Voici une deuxième épreuve blanche corrigée pour l'examen ministériel de mathématique SN de 4e secondaire. Elle reprend la structure officielle en sections A, B et C, et ne partage aucun énoncé avec le premier examen blanc du site : faites les deux à une semaine d'intervalle pour mesurer vos progrès réels.
Un fil traverse les dix exercices, et c'est celui qui départage les copies : l'énoncé ne dit jamais quel outil employer. C'est la grandeur cherchée, croisée avec ce que vous connaissez déjà, qui choisit l'outil. Deux longueurs et l'angle compris appellent la loi des cosinus, deux angles et un côté appellent la loi des sinus, une hauteur issue de l'angle droit appelle les relations métriques, un accroissement constant appelle une droite. Avant chaque calcul, écrivez ce que vous cherchez et ce que vous avez.
Faites l'épreuve en conditions réelles : 150 minutes chronométrées, calculatrice autorisée, toutes les traces de démarche laissées sur la copie. En section C, une bonne réponse non rédigée ne vaut pas tous les points.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•Section A, environ 35 minutes pour 30 points : seule la réponse finale compte, ne rédigez pas. Une question qui ne vient pas en une minute se laisse et se reprend à la fin.
•Section B, environ 45 minutes pour 30 points : la démarche est évaluée autant que le résultat.
•Section C, environ 70 minutes pour 40 points : aucune sous-question ne guide le travail. Posez vos variables, écrivez la contrainte, résolvez, puis revenez à la question posée dans une phrase de conclusion.
•Partie entière : ⌊x⌋ descend toujours vers l'entier inférieur ou égal. Une tarification à la tranche COMMENCÉE s'écrit avec un paramètre b négatif, car ⌈x⌉=−⌊−x⌋.
•Triangle rectangle de hauteur [AH] issue de l'angle droit : AB2=BH×BC, AH2=BH×CH et AH×BC=AB×AC.
•Triangle quelconque : loi des cosinus a2=b2+c2−2bccosA, aire A=21bcsinA, loi des sinus sinAa=sinBb=sinCc.
•Solides semblables de rapport k : les longueurs sont multipliées par k, les aires par k2 et les volumes par k3.
•Droite médiane-médiane : trois groupes d'effectifs égaux, un point médian par groupe, pente donnée par M1 et M3, puis passage par le point moyen des trois points médians.
Section A : concepts et processus, réponses courtes (/30 • environ 35 minutes)
Exercice 1 : Réflexes algébriques et lectures directes
Répondez sans rédiger de démarche : la section A n'accorde de points qu'à la réponse finale.
a) Factorisez complètement 2x2−18.
b) Effectuez et simplifiez 3xx2−4×x+29x2, puis donnez les valeurs interdites.
c) Résolvez le système formé de 2x+3y=12 et de x−y=1.
d) Déterminez la règle de la droite passant par A(−2;5) et B(4;−7).
Voir la correction
Réponses
a)2(x−3)(x+3)
b)3x(x−2) ; x=0, x=−2
c)(3;2)
d)y=−2x+1
a) On met d'abord en évidence le facteur commun 2 : 2x2−18=2(x2−9). La parenthèse est une différence de carrés, puisque 9=32, donc x2−9=(x−3)(x+3) et la réponse complète est 2(x−3)(x+3). Le mot COMPLÈTEMENT coûte les points à qui s'arrête à 2(x2−9). Contrôle en développant : 2(x2−9)=2x2−18 ✓. Ordre à retenir pour toute factorisation : mise en évidence simple d'abord, motif remarquable ensuite.
b) On factorise chaque morceau AVANT de simplifier : 3x(x−2)(x+2)×x+29x2. Les facteurs x+2 se simplifient, et 3x9x2=3x, ce qui laisse 3x(x−2). Les valeurs interdites se lisent sur les dénominateurs d'ORIGINE, donc x=0 et x=−2. Elles survivent à la simplification : l'expression finale 3x(x−2) se calcule sans problème en x=−2, mais l'expression de départ n'y a jamais eu de sens. C'est le piège numéro un du chapitre des expressions rationnelles.
c) La deuxième équation donne x=y+1, forme prête pour la substitution. On remplace dans la première : 2(y+1)+3y=12, soit 2y+2+3y=12, donc 5y=10 et y=2. Alors x=2+1=3. La solution est le couple (3;2). Vérification dans les DEUX équations, toujours : 2×3+3×2=6+6=12 ✓ et 3−2=1 ✓. Une solution qui ne vérifie qu'une seule équation signale une erreur de substitution.
d) La pente vaut a=4−(−2)−7−5=6−12=−2. Attention au dénominateur : 4−(−2)=6 et non 2. On écrit ensuite y=−2x+b et on y remplace les coordonnées de A : 5=−2×(−2)+b=4+b, donc b=1. La règle est y=−2x+1. Contrôle avec le point qui n'a pas servi, B : −2×4+1=−7 ✓. Utiliser le second point pour vérifier plutôt que pour calculer est le réflexe qui attrape les erreurs de signe.
Ces quatre questions donnent le ton de la section A : aucune n'exige d'idée, toutes exigent de la rigueur. Trois d'entre elles reposent sur un signe ou sur un ordre d'opérations, ce qui n'est pas un hasard, car c'est exactement ce que le Ministère évalue ici, la sûreté des automatismes. Gestion du temps : huit points se jouent en moins de six minutes, et une question qui résiste plus d'une minute se laisse pour la fin.
