Calcul différentiel 201-NYA • Terminale et cégep à Montréal
Exercices corrigés : la continuité en un point et les limites
Ces dix exercices corrigés ne racontent pas le chapitre des limites : ils font répéter le geste que l'examen demande, « cette fonction est-elle continue en a ». Ils servent le cours de calcul différentiel 201-NYA au cégep comme la Terminale. Les deux premiers sont deux banques de fonctions à trancher une par une, six réglables de tête, puis huit qui demandent une limite à chaque ligne, sinus sur x, conjugué, bord de domaine, exponentielle de x1 et théorème du sandwich. Les huit autres tournent autour du même point : repérer les points suspects et donner le domaine de continuité, prolonger par continuité, régler un paramètre, décider du signe d'une limite infinie, lever une indétermination, et voir ce que la continuité change dans un toboggan de parc et dans un barème de stationnement.
À la fin de la série, vous savez vérifier les trois conditions de la continuité en un point et nommer le type de discontinuité, par trou, par déplacement, par saut ou infinie (exercices 1 et 2), trouver les quatre sources de soupçon sur l'écriture d'une fonction (exercice 3), boucher un trou par un prolongement par continuité (exercice 4), régler un paramètre de raccord et compter ses solutions (exercice 5), donner le signe d'une limite unilatérale infinie, valeurs absolues comprises (exercice 6) et choisir la technique qui lève une indétermination, factorisation, conjugué, terme dominant ou comparaison de croissances (exercice 7).
Le fil de la série tient en une phrase : la continuité ne se vérifie pas partout, elle se vérifie AU POINT SUSPECT, et le point suspect se lit sur l'ÉCRITURE de la fonction, jamais sur la courbe. Un dénominateur qui s'annule, une racine paire, un logarithme, un changement de formule : il n'y a rien d'autre, et partout ailleurs la continuité est gratuite. Trois pièges sont désignés nommément et reviennent d'un exercice à l'autre : croire qu'une limite qui existe suffit à la continuité, croire qu'une fonction sans angle est la même chose qu'une fonction continue (exercices 8 et 9), et annoncer une limite infinie sans en donner le signe (exercice 6).
En octobre 2026, cinq exercices ont été étoffés à partir d'un premier examen intra de calcul différentiel, sans changer leur numérotation : le sandwich énoncé en entier et l'encadrement qui se retourne du côté 0− (exercice 2), le dénominateur au carré qu'il faut annuler deux fois (exercice 4), le paramètre qui décide entre continuité, déplacement et saut (exercice 5), les valeurs absolues levées du bon côté (exercice 6), la somme de cubes et la division qui laisse une forme [0k] (exercice 7).
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Continuité en a : TROIS conditions, dans cet ordre. f(a) existe, limx→af(x) existe, et les deux sont ÉGALES.
•Quatre sources de soupçon, et aucune autre : dénominateur nul, racine paire, logarithme, changement d'écriture. Ailleurs, sommes, produits, quotients et composées de fonctions continues sont continues.
•Deux familles de discontinuités. NON ESSENTIELLE, ou par point, la limite existe : par TROU si f(a) n'existe pas, par DÉPLACEMENT si f(a) diffère de la limite, et c'est réparable. ESSENTIELLE, la limite n'existe pas : par SAUT (limites unilatérales finies et différentes) ou INFINIE (asymptote verticale).
•Prolonger par continuité, c'est poser f(a)=limx→af(x). Cela ne répare qu'un trou : ni un saut, ni une asymptote.
•Une fonction par morceaux a DEUX familles de points suspects : les raccords, et les accidents internes à une branche. Oublier les seconds est l'erreur la plus fréquente.
•Régler un paramètre : limite à gauche, limite à droite, on égale, on vérifie f(a). Une équation du second degré en a donne DEUX valeurs, et une limite infinie n'en donne aucune.
•Signe d'une limite infinie : un facteur à puissance PAIRE ne change pas le signe, un facteur à puissance IMPAIRE le change. Le tableau de signes s'écrit, il ne se devine pas.
•Le bord du domaine n'est pas une discontinuité : quand la fonction n'existe pas à gauche, seule la continuité À DROITE a un sens.
•À l'infini, x2=∣x∣, donc −x quand x<0 : une même fonction peut avoir deux asymptotes horizontales différentes.
•Théorème du sandwich : il exige que les DEUX bornes aient la MÊME limite. Être borné ne donne jamais une limite, comme le montre sinx1 en 0.
•Continuité et absence d'angle sont deux propriétés distinctes : ∣x−4∣ est continue en 4 et y forme une pointe.
•Une fonction en escalier, donc tout barème par tranches, saute à chaque palier et reste continue à gauche : c'est ce qui fait qu'une minute de plus coûte une heure de plus.
•Paramètre qui rend une limite finie : le numérateur doit s'annuler au point AUTANT DE FOIS que le dénominateur. Un (x−a)2 en bas demande deux annulations, et un numérateur nul pour toute valeur du paramètre ne fixe rien.
•« Pour quelles valeurs y a-t-il un saut ? » est le complémentaire de « pour quelles valeurs la limite existe-t-elle » : on ne résout aucune équation nouvelle.
•Sous une racine, on met x2 en facteur, on ne distribue jamais : 9+16=5, pas 3+4.
•Multiplier un encadrement par un nombre NÉGATIF le retourne : pour x<0, x≤xcosx1≤−x.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Continue ou non ? Six fonctions du premier niveau
Une seule consigne pour les six : la fonction est-elle continue au point indiqué ? Si elle ne l'est pas, nommez le type de discontinuité. On attend une rédaction courte et complète : la valeur f(a), la ou les limites unilatérales, puis la conclusion.
Les trois conditions de la continuité en a se vérifient TOUJOURS dans cet ordre : f(a) existe, limx→af(x) existe, les deux sont égales. Dès que l'une tombe, on s'arrête et on nomme la discontinuité.
La figure rappelle les trois formes possibles, dans l'ordre où on les rencontre : le trou, le saut, l'infinie.
a) f(x)=2x3−5x+1 en a=2.
b) g(x)=x−5x2−25 en a=5.
c) h(x)=x−34 en a=3.
d) k(x)=x+1 si x≤2 et k(x)=3x−3 si x>2, en a=2.
e) m(x)=x2 si x<1 et m(x)=2x si x≥1, en a=1.
f) n(x)=∣x−4∣ en a=4.
