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Math SN4, secondaire 4 à Montréal • Géométrie

Exercices corrigés : similitude et isométrie des triangles (math SN4)

Voici une série d'exercices corrigés de mathématiques SN4 sur la similitude et l'isométrie des triangles, calibrés sur le niveau réel des évaluations à Montréal. C'est le chapitre où le programme de secondaire 4 demande pour la première fois de vraies DÉMONSTRATIONS : il ne suffit plus de calculer, il faut justifier chaque étape par un cas nommé.

Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.

Rappel de cours

  • Deux triangles sont ISOMÉTRIQUES s'ils ont exactement les mêmes mesures. Trois cas suffisent : CCC, CAC (l'angle doit être COMPRIS entre les deux côtés) et ACA.
  • Deux triangles sont SEMBLABLES si leurs angles sont respectivement égaux et leurs côtés homologues proportionnels. Trois cas : AA, CAC et CCC.
  • Côté-côté-angle n'est PAS un cas d'isométrie : deux triangles peuvent partager deux côtés et un angle non compris sans être identiques.
  • Si le rapport de similitude vaut kk, alors les longueurs sont multipliées par kk, les aires par k2k^2 et les volumes par k3k^3.
  • Dans une démonstration, l'ordre des sommets n'est pas décoratif : écrire ABCDEFABC\sim DEF affirme que AA correspond à DD, BB à EE et CC à FF.

Partie A : Reconnaître et calculer (/50)

Exercice 1 : Reconnaître les cas d'isométrie

Pour chaque paire de triangles, dites s'ils sont nécessairement isométriques. Si oui, nommez le cas ; si non, expliquez précisément ce qui manque.

Une réponse sans le nom du cas ne vaut aucun point en examen.

  • a) ABCABC a pour côtés 55, 77 et 99 cm. DEFDEF a pour côtés 99, 55 et 77 cm.
  • b) Dans ABCABC : AB=6AB=6, BC=8BC=8 et B^=40\widehat{B}=40^\circ. Dans DEFDEF : DE=6DE=6, EF=8EF=8 et E^=40\widehat{E}=40^\circ.
  • c) Dans ABCABC : A^=50\widehat{A}=50^\circ, B^=60\widehat{B}=60^\circ et AB=10AB=10. Dans DEFDEF : D^=50\widehat{D}=50^\circ, E^=60\widehat{E}=60^\circ et DE=10DE=10.
  • d) Dans ABCABC : AB=5AB=5, BC=7BC=7 et A^=40\widehat{A}=40^\circ. Dans DEFDEF : DE=5DE=5, EF=7EF=7 et D^=40\widehat{D}=40^\circ.
Voir la correction

a) Oui, ils sont isométriques par le cas CCC. Les trois côtés du premier, {5;7;9}\{5;7;9\}, sont exactement les trois côtés du second, {5;7;9}\{5;7;9\}, même si l'énoncé les donne dans un ordre différent. L'ordre d'énumération n'a aucune importance pour ce cas : ce sont les ENSEMBLES de mesures qui comptent. Trois longueurs déterminent un triangle de façon unique, à un déplacement près.

b) Oui, par le cas CAC. L'angle B^\widehat{B} est situé entre les côtés ABAB et BCBC, et l'angle E^\widehat{E} entre DEDE et EFEF : dans les deux triangles, l'angle donné est bien COMPRIS entre les deux côtés donnés. Les correspondances sont ADA\leftrightarrow D, BEB\leftrightarrow E, CFC\leftrightarrow F, donc ABCDEFABC\cong DEF. C'est la vérification du caractère « compris » qui fait la différence entre une réponse juste et la réponse de la question d).

c) Oui, par le cas ACA. Le côté ABAB est compris entre les angles A^\widehat{A} et B^\widehat{B}, et DEDE entre D^\widehat{D} et E^\widehat{E}. Remarque : connaître deux angles revient à les connaître tous les trois, puisque le troisième vaut 1805060=70180^\circ-50^\circ-60^\circ=70^\circ. Mais les angles seuls ne suffiraient pas, ils ne donneraient que la similitude ; c'est le côté de 1010 qui fixe la taille et fait passer de semblable à isométrique.

d) NON, on ne peut pas conclure. Ici l'angle A^\widehat{A} est situé entre ABAB et ACAC, or le second côté donné est BCBC : l'angle n'est PAS compris entre les deux côtés fournis. C'est la configuration côté-côté-angle, qui n'est pas un cas d'isométrie. Concrètement, deux triangles différents peuvent satisfaire ces trois données : c'est le cas dit ambigu, où le côté opposé à l'angle connu peut se rabattre de deux façons sur la demi-droite, donnant un triangle acutangle et un triangle obtusangle. Pour conclure il faudrait une information de plus, par exemple que les deux triangles sont acutangles, ou la mesure d'un troisième côté.

