Maths complémentaires, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Fiche de révision : suites et modèles discrets (maths complémentaires)

Les suites des maths complémentaires servent toutes à modéliser une évolution période par période : un capital, une population, un stock. Les formules sont courtes, la calculatrice fait les calculs, et pourtant les points se perdent, presque toujours au même endroit : la traduction d'un pourcentage en coefficient.

Cette fiche liste les huit erreurs qui reviennent, avec la phrase exacte qui les remet, l'arbre de reconnaissance d'une suite à partir de sa relation, la méthode complète de recherche de seuil, et un plan d'épargne décortiqué du changement de suite jusqu'au nombre d'années nécessaires.

Le fil du chapitre

Un taux d'évolution ne s'additionne jamais : il se traduit par un COEFFICIENT MULTIPLICATEUR, et les coefficients se multiplient. Tout le chapitre découle de là, du plan d'épargne au calcul de seuil.

Ce chapitre fait partie de Maths complémentaires en Terminale

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (7 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Généralités sur les fonctionsSeconde, Mathématiques
  2. 2Algorithmique et PythonSeconde, Mathématiques
  3. 3Les suites numériquesPremière, Mathématiques
  4. 4Calcul littéral et équationsQuatrième, Mathématiques
  5. 5Algorithmique et ScratchQuatrième, Mathématiques
  6. 6La notion de fonctionTroisième, Mathématiques
  7. 7Algorithmique et ScratchTroisième, Mathématiques

L'essentiel

Arithmétique ou géométrique : différence ou quotient

  • Suite ARITHMÉTIQUE : on AJOUTE toujours le même nombre. un+1=un+ru_{n+1}=u_{n}+r et un=u0+nru_{n}=u_{0}+nr. Sa représentation est alignée.
  • Suite GÉOMÉTRIQUE : on MULTIPLIE toujours par le même nombre. un+1=qunu_{n+1}=q\,u_{n} et un=u0qnu_{n}=u_{0}q^{n}.
  • Pour trancher : calculer les DIFFÉRENCES successives, puis les QUOTIENTS successifs. C'est celle qui est constante qui donne la nature.
  • Sommes : u0++un=(n+1)u0+un2u_{0}+\dots+u_{n}=(n+1)\frac{u_{0}+u_{n}}{2} pour une arithmétique, et u01qn+11qu_{0}\frac{1-q^{n+1}}{1-q} pour une géométrique de raison q1q\neq 1.
2468101214161820100200300400500600700geometrique : x 1,1arithmetique : +20
L'arithmétique mène pendant quatorze périodes, puis la géométrique la dépasse et ne se laisse plus rattraper. Une croissance en pourcentage finit toujours par battre une croissance en valeur absolue.

Le nombre de termes de u0u_{0} à unu_{n} est n+1n+1, jamais nn : c'est l'erreur de comptage la plus fréquente sur les sommes, et elle se voit en testant sur n=1n=1, où il y a bien deux termes.

Un taux se traduit par un coefficient multiplicateur

  • Une hausse de t %t\ \% correspond à une multiplication par 1+t1001+\frac{t}{100}; une baisse de t %t\ \%, à une multiplication par 1t1001-\frac{t}{100}.
  • Des évolutions successives se composent en MULTIPLIANT les coefficients, jamais en additionnant les taux.
  • Une baisse de 20 %20\ \% se traduit par ×0,80\times 0{,}80, jamais par ×0,20\times 0{,}20 : le coefficient est ce qu'il RESTE.
  • Le taux global sur nn périodes de même taux vaut (1+t100)n1\left(1+\frac{t}{100}\right)^{n}-1.

Contrôle de bon sens : une baisse de 20 %20\ \% suivie d'une hausse de 20 %20\ \% ne ramène pas au point de départ mais à 0,80×1,20=0,960{,}80\times 1{,}20=0{,}96, soit 96 %96\ \% de la valeur initiale.