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Réponses
a)Continue. f(2)=7, comme tout polynôme en tout point.
b)Discontinue par point : g(5) n'existe pas, mais limx→5g(x)=10.
c)Discontinue, infinie : limx→3−h(x)=−∞ et limx→3+h(x)=+∞.
d)Continue. Les deux branches valent 3 en x=2, et k(2)=3.
e)Discontinue par saut : limites 1 et 2, saut de hauteur 1, m(1)=2.
f)Continue en 4, avec une pointe. La continuité n'interdit pas l'angle.
a)
Un polynôme est continu sur R tout entier : ni dénominateur, ni racine, ni changement d'écriture, donc aucun point suspect. On substitue sans réfléchir : f(2)=2×8−10+1=7, et limx→2f(x)=7 également. CONTINUE. Calculer les deux limites unilatérales d'un polynôme est l'erreur de débutant la plus coûteuse en examen : elle ne rapporte aucun point et elle mange les minutes des exercices qui, eux, cachent quelque chose.
b)
Le dénominateur s'annule en 5, donc g(5) N'EXISTE PAS : la première condition tombe déjà et la fonction est discontinue, quoi qu'il arrive ensuite. Reste à nommer la discontinuité, et pour cela il faut la limite : x−5x2−25=x−5(x−5)(x+5)=x+5 pour x=5, donc limx→5g(x)=10. La limite existe, la valeur non : discontinuité PAR POINT, un trou, la seule des trois qui se répare.
c)
Ici aussi h(3) n'existe pas, mais le numérateur ne s'annule pas en 3 : rien ne se simplifie. À gauche de 3, x−3 est un petit nombre NÉGATIF, donc h(x)→−∞ ; à droite, il est petit et POSITIF, donc h(x)→+∞. Les deux limites sont infinies et de signes contraires : la droite x=3 est une asymptote verticale, la discontinuité est INFINIE. Elle ne se répare par aucune valeur, puisque aucun nombre réel ne recolle à ±∞.
d)
La fonction change d'écriture en 2, donc 2 est un point suspect, et c'est le seul. k(2)=2+1=3, car c'est la branche x≤2 qui contient le point. À gauche, limx→2−(x+1)=3. À droite, limx→2+(3x−3)=6−3=3. Les deux limites unilatérales valent 3, donc la limite existe et vaut 3, et k(2)=3 : les trois conditions passent. CONTINUE. Deux formules différentes ne créent pas une discontinuité, elles créent un point à VÉRIFIER.
e)
Même structure, réponse opposée. m(1)=2×1=2, car c'est la branche x≥1 qui contient le point. À gauche, limx→1−x2=1. À droite, limx→1+2x=2. Les deux limites unilatérales sont DIFFÉRENTES, donc limx→1m(x) n'existe pas : discontinuité PAR SAUT, de hauteur 2−1=1. Aucune redéfinition de m(1) n'y changera quoi que ce soit, puisque c'est la limite qui manque, pas la valeur.
f)
n(4)=∣0∣=0. À gauche de 4, ∣x−4∣=4−x→0 ; à droite, ∣x−4∣=x−4→0. Les deux limites valent 0 et n(4)=0 : CONTINUE. La courbe présente pourtant une POINTE, un angle vif. C'est le piège central du chapitre : la continuité interdit de lever le crayon, elle n'interdit pas de tourner brusquement. Une pointe se voit, elle ne se compte pas comme une discontinuité, et l'exercice 9 montre ce qu'elle coûte quand la fonction décrit un objet réel.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Continue ou non ? Huit fonctions exigeantes
Même consigne, huit fonctions de plus. Cette fois aucune ne se règle par substitution : chacune demande une limite qu'il faut calculer, et trois d'entre elles sont continues malgré les apparences.
Rappel utile pour c) : la continuité se juge SUR LE DOMAINE. Quand le domaine s'arrête au point étudié, la seule question qui a un sens est celle de la continuité d'un seul côté.
La figure montre le cas c) : la courbe de p commence en x=3 et il n'y a rien à gauche.
Pour g) et h), le théorème du sandwich s'énonce en trois morceaux, et chacun porte des points : si f(x)≤g(x)≤h(x) POUR x PROCHE DE a, sauf peut-être en a, SI limx→af(x)=limx→ah(x)=L, ALORS limx→ag(x)=L. Et un encadrement multiplié par un nombre NÉGATIF se retourne.
a) f(x)=xsinx si x=0 et f(0)=1, en a=0.
b) g(x)=xx+4−2 si x=0 et g(0)=0, en a=0.
c) p(x)=x−3 en a=3.
d) q(x)=x2−9x2−x−6 en a=3, puis en a=−3.
e) r(x)=e1/x si x=0 et r(0)=0, en a=0.
f) s(x)=x2sinx1 si x=0 et s(0)=0, en a=0.
g) Énoncez le théorème du sandwich, puis étudiez u(x)=xcosx1 si x=0 et u(0)=0, en a=0, en traitant SÉPARÉMENT le côté 0−, où x<0.
h) t(x)=tan(x)sinx1 si x=0 et t(0)=0, en a=0. Pourquoi l'encadrement change-t-il d'écriture d'un côté à l'autre ?
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Réponses
a)Continue : limx→0xsinx=1=f(0).
b)Discontinue par point : la limite vaut 41, pas g(0)=0.
c)Continue à droite en 3, donc continue sur son domaine [3;+∞[.
e)Discontinue, infinie à droite : limites 0 et +∞.
f)Continue : −x2≤s(x)≤x2 donne limx→0s(x)=0=s(0).
g)Continue : −x≤u(x)≤x à droite, x≤u(x)≤−x à gauche, limite 0=u(0).
h)Continue : l'encadrement se retourne avec le signe de tanx, la limite vaut 0=t(0).
a)
f(0)=1 par définition, première condition satisfaite. La limite est la limite trigonométrique fondamentale : limx→0xsinx=1, les angles étant en RADIANS. Elle vaut 1 des deux côtés, donc elle existe, et elle est égale à f(0)=1 : CONTINUE. Remarquez que la fonction xsinx toute seule n'est PAS continue en 0, puisqu'elle n'y est même pas définie ; c'est la valeur f(0)=1, choisie exprès, qui répare le trou.
b)
g(0)=0 existe. Pour la limite, on multiplie par le conjugué : xx+4−2×x+4+2x+4+2=x(x+4+2)x+4−4=x+4+21, dont la limite en 0 vaut 41. La limite existe, la valeur existe, mais 41=0 : la TROISIÈME condition échoue. Discontinuité PAR POINT, réparable en posant g(0)=41. C'est le cas le plus sournois : la fonction est définie partout et pourtant discontinue.
c)
Le domaine de p est [3;+∞[ : à gauche de 3, la fonction n'existe pas, donc limx→3−p(x) n'a aucun sens, et parler de discontinuité serait un contresens. Ce qu'on vérifie, c'est la continuité À DROITE : p(3)=0 et limx→3+x−3=0. Elles coïncident, donc p est continue à droite en 3, et continue sur tout son domaine [3;+∞[. Répondre « discontinue car il manque la limite à gauche » est l'erreur classique : on ne reproche pas à une fonction de ne pas exister là où son domaine s'arrête.
d)
Deux points suspects, deux réponses. On factorise : x2−9x2−x−6=(x−3)(x+3)(x−3)(x+2)=x+3x+2 pour x=3. En a=3 : la fonction n'est pas définie, mais limx→3q(x)=65, donc trou, discontinuité PAR POINT. En a=−3 : le facteur x+3 ne s'est pas simplifié, le numérateur x+2 tend vers −1=0, donc le quotient explose : discontinuité INFINIE. Une même fonction porte les deux types, et c'est la simplification qui les distingue.
e)
r(0)=0 existe. À gauche, x1→−∞, donc e1/x→e−∞=0 : la limite à gauche vaut 0 et coïncide même avec r(0). À droite, x1→+∞, donc e1/x→+∞. Les deux limites unilatérales diffèrent, dont l'une est infinie : limx→0r(x) n'existe pas et la discontinuité est INFINIE, du côté droit seulement. La fonction est continue à gauche en 0, ce qui ne suffit jamais : la continuité exige les DEUX côtés quand les deux existent.
f)
s(0)=0. Le facteur sinx1 n'a aucune limite en 0, il oscille sans fin, donc aucune règle de produit ne s'applique : il faut le théorème du sandwich. Pour tout x=0, −1≤sinx1≤1, donc −x2≤s(x)≤x2. Les deux bornes tendent vers 0 quand x→0, donc limx→0s(x)=0=s(0) : CONTINUE. L'oscillation est écrasée par le facteur x2, et c'est tout le mécanisme du sandwich : borner une fonction sans limite entre deux fonctions qui, elles, en ont une, et la MÊME.
