Spécialité maths, Terminale • Exercices corrigés à Montréal
Fiche de révision : la géométrie dans l'espace (Terminale spécialité)
La géométrie dans l'espace est le chapitre le plus mécanique du programme : coordonnées, produit scalaire, équation de plan. Tout se calcule. Et pourtant c'est un exercice qui se perd, parce que les réflexes de la géométrie plane y sont faux : dans l'espace, deux droites non parallèles peuvent parfaitement ne jamais se rencontrer.
Cette fiche liste les douze endroits où ces réflexes coûtent des points, avec la phrase exacte qui les remet, l'arbre qui dit quelle méthode employer selon ce que l'énoncé demande, la distance d'un point à un plan calculée par le projeté orthogonal comme le programme la demande, et l'exercice du cube décortiqué ligne par ligne, du repère à la distance au plan.
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Le fil du chapitre
Dans l'espace, deux droites qui ne sont pas parallèles n'ont aucune raison de se couper, et un vecteur normal n'est pas un vecteur directeur. Presque tous les points perdus viennent d'un réflexe de géométrie plane appliqué à trois dimensions. Et une distance se lit toujours au pied d'une perpendiculaire : au projeté orthogonal, jamais à un point quelconque, et jamais par une formule que le programme ne contient pas.
•Dans presque tout sujet, l'énoncé impose le repère orthonormé (A;AB,AD,AE) d'un cube d'arête 1. Les huit sommets ont alors des coordonnées faites de 0 et de 1.
•AB a pour coordonnées (xB−xA;yB−yA;zB−zA) : c'est arrivée moins départ, comme dans le plan.
•Le milieu de [MN] a pour coordonnées la moyenne de celles de M et de N, coordonnée par coordonnée.
Le cube et son repère : AB vers la droite, AD vers l'arrière, AE vers le haut. Le sommet D est celui qu'on ne voit pas, et c'est celui qu'on oublie le plus souvent dans les coordonnées.
Écrire les huit sommets en début d'exercice coûte trente secondes et sert à toutes les questions. Les copies qui les recalculent à chaque fois perdent du temps et se trompent de sommet.
Colinéaires, coplanaires, et ce qui ne l'est pas
•u et v sont COLINÉAIRES lorsque leurs coordonnées sont proportionnelles, c'est-à-dire lorsqu'il existe k tel que v=ku.
•Trois vecteurs sont COPLANAIRES lorsque l'un s'écrit comme combinaison linéaire des deux autres : w=au+bv. Sinon ils forment une BASE de l'espace.
•Montrer que quatre points sont coplanaires revient à montrer que trois vecteurs construits sur eux le sont, en résolvant un système de trois équations à deux inconnues.
•Deux droites de l'espace peuvent être parallèles, sécantes, confondues, ou NON COPLANAIRES : ce quatrième cas n'existe pas dans le plan et c'est celui qu'on oublie.
AB (bleu), AD (orange) et AC (vert) sont dans la face ABCD : coplanaires, AC=AB+AD. AE (violet) en sort : avec AB et AD, il forme une base.
Le système de coplanarité a trois équations et deux inconnues : il est surdéterminé. On résout avec deux équations, puis on VÉRIFIE dans la troisième, et c'est cette vérification qui décide.
Droite et plan : les deux écritures à ne pas mélanger
•Une DROITE se décrit par une représentation paramétrique : x=xA+at, y=yA+bt, z=zA+ct, où u(a;b;c) est un vecteur DIRECTEUR.
•Un PLAN se décrit par une équation cartésienne ax+by+cz+d=0, où n(a;b;c) est un vecteur NORMAL.
•Les coefficients d'une équation de plan SONT les coordonnées du vecteur normal : c'est la lecture la plus rentable du chapitre.
•Un vecteur n est normal à un plan lorsqu'il est orthogonal à DEUX vecteurs directeurs non colinéaires de ce plan. Deux produits scalaires nuls, pas un.
Le vecteur normal n (orange) sort du plan P ; le vecteur directeur u (bleu) suit la droite d, qui traverse le plan (en pointillé sous lui).
Une droite n'a pas d'équation cartésienne unique dans l'espace : elle s'obtiendrait comme intersection de deux plans, ce qui n'est pas au programme. Si une copie écrit ax+by+cz+d=0 pour une droite, c'est une faute de nature.