La suite arithmético-géométrique : une seule méthode

  • Forme un+1=aun+bu_{n+1}=au_{n}+b avec a1a\neq 1 : ce n'est ni une suite arithmétique, ni une suite géométrique.
  • 1. Chercher le POINT FIXE \ell solution de =a+b\ell=a\ell+b, c'est-à-dire =b1a\ell=\frac{b}{1-a}.
  • 2. Poser vn=unv_{n}=u_{n}-\ell : la suite (vn)(v_{n}) est GÉOMÉTRIQUE de raison aa.
  • 3. Revenir : un=+(u0)anu_{n}=\ell+(u_{0}-\ell)a^{n}, et la limite se lit entièrement sur ana^{n}.

L'énoncé impose presque toujours le vnv_{n} à poser. Quand il ne l'impose pas, c'est ce vn=unv_{n}=u_{n}-\ell qu'il faut choisir, et le point fixe se calcule au brouillon en une ligne.

Chercher un seuil, par le logarithme ou par un algorithme

  • Pour qn<sq^{n}<s avec 0<q<10<q<1 : on passe au logarithme, et l'inégalité CHANGE DE SENS car lnq<0\ln q<0, ce qui donne n>lnslnqn>\frac{\ln s}{\ln q}.
  • Le résultat est un nombre décimal : on prend l'entier immédiatement SUPÉRIEUR, puisqu'on cherche le premier rang qui convient.
  • On vérifie ensuite sur nn et sur n1n-1 : c'est cette double vérification qui démontre le mot « plus petit ».
  • Par algorithme : une boucle non bornée, avec un compteur incrémenté APRÈS la mise à jour du terme, et on renvoie le compteur.
5101520250.20.40.60.811.2seuil franchi au rang 14
La courbe passe sous la ligne du seuil entre les rangs 1313 et 1414 : le logarithme donne 13,413{,}4, et le premier ENTIER qui convient est donc 1414, pas 1313.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Additionner des taux d'évolution successifs

1 à 2 points, et l'écart grandit avec le nombre de périodes

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Une hausse de 10 %10\ \% puis une nouvelle hausse de 10 %10\ \% font 20 %20\ \% au total. »

Ce qu'il faut écrire

« Les coefficients multiplicateurs se MULTIPLIENT : 1,10×1,10=1,211{,}10\times 1{,}10=1{,}21, soit une hausse globale de 21 %21\ \%. »

Pourquoi : Le second pourcentage porte sur une valeur déjà augmentée, donc sur une base plus grande. Sur dix périodes, la différence entre 10×10 %10\times 10\ \% et 1,1101{,}1^{10} dépasse 150150 points.

2. Traduire une baisse par le mauvais coefficient

toute la question, avec une décroissance quatre fois trop rapide

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le stock baisse de 20 %20\ \% chaque mois, donc un+1=0,20unu_{n+1}=0{,}20\,u_{n}. »

Ce qu'il faut écrire

« Une baisse de 20 %20\ \% laisse 80 %80\ \% : le coefficient est 10,20=0,801-0{,}20=0{,}80, donc un+1=0,80unu_{n+1}=0{,}80\,u_{n}. »

Pourquoi : Le coefficient multiplicateur est ce qui RESTE, pas ce qui part. Le contrôle est immédiat : avec ×0,20\times 0{,}20, un stock de 100100 tomberait à 2020 en un mois, ce qui n'est pas une baisse de 20 %20\ \%.

3. Prendre une suite arithmético-géométrique pour une suite géométrique

toute la question, avec un capital très sous-estimé

Ce qu'il ne faut pas écrire

« un+1=1,03un+1200u_{n+1}=1{,}03u_{n}+1200, donc un=u0×1,03nu_{n}=u_{0}\times 1{,}03^{n}. »

Ce qu'il faut écrire

« La présence du terme +1200+1200 interdit d'écrire une formule géométrique. Il faut poser vn=unv_{n}=u_{n}-\ell avec =120011,03=40000\ell=\frac{1200}{1-1{,}03}=-40\,000, ce qui donne un=45000×1,03n40000u_{n}=45\,000\times 1{,}03^{n}-40\,000. »

Pourquoi : Une suite géométrique n'a aucun terme additif : le rapport de deux termes consécutifs n'y est pas constant. Le test le plus rapide est de calculer u1u0\frac{u_{1}}{u_{0}} et u2u1\frac{u_{2}}{u_{1}} : ils diffèrent.

