Physique-chimie, Seconde • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : émission et perception d'un son (Seconde)
Voici une série d'exercices corrigés de physique-chimie sur l'émission et la perception d'un son, au niveau de la classe de Seconde du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal.
Le fil du chapitre : la fréquence d'un son est imposée par la SOURCE et ne change jamais en cours de route. Ce qui dépend du milieu, c'est la célérité, et ce qui dépend de la distance, c'est l'intensité. Un la reste un la qu'on l'écoute dans l'air, dans l'eau ou à travers un mur, il devient seulement plus faible.
L'exercice 9 chiffre ce que tout le monde a déjà ressenti dans le métro : à 95dB, la durée d'exposition tolérable tombe sous les cinquante minutes, alors qu'elle est de huit heures à 85dB. Dix décibels de plus, dix fois plus d'énergie reçue, et un budget sonore quotidien divisé par dix.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Un son est une onde MÉCANIQUE : il lui faut un milieu matériel, il ne se propage pas dans le vide. Célérité dans l'air à 20∘C : v=343m/s, souvent arrondie à 340m/s.
•Célérité et température dans l'air : v=331+0,60θ avec θ en degrés Celsius et v en m/s.
•Période T en secondes, fréquence f en hertz : f=T1. La fréquence est fixée par la source, elle ne change pas en changeant de milieu.
•Hauteur d'un son : c'est sa fréquence fondamentale. Timbre : c'est la répartition des harmoniques, qui sont des multiples entiers du fondamental.
•Niveau d'intensité sonore : L=10logI0I avec I0=1,0×10−12W/m2. Doubler l'intensité ajoute 3dB, la multiplier par 10 ajoute 10dB.
•Atténuation géométrique : loin d'une source ponctuelle, l'intensité varie en d21. Doubler la distance retire donc 6dB.
•Une distance se déduit d'une durée par d=vΔt, et il faut toujours se demander si le signal fait un aller simple ou un aller-retour.
Partie A : Les bases (/50)
Exercice 1 : Lire une période sur un oscillogramme
Un microphone relié à un oscilloscope enregistre le son émis par un haut-parleur. Le balayage est réglé sur 0,50ms par division horizontale.
Sur l'enregistrement ci-dessous, on repère que 4 motifs complets occupent 10,0 divisions.
a) Le signal est-il périodique ? Justifiez à partir de la figure.
b) Calculez la période du signal, en millisecondes puis en secondes.
c) Calculez la fréquence de ce son. Est-il audible par l'oreille humaine ?
d) On veut afficher exactement deux motifs sur les dix divisions de l'écran. Quel réglage de balayage faut-il choisir ?
e) On approche le microphone du haut-parleur. Qu'est-ce qui change sur l'écran, et qu'est-ce qui ne change pas ?
Voir la correction
Réponses
a)Oui : le motif se répète identique
b)T=1,25ms=1,25×10−3s
c)f=800Hz : audible
d)0,25ms par division
e)L'amplitude augmente ; période et fréquence inchangées
a) Oui : le motif se répète identique à lui-même à intervalles réguliers. C'est la définition d'un signal périodique, et c'est ce qui donne au son une hauteur perçue, contrairement à un bruit dont le tracé ne se répète pas.
b) Il faut mesurer sur PLUSIEURS motifs pour réduire l'erreur de lecture : 4 motifs occupent 10,0 divisions, donc un motif en occupe 2,50. Chaque division valant 0,50ms, la période vaut T=2,50×0,50=1,25ms, soit T=1,25×10−3s. Mesurer sur un seul motif donnerait la même valeur mais avec quatre fois plus d'incertitude.
c) f=T1=1,25×10−31=800Hz. L'oreille humaine perçoit de 20Hz à 20000Hz environ, donc ce son est parfaitement audible ; il se situe dans la zone où l'oreille est la plus sensible, celle de la voix.
d) Deux motifs occuperaient 2×1,25=2,50ms. Pour les étaler sur 10 divisions, il faut 102,50=0,25ms par division. Réduire le calibre de balayage étire donc le signal horizontalement, sans rien changer au son lui-même.
e) L'AMPLITUDE augmente, car l'intensité sonore reçue est plus grande : la courbe devient plus haute. La période et la fréquence, elles, ne changent pas d'un iota : elles sont imposées par la source. C'est la distinction centrale du chapitre, l'amplitude dit la force du son, la fréquence dit sa hauteur, et déplacer le microphone n'agit que sur la première.
Exercice 2 : L'éclair et le tonnerre
Lors d'un orage, on voit un éclair et on entend le tonnerre 6,0s plus tard.