g)
L'énoncé complet est rappelé plus haut, et c'est lui qui se recopie, avec « pour x proche de a » et le « si... et... » des deux limites : le correcteur retire un quart de point à chaque morceau manquant. À droite, x>0 : multiplier −1≤cosx1≤1 par x conserve le sens, −x≤u(x)≤x. À gauche, x<0 : la multiplication RETOURNE les inégalités, −x≥u(x)≥x, c'est-à-dire x≤u(x)≤−x. L'encadrement « −x≤u(x)≤x » côté gauche est faux, et il se voit faux tout seul : en x=−0,1 il affirme 0,1≤⋯≤−0,1. Des deux côtés les bornes tendent vers 0, donc limx→0u(x)=0=u(0) : u est continue en 0. Le résultat ne change pas, l'erreur est donc invisible dans la réponse ; elle coûte pourtant la justification, qui est ce qu'on note.
h)
« Pour x proche de 0 » permet de se placer dans ]−2π;2π[, où le signe de tanx est connu. Pour 0<x<2π, tanx>0 : −tanx≤t(x)≤tanx. Pour −2π<x<0, tanx<0 et l'encadrement se retourne : tanx≤t(x)≤−tanx. La tangente est continue en 0, donc tanx→tan0=0 : on cite la continuité, c'est elle qui autorise à remplacer x par 0. Le sandwich donne une limite nulle de chaque côté, égale à t(0) : t est continue en 0. L'écriture change parce que le multiplicateur change de signe en 0 ; le résultat, lui, ne change pas.
Exercice 3 : Trouver les points suspects avant de calculer quoi que ce soit
Les deux premiers exercices donnaient le point. En examen, personne ne le donne : la question est « sur quel ensemble cette fonction est-elle continue ? », et tout le travail consiste à trouver les rares points où quelque chose peut échouer.
Il n'y a que QUATRE sources de soupçon, et aucune autre : un dénominateur qui s'annule, une racine paire dont l'intérieur change de signe, un logarithme dont l'intérieur s'annule, et un changement d'écriture dans une définition par morceaux. Partout ailleurs, la continuité est gratuite : sommes, produits, quotients et composées de fonctions continues sont continues.
Pour chacune : donnez tous les points suspects, puis dites ce qui se passe en chacun.
Source du soupçon
Ce qu'on vérifie
Où cela se joue
Dénominateur nul
La simplification a-t-elle lieu ?
a), d), e)
Racine paire
L'intérieur change-t-il de signe ?
b), c)
Logarithme
L'intérieur s'annule-t-il ?
b)
Changement d'écriture
Les deux branches se rejoignent-elles ?
d)
a) f(x)=x2−4x+1.
b) g(x)=2x−6+ln(x−4).
c) h(x)=x−4x.
d) k(x)=x2 si x<0, k(x)=x−11 si 0≤x<3, k(x)=5 si x≥3.
e) m(x)=x3−xx−1.
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Réponses
a)Suspects −2 et 2, infinis tous les deux. Continue sur son domaine.
b)Continue sur ]4;+∞[ : la racine donne x≥3, le logarithme x>4.
c)Domaine [0;4[∪]4;+∞[, une seule discontinuité, infinie en 4.
e)Trois suspects : −1 et 0 infinies, 1 réparable avec limx→1m(x)=21.
a)
Seule source de soupçon : le dénominateur. x2−4=0 donne x=−2 et x=2, DEUX points suspects. Le numérateur x+1 ne s'annule ni en −2 ni en 2, donc rien ne se simplifie et les deux discontinuités sont INFINIES. f est continue sur ]−∞;−2[∪]−2;2[∪]2;+∞[, c'est-à-dire sur tout son domaine. Une fonction rationnelle est toujours continue sur son domaine : la seule vraie question est de savoir où est ce domaine.
b)
Deux conditions simultanées, et c'est leur INTERSECTION qui compte. La racine impose 2x−6≥0, donc x≥3 : l'inégalité est LARGE, car 0=0 existe. Le logarithme impose x−4>0, donc x>4 : l'inégalité est STRICTE, car ln0 n'existe pas. L'intersection est ]4;+∞[, et g y est continue comme somme de deux fonctions continues. Le point 3 n'est pas un point de discontinuité : c'est un point où la fonction n'existe pas du tout, ce qui n'est pas la même chose.
c)
La racine impose x≥0 et le dénominateur interdit x=4. Le domaine est donc [0;4[∪]4;+∞[ et h y est continue. Deux points méritent un mot : en x=4, le numérateur vaut 2=0, donc discontinuité INFINIE ; en x=0, la fonction existe, h(0)=0, et elle est continue à droite, le domaine s'arrêtant là. On compte donc UN seul point de discontinuité, pas deux.
d)
Une fonction par morceaux a deux familles de points suspects : les raccords et les accidents INTERNES à une branche. Raccords : x=0 et x=3. Accident interne : la branche du milieu a un dénominateur qui s'annule en x=1, et 1 est bien dans [0;3[. Trois points suspects donc. En 0 : à gauche x2→0, à droite x−11→−1, et k(0)=−1 : SAUT. En 1 : discontinuité INFINIE. En 3 : à gauche x−11→21, à droite 5, et k(3)=5 : SAUT. Oublier le point 1, qui n'est pas un raccord, est l'erreur que cet exercice cherche.
e)
x3−x=x(x−1)(x+1) s'annule en −1, 0 et 1 : trois points suspects. Mais le numérateur x−1 se simplifie avec le facteur x−1 : pour x=1, m(x)=x(x+1)1. En x=1, la limite vaut donc 21 : discontinuité PAR POINT, réparable. En x=0 et x=−1, rien ne se simplifie : discontinuités INFINIES. Trois points suspects, trois discontinuités, mais pas du même type, et c'est la factorisation seule qui le dit.
Exercice 4 : Prolonger par continuité : six trous à boucher, trois paramètres à régler
Une discontinuité par point est la seule qui se répare : la limite existe, il ne manque que la valeur, et on la POSE. Prolonger f par continuité en a, c'est définir f(a)=limx→af(x), ni plus ni moins.
Pour chacune : la fonction admet-elle un prolongement continu en a ? Si oui, donnez la valeur à poser ; si non, dites pourquoi aucune valeur ne peut convenir.
La figure du corrigé montre le premier cas : la courbe est une parabole ordinaire, percée d'un seul point.
Pour g), h) et i), un paramètre décide si le trou peut être bouché, c'est-à-dire si la limite est FINIE. Si le dénominateur tend vers 0 et le numérateur vers k=0, la forme [0k] donne une limite infinie ou inexistante. Le numérateur doit donc s'annuler au point, et même AUTANT DE FOIS que le dénominateur : un (x−a)2 en bas demande deux annulations.
a) f(x)=x−2x3−8 en a=2.
b) g(x)=xx+1−1 en a=0.
c) h(x)=2xsin5x en a=0.
d) k(x)=x∣x∣ en a=0.
e) m(x)=xe2x−1 en a=0.
f) n(x)=x−1x2−1 en a=1.
g) p(x)=(x−1)2x3+bx−b−1 en a=1 : trouvez b pour qu'un prolongement continu existe, et la valeur à poser.
h) q(x)=(x−3)2x2+px+c en a=3 : trouvez p et c, et la valeur à poser.
i) r(x)=(x−2)2mx2−8 en a=2 : existe-t-il une valeur de m qui permette un prolongement continu ?
