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Maths complémentaires, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : la fonction logarithme (maths complémentaires)

Voici une série d'exercices corrigés de mathématiques complémentaires sur la fonction logarithme, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.

Le programme aborde ce chapitre par son histoire, et c'est ce qui le rend déroutant : on ne demande pas seulement de dériver ln\ln, on demande de comprendre pourquoi une fonction qui transforme les produits en sommes a changé la façon de calculer, puis pourquoi toutes les échelles de mesure de la perception, le son, les séismes, l'acidité, l'éclat des étoiles, ont fini par devenir logarithmiques. Les exercices suivent ce fil.

Rappel de cours

  • Logarithme décimal : logx\log x est l'unique exposant tel que 10logx=x10^{\log x}=x, défini pour x>0x>0. En particulier log10n=n\log 10^{n}=n.
  • Propriété fondamentale : log(ab)=loga+logb\log(ab)=\log a+\log b, logab=logalogb\log\frac{a}{b}=\log a-\log b, logan=nloga\log a^{n}=n\log a et loga=12loga\log\sqrt{a}=\frac{1}{2}\log a.
  • Lien avec le logarithme népérien : logx=lnxln10\log x=\frac{\ln x}{\ln 10}, et ln102,302585\ln 10\approx 2{,}302585.
  • Résolution de ax=ba^{x}=b avec a>0a>0 et a1a\neq 1 : x=lnblnax=\frac{\ln b}{\ln a}. Si 0<a<10<a<1 alors lna<0\ln a<0, et diviser par lna\ln a renverse le sens d'une inéquation.
  • Dérivées : (lnx)=1x(\ln x)'=\frac{1}{x} sur ]0;+[]0;+\infty[, et plus généralement (lnu)=uu\left(\ln u\right)'=\frac{u'}{u}.
  • Sur un graphique semi-logarithmique on porte logy\log y en ordonnée : une croissance exponentielle y=A×qty=A\times q^{t} y apparaît comme une droite, de coefficient directeur logq\log q et d'ordonnée à l'origine logA\log A.
  • Attention : log(a+b)\log(a+b) ne vaut jamais loga+logb\log a+\log b, et log0\log 0 n'existe pas. Quand xx tend vers 0 par valeurs positives, logx\log x tend vers -\infty.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Propriétés du logarithme décimal

Dans tout cet exercice, log\log désigne le logarithme décimal.

Pour les questions b) et c), on dispose uniquement des deux valeurs log20,3010\log 2\approx 0{,}3010 et log30,4771\log 3\approx 0{,}4771, et la calculatrice est interdite.

  • a) Calculez log1000\log 1000, log0,01\log 0{,}01, log1\log 1 et log10\log\sqrt{10}.
  • b) Déduisez des deux valeurs données log6\log 6, log5\log 5, log12\log 12 et log1,5\log 1{,}5, arrondis au dix-millième.
  • c) Peut-on déterminer log7\log 7 de la même manière ? Justifiez.
  • d) Un élève écrit log(a+b)=loga+logb\log(a+b)=\log a+\log b. Donnez un contre-exemple numérique, puis expliquez d'où vient la confusion.
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a) log1000=log103=3\log 1000=\log 10^{3}=3. log0,01=log102=2\log 0{,}01=\log 10^{-2}=-2. log1=log100=0\log 1=\log 10^{0}=0. Enfin log10=log101/2=12=0,5\log\sqrt{10}=\log 10^{1/2}=\frac{1}{2}=0{,}5.

b) log6=log(2×3)=0,3010+0,4771=0,7781\log 6=\log(2\times 3)=0{,}3010+0{,}4771=0{,}7781. Pour 5 on écrit 5=1025=\frac{10}{2}, donc log5=10,3010=0,6990\log 5=1-0{,}3010=0{,}6990. Pour 12 on écrit 12=22×312=2^{2}\times 3, donc log12=2×0,3010+0,4771=1,0791\log 12=2\times 0{,}3010+0{,}4771=1{,}0791. Enfin 1,5=321{,}5=\frac{3}{2}, donc log1,5=0,47710,3010=0,1761\log 1{,}5=0{,}4771-0{,}3010=0{,}1761.

c) Non. Les propriétés du logarithme ne permettent de déduire que les nombres qui s'écrivent comme produits et quotients de puissances de 2, de 3 et de 10. Or 7 est un nombre premier, étranger à 2, 3 et 5 : aucune combinaison de ces facteurs ne le donne. C'est exactement pour cette raison que les tables historiques listaient une valeur par nombre premier, et que leur construction a demandé des années de calcul.

d) Prenons a=b=1a=b=1 : log(1+1)=log20,3010\log(1+1)=\log 2\approx 0{,}3010, tandis que log1+log1=0+0=0\log 1+\log 1=0+0=0. Les deux membres diffèrent. La confusion vient du fait que la propriété du logarithme relie bien une somme et un produit, mais dans l'autre sens : c'est le produit à l'intérieur qui devient une somme à l'extérieur. Une somme à l'intérieur ne se simplifie pas du tout.

