Maths complémentaires, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : l'approche historique de la fonction logarithme (maths complémentaires)

Voici une série d'exercices corrigés de mathématiques complémentaires sur l'approche historique de la fonction logarithme, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal. Elle couvre les tables de Napier et de Briggs, le logarithme décimal et ses propriétés algébriques, le logarithme de base 2, les équations et inéquations exponentielles, le papier semi-logarithmique et les échelles logarithmiques : pH, magnitude de Richter, magnitude des étoiles.

Le programme de l'option aborde le logarithme par deux portes. Celle de cette série est historique : au début du XVIIe siècle, Napier puis Briggs construisent des tables qui mettent en regard une suite géométrique et une suite arithmétique, pour remplacer les multiplications interminables des astronomes et des navigateurs par des additions. L'autre porte, la fonction logarithme népérien comme réciproque de l'exponentielle, avec ses limites et sa dérivée, a sa propre série.

À la fin de la série, vous savez retrouver log⁡6\log 6 ou log⁡1,5\log 1{,}5 sans calculatrice à partir de log⁡2\log 2 et log⁡3\log 3 (exercice 1), multiplier deux grands nombres avec une table (exercice 2), comparer l'énergie de deux séismes (exercice 3), calculer le pH d'un mélange (exercice 4), résoudre ax=ba^{x}=b et ses inéquations (exercice 5), reconnaître une croissance exponentielle sur papier semi-logarithmique (exercice 6), dater au carbone 14 avec la propagation de l'incertitude (exercice 8) et compter les chiffres d'un nombre géant (exercice 11). La partie C suit les héritiers modernes des tables : la loi de Benford, les octaves en base 2, la force d'un mot de passe en bits et la loi de Moore.

Le fil de la série : un logarithme compte des MULTIPLICATIONS. Passer d'une graduation à la suivante multiplie par dix, et c'est pour cela qu'on ne moyenne jamais des pH, des décibels ni des magnitudes (exercices 4 et 10). Deux pièges algébriques sont traités : log⁡(a+b)\log(a+b) n'est jamais log⁡a+log⁡b\log a+\log b (exercice 1), et diviser par ln⁡a\ln a quand 0<a<10<a<1 renverse le sens de l'inéquation (exercice 5).

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Ce chapitre fait partie de Maths complémentaires en Terminale
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (10 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1La notion de fonctionTroisième, Mathématiques
  2. 2Les fonctions affinesTroisième, Mathématiques
  3. 3Équations, équations produit et inéquationsTroisième, Mathématiques
  4. 4Algorithmique et ScratchTroisième, Mathématiques
  5. 5Généralités sur les fonctionsSeconde, Mathématiques
  6. 6Fonctions affines et systèmesSeconde, Mathématiques
  7. 7Algorithmique et PythonSeconde, Mathématiques
  8. 8Les suites numériquesPremière, Mathématiques
  9. 9La dérivationPremière, Mathématiques
  10. 10La fonction exponentiellePremière, Mathématiques

Rappel de cours

  • • L'idée de Napier et de Briggs : mettre en regard la suite géométrique 11, 1010, 100100, 1 0001\,000 et la suite arithmétique 00, 11, 22, 33. Multiplier deux termes de la première revient à ADDITIONNER leurs rangs dans la seconde : 100×1 000=102+3100\times 1\,000=10^{2+3}. Le logarithme décimal prolonge cette correspondance à tous les réels strictement positifs.
  • • Une table donnait la mantisse, partie décimale de log⁡x\log x pour 1≤x<101\leq x<10 ; la partie entière se lit sur la puissance de dix : log⁡54,32=1+log⁡5,432\log 54{,}32=1+\log 5{,}432.
  • • Logarithme décimal : log⁡x\log x est l'unique exposant tel que 10log⁡x=x10^{\log x}=x, défini pour x>0x>0. En particulier log⁡10n=n\log 10^{n}=n.
  • • Propriété fondamentale : log⁡(ab)=log⁡a+log⁡b\log(ab)=\log a+\log b, log⁡ab=log⁡a−log⁡b\log\frac{a}{b}=\log a-\log b, log⁡an=nlog⁡a\log a^{n}=n\log a et log⁡a=12log⁡a\log\sqrt{a}=\frac{1}{2}\log a.
  • • Lien avec le logarithme népérien : log⁡x=ln⁡xln⁡10\log x=\frac{\ln x}{\ln 10}, et ln⁡10≈2,302585\ln 10\approx 2{,}302585.
  • • Logarithme de base 2 : log⁡2x=ln⁡xln⁡2\log_{2}x=\frac{\ln x}{\ln 2} compte le nombre de DOUBLEMENTS qui mènent de 11 à xx ; c'est l'unité des bits et des octaves.
  • • Résolution de ax=ba^{x}=b avec a>0a>0 et a≠1a\neq 1 : x=ln⁡bln⁡ax=\frac{\ln b}{\ln a}. Si 0<a<10<a<1 alors ln⁡a<0\ln a<0, et diviser par ln⁡a\ln a renverse le sens d'une inéquation.
  • • Outil emprunté à la série sur le logarithme népérien, pour l'exercice 9 : (ln⁡x)′=1x(\ln x)'=\frac{1}{x} sur ]0;+∞[]0;+\infty[, et plus généralement (ln⁡u)′=u′u\left(\ln u\right)'=\frac{u'}{u}.
  • • Sur un graphique semi-logarithmique on porte log⁡y\log y en ordonnée : une croissance exponentielle y=A×qty=A\times q^{t} y apparaît comme une droite, de coefficient directeur log⁡q\log q et d'ordonnée à l'origine log⁡A\log A.
  • • Attention : log⁡(a+b)\log(a+b) ne vaut jamais log⁡a+log⁡b\log a+\log b, et log⁡0\log 0 n'existe pas. Quand xx tend vers 0 par valeurs positives, log⁡x\log x tend vers −∞-\infty.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Propriétés du logarithme décimal

Dans tout cet exercice, log⁡\log désigne le logarithme décimal.

Pour les questions b) et c), on dispose uniquement des deux valeurs log⁡2≈0,3010\log 2\approx 0{,}3010 et log⁡3≈0,4771\log 3\approx 0{,}4771, et la calculatrice est interdite.

  • a) Calculez log⁡1000\log 1000, log⁡0,01\log 0{,}01, log⁡1\log 1 et log⁡10\log\sqrt{10}.
  • b) Déduisez des deux valeurs données log⁡6\log 6, log⁡5\log 5, log⁡12\log 12 et log⁡1,5\log 1{,}5, arrondis au dix-millième.
  • c) Peut-on déterminer log⁡7\log 7 de la même manière ? Justifiez.
  • d) Un élève écrit log⁡(a+b)=log⁡a+log⁡b\log(a+b)=\log a+\log b. Donnez un contre-exemple numérique, puis expliquez d'où vient la confusion.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 33 ; −2-2 ; 00 ; 0,50{,}5
  • b) 0,77810{,}7781 ; 0,69900{,}6990 ; 1,07911{,}0791 ; 0,17610{,}1761
  • c) Non : 77 est premier
  • d) a=b=1a=b=1 : log⁡2≠0\log 2\neq 0
a)

log⁡1000=log⁡103=3\log 1000=\log 10^{3}=3. log⁡0,01=log⁡10−2=−2\log 0{,}01=\log 10^{-2}=-2. log⁡1=log⁡100=0\log 1=\log 10^{0}=0. Enfin log⁡10=log⁡101/2=12=0,5\log\sqrt{10}=\log 10^{1/2}=\frac{1}{2}=0{,}5.

b)

log⁡6=log⁡(2×3)=0,3010+0,4771=0,7781\log 6=\log(2\times 3)=0{,}3010+0{,}4771=0{,}7781. Pour 5 on écrit 5=1025=\frac{10}{2}, donc log⁡5=1−0,3010=0,6990\log 5=1-0{,}3010=0{,}6990. Pour 12 on écrit 12=22×312=2^{2}\times 3, donc log⁡12=2×0,3010+0,4771=1,0791\log 12=2\times 0{,}3010+0{,}4771=1{,}0791. Enfin 1,5=321{,}5=\frac{3}{2}, donc log⁡1,5=0,4771−0,3010=0,1761\log 1{,}5=0{,}4771-0{,}3010=0{,}1761.