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Réponses
a)On pose f(2)=12.
b)On pose g(0)=21, par le conjugué.
c)On pose h(0)=25.
d)Impossible : limites −1 à gauche et 1 à droite, c'est un saut.
e)On pose m(0)=2.
f)On pose n(1)=4, avec u=x.
g)b=−3, on pose p(1)=3.
h)p=−6 et c=9, on pose q(3)=1.
i)Aucune : m=2 laisse x−22(x+2), m=2 donne ±∞.
a)
Identité à connaître : x3−8=(x−2)(x2+2x+4). Donc pour x=2, f(x)=x2+2x+4, et limx→2f(x)=4+4+4=12. On pose f(2)=12 : le prolongement est la parabole x2+2x+4 tout entière. Vérification numérique, toujours utile : f(2,001)=12,006, on est bien au voisinage de 12.
b)
Conjugué : xx+1−1×x+1+1x+1+1=x(x+1+1)x=x+1+11, dont la limite en 0 vaut 21. On pose g(0)=21. Le réflexe à garder : une racine au numérateur et un zéro sur zéro appellent le conjugué avant toute autre idée, parce qu'il transforme une différence de racines en une différence de carrés, donc en un facteur qui se simplifie.
c)
On ramène à la limite fondamentale en fabriquant le même argument en haut et en bas : 2xsin5x=25×5xsin5x. Quand x→0, 5x→0 aussi, donc le second facteur tend vers 1 et la limite vaut 25. On pose h(0)=25. L'erreur ordinaire est d'écrire directement 25 sans le changement d'argument, ce qui donne la bonne réponse pour une mauvaise raison et s'effondre dès que l'énoncé met sin5x sur sin3x.
d)
Aucun prolongement possible. À gauche de 0, ∣x∣=−x, donc k(x)=−1 ; à droite, ∣x∣=x, donc k(x)=1. Les deux limites unilatérales valent −1 et 1 : la limite n'existe pas, et poser une valeur en 0 ne créera jamais l'égalité manquante, quelle que soit cette valeur. C'est une discontinuité PAR SAUT, et un saut ne se répare pas : on ne bouche pas un fossé avec un point.
e)
Limite usuelle limh→0heh−1=1. On force l'argument : xe2x−1=2×2xe2x−1, dont la limite vaut 2×1=2. On pose m(0)=2. Ceux qui ont déjà vu la dérivée reconnaîtront le taux de variation de e2x en 0 : les limites de ce type sont exactement les dérivées déguisées, et c'est pour les calculer que le chapitre des limites existe.
f)
Le changement de variable u=x range tout : x=u2, et quand x→1, u→1. Alors x−1x2−1=u−1u4−1=u−1(u−1)(u+1)(u2+1)=(u+1)(u2+1), dont la limite en u=1 vaut 2×2=4. On pose n(1)=4. Le conjugué marchait aussi, mais il demandait deux étages ; quand une racine est le seul obstacle, poser u=x ramène le problème à un polynôme.
g)
Le réflexe « le numérateur doit s'annuler » ne donne rien : en 1, il vaut 1+b−b−1=0 pour TOUT b. La condition est toujours vraie, donc elle ne fixe rien. On factorise : x3+bx−b−1=(x3−1)+b(x−1)=(x−1)(x2+x+1+b). Pour x=1, p(x)=x−1x2+x+1+b : le dénominateur contient ENCORE x−1, et le nouveau numérateur doit s'annuler en 1, soit 3+b=0, b=−3. Alors x2+x−2=(x−1)(x+2) et p(x)=x+2→3 : on pose p(1)=3. En tout, x3−3x+2=(x−1)2(x+2), le facteur apparaît deux fois en haut comme en bas. Pour b=−3, la forme [03+b] donne des infinis opposés de part et d'autre de 1.
h)
Première annulation : 9+3p+c=0, donc c=−9−3p et le numérateur vaut (x−3)(x+3+p). Pour x=3, q(x)=x−3x+3+p, et la seconde annulation impose 6+p=0 : p=−6, puis c=9. Le numérateur est alors (x−3)2, q(x)=1 pour x=3, et l'on pose q(3)=1. Plus court : un polynôme de degré 2, de coefficient dominant 1, qui contient deux fois (x−3) EST (x−3)2. Avec une seule annulation, la limite est infinie de signes opposés ; sans aucune, le carré, positif des deux côtés, donne ±∞ : jamais un nombre.
i)
Aucune. L'annulation exige 4m−8=0, donc m=2 est le seul candidat ; mais 2x2−8=2(x−2)(x+2) ne contient x−2 qu'une fois, et r(x)=x−22(x+2) pour x=2, forme [08] : −∞ à gauche, +∞ à droite. Pour m=2, la forme [0+4m−8] donne +∞ ou −∞ des deux côtés. On pouvait le prévoir : mx2−8 prend la même valeur en x et en −x, donc s'il s'annule en 2 il s'annule aussi en −2, et 2 ne peut pas être une racine double.
Exercice 5 : Le paramètre qui raccorde : cinq réglages, puis trois verdicts
Question inverse des précédentes : la fonction contient une lettre, et on demande la valeur qui rend la fonction continue. La méthode est toujours la même, en trois lignes : limite à gauche, limite à droite, on ÉGALE, puis on vérifie que la valeur f(a) suit.
Attention au nombre de solutions : une équation du premier degré en a en donne une, une équation du second degré peut en donner deux, et il arrive qu'aucune ne convienne. Comptez-les, l'énoncé ne le fera pas pour vous.
La figure illustre le cas d) : deux branches connues, un intervalle vide entre les deux, et une droite à faire passer par les deux bouts.
Pour f) et g), le vocabulaire du cégep range les discontinuités en deux familles. NON ESSENTIELLE, dite aussi réductible ou par point : la limite existe ; par TROU si f(a) n'est pas définie, par DÉPLACEMENT si f(a) existe mais diffère de la limite. ESSENTIELLE : la limite n'existe pas ; par SAUT si les limites unilatérales sont finies et différentes, INFINIE si l'une d'elles est infinie.
a) f(x)=3x+a si x≤1 et f(x)=x2−2 si x>1. Trouvez a.
b) g(x)=x−3x2−9 si x=3 et g(3)=a. Trouvez a.
c) k(x)=x2 si x≤−1, k(x)=ax+b si −1<x<3, k(x)=2x+1 si x≥3. Trouvez a et b.
d) m(x)=a2x si x<1 et m(x)=3a−2 si x≥1. Trouvez toutes les valeurs de a.
e) p(x)=x−21 si x<2 et p(x)=a si x≥2. Trouvez a ou montrez qu'aucune valeur ne convient.
f) Soit w(x)=⎩⎨⎧(k2−k)x+14k+1(k+1)x+5si x<2si x=2si x>2. Trouvez les valeurs de k pour lesquelles limx→2w(x) existe, puis celles pour lesquelles w est continue en 2.
g) Toujours pour w : pour quelles valeurs de k la discontinuité en 2 est-elle non essentielle par déplacement ? essentielle par saut ? Peut-elle être par trou ou infinie ?