Exercice 2 : Calculer avec une table, à la manière de Napier

Avant les machines à calculer, on multipliait deux grands nombres en additionnant leurs logarithmes lus dans une table, puis en cherchant à rebours le nombre correspondant à la somme obtenue. C'est l'usage pour lequel Napier a construit les logarithmes en 1614.

On dispose des lectures suivantes : log54323,73496\log 5432\approx 3{,}73496 et log87653,94275\log 8765\approx 3{,}94275.

  • a) Calculez 5432×87655432\times 8765 par cette méthode, en donnant le résultat sous la forme a×10na\times 10^{n} avec 1a<101\leq a<10.
  • b) Justifiez que log54,32\log 54{,}32 et log5432\log 5432 ont la même partie décimale. Quel rôle joue alors la partie entière du logarithme ?
  • c) Calculez 543235432^{3} par la même méthode.
  • d) Calculez 5432\sqrt{5432} par la même méthode, au centième près.
  • e) La méthode a disparu des salles de classe. Citez deux domaines où le raisonnement qu'elle utilise, additionner des logarithmes plutôt que multiplier des nombres, est resté indispensable.
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a) On additionne : 3,73496+3,94275=7,677713{,}73496+3{,}94275=7{,}67771. La partie entière 7 annonce un nombre à huit chiffres, de l'ordre de 10710^{7}. Il reste à trouver le nombre dont le logarithme vaut 0,677710{,}67771, ce que la table donne à rebours : environ 4,76114{,}7611. Le produit vaut donc environ 4,7611×1074{,}7611\times 10^{7}, soit 47 611 000. La valeur exacte est 47 611 480 : l'écart est d'environ un cent-millième, entièrement dû aux arrondis de la table à cinq décimales.

b) On a 5432=54,32×1005432=54{,}32\times 100, donc log5432=log54,32+2\log 5432=\log 54{,}32+2. Les deux logarithmes diffèrent d'un entier, donc leurs parties décimales sont identiques. C'est ce qui rendait les tables utilisables : on n'y listait que la partie décimale, appelée mantisse, pour les nombres entre 1 et 10, et la partie entière, appelée caractéristique, se lisait directement sur l'ordre de grandeur. Une table de quelques pages suffisait ainsi pour tous les nombres.

c) log(54323)=3×3,73496=11,20488\log\left(5432^{3}\right)=3\times 3{,}73496=11{,}20488. La caractéristique 11 annonce un nombre à douze chiffres, et la mantisse 0,204880{,}20488 correspond à environ 1,60281{,}6028. Donc 543231,6028×10115432^{3}\approx 1{,}6028\times 10^{11}, soit environ 160 280 000 000. La valeur exacte est 160 279 981 568. Une puissance devient une simple multiplication : c'est le second grand avantage de la méthode.

d) log5432=3,734962=1,86748\log\sqrt{5432}=\frac{3{,}73496}{2}=1{,}86748. La caractéristique 1 annonce un nombre à deux chiffres avant la virgule, et la mantisse 0,867480{,}86748 correspond à environ 7,37027{,}3702. Donc 543273,70\sqrt{5432}\approx 73{,}70. Vérification : 73,702=5431,6973{,}70^{2}=5431{,}69, ce qui est bien cohérent. Une racine devient une division par 2, opération qu'un calculateur du 17e siècle savait faire de tête.

e) Deux exemples parmi d'autres. Premièrement, toutes les échelles de mesure de la perception ou des phénomènes très étendus, pH, magnitude sismique, magnitude stellaire, niveau sonore : y additionner des unités revient à multiplier des grandeurs physiques, et c'est précisément cette conversion que l'on cherche. Deuxièmement, le calcul d'ordres de grandeur et la stabilité numérique en informatique : quand un algorithme multiplie des milliers de probabilités toutes petites, le produit devient nul par arrondi, alors que la somme de leurs logarithmes reste parfaitement calculable. C'est la raison pour laquelle les logiciels de statistique travaillent en log-vraisemblance.

Exercice 3 : Échelle de Richter

L'énergie EE libérée par un séisme, en joules, est reliée à sa magnitude MM sur l'échelle de Richter par E=E0×101,5ME=E_{0}\times 10^{1{,}5M}, où E0E_{0} est une énergie de référence.

Les réponses seront arrondies au dixième lorsque c'est utile.

