Mathématiques SN, secondaire 5 à Montréal • Synthèse

Modélisation : dix problèmes pour choisir la bonne fonction (maths SN5)

Chaque série de chapitre annonce sa fonction dans son titre : l'élève sait avant même de lire qu'il s'agit d'une exponentielle. À l'examen, personne ne le lui dit. Cette série ne contient que des PROBLÈMES, et la première question est toujours la même : de quelle famille s'agit-il ?

On y traverse toutes les familles du programme, exponentielle, logarithmique, racine carrée, rationnelle, quadratique, valeur absolue et sinusoïdale, mais jamais chapitre par chapitre. Ce qui s'entraîne ici est l'indice numérique qui trahit chaque famille dans un tableau : rapport constant pour l'exponentielle, produit constant pour la rationnelle, différences secondes constantes pour la quadratique, retour à l'identique pour la sinusoïdale.

Deux problèmes vont plus loin et attaquent ce qu'aucun chapitre ne traite : deux modèles indiscernables sur les données mais qui divergent d'un facteur deux et demi en extrapolation, et un modèle parfaitement juste qui devient absurde dès qu'on sort de son domaine de validité.

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Ce chapitre fait partie de Mathématique SN5 : Sciences naturelles, secondaire 5
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Rappel de cours

  • • Rapport constant entre valeurs successives ⇒\Rightarrow exponentielle a cx+ka\,c^{x}+k.
  • • Différences secondes constantes ⇒\Rightarrow quadratique.
  • • Produit x⋅yx\cdot y constant ⇒\Rightarrow rationnelle ax+k\dfrac{a}{x}+k.
  • • Variation multiplicative de xx et additive de yy ⇒\Rightarrow logarithmique.
  • • y2y^{2} linéaire en xx ⇒\Rightarrow racine carrée.
  • • Valeurs qui se répètent à l'identique ⇒\Rightarrow sinusoïdale : relever amplitude, axe médian et période.
  • • Deux demi-droites et un point anguleux ⇒\Rightarrow valeur absolue.
  • • Une asymptote horizontale que les données approchent sans l'atteindre donne directement le paramètre kk.

Partie A : Reconnaître le modèle (/50)

Exercice 1 : Problème : trois jeux de mesures, trois familles

Un laboratoire vous remet trois séries de mesures sans vous dire de quoi il s'agit.

Aucune n'est linéaire. Les trois graphiques n'ont pas la même échelle, on ne compare donc pas un jeu à l'autre.

jeu Ajeu Bjeu C
  • a) Pour le jeu A, calculez les rapports entre valeurs successives. Que concluez-vous ?
  • b) Pour le jeu B, comparez les valeurs à celles de x\sqrt{x}. Quelle famille ?
  • c) Pour le jeu C, dont les abscisses vont de 1 à 5, calculez les produits x⋅yx\cdot y. Quelle famille ?
  • d) Énoncez, pour chaque famille, l'indice numérique qui la trahit dans une table.

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) Rapports constants =2=2 : exponentielle
  • b) y2y^{2} linéaire en xx : racine carrée
  • c) xy=5xy=5 constant : rationnelle, y=5xy=\dfrac{5}{x}
  • d) Affine : différences ; quadratique : différences secondes ; exponentielle : rapports ; rationnelle : produit xyxy ; racine : y2y^{2} linéaire ; périodique : répétition

Principe de toute la série : ce n'est pas l'allure d'une courbe qui identifie une famille, c'est le TABLEAU. Chaque famille laisse une signature numérique qu'on obtient en calculant, sur les valeurs successives, soit une différence, soit un rapport, soit un produit. Devant des données inconnues, on essaie ces trois pistes dans l'ordre.

a) On calcule les rapports entre valeurs successives : 21=2\frac{2}{1}=2, 42=2\frac{4}{2}=2, 84=2\frac{8}{4}=2, 168=2\frac{16}{8}=2. Le rapport est CONSTANT et vaut 22 : c'est la signature d'une fonction EXPONENTIELLE de base 22. Comparez avec ce qu'aurait donné une fonction affine : ce sont alors les DIFFÉRENCES qui seraient constantes, or ici elles valent 11, 22, 44, 88, elles doublent au lieu de rester fixes. La distinction affine/exponentielle se joue exactement là, différence contre rapport.

b) Les valeurs 00, 11, 1,411{,}41, 1,731{,}73, 22 se reconnaissent immédiatement comme 0\sqrt{0}, 1\sqrt{1}, 2\sqrt{2}, 3\sqrt{3}, 4\sqrt{4} : c'est une fonction RACINE CARRÉE. Le test numérique qui l'établit sans reconnaître les valeurs : on élève chaque yy au carré, ce qui donne 00, 11, 22, 33, 44, une suite parfaitement linéaire en xx. Autrement dit, y2y^{2} est proportionnel à xx, ce qui caractérise la racine carrée.

c) On calcule les produits x⋅yx\cdot y : 1×5=51\times 5=5, 2×2,5=52\times 2{,}5=5, 3×1,67≈53\times 1{,}67\approx 5, 4×1,25=54\times 1{,}25=5, 5×1=55\times 1=5. Le produit est CONSTANT et vaut 55 : c'est une fonction RATIONNELLE, y=5xy=\frac{5}{x}. Ce test du produit constant est le plus rapide pour repérer une proportionnalité inverse, et il ne demande aucune calculatrice.

d) Récapitulatif des signatures, à connaître pour l'examen. AFFINE : les différences successives sont constantes. QUADRATIQUE : les différences des différences, dites différences secondes, sont constantes. EXPONENTIELLE : les rapports successifs sont constants. RATIONNELLE en kx\frac{k}{x} : le produit xyxy est constant. RACINE CARRÉE : les écarts successifs DIMINUENT et y2y^{2} est linéaire en xx. PÉRIODIQUE : les valeurs se répètent à l'identique. Une précision de méthode qui vaut des points : ces tests supposent que les abscisses soient RÉGULIÈREMENT espacées, sans quoi il faut comparer les rapports à pas égal avant de conclure.