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Réponses
a)a=−4.
b)a=6.
c)a=23 et b=25.
d)Deux valeurs : a=1 et a=2.
e)Aucune : limx→2−p(x)=−∞, la discontinuité est infinie.
f)Limite pour k=−1 ou k=3 ; continuité pour k=3 seulement.
g)Déplacement pour k=−1, saut pour k∈R∖{−1;3}, jamais de trou ni d'infinie.
a)
Seul point suspect : x=1. À gauche, limx→1−(3x+a)=3+a, et c'est aussi f(1), la branche x≤1 contenant le point. À droite, limx→1+(x2−2)=−1. On égale : 3+a=−1, donc a=−4. Vérification : avec a=−4, la branche de gauche vaut 3−4=−1 en 1, la branche de droite tend vers −1, et f(1)=−1. Les trois conditions passent, et la fonction est continue sur R, puisque chaque branche l'est sur son morceau.
b)
Ici il n'y a pas deux branches à recoller mais un trou à boucher, et la méthode se réduit à une limite. Pour x=3, x−3x2−9=x−3(x−3)(x+3)=x+3, donc limx→3g(x)=6. Comme g(3)=a par définition, la continuité exige a=6. C'est exactement l'exercice 4 écrit à l'envers : là on cherchait la valeur à poser, ici on la nomme a et on la résout.
c)
Deux raccords, donc deux équations, donc un système. En x=−1 : la branche de gauche donne (−1)2=1, celle du milieu tend vers −a+b, d'où −a+b=1. En x=3 : la branche du milieu tend vers 3a+b, celle de droite donne 2×3+1=7, d'où 3a+b=7. On soustrait la première de la seconde : 4a=6, donc a=23, puis b=1+a=25. Vérification aux deux bouts : −23+25=1 et 29+25=7. Les deux tombent juste, donc le réglage est le bon.
d)
À gauche, limx→1−a2x=a2. À droite et en 1, la fonction vaut 3a−2. L'équation a2=3a−2 s'écrit a2−3a+2=0, soit (a−1)(a−2)=0 : DEUX solutions, a=1 et a=2. Les deux conviennent réellement, il n'y a rien à rejeter : avec a=1 la fonction vaut x à gauche et 1 à droite, elle se recolle en 1 ; avec a=2 elle vaut 4x à gauche et 4 à droite, elle se recolle aussi. Répondre a=1 et s'arrêter là coûte la moitié des points : une équation du second degré doit toujours être menée jusqu'à ses deux racines.
e)
Aucune valeur ne convient. À gauche de 2, x−2 est un petit nombre négatif, donc limx→2−x−21=−∞. Une limite infinie n'est pas un nombre : elle ne peut être égale à a, quel que soit a. Poser a=−1000 ou a=−109 ne change rien, car la branche de gauche finit toujours par passer sous n'importe quelle valeur fixée. La discontinuité est INFINIE, et le paramètre a ne peut réparer qu'un trou, jamais une asymptote. Le réflexe à garder : avant de résoudre une équation de raccord, vérifier que les deux limites sont FINIES, sinon on résout une équation qui n'existe pas.
f)
Chaque branche est un polynôme, donc on substitue dans la branche du côté étudié : la limite à gauche vaut 2(k2−k)+1=2k2−2k+1, la limite à droite 2(k+1)+5=2k+7. La limite existe si et seulement si elles sont égales : 2k2−4k−6=0, soit (k−3)(k+1)=0, donc k=3 ou k=−1, les deux vérifiées (13=13 et 5=5). La continuité exige en plus w(2)= limite : pour k=3, w(2)=13, continue ; pour k=−1, w(2)=−3=5, pas continue. Seule k=3 convient. Recopier {−1;3} pour la continuité montre qu'on a oublié la troisième condition, comparer à w(2).
g)
Déplacement pour k=−1 : la limite existe et vaut 5, w(2)=−3 existe et diffère ; redéfinir w(2)=5 réparerait tout. Saut pour toutes les AUTRES valeurs, k∈R∖{−1;3} : les limites unilatérales y sont finies, ce sont des valeurs de polynômes, et différentes. Cette question est le COMPLÉMENTAIRE de f), aucune équation nouvelle n'est à résoudre, et chercher une ou deux valeurs précises mène à une réponse fausse. Ni trou, puisque w(2)=4k+1 existe toujours, ni discontinuité infinie, puisque les limites sont toujours finies. Bilan : continue pour k=3, déplacement pour k=−1, saut ailleurs ; chaque réel tombe dans exactement un des trois cas.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Le signe décide : six limites infinies, trois valeurs absolues
Dire « la limite est infinie » ne vaut que la moitié des points : il faut le SIGNE, et le signe ne se devine pas, il se lit sur le dénominateur. La méthode tient en deux temps : on regarde vers quoi tend le numérateur, puis on détermine si le dénominateur s'approche de zéro par valeurs positives ou négatives.
Le raccourci qui fait perdre des points : remplacer x par a et écrire 03. Zéro n'est pas un nombre vers lequel on divise, c'est une direction, et cette direction a un sens.
Donnez chaque limite demandée, avec son signe.
Pour g), h) et i), le signe sert à LEVER une valeur absolue : on décide du signe de ce qu'elle contient du côté étudié, puis on la remplace par l'expression ou par son opposé. Ce signe se justifie sur la forme FACTORISÉE : « pour x proche de 3 avec x<3, x>0 et x−3<0, donc x(x−3)<0 ». Sans cette ligne, la moitié des points.
a) limx→2−x−2x+1 et limx→2+x−2x+1.
b) limx→3−(x−3)25 et limx→3+(x−3)25.
c) limx→−1−x2−1x2−2x et limx→−1+x2−1x2−2x.
d) limx→1−(x−1)3x−3 et limx→1+(x−1)3x−3.
e) limx→0+lnx et limx→0+xlnx.
f) limx→2π−tanx et limx→2π+tanx.
g) limx→3−∣x−1∣−2∣x2−3x∣ et limx→3+∣x−1∣−2∣x2−3x∣. La limite en 3 existe-t-elle ?
h) limx→−1−∣x+1∣x2−1 et limx→−1+∣x+1∣x2−1.
i) limx→5+4−∣x−1∣∣25−x2∣.
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Réponses
a)−∞ à gauche, +∞ à droite : pôle simple.
b)+∞ des deux côtés : le dénominateur est un carré.
c)+∞ à gauche, −∞ à droite.
d)+∞ à gauche, −∞ à droite : le numérateur est négatif.
e)limlnx=−∞, mais limxlnx=0.
f)+∞ à gauche, −∞ à droite : c'est le cosinus qui s'annule.
g)−3 à gauche, 3 à droite : la limite en 3 n'existe pas.
h)2 à gauche, −2 à droite : la limite n'existe pas.
i)−10.
a)
Le numérateur tend vers 2+1=3, un nombre strictement positif : il ne joue aucun rôle dans le signe, sauf par le sien. À gauche de 2, x−2 est NÉGATIF et minuscule, donc le quotient tend vers −∞. À droite, x−2 est POSITIF et minuscule, donc le quotient tend vers +∞. Deux signes contraires : c'est le comportement ordinaire d'un pôle SIMPLE, celui où le facteur (x−2) apparaît à la puissance 1.
b)
Le dénominateur est un CARRÉ : (x−3)2 est positif des deux côtés de 3, et jamais négatif. Le numérateur vaut 5, positif. Les deux limites valent donc +∞, sans changement de signe. Ici la limite bilatérale existe au sens large et vaut +∞, ce qui n'en fait pas pour autant une fonction continue : +∞ n'est pas un nombre réel, donc la deuxième condition de la continuité n'est pas remplie. Retenez la règle de parité : un facteur à puissance PAIRE ne change pas le signe, un facteur à puissance IMPAIRE le change.