c)

Non. Les propriétés du logarithme ne permettent de déduire que les nombres qui s'écrivent comme produits et quotients de puissances de 2, de 3 et de 10. Or 7 est un nombre premier, étranger à 2, 3 et 5 : aucune combinaison de ces facteurs ne le donne. C'est exactement pour cette raison que les tables historiques listaient une valeur par nombre premier, et que leur construction a demandé des années de calcul.

d)

Prenons a=b=1a=b=1 : log⁡(1+1)=log⁡2≈0,3010\log(1+1)=\log 2\approx 0{,}3010, tandis que log⁡1+log⁡1=0+0=0\log 1+\log 1=0+0=0. Les deux membres diffèrent. La confusion vient du fait que la propriété du logarithme relie bien une somme et un produit, mais dans l'autre sens : c'est le produit à l'intérieur qui devient une somme à l'extérieur. Une somme à l'intérieur ne se simplifie pas du tout.

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Exercice 2 : Calculer avec une table, à la manière de Napier

Avant les machines à calculer, on multipliait deux grands nombres en additionnant leurs logarithmes lus dans une table, puis en cherchant à rebours le nombre correspondant à la somme obtenue. C'est l'usage pour lequel Napier a construit les logarithmes en 1614.

On dispose des lectures suivantes : log⁡5432≈3,73496\log 5432\approx 3{,}73496 et log⁡8765≈3,94275\log 8765\approx 3{,}94275.

  • a) Calculez 5432×87655432\times 8765 par cette méthode, en donnant le résultat sous la forme a×10na\times 10^{n} avec 1≤a<101\leq a<10.
  • b) Justifiez que log⁡54,32\log 54{,}32 et log⁡5432\log 5432 ont la même partie décimale. Quel rôle joue alors la partie entière du logarithme ?
  • c) Calculez 543235432^{3} par la même méthode.
  • d) Calculez 5432\sqrt{5432} par la même méthode, au centième près.
  • e) La méthode a disparu des salles de classe. Citez deux domaines où le raisonnement qu'elle utilise, additionner des logarithmes plutôt que multiplier des nombres, est resté indispensable.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) ≈4,7611×107\approx 4{,}7611\times 10^{7}
  • b) Écart d'un entier ; la partie entière donne l'ordre de grandeur
  • c) ≈1,6028×1011\approx 1{,}6028\times 10^{11}
  • d) ≈73,70\approx 73{,}70
  • e) Échelles logarithmiques ; calcul en log-vraisemblance
a)

On additionne : 3,73496+3,94275=7,677713{,}73496+3{,}94275=7{,}67771. La partie entière 7 annonce un nombre à huit chiffres, de l'ordre de 10710^{7}. Il reste à trouver le nombre dont le logarithme vaut 0,677710{,}67771, ce que la table donne à rebours : environ 4,76114{,}7611. Le produit vaut donc environ 4,7611×1074{,}7611\times 10^{7}, soit 47 611 000. La valeur exacte est 47 611 480 : l'écart est d'environ un cent-millième, entièrement dû aux arrondis de la table à cinq décimales.

b)

On a 5432=54,32×1005432=54{,}32\times 100, donc log⁡5432=log⁡54,32+2\log 5432=\log 54{,}32+2. Les deux logarithmes diffèrent d'un entier, donc leurs parties décimales sont identiques. C'est ce qui rendait les tables utilisables : on n'y listait que la partie décimale, appelée mantisse, pour les nombres entre 1 et 10, et la partie entière, appelée caractéristique, se lisait directement sur l'ordre de grandeur. Une table de quelques pages suffisait ainsi pour tous les nombres.

c)

log⁡(54323)=3×3,73496=11,20488\log\left(5432^{3}\right)=3\times 3{,}73496=11{,}20488. La caractéristique 11 annonce un nombre à douze chiffres, et la mantisse 0,204880{,}20488 correspond à environ 1,60281{,}6028. Donc 54323≈1,6028×10115432^{3}\approx 1{,}6028\times 10^{11}, soit environ 160 280 000 000. La valeur exacte est 160 279 981 568. Une puissance devient une simple multiplication : c'est le second grand avantage de la méthode.

d)

log⁡5432=3,734962=1,86748\log\sqrt{5432}=\frac{3{,}73496}{2}=1{,}86748. La caractéristique 1 annonce un nombre à deux chiffres avant la virgule, et la mantisse 0,867480{,}86748 correspond à environ 7,37027{,}3702. Donc 5432≈73,70\sqrt{5432}\approx 73{,}70. Vérification : 73,702=5431,6973{,}70^{2}=5431{,}69, ce qui est bien cohérent. Une racine devient une division par 2, opération qu'un calculateur du 17e siècle savait faire de tête.

e)

Deux exemples parmi d'autres. Premièrement, toutes les échelles de mesure de la perception ou des phénomènes très étendus, pH, magnitude sismique, magnitude stellaire, niveau sonore : y additionner des unités revient à multiplier des grandeurs physiques, et c'est précisément cette conversion que l'on cherche. Deuxièmement, le calcul d'ordres de grandeur et la stabilité numérique en informatique : quand un algorithme multiplie des milliers de probabilités toutes petites, le produit devient nul par arrondi, alors que la somme de leurs logarithmes reste parfaitement calculable. C'est la raison pour laquelle les logiciels de statistique travaillent en log-vraisemblance.

Exercice 3 : Échelle de Richter

L'énergie EE libérée par un séisme, en joules, est reliée à sa magnitude MM sur l'échelle de Richter par E=E0×101,5ME=E_{0}\times 10^{1{,}5M}, où E0E_{0} est une énergie de référence.

Les réponses seront arrondies au dixième lorsque c'est utile.

  • a) Montrez que le rapport des énergies de deux séismes ne dépend que de la différence de leurs magnitudes.
  • b) Un séisme de magnitude 7 libère combien de fois plus d'énergie qu'un séisme de magnitude 5 ?
  • c) Même question pour des magnitudes 6,5 et 5,5.
  • d) Quelle magnitude correspond à une énergie 100 fois supérieure à celle d'un séisme de magnitude 6 ?
  • e) Un article de presse écrit : « le séisme de magnitude 8 a été deux fois plus puissant que celui de magnitude 4 enregistré la veille ». Corrigez, puis proposez une formulation exacte et compréhensible par un lecteur non mathématicien.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) E2E1=101,5(M2−M1)\frac{E_{2}}{E_{1}}=10^{1{,}5(M_{2}-M_{1})}
  • b) 1 0001\,000
  • c) ≈31,6\approx 31{,}6
  • d) M≈7,3M\approx 7{,}3
  • e) Un million de fois plus d'énergie
a)

Pour deux séismes de magnitudes M1M_{1} et M2M_{2}, E2E1=E0×101,5M2E0×101,5M1=101,5(M2−M1)\frac{E_{2}}{E_{1}}=\frac{E_{0}\times 10^{1{,}5M_{2}}}{E_{0}\times 10^{1{,}5M_{1}}}=10^{1{,}5\left(M_{2}-M_{1}\right)}. L'énergie de référence disparaît, et seul l'écart de magnitude compte. C'est la signature d'une échelle logarithmique : ce qui a un sens, ce sont les différences de magnitude, jamais les magnitudes prises isolément.

b)

L'écart vaut 2, donc le rapport est 101,5×2=103=100010^{1{,}5\times 2}=10^{3}=1000. Le séisme de magnitude 7 libère mille fois plus d'énergie.

c)

L'écart vaut cette fois 1, donc le rapport est 101,5≈31,610^{1{,}5}\approx 31{,}6. Un point de magnitude correspond donc toujours à un facteur d'environ 32 sur l'énergie, quel que soit l'endroit de l'échelle où l'on se place.

