Maths Seconde, programme français • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : les statistiques descriptives (Seconde)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématiques sur les statistiques descriptives, au niveau de la classe de Seconde du programme français. Elle couvre la moyenne et la moyenne pondérée, la médiane, les quartiles et l'écart interquartile, l'étendue, la variance et l'écart type, le diagramme en boîte, les fréquences cumulées, les séries regroupées en classes, l'histogramme et le polygone des fréquences cumulées, en dix-huit exercices précédés d'une liste de calculs.
Le premier exercice, 0.1, aligne dix indicateurs à calculer directement : moyenne, étendue, médiane d'effectif impair puis pair, fréquence, moyenne pondérée, quartiles avec la règle du rang 4n, écart interquartile et moyenne par les centres de classes. Ensuite, vous apprenez à comparer deux machines de même moyenne par leur écart type (exercice 4), à prévoir l'effet d'une transformation affine sur la moyenne et l'écart type (exercice 6), à construire et comparer deux diagrammes en boîte (exercice 11), à lire médiane et quartiles sur les fréquences cumulées (exercice 12), à calculer la note qu'il faut pour atteindre une moyenne (exercice 13) et à retrouver des effectifs manquants par un système (exercice 15).
Un indicateur ne se calcule pas pour lui-même, il se choisit. L'exercice 8 démonte le piège de la moyenne des moyennes, et l'exercice 10 met deux entreprises côte à côte : celle qui affiche la meilleure moyenne est aussi celle où l'on gagne le moins, et savoir expliquer pourquoi vaut plus que savoir appliquer la formule.
La partie D suit le programme de Seconde en vigueur depuis la rentrée 2026 : séries regroupées en classes de même amplitude, histogramme (exercice 16), polygone des fréquences cumulées et médiane estimée dans la classe médiane (exercice 17), moyenne exacte à partir des moyennes de classe, et effet de l'ajout ou du retrait d'une valeur sur la moyenne et la médiane (exercice 18). Son fil : dès qu'on regroupe, tout ce qu'on calcule repose sur une hypothèse sur ce qui se passe À L'INTÉRIEUR des classes, et la copie doit la nommer.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Moyenne d'une série de valeurs xi d'effectifs ni : xˉ=∑ni∑nixi. Chaque valeur compte autant de fois que son effectif.
•La médiane partage la série ordonnée en deux groupes de même effectif. Pour n impair, c'est la valeur de rang 2n+1 ; pour n pair, la demi-somme des valeurs de rangs 2n et 2n+1.
•Q1 est la plus petite valeur de la série telle qu'au moins 25 % des données lui soient inférieures ou égales ; Q3 correspond de même à 75 %. L'écart interquartile est Q3−Q1.
•Étendue = valeur maximale − valeur minimale. C'est l'indicateur de dispersion le plus fragile, car il ne dépend que de deux valeurs.
•Variance V=∑ni∑ni(xi−xˉ)2 et écart type σ=V. L'écart type s'exprime dans la même unité que les données.
•Transformation affine y=ax+b : la moyenne devient axˉ+b et l'écart type devient ∣a∣σ. Ajouter une constante ne change donc pas la dispersion.
•La moyenne est sensible aux valeurs extrêmes, la médiane ne l'est pas. Un écart important entre les deux signale une série déséquilibrée.
•Pour une série regroupée en classes, on remplace chaque classe par son centre : la moyenne obtenue est une valeur approchée. Si l'on connaît la moyenne de chaque classe, la moyenne de ces moyennes pondérée par les effectifs est EXACTE.
•Histogramme : les classes ont la même amplitude, les rectangles sont accolés et c'est leur AIRE qui représente l'effectif ; les bases étant égales, la hauteur est proportionnelle à l'effectif.
•Polygone des fréquences cumulées croissantes : on joint par des segments le point (premieˋre borne;0) puis, pour chaque classe, le point dont l'abscisse est sa borne DROITE et l'ordonnée la fréquence cumulée.
•Classe médiane : la première classe dont l'effectif cumulé croissant atteint 2N. En supposant la répartition uniforme dans cette classe [a;b[, la médiane est ESTIMÉE par Me≈a+(b−a)×nN/2−C, où C est l'effectif cumulé avant la classe et n son effectif ; c'est l'abscisse du point d'ordonnée 50% du polygone.
•Ajouter une valeur x à une série de n valeurs de moyenne xˉ donne la moyenne xˉ+n+1x−xˉ. La médiane ne dépend que des rangs : elle ne se déplace que jusqu'aux valeurs voisines, quel que soit l'éloignement de x. Retirer une valeur égale à la moyenne laisse la moyenne inchangée.
Pour chaque ligne, calculez l'indicateur demandé sur la petite série donnée : moyenne, étendue, médiane, fréquence, moyenne pondérée, quartile ou écart interquartile. Arrondissez au centième quand le résultat ne tombe pas juste. Pour les quartiles, on suit la convention du cours : Q1 est la valeur de rang 4n, Q3 celle de rang 43n, chaque rang arrondi à l'entier SUPÉRIEUR s'il n'est pas entier.
La méthode tient en trois gestes. Pour une médiane ou un quartile, on RANGE d'abord la série dans l'ordre croissant, puis on calcule le rang, puis on lit la valeur de ce rang. Pour une moyenne, on additionne toutes les valeurs, chacune multipliée par son effectif dans un tableau, puis on divise par l'effectif TOTAL. Pour une série en classes, chaque classe est remplacée par son centre, la demi-somme de ses bornes.
a) Calculez la moyenne de la série 12 ; 7 ; 19 ; 10 ; 16 ; 15.
b) Calculez l'étendue de la série −4,5 ; 2 ; −7 ; 3,5 ; 0 ; −1,5.
c) Calculez la médiane de la série 17 ; 9 ; 24 ; 12 ; 31 ; 9 ; 20 ; 15 ; 28.
d) Calculez la médiane de la série 3,5 ; 8 ; 1,5 ; 9 ; 4,5 ; 6 ; 2 ; 7.
e) Valeurs : 1, 2, 3, 4 ; effectifs : 5, 12, 14, 9. Calculez la fréquence de la valeur 3, en pourcentage.
j) Classes : [0;10[, [10;20[, [20;30[, [30;40[ ; effectifs : 4, 10, 5, 1. Calculez la moyenne en remplaçant chaque classe par son centre.
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Réponses
a)679≈13,17
b)3,5−(−7)=10,5
c)Rang 5 de la série rangée : 17
d)24,5+6=5,25
e)4014=35%
f)2030=1,5
g)Rang 3 : Q1=15
h)Rang 8 : Q3=29
i)Q3−Q1=12−5=7
j)20330=16,5
Le geste qui décide de tout se fait AVANT de calculer : ranger la série pour une médiane ou un quartile, compter l'effectif TOTAL pour une moyenne ou une fréquence. Les deux erreurs qui coûtent le plus dans cette liste sont la médiane lue dans une série non rangée et la moyenne d'un tableau qui oublie les effectifs.
a)
Somme : 12+7+19+10+16+15=79, pour 6 valeurs. Moyenne : 679≈13,17.
b)
Maximum 3,5, minimum −7. Étendue : 3,5−(−7)=10,5. Piège : prendre −4,5 pour le minimum parce qu'il est écrit en premier, ou calculer 3,5−7 en perdant le signe.
c)
Rangée : 9 ; 9 ; 12 ; 15 ; 17 ; 20 ; 24 ; 28 ; 31. Effectif 9, impair : la médiane est la valeur de rang 29+1=5, soit 17. Piège : la valeur du milieu de la série NON rangée, la cinquième écrite, qui vaut 31.
d)
Rangée : 1,5 ; 2 ; 3,5 ; 4,5 ; 6 ; 7 ; 8 ; 9. Effectif 8, pair : la médiane est la demi-somme des valeurs de rangs 4 et 5, 24,5+6=5,25. Piège : prendre les deux valeurs du milieu dans l'ordre d'écriture, 9 et 4,5, ce qui donne 6,75.
e)
Effectif total : 5+12+14+9=40. Fréquence de la valeur 3 : 4014=0,35, soit 35%. Piège : diviser par 4, le nombre de valeurs différentes, au lieu de l'effectif total.
