Mathématiques SN, secondaire 5 à Montréal • Synthèse

Fiche de révision : choisir la bonne fonction pour modéliser (math SN5)

Cette fiche ne refait pas le cours sur les familles de fonctions : vous les avez déjà dans vos notes. Elle traite ce que le cours ne dit jamais et qui décide pourtant de la note : l'erreur exacte qui coûte deux points sur une copie, le test qui prouve la famille au lieu de la deviner, et la rédaction que le correcteur de math SN5 attend mot pour mot.

Elle est écrite pour les élèves de secondaire 5 du programme québécois à Montréal, et pour les élèves du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois. Une fois la fiche lue, la série d'exercices corrigés du même chapitre met chaque réflexe à l'épreuve.

Le fil du chapitre

Le modèle ne se devine pas au premier coup d'oeil sur les nombres, il se PROUVE par un test : on calcule les différences successives, puis les rapports successifs, et l'un des deux est constant. Presque tous les points perdus viennent de choisir une famille parce que « les valeurs montent vite » ou parce que le chapitre précédent portait sur les exponentielles, au lieu d'appliquer le test qui tranche en trente secondes et qui, en prime, fournit directement la valeur d'un paramètre.

Ce chapitre fait partie de Mathématique SN5 : Sciences naturelles, secondaire 5

L'essentiel

Les deux tests qui décident, dans cet ordre

  • 1. DIFFÉRENCES : calculer y2y1y_{2}-y_{1}, y3y2y_{3}-y_{2}... Si elles sont constantes, le modèle est AFFINE.
  • Si elles ne le sont pas, calculer les DIFFÉRENCES SECONDES, c'est-à-dire les différences des différences : constantes, le modèle est QUADRATIQUE.
  • 2. RAPPORTS : calculer y2y1\frac{y_{2}}{y_{1}}, y3y2\frac{y_{3}}{y_{2}}... Si le rapport est constant, le modèle est EXPONENTIEL, et ce rapport est la base.
  • Les deux tests exigent des pas ÉGAUX en xx : sans cela, ni les différences ni les rapports ne veulent rien dire.
  • Le test qui réussit donne en prime un paramètre : la différence constante est la pente, le rapport constant est la base.

Trente secondes de test valent mieux que toute intuition : « ça monte vite » décrit aussi bien une exponentielle qu'une quadratique, et les deux se distinguent en trois soustractions.

Les signatures des autres familles

  • PRODUIT xyx\cdot y constant : modèle RATIONNEL ax+k\frac{a}{x}+k, avec une asymptote.
  • xx multiplié par un facteur constant pendant que yy AUGMENTE d'une constante : modèle LOGARITHMIQUE.
  • y2y^{2} linéaire en xx, donc les carrés des ordonnées ont des différences constantes : modèle RACINE CARRÉE.
  • Valeurs qui se RÉPÈTENT à l'identique après un intervalle fixe : modèle SINUSOÏDAL.
  • Deux demi-droites de pentes OPPOSÉES avec un point anguleux : modèle VALEUR ABSOLUE.

Le modèle logarithmique est l'image en miroir de l'exponentiel : l'un multiplie yy quand xx augmente d'une constante, l'autre augmente yy quand xx est multiplié. Regarder de quel côté se trouve la multiplication suffit à les distinguer.

Ce que le contexte donne gratuitement

  • Une ASYMPTOTE, c'est-à-dire une valeur approchée sans jamais être atteinte, donne directement le paramètre kk.
  • Un POURCENTAGE d'augmentation ou de diminution par période impose une exponentielle, avec la base 1±taux1\pm\text{taux}.
  • Un montant FIXE ajouté à chaque pas impose une fonction affine, pas une exponentielle.
  • Un MAXIMUM atteint puis quitté impose une quadratique ou une sinusoïde, selon que le phénomène se répète ou non.
  • Une TRANCHE ENTAMÉE ou une facturation par paliers impose une fonction en escalier.

Une phrase comme « la température se stabilise à 2020 degrés » ou « le coût unitaire ne descend jamais sous 33 dollars » annonce une asymptote, donc kk, donc la moitié du modèle. Ces phrases se repèrent à la lecture, avant tout calcul.

