Maths complémentaires, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : fonctions et modèles d'évolution (maths complémentaires)

Voici une série d'exercices corrigés de mathématiques complémentaires sur les fonctions et les modèles d'évolution, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

L'option maths complémentaires s'adresse aux élèves qui ont quitté la spécialité mais gardent besoin des mathématiques : sciences économiques, sciences de la vie, médecine. Les exercices sont donc systématiquement contextualisés, et le dernier porte sur la lecture critique d'un modèle, ce que l'épreuve évalue vraiment.

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Ce chapitre fait partie de Maths complémentaires en Terminale
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (10 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Généralités sur les fonctionsSeconde, Mathématiques
  2. 2Fonctions affines et systèmesSeconde, Mathématiques
  3. 3Algorithmique et PythonSeconde, Mathématiques
  4. 4Les suites numériquesPremière, Mathématiques
  5. 5La dérivationPremière, Mathématiques
  6. 6La fonction exponentiellePremière, Mathématiques
  7. 7La notion de fonctionTroisième, Mathématiques
  8. 8Les fonctions affinesTroisième, Mathématiques
  9. 9Équations, équations produit et inéquationsTroisième, Mathématiques
  10. 10Algorithmique et ScratchTroisième, Mathématiques

Rappel de cours

  • Dérivées utiles : (eu)=ueu(\mathrm{e}^{u})'=u'\mathrm{e}^{u}, (lnu)=uu(\ln u)'=\frac{u'}{u}, et (uv)=uv+uv(uv)'=u'v+uv'.
  • Croissance exponentielle f(t)=Aektf(t)=A\mathrm{e}^{kt} avec k>0k>0 : le temps de doublement vaut ln2k\frac{\ln 2}{k}, indépendamment de AA.
  • Un taux de croissance continu kk correspond à un taux annuel effectif de ek1\mathrm{e}^{k}-1, qui n'est pas égal à kk.
  • Décroissance vers un palier : f(t)=L+Aektf(t)=L+A\mathrm{e}^{-kt} tend vers LL quand tt augmente. Le palier LL est l'asymptote horizontale.
  • L'équation différentielle y=ay+by'=ay+b avec a0a\neq 0 a pour solutions y=Ceatbay=C\mathrm{e}^{at}-\frac{b}{a}, la constante CC étant fixée par la condition initiale.
  • Le point d'inflexion d'une courbe de croissance marque le moment où le rythme cesse de ralentir pour se mettre à accélérer, ou l'inverse.
  • Valeur moyenne de ff sur [a;b][a;b] : 1baabf(t)dt\frac{1}{b-a}\int_{a}^{b}f(t)\,dt.
  • Un modèle n'est valable que sur le domaine où il a été ajusté : extrapoler au-delà n'a aucune garantie.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Dérivation et variations

Pour chaque fonction, calculez la dérivée, étudiez son signe et donnez l'extremum s'il existe.

  • a) f(x)=3x212x+7f(x)=3x^{2}-12x+7 sur R\mathbb{R}
  • b) g(x)=2e0,5xg(x)=2\mathrm{e}^{0{,}5x} sur R\mathbb{R}
  • c) h(x)=5lnxxh(x)=5\ln x-x sur ]0;+[]0;+\infty[

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) f(x)=6(x2)f'(x)=6(x-2) : minimum 5-5 en 22
  • b) g(x)=e0,5x>0g'(x)=\mathrm{e}^{0{,}5x}>0 : aucun extremum
  • c) h(x)=5xxh'(x)=\frac{5-x}{x} : maximum 5ln553,0475\ln 5-5\approx 3{,}047 en 55

a) f(x)=6x12=6(x2)f'(x)=6x-12=6(x-2), négative avant 22 et positive après. La fonction DÉCROÎT puis CROÎT : elle admet donc un minimum en x=2x=2, valant f(2)=3×424+7=1224+7=5f(2)=3\times 4-24+7=12-24+7=-5. C'est un minimum global, la parabole étant tournée vers le haut.

b) g(x)=2×0,5e0,5x=e0,5xg'(x)=2\times 0{,}5\,\mathrm{e}^{0{,}5x}=\mathrm{e}^{0{,}5x}, le facteur 0,50{,}5 venant de la dérivée de l'exposant. Cette dérivée est strictement positive pour tout réel, l'exponentielle ne s'annulant jamais : la fonction est strictement croissante sur R\mathbb{R} et n'admet AUCUN extremum. Une exponentielle de coefficient positif ne se retourne jamais.

c) h(x)=5x1=5xxh'(x)=\frac{5}{x}-1=\frac{5-x}{x}, après mise au même dénominateur. Sur ]0;+[]0;+\infty[ le dénominateur est strictement positif, donc le signe est celui du numérateur 5x5-x : positif avant 55, négatif après. La fonction croît puis décroît, avec un MAXIMUM en x=5x=5 valant h(5)=5ln555×1,60953,047h(5)=5\ln 5-5\approx 5\times 1{,}609-5\approx 3{,}047.

Les trois fonctions illustrent les trois comportements possibles, et il vaut la peine de les distinguer. Un polynôme du second degré a toujours exactement un extremum. Une exponentielle pure n'en a jamais, sa dérivée gardant un signe constant. Une combinaison de logarithme et de terme linéaire en a un, parce que les deux termes tirent en sens opposés et que leurs forces s'inversent : le logarithme domine près de zéro, le terme x-x domine à l'infini. Le point de méthode commun est la MISE AU MÊME DÉNOMINATEUR de la question c) : c'est elle qui rend le signe lisible, alors que la forme 5x1\frac{5}{x}-1 n'en dit rien.

Exercice 2 : Croissance exponentielle

La population d'une ville est modélisée par P(t)=5000e0,03tP(t)=5000\,\mathrm{e}^{0{,}03t}, où tt désigne le nombre d'années écoulées depuis 2020.

  • a) Quelle était la population en 2020 ?
  • b) Calculez la population prévue en 2030, arrondie à l'unité.
  • c) Déterminez le temps de doublement de cette population, arrondi au dixième d'année.
  • d) Quel est le taux de croissance annuel effectif, en pourcentage arrondi au centième ? Comparez-le à la valeur 3 %.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 50005\,000
  • b) 67496\,749
  • c) ln20,0323,1\frac{\ln 2}{0{,}03}\approx 23{,}1 ans
  • d) 3,053{,}05 %, pas 33 %

a) P(0)=5000e0=5000×1=5000P(0)=5\,000\,\mathrm{e}^{0}=5\,000\times 1=5\,000 habitants. Le coefficient devant l'exponentielle est donc toujours la valeur INITIALE, ce qui permet de le lire directement sur l'expression.

b) L'année 2030 correspond à t=10t=10 : P(10)=5000e0,03×10=5000e0,35000×1,3498596749P(10)=5\,000\,\mathrm{e}^{0{,}03\times 10}=5\,000\,\mathrm{e}^{0{,}3}\approx 5\,000\times 1{,}349859\approx 6\,749 habitants. On arrondit à l'unité comme demandé, une population étant un nombre entier.