Exercice 2 : Reconnaître les cas de similitude

Pour chaque paire, dites si les triangles sont semblables. Si oui, nommez le cas et donnez le rapport de similitude kk du second vers le premier.

  • a) ABCABC a deux angles de 4040^\circ et 7575^\circ. DEFDEF a deux angles de 4040^\circ et 6565^\circ.
  • b) ABCABC a pour côtés 66, 99 et 1212. DEFDEF a pour côtés 88, 1212 et 1616.
  • c) Dans ABCABC : AB=4AB=4, AC=6AC=6 et A^=55\widehat{A}=55^\circ. Dans DEFDEF : DE=10DE=10, DF=15DF=15 et D^=55\widehat{D}=55^\circ.
  • d) ABCABC a pour côtés 33, 44 et 66. DEFDEF a pour côtés 66, 88 et 1010.
Voir la correction

a) Oui, par le cas AA. Le troisième angle de ABCABC vaut 1804075=65180^\circ-40^\circ-75^\circ=65^\circ, et celui de DEFDEF vaut 1804065=75180^\circ-40^\circ-65^\circ=75^\circ. Les deux triangles ont donc les mêmes trois angles, 4040^\circ, 6565^\circ et 7575^\circ : ils sont semblables. Le rapport kk ne peut PAS être déterminé, aucune longueur n'étant donnée : la similitude fixe la forme, pas la taille.

b) Oui, par le cas CCC. On classe les côtés par ordre croissant dans chaque triangle et on compare les rapports terme à terme : 86=43\dfrac{8}{6}=\dfrac{4}{3}, 129=43\dfrac{12}{9}=\dfrac{4}{3} et 1612=43\dfrac{16}{12}=\dfrac{4}{3}. Les trois rapports sont égaux, donc les triangles sont semblables avec k=431,33k=\dfrac{4}{3}\approx 1{,}33. Le classement préalable est indispensable : comparer des côtés dans le désordre donnerait trois rapports différents et une conclusion fausse.

c) Oui, par le cas CAC. L'angle de 5555^\circ est compris entre les deux côtés donnés dans les deux triangles. On vérifie la proportionnalité de ces côtés : 104=2,5\dfrac{10}{4}=2{,}5 et 156=2,5\dfrac{15}{6}=2{,}5. Les rapports sont égaux, donc ABCDEFABC\sim DEF avec k=2,5k=2{,}5.

d) NON. On classe et on compare : 63=2\dfrac{6}{3}=2, 84=2\dfrac{8}{4}=2, mais 1061,67\dfrac{10}{6}\approx 1{,}67. Les trois rapports ne sont pas égaux, donc les triangles ne sont PAS semblables. C'est un piège fréquent : deux rapports qui coïncident ne suffisent jamais, il faut les trois. On peut le voir autrement : le triangle 66-88-1010 est rectangle, puisque 36+64=10036+64=100, alors que 33-44-66 ne l'est pas, puisque 9+16=25369+16=25\neq 36. Deux triangles semblables ont les mêmes angles, donc l'un ne peut pas être rectangle sans l'autre.

Exercice 3 : Calculer des mesures dans des triangles semblables

Les triangles ABCABC et DEFDEF de la figure sont semblables, avec la correspondance ADA\leftrightarrow D, BEB\leftrightarrow E, CFC\leftrightarrow F.

On donne AB=8AB=8, BC=12BC=12, AC=10AC=10 et DE=12DE=12.