Exercice 2 : Équations et inéquations
Donnez les ensembles solutions sous la forme demandée, sans rédiger de démarche.
a) Résolvez x−23=x+45.
b) Résolvez −3(x−4)≤2x+9 et donnez la solution en notation d'intervalle.
c) Résolvez x2−5x−14=0.
d) Résolvez l'inéquation x2−5x−14≤0.
Voir la correction
Réponses
a)x=11
b)[0,6;+∞[
c)x=−2 ou x=7
d)[−2;7]
a) On note d'abord les valeurs interdites, x=2 et x=−4, puis on multiplie en croix : 3(x+4)=5(x−2), soit 3x+12=5x−10. On regroupe : 22=2x, donc x=11. Cette valeur n'est pas interdite, elle est donc acceptée. Vérification : 93=31 et 155=31 ✓. Le produit croisé n'est légitime QUE parce qu'on a écarté les valeurs qui annulent un dénominateur.
b) On développe le membre de gauche : −3x+12≤2x+9. On rassemble les x du côté où le coefficient restera positif, ce qui évite tout renversement : 12−9≤2x+3x, soit 3≤5x, donc x≥53=0,6. En intervalle : x∈[0,6;+∞[. Le crochet est fermé en 0,6 car l'inégalité est large. Test rapide avec x=1 : −3(1−4)=9 et 2+9=11, or 9≤11 ✓.
c) On cherche deux nombres dont le produit vaut −14 et la somme −5 : ce sont −7 et 2. Donc x2−5x−14=(x−7)(x+2) et le produit est nul si l'un des facteurs l'est : x=7 ou x=−2. Contrôle par la somme et le produit des racines : 7+(−2)=5, qui doit valoir −ab=5 ✓, et 7×(−2)=−14, qui doit valoir ac=−14 ✓.
d) Le trinôme s'annule en −2 et en 7, et son coefficient dominant est positif, donc la parabole est ouverte vers le HAUT : elle est négative ENTRE ses racines. L'ensemble solution est x∈[−2;7]. L'erreur classique consiste à écrire une union de deux intervalles, qui est la réponse de l'inéquation avec ≥. Un seul test suffit à trancher : en x=0, 0−0−14=−14≤0 ✓, donc 0 appartient bien à l'ensemble solution, ce qui confirme l'intervalle du milieu.
Les questions c) et d) sont volontairement jumelles : la même factorisation sert deux fois, et seul le raisonnement final change. Le message du chapitre tient en une phrase : factoriser RÉSOUT l'équation, mais c'est le SIGNE du coefficient dominant qui résout l'inéquation. Sur l'épreuve, un croquis de parabole tracé en dix secondes dans la marge vaut mieux qu'un tableau de signes bâclé.
Exercice 3 : Relations métriques dans le triangle rectangle
Le triangle ABC est rectangle en A et [AH] est la hauteur issue de A, avec H sur [BC].
On donne BH=4 cm et HC=9 cm. Arrondissez au centième quand c'est nécessaire.
a) Calculez AH.
b) Calculez AB et AC.
c) Calculez la mesure de l'angle ABC, au centième de degré.
d) Calculez l'aire du triangle ABC de deux façons différentes.
Voir la correction
Réponses
a)AH=6 cm
b)AB=52≈7,21 cm, AC=117≈10,82 cm
c)ABC≈56,31∘
d)39 cm² par les deux calculs
a) La hauteur issue de l'angle droit est moyenne géométrique des deux projections : AH2=BH×CH=4×9=36, donc AH=6 cm. C'est la relation à reconnaître dès qu'on voit une hauteur ISSUE DE L'ANGLE DROIT, et elle ne s'applique à aucune autre hauteur du triangle.
b) On calcule d'abord l'hypoténuse : BC=BH+HC=4+9=13 cm, le point H étant entre B et C. Chaque cathète est moyenne géométrique de l'hypoténuse et de sa PROPRE projection : AB2=BH×BC=4×13=52, donc AB=52≈7,21 cm ; et AC2=HC×BC=9×13=117, donc AC=117≈10,82 cm. Contrôle par Pythagore : 52+117=169=132 ✓. L'erreur fréquente est de croiser les projections, ce qui donnerait un petit côté en face du petit segment, contraire à la figure.
c) Deux chemins mènent au même angle. Dans le triangle ABH, rectangle en H, on a tanABC=BHAH=46=1,5, donc ABC=arctan(1,5)≈56,31∘. Dans le triangle ABC, rectangle en A, on a cosABC=BCAB=1352≈0,5547, ce qui redonne 56,31∘ ✓. Utiliser 52 plutôt que 7,21 évite de traîner un arrondi.
d) Avec l'hypoténuse et sa hauteur : A=2BC×AH=213×6=39 cm carrés. Avec les deux cathètes, qui sont perpendiculaires entre elles : A=2AB×AC=252×117=26084=278=39 cm carrés ✓. L'égalité des deux calculs n'est pas une coïncidence : elle EST la troisième relation métrique, AH×BC=AB×AC.
Toute la figure se déduit de deux nombres, 4 et 9, et c'est ce qui rend ce type de question rentable en section A : trois relations, aucune donnée superflue. Le réflexe de sélection est simple. Si la grandeur cherchée touche la hauteur, on utilise AH2=BH×CH ; si elle touche une cathète, on utilise AB2=BH×BC avec la projection du MÊME côté ; si elle touche un angle, on redescend dans un des deux petits triangles rectangles, qui sont d'ailleurs semblables au grand.
