Math CST, secondaire 5 à Montréal • Probabilités

Exercices corrigés : probabilités, chances et espérance (math CST, secondaire 5)

Voici une série d'exercices corrigés de mathématique CST de cinquième secondaire sur les probabilités et l'espérance mathématique, calibrés sur le niveau réel des évaluations. Elle couvre la probabilité théorique, fréquentielle et subjective, les chances pour et les chances contre, les événements compatibles, incompatibles, complémentaires, dépendants et indépendants, le tableau à double entrée, la probabilité conditionnelle, l'arbre pondéré, l'espérance mathématique et le jeu équitable. Les calculs y sont courts, mais chaque question repose sur une distinction de vocabulaire qui décide de tout, et surtout sur le sens dans lequel se lit une probabilité conditionnelle.

L'exercice 0.1 ouvre la série par dix calculs directs, comme dans les listes des manuels : convertir une probabilité comme 512\frac{5}{12} ou 35 %35\,\% en chances pour ou en chances contre, retrouver une probabilité à partir de chances de 4:94:9, puis calculer une espérance mathématique à deux et à trois issues, la mise qui rend un jeu équitable et le lot manquant qui donne une espérance imposée. À la fin de la série, vous savez classer les types de probabilité et d'événements sur une roue (exercice 1), convertir sans erreur entre chances et probabilité (exercice 2), calculer une réunion et tester l'indépendance dans un tableau à double entrée (exercice 3), calculer P(I∣S)P(I \mid S) et P(S∣I)P(S \mid I) sur les mêmes élèves (exercice 4) et juger l'équité d'un jeu par l'espérance du gain net (exercice 5).

Les problèmes de la partie B nomment des situations d'examen : ajuster le prix ou le lot d'un kiosque pour rendre le jeu équitable (exercice 6), deux tirages sans remise dans un arbre pondéré (exercice 7), l'espérance d'un billet de loterie et le profit de l'organisateur (exercice 9), et les faux positifs d'un test de dépistage, où un test positif ne veut pas dire malade à 95 pour cent (exercice 10). L'exercice 8 fait corriger les cinq confusions du chapitre : chances et probabilité, incompatibles et complémentaires, espérance et gain d'une partie, P(A∣B)P(A \mid B) et P(B∣A)P(B \mid A), tirage sans remise et indépendance.

Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Mathématique CST, secondaire 5
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Rappel de cours

  • • Une probabilité THÉORIQUE se calcule sur la structure de l'expérience, une probabilité FRÉQUENTIELLE se mesure sur des essais réels, une probabilité SUBJECTIVE relève du jugement.
  • • Les CHANCES ne sont pas une probabilité : des chances pour de a:ba:b comparent aa cas favorables à bb cas DÉFAVORABLES, et correspondent à la probabilité aa+b\dfrac{a}{a+b}.
  • • INCOMPATIBLES veut dire « jamais ensemble », donc P(A et B)=0P(A \text{ et } B)=0. COMPLÉMENTAIRES veut dire incompatibles ET de probabilités totalisant 11.
  • • INDÉPENDANTS veut dire que l'un ne change pas la probabilité de l'autre, ce qui se teste par l'égalité P(A et B)=P(A)×P(B)P(A \text{ et } B)=P(A)\times P(B). Un tirage sans remise n'est jamais indépendant.
  • • Probabilité CONDITIONNELLE : P(A∣B)=P(A et B)P(B)P(A \mid B)=\dfrac{P(A \text{ et } B)}{P(B)}. Ce qui suit la barre est la condition, donc le dénominateur, et P(A∣B)≠P(B∣A)P(A \mid B) \neq P(B \mid A) en général.
  • • ESPÉRANCE : E=∑xi×piE = \sum x_i \times p_i, la moyenne des gains pondérée par leurs probabilités. Un jeu est ÉQUITABLE lorsque l'espérance du gain NET, prix de la partie inclus, est nulle.
  • • Dans un arbre pondéré, on MULTIPLIE le long d'un chemin, et on ADDITIONNE les chemins qui répondent à la question. La somme de tous les chemins doit valoir 11.

Calculs : les chances et les espérances à calculer

Exercice 0.1 : Convertir des chances et calculer une espérance : dix calculs directs

Pour chaque ligne, faites la conversion ou le calcul demandé. Les chances s'écrivent sous la forme d'un rapport RÉDUIT a:ba:b, dont on donne les deux termes ; les probabilités se donnent au millième, en fraction ou en décimal ; les espérances et les mises, en dollars.

Deux familles de gestes. Pour les chances, on compte les cas favorables et les cas DÉFAVORABLES : une probabilité an\frac{a}{n} donne des chances pour de a:(n−a)a:(n-a), des chances pour de a:ba:b redonnent la probabilité aa+b\frac{a}{a+b}, et les chances contre sont le même rapport, retourné. Pour l'espérance, on multiplie chaque gain par sa probabilité et on additionne, E=∑xi piE=\sum x_{i}\,p_{i}, une perte comptant avec son signe moins et le prix de la partie retranché quand on demande le gain NET.

  • a) La probabilité d'un événement vaut 512\frac{5}{12} : donnez les chances pour.
  • b) La probabilité d'un événement vaut 35 %35\,\% : donnez les chances contre.
  • c) Les chances pour un événement sont de 4:94:9 : donnez sa probabilité.
  • d) Les chances contre un événement sont de 11:511:5 : donnez sa probabilité.
  • e) Les chances pour un événement AA sont de 2:92:9 : donnez la probabilité de l'événement contraire de AA.
  • f) Un jeu fait gagner 1515 dollars avec une probabilité de 0,20{,}2 et perdre 44 dollars avec une probabilité de 0,80{,}8 : calculez l'espérance de gain.
  • g) Un jeu a trois issues : gagner 5050 dollars, gagner 88 dollars ou perdre 33 dollars, avec les probabilités 0,040{,}04, 0,300{,}30 et 0,660{,}66 : calculez l'espérance de gain.
  • h) Une partie coûte 44 dollars ; elle fait gagner un lot de 2525 dollars avec une probabilité de 110\frac{1}{10}, un lot de 66 dollars avec une probabilité de 15\frac{1}{5}, et rien sinon : calculez l'espérance du gain net.
  • i) On lance un dé équilibré à six faces : un 66 fait gagner 1212 dollars, un 44 ou un 55 fait gagner 33 dollars, les autres faces ne rapportent rien. Quelle mise rend le jeu équitable ?
  • j) On tire une carte d'un jeu de 5252 cartes : un as rapporte xx dollars, une figure (valet, dame ou roi) rapporte 22 dollars, toute autre carte ne rapporte rien. La partie coûte 33 dollars. Quelle valeur de xx donne une espérance de gain net de −1-1 dollar ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/12