Célérité de la lumière : c=3,0×108m/s. Célérité du son dans l'air : v=331+0,60θ, avec θ la température en degrés Celsius.
a) Calculez la célérité du son un jour d'été à 25∘C.
b) Calculez la distance de l'orage ce jour-là.
c) Calculez la durée mise par la lumière de l'éclair pour parcourir cette distance. Était-il légitime de la négliger ?
d) Refaites le calcul de la distance un jour d'hiver à −20∘C, pour le même écart de 6,0s. Quel écart relatif obtient-on ?
e) Une règle populaire dit de compter les secondes et de diviser par trois pour obtenir la distance en kilomètres. Cette règle est-elle bonne ?
Voir la correction
Réponses
a)v=346m/s
b)d≈2,08×103m
c)6,9×10−6s : négligeable
d)319m/s, 1,91×103m : écart de 8,0%
e)Oui : elle suppose 333m/s, bonne à environ 4%
a) v=331+0,60×25=331+15=346m/s.
b) d=vΔt=346×6,0=2,08×103m, soit environ 2,1km.
c) Δtlumieˋre=3,0×1082080=6,9×10−6s, soit sept microsecondes. C'est un million de fois moins que les 6,0s mesurées : la négliger est non seulement légitime, c'est indispensable, aucun chronomètre humain ne mesurerait une telle durée. On considère donc que l'éclair est vu à l'instant même où il se produit.
d) À −20∘C : v=331+0,60×(−20)=331−12=319m/s, donc d=319×6,0=1,91×103m. L'écart relatif avec l'été vaut 20802080−1914=8,0%. Le son va plus lentement dans l'air froid, donc pour un même délai l'orage est plus proche qu'on ne le croirait avec la valeur d'été. Dans les régions où l'écart saisonnier dépasse quarante degrés, cela n'a rien d'anecdotique.
e) Diviser par trois revient à supposer v=31000=333m/s. C'est une excellente approximation : la valeur réelle va de 319 à 346m/s entre l'hiver et l'été, et 333 tombe au milieu. La règle est donc bonne à environ 4% près, largement suffisant quand il s'agit de décider si l'orage est assez loin pour sortir.
Exercice 3 : Hauteur et timbre
Le spectre en fréquence d'un son musical donne l'amplitude de chacune des fréquences qui le composent. La plus basse est le fondamental, les autres sont les harmoniques.
Le spectre ci-dessous est celui d'une note jouée par une guitare.
a) Quelle est la fréquence fondamentale de cette note ? Quelle est sa hauteur perçue ?
b) Vérifiez que les autres raies sont bien des harmoniques.
c) Une flûte joue la même note. Qu'est-ce qui est identique sur son spectre, qu'est-ce qui diffère ?
d) Un diapason émet un son de 440Hz dont le spectre ne comporte qu'une seule raie. Comment appelle-t-on un tel son, et à quoi ressemble son oscillogramme ?
e) On joue la même note une octave plus haut. Que devient le spectre ?
Voir la correction
Réponses
a)Fondamental 220Hz : un la
b)440, 660, 880, 1100Hz : multiples entiers de 220
c)Mêmes fréquences, amplitudes relatives différentes : le timbre
d)Un son pur : oscillogramme sinusoïdal
e)Toutes les raies doublent : fondamental à 440 Hz
a) Le fondamental est la plus basse fréquence du spectre, ici 220Hz. C'est lui qui fixe la hauteur perçue : l'oreille entend un la de 220Hz, et non un mélange de cinq sons.
b) Les raies suivantes sont à 440, 660, 880 et 1100Hz, c'est-à-dire 2×220, 3×220, 4×220 et 5×220. Ce sont bien des multiples ENTIERS du fondamental, ce qui est la définition des harmoniques. Un rapport non entier donnerait un son inharmonique, perçu comme un bruit métallique plutôt que comme une note.
c) La flûte joue la même note, donc son fondamental est aussi à 220Hz et les harmoniques tombent aux mêmes fréquences. Ce qui change, ce sont les AMPLITUDES relatives : la flûte a un fondamental très dominant et peu d'harmoniques, la guitare en a davantage. Cette répartition est le timbre, et c'est elle seule qui permet de reconnaître un instrument les yeux fermés.
d) Un son pur. Son oscillogramme est une sinusoïde parfaite, sans aucune déformation, alors que le son de la guitare a une allure périodique mais complexe. Le diapason est justement fabriqué pour cela, il donne une référence de hauteur sans coloration.
e) Monter d'une octave, c'est doubler la fréquence : le fondamental passe à 440Hz et les harmoniques à 880, 1320, 1760Hz. Toutes les raies sont donc multipliées par deux, le spectre est dilaté d'un facteur 2 vers la droite. Le timbre, lui, reste celui de la guitare, ce qui est la raison pour laquelle on reconnaît l'instrument quelle que soit la note jouée.