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Exercice 2 : Problème : le café qui refroidit

Un café est laissé sur une table. Sa température est relevée cinq fois, et la pièce est à 20,020{,}0 °C.

tt (min) : 0, 5, 10, 20, 30 • TT (°C) : 85,0 ; 68,2 ; 55,7 ; 39,6 ; 30,9

10203040-2020406080100temperature (°C)temps (min)temperature de la piece
  • a) La température tend vers une valeur qu'elle n'atteint jamais. Laquelle, et que vaut-elle physiquement ?
  • b) Montrez que l'écart T−20T-20 suit une progression à rapport constant, et donnez ce rapport pour 5 min.
  • c) Écrivez le modèle sous la forme T(t)=20+a ctT(t)=20+a\,c^{t} et identifiez aa et cc.
  • d) Au bout de combien de temps le café est-il à 25,025{,}0 °C ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 2020 °C, la température de la pièce (asymptote)
  • b) Sur l'écart T−20T-20 : rapport ≈0,742\approx 0{,}742 par 55 min
  • c) T(t)=20+65,0 (0,9421)tT(t)=20+65{,}0\,(0{,}9421)^{t}
  • d) ≈43\approx 43 min

a) La température tend vers 20,020{,}0 °C, la température de la PIÈCE. C'est une asymptote horizontale, et elle correspond au paramètre kk du modèle exponentiel. Physiquement, un café ne peut pas devenir plus froid que la pièce qui l'entoure : il s'en approche indéfiniment sans jamais descendre en dessous, ce qui est exactement le comportement d'une asymptote. Le tableau le confirme, les valeurs 8585, 68,268{,}2, 55,755{,}7, 39,639{,}6, 30,930{,}9 descendent en ralentissant vers 2020.

b) Le point de méthode décisif est de ne PAS travailler sur TT mais sur l'ÉCART T−20T-20, c'est-à-dire sur la distance à l'asymptote : c'est cet écart qui décroît exponentiellement, pas la température elle-même. On obtient 65,065{,}0 ; 48,248{,}2 ; 35,735{,}7 ; 19,619{,}6 ; 10,910{,}9. Les rapports successifs sur 55 minutes valent 48,265,0=0,742\frac{48{,}2}{65{,}0}=0{,}742 et 35,748,2=0,741\frac{35{,}7}{48{,}2}=0{,}741 : constants aux arrondis près ✓. Si l'on avait calculé les rapports sur TT directement, on aurait trouvé 68,285=0,802\frac{68{,}2}{85}=0{,}802 puis 55,768,2=0,817\frac{55{,}7}{68{,}2}=0{,}817, non constants, et l'on aurait conclu à tort que le modèle n'est pas exponentiel.

c) Le paramètre aa est l'écart initial : a=T(0)−20=85−20=65,0a=T(0)-20=85-20=65{,}0. Pour la base par MINUTE, on part du rapport sur 55 minutes, qui vaut c5=0,742c^{5}=0{,}742, donc c=0,7421/5=0,9421c=0{,}742^{1/5}=0{,}9421. Le modèle est T(t)=20+65,0 (0,9421)tT(t)=20+65{,}0\,(0{,}9421)^{t}. Contrôle sur une valeur non utilisée pour la construction, ce qui en fait un vrai test : T(20)=20+65×0,942120=20+65×0,3033≈39,7T(20)=20+65\times 0{,}9421^{20}=20+65\times 0{,}3033\approx 39{,}7 °C, à comparer aux 39,639{,}6 mesurés ✓.

d) On résout 25=20+65 (0,9421)t25=20+65\,(0{,}9421)^{t}, donc 65 (0,9421)t=565\,(0{,}9421)^{t}=5 et (0,9421)t=565=0,0769(0{,}9421)^{t}=\frac{5}{65}=0{,}0769. On passe au logarithme : t=log⁡0,0769log⁡0,9421=−1,1139−0,0259≈43,0t=\frac{\log 0{,}0769}{\log 0{,}9421}=\frac{-1{,}1139}{-0{,}0259}\approx 43{,}0 minutes. Le quotient de deux logarithmes négatifs donne bien un temps positif ✓. Contrôle de plausibilité : à 3030 min le café est à 30,930{,}9 °C, donc l'écart n'est plus que de 10,910{,}9 °C, et il doit encore être divisé par deux environ pour atteindre 55 °C d'écart : cela demande à peu près une demi-vie supplémentaire, soit une douzaine de minutes, ce qui mène bien vers 4343 min ✓.

Exercice 3 : Problème : les marées du port

La hauteur d'eau d'un port est relevée toutes les trois heures : 2,12{,}1 ; 4,24{,}2 ; 6,36{,}3 ; 4,24{,}2 ; 2,12{,}1 m, puis le cycle recommence.

