Maths complémentaires, Terminale • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : la fonction logarithme (maths complémentaires)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématiques complémentaires sur la fonction logarithme, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
Le programme aborde ce chapitre par son histoire, et c'est ce qui le rend déroutant : on ne demande pas seulement de dériver ln, on demande de comprendre pourquoi une fonction qui transforme les produits en sommes a changé la façon de calculer, puis pourquoi toutes les échelles de mesure de la perception, le son, les séismes, l'acidité, l'éclat des étoiles, ont fini par devenir logarithmiques. Les exercices suivent ce fil.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Logarithme décimal : logx est l'unique exposant tel que 10logx=x, défini pour x>0. En particulier log10n=n.
•Propriété fondamentale : log(ab)=loga+logb, logba=loga−logb, logan=nloga et loga=21loga.
•Lien avec le logarithme népérien : logx=ln10lnx, et ln10≈2,302585.
•Résolution de ax=b avec a>0 et a=1 : x=lnalnb. Si 0<a<1 alors lna<0, et diviser par lna renverse le sens d'une inéquation.
•Dérivées : (lnx)′=x1 sur ]0;+∞[, et plus généralement (lnu)′=uu′.
•Sur un graphique semi-logarithmique on porte logy en ordonnée : une croissance exponentielle y=A×qt y apparaît comme une droite, de coefficient directeur logq et d'ordonnée à l'origine logA.
•Attention : log(a+b) ne vaut jamais loga+logb, et log0 n'existe pas. Quand x tend vers 0 par valeurs positives, logx tend vers −∞.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Propriétés du logarithme décimal
Dans tout cet exercice, log désigne le logarithme décimal.
Pour les questions b) et c), on dispose uniquement des deux valeurs log2≈0,3010 et log3≈0,4771, et la calculatrice est interdite.
a) Calculez log1000, log0,01, log1 et log10.
b) Déduisez des deux valeurs données log6, log5, log12 et log1,5, arrondis au dix-millième.
c) Peut-on déterminer log7 de la même manière ? Justifiez.
d) Un élève écrit log(a+b)=loga+logb. Donnez un contre-exemple numérique, puis expliquez d'où vient la confusion.
Voir la correction
Réponses
a)3 ; −2 ; 0 ; 0,5
b)0,7781 ; 0,6990 ; 1,0791 ; 0,1761
c)Non : 7 est premier
d)a=b=1 : log2=0
a) log1000=log103=3. log0,01=log10−2=−2. log1=log100=0. Enfin log10=log101/2=21=0,5.
b) log6=log(2×3)=0,3010+0,4771=0,7781. Pour 5 on écrit 5=210, donc log5=1−0,3010=0,6990. Pour 12 on écrit 12=22×3, donc log12=2×0,3010+0,4771=1,0791. Enfin 1,5=23, donc log1,5=0,4771−0,3010=0,1761.
c) Non. Les propriétés du logarithme ne permettent de déduire que les nombres qui s'écrivent comme produits et quotients de puissances de 2, de 3 et de 10. Or 7 est un nombre premier, étranger à 2, 3 et 5 : aucune combinaison de ces facteurs ne le donne. C'est exactement pour cette raison que les tables historiques listaient une valeur par nombre premier, et que leur construction a demandé des années de calcul.
d) Prenons a=b=1 : log(1+1)=log2≈0,3010, tandis que log1+log1=0+0=0. Les deux membres diffèrent. La confusion vient du fait que la propriété du logarithme relie bien une somme et un produit, mais dans l'autre sens : c'est le produit à l'intérieur qui devient une somme à l'extérieur. Une somme à l'intérieur ne se simplifie pas du tout.
Exercice 2 : Calculer avec une table, à la manière de Napier
Avant les machines à calculer, on multipliait deux grands nombres en additionnant leurs logarithmes lus dans une table, puis en cherchant à rebours le nombre correspondant à la somme obtenue. C'est l'usage pour lequel Napier a construit les logarithmes en 1614.
On dispose des lectures suivantes : log5432≈3,73496 et log8765≈3,94275.
a) Calculez 5432×8765 par cette méthode, en donnant le résultat sous la forme a×10n avec 1≤a<10.
b) Justifiez que log54,32 et log5432 ont la même partie décimale. Quel rôle joue alors la partie entière du logarithme ?
c) Calculez 54323 par la même méthode.
d) Calculez 5432 par la même méthode, au centième près.
e) La méthode a disparu des salles de classe. Citez deux domaines où le raisonnement qu'elle utilise, additionner des logarithmes plutôt que multiplier des nombres, est resté indispensable.