d)

On cherche MM tel que 101,5(M−6)=10010^{1{,}5(M-6)}=100, soit 1,5(M−6)=21{,}5(M-6)=2, donc M−6=43M-6=\frac{4}{3} et M≈7,3M\approx 7{,}3. Multiplier l'énergie par 100 ne coûte qu'environ 1,31{,}3 point de magnitude.

e)

L'écart de magnitude vaut 4, donc le rapport des énergies vaut 101,5×4=10610^{1{,}5\times 4}=10^{6} : le séisme de magnitude 8 a libéré un million de fois plus d'énergie, pas deux fois plus. Le journaliste a lu la magnitude comme une mesure directe, alors qu'elle est un exposant. Une formulation exacte et lisible serait : « le séisme de magnitude 8 a libéré environ un million de fois plus d'énergie que celui de magnitude 4 ; sur cette échelle, chaque point supplémentaire correspond à une énergie multipliée par 32 environ. »

Exercice 4 : pH et mélange de solutions

Le pH d'une solution aqueuse est défini par pH=−log⁡[H3O+]\mathrm{pH}=-\log\left[\mathrm{H}_{3}\mathrm{O}^{+}\right], où la concentration est exprimée en moles par litre.

Les pH seront arrondis au centième.

  • a) Calculez le pH d'une solution dont la concentration en ions hydronium vaut 2,5×10−42{,}5\times 10^{-4} mole par litre.
  • b) Calculez la concentration en ions hydronium d'une solution de pH égal à 8,48{,}4.
  • c) On dilue une solution dix fois. De combien son pH varie-t-il ? Justifiez par le calcul.
  • d) On mélange des volumes égaux d'une solution de pH 3 et d'une solution de pH 5. Le pH du mélange vaut-il 4 ? Calculez-le.
  • e) On mélange des volumes égaux de deux solutions acides de pH respectifs pH1\mathrm{pH}_{1} et pH2\mathrm{pH}_{2}, avec pH1≤pH2\mathrm{pH}_{1}\leq \mathrm{pH}_{2}. Montrez que le pH du mélange est compris entre pH1\mathrm{pH}_{1} et pH1+log⁡2\mathrm{pH}_{1}+\log 2.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) pH ≈3,60\approx 3{,}60
  • b) ≈3,98×10−9\approx 3{,}98\times 10^{-9} mol/L
  • c) +1+1
  • d) Non : pH ≈3,30\approx 3{,}30
  • e) pH1≤pH≤pH1+log⁡2\mathrm{pH}_{1}\leq\mathrm{pH}\leq\mathrm{pH}_{1}+\log 2
a)

pH=−log⁡(2,5×10−4)=−(log⁡2,5−4)=4−log⁡2,5≈4−0,3979≈3,60\mathrm{pH}=-\log\left(2{,}5\times 10^{-4}\right)=-\left(\log 2{,}5-4\right)=4-\log 2{,}5\approx 4-0{,}3979\approx 3{,}60.

b)

De pH=−log⁡[H3O+]\mathrm{pH}=-\log\left[\mathrm{H}_{3}\mathrm{O}^{+}\right] on tire [H3O+]=10−pH=10−8,4≈3,98×10−9\left[\mathrm{H}_{3}\mathrm{O}^{+}\right]=10^{-\mathrm{pH}}=10^{-8{,}4}\approx 3{,}98\times 10^{-9} mole par litre. La solution est basique, sa concentration en ions hydronium est très faible.

c)

Diluer dix fois divise la concentration par 10. Le nouveau pH vaut −log⁡c10=−log⁡c+log⁡10=pH+1-\log\frac{c}{10}=-\log c+\log 10=\mathrm{pH}+1. Le pH augmente donc exactement d'une unité, quelle que soit la valeur de départ. C'est la traduction directe de la propriété fondamentale du logarithme.

d)

Non. Ce sont les concentrations qui se moyennent, pas les pH. La première solution a une concentration de 10−310^{-3} et la seconde de 10−510^{-5} mole par litre. À volumes égaux, le mélange a pour concentration 10−3+10−52=0,001+0,000012=5,05×10−4\frac{10^{-3}+10^{-5}}{2}=\frac{0{,}001+0{,}00001}{2}=5{,}05\times 10^{-4} mole par litre, d'où pH=−log⁡(5,05×10−4)≈3,30\mathrm{pH}=-\log\left(5{,}05\times 10^{-4}\right)\approx 3{,}30. Le mélange est presque aussi acide que la solution la plus acide, et non intermédiaire : la solution de pH 5 apporte cent fois moins d'ions que l'autre, elle ne fait pratiquement que diluer. La figure du corrigé porte les deux solutions et le mélange sur l'échelle des pH : c'est la rangée des concentrations qui se moyenne, jamais celle des pH.

e)

Notons c1=10−pH1c_{1}=10^{-\mathrm{pH}_{1}} et c2=10−pH2c_{2}=10^{-\mathrm{pH}_{2}}. Comme pH1≤pH2\mathrm{pH}_{1}\leq \mathrm{pH}_{2}, on a 0<c2≤c10<c_{2}\leq c_{1}. La concentration du mélange vaut c=c1+c22c=\frac{c_{1}+c_{2}}{2}, donc c12<c≤c1\frac{c_{1}}{2}<c\leq c_{1}. La fonction −log⁡-\log étant décroissante, on obtient −log⁡c1≤−log⁡c<−log⁡c12-\log c_{1}\leq-\log c<-\log\frac{c_{1}}{2}, c'est-à-dire pH1≤pH≤pH1+log⁡2\mathrm{pH}_{1}\leq \mathrm{pH}\leq \mathrm{pH}_{1}+\log 2. Comme log⁡2≈0,30\log 2\approx 0{,}30, le pH d'un mélange à volumes égaux ne peut jamais s'écarter de plus de trois dixièmes du pH le plus acide, même si la seconde solution est un million de fois moins concentrée. La question d) en est l'illustration : 3,2973{,}297 est juste en dessous de la limite supérieure 3+log⁡2≈3,3013+\log 2\approx 3{,}301.

3,03,54,04,55,0pH100050510010concentration en ions H₃O⁺ (× 10⁻⁶ mol/L)pH 3pH 5moyenne des pHmélange : 3,30

Exercice 5 : Équations et inéquations exponentielles

Résolvez chacune des équations ou inéquations suivantes. Les solutions approchées seront données au dix-millième, et les rangs entiers seront exacts.

  • a) 3x=503^{x}=50
  • b) 1,05n≥21{,}05^{n}\geq 2, où nn est un entier naturel
  • c) 0,85n≤0,010{,}85^{n}\leq 0{,}01, où nn est un entier naturel
  • d) 2x=3x−12^{x}=3^{x-1}
  • e) log⁡x+log⁡(x−3)=1\log x+\log(x-3)=1

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) x≈3,5609x\approx 3{,}5609
  • b) n=15n=15
  • c) n=29n=29
  • d) x≈2,7095x\approx 2{,}7095
  • e) x=5x=5 (−2-2 rejeté)
a)

En passant au logarithme népérien : xln⁡3=ln⁡50x\ln 3=\ln 50, donc x=ln⁡50ln⁡3≈3,91201,0986≈3,5609x=\frac{\ln 50}{\ln 3}\approx\frac{3{,}9120}{1{,}0986}\approx 3{,}5609.

b)

nln⁡1,05≥ln⁡2n\ln 1{,}05\geq\ln 2, et ln⁡1,05>0\ln 1{,}05>0, donc le sens est conservé : n≥ln⁡2ln⁡1,05≈14,2067n\geq\frac{\ln 2}{\ln 1{,}05}\approx 14{,}2067. Le plus petit entier convenable est n=15n=15. C'est la règle du doublement d'un capital à 5 % : environ quinze ans.