ABC81012DEF12??
  • a) Calculez le rapport de similitude kk de ABCABC vers DEFDEF.
  • b) Calculez EFEF et DFDF.
  • c) Calculez le rapport des périmètres, puis vérifiez-le par le calcul direct des deux périmètres.
  • d) L'aire de ABCABC vaut environ 39,739{,}7 cm². Déduisez-en l'aire de DEFDEF sans calculer de hauteur.
Voir la correction

a) Les côtés ABAB et DEDE sont homologues, car AA correspond à DD et BB à EE. Donc k=DEAB=128=1,5k=\dfrac{DE}{AB}=\dfrac{12}{8}=1{,}5. Le triangle DEFDEF est un agrandissement de ABCABC dans le rapport 1,51{,}5.

b) Chaque côté de DEFDEF est le côté homologue de ABCABC multiplié par kk. EFEF est homologue de BCBC, donc EF=12×1,5=18EF=12\times 1{,}5=18. DFDF est homologue de ACAC, donc DF=10×1,5=15DF=10\times 1{,}5=15. Le point à surveiller est l'appariement : c'est l'ordre des lettres dans ABCDEFABC\sim DEF qui dit que BCBC va avec EFEF, et non avec DFDF.

c) Le rapport des périmètres d'une similitude est égal au rapport de similitude lui-même, soit 1,51{,}5. Vérification directe : le périmètre de ABCABC vaut 8+12+10=308+12+10=30 et celui de DEFDEF vaut 12+18+15=4512+18+15=45. Le rapport est bien 4530=1,5\dfrac{45}{30}=1{,}5 ✓. La raison est immédiate quand on l'écrit : ka+kb+kca+b+c=k(a+b+c)a+b+c=k\dfrac{ka+kb+kc}{a+b+c}=\dfrac{k(a+b+c)}{a+b+c}=k.

d) Le rapport des aires vaut k2k^2, jamais kk. Donc l'aire de DEFDEF vaut 39,7×1,52=39,7×2,2589,339{,}7\times 1{,}5^2=39{,}7\times 2{,}25\approx 89{,}3 cm². C'est l'erreur la plus coûteuse du chapitre : multiplier l'aire par 1,51{,}5 au lieu de 2,252{,}25 donnerait 59,659{,}6 cm², une réponse fausse de 3333 %. La raison géométrique est simple, une aire est un produit de deux longueurs, et chacune est multipliée par kk.

Exercice 4 : Droites parallèles et triangles semblables

Dans le triangle ABCABC, le point DD appartient au segment ABAB et le point EE au segment ACAC, avec (DE)(DE) PARALLÈLE à (BC)(BC).

On donne AD=6AD=6, DB=4DB=4, AE=9AE=9 et BC=15BC=15.

ABCDE649?BC = 15
  • a) Démontrez que les triangles ADEADE et ABCABC sont semblables.
  • b) Calculez le rapport de similitude, puis ECEC.
  • c) Calculez DEDE.
  • d) Calculez le rapport entre l'aire du triangle ADEADE et l'aire du trapèze DBCEDBCE.
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a) Les deux triangles partagent l'angle A^\widehat{A}. De plus, comme (DE)(DE) est parallèle à (BC)(BC) et que (AB)(AB) est une sécante, les angles ADE^\widehat{ADE} et ABC^\widehat{ABC} sont des angles CORRESPONDANTS, donc égaux. Les triangles ADEADE et ABCABC ont ainsi deux angles respectivement égaux : par le cas AA, ADEABCADE\sim ABC. On aurait pu utiliser aussi la paire AED^=ACB^\widehat{AED}=\widehat{ACB} avec la sécante (AC)(AC), mais deux angles suffisent.

b) Le côté ADAD est homologue de ABAB. Or AB=AD+DB=6+4=10AB=AD+DB=6+4=10. Donc k=ADAB=610=0,6k=\dfrac{AD}{AB}=\dfrac{6}{10}=0{,}6. Comme AEAE est homologue de ACAC, on a AEAC=0,6\dfrac{AE}{AC}=0{,}6, donc AC=90,6=15AC=\dfrac{9}{0{,}6}=15, et par conséquent EC=ACAE=159=6EC=AC-AE=15-9=6. Contrôle par la proportion directe de Thalès : ADDB=64=1,5\dfrac{AD}{DB}=\dfrac{6}{4}=1{,}5 doit valoir AEEC=96=1,5\dfrac{AE}{EC}=\dfrac{9}{6}=1{,}5 ✓.

c) DEDE est homologue de BCBC, donc DE=k×BC=0,6×15=9DE=k\times BC=0{,}6\times 15=9. Attention : contrairement à ECEC, la longueur DEDE ne se déduit PAS d'une proportion sur le côté ABAB, il faut passer par le côté homologue BCBC. Beaucoup d'élèves écrivent ici DEBC=ADDB\dfrac{DE}{BC}=\dfrac{AD}{DB}, ce qui est faux, car DBDB n'est pas un côté du triangle ABCABC pris en entier.