Exercice 4 : L'échelle des décibels
Le niveau d'intensité sonore se calcule par L=10logI0I, avec I0=1,0×10−12W/m2, seuil d'audibilité.
L'échelle ci-dessous situe quelques situations courantes.
a) Une conversation correspond à I=1,0×10−6W/m2. Calculez son niveau sonore.
b) Un concert atteint 105dB. Calculez l'intensité sonore correspondante.
c) Combien de fois l'intensité du concert est-elle plus grande que celle de la conversation ?
d) Deux haut-parleurs identiques émettent chacun 80dB en un point. Quel niveau obtient-on quand ils fonctionnent ensemble ?
e) Un élève propose 160dB pour la question précédente. Expliquez pourquoi l'échelle des décibels ne s'additionne pas.
Voir la correction
Réponses
a)60dB
b)I≈3,2×10−2W/m2
c)Environ 3,2×104 fois
d)83dB
e)Ce sont les intensités qui s'additionnent
a) L=10log1,0×10−121,0×10−6=10log(106)=10×6=60dB. La lecture de l'échelle confirme cette valeur pour une conversation.
b) On inverse la relation : I0I=1010105=1010,5, donc I=1010,5×10−12=10−1,5=3,2×10−2W/m2.
c) 1,0×10−63,2×10−2=3,2×104, soit plus de trente mille fois. Entre 60 et 105dB, il n'y a qu'un facteur 1,75 sur l'échelle, mais un facteur trente mille sur l'énergie reçue. Toute l'utilité des décibels est là, ils compriment une gamme démesurée en nombres maniables.
d) Deux sources identiques doublent l'intensité, et doubler l'intensité ajoute 3dB : on obtient 83dB. On peut le vérifier : 10log(2)=3,01.
e) Parce que le décibel n'est pas une grandeur physique qui s'ajoute, c'est un logarithme d'un rapport d'intensités. Ce sont les INTENSITÉS qui s'additionnent, en W/m2, et le logarithme transforme ce doublement en une simple addition de 3. Additionner les niveaux reviendrait à multiplier les intensités entre elles, opération qui n'a aucun sens physique. Le réflexe correct est toujours le même : repasser aux intensités, additionner, puis revenir aux décibels.
Exercice 5 : S'éloigner de la source
Loin d'une source sonore de petite taille, l'énergie se répartit sur une sphère de plus en plus grande : l'intensité varie en d21.
À 1,0m d'une enceinte, on mesure L1=86dB.
a) Par quel facteur l'intensité est-elle divisée quand on passe de 1,0m à 2,0m ? Quel niveau mesure-t-on alors ?
b) Même question à 10,0m.
c) À quelle distance le niveau descend-il à 66dB ?
d) Cette atténuation dépend-elle de la fréquence du son émis ?
e) Dans une salle fermée, la mesure à 10,0m donne un niveau nettement supérieur à la valeur calculée. Proposez une explication.
Voir la correction
Réponses
a)Intensité divisée par 4 : 80dB
b)66dB
c)10,0m
d)Non pour l'atténuation géométrique ; l'absorption par l'air, oui
e)Les réflexions sur les parois s'ajoutent au son direct
a) Doubler la distance divise l'intensité par 22=4. En décibels : 10log(4)=6,0, on perd donc 6,0dB et l'on mesure 86−6=80dB. La règle « doubler la distance retire six décibels » se retient une fois pour toutes.
b) Multiplier la distance par 10 divise l'intensité par 100, soit une perte de 10log(100)=20dB. On mesure 86−20=66dB.
c) C'est précisément la question précédente lue à l'envers : 66dB correspond à une perte de 20dB, donc à une intensité divisée par 100, donc à une distance multipliée par 100=10. La réponse est 10,0m. Attention au piège : la distance est multipliée par la RACINE du facteur d'intensité, pas par le facteur lui-même.
d) Non pour cette part-là : l'atténuation géométrique est purement une affaire de surface de sphère, elle traite toutes les fréquences de la même façon. En revanche l'absorption par l'air, elle, dépend de la fréquence et touche surtout les aigus. C'est pourquoi un concert lointain se réduit à des basses sourdes : les aigus ont été absorbés en chemin, pas dispersés.
e) Parce que dans une salle fermée le son ne se disperse pas librement : il se réfléchit sur les murs, le plafond et le sol, et ces réflexions se superposent au son direct. L'auditeur reçoit donc plus d'énergie que ne le prévoit la loi en d21, valable pour un espace ouvert. C'est la raison d'être des panneaux absorbants dans les studios et de la réverbération des églises.
Partie B : Problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Mesurer la célérité du son en classe
Pour mesurer la célérité du son, deux élèves placent deux téléphones distants de d=8,00m dans un couloir. Un claquement de mains est produit près du premier téléphone, et les deux enregistrements sont comparés.