c)
On factorise le dénominateur, toujours : x2−1=(x−1)(x+1). Le numérateur tend vers (−1)2−2(−1)=1+2=3, positif. Le facteur x−1 tend vers −2, négatif et non nul, donc il fixe un signe une fois pour toutes. Reste x+1 : à gauche de −1 il est négatif, à droite il est positif. Signe du dénominateur à gauche : négatif fois négatif, donc positif, d'où +∞. À droite : négatif fois positif, donc négatif, d'où −∞. C'est l'exercice qui punit le calcul mental : il faut écrire le tableau de signes, y compris pour le facteur qui ne s'annule pas.
d)
Le numérateur tend vers 1−3=−2, NÉGATIF, et c'est ce signe qui retourne tout. Le cube (x−1)3 est négatif à gauche de 1 et positif à droite, la puissance étant impaire. À gauche : négatif divisé par négatif, donc +∞. À droite : négatif divisé par positif, donc −∞. Beaucoup d'élèves retiennent « à gauche c'est moins l'infini » comme une règle : cet exercice montre qu'il n'y en a aucune. Le signe se calcule, il ne se retient pas.
e)
Deux limites de tailles très différentes. limx→0+lnx=−∞ : le logarithme plonge, lentement mais sans fin, et x=0 est une asymptote verticale. En revanche limx→0+xlnx=0 : le facteur x l'emporte. C'est la croissance comparée, et la façon la plus économique de s'en convaincre est numérique : pour x=10−6, lnx≈−13,8, donc xlnx≈−1,4×10−5, déjà minuscule. Aucune forme 0×∞ ne se conclut par « ça se compense », il faut un argument.
f)
tanx=cosxsinx et cos2π=0 : voilà le point suspect, invisible tant qu'on n'écrit pas la tangente comme un quotient. Le numérateur sinx tend vers 1, positif. Juste avant 2π, le cosinus est positif et décroît vers 0, donc tanx→+∞ ; juste après, il est négatif, donc tanx→−∞. La tangente a une asymptote verticale en 2π, et une en chaque 2π+kπ : elle est continue sur son domaine, qui est troué une infinité de fois.
g)
Près de 3, x>1, donc ∣x−1∣=x−1 des deux côtés et le dénominateur vaut x−3. Le numérateur est ∣x(x−3)∣. À gauche, x>0 et x−3<0, donc x(x−3)<0 et ∣x2−3x∣=−x(x−3) : le quotient vaut −x, limite −3. À droite, x(x−3)>0, le quotient vaut x, limite 3. Limites unilatérales finies et différentes : la limite en 3 n'existe pas, c'est un saut. La substitution donnait [00] des deux côtés sans rien annoncer : c'est la levée de l'absolu qui révèle le saut, et le signe se lit sur x(x−3), pas sur x2−3x.
h)
Le point −1 annule x+1, donc on sépare. À droite, x+1>0 : x+1(x−1)(x+1)=x−1→−2. À gauche, ∣x+1∣=−(x+1) : −(x+1)(x−1)(x+1)=1−x→2. Les limites diffèrent : pas de limite en −1. Le piège est de simplifier ∣x+1∣x+1 en 1, ce qui n'est vrai qu'à droite : ce rapport vaut 1 d'un côté, −1 de l'autre, et c'est lui qui fabrique le saut.
i)
Deux barres, deux décisions. Pour x>5 proche de 5 : 25−x2=(5−x)(5+x)<0, donc ∣25−x2∣=(x−5)(x+5) ; et ∣x−1∣=x−1, donc le dénominateur vaut 5−x. Le quotient vaut 5−x(x−5)(x+5), et x−5 et 5−x sont OPPOSÉS : le quotient vaut −(x+5), limite −10. Simplifier 5−xx−5 en 1 coûte le signe. Vérification : x=5,001 donne environ −10,001.
Une indétermination n'est pas une limite qui n'existe pas : c'est une limite que la substitution ne donne pas. Le travail consiste à RÉÉCRIRE la fonction sous une forme où la substitution redevient légale, et chaque forme appelle sa technique.
Les huit qui suivent couvrent l'essentiel du chapitre : factoriser, multiplier par le conjugué, sortir le terme dominant, mettre au même dénominateur, repérer un facteur double, et comparer des croissances. Nommez la technique employée avant de calculer, c'est ce que l'examen note.
Un seul piège est tendu deux fois : à l'infini, x2 vaut ∣x∣, donc −x quand x est négatif.
g) et h) demandent de factoriser jusqu'au bout : a3+b3=(a+b)(a2−ab+b2), ou une division par x−r quand on connaît une racine r. Attention, une fois le facteur commun simplifié, la forme peut devenir [0k].
a) limx→4x−2x2−16.
b) limx→+∞(x2+3x−x).
c) limx→−∞x+34x2+1.
d) limx→0x1(x+21−21).
e) limx→1x2−2x+1x3−3x+2.
f) limx→+∞2ex+x3x2−ex.
g) limx→−3x2−9x3+27.
h) limx→2x3−3x2+4x2−x−2.
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Réponses
a)32.
b)23, par le conjugué. Asymptote oblique y=x+23.
c)−2 en −∞, et +2 en +∞ : deux asymptotes horizontales.
d)−41.
e)3, après simplification du facteur double (x−1)2.
f)−21, par croissances comparées.
g)−29.
h)−∞ à gauche, +∞ à droite : la limite n'existe pas.
a)
Forme 00. La racine est au DÉNOMINATEUR, donc le conjugué s'y applique, mais il y a plus court : on factorise les deux étages avec le même outil. x−4=(x−2)(x+2), donc x2−16=(x−4)(x+4)=(x−2)(x+2)(x+4). Après simplification il reste (x+2)(x+4), dont la limite en 4 vaut 4×8=32. Contrôle numérique : en x=4,000001 la fonction vaut 32,000006.
b)
Forme ∞−∞, la plus trompeuse : elle ne vaut ni 0, ni +∞, il faut calculer. On multiplie par le conjugué x2+3x+x : le numérateur devient x2+3x−x2=3x, et la limite s'écrit limx2+3x+x3x. On divise haut et bas par x, positif puisque x→+∞ : 1+3/x+13→23. Le résultat est fini et non nul, ce qui veut dire que la courbe de x2+3x colle à la droite y=x+23 : on vient de trouver une asymptote oblique sans le chercher.
c)
Forme ∞∞, avec le piège du signe. 4x2+1=∣x∣4+1/x2, et comme x→−∞, ∣x∣=−x. Le quotient devient x(1+3/x)−x4+1/x2=1+3/x−4+1/x2→1−2=−2. En +∞ la même fonction tend vers +2 : une seule expression, DEUX asymptotes horizontales. Écrire x2=x sans réfléchir donne +2 des deux côtés, et c'est l'erreur la plus fréquente du chapitre.
d)
Forme 00 déguisée en ∞×0. On met la parenthèse au même dénominateur : x+21−21=2(x+2)2−(x+2)=2(x+2)−x. Le facteur x apparaît et s'annule avec le x1 de devant : il reste 2(x+2)−1, dont la limite en 0 vaut −41. Règle générale : quand une parenthèse tend vers 0 et un facteur vers l'infini, on ne développe jamais, on met au même dénominateur et on regarde ce qui se simplifie.