a)
b)
c)
d)
e)
f)
g)
h)
i)
j)
Voir la correction

Réponses

  • a) Chances pour 5:75:7
  • b) Chances contre 65:35=13:765:35=13:7
  • c) P=413≈0,308P=\frac{4}{13}\approx 0{,}308
  • d) P=516=0,3125P=\frac{5}{16}=0{,}3125
  • e) P(non A)=911≈0,818P(\text{non } A)=\frac{9}{11}\approx 0{,}818
  • f) E=3−3,2=−0,20E=3-3{,}2=-0{,}20 dollar
  • g) E=2+2,40−1,98=2,42E=2+2{,}40-1{,}98=2{,}42 dollars
  • h) Enet=3,70−4=−0,30E_{\text{net}}=3{,}70-4=-0{,}30 dollar
  • i) Mise équitable =2+1=3=2+1=3 dollars
  • j) x+613=2\frac{x+6}{13}=2 ; x=20x=20 dollars

Le geste qui décide de tout : le second terme des chances est le nombre de cas DÉFAVORABLES, jamais le total. Et dans une espérance, chaque issue compte, celles qui ne rapportent rien comme celles qui font perdre.

a)

Sur 1212 cas, 55 sont favorables et 12−5=712-5=7 défavorables : les chances pour sont de 5:75:7. Piège : écrire 5:125:12 en gardant le total.

b)

35 %35\,\%, c'est 3535 cas favorables sur 100100, donc 6565 défavorables. Les chances contre mettent les défavorables en premier : 65:3565:35, qui se réduit en 13:713:7 en divisant les deux termes par 55. Piège : donner les chances POUR, 7:137:13.

c)

Des chances pour de 4:94:9 font 4+9=134+9=13 cas en tout, dont 44 favorables : P=413≈0,308P=\frac{4}{13}\approx 0{,}308. Piège : répondre 49\frac{4}{9}, qui oublie que le second terme n'est pas le total.

d)

Des chances contre de 11:511:5 comptent 1111 cas défavorables et 55 favorables, 1616 en tout : P=516=0,3125P=\frac{5}{16}=0{,}3125. Piège : lire le premier terme comme favorable et répondre 1116\frac{11}{16}.

e)

Les chances pour de 2:92:9 donnent P(A)=211P(A)=\frac{2}{11}, donc P(non A)=1−211=911≈0,818P(\text{non } A)=1-\frac{2}{11}=\frac{9}{11}\approx 0{,}818. Plus vite : les 99 cas défavorables à AA sont les cas favorables à son contraire.

f)

E=15×0,2+(−4)×0,8=3−3,2=−0,20E=15\times 0{,}2+(-4)\times 0{,}8=3-3{,}2=-0{,}20 dollar. Piège : oublier le signe de la perte et trouver 6,206{,}20 dollars.

g)

E=50×0,04+8×0,30+(−3)×0,66=2+2,40−1,98=2,42E=50\times 0{,}04+8\times 0{,}30+(-3)\times 0{,}66=2+2{,}40-1{,}98=2{,}42 dollars. On vérifie d'abord que 0,04+0,30+0,66=10{,}04+0{,}30+0{,}66=1 : les trois issues couvrent tous les cas.

h)

Espérance des lots : 25×110+6×15+0×710=2,50+1,20=3,7025\times\frac{1}{10}+6\times\frac{1}{5}+0\times\frac{7}{10}=2{,}50+1{,}20=3{,}70 dollars. La mise de 44 dollars se paie dans TOUS les cas, donc Enet=3,70−4=−0,30E_{\text{net}}=3{,}70-4=-0{,}30 dollar. Piège : ne retrancher la mise que sur les issues perdantes, ce qui donne +0,90+0{,}90 dollar.

i)

Espérance des gains : 12×16+3×26=2+1=312\times\frac{1}{6}+3\times\frac{2}{6}=2+1=3 dollars. Le jeu est équitable quand la mise égale l'espérance des gains, soit 33 dollars. Piège : compter une seule face pour le lot de 33 dollars, alors que le 44 ET le 55 le donnent, et trouver 2,502{,}50 dollars.

j)

P(as)=452=113P(\text{as})=\frac{4}{52}=\frac{1}{13} et P(figure)=1252=313P(\text{figure})=\frac{12}{52}=\frac{3}{13}. Une espérance nette de −1-1 dollar pour une partie à 33 dollars exige une espérance des lots de 3−1=23-1=2 dollars : x13+2×313=2\frac{x}{13}+2\times\frac{3}{13}=2, soit x+6=26x+6=26 et x=20x=20 dollars. Vérification : 2013+613−3=2−3=−1\frac{20}{13}+\frac{6}{13}-3=2-3=-1 dollar.

Contrôle : une probabilité tirée des chances redonne les chances quand on la reconvertit, 413\frac{4}{13} laisse bien 99 cas défavorables sur 1313 ; et une espérance nette se recoupe en calculant les gains nets issue par issue, comme en h), où 0,1×21+0,2×2+0,7×(−4)=−0,300{,}1\times 21+0{,}2\times 2+0{,}7\times(-4)=-0{,}30 dollar.

Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Types de probabilités, types d'événements

La roue ci-dessous est partagée en huit secteurs de même taille : trois rouges notés RR, trois bleus notés BB et deux jaunes notés JJ. Elle est parfaitement équilibrée.

