−0,5t(1+3e−0,5t)2P'(t)=\frac{18e^{-0{,}5t}}{\left(1+3e^{-0{,}5t}\right)^{2}} et déduisez-en le sens de variation de PP.
  • c) Déterminez la limite de PP en +∞+\infty et interprétez-la. La population peut-elle atteindre 1212 millions ?
  • d) Justifiez qu'il existe un unique instant t0t_{0} où la population atteint 1010 millions, puis donnez un encadrement de t0t_{0} d'amplitude 0,10{,}1.
  • e) Combien l'équation P(t)=2P(t)=2 admet-elle de solutions sur [0;+∞[[0;+\infty[ ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) P(0)=3P(0)=3 millions
  • b) P′(t)>0P'(t)>0 : croissante
  • c) Limite 1212 : jamais atteinte
  • d) 5,4<t0<5,55{,}4<t_{0}<5{,}5 (exactement 2ln⁡152\ln 15)
  • e) Aucune solution
a)

P(0)=121+3e0=124=3P(0)=\frac{12}{1+3e^{0}}=\frac{12}{4}=3 : la culture commence avec 33 millions de bactéries.

b)

P=12vP=\frac{12}{v} avec v(t)=1+3e−0,5tv(t)=1+3e^{-0{,}5t} et v′(t)=3×(−0,5)e−0,5t=−1,5e−0,5tv'(t)=3\times(-0{,}5)e^{-0{,}5t}=-1{,}5e^{-0{,}5t}. Donc P′(t)=−12 v′(t)v(t)2=18e−0,5t(1+3e−0,5t)2P'(t)=-\frac{12\,v'(t)}{v(t)^{2}}=\frac{18e^{-0{,}5t}}{\left(1+3e^{-0{,}5t}\right)^{2}}. Une exponentielle est strictement positive et un carré non nul aussi : P′(t)>0P'(t)>0, la population est strictement CROISSANTE. Le double signe moins, celui de la formule de (1v)′\left(\frac{1}{v}\right)' et celui de la dérivée de e−0,5te^{-0{,}5t}, est l'endroit où les copies se trompent.

c)

Quand t→+∞t\to+\infty, −0,5t→−∞-0{,}5t\to-\infty donc e−0,5t→0e^{-0{,}5t}\to 0 par composition ; le dénominateur tend vers 11 et P(t)P(t) tend vers 1212. La droite y=12y=12 est asymptote horizontale : la population se stabilise vers 1212 millions, la capacité maximale de la boîte. Elle ne les atteint jamais : 1+3e−0,5t>11+3e^{-0{,}5t}>1 donne P(t)<12P(t)<12 pour tout tt.

d)

PP est continue (car dérivable) et strictement croissante sur [0;+∞[[0;+\infty[, avec P(0)=3<10P(0)=3<10 et lim⁡+∞P=12>10\lim_{+\infty}P=12>10. D'après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, l'équation P(t)=10P(t)=10 a une unique solution t0t_{0}. Balayage : P(5,4)≈9,987<10P(5{,}4)\approx 9{,}987<10 et P(5,5)≈10,069>10P(5{,}5)\approx 10{,}069>10, donc 5,4<t0<5,55{,}4<t_{0}<5{,}5. La valeur exacte, obtenue avec le logarithme, est t0=2ln⁡15≈5,42t_{0}=2\ln 15\approx 5{,}42 heures.

e)

PP est croissante et P(0)=3P(0)=3 : pour tout t≥0t\geq 0, P(t)≥3>2P(t)\geq 3>2. L'équation P(t)=2P(t)=2 n'a AUCUNE solution. Le théorème des valeurs intermédiaires ne s'applique pas ici : 22 n'est pas compris entre P(0)P(0) et la limite.

Le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires s'utilise aussi sur un intervalle NON BORNÉ : on remplace alors l'image de la borne manquante par la limite en +∞+\infty. C'est la situation typique des modèles d'évolution au bac, où la limite joue le rôle d'une valeur jamais atteinte mais qui encadre toutes les autres.

24681012142468101214y = 12t₀ ≈ 5,4y = 2 : jamais atteintP(0) = 3t (h)P (millions)
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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/tspe-limites-continuite. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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