4. Ne pas retourner l'inégalité en divisant par un logarithme négatif

1 point, et une réponse décalée d'un rang au moins

Ce qu'il ne faut pas écrire

« 0,8n<0,050{,}8^{n}<0{,}05 donne nln0,8<ln0,05n\ln 0{,}8<\ln 0{,}05, donc n<ln0,05ln0,813,4n<\frac{\ln 0{,}05}{\ln 0{,}8}\approx 13{,}4, donc n=13n=13. »

Ce qu'il faut écrire

« ln0,8\ln 0{,}8 est NÉGATIF, donc la division retourne l'inégalité : n>13,4n>13{,}4, et le premier entier qui convient est n=14n=14. »

Pourquoi : Le logarithme d'un nombre compris entre 00 et 11 est négatif. Diviser par un négatif retourne le sens de l'inégalité, exactement comme au collège, et c'est la seule difficulté du calcul de seuil.

5. Compter les termes d'une somme de travers

1 point, et une somme fausse d'environ $5\ \%$

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La somme de u0u_{0} à u20u_{20} comporte 2020 termes. »

Ce qu'il faut écrire

« Elle en comporte 2121 : de u0u_{0} à unu_{n}, il y a n+1n+1 termes. Pour une suite arithmétique, la somme vaut donc 21×u0+u20221\times\frac{u_{0}+u_{20}}{2}. »

Pourquoi : C'est le problème classique des poteaux et de la barrière, appliqué aux indices. Le test tient en deux secondes : de u0u_{0} à u1u_{1}, il y a bien deux termes et non un.

6. Prendre le point fixe pour la limite quand la raison dépasse 1

1 à 2 points, et une interprétation absurde pour un capital

Ce qu'il ne faut pas écrire

« un+1=1,03un+1200u_{n+1}=1{,}03u_{n}+1200 a pour point fixe 40000-40\,000, donc la suite tend vers 40000-40\,000. »

Ce qu'il faut écrire

« La suite ne converge vers le point fixe que si a<1|a|<1. Ici a=1,03>1a=1{,}03>1, donc 1,03n1{,}03^{n} tend vers ++\infty et la suite tend vers ++\infty, en s'ÉLOIGNANT du point fixe. »

123456789101112100200300400500600equilibre 300
Avec une raison a=0,8a=0{,}8, de module inférieur à 11, les deux suites convergent vers le point fixe 300300 quel que soit leur départ. Avec a>1a>1, elles s'en écarteraient au lieu de s'en approcher.

Pourquoi : Le point fixe est un équilibre, stable ou instable selon la raison. Avec a>1a>1, tout écart initial est amplifié à chaque période : c'est précisément ce qui fait croître un placement.

7. Renvoyer la valeur atteinte au lieu du rang dans un algorithme de seuil

1 point sur 2, et la réponse ne répond pas à la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Tant que u<30000u<30\,000, faire u1,03u+1200u\leftarrow 1{,}03u+1200; renvoyer uu. »

Ce qu'il faut écrire

« n0n\leftarrow 0; tant que u<30000u<30\,000, faire u1,03u+1200u\leftarrow 1{,}03u+1200 puis nn+1n\leftarrow n+1; renvoyer nn. La question demande un NOMBRE D'ANNÉES, pas un capital. »

Pourquoi : Un seuil demande toujours le premier RANG à partir duquel la condition est remplie. Incrémenter le compteur après la mise à jour garantit qu'il désigne l'année du dépassement.

8. Confondre la raison et le taux d'évolution

1 point, sur une question d'interprétation

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La suite est géométrique de raison 1,031{,}03, donc elle augmente de 103 %103\ \% par an. »

Ce qu'il faut écrire

« La raison est le COEFFICIENT multiplicateur : 1,031{,}03 correspond à une hausse de 3 %3\ \%. Le taux est q1q-1, converti en pourcentage. »

Pourquoi : Le coefficient contient le 11 qui représente la valeur conservée : seul ce qui dépasse 11 est l'évolution. Une raison de 22 correspond ainsi à une hausse de 100 %100\ \%, pas de 200 %200\ \%.