c) On cherche tt tel que P(t)=2P(0)P(t)=2P(0), c'est-à-dire e0,03t=2\mathrm{e}^{0{,}03t}=2. Le facteur 50005\,000 SE SIMPLIFIE, ce qui est le point important : 0,03t=ln20{,}03t=\ln 2, donc t=ln20,0323,1t=\frac{\ln 2}{0{,}03}\approx 23{,}1 ans. Ce temps de doublement ne dépend donc PAS de la population de départ, propriété caractéristique de la croissance exponentielle.

d) D'une année à la suivante, la population est multipliée par P(t+1)P(t)=e0,031,030455\frac{P(t+1)}{P(t)}=\mathrm{e}^{0{,}03}\approx 1{,}030455, rapport qui ne dépend pas de tt. Cela correspond à une hausse d'environ 3,05 %3{,}05\ \%. Ce n'est donc PAS exactement 3 %3\ \% : le coefficient 0,030{,}03 est un taux CONTINU, légèrement inférieur au taux effectif à cause de la composition continue, exactement comme un taux bancaire nominal diffère du taux annuel effectif.

L'écart de la question d) est petit ici, mais il grandit vite avec le coefficient, et il faut le savoir. Pour un taux continu de 0,030{,}03, l'écart n'est que de cinq centièmes de point ; pour 0,50{,}5, le taux effectif atteint 64,9 %64{,}9\ \% au lieu de 50 %50\ \%, soit près de quinze points d'écart. La règle générale est ea1>a\mathrm{e}^{a}-1>a dès que a>0a>0, inégalité qui n'est autre que celle de la tangente vue en Terminale. En pratique, il faut donc toujours préciser DE QUEL taux on parle, et l'exercice 10 montrera qu'une confusion de ce genre suffit à discréditer une étude entière.

Exercice 3 : Échelle logarithmique

Le niveau sonore, en décibels, est donné par L=10log(II0)L=10\log\left(\frac{I}{I_{0}}\right), où II est l'intensité mesurée et I0I_{0} une intensité de référence. Le logarithme est ici le logarithme décimal.

  • a) Calculez le niveau sonore lorsque I=106I0I=10^{6}I_{0}.
  • b) Calculez le niveau sonore lorsque I=109I0I=10^{9}I_{0}.
  • c) Par combien l'intensité est-elle multipliée lorsque le niveau augmente de 10 décibels ?
  • d) Deux sources de 60 décibels fonctionnent ensemble. Le niveau total est-il de 120 décibels ? Justifiez.
  • e) Pourquoi utilise-t-on une échelle logarithmique pour le son ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 6060 dB
  • b) 9090 dB
  • c) Intensité ×10\times 10
  • d) Non : 63,01\approx 63{,}01 dB
  • e) Compresser douze ordres de grandeur, comme l'oreille

a) L=10log(106)=10×6=60L=10\log\left(10^{6}\right)=10\times 6=60 décibels. Le logarithme décimal d'une puissance de dix en donne directement l'exposant, ce qui rend ces calculs immédiats.

b) L=10log(109)=10×9=90L=10\log\left(10^{9}\right)=10\times 9=90 décibels. On notera que l'intensité a été multipliée par mille entre a) et b), alors que le niveau n'a augmenté que de trente décibels : c'est tout l'effet de l'échelle logarithmique.

c) Si LL augmente de 1010, alors log(II0)\log\left(\frac{I}{I_{0}}\right) augmente de 11, ce qui signifie que le rapport II0\frac{I}{I_{0}} est MULTIPLIÉ par 1010. L'intensité est donc multipliée par dix, et non augmentée de dix. C'est le principe même d'une échelle logarithmique : une addition d'un côté correspond à une multiplication de l'autre.

d) Non, et l'erreur est grossière. Deux sources identiques donnent une intensité DOUBLE, pas élevée au carré. Le nouveau niveau vaut 10log(2×106)=10(log2+6)10×6,301=63,0110\log\left(2\times 10^{6}\right)=10\left(\log 2+6\right)\approx 10\times 6{,}301=63{,}01 décibels. Doubler l'intensité n'ajoute donc qu'environ TROIS décibels, ce qui est à peine perceptible. Ajouter les décibels reviendrait à multiplier les intensités, ce qui n'a aucun sens physique.

e) Parce que l'oreille humaine perçoit des intensités s'étalant sur plus de DOUZE ordres de grandeur, du seuil d'audition au seuil de douleur. Une échelle logarithmique compresse cet intervalle immense en une graduation lisible allant de 00 à environ 130130. Elle correspond en outre bien mieux à la perception, qui réagit aux RAPPORTS d'intensité plutôt qu'aux différences : passer de 6060 à 7070 décibels est perçu comme un accroissement comparable à celui de 9090 à 100100, alors que les intensités en jeu diffèrent d'un facteur mille.

Ce principe dépasse largement l'acoustique et l'on en retrouve partout : les échelles de Richter pour les séismes, de pH pour l'acidité, de magnitude pour l'éclat des étoiles fonctionnent toutes de la même façon. Le réflexe à acquérir est de traduire immédiatement toute variation ADDITIVE de l'échelle en variation MULTIPLICATIVE de la grandeur physique. Deux points de pH en moins signifient cent fois plus d'ions hydrogène, deux degrés de Richter en plus signifient mille fois plus d'énergie libérée, et dix décibels de plus signifient dix fois plus d'intensité. C'est aussi ce qui explique qu'un séisme de magnitude 77 ne soit pas légèrement pire qu'un de magnitude 66, mais trente fois plus destructeur.

Exercice 4 : Point d'inflexion et changement de régime

Le nombre cumulé d'inscriptions à un service, en milliers, est modélisé par C(t)=t39t2+30t+50C(t)=t^{3}-9t^{2}+30t+50 pour tt compris entre 0 et 8, où tt est le nombre de mois écoulés.

  • a) Calculez C(t)C'(t). Cette dérivée s'annule-t-elle sur [0;8][0;8] ?
  • b) Calculez C(t)C''(t) et déterminez son signe.
  • c) Déterminez l'abscisse du point d'inflexion et l'ordonnée correspondante.
  • d) Interprétez ce point d'inflexion en termes de rythme d'inscription.
  • e) À quel moment le rythme d'inscription est-il le plus faible, et que vaut-il ?