2468101214161820222426-4-2246810hauteur d'eau (m)temps (h)relevez le maximum, le minimum et la duree d'un cycle complet
  • a) Quelle famille de fonctions ce comportement impose-t-il ? Justifiez par ce qui le distingue des autres.
  • b) Déterminez l'amplitude, l'axe médian et la période.
  • c) Écrivez une règle de la forme h(t)=asin⁡(b(t−h0))+kh(t)=a\sin(b(t-h_{0}))+k.
  • d) À quels moments du premier cycle la hauteur dépasse-t-elle 5,05{,}0 m ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Sinusoïdale : les valeurs se répètent
  • b) Amplitude 2,12{,}1 m, axe 4,24{,}2 m, période 1212 h
  • c) h(t)=2,1sin⁡(π6(t−3))+4,2h(t)=2{,}1\sin\left(\dfrac{\pi}{6}(t-3)\right)+4{,}2
  • d) Entre t≈3,75t\approx 3{,}75 h et t≈8,25t\approx 8{,}25 h

a) Les valeurs 2,12{,}1 ; 4,24{,}2 ; 6,36{,}3 ; 4,24{,}2 ; 2,12{,}1 reviennent à leur point de départ, puis le cycle recommence : la fonction est PÉRIODIQUE, donc SINUSOÏDALE. C'est le seul argument nécessaire, et il est décisif : aucune des autres familles du programme ne peut revenir à une valeur déjà prise puis repartir de la même façon. Une exponentielle est strictement monotone, une rationnelle aussi sur chaque branche, une racine également ; seule une parabole revient à une même valeur, mais une seule fois et sans jamais se répéter ensuite.

b) L'amplitude est la demi-différence des extremums : a=6,3−2,12=4,22=2,1a=\frac{6{,}3-2{,}1}{2}=\frac{4{,}2}{2}=2{,}1 m. L'axe médian est leur moyenne : k=6,3+2,12=8,42=4,2k=\frac{6{,}3+2{,}1}{2}=\frac{8{,}4}{2}=4{,}2 m. La période se lit sur le tableau : les relevés sont espacés de 33 heures et il en faut cinq pour boucler, du premier au dernier inclus, soit quatre intervalles de 33 h, donc une période de 1212 heures. On en déduit b=2π12=π6b=\frac{2\pi}{12}=\frac{\pi}{6}.

c) Le maximum 6,36{,}3 est atteint au troisième relevé, soit t=6t=6 h. Or un sinus atteint son maximum un QUART de période après son point de départ, donc le déphasage vaut h0=6−124=6−3=3h_{0}=6-\frac{12}{4}=6-3=3. Règle : h(t)=2,1sin⁡(π6(t−3))+4,2h(t)=2{,}1\sin\left(\frac{\pi}{6}(t-3)\right)+4{,}2. Contrôles sur le tableau : h(0)=2,1sin⁡(−π2)+4,2=−2,1+4,2=2,1h(0)=2{,}1\sin\left(-\frac{\pi}{2}\right)+4{,}2=-2{,}1+4{,}2=2{,}1 ✓, h(3)=2,1sin⁡0+4,2=4,2h(3)=2{,}1\sin 0+4{,}2=4{,}2 ✓ et h(6)=2,1sin⁡π2+4,2=6,3h(6)=2{,}1\sin\frac{\pi}{2}+4{,}2=6{,}3 ✓. Les trois premiers relevés sont reproduits exactement.

d) On résout 2,1sin⁡(π6(t−3))+4,2>5,02{,}1\sin\left(\frac{\pi}{6}(t-3)\right)+4{,}2>5{,}0, donc 2,1sin⁡(π6(t−3))>0,82{,}1\sin\left(\frac{\pi}{6}(t-3)\right)>0{,}8 et sin⁡(π6(t−3))>0,82,1=0,381\sin\left(\frac{\pi}{6}(t-3)\right)>\frac{0{,}8}{2{,}1}=0{,}381. Un sinus dépasse une valeur positive ss sur l'arc allant de arcsin⁡s\arcsin s à π−arcsin⁡s\pi-\arcsin s. Ici arcsin⁡(0,381)=0,391\arcsin(0{,}381)=0{,}391 rad, donc π6(t−3)∈ ]0,391 ;2,751[\frac{\pi}{6}(t-3)\in\ ]0{,}391\,;2{,}751[. On multiplie par 6π\frac{6}{\pi} : t−3∈ ]0,747 ;5,253[t-3\in\ ]0{,}747\,;5{,}253[, donc t∈ ]3,75 ;8,25[t\in\ ]3{,}75\,;8{,}25[ heures. La hauteur dépasse 5,05{,}0 m pendant environ 4,54{,}5 heures autour de la marée haute de 66 h. Contrôle de symétrie, qui valide le résultat : les deux bornes doivent être équidistantes du maximum t=6t=6, et effectivement 6−3,75=2,256-3{,}75=2{,}25 et 8,25−6=2,258{,}25-6=2{,}25 ✓.

Exercice 4 : Problème : le trajet et la vitesse moyenne

Un trajet de 120120 km est parcouru à vitesse moyenne vv (km/h). La durée tt dépend de vv.

On relève : à 4040 km/h, 3,03{,}0 h ; à 6060 km/h, 2,02{,}0 h ; à 8080 km/h, 1,51{,}5 h ; à 120120 km/h, 1,01{,}0 h.

  • a) Calculez le produit v⋅tv\cdot t pour chaque mesure. Quelle famille cela désigne-t-il ?
  • b) Écrivez la règle et donnez ses deux asymptotes, avec leur sens concret.
  • c) De combien de minutes gagne-t-on en passant de 8080 à 100100 km/h ? Et de 100100 à 120120 ?
  • d) Expliquez, à partir de la forme de la courbe, pourquoi le gain s'effondre.