9. Chercher une limite pour une suite qui n'en a pas

1 point, et une conclusion fausse sur le comportement du modèle

Ce qu'il ne faut pas écrire

« un=100×(1,2)nu_{n}=100\times(-1{,}2)^{n} tend vers ++\infty. »

Ce qu'il faut écrire

« Pour q1q\le -1, la suite (qn)(q^{n}) n'a PAS de limite : elle change de signe à chaque rang. Ici les termes oscillent entre des valeurs positives et négatives de plus en plus grandes. »

Pourquoi : Une limite infinie a un signe. Une suite qui saute de 172-172 à +207+207 ne tend ni vers ++\infty ni vers -\infty, ni vers un réel : elle n'a pas de limite du tout.

Quelle méthode choisir

Quelle nature de suite, selon la relation donnée

On regarde la relation entre deux termes consécutifs, ou l'on calcule différences et quotients sur les premiers termes.

  • Si un+1=un+ru_{n+1}=u_{n}+r avec rr constant, ou différences constantes suite ARITHMÉTIQUE : un=u0+nru_{n}=u_{0}+nr, croissance linéaire

    Exemple : un versement fixe chaque mois sur un compte non rémunéré

  • Si un+1=qunu_{n+1}=q\,u_{n} avec qq constant, ou quotients constants suite GÉOMÉTRIQUE : un=u0qnu_{n}=u_{0}q^{n}, croissance en pourcentage

    Exemple : un capital placé à taux fixe, sans versement

  • Si un+1=aun+bu_{n+1}=au_{n}+b avec a1a\neq 1 et b0b\neq 0 suite ARITHMÉTICO-GÉOMÉTRIQUE : point fixe, changement de suite, puis forme explicite

    Exemple : un capital placé ET alimenté par un versement annuel

  • Si l'énoncé donne un pourcentage d'évolution traduire par un coefficient multiplicateur AVANT d'écrire la relation

  • Si l'énoncé donne un pourcentage ET une quantité fixe c'est toujours une arithmético-géométrique, et la quantité fixe est le bb

    C'est la situation la plus fréquente des sujets : quota de pêche, versement, prélèvement.

  • Si ni les différences ni les quotients ne sont constants, et il n'y a pas de terme additif aucune des trois natures : le programme se limite alors à un traitement numérique ou algorithmique

Le test différences puis quotients se fait sur les trois premiers termes et prend trente secondes. Il évite d'appliquer une formule géométrique à une suite qui ne l'est pas, ce qui est l'erreur la plus coûteuse du chapitre.

Quelle méthode selon la question

Le verbe de la question désigne l'outil, et les cas sont peu nombreux.

  • Si « calculer les premiers termes » appliquer la relation de récurrence, et en profiter pour tester différences et quotients

  • Si « exprimer unu_{n} en fonction de nn » formule explicite de la nature reconnue, ou changement de suite pour une arithmético-géométrique

  • Si « calculer une somme de termes » formule adaptée à la nature, en comptant bien n+1n+1 termes de u0u_{0} à unu_{n}

  • Si « déterminer le plus petit rang tel que » inéquation résolue au logarithme, avec changement de sens si la raison est inférieure à 11, ou algorithme de seuil

    Exemple : 0,8n<0,050{,}8^{n}<0{,}05 donne n14n\ge 14

  • Si « déterminer la limite » lire sur qnq^{n} : 00 si 1<q<1-1<q<1, ++\infty si q>1q>1, aucune limite si q1q\le -1

  • Si « interpréter le résultat dans le contexte » traduire en années, en euros ou en individus, avec l'unité, et commenter le réalisme du modèle

La dernière branche vaut souvent autant que le calcul. Un résultat rendu sans unité ni interprétation perd systématiquement un demi-point en maths complémentaires.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Traiter une suite arithmético-géométrique

Quand l'utiliser : L'exercice type du chapitre : un capital, une population ou un stock avec une évolution en pourcentage et un apport fixe.