d) L'aire de ADEADE vaut k2=0,62=0,36k^2=0{,}6^2=0{,}36 fois celle de ABCABC. Le trapèze DBCEDBCE est exactement ce qui reste du grand triangle une fois le petit retiré, donc son aire vaut 10,36=0,641-0{,}36=0{,}64 fois celle de ABCABC. Le rapport cherché est donc 0,360,64=3664=916=0,5625\dfrac{0{,}36}{0{,}64}=\dfrac{36}{64}=\dfrac{9}{16}=0{,}5625. Autrement dit, le petit triangle occupe un peu plus du tiers de la figure totale, 3636 %, alors que sa base ne mesure que 6060 % de la grande : c'est encore l'effet du carré, et c'est très contre-intuitif pour les élèves qui répondent 64\dfrac{6}{4} par réflexe.

Exercice 5 : Rapport de similitude, périmètres et aires

Deux triangles sont semblables dans le rapport k=32k=\dfrac{3}{2}, le second étant l'agrandissement du premier.

Le petit triangle a un périmètre de 2424 cm et une aire de 3030 cm².

  • a) Calculez le périmètre et l'aire du grand triangle.
  • b) Une hauteur du petit triangle mesure 55 cm. Combien mesure la hauteur homologue du grand ?
  • c) Deux triangles semblables ont des aires de 1818 cm² et 7272 cm². Déterminez leur rapport de similitude, puis le rapport de leurs périmètres.
  • d) Un élève affirme : « si on double toutes les longueurs d'un triangle, on double son aire ». Réfutez cette affirmation avec un contre-exemple chiffré.
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a) Le périmètre est une longueur, il se multiplie donc par kk : 24×32=3624\times\dfrac{3}{2}=36 cm. L'aire se multiplie par k2=94=2,25k^2=\dfrac{9}{4}=2{,}25 : 30×2,25=67,530\times 2{,}25=67{,}5 cm². Retenir le principe plutôt que les formules : tout ce qui se mesure en centimètres est multiplié par kk, tout ce qui se mesure en centimètres carrés par k2k^2.

b) Une hauteur est une longueur, donc elle suit le rapport kk comme les côtés : 5×32=7,55\times\dfrac{3}{2}=7{,}5 cm. Contrôle de cohérence avec a) : si l'on note bb la base homologue du petit triangle, l'aire du grand vaut (kb)(kh)2=k2bh2\dfrac{(kb)(kh)}{2}=k^2\dfrac{bh}{2}, ce qui redonne bien 2,252{,}25 fois l'aire du petit ✓.

c) Le rapport des aires vaut 7218=4\dfrac{72}{18}=4. Or ce rapport vaut k2k^2, donc k2=4k^2=4 et k=2k=2, puisque le rapport de similitude est positif. Le rapport des périmètres vaut kk, donc 22. C'est le raisonnement inverse du a), et il demande une racine carrée : passer de l'aire au rapport de similitude, c'est TOUJOURS extraire une racine.

d) L'affirmation est fausse. Contre-exemple : prenons un carré de côté 33 cm, d'aire 99 cm². En doublant toutes les longueurs, on obtient un carré de côté 66 cm, d'aire 3636 cm². L'aire n'a pas doublé, elle a QUADRUPLÉ, car 36=4×936=4\times 9. C'est cohérent avec la règle générale, k=2k=2 donne k2=4k^2=4. Avec un triangle rectangle de cathètes 33 et 44, même conclusion : l'aire passe de 3×42=6\dfrac{3\times 4}{2}=6 à 6×82=24\dfrac{6\times 8}{2}=24, soit quatre fois plus. Pour réellement DOUBLER une aire, il faudrait multiplier les longueurs par 21,41\sqrt{2}\approx 1{,}41, et non par 22.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Démonstration dans le parallélogramme

ABCDABCD est un parallélogramme et OO est le point d'intersection de ses diagonales, comme sur la figure.

Chaque réponse doit nommer le cas d'isométrie utilisé et justifier chacune de ses trois conditions.