  • a) Montrez que le rapport des énergies de deux séismes ne dépend que de la différence de leurs magnitudes.
  • b) Un séisme de magnitude 7 libère combien de fois plus d'énergie qu'un séisme de magnitude 5 ?
  • c) Même question pour des magnitudes 6,5 et 5,5.
  • d) Quelle magnitude correspond à une énergie 100 fois supérieure à celle d'un séisme de magnitude 6 ?
  • e) Un article de presse écrit : « le séisme de magnitude 8 a été deux fois plus puissant que celui de magnitude 4 enregistré la veille ». Corrigez, puis proposez une formulation exacte et compréhensible par un lecteur non mathématicien.
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a) Pour deux séismes de magnitudes M1M_{1} et M2M_{2}, E2E1=E0×101,5M2E0×101,5M1=101,5(M2M1)\frac{E_{2}}{E_{1}}=\frac{E_{0}\times 10^{1{,}5M_{2}}}{E_{0}\times 10^{1{,}5M_{1}}}=10^{1{,}5\left(M_{2}-M_{1}\right)}. L'énergie de référence disparaît, et seul l'écart de magnitude compte. C'est la signature d'une échelle logarithmique : ce qui a un sens, ce sont les différences de magnitude, jamais les magnitudes prises isolément.

b) L'écart vaut 2, donc le rapport est 101,5×2=103=100010^{1{,}5\times 2}=10^{3}=1000. Le séisme de magnitude 7 libère mille fois plus d'énergie.

c) L'écart vaut cette fois 1, donc le rapport est 101,531,610^{1{,}5}\approx 31{,}6. Un point de magnitude correspond donc toujours à un facteur d'environ 32 sur l'énergie, quel que soit l'endroit de l'échelle où l'on se place.

d) On cherche MM tel que 101,5(M6)=10010^{1{,}5(M-6)}=100, soit 1,5(M6)=21{,}5(M-6)=2, donc M6=43M-6=\frac{4}{3} et M7,3M\approx 7{,}3. Multiplier l'énergie par 100 ne coûte qu'environ 1,31{,}3 point de magnitude.

e) L'écart de magnitude vaut 4, donc le rapport des énergies vaut 101,5×4=10610^{1{,}5\times 4}=10^{6} : le séisme de magnitude 8 a libéré un million de fois plus d'énergie, pas deux fois plus. Le journaliste a lu la magnitude comme une mesure directe, alors qu'elle est un exposant. Une formulation exacte et lisible serait : « le séisme de magnitude 8 a libéré environ un million de fois plus d'énergie que celui de magnitude 4 ; sur cette échelle, chaque point supplémentaire correspond à une énergie multipliée par 32 environ. »

Exercice 4 : pH et mélange de solutions

Le pH d'une solution aqueuse est défini par pH=log[H3O+]\mathrm{pH}=-\log\left[\mathrm{H}_{3}\mathrm{O}^{+}\right], où la concentration est exprimée en moles par litre.

Les pH seront arrondis au centième.

  • a) Calculez le pH d'une solution dont la concentration en ions hydronium vaut 2,5×1042{,}5\times 10^{-4} mole par litre.
  • b) Calculez la concentration en ions hydronium d'une solution de pH égal à 8,48{,}4.
  • c) On dilue une solution dix fois. De combien son pH varie-t-il ? Justifiez par le calcul.
  • d) On mélange des volumes égaux d'une solution de pH 3 et d'une solution de pH 5. Le pH du mélange vaut-il 4 ? Calculez-le.
  • e) On mélange des volumes égaux de deux solutions acides de pH respectifs pH1\mathrm{pH}_{1} et pH2\mathrm{pH}_{2}, avec pH1pH2\mathrm{pH}_{1}\leq \mathrm{pH}_{2}. Montrez que le pH du mélange est compris entre pH1\mathrm{pH}_{1} et pH1+log2\mathrm{pH}_{1}+\log 2.
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a) pH=log(2,5×104)=(log2,54)=4log2,540,39793,60\mathrm{pH}=-\log\left(2{,}5\times 10^{-4}\right)=-\left(\log 2{,}5-4\right)=4-\log 2{,}5\approx 4-0{,}3979\approx 3{,}60.

b) De pH=log[H3O+]\mathrm{pH}=-\log\left[\mathrm{H}_{3}\mathrm{O}^{+}\right] on tire [H3O+]=10pH=108,43,98×109\left[\mathrm{H}_{3}\mathrm{O}^{+}\right]=10^{-\mathrm{pH}}=10^{-8{,}4}\approx 3{,}98\times 10^{-9} mole par litre. La solution est basique, sa concentration en ions hydronium est très faible.

c) Diluer dix fois divise la concentration par 10. Le nouveau pH vaut logc10=logc+log10=pH+1-\log\frac{c}{10}=-\log c+\log 10=\mathrm{pH}+1. Le pH augmente donc exactement d'une unité, quelle que soit la valeur de départ. C'est la traduction directe de la propriété fondamentale du logarithme.

d) Non. Ce sont les concentrations qui se moyennent, pas les pH. La première solution a une concentration de 10310^{-3} et la seconde de 10510^{-5} mole par litre. À volumes égaux, le mélange a pour concentration 103+1052=0,001+0,000012=5,05×104\frac{10^{-3}+10^{-5}}{2}=\frac{0{,}001+0{,}00001}{2}=5{,}05\times 10^{-4} mole par litre, d'où pH=log(5,05×104)3,30\mathrm{pH}=-\log\left(5{,}05\times 10^{-4}\right)\approx 3{,}30. Le mélange est presque aussi acide que la solution la plus acide, et non intermédiaire : la solution de pH 5 apporte cent fois moins d'ions que l'autre, elle ne fait pratiquement que diluer.