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a)
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Réponses

  • a) C(t)=3t218t+30C'(t)=3t^{2}-18t+30, Δ<0\Delta<0 : jamais nulle
  • b) C(t)=6(t3)C''(t)=6(t-3)
  • c) Inflexion en (3;86)(3\,;86)
  • d) Le rythme cesse de ralentir et repart
  • e) Rythme minimal 33 milliers par mois au mois 33

a) C(t)=3t218t+30C'(t)=3t^{2}-18t+30. Son discriminant vaut Δ=(18)24×3×30=324360=36<0\Delta=(-18)^{2}-4\times 3\times 30=324-360=-36<0 : la dérivée ne s'annule JAMAIS et garde donc le signe de son coefficient dominant, qui est positif. Le nombre d'inscriptions est ainsi toujours croissant sur [0;8][0\,;\,8], ce qui est rassurant pour un cumul.

b) C(t)=6t18=6(t3)C''(t)=6t-18=6(t-3), fonction affine croissante, négative pour t<3t<3 et positive pour t>3t>3.

c) La dérivée seconde change de signe en t=3t=3 : c'est bien l'abscisse d'un point d'inflexion, l'annulation seule ne suffisant pas. L'ordonnée vaut C(3)=2781+90+50=86C(3)=27-81+90+50=86 milliers d'inscriptions.

d) Avant le troisième mois, la courbe est CONCAVE : les inscriptions augmentent, mais de moins en moins vite, le rythme ralentit. Après le troisième mois elle devient CONVEXE : le rythme repart à la hausse. Le point d'inflexion marque donc précisément le mois où la dynamique se retourne, ce qui est une information de gestion bien plus utile que le nombre d'inscriptions lui-même.

e) Le rythme d'inscription est la dérivée CC'. Elle est minimale là où sa propre dérivée CC'' s'annule en changeant de signe, c'est-à-dire en t=3t=3 : C(3)=2754+30=3C'(3)=27-54+30=3. Le rythme minimal est donc de 33 milliers d'inscriptions par mois, atteint au troisième mois. Il ne descend jamais en dessous, conformément à a).

Il faut bien distinguer les trois niveaux de lecture, car l'exercice les fait tous intervenir et les confondre est fatal. La fonction CC donne le NOMBRE cumulé d'inscrits, toujours croissant ici. Sa dérivée CC' donne le RYTHME mensuel, qui passe par un minimum. Sa dérivée seconde CC'' donne l'ACCÉLÉRATION du rythme, qui change de signe. Une phrase du type les inscriptions baissent serait donc fausse : ce n'est pas le nombre d'inscrits qui baisse, c'est leur rythme, et seulement pendant les trois premiers mois. Cette distinction entre une grandeur, sa vitesse et son accélération est exactement celle qui a été médiatiquement malmenée lors des épidémies, où ralentissement de la hausse a souvent été confondu avec baisse.

2468101220406080100120saturation à 100point d'INFLEXIONcroissance quis'accélèrepuis croissance qui RALENTIT :c'est là que la dérivée seconde change de signe

Exercice 5 : Aire et valeur moyenne

Le débit d'une source, en litres par minute, est modélisé par f(t)=202tf(t)=20-2t pour tt compris entre 0 et 10 minutes.

  • a) Calculez le débit à l'instant initial et au bout de 10 minutes.
  • b) Calculez 010f(t)dt\int_{0}^{10}f(t)\,dt et interprétez ce nombre.
  • c) Calculez la valeur moyenne du débit sur [0;10][0;10].
  • d) À quel instant le débit est-il égal à sa valeur moyenne ?
  • e) Retrouvez le résultat de la question b) par une méthode géométrique.

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a)
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Réponses

  • a) 2020 L/min puis 00
  • b) 100100 L écoulés
  • c) 1010 L/min
  • d) t=5t=5 min
  • e) Triangle : 10×202=100\frac{10\times 20}{2}=100

a) f(0)=200=20f(0)=20-0=20 litres par minute au départ, et f(10)=202×10=2020=0f(10)=20-2\times 10=20-20=0 : la source est TARIE au bout de dix minutes exactement. Le modèle s'arrête donc naturellement là, un débit négatif n'ayant aucun sens.

b) Une primitive de 202t20-2t est 20tt220t-t^{2}, donc 010f(t)dt=[20tt2]010=(200100)0=100\int_{0}^{10}f(t)\,dt=\left[20t-t^{2}\right]_{0}^{10}=(200-100)-0=100. Ce nombre est le VOLUME total écoulé pendant les dix minutes, soit 100100 litres : intégrer un débit sur une durée donne toujours une quantité accumulée, et l'analyse des unités le confirme puisqu'on multiplie des litres par minute par des minutes.

c) La valeur moyenne est l'intégrale divisée par la LONGUEUR de l'intervalle : 1100×100=10\frac{1}{10-0}\times 100=10 litres par minute. Oublier ce diviseur, et donc confondre valeur moyenne et intégrale, est l'erreur classique.

d) On résout 202t=1020-2t=10, soit 2t=102t=10 et t=5t=5 minutes. Comme le débit décroît LINÉAIREMENT, la moyenne est atteinte exactement au milieu de l'intervalle, ce qui n'aurait pas été le cas pour un débit exponentiel.

e) La courbe de ff est un segment de droite allant de (0;20)(0\,;\,20) à (10;0)(10\,;\,0). La région sous la courbe est donc un TRIANGLE rectangle de base 1010 et de hauteur 2020, dont l'aire vaut 10×202=100\frac{10\times 20}{2}=100 ✓. On retrouve exactement le résultat de b), sans aucune primitive.

La question e) mérite d'être retenue comme une méthode et pas seulement comme une vérification. Chaque fois que la fonction à intégrer est AFFINE ou constante par morceaux, l'intégrale se calcule par des aires de trapèzes et de triangles, ce qui est plus rapide et moins sujet à erreur qu'une primitive. C'est d'ailleurs ainsi qu'on lit un graphique de débit ou de vitesse sans disposer d'aucune formule. La valeur moyenne s'interprète alors géométriquement : c'est la hauteur du RECTANGLE de même base qui aurait la même aire, ici un rectangle de 1010 sur 1010, dont l'aire vaut bien 100100 ✓.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Refroidissement d'une boisson

Une boisson sort à 80 degrés Celsius dans une pièce à 20 degrés. Sa température, en degrés, est modélisée par T(t)=20+60e0,1tT(t)=20+60\,\mathrm{e}^{-0{,}1t}, où tt est le temps en minutes.

  • a) Vérifiez que le modèle donne bien 80 degrés à l'instant initial.
  • b) Calculez la température au bout de 10 minutes, arrondie au dixième.
  • c) Calculez T(t)T'(t) et justifiez que la température décroît.
  • d) Au bout de combien de temps la boisson atteint-elle 30 degrés ? Arrondissez au dixième de minute.
  • e) Vers quelle température le modèle tend-il ? Interprétez physiquement.