ABCDO
  • a) Démontrez que les triangles ABCABC et CDACDA sont isométriques.
  • b) Déduisez-en que les angles opposés B^\widehat{B} et D^\widehat{D} sont égaux.
  • c) Démontrez que les triangles AOBAOB et CODCOD sont isométriques.
  • d) Déduisez-en que les diagonales d'un parallélogramme se coupent en leur milieu.
Voir la correction

a) Trois conditions à vérifier, une par côté. Premièrement, AB=CDAB=CD : dans un parallélogramme, les côtés opposés sont de même longueur. Deuxièmement, BC=DABC=DA : même propriété pour l'autre paire de côtés opposés. Troisièmement, AC=CAAC=CA : c'est le même segment, la diagonale commune aux deux triangles. Les trois côtés de ABCABC sont donc respectivement égaux aux trois côtés de CDACDA : par le cas CCC, ABCCDAABC\cong CDA. Attention à l'ordre des lettres, qui doit refléter la correspondance ACA\leftrightarrow C, BDB\leftrightarrow D, CAC\leftrightarrow A.

b) Dans deux triangles isométriques, les éléments homologues sont égaux. D'après la correspondance établie en a), l'angle B^\widehat{B} du triangle ABCABC est homologue de l'angle D^\widehat{D} du triangle CDACDA, puisque BB correspond à DD. Donc B^=D^\widehat{B}=\widehat{D}. On vient ainsi de démontrer, et non d'admettre, que les angles opposés d'un parallélogramme sont égaux.

c) On utilise cette fois le cas ACA. Premier angle : OAB^=OCD^\widehat{OAB}=\widehat{OCD}, car (AB)(AB) et (CD)(CD) sont parallèles et (AC)(AC) est une sécante, ce qui en fait des angles alternes-internes. Côté : AB=CDAB=CD, côtés opposés du parallélogramme. Second angle : OBA^=ODC^\widehat{OBA}=\widehat{ODC}, alternes-internes cette fois avec la sécante (BD)(BD). Le côté ABAB est bien COMPRIS entre les deux angles OAB^\widehat{OAB} et OBA^\widehat{OBA}, et CDCD entre OCD^\widehat{OCD} et ODC^\widehat{ODC}. Par le cas ACA, AOBCODAOB\cong COD.

d) De l'isométrie établie en c) découle l'égalité des côtés homologues. Le côté AOAO du triangle AOBAOB est homologue du côté COCO du triangle CODCOD, donc AO=COAO=CO : le point OO est le milieu de la diagonale [AC][AC]. De même, BOBO est homologue de DODO, donc BO=DOBO=DO et OO est le milieu de [BD][BD]. Le point d'intersection est donc le milieu des DEUX diagonales, ce qu'il fallait démontrer. Remarque de méthode utile en examen : cette propriété se démontre en trois lignes une fois l'isométrie posée, alors qu'elle paraît difficile si on l'attaque directement. Chercher d'abord la bonne paire de triangles est presque toujours la clé.

Exercice 7 : Démonstration : la droite des milieux

Dans le triangle ABCABC, MM est le milieu du côté [AB][AB] et NN le milieu du côté [AC][AC].

On veut démontrer, sans rien admettre, que (MN)(MN) est parallèle à (BC)(BC) et que MNMN vaut la moitié de BCBC.

ABCMN
  • a) Démontrez que les triangles AMNAMN et ABCABC sont semblables. Nommez le cas utilisé.
  • b) Déduisez-en que (MN)(MN) est parallèle à (BC)(BC).
  • c) Déduisez-en que MN=BC2MN=\dfrac{BC}{2}.
  • d) Calculez le rapport entre l'aire du triangle AMNAMN et l'aire du quadrilatère MBCNMBCN.
Voir la correction

a) On utilise le cas CAC, version similitude. Premier côté : MM étant le milieu de [AB][AB], on a AM=AB2AM=\dfrac{AB}{2}, donc AMAB=12\dfrac{AM}{AB}=\dfrac{1}{2}. Second côté : NN étant le milieu de [AC][AC], on a de même ANAC=12\dfrac{AN}{AC}=\dfrac{1}{2}. Les deux rapports sont égaux. Angle : A^\widehat{A} est commun aux deux triangles, et il est bien COMPRIS entre [AM][AM] et [AN][AN] dans le petit, entre [AB][AB] et [AC][AC] dans le grand. Par le cas CAC, AMNABCAMN\sim ABC avec un rapport de similitude k=12k=\dfrac{1}{2}.