  1. 1 Traduire l'énoncé en relation de récurrence, en écrivant d'abord le coefficient multiplicateur.
  2. 2 Calculer les deux premiers termes, ce qui sert de contrôle pour toute la suite.
  3. 3 Chercher le POINT FIXE \ell en résolvant =a+b\ell=a\ell+b, sur une ligne à part.
  4. 4 Poser vn=unv_{n}=u_{n}-\ell et montrer que vn+1=avnv_{n+1}=a\,v_{n}, en partant de vn+1v_{n+1} et en arrivant à vnv_{n}.
  5. 5 En déduire vn=v0anv_{n}=v_{0}a^{n} puis un=+(u0)anu_{n}=\ell+(u_{0}-\ell)a^{n}, et VÉRIFIER sur les deux premiers termes.
  6. 6 Répondre à la question posée : limite, valeur à une date, ou rang de dépassement d'un seuil.

Phrase de conclusion

Le point fixe vaut =120011,03=40000\ell=\frac{1200}{1-1{,}03}=-40\,000; la suite (vn)(v_{n}) définie par vn=un+40000v_{n}=u_{n}+40\,000 est géométrique de raison 1,031{,}03 et de premier terme 4500045\,000, donc un=45000×1,03n40000u_{n}=45\,000\times 1{,}03^{n}-40\,000.

Le piège : Se troubler devant un point fixe négatif. Il n'a pas d'interprétation concrète ici, ce n'est qu'un intermédiaire de calcul : la vérification sur u0u_{0} et u1u_{1} suffit à valider la formule.

Barème : 0,5 point pour la relation de récurrence, 1 point pour le point fixe, 1,5 point pour la suite géométrique démontrée, 1 point pour la forme explicite vérifiée.

Déterminer un rang de dépassement

Quand l'utiliser : La dernière question de presque tout exercice de suites : au bout de combien de temps atteint-on tel montant.

  1. 1 Écrire l'inéquation demandée à partir de la forme explicite, sans arrondir.
  2. 2 ISOLER la puissance : tous les termes constants passent de l'autre côté avant le logarithme.
  3. 3 Prendre le logarithme des deux membres, puis diviser par lnq\ln q en surveillant son SIGNE.
  4. 4 Arrondir à l'entier SUPÉRIEUR, puisqu'on cherche le premier rang qui convient.
  5. 5 Vérifier sur nn et sur n1n-1, en donnant les deux valeurs numériques.
  6. 6 Conclure dans le contexte, avec l'unité : « au bout de 1515 années ».

Phrase de conclusion

45000×1,03n400003000045\,000\times 1{,}03^{n}-40\,000\ge 30\,000 équivaut à 1,03n70000450001{,}03^{n}\ge\frac{70\,000}{45\,000}, soit nln149ln1,0314,9n\ge\frac{\ln\frac{14}{9}}{\ln 1{,}03}\approx 14{,}9 : le capital dépasse 3000030\,000 euros au bout de 1515 ans.

Le piège : Prendre le logarithme sans avoir isolé la puissance. On obtiendrait le logarithme d'une différence, qui ne se décompose pas, et le calcul serait bloqué.

Barème : 1 point pour l'inéquation, 1 point pour l'isolement de la puissance, 1 point pour le logarithme et le sens de l'inégalité, 1 point pour l'entier et sa vérification.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Un plan d'épargne, comme à l'examen

Un compte épargne rapporte 3 %3\ \% par an. On y place 50005000 euros au départ, et l'on verse 12001200 euros à la fin de chaque année. On note unu_{n} le capital, en euros, au bout de nn années.

1. Écrire la relation de récurrence et calculer u1u_{1} et u2u_{2}. 2. La suite est-elle géométrique ? 3. On pose vn=un+40000v_{n}=u_{n}+40\,000. Montrer que (vn)(v_{n}) est géométrique. 4. En déduire unu_{n} en fonction de nn. 5. Au bout de combien d'années le capital dépasse-t-il 3000030\,000 euros ?

Étape 1

Une hausse de 3 %3\ \% correspond au coefficient 1,031{,}03, et le versement s'ajoute ensuite : un+1=1,03un+1200u_{n+1}=1{,}03\,u_{n}+1200, avec u0=5000u_{0}=5000.