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Réponses

  • a) T(0)=80T(0)=80
  • b) T(10)42,1T(10)\approx 42{,}1
  • c) T(t)=6e0,1t<0T'(t)=-6\,\mathrm{e}^{-0{,}1t}<0
  • d) t=10ln617,9t=10\ln 6\approx 17{,}9 min
  • e) Limite 2020 : la température de la pièce

a) T(0)=20+60e0=20+60×1=80T(0)=20+60\,\mathrm{e}^{0}=20+60\times 1=80 degrés ✓. Le modèle est cohérent avec l'énoncé, et l'on vérifie au passage la structure : 2020 est la température ambiante et 6060 l'ÉCART initial à cette température, non la température initiale elle-même.

b) T(10)=20+60e0,1×10=20+60e120+60×0,367920+22,0742,1T(10)=20+60\,\mathrm{e}^{-0{,}1\times 10}=20+60\,\mathrm{e}^{-1}\approx 20+60\times 0{,}3679\approx 20+22{,}07\approx 42{,}1 degrés. En dix minutes, la boisson a donc perdu près de deux tiers de son écart initial.

c) T(t)=60×(0,1)e0,1t=6e0,1tT'(t)=60\times(-0{,}1)\mathrm{e}^{-0{,}1t}=-6\,\mathrm{e}^{-0{,}1t}, la constante 2020 disparaissant. L'exponentielle étant toujours strictement positive, TT' est strictement NÉGATIVE : la température décroît continûment, sans jamais remonter. On notera que T|T'| diminue avec le temps, ce qui traduit un refroidissement de plus en plus lent.

d) On résout 20+60e0,1t=3020+60\,\mathrm{e}^{-0{,}1t}=30, soit 60e0,1t=1060\,\mathrm{e}^{-0{,}1t}=10 et e0,1t=16\mathrm{e}^{-0{,}1t}=\frac{1}{6}. En passant au logarithme : 0,1t=ln16=ln6-0{,}1t=\ln\frac{1}{6}=-\ln 6, donc t=10ln617,9t=10\ln 6\approx 17{,}9 minutes.

e) Quand tt augmente, e0,1t\mathrm{e}^{-0{,}1t} tend vers 00, donc T(t)T(t) tend vers 2020 degrés. C'est exactement la température de la pièce : la boisson se met à l'ÉQUILIBRE avec son environnement sans jamais descendre en dessous, ce qui est physiquement correct. Une limite de 00 degré aurait invalidé le modèle.

La structure T(t)=Tambiante+eˊcart initial×ektT(t)=T_{\text{ambiante}}+\text{écart initial}\times\mathrm{e}^{-kt} est celle de tous les phénomènes de relaxation, et la reconnaître fait gagner beaucoup de temps. On y lit directement trois choses : la limite, qui est la constante additive ; la valeur initiale, qui est la somme des deux termes ; et la rapidité, gouvernée par kk. Le temps caractéristique 1k=10\frac{1}{k}=10 minutes est la durée au bout de laquelle l'écart a été divisé par e\mathrm{e}, ce qui est précisément le calcul de la question b) ✓. Une règle pratique en découle : après 33 temps caractéristiques, soit 3030 minutes ici, le phénomène est achevé à 95 %95\ \%, et la boisson est à 2323 degrés.

Exercice 7 : L'équation différentielle du refroidissement

La loi de refroidissement s'écrit sous la forme d'une équation différentielle : la vitesse de refroidissement est proportionnelle à l'écart avec la température ambiante.

On considère l'équation y=0,1y+2y'=-0{,}1y+2 avec la condition initiale y(0)=80y(0)=80.

  • a) Déterminez la solution constante de cette équation, appelée équilibre.
  • b) Donnez la forme générale des solutions de y=0,1y+2y'=-0{,}1y+2.
  • c) Déterminez la solution vérifiant y(0)=80y(0)=80.
  • d) Comparez avec la fonction TT de l'exercice 6.
  • e) Vérifiez directement que votre solution satisfait l'équation différentielle.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) y=20y=20
  • b) y=Ce0,1t+20y=C\mathrm{e}^{-0{,}1t}+20
  • c) C=60C=60
  • d) C'est la fonction TT
  • e) y=0,1y+2=6e0,1ty'=-0{,}1y+2=-6\,\mathrm{e}^{-0{,}1t}

a) Une solution constante a une dérivée nulle, donc elle vérifie 0,1y+2=0-0{,}1y+2=0, soit y=20,1=20y=\frac{2}{0{,}1}=20. L'équilibre est à 2020 degrés, c'est-à-dire exactement la température de la pièce, ce qui n'a rien d'un hasard : à cette température, il n'y a plus d'écart, donc plus d'échange de chaleur.

b) Les solutions de y=ay+by'=ay+b avec a=0,1a=-0{,}1 et b=2b=2 s'écrivent y(t)=Ceatba=Ce0,1t20,1=Ce0,1t+20y(t)=C\mathrm{e}^{at}-\frac{b}{a}=C\mathrm{e}^{-0{,}1t}-\frac{2}{-0{,}1}=C\mathrm{e}^{-0{,}1t}+20, où CC est une constante réelle quelconque. On reconnaît la somme de l'équilibre trouvé en a) et d'un terme qui s'efface.

c) La condition initiale y(0)=80y(0)=80 donne Ce0+20=C+20=80C\mathrm{e}^{0}+20=C+20=80, donc C=60C=60. La solution est y(t)=20+60e0,1ty(t)=20+60\,\mathrm{e}^{-0{,}1t}. Une seule condition suffit à déterminer l'unique constante, comme toujours pour une équation du premier ordre.

d) C'est EXACTEMENT la fonction TT de l'exercice 6. Le modèle exponentiel proposé là-bas n'était donc pas choisi arbitrairement pour bien coller aux données : il est la SOLUTION de l'équation différentielle qui traduit la loi physique de refroidissement de Newton, selon laquelle la vitesse de refroidissement est proportionnelle à l'écart avec l'ambiance.

e) y(t)=60×(0,1)e0,1t=6e0,1ty'(t)=60\times(-0{,}1)\mathrm{e}^{-0{,}1t}=-6\,\mathrm{e}^{-0{,}1t}. Par ailleurs 0,1y+2=0,1(20+60e0,1t)+2=26e0,1t+2=6e0,1t-0{,}1y+2=-0{,}1\left(20+60\,\mathrm{e}^{-0{,}1t}\right)+2=-2-6\,\mathrm{e}^{-0{,}1t}+2=-6\,\mathrm{e}^{-0{,}1t}. Les deux expressions coïncident pour tout tt ✓, la solution est validée.

Le lien établi en d) est le point le plus important de l'exercice, et il change le statut du modèle. Un modèle AJUSTÉ sur des données est toujours suspect d'être une coïncidence, comme le montrera l'exercice 10 ; un modèle DÉRIVÉ d'une loi physique est bien plus solide, car il explique pourquoi la forme exponentielle apparaît plutôt qu'une autre. C'est aussi ce qui permet de prévoir hors du domaine observé : on sait que la limite sera 2020 degrés sans l'avoir mesurée, simplement parce que l'équation le dit. La démarche générale se retient ainsi : chercher d'abord l'équilibre en annulant la dérivée, puis ajouter l'écart qui décroît exponentiellement, et enfin déterminer la constante par la condition initiale.

Exercice 8 : Concentration d'un médicament

Après une injection, la concentration d'un médicament dans le sang, en milligrammes par litre, est modélisée par C(t)=5te0,5tC(t)=5t\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}, où tt est le temps écoulé en heures.