Produit scalaire, orthogonalité et distance
•En repère orthonormé : u⋅v=xx′+yy′+zz′, et ∥u∥=x2+y2+z2.
•u⋅v=0 signifie que les vecteurs sont ORTHOGONAUX. Deux droites orthogonales de l'espace peuvent très bien ne pas se couper; on ne dit « perpendiculaires » que si elles sont en plus sécantes.
•La distance d'un point M à un plan est la longueur MH, où H est le PROJETÉ ORTHOGONAL de M : on l'obtient en coupant le plan par la droite passant par M et dirigée par un vecteur NORMAL.
•H est le point du plan le plus proche de M : pour tout point N du plan, MN2=MH2+HN2, par Pythagore dans le triangle MHN rectangle en H.
•Le projeté de M sur une DROITE passant par A et dirigée par u est le point H de cette droite tel que MH⋅u=0. Une droite de l'espace n'a pas de vecteur normal.
•Plan médiateur de [AB] : l'ensemble des points M tels que MA=MB. Il passe par le MILIEU de [AB] et admet AB pour vecteur normal.
Pour aller plus loin, hors programme : la distance de M au plan d'équation ax+by+cz+d=0 vaut aussi a2+b2+c2∣axM+byM+czM+d∣. Elle sert à contrôler au brouillon ; sur la copie, le programme attend le projeté, et c'est lui que la question suivante réclame presque toujours.
Décomposer un vecteur sans repère
•Sur un cube ou un tétraèdre, on décompose par la relation de Chasles en SUIVANT LES ARÊTES : AG=AB+BC+CG, et des arêtes parallèles de même sens portent le même vecteur.
•Milieu I de [PQ] : AI=21(AP+AQ), quel que soit le point A.
•Un vecteur se calcule toujours ARRIVÉE moins DÉPART : KI=AI−AK.
•Trois vecteurs issus de A forment une base si et seulement si A et leurs trois extrémités ne sont PAS dans un même plan. Deux à deux non colinéaires ne suffit pas.
On suit les arêtes : AG=AB+BC+CG (bleu, orange, vert bout à bout), soit u+v+w dans la base du cube.
Les coefficients d'un vecteur dans une base sont uniques : deux chemins différents sur la figure donnent la même décomposition, et c'est un contrôle.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Confondre vecteur normal et vecteur directeur d'un plan
toute la question, et souvent la suivante
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le plan a pour équation 2x−y+3z−4=0, donc u(2;−1;3) est un vecteur directeur de ce plan. »
Ce qu'il faut écrire
« Le plan a pour équation 2x−y+3z−4=0, donc n(2;−1;3) est un vecteur NORMAL à ce plan : il lui est orthogonal, il n'est pas dedans. »
Le vecteur normal sort du plan, le vecteur directeur reste dedans. Les coefficients de l'équation cartésienne donnent celui qui sort, et c'est l'inverse du réflexe de la droite dans le plan.
Pourquoi : Les coefficients d'une équation cartésienne donnent le vecteur normal, jamais un vecteur directeur. Un vecteur directeur du plan vérifierait 2x−y+3z=0, ce qui n'est justement pas le cas de (2;−1;3), dont le produit scalaire avec lui-même vaut 14.
2.Conclure que deux droites non parallèles sont sécantes
toute la question, environ 2 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Les vecteurs directeurs de (d) et de (d′) ne sont pas colinéaires, donc les deux droites sont sécantes. »
Ce qu'il faut écrire
« Les vecteurs directeurs ne sont pas colinéaires, donc les droites ne sont pas parallèles. Pour savoir si elles sont sécantes, il faut RÉSOUDRE le système donné par les deux représentations paramétriques : s'il n'a pas de solution, les droites sont non coplanaires. »
(AB) (bleu) et (FH) (orange) ne sont pas parallèles, et pourtant ne se coupent pas : elles ne sont dans aucun plan commun.
Pourquoi : Dans l'espace, non parallèle n'implique pas sécant : deux arêtes opposées d'un cube ne se rencontrent jamais. Ce quatrième cas de position relative n'existe pas en géométrie plane, et c'est pour cela qu'on l'oublie.