e) Notons c1=10pH1c_{1}=10^{-\mathrm{pH}_{1}} et c2=10pH2c_{2}=10^{-\mathrm{pH}_{2}}. Comme pH1pH2\mathrm{pH}_{1}\leq \mathrm{pH}_{2}, on a 0<c2c10<c_{2}\leq c_{1}. La concentration du mélange vaut c=c1+c22c=\frac{c_{1}+c_{2}}{2}, donc c12<cc1\frac{c_{1}}{2}<c\leq c_{1}. La fonction log-\log étant décroissante, on obtient logc1logc<logc12-\log c_{1}\leq-\log c<-\log\frac{c_{1}}{2}, c'est-à-dire pH1pHpH1+log2\mathrm{pH}_{1}\leq \mathrm{pH}\leq \mathrm{pH}_{1}+\log 2. Comme log20,30\log 2\approx 0{,}30, le pH d'un mélange à volumes égaux ne peut jamais s'écarter de plus de trois dixièmes du pH le plus acide, même si la seconde solution est un million de fois moins concentrée. La question d) en est l'illustration : 3,303{,}30 est exactement à la limite supérieure.

Exercice 5 : Équations et inéquations exponentielles

Résolvez chacune des équations ou inéquations suivantes. Les solutions approchées seront données au dix-millième, et les rangs entiers seront exacts.

  • a) 3x=503^{x}=50
  • b) 1,05n21{,}05^{n}\geq 2, où nn est un entier naturel
  • c) 0,85n0,010{,}85^{n}\leq 0{,}01, où nn est un entier naturel
  • d) 2x=3x12^{x}=3^{x-1}
  • e) logx+log(x3)=1\log x+\log(x-3)=1
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a) En passant au logarithme népérien : xln3=ln50x\ln 3=\ln 50, donc x=ln50ln33,91201,09863,5609x=\frac{\ln 50}{\ln 3}\approx\frac{3{,}9120}{1{,}0986}\approx 3{,}5609.

b) nln1,05ln2n\ln 1{,}05\geq\ln 2, et ln1,05>0\ln 1{,}05>0, donc le sens est conservé : nln2ln1,0514,2067n\geq\frac{\ln 2}{\ln 1{,}05}\approx 14{,}2067. Le plus petit entier convenable est n=15n=15. C'est la règle du doublement d'un capital à 5 % : environ quinze ans.

c) nln0,85ln0,01n\ln 0{,}85\leq\ln 0{,}01. Ici ln0,850,1625\ln 0{,}85\approx -0{,}1625 est négatif, donc la division renverse l'inégalité : nln0,01ln0,854,60520,162528,3362n\geq\frac{\ln 0{,}01}{\ln 0{,}85}\approx\frac{-4{,}6052}{-0{,}1625}\approx 28{,}3362. Le plus petit entier convenable est n=29n=29. C'est l'erreur de signe la plus fréquente du chapitre : la solution est bien n29n\geq 29 et non n28n\leq 28.

d) xln2=(x1)ln3x\ln 2=(x-1)\ln 3, soit xln2xln3=ln3x\ln 2-x\ln 3=-\ln 3, donc x(ln2ln3)=ln3x\left(\ln 2-\ln 3\right)=-\ln 3 et x=ln3ln3ln21,09860,40552,7095x=\frac{\ln 3}{\ln 3-\ln 2}\approx\frac{1{,}0986}{0{,}4055}\approx 2{,}7095. Vérification : 22,70956,54102^{2{,}7095}\approx 6{,}5410 et 31,70956,54103^{1{,}7095}\approx 6{,}5410.

e) L'ensemble de définition impose d'abord x>0x>0 et x3>0x-3>0, donc x>3x>3. L'équation devient log(x(x3))=1\log\left(x(x-3)\right)=1, soit x23x=10x^{2}-3x=10, c'est-à-dire x23x10=0x^{2}-3x-10=0. Le discriminant vaut 9+40=499+40=49, et les racines sont x=5x=5 et x=2x=-2. Seule x=5x=5 appartient à l'ensemble de définition : la solution est x=5x=5. La racine 2-2 est un artefact du passage à l'équation polynomiale, et l'oublier de rejeter est l'erreur la plus coûteuse de cet exercice. Vérification : log5+log2=log10=1\log 5+\log 2=\log 10=1.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Lecture d'un papier semi-logarithmique

Une plateforme relève son nombre d'utilisateurs, en milliers, au début de chaque mois pendant six mois. Le nuage de points obtenu est représenté ci-dessous en repère ordinaire.