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) vt=120vt=120 constant : rationnelle
  • b) t=120vt=\dfrac{120}{v} ; v=0v=0 (durée infinie) et t=0t=0 (jamais instantané)
  • c) 1818 min ; 1212 min
  • d) Le gain vaut 120Δv(v+Δ)\dfrac{120\Delta}{v(v+\Delta)} : il s'effondre en 1v2\dfrac{1}{v^{2}}

a) On calcule le produit v⋅tv\cdot t pour chaque mesure : 40×3,0=12040\times 3{,}0=120 ; 60×2,0=12060\times 2{,}0=120 ; 80×1,5=12080\times 1{,}5=120 ; 120×1,0=120120\times 1{,}0=120. Le produit est CONSTANT et vaut 120120, ce qui n'est pas une surprise puisque c'est la distance en kilomètres. La famille est donc RATIONNELLE, du type proportionnalité inverse. Vitesse et durée sont inversement proportionnelles : quand l'une double, l'autre est divisée par deux.

b) t(v)=120vt(v)=\frac{120}{v}. Asymptote VERTICALE : v=0v=0. Sens concret, et il faut le donner : à l'arrêt, la durée du trajet devient infinie, autrement dit on n'arrive jamais. Asymptote HORIZONTALE : t=0t=0. Sens concret : aucune vitesse, si grande soit-elle, ne rend le trajet instantané, la durée s'approche de zéro sans jamais l'atteindre. Les deux asymptotes ont donc une interprétation physique, ce qui est caractéristique des bons modèles rationnels.

c) De 8080 à 100100 km/h : 12080=1,500\frac{120}{80}=1{,}500 h et 120100=1,200\frac{120}{100}=1{,}200 h, soit un gain de 0,3000{,}300 h =18,0=18{,}0 minutes. De 100100 à 120120 km/h : 120120=1,000\frac{120}{120}=1{,}000 h, soit un gain de 0,2000{,}200 h =12,0=12{,}0 minutes seulement. Pour la MÊME augmentation de 2020 km/h, le second gain vaut le tiers de moins que le premier.

d) La courbe t=120vt=\frac{120}{v} s'APLATIT quand vv augmente : elle décroît de moins en moins vite. Cela se quantifie en comparant les gains obtenus pour un même incrément de vitesse, ce qu'on vient de faire en c). L'explication de fond est que le gain de temps entre vv et v+Δv+\Delta vaut 120v−120v+Δ=120Δv(v+Δ)\frac{120}{v}-\frac{120}{v+\Delta}=\frac{120\Delta}{v(v+\Delta)}, une quantité dont le dénominateur croît comme le CARRÉ de la vitesse : le gain s'effondre donc en 1v2\frac{1}{v^{2}}. Conséquence pratique et un peu contre-intuitive : rouler plus vite quand on roule déjà vite ne rapporte presque rien. Poussons le calcul : passer de 120120 à 140140 km/h ne ferait gagner que 120120−120140≈0,143\frac{120}{120}-\frac{120}{140}\approx 0{,}143 h, soit à peine 8,68{,}6 minutes, pour un risque et une consommation nettement accrus.

Exercice 5 : Problème : l'écart à la cible

Une machine doit remplir des sachets à 50,050{,}0 g. On mesure l'ÉCART, en valeur absolue, entre la masse obtenue et la cible.

Masses relevées : 4646, 4848, 5050, 5252, 5454 g • écarts : 44, 22, 00, 22, 44 g.

  • a) Tracez mentalement le nuage. Quelle famille reconnaissez-vous, et à quoi ?
  • b) Donnez la règle de l'écart en fonction de la masse mm.
  • c) La norme impose un écart d'au plus 1,51{,}5 g. Résolvez l'inéquation et donnez l'intervalle de masses acceptables.
  • d) Pourquoi une fonction quadratique conviendrait-elle mal ici, alors qu'elle a aussi un minimum ?

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a)
b)
c)
Masses acceptables ;
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Réponses

  • a) Valeur absolue : branches droites, sommet anguleux
  • b) e(m)=∣m−50∣e(m)=|m-50|
  • c) [48,5 ;51,5][48{,}5\,;51{,}5] g
  • d) Une parabole varie trop peu près du sommet et trop loin de lui ; l'écart est proportionnel à la distance

a) Le nuage descend en LIGNE DROITE de 44 jusqu'à 00, puis remonte en ligne droite de 00 jusqu'à 44, symétriquement. Deux indices concordent pour identifier la famille : les branches sont rectilignes, et le point le plus bas est ANGULEUX, la courbe change de direction brusquement sans s'arrondir. C'est la signature de la VALEUR ABSOLUE. Numériquement, on peut le confirmer par les différences : elles valent −2-2, −2-2, puis +2+2, +2+2, donc constantes en valeur absolue et changeant de signe une seule fois.

b) L'écart est la distance entre la masse obtenue et la cible 5050, ce qui s'écrit directement e(m)=∣m−50∣e(m)=|m-50|. Contrôle sur les cinq relevés : ∣46−50∣=4|46-50|=4 ✓, ∣48−50∣=2|48-50|=2 ✓, ∣50−50∣=0|50-50|=0 ✓, ∣52−50∣=2|52-50|=2 ✓, ∣54−50∣=4|54-50|=4 ✓. Le sommet est en (50 ;0)(50\,;0) et le coefficient vaut a=1a=1, ce qui traduit qu'un gramme d'écart en masse donne exactement un gramme d'écart mesuré.