f)
Effectif total : 3+8+6+2+1=20. Somme pondérée : 0×3+1×8+2×6+3×2+4×1=0+8+12+6+4=30. Moyenne : 2030=1,5. Piège : la moyenne des cinq valeurs, 50+1+2+3+4=2, comme si chaque valeur n'avait été observée qu'une fois. La valeur 0 ne pèse rien dans la somme, mais ses 3 observations comptent dans le total.
g)
n=10, et 410=2,5 n'est pas entier : on prend le rang 3. Q1=15. Piège : interpoler entre les rangs 2 et 3 et répondre 14,5 ; avec la convention du cours, un quartile est toujours une valeur de la série.
h)
43×10=7,5, donc le rang 8 : Q3=29. Piège : prendre le rang 7, en arrondissant vers le bas, ce qui donne 26.
i)
n=13. Rang de Q1 : 413=3,25, donc 4, et Q1=5. Rang de Q3 : 439=9,75, donc 10, et Q3=12. Écart interquartile : Q3−Q1=12−5=7. Piège : confondre avec l'étendue, 19−2=17.
j)
Centres : 5, 15, 25, 35. Effectif total : 4+10+5+1=20. Somme : 5×4+15×10+25×5+35×1=20+150+125+35=330. Moyenne : 20330=16,5. Piège : utiliser la borne gauche de chaque classe, ce qui donne 11,5. Ce résultat n'est qu'une valeur approchée de la vraie moyenne, puisqu'on ignore comment les valeurs se répartissent dans chaque classe.
Contrôle : une moyenne, une médiane et un quartile tombent toujours entre le minimum et le maximum de la série, et l'on doit avoir Q1≤meˊdiane≤Q3 ; sur la série de g) et h), la médiane vaut 221+23=22, bien comprise entre 15 et 29. Une fréquence est comprise entre 0 et 1, et les fréquences de toutes les valeurs d'un tableau ont pour somme 1.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Moyenne, médiane et étendue
Onze élèves ont obtenu les notes suivantes, déjà rangées dans l'ordre croissant :
4, 7, 8, 10, 10, 11, 12, 12, 14, 16, 18.
Les résultats seront arrondis au centième.
a) Calculez la moyenne de cette série.
b) Déterminez la médiane en justifiant le rang utilisé.
c) Calculez l'étendue.
d) Un douzième élève obtient 20. Recalculez la moyenne et la médiane, et comparez l'ampleur des deux variations.
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Réponses
a)11122≈11,09
b)Rang 6 : médiane 11
c)Étendue 14
d)Moyenne ≈11,83 (+0,74), médiane 11,5 (+0,5)
a)
La somme des onze notes vaut 4+7+8+10+10+11+12+12+14+16+18=122. La moyenne vaut donc 11122≈11,09. On notera qu'aucun élève n'a obtenu cette note : la moyenne est le résultat d'un calcul, pas nécessairement une valeur de la série, ce que l'exercice 9 reprendra.
b)
L'effectif n=11 est IMPAIR, la médiane est donc la valeur de rang 211+1=6. En comptant dans la liste ordonnée, la sixième note est 11. La médiane vaut donc 11 : cinq élèves ont strictement moins de 11 et cinq strictement plus.
c)
L'étendue vaut 18−4=14 points. C'est l'indicateur de dispersion le plus rudimentaire : il ne dépend QUE des deux notes extrêmes et ignore complètement les neuf autres, si bien que deux séries très différentes peuvent avoir la même étendue.
d)
La nouvelle somme vaut 122+20=142 pour douze élèves, soit une moyenne de 12142≈11,83. L'effectif étant maintenant PAIR, la médiane est la demi-somme des notes de rangs 6 et 7, soit 211+12=11,5. La moyenne a donc augmenté d'environ 0,74 point, la médiane de 0,5 point seulement.
L'écart constaté en d) est la propriété la plus importante du chapitre, celle de la ROBUSTESSE de la médiane. Une valeur élevée tire la moyenne davantage que la médiane, parce que la moyenne intègre la valeur elle-même alors que la médiane ne voit qu'un RANG supplémentaire. Ici l'effet reste modeste, le 20 n'étant pas si éloigné du reste ; l'exercice 10 montrera ce qui se passe avec une valeur vraiment extrême, où l'écart devient spectaculaire. Retenons aussi la règle de rang, qui change selon la parité : valeur du milieu si l'effectif est impair, demi-somme des deux valeurs centrales s'il est pair.
Exercice 2 : Moyenne pondérée à partir d'un tableau
Les 30 élèves d'une classe ont obtenu les notes résumées dans le tableau suivant.
Note
8
10
12
14
16
Effectif
4
7
9
6
4
a) Vérifiez que l'effectif total vaut 30, puis calculez la moyenne de la classe au centième près.
b) Déterminez la médiane.
c) Déterminez le mode de la série.
d) Quelle proportion d'élèves a obtenu au moins 12 ? Donnez le résultat en pourcentage au dixième.
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Réponses
a)Effectif 30 ; moyenne 30358≈11,93
b)Médiane 12
c)Mode 12
d)3019≈63,3%
a)
L'effectif total vaut 4+7+9+6+4=30 ✓. La somme PONDÉRÉE des notes vaut 8×4+10×7+12×9+14×6+16×4=32+70+108+84+64=358. La moyenne vaut donc 30358≈11,93. L'erreur classique consiste à diviser par 5, le nombre de notes différentes : on obtiendrait 71,6, valeur impossible pour une note sur 20, et c'est ce contrôle de plausibilité qui doit alerter. C'est bien l'EFFECTIF TOTAL qui sert de diviseur.
b)
L'effectif étant pair, la médiane est la demi-somme des valeurs de rangs 15 et 16. On calcule les effectifs CUMULÉS : 4, puis 11, puis 20. Les rangs 12 à 20 correspondent donc tous à la note 12. Les rangs 15 et 16 valent ainsi 12 tous les deux, et la médiane est 12.
c)
Le mode est la valeur d'effectif MAXIMAL, ici la note 12 avec neuf élèves. C'est le seul indicateur qui s'applique aussi à des données non numériques, comme une couleur ou une matière préférée.
d)
Les élèves ayant au moins 12 sont ceux des notes 12, 14 et 16, soit 9+6+4=19 élèves. La proportion vaut 3019≈0,633, soit environ 63,3%. L'expression au moins inclut la valeur 12 elle-même, et l'oublier ferait perdre neuf élèves.
Les trois indicateurs de position coïncident presque ici, avec une moyenne de 11,93, une médiane de 12 et un mode de 12, ce qui signale une distribution assez SYMÉTRIQUE. Quand ils divergent nettement, c'est l'information la plus intéressante : une moyenne bien supérieure à la médiane annonce une queue étirée vers le haut, comme le montrera l'exercice 10. Un mot enfin sur les effectifs cumulés, qui sont l'outil décisif de la question b) : ils répondent d'un coup à toutes les questions du type combien d'élèves ont au plus telle note, et l'on gagne à les calculer systématiquement dès qu'un tableau est donné.
Exercice 3 : Quartiles et écart interquartile
Douze employés ont indiqué la durée de leur trajet domicile-travail, en minutes :
12, 15, 18, 18, 20, 22, 25, 27, 30, 32, 40, 55.
La série est déjà ordonnée. Les résultats seront arrondis au centième.
a) Déterminez la médiane de cette série.
b) Déterminez Q1 et Q3 en précisant les rangs utilisés.
c) Calculez l'écart interquartile et interprétez-le.
d) Calculez la moyenne, comparez-la à la médiane et expliquez l'écart.