Le service souhaite savoir si la croissance est exponentielle, et si oui à quel rythme.

t (mois)012345
y (milliers)120174252366530769
123456100200300400500600700800t (mois)y (milliers d'utilisateurs)
  • a) Calculez logy\log y pour chacune des six valeurs, arrondi au dix-millième.
  • b) Justifiez que les points de coordonnées (t ; logy)\left(t\ ;\ \log y\right) sont pratiquement alignés, et calculez le coefficient directeur de la droite passant par le premier et le dernier point.
  • c) Déduisez-en une expression de yy en fonction de tt sous la forme A×qtA\times q^{t}, puis le taux de croissance mensuel en pourcentage.
  • d) Estimez le nombre d'utilisateurs au bout de huit mois.
  • e) Une droite sur un repère ordinaire, une droite sur un repère semi-logarithmique et une droite sur un repère logarithmique dans les deux directions signalent trois types de croissance différents. Lesquels ?
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a) On obtient successivement log1202,0792\log 120\approx 2{,}0792, log1742,2405\log 174\approx 2{,}2405, log2522,4014\log 252\approx 2{,}4014, log3662,5635\log 366\approx 2{,}5635, log5302,7243\log 530\approx 2{,}7243 et log7692,8859\log 769\approx 2{,}8859.

b) Les écarts successifs valent 0,16130{,}1613, 0,16090{,}1609, 0,16210{,}1621, 0,16080{,}1608 et 0,16160{,}1616 : ils sont pratiquement constants, ce qui est exactement la caractéristique d'un alignement. Le coefficient directeur de la droite joignant le premier et le dernier point vaut 2,88592,0792500,1613\frac{2{,}8859-2{,}0792}{5-0}\approx 0{,}1613.

c) L'ordonnée à l'origine est log1202,0792\log 120\approx 2{,}0792, donc logy0,1613t+2,0792\log y\approx 0{,}1613\,t+2{,}0792. En repassant aux puissances de 10 : y102,0792×(100,1613)t=120×1,45ty\approx 10^{2{,}0792}\times\left(10^{0{,}1613}\right)^{t}=120\times 1{,}45^{t}. Le nombre d'utilisateurs est donc multiplié par 1,451{,}45 chaque mois, ce qui correspond à une croissance de 45 % par mois.

d) y(8)120×1,458120×19,5412345y(8)\approx 120\times 1{,}45^{8}\approx 120\times 19{,}541\approx 2345 milliers d'utilisateurs, soit environ 2,3 millions. On peut aussi rester en logarithmes : logy0,1613×8+2,07923,3696\log y\approx 0{,}1613\times 8+2{,}0792\approx 3{,}3696, et 103,3696234210^{3{,}3696}\approx 2342, l'écart venant des arrondis.

e) Une droite en repère ordinaire signale une croissance linéaire, y=at+by=at+b : c'est l'accroissement qui est constant. Une droite en repère semi-logarithmique, où l'on porte logy\log y contre tt, signale une croissance exponentielle y=Aqty=Aq^{t} : c'est le taux de croissance qui est constant, donc le rapport d'un mois au suivant. Une droite en repère logarithmique dans les deux directions, où l'on porte logy\log y contre logt\log t, signale une loi de puissance y=Atky=At^{k}, le coefficient directeur valant l'exposant kk : on la rencontre en biologie pour les lois d'échelle et en économie pour les distributions de richesse. Choisir le bon papier, c'est donc déjà formuler une hypothèse sur la nature du phénomène.

12345622.12.22.32.42.52.62.72.82.93t (mois)log y

Exercice 7 : La magnitude des étoiles, depuis Hipparque

Vers 130 avant notre ère, Hipparque a classé les étoiles visibles à l'œil nu en six grandeurs, de la première pour les plus brillantes à la sixième pour les plus faibles. Vingt siècles plus tard, on a mesuré que le flux lumineux reçu d'une étoile de grandeur 1 valait environ cent fois celui d'une étoile de grandeur 6, et on a figé l'échelle sur cette constatation.

La magnitude apparente mm est aujourd'hui définie par la relation m2m1=2,5log(F2F1)m_{2}-m_{1}=-2{,}5\log\left(\frac{F_{2}}{F_{1}}\right), où FF désigne le flux lumineux reçu.