Après le modèle : le valider et le borner

  • Vérifier le modèle sur un point de l'énoncé qui n'a PAS servi à le construire.
  • Vérifier le sens de variation : le modèle doit croître si le phénomène croît.
  • Vérifier l'ordre de grandeur sur une valeur extrême : une population de 10910^{9} habitants dans un village signale un modèle faux.
  • Donner le DOMAINE DE VALIDITÉ : un modèle n'est valable que sur l'intervalle où les données ont été relevées, ou un peu au-delà.
  • Une extrapolation lointaine se signale : « le modèle prévoit XX, mais il n'a été validé que jusqu'à YY ».

La question finale d'un problème de modélisation demande souvent une prévision hors du domaine des données. Répondre en donnant la valeur ET en signalant la limite du modèle est ce qui distingue une copie complète.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Choisir la famille à l'oeil sans faire de test

toute la question, le modèle est de la mauvaise famille

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Les valeurs augmentent de plus en plus vite, donc c'est une exponentielle. »

Ce qu'il faut écrire

« Les différences secondes valent 22, 22, 22 : elles sont constantes, donc le modèle est QUADRATIQUE. Les rapports, eux, ne sont pas constants. »

01491625+1+3+5+7+9+2+2+2+2valeursdifférencessecondes
Les premières différences grandissent, ce qui ferait croire à une exponentielle; les SECONDES sont constantes, et c'est la signature du modèle quadratique.

Pourquoi : Une quadratique et une exponentielle accélèrent toutes deux, et l'oeil ne les distingue pas sur quelques points. Le test des différences secondes tranche en trois soustractions, et il donne en prime le coefficient aa, qui vaut la moitié de la différence seconde.

2. Calculer les différences sur des pas inégaux

toute la question, et une famille écartée à tort

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Les xx sont 00, 11, 33, 66 : les différences de yy valent 44, 1414, 3636, elles ne sont pas constantes, donc ce n'est pas affine. »

Ce qu'il faut écrire

« Les pas en xx sont 11, 22, 33 : ils ne sont pas égaux, donc le test ne s'applique pas. Il faut d'abord calculer les TAUX ΔyΔx\frac{\Delta y}{\Delta x}, qui valent 44, 77 et 1212 ici, et ce sont EUX qu'on compare. »

Pourquoi : Les tests de différences supposent implicitement un pas constant : c'est ce qui rend la comparaison légitime. Avec des pas inégaux, on divise par le pas pour obtenir un taux de variation, et c'est lui qu'on compare.

3. Confondre rapport et différence

toute la question, et le modèle affine choisi diverge très vite des données

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Les valeurs passent de 100100 à 108108, puis de 108108 à 116,64116{,}64 : la différence n'est pas constante, donc ce n'est pas exponentiel. »

Ce qu'il faut écrire

« Les RAPPORTS valent 108100=1,08\frac{108}{100}=1{,}08 et 116,64108=1,08\frac{116{,}64}{108}=1{,}08 : ils sont constants, donc le modèle est bien exponentiel de base 1,081{,}08. »

-112348090100110120130140+8+8,64+9,33et pourtant x 1,08 à chaque fois
Les écarts grandissent, donc le modèle n'est pas affine; mais les RAPPORTS valent 1,081{,}08 à chaque pas, ce qui signe une exponentielle.

Pourquoi : Une exponentielle a justement des différences qui augmentent : c'est le RAPPORT qui reste constant. Le test des différences échoue donc par construction, et il faut enchaîner sur le test des rapports avant de conclure.

4. Ignorer l'asymptote annoncée dans le contexte

toute la question, et le modèle prédit une température qui tend vers zéro

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le café refroidit, donc sa température suit une exponentielle décroissante T(t)=80×0,9tT(t)=80\times 0{,}9^{t}. »

Ce qu'il faut écrire

« Il refroidit vers la température de la pièce, 2020 degrés, qui est une ASYMPTOTE : le modèle est T(t)=60×0,9t+20T(t)=60\times 0{,}9^{t}+20, et l'ÉCART à 2020 degrés décroît exponentiellement. »

Pourquoi : Une exponentielle sans kk tend vers zéro, ce qui n'a aucun sens physique ici : le café ne descend pas sous la température ambiante. La phrase du contexte donne kk gratuitement, et c'est l'ÉCART à cette valeur qui suit le modèle exponentiel.