b) De la similitude découle l'égalité des angles homologues, en particulier AMN^=ABC^\widehat{AMN}=\widehat{ABC}. Or ces deux angles sont formés par la sécante (AB)(AB) avec respectivement (MN)(MN) et (BC)(BC), et ils occupent la même position : ce sont des angles CORRESPONDANTS. Deux droites coupées par une sécante en formant des angles correspondants égaux sont parallèles, donc (MN)(MN) est parallèle à (BC)(BC). C'est ici la réciproque de la propriété des angles correspondants que l'on utilise, et il faut le dire explicitement en examen.

c) Le côté MNMN est homologue de BCBC, donc MN=k×BC=12BCMN=k\times BC=\dfrac{1}{2}BC, c'est-à-dire MN=BC2MN=\dfrac{BC}{2}. Contrôle numérique sur la figure, où B=(0;0)B=(0;0) et C=(14;0)C=(14;0) donnent BC=14BC=14, tandis que M=(2,5;5)M=(2{,}5;5) et N=(9,5;5)N=(9{,}5;5) donnent MN=9,52,5=7MN=9{,}5-2{,}5=7, et 77 est bien la moitié de 1414 ✓.

d) L'aire de AMNAMN vaut k2=(12)2=14k^2=\left(\dfrac{1}{2}\right)^2=\dfrac{1}{4} de celle de ABCABC. Le quadrilatère MBCNMBCN est le reste, donc son aire vaut 114=341-\dfrac{1}{4}=\dfrac{3}{4} de celle de ABCABC. Le rapport cherché est 1/43/4=13\dfrac{1/4}{3/4}=\dfrac{1}{3}. Autrement dit, en joignant les milieux de deux côtés, on découpe un petit triangle qui ne fait que le TIERS du trapèze restant, alors que ses côtés en font la moitié. C'est le résultat le plus contre-intuitif du chapitre, et celui qui revient le plus souvent dans les questions à développement de l'épreuve.

Exercice 8 : Problème : la hauteur d'un arbre

Un élève veut mesurer la hauteur d'un arbre. Il plante un bâton de 1,51{,}5 m de haut, qui projette une ombre de 2,42{,}4 m. Au même moment, l'ombre de l'arbre mesure 1818 m.

La figure montre les deux triangles formés. Les rayons du soleil sont considérés comme parallèles.

1,5 m2,4 mh = ?18 mrayons du soleil
  • a) Justifiez que les deux triangles de la figure sont semblables.
  • b) Calculez la hauteur de l'arbre.
  • c) L'élève veut vérifier par la méthode du miroir : il pose un miroir au sol entre lui et l'arbre, recule jusqu'à voir le sommet de l'arbre dans le miroir. Ses yeux sont à 1,71{,}7 m du sol et il se tient à 1,21{,}2 m du miroir. À quelle distance de l'arbre le miroir doit-il se trouver pour que le résultat concorde ?
  • d) L'élève mesure en réalité l'ombre du bâton une demi-heure plus tard, et trouve 2,82{,}8 m. Quelle hauteur d'arbre obtiendrait-il en combinant cette mesure avec l'ombre de 1818 m ? Quelle est l'erreur relative commise ?
Voir la correction

a) Les deux triangles sont rectangles : le bâton et l'arbre sont verticaux, les ombres horizontales, donc chacun a un angle droit à sa base. Par ailleurs, les rayons du soleil sont parallèles entre eux, et le sol est une sécante commune : les angles d'élévation du soleil dans les deux triangles sont donc des angles CORRESPONDANTS, donc égaux. Deux angles respectivement égaux suffisent : par le cas AA, les triangles sont semblables.

b) La similitude donne l'égalité des rapports entre côtés homologues : h18=1,52,4\dfrac{h}{18}=\dfrac{1{,}5}{2{,}4}. On calcule 1,52,4=0,625\dfrac{1{,}5}{2{,}4}=0{,}625, donc h=18×0,625=11,25h=18\times 0{,}625=11{,}25 m. L'arbre mesure 11,2511{,}25 mètres. Contrôle de vraisemblance : l'ombre de l'arbre est 182,4=7,5\dfrac{18}{2{,}4}=7{,}5 fois celle du bâton, donc l'arbre doit être 7,57{,}5 fois plus haut que le bâton, soit 7,5×1,5=11,257{,}5\times 1{,}5=11{,}25 m ✓, ce qui confirme par une autre route.