c)

nln⁡0,85≤ln⁡0,01n\ln 0{,}85\leq\ln 0{,}01. Ici ln⁡0,85≈−0,1625\ln 0{,}85\approx -0{,}1625 est négatif, donc la division renverse l'inégalité : n≥ln⁡0,01ln⁡0,85≈−4,6052−0,1625≈28,3362n\geq\frac{\ln 0{,}01}{\ln 0{,}85}\approx\frac{-4{,}6052}{-0{,}1625}\approx 28{,}3362. Le plus petit entier convenable est n=29n=29. C'est l'erreur de signe la plus fréquente du chapitre : la solution est bien n≥29n\geq 29 et non n≤28n\leq 28.

d)

xln⁡2=(x−1)ln⁡3x\ln 2=(x-1)\ln 3, soit xln⁡2−xln⁡3=−ln⁡3x\ln 2-x\ln 3=-\ln 3, donc x(ln⁡2−ln⁡3)=−ln⁡3x\left(\ln 2-\ln 3\right)=-\ln 3 et x=ln⁡3ln⁡3−ln⁡2≈1,09860,4055≈2,7095x=\frac{\ln 3}{\ln 3-\ln 2}\approx\frac{1{,}0986}{0{,}4055}\approx 2{,}7095. Vérification : 22,7095≈6,54102^{2{,}7095}\approx 6{,}5410 et 31,7095≈6,54103^{1{,}7095}\approx 6{,}5410.

e)

L'ensemble de définition impose d'abord x>0x>0 et x−3>0x-3>0, donc x>3x>3. L'équation devient log⁡(x(x−3))=1\log\left(x(x-3)\right)=1, soit x2−3x=10x^{2}-3x=10, c'est-à-dire x2−3x−10=0x^{2}-3x-10=0. Le discriminant vaut 9+40=499+40=49, et les racines sont x=5x=5 et x=−2x=-2. Seule x=5x=5 appartient à l'ensemble de définition : la solution est x=5x=5. La racine −2-2 est un artefact du passage à l'équation polynomiale, et l'oublier de rejeter est l'erreur la plus coûteuse de cet exercice. Vérification : log⁡5+log⁡2=log⁡10=1\log 5+\log 2=\log 10=1.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Lecture d'un papier semi-logarithmique

Une plateforme relève son nombre d'utilisateurs, en milliers, au début de chaque mois pendant six mois. Le nuage de points obtenu est représenté ci-dessous en repère ordinaire.

Le service souhaite savoir si la croissance est exponentielle, et si oui à quel rythme.

t (mois)012345
y (milliers)120174252366530769
123456100200300400500600700800t (mois)y (milliers d'utilisateurs)
  • a) Calculez log⁡y\log y pour chacune des six valeurs, arrondi au dix-millième.
  • b) Justifiez que les points de coordonnées (t ; log⁡y)\left(t\ ;\ \log y\right) sont pratiquement alignés, et calculez le coefficient directeur de la droite passant par le premier et le dernier point.
  • c) Déduisez-en une expression de yy en fonction de tt sous la forme A×qtA\times q^{t}, puis le taux de croissance mensuel en pourcentage.
  • d) Estimez le nombre d'utilisateurs au bout de huit mois.
  • e) Une droite sur un repère ordinaire, une droite sur un repère semi-logarithmique et une droite sur un repère logarithmique dans les deux directions signalent trois types de croissance différents. Lesquels ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 2,07922{,}0792 ; 2,24052{,}2405 ; 2,40142{,}4014 ; 2,56352{,}5635 ; 2,72432{,}7243 ; 2,88592{,}8859
  • b) Écarts constants ; pente ≈0,1613\approx 0{,}1613
  • c) y≈120×1,45ty\approx 120\times 1{,}45^{t} : +45+45 % par mois
  • d) ≈2 345\approx 2\,345 milliers
  • e) Linéaire ; exponentielle ; puissance
a)

On obtient successivement log⁡120≈2,0792\log 120\approx 2{,}0792, log⁡174≈2,2405\log 174\approx 2{,}2405, log⁡252≈2,4014\log 252\approx 2{,}4014, log⁡366≈2,5635\log 366\approx 2{,}5635, log⁡530≈2,7243\log 530\approx 2{,}7243 et log⁡769≈2,8859\log 769\approx 2{,}8859.

b)

Les écarts successifs valent 0,16130{,}1613, 0,16090{,}1609, 0,16210{,}1621, 0,16080{,}1608 et 0,16160{,}1616 : ils sont pratiquement constants, ce qui est exactement la caractéristique d'un alignement. Le coefficient directeur de la droite joignant le premier et le dernier point vaut 2,8859−2,07925−0≈0,1613\frac{2{,}8859-2{,}0792}{5-0}\approx 0{,}1613.

c)

L'ordonnée à l'origine est log⁡120≈2,0792\log 120\approx 2{,}0792, donc log⁡y≈0,1613 t+2,0792\log y\approx 0{,}1613\,t+2{,}0792. En repassant aux puissances de 10 : y≈102,0792×(100,1613)t=120×1,45ty\approx 10^{2{,}0792}\times\left(10^{0{,}1613}\right)^{t}=120\times 1{,}45^{t}. Le nombre d'utilisateurs est donc multiplié par 1,451{,}45 chaque mois, ce qui correspond à une croissance de 45 % par mois.

d)

y(8)≈120×1,458≈120×19,541≈2345y(8)\approx 120\times 1{,}45^{8}\approx 120\times 19{,}541\approx 2345 milliers d'utilisateurs, soit environ 2,3 millions. On peut aussi rester en logarithmes : log⁡y≈0,1613×8+2,0792≈3,3696\log y\approx 0{,}1613\times 8+2{,}0792\approx 3{,}3696, et 103,3696≈234210^{3{,}3696}\approx 2342, l'écart venant des arrondis.

e)

Une droite en repère ordinaire signale une croissance linéaire, y=at+by=at+b : c'est l'accroissement qui est constant. Une droite en repère semi-logarithmique, où l'on porte log⁡y\log y contre tt, signale une croissance exponentielle y=Aqty=Aq^{t} : c'est le taux de croissance qui est constant, donc le rapport d'un mois au suivant. Une droite en repère logarithmique dans les deux directions, où l'on porte log⁡y\log y contre log⁡t\log t, signale une loi de puissance y=Atky=At^{k}, le coefficient directeur valant l'exposant kk : on la rencontre en biologie pour les lois d'échelle et en économie pour les distributions de richesse. Choisir le bon papier, c'est donc déjà formuler une hypothèse sur la nature du phénomène.

12345622,12,22,32,42,52,62,72,82,93t (mois)log y

Exercice 7 : La magnitude des étoiles, depuis Hipparque

Vers 130 avant notre ère, Hipparque a classé les étoiles visibles à l'œil nu en six grandeurs, de la première pour les plus brillantes à la sixième pour les plus faibles. Vingt siècles plus tard, on a mesuré que le flux lumineux reçu d'une étoile de grandeur 1 valait environ cent fois celui d'une étoile de grandeur 6, et on a figé l'échelle sur cette constatation.

La magnitude apparente mm est aujourd'hui définie par la relation m2−m1=−2,5log⁡(F2F1)m_{2}-m_{1}=-2{,}5\log\left(\frac{F_{2}}{F_{1}}\right), où FF désigne le flux lumineux reçu.

