Maths complémentaires, Terminale • Fiche de révision à Montréal
Fiche de révision : suites et modèles discrets (maths complémentaires)
Les suites des maths complémentaires servent toutes à modéliser une évolution période par période : un capital, une population, un stock. Les formules sont courtes, la calculatrice fait les calculs, et pourtant les points se perdent, presque toujours au même endroit : la traduction d'un pourcentage en coefficient.
Cette fiche liste les huit erreurs qui reviennent, avec la phrase exacte qui les remet, l'arbre de reconnaissance d'une suite à partir de sa relation, la méthode complète de recherche de seuil, et un plan d'épargne décortiqué du changement de suite jusqu'au nombre d'années nécessaires.
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Le fil du chapitre
Un taux d'évolution ne s'additionne jamais : il se traduit par un COEFFICIENT MULTIPLICATEUR, et les coefficients se multiplient. Tout le chapitre découle de là, du plan d'épargne au calcul de seuil.
Arithmétique ou géométrique : différence ou quotient
•Suite ARITHMÉTIQUE : on AJOUTE toujours le même nombre. un+1=un+r et un=u0+nr. Sa représentation est alignée.
•Suite GÉOMÉTRIQUE : on MULTIPLIE toujours par le même nombre. un+1=qun et un=u0qn.
•Pour trancher : calculer les DIFFÉRENCES successives, puis les QUOTIENTS successifs. C'est celle qui est constante qui donne la nature.
•Sommes : u0+⋯+un=(n+1)2u0+un pour une arithmétique, et u01−q1−qn+1 pour une géométrique de raison q=1.
L'arithmétique mène pendant quatorze périodes, puis la géométrique la dépasse et ne se laisse plus rattraper. Une croissance en pourcentage finit toujours par battre une croissance en valeur absolue.
Le nombre de termes de u0 à un est n+1, jamais n : c'est l'erreur de comptage la plus fréquente sur les sommes, et elle se voit en testant sur n=1, où il y a bien deux termes.
Un taux se traduit par un coefficient multiplicateur
•Une hausse de t% correspond à une multiplication par 1+100t; une baisse de t%, à une multiplication par 1−100t.
•Des évolutions successives se composent en MULTIPLIANT les coefficients, jamais en additionnant les taux.
•Une baisse de 20% se traduit par ×0,80, jamais par ×0,20 : le coefficient est ce qu'il RESTE.
•Le taux global sur n périodes de même taux vaut (1+100t)n−1.
Une baisse de 20% puis une hausse de 20% : 100 devient 80, puis 96. La hausse porte sur 80, pas sur 100 : le chemin ne revient pas au départ.
Contrôle de bon sens : une baisse de 20% suivie d'une hausse de 20% ne ramène pas au point de départ mais à 0,80×1,20=0,96, soit 96% de la valeur initiale.
La suite arithmético-géométrique : une seule méthode
•Forme un+1=aun+b avec a=1 : ce n'est ni une suite arithmétique, ni une suite géométrique.
•1. Chercher le POINT FIXE ℓ solution de ℓ=aℓ+b, c'est-à-dire ℓ=1−ab.
•2. Poser vn=un−ℓ : la suite (vn) est GÉOMÉTRIQUE de raison a.
•3. Revenir : un=ℓ+(u0−ℓ)an, et la limite se lit entièrement sur an.
La toile de un+1=0,8un+60 depuis u0=100 : l'escalier monte vers l'intersection de la droite et de y=x, le point fixe ℓ=300, parce que ∣0,8∣<1.
L'énoncé impose presque toujours le vn à poser. Quand il ne l'impose pas, c'est ce vn=un−ℓ qu'il faut choisir, et le point fixe se calcule au brouillon en une ligne.
Chercher un seuil, par le logarithme ou par un algorithme
•Pour qn<s avec 0<q<1 : on passe au logarithme, et l'inégalité CHANGE DE SENS car lnq<0, ce qui donne n>lnqlns.
•Le résultat est un nombre décimal : on prend l'entier immédiatement SUPÉRIEUR, puisqu'on cherche le premier rang qui convient.
•On vérifie ensuite sur n et sur n−1 : c'est cette double vérification qui démontre le mot « plus petit ».
•Par algorithme : une boucle non bornée, avec un compteur incrémenté APRÈS la mise à jour du terme, et on renvoie le compteur.