c) La méthode du miroir repose sur le fait que l'angle d'incidence égale l'angle de réflexion, ce qui crée deux triangles rectangles semblables : celui de l'observateur et celui de l'arbre. La proportion s'écrit hd=1,71,2\dfrac{h}{d}=\dfrac{1{,}7}{1{,}2}, où dd est la distance du miroir à l'arbre. Avec h=11,25h=11{,}25 : d=11,25×1,21,7=13,51,77,94d=\dfrac{11{,}25\times 1{,}2}{1{,}7}=\dfrac{13{,}5}{1{,}7}\approx 7{,}94 m. Le miroir doit donc être placé à environ 7,947{,}94 m du pied de l'arbre. Si l'élève trouve une distance très différente en pratique, c'est que l'une des deux mesures est fausse.

d) Avec l'ombre de bâton de 2,82{,}8 m : h=18×1,52,8=272,89,64h=18\times\dfrac{1{,}5}{2{,}8}=\dfrac{27}{2{,}8}\approx 9{,}64 m. L'erreur absolue vaut 11,259,64=1,6111{,}25-9{,}64=1{,}61 m et l'erreur relative 1,6111,250,143\dfrac{1{,}61}{11{,}25}\approx 0{,}143, soit environ 1414 %. C'est considérable pour une demi-heure d'écart. La raison est physique : le soleil descend, donc les ombres s'allongent, et combiner une ombre de bâton tardive avec une ombre d'arbre antérieure revient à mélanger deux angles solaires différents. C'est exactement pourquoi l'énoncé insiste sur « au même moment » : la similitude ne tient que si l'angle d'élévation est bien le même dans les deux triangles.

Exercice 9 : Problème : la maquette à l'échelle

Un architecte construit la maquette d'un immeuble à l'échelle 1:1501:150. Cela signifie que 11 cm sur la maquette représente 150150 cm dans la réalité.

Attention aux unités : c'est là que se perdent la plupart des points dans ce type de problème.

  • a) L'immeuble réel mesure 4545 m de haut. Quelle est la hauteur de la maquette, en centimètres ?
  • b) Une fenêtre de la maquette mesure 1,21{,}2 cm sur 0,80{,}8 cm. Quelles sont ses dimensions réelles, en mètres ?
  • c) Une façade de la maquette a une aire de 600600 cm². Quelle est l'aire réelle de cette façade, en mètres carrés ?
  • d) Le volume intérieur de la maquette est de 20002000 cm³. Quel est le volume réel de l'immeuble, en mètres cubes ?
Voir la correction

a) On convertit d'abord en une seule unité : 4545 m =4500=4500 cm. La maquette est une réduction de rapport 1150\dfrac{1}{150}, donc sa hauteur vaut 4500150=30\dfrac{4500}{150}=30 cm. La maquette mesure 3030 centimètres de haut, ce qui est une taille plausible pour une maquette d'immeuble posée sur une table.

b) Ici on va dans l'autre sens, de la maquette vers le réel, donc on MULTIPLIE par 150150. Longueur : 1,2×150=1801{,}2\times 150=180 cm =1,8=1{,}8 m. Largeur : 0,8×150=1200{,}8\times 150=120 cm =1,2=1{,}2 m. La fenêtre réelle mesure donc 1,81{,}8 m sur 1,21{,}2 m, dimensions tout à fait réalistes.

c) Le rapport des aires est le CARRÉ du rapport des longueurs : 1502=22500150^2=22\,500. L'aire réelle vaut donc 600×22500=13500000600\times 22\,500=13\,500\,000 cm². Il reste à convertir : comme 11=10000=10\,000 cm², on divise, 1350000010000=1350\dfrac{13\,500\,000}{10\,000}=1350 m². La façade réelle mesure 13501350 m². L'erreur classique consiste à multiplier par 150150 seulement, ce qui donnerait 99 m², une valeur absurde pour la façade d'un immeuble de 4545 m de haut, et cette absurdité est justement le signal qu'il faut apprendre à repérer.

d) Le rapport des volumes est le CUBE du rapport des longueurs : 1503=3375000150^3=3\,375\,000. Le volume réel vaut donc 2000×3375000=67500000002000\times 3\,375\,000=6\,750\,000\,000 cm³. Conversion : 11=1000000=1\,000\,000 cm³, donc le volume réel est 67500000001000000=6750\dfrac{6\,750\,000\,000}{1\,000\,000}=6750 m³. Contrôle de vraisemblance : un immeuble de 4545 m de haut sur une base d'environ 1212 m sur 1212 m ferait 45×144=648045\times 144=6480 m³, du même ordre de grandeur ✓. Récapitulatif du chapitre en une ligne : longueurs par kk, aires par k2k^2, volumes par k3k^3.