  • a) Montrez que le choix du coefficient 2,52{,}5 découle directement de la mesure historique rappelée ci-dessus.
  • b) La magnitude de Véga vaut 0 et celle de Sirius vaut −1,46-1{,}46. Combien de fois Sirius est-elle plus brillante que Véga ? Arrondissez au centième.
  • c) L'œil nu distingue les étoiles jusqu'à la magnitude 6. Combien de fois une étoile de magnitude 6 est-elle moins brillante qu'une étoile de magnitude 1 ?
  • d) Le télescope spatial Hubble atteint la magnitude 31. Combien de fois est-il plus sensible que l'œil nu ?
  • e) Expliquez pourquoi cette échelle est croissante dans le sens des étoiles les moins brillantes, et pourquoi une échelle logarithmique était pratiquement inévitable ici.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) k5=100k^{5}=100 : log⁡k=0,4=12,5\log k=0{,}4=\frac{1}{2{,}5}
  • b) ≈3,84\approx 3{,}84 fois
  • c) 100100 fois
  • d) 101010^{10} fois
  • e) Tradition d'Hipparque ; étendue et perception
a)

Cinq grandeurs d'écart, de la première à la sixième, correspondent à un rapport de flux de 100. Si chaque grandeur multiplie le flux par un même facteur kk, alors k5=100k^{5}=100, donc k=1001/5=102/5=100,4≈2,512k=100^{1/5}=10^{2/5}=10^{0{,}4}\approx 2{,}512. En passant au logarithme, un écart d'une magnitude correspond à log⁡k=0,4\log k=0{,}4, donc un écart de Δm\Delta m correspond à log⁡FF′=0,4 Δm\log\frac{F}{F'}=0{,}4\,\Delta m, soit Δm=2,5log⁡FF′\Delta m=2{,}5\log\frac{F}{F'}. Le coefficient 2,52{,}5 n'est donc pas un choix arbitraire : c'est l'inverse de 0,40{,}4, imposé par la volonté de conserver le classement d'Hipparque tout en le rendant quantitatif.

b)

L'écart de magnitude vaut 0−(−1,46)=1,460-(-1{,}46)=1{,}46, donc FSiriusFVeˊga=101,46/2,5=100,584≈3,84\frac{F_{\text{Sirius}}}{F_{\text{Véga}}}=10^{1{,}46/2{,}5}=10^{0{,}584}\approx 3{,}84. Sirius est environ 3,84 fois plus brillante que Véga.

c)

L'écart vaut 5 magnitudes, donc le rapport des flux vaut 105/2,5=102=10010^{5/2{,}5}=10^{2}=100 : c'est exactement la mesure historique du a), ce qui est rassurant puisque l'échelle a été construite pour cela.

d)

L'écart vaut 31−6=2531-6=25 magnitudes, donc le rapport des flux vaut 1025/2,5=101010^{25/2{,}5}=10^{10}. Hubble détecte des objets dix milliards de fois moins lumineux que la limite de l'œil nu.

e)

L'échelle est croissante vers les étoiles faibles parce qu'Hipparque a numéroté ses classes par ordre d'apparition dans le ciel du soir : les plus brillantes se voient les premières et forment la première grandeur. La convention a été conservée par respect de deux mille ans de catalogues, au prix d'un signe moins dans la définition moderne. Quant à l'échelle logarithmique, elle s'imposait pour deux raisons. D'abord l'étendue : entre l'étoile la plus brillante et l'objet le plus faible détecté, le rapport de flux dépasse 102010^{20}, un intervalle qu'aucune graduation linéaire ne peut représenter. Ensuite la perception : l'œil, comme l'oreille, réagit approximativement aux rapports d'intensité et non aux différences, si bien qu'Hipparque, en classant simplement ce qu'il voyait, avait déjà construit sans le savoir une échelle logarithmique. C'est le même mécanisme qui a produit plus tard le décibel et le pH.

Exercice 8 : Datation au carbone 14 et propagation de l'incertitude

La proportion de carbone 14 restant dans un échantillon après tt années est p(t)=e−λtp(t)=\mathrm{e}^{-\lambda t}, où λ\lambda est une constante positive.

La demi-vie du carbone 14, c'est-à-dire la durée au bout de laquelle il n'en reste que la moitié, vaut 5730 ans.

  • a) Montrez que λ=ln⁡25730\lambda=\frac{\ln 2}{5730}, puis calculez sa valeur à 10−910^{-9} près.
  • b) Un échantillon contient encore 32 % de son carbone 14 initial. Déterminez son âge, arrondi à la dizaine d'années.
  • c) Quelle proportion reste-t-il au bout de trois demi-vies ? Retrouvez le résultat de deux façons.
  • d) La mesure de la proportion est donnée à un point de pourcentage près, soit entre 31 % et 33 %. Encadrez l'âge de l'échantillon.
  • e) La méthode devient inutilisable au-delà de 50 000 ans environ. Calculez la proportion restante à cet âge, puis montrez qu'une erreur de mesure de seulement 0,05 point de pourcentage y déplace la date de plus de 1700 ans. Concluez.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) λ≈0,000120968\lambda\approx 0{,}000120968
  • b) ≈9 420\approx 9\,420 ans
  • c) 12,512{,}5 %
  • d) Entre 9 1659\,165 et 9 6829\,682 ans
  • e) 0,2360{,}236 % ; ≈1 750\approx 1\,750 ans d'erreur
a)

Par définition de la demi-vie, p(5730)=12p(5730)=\frac{1}{2}, donc e−5730λ=12\mathrm{e}^{-5730\lambda}=\frac{1}{2}. En passant au logarithme népérien : −5730λ=−ln⁡2-5730\lambda=-\ln 2, d'où λ=ln⁡25730≈0,000120968\lambda=\frac{\ln 2}{5730}\approx 0{,}000120968 par an.

b)

On résout e−λt=0,32\mathrm{e}^{-\lambda t}=0{,}32, soit −λt=ln⁡0,32-\lambda t=\ln 0{,}32, donc t=−ln⁡0,32λ=1,139430,000120968≈9419t=\frac{-\ln 0{,}32}{\lambda}=\frac{1{,}13943}{0{,}000120968}\approx 9419 ans, soit environ 9420 ans.

c)

Première méthode : après chaque demi-vie la proportion est divisée par 2, donc après trois demi-vies elle vaut (12)3=18=12,5 %\left(\frac{1}{2}\right)^{3}=\frac{1}{8}=12{,}5\ \%. Seconde méthode : trois demi-vies représentent 3×5730=17 1903\times 5730=17\,190 ans, et p(17 190)=e−0,000120968×17 190≈e−2,0794≈0,125p(17\,190)=\mathrm{e}^{-0{,}000120968\times 17\,190}\approx\mathrm{e}^{-2{,}0794}\approx 0{,}125. Les deux méthodes concordent, ce qui est attendu puisque e−3ln⁡2=2−3\mathrm{e}^{-3\ln 2}=2^{-3}.

d)

Pour 33 % : t=−ln⁡0,33λ≈9165t=\frac{-\ln 0{,}33}{\lambda}\approx 9165 ans. Pour 31 % : t=−ln⁡0,31λ≈9682t=\frac{-\ln 0{,}31}{\lambda}\approx 9682 ans. L'âge est donc compris entre 9165 et 9682 ans, soit environ 9420±2609420\pm 260 ans. Une incertitude de un point sur une proportion de 32 % se traduit par une incertitude de 260 ans sur un âge de 9400 ans, soit moins de 3 % : la datation est fiable dans cette gamme.

e)

À 50 000 ans, p=e−0,000120968×50 000=e−6,048≈0,00236p=\mathrm{e}^{-0{,}000120968\times 50\,000}=\mathrm{e}^{-6{,}048}\approx 0{,}00236, soit 0,236 % : il ne reste que deux atomes sur mille. Or l'âge s'écrit t=−ln⁡pλt=\frac{-\ln p}{\lambda}, dont la dérivée est dtdp=−1λp\frac{\mathrm{d}t}{\mathrm{d}p}=\frac{-1}{\lambda p}. Une variation Δp=0,0005\Delta p=0{,}0005 déplace donc l'âge de Δpλp=0,00050,000120968×0,00236≈1750\frac{\Delta p}{\lambda p}=\frac{0{,}0005}{0{,}000120968\times 0{,}00236}\approx 1750 ans. La comparaison avec le d) est frappante : la même erreur relative pèse d'autant plus lourd que la proportion restante est faible, parce que le logarithme, très plat près de 1 et très raide près de 0, amplifie les erreurs sur les petites proportions. À cela s'ajoute que 0,236 % est proche du seuil de détection des instruments et de la contamination naturelle des échantillons. La limite de 50 000 ans n'est donc pas une frontière arbitraire : c'est l'âge au-delà duquel l'incertitude de la méthode devient plus grande que ce qu'elle prétend mesurer.