Exercice 4 : Géométrie analytique, similitude et corrélation
Quatre questions indépendantes. Réponses seules, sans démarche.
a) On donne A(−1;2) et B(5;10). Calculez la distance AB et les coordonnées du milieu de [AB].
b) Déterminez les coordonnées du point P de [AB] tel que ABAP=43.
c) Le coefficient de corrélation d'un nuage de points vaut r=−0,93. Décrivez le lien entre les deux variables, puis dites ce que cette valeur ne permet PAS d'affirmer.
d) Deux solides sont semblables dans un rapport k=23. Le plus petit a un volume de 320 cm cubes. Quel est le volume du plus grand ?
Voir la correction
Réponses
a)AB=10, milieu (2;6)
b)P(3,5;8)
c)Liaison linéaire négative forte ; aucune causalité établie
d)1080 cm³
a) La distance se calcule avec AB=(xB−xA)2+(yB−yA)2=62+82=100=10. Le milieu est la MOYENNE des coordonnées : M(2−1+5;22+10)=M(2;6). Ne pas confondre les deux formules : la distance soustrait, le milieu additionne.
b) On part de A et on avance des trois quarts du déplacement AB=(6;8) : P(−1+43×6;2+43×8)=P(3,5;8). Contrôle : AP=4,52+62=56,25=7,5, et 107,5=0,75 ✓. Le piège est d'appliquer le rapport aux COORDONNÉES au lieu du déplacement, ce qui donnerait (3,75;7,5), un point qui n'est même pas sur la droite.
c) Le signe négatif dit le SENS : quand une variable augmente, l'autre a tendance à diminuer. La valeur absolue 0,93, proche de 1, dit la FORCE : la corrélation linéaire est forte, les points sont serrés autour d'une droite décroissante. Ce que r ne permet pas d'affirmer, c'est un lien de CAUSE à effet : une corrélation forte peut venir d'une troisième variable ou du hasard de l'échantillon. Elle ne dit rien non plus d'un lien non linéaire.
d) Les volumes sont dans le rapport k3, pas k : k3=(23)3=827=3,375. Donc le grand solide a un volume de 320×3,375=1080 cm cubes. Répondre 480 cm cubes, c'est avoir multiplié par k ; répondre 720, c'est avoir multiplié par k2, qui est le rapport des AIRES. Une seule question à se poser : de quelle dimension parle-t-on ? Une longueur, une aire ou un volume ?
Ces quatre questions balaient trois chapitres différents en moins de sept minutes, ce qui est exactement le rythme de la section A. Retenez-en la logique commune : dans chaque cas, le choix de la formule vient de la NATURE de la grandeur cherchée. Une longueur entre deux points appelle la distance, un point intermédiaire appelle un déplacement partiel, un volume appelle une puissance cubique. C'est le fil de toute l'épreuve, et il évite la moitié des erreurs.
Section B : concepts et processus, questions à développement (/30 • environ 45 minutes)
Exercice 5 : Fonction partie entière : la tarification du stationnement
Un stationnement du centre-ville facture toute tranche de 30 minutes COMMENCÉE. Le graphique ci-dessous donne le coût C, en dollars, en fonction de la durée t, en heures.
Toutes les réponses doivent être justifiées.
a) Déterminez la règle de la fonction sous la forme C(t)=a⌊bt⌋, pour t>0, et justifiez le signe de b.
b) Combien coûte un stationnement de 2 h 10 min ?
c) Un automobiliste dispose de 30 dollars. Quelle est la durée maximale qu'il peut payer, et combien lui reste-t-il ?
d) Expliquez, à partir de la règle, pourquoi chaque marche est fermée à droite et ouverte à gauche.
e) Le stationnement voisin facture 6 dollars par heure commencée, soit D(t)=−6⌊−t⌋. Pour quelles durées comprises entre 0 et 4 heures le voisin est-il STRICTEMENT moins cher ?
Voir la correction
Réponses
a)C(t)=−4⌊−2t⌋
b)20 dollars
c)3 h 30 min, il reste 2 dollars
d)Au raccord, −2t est entier : la valeur est celle de la marche du bas
e)]0,5;1]∪]1,5;4]
a) On lit sur le graphique une marche par demi-heure et un saut de 4 dollars, donc ∣a∣=4 et la période horizontale vaut 0,5, ce qui donne ∣b∣=2. Reste le signe. La partie entière ⌊x⌋ DESCEND, donc elle facturerait la tranche TERMINÉE, alors qu'ici c'est la tranche COMMENCÉE qui est payée. On renverse donc l'axe : ⌈x⌉=−⌊−x⌋, ce qui donne C(t)=−4⌊−2t⌋ pour t>0. Contrôle sur un point de la figure : en t=0,3, −2t=−0,6 et ⌊−0,6⌋=−1, donc C=4 dollars ✓, et en t=0,5, ⌊−1⌋=−1, donc C=4 dollars encore ✓.
b) Il faut d'abord convertir : 2 h 10 min =2+6010=613≈2,1667 h. Alors −2t=−313≈−4,3333 et ⌊−4,3333⌋=−5, donc C=−4×(−5)=20 dollars. Le raisonnement en langue courante donne le même résultat : 2 h 10 min, c'est quatre demi-heures complètes plus une cinquième entamée, donc cinq tranches à 4 dollars. Piège classique : écrire t=2,10 au lieu de 2,16 ne change rien ici, mais changerait tout à 2 h 40 min.