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Réponses
a)23,5 min
b)Q1=18 (rang 3), Q3=30 (rang 9)
c)Écart interquartile 12 min
d)Moyenne ≈26,17 min, tirée par le 55
a)
L'effectif n=12 est pair : la médiane est la demi-somme des valeurs de rangs 6 et 7, soit 222+25=23,5 minutes. La médiane n'appartient donc pas à la série, ce qui est fréquent avec un effectif pair.
b)
Pour Q1, on calcule 412=3 : le résultat étant ENTIER, on prend la valeur de rang 3, soit Q1=18 minutes. Pour Q3, on calcule 43×12=9 : on prend la valeur de rang 9, soit Q3=30 minutes. Lorsque le calcul ne tombe pas juste, on arrondit au rang supérieur, comme le veut la convention du cours.
c)
L'écart interquartile vaut Q3−Q1=30−18=12 minutes. Il signifie que la MOITIÉ CENTRALE des employés, ceux qui ne sont ni parmi les 25% les plus rapides ni parmi les 25% les plus lents, ont des trajets répartis sur une plage de douze minutes seulement. À comparer avec l'étendue, 55−12=43 minutes, plus de trois fois supérieure : l'écart interquartile ignore volontairement les extrêmes.
d)
La somme des douze durées vaut 314 minutes, donc la moyenne vaut 12314≈26,17 minutes, contre une médiane de 23,5 minutes. La moyenne dépasse la médiane de près de trois minutes, à cause de la valeur 55, très supérieure aux autres : elle tire la moyenne vers le haut sans déplacer la médiane.
La question d) donne un conseil pratique qu'il faut savoir formuler : pour annoncer à un nouvel employé le trajet auquel il doit s'attendre, la MÉDIANE est le meilleur indicateur, car elle décrit le cas typique et non un cas moyen déformé par une exception. La règle générale se retient ainsi : la moyenne convient quand la distribution est à peu près symétrique, la médiane s'impose dès qu'elle est étirée d'un côté. Le simple fait de comparer les deux, ce qui coûte un calcul, suffit à diagnostiquer la situation : un écart notable entre moyenne et médiane est le signal qu'une valeur extrême est à l'œuvre.
Exercice 4 : L'écart type sépare deux machines
Deux machines usinent des pièces dont le diamètre visé est 50 mm. On mesure cinq pièces sur chacune, en millimètres.
Machine A : 49,8 ; 50,0 ; 50,1 ; 49,9 ; 50,2.
Machine B : 49,4 ; 50,5 ; 49,7 ; 50,6 ; 49,8.
Les résultats seront arrondis au millième.
a) Calculez la moyenne des diamètres pour chaque machine. Que constatez-vous ?
b) Calculez la variance puis l'écart type de chaque série.
c) Laquelle des deux machines est la plus fiable ? Justifiez.
d) Le cahier des charges impose un diamètre compris entre 49,5 mm et 50,5 mm. Combien de pièces sont hors tolérance pour chaque machine ?
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Réponses
a)50,0 mm pour les deux
b)A : V=0,02, σ≈0,141 ; B : V=0,22, σ≈0,469
c)Machine A, écart type plus faible
d)A : 0 pièce ; B : 2 pièces
a)
Machine A : la somme vaut 49,8+50,0+50,1+49,9+50,2=250,0, donc la moyenne vaut 50,0 mm. Machine B : la somme vaut 49,4+50,5+49,7+50,6+49,8=250,0, donc la moyenne vaut AUSSI 50,0 mm. Les deux machines ont exactement la même moyenne, parfaitement centrée sur la cible : la moyenne seule ne permet donc pas de les départager.
b)
Machine A : les écarts à la moyenne sont −0,2 ; 0 ; 0,1 ; −0,1 ; 0,2, dont la somme des CARRÉS vaut 0,04+0+0,01+0,01+0,04=0,10. La variance vaut 50,10=0,02 et l'écart type 0,02≈0,141 mm. Machine B : les écarts sont −0,6 ; 0,5 ; −0,3 ; 0,6 ; −0,2, dont la somme des carrés vaut 0,36+0,25+0,09+0,36+0,04=1,10. La variance vaut 51,10=0,22 et l'écart type 0,22≈0,469 mm.
c)
La machine A est nettement plus FIABLE : son écart type est plus de trois fois plus petit, donc ses pièces s'écartent bien moins du diamètre visé. La fiabilité d'un procédé se juge sur la DISPERSION, pas sur la moyenne, et c'est tout l'objet de cet exercice.
d)
Pour la machine A, tous les diamètres sont compris entre 49,8 et 50,2, donc dans l'intervalle demandé : AUCUNE pièce hors tolérance. Pour la machine B, 49,4 est en dessous de 49,5 et 50,6 est au-dessus de 50,5 : deux pièces sur cinq sont hors tolérance, soit 40% de la production.
Le contraste entre les deux machines illustre pourquoi l'écart type est l'indicateur central du contrôle qualité industriel. Une machine parfaitement centrée mais dispersée produit des rebuts, alors qu'une machine légèrement décentrée mais régulière peut être corrigée d'un simple réglage. On notera au passage la raison d'être des CARRÉS dans la définition : sans eux, les écarts positifs et négatifs se compenseraient exactement, la somme des écarts à la moyenne valant toujours zéro, et l'indicateur serait inutilisable. Élever au carré rend tous les écarts positifs, et la racine finale ramène le résultat dans l'unité de départ, ici le millimètre.
Exercice 5 : Une série groupée en classes
Une clinique a relevé la durée d'attente de 60 patients, en minutes, regroupée en classes.
Classe
[0 ; 5[
[5 ; 10[
[10 ; 15[
[15 ; 20[
Effectif
12
25
18
5
a) Donnez le centre de chaque classe, puis calculez la durée d'attente moyenne au centième près.
b) Déterminez la classe médiane.
c) Expliquez pourquoi la moyenne obtenue en a) n'est qu'une valeur approchée.
d) Quelle proportion de patients a attendu moins de 10 minutes ?
c)Chaque valeur est remplacée par le centre de sa classe
d)6037≈61,7%
a)
Le centre d'une classe est la demi-somme de ses bornes : 20+5=2,5 ; 7,5 ; 12,5 et 17,5 minutes. La somme pondérée vaut alors 2,5×12+7,5×25+12,5×18+17,5×5=30+187,5+225+87,5=530. La moyenne vaut donc 60530≈8,83 minutes.
b)
L'effectif total est 60, la médiane se situe donc entre les rangs 30 et 31. Les effectifs CUMULÉS valent 12, puis 37 : les rangs 13 à 37 appartiennent tous à la classe [5;10[. Les rangs 30 et 31 y tombent, la classe médiane est donc [5;10[. On ne peut pas donner de valeur précise, seulement une classe.
c)
Parce qu'on ne dispose PAS des valeurs individuelles. On fait comme si les douze patients de la première classe avaient tous attendu exactement 2,5 minutes, ce qui est faux en général : certains ont attendu une minute, d'autres quatre. Le regroupement en classes a DÉTRUIT l'information exacte, et la moyenne calculée n'est exacte que si, dans chaque classe, la moyenne des valeurs est égale au centre, par exemple quand les valeurs y sont réparties uniformément ou symétriquement.
d)
Les patients ayant attendu moins de dix minutes sont ceux des deux premières classes, soit 12+25=37 patients. La proportion vaut 6037≈0,617, soit environ 61,7%. La borne fonctionne ici sans ambiguïté, la classe [5;10[ étant ouverte à droite : les patients ayant attendu exactement dix minutes sont dans la classe suivante.
Le regroupement en classes est un COMPROMIS qu'il faut savoir apprécier. Il rend les données lisibles et permet un histogramme, mais il coûte de la précision, comme le montre c). Le choix du nombre de classes est donc un arbitrage : trop peu de classes écrasent l'information, trop de classes reproduisent le désordre des données brutes. Une conséquence pratique mérite d'être connue : sur des données groupées, on ne peut plus calculer d'écart type exact ni de médiane exacte, seulement des approximations. Si l'on dispose des valeurs individuelles, il ne faut donc jamais les grouper avant de calculer, mais seulement pour représenter.
Partie B : Niveau contrôle (/50)
Exercice 6 : Effet d'une transformation affine
Un devoir a donné, dans une classe, une moyenne de 11 et un écart type de 2,5. On note x une note initiale quelconque.
a) Le professeur ajoute 1 point à toutes les copies. Donnez la nouvelle moyenne et le nouvel écart type.
b) Il décide plutôt de multiplier toutes les notes par 1,2. Donnez la nouvelle moyenne et le nouvel écart type.
c) Il applique finalement le barème y=1,5x−4. Donnez la nouvelle moyenne et le nouvel écart type.
d) Démontrez, à partir de la définition, qu'ajouter une constante ne change pas l'écart type.