3.Mesurer la distance à un plan vers un point quelconque
toute la question, avec une valeur trop grande
Ce qu'il ne faut pas écrire
« A appartient au plan P et AM=5, donc la distance de M au plan P vaut 5. »
Ce qu'il faut écrire
« AM=5 est une distance de M à UN point du plan, pas la distance de M au plan. Celle-ci est MH, où H est le projeté orthogonal de M : l'intersection du plan et de la droite passant par M dirigée par le vecteur normal. »
H est le projeté orthogonal de M, P est un autre point du plan. La distance au plan est MH, la plus courte de toutes : MP vaut 5 et ne répond pas à la question.
Pourquoi : La distance d'un point à un plan est la PLUS COURTE des distances à ses points, et elle est atteinte au projeté orthogonal, un seul point. Toute autre distance est strictement plus grande, par le théorème de Pythagore.
4.Réciter une formule de distance au lieu de construire le projeté
la question du projeté entière, et la justification de la distance
Ce qu'il ne faut pas écrire
« D'après la formule du cours, la distance de M(3;5;−4) au plan x+2y−2z−3=0 vaut 1+4+4∣3+10+8−3∣=6. »
Ce qu'il faut écrire
« La droite passant par M et dirigée par n(1;2;−2) a pour représentation x=3+t, y=5+2t, z=−4−2t. Elle coupe le plan pour 18+9t=0, soit t=−2 : le projeté est H(1;1;0) et la distance vaut MH=4+16+16=6. »
Pourquoi : Cette formule n'est pas au programme de spécialité, qui demande la projection orthogonale. Elle ne donne pas non plus les coordonnées de H, que la question suivante réclame presque toujours, pour un symétrique, un volume ou un point le plus proche.
5.Croire que deux représentations paramétriques différentes décrivent deux droites différentes
1 point, et une position relative fausse
Ce qu'il ne faut pas écrire
« (d) a pour vecteur directeur (1;2;−1) et (d′) a pour vecteur directeur (−2;−4;2), donc elles ne sont pas parallèles. »
Ce qu'il faut écrire
« (−2;−4;2)=−2×(1;2;−1) : les deux vecteurs sont colinéaires, donc les droites sont parallèles. Elles sont même confondues si un point de (d) appartient à (d′). »
Pourquoi : Une même droite admet une infinité de représentations paramétriques : on peut changer de point de base et multiplier le vecteur directeur par n'importe quel réel non nul. Seule la COLINÉARITÉ des directeurs se teste, jamais l'égalité.
6.Dire « perpendiculaires » pour deux droites orthogonales qui ne se coupent pas
0,5 point de vocabulaire, systématiquement compté
Ce qu'il ne faut pas écrire
« u⋅v=0, donc les droites (AB) et (CG) sont perpendiculaires. »
Ce qu'il faut écrire
« u⋅v=0, donc les droites (AB) et (CG) sont ORTHOGONALES. Elles ne sont pas perpendiculaires, car elles ne sont pas sécantes : elles sont non coplanaires. »
(AB) (bleu) et (CG) (orange) sont orthogonales, AB⋅CG=0, mais ne se coupent pas : on ne dit « perpendiculaires » que si elles se coupent.
Pourquoi : Dans l'espace, orthogonal porte sur les DIRECTIONS et perpendiculaire ajoute l'intersection. Le produit scalaire ne voit que les directions : il ne peut donc jamais prouver la perpendicularité à lui seul.
7.Trouver un vecteur normal avec un seul produit scalaire
1 point, celui de la seconde vérification
Ce qu'il ne faut pas écrire
« n⋅AB=0, donc n est normal au plan (ABC). »
Ce qu'il faut écrire
« n⋅AB=0 ET n⋅AC=0, avec AB et AC non colinéaires, donc n est normal au plan (ABC). »
Le vecteur rouge est orthogonal à AB et penche pourtant hors de la normale (vert) : il faut une SECONDE direction du plan pour conclure.
Pourquoi : Un vecteur orthogonal à une seule direction du plan reste libre de tourner autour d'elle : il existe tout un plan de tels vecteurs. Il faut deux directions non colinéaires pour le fixer, et le mot « non colinéaires » fait partie de la rédaction attendue.