e)
Forme 00 où la première factorisation NE SUFFIT PAS. En haut, 1 est racine évidente : x3−3x+2=(x−1)(x2+x−2)=(x−1)(x−1)(x+2)=(x−1)2(x+2). En bas, x2−2x+1=(x−1)2. Le facteur (x−1) était donc DOUBLE des deux côtés. Après simplification il reste x+2, de limite 3. Si l'on s'était arrêté après une seule division, on aurait retrouvé une forme 00 et conclu à tort que la limite est infinie : tant qu'il reste un zéro sur zéro, c'est que la factorisation n'est pas finie.
f)
Croissances comparées. L'exponentielle écrase toute puissance de x, donc on met ex en facteur en haut et en bas : ex(2+xe−x)ex(3x2e−x−1)=2+xe−x3x2e−x−1. Comme x2e−x→0 et xe−x→0, la limite vaut 2−1. Contrôle numérique en x=40 : la valeur calculée est −0,4999999. Le réflexe : à l'infini, on ne compare pas les termes un à un, on met le plus fort en facteur et on laisse les autres tendre vers zéro.
g)
Forme [00]. Somme de cubes : x3+27=(x+3)(x2−3x+9), et x2−9=(x−3)(x+3). Pour x=−3, le quotient vaut x−3x2−3x+9, et la limite vaut −6(−3)2−3(−3)+9=−627=−29. Le piège est à la dernière ligne, pas dans la méthode : (−3)2=9 et −3x vaut +9 en x=−3. Un signe perdu donne −21 ou −23 avec un raisonnement parfait.
h)
Forme [00]. Division de Horner par x−2 sur 1,−3,0,4, sans oublier le 0 du terme en x absent : 1,−1,−2, reste 0. Donc x3−3x2+4=(x−2)(x2−x−2)=(x−2)2(x+1), et le numérateur vaut (x−2)(x+1). Pour x=2, le quotient vaut x−21, forme [01] : −∞ à gauche, +∞ à droite, la limite n'existe pas, et l'on n'écrit pas « =∞ ». Simplifier un facteur commun ne garantit pas une limite finie : il en reste un quand le dénominateur le contient deux fois.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune de ces cinq phrases a été entendue en classe. Dites si elle est vraie ou fausse, et si elle est fausse, écrivez l'énoncé correct.
Une correction qui se contente de dire « faux » ne vaut aucun point : c'est la phrase juste, et le contre-exemple, qui sont demandés.
a) Si limx→af(x) existe, alors f est continue en a.
b) Une fonction continue en a n'y présente jamais d'angle.
c) Si f n'est pas définie en a, alors limx→af(x) n'existe pas.
d) Une fonction définie par deux formules différentes est forcément discontinue au raccord.
e) limx→0sinx1=0, car le sinus est toujours compris entre −1 et 1.
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Réponses
a)Faux : il faut les TROIS conditions, pas la limite seule.
b)Faux : ∣x−4∣ est continue en 4 avec une pointe.
c)Faux : la limite ignore f(a), et limx→2x−2x3−8=12.
d)Faux : deux formules donnent un point à vérifier, pas une discontinuité.
e)Faux : la limite n'existe pas, le sandwich exige deux bornes de MÊME limite.
a)
FAUX, et c'est la confusion qui coûte le plus cher dans ce chapitre. La limite décrit le VOISINAGE de a, la continuité compare ce voisinage à la VALEUR en a. Contre-exemple de l'exercice 1 : g(x)=x−5x2−25 a pour limite 10 en 5, et pourtant g(5) n'existe pas. Énoncé correct : f est continue en a si f(a) existe, si la limite existe, ET si les deux sont égales. Les trois conditions, jamais une seule.
b)
FAUX. Continuité et absence d'angle sont deux propriétés distinctes, et la seconde est bien plus exigeante. Contre-exemple de l'exercice 1 : n(x)=∣x−4∣ est continue en 4, et sa courbe y forme une pointe. Énoncé correct : la continuité garantit qu'on trace la courbe sans lever le crayon, pas qu'on la trace sans changer brusquement de direction. L'absence d'angle porte un autre nom, la dérivabilité, et l'exercice 9 montre ce qu'elle change dans un objet réel.
c)
FAUX, et l'énoncé est même à l'envers : c'est précisément quand f n'est pas définie en a que la limite devient intéressante. La définition de la limite exige 0<∣x−a∣, c'est-à-dire qu'on n'évalue JAMAIS la fonction en a. Contre-exemple de l'exercice 4 : x−2x3−8 n'est pas définie en 2 et sa limite y vaut 12. Énoncé correct : la limite en a ne dépend pas de l'existence de f(a), et c'est ce qui rend le calcul de toute dérivée possible.
d)
FAUX. Deux formules ne font pas deux morceaux séparés : elles font un point à vérifier. Contre-exemple de l'exercice 1 : k(x)=x+1 pour x≤2 et 3x−3 pour x>2 est continue en 2, les deux branches y valant 3. Énoncé correct : une fonction par morceaux est continue au raccord si les deux limites unilatérales y coïncident et si elles égalent la valeur choisie. L'exercice 5 va plus loin : on peut souvent RÉGLER un paramètre pour que ce soit vrai.
e)
FAUX, et l'argument est aussi faux que la conclusion. Être borné n'a jamais donné une limite : sinx1 oscille entre −1 et 1 de plus en plus vite quand x approche 0, et il ne s'approche de rien. Preuve en deux suites : pour x=2kπ1 la fonction vaut 0, pour x=2π+2kπ1 elle vaut 1, et ces deux suites tendent vers 0. Si la limite existait, ces deux valeurs seraient égales. Énoncé correct : le théorème du sandwich exige que les DEUX bornes aient la même limite, ce qui n'est pas le cas de −1 et 1. C'est pourquoi x2sinx1 a bien une limite en 0, à l'exercice 2, alors que sinx1 tout seul n'en a pas : ce sont les bornes −x2 et x2 qui travaillent, pas le sinus.
Exercice 9 : Problème : le raccord d'un toboggan de parc
Un toboggan de parc se construit en deux tronçons soudés. Le haut est un arc de parabole, le bas est une pente droite. Les dimensions sont en mètres, l'origine est au pied de l'échelle, et la hauteur du profil est donnée par h.
Arc du haut, pour 0≤x≤4 : h(x)=4−8x2. Tronçon du bas, pour 4<x≤6 : h(x)=ax+b.
Le cahier des charges impose deux choses : le profil doit être CONTINU en x=4, sinon il y a une marche, et il doit atteindre le sol exactement en x=6.
a) Calculez h(4) pour l'arc du haut, puis déterminez a et b.
b) Vérifiez que le profil obtenu est bien continu en x=4, en donnant les deux limites unilatérales.
c) La pente de l'arc juste avant la soudure vaut −4x évaluée en 4. Comparez-la à la pente du tronçon droit. Le toboggan a-t-il un angle en x=4 ?
d) Un second projet raccourcit le bas : le tronçon droit doit atteindre le sol en x=5. Donnez le nouveau couple (a;b), dites si le profil reste continu, et calculez le saut de pente à la soudure.
e) Avec le premier projet, à quelle abscisse la hauteur du toboggan vaut-elle 1 mètre ?
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Réponses
a)h(4)=2 m, a=−1 et b=6, donc h(x)=−x+6 en bas.
b)Les deux limites valent 2 et h(4)=2 : profil continu, pas de marche.
c)Les deux pentes valent −1 : aucun angle, le raccord est lisse.
d)a=−2, b=10 : toujours continu, mais la pente saute de 1, donc un angle.
e)x=5 m, sur le tronçon droit.
a)
h(4)=4−816=4−2=2 : la soudure se fait à 2 mètres du sol. Deux conditions, deux équations. Continuité en 4 : 4a+b=2. Arrivée au sol en 6 : 6a+b=0. On soustrait : 2a=−2, donc a=−1, puis b=2−4a=6. Le tronçon du bas est h(x)=−x+6, une pente qui descend d'un mètre par mètre. Vérification aux deux bouts : −4+6=2 et −6+6=0, les deux conditions tiennent.
b)
À gauche de 4, on suit l'arc : limx→4−(4−8x2)=2. À droite, on suit la droite : limx→4+(−x+6)=2. Les deux limites valent 2, et h(4)=2 puisque c'est l'arc, défini sur [0;4], qui contient le point. Les trois conditions sont remplies : le profil est continu, il n'y a pas de marche. Physiquement, c'est le minimum exigible : une discontinuité de hauteur, ici, serait une chute.
c)
Pente de l'arc juste avant 4 : −44=−1. Pente du tronçon droit : le coefficient a, soit −1. Elles sont ÉGALES, donc il n'y a pas d'angle : le toboggan est non seulement continu, il est lisse. L'enfant ne sent rien à la soudure, sa vitesse verticale ne change pas brusquement. Ce n'était pas garanti par la continuité : ici les deux conditions du cahier des charges, prises ensemble, ont produit le raccord lisse par chance, et le projet suivant montre que la chance ne se reproduit pas.
d)
Les deux équations deviennent 4a+b=2 et 5a+b=0. On soustrait : a=−2, puis b=2−4a=10. Le tronçon du bas est h(x)=−2x+10. Le profil reste CONTINU, car la première équation est exactement la condition de continuité et on l'a imposée : −2×4+10=2. Mais la pente passe de −1 juste avant la soudure à −2 juste après : elle saute d'une unité. Le profil a un ANGLE, une arête vive, et c'est le défaut que la première conception évitait. Continuité et absence d'angle sont donc bien deux exigences distinctes, et un cahier des charges sérieux écrit les deux.
e)
Une hauteur de 1 mètre est inférieure à 2, donc le point cherché est sur le tronçon DROIT, pas sur l'arc : c'est la première chose à décider, et beaucoup de copies résolvent l'équation sur la mauvaise branche. On résout −x+6=1, donc x=5. Contrôle de cohérence : 5 est bien dans l'intervalle ]4;6] du tronçon droit, la réponse est recevable. Si l'on avait résolu 4−8x2=1, on aurait trouvé x=24≈4,9, une valeur hors de [0;4] : la branche elle-même dit qu'on s'est trompé de branche.
Exercice 10 : Problème : le stationnement facturé à l'heure entamée
Un stationnement du centre-ville facture 3 dollars par heure ENTAMÉE. Pour une durée t, en heures, le montant est donc T(t)=3⌈t⌉, où ⌈t⌉ désigne le plus petit entier supérieur ou égal à t. On pose T(0)=0, et on étudie T sur [0;5].
Le stationnement voisin facture au prorata exact : P(t)=3t dollars, pour la même durée.
L'enjeu de l'exercice n'est pas le calcul, il est la lecture : deux barèmes qui coûtent presque la même chose se comportent de façon radicalement différente autour des heures rondes, et c'est la continuité qui en rend compte.
a) Calculez T(1,5), T(2) et T(2,25).
b) Donnez limt→2−T(t), limt→2+T(t) et T(2). La fonction est-elle continue en 2 ? à gauche en 2 ?
c) En quels points de ]0;5] la fonction T est-elle discontinue ? Nommez le type et donnez la hauteur du saut.
d) Calculez l'écart T(t)−P(t) pour t=2,5 puis pour t=2,01. Quelle est la borne supérieure de cet écart sur ]0;5], et est-elle atteinte ?
e) Un automobiliste repart à t=2,05 heure. Combien paie-t-il de plus que s'il était reparti à t=2 exactement, et pour combien de minutes de stationnement supplémentaires ? Que conseillez-vous ?
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Réponses
a)T(1,5)=6, T(2)=6 et T(2,25)=9 dollars.
b)Limites 6 et 9, T(2)=6 : discontinue en 2, mais continue à gauche.
c)Cinq points, les entiers 1 à 5 : sauts de 3 dollars chacun.
d)Écarts de 1,50 et 2,97 dollars ; borne supérieure 3 dollars, non atteinte.
e)3 dollars de plus pour 3 minutes, soit 1 dollar la minute.
a)
⌈1,5⌉=2, donc T(1,5)=6 dollars. ⌈2⌉=2, car 2 est déjà un entier et l'heure n'est pas dépassée : T(2)=6 dollars. ⌈2,25⌉=3, donc T(2,25)=9 dollars. Quinze minutes de plus que deux heures coûtent une heure pleine : c'est le principe même de la facturation à l'heure entamée, et c'est aussi ce qui va produire la discontinuité.
b)
Juste avant 2 heures, la durée est dans ]1;2[, l'entier supérieur vaut 2 et le montant vaut 6 : limt→2−T(t)=6. Juste après, la durée est dans ]2;3[, l'entier supérieur vaut 3 et le montant vaut 9 : limt→2+T(t)=9. Enfin T(2)=6. Les deux limites unilatérales sont différentes, donc limt→2T(t) n'existe pas et T n'est PAS continue en 2. Elle est en revanche continue À GAUCHE, puisque la limite à gauche, 6, égale T(2). Cette continuité à gauche n'est pas un détail de mathématiques : elle traduit le fait que l'automobiliste qui repart à la seconde près ne paie pas encore l'heure suivante.
c)
T est discontinue en t=1, 2, 3, 4 et 5, c'est-à-dire en chaque ENTIER de l'intervalle, et nulle part ailleurs : entre deux entiers, elle est constante, donc continue. Chaque discontinuité est PAR SAUT, de hauteur 3 dollars, et la fonction est continue à gauche en chacune. Cinq points de discontinuité sur ]0;5]. Un barème par tranches est l'exemple le plus courant de fonction en escalier, et chaque marche de l'escalier est un saut au sens exact du chapitre.
d)
En t=2,5 : T=9 et P=7,5, donc l'écart vaut 1,5 dollar. En t=2,01 : T=9 et P=6,03, donc l'écart vaut 2,97 dollars. Plus on est proche d'un entier PAR LA DROITE, plus l'écart est grand. Sur une tranche ]k−1;k], l'écart vaut 3k−3t, qui décroît de 3 vers 0. La borne supérieure est donc 3 dollars, et elle n'est JAMAIS atteinte : il faudrait t=k−1 exactement, mais ce point appartient à la tranche précédente, où l'écart est nul. Une borne supérieure qui n'est pas un maximum, c'est exactement ce que le trou d'une tranche ouverte produit.
e)
Il paie T(2,05)=9 dollars contre T(2)=6 dollars, soit 3 dollars de plus, pour 0,05 heure, c'est-à-dire 3 minutes de stationnement supplémentaires. Cela revient à 1 dollar la minute, vingt fois le tarif moyen de 3 dollars l'heure. Le conseil est immédiat : sur un barème en escalier, on ne surveille pas la durée, on surveille l'heure ronde, et repartir juste AVANT un entier ne coûte rien de plus que repartir vingt minutes plus tôt. C'est la conséquence pratique de la continuité à gauche, et c'est aussi ce qui distingue ce barème de celui du voisin, où chaque minute a le même prix.
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