Voir la correction
Réponses
a)Moyenne 12, écart type 2,5
b)Moyenne 13,2, écart type 3
c)Moyenne 12,5, écart type 3,75
d)yi−yˉ=xi−xˉ : écarts inchangés
a)
Ajouter un point revient à la transformation y=x+1. La moyenne devient 11+1=12. L'écart type reste 2,5 : toutes les notes se DÉCALENT de la même quantité, donc les écarts entre elles, et à la moyenne, sont rigoureusement inchangés.
b)
Ici y=1,2x. La moyenne devient 1,2×11=13,2 et l'écart type devient 1,2×2,5=3. Multiplier ÉTIRE la série tout entière, donc augmente la dispersion dans le même rapport.
c)
Avec y=1,5x−4, la moyenne devient 1,5×11−4=16,5−4=12,5. L'écart type devient ∣1,5∣×2,5=3,75 : la constante −4 n'intervient PAS dans l'écart type, seul le coefficient multiplicateur compte. La valeur absolue est nécessaire, car un coefficient négatif retournerait la série sans réduire sa dispersion.
d)
Soit yi=xi+b. La nouvelle moyenne vaut yˉ=n∑(xi+b)=n∑xi+nb=xˉ+b. Chaque écart à la moyenne devient alors yi−yˉ=(xi+b)−(xˉ+b)=xi−xˉ : il est rigoureusement INCHANGÉ, le b se simplifiant. La somme des carrés des écarts, donc la variance et l'écart type, sont donc identiques.
La conséquence pédagogique de d) mérite d'être énoncée, car elle est souvent méconnue : un bonus UNIFORME ne réduit jamais l'hétérogénéité d'une classe, il déplace tout le monde sans rien rapprocher. Seule une transformation de coefficient a tel que ∣a∣<1 resserrerait les notes, en les rapprochant de leur moyenne. On retiendra les deux règles de base sous forme d'un slogan : la moyenne subit TOUTE la transformation, yˉ=axˉ+b, alors que l'écart type ne subit que le coefficient, σy=∣a∣σx. Ces formules évitent de tout recalculer, ce qui est précieux quand la série compte trente valeurs.
Exercice 7 : Deux classes que la moyenne ne distingue pas
Deux groupes de cinq élèves ont obtenu les notes suivantes.
Groupe A : 10, 10, 10, 10, 10.
Groupe B : 2, 6, 10, 14, 18.
Les résultats seront arrondis au centième.
a) Calculez la moyenne de chaque groupe.
b) Calculez la médiane de chaque groupe.
c) Calculez l'écart type de chaque groupe.
d) Quel indicateur permet de distinguer les deux groupes ? Lequel des deux demande le plus de différenciation pédagogique ?
Voir la correction
Réponses
a)10 et 10
b)10 et 10
c)0 et 32≈5,66
d)L'écart type ; le groupe B
a)
Groupe A : la somme vaut 50, donc la moyenne vaut 10. Groupe B : la somme vaut 2+6+10+14+18=50, donc la moyenne vaut AUSSI 10. Le premier indicateur ne distingue donc pas les deux groupes.
b)
Les deux groupes comptent cinq élèves, effectif impair : la médiane est la valeur de rang 3. Elle vaut 10 dans les deux cas. Moyenne et médiane sont donc identiques : DEUX indicateurs de position sur deux ne voient aucune différence, alors que les deux groupes n'ont visiblement rien à voir.
c)
Groupe A : toutes les notes valent exactement la moyenne, tous les écarts sont nuls, donc la variance et l'écart type valent 0. Groupe B : les écarts sont −8 ; −4 ; 0 ; 4 ; 8, dont la somme des carrés vaut 64+16+0+16+64=160. La variance vaut 5160=32 et l'écart type 32=42≈5,66.
d)
Seul l'ÉCART TYPE, indicateur de dispersion, distingue les deux groupes. Le groupe A est parfaitement homogène ; le groupe B contient à la fois un élève à 2 et un élève à 18, soit seize points d'écart sur vingt. C'est donc le groupe B qui demande le plus de différenciation pédagogique : le même cours ne peut pas convenir aux deux extrémités, alors qu'il conviendrait à tout le groupe A.
Cet exercice est construit pour établir un fait unique, et il vaut d'être retenu tel quel : une moyenne annoncée SANS indicateur de dispersion ne dit presque rien d'une série. Deux classes à 10 de moyenne peuvent réclamer des stratégies opposées, l'une un approfondissement collectif, l'autre un travail par groupes de niveau. C'est pour cette raison que tout compte rendu statistique sérieux fournit un couple, position et dispersion, soit moyenne et écart type, soit médiane et écart interquartile. Notons enfin le cas extrême du groupe A : un écart type nul caractérise exactement une série CONSTANTE, ce que l'exercice 9 rappellera.
Exercice 8 : Le piège de la moyenne des moyennes
Dans un lycée, un devoir commun a été passé par deux groupes. Le groupe 1 compte 10 élèves et a obtenu une moyenne de 12. Le groupe 2 compte 20 élèves et a obtenu une moyenne de 15.
a) Un élève propose 212+15=13,5 comme moyenne de l'ensemble des 30 élèves. Expliquez pourquoi ce calcul est faux.
b) Calculez la véritable moyenne des 30 élèves.
c) Expliquez, sans calcul, pourquoi le résultat exact devait être plus proche de 15 que de 12.
d) Déterminez l'effectif qu'aurait dû avoir le groupe 1 pour que la moyenne globale vaille exactement 13,5.
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Réponses
a)Les groupes n'ont pas le même effectif
b)30420=14
c)Le groupe 2 pèse deux fois plus
d)20 élèves
a)
Parce que ce calcul donne le MÊME POIDS aux deux groupes, alors qu'ils n'ont pas le même effectif. La moyenne d'une réunion de groupes est une moyenne PONDÉRÉE par les effectifs, et non une moyenne des moyennes. Le calcul proposé traiterait dix élèves comme s'ils pesaient autant que vingt.
b)
La somme des notes du groupe 1 vaut 10×12=120 et celle du groupe 2 vaut 20×15=300. La somme totale vaut 420 pour 30 élèves, donc la moyenne vaut 30420=14. On revient donc toujours à la définition : somme de toutes les valeurs divisée par l'effectif total.
c)
Le groupe 2 compte DEUX FOIS plus d'élèves que le groupe 1, sa moyenne pèse donc deux fois plus dans le résultat. La valeur exacte devait ainsi se situer au tiers du chemin depuis 15 vers 12, et non à mi-chemin. On retrouve bien 15−31×3=15−1=14 ✓, sans avoir eu besoin de refaire le calcul complet.
d)
On cherche n tel que n+2012n+300=13,5. En multipliant en croix : 12n+300=13,5(n+20)=13,5n+270, soit 300−270=13,5n−12n, donc 30=1,5n et n=20. Il aurait donc fallu que le groupe 1 compte vingt élèves, autant que le groupe 2.
La réponse de d) confirme la règle générale et clôt l'exercice : la moyenne des moyennes n'est correcte QUE lorsque les groupes ont le même effectif. Dès qu'ils diffèrent, il faut pondérer. Ce piège est extrêmement répandu hors du lycée, notamment dans les comparaisons de taux entre régions ou établissements de tailles très inégales, où une petite unité aux résultats extrêmes peut fausser un classement entier si l'on oublie de pondérer. Le réflexe protecteur consiste à toujours revenir aux EFFECTIFS et aux sommes plutôt qu'à combiner des moyennes déjà calculées.
