Mathématiques SN, secondaire 5 • Exercices corrigés à Montréal

Fiche de révision : résoudre f(x) = k, f(x) < k et f(x) = g(x) (math SN5)

Cette fiche ne refait pas le cours sur les familles de fonctions : vous l'avez déjà dans vos notes. Elle traite ce que le cours ne dit jamais et qui décide pourtant de la note : l'erreur exacte qui coûte deux points sur une copie, la vérification obligatoire propre à chaque famille, et la rédaction que le correcteur de math SN5 attend mot pour mot.

Elle est écrite pour les élèves de secondaire 5 du programme québécois à Montréal, et pour les élèves du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois. Une fois la fiche lue, la série d'exercices corrigés du même chapitre met chaque réflexe à l'épreuve.

Le fil du chapitre

Une équation demande des NOMBRES, une inéquation demande un ENSEMBLE : c'est la distinction que le barème sanctionne le plus, et elle décide de la forme de la réponse avant même le premier calcul. Le second obstacle est transversal à toutes les familles : chaque type de fonction impose sa propre vérification finale, domaine pour le logarithme, solutions étrangères pour la racine, sens renversé pour une base inférieure à un, et sauter cette étape rend fausse une résolution par ailleurs juste.

Ce chapitre fait partie de Mathématique SN5 : Sciences naturelles, secondaire 5

L'essentiel

Ce que la lecture graphique dit exactement

  • Résoudre f(x)=kf(x)=k : tracer la droite horizontale y=ky=k et lire les ABSCISSES des points d'intersection.
  • Résoudre f(x)<kf(x)<k : lire les abscisses pour lesquelles la courbe est SOUS la droite. La réponse est un ensemble.
  • Résoudre f(x)=g(x)f(x)=g(x) : lire les abscisses des points d'intersection des DEUX courbes.
  • Résoudre f(x)>g(x)f(x)>g(x) : lire les abscisses où la courbe de ff est AU-DESSUS de celle de gg.
  • Dans tous les cas, on lit des abscisses, jamais des ordonnées : l'inconnue est xx.
1234562468101214fg(2 ; 5)(4 ; 9)x = 2x = 4
Les deux courbes se coupent en (2;5)(2\,;5) et (4;9)(4\,;9) : les solutions de f(x)=g(x)f(x)=g(x) sont les ABSCISSES 22 et 44, lues sur l'axe horizontal, jamais les ordonnées 55 et 99.

L'erreur de lecture la plus fréquente est de rendre l'ordonnée du point d'intersection. Le réflexe qui l'évite : après avoir repéré le point, descendre le doigt jusqu'à l'axe horizontal avant de lire.

Équation ou inéquation : la forme de la réponse

  • Une ÉQUATION a des solutions ponctuelles : la réponse s'écrit S={2;5}S=\{2;5\}, avec des accolades.
  • Une INÉQUATION a un ensemble de solutions : la réponse s'écrit avec des intervalles, S=];2[]5;+[S=\,]-\infty;2[\,\cup\,]5;+\infty[.
  • Un symbole strict donne des crochets ouverts; un symbole large donne des crochets fermés, sauf aux valeurs interdites.
  • Le symbole << donne le plus souvent UN intervalle; le symbole >> donne souvent une RÉUNION de deux.
  • Les zéros de l'expression sont les FRONTIÈRES de l'ensemble, jamais la réponse elle-même.

Rendre les racines seules à une inéquation vaut environ le tiers des points : elles marquent où le signe change, mais elles ne disent pas quel est ce signe, ce qui est toute la question.

La vérification propre à chaque famille

  • VALEUR ABSOLUE : deux cas à ouvrir, et vérification obligatoire si l'inconnue est des deux côtés.
  • RACINE CARRÉE : condition d'existence d'abord, puis vérification après élévation au carré, qui crée des solutions étrangères.
  • LOGARITHME : domaine posé AVANT la résolution, puis confrontation de chaque solution à ce domaine.
  • EXPONENTIELLE : vérifier le signe du membre isolé; s'il est négatif ou nul, il n'y a pas de solution.
  • RATIONNELLE : valeur interdite exclue de l'ensemble solution, et jamais de multiplication par le dénominateur dans une inéquation.