8.Confondre le paramètre et les coordonnées lors d'une intersection
1 point, et les coordonnées rendues sont fausses
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La résolution donne t=2, donc le point d'intersection est (2;2;2). »
Ce qu'il faut écrire
« La résolution donne t=2; en remplaçant dans la représentation paramétrique x=1+t, y=−t, z=3, on obtient le point K(3;−2;3). »
Pourquoi : Le paramètre t n'est pas une coordonnée : c'est l'abscisse du point sur la droite, comptée en vecteurs directeurs depuis le point de base. Il faut toujours le RÉINJECTER dans les trois équations.
9.Projeter sur une droite comme sur un plan
toute la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La droite d est dirigée par u(6;3;−2) : je trace la droite passant par M dirigée par u et je cherche son intersection avec d. »
Ce qu'il faut écrire
« Le projeté H est le point de d de paramètre t tel que MH⋅u=0. Avec M(9;8;20) et d : x=6t, y=3t, z=30−2t, on obtient 49t−98=0, donc t=2, H(12;6;26) et MH=7. »
La droite issue de M dirigée par u (rouge) est parallèle à d : elle ne la coupe jamais. Le projeté H se trouve par MH⋅u=0 (vert).
Pourquoi : Une droite de l'espace n'a pas de vecteur normal : une infinité de directions lui sont orthogonales. La droite passant par M et dirigée par u est même PARALLÈLE à d et ne la coupe jamais. On écrit la condition d'orthogonalité avec le directeur.
10.Soustraire à l'envers dans une décomposition sans repère
1 point, et un parallélogramme qui devient faux
Ce qu'il ne faut pas écrire
« KI=AK−AI=−u−w. »
Ce qu'il faut écrire
« KI=KA+AI=AI−AK=u+21v+w−21v=u+w : arrivée moins départ. »
K milieu de [AD], I milieu de [FG] : KI et AF ont même direction, même sens et même longueur, donc KI=AF=u+w et AKIF est un parallélogramme.
Pourquoi : La relation de Chasles passe par un point intermédiaire : KI=KA+AI, et KA=−AK. Le signe se contrôle sur la figure : KI monte vers la face du haut, son coefficient devant w=AE doit être positif.
11.Croire que trois vecteurs deux à deux non colinéaires forment une base
1 point, et toute la suite si la décomposition s'appuie sur cette base
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Dans le cube, AC, AE et AG ne sont pas colinéaires deux à deux, donc ils forment une base. »
Ce qu'il faut écrire
« A, C, G, E sont dans le plan diagonal (ACGE) et AG=AC+AE : les trois vecteurs sont coplanaires, ce n'est pas une base. »
AC, AE et AG ne sont pas colinéaires deux à deux, mais tous dans le plan ACGE (violet) : AG=AC+AE, pas une base.
Pourquoi : Une base demande que le troisième vecteur SORTE du plan des deux premiers. La non-colinéarité deux à deux ne regarde que des paires, jamais le triplet.
12.Faire passer le plan médiateur par une extrémité au lieu du milieu
toute la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Plan médiateur de [AB] avec A(1;4;0) et B(5;2;4) : vecteur normal AB(4;−2;4), passant par A, donc 2x−y+2z+2=0. »
Ce qu'il faut écrire
« Il passe par le milieu I(3;3;2) : 2x−y+2z−7=0. Contrôle : E(1;1;3) vérifie l'équation, et EA2=EB2=18. »
Vu de profil : le plan médiateur (vert) passe par le MILIEU I, à égale distance de A et B ; le plan rouge, passant par A, n'en est pas un.
Pourquoi : Le plan orthogonal à (AB) passant par A contient un point bien plus proche de A que de B : A lui-même. Seul le plan orthogonal à (AB) qui passe par le MILIEU est formé de points équidistants.
Quelle méthode choisir
Ce que l'énoncé demande de montrer, et comment le montrer
Le verbe de la question désigne l'outil, et il n'y en a qu'une dizaine sur tout le chapitre.