Exercice 9 : Un modèle à rendement décroissant

Le score obtenu à un examen après xx heures de révision est modélisé par S(x)=30ln⁡(x+1)S(x)=30\ln(x+1), pour xx positif, le score étant noté sur 100.

Les scores seront arrondis au dixième et les durées au centième d'heure.

  • a) Calculez S(0)S(0), S(4)S(4), S(9)S(9) et S(19)S(19). Interprétez S(0)S(0).
  • b) Calculez S′(x)S'(x), justifiez que la fonction est croissante, puis calculez S′(0)S'(0), S′(9)S'(9) et S′(19)S'(19). Que mesure cette dérivée ?
  • c) Déterminez le nombre d'heures nécessaires pour atteindre un score de 60, puis un score de 90.
  • d) Comparez le coût en heures des trente premiers points, des trente suivants et des trente d'après. Formulez la loi que le modèle exprime.
  • e) Le modèle a un défaut structurel. Identifiez-le, déterminez l'intervalle sur lequel il reste utilisable, et proposez une correction.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 00 ; 48,348{,}3 ; 69,169{,}1 ; 89,989{,}9
  • b) S′(x)=30x+1S'(x)=\frac{30}{x+1} : 3030 ; 33 ; 1,51{,}5
  • c) ≈6,39\approx 6{,}39 h et ≈19,09\approx 19{,}09 h
  • d) Chaque tranche coûte e\mathrm{e} fois plus
  • e) Non borné : valable jusqu'à ≈27\approx 27 h
a)

S(0)=30ln⁡1=0S(0)=30\ln 1=0 : sans aucune révision le modèle prédit un score nul, ce qui est une simplification puisque l'élève sait déjà quelque chose. S(4)=30ln⁡5≈48,3S(4)=30\ln 5\approx 48{,}3, S(9)=30ln⁡10≈69,1S(9)=30\ln 10\approx 69{,}1 et S(19)=30ln⁡20≈89,9S(19)=30\ln 20\approx 89{,}9.

b)

S′(x)=30x+1S'(x)=\frac{30}{x+1}, strictement positive pour tout xx positif : la fonction est strictement croissante, réviser ne fait jamais baisser le score. On a S′(0)=30S'(0)=30, S′(9)=3S'(9)=3 et S′(19)=1,5S'(19)=1{,}5. Cette dérivée mesure le gain de points apporté par une heure de révision supplémentaire : la première heure vaut environ trente points, la dixième environ trois, la vingtième un et demi.

c)

30ln⁡(x+1)=6030\ln(x+1)=60 donne ln⁡(x+1)=2\ln(x+1)=2, donc x=e2−1≈6,39x=\mathrm{e}^{2}-1\approx 6{,}39 heures. De même 30ln⁡(x+1)=9030\ln(x+1)=90 donne ln⁡(x+1)=3\ln(x+1)=3, donc x=e3−1≈19,09x=\mathrm{e}^{3}-1\approx 19{,}09 heures.

d)

Les trente premiers points s'obtiennent en e−1≈1,72\mathrm{e}-1\approx 1{,}72 heure, les trente suivants coûtent 6,39−1,72≈4,676{,}39-1{,}72\approx 4{,}67 heures de plus, et les trente d'après 19,09−6,39≈12,7019{,}09-6{,}39\approx 12{,}70 heures encore. Chaque tranche de trente points coûte donc environ e≈2,72\mathrm{e}\approx 2{,}72 fois plus de temps que la précédente : le coût des tranches suit une progression géométrique alors que le gain suit une progression arithmétique. C'est la loi des rendements décroissants, et c'est précisément ce que le logarithme sert à modéliser. La figure du corrigé montre les trois tranches : à gain égal de trente points, la largeur en heures est multipliée par e\mathrm{e} à chaque fois.

e)

Le défaut est que la fonction n'est pas bornée : ln⁡(x+1)\ln(x+1) tend vers +∞+\infty, donc le modèle finit par prédire des scores supérieurs à 100, ce qui n'a aucun sens pour une note sur 100. On résout 30ln⁡(x+1)>10030\ln(x+1)>100, soit x>e10/3−1≈27,03x>\mathrm{e}^{10/3}-1\approx 27{,}03 : le modèle n'est utilisable que sur l'intervalle [0 ; 27][0\ ;\ 27] environ. Une correction naturelle consiste à prendre un modèle qui tend vers un palier, par exemple S(x)=100(1−e−kx)S(x)=100\left(1-\mathrm{e}^{-kx}\right) : il conserve les rendements décroissants et la croissance stricte, mais il est majoré par 100 quel que soit xx. On ajusterait kk sur les mêmes données que le modèle logarithmique.

4812162024281530456075901051,72 h6,39 h19,09 hx (heures de révision)S(x), score sur 100

Exercice 10 : Lecture critique des échelles logarithmiques

Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse ou trompeuse. Expliquez précisément pourquoi, en appuyant chaque réponse sur un calcul ou un contre-exemple.

  • a) « Sur ce graphique en échelle logarithmique, la courbe des cas monte moins vite qu'il y a un mois : l'épidémie recule et le nombre de malades diminue. »
  • b) « Un pH de 6 n'est qu'un point en dessous d'un pH de 7 : la différence d'acidité est négligeable. »
  • c) « Pour tout réel xx non nul, log⁡(x2)=2log⁡x\log\left(x^{2}\right)=2\log x. »
  • d) « Puisque log⁡1=0\log 1=0, on a log⁡0=−1\log 0=-1. »
  • e) « Sur un graphique semi-logarithmique, deux droites parallèles représentent deux grandeurs dont l'écart reste constant. »

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Faux : croissance ralentie, pas de baisse
  • b) Faux : dix fois plus acide
  • c) Faux pour x<0x<0 : 2log⁡∣x∣2\log|x|
  • d) Faux : log⁡0\log 0 n'existe pas
  • e) Faux : c'est le rapport qui est constant
a)

L'affirmation confond la pente et le signe de la pente. Sur un repère semi-logarithmique, une pente positive plus faible signifie que le taux de croissance a diminué, donc que l'épidémie croît moins vite, mais elle croît toujours : le nombre de cas continue d'augmenter à chaque instant. Il faudrait une pente négative pour que le nombre de malades diminue. C'est exactement l'erreur commise en masse dans la presse au printemps 2020, et elle est d'autant plus facile à commettre que l'échelle logarithmique aplatit visuellement les courbes exponentielles.

b)

Faux, la différence est d'un facteur 10. La concentration en ions hydronium vaut 10−610^{-6} contre 10−710^{-7} mole par litre : la solution de pH 6 est dix fois plus acide. Un point de pH n'est pas une petite différence, c'est un ordre de grandeur. C'est d'ailleurs pour cela que l'on mesure le pH au centième dans les analyses médicales : un pH sanguin de 7,35 et un pH de 7,45 délimitent la plage normale, et un écart de quelques dixièmes met la vie en danger.

c)

Faux pour les réels strictement négatifs. Si x=−10x=-10, alors x2=100x^{2}=100 et log⁡(x2)=2\log\left(x^{2}\right)=2, tandis que log⁡x=log⁡(−10)\log x=\log(-10) n'existe pas : le membre de gauche est défini et celui de droite ne l'est pas. Les deux expressions n'ont donc pas le même ensemble de définition, ce qui suffit à invalider l'égalité. La formule correcte pour tout xx non nul est log⁡(x2)=2log⁡∣x∣\log\left(x^{2}\right)=2\log|x|.

d)

Absurde. log⁡0\log 0 n'existe pas : par définition log⁡y\log y est l'exposant aa tel que 10a=y10^{a}=y, et aucune puissance de 10 ne vaut 0, puisqu'elles sont toutes strictement positives. Ce qui est vrai, c'est que log⁡x\log x tend vers −∞-\infty lorsque xx tend vers 0 par valeurs positives : log⁡10−100=−100\log 10^{-100}=-100. Il n'y a donc pas de valeur limite finie à attribuer, et surtout pas −1-1, qui est le logarithme de 0,10{,}1.

e)

Faux, ou plutôt vrai en logarithme et faux en grandeur réelle. Deux droites parallèles en semi-logarithmique ont le même coefficient directeur, donc le même log⁡q\log q, donc le même taux de croissance. L'écart constant porte sur log⁡y\log y, ce qui signifie que c'est le RAPPORT des deux grandeurs qui reste constant, et non leur différence. Concrètement, si l'une vaut toujours le double de l'autre, l'écart absolu double lui aussi à chaque période et devient énorme, alors que les deux droites restent sagement parallèles à l'écran. C'est la lecture la plus contre-intuitive de ces graphiques, et la plus utile : le semi-logarithmique compare des rythmes, jamais des quantités.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Compter les chiffres d'un nombre géant

Un entier N≥1N\geq 1 qui s'écrit avec kk chiffres vérifie 10k−1≤N<10k10^{k-1}\leq N<10^{k}. On note log⁡\log le logarithme décimal et ⌊x⌋\lfloor x\rfloor la partie entière de xx.