  • a) Calculez C(0)C(0) et interprétez.
  • b) Calculez C(t)C'(t) et factorisez le résultat.
  • c) Déterminez l'instant du pic de concentration et la concentration maximale, arrondie au centième.
  • d) Le médicament est actif tant que la concentration dépasse 2 milligrammes par litre. En testant t=0,5t=0{,}5 ; t=0,6t=0{,}6 ; t=5t=5 et t=6t=6, encadrez la période d'activité.
  • e) Que devient la concentration au bout d'un temps très long ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) C(0)=0C(0)=0
  • b) C(t)=5e0,5t(10,5t)C'(t)=5\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}(1-0{,}5t)
  • c) Pic à 22 h : 10e13,6810\,\mathrm{e}^{-1}\approx 3{,}68 mg/L
  • d) Actif d'environ 0,550{,}55 h à 5,15{,}1 h
  • e) Limite 00

a) C(0)=5×0×e0=0C(0)=5\times 0\times\mathrm{e}^{0}=0 : au moment de l'injection, le médicament n'est pas encore passé dans le sang. Le modèle décrit donc une montée puis une élimination, et non une chute depuis un maximum initial.

b) C'est un produit, et il faut dériver les deux facteurs : C(t)=5e0,5t+5t×(0,5)e0,5t=5e0,5t(10,5t)C'(t)=5\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}+5t\times(-0{,}5)\mathrm{e}^{-0{,}5t}=5\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}\left(1-0{,}5t\right). La factorisation par l'exponentielle est l'étape qui rend l'étude de signe possible.

c) L'exponentielle étant strictement positive, le signe de CC' est celui de 10,5t1-0{,}5t : positif avant t=2t=2, négatif après. Le PIC a donc lieu au bout de deux heures et vaut C(2)=5×2×e1=10e13,68C(2)=5\times 2\times\mathrm{e}^{-1}=10\,\mathrm{e}^{-1}\approx 3{,}68 milligrammes par litre.

d) On évalue aux quatre instants proposés. C(0,5)=2,5e0,251,95C(0{,}5)=2{,}5\,\mathrm{e}^{-0{,}25}\approx 1{,}95, inférieur à 22, tandis que C(0,6)=3e0,32,22C(0{,}6)=3\,\mathrm{e}^{-0{,}3}\approx 2{,}22, supérieur : le seuil est franchi entre 0,50{,}5 et 0,60{,}6 heure. Ensuite C(5)=25e2,52,05C(5)=25\,\mathrm{e}^{-2{,}5}\approx 2{,}05, encore supérieur à 22, et C(6)=30e31,49C(6)=30\,\mathrm{e}^{-3}\approx 1{,}49, inférieur : le seuil est repassé entre 55 et 66 heures. La période d'activité dure donc environ de 0,550{,}55 à 5,15{,}1 heures, soit à peu près quatre heures et demie.

e) Quand tt tend vers l'infini, on a une forme indéterminée du type ×0\infty\times 0, que l'on lève par CROISSANCES COMPARÉES : l'exponentielle décroissante l'emporte sur le facteur linéaire 5t5t, donc la concentration tend vers 00. Le médicament finit par être entièrement éliminé, ce qui est le comportement attendu.

La méthode de la question d) mérite d'être nommée, car l'énoncé la guide ici mais ne le fera pas toujours. Résoudre 5te0,5t=25t\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}=2 est ALGÉBRIQUEMENT IMPOSSIBLE, l'inconnue apparaissant à la fois dans un facteur et dans un exposant. On procède donc par ENCADREMENT, en évaluant la fonction de part et d'autre du seuil et en invoquant la monotonie sur chaque branche : croissante avant 22, décroissante après, la fonction franchit donc le seuil exactement deux fois. C'est le théorème des valeurs intermédiaires appliqué séparément aux deux morceaux, et c'est la seule voie possible pour ce type d'équation.

Exercice 9 : Coût moyen minimal

Une entreprise produit qq unités, avec q>0q>0. Son coût total, en dollars, est C(q)=q2+100q+900C(q)=q^{2}+100q+900.

Le coût moyen est CM(q)=C(q)qCM(q)=\frac{C(q)}{q} et le coût marginal est C(q)C'(q).

  • a) Montrez que CM(q)=q+100+900qCM(q)=q+100+\frac{900}{q}.
  • b) Calculez CM(q)CM'(q) et déterminez la quantité qui minimise le coût moyen.
  • c) Calculez ce coût moyen minimal.
  • d) Calculez le coût marginal pour cette même quantité.
  • e) Que remarquez-vous en comparant les réponses c) et d) ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) CM(q)=q+100+900qCM(q)=q+100+\frac{900}{q}
  • b) CM(q)=q2900q2CM'(q)=\frac{q^{2}-900}{q^{2}} : minimum en q=30q=30
  • c) 160160 dollars
  • d) C(30)=160C'(30)=160 dollars
  • e) Coût marginal == coût moyen au minimum

a) On divise chaque terme par qq, ce qui est licite puisque q>0q>0 : CM(q)=q2+100q+900q=q2q+100qq+900q=q+100+900qCM(q)=\frac{q^{2}+100q+900}{q}=\frac{q^{2}}{q}+\frac{100q}{q}+\frac{900}{q}=q+100+\frac{900}{q} ✓. Cette écriture SÉPARÉE est bien plus utile que la fraction initiale, car elle montre trois composantes distinctes du coût unitaire.

b) CM(q)=1900q2=q2900q2CM'(q)=1-\frac{900}{q^{2}}=\frac{q^{2}-900}{q^{2}}, après mise au même dénominateur. Sur ]0;+[]0;+\infty[ le dénominateur est strictement positif, donc le signe est celui de q2900q^{2}-900, négatif avant 3030 et positif après. Le coût moyen décroît puis croît : il est MINIMAL pour q=30q=30 unités.

c) CM(30)=30+100+90030=30+100+30=160CM(30)=30+100+\frac{900}{30}=30+100+30=160 dollars par unité.

d) C(q)=2q+100C'(q)=2q+100, donc C(30)=60+100=160C'(30)=60+100=160 dollars. C'est le coût de la trentième unité supplémentaire.

e) Les deux valent EXACTEMENT 160160 : au minimum du coût moyen, le coût marginal égale le coût moyen. Ce n'est pas une coïncidence, et le raisonnement économique l'explique mieux qu'un calcul. Tant que produire une unité de plus coûte MOINS que la moyenne actuelle, cette unité tire la moyenne vers le bas et le coût moyen baisse ; dès que produire une unité de plus coûte PLUS que la moyenne, elle la tire vers le haut. Le croisement des deux courbes a donc nécessairement lieu au minimum du coût moyen.

La lecture des trois termes de CMCM éclaire toute la situation économique. Le terme constant 100100 est le coût unitaire incompressible de la matière. Le terme 900q\frac{900}{q} est le coût fixe de 900900 dollars ÉTALÉ sur les unités produites, et il diminue quand on produit plus : ce sont les économies d'échelle. Le terme qq traduit au contraire une dégradation, chaque unité supplémentaire coûtant un peu plus cher, par exemple à cause de la saturation de l'atelier. L'optimum à q=30q=30 est exactement le point où ces deux forces opposées s'équilibrent, ce qui se voit aussi sur les valeurs : les deux termes variables y valent tous deux 3030 ✓. Le résultat de e) est enfin général et vaut pour n'importe quelle fonction de coût dérivable, ce qu'on démontre en annulant la dérivée de C(q)q\frac{C(q)}{q}.