Les termes 0,8n passent sous la ligne du seuil 0,05 entre les rangs 13 et 14 : le logarithme donne 13,4, et le premier ENTIER qui convient est donc 14, pas 13.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Additionner des taux d'évolution successifs
1 à 2 points, et l'écart grandit avec le nombre de périodes
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Une hausse de 10% puis une nouvelle hausse de 10% font 20% au total. »
Ce qu'il faut écrire
« Les coefficients multiplicateurs se MULTIPLIENT : 1,10×1,10=1,21, soit une hausse globale de 21%. »
La seconde hausse de 10% porte sur 110 : on arrive à 121 (vert), pas à 120 (rouge). Les coefficients se multiplient.
Pourquoi : Le second pourcentage porte sur une valeur déjà augmentée, donc sur une base plus grande. Sur dix périodes, la différence entre 10×10% et 1,110 dépasse 150 points.
2.Traduire une baisse par le mauvais coefficient
toute la question, avec une décroissance quatre fois trop rapide
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le stock baisse de 20% chaque mois, donc un+1=0,20un. »
Ce qu'il faut écrire
« Une baisse de 20% laisse 80% : le coefficient est 1−0,20=0,80, donc un+1=0,80un. »
Avec ×0,80 (vert), le stock perd 20% par mois ; avec ×0,20 (rouge), il en perd 80% et tombe à 20 dès le premier mois.
Pourquoi : Le coefficient multiplicateur est ce qui RESTE, pas ce qui part. Le contrôle est immédiat : avec ×0,20, un stock de 100 tomberait à 20 en un mois, ce qui n'est pas une baisse de 20%.
3.Prendre une suite arithmético-géométrique pour une suite géométrique
toute la question, avec un capital très sous-estimé
Ce qu'il ne faut pas écrire
« un+1=1,03un+1200, donc un=u0×1,03n. »
Ce qu'il faut écrire
« La présence du terme +1200 interdit d'écrire une formule géométrique. Il faut poser vn=un−ℓ avec ℓ=1−1,031200=−40000, ce qui donne un=45000×1,03n−40000. »
Le vrai capital (vert) atteint 30109 au bout de 15 ans ; la formule géométrique (rouge), qui oublie les versements, n'en donne que 7789.
Pourquoi : Une suite géométrique n'a aucun terme additif : le rapport de deux termes consécutifs n'y est pas constant. Le test le plus rapide est de calculer u0u1 et u1u2 : ils diffèrent.
4.Ne pas retourner l'inégalité en divisant par un logarithme négatif
1 point, et une réponse décalée d'un rang au moins
Ce qu'il ne faut pas écrire
« 0,8n<0,05 donne nln0,8<ln0,05, donc n<ln0,8ln0,05≈13,4, donc n=13. »
Ce qu'il faut écrire
« ln0,8 est NÉGATIF, donc la division retourne l'inégalité : n>13,4, et le premier entier qui convient est n=14. »
ln0,8<0 : diviser retourne le sens. Le seuil 13,4 ne bouge pas, c'est le côté qui change, et la réponse passe de 13 à 14.
Pourquoi : Le logarithme d'un nombre compris entre 0 et 1 est négatif. Diviser par un négatif retourne le sens de l'inégalité, exactement comme au collège, et c'est la seule difficulté du calcul de seuil.
5.Compter les termes d'une somme de travers
1 point, et une somme fausse d'environ 5%
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La somme de u0 à u20 comporte 20 termes. »
Ce qu'il faut écrire
« Elle en comporte 21 : de u0 à un, il y a n+1 termes. Pour une suite arithmétique, la somme vaut donc 21×2u0+u20. »
De u0 à u20 : 21 points pour 20 intervalles, comme 21 poteaux pour 20 travées de barrière.
Pourquoi : C'est le problème classique des poteaux et de la barrière, appliqué aux indices. Le test tient en deux secondes : de u0 à u1, il y a bien deux termes et non un.
6.Prendre le point fixe pour la limite quand la raison dépasse 1
1 à 2 points, et une interprétation absurde pour un capital
Ce qu'il ne faut pas écrire
« un+1=1,03un+1200 a pour point fixe −40000, donc la suite tend vers −40000. »
Ce qu'il faut écrire
« La suite ne converge vers le point fixe que si ∣a∣<1. Ici a=1,03>1, donc 1,03n tend vers +∞ et la suite tend vers +∞, en s'ÉLOIGNANT du point fixe. »
À gauche, a=0,8 : partis de 100 ou de 500, les termes se posent sur 300. À droite, a=1,03 : l'écart au point fixe −40000 est multiplié par 1,03 chaque année, la suite s'en éloigne.