Pourquoi

Le coefficient s'écrit AVANT la relation : 1,031{,}03 et non 0,030{,}03. Le versement est un terme additif constant, ce qui écarte d'emblée le modèle géométrique pur.

Étape 2

u1=1,03×5000+1200=5150+1200=6350u_{1}=1{,}03\times 5000+1200=5150+1200=6350 euros, puis u2=1,03×6350+1200=6540,50+1200=7740,50u_{2}=1{,}03\times 6350+1200=6540{,}50+1200=7740{,}50 euros.

Pourquoi

Ces deux valeurs serviront de contrôle à la formule explicite trouvée plus loin. Les calculer d'abord est un investissement de trente secondes qui sécurise toute la suite.

Étape 3

Quotients : u1u0=1,27\frac{u_{1}}{u_{0}}=1{,}27 et u2u1=1,219\frac{u_{2}}{u_{1}}=1{,}219. Ils ne sont pas égaux : la suite n'est donc PAS géométrique.

Pourquoi

La justification est numérique et tient en une ligne. Répondre « non, à cause du +1200+1200 » est juste mais moins convaincant qu'un contre-exemple chiffré.

Étape 4

vn+1=un+1+40000=1,03un+1200+40000=1,03un+41200=1,03(un+40000)=1,03vnv_{n+1}=u_{n+1}+40\,000=1{,}03u_{n}+1200+40\,000=1{,}03u_{n}+41\,200=1{,}03\left(u_{n}+40\,000\right)=1{,}03\,v_{n}. La suite (vn)(v_{n}) est donc géométrique de raison 1,031{,}03.

Pourquoi

On part de vn+1v_{n+1} et on arrive à vnv_{n}, jamais l'inverse. La factorisation par 1,031{,}03 est le seul geste de la question : 412001,03=40000\frac{41\,200}{1{,}03}=40\,000, ce qui n'est pas un hasard mais le point fixe.

Étape 5

v0=5000+40000=45000v_{0}=5000+40\,000=45\,000, donc vn=45000×1,03nv_{n}=45\,000\times 1{,}03^{n}, puis un=vn40000=45000×1,03n40000u_{n}=v_{n}-40\,000=45\,000\times 1{,}03^{n}-40\,000.

Pourquoi

Le retour se fait par soustraction de 4000040\,000, puisque vn=un+40000v_{n}=u_{n}+40\,000. Inverser ce signe est l'erreur la plus fréquente de la question.

Étape 6

Contrôle : u0=4500040000=5000u_{0}=45\,000-40\,000=5000 et u1=4635040000=6350u_{1}=46\,350-40\,000=6350, conformes aux valeurs calculées plus haut.

Pourquoi

Deux substitutions valident d'un coup le point fixe, le changement de suite et le retour. C'est le contrôle le plus rentable du chapitre.

Étape 7

un30000u_{n}\ge 30\,000 équivaut à 45000×1,03n7000045\,000\times 1{,}03^{n}\ge 70\,000, soit 1,03n1491{,}03^{n}\ge\frac{14}{9}, donc nln1,03ln149n\ln 1{,}03\ge\ln\frac{14}{9}. Comme ln1,03>0\ln 1{,}03>0, le sens ne change pas : nln149ln1,0314,9n\ge\frac{\ln\frac{14}{9}}{\ln 1{,}03}\approx 14{,}9.

Pourquoi

On isole la puissance en faisant passer le 40000-40\,000 AVANT le logarithme. Le signe de ln1,03\ln 1{,}03 est vérifié explicitement, car ici il est positif et l'inégalité ne se retourne pas.

Étape 8

Le plus petit entier convenable est n=15n=15. Vérification : u1530109u_{15}\approx 30\,109 euros, supérieur à 3000030\,000, tandis que u1428067u_{14}\approx 28\,067 euros ne l'atteint pas.

Pourquoi

Les deux valeurs encadrantes démontrent le mot « plus petit », et elles s'obtiennent en dix secondes à la calculatrice. Sans elles, rien ne prouve que 1414 ne convenait pas.