Exercice 10 : Lecture critique d'un modèle

Un cabinet publie une étude affirmant : « Les ventes de notre client suivent le modèle V(t)=200e0,15tV(t)=200\,\mathrm{e}^{0{,}15t}, ajusté sur les six derniers mois avec une excellente qualité d'ajustement. Nous prévoyons donc les ventes dans dix ans. »

Chacune des affirmations suivantes tirées de ce rapport pose problème. Expliquez pourquoi.

  • a) « Le modèle étant très bien ajusté sur six mois, il est fiable pour prévoir à dix ans. »
  • b) « Les ventes vont continuer de croître de 15 % par mois indéfiniment. »
  • c) « Le modèle donne V(120)200×e18V(120)\approx 200\times\mathrm{e}^{18} ventes dans dix ans. » Calculez cet ordre de grandeur et commentez.
  • d) « Le coefficient 0,150{,}15 signifie que les ventes augmentent de 15 % par mois. »
  • e) Que proposeriez-vous pour rendre ce modèle plus crédible sur le long terme ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Six mois ne valident pas dix ans
  • b) Croissance réelle toujours limitée
  • c) 1,3×1010\approx 1{,}3\times 10^{10} ventes mensuelles : absurde
  • d) Taux effectif 16,18\approx 16{,}18 %
  • e) Modèle à palier, plus de données, validation

a) Un modèle n'est VALIDÉ que sur le domaine où il a été ajusté. Six mois de données ne disent rien du comportement à dix ans, et extrapoler sur un horizon vingt fois plus long que la période d'observation n'offre aucune garantie, quelle que soit la qualité de l'ajustement. Un excellent ajustement sur six points signifie seulement que la courbe passe près de ces six points, pas qu'elle décrit la réalité ailleurs.

b) Aucune croissance exponentielle ne se poursuit indéfiniment dans un système RÉEL : le marché est fini, la capacité de production est limitée, la concurrence réagit et les prix s'ajustent. Le modèle exponentiel décrit correctement une phase de DÉMARRAGE, où les contraintes ne se font pas encore sentir, mais jamais un régime permanent.

c) e186,566×107\mathrm{e}^{18}\approx 6{,}566\times 10^{7}, donc V(120)200×6,566×1071,3×1010V(120)\approx 200\times 6{,}566\times 10^{7}\approx 1{,}3\times 10^{10} ventes MENSUELLES, soit plus de treize milliards. C'est supérieur à la population mondiale, et il s'agirait de ventes chaque mois : le résultat est absurde et invalide à lui seul l'extrapolation. Ce contrôle de plausibilité aurait dû être fait par le cabinet avant publication.

d) Non. Le coefficient 0,150{,}15 est un taux CONTINU, comme à l'exercice 2. Le taux effectif mensuel vaut e0,1510,1618\mathrm{e}^{0{,}15}-1\approx 0{,}1618, soit environ 16,18 %16{,}18\ \% et non 15 %15\ \%. L'écart d'un peu plus d'un point paraît mineur, mais composé sur cent vingt mois il représente un facteur considérable.

e) Il faudrait un modèle à croissance LIMITÉE, comportant un palier. Un modèle logistique conviendrait, ou une fonction du type V(t)=LAektV(t)=L-A\mathrm{e}^{-kt} qui croît d'abord rapidement puis SATURE vers une capacité maximale LL correspondant à la taille du marché. Il faudrait en outre disposer de données sur une période bien plus longue avant de prétendre prévoir à dix ans, et idéalement valider le modèle sur des données qui n'ont pas servi à l'ajuster.

Les cinq critiques se ramènent à une seule question, celle du DOMAINE DE VALIDITÉ, et c'est la dernière étape de toute modélisation. Un modèle comporte toujours trois éléments qu'il faut savoir énoncer : une forme fonctionnelle choisie, des paramètres ajustés sur des données, et un intervalle sur lequel on accepte de s'en servir. Le cabinet a soigné les deux premiers et complètement omis le troisième. Le contraste avec l'exercice 7 est instructif : là, le modèle exponentiel était JUSTIFIÉ par une loi physique et sa limite était connue d'avance ; ici il n'est qu'un ajustement empirique, et rien ne garantit qu'il vaille au-delà des six mois observés. Un bon réflexe consiste à toujours évaluer le modèle en un point très éloigné, comme en c), et à se demander si le résultat est physiquement possible.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : La règle de 70

Un capital placé au taux annuel rr, intérêts composés, est multiplié par 1+r1+r chaque année. Les financiers estiment son temps de doublement, en années, par la « règle de 70 » : 70r %\frac{70}{r\ \%}, où r %r\ \% est le taux écrit en pourcentage.

  • a) Montrez que le temps de doublement exact vaut n=ln2ln(1+r)n=\frac{\ln 2}{\ln(1+r)}, puis calculez-le pour r=5 %r=5\ \%, au centième.
  • b) Que donne la règle de 70 pour r=5 %r=5\ \% ? Calculez l'écart relatif avec la valeur exacte.
  • c) Même question pour r=10 %r=10\ \%. La règle est-elle meilleure ou moins bonne ?
  • d) La tangente à la courbe de ln(1+x)\ln(1+x) en 00 a pour équation y=xy=x. Expliquez d'où vient la règle de 70.
  • e) Avec une inflation de 2 %2\ \% par an, en combien d'années les prix doublent-ils ? Donnez la valeur exacte au dixième.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) n=ln2ln1,0514,21n=\frac{\ln 2}{\ln 1{,}05}\approx 14{,}21 ans
  • b) 1414 ans : écart 1,51{,}5 %
  • c) 7,277{,}27 contre 77 : écart 3,73{,}7 %
  • d) ln(1+r)r\ln(1+r)\approx r : n69,3r %n\approx\frac{69{,}3}{r\ \%}
  • e) 35,035{,}0 ans

a) Le capital est multiplié par (1+r)n(1+r)^{n} en nn ans. On cherche (1+r)n=2(1+r)^{n}=2 ; en passant au logarithme, nln(1+r)=ln2n\ln(1+r)=\ln 2, soit n=ln2ln(1+r)n=\frac{\ln 2}{\ln(1+r)}. Pour r=0,05r=0{,}05 : n=0,69310,0487914,21n=\frac{0{,}6931}{0{,}04879}\approx 14{,}21 ans.

b) 705=14\frac{70}{5}=14 ans. Écart relatif : 14,211414,211,5 %\frac{14{,}21-14}{14{,}21}\approx 1{,}5\ \%, remarquablement faible pour un calcul de tête.

c) Exact : ln2ln1,17,27\frac{\ln 2}{\ln 1{,}1}\approx 7{,}27 ans ; règle : 7010=7\frac{70}{10}=7 ans. L'écart relatif monte à 3,7 %3{,}7\ \% : la règle est MOINS bonne quand le taux grandit.

d) Pour xx proche de 00, la courbe de ln(1+x)\ln(1+x) est proche de sa tangente : ln(1+r)r\ln(1+r)\approx r. Alors nln2r=0,693r=69,3r %n\approx\frac{\ln 2}{r}=\frac{0{,}693}{r}=\frac{69{,}3}{r\ \%}, que l'on arrondit à 7070 pour faciliter le calcul mental. L'approximation se dégrade quand rr s'éloigne de 00, ce qui explique c).

e) Règle : 702=35\frac{70}{2}=35 ans. Exact : ln2ln1,0235,0\frac{\ln 2}{\ln 1{,}02}\approx 35{,}0 ans. Pour un petit taux, la règle est quasi exacte : en une vie de travail, une inflation de 2 %2\ \% suffit à diviser par deux le pouvoir d'achat d'une somme gardée sous le matelas.