Voir la correction
Réponses
a)≈4,7611×107
b)Écart d'un entier ; la partie entière donne l'ordre de grandeur
c)≈1,6028×1011
d)≈73,70
e)Échelles logarithmiques ; calcul en log-vraisemblance
a) On additionne : 3,73496+3,94275=7,67771. La partie entière 7 annonce un nombre à huit chiffres, de l'ordre de 107. Il reste à trouver le nombre dont le logarithme vaut 0,67771, ce que la table donne à rebours : environ 4,7611. Le produit vaut donc environ 4,7611×107, soit 47 611 000. La valeur exacte est 47 611 480 : l'écart est d'environ un cent-millième, entièrement dû aux arrondis de la table à cinq décimales.
b) On a 5432=54,32×100, donc log5432=log54,32+2. Les deux logarithmes diffèrent d'un entier, donc leurs parties décimales sont identiques. C'est ce qui rendait les tables utilisables : on n'y listait que la partie décimale, appelée mantisse, pour les nombres entre 1 et 10, et la partie entière, appelée caractéristique, se lisait directement sur l'ordre de grandeur. Une table de quelques pages suffisait ainsi pour tous les nombres.
c) log(54323)=3×3,73496=11,20488. La caractéristique 11 annonce un nombre à douze chiffres, et la mantisse 0,20488 correspond à environ 1,6028. Donc 54323≈1,6028×1011, soit environ 160 280 000 000. La valeur exacte est 160 279 981 568. Une puissance devient une simple multiplication : c'est le second grand avantage de la méthode.
d) log5432=23,73496=1,86748. La caractéristique 1 annonce un nombre à deux chiffres avant la virgule, et la mantisse 0,86748 correspond à environ 7,3702. Donc 5432≈73,70. Vérification : 73,702=5431,69, ce qui est bien cohérent. Une racine devient une division par 2, opération qu'un calculateur du 17e siècle savait faire de tête.
e) Deux exemples parmi d'autres. Premièrement, toutes les échelles de mesure de la perception ou des phénomènes très étendus, pH, magnitude sismique, magnitude stellaire, niveau sonore : y additionner des unités revient à multiplier des grandeurs physiques, et c'est précisément cette conversion que l'on cherche. Deuxièmement, le calcul d'ordres de grandeur et la stabilité numérique en informatique : quand un algorithme multiplie des milliers de probabilités toutes petites, le produit devient nul par arrondi, alors que la somme de leurs logarithmes reste parfaitement calculable. C'est la raison pour laquelle les logiciels de statistique travaillent en log-vraisemblance.
Exercice 3 : Échelle de Richter
L'énergie E libérée par un séisme, en joules, est reliée à sa magnitude M sur l'échelle de Richter par E=E0×101,5M, où E0 est une énergie de référence.
Les réponses seront arrondies au dixième lorsque c'est utile.
a) Montrez que le rapport des énergies de deux séismes ne dépend que de la différence de leurs magnitudes.
b) Un séisme de magnitude 7 libère combien de fois plus d'énergie qu'un séisme de magnitude 5 ?
c) Même question pour des magnitudes 6,5 et 5,5.
d) Quelle magnitude correspond à une énergie 100 fois supérieure à celle d'un séisme de magnitude 6 ?
e) Un article de presse écrit : « le séisme de magnitude 8 a été deux fois plus puissant que celui de magnitude 4 enregistré la veille ». Corrigez, puis proposez une formulation exacte et compréhensible par un lecteur non mathématicien.
Voir la correction
Réponses
a)E1E2=101,5(M2−M1)
b)1000
c)≈31,6
d)M≈7,3
e)Un million de fois plus d'énergie
a) Pour deux séismes de magnitudes M1 et M2, E1E2=E0×101,5M1E0×101,5M2=101,5(M2−M1). L'énergie de référence disparaît, et seul l'écart de magnitude compte. C'est la signature d'une échelle logarithmique : ce qui a un sens, ce sont les différences de magnitude, jamais les magnitudes prises isolément.
b) L'écart vaut 2, donc le rapport est 101,5×2=103=1000. Le séisme de magnitude 7 libère mille fois plus d'énergie.
c) L'écart vaut cette fois 1, donc le rapport est 101,5≈31,6. Un point de magnitude correspond donc toujours à un facteur d'environ 32 sur l'énergie, quel que soit l'endroit de l'échelle où l'on se place.
d) On cherche M tel que 101,5(M−6)=100, soit 1,5(M−6)=2, donc M−6=34 et M≈7,3. Multiplier l'énergie par 100 ne coûte qu'environ 1,3 point de magnitude.
e) L'écart de magnitude vaut 4, donc le rapport des énergies vaut 101,5×4=106 : le séisme de magnitude 8 a libéré un million de fois plus d'énergie, pas deux fois plus. Le journaliste a lu la magnitude comme une mesure directe, alors qu'elle est un exposant. Une formulation exacte et lisible serait : « le séisme de magnitude 8 a libéré environ un million de fois plus d'énergie que celui de magnitude 4 ; sur cette échelle, chaque point supplémentaire correspond à une énergie multipliée par 32 environ. »
Exercice 4 : pH et mélange de solutions
Le pH d'une solution aqueuse est défini par pH=−log[H3O+], où la concentration est exprimée en moles par litre.
Les pH seront arrondis au centième.
a) Calculez le pH d'une solution dont la concentration en ions hydronium vaut 2,5×10−4 mole par litre.
b) Calculez la concentration en ions hydronium d'une solution de pH égal à 8,4.
c) On dilue une solution dix fois. De combien son pH varie-t-il ? Justifiez par le calcul.
d) On mélange des volumes égaux d'une solution de pH 3 et d'une solution de pH 5. Le pH du mélange vaut-il 4 ? Calculez-le.
e) On mélange des volumes égaux de deux solutions acides de pH respectifs pH1 et pH2, avec pH1≤pH2. Montrez que le pH du mélange est compris entre pH1 et pH1+log2.