c) Avec 30 dollars, on peut payer 430=7,5 tranches, donc 7 tranches complètes seulement, le nombre de tranches étant entier. Sept demi-heures font 3,5 h, soit 3 h 30 min, pour 7×4=28 dollars. Il lui reste 2 dollars, qui ne servent à rien puisque la huitième tranche coûte 4 dollars. Vérification aux bornes : C(3,5)=−4⌊−7⌋=28≤30 ✓, et dès qu'on dépasse 3,5 h, par exemple t=3,6, on a C=−4⌊−7,2⌋=−4×(−8)=32>30 ✓.
d) Prenons une valeur de raccord, t=1. Alors −2t=−2, qui est un ENTIER, et ⌊−2⌋=−2, donc C(1)=8 dollars, la valeur de la marche de GAUCHE. Juste après, en t=1,01, on a ⌊−2,02⌋=−3 et le coût saute à 12 dollars. La valeur de raccord appartient donc toujours à la marche du bas : chaque marche est fermée à son extrémité droite et ouverte à son extrémité gauche. C'est cohérent avec le contexte : à 1 h pile, la deuxième demi-heure est terminée mais la troisième n'est pas commencée, on ne paie donc pas pour elle.
e) On compare tranche par tranche, en n'oubliant pas que les deux fonctions changent de valeur à des instants différents, aux demi-heures pour C et aux heures pour D. Sur ]0;0,5] : C=4 et D=6, le premier est moins cher. Sur ]0,5;1] : C=8 et D=6, le voisin gagne. Sur ]1;1,5] : C=12 et D=12, ÉGALITÉ, donc le voisin n'est pas strictement moins cher. Sur ]1,5;2] : C=16 contre D=12. Ensuite l'écart ne fait que croître, car C augmente de 8 dollars par heure contre 6 pour D : sur ]2;2,5], 20 contre 18 ; sur ]2,5;3], 24 contre 18 ; sur ]3;3,5], 28 contre 24 ; sur ]3,5;4], 32 contre 24. La réponse est donc t∈]0,5;1]∪]1,5;4].
La question e) est celle qui départage, et elle illustre le fil de l'épreuve : rien dans l'énoncé ne dit qu'il faut raisonner par intervalles, c'est la nature EN ESCALIER des deux fonctions qui l'impose. Comparer −4⌊−2t⌋ et −6⌊−t⌋ par le calcul algébrique ne mène nulle part ; comparer les deux tableaux de valeurs sur les huit demi-heures utiles prend deux minutes et donne la réponse complète, réunion d'intervalles comprise. Retenez aussi la lecture économique : le stationnement à la demi-heure est avantageux pour les visites courtes, celui à l'heure pour les longues, et le point de bascule n'est pas un instant mais tout un intervalle d'égalité.
Exercice 6 : Le jet d'eau : fonction quadratique
Une fontaine projette un jet d'eau dont la trajectoire est parabolique. L'eau sort de la buse à 1,5 m au-dessus du sol, atteint sa hauteur maximale de 5,5 m à 4 m de la buse à l'horizontale, puis retombe.
On note h(x) la hauteur de l'eau, en mètres, à une distance horizontale x, en mètres, de la buse.
Arrondissez au centième.
a) Déterminez la règle de h sous forme canonique, puis sous forme générale.
b) À quelle distance de la buse l'eau touche-t-elle le sol ?
c) Sur quel intervalle le jet se trouve-t-il à plus de 4 mètres du sol ? Quelle est la longueur de cet intervalle ?
d) Le bord d'un bassin est situé à 8 mètres de la buse. L'eau retombe-t-elle dans le bassin ?
e) On modifie la pression et le paramètre a passe de sa valeur actuelle à −0,5, le sommet restant au même endroit. Calculez la hauteur du jet à la sortie de la buse et concluez sur le modèle.
Voir la correction
Réponses
a)h(x)=−0,25(x−4)2+5,5=−0,25x2+2x+1,5
b)4+22≈8,69 m
c)]4−6;4+6[≈]1,55;6,45[, longueur ≈4,90 m
d)h(8)=1,5 m : l'eau retombe hors du bassin
e)h(0)=−2,5 m : impossible, trop de conditions imposées
a) Le sommet est donné, donc la forme canonique est immédiate : h(x)=a(x−4)2+5,5. On détermine a avec le point de sortie, h(0)=1,5 : a×16+5,5=1,5, donc 16a=−4 et a=−0,25. La règle est h(x)=−0,25(x−4)2+5,5. En développant : −0,25(x2−8x+16)+5,5=−0,25x2+2x−4+5,5, soit h(x)=−0,25x2+2x+1,5. Contrôle : le terme constant vaut bien 1,5, qui est la hauteur en x=0 ✓, et a<0 confirme une parabole ouverte vers le bas, ce qu'exige un jet d'eau.
b) L'eau touche le sol quand h(x)=0 : −0,25(x−4)2+5,5=0, donc (x−4)2=22 et x−4=±22. Les deux solutions sont x=4+22≈8,69 et x=4−22≈−0,69. On REJETTE la seconde, car une distance horizontale devant la buse ne peut pas être négative. L'eau touche donc le sol à environ 8,69 m de la buse. Rejeter explicitement la racine négative, en disant pourquoi, fait partie des points de la question.
c) On résout h(x)>4 : −0,25(x−4)2+5,5>4, soit (x−4)2<6, donc −6<x−4<6 et x∈]4−6;4+6[, c'est-à-dire environ ]1,55;6,45[. Sa longueur est 26≈4,90 m. Attention au sens de l'inégalité : en divisant par −0,25, elle se RENVERSE, et c'est ce renversement qui donne un intervalle borné plutôt qu'une réunion. Vérification en x=4 : h(4)=5,5>4 ✓, le milieu appartient bien à l'intervalle.
d) On calcule h(8)=−0,25(8−4)2+5,5=−4+5,5=1,5 m. À l'aplomb du bord du bassin, l'eau est donc encore à 1,5 m de hauteur, elle n'est pas retombée. Comme la portée totale est de 8,69 m, l'eau atterrit environ 0,69 m AU-DELÀ du bord : elle retombe hors du bassin. Il faudrait avancer le bord d'au moins 70 cm, ou réduire la pression.
e) Avec a=−0,5 et le même sommet, la règle deviendrait h(x)=−0,5(x−4)2+5,5, et à la sortie de la buse h(0)=−0,5×16+5,5=−8+5,5=−2,5 m. Une hauteur négative à la buse est impossible : la buse est au-dessus du sol. Conclusion : on ne peut pas changer a en gardant à la fois le sommet et la hauteur de sortie, car ces trois informations déterminent déjà la parabole entièrement. Deux d'entre elles fixent la troisième. Si l'on garde le sommet et que l'on accepte a=−0,5, alors la buse devrait être enterrée, et la portée tomberait à 4+11≈7,32 m.
La question e) est le vrai test de compréhension du chapitre des paramètres. Un élève qui applique mécaniquement les transformations répondra que la parabole est simplement plus étroite ; un élève qui a compris répondra qu'une parabole est déterminée par trois conditions, ici le sommet, qui en fournit deux, et un point, qui en fournit une, si bien qu'imposer une quatrième condition crée une contradiction. C'est exactement le genre de raisonnement que la section B récompense, et il ne demande aucun calcul supplémentaire : il suffit d'évaluer la nouvelle fonction en x=0 et de constater l'absurdité physique.
Exercice 7 : Solides équivalents et agrandissement
Un cône de révolution a un rayon de base de 6 cm et une hauteur de 15 cm.
Arrondissez au centième et justifiez chaque étape.
a) Calculez le volume du cône, en valeur exacte puis arrondie.
b) Un cylindre de même hauteur doit être ÉQUIVALENT à ce cône. Calculez son rayon.
c) On agrandit le cône de départ pour que son volume DOUBLE. Déterminez le rapport de similitude, puis le rayon et la hauteur du cône agrandi.
d) Calculez l'aire latérale du cône de départ, puis celle du cône agrandi.
e) Le fabricant affirme que doubler le volume double la quantité de tôle nécessaire. A-t-il raison ?
Voir la correction
Réponses
a)180π≈565,49 cm³
b)R=23≈3,46 cm
c)k=32≈1,26 ; ≈7,56 cm et ≈18,90 cm
d)≈304,52 cm² puis ≈483,40 cm²
e)Non : environ 59 % de tôle en plus, pas 100 %
a) Le volume d'un cône est le tiers de celui du cylindre de même base et de même hauteur : V=3πr2h=3π×36×15=180π cm cubes, soit environ 565,49 cm cubes. Garder 180π jusqu'au bout est utile pour la question suivante, où le π va se simplifier.
b) Équivalent signifie DE MÊME VOLUME, et non de même aire ni de même forme. On écrit donc πR2×15=180π. Le π se simplifie des deux côtés, ce qui donne 15R2=180, puis R2=12 et R=12=23≈3,46 cm. Contrôle de plausibilité : le cylindre est plein alors que le cône est effilé, il doit donc être plus étroit à hauteur égale, et 3,46<6 ✓. Un rayon de 36=2 cm serait l'erreur typique, celle qui divise le rayon au lieu de diviser le carré du rayon.
c) Les volumes de deux solides semblables sont dans le rapport k3. Doubler le volume impose donc k3=2, soit k=32≈1,26. Les longueurs sont multipliées par ce même k : le rayon devient 6×1,2599≈7,56 cm et la hauteur 15×1,2599≈18,90 cm. Vérification directe : 3π×7,55952×18,8988≈1130,97 cm cubes, soit exactement le double de 565,49 ✓. Noter que le rapport hauteur sur rayon reste 615=2,5, comme il se doit dans une similitude.
d) L'aire latérale d'un cône est A=πra, où a est l'apothème, c'est-à-dire la longueur d'une génératrice. On la calcule par Pythagore dans le triangle rectangle formé par le rayon, la hauteur et la génératrice : a=62+152=261≈16,16 cm. Donc A=π×6×16,1555≈304,52 cm carrés. Pour le cône agrandi, les aires sont multipliées par k2=34≈1,5874 : A′≈304,52×1,5874≈483,40 cm carrés. Recalcul direct pour confirmer : a′=7,55952+18,89882≈20,35 cm et π×7,5595×20,3547≈483,40 ✓.
e) Non. La tôle correspond à une AIRE, qui est multipliée par k2 et non par k3. Ici k2=34≈1,59 : il faut environ 59 pour cent de tôle en plus, pas 100 pour cent. En chiffres, on passe de 304,52 à 483,40 cm carrés, soit une hausse de 178,88 cm carrés. Doubler le volume coûte donc proportionnellement moins cher en matériau que ce que le fabricant croit, et c'est précisément l'intérêt économique des grands contenants.
Cet exercice croise les deux notions du chapitre que les élèves confondent le plus souvent. ÉQUIVALENT veut dire même volume avec des formes différentes, et le rapport de similitude n'y joue aucun rôle : c'est une équation à résoudre. SEMBLABLE veut dire même forme avec des tailles différentes, et là seulement interviennent k, k2 et k3. Le réflexe de tri est le mot de l'énoncé, mais aussi la question posée : si l'on cherche une dimension d'une forme NOUVELLE, on pose une équation de volumes ; si l'on cherche une dimension de la MÊME forme agrandie, on passe par k. La conclusion de e) mérite d'être retenue au-delà de l'examen, car c'est elle qui explique pourquoi un gros réservoir est plus économique qu'un petit à volume total égal.
Section C : situations d'application (/40 • environ 70 minutes)
Exercice 8 : Situation d'application : le cadre du miroir
Un ébéniste dispose d'un miroir rectangulaire de 60 cm sur 40 cm. Il veut l'entourer d'un cadre de moulure de largeur uniforme, de sorte que l'ensemble formé du miroir et du cadre ait une aire exactement DOUBLE de celle du miroir seul.
La moulure se vend 18 dollars le mètre et il dispose de 40 dollars.
Déterminez la largeur du cadre, puis dites si son budget suffit. S'il ne suffit pas, précisez la largeur qu'il pourrait s'offrir avec 40 dollars et si l'exigence sur l'aire serait alors respectée. Toute votre démarche doit apparaître.
Voir la correction
Réponses
1)(60+2x)(40+2x)=4800, soit x2+50x−600=0 : cadre de 10 cm
2)Moulure 2,80 m, 50,40 dollars : budget insuffisant de 10,40 dollars
3)Avec 40 dollars : cadre ≈2,78 cm, aire augmentée d'environ 24 % seulement
ÉTAPE 1, poser la variable et traduire. On note x la largeur du cadre, en centimètres, avec x>0. Le cadre déborde de x de CHAQUE côté, donc l'ensemble mesure 60+2x sur 40+2x. C'est le point où l'on perd le plus de copies : écrire 60+x revient à ne mettre du cadre que d'un seul côté.
ÉTAPE 2, écrire la contrainte. L'aire du miroir vaut 60×40=2400 cm carrés, donc l'aire totale doit valoir 4800 cm carrés : (60+2x)(40+2x)=4800. On développe : 2400+120x+80x+4x2=4800, soit 4x2+200x−2400=0, que l'on divise par 4 pour obtenir x2+50x−600=0. Diviser avant de résoudre allège tous les calculs qui suivent.
ÉTAPE 3, résoudre. Le discriminant vaut 502−4×1×(−600)=2500+2400=4900, et 4900=70. Les racines sont x=2−50+70=10 et x=2−50−70=−60. On rejette la racine négative, une largeur ne pouvant pas l'être. La largeur du cadre est donc de 10 cm. Vérification : l'ensemble mesure alors 80 cm sur 60 cm, soit 4800 cm carrés, exactement le double de 2400 ✓.
ÉTAPE 4, la longueur de moulure. La moulure fait le tour de l'ENSEMBLE, donc sa longueur est le périmètre extérieur : 2×(80+60)=280 cm, soit 2,80 m. Le coût est de 2,80×18=50,40 dollars. Comme 50,40>40, le budget NE SUFFIT PAS : il manque 10,40 dollars, soit 26 pour cent du budget disponible. Prendre le périmètre intérieur, 200 cm, serait une erreur de modèle qui sous-estimerait le coût de 14,40 dollars.
ÉTAPE 5, ce que 40 dollars permettent. Avec 40 dollars on achète 1840≈2,2222 m, soit environ 222,22 cm de moulure. On cherche x tel que le périmètre extérieur vaille cette longueur : 2((60+2x)+(40+2x))=200+8x=222,22, donc 8x=22,22 et x≈2,78 cm. L'ensemble mesurerait alors 65,56 cm sur 45,56 cm, soit environ 2986,42 cm carrés. Le rapport avec l'aire du miroir est 24002986,42≈1,24 : on n'obtient qu'une augmentation d'environ 24 pour cent, très loin du double exigé.
CONCLUSION à écrire sur la copie. Le cadre demandé mesure 10 cm de large et coûte 50,40 dollars de moulure ; le budget de 40 dollars est insuffisant de 10,40 dollars. Avec ce budget, l'ébéniste ne pourrait poser qu'un cadre d'environ 2,8 cm, qui n'augmenterait l'aire que d'un quart au lieu de la doubler. Il doit donc soit augmenter son budget d'un peu plus du quart, soit renoncer à l'exigence sur l'aire.
Deux remarques que le correcteur valorise. D'abord, l'énoncé mêle deux grandeurs de natures différentes, une AIRE pour la contrainte et une LONGUEUR pour le budget, et c'est ce mélange qui fait la difficulté : l'aire mène à une équation du second degré, la longueur à une équation du premier degré. Ne pas les confondre, et dire à chaque étape de quelle grandeur on parle, structure toute la rédaction. Ensuite, un contrôle de bon sens confirme le résultat de l'étape 5 : doubler l'aire exige un cadre de 10 cm, et l'aire ne dépend pas linéairement de x, donc un cadre trois fois et demie plus étroit ne peut évidemment pas donner la moitié de l'augmentation. En pratique, les coupes d'onglet ajoutent encore de la perte à chaque coin, ce qui ne fait qu'aggraver le dépassement du budget.
Exercice 9 : Situation d'application : le terrain triangulaire
Un propriétaire possède un terrain de forme triangulaire. Deux côtés issus du même sommet mesurent 82 mètres et 64 mètres, et l'angle qu'ils forment mesure 78 degrés.
Il veut clôturer tout le pourtour du terrain au coût de 24 dollars le mètre, et semer du gazon sur toute la surface au coût de 3,50 dollars le mètre carré. Son budget est de 15 000 dollars.
La municipalité n'accorde par ailleurs un permis de construction que sur les terrains d'au moins 2500 mètres carrés.
Le projet tient-il dans le budget, et le terrain est-il constructible ? Arrondissez au centième et laissez toutes vos traces.
Voir la correction
Réponses
1)BC≈92,94 m (loi des cosinus)
2)Aire ≈2566,66 m² ; coût total ≈14717,86 dollars : dans le budget
3)Constructible de justesse (2566,66≥2500)
ÉTAPE 1, choisir les outils. On nomme A le sommet où l'angle de 78∘ est mesuré, avec AB=82 m et AC=64 m. Le triangle n'est PAS rectangle, Pythagore est donc interdit : il donnerait 822+642≈104,02 m, soit une erreur de plus de 11 mètres. On connaît deux côtés et l'angle COMPRIS entre eux, configuration qui appelle la loi des cosinus pour le troisième côté, et la formule A=21bcsinA pour l'aire.
ÉTAPE 2, le troisième côté. BC2=822+642−2×82×64×cos78∘=6724+4096−10496×0,207912, soit BC2=10820−2182,24=8637,76, donc BC≈92,94 m. Le résultat est cohérent : l'angle de 78∘ étant un peu inférieur à l'angle droit, BC doit être un peu inférieur aux 104,02 m qu'on aurait avec 90∘ ✓.
ÉTAPE 3, le périmètre et la clôture. P=82+64+92,94=238,94 m, donc la clôture coûte 238,94×24≈5734,55 dollars.
ÉTAPE 4, l'aire et le gazon. A=21×82×64×sin78∘=2624×0,978148≈2566,66 m carrés. Le gazon coûte donc 2566,66×3,50≈8983,31 dollars. Contrôle par la formule de Héron, qui n'utilise que les trois côtés : avec p=2238,94=119,47, on obtient 119,47×37,47×55,47×26,53≈2566,66 m carrés ✓. Deux méthodes indépendantes qui concordent valent mieux qu'une seule vérifiée deux fois.
ÉTAPE 5, le budget. Le total est de 5734,55+8983,31=14717,86 dollars, ce qui est INFÉRIEUR aux 15000 dollars disponibles. Le projet tient donc dans le budget, avec une marge de 282,14 dollars, soit environ 1,9 pour cent seulement.
ÉTAPE 6, le permis. L'aire de 2566,66 m carrés dépasse le seuil de 2500 m carrés : le terrain est constructible, mais la marge n'est que de 66,66 m carrés, soit 2,7 pour cent. Cette faible marge mérite d'être signalée : si l'angle réel était de 72∘ au lieu de 78∘, l'aire tomberait à 2624×sin72∘≈2495,57 m carrés et le terrain ne serait PLUS constructible. Le relevé d'arpentage doit donc être fiable.
CONCLUSION à écrire sur la copie. Le troisième côté mesure environ 92,94 m et l'aire environ 2566,66 m carrés. Le projet coûte 14717,86 dollars et tient dans le budget de 15000 dollars, avec une marge inférieure à 2 pour cent. Le terrain est constructible, mais de justesse. Le propriétaire devrait faire confirmer l'angle par l'arpenteur avant d'engager les travaux.
Le fil de l'épreuve est ici particulièrement visible : rien dans l'énoncé ne prononce les mots loi des cosinus. C'est la CONFIGURATION des données qui impose l'outil, deux côtés et l'angle compris. Si l'énoncé avait donné deux angles et un côté, c'est la loi des sinus qu'il aurait fallu ; s'il avait donné les trois côtés, c'est Héron pour l'aire et la loi des cosinus renversée pour un angle. Autre réflexe payant, ne jamais arrondir en cours de route : en gardant BC=92,9 m au lieu de 92,94, le coût de clôture change d'un dollar, ce qui est sans conséquence ici, mais la même négligence sur l'aire ferait basculer la conclusion du permis, dont la marge est de 2,7 pour cent.
Exercice 10 : Situation d'application : la masse et la consommation
Un gestionnaire de flotte a relevé, pour neuf véhicules, la masse à vide et la consommation moyenne d'essence.
Le concessionnaire lui fait deux affirmations. Premièrement, mille kilogrammes de plus font consommer quatre litres de plus aux 100 kilomètres. Deuxièmement, une citadine de 800 kg consommerait 5,5 litres aux 100 kilomètres.
Le gestionnaire hésite par ailleurs à acheter un modèle de 1750 kg annoncé à 8,6 litres aux 100 kilomètres.
Étudiez le lien entre les deux variables, construisez un modèle par la méthode médiane-médiane, puis prenez position sur les trois affirmations. Toute votre démarche doit apparaître.
Masse (kg)
950
1100
1200
1350
1500
1650
1800
1900
2150
Consommation (L/100 km)
6,1
6,6
7,0
7,9
8,5
9,1
9,4
9,8
11,0
Voir la correction
Réponses
1)r≈0,996 ; médiane-médiane y=0,004x+2,3
2)Affirmation 1 vraie dans la plage ; affirmation 2 : extrapolation non valide
3)Modèle : 9,3 L pour 1750 kg ; les 8,6 L annoncés sont douteux
ÉTAPE 1, décrire le nuage. Reporté dans un plan, le nuage s'aligne visiblement le long d'une droite croissante, sans courbure ni point aberrant. Le coefficient de corrélation calculé à la calculatrice vaut r≈0,996 : la corrélation linéaire est très forte et positive. On peut donc légitimement ajuster une droite. Rappel indispensable : cette corrélation ne prouve pas que la masse CAUSE la consommation, même si la physique le rend ici plausible.
ÉTAPE 2, les trois points médians. On ordonne les données selon la masse, ce qui est déjà fait, puis on forme trois groupes de trois. Groupe 1, masses 950, 1100, 1200 et consommations 6,1, 6,6, 7,0 : le point médian est M1(1100;6,6). Groupe 2, masses 1350, 1500, 1650 : M2(1500;8,5). Groupe 3, masses 1800, 1900, 2150 : M3(1900;9,8). On prend la médiane des abscisses ET la médiane des ordonnées SÉPARÉMENT ; c'est ici sans effet, les données étant croissantes, mais c'est la règle générale.
ÉTAPE 3, la droite médiane-médiane. La pente vient des deux points EXTRÊMES : a=1900−11009,8−6,6=8003,2=0,004. La droite passe ensuite par le point moyen des trois points médians : xˉ=31100+1500+1900=1500 et yˉ=36,6+8,5+9,8=8,3. Donc 8,3=0,004×1500+b, d'où b=8,3−6=2,3 et la règle est y=0,004x+2,3. À noter : la droite passant par M1 et M3 seule aurait pour ordonnée à l'origine 2,2 ; le passage par le point moyen la remonte du tiers de l'écart de M2 à cette droite, soit 30,3=0,1. C'est exactement ce que fait la méthode.
ÉTAPE 4, première affirmation. La pente 0,004 s'interprète ainsi : chaque kilogramme supplémentaire coûte 0,004 litre aux 100 km, donc mille kilogrammes en coûtent 1000×0,004=4 litres. L'affirmation est VRAIE, à condition de rester dans la plage étudiée, de 950 à 2150 kg.
ÉTAPE 5, deuxième affirmation. Le modèle donne 0,004×800+2,3=5,5 litres : le nombre annoncé est exactement celui du modèle. Et pourtant l'affirmation n'est PAS justifiée, car 800 kg se situe HORS de la plage des données, dont la plus petite masse est 950 kg. Rien ne garantit que la relation reste linéaire en dehors de l'intervalle observé, et le modèle prédirait d'ailleurs 2,3 litres aux 100 km pour un véhicule de masse nulle, ce qui est absurde. Un calcul juste ne rend pas une extrapolation valide : c'est le piège de la question, et il se signale explicitement sur la copie.
ÉTAPE 6, le modèle de 1750 kg. La prévision est 0,004×1750+2,3=9,3 litres aux 100 km, alors que le constructeur en annonce 8,6, soit 0,7 litre de moins. Or l'écart entre la consommation réelle et le modèle ne dépasse 0,2 litre pour aucun des neuf véhicules relevés. Un écart de 0,7 litre est plus de trois fois le plus grand écart observé : l'annonce est donc douteuse, et le gestionnaire devrait exiger un essai routier avant d'acheter.
CONCLUSION à écrire sur la copie. La corrélation est très forte et positive, et le modèle médiane-médiane est y=0,004x+2,3. La première affirmation est vraie dans la plage étudiée. La deuxième donne le bon nombre mais repose sur une extrapolation non justifiée, elle ne peut donc pas être validée. Enfin, la consommation annoncée pour le modèle de 1750 kg est nettement inférieure à ce que prédit le modèle, au-delà de la dispersion observée : elle est à vérifier.
Ce qui distingue une copie forte, ici, n'est pas le calcul de la droite, que tout le monde sait mener, mais le fait de dire OÙ le modèle a le droit de servir. Interpoler entre 950 et 2150 kg est légitime ; extrapoler à 800 kg ne l'est pas, et l'exemple est choisi pour que le calcul tombe juste, précisément afin de vérifier que l'on ne confond pas exactitude arithmétique et validité du raisonnement. Le second réflexe à retenir est la comparaison d'un écart à la DISPERSION : un écart n'est grand ou petit que par rapport à ce que le nuage montre habituellement, et 0,7 litre paraît petit dans l'absolu alors qu'il est énorme au regard des 0,2 litre d'écart maximal observé.
Vous préparez l'examen ministériel de mathématique de secondaire 4 à Montréal ?
Contactez-moi pour une première séance. On travaille sur des épreuves complètes en conditions réelles, avec un temps spécifique sur les situations d'application de la section C.