Pourquoi : Le point fixe est un équilibre, stable ou instable selon la raison. Avec a>1, tout écart initial est amplifié à chaque période : c'est précisément ce qui fait croître un placement.
7.Renvoyer la valeur atteinte au lieu du rang dans un algorithme de seuil
1 point sur 2, et la réponse ne répond pas à la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Tant que u<30000, faire u←1,03u+1200; renvoyer u. »
Ce qu'il faut écrire
« n←0; tant que u<30000, faire u←1,03u+1200 puis n←n+1; renvoyer n. La question demande un NOMBRE D'ANNÉES, pas un capital. »
Pourquoi : Un seuil demande toujours le premier RANG à partir duquel la condition est remplie. Incrémenter le compteur après la mise à jour garantit qu'il désigne l'année du dépassement.
8.Confondre la raison et le taux d'évolution
1 point, sur une question d'interprétation
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La suite est géométrique de raison 1,03, donc elle augmente de 103% par an. »
Ce qu'il faut écrire
« La raison est le COEFFICIENT multiplicateur : 1,03 correspond à une hausse de 3%. Le taux est q−1, converti en pourcentage. »
Pourquoi : Le coefficient contient le 1 qui représente la valeur conservée : seul ce qui dépasse 1 est l'évolution. Une raison de 2 correspond ainsi à une hausse de 100%, pas de 200%.
9.Chercher une limite pour une suite qui n'en a pas
1 point, et une conclusion fausse sur le comportement du modèle
Ce qu'il ne faut pas écrire
« un=100×(−1,2)n tend vers +∞. »
Ce qu'il faut écrire
« Pour q≤−1, la suite (qn) n'a PAS de limite : elle change de signe à chaque rang. Ici les termes oscillent entre des valeurs positives et négatives de plus en plus grandes. »
Les termes de 100×(−1,2)n changent de signe à chaque rang et s'écartent de 0 d'un côté puis de l'autre : ni +∞, ni −∞, aucune limite.
Pourquoi : Une limite infinie a un signe. Une suite qui saute de −172 à +207 ne tend ni vers +∞ ni vers −∞, ni vers un réel : elle n'a pas de limite du tout.
10.Prendre un point fixe pour la limite d'une suite récurrente
1 à 2 points, et une conclusion fausse sur le modèle
Ce qu'il ne faut pas écrire
« g(x)=x+0,005x(500−x) vérifie g(500)=500, donc la suite vn+1=g(vn) tend vers 500. »
Ce qu'il faut écrire
« Un point fixe n'est qu'un CANDIDAT : si la suite converge, sa limite en est un. Ici g′(500)=−1,5, l'écart à 500 grandit en changeant de signe, et les termes finissent par tourner sur quatre valeurs, 267,97, 578,86, 350,62 et 612,50, sans limite. »
Même point fixe 500, deux destins : avec f (vert, pente 0,2 en 500) les termes s'y posent ; avec g (rouge, pente −1,5) ils finissent par tourner sur quatre valeurs.
Pourquoi : Près du point fixe, la récurrence se comporte comme une récurrence affine de coefficient la pente f′(ℓ) : l'équilibre n'attire la suite que si cette pente est entre −1 et 1. Avec f(x)=x+0,0016x(500−x), la pente vaut 0,2 et la suite converge bien vers 500.
Quelle méthode choisir
Quelle nature de suite, selon la relation donnée
On regarde la relation entre deux termes consécutifs, ou l'on calcule différences et quotients sur les premiers termes.
Les trois allures : des points alignés (on ajoute r), des points qui s'envolent (on multiplie par q), des points qui se posent sur le point fixe ℓ (×a puis +b, avec ∣a∣<1).
Si un+1=un+r avec r constant, ou différences constantes → suite ARITHMÉTIQUE : un=u0+nr, croissance linéaire
Exemple : un versement fixe chaque mois sur un compte non rémunéré
Si un+1=qun avec q constant, ou quotients constants → suite GÉOMÉTRIQUE : un=u0qn, croissance en pourcentage
Exemple : un capital placé à taux fixe, sans versement
Si un+1=aun+b avec a=1 et b=0 → suite ARITHMÉTICO-GÉOMÉTRIQUE : point fixe, changement de suite, puis forme explicite
Exemple : un capital placé ET alimenté par un versement annuel
Si l'énoncé donne un pourcentage d'évolution → traduire par un coefficient multiplicateur AVANT d'écrire la relation
Si l'énoncé donne un pourcentage ET une quantité fixe → c'est toujours une arithmético-géométrique, et la quantité fixe est le b
C'est la situation la plus fréquente des sujets : quota de pêche, versement, prélèvement.