RRRBBBJJ
  • a) Calculez la probabilité d'obtenir du rouge. S'agit-il d'une probabilité théorique, fréquentielle ou subjective ?
  • b) Un élève fait tourner la roue 200200 fois et obtient 6868 fois du rouge. Quelle probabilité en tire-t-il, et de quel type est-elle ? Pourquoi diffère-t-elle de la précédente ?
  • c) Les événements « rouge » et « bleu » sont-ils compatibles ? complémentaires ? Et « rouge » et « non rouge » ?
  • d) On fait tourner la roue deux fois de suite. Les deux résultats sont-ils dépendants ou indépendants ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) P(R)=38=0,375P(R)=\dfrac{3}{8}=0{,}375, probabilité THÉORIQUE
  • b) 68200=0,34\dfrac{68}{200}=0{,}34, probabilité FRÉQUENTIELLE ; l'écart vient du hasard de l'échantillon
  • c) Rouge et bleu : incompatibles, non complémentaires. Rouge et non rouge : complémentaires
  • d) Indépendants : la roue ne garde aucune trace du tour précédent
a)

Les huit secteurs sont de même taille, donc chacun a la même probabilité d'être désigné. Trois d'entre eux sont rouges, d'où P(R)=38=0,375P(R)=\dfrac{3}{8}=0{,}375. C'est une probabilité THÉORIQUE : elle se calcule à partir de la structure de l'expérience, en comptant les cas favorables sur les cas possibles, sans avoir besoin de faire tourner la roue une seule fois.

b)

L'élève obtient 68200=0,34\dfrac{68}{200}=0{,}34. C'est une probabilité FRÉQUENTIELLE, ou expérimentale : elle vient d'une série d'essais réels et non d'un raisonnement. Elle diffère de 0,3750{,}375 à cause du hasard de l'échantillon, exactement comme deux cents lancers de pièce ne donnent presque jamais cent piles exactement. Plus le nombre d'essais grandit, plus la fréquence observée se rapproche de la probabilité théorique : c'est ce qu'on appelle la loi des grands nombres. Une probabilité SUBJECTIVE serait d'un troisième type, fondée sur un jugement, par exemple « je pense avoir sept chances sur dix de réussir cet examen ».

c)

« Rouge » et « bleu » sont INCOMPATIBLES : la roue s'arrête sur un seul secteur, donc ces deux événements ne peuvent pas se produire ensemble et P(R et B)=0P(R \text{ et } B)=0. Ils ne sont pas COMPLÉMENTAIRES pour autant, car il reste le jaune : P(R)+P(B)=38+38=68P(R)+P(B)=\dfrac{3}{8}+\dfrac{3}{8}=\dfrac{6}{8}, qui ne fait pas 11. « Rouge » et « non rouge », eux, sont complémentaires : ils sont incompatibles ET leurs probabilités totalisent 11, puisque 38+58=1\dfrac{3}{8}+\dfrac{5}{8}=1. Retenez la distinction, elle est constamment évaluée : incompatibles veut dire « jamais ensemble », complémentaires veut dire « jamais ensemble ET toujours l'un des deux ».

d)

Ils sont INDÉPENDANTS. La roue ne conserve aucune trace du tour précédent : la composition des secteurs est inchangée, donc la probabilité d'obtenir du rouge au deuxième tour vaut encore 38\dfrac{3}{8}, quel que soit le premier résultat. Les tirages deviennent dépendants seulement lorsque la première épreuve modifie la seconde, ce qui est le cas d'un tirage SANS remise, où un jeton retiré ne peut plus sortir.

Exercice 2 : Les chances pour et les chances contre

Une probabilité compare le nombre de cas favorables au nombre de cas POSSIBLES. Les chances comparent les cas favorables aux cas DÉFAVORABLES. Ce ne sont pas les mêmes nombres, et une évaluation vérifie presque toujours que l'élève ne les confond pas.

  • a) La probabilité de gagner à un jeu vaut 25\dfrac{2}{5}. Donnez les chances pour et les chances contre.
  • b) Les chances contre un événement sont de 77 contre 33. Quelle est sa probabilité ?
  • c) Un pari est annoncé « à 44 contre 11 ». Quelle probabilité de gain cela suppose-t-il ?
  • d) Un élève écrit : « la probabilité vaut 25\dfrac{2}{5}, donc les chances pour sont de 22 contre 55. » Où est l'erreur, et que vaut-elle en points ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Chances pour 2:32:3, chances contre 3:23:2
  • b) 310=0,3\dfrac{3}{10}=0{,}3
  • c) 15=0,2\dfrac{1}{5}=0{,}2, en lisant « 44 contre 11 » comme des chances CONTRE
  • d) Il a gardé le total 55 au lieu des 33 cas défavorables ; 2:52:5 donnerait 27≈0,286\dfrac{2}{7}\approx 0{,}286
a)

Sur 55 cas possibles, 22 sont favorables, donc 5−2=35-2=3 sont défavorables. Les CHANCES POUR sont donc de 22 contre 33, ce qui s'écrit 2:32:3, et les CHANCES CONTRE de 33 contre 22, soit 3:23:2. Le passage de la probabilité aux chances tient en une phrase : le dénominateur des chances n'est pas le total, c'est ce qui RESTE une fois les cas favorables retirés.

b)

Des chances contre de 7:37:3 signifient 77 cas défavorables pour 33 cas favorables, donc 7+3=107+3=10 cas au total. La probabilité de l'événement vaut 310=0,3\dfrac{3}{10}=0{,}3, et celle de son complémentaire 710\dfrac{7}{10}. On vérifie : 0,3+0,7=10{,}3+0{,}7=1. La règle générale est que des chances de a:ba:b en faveur correspondent à la probabilité aa+b\dfrac{a}{a+b}.

c)

« 44 contre 11 » désigne des chances CONTRE de 4:14:1 : quatre cas défavorables pour un cas favorable, soit 55 cas au total. La probabilité de gain vaut donc 15=0,2\dfrac{1}{5}=0{,}2. C'est le sens usuel dans un pari, et il est prudent de le préciser dans la copie : « en lisant 44 contre 11 comme des chances contre ». Le correcteur attend cette phrase autant que le résultat.

d)

L'erreur est d'avoir gardé le TOTAL, 55, comme second terme des chances, alors que ce second terme doit être le nombre de cas DÉFAVORABLES, 33. Écrire 2:52:5 revient à annoncer 77 cas en tout, donc une probabilité de 27≈0,286\dfrac{2}{7}\approx 0{,}286, ce qui n'est pas 0,40{,}4. La conversion est fausse dans les deux sens, et c'est en général l'erreur la plus coûteuse de ce chapitre : elle rend faux tout ce qui suit dans le problème, y compris une espérance correctement calculée à partir d'une mauvaise probabilité.