Chacune de ces vérifications est explicitement notée au barème, et chacune prend moins de trente secondes. Ce sont les points les plus rentables du chapitre.

Les renversements de sens à surveiller

  • Multiplier ou diviser une inéquation par un nombre NÉGATIF renverse le sens.
  • Une exponentielle ou un logarithme de base comprise entre 00 et 11 est DÉCROISSANT : le sens s'inverse aussi.
  • Deux renversements se COMPENSENT : un coefficient négatif et une base inférieure à 11 laissent le sens inchangé.
  • Passer d'une inéquation sur les logarithmes à une inéquation sur les arguments n'est licite que si la base est supérieure à 11.
  • En cas de doute, tester une valeur numérique dans l'inéquation de DÉPART : elle tranche définitivement.

Le test d'une valeur bien choisie est la vérification la plus fiable et la plus rapide de tout le chapitre : cinq secondes, et le sens de l'intervalle est confirmé ou infirmé sans discussion.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Rendre des nombres à une inéquation

2 points sur 3 : il ne reste que celui des racines

Ce qu'il ne faut pas écrire

« x2x6>0x^{2}-x-6>0 : les solutions sont 2-2 et 33. »

Ce qu'il faut écrire

« Les zéros sont 2-2 et 33, et a=1>0a=1>0 : le trinôme est positif à l'extérieur des racines, donc S=];2[]3;+[S=\,]-\infty;-2[\,\cup\,]3;+\infty[. »

-4-3-2-112345-8-6-4-22468x < -2x > 3f(x) < 0
Les racines 2-2 et 33 ne sont pas la réponse, elles en sont la FRONTIÈRE : la parabole passe au-dessus de l'axe à l'extérieur des racines, donc SS est une réunion de deux intervalles.

Pourquoi : Une équation a des solutions ponctuelles, une inéquation un ENSEMBLE. Les racines ne sont que les frontières de cet ensemble : elles disent où le signe change, jamais quel est ce signe, ce qui est précisément la question posée.

2. Garder une solution étrangère après élévation au carré

1 point sur 3, et une valeur qui ne vérifie pas l'énoncé

Ce qu'il ne faut pas écrire

« x+6=x\sqrt{x+6}=x donne x2x6=0x^{2}-x-6=0, donc x=3x=3 ou x=2x=-2 : deux solutions. »

Ce qu'il faut écrire

« Pour x=2x=-2, le membre de gauche vaut 4=2\sqrt{4}=2 et celui de droite 2-2 : la solution est étrangère et se rejette. Donc S={3}S=\{3\}. »

Pourquoi : Élever au carré n'est pas une équivalence : u2=v2u^{2}=v^{2} est aussi vraie quand u=vu=-v. L'opération crée donc des solutions, et seule la substitution dans l'équation ORIGINALE les élimine.

3. Poser le domaine du logarithme après la résolution

1 point de méthode, et le risque d'oublier la vérification entièrement

Ce qu'il ne faut pas écrire

« log(x)+log(x3)=1\log(x)+\log(x-3)=1 donne x=5x=5 ou x=2x=-2, je vérifie ensuite que les logarithmes existent. »

Ce qu'il faut écrire

« Le domaine se pose D'ABORD : x>0x>0 et x3>0x-3>0, donc x>3x>3. Seule x=5x=5 y appartient : S={5}S=\{5\}. »

Pourquoi : Regrouper deux logarithmes en un seul AGRANDIT le domaine, car un produit de deux négatifs est positif : la solution étrangère naît exactement là. Poser le domaine avant garantit qu'on dispose du bon critère au moment de conclure.

4. Conserver le sens avec une base inférieure à 1

toute la question, l'ensemble est le complémentaire du bon

Ce qu'il ne faut pas écrire

« (12)x<18\left(\frac{1}{2}\right)^{x}<\frac{1}{8} donne x<3x<3. »

Ce qu'il faut écrire

« La base est comprise entre 00 et 11, donc la fonction est DÉCROISSANTE et le sens s'inverse : x>3x>3. »

Pourquoi : Comparer deux puissances revient à comparer les exposants, mais l'ordre n'est conservé que si la fonction croît. Le test qui tranche : x=4x=4 donne 116<18\frac{1}{16}<\frac{1}{8}, donc 44 est bien solution, ce que la version fautive refuse.