Exercice 10 : Synthèse : la configuration en papillon

Sur la figure, les segments [AD][AD] et [BC][BC] se coupent en OO, et (AB)(AB) est PARALLÈLE à (CD)(CD).

On donne OA=6OA=6, OB=8OB=8, AB=7AB=7 et OD=9OD=9.

ABOCD6879?
  • a) Démontrez que les triangles OABOAB et ODCODC sont semblables, en précisant la correspondance des sommets.
  • b) Calculez le rapport de similitude, puis OCOC et CDCD.
  • c) Calculez le rapport des aires des deux triangles.
  • d) On remplace la donnée OD=9OD=9 par OD=6OD=6. Que deviennent les deux triangles ? Justifiez par un cas nommé.
Voir la correction

a) Deux paires d'angles égaux suffisent. Premièrement, AOB^=DOC^\widehat{AOB}=\widehat{DOC} : ce sont des angles OPPOSÉS PAR LE SOMMET, formés par les deux droites sécantes (AD)(AD) et (BC)(BC). Deuxièmement, OAB^=ODC^\widehat{OAB}=\widehat{ODC} : comme (AB)(AB) est parallèle à (CD)(CD) et que (AD)(AD) est une sécante, ce sont des angles ALTERNES-INTERNES. Par le cas AA, les triangles sont semblables. La correspondance est OOO\leftrightarrow O, ADA\leftrightarrow D, BCB\leftrightarrow C, donc on écrit OABODCOAB\sim ODC. Cette correspondance n'est pas arbitraire : elle est imposée par le fait que AA et DD sont sur la même droite (AD)(AD), de part et d'autre de OO.

b) Les côtés OAOA et ODOD sont homologues, donc k=ODOA=96=1,5k=\dfrac{OD}{OA}=\dfrac{9}{6}=1{,}5. Le côté OCOC est homologue de OBOB, donc OC=8×1,5=12OC=8\times 1{,}5=12. Le côté CDCD est homologue de ABAB, donc CD=7×1,5=10,5CD=7\times 1{,}5=10{,}5. Le piège ici est d'apparier OCOC avec OAOA : c'est la correspondance BCB\leftrightarrow C établie en a) qui impose de partir de OBOB.

c) Le rapport des aires vaut k2=1,52=2,25k^2=1{,}5^2=2{,}25. L'aire de ODCODC est donc 2,252{,}25 fois celle de OABOAB. On peut le vérifier autrement : les deux triangles ont des bases AB=7AB=7 et CD=10,5CD=10{,}5, et leurs hauteurs issues de OO sont dans le même rapport 1,51{,}5 puisque toute la figure est agrandie. Le rapport des aires vaut donc 10,5×1,5h7×h=1,5×1,5=2,25\dfrac{10{,}5\times 1{,}5h}{7\times h}=1{,}5\times 1{,}5=2{,}25 ✓.

d) Si OD=6OD=6, alors k=66=1k=\dfrac{6}{6}=1 : le rapport de similitude vaut 11, donc les deux triangles ne sont plus seulement semblables, ils sont ISOMÉTRIQUES. On peut le justifier directement par un cas nommé, sans passer par le rapport. Dans les triangles OABOAB et ODCODC : OAB^=ODC^\widehat{OAB}=\widehat{ODC} (alternes-internes), OA=OD=6OA=OD=6 (donnée), et AOB^=DOC^\widehat{AOB}=\widehat{DOC} (opposés par le sommet). Le côté OAOA est compris entre ces deux angles, et ODOD également : par le cas ACA, OABODCOAB\cong ODC. Conséquence géométrique : on aurait alors OB=OCOB=OC et AB=CDAB=CD, autrement dit ABDCABDC serait un parallélogramme, puisque ses diagonales se couperaient en leur milieu, ce qui rejoint exactement la propriété démontrée à l'exercice 6.

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