Exercice 3 : Le tableau à double entrée : réunion et compatibilité

On interroge 200200 élèves d'une école sur deux activités : la pratique d'un sport et la pratique d'un instrument de musique. Les résultats sont dans le tableau.

On choisit un élève au hasard. On note SS l'événement « il pratique un sport » et II l'événement « il joue d'un instrument ».

Pratique un sportNe pratique pasTotal
Joue d'un instrument452570
N'en joue pas7555130
Total12080200
  • a) Calculez P(S)P(S) et P(I)P(I).
  • b) Calculez P(S ou I)P(S \text{ ou } I) de deux façons différentes.
  • c) Les événements SS et II sont-ils compatibles ? incompatibles ? Justifiez par un nombre du tableau.
  • d) Sont-ils indépendants ? Justifiez par un calcul.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) P(S)=0,6P(S)=0{,}6 et P(I)=0,35P(I)=0{,}35, lus dans les marges
  • b) 0,6+0,35−0,225=0,7250{,}6+0{,}35-0{,}225=0{,}725, ou 145200=0,725\dfrac{145}{200}=0{,}725
  • c) Compatibles : 4545 élèves font les deux, donc l'intersection n'est pas vide
  • d) Dépendants : 0,6×0,35=0,21≠0,2250{,}6\times 0{,}35=0{,}21 \neq 0{,}225
a)

La colonne des totaux donne 120120 élèves qui pratiquent un sport, donc P(S)=120200=0,6P(S)=\dfrac{120}{200}=0{,}6. La ligne des totaux donne 7070 élèves qui jouent d'un instrument, donc P(I)=70200=0,35P(I)=\dfrac{70}{200}=0{,}35. On lit toujours les probabilités simples dans les MARGES du tableau, jamais à l'intérieur : les cases intérieures sont des intersections.

b)

Première façon, par la formule : P(S ou I)=P(S)+P(I)−P(S et I)=0,6+0,35−45200=0,6+0,35−0,225=0,725P(S \text{ ou } I) = P(S)+P(I)-P(S \text{ et } I) = 0{,}6+0{,}35-\dfrac{45}{200} = 0{,}6+0{,}35-0{,}225 = 0{,}725. On retire l'intersection parce que les 4545 élèves qui font les deux ont été comptés une fois dans 120120 et une fois dans 7070. Deuxième façon, par dénombrement direct : les élèves concernés sont ceux des trois cases 4545, 7575 et 2525, soit 145145 élèves, d'où 145200=0,725\dfrac{145}{200}=0{,}725. Les deux méthodes concordent, et faire les deux est la meilleure façon de ne pas oublier la soustraction.

c)

Ils sont COMPATIBLES, car 4545 élèves pratiquent les deux activités : l'intersection n'est pas vide, P(S et I)=0,225≠0P(S \text{ et } I)=0{,}225 \neq 0. Ils ne sont donc pas incompatibles. Le critère est toujours le même et il se lit dans une seule case : une intersection nulle rend les événements incompatibles, une intersection non nulle les rend compatibles.

d)

Il faut comparer P(S)×P(I)P(S)\times P(I) à P(S et I)P(S \text{ et } I). Le produit vaut 0,6×0,35=0,210{,}6\times 0{,}35=0{,}21, alors que l'intersection vaut 0,2250{,}225. Comme 0,21≠0,2250{,}21 \neq 0{,}225, les deux événements sont DÉPENDANTS : jouer d'un instrument est un peu plus fréquent chez les sportifs que dans l'école entière. Notez que compatibilité et indépendance sont deux questions distinctes, malgré leurs noms voisins : la première demande si les deux événements peuvent se produire ensemble, la seconde si l'un modifie la probabilité de l'autre.

Exercice 4 : Les probabilités conditionnelles

On reprend le tableau de l'exercice précédent, avec les mêmes 200200 élèves et les mêmes événements SS et II.

Une probabilité conditionnelle restreint l'univers : on ne compte plus sur les 200200 élèves, mais seulement sur ceux qui vérifient la condition.

Pratique un sportNe pratique pasTotal
Joue d'un instrument452570
N'en joue pas7555130
Total12080200
  • a) Calculez P(I∣S)P(I \mid S), la probabilité qu'un élève joue d'un instrument sachant qu'il pratique un sport.
  • b) Calculez P(S∣I)P(S \mid I).
  • c) Pourquoi ces deux résultats sont-ils différents alors qu'ils portent sur les mêmes 4545 élèves ?
  • d) Calculez la probabilité de jouer d'un instrument sachant que l'élève ne pratique aucun sport, puis concluez sur le lien entre les deux activités.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/5

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) 45120=0,375\dfrac{45}{120}=0{,}375
  • b) 4570≈0,6429\dfrac{45}{70}\approx 0{,}6429
  • c) Même numérateur, les 4545 élèves ; dénominateurs différents, 120120 puis 7070
  • d) 2580=0,3125<0,35<0,375\dfrac{25}{80}=0{,}3125 < 0{,}35 < 0{,}375 : un lien, jamais une cause
a)

« Sachant qu'il pratique un sport » restreint l'univers aux 120120 sportifs. Parmi eux, 4545 jouent d'un instrument, donc P(I∣S)=45120=0,375P(I \mid S)=\dfrac{45}{120}=0{,}375. On peut aussi appliquer la formule P(I∣S)=P(I et S)P(S)=0,2250,6=0,375P(I \mid S)=\dfrac{P(I \text{ et } S)}{P(S)}=\dfrac{0{,}225}{0{,}6}=0{,}375 : les deux chemins donnent le même nombre, et sur un tableau à double entrée le comptage direct est plus rapide et moins risqué.

b)

Cette fois la condition restreint l'univers aux 7070 musiciens, parmi lesquels 4545 pratiquent un sport, donc P(S∣I)=4570≈0,6429P(S \mid I)=\dfrac{45}{70}\approx 0{,}6429. Par la formule : 0,2250,35≈0,6429\dfrac{0{,}225}{0{,}35}\approx 0{,}6429.