5. Extrapoler un modèle très loin sans le signaler

1 point de contexte, systématiquement prévu au barème

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le modèle de population donne P(200)=4,2×107P(200)=4{,}2\times 10^{7} habitants pour ce village dans deux siècles. »

Ce qu'il faut écrire

« Le modèle prévoit une valeur immense, mais il n'a été validé que sur 2020 ans : une croissance exponentielle ne peut pas se poursuivre indéfiniment, faute d'espace et de ressources. La prévision n'est pas fiable au-delà de quelques décennies. »

Pourquoi : Un modèle décrit les données sur l'intervalle où elles ont été relevées, pas au-delà. La question qui demande une extrapolation lointaine teste exactement cette lucidité, et la réponse attendue donne la valeur ET la réserve.

6. Prendre une fonction affine pour une exponentielle à cause d'un pourcentage

toute la question, et le modèle diverge rapidement des données

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le salaire augmente de 500500 dollars par an, donc c'est une croissance exponentielle. »

Ce qu'il faut écrire

« Un montant FIXE ajouté chaque année donne une fonction AFFINE : S(t)=S0+500tS(t)=S_{0}+500t. Une exponentielle correspondrait à une augmentation en POURCENTAGE. »

Pourquoi : Le vocabulaire de l'énoncé tranche : « de 500500 dollars » est une différence constante, « de 55 pour cent » est un rapport constant. Les deux se ressemblent sur les premières années et divergent ensuite complètement.

7. Confondre modèle logarithmique et modèle exponentiel

toute la question, les deux modèles sont réciproques donc opposés

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Quand xx passe de 1010 à 100100 puis à 10001000, yy augmente de 22 à chaque fois : c'est exponentiel. »

Ce qu'il faut écrire

« C'est xx qui est MULTIPLIÉ par 1010 pendant que yy AUGMENTE d'une constante : le modèle est LOGARITHMIQUE. L'exponentielle fait l'inverse. »

Pourquoi : Exponentielle et logarithme sont réciproques : dans l'une, l'addition est du côté des xx et la multiplication du côté des yy; dans l'autre, c'est l'inverse. Repérer de quel côté se trouve la multiplication identifie la famille sans hésitation.

8. Manquer un modèle racine carrée faute d'avoir testé les carrés

toute la question, laissée sans modèle

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Les valeurs 00, 22, 2,832{,}83, 3,463{,}46, 44 n'ont ni différences ni rapports constants : aucun modèle ne convient. »

Ce qu'il faut écrire

« On teste les CARRÉS : 00, 44, 88, 1212, 1616. Leurs différences valent 44 à chaque fois, donc y2y^{2} est linéaire en xx et le modèle est y=2xy=2\sqrt{x}. »

-112345-224681012141618yles carrés sont alignés
Les valeurs brutes ne donnent ni différences ni rapports constants; leurs CARRÉS montent de 44 à chaque pas et tombent sur une droite, donc y=4xy=\sqrt{4x}.

Pourquoi : Quand les deux tests standard échouent, il reste trois signatures à essayer : les carrés pour une racine, le produit xyxy pour une rationnelle, et la répétition pour une sinusoïde. Ces trois vérifications prennent une minute et couvrent toutes les familles du programme.

Quelle méthode choisir

Identifier la famille depuis un tableau de valeurs

Vérifiez d'abord que les pas en xx sont ÉGAUX, sinon divisez par le pas. Appliquez ensuite les tests dans cet ordre, et arrêtez-vous au premier qui réussit.

  • Si les différences de yy sont CONSTANTES modèle AFFINE y=mx+by=mx+b, et la différence constante est la pente mm

    Exemple : yy passe de 55 à 88 à 1111 : différences de 33, donc m=3m=3

  • Si les différences SECONDES sont constantes modèle QUADRATIQUE, et le coefficient aa vaut la moitié de la différence seconde

    Exemple : différences 44, 66, 88 donc différences secondes 22 : a=1a=1

    Trois différences secondes égales suffisent, mais il en faut au moins trois pour conclure.