c) ∣m−50∣≤1,5|m-50|\leq 1{,}5 se lit comme une condition de DISTANCE : la masse est à au plus 1,51{,}5 g de la cible. On l'écrit en encadrement, −1,5≤m−50≤1,5-1{,}5\leq m-50\leq 1{,}5, puis on ajoute 5050 partout : 48,5≤m≤51,548{,}5\leq m\leq 51{,}5. Les masses acceptables sont donc celles de l'intervalle [48,5 ;51,5][48{,}5\,;51{,}5] g, un intervalle centré sur la cible et de largeur 33 g. On peut lire directement le résultat sans calcul : centre 5050, rayon 1,51{,}5.

d) Une parabole possède bien un minimum, mais il est ARRONDI, et c'est là que le modèle échouerait. Près du sommet, une parabole varie très lentement, si bien qu'un écart de masse de 11 g y produirait un écart mesuré presque nul ; loin du sommet, elle varie de plus en plus vite, et un écart de 44 g produirait un écart mesuré bien plus que quadruple. Or les données montrent le contraire : l'écart est exactement PROPORTIONNEL à la distance à la cible, 22 g d'un côté donnent 22, et 44 g donnent 44. Cette proportionnalité impose deux segments de droite et un sommet pointu, donc la valeur absolue. Contre-épreuve chiffrée : un modèle quadratique du type e(m)=c(m−50)2e(m)=c(m-50)^{2} calé sur le point (52 ;2)(52\,;2) donnerait c=0,5c=0{,}5, et prédirait en m=54m=54 un écart de 0,5×16=80{,}5\times 16=8 g au lieu des 44 g mesurés ✗.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Problème : deux modèles pour la même population

Une population de village est relevée sur cinq ans : 12,012{,}0 ; 15,615{,}6 ; 20,320{,}3 ; 26,426{,}4 ; 34,334{,}3 milliers.

Deux modèles sont proposés : P1(t)=12+5,6tP_{1}(t)=12+5{,}6t et P2(t)=12(1,30)tP_{2}(t)=12(1{,}30)^{t}.

123456-20-101020304050population (milliers)anneesmodele exponentielmodele affineles deux passent pres des points : lequel resiste a l'extrapolation ?
  • a) Montrez que les rapports successifs sont constants et donnez leur valeur.
  • b) Calculez l'écart de chaque modèle à la mesure pour t=4t=4.
  • c) Comparez les deux prévisions à t=10t=10 ans. Que constatez-vous ?
  • d) Quel indice, dans le tableau SEUL, permettait de trancher dès le départ ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Rapports ≈1,30\approx 1{,}30
  • b) 0,10{,}1 pour P1P_{1}, 0,030{,}03 pour P2P_{2}
  • c) 6868 contre 165,4165{,}4 milliers : les modèles divergent en extrapolation
  • d) Les rapports constants ; les différences augmentent, ce qui exclut l'affine

a) On calcule les rapports successifs : 15,612,0=1,300\frac{15{,}6}{12{,}0}=1{,}300 ; 20,315,6=1,301\frac{20{,}3}{15{,}6}=1{,}301 ; 26,420,3=1,300\frac{26{,}4}{20{,}3}=1{,}300 ; 34,326,4=1,299\frac{34{,}3}{26{,}4}=1{,}299. Ils sont constants aux arrondis près, et valent 1,301{,}30 : la population augmente de 3030 % par an. C'est la signature exponentielle.

b) P1(4)=12+5,6×4=12+22,4=34,4P_{1}(4)=12+5{,}6\times 4=12+22{,}4=34{,}4, contre 34,334{,}3 mesuré, soit un écart de 0,10{,}1. P2(4)=12×(1,30)4=12×2,8561=34,27P_{2}(4)=12\times(1{,}30)^{4}=12\times 2{,}8561=34{,}27, soit un écart de 0,030{,}03. Les deux modèles collent presque aussi bien, et un élève qui se contenterait de comparer les écarts sur la plage mesurée conclurait qu'ils se valent. C'est précisément le piège que la question suivante démonte.

c) P1(10)=12+5,6×10=68,0P_{1}(10)=12+5{,}6\times 10=68{,}0 milliers. P2(10)=12×(1,30)10=12×13,786=165,4P_{2}(10)=12\times(1{,}30)^{10}=12\times 13{,}786=165{,}4 milliers. Le second modèle prédit près de deux fois et demie le premier, un écart de près de 100 000100\ 000 habitants. Deux modèles indiscernables sur les données observées peuvent donc DIVERGER TOTALEMENT en extrapolation, et l'écart ne cesse de croître : à t=20t=20, P1P_{1} donnerait 124124 milliers et P2P_{2} plus de 2 2802\ 280 milliers. C'est la leçon centrale de l'exercice, et elle vaut bien au-delà des mathématiques : bien ajuster des données passées ne garantit en rien de bien prédire l'avenir.

d) Le rapport constant, et lui seul. Une croissance AFFINE se reconnaît à des DIFFÉRENCES constantes ; calculons-les ici : 15,6−12,0=3,615{,}6-12{,}0=3{,}6 ; 20,3−15,6=4,720{,}3-15{,}6=4{,}7 ; 26,4−20,3=6,126{,}4-20{,}3=6{,}1 ; 34,3−26,4=7,934{,}3-26{,}4=7{,}9. Elles augmentent nettement, ce qui EXCLUT le modèle affine dès la lecture du tableau. Ce sont les rapports qui sont constants, donc le modèle est exponentiel, et le choix pouvait être fait avant même de comparer les écarts. Retenez la démarche : on identifie la famille par la signature du tableau, PUIS on ajuste les paramètres, jamais l'inverse.

Exercice 7 : Problème : le pH et la concentration

Le pH d'une solution vaut −log⁡10[H+]-\log_{10}[H^{+}], où la concentration est en mol/L.