  • a) Montrez que le choix du coefficient 2,52{,}5 découle directement de la mesure historique rappelée ci-dessus.
  • b) La magnitude de Véga vaut 0 et celle de Sirius vaut 1,46-1{,}46. Combien de fois Sirius est-elle plus brillante que Véga ? Arrondissez au centième.
  • c) L'œil nu distingue les étoiles jusqu'à la magnitude 6. Combien de fois une étoile de magnitude 6 est-elle moins brillante qu'une étoile de magnitude 1 ?
  • d) Le télescope spatial Hubble atteint la magnitude 31. Combien de fois est-il plus sensible que l'œil nu ?
  • e) Expliquez pourquoi cette échelle est croissante dans le sens des étoiles les moins brillantes, et pourquoi une échelle logarithmique était pratiquement inévitable ici.
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a) Cinq grandeurs d'écart, de la première à la sixième, correspondent à un rapport de flux de 100. Si chaque grandeur multiplie le flux par un même facteur kk, alors k5=100k^{5}=100, donc k=1001/5=102/5=100,42,512k=100^{1/5}=10^{2/5}=10^{0{,}4}\approx 2{,}512. En passant au logarithme, un écart d'une magnitude correspond à logk=0,4\log k=0{,}4, donc un écart de Δm\Delta m correspond à logFF=0,4Δm\log\frac{F}{F'}=0{,}4\,\Delta m, soit Δm=2,5logFF\Delta m=2{,}5\log\frac{F}{F'}. Le coefficient 2,52{,}5 n'est donc pas un choix arbitraire : c'est l'inverse de 0,40{,}4, imposé par la volonté de conserver le classement d'Hipparque tout en le rendant quantitatif.

b) L'écart de magnitude vaut 0(1,46)=1,460-(-1{,}46)=1{,}46, donc FSiriusFVeˊga=101,46/2,5=100,5843,84\frac{F_{\text{Sirius}}}{F_{\text{Véga}}}=10^{1{,}46/2{,}5}=10^{0{,}584}\approx 3{,}84. Sirius est environ 3,84 fois plus brillante que Véga.

c) L'écart vaut 5 magnitudes, donc le rapport des flux vaut 105/2,5=102=10010^{5/2{,}5}=10^{2}=100 : c'est exactement la mesure historique du a), ce qui est rassurant puisque l'échelle a été construite pour cela.

d) L'écart vaut 316=2531-6=25 magnitudes, donc le rapport des flux vaut 1025/2,5=101010^{25/2{,}5}=10^{10}. Hubble détecte des objets dix milliards de fois moins lumineux que la limite de l'œil nu.

e) L'échelle est croissante vers les étoiles faibles parce qu'Hipparque a numéroté ses classes par ordre d'apparition dans le ciel du soir : les plus brillantes se voient les premières et forment la première grandeur. La convention a été conservée par respect de deux mille ans de catalogues, au prix d'un signe moins dans la définition moderne. Quant à l'échelle logarithmique, elle s'imposait pour deux raisons. D'abord l'étendue : entre l'étoile la plus brillante et l'objet le plus faible détecté, le rapport de flux dépasse 102010^{20}, un intervalle qu'aucune graduation linéaire ne peut représenter. Ensuite la perception : l'œil, comme l'oreille, réagit approximativement aux rapports d'intensité et non aux différences, si bien qu'Hipparque, en classant simplement ce qu'il voyait, avait déjà construit sans le savoir une échelle logarithmique. C'est le même mécanisme qui a produit plus tard le décibel et le pH.

Exercice 8 : Datation au carbone 14 et propagation de l'incertitude

La proportion de carbone 14 restant dans un échantillon après tt années est p(t)=eλtp(t)=\mathrm{e}^{-\lambda t}, où λ\lambda est une constante positive.

La demi-vie du carbone 14, c'est-à-dire la durée au bout de laquelle il n'en reste que la moitié, vaut 5730 ans.

  • a) Montrez que λ=ln25730\lambda=\frac{\ln 2}{5730}, puis calculez sa valeur à 10910^{-9} près.
  • b) Un échantillon contient encore 32 % de son carbone 14 initial. Déterminez son âge, arrondi à la dizaine d'années.
  • c) Quelle proportion reste-t-il au bout de trois demi-vies ? Retrouvez le résultat de deux façons.
  • d) La mesure de la proportion est donnée à un point de pourcentage près, soit entre 31 % et 33 %. Encadrez l'âge de l'échantillon.
  • e) La méthode devient inutilisable au-delà de 50 000 ans environ. Calculez la proportion restante à cet âge, puis montrez qu'une erreur de mesure de seulement 0,05 point de pourcentage y déplace la date de plus de 1700 ans. Concluez.
Voir la correction

a) Par définition de la demi-vie, p(5730)=12p(5730)=\frac{1}{2}, donc e5730λ=12\mathrm{e}^{-5730\lambda}=\frac{1}{2}. En passant au logarithme népérien : 5730λ=ln2-5730\lambda=-\ln 2, d'où λ=ln257300,000120968\lambda=\frac{\ln 2}{5730}\approx 0{,}000120968 par an.

b) On résout eλt=0,32\mathrm{e}^{-\lambda t}=0{,}32, soit λt=ln0,32-\lambda t=\ln 0{,}32, donc t=ln0,32λ=1,139430,0001209689419t=\frac{-\ln 0{,}32}{\lambda}=\frac{1{,}13943}{0{,}000120968}\approx 9419 ans, soit environ 9420 ans.