  • Si les RAPPORTS de yy sont constants modèle EXPONENTIEL acx+ka\,c^{x}+k, et le rapport constant est la base cc

    Exemple : rapports tous égaux à 1,081{,}08 : c=1,08c=1{,}08, soit une hausse de 88 pour cent

    S'il y a une asymptote kk, il faut tester les rapports des ÉCARTS à kk, pas des valeurs elles-mêmes.

  • Si le PRODUIT xyx\cdot y est constant modèle RATIONNEL y=axy=\frac{a}{x}, et ce produit est le paramètre aa

    Exemple : xy=60xy=60 à chaque ligne : y=60xy=\frac{60}{x}

  • Si les CARRÉS de yy ont des différences constantes modèle RACINE CARRÉE y=axy=a\sqrt{x}

    Exemple : carrés 00, 44, 88, 1212 : différences de 44, donc y=2xy=2\sqrt{x}

  • Si les valeurs se RÉPÈTENT à l'identique après un intervalle fixe modèle SINUSOÏDAL : relever le maximum, le minimum et la période

    Exemple : les mêmes valeurs toutes les 1212 heures : période 1212, donc b=2π12b=\frac{2\pi}{12}

    L'axe d'oscillation est la moyenne des extrêmes, l'amplitude leur demi-différence.

Aucun test ne réussit quand une asymptote décale toutes les valeurs : soustrayez d'abord la valeur limite annoncée par le contexte, puis refaites les tests sur les écarts. C'est le geste qui débloque les problèmes de refroidissement et de coût unitaire.

Identifier la famille depuis un énoncé en français

Certains mots de l'énoncé désignent une famille sans ambiguïté. Repérez-les à la lecture, avant même de regarder les nombres.

  • Si « augmente de XX dollars chaque année », « un montant FIXE par unité » modèle AFFINE : la variation est additive et constante

    Exemple : un abonnement de 3030 dollars plus 22 dollars par séance : C(n)=30+2nC(n)=30+2n

  • Si « augmente de XX POUR CENT », « double tous les », « demi-vie » modèle EXPONENTIEL : la variation est multiplicative

    Exemple : hausse de 88 pour cent par an : base 1,081{,}08

  • Si « se stabilise à », « ne descend jamais sous », « tend vers » il y a une ASYMPTOTE : le modèle est exponentiel avec kk, ou rationnel

    Exemple : « la température se stabilise à 2020 degrés » donne k=20k=20

    Le contexte donne kk gratuitement : c'est la donnée la plus rentable de tout l'énoncé.

  • Si « atteint un maximum puis redescend », « la hauteur maximale » modèle QUADRATIQUE, sauf si le phénomène se répète, auquel cas il est sinusoïdal

    Exemple : trajectoire d'un ballon, hauteur maximale puis chute : quadratique

  • Si « se répète chaque », « cycle », « marée », « saison » modèle SINUSOÏDAL : relever la période, le maximum et le minimum

    Exemple : marée haute toutes les 1212 heures : période 1212

  • Si « par tranche entamée », « par heure commencée », « échelon » fonction EN ESCALIER, construite avec la partie entière

    Exemple : 22 dollars par demi-heure entamée : escalier fermé à droite

Quand l'énoncé donne à la fois un tableau et un contexte, le contexte donne la FAMILLE et l'asymptote, le tableau donne les PARAMÈTRES. Les deux sources se complètent et doivent toutes deux être utilisées.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Modéliser une situation à partir d'un tableau de valeurs

Quand l'utiliser : L'énoncé donne un tableau de mesures et demande la règle de la fonction, puis une prévision ou une résolution.