Exercice 9 : Quatre affirmations à corriger
Chacune des affirmations suivantes est fausse. Corrigez-la et justifiez, en vous appuyant si besoin sur les séries des exercices précédents.
a) « La moyenne d'une série est toujours l'une des valeurs de la série. »
b) « Si l'écart type d'une série vaut 0, c'est que la série est vide. »
c) « La médiane partage la série en deux parties de même somme. »
d) « Ajouter 3 points à toutes les notes augmente l'écart type de 3 points. »
Voir la correction
Réponses
a)Faux : 11,09 n'est pas une note ; des trois indicateurs proposés, seul le mode est toujours dans la série
b)Faux : série constante, pas vide
c)Faux : même effectif, pas même somme
d)Faux : l'écart type ne change pas
a)
Faux. La moyenne est le résultat d'un CALCUL et n'a aucune raison de figurer dans la série. Dans l'exercice 1, elle vaut environ 11,09, valeur qu'aucun élève n'a obtenue. Un contre-exemple encore plus net : la moyenne de 0 et 1 vaut 0,5, qui n'est ni l'un ni l'autre. La moyenne, et la médiane d'un effectif pair, peuvent ne pas être des valeurs de la série ; le mode, les quartiles (avec la convention du cours), le minimum et le maximum en sont toujours.
b)
Faux. Un écart type nul signifie que tous les écarts à la moyenne sont nuls, c'est-à-dire que toutes les valeurs sont ÉGALES. C'est le cas du groupe A de l'exercice 7, qui compte pourtant cinq élèves. Une série vide, elle, n'a même pas de moyenne, donc pas d'écart type : la division par l'effectif serait impossible.
c)
Faux. La médiane partage la série ordonnée en deux groupes de même EFFECTIF, et non de même somme. Dans la série 1 ; 2 ; 100, la médiane vaut 2 : la partie basse a pour somme 1 et la partie haute 100, ce qui est très loin d'un partage équitable. C'est d'ailleurs pourquoi la médiane est robuste, elle ne regarde que les rangs.
d)
Faux : l'écart type ne change PAS DU TOUT. Ajouter la même constante à toutes les valeurs décale la moyenne d'autant, donc laisse chaque écart à la moyenne inchangé, comme démontré à l'exercice 6. C'est la moyenne, et elle seule, qui augmente de trois.
Ces quatre erreurs se ramènent à deux confusions qu'il vaut la peine de nommer. Les affirmations a) et c) confondent un indicateur avec une PROPRIÉTÉ qu'il n'a pas : la moyenne n'est pas une valeur observée, la médiane n'équilibre pas les sommes. Les affirmations b) et d) portent sur l'écart type et confondent DISPERSION et POSITION : un écart type nul décrit une série constante et non vide, et un décalage global ne change aucune dispersion. Le remède commun est de revenir chaque fois à la DÉFINITION plutôt qu'à une intuition : l'écart type se définit à partir des écarts à la moyenne, et cette seule formule répond aux deux dernières questions.
Exercice 10 : Problème de synthèse : deux entreprises qui recrutent
Deux entreprises publient les salaires annuels de leurs dix employés, en milliers de dollars.
a) Calculez la moyenne et la médiane des salaires de chaque entreprise.
b) L'entreprise A affiche dans son annonce : « salaire moyen de 50 000 dollars, supérieur à celui de notre concurrent ». Cette affirmation est-elle exacte ? Est-elle honnête ?
c) Dans quelle entreprise un nouvel employé a-t-il intérêt à postuler ? Justifiez avec l'indicateur le plus pertinent.
d) Recalculez la moyenne et la médiane de l'entreprise A sans le salaire de 154. Que révèle la comparaison ?
d)≈38,44 et 38 : la moyenne s'effondre, la médiane bouge à peine
a)
Entreprise A : la somme vaut 500, donc la moyenne vaut 50 milliers de dollars ; la médiane est la demi-somme des rangs 5 et 6, soit 238+39=38,5. Entreprise B : la somme vaut 480, donc la moyenne vaut 48 ; la médiane est 247+48=47,5. L'écart entre moyenne et médiane est de 11,5 chez A contre seulement 0,5 chez B, ce qui signale déjà une anomalie chez A.
b)
L'affirmation est EXACTE au sens littéral : 50 est bien supérieur à 48. Elle n'est pas HONNÊTE, car cette moyenne est presque entièrement portée par un unique salaire de 154, sans doute celui du dirigeant. Neuf employés sur dix de l'entreprise A gagnent moins que la moyenne annoncée, et surtout tous les neuf gagnent moins que le plus BAS salaire de l'entreprise B, qui est de 44.
c)
La MÉDIANE est l'indicateur pertinent, car elle n'est pas affectée par la valeur extrême. Elle vaut 38,5 chez A contre 47,5 chez B, soit neuf mille dollars d'écart annuel en faveur de B. Un nouvel employé a donc tout intérêt à postuler chez B, alors même que A affiche la meilleure moyenne.
d)
Sans le salaire de 154, la somme de l'entreprise A vaut 500−154=346 pour neuf employés, soit une moyenne de 9346≈38,44, et la médiane devient la valeur de rang 5, soit 38. La moyenne s'effondre de 50 à environ 38,44, tandis que la médiane ne bouge qu'à peine, de 38,5 à 38.
Une seule donnée sur dix déplaçait donc la moyenne de plus de onze mille dollars, contre cinq cents dollars pour la médiane : c'est exactement ce que mesure la SENSIBILITÉ de la moyenne aux valeurs extrêmes, et l'exercice 1 en donnait déjà une version atténuée. Sur le fond, l'exercice montre qu'une statistique peut être rigoureusement exacte et néanmoins trompeuse, dès lors qu'on choisit l'indicateur qui arrange plutôt que celui qui décrit. C'est la raison pour laquelle les organismes statistiques publient le salaire MÉDIAN à côté du salaire moyen, que les hauts salaires tirent vers le haut, et pourquoi une annonce vantant un revenu moyen sans mentionner la distribution doit toujours être lue avec méfiance.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Diagramme en boîte : construire et comparer
On a mesuré la hauteur, en centimètres, de 15 plants de tomates d'une parcelle A. La série est rangée dans l'ordre croissant :
Convention : Q1 est la plus petite valeur de la série telle qu'au moins 25% des valeurs lui soient inférieures ou égales ; Q3 de même avec 75%.
a) Donnez le minimum, le maximum et la médiane de la série A.
b) Déterminez Q1 et Q3 en précisant les rangs utilisés.
c) Calculez l'étendue et l'écart interquartile.
d) Une parcelle B a pour résumé : minimum 18, Q1=25, médiane 29, Q3=32, maximum 50. Quelle parcelle a les plants les plus homogènes au centre ? Laquelle a l'étendue la plus grande ?
e) Au moins quelle proportion des plants de B mesure au plus 32 cm ? Et quelle proportion des plants de A mesure effectivement au moins 26 cm ?
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Réponses
a)Min 21, max 44, médiane 30
b)Q1=26 (rang 4), Q3=35 (rang 12)
c)Étendue 23, écart interquartile 9
d)B plus homogène au centre (7<9), mais étendue plus grande (32>23)
e)B : au moins 75% ; A : 12 plants sur 15, soit 80%
a)
Minimum 21, maximum 44. L'effectif 15 est impair : la médiane est la valeur de rang 215+1=8, soit 30 cm.
b)
415=3,75 : on arrondit au rang SUPÉRIEUR, le rang 4, donc Q1=26. 43×15=11,25 : rang 12, donc Q3=35. Prendre le rang 3 ou le rang 11 donnerait des valeurs pour lesquelles moins de 25% ou moins de 75% des plants sont en dessous.
c)
Étendue : 44−21=23 cm. Écart interquartile : Q3−Q1=35−26=9 cm. Le diagramme en boîte se trace avec ces cinq nombres : moustaches de 21 à 26 et de 35 à 44, boîte de 26 à 35 coupée en 30.
d)
Au centre, on compare les écarts interquartiles : 9 pour A, 32−25=7 pour B. La moitié centrale des plants de B est plus RESSERRÉE : B est plus homogène au centre. En revanche l'étendue de B vaut 50−18=32, contre 23 pour A : B a des extrêmes plus éloignés. Les deux indicateurs ne disent pas la même chose, et c'est pour cela qu'on trace la boîte entière.
e)
Par définition de Q3, au moins 75% des plants de B mesurent au plus 32 cm. Pour A, moins de 25% des valeurs sont STRICTEMENT inférieures à Q1=26, puisque Q1 est la plus petite valeur qui atteint les 25% : au moins 75% des plants mesurent donc au moins 26 cm. Le décompte donne la proportion effective : 12 plants sur 15, soit 80%.
Le fil : un diagramme en boîte résume une série par cinq nombres. On y lit la position par la médiane, la dispersion centrale par la boîte, les extrêmes par les moustaches, et chaque quartile se traduit en une phrase « au moins 25% » ou « au moins 75% ».