Exercice 12 : Une loi de puissance en biologie : la loi de Kleiber

Chez les mammifères, la puissance consommée au repos PP, en watts, dépend de la masse MM, en kilogrammes, selon la loi de Kleiber : P=3,4M0,75P=3{,}4\,M^{0{,}75}.

  • a) Calculez la puissance au repos d'une souris de 25 g25\ \mathrm{g}, au millième.
  • b) Calculez celle d'un éléphant de 5000 kg5\,000\ \mathrm{kg}, à l'unité.
  • c) L'éléphant est 200000200\,000 fois plus lourd. Par combien sa puissance est-elle multipliée ? Exprimez ce facteur comme une puissance de 200000200\,000.
  • d) Calculez la puissance par kilogramme de chaque animal. Lequel brûle le plus d'énergie par kilogramme, et dans quel rapport ?
  • e) Que devient la loi si l'on trace lnP\ln P en fonction de lnM\ln M ?

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a)
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  • a) 0,214\approx 0{,}214 W
  • b) 2022\approx 2\,022 W
  • c) ×9457=2000000,75\times 9\,457=200\,000^{0{,}75}
  • d) 8,558{,}55 contre 0,4040{,}404 W/kg : rapport 2121
  • e) Droite de pente 0,750{,}75

a) M=0,025 kgM=0{,}025\ \mathrm{kg} : P=3,4×0,0250,753,4×0,06290,214 WP=3{,}4\times 0{,}025^{0{,}75}\approx 3{,}4\times 0{,}0629\approx 0{,}214\ \mathrm{W}. La masse doit être en kilogrammes, pas en grammes.

b) P=3,4×50000,753,4×594,62022 WP=3{,}4\times 5\,000^{0{,}75}\approx 3{,}4\times 594{,}6\approx 2\,022\ \mathrm{W}.

c) 20220,2149457\frac{2\,022}{0{,}214}\approx 9\,457, et c'est exactement 2000000,75200\,000^{0{,}75} : le coefficient 3,43{,}4 se simplifie dans le rapport. La puissance est multipliée par moins de dix mille, alors que la masse l'est par deux cent mille.

d) Souris : 0,2140,0258,55 W/kg\frac{0{,}214}{0{,}025}\approx 8{,}55\ \mathrm{W/kg} ; éléphant : 202250000,404 W/kg\frac{2\,022}{5\,000}\approx 0{,}404\ \mathrm{W/kg}. La souris brûle 2121 fois plus d'énergie par kilogramme, rapport égal à 2000000,25200\,000^{0{,}25}. C'est pourquoi une souris mange chaque jour une part de son poids, et son cœur bat plus de dix fois plus vite.

e) lnP=ln3,4+0,75lnM\ln P=\ln 3{,}4+0{,}75\ln M : une fonction AFFINE de lnM\ln M, de pente 0,750{,}75. En coordonnées logarithmiques, une loi de puissance devient une droite, et c'est ainsi qu'on repère l'exposant sur des données réelles.

Exercice 13 : La lumière qui s'éteint sous l'eau

Dans un lac, l'intensité lumineuse à la profondeur xx, en mètres, vaut I(x)=I0ekxI(x)=I_{0}\,\mathrm{e}^{-kx}, où I0I_{0} est l'intensité en surface et k>0k>0. On mesure que la moitié de la lumière est absorbée dans les 55 premiers mètres.

  • a) Déterminez kk, au millième.
  • b) Quelle fraction de la lumière de surface reste-t-il à 10 m10\ \mathrm{m} ?
  • c) Les algues ne poussent plus quand il reste moins de 1 %1\ \% de la lumière. Jusqu'à quelle profondeur poussent-elles ? Arrondissez au dixième.
  • d) Quel pourcentage de la lumière est absorbé dans chaque mètre d'eau ?
  • e) Dans une eau trouble, la moitié de la lumière est absorbée dès 2 m2\ \mathrm{m}. Quelle est la nouvelle profondeur limite des algues ?

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  • a) k=ln250,139k=\frac{\ln 2}{5}\approx 0{,}139 m⁻¹
  • b) 2525 %
  • c) 33,2\approx 33{,}2 m
  • d) 12,9\approx 12{,}9 % par mètre
  • e) 13,3\approx 13{,}3 m

a) I(5)=I02I(5)=\frac{I_{0}}{2} donne e5k=12\mathrm{e}^{-5k}=\frac{1}{2}, soit 5k=ln25k=\ln 2 et k=ln250,139 m1k=\frac{\ln 2}{5}\approx 0{,}139\ \mathrm{m^{-1}}. L'intensité I0I_{0} se simplifie : la profondeur de moitié ne dépend pas de l'éclairage.

b) e10k=(e5k)2=(12)2=14\mathrm{e}^{-10k}=\left(\mathrm{e}^{-5k}\right)^{2}=\left(\frac{1}{2}\right)^{2}=\frac{1}{4} : il reste 25 %25\ \%. À 10 m10\ \mathrm{m}, on n'a PAS perdu toute la lumière, on l'a divisée par deux deux fois.

c) ekx=0,01\mathrm{e}^{-kx}=0{,}01 donne x=ln100k=5ln100ln233,2 mx=\frac{\ln 100}{k}=\frac{5\ln 100}{\ln 2}\approx 33{,}2\ \mathrm{m}.

d) D'un mètre au suivant, l'intensité est multipliée par ek=21/50,871\mathrm{e}^{-k}=2^{-1/5}\approx 0{,}871 : chaque mètre absorbe environ 12,9 %12{,}9\ \% de la lumière qui l'atteint. Ce pourcentage est le même à toute profondeur, ce qui caractérise une décroissance exponentielle.

e) Toutes les distances sont multipliées par 25\frac{2}{5} : x=2ln100ln213,3 mx=\frac{2\ln 100}{\ln 2}\approx 13{,}3\ \mathrm{m}. Diviser la profondeur de moitié par 2,52{,}5 divise d'autant la zone où la vie végétale est possible.