c)

Parce que le NUMÉRATEUR est le même, les 4545 élèves qui font les deux, mais le DÉNOMINATEUR change : on rapporte ces 4545 élèves à 120120 dans un cas et à 7070 dans l'autre. Une probabilité conditionnelle est toujours une part rapportée au sous-groupe nommé après le mot « sachant », et changer ce sous-groupe change la réponse. P(I∣S)P(I \mid S) et P(S∣I)P(S \mid I) ne sont donc jamais égales sauf coïncidence, et les confondre est l'erreur la plus fréquente de tout le chapitre.

d)

Les non-sportifs sont 8080, et 2525 d'entre eux jouent d'un instrument, d'où P(I∣non S)=2580=0,3125P(I \mid \text{non } S)=\dfrac{25}{80}=0{,}3125. On compare les trois nombres : 0,31250{,}3125 chez les non-sportifs, 0,350{,}35 dans l'école entière, 0,3750{,}375 chez les sportifs. Pratiquer un sport va donc de pair avec une pratique musicale un peu plus fréquente, ce qui confirme la dépendance trouvée à l'exercice précédent. Attention à la conclusion : ces nombres établissent un LIEN, ils ne démontrent pas que le sport pousse à faire de la musique, et une réponse qui l'affirmerait serait fausse.

Exercice 5 : L'espérance mathématique d'un jeu

Un kiosque propose le jeu suivant : la partie coûte 33 dollars, puis on tire une bille au hasard dans un sac qui contient 2020 billes. Les 22 billes vertes font gagner 1010 dollars, les 55 billes bleues font gagner 44 dollars, et les 1313 billes blanches ne font rien gagner.

Le diagramme donne la probabilité de chacune des trois issues.

perdre0,65gagner 40,25gagner 100,100,20,4probabilité de chaque issue
  • a) Donnez la probabilité de chacune des trois issues et vérifiez leur somme.
  • b) Calculez l'espérance de gain, sans tenir compte du prix de la partie.
  • c) Calculez l'espérance du gain NET, prix de la partie inclus. Le jeu est-il équitable ?
  • d) Un joueur fait 100100 parties. Que peut-on prévoir, et que ne peut-on pas prévoir ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 0,100{,}10, 0,250{,}25 et 0,650{,}65, de somme 11
  • b) E=0,10(10)+0,25(4)+0,65(0)=2E=0{,}10(10)+0{,}25(4)+0{,}65(0)=2 dollars
  • c) Enet=2−3=−1E_{\text{net}}=2-3=-1 dollar : le jeu n'est PAS équitable
  • d) Prévisible : environ 100100 dollars perdus sur 100100 parties. Imprévisible : le résultat d'une partie
a)

Les billes étant tirées au hasard dans un sac de 2020, chaque bille a la même probabilité. On obtient P(vert)=220=0,10P(\text{vert})=\dfrac{2}{20}=0{,}10, P(bleu)=520=0,25P(\text{bleu})=\dfrac{5}{20}=0{,}25 et P(blanc)=1320=0,65P(\text{blanc})=\dfrac{13}{20}=0{,}65. Leur somme vaut 0,10+0,25+0,65=10{,}10+0{,}25+0{,}65=1, ce qui est obligatoire : les trois issues couvrent tous les cas possibles et s'excluent deux à deux. Cette vérification prend cinq secondes et détecte presque toutes les erreurs de lecture d'énoncé.

b)

L'espérance est la moyenne des gains PONDÉRÉE par leurs probabilités : E=0,10×10+0,25×4+0,65×0=1+1+0=2E = 0{,}10\times 10 + 0{,}25\times 4 + 0{,}65\times 0 = 1+1+0 = 2 dollars. Autrement dit, une partie rapporte en moyenne 22 dollars de lots. Remarquez que ce nombre n'est jamais gagné par personne : aucun joueur ne repart avec 22 dollars, on gagne 1010, 44 ou rien. L'espérance décrit ce qui se passe À LA LONGUE, pas ce qui arrive à une partie.

c)

La partie coûte 33 dollars, quel que soit le résultat. L'espérance du gain net vaut donc Enet=2−3=−1E_{\text{net}} = 2-3 = -1 dollar. On peut aussi la calculer directement sur les gains nets : 0,10×7+0,25×1+0,65×(−3)=0,7+0,25−1,95=−10{,}10\times 7 + 0{,}25\times 1 + 0{,}65\times(-3) = 0{,}7+0{,}25-1{,}95 = -1 dollar. Le jeu n'est donc PAS équitable : un jeu équitable est un jeu dont l'espérance du gain net est nulle. Ici elle est négative, ce qui signifie que le kiosque gagne en moyenne 11 dollar par partie jouée.

d)

On peut prévoir le résultat GLOBAL : sur 100100 parties, le joueur perdra en moyenne 100×1=100100\times 1 = 100 dollars, et cette prévision est fiable parce que les écarts d'une partie à l'autre se compensent en grand nombre. On ne peut RIEN prévoir d'une partie en particulier : il est parfaitement possible de tirer une bille verte au premier essai et de repartir avec 77 dollars de gain net. L'espérance ne dit pas ce qui va arriver, elle dit vers quoi tend la moyenne quand on répète l'expérience, et c'est exactement ce qui rend le modèle utile au kiosque et dangereux pour le joueur.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Rendre un jeu équitable

On garde le sac de l'exercice précédent : 22 billes vertes, 55 bleues et 1313 blanches sur 2020. Le lot des bleues reste de 44 dollars et les blanches ne rapportent rien. Le kiosque veut ajuster ses conditions.

La figure ci-dessous représente la situation.