Si ni les différences ni les quotients ne sont constants, et il n'y a pas de terme additif → aucune des trois natures : le programme se limite alors à un traitement numérique ou algorithmique
Le test différences puis quotients se fait sur les trois premiers termes et prend trente secondes. Il évite d'appliquer une formule géométrique à une suite qui ne l'est pas, ce qui est l'erreur la plus coûteuse du chapitre.
Quelle méthode selon la question
Le verbe de la question désigne l'outil, et les cas sont peu nombreux.
Si « calculer les premiers termes » → appliquer la relation de récurrence, et en profiter pour tester différences et quotients
Si « exprimer un en fonction de n » → formule explicite de la nature reconnue, ou changement de suite pour une arithmético-géométrique
Si « calculer une somme de termes » → formule adaptée à la nature, en comptant bien n+1 termes de u0 à un
Si « déterminer le plus petit rang tel que » → inéquation résolue au logarithme, avec changement de sens si la raison est inférieure à 1, ou algorithme de seuil
Exemple : 0,8n<0,05 donne n≥14
Si « déterminer la limite » → lire sur qn : 0 si −1<q<1, +∞ si q>1, aucune limite si q≤−1
Si « interpréter le résultat dans le contexte » → traduire en années, en euros ou en individus, avec l'unité, et commenter le réalisme du modèle
La dernière branche vaut souvent autant que le calcul. Un résultat rendu sans unité ni interprétation perd systématiquement un demi-point en maths complémentaires.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Traiter une suite arithmético-géométrique
Quand l'utiliser : L'exercice type du chapitre : un capital, une population ou un stock avec une évolution en pourcentage et un apport fixe.
1Traduire l'énoncé en relation de récurrence, en écrivant d'abord le coefficient multiplicateur.
2Calculer les deux premiers termes, ce qui sert de contrôle pour toute la suite.
3Chercher le POINT FIXE ℓ en résolvant ℓ=aℓ+b, sur une ligne à part.
4Poser vn=un−ℓ et montrer que vn+1=avn, en partant de vn+1 et en arrivant à vn.
5En déduire vn=v0an puis un=ℓ+(u0−ℓ)an, et VÉRIFIER sur les deux premiers termes.
6Répondre à la question posée : limite, valeur à une date, ou rang de dépassement d'un seuil.
Phrase de conclusion
Le point fixe vaut ℓ=1−1,031200=−40000; la suite (vn) définie par vn=un+40000 est géométrique de raison 1,03 et de premier terme 45000, donc un=45000×1,03n−40000.
Le piège : Se troubler devant un point fixe négatif. Il n'a pas d'interprétation concrète ici, ce n'est qu'un intermédiaire de calcul : la vérification sur u0 et u1 suffit à valider la formule.
Barème : 0,5 point pour la relation de récurrence, 1 point pour le point fixe, 1,5 point pour la suite géométrique démontrée, 1 point pour la forme explicite vérifiée.
Déterminer un rang de dépassement
Quand l'utiliser : La dernière question de presque tout exercice de suites : au bout de combien de temps atteint-on tel montant.
1Écrire l'inéquation demandée à partir de la forme explicite, sans arrondir.
2ISOLER la puissance : tous les termes constants passent de l'autre côté avant le logarithme.
3Prendre le logarithme des deux membres, puis diviser par lnq en surveillant son SIGNE.
4Arrondir à l'entier SUPÉRIEUR, puisqu'on cherche le premier rang qui convient.
5Vérifier sur n et sur n−1, en donnant les deux valeurs numériques.
6Conclure dans le contexte, avec l'unité : « au bout de 15 années ».
Phrase de conclusion
45000×1,03n−40000≥30000 équivaut à 1,03n≥4500070000, soit n≥ln1,03ln914≈14,9 : le capital dépasse 30000 euros au bout de 15 ans.
Le piège : Prendre le logarithme sans avoir isolé la puissance. On obtiendrait le logarithme d'une différence, qui ne se décompose pas, et le calcul serait bloqué.