5. Lire les ordonnées au lieu des abscisses

toute la question, alors que la lecture graphique était juste

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Les courbes se coupent aux points (2;5)(2;5) et (4;9)(4;9), donc les solutions de f(x)=g(x)f(x)=g(x) sont 55 et 99. »

Ce qu'il faut écrire

« On lit les ABSCISSES : S={2;4}S=\{2;4\}. Les ordonnées 55 et 99 sont les valeurs communes des deux fonctions, pas les solutions. »

Pourquoi : L'inconnue est xx : résoudre, c'est trouver les valeurs de xx, donc les abscisses. Le réflexe qui l'évite est de descendre du point d'intersection jusqu'à l'axe horizontal avant de noter le nombre.

6. Résoudre une inéquation avec valeur absolue avec la mauvaise forme

toute la question, l'ensemble est exactement le complémentaire du bon

Ce qu'il ne faut pas écrire

« x2>3|x-2|>3 donne 3<x2<3-3<x-2<3, donc 1<x<5-1<x<5. »

Ce qu'il faut écrire

« Le symbole est « supérieur », donc ce sont DEUX demi-droites : x<1x<-1 ou x>5x>5, soit S=];1[]5;+[S=\,]-\infty;-1[\,\cup\,]5;+\infty[. »

-3-2-11234567-3-2-1123456y = 3x < -1exclux > 5
La droite y=3y=3 coupe le V en x=1x=-1 et x=5x=5. Le V est AU-DESSUS à l'extérieur : x2>3|x-2|>3 donne deux demi-droites, et c'est x2<3|x-2|<3 qui donnerait l'intervalle du milieu.

Pourquoi : Une distance PLUS GRANDE que 33 éloigne du centre, donc on sort de l'intervalle. Le contrôle est immédiat : x=10x=10 donne 8=8>3|8|=8>3, donc 1010 doit être solution, ce que le premier ensemble refuse.

7. Oublier la condition d'existence dans une inéquation avec radical

2 points sur 3 : la moitié de l'intervalle sort du domaine

Ce qu'il ne faut pas écrire

« x1<3\sqrt{x-1}<3 donne x1<9x-1<9, donc S=];10[S=\,]-\infty;10[. »

Ce qu'il faut écrire

« Le domaine impose x10x-1\ge 0, donc x1x\ge 1. En intersectant : S=[1;10[S=[1;10[. »

Pourquoi : Élever au carré ne conserve pas l'information d'existence : l'inéquation obtenue est vraie pour des valeurs où la racine n'est même pas définie. La solution est toujours l'INTERSECTION du domaine et de la condition trouvée.

8. Multiplier une inéquation rationnelle par son dénominateur

toute la question, et l'intervalle rendu contient la valeur interdite

Ce qu'il ne faut pas écrire

« x+2x3>0\frac{x+2}{x-3}>0 : je multiplie par x3x-3, donc x+2>0x+2>0 et x>2x>-2. »

Ce qu'il faut écrire

« Le signe de x3x-3 est inconnu, donc le sens de l'inégalité aussi. Tableau de signe avec les valeurs charnières 2-2 et 33 : S=];2[]3;+[S=\,]-\infty;-2[\,\cup\,]3;+\infty[. »

-4-3-2-112345678-6-4-2246x = 3f > 0f > 0f < 0
Le quotient change de signe DEUX fois : en x=2x=-2 où le numérateur s'annule, et en x=3x=3 où le dénominateur saute. La valeur interdite 33 est une frontière, jamais une solution.

Pourquoi : Multiplier par un nombre négatif renverse l'inégalité, or on ignore le signe de x3x-3 tant que xx est inconnu. Le tableau de signe examine chaque zone séparément, ce qui contourne entièrement le problème.

Quelle méthode choisir

Quelle vérification, selon la famille de la fonction

Chaque famille impose une vérification obligatoire, notée au barème. Identifiez la famille présente dans l'équation, et appliquez la sienne avant de conclure.