2 vertes : lot x5 bleues : 4 dollars13 blanches : rien
  • a) À quel prix la partie devrait-elle être vendue pour que le jeu soit équitable ?
  • b) Le kiosque tient à son prix de 33 dollars. Quel lot xx devrait-il offrir aux billes vertes pour que le jeu devienne équitable ?
  • c) Le kiosque veut au contraire un profit moyen de 0,500{,}50 dollar par partie, avec le lot vert d'origine de 1010 dollars. Quel prix doit-il afficher, et quel profit peut-il espérer sur 500500 parties ?
  • d) Un client affirme : « si le jeu est équitable, je ne peux pas perdre. » Que répondre ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 22 dollars, le prix qui égale l'espérance des lots
  • b) 0,10x+1=30{,}10x+1=3, donc x=20x=20 dollars
  • c) Prix de 2,502{,}50 dollars, profit espéré de 250250 dollars sur 500500 parties
  • d) Faux : l'équité vaut à la longue. À 22 dollars, on perd sa mise avec une probabilité de 0,650{,}65
a)

L'espérance des lots vaut 22 dollars, calculée à l'exercice précédent et inchangée ici. Le jeu est équitable lorsque l'espérance du gain net est nulle, donc lorsque le prix de la partie égale l'espérance des lots : le prix équitable est de 22 dollars. On vérifie : 0,10×(10−2)+0,25×(4−2)+0,65×(0−2)=0,8+0,5−1,3=00{,}10\times(10-2)+0{,}25\times(4-2)+0{,}65\times(0-2) = 0{,}8+0{,}5-1{,}3 = 0.

b)

On écrit l'équation de l'équité avec le lot vert inconnu : 0,10x+0,25×4+0,65×0=30{,}10x + 0{,}25\times 4 + 0{,}65\times 0 = 3, soit 0,10x+1=30{,}10x + 1 = 3, donc 0,10x=20{,}10x = 2 et x=20x = 20 dollars. Le lot des billes vertes devrait donc doubler, passant de 1010 à 2020 dollars. La vérification est indispensable : 0,10×20+0,25×4=2+1=30{,}10\times 20 + 0{,}25\times 4 = 2+1 = 3 dollars, ce qui égale bien le prix de la partie.

c)

Un profit moyen de 0,500{,}50 dollar pour le kiosque signifie une espérance de gain net de −0,50-0{,}50 dollar pour le joueur. Comme l'espérance des lots vaut 22 dollars, le prix doit valoir 2+0,50=2,502+0{,}50 = 2{,}50 dollars. Sur 500500 parties, le profit espéré est de 500×0,50=250500\times 0{,}50 = 250 dollars. Notez au passage que le prix actuel de 33 dollars procure au kiosque 11 dollar par partie, soit le double de l'objectif : baisser le prix à 2,502{,}50 dollars réduirait sa marge, mais attirerait sans doute plus de joueurs, et le nombre de parties compte autant que la marge.

d)

C'est faux, et la confusion est classique. Un jeu équitable a une espérance NULLE, ce qui signifie que la moyenne des gains nets tend vers zéro quand le nombre de parties devient grand ; cela ne dit rien d'une partie particulière. En jouant une seule fois au jeu équitable à 22 dollars, le client perd 22 dollars avec une probabilité de 0,650{,}65, ce qui est de loin l'issue la plus probable. L'équité ne protège pas le joueur, elle garantit seulement qu'aucun des deux camps n'est avantagé à la longue.

Exercice 7 : Deux tirages sans remise : l'arbre pondéré

Un sac contient 55 jetons rouges et 33 jetons noirs. On en tire deux l'un après l'autre, SANS remettre le premier dans le sac.

L'arbre ci-dessous porte les probabilités de chaque branche.

5/83/84/73/75/72/7R puis RR puis NN puis RN puis N
  • a) Expliquez pourquoi les probabilités du deuxième étage ne sont pas les mêmes que celles du premier.
  • b) Calculez la probabilité de tirer deux jetons rouges.
  • c) Calculez la probabilité de tirer exactement un jeton rouge, puis vérifiez que les quatre chemins totalisent 11.
  • d) On refait l'expérience AVEC remise. La probabilité de tirer deux rouges augmente-t-elle ou diminue-t-elle ? Justifiez par le calcul.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Le premier jeton n'est pas remis : il reste 77 jetons, de composition modifiée
  • b) 58×47=514≈0,3571\dfrac{5}{8}\times\dfrac{4}{7}=\dfrac{5}{14}\approx 0{,}3571
  • c) 1528≈0,5357\dfrac{15}{28}\approx 0{,}5357 ; les quatre chemins totalisent bien 11
  • d) Elle augmente : 2564≈0,3906\dfrac{25}{64}\approx 0{,}3906 contre 0,35710{,}3571
a)

Parce que le premier jeton n'est pas remis : après le premier tirage il ne reste que 77 jetons dans le sac, et sa composition dépend de ce qui est sorti. Si le premier jeton est rouge, il reste 44 rouges et 33 noirs, d'où 47\dfrac{4}{7} et 37\dfrac{3}{7} ; s'il est noir, il reste 55 rouges et 22 noirs, d'où 57\dfrac{5}{7} et 27\dfrac{2}{7}. Les deux tirages sont donc DÉPENDANTS, et les probabilités du deuxième étage sont précisément des probabilités conditionnelles.

b)

On multiplie le long du chemin, ce qui est la règle de lecture d'un arbre : P(RR)=58×47=2056=514≈0,3571P(RR) = \dfrac{5}{8}\times\dfrac{4}{7} = \dfrac{20}{56} = \dfrac{5}{14} \approx 0{,}3571. Multiplier le long d'un chemin traduit un « et » : il faut que le premier soit rouge ET que le second le soit aussi.

c)

Exactement un rouge correspond à DEUX chemins, rouge puis noir et noir puis rouge, et on additionne parce qu'il s'agit d'un « ou » entre deux chemins incompatibles : P=58×37+38×57=1556+1556=3056=1528≈0,5357P = \dfrac{5}{8}\times\dfrac{3}{7} + \dfrac{3}{8}\times\dfrac{5}{7} = \dfrac{15}{56}+\dfrac{15}{56} = \dfrac{30}{56} = \dfrac{15}{28} \approx 0{,}5357. Enfin P(NN)=38×27=656P(NN)=\dfrac{3}{8}\times\dfrac{2}{7}=\dfrac{6}{56}. La somme des quatre chemins vaut 20+15+15+656=5656=1\dfrac{20+15+15+6}{56}=\dfrac{56}{56}=1, ce qui valide l'arbre entier. Cette vérification est la meilleure du chapitre : si le total ne fait pas 11, une branche a été mal remplie.

d)

Elle AUGMENTE. Avec remise, le sac retrouve ses 88 jetons, donc P(RR)=58×58=2564≈0,3906P(RR)=\dfrac{5}{8}\times\dfrac{5}{8}=\dfrac{25}{64}\approx 0{,}3906, contre 0,35710{,}3571 sans remise. L'explication tient au deuxième facteur : sans remise il vaut 47≈0,571\dfrac{4}{7}\approx 0{,}571, avec remise 58=0,625\dfrac{5}{8}=0{,}625. Retirer un jeton rouge appauvrit le sac en rouges et rend le second rouge moins probable. Le réflexe à prendre est de relire l'énoncé pour y chercher « sans remise » ou « simultanément », qui veulent dire la même chose, avant d'écrire la moindre fraction.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct.