Barème : 1 point pour l'inéquation, 1 point pour l'isolement de la puissance, 1 point pour le logarithme et le sens de l'inégalité, 1 point pour l'entier et sa vérification.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Vérifier la forme explicite sur les premiers termes
Remplacer n par 0 puis par 1 dans la formule trouvée doit redonner exactement les termes calculés au début. Dix secondes, et toute erreur de signe apparaît.
45000×1,030−40000=5000 et 45000×1,03−40000=6350 : la formule est validée.
Tester différences et quotients avant de choisir une formule
Sur trois termes, calculer les deux différences puis les deux quotients. Celui qui est constant donne la nature; si aucun ne l'est, la suite n'est ni arithmétique ni géométrique.
5000, 6350, 7740,5 : quotients 1,27 puis 1,22, différences 1350 puis 1390,5 : ni l'un ni l'autre, c'est une arithmético-géométrique.
Encadrer un rang de seuil par ses deux voisins
Le rang trouvé doit vérifier la condition, et le précédent ne doit pas la vérifier. Deux évaluations à la calculatrice démontrent le mot « plus petit ».
u15≈30109 dépasse 30000, et u14≈28067 ne le dépasse pas : le rang 15 est bien le premier.
Contrôler qu'un coefficient de baisse est compris entre 0 et 1
Une baisse donne un coefficient entre 0 et 1, une hausse un coefficient supérieur à 1. Un coefficient de 0,20 pour une baisse de 20% est une erreur de traduction.
Baisse de 20% : ×0,80. Hausse de 20% : ×1,20. Le coefficient est ce qui reste.
Vérifier le sens de l'inégalité après division par un logarithme
Si la raison est comprise entre 0 et 1, son logarithme est négatif et l'inégalité se retourne. Un simple regard sur le signe suffit.
ln0,8≈−0,22 : diviser par ce nombre transforme < en >, et le rang cherché est un minorant, pas un majorant.
L'exercice type décortiqué
Un plan d'épargne, comme en devoir surveillé
Un compte épargne rapporte 3% par an. On y place 5000 euros au départ, et l'on verse 1200 euros à la fin de chaque année. On note un le capital, en euros, au bout de n années.
1. Écrire la relation de récurrence et calculer u1 et u2. 2. La suite est-elle géométrique ? 3. On pose vn=un+40000. Montrer que (vn) est géométrique. 4. En déduire un en fonction de n. 5. Au bout de combien d'années le capital dépasse-t-il 30000 euros ?
La situation de l'exemple : 5000 placés au départ, des intérêts de 3% chaque année, et un versement de 1200 à la fin de chaque année.
Étape 1
Une hausse de 3% correspond au coefficient 1,03, et le versement s'ajoute ensuite : un+1=1,03un+1200, avec u0=5000.
Pourquoi
Le coefficient s'écrit AVANT la relation : 1,03 et non 0,03. Le versement est un terme additif constant, ce qui écarte d'emblée le modèle géométrique pur.
Étape 2
u1=1,03×5000+1200=5150+1200=6350 euros, puis u2=1,03×6350+1200=6540,50+1200=7740,50 euros.
Pourquoi
Ces deux valeurs serviront de contrôle à la formule explicite trouvée plus loin. Les calculer d'abord est un investissement de trente secondes qui sécurise toute la suite.
Étape 3
Quotients : u0u1=1,27 et u1u2=1,219. Ils ne sont pas égaux : la suite n'est donc PAS géométrique.
Pourquoi
La justification est numérique et tient en une ligne. Répondre « non, à cause du +1200 » est juste mais moins convaincant qu'un contre-exemple chiffré.
Étape 4
vn+1=un+1+40000=1,03un+1200+40000=1,03un+41200=1,03(un+40000)=1,03vn. La suite (vn) est donc géométrique de raison 1,03.
Pourquoi
On part de vn+1 et on arrive à vn, jamais l'inverse. La factorisation par 1,03 est le seul geste de la question : 1,0341200=40000, ce qui n'est pas un hasard mais le point fixe.
Étape 5
v0=5000+40000=45000, donc vn=45000×1,03n, puis un=vn−40000=45000×1,03n−40000.
Pourquoi
Le retour se fait par soustraction de 40000, puisque vn=un+40000. Inverser ce signe est l'erreur la plus fréquente de la question.
Étape 6
Contrôle : u0=45000−40000=5000 et u1=46350−40000=6350, conformes aux valeurs calculées plus haut.
Pourquoi
Deux substitutions valident d'un coup le point fixe, le changement de suite et le retour. C'est le contrôle le plus rentable du chapitre.