Conclusion rédigée

Le capital suit un=45000×1,03n40000u_{n}=45\,000\times 1{,}03^{n}-40\,000, passe de 50005000 à 63506350 puis 7740,507740{,}50 euros les deux premières années, et dépasse 3000030\,000 euros au bout de 1515 années de placement.

L'erreur classique sur cet exercice : Traiter la suite comme géométrique et écrire un=5000×1,03nu_{n}=5000\times 1{,}03^{n}. Au bout de quinze ans, cela donnerait 77897789 euros au lieu de 3010930\,109 : les versements annuels représentent l'essentiel du capital final, et les ignorer divise le résultat par quatre.

À savoir par cœur

  • Arithmétique : on AJOUTE, différences constantes. Géométrique : on MULTIPLIE, quotients constants.
  • Un taux de t %t\ \% devient le coefficient 1+t1001+\frac{t}{100}; une baisse de 20 %20\ \% devient ×0,80\times 0{,}80.
  • Les taux successifs se COMPOSENT en multipliant les coefficients, jamais en s'additionnant.
  • De u0u_{0} à unu_{n}, il y a n+1n+1 termes.
  • Arithmético-géométrique : point fixe =b1a\ell=\frac{b}{1-a}, puis vn=unv_{n}=u_{n}-\ell géométrique de raison aa.
  • un=+(u0)anu_{n}=\ell+(u_{0}-\ell)a^{n} : la limite se lit sur ana^{n}, et le point fixe n'est atteint que si a<1|a|<1.
  • qnq^{n} tend vers 00 si 1<q<1-1<q<1, vers ++\infty si q>1q>1, et n'a PAS de limite si q1q\le -1.
  • Diviser une inéquation par lnq\ln q avec 0<q<10<q<1 RETOURNE le sens.
  • Un rang de seuil s'arrondit à l'entier SUPÉRIEUR et se vérifie sur nn et n1n-1.

Questions fréquentes

Comment traduire un pourcentage d'évolution dans une suite ?

Par un coefficient multiplicateur : une hausse de trois pour cent devient une multiplication par un virgule zéro trois, une baisse de vingt pour cent une multiplication par zéro virgule quatre-vingts. Le coefficient représente ce qu'il reste, pas ce qui change, et c'est la source d'erreur la plus fréquente du chapitre.

Peut-on additionner deux taux d'évolution successifs ?

Non, il faut multiplier les coefficients. Deux hausses de dix pour cent donnent un coefficient de un virgule vingt et un, soit vingt et un pour cent au total. Le second pourcentage porte sur une valeur déjà augmentée, donc sur une base plus grande, ce qui explique l'écart.

Comment reconnaître une suite arithmético-géométrique ?

À la présence simultanée d'un coefficient multiplicateur et d'un terme additif constant dans la relation de récurrence. Ni les différences ni les quotients des premiers termes ne sont alors constants. C'est la situation typique d'un capital placé à taux fixe et alimenté par un versement régulier.

À quoi sert le point fixe d'une suite ?

Il donne la suite auxiliaire à poser : on retranche ce point fixe au terme général, et la suite obtenue est géométrique. Il représente aussi l'équilibre du modèle, atteint asymptotiquement lorsque la raison est de valeur absolue inférieure à un, et fui dans le cas contraire.

Comment trouver le premier rang qui dépasse un seuil ?

On isole la puissance dans l'inéquation, on prend le logarithme des deux membres, puis on divise par le logarithme de la raison en surveillant son signe. Si la raison est inférieure à un, ce logarithme est négatif et l'inégalité se retourne. On arrondit enfin à l'entier supérieur.

Combien de termes y a-t-il dans une somme du terme d'indice zéro au terme d'indice n ?

Il y en a n plus un, pas n. C'est le problème des poteaux et de la barrière transposé aux indices : du terme zéro au terme un, il y a déjà deux termes. Cette erreur d'une unité fausse toutes les sommes de suites arithmétiques ou géométriques.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Suites et modèles discrets

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 15 exercices corrigés
  • 150 points
  • 225 minutes
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