Exercice 12 : Fréquences et fréquences cumulées
On a demandé à 50 élèves leur nombre de frères et sœurs. Les résultats sont donnés dans le tableau.
Les fréquences sont données sous forme décimale.
Nombre de frères et sœurs
0
1
2
3
4
Effectif
8
18
13
7
4
a) Calculez la fréquence de chaque valeur.
b) Calculez les fréquences cumulées croissantes.
c) Déterminez la médiane, Q1 et Q3 à l'aide des fréquences cumulées.
d) Quelle proportion d'élèves a au plus deux frères et sœurs ? Au moins trois ?
e) Calculez le nombre moyen de frères et sœurs.
Voir la correction
Réponses
a)0,16 ; 0,36 ; 0,26 ; 0,14 ; 0,08
b)0,16 ; 0,52 ; 0,78 ; 0,92 ; 1
c)Médiane 1, Q1=1, Q3=2
d)78% et 22%
e)1,62
a)
La fréquence est l'effectif divisé par l'effectif total 50 : 508=0,16 ; 0,36 ; 0,26 ; 0,14 ; 0,08. Contrôle : la somme vaut 1 ✓.
b)
On additionne au fur et à mesure : 0,16 ; 0,16+0,36=0,52 ; 0,78 ; 0,92 ; 1. La dernière fréquence cumulée vaut toujours 1.
c)
La fréquence cumulée passe de 0,16 à 0,52 : les rangs 25 et 26 valent tous deux 1, donc Me=1. Si une fréquence cumulée valait exactement 0,5, on ferait la demi-somme avec la valeur suivante. Q1 est la première valeur atteignant 0,25 : encore 1. Q3 est la première atteignant 0,75 : c'est 2 (0,78). Les fréquences cumulées évitent de chercher les rangs 25 et 26 dans une liste de 50 valeurs.
d)
Au plus deux : on lit la fréquence cumulée en 2, soit 0,78, donc 78%. Au moins trois : c'est le contraire, 1−0,78=0,22, soit 22%.
e)
Moyenne : 500×8+1×18+2×13+3×7+4×4=500+18+26+21+16=5081=1,62. On peut aussi pondérer par les fréquences : 0×0,16+1×0,36+2×0,26+3×0,14+4×0,08=1,62 ✓.
À retenir : les fréquences cumulées répondent d'un coup à toutes les questions « au plus », et leur complément à 1 répond aux questions « au moins ».
Exercice 13 : Quelle note faut-il obtenir ?
Inès a obtenu trois notes dans un trimestre : 9 (coefficient 1), 13 (coefficient 2) et 11 (coefficient 3). Il reste un dernier devoir, de coefficient 2. Toutes les notes sont sur 20.
Les résultats sont arrondis au centième.
a) Calculez la moyenne actuelle d'Inès.
b) Quelle note doit-elle obtenir au dernier devoir pour finir avec exactement 12 de moyenne ?
c) Peut-elle atteindre 14 de moyenne ? Quelle est la meilleure moyenne qu'elle puisse obtenir ?
d) Si le dernier devoir avait un coefficient 4, quelle note lui faudrait-il pour 12 de moyenne ?
e) À partir de quelle note au dernier devoir sa moyenne ne baisse-t-elle pas ?
Voir la correction
Réponses
a)668≈11,33
b)14
c)Non ; au mieux 13,5
d)13
e)Au moins 11,33
a)
Somme pondérée : 9×1+13×2+11×3=9+26+33=68, pour une somme des coefficients de 1+2+3=6. Moyenne : 668≈11,33. Diviser par 3, le nombre de notes, donnerait 22,67, une moyenne impossible sur 20.
b)
Avec une note x de coefficient 2 : 868+2x=12, donc 68+2x=96, 2x=28 et x=14. Contrôle : 868+28=896=12 ✓.
c)
Pour 14 : 68+2x=112 donne x=22, supérieur à 20 : impossible. La meilleure moyenne s'obtient avec 20 : 868+40=8108=13,5.
d)
1068+4x=12 donne 4x=52 et x=13. Un coefficient plus fort rend l'objectif plus facile à atteindre, car la bonne note pèse davantage.
e)
La nouvelle moyenne 868+2x est au moins égale à 668 si et seulement si x≥668≈11,33. Une note au moins égale à la moyenne actuelle ne la fait jamais baisser, quel que soit son coefficient. Contrôle avec x=11 : 890=11,25<11,33, la moyenne baisse ✓.
Le point de méthode : on raisonne sur la SOMME des points et la somme des coefficients, jamais sur des moyennes partielles, et l'équation obtenue est du premier degré.
Exercice 14 : Problème : durée de vie d'ampoules et écart type
Un fabricant teste 20 ampoules et relève leur durée de vie, en milliers d'heures.
Les résultats sont arrondis au centième. On note xˉ la moyenne et σ l'écart type.
Durée (milliers d'heures)
7
8
9
10
11
12
13
Effectif
1
2
4
6
4
2
1
a) Calculez la durée de vie moyenne.
b) Calculez la variance puis l'écart type.
c) Donnez l'intervalle [xˉ−2σ;xˉ+2σ].
d) Quel pourcentage des ampoules a une durée de vie dans cet intervalle ? Et dans [xˉ−σ;xˉ+σ] ?
e) On s'aperçoit qu'une durée a été mal saisie : l'ampoule notée 7 a en réalité duré 17 milliers d'heures. Calculez la nouvelle moyenne et le nouvel écart type.
Voir la correction
Réponses
a)xˉ=10
b)V=2,1, σ≈1,45
c)[7,10;12,90]
d)90% et 70%
e)xˉ=10,5, σ≈1,96
a)
Somme pondérée : 7×1+8×2+9×4+10×6+11×4+12×2+13×1=7+16+36+60+44+24+13=200. Moyenne : 20200=10 milliers d'heures. La série est symétrique autour de 10, ce qui était visible dans le tableau.
b)
Écarts à la moyenne au carré, pondérés : 9×1+4×2+1×4+0×6+1×4+4×2+9×1=42. Variance : 2042=2,1. Écart type : σ=2,1≈1,45 millier d'heures.
c)
2σ≈2,90, donc l'intervalle est environ [7,10;12,90].
d)
Les valeurs de 8 à 12 sont dans l'intervalle, mais pas 7 ni 13 : 2+4+6+4+2=18 ampoules sur 20, soit 90%. Pour [xˉ−σ;xˉ+σ]≈[8,55;11,45] : les valeurs 9, 10, 11, soit 14 ampoules, 70%. L'écart type donne ainsi une ÉCHELLE : la plupart des valeurs sont à moins de deux écarts types de la moyenne.
e)
La somme augmente de 10 : 210, donc xˉ=10,5.
La moyenne a changé : on reprend les écarts à 10,5, pondérés par les effectifs, pour les valeurs 8 (2 fois), 9 (4 fois), 10 (6 fois), 11 (4 fois), 12 (2 fois), 13 et 17 :
2×2,52+4×1,52+6×0,52+4×0,52+2×1,52+2,52+6,52=77
Variance : 2077=3,85, et σ≈1,96. Une seule valeur éloignée augmente l'écart type de plus d'un tiers, alors que la moyenne ne bouge que de 0,5.
Autre voie, au-delà du programme de Seconde (formule de König-Huygens, qui resservira en Première spécialité avec la variance) : V=N∑nixi2−xˉ2=202282−10,52=114,1−110,25=3,85.
Ce problème montre à quoi sert l'écart type en pratique : il fixe l'unité dans laquelle mesurer l'écart à la moyenne, et une valeur à plus de deux écarts types doit toujours être vérifiée.
Exercice 15 : Problème : retrouver des effectifs manquants
Un professeur a perdu une partie de son tableau de notes. Il sait que la classe compte 25 élèves et que la moyenne vaut 11,92.
Il reste le tableau ci-dessous, où deux effectifs sont effacés, notés a et b.
Note
8
10
12
14
16
Effectif
3
a
7
b
2
a) Traduisez l'effectif total par une équation en a et b.
b) Traduisez la moyenne par une deuxième équation.
c) Résolvez le système et vérifiez.
d) Déterminez la médiane de la série.
e) Quel pourcentage des élèves a obtenu au moins 12 ?