Un technicien relève : [H+]=10−3[H^{+}]=10^{-3} donne pH 33 ; 10−510^{-5} donne pH 55 ; 2×10−42\times 10^{-4} donne pH 3,703{,}70.

  • a) Quelle famille de fonctions relie le pH à la concentration ? Justifiez par la forme du tableau.
  • b) Calculez le pH d'une solution à [H+]=4,0×10−6[H^{+}]=4{,}0\times 10^{-6} mol/L.
  • c) On dilue une solution dix fois. De combien varie son pH ? Justifiez par les lois des logarithmes.
  • d) Pourquoi une échelle logarithmique est-elle indispensable ici, plutôt qu'une échelle ordinaire ?

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) Logarithmique : multiplicatif en entrée, additif en sortie
  • b) pH ≈5,40\approx 5{,}40
  • c) +1+1 : log⁡c10=log⁡c−1\log\dfrac{c}{10}=\log c-1
  • d) Quatorze ordres de grandeur : une échelle ordinaire les écraserait

a) On lit le tableau en termes d'ORDRES DE GRANDEUR : quand la concentration est divisée par 100100, en passant de 10−310^{-3} à 10−510^{-5}, le pH n'augmente que de 22 unités, de 33 à 55. Une variation MULTIPLICATIVE de l'entrée donne donc une variation ADDITIVE de la sortie : c'est exactement la signature de la fonction LOGARITHMIQUE, et c'est la propriété log⁡(ab)=log⁡a+log⁡b\log(ab)=\log a+\log b vue de l'extérieur. Une fonction affine ou rationnelle ne produirait jamais cette conversion du multiplicatif en additif.

b) pH=−log⁡10(4,0×10−6)\text{pH}=-\log_{10}\left(4{,}0\times 10^{-6}\right). On applique la loi du produit pour séparer : log⁡(4,0×10−6)=log⁡4,0+log⁡10−6=0,602−6=−5,398\log\left(4{,}0\times 10^{-6}\right)=\log 4{,}0+\log 10^{-6}=0{,}602-6=-5{,}398. Donc pH=5,40\text{pH}=5{,}40. Contrôle de plausibilité, qui est immédiat une fois la méthode comprise : la concentration est comprise entre 10−610^{-6} et 10−510^{-5}, donc le pH doit être compris entre 55 et 66 ✓, et plus près de 55 puisque 4,04{,}0 est plus proche de 1010 que de 11 ✓.

c) Diluer dix fois divise la concentration par 1010 : la nouvelle concentration est [H+]10\frac{[H^{+}]}{10}. Le nouveau pH vaut −log⁡([H+]10)=−(log⁡[H+]−log⁡10)=−log⁡[H+]+1=pH+1-\log\left(\frac{[H^{+}]}{10}\right)=-\left(\log[H^{+}]-\log 10\right)=-\log[H^{+}]+1=\text{pH}+1. Le pH AUGMENTE donc d'exactement une unité, quelle que soit la concentration de départ. C'est ce qui rend l'échelle si commode : chaque dilution par dix se traduit par un pas de 11, toujours le même.

d) Les concentrations utiles en chimie s'étalent d'environ 11 mol/L à 10−1410^{-14} mol/L, soit QUATORZE ordres de grandeur. Sur une échelle ordinaire graduée de 00 à 11, tout ce qui est inférieur à 10−210^{-2} serait écrasé contre l'origine et parfaitement indiscernable : on ne pourrait pas distinguer une solution à 10−510^{-5} d'une solution à 10−910^{-9}, alors qu'elles diffèrent d'un facteur dix mille. L'échelle logarithmique convertit ces quatorze ordres de grandeur en une graduation régulière de 00 à 1414, où chaque unité représente le même RAPPORT plutôt que la même différence. C'est la même raison qui a fait adopter l'échelle des décibels pour les sons et celle de Richter pour les séismes.

Exercice 8 : Problème : la distance de freinage

Sur route sèche, la distance de freinage mesurée vaut : à 3030 km/h, 4,44{,}4 m ; à 6060 km/h, 17,517{,}5 m ; à 9090 km/h, 39,439{,}4 m ; à 120120 km/h, 70,070{,}0 m.

  • a) Calculez d/v2d/v^{2} pour chaque mesure. Quelle famille cela désigne-t-il ?
  • b) Écrivez le modèle et donnez la distance à 100100 km/h.
  • c) On veut exprimer la vitesse à partir de la distance mesurée sur la chaussée. Écrivez la RÉCIPROQUE et précisez son domaine.
  • d) Un conducteur affirme : « à deux fois la vitesse, deux fois la distance ». Corrigez-le avec un calcul.

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a)
b)
c)
Domaine ;
d)
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Réponses

  • a) d/v2≈4,86×10−3d/v^{2}\approx 4{,}86\times 10^{-3} constant : quadratique
  • b) d=4,86×10−3v2d=4{,}86\times 10^{-3}v^{2} ; ≈48,6\approx 48{,}6 m
  • c) v=205,8 d≈14,3dv=\sqrt{205{,}8\,d}\approx 14{,}3\sqrt{d}, d≥0d\geq 0
  • d) Faux : 7017,5=4\dfrac{70}{17{,}5}=4, la distance quadruple

a) On teste l'hypothèse quadratique en calculant dv2\frac{d}{v^{2}} : 4,4900=4,89×10−3\frac{4{,}4}{900}=4{,}89\times 10^{-3} ; 17,53600=4,86×10−3\frac{17{,}5}{3600}=4{,}86\times 10^{-3} ; 39,48100=4,86×10−3\frac{39{,}4}{8100}=4{,}86\times 10^{-3} ; 70,014400=4,86×10−3\frac{70{,}0}{14400}=4{,}86\times 10^{-3}. Le rapport est CONSTANT : la famille est QUADRATIQUE, sans terme linéaire ni constante, du type d=cv2d=cv^{2}. On aurait pu s'en douter en observant que la distance est multipliée par environ 44 quand la vitesse double, ce qui est la signature d'un carré.