  • a) Montrez que le nombre de chiffres de NN vaut ⌊log⁡N⌋+1\lfloor\log N\rfloor+1.
  • b) Combien de chiffres le nombre 220242^{2024} compte-t-il ? On donne log⁡2≈0,30103\log 2\approx 0{,}30103.
  • c) Combien de chiffres compte 31003^{100} ?
  • d) Le plus grand nombre premier connu en 2024 est 282 589 933−12^{82\,589\,933}-1. Combien de chiffres compte-t-il ? On admettra qu'il en a autant que 282 589 9332^{82\,589\,933}.
  • e) Quel est le plus petit entier nn tel que 2n2^{n} dépasse un gogol, 1010010^{100} ? Quel est le premier chiffre de 220242^{2024} ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) k−1≤log⁡N<kk-1\leq\log N<k
  • b) 610610 chiffres
  • c) 4848 chiffres
  • d) 24 862 04824\,862\,048 chiffres
  • e) n=333n=333 ; premier chiffre 11
a)

En passant au logarithme, qui est croissant : k−1≤log⁡N<kk-1\leq\log N<k. Donc k−1k-1 est la partie entière de log⁡N\log N, et k=⌊log⁡N⌋+1k=\lfloor\log N\rfloor+1. Par exemple log⁡999≈2,9996\log 999\approx 2{,}9996 donne 33 chiffres, et log⁡1 000=3\log 1\,000=3 en donne 44.

b)

log⁡(22024)=2 024×0,30103≈609,28\log\left(2^{2024}\right)=2\,024\times 0{,}30103\approx 609{,}28 : 220242^{2024} compte 610610 chiffres.

c)

log⁡(3100)=100log⁡3≈47,71\log\left(3^{100}\right)=100\log 3\approx 47{,}71 : 4848 chiffres.

d)

82 589 933×0,30103≈24 862 047,282\,589\,933\times 0{,}30103\approx 24\,862\,047{,}2 : ce nombre compte 24 862 04824\,862\,048 chiffres. Imprimé à raison de 3 0003\,000 chiffres par page, il remplirait plus de huit mille pages.

e)

2n>101002^{n}>10^{100} équivaut à nlog⁡2>100n\log 2>100, soit n>1000,30103≈332,2n>\frac{100}{0{,}30103}\approx 332{,}2 : n=333n=333. Pour le premier chiffre de 220242^{2024} : 22024=10609,2847=100,2847×10609≈1,93×106092^{2024}=10^{609{,}2847}=10^{0{,}2847}\times 10^{609}\approx 1{,}93\times 10^{609}. Le premier chiffre est 11 : la partie DÉCIMALE du logarithme donne les premiers chiffres, la partie entière la place de la virgule.

Exercice 12 : La loi de Benford : le premier chiffre des nombres réels

Dans beaucoup de données réelles, montants de factures, populations de communes, longueurs de rivières, le premier chiffre non nul n'est pas équiréparti. La loi de Benford lui attribue la probabilité P(d)=log⁡(1+1d)P(d)=\log\left(1+\frac{1}{d}\right) pour dd entre 11 et 99, où log⁡\log est le logarithme décimal.

  • a) Calculez la probabilité que le premier chiffre soit 11, au millième.
  • b) Calculez la probabilité qu'il soit 99, au millième. Comparez à l'équirépartition.
  • c) Montrez que la somme des neuf probabilités vaut 11.
  • d) Calculez la probabilité que le premier chiffre soit inférieur ou égal à 33.
  • e) Un contrôleur examine 500500 factures d'une entreprise : 5555 commencent par 99. Combien en attendait-il selon Benford ? Que peut-il soupçonner ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) log⁡2≈0,301\log 2\approx 0{,}301
  • b) ≈0,046\approx 0{,}046 contre 0,1110{,}111
  • c) log⁡10=1\log 10=1 par télescopage
  • d) log⁡4≈0,602\log 4\approx 0{,}602
  • e) ≈23\approx 23 attendues : excès suspect
a)

P(1)=log⁡2≈0,301P(1)=\log 2\approx 0{,}301 : près d'un nombre sur trois commence par 11.

b)

P(9)=log⁡109≈0,046P(9)=\log\frac{10}{9}\approx 0{,}046, contre 19≈0,111\frac{1}{9}\approx 0{,}111 si les chiffres étaient équirépartis : le 99 est plus de six fois moins fréquent que le 11.

c)

∑d=19log⁡d+1d=log⁡(21×32×⋯×109)=log⁡10=1\sum_{d=1}^{9}\log\frac{d+1}{d}=\log\left(\frac{2}{1}\times\frac{3}{2}\times\cdots\times\frac{10}{9}\right)=\log 10=1 : le produit se simplifie en cascade, la somme de logarithmes devient le logarithme d'un produit.

d)

P(1)+P(2)+P(3)=log⁡(21×32×43)=log⁡4≈0,602P(1)+P(2)+P(3)=\log\left(\frac{2}{1}\times\frac{3}{2}\times\frac{4}{3}\right)=\log 4\approx 0{,}602 : trois nombres sur cinq commencent par 11, 22 ou 33.

e)

500×0,0458≈23500\times 0{,}0458\approx 23 factures attendues, contre 5555 observées : 2,42{,}4 fois trop. Un excès de montants commençant par 99 évoque des sommes gonflées juste sous un seuil d'autorisation, par exemple 990990 dollars sous un plafond de 1 0001\,000. Ce n'est pas une preuve, mais un signal qui justifie un contrôle ; la loi de Benford est réellement utilisée par les services fiscaux.

Exercice 13 : Octaves et demi-tons : le logarithme en musique

Dans la gamme tempérée, chaque demi-ton multiplie la fréquence par 21122^{\frac{1}{12}}, si bien que douze demi-tons forment une octave, qui double la fréquence. Le la de référence vibre à 440 Hz440\ \mathrm{Hz}.