  1. 1 Vérifier que les pas en xx sont égaux, et le dire; sinon calculer les taux de variation.
  2. 2 Calculer les DIFFÉRENCES et l'écrire : « les différences valent 44, 66, 88, elles ne sont pas constantes ».
  3. 3 Enchaîner sur le test suivant selon le résultat : différences secondes, puis rapports, puis produits ou carrés.
  4. 4 ANNONCER la famille avec sa justification : « les différences secondes sont constantes, le modèle est donc quadratique ».
  5. 5 Écrire la forme générale de cette famille, avec ses paramètres inconnus.
  6. 6 Déterminer les paramètres en substituant des points du tableau, en utilisant d'abord ceux qui donnent un paramètre directement.
  7. 7 VALIDER le modèle sur un point du tableau qui n'a pas servi à le construire, puis répondre à la question posée.

Phrase de conclusion

« Les valeurs de xx progressent d'une unité à chaque ligne. Les différences de yy valent 44, 66 et 88 : elles ne sont pas constantes, le modèle n'est donc pas affine. Les différences secondes valent 22 et 22 : elles sont constantes, donc le modèle est QUADRATIQUE. Le coefficient aa vaut la moitié de la différence seconde, soit 11; en substituant deux points, on obtient y=x2+3x+2y=x^{2}+3x+2, ce que confirme le point (3;20)(3;20) du tableau. »

Le piège : Annoncer la famille sans écrire le test. Le barème récompense la JUSTIFICATION du choix, pas seulement le choix lui-même : une famille correcte sans test vaut environ la moitié des points de la question.

Barème : 1 point le test des différences écrit, 1 point la famille annoncée avec justification, 1 point les paramètres calculés, 1 point la validation sur un point non utilisé.

Modéliser un phénomène avec une valeur limite

Quand l'utiliser : L'énoncé décrit un refroidissement, une dilution, un coût unitaire, ou toute grandeur qui tend vers une valeur sans l'atteindre.

  1. 1 Repérer la phrase du contexte qui annonce la valeur limite, et poser kk égal à cette valeur.
  2. 2 Calculer les ÉCARTS à kk pour chaque donnée du tableau : ce sont eux qui suivront le modèle simple.
  3. 3 Tester les rapports de ces écarts : s'ils sont constants, le modèle est exponentiel avec asymptote.
  4. 4 Écrire le modèle sous la forme f(x)=acx+kf(x)=a\,c^{x}+k, avec cc le rapport trouvé.
  5. 5 Déterminer aa par la valeur initiale : f(0)=a+kf(0)=a+k, donc aa est l'écart initial à la limite.
  6. 6 Vérifier le modèle sur une donnée non utilisée, et vérifier qu'il tend bien vers kk.
  7. 7 Répondre à la question, en signalant que la valeur limite n'est jamais atteinte exactement.

Phrase de conclusion

« Le café refroidit vers la température de la pièce, 2020 degrés : c'est l'asymptote, donc k=20k=20. Les écarts à 2020 valent 6060, 5454, 48,648{,}6, dont les rapports sont tous égaux à 0,90{,}9 : le modèle est exponentiel. Comme l'écart initial vaut 6060, la règle est T(t)=60×0,9t+20T(t)=60\times 0{,}9^{t}+20, ce que confirme T(3)=63,74T(3)=63{,}74 degrés. »

Le piège : Tester les rapports sur les températures elles-mêmes plutôt que sur les écarts. Les rapports 7480\frac{74}{80} et 68,674\frac{68{,}6}{74} ne sont pas égaux, et l'on conclurait à tort qu'aucun modèle exponentiel ne convient.

Barème : 1 point l'asymptote repérée dans le contexte, 1 point les écarts calculés, 1 point le rapport constant établi, 1 point le modèle complet validé.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Le café qui refroidit : asymptote cachée, écarts et prévision

Un café est servi à 8080 degrés Celsius dans une pièce à 2020 degrés. On relève sa température toutes les minutes : 8080, 7474, 68,668{,}6, 63,7463{,}74 degrés.

a) Montrer qu'aucun modèle affine ni exponentiel simple ne convient. b) Trouver le modèle correct. c) Quelle sera la température après 1010 minutes ? d) Le café atteindra-t-il un jour 2020 degrés exactement ?

Étape 1

Différences : 7480=674-80=-6, 68,674=5,468{,}6-74=-5{,}4, 63,7468,6=4,8663{,}74-68{,}6=-4{,}86. Elles ne sont pas constantes, donc le modèle n'est pas affine.

Pourquoi

Le premier test est mécanique et prend dix secondes. Son échec ne fait pas perdre de temps : il élimine une famille et oriente vers la suivante, et il doit être écrit sur la copie car il vaut son point.

Étape 2

Rapports des températures : 7480=0,925\frac{74}{80}=0{,}925 et 68,6740,927\frac{68{,}6}{74}\approx 0{,}927. Ils ne sont pas rigoureusement constants, donc le modèle n'est pas une exponentielle simple.

Pourquoi

Les rapports sont PRESQUE constants, ce qui est justement le piège : on serait tenté de conclure à une exponentielle. Le léger écart signale qu'une constante additive fausse le calcul, et c'est cette constante qu'il faut chercher.

Étape 3

L'énoncé dit que la pièce est à 2020 degrés : le café tend vers cette température sans jamais la dépasser. C'est une ASYMPTOTE, donc k=20k=20. On calcule les ÉCARTS à 2020 : 6060, 5454, 48,648{,}6, 43,7443{,}74.

Pourquoi

La phrase du contexte donne kk sans aucun calcul, et c'est la donnée la plus rentable de l'énoncé. Une fois l'asymptote soustraite, il reste une exponentielle pure, sur laquelle les tests standard fonctionnent de nouveau.

Étape 4

Rapports des écarts : 5460=0,9\frac{54}{60}=0{,}9, 48,654=0,9\frac{48{,}6}{54}=0{,}9, 43,7448,6=0,9\frac{43{,}74}{48{,}6}=0{,}9. Ils sont exactement constants : le modèle est exponentiel de base 0,90{,}9.

Pourquoi

Trois rapports rigoureusement égaux, contre des rapports approximatifs à l'étape précédente : la différence est nette et constitue la justification que le barème attend. C'est l'ÉCART à l'ambiante qui décroît de 1010 pour cent par minute, pas la température.

Étape 5

L'écart initial vaut 8020=6080-20=60, donc a=60a=60 et le modèle est T(t)=60×0,9t+20T(t)=60\times 0{,}9^{t}+20. Validation sur le point non utilisé : T(3)=60×0,729+20=43,74+20=63,74T(3)=60\times 0{,}729+20=43{,}74+20=63{,}74 degrés, ce qui correspond exactement à la mesure.

Pourquoi

Le paramètre aa est l'écart initial, pas la température initiale : c'est la conséquence directe de T(0)=a+kT(0)=a+k. Et la validation porte sur une donnée qui n'a servi à rien d'autre, ce qui en fait une vraie vérification.

Étape 6

T(10)=60×0,910+20=60×0,3487+2020,92+2040,9T(10)=60\times 0{,}9^{10}+20=60\times 0{,}3487+20\approx 20{,}92+20\approx 40{,}9 degrés.

Pourquoi

Le calcul est direct une fois le modèle établi. L'ordre de grandeur est plausible : après dix minutes le café est tiède, ce qu'un modèle sans asymptote aurait annoncé à 27,927{,}9 degrés, soit sous la température de la pièce dès la vingtième minute.

Étape 7

T(t)=20T(t)=20 exigerait 60×0,9t=060\times 0{,}9^{t}=0, ce qui est impossible : une exponentielle ne s'annule jamais. Le café s'approche indéfiniment de 2020 degrés sans jamais les atteindre exactement.

Pourquoi

C'est la lecture physique de l'asymptote horizontale, et c'est la question qui teste la compréhension du modèle plutôt que le calcul. En pratique l'écart devient indétectable, mais mathématiquement il reste strictement positif, et c'est cela qu'il faut écrire.

Conclusion rédigée

« Les différences de température ne sont pas constantes, donc le modèle n'est pas affine, et les rapports des températures ne le sont pas non plus. Mais la pièce est à 2020 degrés : c'est une asymptote, et les ÉCARTS à cette valeur, soit 6060, 5454, 48,648{,}6 et 43,7443{,}74, ont un rapport rigoureusement constant de 0,90{,}9. Le modèle est donc T(t)=60×0,9t+20T(t)=60\times 0{,}9^{t}+20, ce que confirme la mesure à t=3t=3 minutes. Après 1010 minutes, la température sera d'environ 40,940{,}9 degrés. Enfin le café n'atteindra jamais exactement 2020 degrés : une exponentielle ne s'annule jamais, donc l'écart reste strictement positif. »

L'erreur classique sur cet exercice : Conclure à une exponentielle simple parce que les rapports 0,9250{,}925 et 0,9270{,}927 sont presque égaux : le modèle T(t)=80×0,926tT(t)=80\times 0{,}926^{t} passerait sous 2020 degrés dès la dix-neuvième minute, ce qui est physiquement impossible dans une pièce à 2020 degrés. Le second travers est de prendre a=80a=80 au lieu de a=60a=60 : le modèle donnerait 100100 degrés à l'instant initial, ce que la première mesure contredit immédiatement.

À savoir par cœur

  • Différences CONSTANTES : affine. Différences SECONDES constantes : quadratique.
  • RAPPORTS constants : exponentiel, et le rapport est la base.
  • Les deux tests exigent des pas ÉGAUX en xx; sinon on divise par le pas.
  • Produit xyxy constant : rationnel. Carrés de yy à différences constantes : racine carrée.
  • xx multiplié pendant que yy augmente d'une constante : LOGARITHMIQUE. L'inverse : exponentiel.
  • Une phrase comme « se stabilise à » annonce une ASYMPTOTE, donc le paramètre kk, gratuitement.
  • Avec une asymptote, tester les rapports des ÉCARTS à kk, jamais des valeurs elles-mêmes.
  • Un montant FIXE donne une affine; un POURCENTAGE donne une exponentielle.
  • Toujours valider sur un point NON utilisé, et donner le domaine de validité du modèle.

Questions fréquentes

Comment savoir si un tableau de valeurs suit un modèle linéaire ou exponentiel ?

On calcule d'abord les différences entre valeurs successives : si elles sont constantes, le modèle est affine et cette différence est la pente. Sinon on calcule les rapports : s'ils sont constants, le modèle est exponentiel et ce rapport est la base. Les deux tests exigent que les valeurs de x progressent par pas égaux.

Qu'est-ce que la différence seconde et à quoi sert-elle ?

C'est la différence entre deux différences successives. Quand elle est constante, le modèle est du second degré, et le coefficient du terme carré vaut la moitié de cette différence seconde. C'est le test qui distingue une quadratique d'une exponentielle, deux familles que l'oeil confond facilement sur un petit nombre de points.

Pourquoi tester les écarts plutôt que les valeurs elles-mêmes ?

Parce qu'une constante additive fausse les rapports. Un café qui refroidit vers vingt degrés voit son écart à vingt degrés décroître de façon exponentielle, mais pas sa température elle-même. Dès que le contexte annonce une valeur limite, on la soustrait à toutes les données avant d'appliquer le test des rapports.

Comment repérer une asymptote dans un énoncé ?

Certaines expressions l'annoncent directement : se stabilise à, tend vers, ne descend jamais sous, approche sans jamais atteindre. La valeur mentionnée est le paramètre additif du modèle, obtenu sans le moindre calcul. C'est la donnée la plus rentable d'un problème de modélisation, et elle se repère à la simple lecture.

Jusqu'où peut-on utiliser un modèle pour faire des prévisions ?

Sur l'intervalle où les données ont été relevées, et un peu au-delà. Une extrapolation lointaine devient irréaliste, notamment pour une croissance exponentielle, qu'aucun phénomène réel ne peut soutenir indéfiniment. La réponse attendue donne la valeur calculée et signale explicitement cette limite de validité.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Modélisation : choisir la bonne fonction

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 10 exercices corrigés
  • 100 points
  • 150 minutes
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Contactez-moi pour une première séance. On reprend les gestes qui coûtent des points à l'examen, du test des différences jusqu'au domaine de validité d'un modèle, puis on les met à l'épreuve sur des exercices du niveau réel des évaluations.

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