Exercice 14 : La canette qui utilise le moins de métal

On veut fabriquer une canette cylindrique de volume V=330 cm3V=330\ \mathrm{cm^{3}} avec le moins de métal possible, c'est-à-dire la plus petite surface totale, fond et couvercle compris. On note rr le rayon et hh la hauteur, en centimètres.

  • a) Exprimez hh en fonction de rr, puis montrez que la surface vaut S(r)=2πr2+660rS(r)=2\pi r^{2}+\frac{660}{r}.
  • b) Calculez S(r)S'(r) et déterminez le rayon qui minimise la surface, au millième.
  • c) Calculez la hauteur correspondante et comparez-la au rayon.
  • d) Calculez la surface minimale, au dixième.
  • e) Les canettes réelles ont un rayon voisin de 3,0 cm3{,}0\ \mathrm{cm}. Calculez leur hauteur et leur surface, puis le pourcentage de métal en plus.

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  • a) h=330πr2h=\frac{330}{\pi r^{2}}, S=2πr2+660rS=2\pi r^{2}+\frac{660}{r}
  • b) r=(165π)1/33,745r=\left(\frac{165}{\pi}\right)^{1/3}\approx 3{,}745 cm
  • c) h7,49h\approx 7{,}49 cm =2r=2r
  • d) Smin264,4S_{\min}\approx 264{,}4 cm²
  • e) h11,7h\approx 11{,}7 cm, S276,5S\approx 276{,}5 cm² : +4,6+4{,}6 %

a) V=πr2hV=\pi r^{2}h donne h=330πr2h=\frac{330}{\pi r^{2}}. La surface comprend deux disques et la paroi : S=2πr2+2πrh=2πr2+2πr×330πr2=2πr2+660rS=2\pi r^{2}+2\pi rh=2\pi r^{2}+2\pi r\times\frac{330}{\pi r^{2}}=2\pi r^{2}+\frac{660}{r}.

b) S(r)=4πr660r2=4πr3660r2S'(r)=4\pi r-\frac{660}{r^{2}}=\frac{4\pi r^{3}-660}{r^{2}}. Le dénominateur est positif, SS' s'annule et change de signe, du négatif au positif, quand r3=6604π=165πr^{3}=\frac{660}{4\pi}=\frac{165}{\pi}, soit r=(165π)1/33,745 cmr=\left(\frac{165}{\pi}\right)^{1/3}\approx 3{,}745\ \mathrm{cm}. C'est un minimum.

c) h=330π×3,74527,490 cmh=\frac{330}{\pi\times 3{,}745^{2}}\approx 7{,}490\ \mathrm{cm}, soit exactement 2r2r : la hauteur égale le DIAMÈTRE. En effet r3=V2πr^{3}=\frac{V}{2\pi} donne h=Vπr2=2πr3πr2=2rh=\frac{V}{\pi r^{2}}=\frac{2\pi r^{3}}{\pi r^{2}}=2r. La canette optimale est aussi haute que large.

d) S=2π×3,7452+6603,74588,1+176,2264,4 cm2S=2\pi\times 3{,}745^{2}+\frac{660}{3{,}745}\approx 88{,}1+176{,}2\approx 264{,}4\ \mathrm{cm^{2}}.

e) h=3309π11,7 cmh=\frac{330}{9\pi}\approx 11{,}7\ \mathrm{cm} et S=18π+220276,5 cm2S=18\pi+220\approx 276{,}5\ \mathrm{cm^{2}}, soit 4,6 %4{,}6\ \% de métal en plus. Le fabricant accepte ce surcoût : une canette plus fine tient mieux en main, et le couvercle, plus épais que la paroi, coûte moins cher s'il est petit. Le modèle ne tient pas compte de ces contraintes.

Exercice 15 : La courbe en cloche et ses points d'inflexion

On étudie la fonction f(x)=ex22f(x)=\mathrm{e}^{-\frac{x^{2}}{2}} sur R\mathbb{R}, dont la courbe « en cloche » intervient partout en statistiques.

  • a) Calculez f(x)f'(x) et déduisez-en le maximum de ff.
  • b) Montrez que f(x)=(x21)ex22f''(x)=(x^{2}-1)\mathrm{e}^{-\frac{x^{2}}{2}}.
  • c) Déterminez les points d'inflexion et la valeur de ff en ces points, au millième.
  • d) Déterminez l'équation de la tangente au point d'abscisse 11 et l'abscisse de son intersection avec l'axe des abscisses.
  • e) Sur quel intervalle ff est-elle concave ? Pour quelle valeur positive de xx la fonction vaut-elle la moitié de son maximum ?

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Réponses

  • a) f(x)=xex22f'(x)=-x\,\mathrm{e}^{-\frac{x^{2}}{2}} ; maximum 11
  • b) Dérivée du produit ✓
  • c) Inflexions en ±1\pm 1, f(±1)0,607f(\pm 1)\approx 0{,}607
  • d) y=e12(2x)y=\mathrm{e}^{-\frac{1}{2}}(2-x) ; coupe l'axe en 22
  • e) Concave sur [1;1][-1\,;1] ; x=2ln21,177x=\sqrt{2\ln 2}\approx 1{,}177

a) Avec u=x22u=-\frac{x^{2}}{2}, u=xu'=-x : f(x)=xex22f'(x)=-x\,\mathrm{e}^{-\frac{x^{2}}{2}}. L'exponentielle est positive, donc ff' est du signe de x-x : ff croît sur ];0]]-\infty\,;0], décroît ensuite, et son maximum vaut f(0)=1f(0)=1.

b) On dérive le produit x×ex22-x\times\mathrm{e}^{-\frac{x^{2}}{2}} : f(x)=ex22+(x)(x)ex22=(x21)ex22f''(x)=-\mathrm{e}^{-\frac{x^{2}}{2}}+(-x)(-x)\mathrm{e}^{-\frac{x^{2}}{2}}=(x^{2}-1)\mathrm{e}^{-\frac{x^{2}}{2}}.

c) ff'' a le signe de x21x^{2}-1 : il change de signe en 1-1 et en 11, qui sont les abscisses des deux points d'inflexion. f(±1)=e120,607f(\pm 1)=\mathrm{e}^{-\frac{1}{2}}\approx 0{,}607.

d) f(1)=e12f'(1)=-\mathrm{e}^{-\frac{1}{2}}, donc y=e12(x1)+e12=e12(2x)y=-\mathrm{e}^{-\frac{1}{2}}(x-1)+\mathrm{e}^{-\frac{1}{2}}=\mathrm{e}^{-\frac{1}{2}}(2-x). Elle coupe l'axe des abscisses en x=2x=2 : c'est la tangente la plus pentue du flanc droit de la cloche.

e) f0f''\leq 0 pour x21x^{2}\leq 1 : ff est concave sur [1;1][-1\,;1], convexe en dehors. f(x)=12f(x)=\frac{1}{2} donne x22=ln2\frac{x^{2}}{2}=\ln 2, soit x=2ln21,177x=\sqrt{2\ln 2}\approx 1{,}177. En statistiques, la distance 11 entre le sommet et l'inflexion s'appelle l'écart-type : c'est là que la cloche change de courbure.

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