Voir la correction
Réponses
a)a+b=13
b)10a+14b=158
c)a=6, b=7
d)Médiane 12
e)64%
a)
3+a+7+b+2=25, donc a+b=13.
b)
La somme des notes vaut 25×11,92=298. Donc 8×3+10a+12×7+14b+16×2=298, soit 24+10a+84+14b+32=298 et 10a+14b=158.
c)
De a=13−b : 10(13−b)+14b=158, soit 130+4b=158, b=7 et a=6. Contrôle : 3+6+7+7+2=25 ✓ et 24+60+84+98+32=298, 25298=11,92 ✓. Des effectifs doivent être des entiers positifs : c'est le cas ici, sinon le tableau serait incohérent.
d)
Effectif impair : médiane de rang 13. Effectifs cumulés : 3, 9, 16 : les rangs 10 à 16 ont la note 12. La médiane vaut 12.
e)
Au moins 12 : 7+7+2=16 élèves sur 25, soit 2516=64%.
Ce problème relie deux chapitres : une moyenne connue fournit une équation sur les effectifs, et deux informations donnent un système du premier degré.
Partie D : séries en classes et programme 2026 (/30)
Exercice 16 : Un histogramme à compléter, et la moyenne exacte
Un producteur a pesé les 80 pommes d'une caisse et les a regroupées en cinq classes de même amplitude 20 g, de [120;140[ à [200;220[. L'histogramme ci-dessous est incomplet : le rectangle de la dernière classe, [200;220[, a été effacé.
a) Lisez sur l'histogramme l'effectif de chacune des quatre premières classes, puis déduisez-en l'effectif de la classe [200;220[.
b) Complétez l'histogramme. Expliquez pourquoi, sur ce graphique, on a le droit de graduer l'axe vertical directement en effectifs.
c) En remplaçant chaque classe par son centre, calculez une valeur approchée de la masse moyenne d'une pomme.
d) Le producteur a aussi calculé la masse moyenne des pommes de chaque classe : 133 g, 151 g, 169 g, 187 g et 204 g, dans l'ordre des classes. Calculez la masse moyenne EXACTE des 80 pommes, et justifiez qu'elle est exacte.
e) Calculez l'écart entre les deux moyennes et expliquez d'où il vient. Dans quel cas les deux calculs donneraient-ils le même résultat ?
Voir la correction
Réponses
a)8 ; 18 ; 26 ; 20, donc 80−72=8 pommes dans [200;220[
b)Rectangle de base [200;220[ et de hauteur 8 ; axe en effectifs permis car les cinq classes ont la même amplitude
c)8013640=170,5 g, valeur approchée
d)8013548=169,35 g, valeur exacte
e)Écart 1,15 g ; égalité si chaque moyenne de classe vaut le centre, par exemple en répartition uniforme
a)
Les classes ont toutes la même amplitude, donc chaque hauteur se lit directement en effectif sur l'axe vertical, gradué de 2 en 2 : 8 pommes dans [120;140[, 18 dans [140;160[, 26 dans [160;180[ et 20 dans [180;200[. Ces quatre classes totalisent 8+18+26+20=72 pommes. La caisse en contient 80, donc la dernière classe en compte 80−72=8. Le contrôle est gratuit : 8+18+26+20+8=80.
b)
On trace un rectangle posé sur [200;220], accolé au précédent, de hauteur 8 : dans un histogramme les rectangles se touchent, parce que les classes se suivent sans trou. Sur un histogramme, c'est l'AIRE d'un rectangle qui représente l'effectif de sa classe. L'aire vaut base fois hauteur, et toutes les bases valent ici 20 g : les aires sont donc proportionnelles aux hauteurs, et graduer la hauteur en effectifs revient au même. C'est l'égalité des amplitudes, et elle seule, qui autorise ce raccourci. Si l'on avait fusionné les deux dernières classes en une classe [180;220[ de 28 pommes, un rectangle de hauteur 28 posé sur une base DOUBLE aurait une aire double de celle qui représente 28 pommes : le dessin doublerait le poids de ces fruits. C'est pour cela que le programme de Seconde s'en tient aux classes de même amplitude.
c)
Les centres sont les milieux des classes : 130, 150, 170, 190 et 210 g. La somme pondérée vaut 8×130+18×150+26×170+20×190+8×210=1040+2700+4420+3800+1680=13640, d'où une moyenne d'environ 8013640=170,5 g. Ce n'est qu'une VALEUR APPROCHÉE : on a fait comme si les 26 pommes de [160;180[ pesaient toutes 170 g, ce qu'on ignore.
d)
La masse totale d'une classe vaut exactement son effectif multiplié par sa moyenne : les 8 pommes de la première classe pèsent ensemble 8×133=1064 g, sans aucune approximation. La masse totale de la caisse est donc 1064+2718+4394+3740+1632=13548 g, et la moyenne EXACTE vaut 8013548=169,35 g. C'est le calcul de l'exercice 8 : la moyenne de l'ensemble est la moyenne des moyennes PONDÉRÉE par les effectifs. Aucune hypothèse sur la répartition des masses à l'intérieur des classes n'a servi, donc rien n'est approché.
e)
L'écart vaut 170,5−169,35=1,15 g. Il se lit classe par classe : remplacer la moyenne d'une classe par son centre ajoute à la somme l'effectif fois (centre moins moyenne), soit 8×(−3), 18×(−1), 26×1, 20×3 et 8×6, qui totalisent −24−18+26+60+48=92 g, et 8092=1,15 g. Dans les trois classes du haut, les pommes se tassent vers la borne inférieure, et le centre les surestime. Les deux calculs coïncident lorsque, dans chaque classe, la moyenne est égale au centre : c'est le cas si les masses sont réparties UNIFORMÉMENT dans la classe, hypothèse que le calcul par les centres fait sans le dire.
À retenir : des centres, on tire une moyenne approchée ; des moyennes de classe, une moyenne exacte. Sur une copie, les mots « valeur approchée » ou « valeur exacte » se justifient en une ligne, et cette ligne est notée.
Exercice 17 : Le polygone des fréquences cumulées et la médiane estimée
Les 200 participants d'une course de 10 km ont été classés selon leur temps, en minutes, dans cinq classes de même amplitude : [40;50[, [50;60[, [60;70[, [70;80[ et [80;90[.
Le graphique donne le polygone des fréquences cumulées croissantes, en pourcentage. Il part de 0% à 40 minutes ; chaque sommet suivant a pour abscisse la borne DROITE d'une classe, et pour ordonnée le pourcentage des coureurs arrivés en moins de ce temps.
a) Lisez les fréquences cumulées aux temps 50, 60, 70 et 80 minutes, puis déduisez-en l'effectif de chaque classe.
b) Déterminez la classe médiane, en justifiant à l'aide des effectifs cumulés.
c) On suppose les temps répartis uniformément à l'intérieur de la classe médiane. Estimez la médiane par interpolation linéaire.
d) Retrouvez ce résultat sur le graphique, et expliquez pourquoi lecture et calcul coïncident exactement. Estimez de même le nombre de coureurs arrivés en moins de 75 minutes.
e) Que suppose concrètement l'hypothèse de répartition uniforme dans [60;70[ ? L'organisateur précise que 50 coureurs de cette classe ont mis moins de 65 minutes. L'hypothèse est-elle vérifiée ? Donnez, au dixième, la nouvelle estimation de la médiane.
d)Lecture à 50% : 67,5 min ; environ 75% des coureurs, soit 150, sous 75 min
e)40 attendus avant 65 min, 50 observés : non vérifiée ; Me≈66,7 min
a)
Les sommets se lisent sur le quadrillage : 10% à 50 minutes, 20% à 60, 60% à 70 et 90% à 80, le polygone finissant à 100% à 90 minutes. La fréquence d'une classe est la DIFFÉRENCE des fréquences cumulées de ses deux bornes : 10%, 10%, 40%, 30% et 10%. Rapportées aux 200 coureurs, elles donnent 20, 20, 80, 60 et 20 coureurs, qui totalisent bien 200. L'erreur classique est de prendre 60% pour la fréquence de [60;70[ : c'est la part de TOUS les coureurs arrivés en moins de 70 minutes.