Étape 7
un≥30000 équivaut à 45000×1,03n≥70000, soit 1,03n≥914, donc nln1,03≥ln914. Comme ln1,03>0, le sens ne change pas : n≥ln1,03ln914≈14,9.
Pourquoi
On isole la puissance en faisant passer le −40000 AVANT le logarithme. Le signe de ln1,03 est vérifié explicitement, car ici il est positif et l'inégalité ne se retourne pas.
Étape 8
Le plus petit entier convenable est n=15. Vérification : u15≈30109 euros, supérieur à 30000, tandis que u14≈28067 euros ne l'atteint pas.
Pourquoi
Les deux valeurs encadrantes démontrent le mot « plus petit », et elles s'obtiennent en dix secondes à la calculatrice. Sans elles, rien ne prouve que 14 ne convenait pas.
Conclusion rédigée
Le capital suit un=45000×1,03n−40000, passe de 5000 à 6350 puis 7740,50 euros les deux premières années, et dépasse 30000 euros au bout de 15 années de placement.
L'erreur classique sur cet exercice : Traiter la suite comme géométrique et écrire un=5000×1,03n. Au bout de quinze ans, cela donnerait 7789 euros au lieu de 30109 : les versements annuels représentent l'essentiel du capital final, et les ignorer divise le résultat par quatre.
À savoir par cœur
•Arithmétique : on AJOUTE, différences constantes. Géométrique : on MULTIPLIE, quotients constants.
•Un taux de t% devient le coefficient 1+100t; une baisse de 20% devient ×0,80.
•Les taux successifs se COMPOSENT en multipliant les coefficients, jamais en s'additionnant.
•De u0 à un, il y a n+1 termes.
•Arithmético-géométrique : point fixe ℓ=1−ab, puis vn=un−ℓ géométrique de raison a.
•un=ℓ+(u0−ℓ)an : la limite se lit sur an, et le point fixe n'est atteint que si ∣a∣<1.
•qn tend vers 0 si −1<q<1, vers +∞ si q>1, et n'a PAS de limite si q≤−1.
•Diviser une inéquation par lnq avec 0<q<1 RETOURNE le sens.
•Un rang de seuil s'arrondit à l'entier SUPÉRIEUR et se vérifie sur n et n−1.
•un+1=f(un) : escalier entre la courbe de f et la droite y=x ; une limite est un point fixe, mais un point fixe n'est pas toujours la limite.
Questions fréquentes
Comment traduire un pourcentage d'évolution dans une suite ?
Par un coefficient multiplicateur : une hausse de trois pour cent devient une multiplication par un virgule zéro trois, une baisse de vingt pour cent une multiplication par zéro virgule quatre-vingts. Le coefficient représente ce qu'il reste, pas ce qui change, et c'est la source d'erreur la plus fréquente du chapitre.
Peut-on additionner deux taux d'évolution successifs ?
Non, il faut multiplier les coefficients. Deux hausses de dix pour cent donnent un coefficient de un virgule vingt et un, soit vingt et un pour cent au total. Le second pourcentage porte sur une valeur déjà augmentée, donc sur une base plus grande, ce qui explique l'écart.
Comment reconnaître une suite arithmético-géométrique ?
À la présence simultanée d'un coefficient multiplicateur et d'un terme additif constant dans la relation de récurrence. Ni les différences ni les quotients des premiers termes ne sont alors constants. C'est la situation typique d'un capital placé à taux fixe et alimenté par un versement régulier.
À quoi sert le point fixe d'une suite ?
Il donne la suite auxiliaire à poser : on retranche ce point fixe au terme général, et la suite obtenue est géométrique. Il représente aussi l'équilibre du modèle, atteint asymptotiquement lorsque la raison est de valeur absolue inférieure à un, et fui dans le cas contraire.
Comment trouver le premier rang qui dépasse un seuil ?
On isole la puissance dans l'inéquation, on prend le logarithme des deux membres, puis on divise par le logarithme de la raison en surveillant son signe. Si la raison est inférieure à un, ce logarithme est négatif et l'inégalité se retourne. On arrondit enfin à l'entier supérieur.
Combien de termes y a-t-il dans une somme du terme d'indice zéro au terme d'indice n ?
Il y en a n plus un, pas n. C'est le problème des poteaux et de la barrière transposé aux indices : du terme zéro au terme un, il y a déjà deux termes. Cette erreur d'une unité fausse toutes les sommes de suites arithmétiques ou géométriques.
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Exercices corrigés : Suites et modèles discrets
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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