  • Si l'équation contient une VALEUR ABSOLUE ouvrir deux cas, et vérifier chaque solution SI l'inconnue apparaît aussi de l'autre côté

    Exemple : x1=2x4|x-1|=2x-4 donne x=3x=3 et x=53x=\frac{5}{3}, dont seule 33 survit

    Si le membre de droite est un nombre négatif, il n'y a aucune solution et on l'écrit sans calculer.

  • Si l'équation contient une RACINE CARRÉE poser la condition d'existence, isoler, élever au carré, puis VÉRIFIER chaque solution

    Exemple : x+6=x\sqrt{x+6}=x donne x=3x=3 et x=2x=-2, dont seule 33 vérifie l'énoncé

    Élever au carré crée des solutions : la vérification n'est pas optionnelle.

  • Si l'équation contient un LOGARITHME poser le domaine AVANT tout, résoudre, puis confronter chaque solution au domaine

    Exemple : log(x)+log(x3)=1\log(x)+\log(x-3)=1 exige x>3x>3, ce qui rejette x=2x=-2

  • Si l'équation contient une EXPONENTIELLE isoler l'exponentielle et regarder le SIGNE du membre restant : négatif ou nul, pas de solution

    Exemple : 23x+5=02\cdot 3^{x}+5=0 donne 3x=2,53^{x}=-2{,}5, donc S=S=\varnothing

  • Si l'équation contient une FRACTION avec l'inconnue au dénominateur relever les valeurs interdites, résoudre, puis les exclure de l'ensemble solution

    Exemple : une solution égale à la valeur interdite se rejette, même si elle vérifie l'équation simplifiée

  • Si l'équation est POLYNOMIALE sans radical ni logarithme aucune vérification n'est obligatoire, mais réinjecter reste rentable

    Exemple : x2x6=0x^{2}-x-6=0 donne 2-2 et 33, tous deux valides sans condition

Quand plusieurs familles se combinent, toutes les vérifications s'appliquent : une racine dans un logarithme exige à la fois la condition du radicande, celle de l'argument, et la vérification finale.

Quelle forme de réponse, selon le symbole

Le symbole de l'énoncé décide de la forme de la réponse avant tout calcul. Une réponse dont la forme ne correspond pas au symbole est fausse, même si les nombres sont bons.

f(x) < 0f(x) > 0-23-23un intervalledeux intervalles
Les mêmes deux nombres 2-2 et 33, deux ensembles solutions opposés : le symbole de l'énoncé choisit entre l'intervalle du milieu et la réunion des deux côtés, avant tout calcul.
  • Si le symbole est == réponse en NOMBRES, entre accolades : S={2;5}S=\{2;5\}

    Exemple : f(x)=kf(x)=k donne les abscisses des points d'intersection avec la droite y=ky=k

  • Si le symbole est << ou \le pour une fonction en U, comme un trinôme à a>0a>0 UN intervalle, entre les racines

    Exemple : x2x6<0x^{2}-x-6<0 donne S=]2;3[S=\,]-2;3[

  • Si le symbole est >> ou \ge pour la même fonction une RÉUNION de deux intervalles, à l'extérieur des racines

    Exemple : x2x6>0x^{2}-x-6>0 donne S=];2[]3;+[S=\,]-\infty;-2[\,\cup\,]3;+\infty[

  • Si la fonction est MONOTONE, comme une exponentielle ou une racine un seul intervalle, borné d'un côté par la solution de l'équation, de l'autre par le domaine

    Exemple : x1<3\sqrt{x-1}<3 donne S=[1;10[S=[1;10[

    Le côté du domaine impose souvent une borne fermée, même avec un symbole strict.

  • Si il s'agit de comparer DEUX courbes, f(x)>g(x)f(x)>g(x) étudier le signe de fgf-g : l'ensemble est là où cette différence est positive

    Exemple : les points d'intersection sont les frontières, et un test entre eux donne le signe

  • Si la fonction est PÉRIODIQUE un intervalle par période, réunis par un terme en +2kπ+2k\pi ou +kπ+k\pi

    Exemple : sinx>12\sin x>\frac{1}{2} donne ]π6+2kπ; 5π6+2kπ[\left]\frac{\pi}{6}+2k\pi;\ \frac{5\pi}{6}+2k\pi\right[

Le contrôle universel, quelle que soit la branche : prendre une valeur dans l'ensemble annoncé et une à l'extérieur, puis les tester dans l'inéquation de DÉPART. La première doit passer, la seconde non.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Résoudre une inéquation, quelle que soit la famille

Quand l'utiliser : L'énoncé compare une expression à un nombre ou à une autre expression avec un symbole d'inégalité.