Le retard mesuré entre les deux enregistrements est Δt=23,5ms. La température du couloir est de 21∘C.
a) Calculez la célérité du son obtenue par cette mesure.
b) Calculez la valeur attendue à 21∘C et l'écart relatif entre les deux.
c) Les élèves recommencent avec d=2,00m. Le retard vaut alors 6,0ms, mesuré à ±0,5ms près. Quel encadrement de la célérité obtient-on ?
d) Quelle distance vaut-il mieux choisir, et pourquoi ?
e) Un troisième élève propose de mesurer plutôt le retard entre le claquement et son écho sur le mur du fond, situé à 12,0m. Quel retard attend-on ?
Voir la correction
Réponses
a)v≈340m/s
b)344m/s attendus ; écart 1,2%
c)De 308 à 364m/s
d)La grande distance : incertitude relative plus faible
e)69,8ms
a) v=Δtd=23,5×10−38,00=340m/s.
b) Valeur attendue : v=331+0,60×21=331+12,6=344m/s. Écart relatif : 344344−340=1,2%. C'est un très bon accord pour une manipulation faite avec deux téléphones, et cela valide la méthode.
c) Avec Δt entre 5,5 et 6,5ms : la célérité va de 6,5×10−32,00=308m/s à 5,5×10−32,00=364m/s. L'encadrement est donc très large, environ ±8%, et il contient la valeur attendue sans permettre de conclure grand-chose.
d) La grande distance, nettement. La même incertitude absolue de 0,5ms pèse quatre fois moins sur un retard de 23,5ms que sur un retard de 6,0ms : l'incertitude relative passe de 8% à 2%. La règle générale à retenir vaut pour toute la physique expérimentale : pour améliorer une mesure, on agrandit la grandeur mesurée plutôt que de raffiner l'appareil.
e) L'écho parcourt l'aller ET le retour, soit 2×12,0=24,0m. Avec v=344m/s, le retard attendu est Δt=34424,0=69,8ms. Cette méthode est encore meilleure, puisqu'elle triple la durée mesurée sans changer de local, et qu'elle ne demande qu'un seul téléphone.
Exercice 7 : La corde de guitare
En appuyant sur une case, un guitariste raccourcit la longueur vibrante de la corde. On mesure la fréquence du son émis pour quatre longueurs.
L=65,0cm donne f=330Hz ; L=55,0cm donne f=390Hz ; L=45,0cm donne f=477Hz ; L=32,5cm donne f=660Hz.
a) Calculez le produit f×L pour les quatre mesures. Que constatez-vous ?
b) Le graphe donne f en fonction de L100. Quelle est l'allure obtenue, et que confirme-t-elle ?
c) Quelle fréquence obtient-on en divisant la longueur par deux ? Quel intervalle musical cela correspond-il ?
d) Prévoyez la longueur vibrante nécessaire pour obtenir un la de 440Hz.
e) Un élève affirme que la fréquence est proportionnelle à la longueur, puisque les deux varient ensemble. Réfutez cette affirmation avec les données.
Voir la correction
Réponses
a)f×L≈21450 constant : proportionnalité inverse
b)Droite passant par l'origine en fonction de L1
c)660Hz : une octave
d)L≈48,8cm
e)Lf passe de 5,08 à 20,3 : pas de proportionnalité directe
a) 330×65,0=21450 ; 390×55,0=21450 ; 477×45,0=21465 ; 660×32,5=21450. Le produit est constant, à la troisième mesure près qui ne s'écarte que de 0,07%, ce qui est de l'ordre de l'arrondi. La fréquence est donc INVERSEMENT proportionnelle à la longueur.
b) Les quatre points sont alignés sur une droite passant par l'origine. Or tracer f en fonction de L1 et obtenir une droite par l'origine est exactement le test d'une proportionnalité inverse entre f et L. Le coefficient directeur vaut 214,5 quand L est en centimètres, c'est-à-dire le produit constant divisé par cent.
c) Diviser L par deux double la fréquence, puisque le produit reste constant. De 330Hz on passe à 660Hz, ce que confirme la quatrième mesure, à 32,5cm. Un doublement de fréquence est une OCTAVE, et c'est la raison pour laquelle la douzième case d'une guitare tombe exactement au milieu de la corde.
d) L=44021450=48,8cm. Une prédiction de ce genre, faite avant de jouer, est la vraie preuve qu'une loi a été comprise et pas seulement constatée.