  • a) Quelle est la fréquence du la situé une octave au-dessus ?
  • b) Calculez la fréquence de la note située 77 demi-tons au-dessus du la de référence, au centième.
  • c) Montrez que le nombre de demi-tons entre deux fréquences f1f_{1} et f2f_{2} vaut 12log⁡2f2f112\log_{2}\frac{f_{2}}{f_{1}}, puis calculez-le entre 440440 et 660 Hz660\ \mathrm{Hz}, au millième.
  • d) Les musiciens mesurent les petits écarts en cents, centièmes de demi-ton. De combien de cents la quinte juste, de rapport 32\frac{3}{2}, s'écarte-t-elle de la quinte tempérée de 77 demi-tons ?
  • e) La note la plus grave d'un piano vibre à 27,5 Hz27{,}5\ \mathrm{Hz}. Combien d'octaves et de demi-tons la séparent du la de référence ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 880880 Hz
  • b) ≈659,26\approx 659{,}26 Hz
  • c) 12log⁡2f2f112\log_{2}\frac{f_{2}}{f_{1}} ; ≈7,020\approx 7{,}020
  • d) ≈1,955\approx 1{,}955 cent
  • e) 44 octaves, 4848 demi-tons
a)

Douze demi-tons multiplient la fréquence par (2112)12=2\left(2^{\frac{1}{12}}\right)^{12}=2 : 880 Hz880\ \mathrm{Hz}.

b)

440×2712≈440×1,4983≈659,26 Hz440\times 2^{\frac{7}{12}}\approx 440\times 1{,}4983\approx 659{,}26\ \mathrm{Hz} : c'est le mi.

c)

Après kk demi-tons, f2=f1×2k12f_{2}=f_{1}\times 2^{\frac{k}{12}}, donc k12=log⁡2f2f1\frac{k}{12}=\log_{2}\frac{f_{2}}{f_{1}} et k=12log⁡2f2f1k=12\log_{2}\frac{f_{2}}{f_{1}}, avec log⁡2x=ln⁡xln⁡2\log_{2}x=\frac{\ln x}{\ln 2}. Entre 440440 et 660660 : k=12×ln⁡1,5ln⁡2≈7,020k=12\times\frac{\ln 1{,}5}{\ln 2}\approx 7{,}020 demi-tons.

d)

1 200log⁡21,5−700≈701,955−700=1,9551\,200\log_{2}1{,}5-700\approx 701{,}955-700=1{,}955 cents. La gamme tempérée fausse très légèrement les quintes, de moins de deux centièmes de demi-ton, pour que toutes les tonalités sonnent de la même façon.

e)

log⁡244027,5=log⁡216=4\log_{2}\frac{440}{27{,}5}=\log_{2}16=4 : quatre octaves exactement, soit 4848 demi-tons. L'oreille entend des intervalles égaux quand les fréquences sont dans des RAPPORTS égaux : c'est une perception logarithmique.

Exercice 14 : La force d'un mot de passe

Un mot de passe est choisi au hasard parmi les 9494 caractères imprimables d'un clavier. On mesure sa force par le nombre de bits d'entropie, log⁡2\log_{2} du nombre de mots de passe possibles. Un pirate teste 101010^{10} mots de passe par seconde.

  • a) Combien de mots de passe de 88 caractères existe-t-il ? Donnez l'ordre de grandeur.
  • b) Calculez l'entropie d'un tel mot de passe, au centième de bit.
  • c) Combien de temps faut-il au pirate pour tous les essayer ? Répondez en jours.
  • d) Quelle longueur minimale faut-il pour que l'essai de tous les mots de passe dure plus de 1 0001\,000 ans ? On prendra 11 an ≈3,156×107 s\approx 3{,}156\times 10^{7}\ \mathrm{s}.
  • e) Une phrase de passe est formée de 55 mots tirés au hasard dans une liste de 7 7767\,776 mots. Calculez son entropie et comparez-la à celle de b).

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 948≈6,10×101594^{8}\approx 6{,}10\times 10^{15}
  • b) ≈52,44\approx 52{,}44 bits
  • c) ≈7,1\approx 7{,}1 jours
  • d) 1111 caractères
  • e) ≈64,6\approx 64{,}6 bits
a)

948≈6,10×101594^{8}\approx 6{,}10\times 10^{15} mots de passe.

b)

log⁡2(948)=8log⁡294=8×ln⁡94ln⁡2≈52,44\log_{2}\left(94^{8}\right)=8\log_{2}94=8\times\frac{\ln 94}{\ln 2}\approx 52{,}44 bits. Chaque caractère apporte log⁡294≈6,55\log_{2}94\approx 6{,}55 bits : l'entropie s'ADDITIONNE quand les possibilités se multiplient.

c)

6,10×10151010=6,10×105 s\frac{6{,}10\times 10^{15}}{10^{10}}=6{,}10\times 10^{5}\ \mathrm{s}, soit 6,10×10586 400≈7,1\frac{6{,}10\times 10^{5}}{86\,400}\approx 7{,}1 jours. Un mot de passe de 88 caractères, même aléatoire, tombe en une semaine.

d)

Il faut 94n≥1010×1 000×3,156×107=3,156×102094^{n}\geq 10^{10}\times 1\,000\times 3{,}156\times 10^{7}=3{,}156\times 10^{20}, soit nlog⁡94≥log⁡(3,156×1020)n\log 94\geq\log\left(3{,}156\times 10^{20}\right) et n≥20,4991,973≈10,4n\geq\frac{20{,}499}{1{,}973}\approx 10{,}4 : 1111 caractères. Trois caractères de plus multiplient la durée par 943≈830 00094^{3}\approx 830\,000.

e)

5log⁡27 776=5×12,92≈64,65\log_{2}7\,776=5\times 12{,}92\approx 64{,}6 bits, soit 1212 bits de plus que le mot de passe de 88 caractères : 212≈4 0002^{12}\approx 4\,000 fois plus d'essais, pour une phrase bien plus facile à retenir. Tout repose sur le tirage au HASARD des mots, une phrase choisie par l'utilisateur étant beaucoup plus prévisible.

Exercice 15 : La loi de Moore à l'épreuve des faits

En 19651965, Gordon Moore prédit que le nombre de transistors d'un processeur doublera régulièrement. On modélise sa loi par N(t)=2 300×2t2N(t)=2\,300\times 2^{\frac{t}{2}}, où tt est le nombre d'années depuis 19711971, date du premier microprocesseur, qui comptait 2 3002\,300 transistors.

  • a) Quel temps de doublement ce modèle suppose-t-il ? Calculez la prévision pour 19911991.
  • b) Calculez la prévision pour 20202020. Donnez l'ordre de grandeur.
  • c) Un processeur de 20202020 compte environ 1,6×10101{,}6\times 10^{10} transistors. Combien de doublements ont réellement eu lieu depuis 19711971 ?
  • d) Déduisez-en le temps de doublement réel, au centième d'année.
  • e) Calculez le taux de croissance annuel réel, en pourcentage. Pourquoi représente-t-on ces données sur un graphique à échelle logarithmique ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 22 ans ; 2 355 2002\,355\,200 en 19911991
  • b) ≈5,5×1010\approx 5{,}5\times 10^{10}
  • c) ≈22,73\approx 22{,}73 doublements
  • d) ≈2,16\approx 2{,}16 ans
  • e) +37,9+37{,}9 % par an ; droite en échelle logarithmique
a)

N(t+2)=2 300×2t2+1=2N(t)N(t+2)=2\,300\times 2^{\frac{t}{2}+1}=2N(t) : le nombre double tous les 22 ans. En 19911991, t=20t=20 : N(20)=2 300×210=2 355 200N(20)=2\,300\times 2^{10}=2\,355\,200, soit environ 2,42{,}4 millions.

b)

t=49t=49 : N(49)=2 300×224,5≈5,5×1010N(49)=2\,300\times 2^{24{,}5}\approx 5{,}5\times 10^{10} transistors.

c)

2 300×2x=1,6×10102\,300\times 2^{x}=1{,}6\times 10^{10} donne x=log⁡21,6×10102 300=ln⁡(6,96×106)ln⁡2≈22,73x=\log_{2}\frac{1{,}6\times 10^{10}}{2\,300}=\frac{\ln(6{,}96\times 10^{6})}{\ln 2}\approx 22{,}73 doublements.

d)

4922,73≈2,16\frac{49}{22{,}73}\approx 2{,}16 ans. La prévision de b) était trois fois trop forte, 5,51,6≈3,4\frac{5{,}5}{1{,}6}\approx 3{,}4, parce qu'un léger écart sur le temps de doublement se cumule sur près de vingt-trois doublements.

e)

Chaque année multiplie le nombre par 212,16≈1,3792^{\frac{1}{2{,}16}}\approx 1{,}379 : +37,9 %+37{,}9\ \% par an. Sur un graphique ordinaire, les premières années seraient écrasées contre l'axe ; en échelle logarithmique, une croissance exponentielle devient une DROITE, dont la pente donne le rythme et dont les écarts révèlent les ralentissements.

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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/complementaires-fonction-logarithme. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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