  1. 1 Poser le DOMAINE si l'expression contient une racine paire, un logarithme ou un dénominateur.
  2. 2 Tout ramener d'un seul côté pour comparer à zéro, sans multiplier par une expression de signe inconnu.
  3. 3 Résoudre l'ÉQUATION associée pour trouver les valeurs charnières.
  4. 4 Déterminer le signe de l'expression dans chaque zone, par tableau de signe ou par lecture graphique.
  5. 5 Lire l'ensemble solution : les zones où le signe correspond au symbole demandé.
  6. 6 INTERSECTER avec le domaine posé à la première étape.
  7. 7 Écrire l'ensemble en intervalles, avec les bons crochets, et tester une valeur intérieure et une extérieure.

Phrase de conclusion

« L'inéquation x1<3\sqrt{x-1}<3 exige x10x-1\ge 0, donc x1x\ge 1. Les deux membres étant positifs, on peut élever au carré : x1<9x-1<9, soit x<10x<10. En intersectant avec le domaine, S=[1;10[S=[1;10[. Vérification : x=5x=5 donne 4=2<3\sqrt{4}=2<3, et x=20x=20 donne 194,36>3\sqrt{19}\approx 4{,}36>3. »

Le piège : Oublier l'intersection avec le domaine. L'inéquation obtenue après élévation au carré ne contient plus l'information d'existence : elle serait vraie pour x=100x=-100, alors que la racine n'y est même pas définie.

Barème : 1 point le domaine, 1 point les valeurs charnières, 1 point le signe déterminé, 1 point l'ensemble écrit avec les bons crochets.

Résoudre f(x)=g(x)f(x)=g(x) et comparer deux courbes

Quand l'utiliser : L'énoncé demande quand deux grandeurs sont égales, laquelle dépasse l'autre, ou un seuil de rentabilité.

  1. 1 Poser l'égalité f(x)=g(x)f(x)=g(x) et tout ramener d'un côté : f(x)g(x)=0f(x)-g(x)=0.
  2. 2 Poser le domaine commun aux deux fonctions, en intersectant leurs domaines respectifs.
  3. 3 Résoudre l'équation obtenue, en appliquant la vérification propre à la famille concernée.
  4. 4 Écrire les points d'intersection, avec leurs abscisses ET leurs ordonnées si l'énoncé les demande.
  5. 5 Pour la comparaison, tester une valeur dans chaque zone délimitée par ces abscisses.
  6. 6 Conclure sur les intervalles où chaque fonction domine, en intervalles.
  7. 7 Interpréter dans le contexte : avant le seuil, après le seuil, et ce que cela signifie concrètement.

Phrase de conclusion

« On cherche R(n)=C(n)R(n)=C(n), soit 5n=2n+3005n=2n+300, donc 3n=3003n=300 et n=100n=100 articles. Pour n<100n<100, on teste n=50n=50 : R=250R=250 et C=400C=400, donc le coût dépasse la recette. Pour n>100n>100, on teste n=150n=150 : R=750R=750 et C=600C=600, donc la recette dépasse le coût. Le seuil de rentabilité est atteint à 100100 articles. »

Le piège : Conclure sur la comparaison sans tester de valeur. Les abscisses d'intersection sont des frontières : elles disent OÙ le signe change, pas dans quel sens. Un test par zone est obligatoire et prend cinq secondes.

Barème : 1 point l'équation posée, 1 point la résolution, 1 point le test par zone, 1 point la conclusion interprétée dans le contexte.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Le seuil de rentabilité : équation, comparaison et interprétation

Une entreprise de Montréal a des frais fixes de 300300 dollars et un coût de production de 22 dollars par article. Elle vend chaque article 55 dollars.

a) Écrire les fonctions de coût et de recette. b) Déterminer le seuil de rentabilité. c) Pour quelles productions l'entreprise est-elle bénéficiaire ? d) Combien d'articles faut-il vendre pour que le profit dépasse 600600 dollars ?

Étape 1

Soit nn le nombre d'articles produits et vendus. Le coût est C(n)=2n+300C(n)=2n+300 dollars, et la recette R(n)=5nR(n)=5n dollars. Le domaine du problème est l'ensemble des entiers positifs.

Pourquoi

Les frais fixes ne dépendent pas de nn : ils forment l'ordonnée à l'origine du coût, pas un coefficient. Et poser le domaine dès le départ évite de rendre plus tard une réponse décimale pour un nombre d'articles.

Étape 2

Le seuil de rentabilité vérifie R(n)=C(n)R(n)=C(n), soit 5n=2n+3005n=2n+300, donc 3n=3003n=300 et n=100n=100 articles.

Pourquoi

C'est une équation, donc la réponse est un NOMBRE. Et le seuil est bien là où recette et coût se croisent, pas là où le coût s'annule : les frais fixes garantissent qu'il n'est jamais nul.

Étape 3

Pour la comparaison, on teste une valeur de chaque côté. En n=50n=50 : R=250R=250 et C=400C=400, donc R<CR<C, l'entreprise perd de l'argent. En n=150n=150 : R=750R=750 et C=600C=600, donc R>CR>C, elle est bénéficiaire.

2550751001251501752002004006008001000R(n) = 5nC(n) = 2n + 300seuil : 100perteprofit
Le seuil est l'ABSCISSE du point d'intersection, n=100n=100 articles, pas son ordonnée 500500 dollars. À gauche la recette passe sous le coût, à droite au-dessus.

Pourquoi

Le point d'intersection est une FRONTIÈRE : il dit où le signe change, jamais dans quel sens. Deux tests, un de chaque côté, donnent le sens sans ambiguïté et valent leur point au barème.

Étape 4

L'entreprise est donc bénéficiaire pour n>100n>100, soit à partir de 101101 articles puisque nn est entier. À n=100n=100 exactement, le profit est nul.

Pourquoi

L'inégalité est stricte pour un bénéfice, donc 100100 ne convient pas : à ce point l'entreprise couvre juste ses frais. L'arrondi à l'entier suivant est le point de contexte, et le distinguer du seuil lui-même est ce que la question teste.

Étape 5

Le profit est P(n)=R(n)C(n)=5n(2n+300)=3n300P(n)=R(n)-C(n)=5n-(2n+300)=3n-300 dollars. On veut P(n)>600P(n)>600, soit 3n>9003n>900, donc n>300n>300.

Pourquoi

Le signe moins porte sur TOUT le coût, parenthèses comprises : sans elles on obtiendrait 3n+3003n+300, un profit positif dès le premier article, et le seuil de la question b) disparaîtrait. La parenthèse vaut la moitié du point de cette question.

Étape 6

Comme nn est entier, il faut vendre au moins 301301 articles pour que le profit dépasse 600600 dollars.

Pourquoi

Même raisonnement d'arrondi qu'à la question c), et il faut le refaire : à n=300n=300 le profit vaut exactement 600600 dollars, ce qui ne le DÉPASSE pas. Le mot de l'énoncé décide du sens de l'arrondi.

Étape 7

Vérification : R(100)=500R(100)=500 et C(100)=500C(100)=500, le seuil est confirmé. P(101)=3P(101)=3 dollars, positif comme annoncé. P(300)=600P(300)=600 dollars exactement, et P(301)=603P(301)=603 dollars, ce qui dépasse bien le seuil.

Pourquoi

Chaque réponse est retestée dans les fonctions d'origine, et les valeurs limites sont vérifiées de part et d'autre. Le fait que P(300)P(300) vaille exactement 600600 dollars confirme que l'arrondi vers le haut était nécessaire.