e) Elles varient bien ensemble, mais en sens CONTRAIRE : quand L diminue, f augmente. Une proportionnalité exigerait un quotient Lf constant ; or il vaut 5,08 pour la première mesure et 20,3 pour la dernière, soit quatre fois plus. C'est le produit qui est constant, pas le quotient, et cela distingue une proportionnalité inverse d'une proportionnalité directe.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, dites où est l'erreur et donnez l'énoncé correct.
a) « Un son se propage plus vite dans l'air que dans l'eau, puisque l'air est moins dense. »
b) « Si on s'éloigne de la source, le son devient plus grave. »
c) « Deux enceintes de 80dB chacune donnent ensemble 160dB. »
d) « Un son plus fort est un son de plus grande fréquence. »
e) « Le son des astronautes s'entend dans l'espace, il est seulement plus faible. »
Voir la correction
Réponses
a)Le son va plus vite dans l'eau et les solides
b)Moins fort, même hauteur
c)83dB
d)Un son plus fort a une plus grande amplitude
e)Aucun son ne se propage dans le vide
a) Faux : le son va environ quatre fois PLUS vite dans l'eau, à 1500m/s contre 340m/s dans l'air, et plus vite encore dans l'acier. Ce qui compte n'est pas la densité seule mais la rigidité du milieu : plus les particules sont liées, plus vite la perturbation se transmet de proche en proche. Énoncé correct : le son se propage plus vite dans les liquides et les solides que dans les gaz.
b) Faux : s'éloigner diminue l'INTENSITÉ, donc le son devient plus faible, mais sa fréquence est imposée par la source et ne change pas. Un son grave est un son de basse fréquence, ce qui est une tout autre affaire. Énoncé correct : en s'éloignant, le son devient moins fort mais reste à la même hauteur.
c) Faux : les décibels ne s'additionnent pas. Ce sont les intensités qui s'ajoutent, et un doublement d'intensité correspond à +3dB. Énoncé correct : deux sources de 80dB donnent 83dB.
d) Faux : la force d'un son est liée à son AMPLITUDE et à son intensité, sa hauteur est liée à sa fréquence. Ce sont deux caractéristiques indépendantes, on peut jouer une note aiguë doucement et une note grave très fort. Énoncé correct : un son plus fort a une plus grande amplitude.
e) Faux : le son est une onde mécanique, il a besoin d'un milieu matériel pour se propager, et l'espace est essentiellement vide. Aucun son ne traverse le vide, si faible soit-il. Les astronautes communiquent par ondes radio, qui sont électromagnétiques et se propagent parfaitement dans le vide. Énoncé correct : aucun son ne se propage dans l'espace.
Exercice 9 : Le bruit dans le métro
Dans une rame de métro, le niveau sonore atteint 95dB au passage dans certains tunnels. La réglementation retient une exposition sans risque de 8,0h par jour à 85dB, la durée tolérable étant DIVISÉE PAR DEUX chaque fois que le niveau augmente de 3dB.
Un usager fait deux trajets de 25min par jour.
a) De combien de décibels le niveau du tunnel dépasse-t-il les 85dB ? À combien de doublements cela correspond-il ?
b) Calculez la durée d'exposition tolérable à 95dB.
c) L'usager dépasse-t-il cette limite ?
d) Il met un casque à réduction de bruit qui atténue de 18dB. Quel niveau reçoit-il alors, et par quel facteur l'intensité est-elle réduite ?
e) Il écoute ensuite de la musique dans ce casque à 88dB. Le casque le protège-t-il encore ?
Voir la correction
Réponses
a)10dB : 3,33 doublements
b)Environ 48min
c)Oui, légèrement : 50min
d)77dB ; intensité divisée par 63
e)Non : environ 88,3dB avec la musique
a) 95−85=10dB de plus. Chaque doublement d'intensité vaut 3dB, donc cela représente 310=3,33 doublements.
b) La durée est divisée par 2 à chaque doublement : t=23,338,0=10,18,0=0,79h, soit environ 48min. On retrouve au passage la règle des 10dB : dix décibels de plus, c'est dix fois plus d'énergie reçue par seconde, donc dix fois moins de temps disponible.
c) Il passe 2×25=50min par jour dans le métro, contre 48min tolérées. Il est donc tout juste à la limite, et la dépasse légèrement, sans compter le reste de sa journée sonore. Le résultat n'est pas alarmant en soi, mais il montre qu'une exposition quotidienne banale consomme déjà tout le budget.
d) 95−18=77dB. Le facteur de réduction de l'intensité vaut 101018=63, soit une intensité divisée par plus de soixante. À ce niveau, la durée tolérable dépasse la journée entière.
e) Le casque continue d'atténuer le bruit du tunnel, qui reste à 77dB, mais il ajoute désormais une source à 88dB directement dans l'oreille. Le total est dominé par la musique : en repassant aux intensités, 10log(107,7+108,8)=88,3dB. L'usager est donc plus exposé qu'avant d'avoir mis le casque. Un casque à réduction de bruit protège tant qu'on ne s'en sert pas pour monter le volume, et c'est exactement l'usage qu'on en fait la plupart du temps.