Voir la correction
Réponses
a)pH ≈3,60
b)≈3,98×10−9 mol/L
c)+1
d)Non : pH ≈3,30
e)pH1≤pH≤pH1+log2
a) pH=−log(2,5×10−4)=−(log2,5−4)=4−log2,5≈4−0,3979≈3,60.
b) De pH=−log[H3O+] on tire [H3O+]=10−pH=10−8,4≈3,98×10−9 mole par litre. La solution est basique, sa concentration en ions hydronium est très faible.
c) Diluer dix fois divise la concentration par 10. Le nouveau pH vaut −log10c=−logc+log10=pH+1. Le pH augmente donc exactement d'une unité, quelle que soit la valeur de départ. C'est la traduction directe de la propriété fondamentale du logarithme.
d) Non. Ce sont les concentrations qui se moyennent, pas les pH. La première solution a une concentration de 10−3 et la seconde de 10−5 mole par litre. À volumes égaux, le mélange a pour concentration 210−3+10−5=20,001+0,00001=5,05×10−4 mole par litre, d'où pH=−log(5,05×10−4)≈3,30. Le mélange est presque aussi acide que la solution la plus acide, et non intermédiaire : la solution de pH 5 apporte cent fois moins d'ions que l'autre, elle ne fait pratiquement que diluer.
e) Notons c1=10−pH1 et c2=10−pH2. Comme pH1≤pH2, on a 0<c2≤c1. La concentration du mélange vaut c=2c1+c2, donc 2c1<c≤c1. La fonction −log étant décroissante, on obtient −logc1≤−logc<−log2c1, c'est-à-dire pH1≤pH≤pH1+log2. Comme log2≈0,30, le pH d'un mélange à volumes égaux ne peut jamais s'écarter de plus de trois dixièmes du pH le plus acide, même si la seconde solution est un million de fois moins concentrée. La question d) en est l'illustration : 3,297 est juste en dessous de la limite supérieure 3+log2≈3,301.
Exercice 5 : Équations et inéquations exponentielles
Résolvez chacune des équations ou inéquations suivantes. Les solutions approchées seront données au dix-millième, et les rangs entiers seront exacts.
a) 3x=50
b) 1,05n≥2, où n est un entier naturel
c) 0,85n≤0,01, où n est un entier naturel
d) 2x=3x−1
e) logx+log(x−3)=1
Voir la correction
Réponses
a)x≈3,5609
b)n=15
c)n=29
d)x≈2,7095
e)x=5 (−2 rejeté)
a) En passant au logarithme népérien : xln3=ln50, donc x=ln3ln50≈1,09863,9120≈3,5609.
b) nln1,05≥ln2, et ln1,05>0, donc le sens est conservé : n≥ln1,05ln2≈14,2067. Le plus petit entier convenable est n=15. C'est la règle du doublement d'un capital à 5 % : environ quinze ans.
c) nln0,85≤ln0,01. Ici ln0,85≈−0,1625 est négatif, donc la division renverse l'inégalité : n≥ln0,85ln0,01≈−0,1625−4,6052≈28,3362. Le plus petit entier convenable est n=29. C'est l'erreur de signe la plus fréquente du chapitre : la solution est bien n≥29 et non n≤28.
d) xln2=(x−1)ln3, soit xln2−xln3=−ln3, donc x(ln2−ln3)=−ln3 et x=ln3−ln2ln3≈0,40551,0986≈2,7095. Vérification : 22,7095≈6,5410 et 31,7095≈6,5410.
e) L'ensemble de définition impose d'abord x>0 et x−3>0, donc x>3. L'équation devient log(x(x−3))=1, soit x2−3x=10, c'est-à-dire x2−3x−10=0. Le discriminant vaut 9+40=49, et les racines sont x=5 et x=−2. Seule x=5 appartient à l'ensemble de définition : la solution est x=5. La racine −2 est un artefact du passage à l'équation polynomiale, et l'oublier de rejeter est l'erreur la plus coûteuse de cet exercice. Vérification : log5+log2=log10=1.
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : Lecture d'un papier semi-logarithmique
Une plateforme relève son nombre d'utilisateurs, en milliers, au début de chaque mois pendant six mois. Le nuage de points obtenu est représenté ci-dessous en repère ordinaire.