Conclusion rédigée

« Le coût est C(n)=2n+300C(n)=2n+300 dollars et la recette R(n)=5nR(n)=5n dollars. Le seuil de rentabilité vérifie 5n=2n+3005n=2n+300, donc n=100n=100 articles : à ce point l'entreprise couvre exactement ses frais. Elle est bénéficiaire pour n>100n>100, c'est-à-dire à partir de 101101 articles, ce que confirme le test R(150)=750>C(150)=600R(150)=750>C(150)=600. Enfin le profit P(n)=3n300P(n)=3n-300 dépasse 600600 dollars lorsque n>300n>300, donc à partir de 301301 articles vendus. »

L'erreur classique sur cet exercice : Écrire P(n)=5n2n+300=3n+300P(n)=5n-2n+300=3n+300 en oubliant la parenthèse : le profit devient positif dès le premier article, le seuil de rentabilité disparaît et la question b) n'a plus de réponse. Le second travers est de conclure « bénéficiaire pour n100n\ge 100 » : à 100100 articles exactement, le profit est nul, donc l'entreprise n'est pas bénéficiaire mais à l'équilibre.

À savoir par cœur

  • Une ÉQUATION donne des NOMBRES entre accolades; une INÉQUATION donne un ENSEMBLE en intervalles.
  • On lit les ABSCISSES des points d'intersection, jamais les ordonnées.
  • RACINE CARRÉE : condition d'existence, puis vérification obligatoire après élévation au carré.
  • LOGARITHME : domaine posé AVANT la résolution, puis confrontation de chaque solution.
  • EXPONENTIELLE : isoler, puis regarder le SIGNE du membre restant avant tout calcul.
  • RATIONNELLE : jamais multiplier par le dénominateur dans une inéquation, faire un TABLEAU DE SIGNE.
  • Base entre 00 et 11, ou coefficient négatif : le sens de l'inéquation s'INVERSE. Deux renversements se compensent.
  • X<c|X|<c donne UN intervalle; X>c|X|>c donne une RÉUNION de deux demi-droites.
  • Contrôle universel : tester une valeur intérieure et une extérieure dans l'inéquation DE DÉPART.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre résoudre une équation et une inéquation ?

Une équation a des solutions ponctuelles, et la réponse s'écrit comme une liste de nombres entre accolades. Une inéquation a un ensemble de solutions, et la réponse s'écrit avec des intervalles. Les racines de l'équation associée ne sont que les frontières de cet ensemble : elles disent où le signe change, jamais quel il est.

Comment lire les solutions d'une équation sur un graphique ?

Pour résoudre f de x égale k, on trace la droite horizontale à la hauteur k et on lit les abscisses des points d'intersection avec la courbe. Pour comparer deux fonctions, on lit les abscisses des points où les deux courbes se croisent. Dans tous les cas ce sont des abscisses, jamais des ordonnées, puisque l'inconnue est x.

Pourquoi certaines solutions doivent être rejetées ?

Parce que certaines opérations ne sont pas réversibles. Élever au carré rend vraie une égalité entre opposés, et regrouper deux logarithmes agrandit le domaine. Ces manipulations créent donc des solutions qui ne vérifient pas l'équation de départ. Seule la substitution dans l'énoncé original, ou la confrontation au domaine, les élimine.

Quand le sens d'une inéquation change-t-il ?

Quand on multiplie ou divise les deux membres par un nombre négatif, et quand la base d'une exponentielle ou d'un logarithme est comprise entre zéro et un, car la fonction est alors décroissante. Deux renversements se compensent. En cas de doute, tester une valeur numérique dans l'inéquation de départ tranche en quelques secondes.

Comment trouver un seuil de rentabilité ?

On écrit la fonction de recette et la fonction de coût, on les égale, puis on résout : l'abscisse obtenue est le seuil. Pour savoir de quel côté l'entreprise est bénéficiaire, on teste une valeur avant et une après ce seuil. Il faut ensuite arrondir à l'entier supérieur, puisque le seuil lui-même correspond à un profit nul.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Résoudre f(x) = k, f(x) < k et f(x) = g

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 10 exercices corrigés
  • 100 points
  • 150 minutes
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Contactez-moi pour une première séance. On reprend les gestes qui coûtent des points à l'examen, du rejet des solutions étrangères jusqu'à l'écriture correcte d'un ensemble solution, puis on les met à l'épreuve sur des exercices du niveau réel des évaluations.

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