Exercice 10 : Le mur antibruit de l'autoroute
Une maison est située à 50m d'une autoroute. Sans protection, le niveau sonore mesuré dans le jardin est de 78dB.
Après la construction d'un mur antibruit, la mesure au même endroit donne 66dB.
a) Calculez l'atténuation apportée par le mur, en décibels puis en facteur sur l'intensité.
b) Sans mur, quel niveau mesurerait-on à 200m de l'autoroute, en supposant une atténuation purement géométrique ?
c) Le mur est-il plus efficace que de déménager quatre fois plus loin ?
d) Un second mur identique est ajouté derrière le premier. Peut-on espérer descendre à 54dB ?
e) Les riverains constatent que le mur atténue bien les sifflements des pneus mais peu le grondement des camions. Expliquez.
Voir la correction
Réponses
a)12dB, facteur 16
b)66dB
c)Aussi efficace que quadrupler la distance
d)Non : le son contourne le mur par le dessus
e)Les graves, de longueur d'onde voisine de la hauteur du mur, le contournent
a) Atténuation : 78−66=12dB. En intensité, cela correspond à un facteur 101012=101,2=16. Le mur ne laisse donc passer qu'un seizième de l'énergie sonore, ce qui est déjà considérable.
b) Passer de 50 à 200m, c'est multiplier la distance par 4, donc diviser l'intensité par 16, donc retirer 10log(16)=12,0dB. On mesurerait 78−12=66dB.
c) Les deux solutions donnent exactement le même niveau, 66dB : le mur équivaut à s'éloigner quatre fois plus. Ce n'est pas un hasard de l'énoncé, c'est l'ordre de grandeur réel d'un bon mur antibruit, et c'est ce qui justifie son coût comparé à celui d'un déplacement d'habitations.
d) Non, on ne peut pas simplement retrancher 12 une seconde fois. Le son ne franchit pas seulement le mur, il le CONTOURNE par le dessus, et cette part diffractée n'est pas réduite par un second mur placé derrière. Chaque décibel gagné coûte donc de plus en plus cher, et l'atténuation plafonne. C'est une propriété générale des protections : la première moitié du problème est bon marché, la dernière ne l'est jamais.
e) Parce que la diffraction est d'autant plus marquée que la longueur d'onde est grande. Les sons graves du grondement des camions, autour de 100Hz, ont une longueur d'onde de l'ordre de 3,4m, comparable à la hauteur du mur : ils le contournent facilement. Les sifflements aigus des pneus, autour de 3000Hz, n'ont que 11cm de longueur d'onde et sont bien mieux arrêtés. C'est la même raison qui fait que l'on entend les basses de la fête du voisin à travers le mur, mais pas les paroles.
Partie C : les classiques (/50)
Exercice 11 : Lire une amplitude et une période à l'oscilloscope
Un microphone relié à un oscilloscope capte un son sinusoïdal. Réglages : sensibilité verticale 20mV par division, balayage horizontal 0,20ms par division ; l'écran compte 10 divisions horizontales.
Le signal occupe 5,0 divisions verticales entre son minimum et son maximum, et 3 périodes occupent 7,5 divisions horizontales.
a) Calculez la tension maximale Umax du signal.
b) Calculez la période, puis la fréquence du son.
c) On règle la sensibilité verticale sur 50mV par division. Sur combien de divisions le signal s'étend-il alors verticalement ? Le son a-t-il changé ?
d) Avec les réglages de départ, un second son occupe 4,0 divisions verticales et 3 périodes sur 7,5 divisions. Comparez-le au premier : force et hauteur.
e) Avec un balayage de 0,20ms par division, combien de périodes d'un son de 500Hz voit-on sur l'écran ?
Voir la correction
Réponses
a)Umax=50mV
b)T=0,50ms ; f=2,0×103Hz
c)2,0 divisions ; le son n'a pas changé
d)Même hauteur, moins fort (40 mV)
e)Une seule période
a) Du minimum au maximum, il y a 5,0 divisions : l'amplitude correspond à la moitié, 2,5 divisions. Umax=2,5×20=50mV. Le piège est de prendre les 5,0 divisions entières, ce qui double la tension.
b) Une période occupe 37,5=2,5 divisions, donc T=2,5×0,20=0,50ms=5,0×10−4s. Puis f=T1=5,0×10−41=2,0×103Hz.
c) La tension crête à crête vaut 5,0×20=100mV, soit 50100=2,0 divisions avec le nouveau réglage. Le signal paraît plus petit, mais le son n'a pas changé : on a seulement changé l'échelle de l'écran.
d) Même période, donc même fréquence : les deux sons ont la même HAUTEUR. Le second a une amplitude de 2,0×20=40mV, plus petite que 50mV : il est moins fort.
e) T=5001=2,0×10−3s=2,0ms. L'écran couvre 10×0,20=2,0ms : on voit exactement une période.