Si « montrer que trois points sont alignés » → montrer que deux vecteurs construits sur eux sont colinéaires, coordonnées proportionnelles
Exemple : AB(2;−4;6) et AC(1;−2;3) donnent AB=2AC
Si « montrer que quatre points sont coplanaires » → chercher a et b tels que AD=aAB+bAC, résoudre avec deux équations et VÉRIFIER dans la troisième
Si « montrer que n est normal au plan » → deux produits scalaires nuls, avec deux vecteurs directeurs NON COLINÉAIRES du plan
Exemple : n⋅BD=0 et n⋅BE=0
Si « déterminer une équation cartésienne du plan » → trouver n(a;b;c), écrire ax+by+cz+d=0, puis calculer d avec UN point du plan
Exemple : n(1;1;1) et B(1;0;0) donnent x+y+z−1=0
Si « déterminer l'intersection d'une droite et d'un plan » → remplacer x, y, z de la paramétrique dans l'équation du plan, résoudre en t, puis réinjecter
Exemple : t+t+t−1=0 donne t=31, puis K(31;31;31)
Si « déterminer la position relative de deux droites » → directeurs colinéaires ? si oui, parallèles ou confondues; sinon, résoudre le système : solution unique donne sécantes, pas de solution donne NON COPLANAIRES
Si « calculer la distance d'un point à un plan » → droite passant par le point et dirigée par le vecteur NORMAL, intersection avec le plan, puis longueur jusqu'au projeté
Exemple : 18+9t=0 donne t=−2, H(1;1;0) et MH=6
Si « déterminer le projeté orthogonal sur une droite » → point H de paramètre t sur la droite, puis résoudre MH⋅u=0
Exemple : 49t−98=0 donne t=2 et H(12;6;26)
Si « exprimer un vecteur en fonction de » trois vecteurs, sans repère → relation de Chasles le long des arêtes, milieux par demi-somme, arrivée moins départ
Exemple : AI=u+21v+w pour I milieu de [FG]
Si « déterminer l'ensemble des points équidistants de A et B » → écrire MA2=MB2, développer, reconnaître le plan médiateur
Exemple : 2x−y+2z−7=0 pour A(1;4;0) et B(5;2;4)
Le mot « perpendiculaire » entre une droite et un plan signifie que le vecteur directeur de la droite est COLINÉAIRE au vecteur normal du plan. C'est la seule question où colinéarité et orthogonalité se rencontrent.
Quelle donnée, quelle écriture
On regarde ce que l'énoncé fournit, puis on choisit l'écriture qui utilise directement cette donnée.
Si un point et un vecteur directeur → représentation paramétrique de la droite, immédiate
Exemple : A(1;0;2) et u(3;−1;0) donnent x=1+3t, y=−t, z=2
Si deux points → calculer AB, qui est un vecteur directeur, puis écrire la paramétrique
N'importe lequel des deux points sert de point de base : les deux écritures décrivent la même droite.
Si un point et un vecteur normal → équation cartésienne du plan, en écrivant a(x−xA)+b(y−yA)+c(z−zA)=0 puis en développant
Si trois points non alignés → deux vecteurs du plan, puis un vecteur normal par un système de deux produits scalaires nuls, puis l'équation
Le système a trois inconnues et deux équations : on fixe librement une coordonnée du normal, souvent à 1.
Si deux plans, et l'énoncé demande s'ils sont parallèles → comparer leurs vecteurs normaux : colinéaires donne parallèles ou confondus, non colinéaires donne sécants selon une droite
Toute équation de plan trouvée se VÉRIFIE en y substituant les points qui doivent lui appartenir. Trois substitutions de dix secondes valident une question entière.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Déterminer une équation cartésienne d'un plan à partir de trois points
Quand l'utiliser : L'énoncé donne trois points non alignés et demande l'équation du plan qu'ils définissent.
1Calculer deux vecteurs du plan et dire qu'ils ne sont pas colinéaires : « BD(−1;1;0) et BE(−1;0;1) ne sont pas colinéaires, donc B, D et E définissent un plan. »
2Chercher n(a;b;c) orthogonal aux deux, en écrivant le système des deux produits scalaires nuls.
3Résoudre en fixant une coordonnée, par exemple a=1, et donner un vecteur normal explicite.
4Écrire l'équation sous la forme ax+by+cz+d=0 avec les coordonnées trouvées, sans encore connaître d.
5Calculer d en substituant UN des trois points, celui dont les coordonnées sont les plus simples.
6VÉRIFIER avec les deux autres points, ce qui valide tout le calcul.
Phrase de conclusion
n(1;1;1) est orthogonal à BD et à BE, qui ne sont pas colinéaires : il est donc normal au plan (BDE), dont une équation cartésienne est x+y+z−1=0.
Le piège : Oublier de préciser « non colinéaires ». Deux vecteurs colinéaires ne définissent pas un plan, et le correcteur cherche cette mention autant que les deux produits scalaires.