b) d(v)=4,86×10−3 v2d(v)=4{,}86\times 10^{-3}\,v^{2}, avec vv en km/h et dd en mètres. À 100100 km/h : d=4,86×10−3×10 000=48,6d=4{,}86\times 10^{-3}\times 10\ 000=48{,}6 m. Contrôle de plausibilité : cette valeur doit se situer entre les 39,439{,}4 m mesurés à 9090 km/h et les 70,070{,}0 m à 120120 km/h ✓, et plus près du premier puisque 100100 est plus proche de 9090 ✓.

c) On inverse la relation. De d=4,86×10−3v2d=4{,}86\times 10^{-3}v^{2} on tire v2=d4,86×10−3v^{2}=\frac{d}{4{,}86\times 10^{-3}}, puis v=d4,86×10−3=205,8 d≈14,3dv=\sqrt{\frac{d}{4{,}86\times 10^{-3}}}=\sqrt{205{,}8\,d}\approx 14{,}3\sqrt{d}. La réciproque est donc une fonction RACINE CARRÉE, définie pour d≥0d\geq 0. On ne garde que la racine POSITIVE, ce qui est le point de rigueur de la question : la quadratique n'est bijective que si on la restreint aux vitesses positives, et c'est cette restriction qui rend l'inversion possible. Application concrète : des traces de freinage de 2525 m indiquent une vitesse d'environ 14,3×5=71,514{,}3\times 5=71{,}5 km/h, calcul que font réellement les enquêteurs après un accident.

d) L'affirmation est fausse, et le tableau la contredit directement. À 6060 km/h la distance vaut 17,517{,}5 m ; à 120120 km/h, soit deux fois plus vite, elle vaut 70,070{,}0 m. Or 70,017,5=4\frac{70{,}0}{17{,}5}=4 : c'est QUATRE fois plus, pas deux. La raison tient à la forme du modèle : doubler vv multiplie v2v^{2} par 22=42^{2}=4. Le même calcul se vérifie sur l'autre couple disponible, 3030 et 6060 km/h : 17,54,4=3,98≈4\frac{17{,}5}{4{,}4}=3{,}98\approx 4 ✓. Formulation à retenir, et c'est celle qu'utilisent les campagnes de sécurité routière : la distance de freinage croît comme le CARRÉ de la vitesse, si bien qu'un excès de 2020 % en vitesse allonge le freinage de 4444 %.

Exercice 9 : Problème : le modèle qui sort de son domaine

Une culture de bactéries suit N(t)=500(1,45)tN(t)=500(1{,}45)^{t}, avec tt en heures, mesurée entre t=0t=0 et t=6t=6 h.

Le milieu de culture ne peut nourrir que 2,0×1052{,}0\times 10^{5} bactéries.

  • a) Calculez N(6)N(6) et vérifiez que le modèle est encore acceptable.
  • b) À quelle heure le modèle prédit-il d'atteindre la limite du milieu ?
  • c) Que prédit le modèle à t=24t=24 h ? Commentez ce nombre.
  • d) Quelle allure la vraie courbe prend-elle après le seuil, et quelle famille du cours s'en approche le mieux ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) ≈4650\approx 4650, soit 2,32{,}3 % de la capacité : acceptable
  • b) t≈16,1t\approx 16{,}1 h
  • c) ≈3,7×106\approx 3{,}7\times 10^{6}, absurde : extrapolation hors domaine
  • d) Plateau : k−a ctk-a\,c^{t} avec 0<c<10<c<1 (courbe logistique hors programme)

a) N(6)=500×(1,45)6=500×9,294=4,64×103N(6)=500\times(1{,}45)^{6}=500\times 9{,}294=4{,}64\times 10^{3} bactéries. À comparer à la capacité du milieu, 2,0×1052{,}0\times 10^{5} : on n'en est qu'à 2,32{,}3 %. Le modèle est donc encore parfaitement acceptable sur toute la plage mesurée, la ressource n'est nulle part limitante ✓.

b) On résout 500×(1,45)t=2,0×105500\times(1{,}45)^{t}=2{,}0\times 10^{5}, donc (1,45)t=2,0×105500=400(1{,}45)^{t}=\frac{2{,}0\times 10^{5}}{500}=400. On passe au logarithme : t=log⁡400log⁡1,45=2,6020,1614≈16,1t=\frac{\log 400}{\log 1{,}45}=\frac{2{,}602}{0{,}1614}\approx 16{,}1 heures. C'est le moment où, selon le modèle, la culture saturerait son milieu. Notez que ce moment n'est que deux fois et demie plus tardif que la fin des mesures, alors que la population y sera 4343 fois plus grande : c'est la brutalité caractéristique de la croissance exponentielle.

c) N(24)=500×(1,45)24=500×7,45×103=3,7×106N(24)=500\times(1{,}45)^{24}=500\times 7{,}45\times 10^{3}=3{,}7\times 10^{6} bactéries, soit environ 1919 fois ce que le milieu peut nourrir. Le nombre est ABSURDE au sens propre : il décrit une population que la ressource disponible ne peut physiquement pas soutenir. L'erreur n'est pas dans le calcul, qui est exact, mais dans l'usage : le modèle a été EXTRAPOLÉ très loin hors de son domaine de validité, lequel s'arrête au plus tard à la saturation trouvée en b), soit 16,116{,}1 h. Un modèle n'est valable que sur la plage où les hypothèses qui l'ont produit tiennent encore, ici l'abondance de nourriture.