Méthode à retenir : on compte des divisions, on multiplie par le réglage de l'axe, et l'on mesure sur plusieurs périodes pour limiter l'erreur de lecture.
Exercice 12 : Infrasons, sons audibles et ultrasons
L'oreille humaine perçoit les sons de fréquence comprise entre 20Hz et 20kHz environ. En dessous, ce sont des infrasons ; au-dessus, des ultrasons. On prendra v=340m/s dans l'air.
Quelques sources : le grondement d'un éléphant, 14Hz ; la voix parlée, 200Hz ; un sifflet pour chien, 25kHz ; le cri d'une chauve-souris, 50kHz.
a) Classez ces quatre sons.
b) Calculez la période du cri de la chauve-souris.
c) Calculez la longueur d'onde dans l'air d'un son de 20Hz et d'un son de 20kHz.
d) La chauve-souris repère un insecte grâce à l'écho de ses cris. Calculez la longueur d'onde de son cri. Pourquoi un son de 200Hz ne lui permettrait-il pas de repérer un insecte ?
e) Un chien accourt au sifflet, alors que son maître n'entend rien. Expliquez.
a) Éléphant, 14Hz<20Hz : infrason. Voix, 200Hz : son audible. Sifflet, 25kHz>20kHz : ultrason. Chauve-souris, 50kHz : ultrason.
b) T=f1=50×1031=2,0×10−5s, soit 20 microsecondes.
c) λ=fv : 20340=17m pour le son le plus grave, 20000340=1,7×10−2m=1,7cm pour le plus aigu. Les sons audibles ont des longueurs d'onde allant du centimètre à la taille d'un immeuble.
d) λ=50×103340=6,8×10−3m, soit 6,8mm, de l'ordre de la taille d'un insecte. Un son de 200Hz aurait une longueur d'onde de 1,7m : il contournerait l'insecte presque sans être renvoyé, comme la houle contourne un piquet. Pour repérer un petit objet par écho, il faut une longueur d'onde du même ordre que lui ou plus petite.
e) La fréquence du sifflet, 25kHz, est au-dessus du seuil de l'oreille humaine, mais en dessous de celui du chien, qui perçoit des sons jusqu'à plusieurs dizaines de kilohertz. Le domaine audible n'est pas le même pour toutes les espèces.
Le fil de l'exercice : la fréquence classe un son, et la longueur d'onde dit la taille des objets avec lesquels il interagit.
Exercice 13 : Octaves et intervalles musicaux
Le la de référence a une fréquence de 440Hz. Monter d'une octave multiplie la fréquence par 2 ; monter d'une quinte la multiplie par 23.
Dans la gamme tempérée, une octave est partagée en 12 demi-tons égaux : monter d'un demi-ton multiplie la fréquence par 2121.
a) Calculez les fréquences des la situés une et deux octaves au-dessus du la de référence.
b) Le la le plus grave d'un piano a une fréquence de 27,5Hz. Combien d'octaves le séparent du la de référence ?
c) Calculez la fréquence de la note située une quinte au-dessus du la de référence.
d) Un la de 220Hz joué à la guitare contient des harmoniques. Quel est le rang de l'harmonique dont la fréquence est égale à celle trouvée en c) ?
e) Calculez le rapport 2121 à 10−4 près, puis la fréquence de la note située un demi-ton au-dessus du la de référence.
Voir la correction
Réponses
a)880Hz et 1760Hz
b)4 octaves
c)660Hz
d)Harmonique de rang 3
e)1,0595 ; environ 466Hz
a) 2×440=880Hz et 2×880=1760Hz. Monter de deux octaves multiplie par 2×2=4, pas par 2+2.
b) 27,5440=16=24 : quatre octaves séparent les deux notes. Chaque octave double la fréquence, donc on compte combien de fois il faut doubler.
c) 440×23=660Hz, un mi.
d) Les harmoniques de 220Hz sont 440, 660, 880Hz... La fréquence 660Hz est l'harmonique de rang 3, puisque 660=3×220. C'est l'une des raisons pour lesquelles la quinte sonne juste avec la note de départ : elles partagent des harmoniques.
e) 2121≈1,0595, et 440×1,0595≈466Hz : c'est le la dièse. Douze demi-tons successifs multiplient bien par (2121)12=2, une octave.