Barème : 1 point pour les deux vecteurs, 1 point pour le système et le vecteur normal, 1 point pour l'équation avec d, 1 point pour la vérification.
Déterminer l'intersection d'une droite et d'un plan
Quand l'utiliser : L'énoncé donne une droite par sa paramétrique, un plan par son équation, et demande leur point commun.
1Vérifier d'abord si la droite est parallèle au plan : produit scalaire du vecteur directeur et du vecteur normal. S'il est nul, il n'y a pas de point d'intersection unique.
2Sinon, remplacer x, y et z de la représentation paramétrique dans l'équation du plan.
3Obtenir une équation du premier degré en t et la résoudre : il y a exactement une solution.
4RÉINJECTER la valeur de t dans les trois équations paramétriques pour obtenir les trois coordonnées.
5Vérifier que le point trouvé satisfait l'équation du plan, ce qui valide le calcul en dix secondes.
Phrase de conclusion
En remplaçant dans l'équation du plan, on obtient 3t−1=0, soit t=31; le point d'intersection est donc K(31;31;31).
Le piège : Rendre la valeur de t comme réponse, ou la recopier trois fois comme coordonnées. Le paramètre n'est une coordonnée que par hasard, quand le point de base est l'origine et le directeur est (1;1;1).
Barème : 1 point pour la substitution, 1 point pour la résolution en t, 1 point pour les coordonnées du point.
Calculer la distance d'un point à un plan par le projeté orthogonal
Quand l'utiliser : L'énoncé demande la distance d'un point à un plan, le point du plan le plus proche, ou un symétrique.
1Lire un vecteur normal sur l'équation du plan et vérifier que le point n'appartient pas au plan.
2Écrire une représentation paramétrique de la droite passant par le point et dirigée par ce vecteur normal, en disant pourquoi : « elle est orthogonale au plan ».
3Substituer dans l'équation du plan et résoudre en t.
4RÉINJECTER t pour obtenir les coordonnées du projeté H, et vérifier que H appartient au plan.
5Calculer la longueur MH par la norme de MH, et conclure par la phrase type.
Phrase de conclusion
« H(1;1;0) est le projeté orthogonal de M sur P : c'est le point du plan le plus proche de M, et la distance de M au plan P vaut MH=6. »
Le piège : Rendre la valeur de t comme si c'était une coordonnée, ou prendre pour distance la longueur jusqu'à un point du plan donné par l'énoncé.
Barème : 1 point pour la droite orthogonale au plan, 1 point pour les coordonnées de H, 1 point pour la distance.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Substituer les points dans l'équation de plan trouvée
Chacun des points qui doivent appartenir au plan doit annuler l'équation. Trois substitutions de dix secondes valident une question entière.
x+y+z−1=0 testé en B(1;0;0) donne 0, en D(0;1;0) donne 0, en E(0;0;1) donne 0 : l'équation est juste.
Recalculer les deux produits scalaires du vecteur normal
Le vecteur normal trouvé doit annuler le produit scalaire avec les DEUX vecteurs directeurs. Un seul nul ne prouve rien.
n(1;1;1) avec BD(−1;1;0) donne −1+1+0=0, et avec BE(−1;0;1) donne −1+0+1=0.
Contrôler l'ordre de grandeur d'une distance dans le cube
Dans un cube d'arête 1, aucune distance ne dépasse la grande diagonale 3≈1,73. Une distance annoncée à 2 ou plus est fausse sans discussion.
Une distance de G au plan (BDE) trouvée à 2 : c'est plus que la diagonale du cube, donc impossible; la bonne valeur est 323≈1,15.
Vérifier qu'un point d'intersection appartient aux deux objets
Le point trouvé doit vérifier l'équation du plan ET correspondre à une valeur de t dans la paramétrique. Les deux contrôles se font en substituant.
K(31;31;31) donne 31+31+31−1=0 : il est bien dans le plan.
Relire le vocabulaire avant de conclure
Orthogonal ou perpendiculaire, sécantes ou non coplanaires, normal ou directeur : trois couples de mots, trois demi-points. Une relecture de la conclusion suffit.
« Les droites sont perpendiculaires » alors que rien ne prouve qu'elles se coupent : la bonne conclusion est « orthogonales ».