Le service souhaite savoir si la croissance est exponentielle, et si oui à quel rythme.
t (mois)
0
1
2
3
4
5
y (milliers)
120
174
252
366
530
769
a) Calculez logy pour chacune des six valeurs, arrondi au dix-millième.
b) Justifiez que les points de coordonnées (t;logy) sont pratiquement alignés, et calculez le coefficient directeur de la droite passant par le premier et le dernier point.
c) Déduisez-en une expression de y en fonction de t sous la forme A×qt, puis le taux de croissance mensuel en pourcentage.
d) Estimez le nombre d'utilisateurs au bout de huit mois.
e) Une droite sur un repère ordinaire, une droite sur un repère semi-logarithmique et une droite sur un repère logarithmique dans les deux directions signalent trois types de croissance différents. Lesquels ?
a) On obtient successivement log120≈2,0792, log174≈2,2405, log252≈2,4014, log366≈2,5635, log530≈2,7243 et log769≈2,8859.
b) Les écarts successifs valent 0,1613, 0,1609, 0,1621, 0,1608 et 0,1616 : ils sont pratiquement constants, ce qui est exactement la caractéristique d'un alignement. Le coefficient directeur de la droite joignant le premier et le dernier point vaut 5−02,8859−2,0792≈0,1613.
c) L'ordonnée à l'origine est log120≈2,0792, donc logy≈0,1613t+2,0792. En repassant aux puissances de 10 : y≈102,0792×(100,1613)t=120×1,45t. Le nombre d'utilisateurs est donc multiplié par 1,45 chaque mois, ce qui correspond à une croissance de 45 % par mois.
d) y(8)≈120×1,458≈120×19,541≈2345 milliers d'utilisateurs, soit environ 2,3 millions. On peut aussi rester en logarithmes : logy≈0,1613×8+2,0792≈3,3696, et 103,3696≈2342, l'écart venant des arrondis.
e) Une droite en repère ordinaire signale une croissance linéaire, y=at+b : c'est l'accroissement qui est constant. Une droite en repère semi-logarithmique, où l'on porte logy contre t, signale une croissance exponentielle y=Aqt : c'est le taux de croissance qui est constant, donc le rapport d'un mois au suivant. Une droite en repère logarithmique dans les deux directions, où l'on porte logy contre logt, signale une loi de puissance y=Atk, le coefficient directeur valant l'exposant k : on la rencontre en biologie pour les lois d'échelle et en économie pour les distributions de richesse. Choisir le bon papier, c'est donc déjà formuler une hypothèse sur la nature du phénomène.
Exercice 7 : La magnitude des étoiles, depuis Hipparque
Vers 130 avant notre ère, Hipparque a classé les étoiles visibles à l'œil nu en six grandeurs, de la première pour les plus brillantes à la sixième pour les plus faibles. Vingt siècles plus tard, on a mesuré que le flux lumineux reçu d'une étoile de grandeur 1 valait environ cent fois celui d'une étoile de grandeur 6, et on a figé l'échelle sur cette constatation.
La magnitude apparente m est aujourd'hui définie par la relation m2−m1=−2,5log(F1F2), où F désigne le flux lumineux reçu.
a) Montrez que le choix du coefficient 2,5 découle directement de la mesure historique rappelée ci-dessus.
b) La magnitude de Véga vaut 0 et celle de Sirius vaut −1,46. Combien de fois Sirius est-elle plus brillante que Véga ? Arrondissez au centième.
c) L'œil nu distingue les étoiles jusqu'à la magnitude 6. Combien de fois une étoile de magnitude 6 est-elle moins brillante qu'une étoile de magnitude 1 ?
d) Le télescope spatial Hubble atteint la magnitude 31. Combien de fois est-il plus sensible que l'œil nu ?
e) Expliquez pourquoi cette échelle est croissante dans le sens des étoiles les moins brillantes, et pourquoi une échelle logarithmique était pratiquement inévitable ici.
Voir la correction
Réponses
a)k5=100 : logk=0,4=2,51
b)≈3,84 fois
c)100 fois
d)1010 fois
e)Tradition d'Hipparque ; étendue et perception
a) Cinq grandeurs d'écart, de la première à la sixième, correspondent à un rapport de flux de 100. Si chaque grandeur multiplie le flux par un même facteur k, alors k5=100, donc k=1001/5=102/5=100,4≈2,512. En passant au logarithme, un écart d'une magnitude correspond à logk=0,4, donc un écart de Δm correspond à logF′F=0,4Δm, soit Δm=2,5logF′F. Le coefficient 2,5 n'est donc pas un choix arbitraire : c'est l'inverse de 0,4, imposé par la volonté de conserver le classement d'Hipparque tout en le rendant quantitatif.
b) L'écart de magnitude vaut 0−(−1,46)=1,46, donc FVeˊgaFSirius=101,46/2,5=100,584≈3,84. Sirius est environ 3,84 fois plus brillante que Véga.
c) L'écart vaut 5 magnitudes, donc le rapport des flux vaut 105/2,5=102=100 : c'est exactement la mesure historique du a), ce qui est rassurant puisque l'échelle a été construite pour cela.
d) L'écart vaut 31−6=25 magnitudes, donc le rapport des flux vaut 1025/2,5=1010. Hubble détecte des objets dix milliards de fois moins lumineux que la limite de l'œil nu.
e) L'échelle est croissante vers les étoiles faibles parce qu'Hipparque a numéroté ses classes par ordre d'apparition dans le ciel du soir : les plus brillantes se voient les premières et forment la première grandeur. La convention a été conservée par respect de deux mille ans de catalogues, au prix d'un signe moins dans la définition moderne. Quant à l'échelle logarithmique, elle s'imposait pour deux raisons. D'abord l'étendue : entre l'étoile la plus brillante et l'objet le plus faible détecté, le rapport de flux dépasse 1020, un intervalle qu'aucune graduation linéaire ne peut représenter. Ensuite la perception : l'œil, comme l'oreille, réagit approximativement aux rapports d'intensité et non aux différences, si bien qu'Hipparque, en classant simplement ce qu'il voyait, avait déjà construit sans le savoir une échelle logarithmique. C'est le même mécanisme qui a produit plus tard le décibel et le pH.