Méthode à retenir : les intervalles musicaux sont des RAPPORTS de fréquences, ils se multiplient et ne s'additionnent pas.
Exercice 14 : Problème : le brouhaha d'une cantine
Le niveau sonore vaut L=10logI0I. Les intensités de plusieurs sources s'additionnent : N sources identiques de niveau L1 donnent un niveau L=L1+10logN.
Dans une cantine, un élève qui parle normalement produit un niveau de 60dB pour ses voisins. On considère que les conversations sont des sources identiques.
a) Quel niveau sonore produisent 10 élèves qui parlent en même temps ?
b) Et 100 élèves ?
c) Combien d'élèves parlant en même temps faudrait-il pour atteindre 85dB ?
d) On pose des panneaux absorbants qui divisent par 4 l'intensité sonore perçue. Quel niveau mesure-t-on alors avec 100 élèves ?
e) Sans panneaux, dans le bruit, chacun des 100 élèves parle plus fort, avec une intensité doublée. Quel niveau atteint-on ? Pourquoi une cantine bruyante le devient-elle de plus en plus ?
Voir la correction
Réponses
a)70dB
b)80dB
c)Environ 316 élèves
d)74dB
e)83dB : chacun parle plus fort pour couvrir les autres
a) L=60+10log10=60+10=70dB. Dix fois plus d'intensité, et seulement 10dB de plus.
b) L=60+10log100=60+20=80dB.
c) 60+10logN=85 donne logN=2,5, donc N=102,5≈316 élèves. L'erreur serait de raisonner comme si les décibels s'additionnaient et de répondre moins de deux élèves.
d) Diviser l'intensité par 4 retire 10log4≈6dB : 80−6=74dB.
e) Doubler l'intensité de chaque source ajoute 10log2≈3dB : 80+3=83dB. Chacun parle plus fort pour couvrir le bruit des autres, ce qui augmente le bruit, et pousse chacun à parler encore plus fort : c'est un emballement, que les panneaux absorbants aident à casser.
Le fil du problème : on raisonne sur les intensités, qui s'additionnent et se multiplient, puis on revient aux décibels avec le logarithme.
Exercice 15 : Problème : l'audiogramme d'un musicien
Un audiogramme indique, pour chaque fréquence testée, de combien de décibels le seuil d'audition d'une personne dépasse celui d'une oreille de référence. Une perte de moins de 40dB est dite légère, de 40 à 70dB moyenne, au-delà sévère.
Audiogramme d'un musicien : 10dB à 250Hz ; 10dB à 1000Hz ; 45dB à 4000Hz ; 35dB à 8000Hz.
a) À quelle fréquence la perte est-elle la plus importante ? S'agit-il de sons graves ou aigus ?
b) À cette fréquence, par quel facteur faut-il multiplier l'intensité d'un son pour que le musicien l'entende tout juste, par rapport à une oreille de référence ?
c) Comment qualifier la perte à cette fréquence ?
d) Les consonnes « s », « f » et « ch » portent surtout de l'énergie vers 4000Hz, où elles atteignent environ 40dB au-dessus du seuil de référence dans une conversation. Le musicien les entend-il ?
e) Une aide auditive amplifie les sons de 30dB à 4000Hz. À quel niveau les consonnes arrivent-elles, et de combien dépassent-elles alors le seuil du musicien ? Par quel facteur l'intensité est-elle multipliée ?
Voir la correction
Réponses
a)4000Hz : sons aigus
b)Environ 3,2×104
c)Perte moyenne
d)Non : 5dB sous son seuil
e)70dB, 25dB au-dessus du seuil ; intensité multipliée par 1000
a) À 4000Hz, avec 45dB de perte : ce sont des sons aigus. C'est la signature typique d'une exposition prolongée à des niveaux sonores élevés.
b) 45dB correspondent à un facteur 101045=104,5≈3,2×104 : il faut un son plus de trente mille fois plus intense.
c) 45dB est compris entre 40 et 70dB : la perte est moyenne à cette fréquence, légère aux autres.
d) Non : les consonnes arrivent à 40dB, soit 5dB SOUS le seuil du musicien. Il entend les voyelles, plus graves, mais pas ces consonnes : il perçoit qu'on lui parle sans bien comprendre les mots, surtout dans le bruit.
e) Les consonnes arrivent à 40+30=70dB, soit 70−45=25dB au-dessus de son seuil : elles redeviennent audibles. L'intensité est multipliée par 101030=103=1000.
Le fil du problème : un écart en décibels se convertit en facteur d'intensité par 1010L ; l'audition se juge fréquence par fréquence.
Vous cherchez un tuteur de physique-chimie en Seconde à Montréal ?
Contactez-moi pour une première séance. On travaille sur des exercices calibrés sur le niveau réel des contrôles au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas.