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Math SN4, secondaire 4 à Montréal • Examen blanc

Examen blanc corrigé : l'épreuve unique de mathématique SN4 (secondaire 4)

Voici un examen blanc corrigé de mathématiques SN4, construit sur la structure réelle de l'épreuve unique du Ministère de 4e secondaire. Cette épreuve compte pour 50 pour cent du résultat final de l'élève, l'autre moitié venant de la note de l'école : c'est la seule évaluation de l'année qui pèse autant, et elle se prépare autrement qu'un contrôle de chapitre.

Les sections A et B évaluent les concepts et les processus, avec des questions relativement directes. La section C est celle qui départage les élèves : trois situations d'application où il faut modéliser le contexte, choisir soi-même les outils, mener le raisonnement jusqu'au bout et le RÉDIGER. Une bonne réponse mal expliquée n'y vaut pas tous les points, et c'est la partie la moins travaillée en classe faute de temps.

Faites cette épreuve en conditions réelles : 150 minutes chronométrées, calculatrice autorisée, en laissant toutes les traces de votre démarche. La gestion du temps entre les trois sections fait autant la note que les mathématiques elles-mêmes.

Rappel de cours

  • Section A, environ 35 minutes pour 30 points : seule la réponse finale est évaluée, ne rédigez pas. Une question qui ne vient pas en une minute se laisse et se reprend à la fin.
  • Section B, environ 45 minutes pour 30 points : la démarche est évaluée. Une justification de similitude doit NOMMER le cas utilisé, AA, CCC ou CAC.
  • Section C, environ 70 minutes pour 40 points : aucune sous-question ne guide le travail. Posez vos variables, écrivez la contrainte, résolvez, puis REVENEZ à la question posée dans une phrase de conclusion.
  • Relations métriques dans un triangle rectangle de hauteur [AH][AH] : AB2=BH×BCAB^{2}=BH\times BC, AH2=BH×CHAH^{2}=BH\times CH et AH×BC=AB×ACAH\times BC=AB\times AC.
  • Triangle quelconque : loi des cosinus c2=a2+b22abcosC^c^{2}=a^{2}+b^{2}-2ab\cos\widehat{C}, aire A=12absinC^\mathcal{A}=\frac{1}{2}ab\sin\widehat{C}, loi des sinus sinA^a=sinB^b=sinC^c\frac{\sin\widehat{A}}{a}=\frac{\sin\widehat{B}}{b}=\frac{\sin\widehat{C}}{c}.
  • Rapport de similitude kk : les longueurs sont multipliées par kk, les aires par k2k^{2} et les volumes par k3k^{3}.
  • Un résultat juste sans démarche perd beaucoup de points en section C ; une démarche juste avec une erreur de calcul en perd peu.

Section A : concepts et processus, réponses courtes (/30 • environ 35 minutes)

Exercice 1 : Vocabulaire et lectures directes

Répondez sans rédiger de démarche : la section A n'accorde de points qu'à la réponse finale.

  • a) Factorisez complètement 3x212x+123x^{2}-12x+12.
  • b) Donnez les valeurs interdites de x29x2x6\frac{x^{2}-9}{x^{2}-x-6}, puis simplifiez l'expression.
  • c) La fonction ff est définie par f(x)=2(x+1)2+8f(x)=-2(x+1)^{2}+8. Donnez les coordonnées du sommet et précisez s'il s'agit d'un maximum ou d'un minimum.
  • d) Calculez 3,4\lfloor -3{,}4\rfloor.
Voir la correction

a) On commence TOUJOURS par la mise en évidence simple : 33 divise les trois coefficients, donc 3x212x+12=3(x24x+4)3x^{2}-12x+12=3\left(x^{2}-4x+4\right). Le trinôme restant est un carré parfait, puisque 4=224=2^{2} et que 4x=2×2×x-4x=-2\times 2\times x : x24x+4=(x2)2x^{2}-4x+4=(x-2)^{2}. La réponse est donc 3(x2)23(x-2)^{2}. Le mot COMPLÈTEMENT de l'énoncé signifie qu'on perd les points en s'arrêtant à 3(x24x+4)3(x^{2}-4x+4), et le contrôle se fait en développant : 3(x24x+4)=3x212x+123(x^{2}-4x+4)=3x^{2}-12x+12 ✓.

b) Les valeurs interdites se lisent sur le dénominateur ORIGINAL, avant toute simplification : x2x6=(x3)(x+2)x^{2}-x-6=(x-3)(x+2) s'annule pour x=3x=3 et x=2x=-2. Ce sont les deux valeurs interdites. On simplifie ensuite : (x3)(x+3)(x3)(x+2)=x+3x+2\frac{(x-3)(x+3)}{(x-3)(x+2)}=\frac{x+3}{x+2}. Le piège du chapitre est ici : le facteur x3x-3 disparaît de l'écriture, mais x=3x=3 RESTE interdite, l'expression de départ n'ayant jamais eu de sens en ce point.

c) La forme canonique f(x)=a(xh)2+kf(x)=a(x-h)^{2}+k se lit directement : ici h=1h=-1 et k=8k=8, donc le sommet est S(1;8)S(-1\,;\,8). Attention au signe de hh, le +1+1 dans la parenthèse correspondant à x(1)x-(-1). Comme a=2<0a=-2<0, la parabole est ouverte vers le bas et le sommet est un MAXIMUM. La fonction ne dépasse donc jamais 88.

d) La partie entière DESCEND toujours vers l'entier inférieur ou égal, et non vers le plus proche : 3,4=4\lfloor -3{,}4\rfloor=-4, car 43,4<3-4\leq-3{,}4<-3. Répondre 3-3 est l'erreur la plus fréquente de tout le chapitre, parce qu'elle vient du réflexe d'arrondi. Sur les nombres négatifs, descendre signifie s'éloigner de zéro.

Cette première question donne le ton de la section A : quatre réflexes de base, aucune démarche à rédiger, et huit points qui se perdent en trente secondes d'inattention. Trois des quatre réponses reposent d'ailleurs sur un piège de signe ou d'ordre, ce qui n'est pas un hasard : c'est exactement ce que le Ministère évalue dans cette section, la sûreté des automatismes plutôt que l'ingéniosité. Le conseil de gestion du temps est de ne jamais s'attarder ici : une réponse qui ne vient pas en une minute se laisse et se reprend à la fin.

Exercice 2 : Équations et inéquations

Donnez uniquement les ensembles solutions.

  • a) Résolvez 2x27x+3=02x^{2}-7x+3=0.
  • b) Résolvez le système formé de 3x+2y=163x+2y=16 et xy=2x-y=2.
  • c) Résolvez x2+6x5>0-x^{2}+6x-5>0.
Voir la correction

a) On calcule le discriminant : Δ=(7)24×2×3=4924=25>0\Delta=(-7)^{2}-4\times 2\times 3=49-24=25>0, donc deux solutions distinctes. Comme 25=5\sqrt{25}=5 : x=7±54x=\frac{7\pm 5}{4}, soit x=3x=3 et x=12x=\frac{1}{2}. Contrôle par la somme et le produit, qui coûte dix secondes : 3+12=72=ba3+\frac{1}{2}=\frac{7}{2}=-\frac{b}{a} ✓ et 3×12=32=ca3\times\frac{1}{2}=\frac{3}{2}=\frac{c}{a} ✓.

b) La deuxième équation se résout immédiatement en xx : x=y+2x=y+2. On SUBSTITUE dans la première : 3(y+2)+2y=163(y+2)+2y=16, soit 3y+6+2y=163y+6+2y=16, donc 5y=105y=10 et y=2y=2. Alors x=2+2=4x=2+2=4. La solution est le couple (4;2)(4\,;\,2). Vérification dans les DEUX équations, la substitution n'en ayant utilisé qu'une : 3×4+2×2=12+4=163\times 4+2\times 2=12+4=16 ✓ et 42=24-2=2 ✓.

c) On se ramène à un coefficient dominant positif en multipliant par 1-1, ce qui INVERSE le sens : x26x+5<0x^{2}-6x+5<0. On factorise, les racines évidentes étant 11 et 55 de somme 66 et de produit 55 : (x1)(x5)<0(x-1)(x-5)<0. Un trinôme de coefficient dominant positif est négatif ENTRE ses racines, donc l'ensemble solution est l'intervalle ouvert ]1;5[]1\,;\,5[, les bornes étant exclues puisque l'inégalité est stricte.

Trois techniques distinctes en sept points, et c'est délibéré : la section A balaie le programme plutôt qu'elle ne l'approfondit. Le point de méthode transversal est le CONTRÔLE, systématiquement possible et systématiquement négligé. Pour une équation, on remplace ; pour un système, on vérifie dans les deux lignes ; pour une inéquation, on teste une valeur de l'intervalle trouvé et une valeur extérieure, par exemple x=3x=3 qui donne 9+185=4>0-9+18-5=4>0 ✓ et x=0x=0 qui donne 5<0-5<0 ✓. Ces trois contrôles ensemble prennent moins d'une minute et rattrapent la quasi-totalité des erreurs de signe.

Exercice 3 : Relations métriques et trigonométrie du triangle rectangle

Le triangle ABCABC est rectangle en AA. Le segment [AH][AH] est la hauteur issue de AA, avec HH sur [BC][BC].

On donne AB=6AB=6 cm et AC=8AC=8 cm. Les longueurs demandées seront exactes ou arrondies au dixième.

BCAH6 cm8 cmBC = ?
  • a) Calculez BCBC.
  • b) Calculez BHBH, puis CHCH.
  • c) Calculez AHAH de deux façons différentes.
  • d) Calculez la mesure de l'angle B^\widehat{B}, arrondie au dixième de degré.
Voir la correction

a) Le triangle étant rectangle en AA, le théorème de Pythagore donne BC2=AB2+AC2=36+64=100BC^{2}=AB^{2}+AC^{2}=36+64=100, donc BC=10BC=10 cm. Le triplet (6;8;10)(6\,;\,8\,;\,10) est le triplet pythagoricien (3;4;5)(3\,;\,4\,;\,5) doublé, ce qui explique que tous les calculs de cet exercice tombent juste.

b) La relation métrique du cathète s'écrit AB2=BH×BCAB^{2}=BH\times BC : un côté de l'angle droit est moyenne proportionnelle entre sa projection sur l'hypoténuse et l'hypoténuse entière. Donc 36=BH×1036=BH\times 10 et BH=3,6BH=3{,}6 cm. De même AC2=CH×BCAC^{2}=CH\times BC donne 64=CH×1064=CH\times 10, soit CH=6,4CH=6{,}4 cm. Contrôle indispensable : BH+CHBH+CH doit reconstituer BCBC, et 3,6+6,4=103{,}6+6{,}4=10 ✓.

c) PREMIÈRE façon, par la relation de la hauteur relative à l'hypoténuse : AH×BC=AB×ACAH\times BC=AB\times AC, qui traduit le fait que l'aire du triangle se calcule avec deux couples base-hauteur différents. Donc AH×10=6×8=48AH\times 10=6\times 8=48 et AH=4,8AH=4{,}8 cm. SECONDE façon, par la relation AH2=BH×CHAH^{2}=BH\times CH : AH2=3,6×6,4=23,04AH^{2}=3{,}6\times 6{,}4=23{,}04, donc AH=23,04=4,8AH=\sqrt{23{,}04}=4{,}8 cm ✓. Les deux méthodes concordent, ce qui valide aussi les résultats de b).

d) Dans le triangle ABCABC rectangle en AA, l'angle B^\widehat{B} a pour côté opposé AC=8AC=8 et pour hypoténuse BC=10BC=10, donc sinB^=810=0,8\sin\widehat{B}=\frac{8}{10}=0{,}8 et B^=arcsin(0,8)53,1\widehat{B}=\arcsin(0{,}8)\approx 53{,}1^{\circ}. On peut aussi passer par la tangente, tanB^=86\tan\widehat{B}=\frac{8}{6}, qui donne la même valeur ✓, et c'est un bon contrôle car il n'utilise pas BCBC.

Il faut savoir choisir entre les trois relations métriques, et le critère est simple : on repère ce que l'on connaît et ce que l'on cherche, puis on prend la relation qui les relie sans passer par une inconnue supplémentaire. La relation du cathète relie un côté de l'angle droit à sa projection ; celle de la hauteur relie la hauteur aux deux projections ; celle de l'aire relie la hauteur aux deux côtés de l'angle droit. Toutes trois découlent de la similitude des trois triangles de la figure, ABCABC, HBAHBA et HACHAC, qui ont les mêmes angles. Reconnaître cette similitude évite d'apprendre trois formules séparées, et permet de les retrouver si la mémoire flanche le jour de l'épreuve.

Exercice 4 : Géométrie analytique

Dans un plan cartésien, on donne les points A(2 ; 1)A(-2\ ;\ 1) et B(6 ; 7)B(6\ ;\ 7).

  • a) Calculez la distance ABAB.
  • b) Donnez les coordonnées du milieu MM de [AB][AB].
  • c) Calculez la pente de la droite ABAB.
  • d) Déterminez une équation de la médiatrice de [AB][AB].
Voir la correction

a) AB=(6(2))2+(71)2=82+62=64+36=100=10AB=\sqrt{(6-(-2))^{2}+(7-1)^{2}}=\sqrt{8^{2}+6^{2}}=\sqrt{64+36}=\sqrt{100}=10. On retrouve le triangle (6;8;10)(6\,;\,8\,;\,10) de l'exercice précédent, la formule de la distance n'étant que Pythagore appliqué au triangle rectangle dont les côtés sont les écarts de coordonnées. Le double signe moins dans 6(2)6-(-2) est le seul point de vigilance.

b) Le milieu s'obtient en MOYENNANT les coordonnées, jamais en les soustrayant : M(2+62;1+72)=(2;4)M\left(\frac{-2+6}{2}\,;\,\frac{1+7}{2}\right)=(2\,;\,4). Contrôle visuel immédiat : 22 est bien entre 2-2 et 66, et 44 entre 11 et 77 ✓.

c) La pente vaut ΔyΔx=716(2)=68=34\frac{\Delta y}{\Delta x}=\frac{7-1}{6-(-2)}=\frac{6}{8}=\frac{3}{4}. Elle est positive, ce qui est cohérent avec le fait que BB est à la fois plus à droite et plus haut que AA ✓. Attention à l'ordre : le numérateur porte sur les ordonnées, et l'inverser donnerait 43\frac{4}{3}, une erreur qui se propagerait à toute la question d).

d) La médiatrice de [AB][AB] est la droite PERPENDICULAIRE à (AB)(AB) passant par son MILIEU, et il faut les deux conditions. Sa pente est l'opposé de l'inverse de 34\frac{3}{4}, soit 43-\frac{4}{3}, puisque le produit des pentes de deux droites perpendiculaires vaut 1-1 et que 34×(43)=1\frac{3}{4}\times\left(-\frac{4}{3}\right)=-1 ✓. Elle passe par M(2;4)M(2\,;\,4), d'où y4=43(x2)y-4=-\frac{4}{3}(x-2), soit y=43x+83+4=43x+203y=-\frac{4}{3}x+\frac{8}{3}+4=-\frac{4}{3}x+\frac{20}{3}. En forme générale, on multiplie par 33 : 4x+3y=204x+3y=20.

Deux vérifications valident la médiatrice, et il vaut mieux faire la seconde qui est plus complète. La première consiste à substituer MM : 4×2+3×4=8+12=204\times 2+3\times 4=8+12=20 ✓. La seconde, plus convaincante, consiste à vérifier la propriété caractéristique de la médiatrice, à savoir que chacun de ses points est ÉQUIDISTANT de AA et de BB. En prenant le point (5;0)(5\,;\,0), qui vérifie bien 20+0=2020+0=20 : sa distance à AA vaut 49+1=50\sqrt{49+1}=\sqrt{50} et sa distance à BB vaut 1+49=50\sqrt{1+49}=\sqrt{50} ✓. Cette propriété est d'ailleurs la définition même de la médiatrice, la perpendicularité n'en étant qu'une conséquence.

Section B : concepts et processus, questions à développement (/30 • environ 45 minutes)

Exercice 5 : Triangles semblables : justifier avant de calculer

Dans le triangle ABCABC, le point DD appartient au segment [AB][AB] et le point EE au segment [AC][AC]. Les droites (DE)(DE) et (BC)(BC) sont parallèles.

On donne AD=4AD=4 cm, DB=6DB=6 cm, AE=5AE=5 cm et BC=12BC=12 cm.

Chaque justification doit nommer le cas de similitude utilisé.

ABCDE46512 cm
  • a) Démontrez que les triangles ADEADE et ABCABC sont semblables.
  • b) Déterminez le rapport de similitude.
  • c) Calculez ACAC, puis ECEC.
  • d) Calculez DEDE.
  • e) Quel est le rapport des aires des triangles ADEADE et ABCABC ?
Voir la correction

a) Les deux triangles ont l'angle A^\widehat{A} EN COMMUN. Par ailleurs, comme (DE)(DE) et (BC)(BC) sont parallèles et coupées par la sécante (AB)(AB), les angles ADE^\widehat{ADE} et ABC^\widehat{ABC} sont CORRESPONDANTS, donc de même mesure. Les triangles ADEADE et ABCABC ont ainsi deux angles homologues de même mesure : ils sont semblables par le cas AA, dit cas angle-angle. La rédaction attendue nomme les deux angles et le cas ; se contenter d'écrire que les triangles se ressemblent ne vaut aucun point.

b) On calcule d'abord AB=AD+DB=4+6=10AB=AD+DB=4+6=10 cm, le point DD étant sur le segment. Le rapport de similitude du petit vers le grand est donc k=ADAB=410=25=0,4k=\frac{AD}{AB}=\frac{4}{10}=\frac{2}{5}=0{,}4. Il faut préciser le SENS du rapport : de ABCABC vers ADEADE il vaudrait 52\frac{5}{2}, et confondre les deux inverse tous les résultats qui suivent.

c) Dans des triangles semblables, les côtés homologues sont proportionnels dans le même rapport : AEAC=k=25\frac{AE}{AC}=k=\frac{2}{5}. Donc AC=AEk=50,4=12,5AC=\frac{AE}{k}=\frac{5}{0{,}4}=12{,}5 cm, et EC=ACAE=12,55=7,5EC=AC-AE=12{,}5-5=7{,}5 cm. Contrôle de cohérence : le rapport AEEC=57,5=23\frac{AE}{EC}=\frac{5}{7{,}5}=\frac{2}{3} doit égaler ADDB=46=23\frac{AD}{DB}=\frac{4}{6}=\frac{2}{3} ✓, ce qui est le théorème de Thalès sous sa forme la plus utile.

d) Le côté [DE][DE] est homologue de [BC][BC], donc DE=k×BC=0,4×12=4,8DE=k\times BC=0{,}4\times 12=4{,}8 cm. On multiplie ici par kk et non par son inverse, puisqu'on passe du grand triangle au petit : DEDE doit être plus court que BCBC, et 4,8<124{,}8<12 ✓.

e) Le rapport des aires est le CARRÉ du rapport de similitude : k2=(25)2=425=0,16k^{2}=\left(\frac{2}{5}\right)^{2}=\frac{4}{25}=0{,}16. L'aire du petit triangle ne représente donc que 16 %16\ \% de celle du grand, alors que ses côtés en font 40 %40\ \%.

Le résultat de e) surprend toujours et vaut d'être compris plutôt que mémorisé : une aire est un produit de DEUX longueurs, chacune multipliée par kk, d'où le facteur k2k^{2}. Le même raisonnement donne k3k^{3} pour les volumes, ce qui resservira à l'exercice 7. On peut le vérifier ici en calculant les deux aires à partir d'une même hauteur : les triangles ADEADE et ABCABC ont des hauteurs issues de AA dans le rapport kk, et des bases dans le rapport kk également, donc des aires dans le rapport k×kk\times k. Concrètement, un terrain dont on double toutes les dimensions voit son aire quadrupler et son volume octupler, ce qui est la source d'erreur numéro un des problèmes d'agrandissement.

Exercice 6 : Fonction quadratique et optimisation

Un dépanneur vend actuellement 120 sandwichs par jour au prix de 8 dollars l'unité.

Une étude montre que chaque hausse de 0,50 dollar sur le prix fait perdre 5 ventes par jour.

On note nn le nombre de hausses de 0,50 dollar appliquées, avec nn entier positif ou nul.

  • a) Exprimez le prix de vente et le nombre de sandwichs vendus en fonction de nn.
  • b) Montrez que le revenu quotidien est R(n)=2,5n2+20n+960R(n)=-2{,}5n^{2}+20n+960.
  • c) Mettez RR sous forme canonique.
  • d) Déterminez le prix qui maximise le revenu et ce revenu maximal.
  • e) Pour quelles valeurs de nn le revenu resterait-il positif ? Cette information est-elle utile ici ?
Voir la correction

a) Chaque hausse ajoute 0,500{,}50 dollar au prix et retire 55 ventes : le prix vaut 8+0,5n8+0{,}5n dollars et le nombre de sandwichs vendus vaut 1205n120-5n. Poser cette double expression est l'étape qui décide de tout le reste, et la difficulté est de ne pas confondre nn, qui compte les HAUSSES, avec le prix lui-même.

b) Le revenu est le produit du prix par la quantité : R(n)=(8+0,5n)(1205n)R(n)=(8+0{,}5n)(120-5n). On développe avec les quatre produits : 8×120=9608\times 120=960, 8×(5n)=40n8\times(-5n)=-40n, 0,5n×120=60n0{,}5n\times 120=60n et 0,5n×(5n)=2,5n20{,}5n\times(-5n)=-2{,}5n^{2}. En regroupant : R(n)=2,5n2+(40+60)n+960=2,5n2+20n+960R(n)=-2{,}5n^{2}+(-40+60)n+960=-2{,}5n^{2}+20n+960 ✓. Contrôle en n=0n=0 : R(0)=960=8×120R(0)=960=8\times 120, le revenu actuel ✓.

c) On met le coefficient dominant en évidence sur les deux premiers termes : R(n)=2,5(n28n)+960R(n)=-2{,}5\left(n^{2}-8n\right)+960. On complète le carré à l'intérieur : n28n=(n4)216n^{2}-8n=(n-4)^{2}-16. Donc R(n)=2,5((n4)216)+960=2,5(n4)2+40+960=2,5(n4)2+1000R(n)=-2{,}5\left((n-4)^{2}-16\right)+960=-2{,}5(n-4)^{2}+40+960=-2{,}5(n-4)^{2}+1000. Contrôle en n=0n=0 : 2,5×16+1000=40+1000=960-2{,}5\times 16+1000=-40+1000=960 ✓.

d) Le coefficient devant le carré étant NÉGATIF, le revenu est maximal quand le carré est nul, soit n=4n=4, et vaut alors 10001\,000 dollars. Il faut revenir au contexte plutôt que de s'arrêter à n=4n=4 : le prix optimal est 8+0,5×4=108+0{,}5\times 4=10 dollars, pour 1205×4=100120-5\times 4=100 sandwichs vendus. Vérification directe : 10×100=100010\times 100=1\,000 dollars ✓, soit 4040 dollars de plus qu'aujourd'hui.

e) On résout 2,5n2+20n+960=0-2{,}5n^{2}+20n+960=0, soit après division par 2,5-2{,}5 : n28n384=0n^{2}-8n-384=0. Le discriminant vaut 64+1536=160064+1\,536=1\,600, donc Δ=40\sqrt{\Delta}=40 et n=8±402n=\frac{8\pm 40}{2}, c'est-à-dire n=24n=24 ou n=16n=-16. Le revenu est donc positif pour 16<n<24-16<n<24. Cette information n'a AUCUN intérêt pratique ici : le nombre de ventes 1205n120-5n s'annule dès n=24n=24, et le revenu ne devient négatif qu'au-delà, dans une zone où l'on vendrait un nombre négatif de sandwichs. Le modèle n'a de sens que pour 0n240\leq n\leq 24.

La question e) est un piège de lecture délibéré, et il est fréquent à l'épreuve : elle demande un calcul parfaitement faisable dont la réponse ne sert à rien. Savoir le dire fait partie de la réponse attendue. La bonne question, celle qu'un commerçant se poserait, est plutôt de connaître la plage de prix qui garantit au moins 990990 dollars : on résout 2,5(n4)2+1000990-2{,}5(n-4)^{2}+1000\geq 990, soit (n4)24(n-4)^{2}\leq 4, donc 2n62\leq n\leq 6, c'est-à-dire un prix entre 99 et 1111 dollars. Le revenu est donc très PLAT autour de l'optimum, ce qui est la vraie information utile : se tromper d'un dollar sur le prix ne coûte que 1010 dollars par jour.

Exercice 7 : Figures équivalentes et triangle quelconque

Les résultats numériques seront arrondis au centième.

  • a) Un rectangle mesure 12 cm sur 8 cm. Déterminez le côté du carré équivalent.
  • b) Un cylindre a un rayon de 3 cm et une hauteur de 8 cm. Déterminez le rayon de la boule équivalente.
  • c) Dans un triangle ABCABC, on donne a=7a=7 cm, b=9b=9 cm et C^=60\widehat{C}=60^{\circ}. Calculez cc, puis l'aire du triangle.
  • d) Calculez la mesure de l'angle A^\widehat{A}, puis celle de B^\widehat{B}.
Voir la correction

a) Deux figures sont ÉQUIVALENTES lorsqu'elles ont la même aire, et non les mêmes dimensions. L'aire du rectangle vaut 12×8=9612\times 8=96 cm². Le carré équivalent a donc pour côté 96\sqrt{96}. On simplifie plutôt que de laisser la calculatrice trancher : 96=16×6=469,80\sqrt{96}=\sqrt{16\times 6}=4\sqrt{6}\approx 9{,}80 cm. Contrôle de plausibilité : le côté doit se situer entre 88 et 1212, et 9,809{,}80 y est ✓, ce qui est général, le carré équivalent ayant toujours un côté compris entre les deux dimensions du rectangle.

b) Le volume du cylindre vaut V=πr2h=π×9×8=72π226,19V=\pi r^{2}h=\pi\times 9\times 8=72\pi\approx 226{,}19 cm³. Pour la boule équivalente, on résout 43πR3=72π\frac{4}{3}\pi R^{3}=72\pi. Le facteur π\pi SE SIMPLIFIE des deux côtés, ce qui évite tout arrondi intermédiaire : R3=3×724=54R^{3}=\frac{3\times 72}{4}=54, donc R=5433,78R=\sqrt[3]{54}\approx 3{,}78 cm. Contrôle : 3,78354,03{,}78^{3}\approx 54{,}0 ✓.

c) On connaît deux côtés et l'angle COMPRIS entre eux, configuration qui appelle la loi des cosinus : c2=a2+b22abcosC^=49+812×7×9×0,5=13063=67c^{2}=a^{2}+b^{2}-2ab\cos\widehat{C}=49+81-2\times 7\times 9\times 0{,}5=130-63=67, donc c=678,19c=\sqrt{67}\approx 8{,}19 cm. L'aire s'obtient par la formule du sinus, qui utilise exactement les mêmes données : A=12absinC^=12×7×9×3227,28\mathcal{A}=\frac{1}{2}ab\sin\widehat{C}=\frac{1}{2}\times 7\times 9\times\frac{\sqrt{3}}{2}\approx 27{,}28 cm².

d) Par la loi des sinus : sinA^a=sinC^c\frac{\sin\widehat{A}}{a}=\frac{\sin\widehat{C}}{c}, donc sinA^=7×sin608,190,7406\sin\widehat{A}=\frac{7\times\sin 60^{\circ}}{8{,}19}\approx 0{,}7406 et A^47,78\widehat{A}\approx 47{,}78^{\circ}. On obtient ensuite B^=1806047,7872,22\widehat{B}=180^{\circ}-60^{\circ}-47{,}78^{\circ}\approx 72{,}22^{\circ}. Contrôle par un calcul indépendant, la loi des cosinus appliquée à B^\widehat{B} : cosB^=a2+c2b22ac=49+67812×7×8,190,3054\cos\widehat{B}=\frac{a^{2}+c^{2}-b^{2}}{2ac}=\frac{49+67-81}{2\times 7\times 8{,}19}\approx 0{,}3054, ce qui redonne bien 72,2272{,}22^{\circ} ✓.

Un mot sur le CAS AMBIGU, qui coûte des points chaque année. En cherchant A^\widehat{A} par son sinus, on obtient une seule valeur à la calculatrice, mais deux angles supplémentaires ont le même sinus : 47,7847{,}78^{\circ} et 132,22132{,}22^{\circ}. Ici la seconde est à écarter, car A^\widehat{A} est opposé au côté a=7a=7, qui n'est pas le plus grand côté du triangle ; l'angle le plus grand est nécessairement opposé au côté le plus grand, ici b=9b=9. La règle de sécurité est donc d'utiliser la loi des sinus pour chercher un angle opposé à un PETIT côté, et la loi des cosinus dans tous les autres cas, le cosinus ne présentant aucune ambiguïté puisque son signe distingue l'aigu de l'obtus.

Section C : situations d'application (/40 • environ 70 minutes)

Exercice 8 : Situation d'application : les deux enclos

Un éleveur dispose de 240 mètres de clôture. Il veut former deux enclos rectangulaires identiques, accolés côte à côte le long de leur plus grand côté, de sorte que la clôture qui les sépare soit commune aux deux.

Il souhaite que l'aire totale clôturée soit la plus grande possible, mais aussi que chacun des deux enclos ait au moins 1000 mètres carrés.

Déterminez les dimensions à retenir et vérifiez si les deux exigences sont compatibles. Toute votre démarche doit apparaître.

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ÉTAPE 1, poser les variables et traduire la contrainte. Notons xx la longueur totale de l'ensemble des deux enclos et yy leur profondeur commune. La clôture comprend deux longueurs horizontales, en haut et en bas, soit 2x2x, et TROIS segments verticaux, les deux extrémités plus la séparation centrale, soit 3y3y. La contrainte s'écrit donc 2x+3y=2402x+3y=240. Compter deux séparations verticales au lieu de trois est l'erreur qui fait rater toute la situation, et un schéma rapide l'évite.

ÉTAPE 2, exprimer l'aire avec une seule variable. De la contrainte on tire x=2403y2=1201,5yx=\frac{240-3y}{2}=120-1{,}5y. L'aire totale vaut alors A(y)=x×y=y(1201,5y)=1,5y2+120y\mathcal{A}(y)=x\times y=y\left(120-1{,}5y\right)=-1{,}5y^{2}+120y. On obtient une fonction quadratique de coefficient dominant négatif, donc bornée par un maximum : le problème a bien une solution.

ÉTAPE 3, optimiser. On met sous forme canonique : A(y)=1,5(y280y)=1,5((y40)21600)=1,5(y40)2+2400\mathcal{A}(y)=-1{,}5\left(y^{2}-80y\right)=-1{,}5\left((y-40)^{2}-1\,600\right)=-1{,}5(y-40)^{2}+2\,400. Le maximum est atteint pour y=40y=40 m et vaut 24002\,400 m². On revient alors aux dimensions concrètes : x=1201,5×40=60x=120-1{,}5\times 40=60 m, donc chaque enclos mesure 602=30\frac{60}{2}=30 m sur 4040 m. Vérification de la clôture utilisée : 2×60+3×40=120+120=2402\times 60+3\times 40=120+120=240 m ✓, tout est employé.

ÉTAPE 4, vérifier la seconde exigence. Chaque enclos a une aire de 30×40=120030\times 40=1\,200 m², ce qui dépasse le minimum de 10001\,000 m² demandé ✓. Les deux exigences sont donc COMPATIBLES, et la solution optimale les satisfait toutes les deux simultanément. Il n'y a aucun arbitrage à faire.

ÉTAPE 5, conclure en revenant à la question posée. L'éleveur doit construire deux enclos de 3030 m sur 4040 m, disposés côte à côte le long de leurs côtés de 4040 m, pour une aire totale de 24002\,400 m². Chaque enclos offre 12001\,200 m², soit 200200 m² de plus que le minimum exigé.

On peut ajouter une information que l'éleveur appréciera, et ce genre de prolongement est valorisé en section C. Le maximum est très PLAT : en cherchant les profondeurs qui laissent au moins 21002\,100 m², on résout 1,5y2+120y2100-1{,}5y^{2}+120y\geq 2\,100, soit y280y+14000y^{2}-80y+1\,400\leq 0. Le discriminant vaut 64005600=8006\,400-5\,600=800, donc Δ=202\sqrt{\Delta}=20\sqrt{2} et les racines sont 40±10240\pm 10\sqrt{2}, c'est-à-dire environ 25,8625{,}86 et 54,1454{,}14. Toute profondeur entre ces deux valeurs conserve plus de 87 %87\ \% de l'aire maximale, ce qui laisse à l'éleveur une grande liberté pour s'adapter au terrain.

Exercice 9 : Situation d'application : la falaise et le drone

Un géologue veut connaître la hauteur d'une falaise dont le pied est inaccessible, car un cours d'eau en interdit l'approche.

Depuis un point AA situé sur le sol horizontal, il mesure un angle d'élévation de 32 degrés vers le sommet SS de la falaise. Il avance ensuite de 85 mètres en ligne droite vers la falaise jusqu'à un point BB, où l'angle d'élévation devient 51 degrés.

Le géologue dispose d'un drone dont le plafond de vol est de 100 mètres. Pourra-t-il filmer le sommet de la falaise par le dessus ? Justifiez par une démarche complète, en arrondissant les longueurs au dixième de mètre.

SPAB85 m32°51°h = ?
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ÉTAPE 1, choisir une stratégie. Le pied PP de la falaise étant inaccessible, on ne peut mesurer aucune distance horizontale : il faut donc exploiter les DEUX visées. Deux chemins s'offrent, l'un par le triangle quelconque ABSABS et la loi des sinus, l'autre par les deux triangles rectangles et un système. Les deux sont acceptés, et je les mène tous les deux pour disposer d'un contrôle.

ÉTAPE 2, première méthode, par le triangle ABSABS. Dans ce triangle, l'angle en AA vaut 3232^{\circ}. L'angle ABS^\widehat{ABS} est le SUPPLÉMENTAIRE de l'angle d'élévation mesuré en BB, car BB se trouve entre AA et PP : ABS^=18051=129\widehat{ABS}=180^{\circ}-51^{\circ}=129^{\circ}. On en déduit le troisième angle : ASB^=18032129=19\widehat{ASB}=180^{\circ}-32^{\circ}-129^{\circ}=19^{\circ}. La loi des sinus donne alors BSsin32=ABsin19\frac{BS}{\sin 32^{\circ}}=\frac{AB}{\sin 19^{\circ}}, d'où BS=85×sin32sin1945,040,3256138,4BS=\frac{85\times\sin 32^{\circ}}{\sin 19^{\circ}}\approx\frac{45{,}04}{0{,}3256}\approx 138{,}4 m.

ÉTAPE 3, redescendre à la hauteur. Le triangle BPSBPS est rectangle en PP, et l'angle en BB y vaut 5151^{\circ}. Donc h=PS=BS×sin51138,4×0,7771107,5h=PS=BS\times\sin 51^{\circ}\approx 138{,}4\times 0{,}7771\approx 107{,}5 m. On obtient au passage la distance du géologue à la falaise : PB=BS×cos5187,1PB=BS\times\cos 51^{\circ}\approx 87{,}1 m.

ÉTAPE 4, contrôle par la seconde méthode. Dans les deux triangles rectangles, tan32=hPB+85\tan 32^{\circ}=\frac{h}{PB+85} et tan51=hPB\tan 51^{\circ}=\frac{h}{PB}. On tire de chacune la distance : PB+85=htan32PB+85=\frac{h}{\tan 32^{\circ}} et PB=htan51PB=\frac{h}{\tan 51^{\circ}}. En soustrayant : h(1tan321tan51)=85h\left(\frac{1}{\tan 32^{\circ}}-\frac{1}{\tan 51^{\circ}}\right)=85, soit h×(1,60030,8098)=85h\times(1{,}6003-0{,}8098)=85 et h=850,7906107,5h=\frac{85}{0{,}7906}\approx 107{,}5 m ✓. Les deux méthodes concordent au dixième près.

ÉTAPE 5, répondre à la question posée. La falaise mesure environ 107,5107{,}5 mètres, alors que le plafond du drone est de 100100 mètres. Le drone ne pourra donc PAS filmer le sommet par le dessus : il lui manque environ 7,57{,}5 mètres, soit 7 %7\ \% de la hauteur. La réponse à donner n'est pas la hauteur seule, mais bien la conclusion sur le drone, accompagnée de l'écart.

Deux remarques de méthode que la section C valorise. D'abord, l'angle ABS^=129\widehat{ABS}=129^{\circ} est le point où presque toutes les copies échouent : on est tenté d'y placer 5151^{\circ}, qui est l'angle d'élévation, mais c'est l'angle du triangle ABSABS qu'il faut, et il est mesuré de l'autre côté de la droite (AB)(AB). Un schéma coté résout la question en cinq secondes et rapporte des points à lui seul. Ensuite, il faut se méfier des arrondis intermédiaires : en arrondissant BSBS à 138138 m, on obtiendrait h107,2h\approx 107{,}2 m, écart sans conséquence ici mais qui pourrait faire basculer une conclusion dans un cas plus serré. La règle est de garder toutes les décimales en machine et de n'arrondir qu'à la toute fin.

Exercice 10 : Situation d'application : le tutorat et les résultats

Une école a relevé, pour six élèves, le nombre d'heures de tutorat suivies pendant l'année et la note finale obtenue en mathématique.

La direction envisage d'affirmer, dans sa lettre aux parents, que vingt heures de tutorat garantissent une note supérieure à 90 pour cent.

Étudiez la relation entre les deux variables, produisez une prévision pour un élève qui suivrait 9 heures, puis prenez position sur l'affirmation envisagée par la direction. Toute votre démarche doit apparaître.

Heures de tutorat2457810
Note finale (%)455258687182
12345678910111230405060708090heuresnote (%)
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ÉTAPE 1, décrire le nuage. Les six points s'alignent très nettement de bas à gauche vers haut à droite : la corrélation est LINÉAIRE, POSITIVE et FORTE. Une estimation du coefficient de corrélation par la méthode du rectangle donne une valeur très proche de 11, et le calcul exact confirme r0,997r\approx 0{,}997. Aucun point ne s'écarte visiblement de l'alignement, il n'y a donc pas de donnée aberrante à écarter.

ÉTAPE 2, construire la droite de Mayer. On ordonne les données selon xx, déjà fait ici, et on les partage en deux groupes de trois. Premier groupe, x{2;4;5}x\in\{2\,;\,4\,;\,5\} : le point moyen est P1(113;1553)P_{1}\left(\frac{11}{3}\,;\,\frac{155}{3}\right), soit environ (3,67;51,67)(3{,}67\,;\,51{,}67). Second groupe, x{7;8;10}x\in\{7\,;\,8\,;\,10\} : le point moyen est P2(253;2213)P_{2}\left(\frac{25}{3}\,;\,\frac{221}{3}\right), soit environ (8,33;73,67)(8{,}33\,;\,73{,}67). La pente de la droite de Mayer est a=73,6751,678,333,67=22143=3374,71a=\frac{73{,}67-51{,}67}{8{,}33-3{,}67}=\frac{22}{\frac{14}{3}}=\frac{33}{7}\approx 4{,}71.

ÉTAPE 3, achever l'équation. La droite passe par le point moyen général (xˉ;yˉ)\left(\bar{x}\,;\,\bar{y}\right), avec xˉ=366=6\bar{x}=\frac{36}{6}=6 et yˉ=376662,67\bar{y}=\frac{376}{6}\approx 62{,}67. Donc b=yˉaxˉ62,674,71×634,38b=\bar{y}-a\bar{x}\approx 62{,}67-4{,}71\times 6\approx 34{,}38, et l'équation est y4,71x+34,38y\approx 4{,}71x+34{,}38. INTERPRÉTATION, qui fait partie de la réponse : chaque heure de tutorat supplémentaire est associée à environ 4,74{,}7 points de plus, et l'ordonnée à l'origine 34,434{,}4 représenterait la note d'un élève sans aucun tutorat.

ÉTAPE 4, produire la prévision demandée. Pour x=9x=9 : y4,71×9+34,3876,8y\approx 4{,}71\times 9+34{,}38\approx 76{,}8. Un élève suivant 99 heures de tutorat obtiendrait donc une note d'environ 77 %77\ \%. Cette prévision est une INTERPOLATION, la valeur 99 étant à l'intérieur de la plage observée [2;10][2\,;\,10] : elle est donc légitime, tout en restant une estimation et non une certitude.

ÉTAPE 5, prendre position sur l'affirmation de la direction. Elle est à REJETER, et pour trois raisons distinctes. Premièrement, le modèle prédit pour x=20x=20 une note de 4,71×20+34,38128,7 %4{,}71\times 20+34{,}38\approx 128{,}7\ \%, ce qui est IMPOSSIBLE : il s'agit d'une extrapolation bien au-delà de la plage observée, où le modèle affine cesse manifestement d'être valable, une note étant plafonnée à 100100. Deuxièmement, même une prévision plausible resterait une TENDANCE moyenne et non une garantie individuelle, alors que le mot garantissent engage l'école. Troisièmement, une corrélation forte n'établit pas la CAUSALITÉ : les élèves qui suivent le plus d'heures de tutorat sont peut-être aussi les plus motivés, et cette motivation expliquerait une partie du résultat indépendamment du tutorat.

On peut proposer une formulation défendable, ce que la section C valorise toujours : plutôt que de garantir un résultat, l'école peut écrire que, sur les six élèves observés, chaque heure de tutorat supplémentaire s'est accompagnée d'environ quatre à cinq points de plus, et qu'un élève suivant huit à dix heures se situait entre 7070 et 8282 pour cent. L'énoncé reste vrai, il reste vendeur, et il ne promet rien qui dépasse les données. Une dernière réserve mérite d'être signalée : l'échantillon ne compte que SIX élèves, ce qui est très peu pour fonder une communication officielle, et la même étude sur trente élèves pourrait donner une pente sensiblement différente.

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