d) Après le seuil, la vraie courbe cesse de monter et s'APLATIT vers un plateau : la croissance ralentit à mesure que la nourriture se raréfie, puis s'arrête quand la capacité du milieu est atteinte. Parmi les familles du cours, celle qui s'en approche le mieux est l'exponentielle DÉCROISSANTE renversée, du type N(t)=k−a ctN(t)=k-a\,c^{t} avec 0<c<10<c<1 : elle monte en ralentissant et possède une ASYMPTOTE HORIZONTALE y=ky=k, qu'on placerait ici à la capacité 2,0×1052{,}0\times 10^{5}. C'est exactement la structure du modèle du café de l'exercice 2, à ceci près qu'elle monte au lieu de descendre. La courbe réelle complète, exponentielle au début puis plateau à la fin, porte le nom de courbe LOGISTIQUE et n'est pas au programme, mais on peut en décrire les deux régimes avec les outils du cours.

Exercice 10 : Problème de synthèse : du tableau à la prévision

Une entreprise relève le coût unitaire de production en fonction du nombre d'unités : 100100 unités, 8,008{,}00 $ ; 200200, 5,005{,}00 $ ; 400400, 3,503{,}50 $ ; 800800, 2,752{,}75 $.

Le coût unitaire semble tendre vers une valeur plancher.

  • a) Calculez c−2,00c-2{,}00 pour chaque relevé, puis le produit de cet écart par le nombre d'unités. Quelle famille obtenez-vous ?
  • b) Écrivez le modèle sous la forme c(n)=an+kc(n)=\dfrac{a}{n}+k et identifiez aa et kk.
  • c) Interprétez kk et aa en langage d'entreprise.
  • d) Combien d'unités faut-il produire pour que le coût unitaire descende sous 2,502{,}50 $ ? Le seuil de 2,002{,}00 $ est-il atteignable ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) n(c−2)=600n(c-2)=600 constant : rationnelle
  • b) c(n)=600n+2,00c(n)=\dfrac{600}{n}+2{,}00
  • c) k=2k=2 : coût variable unitaire ; a=600a=600 : coût fixe total
  • d) n>1200n>1200 ; 2,002{,}00 dollars jamais atteint

a) On soustrait d'abord la valeur plancher soupçonnée, comme on l'a fait pour le café : c−2,00c-2{,}00 vaut 6,006{,}00 ; 3,003{,}00 ; 1,501{,}50 ; 0,750{,}75. On multiplie ensuite chaque écart par le nombre d'unités : 100×6,00=600100\times 6{,}00=600 ; 200×3,00=600200\times 3{,}00=600 ; 400×1,50=600400\times 1{,}50=600 ; 800×0,75=600800\times 0{,}75=600. Le produit n (c−2)n\,(c-2) est CONSTANT et vaut 600600 : la famille est RATIONNELLE avec une asymptote horizontale en 2,002{,}00. Notez la démarche en deux temps : le test du produit constant ne fonctionne que sur l'ÉCART À L'ASYMPTOTE, jamais sur la valeur brute, exactement comme le test du rapport constant à l'exercice 2.

b) De n (c−2)=600n\,(c-2)=600 on tire c−2=600nc-2=\frac{600}{n}, donc c(n)=600n+2,00c(n)=\frac{600}{n}+2{,}00. On identifie a=600a=600 et k=2,00k=2{,}00. Contrôle sur un relevé non utilisé pour l'ajustement : c(400)=600400+2=1,50+2=3,50c(400)=\frac{600}{400}+2=1{,}50+2=3{,}50 ✓, conforme au tableau.

c) k=2,00k=2{,}00 dollars est le coût VARIABLE par unité, c'est-à-dire la matière et la main-d'œuvre consommées par chaque exemplaire : il est incompressible et se paie autant de fois qu'on produit. a=600a=600 dollars est le coût FIXE total, payé une seule fois quelle que soit la production, et le terme 600n\frac{600}{n} représente sa RÉPARTITION sur les nn unités. Plus on produit, plus ce coût fixe se dilue, ce que les économistes appellent l'économie d'échelle.

d) On résout 600n+2<2,50\frac{600}{n}+2<2{,}50, donc 600n<0,50\frac{600}{n}<0{,}50. Comme n>0n>0, on peut multiplier par nn sans renverser : 600<0,50 n600<0{,}50\,n, donc n>1200n>1200 unités. Il faut donc produire plus de 12001200 unités. Contrôle aux bornes : c(1200)=6001200+2=0,50+2=2,50c(1200)=\frac{600}{1200}+2=0{,}50+2=2{,}50 exactement, et c(1201)≈2,4996<2,50c(1201)\approx 2{,}4996<2{,}50 ✓. Quant au seuil de 2,002{,}00 dollars, il n'est JAMAIS atteignable : 600n\frac{600}{n} est strictement positif pour tout nn fini, donc c(n)>2,00c(n)>2{,}00 toujours. C'est une asymptote, et son sens économique est limpide : le coût fixe ne disparaît pas quand la production augmente, il se dilue seulement, et il faudrait une production infinie pour l'annuler. Ordre de grandeur pour finir : à 60 00060\ 000 unités le coût unitaire serait de 2,012{,}01 dollar, à un centime du plancher, et l'on voit qu'aller plus loin ne rapporterait plus rien.

© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/sn5-modelisation-choisir-fonction. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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