  • 1) « La probabilité de gagner vaut 37\dfrac{3}{7}, donc les chances pour sont de 33 contre 77. »
  • 2) « Deux événements incompatibles sont forcément complémentaires. »
  • 3) « L'espérance d'un jeu vaut 22 dollars, donc en jouant une partie je gagnerai 22 dollars. »
  • 4) « P(A∣B)P(A \mid B) et P(B∣A)P(B \mid A) sont deux écritures du même nombre. »
  • 5) « Dans un tirage sans remise, on multiplie les probabilités des deux tirages, donc les événements sont indépendants. »

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1)
2)
3)
4)
5)
Voir la correction

Réponses

  • 1) FAUX : le second terme est le nombre de cas DÉFAVORABLES, 44, donc 33 contre 44
  • 2) FAUX : rouge et bleu sont incompatibles et totalisent 68\dfrac{6}{8}, pas 11
  • 3) FAUX : personne ne gagne 22 dollars ; l'espérance décrit la moyenne à la longue
  • 4) FAUX : même numérateur, dénominateurs différents ; 0,3750{,}375 contre 0,64290{,}6429
  • 5) FAUX : on multiplie le long d'un chemin dans TOUS les arbres ; l'indépendance se teste autrement
1)

FAUX. Le second terme des chances est le nombre de cas DÉFAVORABLES, pas le total. Avec 33 cas favorables sur 77 possibles, il y a 7−3=47-3=4 cas défavorables. Énoncé correct : les chances pour sont de 33 contre 44, et les chances contre de 44 contre 33. Le contrôle à faire dans les deux sens est simple, des chances de a:ba:b donnent la probabilité aa+b\dfrac{a}{a+b}, et ici 33+4=37\dfrac{3}{3+4}=\dfrac{3}{7} : on retombe bien sur l'énoncé.

2)

FAUX. Incompatibles signifie seulement qu'ils ne peuvent pas se produire ensemble. Sur la roue de l'exercice 1, « rouge » et « bleu » sont incompatibles, et pourtant leurs probabilités totalisent 68\dfrac{6}{8} et non 11, parce qu'il reste le jaune. Énoncé correct : deux événements sont complémentaires lorsqu'ils sont incompatibles ET que la somme de leurs probabilités vaut 11, autrement dit lorsque l'un est exactement le contraire de l'autre.

3)

FAUX, et c'est le contresens le plus répandu sur l'espérance. Dans le jeu de l'exercice 5, aucun joueur ne gagne jamais 22 dollars : on gagne 1010, 44 ou rien. Énoncé correct : l'espérance est la moyenne des gains pondérée par leurs probabilités, et elle décrit ce vers quoi tend le gain MOYEN quand on répète un grand nombre de parties. Sur une partie, elle ne prédit rien.

4)

FAUX. Les deux fractions ont le même numérateur, P(A et B)P(A \text{ et } B), mais des dénominateurs différents, P(B)P(B) pour la première et P(A)P(A) pour la seconde. Avec le tableau des exercices 3 et 4 : P(I∣S)=0,375P(I \mid S)=0{,}375 alors que P(S∣I)≈0,6429P(S \mid I)\approx 0{,}6429. Énoncé correct : P(A∣B)=P(A et B)P(B)P(A \mid B)=\dfrac{P(A \text{ et } B)}{P(B)}, et cette valeur diffère en général de P(B∣A)P(B \mid A). Ce que l'on écrit après la barre est la condition, donc le dénominateur.

5)

FAUX : le calcul et la conclusion n'ont rien à voir. On multiplie le long d'un chemin dans TOUS les arbres, avec ou sans remise, parce que multiplier traduit un « et ». Ce qui distingue les deux cas, ce sont les probabilités du deuxième étage : sans remise elles changent selon le résultat du premier tirage, ce qui est la définition même de la dépendance. Énoncé correct : deux événements sont indépendants lorsque P(A et B)=P(A)×P(B)P(A \text{ et } B) = P(A)\times P(B), c'est-à-dire lorsque la probabilité du second ne change pas selon ce qui est arrivé au premier ; un tirage sans remise ne remplit jamais cette condition.

Exercice 9 : Le billet de loterie

Une loterie vend des billets 55 dollars. Un billet sur 10 00010\,000 fait gagner 20 00020\,000 dollars, un billet sur 500500 fait gagner 100100 dollars, et un billet sur 5050 fait gagner 1010 dollars. Tous les autres ne rapportent rien.

Le diagramme donne la part d'espérance apportée par chacun des trois lots.

gros lot2lot de 1000,2lot de 100,200,81,6espérance de gain par billet, en dollars
  • a) Calculez l'espérance de gain d'un billet, sans tenir compte de son prix.
  • b) Calculez l'espérance du gain net d'un joueur. Le jeu est-il équitable ?
  • c) L'organisateur vend 200 000200\,000 billets. Quels sont ses revenus, le montant des lots qu'il verse en moyenne, et son profit espéré ?
  • d) Le gros lot représente-t-il la plus grosse part de l'espérance ? Que faudrait-il changer pour rendre la loterie équitable ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 2+0,20+0,20=2,402+0{,}20+0{,}20=2{,}40 dollars
  • b) 2,40−5=−2,602{,}40-5=-2{,}60 dollars : le jeu n'est pas équitable
  • c) Revenus 1 000 0001\,000\,000, lots 480 000480\,000, profit espéré 520 000520\,000 dollars
  • d) Oui, environ 83 %83\,\% ; pour l'équité, gros lot à 46 00046\,000 dollars ou billet à 2,402{,}40 dollars
a)