b)
L'effectif 200 est pair : la médiane se situe entre les rangs 100 et 101. Les effectifs cumulés croissants valent 20, 40, 120, 180 et 200. Comme 40<100 et 101⩽120, les deux coureurs du milieu sont dans [60;70[ : c'est la classe médiane. Sur le graphique, c'est la classe où le polygone franchit 50%, puisqu'il vaut 20% en 60 et 60% en 70. À ce stade, on tient une CLASSE, pas encore une valeur.
c)
Supposer la répartition uniforme, c'est admettre que les 80 coureurs de la classe arrivent à un rythme régulier entre 60 et 70 minutes, soit 8 par minute. Avant la classe, 40 coureurs sont arrivés ; pour atteindre la moitié de l'effectif, 100 coureurs, il en manque 100−40=60, c'est-à-dire les 8060=43 de la classe. On avance donc des trois quarts de l'amplitude : Me≈60+10×8060=67,5 minutes. Le même calcul en fréquences donne 60+10×60−2050−20=67,5. Contrôle : 67,5 appartient bien à la classe médiane [60;70[, sinon le calcul serait faux.
d)
On part de 50% sur l'axe vertical, on rejoint horizontalement le polygone, puis on descend sur l'axe des temps : on lit 67,5 minutes. La coïncidence n'a rien d'un hasard. Entre (60;20) et (70;60), le polygone est un SEGMENT, c'est-à-dire exactement la courbe des fréquences cumulées quand les coureurs arrivent régulièrement dans la classe : tracer le polygone, c'est faire l'hypothèse de répartition uniforme dans toutes les classes à la fois. Pour 75 minutes, milieu de [70;80[, la fréquence cumulée vaut 60+290−60=75%, et 75% de 200 font 150 coureurs, estimation elle aussi.
e)
L'hypothèse uniforme dit que les 80 temps de [60;70[ sont également répartis : autant de coureurs dans [60;65[ que dans [65;70[, donc 40 et 40. L'organisateur en compte 50 avant 65 minutes : l'hypothèse n'est pas vérifiée, les coureurs se sont tassés au début de la classe. Avec cette information, 40+50=90 coureurs sont arrivés en moins de 65 minutes ; il en manque 10 pour atteindre 100, parmi les 30 de [65;70[, supposés cette fois uniformément répartis sur 5 minutes : Me≈65+5×3010≈66,7 minutes. L'estimation a reculé de près d'une minute sans qu'aucun coureur ne change de classe : une médiane interpolée est une ESTIMATION, qui vaut ce que vaut l'hypothèse.
Sur une copie, la phrase qui rapporte le point est « en supposant la répartition uniforme dans la classe médiane, la médiane est estimée à 67,5 minutes ». Écrire « la médiane vaut 67,5 » affirme une précision que les données regroupées n'ont plus.
Exercice 18 : Ajouter ou retirer une valeur : moyenne et médiane
Les 9 membres d'un club de lecture ont noté le nombre de livres lus dans l'année. La série, rangée dans l'ordre croissant, est : 3 ; 5 ; 6 ; 8 ; 11 ; 12 ; 14 ; 16 ; 24.
On étudie ce que devient chaque indicateur quand un membre arrive ou quitte le club.
a) Calculez la moyenne et la médiane de la série.
b) Un dixième membre arrive, qui a lu x livres. Démontrez que la nouvelle moyenne vaut 11+10x−11. Calculez la nouvelle moyenne et la nouvelle médiane lorsque x=31.
c) Une faute de frappe a transformé 31 en 131. Calculez la moyenne et la médiane obtenues avec cette erreur. Montrez ensuite que, quel que soit x, la médiane des dix membres reste comprise entre deux valeurs que vous préciserez.
d) On revient aux 9 membres de départ. Cette fois, c'est le membre qui a lu 11 livres qui quitte le club. Calculez la moyenne et la médiane des 8 membres restants.
e) Combien de livres doit avoir lu un nouveau membre, ajouté aux 9 de départ, pour que la moyenne du club passe à 12 ? Un seul nouveau membre peut-il porter la médiane à 12 ?
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Réponses
a)xˉ=999=11 et Me=11, valeur de rang 5
b)xˉ′=1099+x=11+10x−11 ; pour x=31 : moyenne 13, médiane 11,5
c)Moyenne 23, médiane 11,5 ; quel que soit x, 9,5⩽Me⩽11,5
d)Moyenne 11, inchangée ; médiane 10
e)x=21 ; non, un seul ajout laisse la médiane au plus à 11,5
a)
La somme vaut 3+5+6+8+11+12+14+16+24=99, donc xˉ=999=11 livres. L'effectif 9 est impair : la médiane est la valeur de rang 29+1=5, soit 11. Moyenne et médiane coïncident ici, ce qui rendra chaque déplacement facile à voir.
b)
La moyenne se gouverne par la SOMME. La somme des neuf valeurs est 9×11=99 ; avec le nouveau membre elle devient 99+x, pour un effectif de 10. Donc xˉ′=1099+x=1010×11+(x−11)=11+10x−11. Cette écriture dit tout : la moyenne monte si x>11, descend si x<11, ne bouge pas si x=11, et le déplacement est l'écart de la nouvelle valeur à l'ancienne moyenne, divisé par le NOUVEL effectif. Pour x=31 : xˉ′=11+1020=13 livres. La médiane, elle, se gouverne par les RANGS. La série de 10 valeurs ordonnée est 3 ; 5 ; 6 ; 8 ; 11 ; 12 ; 14 ; 16 ; 24 ; 31 : l'effectif est devenu PAIR, donc Me=211+12=11,5. L'erreur fréquente est de garder la valeur de rang 5 : on change de règle dès que la parité de l'effectif change.
c)
Avec 131 : xˉ′=11+10120=23 livres, une moyenne supérieure à huit des dix valeurs, qui ne décrit plus personne. La médiane ne voit que l'ordre : 131 prend la dernière place, comme 31, et la médiane reste 211+12=11,5. Généralisons. Parmi les dix valeurs ordonnées, la médiane est la demi-somme des rangs 5 et 6. Si x⩾12, ces rangs sont occupés par 11 et 12 : Me=11,5. Si x⩽8, le nouveau venu s'intercale avant, et 8 et 11 passent aux rangs 5 et 6 : Me=28+11=9,5. Entre les deux, x occupe lui-même l'un des deux rangs centraux, et Me va de 9,5 à 11,5. Donc, quel que soit x : 9,5⩽Me⩽11,5. La médiane ne peut bouger que jusqu'aux valeurs voisines, alors que la moyenne n'a aucune borne : une valeur aberrante déplace la moyenne à volonté, et la médiane presque pas.
d)
Retirer 11, c'est retirer exactement la moyenne : la somme devient 99−11=88 pour 8 membres, et 888=11. Une valeur ÉGALE à la moyenne ne change pas la moyenne, qu'on l'ajoute ou qu'on la retire. La médiane, elle, bouge : la série 3 ; 5 ; 6 ; 8 ; 12 ; 14 ; 16 ; 24 a un effectif pair, et Me=28+12=10. C'est la situation inverse de la question c) : la valeur retirée ÉTAIT la médiane, et la nouvelle médiane se forme avec ses deux voisines, 8 et 12, qui ne sont pas symétriques autour de 11.
e)
D'après b), il faut 11+10x−11=12, soit x−11=10 et x=21 livres. Contrôle : 1099+21=10120=12. La règle générale : pour déplacer la moyenne de d, la nouvelle valeur doit se tenir à (n+1)×d au-dessus de l'ancienne moyenne, ici 10×1=10 au-dessus de 11. En revanche, d'après c), la médiane des dix membres ne dépasse jamais 11,5 : aucun nouveau membre, même un lecteur de trois cents livres, ne la porte à 12. Il en faudrait deux, ayant lu chacun au moins 12 livres : avec onze valeurs, la médiane est la sixième, et elle vaut alors 12.
Ce qu'il faut retenir : la moyenne dépend de la SOMME, donc de chaque valeur et de son éloignement ; la médiane dépend des RANGS, donc seulement de la place des valeurs. Avant tout calcul, on se demande si la valeur ajoutée ou retirée est au-dessus ou au-dessous de la moyenne, et si elle change la parité de l'effectif.
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