c) Première méthode : après chaque demi-vie la proportion est divisée par 2, donc après trois demi-vies elle vaut (12)3=18=12,5 %\left(\frac{1}{2}\right)^{3}=\frac{1}{8}=12{,}5\ \%. Seconde méthode : trois demi-vies représentent 3×5730=171903\times 5730=17\,190 ans, et p(17190)=e0,000120968×17190e2,07940,125p(17\,190)=\mathrm{e}^{-0{,}000120968\times 17\,190}\approx\mathrm{e}^{-2{,}0794}\approx 0{,}125. Les deux méthodes concordent, ce qui est attendu puisque e3ln2=23\mathrm{e}^{-3\ln 2}=2^{-3}.

d) Pour 33 % : t=ln0,33λ9165t=\frac{-\ln 0{,}33}{\lambda}\approx 9165 ans. Pour 31 % : t=ln0,31λ9682t=\frac{-\ln 0{,}31}{\lambda}\approx 9682 ans. L'âge est donc compris entre 9165 et 9682 ans, soit environ 9420±2609420\pm 260 ans. Une incertitude de un point sur une proportion de 32 % se traduit par une incertitude de 260 ans sur un âge de 9400 ans, soit moins de 3 % : la datation est fiable dans cette gamme.

e) À 50 000 ans, p=e0,000120968×50000=e6,0480,00236p=\mathrm{e}^{-0{,}000120968\times 50\,000}=\mathrm{e}^{-6{,}048}\approx 0{,}00236, soit 0,236 % : il ne reste que deux atomes sur mille. Or l'âge s'écrit t=lnpλt=\frac{-\ln p}{\lambda}, dont la dérivée est dtdp=1λp\frac{\mathrm{d}t}{\mathrm{d}p}=\frac{-1}{\lambda p}. Une variation Δp=0,0005\Delta p=0{,}0005 déplace donc l'âge de Δpλp=0,00050,000120968×0,002361750\frac{\Delta p}{\lambda p}=\frac{0{,}0005}{0{,}000120968\times 0{,}00236}\approx 1750 ans. La comparaison avec le d) est frappante : la même erreur relative pèse d'autant plus lourd que la proportion restante est faible, parce que le logarithme, très plat près de 1 et très raide près de 0, amplifie les erreurs sur les petites proportions. À cela s'ajoute que 0,236 % est proche du seuil de détection des instruments et de la contamination naturelle des échantillons. La limite de 50 000 ans n'est donc pas une frontière arbitraire : c'est l'âge au-delà duquel l'incertitude de la méthode devient plus grande que ce qu'elle prétend mesurer.

Exercice 9 : Un modèle à rendement décroissant

Le score obtenu à un examen après xx heures de révision est modélisé par S(x)=30ln(x+1)S(x)=30\ln(x+1), pour xx positif, le score étant noté sur 100.

Les scores seront arrondis au dixième et les durées au centième d'heure.

  • a) Calculez S(0)S(0), S(4)S(4), S(9)S(9) et S(19)S(19). Interprétez S(0)S(0).
  • b) Calculez S(x)S'(x), justifiez que la fonction est croissante, puis calculez S(0)S'(0), S(9)S'(9) et S(19)S'(19). Que mesure cette dérivée ?
  • c) Déterminez le nombre d'heures nécessaires pour atteindre un score de 60, puis un score de 90.
  • d) Comparez le coût en heures des trente premiers points, des trente suivants et des trente d'après. Formulez la loi que le modèle exprime.
  • e) Le modèle a un défaut structurel. Identifiez-le, déterminez l'intervalle sur lequel il reste utilisable, et proposez une correction.
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a) S(0)=30ln1=0S(0)=30\ln 1=0 : sans aucune révision le modèle prédit un score nul, ce qui est une simplification puisque l'élève sait déjà quelque chose. S(4)=30ln548,3S(4)=30\ln 5\approx 48{,}3, S(9)=30ln1069,1S(9)=30\ln 10\approx 69{,}1 et S(19)=30ln2089,9S(19)=30\ln 20\approx 89{,}9.

b) S(x)=30x+1S'(x)=\frac{30}{x+1}, strictement positive pour tout xx positif : la fonction est strictement croissante, réviser ne fait jamais baisser le score. On a S(0)=30S'(0)=30, S(9)=3S'(9)=3 et S(19)=1,5S'(19)=1{,}5. Cette dérivée mesure le gain de points apporté par une heure de révision supplémentaire : la première heure vaut environ trente points, la dixième environ trois, la vingtième un et demi.

c) 30ln(x+1)=6030\ln(x+1)=60 donne ln(x+1)=2\ln(x+1)=2, donc x=e216,39x=\mathrm{e}^{2}-1\approx 6{,}39 heures. De même 30ln(x+1)=9030\ln(x+1)=90 donne ln(x+1)=3\ln(x+1)=3, donc x=e3119,09x=\mathrm{e}^{3}-1\approx 19{,}09 heures.

d) Les trente premiers points s'obtiennent en e11,72\mathrm{e}-1\approx 1{,}72 heure, les trente suivants coûtent 6,391,724,676{,}39-1{,}72\approx 4{,}67 heures de plus, et les trente d'après 19,096,3912,7019{,}09-6{,}39\approx 12{,}70 heures encore. Chaque tranche de trente points coûte donc environ e2,72\mathrm{e}\approx 2{,}72 fois plus de temps que la précédente : le coût des tranches suit une progression géométrique alors que le gain suit une progression arithmétique. C'est la loi des rendements décroissants, et c'est précisément ce que le logarithme sert à modéliser.

e) Le défaut est que la fonction n'est pas bornée : ln(x+1)\ln(x+1) tend vers ++\infty, donc le modèle finit par prédire des scores supérieurs à 100, ce qui n'a aucun sens pour une note sur 100. On résout 30ln(x+1)>10030\ln(x+1)>100, soit x>e10/3127,03x>\mathrm{e}^{10/3}-1\approx 27{,}03 : le modèle n'est utilisable que sur l'intervalle [0 ; 27][0\ ;\ 27] environ. Une correction naturelle consiste à prendre un modèle qui tend vers un palier, par exemple S(x)=100(1ekx)S(x)=100\left(1-\mathrm{e}^{-kx}\right) : il conserve les rendements décroissants et la croissance stricte, mais il est majoré par 100 quel que soit xx. On ajusterait kk sur les mêmes données que le modèle logarithmique.

Exercice 10 : Lecture critique des échelles logarithmiques

Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse ou trompeuse. Expliquez précisément pourquoi, en appuyant chaque réponse sur un calcul ou un contre-exemple.

  • a) « Sur ce graphique en échelle logarithmique, la courbe des cas monte moins vite qu'il y a un mois : l'épidémie recule et le nombre de malades diminue. »
  • b) « Un pH de 6 n'est qu'un point en dessous d'un pH de 7 : la différence d'acidité est négligeable. »
  • c) « Pour tout réel xx non nul, log(x2)=2logx\log\left(x^{2}\right)=2\log x. »
  • d) « Puisque log1=0\log 1=0, on a log0=1\log 0=-1. »
  • e) « Sur un graphique semi-logarithmique, deux droites parallèles représentent deux grandeurs dont l'écart reste constant. »
Voir la correction

a) L'affirmation confond la pente et le signe de la pente. Sur un repère semi-logarithmique, une pente positive plus faible signifie que le taux de croissance a diminué, donc que l'épidémie croît moins vite, mais elle croît toujours : le nombre de cas continue d'augmenter à chaque instant. Il faudrait une pente négative pour que le nombre de malades diminue. C'est exactement l'erreur commise en masse dans la presse au printemps 2020, et elle est d'autant plus facile à commettre que l'échelle logarithmique aplatit visuellement les courbes exponentielles.

b) Faux, la différence est d'un facteur 10. La concentration en ions hydronium vaut 10610^{-6} contre 10710^{-7} mole par litre : la solution de pH 6 est dix fois plus acide. Un point de pH n'est pas une petite différence, c'est un ordre de grandeur. C'est d'ailleurs pour cela que l'on mesure le pH au centième dans les analyses médicales : un pH sanguin de 7,35 et un pH de 7,45 délimitent la zone de survie.

c) Faux pour les réels strictement négatifs. Si x=10x=-10, alors x2=100x^{2}=100 et log(x2)=2\log\left(x^{2}\right)=2, tandis que logx=log(10)\log x=\log(-10) n'existe pas : le membre de gauche est défini et celui de droite ne l'est pas. Les deux expressions n'ont donc pas le même ensemble de définition, ce qui suffit à invalider l'égalité. La formule correcte pour tout xx non nul est log(x2)=2logx\log\left(x^{2}\right)=2\log|x|.

d) Absurde. log0\log 0 n'existe pas : par définition logy\log y est l'exposant aa tel que 10a=y10^{a}=y, et aucune puissance de 10 ne vaut 0, puisqu'elles sont toutes strictement positives. Ce qui est vrai, c'est que logx\log x tend vers -\infty lorsque xx tend vers 0 par valeurs positives : log10100=100\log 10^{-100}=-100. Il n'y a donc pas de valeur limite finie à attribuer, et surtout pas 1-1, qui est le logarithme de 0,10{,}1.

e) Faux, ou plutôt vrai en logarithme et faux en grandeur réelle. Deux droites parallèles en semi-logarithmique ont le même coefficient directeur, donc le même logq\log q, donc le même taux de croissance. L'écart constant porte sur logy\log y, ce qui signifie que c'est le RAPPORT des deux grandeurs qui reste constant, et non leur différence. Concrètement, si l'une vaut toujours le double de l'autre, l'écart absolu double lui aussi à chaque période et devient énorme, alors que les deux droites restent sagement parallèles à l'écran. C'est la lecture la plus contre-intuitive de ces graphiques, et la plus utile : le semi-logarithmique compare des rythmes, jamais des quantités.

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