Vérifier le projeté trouvé
H doit vérifier l'équation du plan, et MH doit être colinéaire au vecteur normal. Pour un projeté sur une droite, MH⋅u doit être nul.
MH(−2;−4;4)=−2n confirme H(1;1;0) ; un MH(−2;−4;3) signalerait une erreur sur la cote de H.
L'exercice type décortiqué
L'exercice du cube, comme au baccalauréat
ABCDEFGH est un cube d'arête 1. On se place dans le repère orthonormé (A;AB,AD,AE).
1. Donner les coordonnées de B, D, E et G. 2. Montrer que n(1;1;1) est normal au plan (BDE). 3. En déduire une équation cartésienne de (BDE). 4. Montrer que la droite (AG) est perpendiculaire au plan (BDE) et déterminer leur point d'intersection K. 5. Calculer la distance de G au plan (BDE).
Le triangle BDE coupe le cube en trois sommets voisins de A, et la grande diagonale (AG) le traverse perpendiculairement en K. Les arêtes sont laissées en pointillés pour que la construction reste lisible.
Étape 1
Dans ce repère : B(1;0;0), D(0;1;0), E(0;0;1) et G(1;1;1).
Pourquoi
Les trois voisins de A portent chacun un seul 1, et G, le sommet opposé, en porte trois. Ce repérage évite de recompter les sommets à chaque question.
Étape 2
BD(−1;1;0) et BE(−1;0;1) ne sont pas colinéaires. Or n⋅BD=−1+1+0=0 et n⋅BE=−1+0+1=0, donc n est normal au plan (BDE).
Pourquoi
Deux produits scalaires, et la mention « non colinéaires » : ce sont trois éléments distincts du barème. La copie qui n'en donne qu'un obtient un tiers du point.
Étape 3
n(1;1;1) étant normal, le plan a une équation de la forme x+y+z+d=0. En substituant B(1;0;0) : 1+0+0+d=0, donc d=−1 et (BDE) a pour équation x+y+z−1=0.
Pourquoi
Les coefficients de l'équation SONT les coordonnées du vecteur normal : il n'y a rien à calculer pour eux. Seul d demande un point, et le plus simple des trois suffit.
Étape 4
Vérification : D(0;1;0) donne 0+1+0−1=0 et E(0;0;1) donne 0+0+1−1=0. Les trois points appartiennent bien au plan.
Pourquoi
Vingt secondes qui valident la question précédente et celles qui suivent. Une équation de plan fausse contamine toutes les questions suivantes du sujet.
Étape 5
AG(1;1;1)=n : le vecteur directeur de (AG) est COLINÉAIRE au vecteur normal de (BDE), donc la droite (AG) est perpendiculaire au plan (BDE).
Pourquoi
C'est la seule question du chapitre où l'on cherche une colinéarité entre un directeur et un normal. Ailleurs, on cherche des produits scalaires nuls : ici, c'est l'inverse.
Étape 6
Représentation paramétrique de (AG) : x=t, y=t, z=t. En substituant dans x+y+z−1=0 : 3t−1=0, donc t=31 et K(31;31;31).
Pourquoi
Le paramètre t=31 se réinjecte dans les trois équations. Ici les trois coordonnées coïncident avec t parce que le directeur est (1;1;1), ce qui est une coïncidence de l'exercice, pas une règle.
Étape 7
(AG) est perpendiculaire au plan (BDE) et le coupe en K, et G est sur (AG) : K est donc le projeté orthogonal de G sur (BDE). Distance : GK=(1−31)2×3=32=323≈1,15.
Pourquoi
La distance d'un point à un plan se lit au pied de la perpendiculaire : le programme demande de passer par le projeté, et le sujet l'a fait calculer à la question précédente. On rationalise le résultat, car le baccalauréat attend une valeur exacte sans racine au dénominateur.
Étape 8
Contrôle : 1,15 est inférieur à la grande diagonale 3≈1,73, et vaut ses deux tiers, puisque K est au tiers de [AG] en partant de A : 323=323.
Pourquoi
Deux contrôles indépendants du calcul : un ordre de grandeur borné par la diagonale du cube, et une proportion lue sur la figure.
Conclusion rédigée
Le vecteur n(1;1;1) est normal au plan (BDE), dont une équation cartésienne est x+y+z−1=0; la grande diagonale (AG) lui est perpendiculaire et le coupe en K(31;31;31), et la distance de G à ce plan vaut 323.
L'erreur classique sur cet exercice : Écrire que la distance de G au plan vaut GB=1, parce que B appartient au plan. B n'est pas le projeté orthogonal de G : le projeté est K, et la distance cherchée est GK≈1,15, donc supérieure à GB.
À savoir par cœur
•Cube d'arête 1 dans (A;AB,AD,AE) : les voisins de A portent un seul 1, le sommet opposé G en porte trois.
•Les coefficients d'une équation de plan ax+by+cz+d=0 SONT les coordonnées d'un vecteur NORMAL, jamais d'un directeur.
•Un vecteur normal se prouve par DEUX produits scalaires nuls, avec deux directeurs non colinéaires.
•Une droite se décrit par une paramétrique, un plan par une équation cartésienne. L'inverse n'existe pas au programme.
•Non parallèles n'implique pas sécantes : dans l'espace, deux droites peuvent être NON COPLANAIRES.
•Orthogonales porte sur les directions; perpendiculaires ajoute qu'elles se coupent.
•Distance de M à un plan : MH, où H est l'intersection du plan et de la droite passant par M dirigée par le vecteur NORMAL.
•Après avoir trouvé t, le RÉINJECTER dans les trois équations paramétriques : t n'est pas une coordonnée.
•Droite perpendiculaire à un plan : directeur COLINÉAIRE au normal. C'est la seule question où l'on cherche une colinéarité.
•Projeté sur une droite de directeur u : le point H de la droite tel que MH⋅u=0.
•Plan médiateur de [AB] : il passe par le MILIEU de [AB] et admet AB pour vecteur normal.
•Sans repère : Chasles le long des arêtes, arrivée moins départ ; deux à deux non colinéaires ne fait pas une base.
Questions fréquentes
Quelle différence entre un vecteur normal et un vecteur directeur ?
Un vecteur directeur est porté par la droite ou contenu dans le plan, un vecteur normal en sort perpendiculairement. Dans l'espace, les coefficients de l'équation cartésienne d'un plan donnent un vecteur normal, jamais un directeur. C'est l'inverse du réflexe de la géométrie plane, où les coefficients d'une droite donnent aussi un normal.
Deux droites qui ne sont pas parallèles se coupent-elles toujours ?
Non, pas dans l'espace. Deux droites peuvent être non parallèles et ne jamais se rencontrer : on les dit non coplanaires, et deux arêtes opposées d'un cube en sont l'exemple type. Pour trancher, il faut résoudre le système donné par les deux représentations paramétriques : sans solution, les droites sont non coplanaires.
Comment trouver une équation cartésienne d'un plan à partir de trois points ?
On calcule deux vecteurs du plan avec ces points, on vérifie qu'ils ne sont pas colinéaires, puis on cherche un vecteur orthogonal aux deux en résolvant un système de deux produits scalaires nuls. Ses coordonnées deviennent les coefficients de l'équation, et le terme constant se trouve en substituant un des trois points.
Comment calculer la distance d'un point à un plan ?
On construit le projeté orthogonal du point sur le plan. La droite qui passe par le point et qui est dirigée par un vecteur normal du plan coupe ce plan en un seul point, le projeté : on le trouve en substituant la représentation paramétrique dans l'équation du plan. La distance est la longueur entre le point et son projeté, la plus courte de toutes, par le théorème de Pythagore.
Comment trouver le projeté orthogonal d'un point sur une droite dans l'espace ?
On écrit le point cherché sur la droite avec son paramètre, à partir de la représentation paramétrique. Le vecteur qui va du point donné à ce point doit être orthogonal au vecteur directeur de la droite : on écrit que leur produit scalaire est nul, ce qui donne une équation du premier degré en t. On la résout, puis on réinjecte t pour obtenir les coordonnées du projeté.
Comment exprimer un vecteur en fonction de trois autres sans repère ?
On suit un chemin sur la figure, arête par arête, avec la relation de Chasles, en remplaçant chaque arête par le vecteur de la base qui lui est parallèle et de même sens. Un milieu s'obtient par la demi-somme des deux vecteurs qui mènent aux extrémités. Un vecteur entre deux points se calcule toujours arrivée moins départ.
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Exercices corrigés : Géométrie dans l'espace
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