Chaque lot apporte à l'espérance sa valeur multipliée par sa probabilité. Le gros lot apporte 110 000×20 000=2\dfrac{1}{10\,000}\times 20\,000 = 2 dollars ; le lot de 100100 dollars apporte 1500×100=0,20\dfrac{1}{500}\times 100 = 0{,}20 dollar ; le lot de 1010 dollars apporte 150×10=0,20\dfrac{1}{50}\times 10 = 0{,}20 dollar. L'espérance de gain vaut donc 2+0,20+0,20=2,402+0{,}20+0{,}20 = 2{,}40 dollars par billet.

b)

Le billet coûte 55 dollars dans tous les cas, donc l'espérance du gain net vaut 2,40−5=−2,602{,}40-5 = -2{,}60 dollars. Le jeu n'est pas équitable : un joueur perd en moyenne 2,602{,}60 dollars par billet acheté, soit 52 %52\,\% de sa mise. C'est un ordre de grandeur habituel pour une loterie, et il ne dépend ni de la chance du joueur ni du moment de l'achat.

c)

Les revenus valent 200 000×5=1 000 000200\,000\times 5 = 1\,000\,000 dollars. Les lots versés coûtent en moyenne 200 000×2,40=480 000200\,000\times 2{,}40 = 480\,000 dollars. Le profit espéré est donc de 1 000 000−480 000=520 0001\,000\,000-480\,000 = 520\,000 dollars, ce qui correspond aussi à 200 000×2,60200\,000\times 2{,}60 dollars, la perte moyenne du joueur multipliée par le nombre de billets. Les deux calculs doivent concorder, et les faire tous les deux est une bonne vérification.

d)

Oui : le gros lot apporte 22 dollars sur les 2,402{,}40 d'espérance, soit environ 83 %83\,\% du total, alors qu'il ne concerne qu'un billet sur dix mille. C'est le principe de toute loterie : un lot énorme et très rare pèse plus lourd, dans l'espérance, que des petits lots fréquents. Pour rendre la loterie équitable il faudrait porter l'espérance de 2,402{,}40 à 55 dollars, par exemple en faisant passer le gros lot de 20 00020\,000 à 46 00046\,000 dollars, puisque 46 00010 000+0,40=5\dfrac{46\,000}{10\,000}+0{,}40 = 5 dollars. On peut aussi, à lots inchangés, baisser le prix du billet à 2,402{,}40 dollars.

Exercice 10 : Le test de dépistage

Une maladie touche 2 %2\,\% d'une population. Un test de dépistage est positif chez 95 %95\,\% des personnes malades, mais il est aussi positif chez 6 %6\,\% des personnes saines : ce sont des faux positifs.

L'arbre ci-dessous décrit la situation. On choisit une personne au hasard.

0,020,980,950,050,060,94malade, test +malade, test −sain, test +sain, test −
  • a) Calculez la probabilité qu'une personne soit malade ET que son test soit positif.
  • b) Calculez la probabilité qu'un test soit positif, toutes personnes confondues.
  • c) Une personne a un test positif. Quelle est la probabilité qu'elle soit réellement malade ?
  • d) Un patient conclut : « le test détecte 95 %95\,\% des malades, donc si je suis positif, je suis malade à 95 %95\,\%. » Où est l'erreur ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 0,02×0,95=0,0190{,}02\times 0{,}95=0{,}019
  • b) 0,019+0,0588=0,07780{,}019+0{,}0588=0{,}0778
  • c) 0,0190,0778≈0,2442\dfrac{0{,}019}{0{,}0778}\approx 0{,}2442, soit environ 24,4 %24{,}4\,\%
  • d) Il confond P(positif∣malade)P(\text{positif} \mid \text{malade}) et P(malade∣positif)P(\text{malade} \mid \text{positif})
a)

On multiplie le long du chemin « malade » puis « test positif » : P=0,02×0,95=0,019P = 0{,}02\times 0{,}95 = 0{,}019. Autrement dit, sur 10001000 personnes testées, environ 1919 sont malades et détectées.

b)

Un test positif peut venir de deux chemins incompatibles, donc on additionne. Chemin des malades : 0,02×0,95=0,0190{,}02\times 0{,}95 = 0{,}019. Chemin des personnes saines : 0,98×0,06=0,05880{,}98\times 0{,}06 = 0{,}0588. Au total, P(positif)=0,019+0,0588=0,0778P(\text{positif}) = 0{,}019+0{,}0588 = 0{,}0778. Sur 10001000 personnes, environ 7878 tests reviennent positifs, dont seulement 1919 correspondent à de vrais malades : les faux positifs sont trois fois plus nombreux que les vrais.

c)

On demande une probabilité conditionnelle, donc on divise l'intersection par la condition : P(malade∣positif)=0,0190,0778≈0,2442P(\text{malade} \mid \text{positif}) = \dfrac{0{,}019}{0{,}0778} \approx 0{,}2442, soit environ 24,4 %24{,}4\,\%. Un test positif ne signifie donc pas du tout que la personne est malade : dans trois cas sur quatre, elle ne l'est pas. C'est pourquoi un dépistage positif est toujours suivi d'un second examen, plus précis.

d)

L'erreur est d'avoir échangé les deux termes de la condition. Le 95 %95\,\% de l'énoncé est P(positif∣malade)P(\text{positif} \mid \text{malade}), la probabilité d'être détecté QUAND on est malade. Le patient, lui, veut P(malade∣positif)P(\text{malade} \mid \text{positif}), qui vaut environ 24,4 %24{,}4\,\%. Ces deux nombres portent sur les mêmes 1,9 %1{,}9\,\% de personnes malades et détectées, mais rapportés à des groupes différents : les 2 %2\,\% de malades dans un cas, les 7,78 %7{,}78\,\% de tests positifs dans l'autre. La raison profonde du décalage est que la maladie est rare : les personnes saines sont si nombreuses que leurs 6 %6\,\% de faux positifs écrasent en nombre les vrais malades détectés.

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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/cst5-probabilites-esperance. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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