Exercice 8 : Datation au carbone 14 et propagation de l'incertitude
La proportion de carbone 14 restant dans un échantillon après t années est p(t)=e−λt, où λ est une constante positive.
La demi-vie du carbone 14, c'est-à-dire la durée au bout de laquelle il n'en reste que la moitié, vaut 5730 ans.
a) Montrez que λ=5730ln2, puis calculez sa valeur à 10−9 près.
b) Un échantillon contient encore 32 % de son carbone 14 initial. Déterminez son âge, arrondi à la dizaine d'années.
c) Quelle proportion reste-t-il au bout de trois demi-vies ? Retrouvez le résultat de deux façons.
d) La mesure de la proportion est donnée à un point de pourcentage près, soit entre 31 % et 33 %. Encadrez l'âge de l'échantillon.
e) La méthode devient inutilisable au-delà de 50 000 ans environ. Calculez la proportion restante à cet âge, puis montrez qu'une erreur de mesure de seulement 0,05 point de pourcentage y déplace la date de plus de 1700 ans. Concluez.
Voir la correction
Réponses
a)λ≈0,000120968
b)≈9420 ans
c)12,5 %
d)Entre 9165 et 9682 ans
e)0,236 % ; ≈1750 ans d'erreur
a) Par définition de la demi-vie, p(5730)=21, donc e−5730λ=21. En passant au logarithme népérien : −5730λ=−ln2, d'où λ=5730ln2≈0,000120968 par an.
b) On résout e−λt=0,32, soit −λt=ln0,32, donc t=λ−ln0,32=0,0001209681,13943≈9419 ans, soit environ 9420 ans.
c) Première méthode : après chaque demi-vie la proportion est divisée par 2, donc après trois demi-vies elle vaut (21)3=81=12,5%. Seconde méthode : trois demi-vies représentent 3×5730=17190 ans, et p(17190)=e−0,000120968×17190≈e−2,0794≈0,125. Les deux méthodes concordent, ce qui est attendu puisque e−3ln2=2−3.
d) Pour 33 % : t=λ−ln0,33≈9165 ans. Pour 31 % : t=λ−ln0,31≈9682 ans. L'âge est donc compris entre 9165 et 9682 ans, soit environ 9420±260 ans. Une incertitude de un point sur une proportion de 32 % se traduit par une incertitude de 260 ans sur un âge de 9400 ans, soit moins de 3 % : la datation est fiable dans cette gamme.
e) À 50 000 ans, p=e−0,000120968×50000=e−6,048≈0,00236, soit 0,236 % : il ne reste que deux atomes sur mille. Or l'âge s'écrit t=λ−lnp, dont la dérivée est dpdt=λp−1. Une variation Δp=0,0005 déplace donc l'âge de λpΔp=0,000120968×0,002360,0005≈1750 ans. La comparaison avec le d) est frappante : la même erreur relative pèse d'autant plus lourd que la proportion restante est faible, parce que le logarithme, très plat près de 1 et très raide près de 0, amplifie les erreurs sur les petites proportions. À cela s'ajoute que 0,236 % est proche du seuil de détection des instruments et de la contamination naturelle des échantillons. La limite de 50 000 ans n'est donc pas une frontière arbitraire : c'est l'âge au-delà duquel l'incertitude de la méthode devient plus grande que ce qu'elle prétend mesurer.
Exercice 9 : Un modèle à rendement décroissant
Le score obtenu à un examen après x heures de révision est modélisé par S(x)=30ln(x+1), pour x positif, le score étant noté sur 100.
Les scores seront arrondis au dixième et les durées au centième d'heure.
a) Calculez S(0), S(4), S(9) et S(19). Interprétez S(0).
b) Calculez S′(x), justifiez que la fonction est croissante, puis calculez S′(0), S′(9) et S′(19). Que mesure cette dérivée ?
c) Déterminez le nombre d'heures nécessaires pour atteindre un score de 60, puis un score de 90.
d) Comparez le coût en heures des trente premiers points, des trente suivants et des trente d'après. Formulez la loi que le modèle exprime.
e) Le modèle a un défaut structurel. Identifiez-le, déterminez l'intervalle sur lequel il reste utilisable, et proposez une correction.
Voir la correction
Réponses
a)0 ; 48,3 ; 69,1 ; 89,9
b)S′(x)=x+130 : 30 ; 3 ; 1,5
c)≈6,39 h et ≈19,09 h
d)Chaque tranche coûte e fois plus
e)Non borné : valable jusqu'à ≈27 h
a) S(0)=30ln1=0 : sans aucune révision le modèle prédit un score nul, ce qui est une simplification puisque l'élève sait déjà quelque chose. S(4)=30ln5≈48,3, S(9)=30ln10≈69,1 et S(19)=30ln20≈89,9.
b) S′(x)=x+130, strictement positive pour tout x positif : la fonction est strictement croissante, réviser ne fait jamais baisser le score. On a S′(0)=30, S′(9)=3 et S′(19)=1,5. Cette dérivée mesure le gain de points apporté par une heure de révision supplémentaire : la première heure vaut environ trente points, la dixième environ trois, la vingtième un et demi.
c) 30ln(x+1)=60 donne ln(x+1)=2, donc x=e2−1≈6,39 heures. De même 30ln(x+1)=90 donne ln(x+1)=3, donc x=e3−1≈19,09 heures.
d) Les trente premiers points s'obtiennent en e−1≈1,72 heure, les trente suivants coûtent 6,39−1,72≈4,67 heures de plus, et les trente d'après 19,09−6,39≈12,70 heures encore. Chaque tranche de trente points coûte donc environ e≈2,72 fois plus de temps que la précédente : le coût des tranches suit une progression géométrique alors que le gain suit une progression arithmétique. C'est la loi des rendements décroissants, et c'est précisément ce que le logarithme sert à modéliser.
e) Le défaut est que la fonction n'est pas bornée : ln(x+1) tend vers +∞, donc le modèle finit par prédire des scores supérieurs à 100, ce qui n'a aucun sens pour une note sur 100. On résout 30ln(x+1)>100, soit x>e10/3−1≈27,03 : le modèle n'est utilisable que sur l'intervalle [0;27] environ. Une correction naturelle consiste à prendre un modèle qui tend vers un palier, par exemple S(x)=100(1−e−kx) : il conserve les rendements décroissants et la croissance stricte, mais il est majoré par 100 quel que soit x. On ajusterait k sur les mêmes données que le modèle logarithmique.
Exercice 10 : Lecture critique des échelles logarithmiques
Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse ou trompeuse. Expliquez précisément pourquoi, en appuyant chaque réponse sur un calcul ou un contre-exemple.
a) « Sur ce graphique en échelle logarithmique, la courbe des cas monte moins vite qu'il y a un mois : l'épidémie recule et le nombre de malades diminue. »
b) « Un pH de 6 n'est qu'un point en dessous d'un pH de 7 : la différence d'acidité est négligeable. »
c) « Pour tout réel x non nul, log(x2)=2logx. »
d) « Puisque log1=0, on a log0=−1. »
e) « Sur un graphique semi-logarithmique, deux droites parallèles représentent deux grandeurs dont l'écart reste constant. »
Voir la correction
Réponses
a)Faux : croissance ralentie, pas de baisse
b)Faux : dix fois plus acide
c)Faux pour x<0 : 2log∣x∣
d)Faux : log0 n'existe pas
e)Faux : c'est le rapport qui est constant
a) L'affirmation confond la pente et le signe de la pente. Sur un repère semi-logarithmique, une pente positive plus faible signifie que le taux de croissance a diminué, donc que l'épidémie croît moins vite, mais elle croît toujours : le nombre de cas continue d'augmenter à chaque instant. Il faudrait une pente négative pour que le nombre de malades diminue. C'est exactement l'erreur commise en masse dans la presse au printemps 2020, et elle est d'autant plus facile à commettre que l'échelle logarithmique aplatit visuellement les courbes exponentielles.
b) Faux, la différence est d'un facteur 10. La concentration en ions hydronium vaut 10−6 contre 10−7 mole par litre : la solution de pH 6 est dix fois plus acide. Un point de pH n'est pas une petite différence, c'est un ordre de grandeur. C'est d'ailleurs pour cela que l'on mesure le pH au centième dans les analyses médicales : un pH sanguin de 7,35 et un pH de 7,45 délimitent la plage normale, et un écart de quelques dixièmes met la vie en danger.
c) Faux pour les réels strictement négatifs. Si x=−10, alors x2=100 et log(x2)=2, tandis que logx=log(−10) n'existe pas : le membre de gauche est défini et celui de droite ne l'est pas. Les deux expressions n'ont donc pas le même ensemble de définition, ce qui suffit à invalider l'égalité. La formule correcte pour tout x non nul est log(x2)=2log∣x∣.
d) Absurde. log0 n'existe pas : par définition logy est l'exposant a tel que 10a=y, et aucune puissance de 10 ne vaut 0, puisqu'elles sont toutes strictement positives. Ce qui est vrai, c'est que logx tend vers −∞ lorsque x tend vers 0 par valeurs positives : log10−100=−100. Il n'y a donc pas de valeur limite finie à attribuer, et surtout pas −1, qui est le logarithme de 0,1.
e) Faux, ou plutôt vrai en logarithme et faux en grandeur réelle. Deux droites parallèles en semi-logarithmique ont le même coefficient directeur, donc le même logq, donc le même taux de croissance. L'écart constant porte sur logy, ce qui signifie que c'est le RAPPORT des deux grandeurs qui reste constant, et non leur différence. Concrètement, si l'une vaut toujours le double de l'autre, l'écart absolu double lui aussi à chaque période et devient énorme, alors que les deux droites restent sagement parallèles à l'écran. C'est la lecture la plus contre-intuitive de ces graphiques, et la plus utile : le semi-logarithmique compare des rythmes, jamais des quantités.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Compter les chiffres d'un nombre géant
Un entier N≥1 qui s'écrit avec k chiffres vérifie 10k−1≤N<10k. On note log le logarithme décimal et ⌊x⌋ la partie entière de x.
a) Montrez que le nombre de chiffres de N vaut ⌊logN⌋+1.
b) Combien de chiffres le nombre 22024 compte-t-il ? On donne log2≈0,30103.
c) Combien de chiffres compte 3100 ?
d) Le plus grand nombre premier connu en 2024 est 282589933−1. Combien de chiffres compte-t-il ? On admettra qu'il en a autant que 282589933.
e) Quel est le plus petit entier n tel que 2n dépasse un gogol, 10100 ? Quel est le premier chiffre de 22024 ?
Voir la correction
Réponses
a)k−1≤logN<k
b)610 chiffres
c)48 chiffres
d)24862048 chiffres
e)n=333 ; premier chiffre 1
a) En passant au logarithme, qui est croissant : k−1≤logN<k. Donc k−1 est la partie entière de logN, et k=⌊logN⌋+1. Par exemple log999≈2,9996 donne 3 chiffres, et log1000=3 en donne 4.
b) log(22024)=2024×0,30103≈609,28 : 22024 compte 610 chiffres.
c) log(3100)=100log3≈47,71 : 48 chiffres.
d) 82589933×0,30103≈24862047,2 : ce nombre compte 24862048 chiffres. Imprimé à raison de 3000 chiffres par page, il remplirait plus de huit mille pages.
e) 2n>10100 équivaut à nlog2>100, soit n>0,30103100≈332,2 : n=333. Pour le premier chiffre de 22024 : 22024=10609,2847=100,2847×10609≈1,93×10609. Le premier chiffre est 1 : la partie DÉCIMALE du logarithme donne les premiers chiffres, la partie entière la place de la virgule.
Exercice 12 : La loi de Benford : le premier chiffre des nombres réels
Dans beaucoup de données réelles, montants de factures, populations de communes, longueurs de rivières, le premier chiffre non nul n'est pas équiréparti. La loi de Benford lui attribue la probabilité P(d)=log(1+d1) pour d entre 1 et 9, où log est le logarithme décimal.
a) Calculez la probabilité que le premier chiffre soit 1, au millième.
b) Calculez la probabilité qu'il soit 9, au millième. Comparez à l'équirépartition.
c) Montrez que la somme des neuf probabilités vaut 1.
d) Calculez la probabilité que le premier chiffre soit inférieur ou égal à 3.
e) Un contrôleur examine 500 factures d'une entreprise : 55 commencent par 9. Combien en attendait-il selon Benford ? Que peut-il soupçonner ?
Voir la correction
Réponses
a)log2≈0,301
b)≈0,046 contre 0,111
c)log10=1 par télescopage
d)log4≈0,602
e)≈23 attendues : excès suspect
a) P(1)=log2≈0,301 : près d'un nombre sur trois commence par 1.
b) P(9)=log910≈0,046, contre 91≈0,111 si les chiffres étaient équirépartis : le 9 est plus de six fois moins fréquent que le 1.
c) ∑d=19logdd+1=log(12×23×⋯×910)=log10=1 : le produit se simplifie en cascade, la somme de logarithmes devient le logarithme d'un produit.
d) P(1)+P(2)+P(3)=log(12×23×34)=log4≈0,602 : trois nombres sur cinq commencent par 1, 2 ou 3.
e) 500×0,0458≈23 factures attendues, contre 55 observées : 2,4 fois trop. Un excès de montants commençant par 9 évoque des sommes gonflées juste sous un seuil d'autorisation, par exemple 990 dollars sous un plafond de 1000. Ce n'est pas une preuve, mais un signal qui justifie un contrôle ; la loi de Benford est réellement utilisée par les services fiscaux.
Exercice 13 : Octaves et demi-tons : le logarithme en musique
Dans la gamme tempérée, chaque demi-ton multiplie la fréquence par 2121, si bien que douze demi-tons forment une octave, qui double la fréquence. Le la de référence vibre à 440Hz.
a) Quelle est la fréquence du la situé une octave au-dessus ?
b) Calculez la fréquence de la note située 7 demi-tons au-dessus du la de référence, au centième.
c) Montrez que le nombre de demi-tons entre deux fréquences f1 et f2 vaut 12log2f1f2, puis calculez-le entre 440 et 660Hz, au millième.
d) Les musiciens mesurent les petits écarts en cents, centièmes de demi-ton. De combien de cents la quinte juste, de rapport 23, s'écarte-t-elle de la quinte tempérée de 7 demi-tons ?
e) La note la plus grave d'un piano vibre à 27,5Hz. Combien d'octaves et de demi-tons la séparent du la de référence ?
Voir la correction
Réponses
a)880 Hz
b)≈659,26 Hz
c)12log2f1f2 ; ≈7,020
d)≈1,955 cent
e)4 octaves, 48 demi-tons
a) Douze demi-tons multiplient la fréquence par (2121)12=2 : 880Hz.
b) 440×2127≈440×1,4983≈659,26Hz : c'est le mi.
c) Après k demi-tons, f2=f1×212k, donc 12k=log2f1f2 et k=12log2f1f2, avec log2x=ln2lnx. Entre 440 et 660 : k=12×ln2ln1,5≈7,020 demi-tons.
d) 1200log21,5−700≈701,955−700=1,955 cents. La gamme tempérée fausse très légèrement les quintes, de moins de deux centièmes de demi-ton, pour que toutes les tonalités sonnent de la même façon.
e) log227,5440=log216=4 : quatre octaves exactement, soit 48 demi-tons. L'oreille entend des intervalles égaux quand les fréquences sont dans des RAPPORTS égaux : c'est une perception logarithmique.
Exercice 14 : La force d'un mot de passe
Un mot de passe est choisi au hasard parmi les 94 caractères imprimables d'un clavier. On mesure sa force par le nombre de bits d'entropie, log2 du nombre de mots de passe possibles. Un pirate teste 1010 mots de passe par seconde.
a) Combien de mots de passe de 8 caractères existe-t-il ? Donnez l'ordre de grandeur.
b) Calculez l'entropie d'un tel mot de passe, au centième de bit.
c) Combien de temps faut-il au pirate pour tous les essayer ? Répondez en jours.
d) Quelle longueur minimale faut-il pour que l'essai de tous les mots de passe dure plus de 1000 ans ? On prendra 1 an ≈3,156×107s.
e) Une phrase de passe est formée de 5 mots tirés au hasard dans une liste de 7776 mots. Calculez son entropie et comparez-la à celle de b).
Voir la correction
Réponses
a)948≈6,10×1015
b)≈52,44 bits
c)≈7,1 jours
d)11 caractères
e)≈64,6 bits
a) 948≈6,10×1015 mots de passe.
b) log2(948)=8log294=8×ln2ln94≈52,44 bits. Chaque caractère apporte log294≈6,55 bits : l'entropie s'ADDITIONNE quand les possibilités se multiplient.
c) 10106,10×1015=6,10×105s, soit 864006,10×105≈7,1 jours. Un mot de passe de 8 caractères, même aléatoire, tombe en une semaine.
d) Il faut 94n≥1010×1000×3,156×107=3,156×1020, soit nlog94≥log(3,156×1020) et n≥1,97320,499≈10,4 : 11 caractères. Trois caractères de plus multiplient la durée par 943≈830000.
e) 5log27776=5×12,92≈64,6 bits, soit 12 bits de plus que le mot de passe de 8 caractères : 212≈4000 fois plus d'essais, pour une phrase bien plus facile à retenir. Tout repose sur le tirage au HASARD des mots, une phrase choisie par l'utilisateur étant beaucoup plus prévisible.
Exercice 15 : La loi de Moore à l'épreuve des faits
En 1965, Gordon Moore prédit que le nombre de transistors d'un processeur doublera régulièrement. On modélise sa loi par N(t)=2300×22t, où t est le nombre d'années depuis 1971, date du premier microprocesseur, qui comptait 2300 transistors.
a) Quel temps de doublement ce modèle suppose-t-il ? Calculez la prévision pour 1991.
b) Calculez la prévision pour 2020. Donnez l'ordre de grandeur.
c) Un processeur de 2020 compte environ 1,6×1010 transistors. Combien de doublements ont réellement eu lieu depuis 1971 ?
d) Déduisez-en le temps de doublement réel, au centième d'année.
e) Calculez le taux de croissance annuel réel, en pourcentage. Pourquoi représente-t-on ces données sur un graphique à échelle logarithmique ?
Voir la correction
Réponses
a)2 ans ; 2355200 en 1991
b)≈5,5×1010
c)≈22,73 doublements
d)≈2,16 ans
e)+37,9 % par an ; droite en échelle logarithmique
a) N(t+2)=2300×22t+1=2N(t) : le nombre double tous les 2 ans. En 1991, t=20 : N(20)=2300×210=2355200, soit environ 2,4 millions.
b) t=49 : N(49)=2300×224,5≈5,5×1010 transistors.
c) 2300×2x=1,6×1010 donne x=log223001,6×1010=ln2ln(6,96×106)≈22,73 doublements.
d) 22,7349≈2,16 ans. La prévision de b) était trois fois trop forte, 1,65,5≈3,4, parce qu'un léger écart sur le temps de doublement se cumule sur près de vingt-trois doublements.
e) Chaque année multiplie le nombre par 22,161≈1,379 : +37,9% par an. Sur un graphique ordinaire, les premières années seraient écrasées contre l'axe ; en échelle logarithmique, une croissance exponentielle devient une DROITE, dont la pente donne le rythme et dont les écarts révèlent les ralentissements.
Vous cherchez un tuteur de maths complémentaires à Montréal ?
Contactez-moi pour une première séance. On travaille sur des exercices calibrés sur le niveau réel des contrôles au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas.